{"id":10015,"date":"2024-09-16T00:00:00","date_gmt":"2024-09-15T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-de-la-restauration-au-second-empire\/"},"modified":"2025-08-12T08:39:23","modified_gmt":"2025-08-12T06:39:23","slug":"la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-de-la-restauration-au-second-empire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-de-la-restauration-au-second-empire\/","title":{"rendered":"La Guerre, histoire en citations d\u2019une trag\u00e9die s\u00e9culaire et quotidienne (de la Restauration au Second Empire)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La guerre est la continuation de la politique par d\u2019autres moyens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Carl von <span class=\"caps\">CLAUSEWITZ<\/span> (1780-1831), g\u00e9n\u00e9ral prussien, strat\u00e8ge et th\u00e9oricien, <em>De la Guerre<\/em> (1832)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a des guerres justes. Il n\u2019y a pas d\u2019arm\u00e9e juste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span> (1901-1976), <em>L\u2019Espoir<\/em> (1937)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les hommes se font la guerre depuis la pr\u00e9histoire et les guerres antiques sont aussi historiques que l\u00e9gendaires.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la France \u00e0 venir commence avec la guerre des Gaules et l\u2019occupation du territoire par les Romains. Apr\u00e8s les guerres f\u00e9odales du Moyen \u00c2ge et la guerre de Cent Ans, la Renaissance lance les guerres de conqu\u00eate en Italie, suivies des guerres (civiles) de Religion\u00a0: le <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle totalise 85 ann\u00e9es de guerre\u00a0! La Fronde est une vraie guerre civile de cinq ans. La monarchie absolue de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> multiplie les guerres de conqu\u00eate. Le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res est le moins guerrier, mais la R\u00e9volution d\u00e9clare la guerre \u00e0 toutes les monarchies europ\u00e9ennes et Napol\u00e9on encha\u00eene, multipliant les guerres de conqu\u00eate jusqu\u2019en Russie. Au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, la guerre franco-prussienne met fin au Second Empire. La <span class=\"caps\">III<\/span>e R\u00e9publique sort victorieuse de la Premi\u00e8re guerre mondiale, d\u00e9finit les lois de la guerre\u2026 et s\u2019\u00e9croule sous la Seconde, finalement gagn\u00e9e par de Gaulle et les Alli\u00e9s. La <span class=\"caps\">IV<\/span>e R\u00e9publique g\u00e8re l\u2019apr\u00e8s-guerre, survit \u00e0 la guerre d\u2019Indochine, mais tombe avec la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. La Ve R\u00e9publique du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle donne l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, met fin \u00e0 la guerre civile et dote la France de l\u2019arme atomique. La Guerre froide et les tensions g\u00e9opolitiques entre blocs cessent apr\u00e8s la chute du mur de Berlin, l\u2019Union europ\u00e9enne re\u00e7oit le prix Nobel de la paix\u2026 Mais la guerre redevient sujet d\u2019actualit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>24 f\u00e9vrier 2022\u00a0: guerre d\u2019Ukraine, conflit post-sovi\u00e9tique avec la Russie de Poutine.<br>7 octobre 2023, guerre Isra\u00ebl-Gaza apr\u00e8s l\u2019attaque du Hamas, dans le cadre du conflit isra\u00e9lo-palestinien. C\u2019est aussi le retour des guerres \u00e0 l\u2019ancienne\u00a0: apr\u00e8s la guerre moderne des combats \u00e0 distance, \u00ab\u00a0guerre propre\u00a0\u00bb avec <span class=\"caps\">SCUDS<\/span> et ripostes cibl\u00e9es (guerre du Golfe en 1990-1991), on retrouve le si\u00e8ge destin\u00e9 \u00e0 affamer les populations \u00e0 Gaza, les tranch\u00e9es occup\u00e9es par l\u2019envahisseur en Ukraine, les combats au corps \u00e0 corps et l\u2019infanterie, essentielle \u00e0 la progression des forces sur le terrain.<\/p>\n<h4>Restauration (1814-1830)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-7-59.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"float: left;margin: 10px 15px\"><\/a>\u00ab\u00a0L\u2019aigle, avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu\u2019aux tours de Notre-Dame.\u00a0\u00bb<span id=\"1927\" class=\"cit-num\">1927<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Golfe-Juan, Proclamation du 1er\u00a0mars 1815. <em>Recueil de pi\u00e8ces authentiques sur le captif de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, de m\u00e9moires et documents \u00e9crits par l\u2019empereur Napol\u00e9on<\/em> (1821-1822)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les Cent Jours. L\u2019empereur exil\u00e9 d\u00e9barque de l\u2019\u00eele d\u2019Elbe et annonce la couleur d\u00e8s le premier jour, se pose devant l\u2019arm\u00e9e en soldat de la R\u00e9volution et honnit le drapeau blanc de la Charte constitutionnelle\u00a0: \u00ab\u00a0Arrachez ces couleurs que la nation a proscrites, et qui pendant vingt-cinq ans servirent de ralliement \u00e0 tous les ennemis de la France\u00a0! Arborez cette cocarde tricolore\u00a0; vous la portiez dans nos grandes journ\u00e9es [\u2026] Reprenez ces aigles que vous aviez \u00e0 Ulm, \u00e0 Austerlitz, \u00e0 I\u00e9na.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il n\u2019en faut pas plus, pas moins non plus, pour que Napol\u00e9on gagne cet incroyable pari\u00a0: rallier les troupes envoy\u00e9es pour l\u2019arr\u00eater, soulever d\u2019enthousiasme les populations et traverser la France en vingt jours, sous les yeux de l\u2019Europe p\u00e9trifi\u00e9e. Ainsi commence le vol de l\u2019Aigle, sur la route Napol\u00e9on. C\u2019est le plus \u00e9tonnant come-back de l\u2019Histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0[Napol\u00e9on d\u00e9clar\u00e9] hors des relations civiles et sociales et livr\u00e9 \u00e0 la vindicte publique comme ennemi et perturbateur du monde.\u00a0\u00bb<span id=\"1935\" class=\"cit-num\">1935<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Les souverains alli\u00e9s, Congr\u00e8s de Vienne, 13\u00a0mars 1815. <em>Le Moniteur universel<\/em> (1815)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les souverains pr\u00e9sents au Congr\u00e8s de Vienne \u2013\u00a0Fran\u00e7ois Ier l\u2019empereur d\u2019Autriche (beau-p\u00e8re de Napol\u00e9on), le tsar Alexandre de Russie, le roi de Prusse Fr\u00e9d\u00e9ric-Guillaume <span class=\"caps\">III<\/span>\u00a0\u2013 sont unanimes \u00e0 mettre Napol\u00e9on hors-la-loi. Cependant que Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, \u00e0 Paris, tient encore \u00e0 son tr\u00f4ne et joue son r\u00f4le avant de repartir \u00e0 son tour en exil (\u00e0 Gand, en Belgique).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019\u00e9tait pas une bataille, c\u2019\u00e9tait une boucherie.\u00a0\u00bb<span id=\"1941\" class=\"cit-num\">1941<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Capitaine <span class=\"caps\">COIGNET<\/span>, <em>Cahiers<\/em> (1851-1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce grognard, avec ses <em>M\u00e9moires <\/em>authentiquement pris sur le vif, inspirera le personnage du grenadier Flambeau, dans <em>L\u2019Aiglon<\/em> de Rostand.<\/p>\n<p>Il \u00e9voque ici la bataille de Ligny, commune de Belgique o\u00f9 les Prussiens de Bl\u00fccher sont battus pour la seconde fois par Napol\u00e9on, le 16\u00a0juin 1815. Les troupes de Ney n\u2019arrivent pas comme pr\u00e9vu, la bataille est ind\u00e9cise, quand Napol\u00e9on d\u00e9cide d\u2019engager la garde imp\u00e9riale, l\u2019arme de la derni\u00e8re chance. \u00ab\u00a0Ce hourra g\u00e9n\u00e9ral de 3\u00a0000 hommes de grosse cavalerie sur un seul point avait quelque chose de prodigieux et d\u2019effrayant\u00a0; il y eut plusieurs chocs des plus violents entre cette cavalerie et la cavalerie prussienne. La terre tremblait sous leurs pieds, le cliquetis des armes et des armures, tout rappelait ces descriptions fabuleuses de l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0\u00bb (t\u00e9moignage de Mauduit, autre grenadier de la Garde).<\/p>\n<p>La fantastique m\u00eal\u00e9e se prolonge jusqu\u2019\u00e0 la nuit. Bilan de cette sanglante journ\u00e9e\u00a0: 20\u00a0000 Prussiens et 13\u00a0000 Fran\u00e7ais bless\u00e9s ou morts. Ligny est la derni\u00e8re victoire de Napol\u00e9on, deux jours avant Waterloo. Napol\u00e9on charge Grouchy de poursuivre les Prussiens\u00a0: faute tactique, mais le mar\u00e9chal ob\u00e9it aveugl\u00e9ment \u00e0 son empereur qui va lui-m\u00eame affronter le duc de Wellington, commandant des arm\u00e9es alli\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Derri\u00e8re un mamelon, la garde \u00e9tait mass\u00e9e.<br>La garde, espoir supr\u00eame, et supr\u00eame pens\u00e9e [\u2026]<br>Tranquille, souriant \u00e0 la mitraille anglaise,<br>La garde imp\u00e9riale entra dans la fournaise.\u00a0\u00bb<span id=\"1943\" class=\"cit-num\">1943<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Ch\u00e2timents,<\/em> L\u2019Expiation (1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on engage contre l\u2019anglais Wellington la Vieille Garde (l\u2019\u00e9lite, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la Jeune et de la Moyenne Garde). \u00c0 la t\u00eate de l\u2019infanterie alli\u00e9e, le duc de Wellington r\u00e9siste \u00e0 la cavalerie du g\u00e9n\u00e9ral Kellermann (fils du h\u00e9ros de Valmy), tandis que le mar\u00e9chal Ney cause de grosses pertes \u00e0 l\u2019ennemi.<br>La Garde, d\u00e9cim\u00e9e, recule en ordre. Elle attend les secours de Grouchy, mais Grouchy ne peut emp\u00eacher la jonction des arm\u00e9es alli\u00e9es. Et c\u2019est Bl\u00fccher qui arrive (feld-mar\u00e9chal autrichien, \u00e2g\u00e9 de 72\u00a0ans, surnomm\u00e9 Vorw\u00e4rts, \u00ab\u00a0En avant\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Il faut bien parler de trahison\u00a0! Le g\u00e9n\u00e9ral Louis de Bourmont, ancien chef chouan ralli\u00e9 \u00e0 Napol\u00e9on en mai\u00a0dernier, passe aux Prussiens et sera par ailleurs accus\u00e9 (dans le<em> M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em>) d\u2019avoir communiqu\u00e9 le plan fran\u00e7ais \u00e0 Bl\u00fccher. Les soldats ont r\u00e9pandu le bruit d\u2019autres trahisons de g\u00e9n\u00e9raux\u00a0: Soult, Vandamme, Dh\u00e9rin (Grouchy lui-m\u00eame sera mis en cause plus tard). D\u2019o\u00f9 les premiers cris de \u00ab\u00a0Sauve-qui-peut\u00a0!\u00a0\u00bb, puis \u00ab\u00a0Nous sommes trahis\u00a0!\u00a0\u00bb L\u2019arm\u00e9e napol\u00e9onienne se d\u00e9bande, pour la premi\u00e8re fois. Seule la partie de la garde command\u00e9e par Cambronne tient encore les lignes \u2013 avant de se rendre \u00e0 son tour.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Waterloo n\u2019est point une bataille\u00a0: c\u2019est le changement de front de l\u2019univers.\u00a0\u00bb<span id=\"1949\" class=\"cit-num\">1949<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> (1862)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans ce roman en dix volumes, Hugo brosse une vaste fresque historique, sociale, humaine. Et Waterloo demeure \u00e0 jamais l\u2019un des moments cl\u00e9s de l\u2019histoire de la France.<\/p>\n<h4>Monarchie de Juillet (1830-1848)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats, ils sont six mille, vous \u00eates trois cents. La partie est donc \u00e9gale. Regardez-les en face et tirez juste.\u00a0\u00bb<span id=\"2092\" class=\"cit-num\">2092<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">CHANGARNIER<\/span> (1798-1877), Premi\u00e8re exp\u00e9dition de Constantine, 24\u00a0novembre 1836.<em> Le Crapouillot<\/em> (1958)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral commande l\u2019arri\u00e8re-garde, lors de la retraite. Guerre coloniale qui ne finira que sous la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique avec le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle.<\/p>\n<p>Au lendemain de la prise d\u2019Alger en 1830, Louis-Philippe se contenta de l\u2019occupation d\u2019une frange c\u00f4ti\u00e8re. Mais la r\u00e9sistance s\u2019organise autour d\u2019Abd el-Kader devenu l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9mir des croyants\u00a0\u00bb, tandis que le bey de Constantine, Ahmad, contraint le mar\u00e9chal Clausel, gouverneur de l\u2019Alg\u00e9rie, \u00e0 la retraite \u2013 et bient\u00f4t Bugeaud \u00e0 la n\u00e9gociation avec Abd el-Kader (convention de la Tafna en mai\u00a01837). La tr\u00eave sera de courte dur\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019id\u00e9e napol\u00e9onienne n\u2019est point une id\u00e9e de guerre, mais une id\u00e9e sociale, industrielle, commerciale, humanitaire.\u00a0\u00bb<span id=\"2100\" class=\"cit-num\">2100<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1808-1873),<em> Id\u00e9es napol\u00e9oniennes<\/em> (1839)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sous l\u2019influence du socialisme utopique des saint-simoniens et des s\u00e9jours qu\u2019il fit en Angleterre, le futur Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span>, entre deux coups de force (Strasbourg en 1836 et Boulogne en 1840), porte un r\u00e9el int\u00e9r\u00eat aux probl\u00e8mes \u00e9conomiques et sociaux qui agitent et divisent la France.<\/p>\n<p>Hugo qui l\u2019a d\u2019abord soutenu, devenu ensuite son plus farouche opposant, mettra toujours en doute la sinc\u00e9rit\u00e9 de cet engagement social. Impossible de trancher sur ce \u00ab\u00a0d\u00e9tail de l\u2019histoire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ou la conqu\u00eate, ou l\u2019abandon.\u00a0\u00bb<span id=\"2104\" class=\"cit-num\">2104<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas Robert <span class=\"caps\">BUGEAUD<\/span> (1784-1849), Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 15\u00a0f\u00e9vrier 1840. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La politique alg\u00e9rienne de la France est trop h\u00e9sitante, aux yeux du futur mar\u00e9chal. Le trait\u00e9 sign\u00e9 en 1837 entre Bugeaud et l\u2019\u00e9mir Abd el-Kader a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9. La France y faisait pourtant d\u2019importantes concessions, reconnaissant la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9mir des croyants\u00a0\u00bb sur pr\u00e8s des deux tiers de l\u2019Alg\u00e9rie et se contentant d\u2019une occupation du littoral. Abd el-Kader a profit\u00e9 de la tr\u00eave pour se constituer une arm\u00e9e, proclamant en 1839 la guerre sainte contre les Fran\u00e7ais qui occupent l\u2019Alg\u00e9rie depuis 1830. Le militaire met donc les politiques face \u00e0 leurs responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Bugeaud consid\u00e8re pourtant l\u2019Alg\u00e9rie comme \u00ab\u00a0le plus funeste des pr\u00e9sents que la Restauration ait fait \u00e0 la R\u00e9volution de juillet\u00a0\u00bb, pr\u00f4nant l\u2019occupation restreinte de quelques bases strat\u00e9giques pour emp\u00eacher les raids barbaresques.<\/p>\n<p>Victor Hugo, le 15\u00a0janvier 1840, balaie ses r\u00e9ticences, entra\u00eenant la France sur la voie de la colonisation par l\u2019\u00e9migration civile massive\u00a0: \u00ab\u00a0Je crois que notre nouvelle conqu\u00eate est chose heureuse et grande. C\u2019est la civilisation qui marche sur la barbarie. C\u2019est un peuple \u00e9clair\u00e9 qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c\u2019est \u00e0 nous d\u2019illuminer le monde. Notre mission s\u2019accomplit. Vous pensez autrement que moi, c\u2019est tout simple. Vous parlez en soldat, en homme d\u2019action. Moi je parle en philosophe et en penseur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Impossible de juger sans commettre le p\u00e9ch\u00e9 d\u2019anachronisme, trop fr\u00e9quent en mati\u00e8re historique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cent mille hommes et cent millions pendant sept ans\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2106\" class=\"cit-num\">2106<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas Robert <span class=\"caps\">BUGEAUD<\/span> (1784-1849) \u00e0 Louis-Philippe. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral pose ses conditions pour accepter d\u2019\u00eatre gouverneur de l\u2019Alg\u00e9rie. Le roi c\u00e8de. Bugeaud est nomm\u00e9 gouverneur, le 29\u00a0d\u00e9cembre\u00a01840. Partisan de la guerre acharn\u00e9e, dix ans apr\u00e8s la prise d\u2019Alger, Bugeaud fait la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie et y gagne son b\u00e2ton de mar\u00e9chal, en 1843.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ense et aratro.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Par l\u2019\u00e9p\u00e9e et par la charrue.\u00a0\u00bb<span id=\"2107\" class=\"cit-num\">2107<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas Robert <span class=\"caps\">BUGEAUD<\/span> (1784-1849), devise du mar\u00e9chal, gouverneur de l\u2019Alg\u00e9rie.<em> Ismayl Urbain\u00a0: une autre conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie<\/em> (2001), Michel Levallois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cela signifie que l\u2019on sert son pays en temps de guerre par les armes, en temps de paix par les travaux de l\u2019agriculture. Bugeaud est le premier des officiers coloniaux \u00e0 mener de front les op\u00e9rations de s\u00e9curit\u00e9 et les travaux de colonisation\u00a0: d\u00e9frichements, routes, concessions de terre pour attirer de nouveaux colons, etc.<\/p>\n<h4>Deuxi\u00e8me R\u00e9publique (1848-1852)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute l\u2019Europe est sous les armes,<br>C\u2019est le dernier r\u00e2le des rois\u00a0:<br>Soldats, ne soyons point gendarmes,<br>Soutenons le peuple et ses droits [\u2026]<br><em>Refrain<\/em><br>Aux armes, courons aux fronti\u00e8res,<br>Les peuples sont pour nous des fr\u00e8res\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2143\" class=\"cit-num\">2143<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">DUPONT<\/span> (1821-1870), <em>Chant des soldats. Muse populaire\u00a0: chants et po\u00e9sies<\/em> (1858), Pierre Dupont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La r\u00e9volution fran\u00e7aise de 1848 \u2013 apr\u00e8s celle de 1830 \u2013 entra\u00eene une flamb\u00e9e de mouvements r\u00e9volutionnaires un peu partout en Europe\u00a0: Allemagne, Autriche, Italie, Hongrie, Pologne. C\u2019est le \u00ab\u00a0printemps des peuples\u00a0\u00bb et la France qui retrouve sa mission lib\u00e9ratrice chante\u00a0: \u00ab\u00a0Que la R\u00e9publique fran\u00e7aise\u00a0\/ Entra\u00eene encore ses bataillons\u00a0\/ Au refrain de <em>La Marseillaise<\/em>\u00a0\/ \u00c0 travers de rouges sillons\u00a0\/ Que la victoire de son aile\u00a0\/ Touche nos fronts et, cette fois\u00a0\/ La R\u00e9publique universelle\u00a0\/ Aura balay\u00e9 tous les rois\u00a0\/ Aux armes, courons aux fronti\u00e8res\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais l\u2019\u00e9t\u00e9 qui suit ce printemps sera celui de toutes les r\u00e9pressions.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tremblez tyrans portant culotte\u00a0!<br>Femmes, notre jour est venu\u00a0;<br>Point de piti\u00e9, mettons en vote<br>Tous les torts du sexe barbu\u00a0!<br>Notre patience est \u00e0 bout,<br>Debout, V\u00e9nusiennes, debout [\u2026]<br><em>Refrain<\/em><br>Libert\u00e9 sur nos fronts verse tes chauds rayons,<br>Tremblez, tremblez, maris jaloux,<br>Respect aux cotillons\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2162\" class=\"cit-num\">2162<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louise de <span class=\"caps\">CHAUMONT<\/span> (<span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle),<em> La Marseillaise des femmes<\/em> (ou<em> Marseillaise des cotillons<\/em>), chanson de 1848. <em>L\u2019Illustration<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> (1848), J.\u00a0Dubouchet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les \u00ab\u00a0V\u00e9nusiennes\u00a0\u00bb chantent et d\u00e9filent, jupes retrouss\u00e9es, corsage en bataille, jeunes ouvri\u00e8res vivant parfois en communaut\u00e9 \u00e0 la mode saint-simonienne.<\/p>\n<p><em>La Marseillaise<\/em>, parmi tous les chants de l\u2019histoire de France, est le plus constamment repris, parodi\u00e9, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, exploit\u00e9 en d\u2019innombrables versions. C\u2019est la ran\u00e7on du succ\u00e8s, disons m\u00eame de la gloire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Par esprit de d\u00e9fiance, certaines personnes se disent\u00a0: l\u2019Empire, c\u2019est la guerre. Moi, je dis\u00a0: L\u2019Empire, c\u2019est la paix.\u00a0\u00bb<span id=\"2228\" class=\"cit-num\">2228<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1808-1873), Discours de Bordeaux, 9\u00a0octobre 1852. <em>Dictionnaire des id\u00e9es re\u00e7ues<\/em> (posthume, 1913), Gustave Flaubert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le message est destin\u00e9 aux puissances \u00e9trang\u00e8res qui assistent \u00e0 l\u2019irr\u00e9sistible ascension d\u2019un nouveau Bonaparte et peuvent s\u2019en inqui\u00e9ter, vu les guerres napol\u00e9oniennes dont le souvenir est toujours vivant.<\/p>\n<p>Mais la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique assur\u00e9e pour dix ans, ce n\u2019\u00e9tait pas suffisant pour l\u2019ambitieux h\u00e9ritier. La propagande se remobilise. Le 15\u00a0ao\u00fbt, jour de la Saint-Napol\u00e9on, devient f\u00eate nationale. Et le prince refait sa \u00ab\u00a0campagne de France\u00a0\u00bb, triomphalement accueilli aux cris de \u00ab\u00a0Vive l\u2019empereur\u00a0!\u00a0\u00bb Les pr\u00e9fets veillent, actifs, dociles. Le personnage brocard\u00e9 lors de ses premiers discours a incontestablement acquis autorit\u00e9 et popularit\u00e9.<\/p>\n<h4>Second Empire (1852-1870)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e est la v\u00e9ritable noblesse de notre pays.\u00a0\u00bb<span id=\"2262\" class=\"cit-num\">2262<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873), Allocution \u00e0 la garde imp\u00e9riale, 20\u00a0mars 1855. <em>La Politique imp\u00e9riale expos\u00e9e par les discours et proclamations de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1868), Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019arm\u00e9e doit \u00eatre, avec l\u2019\u00c9glise, l\u2019administration et la police, un appui pour l\u2019empereur. Le 2\u00a0d\u00e9cembre 1851, elle n\u2019a fait qu\u2019ob\u00e9ir aux civils qui firent le coup d\u2019\u00c9tat. Il va donc la mettre \u00e0 l\u2019honneur et la rendre bonapartiste, la mesure la plus notoire \u00e9tant de r\u00e9tablir la garde imp\u00e9riale en 1854. Ce sera le dernier corps d\u2019\u00e9lite et d\u2019essence monarchique poss\u00e9d\u00e9 par la France, associ\u00e9 aux fastes du Second Empire, avec des uniformes aux couleurs \u00e9clatantes o\u00f9 dominent le rouge des pantalons et le bleu des vestes. Tr\u00e8s beau \u00e0 la parade, trop voyant sur le terrain\u2026 Cette noblesse date vraiment d\u2019une autre \u00e9poque.<\/p>\n<p>On retrouve l\u2019essentiel de la structure pens\u00e9e par Napol\u00e9on\u00a0: cavalerie (chasseurs \u00e0 cheval, cuirassiers, carabiniers, lanciers, dragons, guides, hussards, chasseurs d\u2019Afrique, spahis)\u00a0; infanterie (grenadiers, voltigeurs, chasseurs \u00e0 pied, zouaves)\u00a0; artillerie plusieurs fois r\u00e9organis\u00e9e\u00a0; enfin g\u00e9nie (logistique) et train des \u00e9quipages (transportant mat\u00e9riel, munitions, ravitaillement). Sans oublier les troupes de la marine (4 r\u00e9giments d\u2019infanterie et un r\u00e9giment d\u2019artillerie).<\/p>\n<p>Les officiers, fiers d\u2019\u00eatre ce qu\u2019ils sont, resteront \u00e0 leur place au lieu de vouloir se m\u00ealer de politique. Et ils feront bien leur m\u00e9tier dans les premi\u00e8res guerres du Second Empire, et d\u2019abord en Crim\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est impossible d\u2019\u00eatre plus beau sous le feu.\u00a0\u00bb<span id=\"2263\" class=\"cit-num\">2263<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Aimable <span class=\"caps\">P\u00c9LISSIER<\/span> (1794-1864), admirant Mac-Mahon, Fort de Malakoff, 8\u00a0septembre 1855. <em>Campagne de Pi\u00e9mont et de Lombardie en 1859<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XXX<\/span> (1860), Am\u00e9d\u00e9e Barth\u00e9lemy Gayet de Cesena<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Militaire qui participa \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie, P\u00e9lissier se retrouve en Russie, commandant en chef \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e de Crim\u00e9e. Il suit \u00e0 la lorgnette les p\u00e9rip\u00e9ties du combat de Mac-Mahon, \u00e0 l\u2019assaut du fort de Malakoff qui d\u00e9fend l\u2019entr\u00e9e de la ville de S\u00e9bastopol. Apprenant que la position est min\u00e9e, il a ordonn\u00e9 \u00e0 Mac-Mahon de renoncer, \u00e0 cinq reprises. Mais le g\u00e9n\u00e9ral s\u2019obstine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019y suis, j\u2019y reste.\u00a0\u00bb<span id=\"2264\" class=\"cit-num\">2264<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAC<\/span>\u2013<span class=\"caps\">MAHON<\/span> (1808-1893), au fort de Malakoff, surplombant la citadelle de S\u00e9bastopol, 8\u00a0septembre 1855. <em>Le Mar\u00e9chal de Mac-Mahon, duc de Magenta<\/em> (1960), Jacques Silvestre de Sacy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mot attribu\u00e9 au g\u00e9n\u00e9ral qui a fini par prendre le fort de Malakoff et ne veut pas le rendre, alors que les Russes annoncent qu\u2019ils vont le faire sauter\u00a0! Le si\u00e8ge de S\u00e9bastopol durait depuis 350 jours, quand Mac-Mahon prend la t\u00eate des colonnes d\u2019assaut et part \u00e0 l\u2019attaque, entour\u00e9 de ses zouaves.<\/p>\n<p>Le commandant de l\u2019arm\u00e9e de Crim\u00e9e, P\u00e9lissier, va y gagner son b\u00e2ton de mar\u00e9chal, le titre de duc de Malakoff, sa place au S\u00e9nat, une pension annuelle de 100\u00a0000\u00a0francs et d\u2019autres honneurs. Mac-Mahon, pour ce mot et ce fait de guerre, entre dans l\u2019histoire \u2013 il aura d\u2019autres occasions de manifester son caract\u00e8re militaire et ent\u00eat\u00e9, comme pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sous le prochain r\u00e9gime.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La masse est pour la guerre. Les soldats partent comme pour le bal.\u00a0\u00bb<span id=\"2275\" class=\"cit-num\">2275<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Prosper <span class=\"caps\">M\u00c9RIM\u00c9E<\/span> (1803-1870). <em>Histoire de France contemporaine depuis la R\u00e9volution jusqu\u2019\u00e0 la paix de 1919<\/em> (1921), Ernest Lavisse, Philippe Sagnac<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La guerre contre l\u2019Autriche est d\u00e9clar\u00e9e le 3\u00a0mai 1859. Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> prend personnellement le commandement et d\u00e9fait les Autrichiens \u00e0 Magenta le 4\u00a0juin (Mac-Mahon arrivant au bon moment) et \u00e0 Solferino, le 24\u00a0juin. L\u2019armistice est sign\u00e9 le 8\u00a0juillet.<\/p>\n<p>L\u2019Autriche c\u00e8de la Lombardie, l\u2019Italie devient une conf\u00e9d\u00e9ration (le Pi\u00e9mont veut davantage, mais la v\u00e9ritable unit\u00e9 n\u2019est pas encore possible, \u00e0 cause de la Prusse) et la France recevra Nice et la Savoie \u2013\u00a0si les populations en sont d\u2019accord. Deux pl\u00e9biscites massivement approbateurs acteront ces conqu\u00eates pacifiques, \u00e0 porter au cr\u00e9dit du Second Empire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Encore une fois notre drapeau fran\u00e7ais<br>Vient de remporter la victoire,<br>Je sommes vainqueurs et ce nouveau succ\u00e8s<br>Fait que je nageons dans la gloire.<br>Fallait entendr\u2019 notre brutal,<br>Aux Mexicains, jouer un p\u2019tit air de bal.<br><em>Refrain<\/em><br>J\u2019avons Puebla, mais foi d\u2019Pico<br>Dans peu, nous aurons Mexico.\u00a0\u00bb<span id=\"2286\" class=\"cit-num\">2286<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexis <span class=\"caps\">DAL\u00c8S<\/span> (1813-1893), paroles, et Charles <span class=\"caps\">COLMANCE<\/span> (1805-1870), musique, <em>J\u2019aurons Mexico<\/em> (1863), chanson.<em> Des chansons populaires chez les anciens et chez les Fran\u00e7ais<\/em> (1867), Charles Nisard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On chante, mais l\u2019aventure mexicaine sera le premier grave \u00e9chec en politique ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>L\u2019empereur, avec les lib\u00e9raux, croit sinc\u00e8rement \u00e0 cette exp\u00e9dition du Mexique et au r\u00f4le jouable par la France dans le Nouveau Monde. La gauche fait des r\u00e9serves, mais r\u00eave aussi\u2026<\/p>\n<p>Les pays alli\u00e9s du d\u00e9but nous l\u00e2chent, les \u00c9tats-Unis se f\u00e2chent, Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> retire ses troupes et abandonne Maximilien d\u2019Autriche, mari\u00e9 \u00e0 la princesse Charlotte, fille du roi des Belges\u00a0: il finira fusill\u00e9 en 1867, elle en deviendra folle. \u00ab\u00a0Plus de six mille morts, trois cent trente-six millions de d\u00e9penses. Rien n\u2019a davantage contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019impopularit\u00e9 du Second Empire\u00a0\u00bb \u00e9crira l\u2019historien Georges Pradali\u00e9 (<em>Le Second Empire<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous voulez donc faire de la France une caserne\u00a0?<br>\u2014 Et vous, prenez garde d\u2019en faire un cimeti\u00e8re.\u00a0\u00bb<span id=\"2291\" class=\"cit-num\">2291<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NIEL<\/span> (1802-1869), \u00e0 Jules <span class=\"caps\">FAVRE<\/span> (1809-1880), Corps l\u00e9gislatif, 2\u00a0janvier 1868.<em> Les Causes politiques du d\u00e9sastre<\/em> (1915), L\u00e9on de Montesquiou<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>H\u00e9ros de la campagne d\u2019Italie, le mar\u00e9chal r\u00e9pond lors d\u2019un d\u00e9bat sur l\u2019arm\u00e9e au d\u00e9put\u00e9 r\u00e9publicain contestant l\u2019utilit\u00e9 des p\u00e9riodes d\u2019exercice. Plus fondamentalement, l\u2019opposition r\u00e9publicaine demande la suppression des arm\u00e9es permanentes, malgr\u00e9 la puissance militaire mena\u00e7ante de la Prusse et l\u2019\u00e9chec de notre diplomatie. Pour Gambetta, \u00ab\u00a0les arm\u00e9es permanentes sont cause de ruines et source de haine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ministre de la Guerre depuis 1867, Niel fera passer deux mesures de r\u00e9organisation militaire, le 14\u00a0janvier 1868\u00a0: extension du recrutement et cr\u00e9ation de la garde mobile. Il meurt en 1869, avant d\u2019avoir pu achever la modernisation jug\u00e9e indispensable.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> a cess\u00e9 d\u2019\u00eatre un \u00ab\u00a0aventurier heureux\u00a0\u00bb (pour reprendre le mot de Thiers en 1864). Sa diplomatie devient brouillonne et l\u2019exp\u00e9dition du Mexique est le premier grave \u00e9chec ext\u00e9rieur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai dans ma main le minist\u00e8re<br>Et dans ma manche le S\u00e9nat,<br>Je fais la paix, je fais la guerre,<br>Enfin c\u2019est moi qui suis l\u2019\u00c9tat\u00a0!<br>Mon peuple est un mouton docile<br>Dont je sais tondre la toison.<br><em>Refrain<\/em><br>Majest\u00e9, r\u00e9pondit \u00c9mile,<br>Majest\u00e9, vous avez raison\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2303\" class=\"cit-num\">2303<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">AVENEL<\/span> (1823-1902), <em>Le Pl\u00e9biscite<\/em> (1870), chanson<em>. Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson brocarde \u00c9mile Ollivier, hier r\u00e9publicain, aujourd\u2019hui ministre, croyant \u0153uvrer pour un empire plus lib\u00e9ral. Mais la suite est fort cruelle pour l\u2019empereur\u00a0: \u00ab\u00a0Les effluves r\u00e9publicaines\u00a0\/ Font \u00e0 la France un sang nouveau\u00a0\/ Et le mien, vieilli dans mes veines\u00a0\/ Ne monte plus \u00e0 mon cerveau\u00a0\/ Mais malgr\u00e9 mon \u00e9tat s\u00e9nile\u00a0\/ Je reste au Louvre en garnison\u00a0\/ Majest\u00e9, r\u00e9pondit \u00c9mile\u00a0\/ Majest\u00e9, vous avez raison\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> est \u00e0 ranger dans la longue liste de \u00ab\u00a0ces malades qui nous gouvernent\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s l\u2019\u00ab\u00a0abc\u00e8s\u00a0\u00bb de Fran\u00e7ois Ier (sans doute la v\u00e9role), la tuberculose de tous les fils de Catherine de M\u00e9dicis et celle de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>, la fistule de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, et avant la maladie de Waldenstr\u00f6m de Pompidou et le cancer (longtemps cach\u00e9) de Mitterrand, c\u2019est la tr\u00e8s douloureuse maladie de la pierre (calculs de la vessie) qui \u00f4te toute \u00e9nergie \u00e0 l\u2019homme. Et face \u00e0 lui, l\u2019adversaire est redoutable.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas par des discours et des votes de majorit\u00e9 que les grandes questions de notre \u00e9poque seront r\u00e9solues, mais par le fer et par le sang.\u00a0\u00bb<span id=\"2306\" class=\"cit-num\">2306<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Otto von <span class=\"caps\">BISMARCK<\/span> (1815-1898), chancelier de la Conf\u00e9d\u00e9ration d\u2019Allemagne du Nord. <em>Bismarck<\/em> (1961), Henry Valloton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces mots posent le personnage, surnomm\u00e9 le Chancelier de fer. \u00ab\u00a0Par le fer et par le sang\u00a0\u00bb est une expression qui lui est ch\u00e8re, tout comme \u00ab\u00a0la force prime le droit\u00a0\u00bb \u2013 traduction de sa <em>Realpolitik<\/em>.<\/p>\n<p>Bismarck a d\u00e9j\u00e0 ravi \u00e0 l\u2019Autriche sa place \u00e0 la t\u00eate de l\u2019ex-Conf\u00e9d\u00e9ration germanique\u00a0: la d\u00e9faite autrichienne \u00e0 Sadowa (1866) fut un \u00ab\u00a0coup de tonnerre\u00a0\u00bb en Europe. Il veut faire l\u2019unit\u00e9 allemande sous l\u2019\u00e9gide de la Prusse. Pour cela, il lui faut prouver sa force\u00a0: \u00e9craser la France est le moyen le plus s\u00fbr. Il man\u0153uvre pour monter contre elle les \u00c9tats du sud de l\u2019Allemagne et les rassembler dans sa Conf\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<p>Face au futur chancelier du Reich, il y a Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>. \u00ab\u00a0L\u2019empereur est une grande incapacit\u00e9 m\u00e9connue\u00a0\u00bb disait Bismarck en 1864. C\u2019est surtout un homme pr\u00e9matur\u00e9ment vieilli, physiquement atteint et devenu maladivement ind\u00e9cis.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On vient de jeter un gant \u00e0 la face de quelqu\u2019un qu\u2019on veut forcer \u00e0 se battre\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2307\" class=\"cit-num\">2307<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Adolphe <span class=\"caps\">THIERS<\/span> (1797-1877), apr\u00e8s avoir pris connaissance de la d\u00e9p\u00eache d\u2019Ems, Corps l\u00e9gislatif, 13\u00a0juillet 1870. <em>Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> et le Second Empire\u00a0: la catastrophe, 1868-1873<\/em> (1976), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est une provocation et une man\u0153uvre de Bismarck, mais la d\u00e9p\u00eache est prise comme une insulte et la France va tomber dans le panneau\u00a0!<\/p>\n<p>Le roi de Prusse, Guillaume\u00a0Ier, a rencontr\u00e9 l\u2019ambassadeur de France Benedetti au sujet de la succession au tr\u00f4ne d\u2019Espagne. Il rend compte de son rendez-vous \u00e0 Bismarck qui est \u00e0 Berlin, par un t\u00e9l\u00e9gramme envoy\u00e9 de la ville d\u2019eaux de Bad Ems lui annon\u00e7ant qu\u2019il renonce \u00e0 soutenir la candidature de son cousin au tr\u00f4ne d\u2019Espagne. Le chancelier (qui d\u00e9sapprouve par ailleurs cette faiblesse) r\u00e9sume et d\u00e9forme le texte dans un sens injurieux\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi a refus\u00e9 de voir l\u2019ambassadeur de France et lui a fait dire qu\u2019il n\u2019avait plus rien \u00e0 lui communiquer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sit\u00f4t connue, cette d\u00e9p\u00eache est comment\u00e9e dans les couloirs de la Chambre, apr\u00e8s une s\u00e9ance houleuse. Thiers, politicien dans l\u2019\u00e2me et hostile \u00e0 la guerre, semble avoir compris qu\u2019il y a manipulation de l\u2019opinion. La guerre d\u00e9clar\u00e9e par la France aurait pour effet de souder les \u00c9tats allemands et le trait\u00e9 d\u2019alliance d\u00e9fensive au sein de la Conf\u00e9d\u00e9ration jouerait automatiquement. C\u2019est bien ce que veut Bismarck. L\u2019opinion publique se d\u00e9cha\u00eene.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais vous ne pourriez retrouver de plus belle occasion, il faut en profiter\u00a0! Vous avez envoy\u00e9 vos conditions\u00a0: en garde maintenant\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2308\" class=\"cit-num\">2308<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">VAILLANT<\/span> (1790-1872), \u00e0 Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span>. <em>L\u2019Empire lib\u00e9ral\u00a0: la guerre<\/em> (1909), \u00c9mile Ollivier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un v\u00e9t\u00e9ran de Waterloo (1815). L\u2019empereur, pacifiste, mais malade, laisse faire, malgr\u00e9 les conseils de mod\u00e9ration de certains hommes politiques et l\u2019opposition de la gauche r\u00e9publicaine au Corps l\u00e9gislatif. Quant \u00e0 l\u2019imp\u00e9ratrice, elle souhaite la guerre \u2013 la victoire assurerait \u00e0 son fils tant aim\u00e9 l\u2019accession au tr\u00f4ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si la Prusse refuse de se battre, nous la contraindrons, \u00e0 coups de crosse dans le dos, \u00e0 repasser le Rhin et \u00e0 c\u00e9der la rive gauche\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2309\" class=\"cit-num\">2309<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Presse. Histoire g\u00e9n\u00e9rale de la presse fran\u00e7aise\u00a0: de 1871 \u00e0 1940<\/em> (1969), Claude Bellanger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En cette mi-juillet\u00a01870, les journaux sont unanimes, reflet d\u2019une opinion publique trop s\u00fbre d\u2019elle. \u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019insolence de la Prusse, il n\u2019y a qu\u2019une r\u00e9ponse\u00a0: la guerre\u00a0\u00bb, \u00e9crit <em>Le Constitutionnel.<\/em> D\u2019autres titrent\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 Berlin\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous sommes pr\u00eats et archipr\u00eats, il ne manque pas \u00e0 notre arm\u00e9e un bouton de gu\u00eatre.\u00a0\u00bb<span id=\"2310\" class=\"cit-num\">2310<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">LEB\u0152UF<\/span> (1809-1888), lors du vote de la mobilisation et des cr\u00e9dits de guerre, Corps L\u00e9gislatif, 15\u00a0juillet 1870. <em>Revue des deux mondes<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XXI<\/span> (1877)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ministre de la Guerre et major g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019arm\u00e9e, il r\u00e9pond au doute de Thiers affirmant\u00a0: \u00ab\u00a0Vous n\u2019\u00eates pas pr\u00eats.\u00a0\u00bb Et il insiste\u00a0: \u00ab\u00a0De Paris \u00e0 Berlin, ce serait une promenade la canne \u00e0 la main.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est une illusion et Bismarck, bien inform\u00e9 par Moltke son chef d\u2019\u00e9tat-major, conna\u00eet les forces ou plut\u00f4t les faiblesses de la France. Ses canons de bronze se chargent encore par la gueule et non par la culasse comme les canons Krupp en acier\u00a0; les traditions tactiques de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Afrique sont impropres \u00e0 une guerre europ\u00e9enne et l\u2019exp\u00e9dition du Mexique a d\u00e9sorganis\u00e9 l\u2019administration militaire\u00a0; ses g\u00e9n\u00e9raux sont vieux et routiniers\u00a0; enfin, le Corps l\u00e9gislatif n\u2019a jamais vot\u00e9 les cr\u00e9dits n\u00e9cessaires \u00e0 l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>C\u2019est un peu tard pour se rattraper, alors que la Prusse pr\u00e9pare cette guerre depuis quatre ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous l\u2019acceptons le c\u0153ur l\u00e9ger.\u00a0\u00bb<span id=\"2311\" class=\"cit-num\">2311<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9mile <span class=\"caps\">OLLIVIER<\/span> (1825-1913), Corps l\u00e9gislatif, le jour de la d\u00e9claration de guerre \u00e0 la Prusse, 19\u00a0juillet 1870. <em>Les Causes politiques du d\u00e9sastre<\/em> (1915), L\u00e9on de Montesquiou<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Port\u00e9 par l\u2019opinion publique, le pr\u00e9sident du Conseil et garde des Sceaux accepte la responsabilit\u00e9 de la guerre, alors que des intervenants (r\u00e9publicains et pacifistes) \u00e9voquaient le sang bient\u00f4t vers\u00e9. Il insiste sur ces mots qui lui seront reproch\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 sa mort\u00a0: \u00c9mile Ollivier reste \u00e0 jamais pour l\u2019histoire \u00ab\u00a0l\u2019homme au c\u0153ur l\u00e9ger\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Prussiens\u00a0! vous fuirez, battant la retraite,<br>Devant nos drapeaux<br>Et nos Chassepots,<br>Oui, notre aigle altier qui n\u2019a qu\u2019une t\u00eate<br>S\u2019ra victorieux,<br>Et pourtant le v\u00f4tre en a deux\u00a0!<br><em>Refrain<\/em><br>Zim la la, zim la la, les beaux militaires,<br>Zim la la, zim la la, que ces Prussiens-l\u00e0\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2312\" class=\"cit-num\">2312<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Ces beaux Prussiens<\/em> (1870), chanson. <em>La Commune en chantant<\/em> (1970), Georges Coulonges<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les chansons font partie de la propagande patriotique, au m\u00eame titre que la presse. Le chassepot fran\u00e7ais (du nom de son inventeur) est en effet le fusil \u00e0 aiguille le plus efficace \u00e0 l\u2019\u00e9poque\u2026 mais c\u2019est notre seule sup\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n<p>450\u00a0000 Prussiens tr\u00e8s arm\u00e9s et tr\u00e8s entra\u00een\u00e9s vont aussit\u00f4t infliger les premi\u00e8res d\u00e9faites aux 350\u00a0000 Fran\u00e7ais pleins d\u2019ardeur. Les Allemands envahissent l\u2019Alsace et la Lorraine. L\u2019arm\u00e9e de Mac-Mahon est d\u00e9faite en Alsace \u2013 battue \u00e0 Wissembourg (4\u00a0ao\u00fbt 1870), Reichshoffen et Froeschwiller (6\u00a0ao\u00fbt) \u2013 et l\u2019arm\u00e9e de Bazaine en Lorraine \u2013 \u00e0 Forbach (6\u00a0ao\u00fbt).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Oh\u00a0! les braves gens\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2316\" class=\"cit-num\">2316<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GUILLAUME<\/span>\u00a0Ier (1797-1888), roi de Prusse, devant les charges h\u00e9ro\u00efques de la cavalerie fran\u00e7aise, quand le g\u00e9n\u00e9ral Margueritte tombe \u00e0 Sedan, 1er\u00a0septembre 1870. <em>La Bataille de Sedan\u00a0: les v\u00e9ritables coupables<\/em> (1887), Emmanuel-F\u00e9lix de Wimpffen, \u00c9mile Corra<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mac-Mahon, au lieu d\u2019aller d\u00e9fendre Paris, va porter secours \u00e0 Bazaine sur ordre de l\u2019imp\u00e9ratrice qui ne veut pas voir l\u2019empereur revenir vaincu. Ce qui conduit Mac-Mahon \u00e0 Sedan, ville de triste m\u00e9moire dans l\u2019histoire de France. Le mar\u00e9chal d\u00e9fend la ville encercl\u00e9e par les Prussiens. Bless\u00e9, il laisse le commandement au g\u00e9n\u00e9ral Ducrot. \u00c9cras\u00e9s par l\u2019artillerie allemande, les Fran\u00e7ais sont impuissants \u00e0 desserrer l\u2019\u00e9tau. Bilan final\u00a0: 15\u00a0000 morts ou bless\u00e9s fran\u00e7ais et 90\u00a0000 prisonniers.<\/p>\n<p>L\u2019empereur qui souffre le martyre monte \u00e0 cheval et affronte la mitraille d\u2019une allure \u00ab\u00a0morne et indiff\u00e9rente\u00a0\u00bb, cherchant la mort qui se refuse \u00e0 lui. Napol\u00e9on a v\u00e9cu ce drame, lors de la sixi\u00e8me coalition, (derni\u00e8re) campagne de France\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai tout fait pour mourir \u00e0 Arcis\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je sais le d\u00e9sastre. L\u2019arm\u00e9e s\u2019est sacrifi\u00e9e. C\u2019est \u00e0 mon tour de m\u2019immoler. Je suis r\u00e9solu \u00e0 demander un armistice.\u00a0\u00bb<span id=\"2317\" class=\"cit-num\">2317<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873), encercl\u00e9 \u00e0 Sedan, 1er\u00a0septembre 1870. <em>Histoire contemporaine<\/em> (1897), Samuel Denis<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il prend cette d\u00e9cision, alors que le g\u00e9n\u00e9ral de Wimpffen \u00ab\u00a0le plus ancien dans le grade le plus \u00e9lev\u00e9\u00a0\u00bb, voulait forcer la ligne ennemie pour lib\u00e9rer Sedan et ouvrir le passage \u00e0 son empereur. Tentative h\u00e9ro\u00efque, mais d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e, que l\u2019\u00e9tat-major n\u2019osait pas d\u00e9conseiller. Le bilan aurait \u00e9t\u00e9 de 60\u00a0000 morts, une boucherie comme au temps de Napol\u00e9on.<\/p>\n<p>L\u2019artillerie allemande continue de tirer sur la ville, 400 pi\u00e8ces de canon font pleuvoir des tonnes de projectiles, quand les premiers drapeaux blancs sont hiss\u00e9s sur les murailles. Guillaume donne l\u2019ordre de faire cesser le feu, envoie deux officiers \u00e0 Wimpffen pour le sommer de rendre la place. Ils vont se retrouver devant l\u2019empereur, \u00e0 la sous-pr\u00e9fecture.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monsieur mon fr\u00e8re, n\u2019ayant pu mourir au milieu de mes troupes, il ne me reste qu\u2019\u00e0 remettre mon \u00e9p\u00e9e entre les mains de Votre Majest\u00e9. Je suis, de Votre Majest\u00e9, le bon fr\u00e8re, Napol\u00e9on.\u00a0\u00bb<span id=\"2318\" class=\"cit-num\">2318<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873), Lettre \u00e0 Guillaume\u00a0Ier, Sedan, 1er\u00a0septembre 1870. <em>La D\u00e9b\u00e2cle<\/em> (1893), \u00c9mile Zola<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur vient d\u2019\u00e9crire ces mots. Lettre imm\u00e9diatement port\u00e9e au vainqueur qui r\u00e9pond\u00a0: \u00ab\u00a0Monsieur mon fr\u00e8re, en regrettant les circonstances dans lesquelles nous nous rencontrons, j\u2019accepte l\u2019\u00e9p\u00e9e de Votre Majest\u00e9, et je la prie de vouloir bien nommer un de vos officiers muni de vos pleins pouvoirs, pour traiter de la capitulation de l\u2019arm\u00e9e qui s\u2019est si bravement battue sous vos ordres. De mon c\u00f4t\u00e9, j\u2019ai d\u00e9sign\u00e9 le mar\u00e9chal de Moltke, \u00e0 cet effet. Je suis, de Votre Majest\u00e9, le bon fr\u00e8re.\u00a0\u00bb Sign\u00e9, Guillaume Ier.<\/p>\n<p>La capitulation est sign\u00e9e au ch\u00e2teau de Bellevue, dans la nuit du 1er\u00a0septembre 1870. Conditions terribles\u00a0: toute l\u2019arm\u00e9e de Sedan sera intern\u00e9e en Allemagne, y compris l\u2019empereur, d\u00e9sormais prisonnier. La capitulation est publi\u00e9e le 2, rendue effective le 3.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0V\u2019l\u00e0 le Sire de Fish-ton-Kan,<br>Qui s\u2019en va-t-en guerre,<br>En deux temps et trois mouv\u2019ments<br>Sens devant derri\u00e8re [\u2026]<br>Badinguet, fich ton camp.\u00a0\u00bb<span id=\"2319\" class=\"cit-num\">2319<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">BURANI<\/span> (1845-1901), paroles, et Antonin <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> (1845-1915) musique,<em> Le Sire de Fich-ton-kan<\/em> (1870), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La capitulation de Sedan est accueillie par les applaudissements de la gauche, le 3\u00a0septembre \u00e0 la Chambre\u00a0: l\u2019opposition sait que le r\u00e9gime ne survivra pas \u00e0 la d\u00e9faite de l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale. De fait, l\u2019opinion se retourne aussit\u00f4t\u00a0: pl\u00e9biscit\u00e9 en mai, l\u2019empereur qui tombe est insult\u00e9. La rue chante et brocarde \u00ab\u00a0Le Sire de Fich-ton-kan.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le pr\u00e9tendu dieu des arm\u00e9es est toujours pour la nation qui a la meilleure artillerie, les meilleurs g\u00e9n\u00e9raux.\u00a0\u00bb<span id=\"2320\" class=\"cit-num\">2320<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ernest <span class=\"caps\">RENAN<\/span> (1823-1892),<em> Dialogues et fragments philosophiques<\/em> (1876)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette guerre de 1870 va \u00e9branler bien des certitudes et des enthousiasmes chez les hommes qui en seront t\u00e9moins. Et le drame continue apr\u00e8s la chute de l\u2019Empire.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0La guerre est la continuation de la politique par d\u2019autres moyens.\u00a0\u00bb Carl von CLAUSEWITZ (1780-1831), g\u00e9n\u00e9ral prussien, strat\u00e8ge et th\u00e9oricien, De la Guerre (1832) \u00ab\u00a0Il y a des guerres justes. Il n\u2019y a pas d\u2019arm\u00e9e juste.\u00a0\u00bb Andr\u00e9 MALRAUX (1901-1976), L\u2019Espoir (1937) Les hommes se font la guerre depuis la pr\u00e9histoire et les guerres antiques sont [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":66,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-10015","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10015","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10015"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10015\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12137,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10015\/revisions\/12137"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10015"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10015"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10015"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}