{"id":10065,"date":"2024-11-18T00:00:00","date_gmt":"2024-11-17T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-caricatures-naissance-de-la-monarchie-absolue\/"},"modified":"2026-06-16T09:31:03","modified_gmt":"2026-06-16T07:31:03","slug":"lhistoire-en-caricatures-naissance-de-la-monarchie-absolue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-caricatures-naissance-de-la-monarchie-absolue\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en caricatures (Naissance de la Monarchie Absolue)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-3-52.jpg\" width=\"150\" height=\"200\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>Repr\u00e9sentation d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9, la caricature (de l\u2019italien <em>caricare<\/em>, charger) est aussi d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0charge, imitation, parodie, pastiche, simulacre\u00a0\u00bb. Art engag\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine (Moyen \u00c2ge), sign\u00e9e ou anonyme, sans tabou et destin\u00e9e \u00e0 tous les publics, elle joue un r\u00f4le historique comparable \u00e0 la chanson.<\/p>\n<p>Mani\u00e8re originale de revoir <em>l\u2019Histoire en citations<\/em>, on trouve au fil de cet \u00e9dito en 12 semaines les personnages principaux (Napol\u00e9on, de Gaulle, Hugo, Voltaire, Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>\u2026) et les grands \u00e9v\u00e8nements (R\u00e9forme et guerres de Religion, Saint Barth\u00e9lemy, R\u00e9volution, Affaire Dreyfus\u2026), l\u2019explosion de la caricature politique correspondant \u00e0 des p\u00e9riodes de crises.<\/p>\n<p>Encourag\u00e9e par le d\u00e9veloppement de l\u2019imprimerie au <span class=\"caps\">XVI<\/span>\u00b0 si\u00e8cle, \u00e9touff\u00e9e sous la censure de la monarchie absolue et de l\u2019Empire, la caricature s\u2019impose avec la presse populaire au <span class=\"caps\">XIX<\/span>\u00b0 et les dessins provocants de journaux sp\u00e9cialis\u00e9s (<em>La Caricature, Le Charivari<\/em>\u2026). Des formes naissent sous la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique\u00a0: slogans de Mai 68, <em>Guignols de l\u2019Info<\/em> et autres marionnettes \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, sans oublier les <span class=\"caps\">BD<\/span> politiques souvent best-sellers.<\/p>\n<p>Deux auteurs seront cit\u00e9s (= montr\u00e9s) une dizaine de fois. Le plus c\u00e9l\u00e8bre, Gustave Dor\u00e9, artiste peintre du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, se voue \u00e0 la caricature avec un art du trait qui fait mouche et mal. Bien diff\u00e9rent avec sa s\u00e9rie de gouaches, Fran\u00e7ois Lesueur inventa sous la R\u00e9volution une caricature bienveillante et bon enfant comme la Carmagnole du\u00a0<em>\u00c7a ira<\/em> (premi\u00e8re version).<\/p>\n<p>Une invit\u00e9e surprise, la physiogonomie. Formul\u00e9e par Cic\u00e9ron (\u00ab\u00a0Le visage est le miroir de l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb), elle entre en sc\u00e8ne avec le g\u00e9nie du peintre Le Brun sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, s\u2019\u00e9rige en science au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, justifie les pires racismes\u00a0(colonialisme, antis\u00e9mitisme) et se banalise avec le \u00ab\u00a0d\u00e9lit de sale gueule\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xiii_richelieu.jpg\" width=\"945\" height=\"705\"><\/p>\n<p>Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>, Richelieu, Cossmann (tambour) et moine (<span class=\"caps\">SGK<\/span>). Charles-Henri <span class=\"caps\">PILLE<\/span>, 10 f\u00e9vrier 1883.\u00a0 Mus\u00e9e L\u00e9on-Dierx, unique mus\u00e9e des beaux-arts de La R\u00e9union<\/p>\n<p>Aucune caricature d\u2019\u00e9poque (et celle du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle est bien pauvre). La censure en est la cause. Et Richelieu, Principal ministre, veille.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019autorit\u00e9 contraint \u00e0 l\u2019ob\u00e9issance, mais la raison y persuade.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"580\" class=\"cit-num\">580<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642), <em>Testament politique<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cet ouvrage venu de la chancellerie du cardinal, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas enti\u00e8rement de sa main, est l\u2019exact reflet de ses id\u00e9es. Ministre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, Richelieu fait preuve d\u2019une tr\u00e8s grande autorit\u00e9 pour contraindre \u00e0 l\u2019ob\u00e9issance les protestants, les Grands, les Parlements et quelques autres rebelles. Ce qui lui vaut, surtout \u00e0 la fin de son \u00ab\u00a0r\u00e8gne\u00a0\u00bb, une grande impopularit\u00e9 personnelle.<\/p>\n<p>Formulateur sinon inventeur de la raison d\u2019\u00c9tat, Charles de Gaulle qui l\u2019admirait rendit hommage \u00e0 son action pour la France. Il n\u2019est pas le seul.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0[Richelieu] acheva ce que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> avait commenc\u00e9 [\u2026] Il rendit le pouvoir absolu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"582\" class=\"cit-num\">582<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Philippe <span class=\"caps\">BUCHEZ<\/span> (1796-1865) et Pierre-C\u00e9lestin <span class=\"caps\">ROUX<\/span> (1802-1874),<em> Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1834-1838)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Historien du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, Buchez fait de Richelieu le premier h\u00e9ros de l\u2019histoire moderne de la France, celui qui se bat pour l\u2019unit\u00e9 du pays et le pouvoir du roi, l\u2019un n\u2019allant pas sans l\u2019autre.<\/p>\n<p>Fait remarquable, ce sont deux ministres qui, sous des rois trop faibles ou trop jeunes, ont fait la monarchie absolue et en quelque sorte cr\u00e9\u00e9 le tr\u00f4ne sur lequel Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> s\u2019installera. Tous deux cardinaux, mais de nature aussi diff\u00e9rente que possible\u00a0: Richelieu avec sa lucidit\u00e9 politique et son caract\u00e8re intransigeant, puis son principal collaborateur et bient\u00f4t successeur, Mazarin, avec son insinuante diplomatie. Mais la monarchie absolue ne l\u2019est jamais tout \u00e0 fait\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En France et sous nos rois, la chanson fut longtemps la seule opposition possible\u00a0; on d\u00e9finissait le gouvernement d\u2019alors comme une monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"815\" class=\"cit-num\">815<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eug\u00e8ne <span class=\"caps\">SCRIBE<\/span> (1791-1861), <em>Discours de r\u00e9ception \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise<\/em> (1834)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Restent de rares caricatures d\u2019\u00e9poque bravant la censure. Voici l\u2019une des plus connues, all\u00e9gorique et ais\u00e9ment d\u00e9chiffrable.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/mazarin_2.jpg\" width=\"1024\" height=\"805\"><\/p>\n<p>Le Salut de la France dans les armes de la ville de Paris. 1649. Biblioth\u00e8que Mazarine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Salut de la France dans les armes de la ville de Paris.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1\" class=\"cit-num\">1<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Programme affich\u00e9 des premiers frondeurs<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Gravure sur bois\u00a0: \u00e0 bord de la nef aux armes de la ville de Paris et arborant les pavillons du roi de France, lui-m\u00eame plac\u00e9 au-dessus d\u2019elle et guid\u00e9 par le G\u00e9nie de la France\u2026 on reconna\u00eet quelques personnages c\u00e9l\u00e8bres sur cette plaisante caricature.<\/p>\n<p>Le prince de Conti est \u00e0 la barre, accompagn\u00e9 en poupe des ducs de Beaufort et d\u2019Elbeuf, du prince de Marcillac, chefs principaux de l\u2019arm\u00e9e\u00a0; \u00e0 la proue se trouvent le duc de Bouillon, le mar\u00e9chal de La Mothe Houdancourt et le marquis de Noirmoutier, autres chefs militaires\u00a0; au centre autour du grand m\u00e2t, les gens du Parlement et ceux de la Ville\u2026 les fameux frondeurs.<\/p>\n<p>Tandis que Mazarin, dans l\u2019eau (de la Seine\u00a0?), s\u2019accroche \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du navire et tente de le faire chavirer, aid\u00e9 de deux diables cornus qui repr\u00e9sentent les monopoleurs et soufflent des vents contraires. \u00c0 l\u2019avant, Concini, marquis d\u2019Ancre, accroch\u00e9 \u00e0 son ancre, se noie en essayant de couler le navire et appelle Mazarin \u00e0 la rescousse.<\/p>\n<p>En r\u00e9sum\u00e9\u00a0: malgr\u00e9 la Fronde et contre Mazarin, les Frondeurs assument le salut de la France avec la b\u00e9n\u00e9diction du (jeune) roi qui deviendra grand.<\/p>\n<p>La France fut malgr\u00e9 tout au bord de la r\u00e9volution. Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, enfant marqu\u00e9 \u00e0 jamais par l\u2019\u00e9preuve, en tirera le\u00e7on pour rendre la monarchie absolue.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un vent de Fronde<br>S\u2019est lev\u00e9 ce matin<br>Je crois qu\u2019il gronde<br>Contre le Mazarin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"744\" class=\"cit-num\">744<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">SCARRON<\/span> (1610-1660), mazarinade. <em>Po\u00e9sies diverses\u00a0: la mazarinade, Virgile travesti, roman comique<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tout-puissant ministre sous la r\u00e9gence d\u2019Anne d\u2019Autriche, m\u00e8re du tr\u00e8s jeune Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, Mazarin est l\u2019homme d\u2019\u00c9tat le plus durement chansonn\u00e9 de l\u2019histoire de France durant la Fronde (1648-1653)\u00a0! Quant \u00e0 Paul Scarron, l\u2019un des rares auteurs osant signer ses mazarinades, sa veuve \u00e9pousera en secondes noces Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> vieillissant. Ironie de l\u2019Histoire \u00e0 venir\u2026<\/p>\n<p>1648, le coup de force du Parlement de Paris, exploitant la crise financi\u00e8re et le m\u00e9contentement g\u00e9n\u00e9ral, a mis le feu aux poudres. Les causes du mouvement sont profondes, \u00e0 la fois politiques, \u00e9conomiques, sociales. Sur fond de guerre \u00e9trang\u00e8re avec l\u2019Espagne trop heureuse de trouver des alli\u00e9s parmi les frondeurs, la France fragilis\u00e9e, Paris en t\u00eate, se d\u00e9cha\u00eene dans un tourbillon r\u00e9volutionnaire o\u00f9 les parlements, le peuple et les Grands se relaient.<\/p>\n<p>La cible num\u00e9ro un est le cardinal au pouvoir, l\u2019amant (suppos\u00e9) de la Reine, l\u2019Italien (naturalis\u00e9), le parvenu (enrichi), l\u2019homme \u00e0 abattre\u00a0: Mazarin. C\u2019est un v\u00e9ritable appel au meurtre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Notre France est ruin\u00e9e,<br>Faut de ce Cardinal<br>Abr\u00e9ger les ann\u00e9es,<br>Il est auteur du mal.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"751\" class=\"cit-num\">751<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Chasse donn\u00e9e \u00e0 Mazarin,<\/em> chanson populaire anonyme. <em>Bulletin de la Soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019histoire de France<\/em> (1835), Renouard \u00e9d.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le cardinal Mazarin succ\u00e9dant au cardinal de Richelieu est \u00e9galement d\u00e9test\u00e9 en raison de la crise des subsistances et de la lourdeur des imp\u00f4ts n\u00e9cessaires pour financer la guerre. Le peuple taillable et corv\u00e9able \u00e0 merci chante\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pour payer les subsides\u00a0\/ J\u2019ai vendu mon godet\u00a0\/ Ma po\u00eale, ma marmite\u00a0\/ Jusques \u00e0 mon soufflet\u00a0\/ Moi, pour payer les tailles\u00a0\/ J\u2019ai vendu mes moutons\u00a0\/ Je couche sur la paille\u00a0\/ Je n\u2019ai pas le teston [monnaie royale]\u00a0\/ Moi, j\u2019ai chose certaine\u00a0\/ Vendu un gros pourceau\u00a0\/ Mes ch\u00e8vres et mes g\u00e9lines\u00a0\/ Pour payer les imp\u00f4ts.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><em>L\u2019Histoire en chansons<\/em> a beaucoup de talent, l\u2019histoire par les caricatures se manifeste plus discr\u00e8tement en attendant l\u2019histoire contemporaine.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">SI\u00c8CLE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (r\u00e8gne personnel 1661-1715)<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/maarquis_louis_xiv.jpg\" width=\"1000\" height=\"1000\"><\/p>\n<p>Le Bichon poudr\u00e9\u00a0: caricature d\u2019un petit marquis. <span class=\"caps\">BNF<\/span>, Biblioth\u00e8que nationale de France, estampe du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui est plus esclave qu\u2019un courtisan assidu, si ce n\u2019est un courtisan plus assidu\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"828\" class=\"cit-num\">828<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de la <span class=\"caps\">BRUY\u00c8RE<\/span> (1645-1696), <em>Les Caract\u00e8res<\/em> (1688)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, la cour est un lieu de pouvoir \u00e0 la fois envi\u00e9 et d\u00e9cri\u00e9, politiquement complexe et humainement passionnant.<\/p>\n<p>Avoir du talent peut faciliter la vie des auteurs et des artistes \u00e0 la cour. Mais la vie du \u00ab\u00a0pur\u00a0\u00bb courtisan est dure\u00a0: rivalit\u00e9s de personnes, clans et coteries viciant les rapports humains, f\u00eates perp\u00e9tuelles o\u00f9 le \u00ab\u00a0para\u00eetre\u00a0\u00bb est de rigueur, exigences minutieuses et minut\u00e9es de l\u2019\u00e9tiquette, incommodit\u00e9s du ch\u00e2teau de Versailles aux couloirs froids et sales. La Bruy\u00e8re si \u00e9tranger au monde des \u00ab\u00a0petits marquis\u00a0\u00bb n\u2019y sera pas vraiment \u00e0 l\u2019aise et le fera savoir dans ses <em>Caract\u00e8res<\/em>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pressez-les, tordez-les, [les courtisans] d\u00e9gouttent l\u2019orgueil, l\u2019arrogance, la pr\u00e9somption.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"825\" class=\"cit-num\">825<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de la <span class=\"caps\">BRUY\u00c8RE<\/span> (1645-1696), <em>Les Caract\u00e8res<\/em> (1688)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bourgeois parisien, avocat \u00e0 qui sa charge laisse des loisirs, La Bruy\u00e8re est introduit dans la maison des Cond\u00e9 par Bossuet, comme pr\u00e9cepteur, puis secr\u00e9taire du duc de Bourbon, petit-fils du Grand Cond\u00e9.<\/p>\n<p>Il vit l\u00e0 une \u00ab\u00a0domesticit\u00e9\u00a0\u00bb honorable, mais mal support\u00e9e. La cour est un bon terrain d\u2019observation pour ce moraliste et fournit un savoureux chapitre \u00e0 ses <em>Caract\u00e8res\u00a0<\/em>: publi\u00e9s anonymement par prudence, leur immense succ\u00e8s sera suivi de nombreuses \u00e9ditions augment\u00e9es \u2013 c\u2019est la revanche du talent et de l\u2019esprit sur la naissance et la fortune.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/duchesse.jpg\" width=\"1000\" height=\"1000\"><\/p>\n<p>La Poule d\u2019Inde en Falbala\u00a0: caricature d\u2019une duchesse. <span class=\"caps\">BNF<\/span>, Biblioth\u00e8que nationale de France, estampe du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je d\u00e9finis la cour un pays o\u00f9 les gens,<br>Tristes, gais, pr\u00eats \u00e0 tout, \u00e0 tout indiff\u00e9rents,<br>Sont ce qu\u2019il pla\u00eet au prince, ou, s\u2019ils ne peuvent l\u2019\u00eatre<br>T\u00e2chent au moins de le para\u00eetre\u00a0:<br>Peuple cam\u00e9l\u00e9on, peuple singe du ma\u00eetre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"824\" class=\"cit-num\">824<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de la <span class=\"caps\">FONTAINE<\/span> (1621-1695),<em> Fables. Les Obs\u00e8ques de la lionne<\/em> (1678)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>N\u00e9 bourgeois, auteur \u00e0 qui sa charge de \u00ab\u00a0ma\u00eetre des Eaux et For\u00eats\u00a0\u00bb laisse bien des loisirs pour fr\u00e9quenter les salons, lire les Modernes, leur pr\u00e9f\u00e9rer d\u2019ailleurs les Anciens, \u00e9crire enfin. Fouquet fut son m\u00e9c\u00e8ne et \u00e0 la chute du surintendant (1661), La Fontaine trouve d\u2019autres riches protecteurs (et surtout protectrices, duchesse d\u2019Orl\u00e9ans, Mme\u00a0de la Sabli\u00e8re, Marie-Anne Mancini, etc.).<\/p>\n<p>Courtisan \u00e0 la cour, il est cependant \u00e9pris de libert\u00e9 et fort habile \u00e0 la g\u00e9rer, tout en m\u00e9nageant son confort. C\u2019est tout un art de vivre. Et le g\u00e9nie litt\u00e9raire de l\u2019auteur s\u2019en accommodera \u00e0 merveille.<\/p>\n<p>Quant aux caricatures, comme les Fables, elles ont l\u2019art de se servir des animaux, non pas tant pour \u00ab\u00a0instruire les hommes\u00a0\u00bb que pour s\u2019en moquer plus ou moins cruellement et clairement.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xiv_lion.jpg\"><\/p>\n<p>Romeyn de <span class=\"caps\">HOOGHE<\/span>, Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>\/Lion, 1672, eau forte. (tir\u00e9 de Gu\u00e9dron-Baridon,\u00a0<em><span class=\"caps\">L\u2019A<\/span>rt et l\u2019histoire de la caricature.<\/em>)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sa Majest\u00e9 Lionne un jour voulut conna\u00eetre, <br>De quelles nations le Ciel l\u2019avait fait ma\u00eetre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"4\" class=\"cit-num\">4<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">FONTAINE<\/span> (1621-1695), <em>Fables, La Cour du Lion<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Lion est le roi des animaux\u2026 et pas seulement dans les Fables de La Fontaine.<\/p>\n<p>\u00c0 travers ses vers tr\u00e8s inspir\u00e9s d\u2019\u00c9sope et avec un g\u00e9nie qui lui est propre, il critique la cour et Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, repr\u00e9sent\u00e9 par Sa Majest\u00e9 lionne \u2013 autrement dit le Roi-lion qui symbolise la brutalit\u00e9. Il tire de ses fables une morale valable aussi bien au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e si\u00e8cle qu\u2019\u00e0 notre \u00e9poque. Cette d\u00e9nonciation n\u2019est pas violente, contrairement au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res o\u00f9 les philosophes pourront bl\u00e2mer le syst\u00e8me \u2013 s\u2019exposant quand m\u00eame \u00e0 l\u2019exil ou la prison. L\u2019utilisation des animaux dans ses \u0153uvres permet \u00e0 La Fontaine de ne pas \u00eatre censur\u00e9. C\u2019est un moyen d\u2019\u00e9viter la censure.<\/p>\n<p>Notons que la caricature ne s\u2019attaque jamais au Grand Roi, personnage sacr\u00e9. Mais \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, ses adversaires constamment en guerre dans des coalitions groupant les Provinces-Unies, l\u2019Angleterre, les Habsbourg, ne manquent pas d\u2019exploiter l\u2019arme de la caricature. Les plus connues et les plus r\u00e9pandues circulant en France sous le manteau sont publi\u00e9es en Hollande \u2013 sous Napol\u00e9on, ce sera en Angleterre.<\/p>\n<p>La personne du roi n\u2019est pas d\u00e9form\u00e9e. La mode du portrait-charge qui pose une t\u00eate \u00e9norme sur un corps r\u00e9tr\u00e9ci n\u2019est pas encore de mise. Pas davantage d\u2019animalisation ou de monstruosit\u00e9. Le visage cherche la ressemblance avec le mod\u00e8le qui peut \u00eatre observ\u00e9 sur les monnaies, voire les gravures circulant au-del\u00e0 des fronti\u00e8res de la France. Dans cette caricature de 1672, la relation au Lion, le roi des animaux, est quand m\u00eame \u00e9vidente\u2026 et fascinante.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_soleil.jpg\" width=\"343\" height=\"498\"><\/p>\n<p>Anonyme, <em>Louis d\u2019or au soleil,<\/em> 1693, eau forte, Laurent Baridon et Martial Gu\u00e9dron<em>, <span class=\"caps\">L\u2019A<\/span>rt et l\u2019histoire de la caricature<\/em> (2021).<\/p>\n<p>La l\u00e9gende vaut citation (et plaisante explication)\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout le crime qu\u2019on m\u2019impose, <br>C\u2019est que le soleil m\u2019endort, <br>Et que les seuls louis d\u2019or <br>Qui font tout remuer, font que je me repose.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"5\" class=\"cit-num\">5<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La critique contre le r\u00e8gne se manifeste lors des nombreuses guerres o\u00f9 le roi fait v\u00e9ritablement son m\u00e9tier\u00a0: 1672, guerre contre la Hollande, 1690 et suivantes, guerre de la Ligue d\u2019Augsbourg et finalement guerre de succession d\u2019Espagne, 1702-1714. Le peuple qui approuve au d\u00e9but du r\u00e8gne se lasse de la grandeur \u00e0 ce prix. Pour entretenir et renouveler des arm\u00e9es toujours plus nombreuses, Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> multiplie les exp\u00e9dients\u00a0: cr\u00e9ation d\u2019offices, manipulations mon\u00e9taires, lev\u00e9es d\u2019imp\u00f4ts dans les r\u00e9gions conquises\u2026 Moins connue, l\u2019arme des louis d\u2019or pour s\u2019acheter des alli\u00e9s.<\/p>\n<p>Dans le <em>Louis d\u2019or au soleil,<\/em>\u00a0le graveur (prudemment anonyme) a figur\u00e9 le prince Louis-Guillaume de Bade (1655-1701), dit Louis le Turc pour sa victoire contre les Turcs. Assoupi, il porte en sautoir un \u00e9cu d\u2019or frapp\u00e9 \u00e0 l\u2019effigie de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>. Sa main repose sur des sacs de monnaie venus de toute l\u2019Europe\u00a0: \u00ab\u00a0ducats d\u2019Allemagne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0guin\u00e9es d\u2019Angleterre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0doublons d\u2019Espagne\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Louis d\u2019or\u00a0\u00bb, autant de monnaies qui ont permis au roi d\u2019acheter sa neutralit\u00e9 suppos\u00e9e, ou son manque de z\u00e8le\u2026 Le grand soleil qui l\u2019inonde de ses rayons l\u2019endort et le sous-titre de la gravure est explicite. <br>Reste la question sans r\u00e9ponse\u00a0: ce filleul de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e9tait-il fran\u00e7ais de c\u0153ur\u00a0? ou fran\u00e7ais d\u00fbment achet\u00e9 \u00e0 denier comptant par le Grand Roi\u00a0?<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/apollon.jpg\" width=\"1024\" height=\"760\"><\/p>\n<p>Romeyn de <span class=\"caps\">HOOGHE<\/span> (1645-1708), graveur et caricaturiste baroque des Pays-Bas.<em> Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> en Apollon conduit par Madame de Maintenon<\/em>, 1701<\/p>\n<p>Rappelons qu\u2019on ne caricature pas la personne toujours sacr\u00e9e et de droit divin du Roi-soleil\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Nec pluribus impar.\u00a0\u00bb <\/em><br>\u00ab\u00a0Sup\u00e9rieur \u00e0 tous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"853\" class=\"cit-num\">853<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Non inf\u00e9rieur (ou\u00a0: in\u00e9gal) \u00e0 plusieurs (ou\u00a0: au plus grand nombre)\u00a0\u00bb \u2013\u00a0c\u2019est litt\u00e9ralement intraduisible\u00a0! On peut quand m\u00eame essayer, en recourant \u00e0 une litote. D\u2019autres traductions existent, sign\u00e9es d\u2019historiens. Pierre Larousse, auteur du dictionnaire, pose la question et avoue qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse claire, m\u00eame pas celle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Je suffirai \u00e0 \u00e9clairer encore d\u2019autres mondes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, la devise latine accompagne l\u2019embl\u00e8me choisi depuis la f\u00eate du Carrousel, en juin\u00a01662\u00a0: le Soleil. Ainsi se d\u00e9veloppe une mystique d\u2019origine divine mais en r\u00e9alit\u00e9 bien pa\u00efenne, celle du \u00ab\u00a0Roi-Soleil\u00a0\u00bb, personnage presque supraterrestre dont le culte atteint son apog\u00e9e avec l\u2019installation de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 Versailles, en 1682. La charge tient \u00e0 la mise en sc\u00e8ne dans laquelle le roi est repr\u00e9sent\u00e9, en soleil attrist\u00e9, assombri, sans \u00e9clat. La m\u00e9taphore de la devise du roi Soleil reste le r\u00e9f\u00e9rent syst\u00e9matique, comme dans sa devise \u00e9nigmatique.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Mme de Maintenon\u2026 son r\u00f4le de conseill\u00e8re plus ou moins secr\u00e8te est connu depuis son mariage plus ou moins secret (morganatique).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le plus grand roi du monde, couvert de gloire, \u00e9pouser la veuve Scarron\u00a0? Voulez-vous vous d\u00e9shonorer\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"894\" class=\"cit-num\">894<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUVOIS<\/span> (1639-1691), \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> qui lui fait part de son projet de mariage, 1683. <em>M\u00e9moires et r\u00e9flexions sur les principaux \u00e9v\u00e9nements du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1715), marquis de la Fare<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fran\u00e7ois Michel Le Tellier, marquis de Louvois, ose reprocher au roi son intention d\u2019\u00e9pouser la Maintenon, veuve d\u2019un boh\u00e8me des lettres.<\/p>\n<p>Sans ressources, la \u00ab\u00a0veuve Scarron\u00a0\u00bb \u00e9tait devenue gouvernante des enfants de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et de sa favorite, Mme\u00a0de Montespan. La gouvernante supplanta la ma\u00eetresse. Apr\u00e8s la mort de sa femme, la reine Marie-Th\u00e9r\u00e8se (30\u00a0juillet 1683), le roi va \u00e9couter son c\u0153ur plut\u00f4t que son ministre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Il \u00e9pousera secr\u00e8tement (en 1683 ou 1684) Mme\u00a0de Maintenon qui ne pardonnera jamais \u00e0 Louvois\u00a0: il sera disgraci\u00e9 sur son intervention, apr\u00e8s la chute de Mayence (en 1689).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/maintenon.jpg\" width=\"781\" height=\"1024\"><\/p>\n<p>Mme de Maintenon, Veuve de Scarron. Mus\u00e9e du Donjon de Niort. Anonyme.<\/p>\n<p>La l\u00e9gende vaut l\u00e0 encore citation\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je dois sans contredit \u00eatre jointe \u00e0 la Ligue <br>J\u2019ai b\u00e2ti des couvents et Saint Cyr en fait foi <br>De veuve de Scarron, je suis femme d\u2019un Roy <br>Et si j\u2019ai r\u00e9ussi, c\u2019est par ma seule intrigue.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"7\" class=\"cit-num\">7<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le visage horriblement d\u00e9form\u00e9 est affubl\u00e9 d\u2019un furoncle au bout du nez. La \u00ab\u00a0veuve Scarron\u00a0\u00bb porte un v\u00eatement noir \u00e0 capuche de moine, mais la catho coquette arbore des boucles d\u2019oreille, une croix autour du cou et une fleur de lys en broche sur l\u2019\u00e9paule gauche.<\/p>\n<p>Le portrait est sous-titr\u00e9 de ces quatre vers qui r\u00e9sument son ascension sociale\u00a0: la Veuve Scarron devenue femme de Roi, ayant fond\u00e9 en 1686 la maison d\u2019\u00e9ducation de Saint-Cyr, destin\u00e9e aux jeunes filles nobles et sans fortune \u2013 ce qui fut son cas.<\/p>\n<p>Principal grief\u00a0et cause de son impopularit\u00e9\u00a0: son r\u00f4le dans la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes, plus ou moins clair et diversement jug\u00e9 par les historiens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu se sert de tous les moyens.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"899\" class=\"cit-num\">899<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme\u00a0de <span class=\"caps\">MAINTENON<\/span> (1635-1719). <em>Histoire de Madame de Maintenon et des principaux \u00e9v\u00e9nements du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1849), duc Paul de Noailles<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu se sert de toutes voies pour ramener \u00e0 lui les h\u00e9r\u00e9tiques.\u00a0\u00bb Un casuiste (cit\u00e9 par Michelet dans son Histoire de France) aura un autre mot pour faire passer la chose\u00a0: \u00ab\u00a0Un petit mal pour un grand bien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ainsi et au nom de la foi, cette tr\u00e8s chr\u00e9tienne \u00e9pouse royale se r\u00e9signe \u00e0 la brutalit\u00e9 des dragonnades contre les protestants, les conversions forc\u00e9es avec les enfants syst\u00e9matiquement enlev\u00e9s \u00e0 leurs parents, ou l\u2019exil massif vers la Belgique et autres pays d\u2019accueil.<\/p>\n<p>Ironie de l\u2019histoire, rappelons que Mme de Maintenon, veuve Scarron \u2013 infirme disgraci\u00e9, pensionn\u00e9 comme \u00ab\u00a0malade de la reine\u00a0\u00bb Anne d\u2019Autriche, auteur du <em>Roman comique<\/em> et de mazarinades frondeuses -, est\u00a0n\u00e9e Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9, petite-fille du protestant Agrippa d\u2019Aubign\u00e9. Lequel s\u2019est battu toute sa vie pour sa religion,\u00a0 d\u00e9plorant que l\u2019\u00e9dit de Nantes, sign\u00e9 par son ami Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, ne f\u00eet pas la part assez belle aux r\u00e9form\u00e9s\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plaie de la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes saigne encore en France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"900\" class=\"cit-num\">900<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Correspondance<\/em> (Lettre au comte de Schouvalof, 30\u00a0septembre 1767)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au si\u00e8cle suivant, c\u2019est le grand avocat de la tol\u00e9rance religieuse qui s\u2019exprime, mais aussi le premier v\u00e9ritable historien du <em>Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/em><\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dit de Fontainebleau du 18\u00a0octobre 1685 (enregistr\u00e9 le 22) r\u00e9voque l\u2019\u00e9dit de Nantes (pris par Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> en 1598)\u00a0: pasteurs bannis, \u00e9coles protestantes ferm\u00e9es, temples d\u00e9truits, enfants des \u00ab\u00a0nouveaux convertis\u00a0\u00bb baptis\u00e9s. Et interdiction de quitter la France sous peine de gal\u00e8res. C\u2019est l\u2019impardonnable faute politique du r\u00e8gne, m\u00eame si la majorit\u00e9 des Fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque l\u2019approuvaient, \u00e0 commencer par Bossuet, th\u00e9oricien de la monarchie absolue de droit divin.<\/p>\n<p>Reste la guerre qui n\u2019en finit pas et tourne mal pour la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! que votre \u00e2me est abus\u00e9e<br>Dans le choix de tous les guerriers.<br>Faut-il qu\u2019une vieille \u00e9dent\u00e9e<br>Fasse fl\u00e9trir tous vos lauriers\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"929\" class=\"cit-num\">929<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Contre Maintenon<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019influence de cette femme de t\u00eate sur le roi vieillissant fait toujours jaser. Le peuple \u00e9puis\u00e9, ruin\u00e9, lass\u00e9 d\u2019une gloire dont il voit d\u00e9sormais les faiblesses, prend cette femme pour bouc \u00e9missaire. Cependant que la guerre de Succession d\u2019Espagne tourne au drame, avec des troupes moins combatives, sous des chefs militaires aussi m\u00e9diocres que La Feuillade, Marcin, Villeroy (ou Villeroi).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis, avec sa charmante, <br>Enferm\u00e9 dans Trianon,<br>Sur la mis\u00e8re pr\u00e9sente, <br>Se lamente sur ce ton\u00a0:<br>Et allons, ma tourlourette<br>Et allons, ma tourlouron.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"934\" class=\"cit-num\">934<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Louis avec sa charmante<\/em>, chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La crise \u00e9conomique et sociale ronge le pays et m\u00eame \u00e0 la cour, les marchands exigent d\u2019\u00eatre pay\u00e9s comptant, pour livrer au roi le linge \u00e0 son usage personnel\u00a0! On est loin de la belle \u00e9poque de Versailles\u00a0! La fin de r\u00e8gne est tragique \u00e0 tout point de vue.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/lebrun_1.png\" width=\"1024\" height=\"614\"><\/p>\n<p>Charles <span class=\"caps\">LE<\/span> <span class=\"caps\">BRUN<\/span> (1619-1690), <em>Livre de portraiture pour ceux qui commencent \u00e0 dessiner<\/em> (posthume, 1705 ) source\u00a0: Gallica-BnF<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/lebrun_2.jpg\" width=\"1024\" height=\"614\"><\/p>\n<p>Charles <span class=\"caps\">LE<\/span> <span class=\"caps\">BRUN<\/span> (1619-1690), <em>Trait\u00e9 de la physionomie de l\u2019homme compar\u00e9e \u00e0 celle des animaux<\/em> (posthume).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon dessein n\u2019a pas \u00e9t\u00e9 d\u2019expliquer les passions en Orateur, ni m\u00eame en Philosophe, mais seulement en Physicien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"8\" class=\"cit-num\">8<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ren\u00e9 <span class=\"caps\">DESCARTES<\/span> (1596-1650),\u00a0 Lettre \u00e0 son \u00e9diteur (14 ao\u00fbt 1649) \u00e0 propos de son dernier livre (posthume), <em>Les Passions de l\u2019\u00e2me<\/em> (ou <em>Trait\u00e9 des Passions de l\u2019\u00e2me<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans le contexte de la vision m\u00e9caniste du vivant, li\u00e9e \u00e0 l\u2019apparition de la science moderne au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e si\u00e8cle, notre philosophe con\u00e7oit le corps comme une machine disposant d\u2019une certaine autonomie\u00a0: il peut se mouvoir ind\u00e9pendamment de l\u2019\u00e2me. D\u2019o\u00f9 son approche physiologique des passions de l\u2019\u00e2me. Autrefois con\u00e7ues comme une anomalie, les passions deviennent un objet naturel dont il s\u2019agit d\u2019expliquer le fonctionnement, pour \u00e9viter leur mauvais usage ou leur exc\u00e8s. Pouss\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame, sa th\u00e9orie de \u00ab\u00a0l\u2019animal-machine\u00a0\u00bb sera aussi admir\u00e9e que critiqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 ce trait\u00e9, Charles Le Brun, premier peintre du roi Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, directeur de l\u2019Acad\u00e9mie royale de peinture et de sculpture et de la Manufacture royale des Gobelins, va distraire un peu de son temps et appliquer son g\u00e9nie tout terrain \u00e0 <em>l\u2019Expression g\u00e9n\u00e9rale<\/em> et <em>l\u2019Expression des passions<\/em>. Il illustre son propos par des dessins quasi scientifiques, montrant les d\u00e9formations, sous l\u2019empire des sentiments, du visage humain, vu de face et de profil. Il remet \u00e0 l\u2019honneur la physiognomonie zoologique, comparant visage humain et face animale, insistant sur les traits animaux de la face humaine (<em>Conf\u00e9rences sur l\u2019expression des diff\u00e9rents caract\u00e8res des passions<\/em>, publi\u00e9e en 1702). Le Brun \u00e9tudie quatre points pr\u00e9cis\u00a0: les traits et les hommes c\u00e9l\u00e8bres de l\u2019Antiquit\u00e9 et les rapports entre leurs traits et leurs caract\u00e8res\u00a0; les traits des hommes par rapport aux animaux\u00a0; les yeux et les sourcils\u00a0; enfin le cerveau de l\u2019homme. Le Louvre poss\u00e8de en deux albums pr\u00e8s de 250 dessins physiognomoniques dans lesquels les visages d\u2019hommes sont mis en parall\u00e8le avec la t\u00eate de l\u2019animal correspondant \u00e0 ses traits.<\/p>\n<p>La physiognomonie va prendre rang de science au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, devenant aussi dangereuse que s\u00e9duisante, exploit\u00e9e au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle par les caricaturistes\u2026 et les criminologues (Cesare Lombroso en t\u00eate), justifiant toutes les formes de racisme et de colonialisme, avant d\u2019\u00eatre officiellement discr\u00e9dit\u00e9e, mais toujours latente jusqu\u2019\u00e0 nos jours.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0D\u00e9lit de sale gueule. Situation d\u2019une personne qui est harcel\u00e9e ou m\u00e9pris\u00e9e du simple fait de son apparence, de pr\u00e9jug\u00e9s, ou du fait qu\u2019elle d\u00e9range un groupe ayant un certain statut.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Wiktionnaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Expression r\u00e9cente qui trouve ses racines jusque dans l\u2019Antiquit\u00e9 \u2013 nous reviendrons sur le mot de Cic\u00e9ron\u00a0: \u00ab\u00a0Le visage est le miroir de l\u2019\u00e2me.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/fin_louis_xiv.jpg\" width=\"826\" height=\"529\"><\/p>\n<p>Fin de r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>. Caricature de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> par William Thackeray, dat\u00e9e du 18 juillet 1811. Dominique Moncond\u2019huy,<em> Petite histoire de la caricature de presse en 40 images<\/em> (2015)<\/p>\n<p>Les trois personnages de la caricature sont l\u00e9gend\u00e9s ainsi\u00a0: <span class=\"caps\">REX<\/span> \u2013 <span class=\"caps\">LUDOVICUS<\/span> \u2013 <span class=\"caps\">LUDOVICUS<\/span> <span class=\"caps\">REX<\/span><\/p>\n<p>Ce dessin parodie le portrait officiel de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> par Hyacinthe Rigaud (1701) et d\u00e9nonce le faux-semblant\u00a0: le roi y appara\u00eet en majest\u00e9 alors qu\u2019il est d\u00e9j\u00e0 \u00e2g\u00e9, malade, vo\u00fbt\u00e9, \u00e9dent\u00e9.<\/p>\n<p>La caricature va plus loin. En t\u00eate, la somptuosit\u00e9 du costume \u2013 d\u00e9nomm\u00e9 <span class=\"caps\">REX<\/span> \u00ab\u00a0le roi\u00a0\u00bb \u2013 laisse entendre que le roi est d\u2019abord une enveloppe vide. Au centre, <span class=\"caps\">LUDOVICUS<\/span>, petit vieux chauve, fr\u00eale et sans gr\u00e2ce, n\u2019est qu\u2019un corps marqu\u00e9 par les ans. Tandis qu\u2019\u00e0 droite, <span class=\"caps\">LUDOVICUS<\/span> <span class=\"caps\">REX<\/span> prolonge l\u2019apparat pr\u00e8s d\u2019un fauteuil.<\/p>\n<p>Message \u00e9vident\u00a0: le roi Louis dans sa splendeur n\u2019est qu\u2019apparence. D\u2019o\u00f9 la question \u00e0 m\u00e9diter\u00a0: dans cette repr\u00e9sentation de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, qu\u2019est-ce qui fait de lui \u00ab\u00a0le roi\u00a0\u00bb\u00a0? Le costume ou l\u2019individu\u00a0? Le syst\u00e8me de signes ou la r\u00e9alit\u00e9 de la personne\u00a0? Questions toujours d\u2019actualit\u00e9, jusque dans le conflit constant de l\u2019\u00eatre et du paraitre dans<em> La Soci\u00e9t\u00e9 du spectacle<\/em> (1967) sign\u00e9e Guy Debord.<\/p>\n<p>Au <span class=\"caps\">XXI<\/span>e si\u00e8cle, le message devient vertigineusement actuel, avec le pouvoir de l\u2019image truqu\u00e9e ou pas, des conseillers en communication, des influenceurs et des r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quoi Madame, vous vous affligez de me voir en \u00e9tat de bient\u00f4t mourir\u00a0? N\u2019ai-je pas assez v\u00e9cu\u00a0? M\u2019avez-vous cru immortel\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"942\" class=\"cit-num\">942<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 Mme\u00a0de Maintenon, 25\u00a0ao\u00fbt 1715.<em> La Sant\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (2007), Stanis Perez<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La sant\u00e9 du roi d\u00e9cline rapidement et Fagon, son m\u00e9decin personnel, semble le seul \u00e0 ne pas le voir\u00a0! La cour et l\u2019Europe guettent. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, \u00e0 presque 77\u00a0ans, malgr\u00e9 une ancienne goutte et une r\u00e9cente gangr\u00e8ne \u00e0 la jambe, fera jusqu\u2019au bout son m\u00e9tier de roi et les gestes de l\u2019\u00e9tiquette. Reste l\u2019apport du si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 l\u2019Histoire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xiv_soleil.jpg\" width=\"600\" height=\"900\"><\/p>\n<p>Ballet royal de la nuit. Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> (15 ans) en Apollon. Aquarelle anonyme, 1653. <span class=\"caps\">BNF<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fit plus de bien \u00e0 sa nation que vingt de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs ensemble.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"949\" class=\"cit-num\">949<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778),<em> Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Souvenir d\u2019un grand r\u00e8gne, apog\u00e9e de la monarchie absolue et exemple unique dans l\u2019Histoire, faste pour les arts et les lettres, quoique totalement dirig\u00e9.<\/p>\n<p>Le Versailles du \u00ab\u00a0Roi-Soleil\u00a0\u00bb en est le plus \u00e9clatant symbole. La vie litt\u00e9raire (La Fontaine, Boileau), musicale (Lully) et th\u00e9\u00e2trale (Moli\u00e8re, Racine), encourag\u00e9e par le m\u00e9c\u00e9nat royal et influenc\u00e9e par les go\u00fbts personnels du souverain, engendre une s\u00e9rie de chefs-d\u2019\u0153uvre. Le classicisme fran\u00e7ais renforce le prestige de la royaut\u00e9, dans une Europe baroque, mais fascin\u00e9e par ce rayonnement culturel.<\/p>\n<p>Le Roi danse \u2013 ici, il a 15 ans. Un an apr\u00e8s et avant m\u00eame le d\u00e9but du r\u00e8gne personnel qui commence \u00e0 la mort de Mazarin (1661), il s\u2019affirmera politiquement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat, c\u2019est moi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"807\" class=\"cit-num\">807<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>L\u2019\u00c9tat baroque\u00a0: regards sur la pens\u00e9e politique de la France du premier <span class=\"caps\">XVII<\/span>e si\u00e8cle<\/em> (1985), H. M\u00e9choulan, E. Le Roy Ladurie, A. Robinet.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mot r\u00e9put\u00e9 apocryphe, souvent cit\u00e9, qui refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9, et fut prononc\u00e9 avant m\u00eame le d\u00e9but du r\u00e8gne personnel, selon l\u2019historien Louis Madelin (<em>La Fronde<\/em>).<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> vient d\u2019\u00eatre sacr\u00e9 roi \u00e0 Reims (1654), mais Mazarin exerce toujours le pouvoir. \u00c0 sa demande, le roi signe divers \u00e9dits financiers, pour renflouer le Tr\u00e9sor et poursuivre la guerre contre l\u2019Espagne. Certains magistrats du Parlement de Paris en discutent la l\u00e9galit\u00e9. Or, il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter une nouvelle fronde parlementaire\u00a0!<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, en costume de chasse, se rend devant le Parlement r\u00e9uni en lit de justice\u00a0: \u00ab\u00a0Chacun sait combien ces assembl\u00e9es ont excit\u00e9 de troubles dans mon \u00c9tat et combien de dangereux effets elles y ont produit. J\u2019ai appris que vous pr\u00e9tendiez encore les continuer sous pr\u00e9texte de d\u00e9lib\u00e9rer sur les \u00e9dits qui ont \u00e9t\u00e9 lus et publi\u00e9s en ma pr\u00e9sence.\u00a0\u00bb Le pr\u00e9sident invoque l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00c9tat dans cette affaire, et le roi le fait taire, en affirmant\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat, c\u2019est moi\u00a0\u00bb (13\u00a0avril 1655). Il a 16\u00a0ans.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Repr\u00e9sentation d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9, la caricature (de l&#8217;italien caricare, charger) est aussi d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0charge, imitation, parodie, pastiche, simulacre\u00a0\u00bb. Art engag\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine (Moyen \u00c2ge), sign\u00e9e ou anonyme, sans tabou et destin\u00e9e \u00e0 tous les publics, elle joue un r\u00f4le historique comparable \u00e0 la chanson. Mani\u00e8re originale de revoir l\u2019Histoire en citations, on [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":132,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-10065","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10065","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10065"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10065\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16247,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10065\/revisions\/16247"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10065"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10065"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10065"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}