{"id":10080,"date":"2024-11-11T14:30:23","date_gmt":"2024-11-11T13:30:23","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-caricatures-de-lantiquite-a-la-renaissance\/"},"modified":"2025-08-12T08:39:23","modified_gmt":"2025-08-12T06:39:23","slug":"lhistoire-en-caricatures-de-lantiquite-a-la-renaissance","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-caricatures-de-lantiquite-a-la-renaissance\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en caricatures (de l&#039;Antiquit\u00e9 \u00e0 la Renaissance)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-1-70.jpg\" width=\"150\" height=\"200\" style=\"margin: 10px;float: left\"><\/a>Repr\u00e9sentation d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9, la caricature (de l\u2019italien <em>caricare<\/em>, charger) est aussi d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0charge, imitation, parodie, pastiche, simulacre\u00a0\u00bb. Art engag\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine (Moyen \u00c2ge), sign\u00e9e ou anonyme, sans tabou et destin\u00e9e \u00e0 tous les publics, elle joue un r\u00f4le historique comparable \u00e0 la chanson.<\/p>\n<p>Mani\u00e8re originale de revoir <em>l\u2019Histoire en citations<\/em>, on trouve au fil de cet \u00e9dito en 12 semaines les personnages principaux (Napol\u00e9on, de Gaulle, Hugo, Voltaire, Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>\u2026) et les grands \u00e9v\u00e8nements (R\u00e9forme et guerres de Religion, Saint Barth\u00e9lemy, R\u00e9volution, Affaire Dreyfus\u2026), l\u2019explosion de la caricature politique correspondant \u00e0 des p\u00e9riodes de crises.<\/p>\n<p>Encourag\u00e9e par le d\u00e9veloppement de l\u2019imprimerie au <span class=\"caps\">XVI<\/span>\u00b0 si\u00e8cle, \u00e9touff\u00e9e sous la censure de la monarchie absolue et de l\u2019Empire, la caricature s\u2019impose avec la presse populaire au <span class=\"caps\">XIX<\/span>\u00b0 et les dessins provocants de journaux sp\u00e9cialis\u00e9s (<em>La Caricature, Le Charivari<\/em>\u2026). Des formes naissent sous la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique\u00a0: slogans de Mai 68, <em>Guignols de l\u2019Info<\/em> et autres marionnettes \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, sans oublier les <span class=\"caps\">BD<\/span> politiques souvent best-sellers.<\/p>\n<p>Deux auteurs seront cit\u00e9s (= montr\u00e9s) une dizaine de fois. Le plus c\u00e9l\u00e8bre, Gustave Dor\u00e9, artiste peintre du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, se voue \u00e0 la caricature avec un art du trait qui fait mouche et mal. Bien diff\u00e9rent avec sa s\u00e9rie de gouaches, Fran\u00e7ois Lesueur inventa sous la R\u00e9volution une caricature bienveillante et bon enfant comme la Carmagnole du\u00a0<em>\u00c7a ira<\/em> (premi\u00e8re version).<\/p>\n<p>Une invit\u00e9e surprise, la physiogonomie. Formul\u00e9e par Cic\u00e9ron (\u00ab\u00a0Le visage est le miroir de l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb), elle entre en sc\u00e8ne avec le g\u00e9nie du peintre Le Brun sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, s\u2019\u00e9rige en science au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, justifie les pires racismes\u00a0(colonialisme, antis\u00e9mitisme) et se banalise avec le \u00ab\u00a0d\u00e9lit de sale gueule\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">ORIGINES<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">CARICATURE<\/span>\u00a0: <span class=\"caps\">CHIM\u00c8RES<\/span> <span class=\"caps\">ET<\/span> <span class=\"caps\">GARGOUILLES<\/span>.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nos chim\u00e8res sont ce qui nous ressemble le mieux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1\" class=\"cit-num\">1<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span>, <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> (1862)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/chimere.jpg\" width=\"440\" height=\"440\"><\/p>\n<p>Chim\u00e8re sur un plat \u00e0 figures rouges apulien, v. 350-340 av. J.-C., mus\u00e9e du Louvre.<\/p>\n<p>Monstres de la mythologie grecque et latine, les <span class=\"caps\">CHIM\u00c8RES<\/span> sont compos\u00e9es de divers animaux\u00a0: lion, ch\u00e8vre, dragon, serpent\u2026 Pour mieux impressionner, elles crachent parfois des flammes.<\/p>\n<p>\u00c9l\u00e9ments symboliques et d\u00e9coratif, on les retrouve dans les civilisations antiques et sur divers supports, peintures murales, sculptures, etc. Objets de mille fantasmes, les historiens les interpr\u00e8tent \u00e0 l\u2019infini\u2026 et elles entrent tardivement dans la litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Les chim\u00e8res sont devenues synonymes d\u2019id\u00e9es sans rapport avec la r\u00e9alit\u00e9, mais \u00f4 combien s\u00e9duisantes\u00a0: <\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On ne fait rien de s\u00e9rieux si on se soumet aux chim\u00e8res, mais que faire de grand sans elles\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">De <span class=\"caps\">GAULLE<\/span>, cit\u00e9 par Andr\u00e9 Malraux dans <em>Les Ch\u00eanes qu\u2019on abat<\/em> (1979)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/gargouille_nd.jpg\" alt=\"Gargouilles de Notre-Dame, Paris.\" title=\"Gargouilles de Notre-Dame, Paris.\" width=\"802\" height=\"1024\"><\/p>\n<p>Gargouilles de Notre-Dame, Paris.<\/p>\n<p>Cr\u00e9atures malfaisantes, monstrueuses et grima\u00e7antes, les <span class=\"caps\">GARGOUILLES<\/span>\u00a0: toujours situ\u00e9e \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur des \u00e9glises, elles sont cens\u00e9es repousser le Mal.<\/p>\n<p>Elles font aussi office de goutti\u00e8re comme dans la cath\u00e9drale Notre-Dame de Paris, projetant l\u2019eau de pluie \u00e0 distance des murs pour prot\u00e9ger la pierre au fil des si\u00e8cles. Ces gargouilles s\u2019apparentent \u00e0 divers titres au bossu Quasimodo (lui aussi monstrueux et protecteur), dans le c\u00e9l\u00e8bre roman qui popularisa le mot venu de l\u2019ancien fran\u00e7ais\u00a0\u00ab\u00a0gargoule\u00a0\u00bb, gorge, tuyau de descente\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y avait des guivres qui avaient l\u2019air de rire, des gargouilles qu\u2019on croyait entendre japper, des salamandres qui soufflaient dans le feu, des tarasques qui \u00e9ternuaient dans la fum\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span>, <em>Notre-Dame de Paris<\/em> (1831)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">FIN<\/span> <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">MOYEN<\/span> <span class=\"caps\">\u00c2GE<\/span><\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/roman_de_fauvel.jpg\" width=\"600\" height=\"537\"><\/p>\n<p>Gervais du Bus, Roman de Fauvel, France, <span class=\"caps\">XIV<\/span>e si\u00e8cle. <span class=\"caps\">BNF<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est ni un homme ni une b\u00eate, c\u2019est une statue.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2\" class=\"cit-num\">2<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bernard <span class=\"caps\">SAISSET<\/span> (vers 1232-vers 1311), parlant de Philippe le Bel. <em>Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La caricature fait figure d\u00e8s sa naissance d\u2019art engag\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019une des premi\u00e8res caricatures fran\u00e7aises appara\u00eet \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge dans un po\u00e8me satirique contre le roi de France\u00a0: Philippe <span class=\"caps\">IV<\/span> le Bel (alias Maitre de Fauvel) prend la forme d\u2019un \u00e2ne m\u00e9chant et pervers \u2013 les six lettres de \u00ab\u00a0Fauvel\u00a0\u00bb \u00e9tant les initiales de six vices\u00a0: Flatterie, Avarice, Vilenie (U et V facilement confondus en calligraphie), Vari\u00e9t\u00e9\u0301 (Vell\u00e9it\u00e9\u0301 synonyme d\u2019inconstance), Envie, L\u00e2chet\u00e9\u0301.<\/p>\n<p>Divers scandales priv\u00e9s ou politiques ont donn\u00e9 l\u2019image d\u2019un roi ind\u00e9cis, cible de la caricature. Dans la chronique m\u00e9di\u00e9vale, il est tr\u00e8s diversement jug\u00e9 comme en t\u00e9moigne notre <em>Histoire en citations.<\/em><\/p>\n<p>\u00c9v\u00eaque de Pamiers et ami du pape Boniface\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> qui a cr\u00e9\u00e9 cet \u00e9v\u00each\u00e9 pour lui, le portrait que Bernard Saisset fait du roi, ennemi d\u00e9clar\u00e9 du pape, est fatalement partial. Les adversaires de Philippe le Bel l\u2019appelleront souvent \u00ab\u00a0roi de fer\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0roi de marbre\u00a0\u00bb, il doit donc y avoir une part de v\u00e9rit\u00e9 dans ce jugement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi est un faux-monnayeur et ne pense qu\u2019\u00e0 accro\u00eetre son royaume sans se soucier comment.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"236\" class=\"cit-num\">236<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bernard <span class=\"caps\">SAISSET<\/span> (vers 1232-vers 1311), 12\u00a0juillet 1301. <em>Philippe le Bel et le Saint-Si\u00e8ge de 1285 \u00e0 1304<\/em> (1936), Georges Alfred Laurent Digard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Philippe le Bel a gard\u00e9 cette r\u00e9putation de faux-monnayeur, et ce n\u2019est ni m\u00e9disance ni l\u00e9gende.<\/p>\n<p>Le faux-monnayage royal consiste, lors de la refonte de pi\u00e8ces de monnaie, \u00e0 diminuer leur poids en m\u00e9tal pr\u00e9cieux, tout en conservant leur valeur l\u00e9gale. Certaines ann\u00e9es, entre\u00a01295 et\u00a01306, la moiti\u00e9 des recettes royales vient de ce b\u00e9n\u00e9fice sur le monnayage\u00a0! Bien plus tard, on recourra \u00e0 la \u00ab\u00a0planche \u00e0 billets\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces mesures sont toujours impopulaires et Philippe le Bel n\u2019est pas un roi aim\u00e9 du peuple. Mais avec l\u2019argent ainsi acquis, il peut financer des guerres lui permettant d\u2019agrandir son royaume \u2013 raison d\u2019\u00eatre essentielle du m\u00e9tier de roi \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fervent dans la foi, religieux dans sa vie, b\u00e2tissant des basiliques, pratiquant les \u0153uvres de pi\u00e9t\u00e9, beau de visage et charmant d\u2019aspect, agr\u00e9able \u00e0 tous, m\u00eame \u00e0 ses ennemis quand ils sont en sa pr\u00e9sence, Dieu fait aux malades des miracles \u00e9vidents par ses mains.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"231\" class=\"cit-num\">231<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Guillaume de <span class=\"caps\">NOGARET<\/span> (vers 1260-1313), \u00e0 propos de Philippe\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> le Bel. <em>M\u00e9moire \u00e0 propos de l\u2019affaire du pape Boniface<\/em>, archives de Guillaume de Nogaret<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chancelier de 1302 \u00e0 1313, Nogaret trace ce portrait (flatteur) de son ma\u00eetre. Le personnage demeurera une \u00e9nigme, pour les historiens. Disons qu\u2019il sait bien cacher son jeu.<\/p>\n<p>En fait, ce roi l\u00e9gislateur, s\u2019inspirant des \u00ab\u00a0bons usages du temps de Saint Louis\u00a0\u00bb, a des principes qui ne r\u00e9sistent pas devant les r\u00e9alit\u00e9s. C\u2019est le lot de la plupart des hommes d\u2019\u00c9tat, surtout quand ils restent longtemps au pouvoir \u2013 trente ans pour Philippe le Bel.<\/p>\n<p>L\u2019histoire retiendra \u00e0 son passif trois grandes affaires de nature diff\u00e9rente\u00a0: les manipulations mon\u00e9taires classiques, son conflit aigu avec la papaut\u00e9 (histoire \u00e0 suivre jusqu\u2019au Concordat de 1801) et l\u2019affaire unique en son genre des Templiers, avec le proc\u00e8s fait aux Chevaliers du Temple surtout coupables d\u2019avoir amass\u00e9 trop d\u2019argent \u2013 le fameux tr\u00e9sor d\u2019ailleurs introuvable.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">RENAISSANCE<\/span> (ann\u00e9es 1517-1521, La R\u00e9forme)<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/cornemuse_du_diable.jpg\" width=\"393\" height=\"525\"><\/p>\n<p>Schoen <span class=\"caps\">ERHARD<\/span> (1491-1542), <em>La Cornemuse du diable ou Diable \u00e0 la cornemuse<\/em> (1530). British Museum de Londres, Royaume-Uni<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si les chr\u00e9tiens savaient\u2026\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"3\" class=\"cit-num\">3<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette c\u00e9l\u00e8bre caricature sign\u00e9e d\u2019un peintre et graveur allemand est maintes fois reproduite. Elle repr\u00e9sente Satan \u00ab\u00a0jouant\u00a0\u00bb un moine comme s\u2019il \u00e9tait une cornemuse. Deux interpr\u00e9tations existent.<\/p>\n<p>Le moine est Martin Luther (ressemblance frappante) et cette image antiprotestante prend place dans nombre de manuels scolaires. Mais d\u2019autres historiens y voient au contraire la critique du monachisme catholique par les luth\u00e9riens\u00a0: \u00ab\u00a0Si les chr\u00e9tiens savaient\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, la gravure fut utilis\u00e9e \u00e0 des fins de propagande. Ces images souvent caricaturales qui se r\u00e9pandent facilement apr\u00e8s la d\u00e9couverte de l\u2019imprimerie pouvaient \u00eatre ins\u00e9r\u00e9es dans des pamphlets (elles \u00e9taient alors de petite taille et anonymes) ou sur des affiches accompagn\u00e9es de textes virulents, voire de chansons.<\/p>\n<p>Rappelons le choc de la R\u00e9forme sous la Renaissance, avec la contestation syst\u00e9matique des pouvoirs \u00e9tablis et des autorit\u00e9s religieuses. Luther, moine allemand, d\u00e9clenche le mouvement en 1517, affichant ses 95 th\u00e8ses contre les indulgences (et autres travers de la religion chr\u00e9tienne)\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut enseigner aux chr\u00e9tiens que si le pape connaissait les exactions des pr\u00e9dicateurs d\u2019indulgences, il pr\u00e9f\u00e9rerait voir la Basilique de Saint-Pierre r\u00e9duite en cendres plut\u00f4t qu\u2019\u00e9difi\u00e9e avec la chair, le sang, les os de ses brebis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Martin <span class=\"caps\">LUTHER<\/span> (1483-1546). Th\u00e8se 50<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019imprimerie, ses th\u00e8ses circulent en Europe. S\u2019appuyant sur le Nouveau Testament, Luther le th\u00e9ologien veut corriger les abus de l\u2019\u00c9glise catholique en m\u00eame temps que sa doctrine, pour supprimer tout ce qui est contraire aux enseignements du Nouveau Testament. Autrement dit, il veut r\u00e9former en profondeur l\u2019\u00c9glise existante.<\/p>\n<p>Son enseignement, ses \u00e9crits, ses pr\u00e9dications ont imm\u00e9diatement un grand rayonnement apr\u00e8s l\u2019affichage des 95 th\u00e8ses, suivi de la condamnation par L\u00e9on X qui refuse d\u2019entendre le rebelle et l\u2019excommunie en 1553. Luther se r\u00e9signe \u00e0 une rupture qu\u2019il n\u2019a pas souhait\u00e9e. Ainsi na\u00eet l\u2019\u00c9glise luth\u00e9rienne, nomm\u00e9e en Allemagne \u00c9glise \u00e9vang\u00e9lique, car elle se veut un retour \u00e0 l\u2019\u00c9vangile.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/cranach.jpg\" width=\"827\" height=\"1024\"><\/p>\n<p>Lucas <span class=\"caps\">CRANACH<\/span> L\u2019<span class=\"caps\">ANCIEN<\/span> (1472-1553), caricature anticatholique des d\u00e9buts de la R\u00e9forme, 1545<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pape L\u00e9on X chevauchant une truie, tenant dans sa main gauche un excr\u00e9ment qu\u2019il b\u00e9nit de sa main droite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"4\" class=\"cit-num\">4<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Lucas <span class=\"caps\">CRANACH<\/span> L\u2019<span class=\"caps\">ANCIEN<\/span> (1472-1553)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Et sa longue barbe est aussi un signe de salet\u00e9\u2026<\/p>\n<p>Peintre et graveur de la Renaissance allemande, ami et adepte de Luther, il fait une violente injure au chef supr\u00eame de l\u2019\u00c9glise catholique responsable de la rupture. Il n\u2019est naturellement pas le seul, dans cette histoire religieuse \u00e0 suivre en France comme en Allemagne et au-del\u00e0. Notons en passant l\u2019humour du message qui touche la grande majorit\u00e9 d\u2019analphab\u00e8tes. Il y a plus quand m\u00eame subtile dans le genre\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si par hasard on demande pourquoi, dans sa derni\u00e8re heure, L\u00e9on ne pouvait prendre les sacrements\u00a0: il les avait vendus.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacopo <span class=\"caps\">SANNAZARO<\/span> (1457-1530, po\u00e8te italien r\u00e9fugi\u00e9 en France, \u00e9pigramme sur la simonie (achat, vente de biens spirituels, de sacrements, de postes hi\u00e9rarchiques, de charges eccl\u00e9siastiques ou de services intellectuels)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jean de M\u00e9dicis (en italien Giovanni di Lorenzo de Medici), n\u00e9 le 11 d\u00e9cembre 1475 \u00e0 Florence et mort le 1er d\u00e9cembre 1521 \u00e0 Rome, fut pape de 1513 \u00e0 1521 sous le nom de L\u00e9on X. Connu comme m\u00e9c\u00e8ne et digne repr\u00e9sentant de la richissime famille des M\u00e9dicis, son pontificat reste surtout attach\u00e9 \u00e0 la controverse de la vente des Indulgences, une des sources de l\u2019opposition de Luther et du schisme entre catholiques et protestants (commenc\u00e9 en 1517 avec la R\u00e9forme). Peu avant sa mort, le pape dut se r\u00e9soudre \u00e0\u00a0exclure Luther de la communaut\u00e9 chr\u00e9tienne, ce qu\u2019il consid\u00e9rait comme un \u00e9chec personnel.<\/p>\n<p>Paradoxalement, la m\u00eame m\u00e9saventure ou mal\u00e9diction historique s\u2019attachera au nom de Catherine de M\u00e9dicis, responsable du massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy devenu in\u00e9vitable, vu la haine entre cathodiques et protestants fran\u00e7ais.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">GUERRES<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">RELIGION<\/span> (1572. <span class=\"caps\">MASSACRE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">SAINT<\/span> <span class=\"caps\">BARTH\u00c9LEMY<\/span>)<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/coligny_0.jpg\" width=\"1024\" height=\"729\"><\/p>\n<p><em>Assassinat de Coligny<\/em> (auteur anonyme). <a href=\"https:\/\/histoire-image.org\/\">L\u2019Histoire par l\u2019image<\/a> (Signalons cette source pr\u00e9cieuse qui prend toujours le soin d\u2019expliquer et de contextualiser les \u0153uvres. Elle nous servira plusieurs fois de r\u00e9f\u00e9rence dans ce long \u00e9dito. Elle montre la th\u00e9\u00e2tralisation de l\u2019Histoire et l\u2019instrumentalisation de ces estampes volontiers caricaturales, avec un r\u00e9el impact \u00e0 l\u2019\u00e9poque des faits.)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si c\u2019\u00e9tait un homme du moins\u00a0! C\u2019est un goujat\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"524\" class=\"cit-num\">524<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Amiral Gaspard de <span class=\"caps\">COLIGNY<\/span> (1519-1572), dans la nuit du 23 au 24\u00a0ao\u00fbt 1572.<em> Histoire de France au seizi\u00e8me si\u00e8cle, Guerres de religion<\/em> (1856), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Coligny (protestant mod\u00e9r\u00e9) toise l\u2019homme qui va le frapper, un certain B\u00eame, sbire des Guise (famille ultra-catholique), m\u00eame pas un seigneur digne de lui\u00a0! Cette exclamation de m\u00e9pris peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme son \u00ab\u00a0mot de la fin\u00a0\u00bb\u2026 et le d\u00e9but de la Saint-Barth\u00e9lemy.<\/p>\n<p>Ce grand militaire avait servi tous les rois de France depuis Fran\u00e7ois\u00a0Ier, particip\u00e9 \u00e0 toutes les guerres, quitt\u00e9 plusieurs fois la cour pour fuir ses intrigues, toujours rappel\u00e9 pour ses qualit\u00e9s de courage, de diplomatie et de tol\u00e9rance, quand il se convertit \u00e0 la religion r\u00e9form\u00e9e. Sa fin \u00e0 53\u00a0ans est des plus humiliantes\u00a0: surpris en chemise de nuit, achev\u00e9 \u00e0 coups de dague, son corps jet\u00e9 par la fen\u00eatre, \u00e9ventr\u00e9, \u00e9mascul\u00e9, d\u00e9capit\u00e9, puis port\u00e9 au gibet de Montfaucon, exhib\u00e9, pendu par les pieds, expos\u00e9 \u00e0 d\u2019autres s\u00e9vices, pour finir \u00e0 nouveau pendu place de Gr\u00e8ve, comme un vulgaire malfaiteur.<\/p>\n<p>La Saint-Barth\u00e9lemy donne \u00e0 voir une remarquable iconographie de l\u2019\u00e9poque, les gravures contemporaines juxtaposant plusieurs \u00e9v\u00e9nements et temporalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re illustration est scind\u00e9e en deux par le mur de la maison de Coligny. \u00c0 gauche, le bless\u00e9, encore dans son lit, transperc\u00e9 par les \u00e9p\u00e9es des meurtriers. \u00c0 droite, on voit ce qui s\u2019ensuit, le massacre g\u00e9n\u00e9ral des huguenots parisiens, certains d\u00e9fenestr\u00e9s, d\u2019autres jet\u00e9s dans un puits, tous frapp\u00e9s \u00e0 coups d\u2019\u00e9p\u00e9e, hommes, femmes ou enfants m\u00eal\u00e9s.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/assassinat_de_coligny_et_massacre_de_la_saint-barthelemy.jpg\" width=\"1024\" height=\"684\"><\/p>\n<p><em>Assassinat de Coligny et massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy<\/em> (1572). Gravure de Frans Hogenberg, <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle. D\u00e9partement des estampes et de la photographie de la BnF.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tuez-les, mais tuez-les tous, pour qu\u2019il n\u2019en reste pas un pour me le reprocher.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"523\" class=\"cit-num\">523<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1550-1574), 23\u00a0ao\u00fbt 1572. <em>Nouvelle Histoire de France<\/em> (1922), Albert Malet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00eame juxtaposition des faits et des lieux, plus frappante encore.<\/p>\n<p>\u00c0 gauche, la premi\u00e8re tentative rat\u00e9e d\u2019arquebusade de Coligny. De fait, l\u2019amiral \u00e9chappa au matin du 22\u00a0ao\u00fbt \u00e0 un attentat, vraisemblablement organis\u00e9 par les Guise. Le c\u00e9l\u00e8bre m\u00e9decin Ambroise Par\u00e9 assure que ce coup d\u2019arquebuse au bras sera sans cons\u00e9quence. Le roi se rend au chevet de son conseiller qui le conjure de se \u00ab\u00a0d\u00e9fier de sa m\u00e8re\u00a0\u00bb. Rentr\u00e9 au Louvre, il r\u00e9p\u00e8te pourtant ses propos \u00e0 Catherine de M\u00e9dicis qui se concerte avec les Guise\u00a0: le massacre des huguenots est d\u00e9cid\u00e9\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 droite, l\u2019assassinat de la premi\u00e8re victime, Coligny dans l\u2019h\u00f4tel rue de B\u00e9thizy, quartier Saint-Germain-l\u2019Auxerrois.<\/p>\n<p>Au centre, le massacre g\u00e9n\u00e9ral des huguenots parisiens qui s\u2019ensuit. Les protestants se r\u00e9pandent dans les rues, r\u00e9clamant justice au nom de Coligny. Catherine persuade son fils. Et \u00e0 contrec\u0153ur, le jeune roi donne son accord\u00a0: \u00ab\u00a0Tuez-les, mais tuez-les tous\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/st_barthelemy.jpg\" width=\"1024\" height=\"621\"><\/p>\n<p><em>Le Massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy<\/em> (1572), Fran\u00e7ois Dubois (1529-1584), Mus\u00e9e cantonal des Beaux-Arts, Lausanne<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0P\u00e9risse le souvenir de ce jour\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"535\" class=\"cit-num\">535<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de l\u2019<span class=\"caps\">HOSPITAL<\/span> (vers 1504-1573), \u00e9voquant la Saint-Barth\u00e9lemy.<em> \u0152uvres compl\u00e8tes de Michel de L\u2019Hospital, chancelier de France<\/em> (1824)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Peintre protestant n\u00e9 \u00e0 Amiens en 1529, Dubois \u00e9chappa aux massacres qui se sont produits \u00e0 Paris le 24 ao\u00fbt 1572 et les jours suivants en province. Il va t\u00e9moigner \u00e0 sa mani\u00e8re pour l\u2019Histoire.<\/p>\n<p>R\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Gen\u00e8ve, capitale calviniste, il r\u00e9alise un grand tableau d\u00e9non\u00e7ant les violences commises par les catholiques parisiens les plus exalt\u00e9s. \u0152uvre unique en son genre, il en fait un m\u00e9morial illustrant les souffrances du \u00ab\u00a0petit troupeau\u00a0\u00bb de Dieu. Le martyre est un signe d\u2019\u00e9lection.<\/p>\n<p>Au centre de l\u2019image, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-plan, le Louvre dont la porte noire s\u2019ouvre telle une bouche infernale crachant des d\u00e9mons enrag\u00e9s qui assassinent hommes, femmes et enfants. Les axes de fuite du tableau convergent vers cette sc\u00e8ne. Une silhouette sombre se d\u00e9coupe devant le b\u00e2timent\u00a0: Catherine de M\u00e9dicis, la m\u00e8re du roi Charles <span class=\"caps\">IX<\/span> \u00e0 qui les huguenots attribuent la responsabilit\u00e9 du massacre.<\/p>\n<p>La maison de l\u2019amiral de Coligny appara\u00eet au centre de l\u2019image. Sa fin tragique est repr\u00e9sent\u00e9e en trois temps\u00a0: corps d\u00e9fenestr\u00e9, cadavre d\u00e9capit\u00e9, corps tra\u00een\u00e9 jusqu\u2019au gibet de Montfaucon, lieu des ex\u00e9cutions judiciaires, repr\u00e9sent\u00e9 au fond \u00e0 droite. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de la Seine, l\u2019\u00e9glise des Grands-Augustins et la tour de Nesle.<\/p>\n<p>La topographie de ce tableau non conforme \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9\u00a0ob\u00e9it \u00e0 la volont\u00e9 du peintre\u00a0: rassembler dans cette sc\u00e8ne tous les faits et lieux notables des \u00e9pisodes de la Saint-Barth\u00e9lemy, l\u2019apog\u00e9e de la violence religieuse au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<p><em>L\u2019Histoire en citations<\/em>, de son c\u00f4t\u00e9, accorde la place qu\u2019elle m\u00e9rite \u00e0 ce massacre comparable \u00e0 la Terreur sous la R\u00e9volution\u00a0ou la Commune de 1871, et v\u00e9ritablement m\u00e9morable malgr\u00e9 le souhait de l\u2019ex-chancelier adepte de la tol\u00e9rance aupr\u00e8s de Catherine de M\u00e9dicis\u00a0: \u00ab\u00a0P\u00e9risse le souvenir de ce jour\u00a0!\u00a0\u00bb Mot cit\u00e9 comme un \u00ab\u00a0cri de honte et de douleur que tous les vrais Fran\u00e7ais r\u00e9p\u00e9t\u00e8rent\u00a0\u00bb. Ce jour \u00e0 jamais m\u00e9morable a donc commenc\u00e9 par l\u2019assassinat d\u2019un des chefs protestants c\u00e9l\u00e8bres, paradoxalement conseiller du jeune roi (naturellement catholique), Charles <span class=\"caps\">IX<\/span>.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019attentat contre l\u2019amiral de Coligny, le massacre des principaux chefs protestants (r\u00e9unis \u00e0 Paris \u00e0 l\u2019occasion des noces du jeune Henri de Navarre avec Marguerite, la fille de la reine Catherine de M\u00e9dicis) est d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 la cour. Le tableau de Dubois attribue clairement la responsabilit\u00e9 des violences \u00e0 la reine m\u00e8re et l\u2019\u0153uvre participe \u00e0 la construction de sa l\u00e9gende noire, avec l\u2019obsession du roi\u00a0son fils qu\u2019elle a persuad\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Tuez-les, mais tuez-les tous, pour qu\u2019il n\u2019en reste pas un pour me le reprocher.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le massacre parisien fera quelque 3 000 victimes entre le 24 et le 28 ao\u00fbt. Les corps jet\u00e9s \u00e0 la Seine s\u2019\u00e9chou\u00e8rent au pied de la colline de Chaillot, les autres furent charroy\u00e9s \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la ville.<\/p>\n<p>Une douzaine de villes suivent l\u2019exemple de la capitale (Orl\u00e9ans, Lyon, Rouen, Bordeaux, Toulouse\u2026). Au total, plus de 10 000 assassinats. Cependant que des dizaines de milliers de protestants se convertissent \u2013 c\u2019est \u00ab\u00a0la messe ou la mort\u00a0\u00bb -, d\u2019autres s\u2019exilent.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">SOUS<\/span> <span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1553-1589)<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/henri_iii.jpg\" width=\"406\" height=\"659\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne suis m\u00e2le ni femelle,<br>Et si je suis bien en cervelle<br>Lequel des deux je dois choisir.<br>Mais qu\u2019importe \u00e0 qui on ressemble,<br>Il vaut mieux les avoir ensemble,<br>On en re\u00e7oit double plaisir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"6\" class=\"cit-num\">6<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Caricature d\u2019un Mignon d\u00e9non\u00e7ant son caract\u00e8re eff\u00e9min\u00e9.<em> Description de l\u2019Isle des Hermaphrodites nouvellement d\u00e9couverte<\/em>. Cologne, 1724<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle, les fameux \u00ab\u00a0mignons\u00a0\u00bb du roi Henri <span class=\"caps\">III<\/span> sont volontiers d\u00e9cri\u00e9s\u00a0: insolents et turbulents, fris\u00e9s et pomponn\u00e9s Hermaphrodites, \u00ab\u00a0garces du cabinet\u00a0\u00bb qui savaient \u00ab\u00a0branler \u00e0 propos la cr\u00eate d\u2019un panache, garnir et bas et haut de roses et de n\u0153uds des cheveux poudr\u00e9s, soigner leurs dents aux pastilles de musc, farder leur teint de blanc d\u2019Espagne, de rouge, faire les b\u00e8gues, les las, avoir une voix molle et claire, une paupi\u00e8re languissante et pesante\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cela dit, les tableaux d\u2019\u00e9poque montrent toujours les costumes de cour tr\u00e8s mani\u00e9r\u00e9s, qu\u2019ils soient masculins ou f\u00e9minins, cependant que Brant\u00f4me, abb\u00e9 la\u00efc et chroniqueur du <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, rectifie l\u2019image\u00a0:<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce sont eux [les mignons] qui \u00e0 la guerre ont \u00e9t\u00e9 les premiers aux assauts, aux batailles et aux escarmouches, et s\u2019il y avait deux coups \u00e0 recevoir ou \u00e0 donner, ils en voulaient avoir un pour eux, et mettaient la poussi\u00e8re ou la fange \u00e0 ces vieux capitaines qui causaient [raillaient] tant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"559\" class=\"cit-num\">559<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BRANT\u00d4ME<\/span> (1540-1614). <em>Lexique des \u0153uvres de Brant\u00f4me<\/em> (1880), Ludovic Lalanne.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Homme de cour autant que de guerre, il d\u00e9fend ici et en t\u00e9moin direct, la r\u00e9putation des mignons du roi. Ils firent beaucoup parler dans l\u2019Histoire qui les jugea tr\u00e8s diversement.<\/p>\n<p>Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> les couvrit de biens et d\u2019honneurs, ils furent en retour tr\u00e8s fid\u00e8les et vaillants au combat. Michelet confirme dans son <em>Histoire de France\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Puisque ce mot de mignon est arriv\u00e9 sous ma plume, je dois dire pourtant que je ne crois ni certain ni vraisemblable le sens que tous les partis, acharn\u00e9s contre Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, s\u2019acharn\u00e8rent \u00e0 lui donner [\u2026] Plusieurs des pr\u00e9tendus mignons furent les premi\u00e8res \u00e9p\u00e9es de France.\u00a0\u00bb Ainsi, le duc Anne de Joyeuse mort au combat \u00e0 26\u00a0ans.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/henri_iii_2.jpg\" width=\"407\" height=\"500\"><\/p>\n<p>Mon Mus\u00e9e des souverains. Henri <span class=\"caps\">III<\/span> \/ 7. Illustration de p\u00e9riodique. Mus\u00e9e Carnavalet. Portrait d\u2019Henri <span class=\"caps\">III<\/span> plus eff\u00e9min\u00e9 que nature \u00e0 la veille de son assassinat en 1589.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Son visage de blanc et de rouge empa\u0302te\u0301,<br>Son chef tout empoudre\u0301, nous montre\u0300rent ride\u0301e<br>En la place d\u2019un roi une putain farde\u0301e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"7\" class=\"cit-num\">7<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Agrippa d\u2019<span class=\"caps\">AUBIGN\u00c9<\/span>, (1552-1630), <em>Les Tragiques<\/em>, V, 773-796 \u2013 Princes<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Calviniste pur et dur, il ne supporte pas le spectacle frivole d\u2019un roi toujours entour\u00e9 de ses mignons \u00e0 la cour et accus\u00e9 (\u00e0 tort) d\u2019homosexualit\u00e9 \u2013 Henri <span class=\"caps\">III<\/span>, quoique sans enfant, aimait son \u00e9pouse Louise de Lorraine. Il aimait aussi les femmes et l\u2019on parlerait aujourd\u2019hui de bisexualit\u00e9, mais la l\u00e9gende des \u00ab\u00a0mignons\u00a0\u00bb entretint l\u2019\u00e9quivoque \u00e0 la cour comme \u00e0 la ville\u2026 et dans l\u2019esprit du po\u00e8te\u00a0prodigue de d\u00e9tails\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Pensez quel beau spectacle, \/ Et comme il fit bon voir \/ Ce prince avec un busc, \/ Un corps de satin noir <br>Coupe\u0301 a\u0300 l\u2019espagnole, ou\u0300 des de\u0301chiquetures \/ Sortaient des passements et des blanches tirures\u00a0; <br>Et afin que l\u2019habit s\u2019entresuivi\u0302t de rang,\/ Il montrait des manchons gaufre\u0301s de satin blanc, <br>D\u2019autres manches encor qui s\u2019e\u0301tendaient fendues, \/ Et puis jusques aux pieds d\u2019autres manches perdues\u00a0; <br>Ainsi bien enmanche\u0301, il porta tout ce jour \/ Cet habit monstrueux, pareil a\u0300 son amour\u00a0:<br>Si qu\u2019au premier abord, chacun e\u0301tait en peine <br>S\u2019il voyait un Roi femme ou bien un homme Reine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Henri <span class=\"caps\">III<\/span> est poursuivi par l\u2019image caricaturale de son caract\u00e8re eff\u00e9min\u00e9 qui l\u2019oppose \u00e0 son successeur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>, le Vert galant\u00a0! Dernier Valois, il sera victime d\u2019une authentique campagne de caricatures qui va conduire \u00e0 l\u2019assassinat de ce \u00ab\u00a0nouvel H\u00e9rode\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Mais c\u2019est l\u2019\u00e9poque des \u00ab\u00a0r\u00e9gicides\u00a0\u00bb et Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> subira le m\u00eame sort, apr\u00e8s une tout autre vie.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">SOUS<\/span> <span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610)<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/henri_iv_2.jpg\" width=\"799\" height=\"1024\"><\/p>\n<p>Anonyme, Histoire de la Ligue, trois estampes, ann\u00e9e 1594\u00a0: Naissance de la Ligue. Effectz de la Ligue. D\u00e9clin de la Ligue, Paris, BnF.<\/p>\n<p>C\u2019est le retour aux chim\u00e8res dans toute leur horreur\u00a0! La situation s\u2019y pr\u00eate.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une guerre \u00e9trang\u00e8re est un mal bien plus doux que la civile.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"411\" class=\"cit-num\">411<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de <span class=\"caps\">MONTAIGNE<\/span> (1533-1592), <em>Les Essais<\/em> (1580, premi\u00e8re \u00e9dition)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En cette fin de si\u00e8cle d\u00e9chir\u00e9 et d\u00e9cha\u00een\u00e9, Montaigne pr\u00f4ne la \u00ab\u00a0piti\u00e9\u00a0\u00bb, autrement dit la tol\u00e9rance, une vertu alors fort mal partag\u00e9e\u00a0! Le conflit latent depuis 1521 d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en v\u00e9ritable guerre civile apr\u00e8s le massacre de Wassy en 1562 \u2013 surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0premi\u00e8re Saint-Barth\u00e9lemy\u00a0\u00bb. La France, qui a v\u00e9cu rien moins que onze guerres d\u2019Italie de\u00a01492 \u00e0\u00a01559, va subir, cette fois sur son territoire, huit guerres de Religion de\u00a01562 \u00e0\u00a01598, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9dit de pacification de Nantes sign\u00e9 par Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> le 13 avril 1598.<\/p>\n<p>Mais tout le d\u00e9but de son r\u00e8gne se r\u00e9sume en une lutte pour (re)conqu\u00e9rir son royaume d\u00e9chir\u00e9. Entre les deux camps extr\u00eames (papistes catholiques et huguenots protestants), il va heureusement trouver des alli\u00e9s mod\u00e9r\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous voulons un Roi qui donnera ordre \u00e0 tout, et retiendra tous ces tyranneaux en crainte et en devoir\u00a0; qui ch\u00e2tiera les violents, punira les r\u00e9fractaires, exterminera les voleurs et pillards, retranchera les ailes aux ambitieux, fera rendre gorge \u00e0 ces \u00e9ponges et larrons des deniers publics, fera contenir un chacun aux limites de sa charge, et conservera tout le monde en repos et tranquillit\u00e9. Enfin, nous voulons un Roi pour avoir la paix.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"621\" class=\"cit-num\">621<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">PITHOU<\/span> (1539-1596), Harangue de M. d\u2019Aubray. <em>La Satire M\u00e9nipp\u00e9e<\/em> (1594)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les exc\u00e8s de la Ligue (qui a pris le pouvoir \u00e0 Paris) effraient le monde parlementaire et la haute bourgeoisie. Cependant que la voix du bon sens, la voix du parti des \u00ab\u00a0Politiques\u00a0\u00bb et la voix du peuple s\u2019expriment dans ce passage qui d\u00e9signe nomm\u00e9ment le roi d\u00e9sir\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Nous reconnaissons pour notre vrai Roi l\u00e9gitime, naturel, et souverain seigneur, Henri de Bourbon, ci-devant Roi de Navarre. C\u2019est lui seul qui peut nous relever de notre chute, qui peut remettre la Couronne en sa premi\u00e8re splendeur et nous donner la paix.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019id\u00e9e de ce pamphlet na\u00eet avant la r\u00e9union des \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux, convoqu\u00e9s \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1592 sur l\u2019initiative du duc de Mayenne. Ligueur catholique, il veut se faire \u00e9lire roi \u00e0 la place d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>. D\u2019autres pr\u00e9tendants au tr\u00f4ne existent, face au roi h\u00e9r\u00e9tique (n\u00e9 protestant).<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0\u00c9tats de la Ligue\u00a0\u00bb s\u2019ouvrent le 26\u00a0janvier\u00a01593 \u00e0 Paris. Entre autres revendications\u00a0: un roi catholique pour la France. Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> va finalement l\u2019emporter\u00a0au prix d\u2019une conversion\u00a0:\u00a0\u00ab\u00a0Paris vaut bien une messe\u00a0!\u00a0\u00bb Paris ou la couronne, ce mot attribu\u00e9 \u00e0 Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> est certainement de Sully, son compagnon de toujours, protestant mais avant tout soucieux des int\u00e9r\u00eats de la France.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/ligue.jpg\" width=\"596\" height=\"996\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tu fais le catholique<br>Mais c\u2019est pour nous piper<br>Et comme un hypocrite<br>T\u00e2che \u00e0 nous attraper,<br>Puis, sous bonne mine,<br>Nous mettre en ruine.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"626\" class=\"cit-num\">626<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pamphlet ligueur (anonyme).<em> La Satire en France ou la litt\u00e9rature militante au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1886), Charles F\u00e9lix Lenient<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ni la conversion ni le sacre du roi ne peuvent rallier les catholiques irr\u00e9ductibles (baptis\u00e9s parfois papistes)\u00a0: les nombreux complots et tentatives d\u2019assassinat qui marqueront le r\u00e8gne d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> le prouvent assez. Mais au final, il l\u2019emportera sur la Ligue.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/henri_iv_hydre.jpg\" width=\"598\" height=\"806\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 peine [Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>] f\u00fbt-il rentr\u00e9 dans Paris qu\u2019on ne vit plus que ma\u00e7ons en besogne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"629\" class=\"cit-num\">629<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Mercure fran\u00e7ais<\/em> (1611).<em> Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi a fini par battre les Ligueurs pour entrer enfin dans Paris, sa capitale. C\u2019est une ville litt\u00e9ralement d\u00e9vast\u00e9e par la Ligue qu\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> a trouv\u00e9e en 1594.<\/p>\n<p>Dans les quarante ann\u00e9es qui suivent, la capitale va conna\u00eetre un essor extraordinaire et doubler sa population. Les Valois pr\u00e9f\u00e9raient le Val de Loire, les premiers Bourbons seront plus parisiens.<\/p>\n<p>En tout cas, Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> eut assez de mal \u00e0 entrer dans Paris\u00a0: il est bien d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 y r\u00e9sider et \u00e0 s\u2019occuper personnellement des travaux qui s\u2019imposent. Il ouvre aussit\u00f4t des chantiers pour r\u00e9duire le ch\u00f4mage, embellir la ville et servir sa gloire. La place Dauphine, la place Royale et le pont Neuf datent de ce r\u00e8gne qui fut trop court pour que se r\u00e9alisent bien d\u2019autres projets architecturaux.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/henri_iv_mars.jpg\" width=\"747\" height=\"1024\"><\/p>\n<p>Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> en Dieu Mars, attribu\u00e9 (entre autres) \u00e0 Ambroise Dubois, puis \u00e0 Jacob Brunel, peintres contemporains. Ch\u00e2teau de Pau<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> <br>Vive ce roi vaillant\u00a0!<br>Ce diable \u00e0 quatre <br>A le triple talent<br>De boire et de se battre<br>Et d\u2019\u00eatre un Vert Galant\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"605\" class=\"cit-num\">605<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Vive Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, chanson anonyme.<em> Chansons populaires du pays de France<\/em> (1903), Jean-Baptiste Weckerlin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce premier couplet est contemporain du roi. Au fil des si\u00e8cles, d\u2019autres s\u2019ajoutent, \u00e0 mesure qu\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> devient l\u2019un des mythes de l\u2019histoire de France.<\/p>\n<p>Ce tableau lui aussi contemporain (appartenant \u00e0 la seconde \u00e9cole de Fontainebleau, vers 1605-1606) donne \u00e0 voir un roi extraverti et bon vivant, athl\u00e9tique et triomphant, repr\u00e9sent\u00e9 en empereur vainqueur d\u2019ennemis dont il foule aux pieds les d\u00e9pouilles, armures, casques, armes.<\/p>\n<p>T\u00eate couronn\u00e9e de lauriers, tenant le b\u00e2ton de commandement dans la main droite, le roi est rev\u00eatu d\u2019une armure d\u2019un rose vif en contraste avec le vert des rideaux de fond. Son visage bien reconnaissable et tr\u00e8s expressif, cheveux et barbe grisonnant, fines rides et l\u00e9ger sourire, donne \u00e0 voir un souverain triomphant, mais aussi cordial et compatissant, dont le r\u00e8gne se veut pacificateur.<\/p>\n<p>C\u2019est la l\u00e9gende vivante de ce roi qui va mourir assassin\u00e9 par Ravaillac, c\u2019est aussi une forme de caricature bienveillante d\u2019un Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> devenu le plus populaire de nos rois, poignard\u00e9 par Ravaillac apr\u00e8s une vingtaine de tentatives d\u2019assassinats. C\u2019est le temps des r\u00e9gicides et son pr\u00e9d\u00e9cesseur Henri <span class=\"caps\">III<\/span> subit le m\u00eame sort.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Repr\u00e9sentation d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9, la caricature (de l&#8217;italien caricare, charger) est aussi d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0charge, imitation, parodie, pastiche, simulacre\u00a0\u00bb. Art engag\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine (Moyen \u00c2ge), sign\u00e9e ou anonyme, sans tabou et destin\u00e9e \u00e0 tous les publics, elle joue un r\u00f4le historique comparable \u00e0 la chanson. Mani\u00e8re originale de revoir l\u2019Histoire en citations, on [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":165,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-10080","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10080","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10080"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10080\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12131,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10080\/revisions\/12131"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10080"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10080"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10080"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}