{"id":10145,"date":"2025-01-13T00:00:00","date_gmt":"2025-01-12T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-caricatures-sous-la-revolution\/"},"modified":"2025-08-12T08:39:22","modified_gmt":"2025-08-12T06:39:22","slug":"lhistoire-en-caricatures-sous-la-revolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-caricatures-sous-la-revolution\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en caricatures (sous la R\u00e9volution)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-5-81.jpg\" width=\"150\" height=\"200\" style=\"margin: 10px;float: left\"><\/a>Repr\u00e9sentation d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9, la caricature (de l\u2019italien <em>caricare<\/em>, charger) est aussi d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0charge, imitation, parodie, pastiche, simulacre\u00a0\u00bb. Art engag\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine (Moyen \u00c2ge), sign\u00e9e ou anonyme, sans tabou et destin\u00e9e \u00e0 tous les publics, elle joue un r\u00f4le historique comparable \u00e0 la chanson.<\/p>\n<p>Mani\u00e8re originale de revoir <em>l\u2019Histoire en citations<\/em>, on trouve au fil de cet \u00e9dito en 12 semaines les personnages principaux (Napol\u00e9on, de Gaulle, Hugo, Voltaire, Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>\u2026) et les grands \u00e9v\u00e8nements (R\u00e9forme et guerres de Religion, Saint Barth\u00e9lemy, R\u00e9volution, Affaire Dreyfus\u2026), l\u2019explosion de la caricature politique correspondant \u00e0 des p\u00e9riodes de crises.<\/p>\n<p>Encourag\u00e9e par le d\u00e9veloppement de l\u2019imprimerie au <span class=\"caps\">XVI<\/span>\u00b0 si\u00e8cle, \u00e9touff\u00e9e sous la censure de la monarchie absolue et de l\u2019Empire, la caricature s\u2019impose avec la presse populaire au <span class=\"caps\">XIX<\/span>\u00b0 et les dessins provocants de journaux sp\u00e9cialis\u00e9s (<em>La Caricature, Le Charivari<\/em>\u2026). Des formes naissent sous la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique\u00a0: slogans de Mai 68, <em>Guignols de l\u2019Info<\/em> et autres marionnettes \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, sans oublier les <span class=\"caps\">BD<\/span> politiques souvent best-sellers.<\/p>\n<p>Deux auteurs seront cit\u00e9s (= montr\u00e9s) une dizaine de fois. Le plus c\u00e9l\u00e8bre, Gustave Dor\u00e9, artiste peintre du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, se voue \u00e0 la caricature avec un art du trait qui fait mouche et mal. Bien diff\u00e9rent avec sa s\u00e9rie de gouaches, Fran\u00e7ois Lesueur inventa sous la R\u00e9volution une caricature bienveillante et bon enfant comme la Carmagnole du\u00a0<em>\u00c7a ira<\/em> (premi\u00e8re version).<\/p>\n<p>Une invit\u00e9e surprise, la physiogonomie. Formul\u00e9e par Cic\u00e9ron (\u00ab\u00a0Le visage est le miroir de l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb), elle entre en sc\u00e8ne avec le g\u00e9nie du peintre Le Brun sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, s\u2019\u00e9rige en science au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, justifie les pires racismes\u00a0(colonialisme, antis\u00e9mitisme) et se banalise avec le \u00ab\u00a0d\u00e9lit de sale gueule\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/taille.jpg\" width=\"600\" height=\"467\"><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Taille, imp\u00f4ts et corv\u00e9es\u00a0\u00bb est \u00e9crit sur la pierre. Le peuple est \u00e9cras\u00e9 d\u2019imp\u00f4ts et m\u00e9pris\u00e9 par le clerg\u00e9 et la noblesse. Gravure coloris\u00e9e anonyme, sans titre, dat\u00e9e de 1789 (\u00e0 la veille de la R\u00e9volution). Mus\u00e9e Carnavalet \u00e0 Paris (mus\u00e9e de l\u2019Histoire de Paris)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le peuple est taillable et corv\u00e9able \u00e0 merci.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"966\" class=\"cit-num\">966<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">JOLY<\/span> de <span class=\"caps\">FLEURY<\/span> (1718-1802). <em>Dictionnaire de fran\u00e7ais Littr\u00e9<\/em>, au mot \u00ab\u00a0taillable\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est une r\u00e9alit\u00e9 qui date du Moyen \u00c2ge, mais le mot est prononc\u00e9 quand Turgot tente l\u2019abolition de la corv\u00e9e, en 1775-1776. La taille est pratiquement le seul imp\u00f4t direct de l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0: repr\u00e9sentant (en principe) le rachat du service militaire, il n\u2019est pay\u00e9 ni par les nobles qui se battent en personne, ni par le clerg\u00e9 qui ne se bat pas. C\u2019est donc un imp\u00f4t roturier. Tr\u00e8s injustement r\u00e9parti, il retombe lourdement sur les plus pauvres, ceux qui n\u2019ont pas les moyens (argent, relations) pour s\u2019en faire exempter. M\u00eame injustice pour la corv\u00e9e royale \u2013 imp\u00f4t en nature sous forme de journ\u00e9es de travail.<\/p>\n<p>En 1789, la caricature devient un langage politique\u00a0: une production massive d\u2019estampes est relay\u00e9e dans les pamphlets et dans une presse foisonnante. La libert\u00e9 de la presse sera l\u2019un des principes affirm\u00e9s dans la <em>D\u00e9claration des droits<\/em> de 1789. La floraison des journaux marque un spectaculaire \u00e9veil de la conscience populaire\u00a0: 42 titres paraissent entre mai et juillet\u00a01789, plus de 250 \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Certaines feuilles ont une diffusion confidentielle, mais d\u2019autres arrivent \u00e0 200\u00a0000 exemplaires.<br>Ici, cette estampe dat\u00e9e des premiers mois de 1789 vaut clairement \u00ab\u00a0cahier de dol\u00e9ances\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Trois personnages sont dans la campagne\u00a0: l\u2019un est \u00e0 terre, une grosse pierre pos\u00e9e sur son corps, les deux autres sont juch\u00e9s sur la pierre. Le personnage au sol est un paysan, il porte un habit rouge et un chapeau, une b\u00eache est pos\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9, il est \u00e9cras\u00e9 par la pierre \u00ab\u00a0Taille, imp\u00f4ts et corv\u00e9es\u00a0\u00bb. Debout, le personnage de gauche qui porte une longue robe bleue tient un livre \u00e0 la main, c\u2019est un pr\u00eatre. Le personnage de droite a un uniforme et l\u2019\u00e9p\u00e9e au c\u00f4t\u00e9, c\u2019est un noble.<\/p>\n<p>Cette caricature montre les paysans \u00e9cras\u00e9s par les imp\u00f4ts, car ils en paient trop. Les nobles et le clerg\u00e9 p\u00e8sent sur la pierre. Ils ne paient pas d\u2019imp\u00f4ts et, en plus, ils en pr\u00e9l\u00e8vent sur les paysans (d\u00eeme pour le clerg\u00e9, imp\u00f4ts seigneuriaux et corv\u00e9es pour la noblesse).<\/p>\n<p>La caricature v\u00e9hicule clairement un message politique. Elle d\u00e9nonce l\u2019organisation sociale et l\u2019ordre fiscal (il faudrait que tout le monde paie des imp\u00f4ts), elle porte donc les id\u00e9es du tiers-\u00e9tat, car c\u2019est lui qu\u2019on voit \u00e9cras\u00e9 par les imp\u00f4ts. Elle montre que la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise ne va pas bien, la soci\u00e9t\u00e9 divis\u00e9e en trois ordres n\u2019est plus accept\u00e9e par les Fran\u00e7ais. Le tiers-\u00e9tat revendique l\u2019\u00e9galit\u00e9, \u00e0 commencer par l\u2019\u00e9galit\u00e9 fiscale.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/ordres.jpg\" width=\"500\" height=\"781\"><\/p>\n<p>Caricature des Trois-Ordres\u00a0: Le Tiers-\u00c9tat portant sur son dos le Clerg\u00e9 et la Noblesse. 1789 (\u00e0 la veille de la R\u00e9volution). <br>\u00ab\u00a0\u00c0 faut esperer qu\u2019eu se jeu la finira ben t\u00f4t.\u00a0\u00bb Un Paysan portant un Pr\u00e9lat et un Noble. Mus\u00e9e Carnavalet \u00e0 Paris (mus\u00e9e de l\u2019Histoire de Paris).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que le tiers \u00e9tat\u00a0? Tout. Qu\u2019a-t-il \u00e9t\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent dans l\u2019ordre politique\u00a0? Rien. Que demande-t-il\u00a0? \u00c0 y devenir quelque chose.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1265\" class=\"cit-num\">1265<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Abb\u00e9 <span class=\"caps\">SIEY\u00c8S<\/span> (1748-1836), <em>Qu\u2019est-ce que le tiers \u00e9tat<\/em> (1789)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premiers mots de cette c\u00e9l\u00e8bre brochure, publi\u00e9e en janvier\u00a01789. L\u2019abb\u00e9 Siey\u00e8s sera souvent la voix de la raison, dans cette folle \u00e9poque \u00e0 venir. Mais dans l\u2019esprit de Siey\u00e8s, le \u00ab\u00a0Tiers\u00a0\u00bb, c\u2019est la bourgeoisie sans le peuple. Ce sera l\u2019un des malentendus les plus graves de la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<br>Face \u00e0 la fronde des parlements et la crise financi\u00e8re, Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> dut convoquer en ao\u00fbt 1788 les \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux qui s\u2019ouvrent le 5 mai 1789. La r\u00e9daction des cahiers de dol\u00e9ances est l\u2019occasion pour le tiers \u00e9tat de d\u00e9noncer les droits seigneuriaux et d\u2019exiger une juste r\u00e9partition de l\u2019imp\u00f4t. C\u2019est dans ce contexte du premier semestre 1789 que fut r\u00e9alis\u00e9e l\u2019image.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Caricature des Trois-Ordres\u00a0\u00bb, elle donne \u00e0 voir le paysan accabl\u00e9 par les privil\u00e8ges. Il porte sur son dos le premier ordre (clerg\u00e9) et le second (noblesse), \u00e9voquant l\u2019injustice de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019Ancien R\u00e9gime. L\u2019image force le trait, repr\u00e9sentant les deux premiers ordres en habit de cour. Le pr\u00e9lat porte culotte et bas de soie, au lieu de la soutane. Le noble arbore le cordon bleu de l\u2019ordre du Saint-Esprit. Les plumes exub\u00e9rantes de son chapeau et sa jarreti\u00e8re soulignent sa frivolit\u00e9. La fraise qui n\u2019est plus port\u00e9e depuis le <span class=\"caps\">XVII<\/span>e si\u00e8cle font de lui une figure sociale d\u00e9su\u00e8te.<\/p>\n<p>Sur le mode des caricatures hollandaises, le texte est un compl\u00e9ment qui donne \u00e0 l\u2019image toute sa charge. Le paysan accabl\u00e9 s\u2019appuie sur sa houe et de sa poche sortent des papiers o\u00f9 sont \u00e9num\u00e9r\u00e9s les charges qui reposent enti\u00e8rement sur le tiers \u00e9tat\u00a0: les taxes sur le sel et le tabac, la taille, la corv\u00e9e, la d\u00eeme vers\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9glise et l\u2019obligation de servir dans la milice provinciale cr\u00e9\u00e9e par Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>. En contrepoint, le texte qui s\u2019\u00e9chappe de la poche de l\u2019eccl\u00e9siastique \u00e9num\u00e8re les titres de noblesse et \u00e9voque les \u00ab\u00a0pensions\u00a0\u00bb que re\u00e7oivent du roi les membres des ordres privil\u00e9gi\u00e9s. En bas \u00e0 gauche, les \u00ab\u00a0li\u00e8vres seigneuriaux\u00a0\u00bb (chasse r\u00e9serv\u00e9e au seigneur) d\u00e9vorent les choux plant\u00e9s par le paysan. La l\u00e9gende \u00ab\u00a0A faut esp\u00e9rer q\u2019eu se jeu la finira bient\u00f4t\u00a0\u00bb utilise le langage du paysan, signe d\u2019une revanche \u00e0 venir du tiers \u00e9tat sur les deux autres.<\/p>\n<p>La caricature traduit en image comment\u00e9e l\u2019id\u00e9e exprim\u00e9e la m\u00eame ann\u00e9e par Si\u00e9y\u00e8s\u00a0: Le tiers \u00e9tat n\u2019est rien car opprim\u00e9, mais il est tout car \u00e0 lui seul il concourt \u00e0 la prosp\u00e9rit\u00e9 de la nation \u2026 et Si\u00e8yes d\u2019ajouter\u00a0: \u00ab\u00a0Rien ne peut aller sans lui, tout irait mieux sans les autres\u00a0\u00bb, les ordres privil\u00e9gi\u00e9s \u00e9tant finalement inutiles.<\/p>\n<p>La caricature est devenue en 1789 un langage politique qui v\u00e9hicule dans le peuple parisien les aspirations \u00e0 un changement radical. Elle a une double fonction d\u2019image p\u00e9dagogique par laquelle le tiers \u00e9tat prend conscience de son oppression et au final de sa force, et de pamphlet subversif sugg\u00e9rant que tout retour en arri\u00e8re est inenvisageable.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/ordres_femmes.jpg\" width=\"500\" height=\"709\"><\/p>\n<p>Costume et Caricature. La Fermi\u00e8re en Corv\u00e9. <br>\u00ab\u00a0\u00c0 faut esperer qu\u2019eu se jeu la finira bentot.\u00a0\u00bb Les 3 ordres du temps pass\u00e9s, en juin 1789.<br>Femme du Tiers \u00e9tat portant sur son dos les femmes de la noblesse et du clerg\u00e9. Anonyme. <span class=\"caps\">BNF<\/span>.<br>Repr\u00e9sentation de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 sociale en <span class=\"caps\">VF<\/span> (Version Femmes).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c9tant d\u00e9montr\u00e9, avec raison, qu\u2019un noble ne peut repr\u00e9senter un roturier, ni celui-ci un noble, de m\u00eame, un homme ne pourrait avec plus d\u2019\u00e9quit\u00e9 repr\u00e9senter une femme, puisque les repr\u00e9sentants doivent avoir absolument les m\u00eames int\u00e9r\u00eats que les repr\u00e9sent\u00e9s\u00a0: les femmes ne pourraient donc \u00eatre repr\u00e9sent\u00e9es que par des femmes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1317\" class=\"cit-num\">1317<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cahier de dol\u00e9ances et r\u00e9clamation des femmes, sign\u00e9 d\u2019une Madame <span class=\"caps\">B.B.<\/span> (cauchoise rest\u00e9e anonyme). \u00ab\u00a0La revendication de la d\u00e9mocratie paritaire\u00a0\u00bb, Marie-Blanche Tahon, Politique et Soci\u00e9t\u00e9s, volume <span class=\"caps\">XVII<\/span> (1998)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les femmes, c\u2019est un peu le \u00ab\u00a0quart ordre\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9poque. Sous la R\u00e9volution va s\u2019exprimer un courant f\u00e9ministe, mais les hommes qui gouvernent n\u2019accorderont pas aux femmes les droits bient\u00f4t reconnus aux \u00ab\u00a0n\u00e8gres\u00a0\u00bb et aux juifs. Elles auront seulement le droit de mourir sur l\u2019\u00e9chafaud.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous avez bris\u00e9 le sceptre du despotisme [\u2026] et tous les jours vous souffrez que treize millions d\u2019esclaves portent les fers de treize millions de despotes\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1325\" class=\"cit-num\">1325<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Requ\u00eate des dames \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale.<em> L\u2019Assembl\u00e9e constituante, le Philosophisme r\u00e9volutionnaire en action<\/em> (1911), Gustave Gautherot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les grandes oubli\u00e9es de l\u2019histoire se manifestent avant m\u00eame la prise de la Bastille, et ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but. Mais la tourmente r\u00e9volutionnaire va donner d\u2019autres soucis que les droits des femmes aux hommes de la R\u00e9volution. Elles vont n\u00e9anmoins manifester \u00e0 plusieurs reprises\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>Aux femmes de Paris venues \u00e0 Versailles demander audience au roi pour r\u00e9clamer du pain\u00a0:<\/em><\/p>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous n\u2019en manquiez pas quand vous n\u2019aviez qu\u2019un roi. Allez en demander \u00e0 nos douze cents souverains\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1352\" class=\"cit-num\">1352<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">PRIEST<\/span> (1735-1821), 5\u00a0octobre 1789. <em>Bibliographie moderne ou Galerie historique, civile, militaire, politique, litt\u00e9raire et judiciaire<\/em> (1816), \u00c9tienne Psaume<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la Maison du roi, nomm\u00e9 ministre de l\u2019Int\u00e9rieur en ao\u00fbt, il d\u00e9signe en ces termes les d\u00e9put\u00e9s de la Constituante. Ces journ\u00e9es r\u00e9volutionnaires des 5 et 6\u00a0octobre ont pour cause le ch\u00f4mage, la mis\u00e8re, tout ce qui exasp\u00e8re le peuple de Paris. Aux raisons \u00e9conomiques s\u2019ajoute l\u2019attitude de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> qui n\u2019a sanctionn\u00e9 ni l\u2019abolition de la f\u00e9odalit\u00e9, ni la <em>D\u00e9claration des droits<\/em>\u00a0; puis la rumeur de la cocarde tricolore foul\u00e9e aux pieds lors d\u2019un banquet devant la famille royale.<\/p>\n<p>C\u2019en est trop\u00a0: une foule de femmes et de ch\u00f4meurs marche sur Versailles, arm\u00e9e de piques et de fourches. Une d\u00e9l\u00e9gation est re\u00e7ue le soir du 5\u00a0octobre par le roi. Il promet d\u2019assurer le ravitaillement de Paris o\u00f9 le pain demeure le premier besoin alimentaire du peuple.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tant que les femmes ne s\u2019en m\u00ealent pas, il n\u2019y a pas de v\u00e9ritable r\u00e9volution\u00a0\u00bb \u00e9crit Choderlos de Laclos en 1783 dans <em>L\u2019\u00c9ducation des femmes<\/em>. Cela dit, la tr\u00e8s symbolique marche des femmes a \u00e9t\u00e9 encadr\u00e9e au d\u00e9part par des meneurs qui ont particip\u00e9 \u00e0 la prise de la Bastille, trois mois plus t\u00f4t. On a vu des hommes arm\u00e9s de piques et de fourches, et certains travestis en femmes, trahis par leur voix\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La femme a le droit de monter \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud\u00a0; elle doit avoir \u00e9galement celui de monter \u00e0 la tribune.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1397\" class=\"cit-num\">1397<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Olympe de <span class=\"caps\">GOUGES<\/span> (1755-1793), <em>D\u00e9claration des droits de la femme et de la citoyenne<\/em>, septembre\u00a01791.<em> Le <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle et la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1992), Maurice Agulhon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le pr\u00e9ambule du texte est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la reine. Cette f\u00e9ministe, l\u2019une des premi\u00e8res de l\u2019histoire, mourra guillotin\u00e9e en 1793, apr\u00e8s bien d\u2019autres provocations.<\/p>\n<p>Elle plaide pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes, ce qui inclut le droit de vote et l\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 (permettant de monter \u00e0 la tribune en tant que d\u00e9put\u00e9). Mais c\u2019est impossible aussi longtemps que la femme est consid\u00e9r\u00e9e comme juridiquement mineure, soumise au p\u00e8re ou \u00e0 l\u2019\u00e9poux. Les femmes seront finalement la \u00ab\u00a0minorit\u00e9\u00a0\u00bb la plus durablement brim\u00e9e, dans cette histoire. Quelques-unes vont s\u2019illustrer, h\u00e9ro\u00efnes et souvent martyres, dans la suite de la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>Olympe de Gouges se bat aussi pour la cause des Noirs, et l\u2019abolition de l\u2019esclavage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Armons-nous, nous en avons le droit par la nature et m\u00eame par la loi. Montrons aux hommes que nous ne leur sommes inf\u00e9rieures ni en vertus ni en courage [\u2026] Il est temps que les femmes sortent de leur honteuse nullit\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1408\" class=\"cit-num\">1408<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Th\u00e9roigne de <span class=\"caps\">M\u00c9RICOURT<\/span> (1762-1817), Discours prononc\u00e9 \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 fraternelle des Minimes, 25\u00a0mars 1792. <em>Discours imprim\u00e9 par ordre de la Soci\u00e9t\u00e9 Fraternelle de patriotes, de l\u2019un <span class=\"amp\">&amp;<\/span> l\u2019autre sexe, de tout \u00e2ge <span class=\"amp\">&amp;<\/span> de tout \u00e9tat, s\u00e9ante aux Jacobins, rue Saint-Honor\u00e9<\/em> (1792)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Belge, courtisane et cantatrice, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la Belle Li\u00e9geoise\u00a0\u00bb, elle entre en r\u00e9volution comme on entre en religion. Chose fort mal vue de la part d\u2019une femme. Elle devient alors la \u00ab\u00a0Furie de la Gironde\u00a0\u00bb. La voyant fouett\u00e9e, ridiculis\u00e9e, son fr\u00e8re la fait enfermer dans un asile pour qu\u2019elle \u00e9chappe \u00e0 la mort. Elle y rencontrera la folie.<\/p>\n<p>Autre premi\u00e8re historique, les femmes se sont engag\u00e9es pour d\u00e9fendre la patrie proclam\u00e9e en danger.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai pris part \u00e0 tous vos exploits<br>En vous versant \u00e0 boire.<br>Songez combien j\u2019ai fait de fois<br>Rafra\u00eechir la victoire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1437\" class=\"cit-num\">1437<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857),<em> La Vivandi\u00e8re<\/em> (1817), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9sent \u00e0 Paris au d\u00e9but de la R\u00e9volution, tr\u00e8s t\u00f4t r\u00e9publicain de c\u0153ur, Pierre Jean de B\u00e9ranger trouve son expression dans la chanson patriotique. Il n\u2019imaginait absolument pas que son nom reste dans l\u2019histoire, et c\u2019est pourtant l\u2019un de nos chansonniers les plus populaires\u00a0!<\/p>\n<p>Il rend hommage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e sur la sc\u00e8ne de l\u2019Histoire de ces femmes qui s\u2019engag\u00e8rent aux arm\u00e9es, quand la patrie fut proclam\u00e9e en danger (d\u00e9cret du 11 juillet 1792)\u00a0: \u00ab\u00a0Vivandi\u00e8re du r\u00e9giment\u00a0\/ C\u2019est Catin qu\u2019on me nomme\u00a0\/ Je vends, je donne et bois ga\u00eement\u00a0\/ Mon vin et mon rogome [alcool].\u00a0\/ J\u2019ai le pied leste et l\u2019\u0153il mutin,\u00a0\/ Tintin, tintin, tintin, r\u2019lin tintin\u00a0;\u00a0\/ J\u2019ai le pied leste et l\u2019\u0153il mutin\u00a0:\u00a0\/ Soldats, voil\u00e0 Catin\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Appel\u00e9es aussi cantini\u00e8res, elles suivront toutes les guerres de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/reveil.jpg\" width=\"1024\" height=\"847\"><\/p>\n<p>R\u00e9veil du Tiers \u00c9tat. Sur fond de forteresse (la Bastille), le peuple arm\u00e9 quitte ses cha\u00eenes pour la plus grande frayeur de la noblesse et du clerg\u00e9. <span class=\"caps\">BNF<\/span>.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Ma feinte, Il \u00e9tait temps que je me r\u00e9veille car l\u2019oppression de mes fers me donnait le cauchemar un peu trop fort\u00a0\u00bb dit la l\u00e9gende.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le d\u00e9bat public a chang\u00e9 de face. Il ne s\u2019agit plus que tr\u00e8s secondairement du roi, du despotisme et de la Constitution\u00a0; c\u2019est une guerre entre le tiers \u00e9tat et les deux autres ordres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1263\" class=\"cit-num\">1263<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">MALLET<\/span> du <span class=\"caps\">PAN<\/span> (1749-1800),<em> M\u00e9moires et correspondance, pour servir \u00e0 l\u2019histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (posthume, 1851)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Publiciste suisse, admirateur de la Constitution anglaise et partisan d\u2019un despotisme \u00e9clair\u00e9, il juge fort bien de la situation en France, \u00e0 l\u2019aube de l\u2019ann\u00e9e 1789. Quand la R\u00e9volution sortira de la voie l\u00e9gale, il deviendra l\u2019un des th\u00e9oriciens de la contre-r\u00e9volution.\u00a0\u00a0\u00a0<\/p>\n<p>Taine \u00e9crira en historien dans<em> Les Origines de la France contemporaine<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Un grand changement s\u2019op\u00e8re au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle dans la condition du tiers \u00e9tat. Le bourgeois a travaill\u00e9, fabriqu\u00e9, commerc\u00e9, gagn\u00e9, \u00e9pargn\u00e9, et tous les jours il s\u2019enrichit davantage. La bourgeoisie se d\u00e9marque \u00e0 la fois des classes privil\u00e9gi\u00e9es qui constituent les deux autres ordres et ne justifient plus leurs privil\u00e8ges par leurs services rendus au pays, et des classes populaires sans Lumi\u00e8res et sans influence.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La R\u00e9volution qui s\u2019ouvre a \u00e9galement permis une v\u00e9ritable explosion de caricatures satiriques\u00a0: plus de 1 500 publi\u00e9es entre 1789 et 1792, principalement \u00e0 Paris, quartier de la rue Saint-Jacques. Grav\u00e9es sur cuivre par centaines et pour une m\u00eame planche, elles peuvent ensuite \u00eatre colori\u00e9es au pochoir, avant d\u2019\u00eatre vendues sous forme de feuilles volantes \u00e0 un prix modique (quelques sous).Reste la presse, important v\u00e9hicule.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut la conjonction syst\u00e9matique et d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e d\u2019une production massive d\u2019estampes, avec relais dans les pamphlets et dans une presse foisonnante pour faire de la caricature non plus seulement une arme mais un langage politique en voie d\u2019autonomisation. Tel sera le cas en 1789.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Annie <span class=\"caps\">DUPRAT<\/span> (n\u00e9e en 1948), <em>La caricature, arme au poing\u00a0: l\u2019assassinat d\u2019Henri <span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (2000)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En 1789, des journaux hebdomadaires comme Les R\u00e9volutions de France et de Brabant de Camille Desmoulins ou les R\u00e9volutions de Paris de l\u2019\u00e9diteur Prudhomme font une large place au dessin, caricature satirique pour l\u2019un, d\u2019inspiration plus \u00ab\u00a0reportage\u00a0\u00bb pour l\u2019autre.<\/p>\n<p>Le clerg\u00e9 devient vite un des sujets de pr\u00e9dilection avec ses moines d\u00e9bauch\u00e9s et ses cardinaux ob\u00e8ses. Loin d\u2019\u00eatre \u00e9pargn\u00e9, Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, avant m\u00eame de perdre la t\u00eate, est mis \u00e0 mort par des dessinateurs anonymes qui le repr\u00e9sentent en cochon, \u00ab\u00a0si gras qu\u2019il en est ladre\u00a0\u00bb. La presse royaliste publie de son c\u00f4t\u00e9 des caricatures anti-r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p>Tout le monde s\u2019y mettra sous le regard bienveillant du Comit\u00e9 de salut public qui vante \u00ab\u00a0cette sorte de peinture parl\u00e9e et color\u00e9e convenant \u00e0 merveille aux illettr\u00e9s\u00a0\u00bb et demande \u00e0 Jacques-Louis David, le grand peintre de l\u2019\u00e9poque, de ridiculiser le gouvernement anglais\u00a0!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/ca_ira-1.jpg\" width=\"450\" height=\"598\"><\/p>\n<p>J\u2019savois ben qu\u2019jaurions not tour. Gravure anonyme. En 1789. Mus\u00e9e Carnavalet.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira<br>Le peuple en ce jour sans cesse r\u00e9p\u00e8te,<br>Ah\u00a0! \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira.<br>Malgr\u00e9 les mutins tout r\u00e9ussira [\u2026]<br>Pierre et Margot chantent \u00e0 la guinguette\u00a0:<br>Ah\u00a0! \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira.<br>R\u00e9jouissons-nous le bon temps viendra.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1371\" class=\"cit-num\">1371<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LADR\u00c9<\/span> (<span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), paroles, et <span class=\"caps\">B\u00c9COURT<\/span> (<span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), musique, <em>Le Carillon national<\/em>, chanson.<em> Chansons nationales et populaires de France<\/em> (1846), Th\u00e9ophile Marion Dumersan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chant est plus connu sous le nom de son refrain\u00a0: \u00ab\u00a0Ah\u00a0! \u00e7a ira\u00a0\u00bb. Ladr\u00e9, chanteur des rues, en a \u00e9crit les paroles sur<em> Le Carillon national<\/em>, musique de contredanse sign\u00e9e B\u00e9court, violoniste de l\u2019orchestre au th\u00e9\u00e2tre des Beaujolais. La reine Marie-Antoinette la jouait volontiers sur son clavecin\u2026<\/p>\n<p>Le texte, innocent \u00e0 l\u2019origine, reprend l\u2019expression de Benjamin Franklin, r\u00e9solument optimiste et r\u00e9p\u00e9tant au plus fort de la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance en Am\u00e9rique, \u00e0 qui lui demande des nouvelles\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7a ira, \u00e7a ira.\u00a0\u00bb Le mot est connu, le personnage populaire et dans l\u2019enthousiasme des pr\u00e9paratifs de la f\u00eate, le peuple chante\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7a ira, \u00e7a ira.\u00a0\u00bb C\u2019est la Carmagnole des premiers jours, trop souvent oubli\u00e9e pour ne penser qu\u2019\u00e0 la Terreur de fait, avant d\u2019\u00eatre d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e\u00a0!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/lesueur_1.jpg\" width=\"1024\" height=\"685\"><\/p>\n<p>Gouaches r\u00e9volutionnaires de Jean-Baptiste Lesueur (1749-1826) Mod\u00e8le de la Bastille et Serment des enfants. Mus\u00e9e Carnavalet.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De la premi\u00e8re page \u00e0 la derni\u00e8re, elle [la R\u00e9volution] n\u2019a qu\u2019un h\u00e9ros\u00a0: le peuple.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1273\" class=\"cit-num\">1273<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>Le Peuple<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fils d\u2019un imprimeur ruin\u00e9 par le r\u00e9gime de la presse sous le Consulat et l\u2019Empire, Michelet conna\u00eet la mis\u00e8re dans sa jeunesse et en garde un profond amour du peuple. \u00c9crivain engag\u00e9 dans les luttes de son temps riche en r\u00e9volutions d\u2019un autre style, manifestant contre la mis\u00e8re des ouvriers, il composera dans l\u2019enthousiasme son <em>Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em>\u00a0: dix ans et sept volumes pour une \u0153uvre inspir\u00e9e, remarquablement document\u00e9e. Les plus belles pages de son \u0153uvre maintes fois r\u00e9\u00e9dit\u00e9e, souvent mentionn\u00e9e sous le terme g\u00e9n\u00e9rique d\u2019\u00ab\u00a0<em>\u00a0Histoire de France<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le travail d\u2019illustration de Jean-Baptiste Lesueur vaut \u00e9galement document pour l\u2019Histoire, avec une originalit\u00e9 r\u00e9jouissante\u00a0! Ce t\u00e9moignage contemporain est sign\u00e9 d\u2019un Girondin qui \u00e9chappera \u00e0 la \u00ab\u00a0charrette\u00a0\u00bb en 1793. Il invente la caricature bon enfant et bienveillante qui devient sa marque de fabrique.<\/p>\n<p>L\u2019ensemble des gouaches de Lesueur (conserv\u00e9es pour la plupart au mus\u00e9e Carnavalet de Paris) constitue un t\u00e9moignage unique de la p\u00e9riode r\u00e9volutionnaire. Sorte de journal en images, la technique dans laquelle il est r\u00e9alis\u00e9, ainsi que son ampleur, laissent supposer une fonction publique, th\u00e9\u00e2trale, voire \u00ab\u00a0mus\u00e9ographique\u00a0\u00bb. Ces petits tableaux et les textes qui les accompagnent refl\u00e8tent les sentiments vari\u00e9s, enthousiastes ou r\u00e9probateurs, de la petite bourgeoisie parisienne face \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement et au quotidien r\u00e9volutionnaires. Authentique \u00ab\u00a0pris sur le vif\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sc\u00e8nes historiques, sc\u00e9nettes plus anodines ou personnages isol\u00e9s comme des figurines militaires sont saisis avec vivacit\u00e9, justesse d\u2019observation, sens de la couleur et de la mise en page. Cette s\u00e9rie documentaire donne \u00e0 voir la sans-culotterie, l\u2019arm\u00e9e, les femmes, le costume; mais aussi les mentalit\u00e9s et leur \u00e9volution dans la conjoncture politique des ann\u00e9es 1789-1806, avec d\u2019autant plus de force que les gouaches ont \u00e9t\u00e9 peintes imm\u00e9diatement apr\u00e8s l\u2019\u00e9v\u00e9nement ou le fait qu\u2019elles repr\u00e9sentent.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/lesueur_2.jpg\" width=\"480\" height=\"318\"><\/p>\n<p>Gouaches r\u00e9volutionnaires de Jean-Baptiste Lesueur (1749-1826). La Constituante. Ann\u00e9e 1789.<\/p>\n<p>La l\u00e9gende vaut citation, pour sa pr\u00e9cision.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0D\u00e9put\u00e9 en Mission en Costume de Repr\u00e9sentant du peuple.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Honor\u00e9 Gabriel Riquetti Cidevant Comte de Mirabeau faisant une motion \u00e0 l\u2019assembl\u00e9e Constituante.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0D\u00e9put\u00e9 sortant de l\u2019assembl\u00e9e.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Hommes de Couleur, D\u00e9put\u00e9s des Colonies \u00e0 la Convention Nationale.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Le D\u00e9put\u00e9 Granet toujours en carmagnole de toile grise, son gros b\u00e2ton, et tenant son chapeau ainsi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Notons une inexactitude, en fait un raccourci historique, occasion de faire connaissance avec un parcours politique repr\u00e9sentatif du temps.\u00a0 Le d\u00e9put\u00e9 marseillais Fran\u00e7ois Omer Granet (1758-1821) n\u2019a pas pu rencontrer Mirabeau mort en 1791\u00a0! \u00c9lu d\u00e9put\u00e9 \u00e0 la L\u00e9gislative, il si\u00e8ge \u00e0 gauche dans l\u2019assembl\u00e9e. Il participe \u00e0 la sanglante journ\u00e9e r\u00e9volutionnaire du 10 ao\u00fbt 1792\u00a0: les bataillons de f\u00e9d\u00e9r\u00e9s marseillais et bretons prennent le palais des Tuileries avec les insurg\u00e9s des faubourgs de Paris.<\/p>\n<p>En septembre, r\u00e9\u00e9lu d\u00e9put\u00e9 des Bouches-du-Rh\u00f4ne \u00e0 la Convention, il si\u00e8ge sur les bancs de la Montagne. Lors du proc\u00e8s de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, il vote \u00ab\u00a0la mort dans les vingt-quatre heures\u00a0\u00bb et rejette l\u2019appel au peuple et le sursis \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution. En avril 1793, il vote contre la mise en accusation de Marat (le plus extr\u00e9miste des d\u00e9put\u00e9s). \u00c9lu membre du Comit\u00e9 de Salut public aux c\u00f4t\u00e9s de Billaud-Varenne et Collot-d\u2019Herbois, il refuse pourtant d\u2019y si\u00e9ger. Trop, c\u2019est trop\u2026<\/p>\n<p>Sous le Consulat et l\u2019Empire, il sera maire de Marseille, honor\u00e9 de la L\u00e9gion d\u2019Honneur par l\u2019empereur. R\u00e9voqu\u00e9 lors de la premi\u00e8re Restauration, \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 des Bouches-du-Rh\u00f4ne durant les Cent-Jours, il est banni par loi du 12 janvier 1816 contre les r\u00e9gicides et les soutiens \u00e0 Bonaparte. Amnisti\u00e9 en 1818, il rentre en France. Un destin d\u2019homme politique qui tourne bien, cela arrive, m\u00eame hors les gouaches de Lesueur.<\/p>\n<p>Rappelons enfin et surtout le personnage de Mirabeau qui a litt\u00e9ralement lanc\u00e9 la R\u00e9volution par son \u00e9loquence \u2013 et n\u2019est pas mort guillotin\u00e9, la maladie le sauvant des \u00ab\u00a0bois de justice\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019histoire n\u2019a trop souvent racont\u00e9 les actions que de b\u00eates f\u00e9roces parmi lesquelles on distingue de loin en loin des h\u00e9ros. Il nous est permis d\u2019esp\u00e9rer que nous commen\u00e7ons l\u2019histoire des hommes, celle de fr\u00e8res n\u00e9s pour se rendre mutuellement heureux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1324\" class=\"cit-num\">1324<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791), Assembl\u00e9e nationale, 27\u00a0juin 1789. <em>Discours et opinions de Mirabeau, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9s d\u2019une notice sur sa vie<\/em> (1820)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019Orateur du peuple fait de la fraternit\u00e9 l\u2019invention majeure de la R\u00e9volution \u2013 priorit\u00e9 sera plus souvent donn\u00e9e \u00e0 la libert\u00e9 et l\u2019\u00e9galit\u00e9. Avec la conscience de vivre un moment historique et un formidable optimisme \u2013 le bonheur est \u00e0 l\u2019ordre du jour. Comme dans les gouaches de Lesueur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/lesueur_3.jpg\" width=\"900\" height=\"599\"><\/p>\n<p>Gouaches r\u00e9volutionnaires de Jean-Baptiste Lesueur (1749-1826).1790. Plantation d\u2019un arbre de la Libert\u00e9. Mus\u00e9e Carnavalet.<\/p>\n<p>Encore une gouache r\u00e9volutionnaire optimiste, pour une caricature bon enfant et bienveillante.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est un beau et vrai symbole pour la libert\u00e9 qu\u2019un arbre\u00a0! La libert\u00e9 a ses racines dans le c\u0153ur du peuple, comme l\u2019arbre dans le c\u0153ur de la terre\u00a0; comme l\u2019arbre elle \u00e9l\u00e8ve et d\u00e9ploie ses rameaux dans le ciel\u00a0; comme l\u2019arbre, elle grandit sans cesse et couvre les g\u00e9n\u00e9rations de son ombre. Le premier arbre de la libert\u00e9 a \u00e9t\u00e9 plant\u00e9, il y a dix-huit cents ans, par Dieu m\u00eame sur le Golgotha. Le premier arbre de la libert\u00e9, c\u2019est cette croix sur laquelle J\u00e9sus-Christ s\u2019est offert en sacrifice pour la libert\u00e9, l\u2019\u00e9galit\u00e9 et la fraternit\u00e9 du genre humain.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"15\" class=\"cit-num\">15<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), Discours lors de la plantation d\u2019un arbre de la libert\u00e9 sur la place des Vosges, 2 mars 1848<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Par imitation de ce qui s\u2019\u00e9tait fait aux \u00c9tats-Unis \u00e0 la suite de la guerre de l\u2019ind\u00e9pendance avec les \u00ab\u00a0poteaux de la Libert\u00e9\u00a0\u00bb, l\u2019usage s\u2019introduisit en France de planter avec c\u00e9r\u00e9monie un jeune peuplier dans les communes fran\u00e7aises. L\u2019exemple fut donn\u00e9 en 1790 par le cur\u00e9 de Saint-Gaudent, dans la Vienne, qui fit transplanter un ch\u00eane de la for\u00eat voisine au milieu de la place de son village.\u00a0<\/p>\n<p>Mais la r\u00e9alit\u00e9 r\u00e9volutionnaire fut souvent plus dramatique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019arbre de la libert\u00e9 ne saurait cro\u00eetre s\u2019il n\u2019\u00e9tait arros\u00e9 du sang des rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1475\" class=\"cit-num\">1475<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bertrand <span class=\"caps\">BAR\u00c8RE<\/span> de <span class=\"caps\">VIEUZAC<\/span> (1755-1841), \u00e0 la tribune, 20\u00a0janvier\u00a01793. <em>M\u00e9moires de M. de Bourrienne, ministre d\u2019\u00c9tat\u00a0: sur Napol\u00e9on, le Directoire, le Consulat, l\u2019Empire et la Restauration<\/em> (1829), Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le pr\u00e9sident de la Convention, dans l\u2019effervescence g\u00e9n\u00e9rale, justifie ainsi la condamnation \u00e0 mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, contre la partie la plus mod\u00e9r\u00e9e de l\u2019assembl\u00e9e qui souhaitait att\u00e9nuer la peine. Lui-m\u00eame s\u2019est prononc\u00e9 pour la mort, sans appel au peuple, sans sursis \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution.<\/p>\n<p>On retrouvera Bar\u00e8re en juillet\u00a01793, membre du Comit\u00e9 de salut public et l\u2019un des organisateurs les plus z\u00e9l\u00e9s de la Terreur, nomm\u00e9 l\u2019Anacr\u00e9on de la guillotine.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Repr\u00e9sentation d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9, la caricature (de l&#8217;italien caricare, charger) est aussi d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0charge, imitation, parodie, pastiche, simulacre\u00a0\u00bb. Art engag\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine (Moyen \u00c2ge), sign\u00e9e ou anonyme, sans tabou et destin\u00e9e \u00e0 tous les publics, elle joue un r\u00f4le historique comparable \u00e0 la chanson. Mani\u00e8re originale de revoir l\u2019Histoire en citations, on [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":2325,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-10145","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10145","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10145"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10145\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12124,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10145\/revisions\/12124"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10145"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10145"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10145"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}