{"id":10156,"date":"2025-01-06T00:00:00","date_gmt":"2025-01-05T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-caricatures-siecle-des-lumieres\/"},"modified":"2026-06-16T09:31:02","modified_gmt":"2026-06-16T07:31:02","slug":"lhistoire-en-caricatures-siecle-des-lumieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-caricatures-siecle-des-lumieres\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en caricatures (Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-4-73.jpg\" width=\"150\" height=\"200\" style=\"margin: 10px;float: left\"><\/a>Repr\u00e9sentation d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9, la caricature (de l\u2019italien <em>caricare<\/em>, charger) est aussi d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0charge, imitation, parodie, pastiche, simulacre\u00a0\u00bb. Art engag\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine (Moyen \u00c2ge), sign\u00e9e ou anonyme, sans tabou et destin\u00e9e \u00e0 tous les publics, elle joue un r\u00f4le historique comparable \u00e0 la chanson.<\/p>\n<p>Mani\u00e8re originale de revoir <em>l\u2019Histoire en citations<\/em>, on trouve au fil de cet \u00e9dito en 12 semaines les personnages principaux (Napol\u00e9on, de Gaulle, Hugo, Voltaire, Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>\u2026) et les grands \u00e9v\u00e8nements (R\u00e9forme et guerres de Religion, Saint Barth\u00e9lemy, R\u00e9volution, Affaire Dreyfus\u2026), l\u2019explosion de la caricature politique correspondant \u00e0 des p\u00e9riodes de crises.<\/p>\n<p>Encourag\u00e9e par le d\u00e9veloppement de l\u2019imprimerie au <span class=\"caps\">XVI<\/span>\u00b0 si\u00e8cle, \u00e9touff\u00e9e sous la censure de la monarchie absolue et de l\u2019Empire, la caricature s\u2019impose avec la presse populaire au <span class=\"caps\">XIX<\/span>\u00b0 et les dessins provocants de journaux sp\u00e9cialis\u00e9s (<em>La Caricature, Le Charivari<\/em>\u2026). Des formes naissent sous la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique\u00a0: slogans de Mai 68, <em>Guignols de l\u2019Info<\/em> et autres marionnettes \u00e0 la t\u00e9l\u00e9, sans oublier les <span class=\"caps\">BD<\/span> politiques souvent best-sellers.<\/p>\n<p>Deux auteurs seront cit\u00e9s (= montr\u00e9s) une dizaine de fois. Le plus c\u00e9l\u00e8bre, Gustave Dor\u00e9, artiste peintre du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, se voue \u00e0 la caricature avec un art du trait qui fait mouche et mal. Bien diff\u00e9rent avec sa s\u00e9rie de gouaches, Fran\u00e7ois Lesueur inventa sous la R\u00e9volution une caricature bienveillante et bon enfant comme la Carmagnole du\u00a0<em>\u00c7a ira<\/em> (premi\u00e8re version).<\/p>\n<p>Une invit\u00e9e surprise, la physiogonomie. Formul\u00e9e par Cic\u00e9ron (\u00ab\u00a0Le visage est le miroir de l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb), elle entre en sc\u00e8ne avec le g\u00e9nie du peintre Le Brun sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, s\u2019\u00e9rige en science au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, justifie les pires racismes\u00a0(colonialisme, antis\u00e9mitisme) et se banalise avec le \u00ab\u00a0d\u00e9lit de sale gueule\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">R\u00c9GENCE<\/span><\/h4>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/voltaire_bastille.jpg\" width=\"1024\" height=\"512\"><\/p>\n<p>Voltaire \u00e0 la Bastille. 1718. Par le Comte de Caylus (1692-1765), graveur. Dessins du Cabinet du Roi. <span class=\"caps\">BNF<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Me voici donc en ce lieu de d\u00e9tresse,<br>Embastill\u00e9, log\u00e9 fort \u00e0 l\u2019\u00e9troit,<br>Ne dormant point, buvant chaud,<br>Mangeant froid.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1701\" class=\"cit-num\">1701<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>La Bastille<\/em> (1717), Po\u00e9sies diverses<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Voltaire fut emprisonn\u00e9 deux fois \u00e0 la Bastille, en 1717 durant onze mois, suite \u00e0 une sanglante \u00e9pigramme contre le R\u00e9gent, et en 1726 durant quatre mois.<\/p>\n<p>Caylus montre Voltaire dans sa cellule, d\u00e9daignant son infortune et poursuivant l\u2019\u00e9criture de <em>La Ligue<\/em>, premi\u00e8re version de <em>La Henriade<\/em>, inspir\u00e9 par le G\u00e9nie de la po\u00e9sie \u00e9pique. La peine d\u2019emprisonnement fut convertie en exil en Angleterre.<\/p>\n<p>Le R\u00e9gent a fait embastiller l\u2019insolent. D\u00e9j\u00e0 exil\u00e9 deux fois en province pour cause d\u2019\u00e9crits satiriques, l\u2019incorrigible frondeur a r\u00e9cidiv\u00e9 avec une \u00e9pigramme, en latin \u2013 pour plus de prudence, mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, tout le beau monde parle latin.<\/p>\n<p>Le R\u00e9gent, Dubois (son principal ministre), les princes du sang, les ducs, les b\u00e2tards, le Parlement, chaque faction paie ses libellistes pour tra\u00eener dans la boue la faction adverse. L\u2019impertinence devient un m\u00e9tier et l\u2019esprit de Voltaire, tant\u00f4t courtisan, tant\u00f4t courageux et parfois les deux, excelle dans cette carri\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monseigneur, je trouverais tr\u00e8s doux que Sa Majest\u00e9 daign\u00e2t se charger de ma nourriture, mais je supplie Votre Altesse de ne plus s\u2019occuper de mon logement.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1072\" class=\"cit-num\">1072<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), au R\u00e9gent qui vient de le lib\u00e9rer, 1718. <em>Voltaire, sa vie et ses \u0153uvres<\/em> (1867), Abb\u00e9 Maynard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fran\u00e7ois-Marie Arouet, 24\u00a0ans, prend alors le nom de Voltaire. La renomm\u00e9e s\u2019acquiert en un soir au th\u00e9\u00e2tre et il devient c\u00e9l\u00e8bre comme trag\u00e9dien, avec son \u0152dipe (aujourd\u2019hui injouable, comme toute son \u0153uvre dramatique). Ce n\u2019est que le d\u00e9but d\u2019une longue vie mouvement\u00e9e.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/law1.jpg\" width=\"800\" height=\"922\"><\/p>\n<p>Syst\u00e8me de Law 1720. Gravure d\u2019Antoine <span class=\"caps\">HUMBLOT<\/span>, BnF, d\u00e9partement des Estampes et de la Photographie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Lundi, je pris des actions,<br>Mardi, je gagnai des millions,<br>Mercredi, je pris \u00e9quipage,<br>Jeudi, j\u2019agrandis mon m\u00e9nage,<br>Vendredi, je m\u2019en fus au bal,<br>Et samedi, \u00e0 l\u2019h\u00f4pital.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1083\" class=\"cit-num\">1083<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Lundi je pris des actions<\/em> (1720), chanson de rue.<em> Histoire du vaudeville<\/em> (1899), <span class=\"caps\">M.E.<\/span> Prioleau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premier krach financier de l\u2019Histoire. Une abondante iconographie d\u00e9montre l\u2019importance de l\u2019\u00e9v\u00e9nement, les gravures \u00ab\u00a0s\u00e9rieuses\u00a0\u00bb alternant avec les caricatures plus ou moins all\u00e9goriques. La plupart de ceux qui ont investi dans l\u2019escroquerie de la Compagnie du Mississippi de John Law sont d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9s de ne pouvoir r\u00e9cup\u00e9rer leur argent, une infime minorit\u00e9 en profitant pour s\u2019enrichir \u2013 \u00e0 commencer par Voltaire qui sera presque toujours gagnant en affaires.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9difice fragile du Syst\u00e8me s\u2019effondre en 1720, au terme d\u2019un emballement affol\u00e9\u00a0: chute des dividendes, perte de confiance des porteurs, sp\u00e9culation \u00e0 la baisse de banquiers rivaux (les fr\u00e8res P\u00e2ris), trop forte \u00e9mission de billets que la banque ne peut rembourser \u00e0 vue, panique boursi\u00e8re. Et les compagnies cr\u00e9\u00e9es dans les colonies n\u2019ont pas eu le temps de rapporter les richesses esp\u00e9r\u00e9es.<\/p>\n<p>La bourse de la rue Quincampoix est ferm\u00e9e en mars, la d\u00e9b\u00e2cle financi\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale provoque des \u00e9meutes en juillet et des morts par \u00e9touffement le 17\u2026 Le 21, une semi-banqueroute est prononc\u00e9e, un arr\u00eat du 10\u00a0octobre retire tout usage mon\u00e9taire aux billets de banque de Law (il y en avait pour plus de 10\u00a0milliards de livres). John Law, devenu entre-temps contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral des Finances, prend la fuite et mourra ruin\u00e9 aux Pays-Bas.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/law2.jpg\" width=\"950\" height=\"1024\"><\/p>\n<p>Le Diable d\u2019argent. L\u2019effondrement du syst\u00e8me de Law, 1720.\u00a0 Jacques Ch\u00e9reau (1688-1776), estampill\u00e9 \u00ab\u00a0Au Grand St. R\u00e9my\u00a0\u00bb, \u00e9choppe rue Saint-Jacques \u00e0 Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les c\u0153urs sont si abattus et constern\u00e9s qu\u2019on ne songe qu\u2019\u00e0 mourir et qu\u2019on envie le sort de Marseille\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1084\" class=\"cit-num\">1084<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mathieu <span class=\"caps\">MARAIS<\/span> (1665-1737),<em> Journal de Paris<\/em>, ann\u00e9e 1720<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les <em>M\u00e9moires<\/em> de cet avocat au Parlement de Paris sont la plus fid\u00e8le et vivante chronique sur la R\u00e9gence et le d\u00e9but du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>.<\/p>\n<p>Il t\u00e9moigne ici des cons\u00e9quences dramatiques de la banqueroute de Law \u00e0 Paris, alors qu\u2019\u00e0 Marseille s\u00e9vit la derni\u00e8re grande peste de l\u2019histoire, apport\u00e9e par un vaisseau venu du Proche-Orient. L\u2019\u00e9pid\u00e9mie fait plus de 1\u00a0000 morts certains jours de septembre, et 85\u00a0000 au total, de juin \u00e0 octobre\u00a01720.<\/p>\n<p>La banqueroute a ruin\u00e9 une partie des 500\u00a0000 d\u00e9posants, mais tous les petits d\u00e9p\u00f4ts (moins de 400\u00a0livres) ont \u00e9t\u00e9 totalement indemnis\u00e9s \u00e0 terme \u2013 ce \u00ab\u00a0d\u00e9tail de l\u2019histoire\u00a0\u00bb est souvent oubli\u00e9. Plus grave pour le pays, le souvenir de ce drame va peser lourd sur la vie financi\u00e8re et freiner la modernisation de la France. Tout au long du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, le pays manquera d\u2019une structure bancaire et d\u2019un syst\u00e8me mon\u00e9taire sur le mod\u00e8le de l\u2019Angleterre, mieux arm\u00e9e pour devenir la plus grande puissance europ\u00e9enne, \u00e0 travers la prosp\u00e9rit\u00e9 du commerce et l\u2019essor du capitalisme industriel.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/force.jpg\" width=\"800\" height=\"1024\"><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Admire la Force\u00a0\u00bb. Caricature faite par les \u00e9piciers droguistes contre le duc de la Force en 1721. Anonyme, Mus\u00e9e Carnavalet.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce fut une affaire si honteuse \u00e0 la faiblesse du r\u00e9gent, si fort ignominieuse \u00e0 celle des pairs, si scandaleuse au Parlement, si sc\u00e9l\u00e9rate au premier Pr\u00e9sident, si abominable \u00e0 l\u2019avarice du prince de Conti, en un mot si inf\u00e2me en toutes ses parties qu\u2019on ne peut que tirer le rideau sur les horreurs qui s\u2019y pass\u00e8rent.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"10\" class=\"cit-num\">10<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span> (1675-1755), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Saint-Simon t\u00e9moigne en ami du duc, poursuivi pour fait de monopole par la corporation des \u00e9piciers et apothicaires.<\/p>\n<p>Henri Jacques Nompar de Caumont (1675-1726), duc de Caumont et pair de France (1698), puis 5e duc de La Force, est un homme politique devenu vice-pr\u00e9sident du conseil des finances en 1716. Deux ans apr\u00e8s, il entre au conseil de R\u00e9gence. Il se montre alors fervent d\u00e9fenseur du syst\u00e8me de Law.<\/p>\n<p>Poursuivi en 1721 pour fait de monopole par la corporation des \u00e9piciers et apothicaires, son proc\u00e8s qui excite les passions est l\u2019une des grandes affaires de la R\u00e9gence. Pour les observateurs, le d\u00e9lit de monopole n\u2019est pas constitu\u00e9. Le proc\u00e8s leur appara\u00eet surtout comme une vengeance du Parlement de Paris envers le duc. La Force serait en outre une victime expiatoire offerte au public, apr\u00e8s la fuite de Law.<\/p>\n<p>Au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, l\u2019historien Adolphe de Lescure en fera un portrait s\u00e9v\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Le duc de La Force, pers\u00e9cuteur du protestantisme qu\u2019il avait abjur\u00e9, fils ingrat, fourbe courtisan, bel esprit plagiaire, agioteur rapace, est le premier qui ait appris au peuple le m\u00e9pris des grands.\u00a0\u00bb Selon Pierre-Gustave Brunet, \u00e9diteur, bibliographe et auteur d\u2019\u00e9tudes historiques \u00ab\u00a0La chose ne m\u00e9ritait pas tant de bruit, et le d\u00e9cha\u00eenement contre le duc \u00e9tait inique. Le Parlement et le public, irrit\u00e9s contre Law qui avait pris la fuite, s\u2019acharn\u00e8rent contre un des confidents du c\u00e9l\u00e8bre \u00c9cossais. On \u00e9rigea en crime de monopole la conversion faite tr\u00e8s l\u00e9gitimement par le duc de La Force de ses billets de banque en marchandises d\u2019\u00e9picerie. Ce proc\u00e8s causa autant de bruit par la ridicule injustice du fond que par les obstacles dont les privil\u00e8ges de la pairie embarrass\u00e8rent sa poursuite.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Si l\u2019affaire provoque une vive \u00e9motion \u00e0 l\u2019\u00e9poque, elle n\u2019appara\u00eetra en 1925 \u00e0 l\u2019archiviste L\u00e9on Lecestre \u00ab\u00a0que comme un \u00e9pisode assez mince, grossi outre mesure par les passions politiques et par le ressentiment excusable des victimes du Syst\u00e8me.\u00a0\u00bb Preuve que la caricature fait volontiers feu de tout bois, comme nos r\u00e9seaux sociaux.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">SI\u00c8CLE<\/span> <span class=\"caps\">DES<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">LUMI\u00c8RES<\/span>\u00a0: <span class=\"caps\">R\u00c8GNES<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> <span class=\"caps\">ET<\/span> <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span><\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xv_1.jpg\" width=\"396\" height=\"550\"><\/p>\n<p>Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> (le Bien Aim\u00e9) et la Pompadour, ma\u00eetresse en titre vers 1750. Les Talents du jour. 1758. Jean Lebrun, la Marche de l\u2019Histoire, 10 octobre 2014. Podcast. Au temps de la Pompadour\u00a0: les poissonnades.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui que tu sois, voici ton ma\u00eetre <br>Il le fut, l\u2019est, ou le doit \u00eatre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"11\" class=\"cit-num\">11<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Po\u00e9sies m\u00eal\u00e9es<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mise en exergue, voici la d\u00e9finition po\u00e9tique du dieu de l\u2019amour, repr\u00e9sent\u00e9 ici comme un jeune enfant ail\u00e9.<\/p>\n<p>D\u2019embl\u00e9e, l\u2019Amour s\u2019introduit dans un monde de galanterie et de sensualit\u00e9\u00a0: celui des amours des dieux, l\u2019un des sujets favoris des peintres contemporains dont le plus cot\u00e9, Fran\u00e7ois Boucher (1703-1770). C\u2019est aussi le monde du th\u00e9\u00e2tre et de la th\u00e9\u00e2tromanie, de la musique et des f\u00eates, dans lequel toute une soci\u00e9t\u00e9 se consacre au plaisir du jeu amoureux. Quant au roi, Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> gardera pour l\u2019Histoire le surnom de Bien aim\u00e9 qui lui fut donn\u00e9 au tout d\u00e9but de son r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On se sentait forc\u00e9 de l\u2019aimer dans l\u2019instant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1118\" class=\"cit-num\">1118<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CASANOVA<\/span> (1725-1798), de passage en France, 1750,<em> Histoire de ma vie<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aventurier et m\u00e9morialiste italien (d\u2019expression fran\u00e7aise), il confirme cette impression de prestance et de gr\u00e2ce que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> donne \u00e0 quiconque l\u2019approche\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai vu le roi aller \u00e0 la messe. La t\u00eate de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> \u00e9tait belle \u00e0 ravir et plant\u00e9e sur son cou l\u2019on ne pouvait pas mieux. Jamais peintre tr\u00e8s habile ne put dessiner le coup de t\u00eate de ce monarque lorsqu\u2019il se retournait pour regarder quelqu\u2019un.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il finira pourtant ha\u00ef du peuple, avec ses deux principales ma\u00eetresses, la Pompadour et la du Barry.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sans esprit, sans caract\u00e8re<br>L\u2019\u00e2me vile et mercenaire,<br>Le propos d\u2019une comm\u00e8re<br>Tout est bas chez la Poisson \u2013 son \u2013 son.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1127\" class=\"cit-num\">1127<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Poissonnade brocardant la marquise de Pompadour.<em> Madame de Pompadour et la cour de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1867), \u00c9mile Campardon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le propos est injuste\u00a0: le peuple d\u00e9teste cette fille de financier, n\u00e9e Jeanne Antoinette Poisson, femme d\u2019un fermier g\u00e9n\u00e9ral, bourgeoise dans l\u2019\u00e2me et d\u00e9pensi\u00e8re, habitu\u00e9e des salons litt\u00e9raires \u00e0 la mode, influente en politique, distribuant les faveurs, pla\u00e7ant ses amis, le plus souvent de qualit\u00e9 comme de Bernis, Choiseul \u2013 mais Soubise, mar\u00e9chal de France, se r\u00e9v\u00e9lera peu glorieux.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> lui doit une part de son impopularit\u00e9. Le peuple a lou\u00e9 le roi pour ses premiers exploits extraconjugaux aupr\u00e8s des s\u0153urs Mailly-de-Nesle, il va le ha\u00efr, pour sa longue liaison avec la Pompadour.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les grands seigneurs s\u2019avilissent,<br>Les financiers s\u2019enrichissent,<br>Tous les Poissons s\u2019agrandissent.<br>C\u2019est le r\u00e8gne des vauriens.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1162\" class=\"cit-num\">1162<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Poissonnade, attribu\u00e9e \u00e0 Pont-de-Veyle (1697-1774). <em>Journal historique\u00a0: depuis 1748 jusqu\u2019en 1772 inclusivement<\/em> (1807), Charles Coll\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les \u00ab\u00a0poissonnades\u00a0\u00bb fleurissent, comme jadis les mazarinades. Le peuple supporte mal le luxe qui s\u2019\u00e9tale \u00e0 la cour o\u00f9 r\u00e8gne toujours la Pompadour, et s\u2019affiche dans des milieux prosp\u00e8res et \u00e2pres au gain, du c\u00f4t\u00e9 des aristocrates comme des bourgeois. La favorite fait am\u00e9nager ses nombreuses r\u00e9sidences (h\u00f4tel d\u2019\u00c9vreux, futur \u00c9lys\u00e9e, La Celle, Bellevue, Champs). Elle place son fr\u00e8re Abel Poisson, nomm\u00e9 marquis de Marigny, \u00e0 la direction g\u00e9n\u00e9rale des B\u00e2timents o\u00f9 il se montre d\u2019ailleurs bon administrateur.<\/p>\n<p>Mais le peuple s\u2019en irrite\u00a0: \u00ab\u00a0On \u00e9puise la finance\u00a0\/ En b\u00e2timent, en d\u00e9penses,\u00a0\/ L\u2019\u00c9tat tombe en d\u00e9cadence\u00a0\/ Le roi ne met ordre \u00e0 rien\u00a0\/ Une petite bourgeoise\u00a0\/ \u00c9lev\u00e9e \u00e0 la grivoise\u00a0\/ Mesurant tout \u00e0 la toise\u00a0\/ Fait de l\u2019amour un taudis.\u00a0\u00bb Ce sera pire encore avec la du Barry.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/coq.jpg\" width=\"494\" height=\"644\"><\/p>\n<p>Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> et la comtesse du Barry caricatur\u00e9s en coq et poule. Forum de Marie-Antoinette, Sa vie, son si\u00e8cle.\u00a0 Les rois et reines caricatur\u00e9s, les caricatures \u00e0 l\u2019\u00e9poque de la R\u00e9volution fran\u00e7aise et de la Restauration.<\/p>\n<p>Le couple est repr\u00e9sent\u00e9 comme deux oiseaux perch\u00e9s sur un canap\u00e9 orn\u00e9, dans un appartement de Versailles. Malgr\u00e9 leur forme animale d\u00e9gradante, ils portent des symboles de leur statut, elle des bijoux et lui une \u00e9p\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Eh\u00a0! la France, ton caf\u00e9 fout le camp.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1185\" class=\"cit-num\">1185<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse\u00a0<span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">BARRY<\/span> (1743-1793), s\u2019adressant \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>. <em>Anecdotes sur la comtesse du Barry<\/em> (1775), Pidansat de Mairobert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Nouvelle favorite depuis 1768, elle a trente-trois ans de moins que le roi vieillissant, toujours s\u00e9ducteur et encore s\u00e9duisant, maladivement m\u00e9lancolique (autrement dit neurasth\u00e9nique) aussit\u00f4t charm\u00e9 par sa joie de vivre et ses 25\u00a0ans.<\/p>\n<p>Jeanne B\u00e9cu a beaucoup \u00ab\u00a0v\u00e9cu\u00a0\u00bb avant de se retrouver au centre des intrigues de la cour. Son \u00e9ducation chez les s\u0153urs ne l\u2019a pas d\u00e9barrass\u00e9e d\u2019un parl\u00e9 peu protocolaire et les courtisans collectionnent les perles pour se moquer de cette fausse noble. Ainsi, elle traitait le roi comme un valet de com\u00e9die, l\u2019appelant \u00ab\u00a0la France\u00a0\u00bb et le tutoyant. Occup\u00e9e devant sa psych\u00e9 \u00e0 se poser des \u00ab\u00a0mouches\u00a0\u00bb (indispensables accessoire de beaut\u00e9 en forme de grain) quand l\u2019infusion en bouillant tomba sur le feu, elle aurait cri\u00e9 la phrase, souvent cit\u00e9e.<\/p>\n<p>Assur\u00e9ment dite, elle fut peut-\u00eatre adress\u00e9e \u00e0 un valet de pied au service de la favorite de 1770 \u00e0 1772, et qui s\u2019appelait justement La France.<\/p>\n<p>M\u00e9pris\u00e9e ouvertement du vivant du roi, chass\u00e9e de la cour \u00e0 sa mort, exil\u00e9e dans sa propri\u00e9t\u00e9 de Louveciennes, elle sera rattrap\u00e9e par l\u2019histoire sous la R\u00e9volution, jug\u00e9e comme conspiratrice contre la R\u00e9publique et guillotin\u00e9e pendant la Terreur, avec ce joli mot de la fin qui lui est pr\u00eat\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Encore un moment, monsieur le bourreau\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/barry.jpg\" width=\"353\" height=\"612\"><\/p>\n<p>Jeanne Du Barry, dessin\u00e9e en \u00ab\u00a0comtesse du Tonneau\u00a0\u00bb afin de souligner ses origines roturi\u00e8res. La v\u00e9rit\u00e9 sur la du Barry, <em>Le Point,<\/em> 26 ao\u00fbt 2023<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus sotte et impertinente cr\u00e9ature qui soit imaginable.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"13\" class=\"cit-num\">13<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ANTOINETTE<\/span> (1755-1793). Lettre \u00e0 sa m\u00e8re l\u2019imp\u00e9ratrice Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Autriche<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La jeune dauphine ne supporte pas cette femme plus belle qu\u2019elle trouve compl\u00e8tement ill\u00e9gitime \u00e0 la cour. Elle refuse ostensiblement de lui parler. Ce duel de dames fait beaucoup jaser, l\u2019\u00c9tiquette \u00e0 la cour emp\u00eachant une personne de rang inf\u00e9rieur d\u2019adresser la parole \u00e0 une de rang sup\u00e9rieur. Cette animosit\u00e9 nourrit la rumeur et contrarie le roi, la dauphine disant hautement son opinion et faisant pleurer la comtesse du Barry qui voudrait tant \u00eatre son amie. L\u2019honneur de la \u00ab\u00a0petite rousse\u00a0\u00bb comme elle la surnomme est en jeu, mais aussi l\u2019alliance franco-autrichienne\u00a0: la mauvaise humeur de la future reine de France risque de transformer cette affaire priv\u00e9e en affaire d\u2019\u00c9tat. L\u2019ambassadeur d\u2019Autriche fait discr\u00e8tement pression sur la jeune Autrichienne qui finit par lui adresser neuf mots insignifiants, mais pass\u00e9s \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 et consign\u00e9s dans la biographie de Stefan Zweig consacr\u00e9e \u00e0 <em>Marie-Antoinette<\/em> (1932)\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a bien du monde, aujourd\u2019hui, \u00e0 Versailles.\u00a0\u00bb Le roi est satisfait. Les ambassadeurs envoient leurs rapports \u00e0 leurs souverains respectifs. L\u2019imp\u00e9ratrice Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Autriche est soulag\u00e9e.<\/p>\n<p>Marie-Antoinette, dauphine ador\u00e9e, mais reine bient\u00f4t d\u00e9test\u00e9e, devra faire face \u00e0 un d\u00e9ferlement de caricatures, de propagande et de pamphlets calomnieux. Mme du Barry, tr\u00e8s critiqu\u00e9e par les Versaillais avant m\u00eame sa pr\u00e9sentation officielle \u00e0 la cour, fait \u00e9galement l\u2019objet de fr\u00e9quentes attaques\u00a0: caricatures, chansons populaires \u00e0 la cour, brochures pr\u00e9tendant r\u00e9v\u00e9ler l\u2019histoire secr\u00e8te et sinistre de la nouvelle ma\u00eetresse du roi.<\/p>\n<p>Ouverture du festival de Cannes en 2023\u00a0: Maiwenn r\u00e9alise et joue<em> Jeanne du Barry<\/em>, \u00e9tonnante incarnation face \u00e0 Johnny Depp, inattendu en Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>, tandis qu\u2019une biographie sign\u00e9e Emmanuel de Waresquiel r\u00e9habilite la comtesse en plus de 450 pages.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/coiffure.jpg\" width=\"700\" height=\"933\"><\/p>\n<p><em><span class=\"caps\">L\u2019A<\/span>rt de la co\u00ebffure des dames fran\u00e7oises, avec des estampes, o\u00f9 sont repr\u00e9sent\u00e9es les t\u00eates coeff\u00e9es<\/em> (1768). Sieur <span class=\"caps\">LEGROS<\/span>, 1768, <span class=\"caps\">BNF<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avec des estampes o\u00f9 sont repr\u00e9sent\u00e9es les t\u00eates coeff\u00e9es, grav\u00e9es sur les dessins originaux de mes Accommodages, avec le trait\u00e9 en abr\u00e9g\u00e9 d\u2019entretenir <span class=\"amp\">&amp;<\/span> conserver les cheveux naturels.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"15\" class=\"cit-num\">15<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Par le sieur <span class=\"caps\">LEGROS<\/span> (1710-\u00a01770), co\u00ebffeur des Dames<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ancien cuisinier, il s\u2019installe comme coiffeur \u00e0 la Cour en 1757. Il aura l\u2019insigne privil\u00e8ge d\u2019\u00eatre au service des deux favorites en titre, Mme de Pompadour, puis Mme du Barry.<\/p>\n<p>Les coiffures excentriques \u00e0 la hauteur improbable font fureur \u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle dans l\u2019aristocratie. Cette mode pr\u00eate aujourd\u2019hui \u00e0 sourire, mais elle contribua \u00e0 assurer la reconnaissance sociale au m\u00e9tier de coiffeur. Son successeur, L\u00e9onard, passera \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, distingu\u00e9 d\u2019entre ses pairs par la reine Marie-Antoinette aux coiffures encore plus extravagantes. Mais entre confr\u00e8res, on ne s\u2019appr\u00e9ciait gu\u00e8re\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je me rendis chez ce pr\u00e9tendu coiffeur, que je trouvai bouffi de vanit\u00e9 comme un rat de cave devenu fermier g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">AUTI\u00c9<\/span> (1758-1794), Souvenirs apocryphes, sign\u00e9s de son pseudonyme, <span class=\"caps\">L\u00c9ONARD<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Guillotin\u00e9 sous la Terreur, L\u00e9onard a dress\u00e9 un portrait f\u00e9roce de son pr\u00e9d\u00e9cesseur Legros\u2026 mort accidentellement, \u00e9touff\u00e9 avec les quelque 130 victimes de la panique s\u2019emparant des spectateurs, lors du feu d\u2019artifice donn\u00e9 apr\u00e8s le mariage du Dauphin (futur Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>) et de Marie-Antoinette en 1770.<\/p>\n<p>Quant au vieux Voltaire devenu sage avec l\u2019\u00e2ge, il ironise sur les Parisiens (et les Parisienne) trop visiblement amateurs de luxe\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Parisiens sont aujourd\u2019hui des sybarites, et crient qu\u2019ils sont couch\u00e9s sur des noyaux de p\u00eache, parce que leur lit de roses n\u2019est pas assez bien fait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1183\" class=\"cit-num\">1183<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0de Florian, 1er\u00a0mars 1769, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9picurien libertin qui chantait jadis \u00ab\u00a0le superflu, chose tr\u00e8s n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb juge \u00e0 pr\u00e9sent ses contemporains avec la sagesse d\u2019un vieux philosophe. Le Dauphin (futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>) exprimera bient\u00f4t la m\u00eame id\u00e9e.<\/p>\n<p>Le r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> fut un temps de longue prosp\u00e9rit\u00e9, aux cons\u00e9quences multiples\u00a0: raffinement des m\u0153urs, luxe de la bonne soci\u00e9t\u00e9 gris\u00e9e par sa propre civilisation, \u00e9clat sans pareil du Paris des salons, des caf\u00e9s, des clubs et des spectacles port\u00e9s par la \u00ab\u00a0th\u00e9\u00e2tromanie\u00a0\u00bb ambiante, rayonnement culturel de la France en Europe. Pour la masse des quelque 20\u00a0millions de paysans, cela s\u2019est traduit par un r\u00e9el mieux-\u00eatre\u00a0: malgr\u00e9 les charges fiscales, le seuil de subsistance est d\u00e9pass\u00e9. Il y a encore des disettes, mais le temps des famines est r\u00e9volu.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/pernety.jpg\" width=\"409\" height=\"524\"><\/p>\n<p>Antoine Joseph <span class=\"caps\">PERNETY<\/span> (1716-1796) , \u00ab\u00a0Physionomies\u00a0\u00bb, planche issue de <em>La Connaissance de l\u2019homme moral par celle de l\u2019homme physique<\/em>, Berlin, 1776-1777<em>. Discours sur la physionomie, et les avantages des connaissances physionomiques<\/em>, par Dom Pernety (1769).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le visage est l\u2019image de l\u2019\u00e2me.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"16\" class=\"cit-num\">16<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CIC\u00c9RON<\/span> (106-43 av. J.-C.)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La citation lui est commun\u00e9ment attribu\u00e9e. Plus pr\u00e9cis\u00e9ment encore\u00a0: \u00ab\u00a0Si le visage est le miroir de l\u2019\u00e2me, les yeux en sont les interpr\u00e8tes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour qu\u2019une caricature soit r\u00e9ussie, c\u2019est-\u00e0-dire pour que la ressemblance ne soit pas seulement ext\u00e9rieure, mais qu\u2019elle mette au jour des v\u00e9rit\u00e9s voil\u00e9es, la charge doit aussi \u00eatre une \u00e9tude de caract\u00e8re. La caricature, en d\u2019autres termes, est li\u00e9e \u00e0 la physiognomonie.<\/p>\n<p>Le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res marque le retour en vogue des th\u00e9ories physiognomoniques, augment\u00e9es des consid\u00e9rations d\u2019Albrecht D\u00fcrer, L\u00e9onard de Vinci, Charles Le Brun et autres signatures prestigieuses. Il faut cerner le caract\u00e8re int\u00e9rieur des individus \u00e0 partir de leur apparence physique et de leurs traits ext\u00e9rieurs les plus remarquables. Autrement dit, le visage reste \u00ab\u00a0la m\u00e9taphore de l\u2019\u00e2me\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>On imagine ais\u00e9ment le parti que les caricaturistes peuvent tirer d\u2019une th\u00e9orie soulignant les co\u00efncidences de la laideur physique et de la laideur morale\u00a0: plus l\u2019homme incarne le mal, plus il sera laid\u00a0; plus il incarne le bien, plus il sera beau. Pour illustrer les multiples th\u00e9ories du mod\u00e8le id\u00e9al et de son contre-mod\u00e8le, une panoplie de typologies physiognomoniques se d\u00e9ploie dans des ouvrages qui vont vulgariser les th\u00e9ories de Johann Caspar Lavater (1741-1801), po\u00e8te, penseur et th\u00e9ologien suisse de langue allemande. Les figures incarnant ces typologies s\u2019orientent dans un sens vers l\u2019id\u00e9alisation, dans l\u2019autre vers le caricatural. Dans ce dernier cas, ce sont des faci\u00e8s, des types morphologiques aux traits grossi\u00e8rement accentu\u00e9s et exag\u00e9r\u00e9s qui constituent une source f\u00e9conde pour les caricaturistes.<\/p>\n<p>La physiogonomie est une science \u00e0 suivre avec Cesare Lombroso (1835-1909), juif italien, professeur de m\u00e9decine l\u00e9gale et l\u2019un des fondateurs de l\u2019\u00c9cole italienne de criminologie. Il s\u2019en servira sans l\u2019humour d\u2019un Montesquieu dans les <em>Lettres persanes<\/em> \u2013 avant le tr\u00e8s s\u00e9rieux <em>Esprit des lois.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On ne peut se mettre dans l\u2019esprit que Dieu ait mis une \u00e2me dans un corps tout noir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"17\" class=\"cit-num\">17<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MONTESQUIEU<\/span> (1689-1755), <em>De l\u2019esclavage des n\u00e8gres<\/em> (1748)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Ceux dont il s\u2019agit sont noirs depuis les pieds jusqu\u2019\u00e0 la t\u00eate\u00a0; et ils ont le nez si \u00e9cras\u00e9 qu\u2019il est presque impossible de les plaindre. On ne peut se mettre dans l\u2019esprit que Dieu, qui est un \u00eatre tr\u00e8s sage, ait mis une \u00e2me, surtout bonne, dans un corps tout noir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Comme Voltaire, notre premier philosophe en date usa de l\u2019ironie pour d\u00e9noncer les esclavagistes. C\u2019est un anti-esclavagiste militant, contrairement \u00e0 ce que pourrait laisser supposer certaines phrases sorties de leur contexte\u00a0! En ridiculisant les arguments en faveur de l\u2019esclavagisme, Montesquieu montre la brutalit\u00e9 des Europ\u00e9ens avec les Indiens, le racisme qui justifie la traite des Noirs et l\u2019impi\u00e9t\u00e9 de ceux qui se disent chr\u00e9tiens.<\/p>\n<p>Il \u00e9crit \u00e0 l\u2019adresse d\u2019un public lettr\u00e9, pr\u00e9sum\u00e9 assez intelligent\u00a0pour d\u00e9coder le raisonnement\u00a0: \u00ab\u00a0Il est impossible que nous supposions que ces gens-l\u00e0 soient des hommes\u00a0; parce que, si nous les supposions des hommes, on commencerait \u00e0 croire que nous ne sommes pas nous-m\u00eames chr\u00e9tiens. Si j\u2019avais \u00e0 soutenir le droit que nous avons eu de rendre les n\u00e8gres esclaves, voici ce que je dirais\u00a0: Les peuples d\u2019Europe ayant extermin\u00e9 ceux de l\u2019Am\u00e9rique, ils ont d\u00fb mettre en esclavage ceux de l\u2019Afrique, pour s\u2019en servir \u00e0 d\u00e9fricher tant de terres. Le sucre serait trop cher, si l\u2019on ne faisait travailler la plante qui le produit par des esclaves\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/voltaire_6.jpg\" width=\"545\" height=\"600\"><\/p>\n<p>1780. Voltaire Patriarche de Ferney par Jean <span class=\"caps\">HUBER<\/span> (1721-1786), graveur. Dessin. BnF, d\u00e9partement des Estampes et de la Photographie, <span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La nuit s\u2019avance avec vitesse\u00a0;<br>Profite de l\u2019\u00e9clat du jour\u00a0:<br>Les plaisirs ont leur temps, la sagesse a son tour.<br>Dans ta jeunesse fais l\u2019amour,<br>Et ton salut dans ta vieillesse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"18\" class=\"cit-num\">18<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), \u00c9p\u00eetre <span class=\"caps\">VI<\/span>, \u00e0 une dame un peu mondaine et trop d\u00e9vote. <em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, tome 10 (1877)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le philosophe qui incarne le mieux notre si\u00e8cle des Lumi\u00e8res fut heureux en tout \u2013 y compris en amours plus ou moins c\u00e9l\u00e8bres. \u00c0 40 ans, il vit une passion avec \u00c9milie du Ch\u00e2telet \u00ab\u00a0la Divine \u00c9milie\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0Madame Pompon-Newton\u00a0\u00bb en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 sa coquetterie et ses travaux sur le math\u00e9maticien.<\/p>\n<p>\u00c0 la sublime \u00c9milie succ\u00e8de la maternelle Mme Denis, sa ni\u00e8ce. Mais bien d\u2019autres femmes ont influenc\u00e9 Voltaire. Le philosophe compte des amies fid\u00e8les telles Mme d\u2019Argental, il admire des actrices de talent comme Mlle Clairon et honore personnellement la cour de brillantes princesses, telle Catherine <span class=\"caps\">II<\/span> de Russie.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Huber, ce Suisse autodidacte se fait conna\u00eetre comme caricaturiste et \u00ab\u00a0d\u00e9coupeur de silhouettes\u00a0\u00bb. Son talent lui permet de cr\u00e9er les sc\u00e8nes les plus complexes\u00a0: il pouvait reproduire d\u2019\u00e9paisses for\u00eats laissant deviner des lointains, des montagnes\u00a0; ses figures montraient des raccourcis inimitables. On appr\u00e9cie ses nombreuses d\u00e9coupures de Voltaire qu\u2019il fr\u00e9quente r\u00e9guli\u00e8rement depuis l\u2019installation du philosophe \u00e0 Gen\u00e8ve, aux D\u00e9lices en 1756, puis \u00e0 Ferney. Sa production artistique est si importante qu\u2019il est parfois surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Huber-Voltaire\u00a0\u00bb. Le critique Melchior Grimm qui appr\u00e9cie son talent le fera conna\u00eetre aupr\u00e8s des Parisiens.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La reproduction des traits de Voltaire \u00e9tait si famili\u00e8re \u00e0 Huber qu\u2019il d\u00e9coupait son profil sans avoir les yeux fix\u00e9s sur le papier, ou ayant les mains derri\u00e8re le dos, et m\u00eame sans ciseaux, en d\u00e9chirant une carte. La plaisanterie de faire faire \u00e0 son chien le profil de Voltaire, en lui pr\u00e9sentant \u00e0 mordre une cro\u00fbte de pain, a valu \u00e0 Huber presque autant de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 que ses productions s\u00e9rieuses\u00a0\u00bb. <span class=\"caps\">J.J.<\/span> Rigaud\u00a0: <em>M\u00e9moires et documents<\/em>, Volume 5, Soci\u00e9t\u00e9 d\u2019histoire et d\u2019arch\u00e9ologie de Gen\u00e8ve.<\/p>\n<p>D\u00e8s 1769, il peint nombre de tableaux repr\u00e9sentant l\u2019homme dans son environnement quotidien et adresse \u00e0 Catherine <span class=\"caps\">II<\/span> de Russie une collection de ces sc\u00e8nes peintes (la \u00ab\u00a0Voltairiade\u00a0\u00bb), parmi lesquelles Voltaire jouant aux \u00e9checs avec le p\u00e8re Adam\u00a0! Il restera vingt ans aupr\u00e8s de l\u2019illustre philosophe et sera surnomm\u00e9 Huber-Voltaire.<\/p>\n<p>Voltaire \u00e9crit plaisamment \u00e0 son amie Mme du Deffand en 1772\u00a0: \u00ab\u00a0Puisque vous avez vu Monsieur Huber, il fera votre portrait, il vous peindra en pastel, \u00e0 l\u2019huile, en mezzotinto. Il vous dessinera sur une carte avec des ciseaux, le tout en caricature. C\u2019est ainsi qu\u2019il m\u2019a rendu ridicule d\u2019un bout de l\u2019Europe \u00e0 l\u2019autre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/assemblee_nationale.jpg\" width=\"1024\" height=\"799\"><\/p>\n<p><span class=\"caps\">ASSEMBL\u00c9E<\/span> <span class=\"caps\">NATIONALE<\/span>. \u00c9cueil des aristocrates. Le G\u00e9nie de Rousseau en \u00e9claire l\u2019Entr\u00e9e. Estampe de Jean-Baptiste Chapuy (vers 1789). <span class=\"caps\">BNF<\/span> et Mus\u00e9e Carnavalet. Histoire de Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Depuis l\u2019\u00c9vangile jusqu\u2019au Contrat social, ce sont les livres qui ont fait les r\u00e9volutions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1000\" class=\"cit-num\">1000<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Vicomte Louis de <span class=\"caps\">BONALD<\/span> (1754-1840), <em>M\u00e9langes litt\u00e9raires, politiques et philosophiques<\/em>, \u00ab\u00a0Sur les \u00e9loges historiques de <span class=\"caps\">MM<\/span>.\u00a0S\u00e9guier et de Malesherbes\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sur la gravure en forme d\u2019all\u00e9gorie, l\u2019ange ail\u00e9 figurant le G\u00e9nie de Rousseau tient serr\u00e9 sous son bras le <em>Contrat social<\/em>, cependant que les privil\u00e9gi\u00e9s se retrouvent naufrag\u00e9s en perdition, au pied du temple figurant l\u2019Assembl\u00e9e nationale, \u00e9clair\u00e9e par la flamme du G\u00e9nie. Cette caricature impressionnante est dans l\u2019air du temps pr\u00e9r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Notons que les philosophes des Lumi\u00e8res n\u2019\u00e9taient pas r\u00e9volutionnaires, mais leur pens\u00e9e le devint, diffus\u00e9e par leurs \u0153uvres. En sch\u00e9matisant\u00a0: \u00e0 Voltaire le temps de la pr\u00e9-R\u00e9volution\u00a0; Montesquieu triomphe sous la Constituante o\u00f9 Diderot lui aussi a son heure\u00a0; L\u00e9gislative et Convention s\u2019inscrivent enfin sous le signe de Rousseau qui inspire jusqu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9lan des discours jacobins. C\u2019est le philosophe de chevet\u00a0de Robespierre qui emprunte au <em>Contrat social<\/em> ce qui sera, selon Jaur\u00e8s, sa seule id\u00e9e, celle de la nation souveraine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019homme est n\u00e9 libre et partout il est dans les fers.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1039\" class=\"cit-num\">1039<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778),<em> Du contrat social<\/em>, Pr\u00e9ambule (1762)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Constat r\u00e9it\u00e9r\u00e9 de l\u2019\u00e9chec des soci\u00e9t\u00e9s modernes. Et d\u2019ajouter aussit\u00f4t\u00a0: \u00ab\u00a0Comment ce changement s\u2019est-il fait\u00a0? Je l\u2019ignore. Qu\u2019est-ce qui peut le rendre l\u00e9gitime\u00a0? Je crois pouvoir r\u00e9soudre cette question.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il m\u00e9ditait depuis longtemps de livrer le message de son id\u00e9al politique\u00a0: selon Edgar Quinet, le<em> Contrat social<\/em> est le \u00ab\u00a0livre de la loi\u00a0\u00bb de la R\u00e9volution et Rousseau \u00ab\u00a0est lui-m\u00eame \u00e0 cette R\u00e9volution ce que le germe est \u00e0 l\u2019arbre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Trouver une forme d\u2019association qui d\u00e9fende et prot\u00e8ge de toute la force commune la personne et les biens de chaque associ\u00e9, et par laquelle chacun, s\u2019unissant \u00e0 tous, n\u2019ob\u00e9isse pourtant qu\u2019\u00e0 lui-m\u00eame, et reste aussi libre qu\u2019auparavant. Tel est le probl\u00e8me fondamental dont le Contrat social donne la solution.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1040\" class=\"cit-num\">1040<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778),<em> Du contrat social<\/em> (1762)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il est impossible, car irr\u00e9aliste et dangereux, de revenir \u00e0 l\u2019\u00e9tat de nature\u00a0: on ne remonte pas le temps, contrairement \u00e0 ce qu\u2019ont voulu lui faire dire ses ennemis, caricaturant sa pens\u00e9e pour mieux la condamner. Il faut donc \u00e9laborer un compromis d\u00e9licat pour concilier les lois de la nature et les lois sociales, et garantir \u00e9galit\u00e9 et libert\u00e9 aux hommes. C\u2019est substituer un nouveau contrat social au premier si injuste.<\/p>\n<p>Saluons au passage l\u2019esprit th\u00e9orique de Rousseau qui l\u2019emporte en cela sur Voltaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce que l\u2019homme perd par le contrat social, c\u2019est sa libert\u00e9 naturelle et un droit illimit\u00e9 \u00e0 tout ce qui le tente et qu\u2019il peut atteindre\u00a0; ce qu\u2019il gagne, c\u2019est la libert\u00e9 civile et la propri\u00e9t\u00e9 de tout ce qu\u2019il poss\u00e8de.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1041\" class=\"cit-num\">1041<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778), <em>Du contrat social<\/em> (1762)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La libert\u00e9 naturelle n\u2019a pour bornes que les forces de l\u2019individu, alors que la libert\u00e9 civile est limit\u00e9e par la volont\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale\u00a0; la possession n\u2019est que l\u2019effet de la force ou du droit du premier occupant, alors que la propri\u00e9t\u00e9 ne peut \u00eatre fond\u00e9e que sur un titre positif. Dans la mesure o\u00f9 les citoyens adh\u00e8rent librement au pacte social, la libert\u00e9 est respect\u00e9e, car \u00ab\u00a0l\u2019ob\u00e9issance \u00e0 la loi qu\u2019on s\u2019est prescrite est libert\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La volont\u00e9 est g\u00e9n\u00e9rale, ou elle ne l\u2019est pas\u00a0: elle est celle du corps du peuple, ou seulement d\u2019une partie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1042\" class=\"cit-num\">1042<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778), <em>Du contrat social<\/em> (1762)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Id\u00e9e neuve\u00a0: le peuple est un, dou\u00e9 d\u2019une volont\u00e9 comme un individu, et non pas une multitude d\u00e9sordonn\u00e9e d\u2019individus et de pens\u00e9es en conflit \u2013 Voltaire parle de \u00ab\u00a0populace\u00a0\u00bb. Rousseau rendit possible et acceptable l\u2019op\u00e9ration litt\u00e9ralement r\u00e9volutionnaire\u00a0: remplacer le roi et sa volont\u00e9 par ceux qui expriment la volont\u00e9 du peuple. Cette volont\u00e9 une, donc indivisible, fondera aussi chez les r\u00e9volutionnaires le refus d\u2019un partage et d\u2019un \u00e9quilibre des pouvoirs (si chers \u00e0 Montesquieu).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si l\u2019on recherche en quoi consiste pr\u00e9cis\u00e9ment le plus grand bien de tous, qui doit \u00eatre la fin de tout syst\u00e8me de l\u00e9gislation, on trouvera qu\u2019il se r\u00e9duit \u00e0 deux objets principaux, la libert\u00e9 et l\u2019\u00e9galit\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1046\" class=\"cit-num\">1046<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778), <em>Du contrat social<\/em> (1762)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse de Montesquieu et Voltaire, Rousseau subordonne la libert\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 politique, voire \u00e9conomique, et \u00e0 la souverainet\u00e9 de la nation.<\/p>\n<p>Les r\u00e9volutionnaires le porteront au Panth\u00e9on (1794) apr\u00e8s une p\u00e9tition faisant de lui le \u00ab\u00a0premier fondateur de la Constitution fran\u00e7aise\u00a0\u00bb parce qu\u2019il a \u00ab\u00a0\u00e9tabli en syst\u00e8me l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits entre les hommes et la souverainet\u00e9 du peuple\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/voltaire_rousseau.jpe\" width=\"700\" height=\"542\"><\/p>\n<p>Voltaire et Rousseau sous la protection de Minerve contre le Fanatisme. Caricature. <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle. <span class=\"caps\">BNF<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Plus bel esprit que grand g\u00e9nie,<br>Sans loi, sans m\u0153urs et sans vertu,<br>Il est mort comme il a v\u00e9cu,<br>Couvert de gloire et d\u2019infamie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1230\" class=\"cit-num\">1230<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9pigramme, juin\u00a01778, attribu\u00e9e \u00e0 Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778) \u00e0 la mort de Voltaire (1694-1778) <em>M\u00e9moires sur Voltaire et sur ses ouvrages<\/em> (1826), S\u00e9bastien Longchamp.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Deux mois apr\u00e8s Voltaire, Rousseau meurt \u00e0 Ermenonville.<\/p>\n<p>Sur cette caricature \u00e9difiante et bien-pensante, les fr\u00e8res ennemis se retrouvent \u2013 successivement panth\u00e9onis\u00e9s en 1791 et 1794. Unis pour la post\u00e9rit\u00e9, assis bien en vue sur la sc\u00e8ne, brandissant texte et chandelier, salu\u00e9s au centre et en second plan par les r\u00e9volutionnaires brandissant de leur c\u00f4t\u00e9 lauriers et chapeau, Voltaire et Rousseau sont prot\u00e9g\u00e9s par une Minerve casqu\u00e9e, d\u00e9esse de la guerre portant la lance et le bouclier, barrant la route au Fanatisme toujours mena\u00e7ant. Signalons que Minerve est aussi d\u00e9esse de la pens\u00e9e \u00e9lev\u00e9e, de la sagesse et de l\u2019intelligence, parfaite incarnation des Lumi\u00e8res.<\/p>\n<p>Fin d\u2019une longue gu\u00e9rilla philosophico-pol\u00e9mique qui ne fit honneur \u00e0 aucun des deux personnages, si talentueux (ou g\u00e9niaux) fussent-ils. La post\u00e9rit\u00e9 leur rendra hommage, chacun ayant son philosophe pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 ou maudit.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voltaire alors r\u00e9gnait, ce singe de g\u00e9nie<br>Chez l\u2019homme en mission par le diable envoy\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1017\" class=\"cit-num\">1017<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Rayons et les ombres<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019hommage nuanc\u00e9 s\u2019explique\u00a0: si diff\u00e9rents que soient les deux personnages, si oppos\u00e9e m\u00eame leur nature, ils furent l\u2019un et l\u2019autre \u00e0 l\u2019image de leur\u00a0temps, entrant vivants dans la l\u00e9gende apr\u00e8s s\u2019\u00eatre jet\u00e9s dans toutes les luttes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0D\u2019autres cyniques \u00e9tonn\u00e8rent la vertu, Voltaire \u00e9tonne le vice\u2026 Paris le couronna, Sodome l\u2019e\u00fbt banni.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1018\" class=\"cit-num\">1018<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joseph de <span class=\"caps\">MAISTRE<\/span> (1753-1821), <em>Les Soir\u00e9es de Saint-P\u00e9tersbourg<\/em> (1821)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Philosophe, \u00e9l\u00e8ve des j\u00e9suites, adversaire r\u00e9solu de la R\u00e9volution, aussi fervent monarchiste que catholique, il s\u2019oppose aux \u00ab\u00a0id\u00e9ologues\u00a0\u00bb et au premier d\u2019entre eux, Voltaire\u00a0: \u00ab\u00a0Il se plonge dans la fange, il s\u2019y roule, il s\u2019en abreuve\u00a0; il livre son imagination \u00e0 l\u2019enthousiasme de l\u2019enfer qui lui pr\u00eate toutes ses forces pour le tra\u00eener jusqu\u2019aux limites du mal. Il invente des prodiges, des monstres qui font p\u00e2lir.\u00a0\u00bb C\u2019est peut-\u00eatre un peu excessif, mais\u2026 Voltaire en aurait souri.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avec Voltaire, c\u2019est un monde qui finit. Avec Rousseau, c\u2019est un monde qui commence.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1032\" class=\"cit-num\">1032<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GOETHE<\/span> (1749-1832). <em>Encyclop\u00e6dia Universalis<\/em>, article \u00ab\u00a0Voltaire\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le si\u00e8cle de raison va c\u00e9der le pas au si\u00e8cle des passions. Voltaire exprime et r\u00e9sume le <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle avec son ardente humanit\u00e9, sa vocation \u00e0 l\u2019universel, sa sagesse, sa d\u00e9fense des libert\u00e9s, des droits formels. Rousseau annonce le <span class=\"caps\">XIX<\/span>e avec l\u2019\u00e9galit\u00e9, la fraternit\u00e9, la fibre civique, les droits r\u00e9els.<br>Brouill\u00e9s \u00ab\u00a0\u00e0 mort\u00a0\u00bb dans la vie, Voltaire et Rousseau seront r\u00e9concili\u00e9s devant l\u2019\u00e9ternit\u00e9 par la m\u00eame \u00ab\u00a0panth\u00e9onisation\u00a0\u00bb d\u2019une R\u00e9volution qui rend ainsi hommage \u00e0 tout le si\u00e8cle philosophique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Personne ne nous a donn\u00e9 une plus juste id\u00e9e du peuple que Rousseau, parce que personne ne l\u2019a plus aim\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1033\" class=\"cit-num\">1033<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), Discours aux Jacobins (1792). <em>Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise ou Journal des Assembl\u00e9es nationales<\/em> (1834-1838), <span class=\"caps\">P.J.B.<\/span> Buchez, <span class=\"caps\">P.C.<\/span> Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le personnage se situe aux antipodes du courtisan Voltaire ou de Montesquieu le seigneur. Si La Bruy\u00e8re a dit \u00ab\u00a0je veux \u00eatre peuple\u00a0\u00bb, Rousseau l\u2019a prouv\u00e9. Sa vie sociale, en accord avec sa philosophie, est sa d\u00e9fense contre qui l\u2019attaque.<\/p>\n<p>Laquais, vagabond, aventurier, pr\u00e9cepteur, secr\u00e9taire, se d\u00e9consid\u00e9rant par une liaison avec la servante d\u2019auberge Th\u00e9r\u00e8se Levasseur, il refuse pensions et sin\u00e9cures, se fait copiste de musique pour vivre et seul de tous les \u00e9crivains militants de son\u00a0si\u00e8cle signe tous ses \u00e9crits, ce qui lui vaudra encore plus d\u2019ennuis qu\u2019aux autres. Luttant souvent contre la mis\u00e8re plus que pour la gloire, Rousseau \u00e9prouvera toujours une ranc\u0153ur de roturier contre l\u2019in\u00e9galit\u00e9 sociale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un fou, votre Rousseau\u00a0; c\u2019est lui qui nous a men\u00e9s o\u00f9 nous sommes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1712\" class=\"cit-num\">1712<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), \u00e0 Stanislas Girardin, lors d\u2019une visite \u00e0 Ermenonville, dans la chambre o\u00f9 mourut le philosophe, 28\u00a0ao\u00fbt\u00a01800. <em>\u0152uvres du comte <span class=\"caps\">P. L.<\/span> Roederer<\/em> (1854)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il n\u2019y a sans doute pas une phrase du <em>Contrat social<\/em> \u00ab\u00a0tol\u00e9rable\u00a0\u00bb pour Bonaparte Premier Consul, et moins encore Napol\u00e9on Empereur. Mais aucun philosophe des Lumi\u00e8res ne peut \u00eatre pris pour ma\u00eetre \u00e0 penser ou \u00e0 gouverner d\u2019un homme aussi autoritaire. Il l\u2019a d\u2019ailleurs \u00e9crit dans ses <em>Maximes et pens\u00e9es\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0On ne fait rien d\u2019un philosophe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les deux grands \u00ab\u00a0despotes \u00e9clair\u00e9s\u00a0\u00bb du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, Fr\u00e9d\u00e9ric <span class=\"caps\">II<\/span> le roi de Prusse et Catherine <span class=\"caps\">II<\/span> de Russie, ont eu des relations suivies avec Voltaire et Diderot, mais ils \u00e9taient moins \u00ab\u00a0fous\u00a0\u00bb que Rousseau, dans leur id\u00e9alisme libertaire et leur th\u00e9orie sociale \u2013\u00a0et rappelons que dans le premier cas, les deux hommes se sont brouill\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Repr\u00e9sentation d\u00e9formante de la r\u00e9alit\u00e9, la caricature (de l&#8217;italien caricare, charger) est aussi d\u00e9finie comme \u00ab\u00a0charge, imitation, parodie, pastiche, simulacre\u00a0\u00bb. Art engag\u00e9 d\u00e8s l\u2019origine (Moyen \u00c2ge), sign\u00e9e ou anonyme, sans tabou et destin\u00e9e \u00e0 tous les publics, elle joue un r\u00f4le historique comparable \u00e0 la chanson. Mani\u00e8re originale de revoir l\u2019Histoire en citations, on [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":176,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-10156","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10156","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10156"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10156\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16244,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10156\/revisions\/16244"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10156"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10156"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10156"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}