{"id":10277,"date":"2025-02-24T00:00:00","date_gmt":"2025-02-23T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/40-petites-et-grandes-erreurs-historiques-en-citations\/"},"modified":"2025-08-12T08:42:56","modified_gmt":"2025-08-12T06:42:56","slug":"40-petites-et-grandes-erreurs-historiques-en-citations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/40-petites-et-grandes-erreurs-historiques-en-citations\/","title":{"rendered":"40 petites et grandes erreurs historiques en citations"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a014, rien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les auteurs de ces erreurs historiques sont plus ou moins connus et parfois c\u00e9l\u00e8bres \u2013 Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, Napol\u00e9on, de Gaulle\u2026<\/p>\n<p>Les erreurs, \u00e9crites ou parl\u00e9es,\u00a0 portent sur un fait minime ou capital \u2013 14 juillet 1789, d\u00e9claration de guerre de 1870, Affaire Dreyfus\u2026<\/p>\n<p>Elles peuvent \u00eatre intentionnelles, pour manipuler l\u2019opinion ou l\u2019adversaire, relever d\u2019une gaffe, une maladresse, une erreur de calcul ou de jugement, une aberration mentale\u2026 ou plus g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019un fait de soci\u00e9t\u00e9 \u2013 sexisme s\u00e9culaire, peur du progr\u00e8s technique. <br>Certains cas sont dignes d\u2019un b\u00eatisier national dont il vaut mieux sourire que s\u2019indigner, quoique les deux soient possibles\u00a0!<\/p>\n<p>Mais tous les exemples \u00ab\u00a0font sens\u00a0\u00bb \u2013 erreur lexicale d\u2019apr\u00e8s l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, anglicisme pourtant courant et commode. Chaque citation, avec son commentaire, renvoie \u00e0 un personnage, un fait, une \u00e9poque, et l\u2019\u00e9claire d\u2019un jour nouveau ou du moins original.<br>D\u2019o\u00f9 la raison d\u2019\u00eatre de cet \u00e9dito en deux semaines et deux fois 20 citations, int\u00e9gralement tir\u00e9es de notre <em>Histoire en citations<\/em> \u2013 hormis le mot de la fin \u00e0 ranger avec les \u00ab\u00a0macronades\u00a0\u00bb, n\u00e9ologisme d\u2019actualit\u00e9.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h3><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-83.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin: 10px 15px;float: left\"><\/a>1. Des origines au Second Empire.<\/h3>\n<h3><span class=\"caps\">RENAISSANCE<\/span><\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce gros gar\u00e7on g\u00e2tera tout.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"435\" class=\"cit-num\">435<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XII<\/span> (1462-1515). <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> et Fran\u00e7ois\u00a0Ier ou M\u00e9moires pour servir \u00e0 une nouvelle histoire de leur r\u00e8gne<\/em> (1825), Pierre Louis R\u0153derer<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il parle de son cousin et successeur, le futur Fran\u00e7ois\u00a0Ier \u00e0 qui il a fianc\u00e9 sa fille Claude. Son exub\u00e9rante et folle jeunesse doit effrayer Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> dit le \u00ab\u00a0P\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb. La mort de son \u00e9pouse la reine Anne (9\u00a0janvier 1514) permet la c\u00e9l\u00e9bration de ce mariage qui la contrariait. \u00c0 peine veuf, il \u00e9pouse lui-m\u00eame la tr\u00e8s jeune Marie d\u2019Angleterre (s\u0153ur du roi Henri\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>), mais ne profitera pas longtemps de ses charmes. Il meurt le 1er\u00a0janvier 1515.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0gros gar\u00e7on\u00a0\u00bb commence son r\u00e8gne par une victoire qui fait date dans l\u2019Histoire\u00a0: 1515, Marignan, presque aussi connue que 1789 et la prise de la Bastille. Avec la fougue de ses 21\u00a0ans, le nouveau roi se lance dans la cinqui\u00e8me guerre d\u2019Italie, alli\u00e9 \u00e0 Venise pour la reconqu\u00eate du Milanais (pris, puis perdu par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>). Son arm\u00e9e passe les Alpes, forte des meilleurs capitaines, avec 300 canons et 30\u00a0000 hommes\u00a0: chiffres consid\u00e9rables \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb conte aussit\u00f4t par le menu \u00e0 sa m\u00e8re Louise de Savoie la premi\u00e8re partie de la bataille\u00a0: \u00ab\u00a0Et vous promets, Madame, que si bien accompagn\u00e9s et si galants qu\u2019ils soient, deux cents hommes d\u2019armes que nous \u00e9tions en d\u00e9f\u00eemes bien quatre mille Suisses et les repouss\u00e2mes rudement, si gentils galants qu\u2019ils soient, leur faisant jeter leurs piques et crier France.\u00a0\u00bb Lettre \u00e0 sa m\u00e8re Louise de Savoie, au soir du 13\u00a0septembre 1515.<\/p>\n<p>Les Suisses sont les alli\u00e9s du duc de Milan\u00a0: redoutables combattants, ils barraient l\u2019acc\u00e8s de l\u2019Italie en tenant les divers cols, milices paysannes redout\u00e9es pour leurs charges en masses compactes, au son lugubre des trompes de berger. \u00c0 Marignan, ils ont dispers\u00e9 dans l\u2019apr\u00e8s-midi la cavalerie fran\u00e7aise et vont s\u2019emparer de l\u2019artillerie quand Fran\u00e7ois\u00a0Ier, courageux et bien conseill\u00e9, prend le risque de charger. Le combat dure jusqu\u2019au soir, l\u2019\u00e9puisement est tel que les combattants qui ne sont pas morts tombent de sommeil sur place. Le lendemain, appel\u00e9s en urgence, nos alli\u00e9s v\u00e9nitiens prennent les Suisses \u00e0 revers, les obligeant \u00e0 fuir pour se r\u00e9fugier \u00e0 Milan.<\/p>\n<p>Victoire totale, mais la plus meurtri\u00e8re depuis l\u2019Antiquit\u00e9. \u00ab\u00a0Bataille de g\u00e9ants\u00a0\u00bb, selon t\u00e9moins et chroniqueurs, c\u2019est \u00e9galement un carnage (toujours selon les crit\u00e8res de l\u2019\u00e9poque)\u00a0: 14\u00a0000 Suisses tu\u00e9s, 2\u00a0500 Fran\u00e7ais et V\u00e9nitiens.<\/p>\n<p>Au soir du 14 septembre, acte symbolique, le roi demande \u00e0 Bayard, \u00ab\u00a0le chevalier sans peur et sans reproche\u00a0\u00bb pass\u00e9 dans la l\u00e9gende, de le faire chevalier sur le champ de bataille. Et Fran\u00e7ois Ier restera dans l\u2019Histoire comme le \u00ab\u00a0Roi chevalier\u00a0\u00bb de la Renaissance fran\u00e7aise, fascin\u00e9 par l\u2019art italien qu\u2019il a d\u00e9couvert en conqu\u00e9rant et m\u00e9c\u00e8ne de tous les po\u00e8tes et artistes du \u00ab\u00a0beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle\u00a0\u00bb \u2013 aux antipodes du \u00ab\u00a0gros gar\u00e7on\u00a0\u00bb qui g\u00e2tera tout\u00a0!<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">SI\u00c8CLE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu se sert de tous les moyens.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"899\" class=\"cit-num\">899<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme\u00a0de <span class=\"caps\">MAINTENON<\/span> (1635-1719).<em> Histoire de Madame de Maintenon et des principaux \u00e9v\u00e9nements du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1849), duc Paul de Noailles<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au nom de la foi, la tr\u00e8s catholique \u00e9pouse (morganatique) de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> se r\u00e9signe \u00e0 la brutalit\u00e9 des dragonnades contre les protestants, avec les enfants syst\u00e9matiquement enlev\u00e9s \u00e0 leurs parents. Ironie de l\u2019histoire, Mme de Maintenon \u2013\u00a0n\u00e9e Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9\u00a0\u2013 est la petite-fille du tr\u00e8s protestant Agrippa d\u2019Aubign\u00e9\u00a0: il s\u2019est battu toute sa vie pour sa religion, d\u00e9plorant que l\u2019\u00e9dit de Nantes, sign\u00e9 par son ami Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, ne f\u00eet pas la part assez belle aux r\u00e9form\u00e9s\u00a0!<\/p>\n<p>Au si\u00e8cle suivant, Voltaire, le grand avocat de la tol\u00e9rance religieuse, mais aussi l\u2019historien du <em>Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em>, porte ce jugement d\u00e9finitif\u00a0: \u00ab\u00a0La plaie de la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes saigne encore en France.\u00a0\u00bb (Lettre au comte de Schouvalof, 30\u00a0septembre 1767).<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9dit de Fontainebleau du 18\u00a0octobre 1685 (enregistr\u00e9 le 22) r\u00e9voque l\u2019\u00e9dit de Nantes (pris par Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> en 1598)\u00a0: pasteurs bannis, \u00e9coles protestantes ferm\u00e9es, temples d\u00e9truits, enfants des \u00ab\u00a0nouveaux convertis\u00a0\u00bb baptis\u00e9s. Et interdiction de quitter la France sous peine de gal\u00e8res. La France ne s\u2019en remettra pas de sit\u00f4t<\/p>\n<h3><span class=\"caps\">SI\u00c8CLE<\/span> <span class=\"caps\">DES<\/span> <span class=\"caps\">LUMI\u00c8RES<\/span><\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ose presque assurer que l\u2019\u00e9tat de r\u00e9flexion est un \u00e9tat contre nature et que l\u2019homme qui m\u00e9dite est un animal d\u00e9prav\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1036\" class=\"cit-num\">1036<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778),<em> Discours sur l\u2019origine et les fondements de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 parmi les hommes<\/em> (1755)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est une provocation lanc\u00e9e \u00e0 ce si\u00e8cle \u00e9pris de raison et \u00e0 tous ses confr\u00e8res qui font m\u00e9tier de penser\u00a0! Les r\u00e9actions vont renforcer Rousseau dans son d\u00e9lire de la pers\u00e9cution\u2026 et son repli dans une solitude parfois qualifi\u00e9e de pr\u00e9romantique.<\/p>\n<p>Cette petite phrase va surtout faire r\u00e9agir Voltaire, avec l\u2019ironie qui lui va si bien\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai re\u00e7u, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain [\u2026] On n\u2019a jamais employ\u00e9 tant d\u2019esprit \u00e0 vouloir nous rendre b\u00eates. Il prend envie de marcher \u00e0 quatre pattes, quand on lit votre ouvrage.\u00a0\u00bb Lettre \u00e0 Jean-Jacques Rousseau, 30\u00a0ao\u00fbt 1755.<\/p>\n<p>Cet \u00e9change de \u00ab\u00a0mots\u00a0\u00bb dit clairement l\u2019incompatibilit\u00e9 d\u2019esprit entre les deux grands philosophes du si\u00e8cle. Cinq ans plus tard, Rousseau \u00e9crit \u00e0 son ami M.\u00a0Moulton\u00a0: \u00ab\u00a0Je le ha\u00efrais davantage, si je le m\u00e9prisais moins.\u00a0\u00bb Les deux hommes s\u2019opposent en tout. Rappelons le mot de Goethe\u00a0: \u00ab\u00a0Avec Voltaire, c\u2019est un monde qui finit. Avec Rousseau, c\u2019est un monde qui commence.\u00a0\u00bb La R\u00e9volution va les r\u00e9unir au Panth\u00e9on des grands hommes \u2013 et ce n\u2019est que justice\u00a0pour l\u2019un comme pour l\u2019autre\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est d\u00e9testable\u00a0! Cela ne sera jamais jou\u00e9\u00a0! [\u2026] Il faudrait d\u00e9truire la Bastille pour que la repr\u00e9sentation de la pi\u00e8ce ne f\u00fbt pas une incons\u00e9quence dangereuse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1234\" class=\"cit-num\">1234<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), qui vient de lire <em>Le Mariage de Figaro<\/em> avant sa cr\u00e9ation sur sc\u00e8ne. <em>Encyclop\u00e6dia Universalis<\/em>, article \u00ab\u00a0Le Mariage de Figaro\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Depuis quatre ans, Paris parle de cette pi\u00e8ce dont l\u2019auteur, Beaumarchais, est d\u00e9j\u00e0 bien connu pour des raisons pas seulement litt\u00e9raires \u2013 proc\u00e8s gagn\u00e9s \u00e0 divers titres, trafic d\u2019armes et aide aux \u00ab\u00a0Insurgents\u00a0\u00bb d\u2019Am\u00e9rique contre l\u2019Angleterre, premi\u00e8re puissance coloniale de l\u2019\u00e9poque. <br>Soumise \u00e0 six censeurs, interdite de repr\u00e9sentation \u00e0 Versailles au dernier moment en 1783, puis jou\u00e9e en th\u00e9\u00e2tre priv\u00e9 chez M. de Vaudreuil, le 23\u00a0septembre. Paris se presse pour la premi\u00e8re publique \u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, le 27\u00a0avril 1784.<\/p>\n<p>Figaro l\u2019insolent met tout son esprit dans une tirade devenue c\u00e9l\u00e8bre\u00a0: \u00ab\u00a0Pourvu que je ne parle en mes \u00e9crits ni de l\u2019autorit\u00e9, ni du culte, ni de la politique, ni de la morale, ni des gens en place, ni des corps en cr\u00e9dit, ni de l\u2019op\u00e9ra, ni des autres spectacles, ni de personne qui tienne \u00e0 quelque chose, je puis tout imprimer librement, sous l\u2019inspection de deux ou trois censeurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Rappelons que la censure royale a remplac\u00e9 la censure religieuse de la Sorbonne au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle\u00a0: 79 censeurs ont charge d\u2019autoriser ou d\u2019interdire livres ou pi\u00e8ces, selon leur moralit\u00e9. La censure inqui\u00e9tera plus ou moins tous les philosophes qui iront se faire \u00e9diter en Suisse, Hollande, Angleterre. Abolie par la R\u00e9volution, r\u00e9tablie en 1797, de nouveau abolie, r\u00e9tablie, etc., ce sera une longue histoire dans l\u2019Histoire jusqu\u2019au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre, spectacle public, est expos\u00e9 plus encore que le livre aux foudres ou aux tracasseries d\u2019Anastasie aux grands ciseaux. Il est normal que Beaumarchais en traite, pour s\u2019en moquer. En tout cas et n\u2019en d\u00e9plaise au roi, l\u2019auteur a \u00e9crit l\u00e0 son chef-d\u2019\u0153uvre.<br>\u00ab\u00a0Il y a quelque chose de plus fou que ma pi\u00e8ce, c\u2019est son succ\u00e8s\u00a0!\u00a0\u00bb dit l\u2019auteur enchant\u00e9, apr\u00e8s le triomphe de la cr\u00e9ation, \u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise. Sous-titr\u00e9e \u00ab\u00a0La Folle Journ\u00e9e\u00a0\u00bb, la pi\u00e8ce sera jou\u00e9e plus de cent fois de suite \u2013 un record, sous l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<p>Mais Beaumarchais en fait trop, se retrouve \u00e0 la prison de Saint-Lazare (mars\u00a01785) et sa popularit\u00e9 ne sera plus jamais ce qu\u2019elle fut au soir du <em>Mariage<\/em> qui prit valeur de symbole.<\/p>\n<p>Autre symbole et autre b\u00e9vue royale sous la R\u00e9volution, \u00e9poque la plus riche en \u00ab\u00a0mots\u00a0\u00bb qui valent citations\u2026<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-5-84.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin: 10px 15px;float: left\"><\/a><span class=\"caps\">R\u00c9VOLUTION<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a014, rien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1331\" class=\"cit-num\">1331<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), note ces deux mots dans son carnet avant de se coucher, ch\u00e2teau de Versailles, le soir du 14\u00a0juillet 1789.<em> Histoire des Fran\u00e7ais<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XVII<\/span> (1847), Simonde de Sismondi<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire lui a reproch\u00e9 cette indiff\u00e9rence \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement num\u00e9ro un \u2013 pr\u00e9cisons \u00e0 sa d\u00e9charge que le fameux carnet consigne surtout ses tableaux de chasse. En r\u00e9alit\u00e9, le jeune roi a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9 par les \u00e9v\u00e8nements, comme la plupart des contemporains. Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> \u00e9tait particuli\u00e8rement mal arm\u00e9 pour bien faire son \u00ab\u00a0m\u00e9tier de roi\u00a0\u00bb et trop ind\u00e9cis pour soutenir ses meilleurs conseillers.<\/p>\n<p>Pr\u00e9venu de l\u2019agitation \u00e0 Paris par une d\u00e9putation de l\u2019Assembl\u00e9e le 11\u00a0juillet, le roi a malencontreusement renvoy\u00e9 Necker, ministre des Finances jug\u00e9 trop lib\u00e9ral, mais c\u2019est l\u2019homme le plus populaire du royaume \u2013 il le rappellera le 16. Trop tard\u2026<\/p>\n<p>Le mal est fait\u00a0: manifestations le 12\u00a0juillet, municipalit\u00e9 insurrectionnelle \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville, milice et foule arm\u00e9es le 13 (avec 28\u00a0000 fusils et 20 canons pris aux Invalides). \u00c0 la Bastille, le peuple est all\u00e9 chercher la poudre et les munitions.<\/p>\n<p>La forteresse est avant tout le symbole historique de l\u2019absolutisme royal\u00a0: la r\u00e9volution parlementaire est devenue soudain populaire et parisienne, en ce 14\u00a0juillet 1789. Fait capital pour la suite\u2026<\/p>\n<p>Chateaubriand \u00e9crit dans ses <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)\u00a0: \u00ab\u00a0La R\u00e9volution m\u2019aurait entra\u00een\u00e9, si elle n\u2019e\u00fbt d\u00e9but\u00e9 par des crimes\u00a0: je vis la premi\u00e8re t\u00eate port\u00e9e au bout d\u2019une pique et je reculai.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La t\u00eate \u00ab\u00a0au bout d\u2019une pique\u00a0\u00bb est un classique de l\u2019horreur r\u00e9volutionnaire. La \u00ab\u00a0premi\u00e8re t\u00eate\u00a0\u00bb peut \u00eatre celle du gouverneur de la Bastille, le marquis Bernard Ren\u00e9 Jourdan de Launay (1740-1789), massacr\u00e9 par le peuple le 14\u00a0juillet, lors de la prise du fort. Chateaubriand, 21\u00a0ans, r\u00e9form\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e, h\u00e9sitant sur sa vocation, s\u2019est essay\u00e9 \u00e0 la vie politique au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e en participant aux \u00c9tats de Bretagne (assembl\u00e9e provinciale). Pr\u00e9sent \u00e0 Paris au d\u00e9but de la R\u00e9volution, il est tr\u00e8s choqu\u00e9 par cette violence \u00ab\u00a0cannibale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Repr\u00e9sentatif de sa classe, il \u00e9crit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0Jamais le meurtre ne sera \u00e0 mes yeux un objet d\u2019admiration et un argument de libert\u00e9\u00a0; je ne connais rien de plus servile, de plus m\u00e9prisable, de plus l\u00e2che, de plus born\u00e9 qu\u2019un terroriste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Autre r\u00e9action de notre second grand auteur romantique\u00a0: \u00ab\u00a0En temps de r\u00e9volution, prenez garde \u00e0 la premi\u00e8re t\u00eate qui tombe. Elle met le peuple en app\u00e9tit.\u00a0\u00bb Victor Hugo, <em>Le Dernier Jour d\u2019un condamn\u00e9<\/em> (1829).<\/p>\n<p>Bilan du 14\u00a0juillet 1789\u00a0: une centaine de morts et un peu plus de bless\u00e9s, essentiellement chez les assaillants (au nombre de 800 \u00e0 3\u00a0000, selon les sources). Mais Hugo a raison\u00a0: le peuple est parti dans une escalade de la violence, et les meneurs parlent toujours plus fort que les mod\u00e9rateurs.<br>Pour en revenir au roi qui n\u2019avait litt\u00e9ralement \u00ab\u00a0rien\u00a0\u00bb \u00e0 noter sur son carnet de chasse \u00e0 la date du 14, il est r\u00e9veill\u00e9 au soir du 14\u00a0juillet \u00e0 Versailles\u00a0: le grand ma\u00eetre de la garde-robe s\u2019est permis de venir dans la nuit, pour l\u2019informer que la Bastille est prise et le gouverneur assassin\u00e9. \u00ab\u00a0Mais c\u2019est une r\u00e9volte\u00a0?\u2014 Non, Sire, c\u2019est une r\u00e9volution\u00a0!\u00a0\u00bb Le duc de La Rochefoucauld-Liancourt avait compris mieux que son ma\u00eetre l\u2019importance symbolique du fait. Ce bref dialogue r\u00e9sume bien la situation\u2026<\/p>\n<p>Mais contrairement \u00e0 ce que l\u2019on croit trop souvent, ce jour n\u2019est pas \u00e0 l\u2019origine de notre f\u00eate nationale. Il faut attendre l\u2019ann\u00e9e suivante, la F\u00eate de la F\u00e9d\u00e9ration.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai l\u2019\u00e2ge du sans-culotte J\u00e9sus\u00a0; c\u2019est-\u00e0-dire trente-trois ans, \u00e2ge fatal aux r\u00e9volutionnaires\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1583\" class=\"cit-num\">1583<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Camille <span class=\"caps\">DESMOULINS<\/span> (1760-1794), au Tribunal r\u00e9volutionnaire lui demandant son nom, son \u00e2ge, 2\u00a0avril 1794.<em> \u0152uvres de Camille Desmoulins<\/em> (posthume, 1874), Camille Desmoulins, Jules Claretie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Petite erreur historique. En r\u00e9alit\u00e9, il vient d\u2019avoir 34\u00a0ans.<\/p>\n<p>Mais le rapprochement avec cet \u00ab\u00a0anarchiste qui a r\u00e9ussi\u00a0\u00bb (selon le mot d\u2019Andr\u00e9 Malraux dans <em>L\u2019Espoir<\/em>, 1937) fait r\u00e9f\u00e9rence. Le capucin Chabot l\u2019a \u00e9galement proclam\u00e9 au d\u00e9but de la Terreur de septembre 1793, assurant publiquement que le \u00ab\u00a0citoyen J\u00e9sus-Christ a \u00e9t\u00e9 le premier sans-culotte du monde\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Montagnard \u00e0 la Convention, Desmoulins a combattu les Girondins \u2013 leur mise \u00e0 mort l\u2019a pourtant boulevers\u00e9. La R\u00e9volution prenait un nouveau tour, d\u00e9nonc\u00e9 aussi par son confr\u00e8re d\u00e9put\u00e9 Pierre Victurnien Vergniaud\u00a0qui en sera \u00e9galement victime\u00a0: \u00ab\u00a0Il a \u00e9t\u00e9 permis de craindre que la R\u00e9volution, comme Saturne, d\u00e9vor\u00e2t successivement tous ses enfants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Desmoulins fonde alors un journal,<em> Le Vieux Cordelier<\/em>, pour d\u00e9fendre la politique de Danton contre celle du Comit\u00e9 de salut public (o\u00f9 Robespierre fait la loi avec Couthon et Saint-Just). \u00c0 peine a-t-il le temps de s\u2019\u00e9mouvoir de la nouvelle \u00e9puration \u2013 celle des Enrag\u00e9s \u2013 qu\u2019il est arr\u00eat\u00e9 le 30\u00a0mars, guillotin\u00e9 le 5\u00a0avril. Lucile, sa femme ador\u00e9e (fille naturelle de l\u2019abb\u00e9 Terray, ministre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>), montera \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud le 13\u00a0avril.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique n\u2019a pas besoin de savants.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1587\" class=\"cit-num\">1587<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COFFINHAL<\/span>\u2013<span class=\"caps\">DUBAIL<\/span> (1754-1794), vice-pr\u00e9sident du Tribunal r\u00e9volutionnaire, \u00e0 Lavoisier, 8\u00a0mai 1794.\u00a0 Mot parfois attribu\u00e9 \u00e0 Ren\u00e9 Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">DUMAS<\/span> (1753-1794), pr\u00e9sident du Tribunal, et m\u00eame \u00e0 <span class=\"caps\">FOUQUIER<\/span>\u2013<span class=\"caps\">TINVILLE<\/span> (1746-1795), le plus c\u00e9l\u00e8bre accusateur public. <em>Lavoisier<\/em>, 1743-1794 (1899), \u00c9douard Grimaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le condamn\u00e9 demandait qu\u2019on diff\u00e8re l\u2019ex\u00e9cution de quelques jours, le temps de terminer une exp\u00e9rience. Un de ses coll\u00e8gues, le m\u00e9decin <span class=\"caps\">J.N.<\/span> Hall\u00e9, \u00e9tait venu pr\u00e9senter au tribunal un rapport \u00e9num\u00e9rant les services rendus \u00e0 la patrie par l\u2019illustre chimiste\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut que la justice suive son cours\u00a0\u00bb, tranche l\u2019homme du Tribunal.<\/p>\n<p>Antoine-Laurent de Lavoisier est donc condamn\u00e9 et guillotin\u00e9 le jour m\u00eame, avec 27 coll\u00e8gues de la Ferme g\u00e9n\u00e9rale. Car tel est son crime\u00a0: avoir \u00e9t\u00e9 fermier g\u00e9n\u00e9ral (collecteur d\u2019imp\u00f4ts) sous l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<p>Mort \u00e0 51\u00a0ans, ce grand savant, \u00e9lu \u00e0 25\u00a0ans \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des sciences, laisse en h\u00e9ritage les bases de la chimie moderne et une loi qui porte son nom, sur la conservation de la masse et des \u00e9l\u00e9ments chimiques. En r\u00e9sum\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Rien ne se perd, rien ne se cr\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il ne leur a fallu qu\u2019un moment pour faire tomber cette t\u00eate, et cent ann\u00e9es peut-\u00eatre ne suffiront pas pour en produire une semblable.\u00a0\u00bb Louis de Lagrange (1736-1813 \u00e0 J.-B. Delambre, d\u00e9plorant la mort de Lavoisier au lendemain de son ex\u00e9cution, le 9\u00a0mai\u00a01794. Parole d\u2019un confr\u00e8re de Lavoisier, n\u00e9 Italien, grand math\u00e9maticien et physicien, qui rend hommage au plus \u00e9minent repr\u00e9sentant de la science fran\u00e7aise en cette fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. Jean-Baptiste Delambre est lui-m\u00eame math\u00e9maticien et astronome, membre de l\u2019Acad\u00e9mie des sciences.<\/p>\n<p>La science paie un lourd tribut \u00e0 la R\u00e9volution avec Lavoisier, guillotin\u00e9 apr\u00e8s Bailly, et Condorcet (suicid\u00e9 pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud). Mais la science est \u00e9galement honor\u00e9e. \u00c0 l\u2019initiative du math\u00e9maticien Gaspard Monge, l\u2019\u00c9cole polytechnique est cr\u00e9\u00e9e le 11\u00a0mars 1794. Sa devise\u00a0: \u00ab\u00a0Pour la patrie, les sciences et la gloire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">PREMIER<\/span> <span class=\"caps\">EMPIRE<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est la derni\u00e8re fois que j\u2019entre en discussion avec cette pr\u00eatraille romaine.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1829\" class=\"cit-num\">1829<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Eug\u00e8ne de Beauharnais, 22\u00a0juillet 1807. \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise romaine et les N\u00e9gociations du Concordat (1800-1814)\u00a0\u00bb, <em>Revue des deux mondes<\/em>, tome <span class=\"caps\">LXXII<\/span> (1867)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le mot est rude. La \u00ab\u00a0pr\u00eatraille\u00a0\u00bb, c\u2019est le pape Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> (1742-1823. Et l\u2019empereur fait erreur, sous-estimant gravement cet adversaire digne de lui, qui le traitera bient\u00f4t de \u00ab\u00a0Commediante\u00a0! Tragediante\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pie <span class=\"caps\">VII<\/span> refuse d\u2019annuler le mariage (am\u00e9ricain) de J\u00e9r\u00f4me Bonaparte, le cadet de ses quatre fr\u00e8res, mineur \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il refuse aussi de se joindre au blocus d\u00e9clar\u00e9 contre l\u2019Angleterre, au nom de sa neutralit\u00e9 de pasteur universel.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on menace et charge Eug\u00e8ne, son beau-fils (qu\u2019il a fait vice-roi d\u2019Italie), de passer le message\u00a0: \u00ab\u00a0Si l\u2019on veut continuer \u00e0 troubler les affaires de mes \u00c9tats, je ne reconna\u00eetrai le pape que comme \u00e9v\u00eaque de Rome [\u2026] Je ne craindrai pas de r\u00e9unir les \u00c9glises gallicane (fran\u00e7aise), italienne, allemande, polonaise, dans un concile pour faire mes affaires sans pape.\u00a0\u00bb \u2026 Ce qui se fera, en 1811.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Concordat de 1801, compromis religieux qui satisfait les deux partis, et le Sacre de 1804 qui comble l\u2019orgueil de l\u2019empereur, les relations des deux hommes vont tourner au drame. Napol\u00e9on annexe les \u00c9tats de l\u2019\u00c9glise, le pape va l\u2019excommunier, l\u2019empereur le fait enlever et le maintient prisonnier durant cinq ans. C\u2019est L\u2019Otage (1911) dans le drame historique en trois actes de Paul Claudel.<\/p>\n<p>L\u2019Histoire a fait se rencontrer ces deux grands personnages et le pape survivra en tant que tel \u00e0 l\u2019empereur d\u00e9chu,\u00a0 prisonnier des Anglais \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">RESTAURATION<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019avais demand\u00e9 vingt ans\u00a0; la destin\u00e9e ne m\u2019en a donn\u00e9 que treize.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1950\" class=\"cit-num\">1950<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au lendemain de Waterloo. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Notes sur les \u00ab\u00a0Lettres \u00e9crites de Paris pendant le dernier r\u00e8gne de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0\u00bb, entre le 8\u00a0avril et le 20\u00a0juillet.<\/p>\n<p>La phrase est exacte, mais pas le compte. En 1802, Napol\u00e9on Bonaparte, Premier Consul, est d\u00e9j\u00e0 ma\u00eetre de la France et de son destin, depuis le coup d\u2019\u00c9tat de Brumaire (1799), et m\u00eame depuis la campagne d\u2019Italie qui lui apporta la gloire avec la popularit\u00e9, d\u00e8s 1797. Les historiens parlent g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une aventure de vingt-deux ans.<\/p>\n<p>Paradoxalement, cet \u00e9pisode des Cent-Jours, catastrophique pour la France, va nourrir le mythe\u00a0: Napol\u00e9on est redevenu un h\u00e9ros, il a forc\u00e9 le destin jusqu\u2019\u00e0 la fin, et la l\u00e9gende va suivre, d\u00e9fiant le temps et la v\u00e9rit\u00e9 des faits historiques.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, cent jours se sont \u00e9coul\u00e9s\u2026\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1955\" class=\"cit-num\">1955<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">CHABROL<\/span> (1773-1843), pr\u00e9fet de la Seine, accueillant Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span>, 8\u00a0juillet 1815. <em>L\u2019\u00c9pop\u00e9e imp\u00e9riale, d\u2019Ajaccio \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1865), Jules Maz\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le comte Gilbert-Joseph-Gaspard Chabrol de Volvic attend \u00e0 la barri\u00e8re Saint-Denis le roi qui rentre dans sa \u00ab\u00a0bonne ville de Paris\u00a0\u00bb, et lui fait cette adresse\u00a0: \u00ab\u00a0Sire, cent jours se sont \u00e9coul\u00e9s depuis le moment fatal o\u00f9 Votre Majest\u00e9, forc\u00e9e de s\u2019arracher \u00e0 ses affections les plus ch\u00e8res, quitta sa capitale au milieu des larmes et de la consternation publique\u2026\u00a0\u00bb Etc., etc.<\/p>\n<p>Premier paradoxe\u00a0: l\u2019expression appara\u00eet le jour m\u00eame o\u00f9 s\u2019ach\u00e8ve la p\u00e9riode des Cent-Jours. C\u2019est le premier chrononyme cr\u00e9\u00e9 \u00ab\u00a0en direct\u00a0\u00bb \u2013 portion de temps \u00e0 laquelle la communaut\u00e9 sociale attribue une coh\u00e9rence, ce qui s\u2019accompagne du besoin de la nommer. Et l\u2019on parle toujours des Cent-Jours, comme de la Renaissance, la Belle \u00c9poque, les Ann\u00e9es folles.<\/p>\n<p>Second paradoxe\u00a0: il y a erreur de calcul. Le roi a fui le 20\u00a0mars, et cent neuf jours se sont donc \u00e9coul\u00e9s depuis le moment fatal o\u00f9\u2026<\/p>\n<p>Les mots d\u2019histoire ne font pas toujours bon m\u00e9nage avec les chiffres. Mais si le mot est bon, qu\u2019importe l\u2019erreur de calcul.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Non seulement J\u00e9sus-Christ \u00e9tait fils de Dieu, mais encore il \u00e9tait d\u2019excellente famille du c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2000\" class=\"cit-num\">2000<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mgr Hyacinthe-Louis de <span class=\"caps\">QU\u00c9LEN<\/span> (1778-1839), 125e archev\u00eaque de Paris (de 1821 \u00e0 sa mort). <em>Dictionnaire de la b\u00eatise et des erreurs de jugement<\/em> (1998), Guy Bechtel et Jean-Claude Carri\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Authentique perle de b\u00eatisier,\u00a0sign\u00e9e de l\u2019archev\u00eaque de Paris\u00a0! Ce mot qui lui est attribu\u00e9 trahit bien l\u2019homme de son temps\u2026<\/p>\n<p>Chacun a naturellement \u00e0 c\u0153ur de mettre J\u00e9sus dans son camp\u00a0: sous la R\u00e9volution, Chabot, capucin d\u00e9froqu\u00e9, en fit le premier sans-culotte de l\u2019histoire\u00a0! Pour le r\u00e9volutionnaire Camille Desmoulins condamn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud, le plus illustre supplici\u00e9 fut aussi une r\u00e9f\u00e9rence. L\u2019archev\u00eaque de Paris se situe aux antipodes de l\u2019\u00e9chiquier politique.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s en cour aupr\u00e8s de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, puis de Charles X, \u00e9lu \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise contre Casimir Delavigne en 1824, il attribua cet honneur \u00e0 la religion, et non \u00e0 ses titres acad\u00e9miques, dans son discours de r\u00e9ception \u2013 saluons cette preuve de lucidit\u00e9. Membre de la Chambre des Pairs, incarnation de l\u2019Ancien R\u00e9gime, en plein sermon, il l\u00e2cha cette c\u00e9l\u00e8bre formule, propre \u00e0 scandaliser lib\u00e9raux et r\u00e9publicains.<\/p>\n<p>Moins bien vu sous la Monarchie de Juillet qui le consid\u00e8re comme (trop) l\u00e9gitimiste, il demeure archev\u00eaque, Dieu merci\u00a0!<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">MONARCHIE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">JUILLET<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il nous semble que notre Paris, ce Paris dont on aime le mouvement, l\u2019animation et le bruit, perdrait beaucoup de son charme, si les 50 000 voitures qui, tous les jours circulent \u00e0 sa surface, n\u2019en sillonnaient plus les rues, et se trouvaient en grande partie remplac\u00e9es par des convois s\u2019engouffrant dans les entrailles de la terre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2090\" class=\"cit-num\">2090<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis <span class=\"caps\">FIGUIER<\/span> (1819-1894), <em>L\u2019Ann\u00e9e scientifique et industrielle<\/em> (1837)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans cette publication sous-titr\u00e9e <em>Expos\u00e9 annuel des travaux scientifiques, des inventions et des principales applications de la science \u00e0 l\u2019industrie et aux arts<\/em>, qui ont attir\u00e9 l\u2019attention publique en France et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, le tr\u00e8s s\u00e9rieux vulgarisateur scientifique reconna\u00eet que le r\u00e9seau de chemins de fer souterrain propos\u00e9s par M. Le Hir\u00a0comporte d\u2019admirables d\u00e9tails, ajoutant cependant qu\u2019il menace la solidit\u00e9 des constructions parisiennes\u00a0: \u00ab\u00a0Ce travail de taupe\u00a0ne s\u2019accomplirait point sans de graves inqui\u00e9tudes pour les 40 000 maisons et le million d\u2019habitants dont se compose Paris.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il faut attendre la fin du si\u00e8cle et les embouteillages monstres pour que le m\u00e9tropolitain soit reconnu d\u2019utilit\u00e9 publique (loi de 1898) et que les travaux commencent.<\/p>\n<p>Figuier avait pourtant raison sur un point\u00a0: des effondrements de terrain perturberont et endeuilleront les chantiers. Mais rien n\u2019arr\u00eate le progr\u00e8s et au <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle, ce nouveau mode de transport urbain se r\u00e9v\u00e8lera indispensable, dans toutes les m\u00e9tropoles du monde.<\/p>\n<p>Les premiers chemins de fer en surface vont s\u2019imposer plus vite, quoique posant \u00e0 leur tour beaucoup d\u2019autres probl\u00e8mes et offrant aux hommes politiques (m\u00eame intelligents) l\u2019occasion de grosses erreurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faudra donner des chemins de fer aux Parisiens comme un jouet, mais jamais on ne transportera ni un voyageur ni un bagage.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2091\" class=\"cit-num\">2091<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Adolphe <span class=\"caps\">THIERS<\/span> (1797-1877), aux fr\u00e8res Pereire demandant une aide financi\u00e8re, 1836.<em> Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les fr\u00e8res P\u00e9reire (\u00c9mile (1800-1875) et Isaac (1806-1880), banquiers juifs, entrepreneurs et hommes d\u2019affaires fran\u00e7ais, vont avoir un r\u00f4le capital dans le \u00ab\u00a0d\u00e9collage industriel\u00a0\u00bb de la France du Second Empire. Ils cr\u00e9\u00e8rent et d\u00e9velopp\u00e8rent de nombreuses entreprises dans la banque, les assurances, l\u2019immobilier commercial et r\u00e9sidentiel, les transports maritimes\u2026 et les chemins de fer.<\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s la pr\u00e9diction pessimiste et erron\u00e9e du ministre de l\u2019Int\u00e9rieur Adolphe Thiers, ils lancent la ligne Paris-Saint-Germain, inaugur\u00e9e le 24\u00a0ao\u00fbt 1837, avec la premi\u00e8re locomotive fran\u00e7aise (des usines Schneider). Le r\u00e9seau ne sera vraiment organis\u00e9 qu\u2019en 1842 et 1\u00a0930\u00a0km seront construits en 1848.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la frayeur des premi\u00e8res ann\u00e9es, c\u2019est l\u2019engouement du public et la modernisation indispensable \u00e0 l\u2019\u00e9conomie fran\u00e7aise, tr\u00e8s en retard sur l\u2019Angleterre.<\/p>\n<p>Mais l\u2019on imagine mal la complexit\u00e9 de l\u2019entreprise, son co\u00fbt humain et financier, surtout \u00e0 l\u2019\u00e9chelle du pays. Les trains d\u00e9raillant dans les virages, il faut tracer des lignes droites, dans une France agricole aux propri\u00e9t\u00e9s morcel\u00e9es. Il faut creuser des tunnels sous les montagnes, lancer des ponts sur les rivi\u00e8res. Les compagnies de diligences font tout pour retarder ou saboter les travaux. Cependant que les chantiers cr\u00e9ent un prol\u00e9tariat qui ne revient plus aux champs et se retrouve au ch\u00f4mage.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 tout, quand un progr\u00e8s doit s\u2019accomplir, il le fait quel que soit le co\u00fbt humain, financier, social, environnemental. C\u2019est l\u2019une des le\u00e7ons de l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Autre le\u00e7on\u00a0: la p\u00e9rennit\u00e9 de certaines erreurs \u00ab\u00a0naturelles\u00a0\u00bb\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Naturellement, et par une de ces lois providentielles o\u00f9 le droit et le fait se confondent, le droit de suffrage n\u2019appartient pas aux femmes. La Providence a vou\u00e9 les femmes \u00e0 l\u2019existence domestique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2124\" class=\"cit-num\">2124<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Guizot (1787-1874), La D\u00e9mocratie pacifique, 10 janvier 1847. <em>Dictionnaire de la b\u00eatise et des erreurs de jugement<\/em> (1998), Guy Bechtel et Jean-Claude Carri\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce mot fera le bonheur des histoires du f\u00e9minisme et des dictionnaires de la misogynie.<\/p>\n<p>Le replacer dans son contexte n\u2019y change rien \u2013 \u00e0 l\u2019inverse du fameux \u00ab\u00a0Enrichissez-vous\u00a0!\u00a0\u2026 par le Travail et par l\u2019\u00c9pargne\u00a0\u00bb qu\u2019a bien dit Guizot, Pr\u00e9sident du Conseil, plusieurs fois ministre (et historien).<\/p>\n<p>Il faut seulement le resituer dans son \u00e9poque et rappeler \u00e0 quel point le <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle est dur au sexe faible, avec son Code civil, sa mode du corset qui coupe le souffle aux femmes du monde (d\u2019o\u00f9 les \u00e9vanouissements pas toujours feints\u00a0!), et le travail aux champs comme \u00e0 l\u2019usine, qui \u00e9puise les femmes du peuple (et les enfants).<\/p>\n<p>La Deuxi\u00e8me R\u00e9publique ne sera pas plus favorable aux femmes et le socialiste Proudhon ne se montrera pas plus indulgent que Guizot, ministre de la droite chr\u00e9tienne, conservatrice et r\u00e9actionnaire, sous la Monarchie de Juillet.<\/p>\n<p>Le <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle est assur\u00e9ment le plus misogyne de l\u2019Histoire\u00a0! Les erreurs de jugement sont sign\u00e9es des plus grands noms, y compris sous la R\u00e9publique \u00e0 venir et le nouvel Empire\u2026<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">DEUXI\u00c8ME<\/span> <span class=\"caps\">R\u00c9PUBLIQUE<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne comprenons pas plus une femme l\u00e9gislatrice qu\u2019un homme nourrice.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2197\" class=\"cit-num\">2197<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Le Peuple<\/em>, mai 1849.<em> Dictionnaire de la b\u00eatise et des erreurs de jugement<\/em> (1998), Guy Bechtel et Jean-Claude Carri\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il \u00e9crit aussi, en janvier 1849, dans<em> L\u2019Opinion des femmes<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0La femme ne peut \u00eatre que m\u00e9nag\u00e8re ou courtisane.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Bien que socialiste, Proudhon s\u2019inscrit dans la logique de son temps et de cette Deuxi\u00e8me R\u00e9publique\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne savons si, en fait d\u2019aberrations \u00e9tranges, le si\u00e8cle o\u00f9 nous sommes est appel\u00e9 \u00e0 voir se r\u00e9aliser \u00e0 quelque degr\u00e9 celle-ci\u00a0: l\u2019\u00e9mancipation des femmes. Nous croyons que non.\u00a0\u00bb (<em>La Libert\u00e9<\/em>, 15 avril 1848).<\/p>\n<p>L\u2019erreur est celle de son temps. Mais cet homme de gauche la mart\u00e8le avec une insistance particuli\u00e8re. Son principal adversaire Karl Marx ne s\u2019est pas vraiment engag\u00e9 en faveur des femmes \u2013 ni contre.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">SECOND<\/span> <span class=\"caps\">EMPIRE<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est l\u2019absence des femmes qui permet aux hommes d\u2019aborder journellement les questions s\u00e9rieuses.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2196\" class=\"cit-num\">2196<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1808-1873), <em>Am\u00e9liorations \u00e0 introduire dans nos m\u0153urs et nos habitudes parlementaires<\/em> (1856).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est incontestablement une erreur \u2013 qui peut faire sourire, ou pas\u2026<\/p>\n<p>Mais parler ici de misogynie serait p\u00e9cher par anachronisme. \u00c0 l\u2019\u00e9poque, m\u00eame une \u00ab\u00a0f\u00e9ministe\u00a0\u00bb comme George Sand (qui d\u00e9nierait ce qualificatif) repousse l\u2019id\u00e9e de la femme entrant en politique. Elle refusera absolument ce r\u00f4le qu\u2019on voulait lui donner, bien que tr\u00e8s engag\u00e9e \u00e0 gauche apr\u00e8s la r\u00e9volution de f\u00e9vrier 1848.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0bonne Dame de Nohant\u00a0\u00bb le sera moins dans la suite des \u00e9v\u00e8nements. Elle conseilla Ledru-Rollin dans la coulisse, mais les journ\u00e9es de Juin 1848 ont bris\u00e9 son beau r\u00eave de r\u00e9publique \u00ab\u00a0dure et pure\u00a0\u00bb. Profond\u00e9ment d\u00e9sabus\u00e9e, elle se r\u00e9fugie alors \u00e0 Nohant. Dans son journal quotidien, elle n\u2019aura pas de mots assez durs pour la Commune\u00a0de 1871\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est une \u00e9meute de fous et d\u2019imb\u00e9ciles m\u00eal\u00e9s de bandits.\u00a0\u00bb La participation des femmes en g\u00e9n\u00e9ral et de la Vierge rouge en particulier \u2013 Louise Michel sur les barricades \u2013 ne modifiera en rien sa position. Et les f\u00e9ministes militantes continueront de pr\u00eacher dans le d\u00e9sert et souvent le ridicule de tous les exc\u00e8s.<\/p>\n<p>En Angleterre, les militantes qui se battent sous les appellations de \u00ab\u00a0suffragistes\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0suffragettes\u00a0\u00bb, sont moqu\u00e9es, bouscul\u00e9es, frapp\u00e9es, emprisonn\u00e9es, et m\u00eame tu\u00e9es\u2026 avant d\u2019obtenir le droit de vote pour les femmes en 1918. En France, il faut attendre le pr\u00e9ambule de la Constitution de 1946 pour que soit reconnu le principe de l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits entre hommes et femmes dans tous les domaines \u2013 y compris le vote et l\u2019\u00e9ligibilit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a aussi plusieurs sortes de Libert\u00e9. Il y a la Libert\u00e9 pour le G\u00e9nie, et il y a une libert\u00e9 tr\u00e8s restreinte pour les polissons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2272\" class=\"cit-num\">2272<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles <span class=\"caps\">BAUDELAIRE<\/span> (1821-1867), <em>Notes et Documents pour mon avocat<\/em> (1857)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grave erreur. C\u2019est oublier l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits, un principe \u00e0 valeur constitutionnelle depuis la R\u00e9volution. Mais Baudelaire est Po\u00e8te, cherchant \u00e0 faire du Mal un objet de contemplation esth\u00e9tique\u00a0: \u00ab\u00a0Tu m\u2019as donn\u00e9 ta boue et j\u2019en ai fait de l\u2019or.\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>25\u00a0juin\u00a01857, <em>Les Fleurs du mal<\/em> sont publi\u00e9es. Elles font scandale\u00a0: immorales, triviales, g\u00e9niales. Baudelaire para\u00eet devant le tribunal correctionnel. Il \u00e9crit aussi pour sa d\u00e9fense\u00a0: \u00ab\u00a0Il \u00e9tait impossible de faire autrement un livre destin\u00e9 \u00e0 repr\u00e9senter l\u2019agitation de l\u2019esprit dans le mal.\u00a0\u00bb Son avocat n\u2019aura pas gain de cause.<\/p>\n<p>Baudelaire est condamn\u00e9 \u00e0 trois mois de prison pour outrage aux m\u0153urs. Il se soumet\u00a0: dans la seconde \u00e9dition de 1861, les six po\u00e8mes incrimin\u00e9s auront disparu. De 1861 \u00e0 1868, l\u2019ouvrage est r\u00e9\u00e9dit\u00e9 dans trois versions successives, enrichies de nouveaux po\u00e8mes\u00a0; les pi\u00e8ces interdites paraissent en Belgique. La r\u00e9habilitation n\u2019interviendra que pr\u00e8s d\u2019un si\u00e8cle plus tard, en mai 1949.<\/p>\n<p>La m\u00eame ann\u00e9e 1857, l\u2019immoralit\u00e9 de <em>Madame Bovary<\/em> m\u00e8ne Flaubert en justice. Mais son avocat obtient l\u2019acquittement. Il plaide qu\u2019une telle lecture est morale\u00a0: elle doit entra\u00eener l\u2019horreur du vice et l\u2019expiation de l\u2019\u00e9pouse coupable est si terrible qu\u2019elle pousse \u00e0 la vertu\u2026<\/p>\n<p>\u00c0 la m\u00eame \u00e9poque, le g\u00e9nie d\u2019Offenbach s\u2019exprime au th\u00e9\u00e2tre \u2013 l\u2019humour et la musique aident \u00e0 faire passer son apologie de l\u2019adult\u00e8re et ses bacchanales orgiaques. Dans l\u2019Angleterre beaucoup plus puritaine, l\u2019art n\u2019a pas cette relative libert\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019extr\u00eame rapidit\u00e9 des voyages en chemin de fer est une chose anti m\u00e9dicale. Aller, comme on fait, en vingt heures, de Paris \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, en traversant d\u2019heure en heure des climats si diff\u00e9rents, c\u2019est la chose la plus imprudente pour une personne nerveuse. Elle arrive ivre \u00e0 Marseille, pleine d\u2019agitation, de vertige.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2282\" class=\"cit-num\">2282<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>La Mer<\/em> (1861)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un grand classique de l\u2019erreur historique\u00a0: pratiquement tous les progr\u00e8s techniques ont commenc\u00e9 par susciter la peur ou le d\u00e9ni d\u2019utilit\u00e9. Et le <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, particuli\u00e8rement riche en inventions, pourrait alimenter un \u00e9tonnant b\u00eatisier technologique.<\/p>\n<p>Le chemin de fer n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle. Rappelons le mot de Thiers, en 1836\u00a0: \u00ab\u00a0Il faudra donner des chemins de fer aux Parisiens comme un jouet, mais jamais on ne transportera ni un voyageur ni un bagage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Depuis le d\u00e9but du Second Empire, le r\u00e9seau ferroviaire s\u2019\u00e9tend et rattrape enfin le retard pris sur l\u2019Angleterre. L\u2019\u00c9tat fixe le trac\u00e9 des voies et finance les infrastructures (terrassement, ouvrages d\u2019art), conc\u00e9dant l\u2019exploitation des lignes \u00e0 de grandes compagnies priv\u00e9es, Compagnies de l\u2019Ouest, du Nord, de l\u2019Est, et le fameux <span class=\"caps\">PLM<\/span> (Paris-Lyon-M\u00e9diterran\u00e9e) n\u00e9 en 1857, axe vital de 862 km. Facteur essentiel de l\u2019am\u00e9nagement du territoire, le r\u00e9seau passe de 3 000 km en 1852 \u00e0 17 000 km en 1870. Il s\u2019inscrit d\u00e9sormais dans le paysage fran\u00e7ais, et toute l\u2019\u00e9conomie du pays en b\u00e9n\u00e9ficie.<br>Mais que d\u2019inqui\u00e9tudes, pour la sant\u00e9 des passagers\u00a0! E Michelet, l\u2019historien romantique, n\u2019est pas seul \u00e0 s\u2019en \u00e9mouvoir.<\/p>\n<p>Selon Fran\u00e7ois Arago, polytechnicien, astronome et physicien, mort en 1853 et t\u00e9moignant donc des tout premiers chemins de fer, \u00ab\u00a0le transport des soldats en wagon les eff\u00e9minerait\u00a0\u00bb et les voyageurs sont mis en garde contre le tunnel de Saint-Cloud, qui peut causer \u00ab\u00a0des fluxions de poitrine, des pleur\u00e9sies et des catarrhes.\u00a0\u00bb Encore quelques perles dignes du b\u00eatisier national.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous pouvons maintenant envisager l\u2019avenir sans crainte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2305\" class=\"cit-num\">2305<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873), Corps l\u00e9gislatif, 8\u00a0mai 1870. <em>Les R\u00e9voltes de Paris\u00a0: 1358-1968<\/em> (1998), Claude Dufresne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Erreur politique\u00a0majeure\u00a0: quatre mois apr\u00e8s, la d\u00e9faite militaire de Sedan entrainera l\u2019effondrement du Second Empire. Et pourtant\u2026<\/p>\n<p>L\u2019empereur a jou\u00e9 et gagn\u00e9, en refaisant appel directement au peuple, comme il y a vingt ans\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai retrouv\u00e9 mon chiffre\u00a0\u00bb, dit-il. \u00ab\u00a0Mon enfant, tu es sacr\u00e9 par ce pl\u00e9biscite. L\u2019Empire lib\u00e9ral, ce n\u2019est pas moi, c\u2019est toi\u00a0!\u00a0\u00bb assure-t-il \u00e0 son fils ador\u00e9, le Prince imp\u00e9rial (1856-1879).<\/p>\n<p>L\u2019empereur rayonne et en oublie sa souffrance (maladie r\u00e9nale dite \u00ab\u00a0de la pierre\u00a0\u00bb dont il mourra ), apr\u00e8s le pl\u00e9biscite triomphal du 8\u00a0mai\u00a0: 7\u00a0350\u00a0000 oui (et 1\u00a0538\u00a0000 non) pour approuver le s\u00e9natus-consulte du 20\u00a0avril 1870. L\u2019Empire devient une monarchie parlementaire\u00a0: ministres responsables devant les Chambres qui ont aussi l\u2019initiative des lois.<\/p>\n<p>L\u2019opposition r\u00e9publicaine se divise et Gambetta r\u00e9sume l\u2019opinion g\u00e9n\u00e9rale\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Empire est plus fort que jamais\u00a0!\u00a0\u00bb Lui aussi fait erreur. C\u2019est oublier la Prusse de Bismarck, surnomm\u00e9 le Chancelier de fer. \u00ab\u00a0Par le fer et par le sang\u00a0\u00bb est une expression qui lui est ch\u00e8re, tout comme \u00ab\u00a0la force prime le droit\u00a0\u00bb \u2013 traduction de sa <em>Realpolitik<\/em>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous l\u2019acceptons le c\u0153ur l\u00e9ger.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2311\" class=\"cit-num\">2311<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9mile <span class=\"caps\">OLLIVIER<\/span> (1825-1913), Corps l\u00e9gislatif, le jour de la d\u00e9claration de guerre \u00e0 la Prusse, 19\u00a0juillet 1870. <em>Les Causes politiques du d\u00e9sastre<\/em> (1915), L\u00e9on de Montesquiou<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Co\u00fbteuse erreur de jugement politique sur la situation.<\/p>\n<p>Port\u00e9 par l\u2019opinion publique, le pr\u00e9sident du Conseil et garde des Sceaux accepte la responsabilit\u00e9 de la guerre, alors que des intervenants (r\u00e9publicains et pacifistes) \u00e9voquaient le sang bient\u00f4t vers\u00e9. Il insiste sur ces mots qui lui seront reproch\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 sa mort\u00a0: \u00c9mile Ollivier reste \u00e0 jamais pour l\u2019histoire \u00ab\u00a0l\u2019homme au c\u0153ur l\u00e9ger\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et la France chante \u00e0 l\u2019unisson\u2026 \u00ab\u00a0Prussiens\u00a0! vous fuirez, battant la retraite \/ Devant nos drapeaux \/ Et nos Chassepots, \/ Oui, notre aigle altier qui n\u2019a qu\u2019une t\u00eate \/ S\u2019ra victorieux, \/ Et pourtant le v\u00f4tre en a deux\u00a0! (<em>Refrain<\/em>)\u00a0 Zim la la, zim la la, les beaux militaires, \/ Zim la la, zim la la, que ces Prussiens-l\u00e0\u00a0!\u00a0\u00bb<em> Ces beaux Prussiens<\/em> (1870).<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00ab\u00a014, rien.\u00a0\u00bb LOUIS XVI (1754-1793) Les auteurs de ces erreurs historiques sont plus ou moins connus et parfois c\u00e9l\u00e8bres \u2013 Louis XVI, Napol\u00e9on, de Gaulle&#8230; Les erreurs, \u00e9crites ou parl\u00e9es,\u00a0 portent sur un fait minime ou capital \u2013 14 juillet 1789, d\u00e9claration de guerre de 1870, Affaire Dreyfus&#8230; Elles peuvent \u00eatre intentionnelles, pour manipuler [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":150,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-10277","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10277","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10277"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10277\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12551,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10277\/revisions\/12551"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10277"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10277"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10277"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}