{"id":11502,"date":"2022-12-12T00:00:00","date_gmt":"2022-12-11T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/07\/17\/devises-dhier-et-daujourdhui-du-moyen-age-a-la-revolution\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:02","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:02","slug":"devises-dhier-et-daujourdhui-du-moyen-age-a-la-revolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/devises-dhier-et-daujourdhui-du-moyen-age-a-la-revolution\/","title":{"rendered":"Devises d\u2019hier et d\u2019aujourd&rsquo;hui (du Moyen \u00c2ge \u00e0 la R\u00e9volution)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>Les devises sont un concentr\u00e9 d\u2019histoire du monde\u00a0!<\/p>\n<p>La devise est une citation br\u00e8ve exprimant une pens\u00e9e, un sentiment, un mot d\u2019ordre. La plupart des devises historiques fran\u00e7aises sont emprunt\u00e9es \u00e0 notre <em>Histoire en citations<\/em>, mais l\u2019ouverture au monde s\u2019impose et d\u2019autres sources existent, \u00e0 commencer par les dictionnaires, les encyclop\u00e9dies.<\/p>\n<p>La confusion est parfois possible entre devise et maxime. Si le texte est associ\u00e9 \u00e0 un blason (embl\u00e8me d\u2019une famille noble ou d\u2019une collectivit\u00e9), c\u2019est une devise. Mais n\u2019importe qui, auteur ou tout autre professionnel, peut choisir de se d\u00e9finir en quelques mots. Exemple arch\u00e9typal, entre g\u00e9nie et m\u00e9galomanie\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Ego Hugo<\/em>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Moi Hugo\u00a0\u00bb. Notons que le latin a toujours la cote dans l\u2019histoire, mais en pleine Guerre de Cent Ans, l\u2019Angleterre s\u2019affiche en fran\u00e7ais\u00a0: \u00ab\u00a0Honi soit qui mal y pense\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Quelques devises deviennent proverbes, une authentique promotion\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 c\u0153ur vaillant, rien d\u2019impossible\u00a0\u00bb, fi\u00e8re devise de l\u2019aventurier Jacques C\u0153ur. Depuis le Moyen \u00c2ge, Dieu, la mort, le pouvoir sont des termes r\u00e9currents.<\/p>\n<p>\u00c0 partir du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, les devises individuelles se font plus rares et les devises nationales plus nombreuses, avec l\u2019accession \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance des anciennes colonies et la cr\u00e9ation de nouveaux \u00c9tats. Notre pays a donn\u00e9 l\u2019exemple\u2026<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9\u00a0\u00bb. D\u00e8s la R\u00e9volution, la jeune R\u00e9publique fran\u00e7aise proclame sa devise. De nos jours, plus de 150 \u00c9tats ont fait choix d\u2019une devise et la Libert\u00e9 s\u2019affiche en t\u00eate des valeurs nationales, m\u00eame dans des pays o\u00f9 la d\u00e9mocratie laisse \u00e0 d\u00e9sirer\u2026 Le Vi\u00eat Nam, fier de son ind\u00e9pendance en 1954, s\u2019inspire des valeurs historiques ch\u00e8res \u00e0 la France et aux \u00c9tats-Unis\u00a0: \u00ab\u00a0Ind\u00e9pendance, Libert\u00e9, Bonheur\u00a0\u00bb. Cas tr\u00e8s particulier, deux pays quasi-d\u00e9sertiques au sud de l\u2019Afrique invoquent la \u00ab\u00a0Pluie\u00a0\u00bb, premier symbole de vie et de prosp\u00e9rit\u00e9. Autre cas d\u2019une devise valant proverbe et partag\u00e9e par plusieurs pays, \u00e0 commencer par la Belgique\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Union fait la force\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cet \u00e9dito offre une foule d\u2019autres d\u00e9tails de l\u2019Histoire de France et d\u2019ailleurs. L\u2019ordre chronologique s\u2019impose et la c\u00e9sure entre les deux \u00e9pisodes se fait \u00e0 la R\u00e9volution, \u00e9poque charni\u00e8re entre l\u2019ancien et le nouveau monde.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"vertical-align: baseline;margin-left: auto;margin-right: auto\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/histoire-en-citations-volume-1.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><span class=\"caps\">MOYEN<\/span> <span class=\"caps\">\u00c2GE<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Fluctuat nec mergitur\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Il est battu par les flots mais ne sombre pas\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"222\" class=\"cit-num\">222<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise des marchands d\u2019eau en 1268. Encyclop\u00e9die Larousse, article \u00ab\u00a0Devise\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La corporation des Nautes ou Marchands de l\u2019eau \u00e9tait puissante \u00e0 l\u2019\u00e9poque antique de la ville. Au <span class=\"caps\">XIV<\/span>e si\u00e8cle, leur devise deviendra celle de Paris, le navire parisien \u00e9tant repr\u00e9sent\u00e9 sur le blason de la capitale fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de Paris rel\u00e8ve de la politique et de la g\u00e9ographie. Clovis le premier roi en fait sa capitale au <span class=\"caps\">VI<\/span>e si\u00e8cle, installant les organes du pouvoir dans la petite cit\u00e9 des Parisii, peuple gaulois install\u00e9 dans l\u2019actuelle r\u00e9gion parisienne et donnant son nom \u00e0 Paris \u2013 position de capitale confirm\u00e9e par les Cap\u00e9tiens.<\/p>\n<p>Au carrefour entre les itin\u00e9raires commerciaux terrestres et fluviaux et au centre d\u2019une riche r\u00e9gion agricole, Paris devient l\u2019une des principales villes de France au Xe si\u00e8cle, avec ses palais royaux, ses riches abbayes et sa premi\u00e8re cath\u00e9drale. Deux si\u00e8cles plus tard, c\u2019est l\u2019une des premi\u00e8res villes europ\u00e9ennes pour l\u2019enseignement et les arts.<\/p>\n<p>Que ce soit avec la Fronde, la R\u00e9volution, la Commune de 1871 ou mai 1968, Paris demeure au c\u0153ur des \u00e9v\u00e9nements marquants de l\u2019histoire de la France, chaque r\u00e9gion revendiquant son r\u00f4le, les grands f\u00e9odaux \u00e9tant au Moyen \u00c2ge plus puissants que le roi lui-m\u00eame.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Roi ne suis, ni prince, ni duc, ni comte aussi,<br>Je suis le sire de Coucy\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"206\" class=\"cit-num\">206<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise des <span class=\"caps\">COUCY<\/span>, noble famille de Picardie. <em>Citations historiques expliqu\u00e9es\u00a0: des origines \u00e0 nos jours<\/em> (2011), Jean-Paul Roig<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Enguerrand <span class=\"caps\">III<\/span> de Coucy, dit le Grand ou le B\u00e2tisseur, combattit \u00e0 Bouvines aupr\u00e8s de Philippe Auguste et participa aux r\u00e9voltes f\u00e9odales, durant la minorit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> entre\u00a01226 et\u00a01234. Apr\u00e8s sa mort accidentelle en 1243, et celle de son fils Raoul <span class=\"caps\">II<\/span> au cours de la septi\u00e8me croisade (\u00e0 la Mansourah), Enguerrand <span class=\"caps\">IV<\/span> recueillera l\u2019h\u00e9ritage familial.<\/p>\n<p>Cette devise r\u00e9sonne comme celle des princes de Rohan (maison de Bretagne aux multiples branches)\u00a0: \u00ab\u00a0Roi ne puis, duc ne daigne, Rohan suis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Notre sang teint les banni\u00e8res de France\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise des Barons de Ch\u00e2teaubriant, Famille de Ch\u00e2teaubriant<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les Ch\u00e2teaubriant adopt\u00e8rent cette magnifique devise apr\u00e8s 1250, par concession de Louis <span class=\"caps\">IX<\/span>.<\/p>\n<p>Rappelons que sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, les privil\u00e8ges de la noblesse \u00e9taient (th\u00e9oriquement) justifi\u00e9s par le fait de se battre \u00e0 la guerre \u2013 tout comme le clerg\u00e9 cens\u00e9 prier dans une France tr\u00e8s chr\u00e9tienne.<\/p>\n<p>Cette famille de la haute noblesse bretonne qui remonte \u00e0 la chevalerie du <span class=\"caps\">XI<\/span>e si\u00e8cle affiche fi\u00e8rement trois branches, deux rameaux et un \u00ab\u00a0cas\u00a0\u00bb sur une parent\u00e9 discutable.<\/p>\n<p>Elle s\u2019enorgueillit aussi du nom de Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 de Chateaubriand (vicomte dans le rameau des Touches). Premier grand romantique fran\u00e7ais, auteur des <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em>, il \u00e9voque son enfance au ch\u00e2teau de Combourg (\u00e0 40 km de Saint-Malo). Jeune royaliste qui se d\u00e9tourne de la R\u00e9volution \u00e0 la vue du premier sang vers\u00e9 \u00e0 la Bastille, cet homme politique se situera presque toujours dans l\u2019opposition, sous les sept r\u00e9gimes \u00e0 venir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Memento finis\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Songe \u00e0 ta fin\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"246\" class=\"cit-num\">246<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise des Templiers. <em>R\u00e8gle et statuts secrets des Templiers<\/em> (1840), Charles Hippolyte Maillard de Chambure<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On peut aussi traduire par \u00ab\u00a0Pense \u00e0 ton but\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019an\u00e9antissement du plus prestigieux ordre religieux et militaire du Moyen \u00c2ge est une \u00ab\u00a0affaire\u00a0\u00bb qui d\u00e9fraie \u00e0 juste titre la chronique et sept cents ans plus tard, les motivations de Philippe le Bel le \u00ab\u00a0roi de fer\u00a0\u00bb demeurent l\u2019un des grands myst\u00e8res de l\u2019Histoire. Reste une \u00e9vidence\u00a0: toujours \u00e0 court d\u2019argent, ce roi qualifi\u00e9 aussi de \u00ab\u00a0faux-monnayeur\u00a0\u00bb visait la liquidation de l\u2019ordre, au terme d\u2019un mauvais proc\u00e8s fait \u00e0 ces moines soldats surtout coupables d\u2019\u00eatre trop riches et de former un \u00ab\u00a0\u00c9tat dans l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb, les Templiers ne d\u00e9pendant que de l\u2019autorit\u00e9 du pape. Mais il voulait surtout r\u00e9cup\u00e9rer une part de leur fortune \u2013 le fameux \u00ab\u00a0tr\u00e9sor\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Soigneusement pr\u00e9par\u00e9, le complot contre les Templiers finit dans la violence du b\u00fbcher en mars 1314, avec la mal\u00e9diction prof\u00e9r\u00e9e par Jacques de Molay, le ma\u00eetre de l\u2019ordre\u00a0: \u00ab\u00a0Pape Cl\u00e9ment\u00a0! Chevalier Guillaume\u00a0! Roi Philippe\u00a0! Avant un an, je vous cite \u00e0 compara\u00eetre au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste ch\u00e2timent\u00a0! Maudits\u00a0! Maudits\u00a0! Tous maudits jusqu\u2019\u00e0 la treizi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de vos races\u00a0!\u00a0\u00bb Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, guillotin\u00e9 en 1793, appartient \u00e0 la treizi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration maudite\u2026 et le feuilleton des \u00ab\u00a0Rois Maudits\u00a0\u00bb fera les beaux soirs de la t\u00e9l\u00e9 en 1972 (r\u00e9alisation de Claude Barma, d\u2019apr\u00e8s les <em>Rois Maudits<\/em> de Maurice Druon).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Honi soit qui mal y pense\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise de l\u2019ordre de la Jarreti\u00e8re, le plus \u00e9lev\u00e9 des ordres de chevalerie en Grande-Bretagne, cr\u00e9\u00e9 le 23 avril 1348 par \u00c9douard <span class=\"caps\">III<\/span>, <em>1001 expressions pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es des Fran\u00e7ais<\/em> (2011), Georges Planelles<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au d\u00e9but de la fameuse Guerre de Cent Ans (1337-1453), le roi d\u2019Angleterre \u00c9douard <span class=\"caps\">III<\/span> (\u00e9galement duc d\u2019Aquitaine) s\u2019empare de Calais et d\u00e9cide de s\u2019y installer pour un temps. Il organise un bal de cour et invite sa ma\u00eetresse, la comtesse de Salisbury. La belle laisse tomber sa jarreti\u00e8re sur la piste de danse, les courtisans se moquent, mais son amant trouve le geste et le mot qui sauve. Il ramasse le tissu, le noue \u00e0 son propre genou et lance\u00a0: \u00ab\u00a0Honi soit qui mal y pense. Ceux qui rient maintenant seront tr\u00e8s honor\u00e9s d\u2019en porter une semblable, car ce ruban sera mis en tel honneur que les railleurs eux-m\u00eames le chercheront avec empressement.\u00a0\u00bb Ainsi est n\u00e9 l\u2019ordre de la Jarreti\u00e8re \u2013 c\u2019est peut-\u00eatre une l\u00e9gende, mais si jolie qu\u2019on la retient et la cite volontiers.<\/p>\n<p>Notons un d\u00e9tail\u00a0: sur l\u2019insigne o\u00f9 figure toujours une jarreti\u00e8re bleue bien nou\u00e9e, la devise s\u2019orthographie avec un seul \u00ab\u00a0n\u00a0\u00bb, conform\u00e9ment au fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque. L\u2019expression qui vaut aujourd\u2019hui encore s\u2019\u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Honni soit qui mal y pense\u00a0\u00bb, r\u00e9partie adroite pour mettre fin aux id\u00e9es re\u00e7ues.<\/p>\n<p>Et le fran\u00e7ais se retrouve \u00e0 l\u2019honneur dans une autre devise de l\u2019ennemi historique de notre pays, toujours en Guerre de Cent Ans\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu et mon droit\u00a0\u00bb<span id=\":\" class=\"cit-num\">:<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise en fran\u00e7ais du Royaume-Uni sur les armoiries royales et cri de guerre de la monarchie depuis Henri V (couronn\u00e9 en 1413)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Dieu et mon droit\u00a0\u00bb figure sous le lion et la licorne des armoiries avec la roue qui affiche aussi\u00a0: \u00ab\u00a0Honi soit qui mal y pense\u00a0\u00bb. On les retrouve \u00e0 Londres sur le fronton des vieux b\u00e2timents\u2026 et m\u00eame sur le passeport des Britanniques.<\/p>\n<p>La raison se trouve comme souvent dans l\u2019Histoire. Au Moyen \u00c2ge, entre le <span class=\"caps\">XI<\/span>\u00e8me et le <span class=\"caps\">XV<\/span>\u00e8me si\u00e8cles, l\u2019\u00e9lite anglaise parle couramment le fran\u00e7ais, ou plus pr\u00e9cis\u00e9ment le normand. Guillaume le Conqu\u00e9rant, duc de Normandie, avait remport\u00e9 la couronne anglaise en 1066 apr\u00e8s la c\u00e9l\u00e8bre bataille d\u2019Hastings. L\u2019\u00e9lite anglo-saxonne a progressivement disparu au sein de l\u2019aristocratie et les rois normands se succ\u00e8dent jusqu\u2019\u00e0 Henri V.<\/p>\n<p>Le souverain, conservateur, veut garder le normand comme langue \u00e0 la cour et choisit pour le royaume d\u2019Angleterre la devise \u00ab\u00a0Dieu et mon droit\u00a0\u00bb. Cette phrase viendrait de Richard C\u0153ur de Lion (fils d\u2019Henri <span class=\"caps\">II<\/span> et d\u2019Ali\u00e9nor d\u2019Aquitaine), monarque du pays entre 1189 et 1199. \u00c0 la bataille de Gisord (1198) contre le roi de France Philippe Auguste, il aurait lanc\u00e9 ces mots signifiant qu\u2019il devait sa couronne \u00e0 Dieu et uniquement \u00e0 lui. La phrase a travers\u00e9 le temps, devenue devise de la monarchie britannique. En 2016, une p\u00e9tition fut lanc\u00e9e pour enlever les mots fran\u00e7ais du passeport britannique, sans succ\u00e8s.<\/p>\n<p>Ainsi le fran\u00e7ais est-il bien ancr\u00e9 dans la monarchie britannique, alors que la langue anglaise concurrence le fran\u00e7ais en maints domaines, le num\u00e9rique, la mode, la musique, la vie des entreprises, etc.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rien ne m\u2019est plus, plus ne m\u2019est rien\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"320\" class=\"cit-num\">320<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Valentine <span class=\"caps\">VISCONTI<\/span> (1368-1408), duchesse d\u2019Orl\u00e9ans, janvier\u00a01408. Sa devise. <em>Chroniques<\/em> (posthume, 1826), Enguerrand de Monstrelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est encore un \u00e9pisode de la Guerre de Cent Ans, au Moyen \u00c2ge. Le 23\u00a0novembre\u00a01407, dix-huit hommes au service du puissant duc de Bourgogne dit Jean sans Peur se jettent sur le duc d\u2019Orl\u00e9ans, sortant de l\u2019h\u00f4tel Barbette, rue Vieille du Temple \u00e0 Paris, o\u00f9 r\u00e9side sa ma\u00eetresse, la reine Isabeau (de mauvaise r\u00e9putation). Ils tuent sauvagement\u00a0le duc\u00a0: tyrannicide salutaire contre celui qui exer\u00e7ait \u00ab\u00a0seigneurie \u00e0 son propre et singulier profit\u00a0\u00bb, plaide Jehan Petit, docteur en th\u00e9ologie faisant l\u2019apologie publique de ce meurtre.<\/p>\n<p>La veuve a vainement demand\u00e9 justice aupr\u00e8s du roi (Charles <span class=\"caps\">VI<\/span> le Fou), suite \u00e0 l\u2019assassinat de son mari. Elle prend cette triste devise inscrite sur la dalle mortuaire et va sans fin se recueillir devant le gisant du duc. Elle mourra l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p>Mais auparavant, la veuve et son fils Charles d\u2019Orl\u00e9ans ont voulu venger cette mort. Charles a \u00e9pous\u00e9 la fille du comte d\u2019Armagnac et ils vont pouvoir compter sur les \u00ab\u00a0routiers\u00a0\u00bb gascons, mercenaires du comte. Ainsi commence la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons qui va ensanglanter durablement la France d\u00e9j\u00e0 malade de la Guerre de Cent Ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu premier servi\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"339\" class=\"cit-num\">339<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JEANNE<\/span> D\u2019<span class=\"caps\">ARC<\/span> (1412-1431), devise. <em>Jeanne d\u2019Arc\u00a0: le pouvoir et l\u2019innocence<\/em> (1988), Pierre Moinot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la cl\u00e9 du personnage, premi\u00e8re h\u00e9ro\u00efne nationale qui fait toujours fantasmer la France, divise les historiens et fait r\u00e9f\u00e9rence chez les politiciens de tous bords.<\/p>\n<p>Ni l\u2019\u00c9glise, ni le roi, ni la France, ni rien ni personne d\u2019autre ne passe avant Lui, \u00ab\u00a0Messire Dieu\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0roi du Ciel\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0roi des Cieux\u00a0\u00bb, obsessionnellement invoqu\u00e9 ou \u00e9voqu\u00e9 par Jeanne, aux moments les plus glorieux ou les plus sombres de sa vie. C\u2019est la raison m\u00eame de sa passion, cette foi forte et fragile, \u00e0 l\u2019image du personnage\u2026 et du Moyen \u00c2ge qui reste surtout comme le temps des croisades et des cath\u00e9drales.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 c\u0153ur vaillant, rien d\u2019impossible\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"360\" class=\"cit-num\">360<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">C\u0152UR<\/span> (vers 1395-1456), cas rarissime d\u2019une devise devenue proverbe.<em> Le Grand C\u0153ur<\/em> (2012), Jean-Christophe Rufin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette devise illustre \u00e0 merveille l\u2019esprit d\u2019entreprise sans limite d\u2019un homme d\u2019affaires aux multiples activit\u00e9s (banque, change, mines, m\u00e9taux pr\u00e9cieux, \u00e9pices, sel, bl\u00e9, draps, laine, pelleterie, orf\u00e8vrerie), banquier de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> et qui finan\u00e7a comme tel la reconqu\u00eate de la Normandie en 1449. Sa vie est un authentique roman d\u2019aventure.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre des monnaies en 1436, argentier du roi en 1440, puis conseiller en 1442, charg\u00e9 de missions diplomatiques \u00e0 Rome, G\u00eanes, il aide aussi le roi \u00e0 r\u00e9tablir une monnaie saine et \u00e0 redonner vie au commerce fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Soup\u00e7onn\u00e9 de malversations et crimes v\u00e9ritables ou suppos\u00e9s (et m\u00eame d\u2019avoir empoisonn\u00e9 Agn\u00e8s Sorel, ma\u00eetresse du roi, morte le 9\u00a0f\u00e9vrier 1450), il est arr\u00eat\u00e9 en 1451 et condamn\u00e9 par une commission extraordinaire le 29\u00a0mai 1453\u00a0: confiscation de ses biens et amende de 400\u00a0000 \u00e9cus.<\/p>\n<p>En 1454, il s\u2019\u00e9vade de prison, se fait innocenter par le Pape Calixte <span class=\"caps\">III<\/span> qui lui confie le commandement d\u2019une flotte pour guerroyer contre les Turcs. Il meurt en croisade \u00e0 Chio, en 1456.<\/p>\n<p>Son \u00e9ph\u00e9m\u00e8re fortune symbolise la g\u00e9n\u00e9ration des nouveaux riches, issue de la guerre de Cent Ans. Cette vie qui a frapp\u00e9 ses contemporains fait de lui un personnage de la proche Renaissance.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Divide ut regnes\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Diviser pour r\u00e9gner\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"275\" class=\"cit-num\">275<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XI<\/span> (1423-1483), sa premi\u00e8re maxime. <em>Fleurs latines des dames et des gens du monde ou clef des citations latines<\/em> (1850), Pierre Larousse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9nonc\u00e9e \u00e0 la Renaissance par Machiavel, mais attribu\u00e9e \u00e0 Philippe de Mac\u00e9doine (p\u00e8re d\u2019Alexandre le Grand) qui r\u00e9gna\u00a0 au <span class=\"caps\">IV<\/span>e si\u00e8cle avant J.-C., associ\u00e9e plus tard au S\u00e9nat romain, la maxime qui vaut devise sera reprise par Catherine de M\u00e9dicis, r\u00e9gente puissante aux m\u0153urs florentines.<\/p>\n<p>Cette strat\u00e9gie inspire nombre de personnages politiques, mais Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> demeure l\u2019un de nos plus grands rois.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui s\u2019y frotte, s\u2019y pique\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"277\" class=\"cit-num\">277<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> (1423-1483), sa devise. <em>Citations historiques expliqu\u00e9es\u00a0: des origines \u00e0 nos jours<\/em> (2011), Jean-Paul Roig<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dernier grand roi du Moyen \u00c2ge, mal aim\u00e9 car peu aimable, vu par le chroniqueur Georges Chastellain\u00a0: \u00ab\u00a0Notre roi qui ne se v\u00eat que d\u2019une pauvre robe grise avec un m\u00e9chant chapelet, et ne hait rien que joie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais c\u2019est un personnage essentiel de notre Histoire et reconnu par les historiens, y compris Michelet qui d\u00e9nonce par ailleurs le tyran\u00a0: \u00ab\u00a0Avec la faible ressource d\u2019un roi du Moyen \u00c2ge, il avait d\u00e9j\u00e0 les mille embarras d\u2019un gouvernement moderne\u00a0: mille d\u00e9penses publiques, cach\u00e9es, glorieuses, honteuses. Peu de d\u00e9penses personnelles\u00a0; il n\u2019avait pas les moyens de s\u2019acheter un chapeau, et il trouva de l\u2019argent pour acqu\u00e9rir le Roussillon et racheter la Somme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> prendra la m\u00eame devise que son beau-p\u00e8re Louis <span class=\"caps\">XI<\/span>, mais associ\u00e9e au porc-\u00e9pic. De sorte qu\u2019il y a parfois confusion, dans certaines sources, entre les deux symboles et les deux rois.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Qui nescit dissimulare, nescit regnare\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Celui qui ne sait pas dissimuler, ne sait pas r\u00e9gner\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> (1423-1483), devise en forme de maxime<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec cet autre pr\u00e9cepte, on a la cl\u00e9 de toute la politique de Louis <span class=\"caps\">XI<\/span>, personnage r\u00e9aliste et rus\u00e9, \u00e0 la diplomatie retorse, aux man\u0153uvres sans scrupules, pr\u00eat \u00e0 briser le pouvoir des grands seigneurs f\u00e9odaux pour ouvrir les portes de l\u2019\u00e8re moderne, \u00e0 commencer par la Renaissance \u2013 d\u00e9j\u00e0 omnipr\u00e9sente en Italie et fascinante pour les rois de France \u00e0 venir.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/histoire-en-citations-volume-2.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">RENAISSANCE<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Aut Caesar aut nihil\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Ou empereur ou rien\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise de C\u00e9sar <span class=\"caps\">BORGIA<\/span> (1475-1507) \u00e9crite sur les drapeaux de ses soldats et jouant de l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 avec son pr\u00e9nom<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Prince italien n\u00e9 le 13 septembre 1475 \u00e0 Rome et mort le 12 mars 1507 en Navarre, il succ\u00e8de \u00e0 son fr\u00e8re Giovanni Borgia (Juan Borgia) en tant que duc de Gandie. Il est \u00e9galement pair de France, chevalier de l\u2019ordre de Saint-Michel, prince de Romagne, d\u2019Andria et de Venafro, duc de Gandie et de Valentinois, comte de Diois, seigneur d\u2019Issoudun, de Piombino, Camerino et Urbino, gonfalonier et capitaine g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019\u00c9glise, condotti\u00e8re et cardinal\u2026 C\u2019est dire le <span class=\"caps\">CV<\/span> exceptionnel d\u2019une carri\u00e8re fulgurante, qui s\u2019explique par l\u2019appui de la papaut\u00e9 et de la royaut\u00e9 . Mais il ne fut pas C\u00e9sar (empereur).<\/p>\n<p>Il doit surtout sa notori\u00e9t\u00e9 \u00e0 Machiavel qui l\u2019a connu et le cite fr\u00e9quemment dans<em> Le Prince<\/em>, mod\u00e8le du souverain qui, gr\u00e2ce \u00e0 une \u00ab\u00a0virt\u00f9\u00a0\u00bb hors du commun, r\u00e9ussit \u00e0 conserver un pouvoir acquis par la faveur d\u2019autrui \u2013 \u00e0 commencer par son p\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Malo mori quam f\u0153dari\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Plut\u00f4t mourir que se d\u00e9shonorer\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"420\" class=\"cit-num\">420<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">BRETAGNE<\/span> (1476-1514), devise des ducs de Bretagne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ou encore \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e8re la mort \u00e0 la souillure\u00a0\u00bb \u2013 et la duchesse Anne prend pour symbole la blanche hermine.<\/p>\n<p>Fille de Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, dernier duc de Bretagne, elle lui succ\u00e8de le 9\u00a0septembre 1488 \u00e0 la t\u00eate du duch\u00e9 de Bretagne. Elle a 13 ans. C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une vie publique (et priv\u00e9e) fort mouvement\u00e9e, pour une femme de grand caract\u00e8re qui deviendra (deux fois) reine de France, mari\u00e9e \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> et Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span> et apportant la Bretagne en dot.<\/p>\n<p>Elle mourra sans s\u2019\u00eatre d\u00e9shonor\u00e9e, mais \u00e9puis\u00e9e \u00e0 moins de 37 ans par ses grossesses, entre fausses couches et maternit\u00e9s (un enfant tous les 14 mois en moyenne).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Voluntas Dei. Missus a Deo\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Volont\u00e9 de Dieu. Envoy\u00e9 de Dieu\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"424\" class=\"cit-num\">424<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> l\u2019Affable (1470-1498), devise sur ses \u00e9tendards entrant dans Rome, fin 1494.<em> Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De 1492 \u00e0 1559, la France de la Renaissance va se lancer dans 11 guerres d\u2019Italie avec des fortunes diverses. Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> est le premier de nos rois qui succombe au mirage italien, Fran\u00e7ois Ier sera le plus embl\u00e9matique.<\/p>\n<p>Affichant sa fi\u00e8re devise, le roi de France se prend pour un nouveau crois\u00e9 \u2013 d\u2019ailleurs appel\u00e9 par l\u2019Italie en plein chaos politique, avec ses cinq \u00c9tats qui se d\u00e9chirent entre eux et une poussi\u00e8re de principaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Suivent cinq mois de marche triomphale pour traverser l\u2019Italie avec 36\u00a0000 hommes, dont 10\u00a0000 mercenaires suisses et allemands. Presque sans combattre, le voil\u00e0 aux portes de Rome, le 31\u00a0d\u00e9cembre 1494\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi entra dans Rome plus triomphalement et mieux accompagn\u00e9 que ne fit aucun prince qui soit en la m\u00e9moire de ceux qui sont vivants\u00a0\u00bb, selon le t\u00e9moignage d\u2019un des gentilshommes de Louis d\u2019Orl\u00e9ans \u2013 lib\u00e9r\u00e9, r\u00e9concili\u00e9 avec Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, le futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> fait partie de l\u2019exp\u00e9dition.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Libris et liberis\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Pour des livres et pour des enfants\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUISE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">SAVOIE<\/span> (1476-1531), sa devise parfaitement conforme \u00e0 sa vie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille du duc Philippe <span class=\"caps\">II<\/span> de Savoie et de Marguerite de Bourbon, mari\u00e9e \u00e0 Charles d\u2019Angoul\u00eame, cousin de Louis <span class=\"caps\">XII<\/span>, elle a deux enfants qui marqueront l\u2019Histoire\u00a0: Marguerite (future reine de Navarre et po\u00e9tesse) et Fran\u00e7ois Ier.<\/p>\n<p>Veuve \u00e0 dix-neuf ans, elle se consacre \u00e0 leur \u00e9ducation, aid\u00e9e par son confesseur, le cardinal Cristoforo Numai de Forl\u00ec. Elle-m\u00eame fut \u00e0 bonne \u00e9cole avec sa tante, Anne de Beaujeu. Les livres de Christine de Pisan font partie de sa fameuse biblioth\u00e8que\u00a0: cette philosophe et po\u00e9tesse d\u2019origine italienne est consid\u00e9r\u00e9e comme la premi\u00e8re femme de lettres fran\u00e7aise ayant pu vivre de sa plume non sans mal \u2013 mais ce n\u2019\u00e9tait pas non plus facile chez ses confr\u00e8res toujours en qu\u00eate de m\u00e9c\u00e9nat.<\/p>\n<p>Suivant sa devise, Louise de Savoie fait elle-m\u00eame \u0153uvre de m\u00e9c\u00e8ne, passant commande de nombreux manuscrits destin\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation de ses enfants. Son unique objectif devient alors de pr\u00e9parer son fils, son \u00ab\u00a0C\u00e9sar bien-aim\u00e9\u00a0\u00bb au m\u00e9tier de roi \u2013 Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> n\u2019ayant pas de descendant m\u00e2le.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Nutrisco et exstinguo\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Je le nourris et je l\u2019\u00e9teins\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"436\" class=\"cit-num\">436<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier (1494-1547), devise accompagnant la salamandre sur ses armes. <em>Encyclop\u00e9die th\u00e9ologique<\/em> (1863), abb\u00e9 Jean-Jacques Bourasse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Allusion \u00e0 l\u2019ancienne croyance selon laquelle cet animal est capable de vivre dans le feu et m\u00eame de l\u2019\u00e9teindre.<\/p>\n<p>Depuis un si\u00e8cle, les rois de France ont des embl\u00e8mes personnels souvent associ\u00e9s \u00e0 un animal\u00a0: le lion pour Charles <span class=\"caps\">VI<\/span>\u00a0le Fou, le cerf ail\u00e9 pour Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> et Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, le porc-\u00e9pic pour Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>. La salamandre se marie bien \u00e0 cette Renaissance o\u00f9 la fronti\u00e8re est floue entre nature et surnature, chimie et alchimie, astronomie et astrologie. On croit l\u2019air et l\u2019onde peupl\u00e9s de d\u00e9mons \u2013 m\u00eame le tr\u00e8s savant Ambroise Par\u00e9, m\u00e9decin des rois\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Ad majorem Dei gloriam\u00a0\u00bb<\/em> ou <span class=\"caps\">AMDG<\/span> \u00ab\u00a0Pour une plus grande gloire de Dieu\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise des membres de la Compagnie de J\u00e9sus, autrement dit les J\u00e9suites<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Homme de guerre repenti apr\u00e8s une grave blessure lors d\u2019un si\u00e8ge en 1521, Ignace de Loyola part \u00e9tudier \u00e0 Paris. En 1534, il fonde, en collaboration avec le Navarrais Fran\u00e7ois-Xavier et le Savoyard Pierre Favre, un ordre auquel se joint une bande d\u2019\u00e9tudiants, dans le but d\u2019\u0153uvrer \u00e0 une plus grande gloire de Dieu dans un monde d\u00e9chir\u00e9 par les guerres de Religion et les affrontements entre catholiques et r\u00e9form\u00e9s. L\u2019Ordre qui se donne un but apostolique et missionnaire prend le nom de Compagnie de J\u00e9sus. Le j\u00e9suite s\u2019engage \u00e0 vivre selon les v\u0153ux de pauvret\u00e9, de chastet\u00e9 et d\u2019ob\u00e9issance\u00a0: tout cela pour \u00eatre disponible, se mettre au service de l\u2019\u00c9glise et aider les autres \u00e0 rencontrer Dieu. Il vit au sein d\u2019une communaut\u00e9, dans une cohabitation fraternelle.<\/p>\n<p>Arme intellectuelle du catholicisme romain, le Pape mobilise imm\u00e9diatement les j\u00e9suites comme th\u00e9ologiens de service au Concile de Trente. \u00c0 l\u2019activit\u00e9 missionnaire et intellectuelle s\u2019ajoute rapidement l\u2019enseignement. Au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle, l\u2019Europe, l\u2019Inde et l\u2019Am\u00e9rique Centrale et du Sud comptent environ 600 \u00e9tablissements qui sont la providence des parents en qu\u00eate d\u2019\u00e9tudes solides et d\u2019orthodoxie spirituelle. L\u2019attention \u00e0 la p\u00e9dagogie sanctifie le savoir et accorde une grande place \u00e0 la science moderne, ce qui renforce leur succ\u00e8s. La Compagnie de J\u00e9sus s\u2019associe durablement \u00e0 la formation des \u00e9lites.<\/p>\n<p>Le despotisme \u00e9clair\u00e9 et les Lumi\u00e8res contestent le r\u00f4le de la Compagnie. En 1759, le Portugal et ses colonies les chassent. En 1763, Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> les proscrit. En 1767, l\u2019Espagne les expulse. En 1773, la Papaut\u00e9 les supprime. \u00c9v\u00e9nement unique, un Ordre religieux est d\u00e9truit par l\u2019autorit\u00e9 m\u00eame qui l\u2019avait fond\u00e9e. Le profond enracinement social et culturel des j\u00e9suites permet sa reconstitution apr\u00e8s 1814.<\/p>\n<p>Dans les histoires dr\u00f4les, le B\u00e9n\u00e9dictin est toujours savant, le Trappiste creuse sa tombe, le J\u00e9suite, lui, est rus\u00e9. Exemple\u00a0: \u00ab\u00a0Au temps des rois mages, les couvents ont envoy\u00e9 un repr\u00e9sentant aupr\u00e8s de l\u2019enfant J\u00e9sus. Le b\u00e9n\u00e9dictin s\u2019\u00e9crie\u00a0: \u2013 Seigneur, voici l\u2019encens de notre connaissance. Le dominicain\u00a0: \u2013 Seigneur, voici l\u2019or de notre parole. Et le franciscain\u00a0: \u2013 Seigneur, voici la myrrhe de notre pauvret\u00e9. Pendant ce temps, le j\u00e9suite glisse \u00e0 l\u2019oreille de Joseph\u00a0: \u2013 Confiez-nous le petit. Nous en ferons quelque chose\u00a0\u00bb. Plus grave, l\u2019accusation de p\u00e9dophilie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Doux est le p\u00e9ril pour Christ et le pays\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"510\" class=\"cit-num\">510<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Prince Louis de <span class=\"caps\">COND\u00c9<\/span> (1530-1569), sa devise. <em>La C\u00e9l\u00e8bre Bataille de Jarnac<\/em>, racont\u00e9e par Agrippa d\u2019Aubign\u00e9 (alors \u00e2g\u00e9 de 17\u00a0ans)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Troisi\u00e8me guerre de Religion\u00a0: Cond\u00e9 (le Prince) et Coligny (l\u2019Amiral) sont les deux chefs, convertis au calvinisme, mais mod\u00e9r\u00e9s \u2013 ils ont refus\u00e9 de participer \u00e0 la conjuration d\u2019Amboise (1560). Catherine de M\u00e9dicis veut les faire enlever, ils se r\u00e9fugient \u00e0 La\u00a0Rochelle qui devient une place forte protestante.<\/p>\n<p>Cond\u00e9 prend la t\u00eate, avec sa fi\u00e8re devise sur ses \u00e9tendards et malgr\u00e9 une jambe bris\u00e9e par un cheval. Battu et bless\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e du duc d\u2019Anjou (fr\u00e8re du roi et futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>), il se rend, avant d\u2019\u00eatre assassin\u00e9 au m\u00e9pris des lois de la chevalerie\u00a0: d\u2019un coup de pistolet dans la nuque, tir\u00e9 par le capitaine des gardes. (Rien \u00e0 voir avec le \u00ab\u00a0coup de Jarnac\u00a0\u00bb\u00a0: l\u2019expression trouve son origine dans un duel de 1547, entre le favori du roi Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> et le baron de Jarnac, qui lui trancha le jarret d\u2019un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e fatal.) Coligny r\u00e9ussit \u00e0 sauver 6\u00a0000 hommes, noyau de la nouvelle arm\u00e9e protestante. Henri de Navarre (futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>), pr\u00e9sent \u00e0 la bataille, devient \u00e0 16\u00a0ans le chef des r\u00e9form\u00e9s. Et les guerres de Religion continuent.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que sais-je\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\";\" class=\"cit-num\">;<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de <span class=\"caps\">MONTAIGNE<\/span> (1533-1592), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En 1576, Montaigne fait graver une m\u00e9daille avec ces mots. Point d\u2019ancrage de toute son \u0153uvre, c\u2019est le fondement d\u2019une nouvelle forme de pens\u00e9e o\u00f9 le doute intellectuel est un devoir\u00a0: \u00ab\u00a0Philosopher, c\u2019est douter\u2026 Le doute est un mol oreiller pour une t\u00eate bien faite\u00a0\u00bb \u00e9crit-il. Et d\u2019ajouter \u00ab\u00a0Une t\u00eate bien faite vaut mieux qu\u2019une t\u00eate bien pleine.\u00a0\u00bb Essais (1580)<\/p>\n<p>Cette forme de sagesse l\u2019oppose \u00e0 ses confr\u00e8res en philosophie et de mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale aux hommes de science.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Manet ultima coelo\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0L\u2019ultime (couronne) reste au ciel\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), sa devise au sens toujours secret<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Inscrite sur toutes les m\u00e9dailles \u00e0 son effigie et diversement imag\u00e9es, la formule est \u00e0 l\u2019image de personnage \u00e9nigmatique \u00e0 plus d\u2019un titre, fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de sa m\u00e8re Catherine de M\u00e9dicis, mais partenaire politique pour le moins versatile du futur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et roi diversement jug\u00e9 par les historiens qui s\u2019interrogent autant sur l\u2019homme que sur sa politique.<\/p>\n<p>Restent ses obsessions\u00a0: le r\u00e8gne (difficile, voire impossible), la religion (raison de toutes les guerres et de la Ligue ultra-catholique), la mort (fin ultime et fatalement proche, avec la th\u00e9orie du tyrannicide dont il sera victime, comme son successeur). La pens\u00e9e de l\u2019ultime couronne c\u00e9leste serait alors un r\u00e9confort, une assurance sur la vie \u00e9ternelle.<\/p>\n<p>Quand trois couronnes illustrent la devise, c\u2019est sans doute le rappel de son premier r\u00e8gne en Pologne, avant son retour et son second r\u00e8gne en France, suite \u00e0 la mort pr\u00e9coce de son fr\u00e8re Charles <span class=\"caps\">IX<\/span>, la troisi\u00e8me couronne l\u2019attendant au ciel. Autre interpr\u00e9tation, ultime myst\u00e8re du roi Henri <span class=\"caps\">III<\/span>.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/histoire-en-citations-volume-2.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">NAISSANCE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">MONARCHIE<\/span> <span class=\"caps\">ABSOLUE<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Duo pr\u00e6tendit unus\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0L\u2019une prot\u00e8ge l\u2019autre\u00a0\u00bb<span id=\"\u2013\" class=\"cit-num\">\u2013<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span>, futur <span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Rien de myst\u00e9rieux chez ce roi extraverti, bon vivant mais toujours h\u00e9sitant, et plut\u00f4t optimiste malgr\u00e9 cette terrible \u00e9poque des guerres de Religion \u2013 huit en trente-huit ann\u00e9es \u2013 auxquelles il mettra fin avec l\u2019\u00e9dit de pacification sign\u00e9 \u00e0 Nantes (1598), m\u00eame s\u2019il mourra assassin\u00e9 comme Henri <span class=\"caps\">III<\/span>.<\/p>\n<p>En attendant et par cette devise, le \u00ab\u00a0bon roi Henri\u00a0\u00bb souhaite (ou affirme) simplement que la France prot\u00e8ge sa Navarre natale et vice versa, deux terres qui lui tiennent \u00e0 c\u0153ur, deux couronnes qui seront siennes successivement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une foi, une loi, un roi\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> le Juste (1601-1643), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tr\u00e8s pieux, tr\u00e8s l\u00e9galiste et tr\u00e8s jaloux de son autorit\u00e9 si longtemps contest\u00e9e par sa m\u00e8re et son favori\u00a0: \u00ab\u00a0Merci\u00a0! Grand merci \u00e0 vous\u00a0! \u00c0 cette heure, je suis roi\u00a0!\u00a0\u00bb dit-il au baron de Vitry, apr\u00e8s l\u2019assassinat de Concini au Louvre, 24\u00a0avril 1617. Il n\u2019en pouvait plus d\u2019attendre, \u00e9cart\u00e9 par sa m\u00e8re qui le traite en enfant et humili\u00e9 par son conseiller qui se permet de se couvrir en sa pr\u00e9sence et de s\u2019asseoir sur le tr\u00f4ne \u00e0 sa place.<\/p>\n<p>Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> d\u00e9fendra ensuite son \u00ab\u00a0Principal ministre\u00a0\u00bb le cardinal de Richelieu contre sa m\u00e8re Marie de M\u00e9dicis qui a tent\u00e9 de le perdre avec une perfidie florentine. Gr\u00e2ce au \u00ab\u00a0minist\u00e9riat\u00a0\u00bb, la France sera bien gouvern\u00e9e, dans le respect de la devise royale et gr\u00e2ce aux qualit\u00e9s exceptionnelles du cardinal que le roi saura reconna\u00eetre, quoiqu\u2019il lui en co\u00fbte parfois de partager son autorit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon prix n\u2019est pas dans ma couronne\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> D\u2019Autriche (1601-1666), sa devise. Dictionnaire Larousse au mot \u00ab\u00a0couronne\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine fit son possible pour en \u00eatre digne au fil des \u00e9preuves, apr\u00e8s une entr\u00e9e dans l\u2019Histoire et une premi\u00e8re c\u00e9r\u00e9monie de mariage impressionnante avec Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>.<\/p>\n<p>Reine de France et de Navarre de 1615 \u00e0 1643, elle finit par lui donner un fils\u00a0: \u00ab\u00a0Ici rien pour la nature. Dieudonn\u00e9 est le fils de la raison d\u2019\u00c9tat.\u00a0\u00bb L\u2019historien Michelet \u00e9voque la tr\u00e8s longue st\u00e9rilit\u00e9 du mariage qui faisait craindre pour la succession. \u00ab\u00a0L\u2019enfant apparut au moment o\u00f9 la m\u00e8re se croyait perdue si elle n\u2019\u00e9tait enceinte. Il vint expr\u00e8s pour la sauver.\u00a0\u00bb Le roi \u00e9tant peu empress\u00e9 aupr\u00e8s de la reine, les bonnes \u00e2mes murmurent les noms d\u2019amants suppos\u00e9s. Un doute planera toujours sur la filiation entre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> le Juste et ce petit Dieudonn\u00e9 qui deviendra Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le Grand. <br>La reine devient ensuite r\u00e9gente pendant la minorit\u00e9 de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> (de 1643 \u00e0 1651). Elle vit une autre \u00e9preuve, la Fronde (1648-1653), cinq ann\u00e9es de guerre civile o\u00f9 la France \u00e9chappe de peu \u00e0 une vraie r\u00e9volution. Elle assure le pouvoir avec le tr\u00e8s habile Mazarin Premier ministre d\u00e9test\u00e9 du peuple. Sa situation est plus que d\u00e9licate, entre les faux amis et les vrais ennemis du pouvoir. Elle retrouvera une vraie popularit\u00e9, sachant s\u2019effacer quand Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> r\u00e8gnera enfin. \u00c0 l\u2019annonce de sa mort (apr\u00e8s une longue maladie), le roi s\u2019\u00e9vanouira.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Aimer, Partager, Servir\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VINCENT<\/span> de <span class=\"caps\">PAUL<\/span> (1576-1660), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les valeurs de la Soci\u00e9t\u00e9 de Saint-Vincent-de-Paul se fondent sur cette belle devise qui n\u2019est pas qu\u2019un v\u0153ux pieux\u00a0! \u00ab\u00a0Le pauvre peuple des champs meurt de faim et se damne.\u00a0\u00bb Telle est sa constatation, plus r\u00e9aliste que \u00ab\u00a0la poule au pot\u00a0\u00bb du dimanche qui fait partie de la l\u00e9gende d\u2019Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>.<br>Les missions int\u00e9rieures des capucins, oratoriens et j\u00e9suites avaient surtout pour but de d\u00e9fier les pasteurs de la \u00ab\u00a0religion pr\u00e9tendument r\u00e9form\u00e9e\u00a0\u00bb et de porter la bonne parole (catholique) \u00e0 travers pr\u00eaches, sermons et cat\u00e9chismes. Mais au contact du peuple et devant tant de mis\u00e8res, l\u2019\u00c9glise, parfois, s\u2019\u00e9meut. Vincent de Paul\u00a0 va consacrer une tr\u00e8s longue vie de saint au service de la mis\u00e8re humaine de son temps.<\/p>\n<p>Pour Vincent de Paul et ses amis, l\u2019assistance passe avant la conversion et le salut. Il groupe les dames de la bonne soci\u00e9t\u00e9 en charit\u00e9s paroissiales et elles collectent des fonds pour les \u00ab\u00a0pauvres honteux\u00a0\u00bb, mais la t\u00e2che est trop dure\u00a0! Alors Vincent fait appel \u00e0 des femmes du peuple, r\u00e9unies en une congr\u00e9gation des Filles de la Charit\u00e9 (1633). Elles vivent dans la plus stricte pauvret\u00e9, sans couvent ni cl\u00f4ture, sans habits qui les distinguent des gens du village. Elles se consacrent aux malades pauvres et aux enfants trouv\u00e9s. D\u2019autres institutions charitables suivront. En 1635, il envoie des secours aux populations du Duch\u00e9 de Lorraine et de Bar, ravag\u00e9s par les troupes fran\u00e7aises et su\u00e9doises.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Roy ne puis, prince ne daigne, Rohan suis\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"746\" class=\"cit-num\">746<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fi\u00e8re devise d\u2019Henri <span class=\"caps\">II<\/span>, duc de <span class=\"caps\">ROHAN<\/span> (1579-1638) \u2013 et de toute la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0maison\u00a0\u00bb des <span class=\"caps\">ROHAN<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avant la monarchie absolue sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, c\u2019est la derni\u00e8re p\u00e9riode de l\u2019histoire o\u00f9 les Grands ont ce pouvoir de soulever la France et de traiter avec l\u2019ennemi presque en toute impunit\u00e9 \u2013 Cond\u00e9, Turenne entre autres.<\/p>\n<p>Grande famille princi\u00e8re du duch\u00e9 de Bretagne, la maison de Rohan est en cela \u00ab\u00a0exemplaire\u00a0\u00bb\u00a0: Henri, duc de Rohan, chef du parti protestant, a soutenu trois guerres contre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, avant de se rallier et de combattre dans l\u2019arm\u00e9e royale. Le jeune Tancr\u00e8de participe \u00e0 la Fronde comme tant de Grands du royaume et y trouvera la mort. Louis, dit le chevalier de Rohan, c\u00e9l\u00e8bre par ses aventures amoureuses (ravisseur d\u2019Hortense Mancini et amoureux de la marquise de Montespan), conspire contre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> avec les Hollandais et sera ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n<p>On comprend pourquoi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> se m\u00e9fiera de la noblesse\u00a0: sous son \u00ab\u00a0r\u00e8gne de vile bourgeoisie\u00a0\u00bb (selon Saint-Simon), les grands seigneurs n\u2019ont plus acc\u00e8s aux hautes fonctions gouvernementales.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je pense, donc je suis\u00a0\u00bb <em>\u00ab\u00a0Cogito, ergo sum\u00a0\u00bb<\/em><span id=\"722\" class=\"cit-num\">722<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ren\u00e9 <span class=\"caps\">DESCARTES<\/span> (1596-1650), <em>Discours de la m\u00e9thode pour bien conduire sa raison et chercher la v\u00e9rit\u00e9 dans les sciences, plus la dioptrique, les m\u00e9t\u00e9ores et la g\u00e9om\u00e9trie, qui sont des essais de cette m\u00e9thode<\/em> (1637).<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La locution latine fut introduite dans le langage courant par Ren\u00e9 Descartes, pour r\u00e9sumer que la pens\u00e9e est en soi une preuve d\u2019existence. Cela vaut devise pour le plus grand philosophe classique.<\/p>\n<p>\u00c9v\u00e9nement majeur d\u00e9passant le cadre de la litt\u00e9rature pour devenir fait de soci\u00e9t\u00e9, le titre est \u00e0 lui seul une citation et tout un programme. La formule lapidaire, rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre, va d\u00e9clencher, avec quelques autres, des pol\u00e9miques qui finiront par la mise \u00e0 l\u2019Index des \u0153uvres de Descartes, apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n<p>Philosophe, math\u00e9maticien et physicien, l\u2019auteur s\u2019est prudemment r\u00e9fugi\u00e9 dans la proche, protestante et bourgeoise Hollande, pour poursuivre son \u0153uvre. La condamnation de Galil\u00e9e par le Saint-Office n\u2019est pas si lointaine (1633). Coupable d\u2019avoir affirm\u00e9, contre la Bible, que la Terre tourne autour du Soleil, et non l\u2019inverse, l\u2019astronome italien aurait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Et pourtant, elle tourne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Descartes a d\u2019autres audaces et la premi\u00e8re est simple\u00a0: il faut v\u00e9rifier par le raisonnement toutes les id\u00e9es ou v\u00e9rit\u00e9s re\u00e7ues. C\u2019est cela, l\u2019essentiel de sa m\u00e9thode. Mais c\u2019est une rupture avec tout ce qui est enseign\u00e9 dans les universit\u00e9s. Le cart\u00e9sianisme aura des vertus d\u00e9stabilisantes et des cons\u00e9quences scientifiques que l\u2019auteur ne soup\u00e7onnait pas\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto;vertical-align: baseline\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/histoire-en-citations-volume-3.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">SI\u00c8CLE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Ultima ratio regum\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Dernier argument des rois\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"817\" class=\"cit-num\">817<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), devise grav\u00e9e sur ses canons<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Concise et pr\u00e9cise, la devise est une bonne citation historique. Celle-ci donne une cl\u00e9 de la politique ext\u00e9rieure du r\u00e8gne et du personnage. La guerre est l\u2019une des passions du roi, la victoire \u00e9tant ce qui peut le mieux servir sa gloire. D\u2019o\u00f9 trente-trois ann\u00e9es de guerre sur un r\u00e8gne personnel de cinquante-quatre ans. Rappelons que ses contemporains sont du m\u00eame avis\u00a0: un roi guerrier fait son m\u00e9tier de roi.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> va poursuivre trois buts\u00a0qu\u2019on nommerait aujourd\u2019hui g\u00e9opolitiques\u00a0: pr\u00e9\u00e9minence de la France dans le monde, fronti\u00e8re strat\u00e9gique assur\u00e9e au nord-est, vis\u00e9es sur la prochaine succession d\u2019Espagne. Il se donnera les moyens de sa politique\u00a0: grands diplomates (Lionne, Pomponne, de Torcy, le neveu de Colbert), r\u00e9organisation militaire conduite par Louvois, effectifs consid\u00e9rables pour une arm\u00e9e de m\u00e9tier (passant de 72\u00a0000 hommes en 1667 \u00e0 400\u00a0000 en 1703), marine de guerre d\u00e9velopp\u00e9e par Colbert (La Royale a 18 vaisseaux en 1661, 276 en 1683), places fortes cr\u00e9\u00e9es ou renforc\u00e9es par Vauban.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Nec pluribus impar\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Sup\u00e9rieur \u00e0 tous\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"853\" class=\"cit-num\">853<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), autre devise du Roi Soleil<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Non inf\u00e9rieur (ou\u00a0: in\u00e9gal) \u00e0 plusieurs (ou\u00a0: au plus grand nombre)\u00a0\u00bb \u2013\u00a0c\u2019est litt\u00e9ralement intraduisible. On peut quand m\u00eame essayer, en recourant \u00e0 une litote.<\/p>\n<p>D\u2019autres traductions existent, sign\u00e9es d\u2019historiens. Pierre Larousse, auteur du dictionnaire \u00e9ponyme, pose la question et avoue qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse claire, m\u00eame pas celle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Je suffirai \u00e0 \u00e9clairer encore d\u2019autres mondes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quoi qu\u2019il en soit, la devise latine accompagne l\u2019embl\u00e8me choisi lors de la f\u00eate du Carrousel, en juin\u00a01662\u00a0: le Soleil. Ainsi se d\u00e9veloppe une mystique d\u2019origine divine, mais en r\u00e9alit\u00e9 bien pa\u00efenne, celle du Roi-Soleil, personnage presque supraterrestre dont le culte atteint son apog\u00e9e avec l\u2019installation de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 Versailles, en 1682.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Quo non ascendet\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Jusqu\u2019o\u00f9 ne montera-t-il pas\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"858\" class=\"cit-num\">858<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Nicolas <span class=\"caps\">FOUQUET<\/span> (1615-1680), devise figurant dans ses armes, sous un \u00e9cureuil<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il monta si haut\u2026 que le jeune roi arriv\u00e9 au pouvoir ne put le tol\u00e9rer.<\/p>\n<p>Fils d\u2019un conseiller au Parlement, vicomte de Vaux, enrichi par le commerce avec le Canada, Nicolas Fouquet ach\u00e8te la charge de procureur g\u00e9n\u00e9ral au Parlement de Paris, devient ami du Premier ministre Mazarin, surintendant des Finances, s\u2019enrichit encore, se paie le marquisat de Belle-Isle, y \u00e9tablit une force militaire personnelle et m\u00eame des fortifications. Au ch\u00e2teau de Vaux qu\u2019il fait construire, il sera le m\u00e9c\u00e8ne des plus prestigieux artistes du temps\u00a0: La Fontaine, Moli\u00e8re, Poussin, Le Vau, Le Brun.<\/p>\n<p>Colbert qui brigue sa place apporte la preuve qu\u2019une telle fortune fut acquise au prix de graves malversations. Invit\u00e9 \u00e0 une f\u00eate somptueuse \u00e0 Vaux, 5\u00a0septembre 1661, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait arr\u00eater son surintendant\u00a0: coup de th\u00e9\u00e2tre et premier acte d\u2019autorit\u00e9 absolue.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Pro rege saepe\u00a0; pro patria semper\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Pour le roi souvent\u00a0; pour la patrie toujours\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"862\" class=\"cit-num\">862<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COLBERT<\/span> (1619-1683), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fils de bourgeois anoblis (drapiers de Reims), Colbert sera l\u2019un des grands \u00ab\u00a0commis de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb durant vingt-deux ans, sachant rester au second plan pour ne pas faire ombre au Roi-Soleil.<\/p>\n<p>Homme de dossiers, mais aussi de clan et de famille, il place ses hommes et ses fils, marie ses filles \u00e0 des ducs et lutte contre les intrigues du clan Le Tellier, notamment de Louvois, ministre de la Guerre.<\/p>\n<p>Travailleur infatigable, il cumule les postes cl\u00e9s, avec un ambitieux programme pour enrichir le pays\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut r\u00e9tablir ou cr\u00e9er toutes les industries, m\u00eame de luxe\u00a0; \u00e9tablir le syst\u00e8me protecteur dans les douanes\u00a0; organiser les producteurs et les commer\u00e7ants en corporations\u00a0; restituer \u00e0 la France le transport maritime de ses produits\u00a0; d\u00e9velopper les colonies et les attacher commercialement \u00e0 la France\u00a0; d\u00e9velopper la marine militaire pour prot\u00e9ger la marine marchande.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La France du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e si\u00e8cle doit son rayonnement international \u00e0 Colbert. Une disgr\u00e2ce royale imminente en fin de vie semble plus injuste aux historiens que son impopularit\u00e9, inh\u00e9rente aux ministres des Finances responsables des imp\u00f4ts.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Castigat ridendo mores\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Corriger les m\u0153urs par le rire\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise de la com\u00e9die, imagin\u00e9e par le po\u00e8te Jean de Santeul et donn\u00e9e \u00e0 l\u2019Arlequin italien Dominique, vedette de la <em>commedia dell\u2019 arte<\/em> \u00e0 Paris, pour qu\u2019il l\u2019affiche sur la toile de son th\u00e9\u00e2tre<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cet acteur italien, cr\u00e9ateur et interpr\u00e8te du personnage d\u2019Arlequin, faisait partie de la troupe que Mazarin (Italien n\u00e9 Mazarini) fit venir \u00e0 Paris en 1660 \u00e0 la Com\u00e9die-Italienne.<\/p>\n<p>La <em>commedia dell\u2019arte<\/em> est un genre de th\u00e9\u00e2tre populaire italien n\u00e9 au <span class=\"caps\">XVI<\/span> e si\u00e8cle\u00a0: des acteurs masqu\u00e9s incarnent chacun un personnage (Arlequin, Colombine, Scaramouche\u2026.) et improvisent sur un canevas bien rod\u00e9 des com\u00e9dies marqu\u00e9es par la na\u00efvet\u00e9, la ruse et l\u2019ing\u00e9niosit\u00e9.<\/p>\n<p>Moli\u00e8re jouera en alternance avec la troupe italienne de Scaramouche dans deux salles successives et s\u2019inspirera de leur g\u00e9nie propre pour cr\u00e9er son propre r\u00e9pertoire de com\u00e9dies devenues classiques. \u00ab\u00a0Corriger les m\u0153urs par le rire\u00a0\u00bb est la devise qui r\u00e9sume le mieux son \u0153uvre et explique sa popularit\u00e9 aupr\u00e8s de tous les publics, \u00e0 commencer par le roi qui sera son soutien et son m\u00e9c\u00e8ne. En vertu de quoi le <span class=\"caps\">XII<\/span>e est aussi le si\u00e8cle de Moli\u00e8re.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/histoire-en-citations-volume-4.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">SI\u00c8CLE<\/span> <span class=\"caps\">DES<\/span> <span class=\"caps\">LUMI\u00c8RES<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Plus d\u2019Anglais dans la p\u00e9ninsule\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1156\" class=\"cit-num\">1156<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LALLY<\/span>\u2013<span class=\"caps\">TOLLENDAL<\/span> (1702-1766), devise du commandant du corps exp\u00e9ditionnaire envoy\u00e9 en Inde (1760).<em> Lally-Tollendal\u00a0: la fin d\u2019un empire fran\u00e7ais aux Indes sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, d\u2019apr\u00e8s des documents in\u00e9dits<\/em> (1887), Tibulle Hamont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Brave soldat, Lally-Tollendal tente de sauver les comptoirs fran\u00e7ais menac\u00e9s par les Anglais\u00a0: \u00ab\u00a0Je me borne seulement \u00e0 vous retracer ma politique en trois mots\u00a0; ils sont sacramentaux\u00a0: Plus d\u2019Anglais dans la p\u00e9ninsule. Vous vous mettrez donc en marche, sit\u00f4t cet ordre re\u00e7u, avec tous les Europ\u00e9ens qui sont \u00e0 vos ordres, cavalerie et infanterie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais born\u00e9, ignorant tout de la politique indig\u00e8ne, autoritaire et mal conseill\u00e9, il capitulera apr\u00e8s un an de r\u00e9sistance \u00e0 Pondich\u00e9ry (17\u00a0f\u00e9vrier 1761). Et l\u2019Inde sera perdue comme le Canada, dans cette d\u00e9sastreuse guerre de Sept Ans, qualifi\u00e9e par certains historiens (et par Winston Churchill) de premi\u00e8re guerre mondiale de l\u2019histoire\u00a0: l\u2019Europe, avec presque tous les pays bellig\u00e9rants, n\u2019est plus le seul th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations. Il y a aussi l\u2019Am\u00e9rique du Nord et l\u2019Inde.<\/p>\n<p>Sans caricaturer l\u2019Histoire, on peut la r\u00e9sumer en affirmant que le Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res est peu dou\u00e9 pour la guerre compar\u00e9 au si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> et \u00e0 l\u2019\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne, avec une arm\u00e9e mal dirig\u00e9e, mal pr\u00e9par\u00e9e. Mais il se r\u00e9v\u00e8le remarquable par ses id\u00e9es philosophiques qui ont \u00e9galement le m\u00e9rite de changer pacifiquement le cours de l\u2019Histoire, durablement et pas seulement en France\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vari\u00e9t\u00e9, c\u2019est ma devise\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Correspondance<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Voltaire, quel que soit le nom dont on le nomme \/\u00a0 C\u2019est un cycle vivant, c\u2019est un\u00a0si\u00e8cle fait homme\u00a0!\u00a0\u00bb Lamartine, <em>Premi\u00e8re m\u00e9ditation<\/em> (1820). Avec des accents hugoliens, le po\u00e8te du si\u00e8cle suivant rend hommage \u00e0 l\u2019homme et \u00e0 son \u0153uvre.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0roi Voltaire\u00a0\u00bb a tout vu, tout v\u00e9cu dans le si\u00e8cle\u00a0: la cour et ses plaisirs, mais aussi ses d\u00e9sillusions, la Bastille et ses cachots, l\u2019exil, les salons et les succ\u00e8s mondains et financiers, l\u2019Europe avec le bonheur en Angleterre, le pi\u00e8ge en Prusse, la vie de ch\u00e2teau \u00e0 Ferney o\u00f9 il joue l\u2019\u00ab\u00a0aubergiste de l\u2019Europe\u00a0\u00bb, la lutte incessante pour ses id\u00e9es (libert\u00e9, justice, tol\u00e9rance) et la d\u00e9fense des victimes de l\u2019arbitraire.<\/p>\n<p>Il a aussi tout \u00e9crit\u00a0: <em>Correspondance<\/em> (quelque 40\u00a0000 lettres dont il reste 14\u00a0000), \u0153uvres philosophiques (l\u2019essentiel aux yeux de la post\u00e9rit\u00e9), contes (\u00e0 but philosophique, mais la partie de son \u0153uvre la plus lue et r\u00e9\u00e9dit\u00e9e), th\u00e9\u00e2tre (trag\u00e9dies aujourd\u2019hui injouables, le genre noble tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 en son temps et sous la R\u00e9volution\u00a0!), po\u00e9sies (250\u00a0000 vers, essentiellement des alexandrins, avec <em>La Henriade<\/em> que Beaumarchais comparait \u00e0 <em>L\u2019Iliade<\/em>), histoire (<em>Le Si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> est bien document\u00e9, tous les autres titres valent aussi par le style et la philosophie justement tir\u00e9e de l\u2019histoire). L\u2019\u0153uvre scientifique qui t\u00e9moigne de son int\u00e9r\u00eat universel \u00ab\u00a0\u00e9claira\u00a0\u00bb son \u00e9poque au m\u00eame titre que les articles de l\u2019Encyclop\u00e9die. \u00c0 noter qu\u2019il en \u00e9crivit quelques-uns, d\u2019Alembert voulait les publier, mais Diderot s\u2019y opposa \u2013 querelles de philosophes. Bref, il a abord\u00e9 tous les genres, excell\u00e9 dans certains\u00a0: \u00ab\u00a0Vari\u00e9t\u00e9, c\u2019est ma devise\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une autre devise lui est attribu\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Malheur est bon \u00e0 quelque chose\u00a0\u00bb\u2026 ce qui serait le reflet de son heureux caract\u00e8re. En r\u00e9alit\u00e9, la citation existe bel et bien, mais dans un conte\u00a0: \u00ab\u00a0Il prit pour sa devise\u00a0: malheur est bon \u00e0 quelque chose. Combien d\u2019honn\u00eates gens dans le monde ont pu dire\u00a0: malheur n\u2019est bon \u00e0 rien\u00a0!\u00a0\u00bb <em><span class=\"caps\">L\u2019I<\/span>ng\u00e9nu<\/em> (1767).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Vitam impendere vero\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Consacrer sa vie \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb<span id=\"\" class=\"cit-num\"><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778), devise inscrite au fronton de sa tombe (sculpt\u00e9e par Houdon)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sur l\u2019autre face, l\u2019\u00e9pitaphe confirme\u00a0: \u00ab\u00a0Ici repose l\u2019homme de la Nature et de la V\u00e9rit\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ce philosophe qui s\u2019oppose en presque tout \u00e0 Voltaire le rejoint quand m\u00eame par son amour de la v\u00e9rit\u00e9 \u2013 mais ce n\u2019est pas la m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019homme est n\u00e9 libre et partout il est dans les fers.\u00a0\u00bb Selon l\u2019historien Edgar Quinet, le<em> Contrat social<\/em> est le \u00ab\u00a0livre de la loi\u00a0\u00bb de la R\u00e9volution et Rousseau \u00ab\u00a0est lui-m\u00eame \u00e0 cette R\u00e9volution ce que le germe est \u00e0 l\u2019arbre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le <em>Contrat social<\/em> sera le livre de chevet de Robespierre, inspirant au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle le socialisme et le communisme.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Plut\u00f4t s\u2019user que se rouiller\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Denis <span class=\"caps\">DIDEROT<\/span> (1713-1784), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fils d\u2019un coutelier de Langres et d\u2019origine modeste comme Rousseau, il est rest\u00e9 toute sa vie fid\u00e8le \u00e0 cette devise, en pr\u00eatant comme Voltaire sa plume \u00e0 tous les genres\u00a0: Encyclop\u00e9diste. Philosophe. \u00c9crivain. Romancier. Dramaturge. Conteur. Essayiste. Dialoguiste Critique d\u2019art Critique litt\u00e9raire Traducteur.<\/p>\n<p>Il reste surtout comme le ma\u00eetre d\u2019\u0153uvre de l\u2019Encyclop\u00e9die (avec d\u2019Alembert), se d\u00e9pendant sans compter pendant vingt ans dans cette entreprise collective et monumentale qui rallie tout le parti philosophe. \u00c0 partir de 1747 (\u00e0 34 ans), il dirige et supervise <em>l\u2019Encyclop\u00e9die ou Dictionnaire raisonn\u00e9 des sciences, des arts et des m\u00e9tiers,<\/em> 28 volumes publi\u00e9s entre 1751 et 1772, 72\u00a0000 articles, 140 collaborateurs. Il s\u2019engage avec passion dans l\u2019impression (difficile et censur\u00e9e), la r\u00e9daction, la collecte, la recherche et la r\u00e9alisation des planches entre 1750 et 1765. Il r\u00e9dige le <em>Prospectus<\/em> (paru en 1750) et plus d\u2019un millier d\u2019articles, sur les th\u00e8mes qui lui tiennent le plus \u00e0 c\u0153ur (Christianisme, Autorit\u00e9 politique, Philosophe\u2026). Travailleur infatigable, \u00e9ternel insatisfait, relecteur attentif, il est toujours pr\u00eat \u00e0 rendre service, par amour, amiti\u00e9 ou obligeance, ou \u00e0 encourager le d\u00e9butant.<\/p>\n<p>De tous les philosophes, c\u2019est le plus g\u00e9n\u00e9reux. Tr\u00e8s fatigu\u00e9 au retour d\u2019un voyage en Russie o\u00f9 il a enfin rencontr\u00e9 sa m\u00e9c\u00e8ne et correspondante, la Grande Catherine, il mourra litt\u00e9ralement \u00e9puis\u00e9 apr\u00e8s dix derni\u00e8res ann\u00e9es difficiles, o\u00f9 il s\u2019acharne encore et toujours \u00e0 \u00e9crire et relire, jusqu\u2019\u00e0 l\u2019accident vasculaire c\u00e9r\u00e9bral.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Libres et unis\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BEAUMARCHAIS<\/span> (1732-1799), devise de la premi\u00e8re Soci\u00e9t\u00e9 des auteurs en France (et dans le monde)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sa vie fut un roman, celle d\u2019un aventurier, libertin, parvenu, trafiquant d\u2019armes, tr\u00e8s repr\u00e9sentatif de cette p\u00e9riode de fermentation sociale qui pr\u00e9c\u00e8de la R\u00e9volution. Fils d\u2019un horloger, professeur de harpe des filles de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, puis juge des d\u00e9lits de braconnage sur les terres royales, Pierre Augustin Caron de Beaumarchais est introduit dans le monde de la finance. Un proc\u00e8s l\u2019oppose \u00e0 un Grand (le comte de La Blache) et lui vaut une notori\u00e9t\u00e9 subite, en lui offrant l\u2019occasion de d\u00e9noncer publiquement la v\u00e9nalit\u00e9 d\u2019un de ses juges.<\/p>\n<p>Auteur de th\u00e9\u00e2tre connu en 1777 pour <em>le Barbier de S\u00e9ville<\/em> (avant<em> le Mariage de Figaro<\/em> qui fera sa gloire), il va de nouveau prouver son sens des affaires et en faire profiter ses confr\u00e8res. Il ose affronter les Com\u00e9diens-Fran\u00e7ais qui ont priorit\u00e9 pour exploiter les \u0153uvres th\u00e9\u00e2trales par privil\u00e8ge d\u2019Ancien R\u00e9gime, d\u00e9tiennent le monopole du th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Paris, paient des sommes minimes aux auteurs et refusent de \u00ab\u00a0rendre les comptes\u00a0\u00bb, autrement dit les recettes sur lesquelles le cr\u00e9ateur est pay\u00e9 aussi longtemps que la pi\u00e8ce fait recette.<\/p>\n<p>Beaumarchais r\u00e9unit ses 24 confr\u00e8res et lance la premi\u00e8re \u00ab\u00a0gr\u00e8ve de la plume\u00a0\u00bb contre le th\u00e9\u00e2tre qui, \u00e0 l\u2019\u00e9poque, ne vit que de ses cr\u00e9ations\u00a0! \u00ab\u00a0Libres et unis\u00a0\u00bb, ils cr\u00e9ent le Bureau de l\u00e9gislation dramatique, d\u00e9nomm\u00e9 Soci\u00e9t\u00e9 des auteurs et compositeurs dramatiques (<span class=\"caps\">SACD<\/span>) depuis 1829. Cette initiative sera reconnue lors de la R\u00e9volution, avec l\u2019abolition des privil\u00e8ges et l\u2019inscription des droits d\u2019auteur dans la loi Le Chapelier de 1791. Le grand critique du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, Sainte-Beuve, pr\u00e9sente l\u2019action de Beaumarchais comme un tournant d\u00e9cisif de l\u2019histoire de la litt\u00e9rature, car l\u2019\u00e9crivain passe du statut de b\u00e9n\u00e9vole, de passionn\u00e9 ou de mendiant (d\u00e9pendant de ses m\u00e9c\u00e8nes) \u00e0 celui d\u2019industriel et de gestionnaire\u00a0: \u00ab\u00a0Beaumarchais, le grand corrupteur, commen\u00e7a \u00e0 sp\u00e9culer avec g\u00e9nie sur les \u00e9ditions et \u00e0 combiner du Law dans l\u2019\u00e9crivain\u00a0\u00bb.<em> De la litt\u00e9rature industrielle.<\/em><\/p>\n<p>La France fut indiscutablement pionni\u00e8re dans ce secteur de la culture. \u00c0 l\u2019heure actuelle, 238 soci\u00e9t\u00e9s d\u2019auteurs de 121 pays sont membres de la <span class=\"caps\">CISAC<\/span> (Conf\u00e9d\u00e9ration internationale des Soci\u00e9t\u00e9s d\u2019auteurs et compositeurs). Ces soci\u00e9t\u00e9s repr\u00e9sentent pr\u00e8s de quatre millions de cr\u00e9ateurs et \u00e9diteurs de toutes les r\u00e9gions du monde et de tous les r\u00e9pertoires artistiques (musique, audiovisuel, spectacle vivant, litt\u00e9rature et arts visuels).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rien que Dieu\u00a0\u00bb <em>\u00ab\u00a0Re que Diou\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), devise de Talleyrand-P\u00e9rigord, illustr\u00e9e par trois lionceaux d\u2019or arm\u00e9s et couronn\u00e9s d\u2019azur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la devise de sa tr\u00e8s noble famille et il gardera toujours la nostalgie de l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0: \u00ab\u00a0Qui n\u2019a pas v\u00e9cu dans les ann\u00e9es voisines de 1780 n\u2019a pas connu le plaisir de vivre\u00a0\u00bb dira l\u2019octog\u00e9naire qui aura quand m\u00eame \u00ab\u00a0bien v\u00e9cu\u00a0\u00bb, surv\u00e9cu \u00e0 sept r\u00e9gimes et fait une belle carri\u00e8re de diplomate.<\/p>\n<p>Charles Maurice de Talleyrand P\u00e9rigord ne peut entrer dans l\u2019arm\u00e9e, par suite d\u2019un accident qui le fait boiteux \u2013 on \u00e9voque aussi un pied bot de naissance. Sans vocation, il se destine \u00e0 la carri\u00e8re eccl\u00e9siastique. Ses origines aristocratiques lui permettent d\u2019obtenir l\u2019abbaye de Saint-R\u00e9mi (dioc\u00e8se de Reims) et en 1780, \u00e0 25\u00a0ans, il est agent g\u00e9n\u00e9ral du clerg\u00e9. Il sera \u00e9v\u00eaque d\u2019Autun en 1788, d\u00e9put\u00e9 aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux en 1789. Mais le \u00ab\u00a0diable boiteux\u00a0\u00bb a d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9 la devise de la famille, appr\u00e9ci\u00e9 quelques jolies femmes, avant de pr\u00eater serment \u00e0 la Constitution civile du clerg\u00e9 \u2013 pr\u00eatre jureur, autrement dit d\u00e9froqu\u00e9.<\/p>\n<p>\u00c0 sa mort, Hugo \u00e9crira dans <em>Choses vues<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un personnage \u00e9trange, redout\u00e9 et consid\u00e9rable\u00a0; il s\u2019appelait Charles-Maurice de P\u00e9rigord\u00a0; il \u00e9tait noble comme Machiavel, pr\u00eatre comme Gondi, d\u00e9froqu\u00e9 comme Fouch\u00e9, spirituel comme Voltaire et boiteux comme le diable. On pourrait dire que tout en lui boitait comme lui\u00a0; la noblesse qu\u2019il avait faite servante de la r\u00e9publique, la pr\u00eatrise qu\u2019il avait tra\u00een\u00e9e au Champ de Mars, puis jet\u00e9e au ruisseau, le mariage qu\u2019il avait rompu par vingt scandales et une s\u00e9paration volontaire, l\u2019esprit qu\u2019il d\u00e9shonorait par la bassesse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Bref, si un homme s\u2019est bien moqu\u00e9 de sa devise, c\u2019est lui. Il a quand m\u00eame bien \u0153uvr\u00e9 dans les coulisses du Concordat sign\u00e9 entre le pape et Bonaparte (15 juillet 1801), ce qui r\u00e9gla la question religieuse en France jusqu\u2019\u00e0 la s\u00e9paration des \u00c9glises et de l\u2019\u00c9tat (1905).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/07\/histoire-en-citations-volume-5.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">R\u00c9VOLUTION<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Libert\u00e9, \u00c9galit\u00e9, Fraternit\u00e9\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1266\" class=\"cit-num\">1266<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Antoine Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">MOMORO<\/span> (1756-1794), slogan r\u00e9volutionnaire devenu devise r\u00e9publicaine<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Libraire imprimeur \u00e0 Paris, \u00ab\u00a0premier imprimeur de la libert\u00e9\u00a0\u00bb,\u00a0il se pr\u00e9tend inventeur de cette devise. En tout cas, c\u2019est lui qui obtient de Pache, maire de Paris, qu\u2019elle figure sur les fa\u00e7ades des \u00e9difices publics.<\/p>\n<p>Au fil de la R\u00e9volution, la libert\u00e9, revendication venue du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, et l\u2019\u00e9galit\u00e9 \u2013 celle des droits plus que des conditions \u2013 vont inspirer les r\u00e9volutionnaires, pour le meilleur et parfois pour le pire. Mais la fraternit\u00e9 restera la parente pauvre de cette trinit\u00e9 de concept jusqu\u2019au socialisme du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. Le triple principe ne sera inscrit dans une constitution fran\u00e7aise qu\u2019en 1848, sous la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Union fait la force\u00a0\u00bb<span id=\"]\" class=\"cit-num\">]<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise nationale des \u00c9tats belgiques unis en 1789-1790.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est aussi un proverbe et d\u2019autres pays en feront leur devise nationale.\u00a0<\/p>\n<p>Cette devise est utilis\u00e9e par nos voisins lors de la premi\u00e8re ind\u00e9pendance en 1789-1790 des \u00c9tats belgiques unis (ou \u00c9tats unis belgiques) par Van der Noot et Vonck, apr\u00e8s la r\u00e9volution braban\u00e7onne. Cette union lib\u00e9rale-catholique sera \u00e9ph\u00e9m\u00e8re et les troupes imp\u00e9riales r\u00e9tabliront l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019empereur.<\/p>\n<p>Cette devise, reprise et prononc\u00e9e en 1831, ne vise pas l\u2019union entre les communaut\u00e9s linguistiques du pays, mais prend acte de la cr\u00e9ation d\u2019un nouvel \u00c9tat, grav\u00e9e au centre du parlement et exprimant la n\u00e9cessit\u00e9 de s\u2019unir dans un \u00c9tat encore fragile et menac\u00e9 par les arm\u00e9es de Guillaume Ier des Pays-Bas.<\/p>\n<p>R\u00e9sum\u00e9 des faits\u00a0: 25 ao\u00fbt 1830, la r\u00e9volte belge contre le gouvernement des Pays-Bas commence avec un op\u00e9ra\u00a0: La Muette de Portici. 4 octobre, le Gouvernement Provisoire d\u00e9clare le pays ind\u00e9pendant. 3 novembre, le Congr\u00e8s National est form\u00e9 pour \u00e9tablir la constitution et choisit Erasme-Louis Surlet de Chokier comme pr\u00e9sident. 7 f\u00e9vrier 1831, la constitution est r\u00e9dig\u00e9e. La Belgique devient un royaume. Il faut un r\u00e9gent pour le pays en l\u2019absence d\u2019un roi. Surlet de Chokier l\u2019est donc devenu, le 1er mars, \u00e9tant en m\u00eame temps le premier chef d\u2019\u00c9tat. Sa r\u00e9gence dura jusqu\u2019au 21 juillet 1831, jour o\u00f9 le prince L\u00e9opold pr\u00eata serment comme premier roi des Belges. L\u00e9opold fut ainsi le premier roi, mais le deuxi\u00e8me chef d\u2019\u00c9tat en Belgique.<\/p>\n<p>La devise de la Belgique fut reprise ensuite par la Bulgarie, l\u2019Angola, la Bolivie, la Malaisie, Ha\u00efti et d\u2019Andorre.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les devises sont un concentr\u00e9 d\u2019histoire du monde\u00a0!La devise est une citation br\u00e8ve exprimant une pens\u00e9e, un sentiment, un mot d\u2019ordre. La plupart des devises historiques fran\u00e7aises sont emprunt\u00e9es \u00e0 notre Histoire en citations, mais l\u2019ouverture au monde s\u2019impose et d\u2019autres sources existent, \u00e0 commencer par les dictionnaires, les encyclop\u00e9dies.La confusion est parfois possible entre [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":1207,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-11502","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11502","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11502"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11502\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12637,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11502\/revisions\/12637"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11502"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11502"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11502"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}