{"id":13951,"date":"2025-09-01T08:53:35","date_gmt":"2025-09-01T06:53:35","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/plus-de-50-idees-recues-qui-faussent-lhistoire-3\/"},"modified":"2025-09-08T08:54:43","modified_gmt":"2025-09-08T06:54:43","slug":"plus-de-50-idees-recues-qui-faussent-lhistoire-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/plus-de-50-idees-recues-qui-faussent-lhistoire-3\/","title":{"rendered":"Plus de 50 id\u00e9es re\u00e7ues qui faussent l\u2019Histoire\u00a0! (3)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mal nommer un objet, c\u2019est ajouter au malheur de ce monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Albert <span class=\"caps\">CAMUS<\/span> (1913-1960), Sur une philosophie de l\u2019expression, revue <em>Po\u00e9sie<\/em> 44<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Et en d\u2019autres mots\u00a0: \u00ab\u00a0Sans savoir ou sans dire encore comment cela est possible, la grande t\u00e2che de l\u2019homme est de ne pas servir le mensonge.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019Histoire nous donne des rep\u00e8res \u2013 encore faut-il qu\u2019ils soient clairs\u2026 et historiquement exacts.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019\u00e9poque de toutes les confusions, approximations, exag\u00e9rations et autres fake-news, voici donc 55 rep\u00e8res historiques\u00a0: points fondamentaux ou d\u00e9tails anecdotiques, amusants ou tragiques\u2026 \u00e0 m\u00e9diter et partager \u00e0 l\u2019occasion.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.histoire-en-citations.fr\/boutique\/volume-3\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h3><a href=\"https:\/\/www.histoire-en-citations.fr\/boutique\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/histoire-en-citations-volume-6.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"float: left;margin-left: 15px;margin-right: 15px\"><\/a><span class=\"caps\">PREMIER<\/span> <span class=\"caps\">EMPIRE<\/span><\/h3>\n<h4>43. Le \u00ab\u00a0Petit caporal\u00a0\u00bb ou Napol\u00e9on le Petit (vu par les Anglais)\u00a0: c\u2019est une l\u00e9gende. L\u2019empereur \u00e9tait de taille moyenne et \u00ab\u00a0le Petit\u00a0\u00bb c\u2019est l\u2019autre (Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> vu par Hugo).<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce que je cherche avant tout, c\u2019est la grandeur\u00a0: ce qui est grand est toujours beau.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"27\" class=\"cit-num\">27<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Jean Tullard, <em>Napol\u00e9on ou le mythe du sauveur.<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Personnage politique mondialement c\u00e9l\u00e8bre, il fut particuli\u00e8rement vis\u00e9 par la caricature. Irr\u00e9v\u00e9rencieuse, sacril\u00e8ge, perverse, elle attaque de front l\u2019image de l\u2019Empereur avec des variantes nationales. Le public prend go\u00fbt \u00e0 ce genre satirique et contestataire. Les Anglais (nos principaux ennemis) sont les ma\u00eetres incontest\u00e9s du genre, jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019Empire.<\/p>\n<p>Repr\u00e9sent\u00e9 comme un personnage de taille plus petite que nature (jusqu\u2019\u00e0 devenir nain), Napol\u00e9on porte un chapeau, des bottes et un sabre trop grand pour lui. Avec ces plumes souvent accroch\u00e9es au chapeau, ce personnage fantaisiste ne ressemble gu\u00e8re \u00e0 un chef d\u2019\u00c9tat et les Anglais ne le reconnaissent pas pour tel\u00a0: ce parvenu arriv\u00e9 au pouvoir apr\u00e8s un coup d\u2019\u00c9tat ne fait pas partie d\u2019une grande famille, comme les autres monarchies europ\u00e9ennes.<\/p>\n<p>L\u2019allusion au \u00ab\u00a0petit Caporal\u00a0\u00bb qui entretient le malentendu a une tout autre raison\u00a0! En contradiction avec l\u2019id\u00e9e que Napol\u00e9on se faisait de lui-m\u00eame.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les hommes de g\u00e9nie sont des m\u00e9t\u00e9ores destin\u00e9s \u00e0 br\u00fbler pour \u00e9clairer leur\u00a0si\u00e8cle.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1766\" class=\"cit-num\">1766<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Discours de Lyon, 1791<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce sont les premiers mots que l\u2019histoire a retenus du futur empereur. Bonaparte, 22\u00a0ans, lieutenant d\u2019artillerie, participe au concours ouvert par l\u2019Acad\u00e9mie de Lyon. Le th\u00e8me\u00a0: l\u2019\u00e9ducation \u00e0 donner aux hommes pour les mettre sur le chemin du bonheur \u2013 d\u2019o\u00f9 l\u2019autre nom du \u00ab\u00a0Discours sur le bonheur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0petit Caporal\u00a0\u00bb (avec un C majuscule) sera le surnom donn\u00e9 \u00e0 Napol\u00e9on Bonaparte (alors Premier Consul) par ses soldats, pendant la campagne d\u2019Italie (1799-1800). Ils avaient imagin\u00e9 d\u00e9cerner \u00e0 leur nouveau chef un grade nouveau pour chacune de ses victoires, en partant du plus bas. Et ce surnom lui est rest\u00e9. L\u2019expression prendra ensuite un sens p\u00e9joratif\u00a0: dans l\u2019arm\u00e9e ou l\u2019administration, petit Caporal est synonyme de petit chef et d\u00e9signe celui qui a l\u2019allure autoritaire, la pr\u00e9tention de faire autorit\u00e9 (sans en avoir toujours la fonction officielle).<\/p>\n<p>On parle aussi du \u00ab\u00a0Petit tondu\u00a0\u00bb. La raison est simple. D\u00e8s le Consulat (1799), Bonaparte abandonne ses cheveux mi-longs \u00e0 la mode r\u00e9volutionnaire pour une coiffure plus en lien avec son temps et la fonction occup\u00e9e\u2026 Il commen\u00e7ait aussi \u00e0 perdre ses cheveux et pour cacher une calvitie naissante, il choisit de rabattre une m\u00e8che sur le front. Dans cet univers riche en surnoms et autres sobriquets, Bonaparte est devenu \u00ab\u00a0le Petit tondu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Petit, petit\u00a0!? En r\u00e9alit\u00e9, Napol\u00e9on mesurait 1,69 m\u00e8tre \u2013 plus grand que la moyenne de l\u2019\u00e9poque. Mais il \u00e9tait souvent entour\u00e9 de gardes du corps ou de hussards athl\u00e9tiques, d\u2019o\u00f9 cette impression qui corrobore l\u2019image du \u00ab\u00a0petit Caporal\u00a0\u00bb ou du \u00ab\u00a0Petit tondu\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Et voil\u00e0 que Victor Hugo accro\u00eet le malentendu avec un pamphlet, <em>Napol\u00e9on le Petit<\/em> qui ne vise \u00e9videmment pas Napol\u00e9on Ier dont il entretient le culte\u2026 mais l\u2019autre qui s\u2019est servi du Nom et le d\u00e9shonore, avec le coup d\u2019\u00c9tat qui lui donne tout pouvoir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qu\u2019importe ce qui m\u2019arrive\u00a0? J\u2019ai \u00e9t\u00e9 exil\u00e9 de France pour avoir combattu le guet-apens de d\u00e9cembre [\u2026] Je suis exil\u00e9 de Belgique pour avoir fait Napol\u00e9on le Petit. Eh bien\u00a0! je suis banni deux fois, voil\u00e0 tout. Monsieur Bonaparte m\u2019a traqu\u00e9 \u00e0 Paris, il me traque \u00e0 Bruxelles\u00a0; le crime se d\u00e9fend, c\u2019est tout simple.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2221\" class=\"cit-num\">2221<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), Pendant l\u2019exil (\u00e9crits et discours de 1852-1870)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Hugo a fui le 11\u00a0d\u00e9cembre 1851, pour \u00e9viter d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9. L\u2019exil commence. Il va durer pr\u00e8s de vingt ans, avant le triste retour au lendemain de l\u2019abdication de l\u2019empereur, en pleine guerre, \u00e0 la veille de la d\u00e9faite et de la Commune.<\/p>\n<h3><a href=\"https:\/\/www.histoire-en-citations.fr\/boutique\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/09\/histoire-en-citations-volume-7.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"float: left;margin-left: 15px;margin-right: 15px\"><\/a><span class=\"caps\">RESTAURATION<\/span><\/h3>\n<h4>La Chambre \u00ab\u00a0introuvable\u00a0\u00bb\u00a0: vite retrouv\u00e9e sous la Restauration, pour le bonheur des ultras et le malheur de l\u2019opposition.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cette Chambre, que dans les premiers temps le roi qualifia d\u2019introuvable, se montra folle, exag\u00e9r\u00e9e, ignorante, passionn\u00e9e, r\u00e9actionnaire, domin\u00e9e par des int\u00e9r\u00eats de caste.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1963\" class=\"cit-num\">1963<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">BOIGNE<\/span> (1781-1866), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Charlotte Louise Ad\u00e9la\u00efde d\u2019Osmont a v\u00e9cu sous onze r\u00e8gnes et r\u00e9gimes diff\u00e9rents, tenant salon sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, \u00e9poques fort bien vues par cette royaliste lib\u00e9rale. Et le qualificatif d\u2019\u00ab\u00a0introuvable\u00a0\u00bb est pass\u00e9 dans l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Les \u00e9lections des 14 et 21\u00a0ao\u00fbt 1815 font \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> ce cadeau empoisonn\u00e9 d\u2019une assembl\u00e9e \u00ab\u00a0plus royaliste que le roi\u00a0\u00bb. Avec 350 d\u00e9put\u00e9s ultras sur 402, cette fameuse Chambre n\u2019est pas si \u00ab\u00a0introuvable\u00a0\u00bb, puisqu\u2019elle sera \u00ab\u00a0retrouv\u00e9e\u00a0\u00bb lors de prochaines \u00e9lections (en 1824).<\/p>\n<p>La raison en est simple\u00a0: l\u2019\u00e9troitesse du pays l\u00e9gal par rapport au pays r\u00e9el. Le r\u00e9gime censitaire donne le droit de vote aux hommes de plus de 30\u00a0ans, payant au moins 300\u00a0francs d\u2019imp\u00f4ts directs. Soit 110\u00a0000 \u00e9lecteurs sur 9\u00a0millions d\u2019adultes en 1817, avec 80\u00a0% de propri\u00e9taires fonciers. Pour \u00eatre d\u00e9put\u00e9, il faut avoir au moins 40\u00a0ans et payer 1\u00a0000\u00a0francs d\u2019imp\u00f4ts directs\u00a0: 15\u00a0000 Fran\u00e7ais seulement sont \u00e9ligibles.<\/p>\n<p>Cette Chambre royaliste et ne repr\u00e9sentant que ses int\u00e9r\u00eats s\u2019oppose aux ministres mod\u00e9r\u00e9s, les emp\u00eache de gouverner, et provoque la seconde Terreur blanche de notre histoire. La haine des royalistes contre les hommes de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire est encore exasp\u00e9r\u00e9e apr\u00e8s les Cent-Jours. \u00ab\u00a0Ils finiraient par m\u2019\u00e9purer moi-m\u00eame\u00a0!\u00a0\u00bb, dit Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> avec son humour royal. Mais le tsar de Russie menace de laisser ses troupes d\u2019occupation en France, si le roi ne renvoie pas de tels d\u00e9put\u00e9s\u00a0! D\u2019o\u00f9 la dissolution du 5\u00a0septembre 1816.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le r\u00e8gne du roi est fini, celui de son successeur commence.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1979\" class=\"cit-num\">1979<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">BROGLIE<\/span> (1785-1870), apr\u00e8s la chute du minist\u00e8re Decazes, fin f\u00e9vrier\u00a01820. <em>Le Comte de Serre\u00a0: la politique mod\u00e9r\u00e9e sous la Restauration<\/em> (1879), Charles de Mazade<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un constitutionnel mod\u00e9r\u00e9 qui s\u2019exprime. Il a compris que c\u2019en est fini de la p\u00e9riode lib\u00e9rale voulue par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span>\u00a0: les ultras vont avoir le pouvoir, avec \u00e0 leur t\u00eate le futur Charles\u00a0X.<\/p>\n<p>Le duc de Richelieu, rappel\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence du Conseil par le roi, prend trois ultras dans son cabinet et tente une r\u00e9action mod\u00e9r\u00e9e face \u00e0 l\u2019opposition lib\u00e9rale\u00a0: suspension des lois de Serre sur la libert\u00e9 de la presse, loi \u00e9lectorale du double vote encore plus \u00e9litiste.<\/p>\n<p>Grand seigneur honn\u00eate, excellent administrateur, Richelieu n\u2019a pas l\u2019art de man\u0153uvrer une assembl\u00e9e, et sa politique est vite jug\u00e9e trop mod\u00e9r\u00e9e par les ultras. Vainqueurs aux \u00e9lections de d\u00e9cembre\u00a01820, ils auront d\u00e9finitivement gain de cause, quand le comte de Vill\u00e8le va devenir chef du gouvernement, en d\u00e9cembre\u00a01821.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En somme, le roi a voulu voir de son vivant comment cela irait apr\u00e8s sa mort, et il a constitu\u00e9 le premier cabinet de Monsieur\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1988\" class=\"cit-num\">1988<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquis de <span class=\"caps\">S\u00c9MONVILLE<\/span> (1759-1839). <em>Le Retour \u00e0 la monarchie, 1815-1848<\/em> (1943), Jules Bertaut<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le marquis entra en politique comme jeune r\u00e9volutionnaire, fut diplomate et juriste, et finira en \u00ab\u00a0vieux chat\u00a0\u00bb, aux dires de Talleyrand saluant ainsi sa ruse et son intelligence. Il prend acte du fait et juge fort bien\u00a0: Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> vient d\u2019accepter le cabinet minist\u00e9riel que lui propose Monsieur, son fr\u00e8re le comte d\u2019Artois. Vill\u00e8le en est le chef, il n\u2019y aura plus que des ultras au pouvoir, du 14\u00a0d\u00e9cembre 1821 jusqu\u2019en janvier\u00a01828.<\/p>\n<p>Les \u00e9lections de 1824 (25 f\u00e9vrier et 6 mars) donnent plus de 400 d\u00e9put\u00e9s aux ultraroyalistes et \u00e0 leurs alli\u00e9s, contre seulement 15 lib\u00e9raux. C\u2019est bien la Chambre \u00ab\u00a0retrouv\u00e9e\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h4>45. Avec l\u2019Alg\u00e9rie en 1830, la colonisation entre en sc\u00e8ne\u00a0: un malentendu historique qui n\u2019a pas de fin ni de fronti\u00e8re.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates un m\u00e9chant, un infid\u00e8le, un tra\u00eetre\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2006\" class=\"cit-num\">2006<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HUSSEIN<\/span> <span class=\"caps\">DEY<\/span> d\u2019Alger (vers 1765-1838), 30\u00a0avril 1827. <em>La Restauration et la Monarchie de Juillet<\/em> (1929), Jean Lucas-Dubreton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Joignant le geste \u00e0 la parole, il frappe trois fois de son chasse-mouches Pierre Deval le consul de France, dont le gouvernement refuse de payer des fournitures de bl\u00e9s qui datent du Consulat et de l\u2019Empire.<\/p>\n<p>Le Dey refuse de pr\u00e9senter des excuses. Ce qui pourrait n\u2019\u00eatre qu\u2019un fait divers va d\u00e9boucher sur la guerre. L\u2019incident venant aggraver des relations d\u00e9j\u00e0 tendues avec l\u2019Alg\u00e9rie sert de pr\u00e9texte \u00e0 l\u2019intervention de la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous ai d\u00e9j\u00e0 dit que je ne voulais pas traiter l\u2019affaire diplomatiquement. Vous en trouverez la preuve dans les termes que je vais employer\u00a0: la France se f\u2026 de l\u2019Angleterre\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2017\" class=\"cit-num\">2017<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Baron Lemercier d\u2019<span class=\"caps\">HAUSSEZ<\/span> (1778-1854), ministre de la Marine, \u00e0 Lord Stuart, 4\u00a0f\u00e9vrier 1830. <em>M\u00e9moires du Baron d\u2019Haussez, dernier ministre de la Marine sous la Restauration<\/em> (posthume, 1897)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour r\u00e9sumer une affaire alg\u00e9rienne qui se complique et s\u2019envenime, l\u2019Angleterre a d\u00e9sapprouv\u00e9 l\u2019intention de la France de venger l\u2019honneur du consul contre le Dey d\u2019Alger. Charles X, en accord avec son ministre Polignac, ordonne un blocus naval, avant l\u2019exp\u00e9dition militaire d\u00e9cisive, avec l\u2019amiral Duperr\u00e9 et de Bourmont, ministre de la Guerre\u00a0: d\u00e9barquement fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie le 14\u00a0juin 1830.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vingt jours ont suffi pour la destruction d\u2019un \u00c9tat dont l\u2019existence fatiguait l\u2019Europe depuis trois si\u00e8cles.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2019\" class=\"cit-num\">2019<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">BOURMONT<\/span> (1773-1846), ordre du jour du ministre de la Guerre, apr\u00e8s la reddition du Dey d\u2019Alger, 5\u00a0juillet 1830. <em>L\u2019Europe et la conqu\u00eate d\u2019Alger<\/em> (1913), Edgard Le Marchand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Prise d\u2019Alger et reddition sans condition du Dey Hussein, suite \u00e0 l\u2019exp\u00e9dition militaire de l\u2019amiral Duperr\u00e9 et du ministre de Bourmont, qui ont d\u00e9barqu\u00e9 en Alg\u00e9rie, le 14\u00a0juin.<\/p>\n<p>De Bourmont y gagne son b\u00e2ton de mar\u00e9chal de France et Chateaubriand dira, apprenant la prise d\u2019Alger\u00a0: \u00ab\u00a0Cette nouvelle me ravit sans me rassurer. La Providence peut du m\u00eame coup agrandir un royaume et renverser une dynastie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats, ils sont six mille, vous \u00eates trois cents. La partie est donc \u00e9gale. Regardez-les en face et tirez juste.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2092\" class=\"cit-num\">2092<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">CHANGARNIER<\/span> (1798-1877), Premi\u00e8re exp\u00e9dition de Constantine, 24\u00a0novembre 1836.<em> Le Crapouillot<\/em> (1958)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral commande l\u2019arri\u00e8re-garde, lors de la retraite. Au lendemain de la prise d\u2019Alger en 1830, Louis-Philippe se contenta de l\u2019occupation d\u2019une frange c\u00f4ti\u00e8re. Mais la r\u00e9sistance s\u2019organise autour d\u2019Abd el-Kader, devenu l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9mir des croyants\u00a0\u00bb, tandis que le bey de Constantine, Ahmad, contraint le mar\u00e9chal Clausel, gouverneur de l\u2019Alg\u00e9rie, \u00e0 la retraite \u2013 et bient\u00f4t Bugeaud \u00e0 la n\u00e9gociation avec Abd el-Kader (convention de la Tafna en mai\u00a01837). La tr\u00eave sera de courte dur\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ou la conqu\u00eate, ou l\u2019abandon.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2104\" class=\"cit-num\">2104<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas Robert <span class=\"caps\">BUGEAUD<\/span> (1784-1849), Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 15\u00a0f\u00e9vrier 1840.<em> Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La politique alg\u00e9rienne de la France est trop h\u00e9sitante, aux yeux du futur mar\u00e9chal.<\/p>\n<p>Le trait\u00e9 sign\u00e9 en 1837 entre Bugeaud et l\u2019\u00e9mir Abd el-Kader a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9. La France y faisait pourtant d\u2019importantes concessions, reconnaissant la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9mir des croyants\u00a0\u00bb sur pr\u00e8s des deux tiers de l\u2019Alg\u00e9rie et se contentant d\u2019une occupation du littoral. Abd el-Kader a profit\u00e9 de la tr\u00eave pour se constituer une arm\u00e9e, proclamant en 1839 la guerre sainte contre les Fran\u00e7ais qui occupent l\u2019Alg\u00e9rie depuis 1830. Le militaire met donc les politiques face \u00e0 leurs responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Bugeaud consid\u00e8re pourtant l\u2019Alg\u00e9rie comme \u00ab\u00a0le plus funeste des pr\u00e9sents que la Restauration ait fait \u00e0 la R\u00e9volution de juillet\u00a0\u00bb, pr\u00f4nant l\u2019occupation restreinte de quelques bases strat\u00e9giques, pour emp\u00eacher les raids barbaresques. Victor Hugo balaie ses r\u00e9ticences, entra\u00eenant la France sur la voie de la colonisation par l\u2019\u00e9migration civile massive.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je crois que notre nouvelle conqu\u00eate est chose heureuse et grande. C\u2019est la civilisation qui marche sur la barbarie. C\u2019est un peuple \u00e9clair\u00e9 qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c\u2019est \u00e0 nous d\u2019illuminer le monde. Notre mission s\u2019accomplit. Vous pensez autrement que moi, c\u2019est tout simple. Vous parlez en soldat, en homme d\u2019action. Moi je parle en philosophe et en penseur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885),<em> Choses vues<\/em>, 1847-1848 (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Impossible de juger sans commettre le p\u00e9ch\u00e9 d\u2019anachronisme, trop fr\u00e9quent en mati\u00e8re historique.<\/p>\n<p>Le colonialisme est sans doute la source des plus grands malentendus historiques dans le monde \u2013 rappelons l\u2019exception \u00e0 la r\u00e8gle d\u2019une colonisation heureuse, celle de la Gaule par les Romains apr\u00e8s la victoire de C\u00e9sar contre Vercing\u00e9torix.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, les probl\u00e8mes li\u00e9s \u00e0 la colonisation de l\u2019Alg\u00e9rie perdureront bien apr\u00e8s la guerre d\u2019Alg\u00e9rie et son ind\u00e9pendance (5 juillet 1962). Un exemple parmi tant d\u2019autres dans le monde, l\u2019Afrique restant le continent malheureusement exemplaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Lorsque les premiers missionnaires sont arriv\u00e9s en Afrique, ils avaient la Bible et nous, la terre. Ils nous ont demand\u00e9 de prier. Alors, nous avons ferm\u00e9 les yeux pour prier. Quand nous les avons rouverts, la situation s\u2019\u00e9tait invers\u00e9e. Nous avions la Bible et eux la terre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><span class=\"source\">Jomo <span class=\"caps\">KENYATTA<\/span> (1894-1978), premier pr\u00e9sident du Kenya et \u00ab\u00a0p\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>7 avril 1498\u00a0: le navigateur Vasco de Gama fait escale \u00e0 Mombasa. Premi\u00e8re pr\u00e9sence europ\u00e9enne en Afrique de l\u2019Est, sur les rivages maritimes de l\u2019actuel Kenya. Au fil de l\u2019histoire, la r\u00e9gion c\u00f4ti\u00e8re africaine bordant l\u2019Oc\u00e9an Indien verra pousser et prosp\u00e9rer, sous l\u2019influence des peuples navigateurs et commer\u00e7ants (arabes, indiens, persans), des cit\u00e9s qui ont b\u00e2ti leurs richesses \u00e0 partir du trafic avec l\u2019Inde, l\u2019Asie mineure et l\u2019Extr\u00eame-Orient.<\/p>\n<p>Vasco de Gama fut charg\u00e9 par son souverain de nouer des alliances avec les autorit\u00e9s swahilies pour soustraire aux Arabes le commerce lucratif des \u00e9pices et des esclaves. Pendant les si\u00e8cles, le commerce c\u00f4tier sera domin\u00e9 successivement par les Portugais et les Arabes omanais. Ces derniers vont passer la main \u00e0 l\u2019Angleterre, la puissance maritime montante du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle dont les navires croisaient dans l\u2019oc\u00e9an Indien depuis deux cents ans.<\/p>\n<p>Le Kenya, devenu protectorat britannique, puis colonie anglaise en 1890, v\u00e9cut une colonisation particuli\u00e8rement brutale, marqu\u00e9e par des expropriations et des asservissements des populations locales. La r\u00e9sistance anticoloniale se radicalisa face \u00e0 la lenteur des r\u00e9formes politiques promises par les Britanniques, avec l\u2019insurrection Mau-Mau en 1952-1956 et sa brutale r\u00e9pression. Le pays, ind\u00e9pendant depuis le 12 d\u00e9cembre 1963, est devenu une R\u00e9publique en 1964. Jomo Kenyatta, ex-chef de l\u2019opposition, est rest\u00e9 le \u00ab\u00a0p\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb. Crise \u00e9conomique, corruption g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e, stabilit\u00e9 politique bancale, guerres tribales, attaques terroristes, taux de criminalit\u00e9 particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 dans les grandes villes\u2026 Le Kenya doit affronter tous ces probl\u00e8mes, \u00e0 commencer par la \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ration Z\u00a0\u00bb, jeunes gens plus \u00e9duqu\u00e9s mais devant recourir au \u00ab\u00a0secteur informel\u00a0\u00bb (plus de 80% des emplois, mal r\u00e9mun\u00e9r\u00e9s, sans s\u00e9curit\u00e9 ni prestige social).<\/p>\n<h4>46. Charles X, dernier roi de France\u2026 oui mais remplac\u00e9 par le \u00ab\u00a0roi des Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, Louis-Philippe sous la\u00a0 Monarchie de juillet.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mettez en note que le 29\u00a0juillet 1830, \u00e0 midi cinq minutes, la branche a\u00een\u00e9e des Bourbons a cess\u00e9 de r\u00e9gner sur la France\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2029\" class=\"cit-num\">2029<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838). <em>L\u2019Esprit de M.\u00a0de Talleyrand\u00a0: anecdotes et bons mots<\/em> (1909), Louis Thomas<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Travaillant \u00e0 ses <em>M\u00e9moires<\/em>, il entend les troupes de Marmont qui refluent sous ses fen\u00eatres, rue de Rivoli \u2013 le Louvre est pris par les insurg\u00e9s, les soldats se d\u00e9bandent. Le vieux pair de France, qui a v\u00e9cu tous les tournants de l\u2019histoire depuis la R\u00e9volution et surv\u00e9cu \u00e0 tant d\u2019\u00e9preuves, s\u2019interrompt et dicte cette note \u00e0 son secr\u00e9taire.<\/p>\n<p>Ce m\u00eame jour, les d\u00e9put\u00e9s font cause commune avec le peuple. C\u2019est la \u00ab\u00a0Troisi\u00e8me Glorieuse\u00a0\u00bb de cette br\u00e8ve R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Charles X a essay\u00e9 de sauver la l\u00e9gitimit\u00e9 fran\u00e7aise et avec elle la l\u00e9gitimit\u00e9 europ\u00e9enne\u00a0: il a livr\u00e9 la bataille et il l\u2019a perdue [\u2026] Napol\u00e9on a eu son Waterloo, Charles X ses journ\u00e9es de juillet.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2030\" class=\"cit-num\">2030<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 30\u00a0juillet, Charles X retire les ordonnances. Trop tard. Thiers et Mignet font placarder un manifeste orl\u00e9aniste. Louis-Philippe attend son heure, patiemment, prudemment r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Neuilly, puis au Raincy. Tandis que La Fayette, septuag\u00e9naire actif, est de retour pour son dernier rendez-vous avec l\u2019Histoire, de nouveau \u00e0 la t\u00eate de la garde nationale r\u00e9tablie, qui occupe l\u2019H\u00f4tel de Ville\u00a0: on hisse le drapeau tricolore.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Habitants de Paris\u00a0! Charles X a cess\u00e9 de r\u00e9gner sur la France\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2031\" class=\"cit-num\">2031<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proclamation de la Commission municipale, 30\u00a0juillet 1830.<em> Bulletin des lois et ordonnances\u00a0: publi\u00e9es depuis la R\u00e9volution de juillet\u00a01830<\/em>, volume\u00a0I (1849), Dupont \u00e9d<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un v\u00e9ritable gouvernement provisoire qui a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 par le banquier Laffitte et Casimir P\u00e9rier. Seul suspense, qui va l\u2019emporter, de la R\u00e9publique ou de la branche orl\u00e9aniste\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019opposition [\u2026] peut perdre autant de batailles qu\u2019elle en livre, il lui suffit, comme les alli\u00e9s en 1814, de vaincre une seule fois. Avec \u00ab\u00a0trois glorieuses journ\u00e9es\u00a0\u00bb, enfin, elle d\u00e9truit tout.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2032\" class=\"cit-num\">2032<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Honor\u00e9 de <span class=\"caps\">BALZAC<\/span> (1799-1850), <em>Le D\u00e9put\u00e9 d\u2019Arcis<\/em> (posthume, 1854)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La crainte d\u2019un r\u00e9gime vraiment d\u00e9mocratique va pousser la majorit\u00e9 des d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition, repr\u00e9sentants d\u2019une bourgeoisie lib\u00e9rale, ais\u00e9e, \u00e9clair\u00e9e, mais pas vraiment r\u00e9volutionnaire, \u00e0 \u00ab\u00a0escamoter\u00a0\u00bb la R\u00e9publique et opter pour l\u2019ordre. <em>Le National<\/em> propose de nommer roi le duc d\u2019Orl\u00e9ans, \u00ab\u00a0prince d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la cause de la R\u00e9volution\u00a0\u00bb. Toute l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du nouveau r\u00e9gime est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, dans ce recours \u00e0 un \u00ab\u00a0roi citoyen\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Charte sera d\u00e9sormais une v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2033\" class=\"cit-num\">2033<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u2013<span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> (1773-1850), Proclamation aux habitants de Paris, 31\u00a0juillet 1830. <em>R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0: histoire de dix ans, 1830-1840<\/em> (1846), Louis Blanc<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le texte de la proclamation est de Guizot. Celui qui est encore le duc d\u2019Orl\u00e9ans prend le m\u00eame jour le titre de lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume. Mais il lui faut l\u2019aval du peuple. Il se rend donc \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville o\u00f9 l\u2019attend La Fayette, redevenu populaire comme aux grandes heures de la R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 ce que nous avons pu faire de plus r\u00e9publicain.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2034\" class=\"cit-num\">2034<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">FAYETTE<\/span> (1757-1834), H\u00f4tel de Ville, 31\u00a0juillet 1830. <em>La Fayette et la r\u00e9volution de 1830\u00a0: histoire des choses et des hommes de Juillet<\/em>, volume\u00a0I (1832), Bernard Alexis Sarrans<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ralli\u00e9 \u00e0 la cause du duc d\u2019Orl\u00e9ans, il lui donne l\u2019accolade et fait de lui le futur \u00ab\u00a0roi des Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Puisqu\u2019ils ne veulent pas de moi, qu\u2019ils se d\u00e9brouillent\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2035\" class=\"cit-num\">2035<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc d\u2019<span class=\"caps\">ANGOUL\u00caME<\/span> (1775-1844), dernier dauphin de l\u2019histoire de France, ch\u00e2teau de Rambouillet, 2\u00a0ao\u00fbt 1830. <em>La Duchesse de Berry<\/em> (1963), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Charles\u00a0X, repli\u00e9 \u00e0 Rambouillet, vient d\u2019accepter la nomination du duc d\u2019Orl\u00e9ans comme lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume et r\u00e9gent. Plus ou moins forc\u00e9, il abdique en faveur de son petit-fils (10\u00a0ans), le duc Henri de Bordeaux. Il signe l\u2019acte, tend la plume \u00e0 son fils a\u00een\u00e9, Louis de France, devenu Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIX<\/span> le temps du r\u00e8gne le plus court de l\u2019histoire de France \u2013 quelques secondes d\u2019h\u00e9sitation, car il pourrait tenir pour nulles les d\u00e9cisions de son p\u00e8re et garder la couronne.<\/p>\n<p>Il choisit d\u2019abdiquer \u00e0 son tour en faveur de son neveu, le duc de Bordeaux, qui devient Henri\u00a0V pour les l\u00e9gitimistes \u2013 et attendra 1871 pour faire valoir ses droits \u00e0 la couronne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Le Dey.<\/em> \u2014 Je conviens que Charles Dix<br>Des guerriers est le ph\u00e9nix,<br>Il combat les Alg\u00e9riens<br>En m\u00eam\u2019 temps qu\u2019les Parisiens.<br><em>Charles X.<\/em> \u2014 Pour rentrer dans mon Paris<br>Si nous n\u2019\u00e9tions pas enn\u2019mis,<br>J\u2019aurais r\u00e9clam\u00e9 d\u2019tes soins<br>Une patrouill\u2019 de B\u00e9douins.<br><em>Refrain<\/em><br>\u00c7a va mal, sort fatal,<br>Adieu le tr\u00f4ne royal,<br>C\u2019est \u00e9gal,<br>Nous vivons, c\u2019est l\u2019principal.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2036\" class=\"cit-num\">2036<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Auguste <span class=\"caps\">JOUHAUD<\/span> (1806-1888), <em>\u00c0 ton tour Paillasse<\/em> (1830), chanson.<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson, incluse dans une pi\u00e8ce en trois journ\u00e9es, en vers et en prose, r\u00e9unit en un duo ironique les deux souverains qui perdent leur tr\u00f4ne en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>Le 3\u00a0ao\u00fbt, Charles X fuit, \u00e9pouvant\u00e9 par le bruit que fait courir le mar\u00e9chal Marmont (commandant l\u2019arm\u00e9e royale, d\u00e9sormais acquis \u00e0 Louis-Philippe)\u00a0: 100\u00a0000 Parisiens arm\u00e9s seraient \u00e0 ses trousses. En fait, partis 30\u00a0000, ils arrivent moins de 1\u00a0000 \u00e0 Rambouillet, mais l\u2019arm\u00e9e royale (pr\u00e8s de 13\u00a0000 hommes) se replie. Charles X reprend le chemin du dernier exil. Les Bourbons ont fini de r\u00e9gner en France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis-Philippe \u00e9tait un homme rare [\u2026] tr\u00e8s premier prince du sang tant qu\u2019il n\u2019avait \u00e9t\u00e9 qu\u2019altesse s\u00e9r\u00e9nissime, mais franc bourgeois le jour o\u00f9 il fut majest\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2055\" class=\"cit-num\">2055<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885),<em> Les Mis\u00e9rables<\/em> (1862)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Roi-citoyen amen\u00e9 au pouvoir par une r\u00e9volution, roi des barricades \u00e0 la t\u00eate d\u2019une monarchie bourgeoise qualifi\u00e9e de \u00ab\u00a0meilleure des r\u00e9publiques\u00a0\u00bb par certains, Louis-Philippe r\u00e9unit quelques-unes des ambigu\u00eft\u00e9s dont vivra et mourra ce r\u00e9gime.<\/p>\n<h4>47. Le G\u00e9nie de la Bastille (ou de la Libert\u00e9) surmontant la Colonne de juillet place de la Bastille honore les morts\u2026 d\u2019une autre r\u00e9volution\u00a0: les \u00ab\u00a0Trois Glorieuses\u00a0\u00bb journ\u00e9es de juillet 1830.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils sont perdus. Ils ne connaissent ni le pays ni le temps. Ils vivent en dehors du monde et du si\u00e8cle\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2022\" class=\"cit-num\">2022<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">MARMONT<\/span> (1774-1852), \u00e0 la t\u00eate des troupes royales, 26\u00a0juillet 1830. <em>M\u00e9moires de la comtesse de Boigne<\/em> (posthume, 1909)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cet excellent militaire est \u00e0 la t\u00eate des troupes royales, soit 10\u00a0000 hommes, face aux 25\u00a0000 insurg\u00e9s\u00a0: 20\u00a0000 membres de la garde nationale dissoute en juillet\u00a01827, mais qui ont gard\u00e9 leurs armes, et 5\u00a0000 r\u00e9publicains qui ont pill\u00e9 les armureries. Le combat est trop in\u00e9gal, donc perdu d\u2019avance.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le r\u00e9gime l\u00e9gal est interrompu, celui de la force a commenc\u00e9 [\u2026] L\u2019ob\u00e9issance cesse d\u2019\u00eatre un devoir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2023\" class=\"cit-num\">2023<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le National<\/em>, 26\u00a0juillet 1830. <em>Les Pol\u00e9mistes fran\u00e7ais depuis 1789<\/em> (1962), Pierre Dominique<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce journal parisien d\u2019opposition constitutionnelle, fond\u00e9 par Thiers, Mignet et Carrel en janvier\u00a01830, est financ\u00e9 par le banquier Jacques Laffitte, d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral dont l\u2019h\u00f4tel est l\u2019un des principaux foyers de l\u2019insurrection de juillet. Les trois journalistes d\u00e9noncent l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 des ordonnances.<\/p>\n<p>Le lendemain 27\u00a0juillet, les journaux interdits paraissent, mais sont saisis. C\u2019est la premi\u00e8re des \u00ab\u00a0Trois Glorieuses\u00a0\u00bb. Paris se soul\u00e8ve\u00a0: ouvriers typographes r\u00e9duits au ch\u00f4mage, \u00e9tudiants, puis le mouvement s\u2019\u00e9tend, le peuple du faubourg Saint-Antoine marche sur l\u2019H\u00f4tel de Ville, bient\u00f4t le Louvre, les Tuileries. Les troupes de Marmont sont d\u00e9pass\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les r\u00e9volutions sont de magnifiques improvisatrices. Un peu \u00e9chevel\u00e9es quelquefois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2024\" class=\"cit-num\">2024<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Choses vues<\/em>, 1830 (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec lui, tous les jeunes romantiques se retrouvent dans l\u2019opposition. Hugo a 28\u00a0ans. C\u2019est l\u2019un des plus ardents. Et c\u2019est le d\u00e9but d\u2019une belle et longue vie politique, men\u00e9e parall\u00e8lement \u00e0 sa carri\u00e8re litt\u00e9raire. On peut le comparer \u00e0 Chateaubriand, son mod\u00e8le proclam\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Je veux \u00eatre Chateaubriand ou rien\u00a0\u00bb (Lettre de 1821).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ignore, Sire, si je suis toujours un oiseau de mauvais augure, mais il est d\u00e9cid\u00e9 que je serai toujours un oiseau des temps d\u2019orage, et celui qui tonne sur nos t\u00eates prend un aspect formidable.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2025\" class=\"cit-num\">2025<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Baron de <span class=\"caps\">VITROLLES<\/span> (1774-1854), au roi Charles X, ch\u00e2teau de Saint-Cloud, 28\u00a0juillet 1830. <em>1830, la r\u00e9volution tricolore<\/em> (1965), Jean Louis de Courson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Deuxi\u00e8me Glorieuse\u00a0: Paris, d\u00e8s le matin, construit ses barricades pour faire obstacle aux forces de l\u2019ordre.<\/p>\n<p>Vitrolles, ambassadeur et pair de France, repr\u00e9sentant des ultras, est enfin re\u00e7u par Charles X\u00a0: il tient toujours \u00e0 ses quatre ordonnances et refuse la proposition du baron, d\u2019aller discuter avec les chefs de l\u2019insurrection parisienne. Ce serait perdre la face, pour le roi qui ne comprend pas qu\u2019il va perdre son tr\u00f4ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Peuple fran\u00e7ais, peuple de braves,<br>La libert\u00e9 r\u2019ouvre ses bras.<br>On nous disait\u00a0: \u00ab\u00a0Soyez esclaves\u00a0\u00bb,<br>Nous avons dit\u00a0: \u00ab\u00a0Soyons soldats\u00a0\u00bb.<br>Soudain Paris dans sa m\u00e9moire<br>A retrouv\u00e9 son cri de gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2026\" class=\"cit-num\">2026<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Casimir <span class=\"caps\">DELAVIGNE<\/span> (1793-1843), <em>La Parisienne<\/em> (1830), chanson.<em> Recueil de chants patriotiques et guerriers d\u00e9di\u00e9s aux braves Suisses qui prennent les armes pour d\u00e9fendre la patrie<\/em> (1838)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Po\u00e8te et auteur dramatique en renom, rival des romantiques sur la sc\u00e8ne, mais lib\u00e9ral convaincu en politique, il \u00e9crit cette \u0153uvre de circonstance aux accents r\u00e9volutionnaires\u00a0:<em> La Parisienne<\/em> fait \u00e9cho \u00e0 <em>La Marseillaise.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La troupe fraternise avec le peuple.<br>\u2014 Eh bien, il faut tirer aussi sur la troupe\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2027\" class=\"cit-num\">2027<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">R\u00e9ponse du prince de <span class=\"caps\">POLIGNAC<\/span> (1780-1847), chef du gouvernement, au chef d\u2019escadron Delarue, 28\u00a0juillet\u00a01830. <em>R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0: histoire de dix ans, 1830-1840<\/em> (1846), Louis Blanc<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e8s le 27\u00a0juillet, deux compagnies des troupes royales, bombard\u00e9es de jets de pierre, sont pass\u00e9es aux \u00e9meutiers. Le 28, dans Paris h\u00e9riss\u00e9 de barricades, Marmont r\u00e9siste encore, tant bien que mal, avec ses 10\u00a0000 hommes. Il re\u00e7oit enfin des ordres pr\u00e9cis du roi, toujours \u00e0 Saint-Cloud\u00a0: concentrer ses troupes autour des Tuileries et du Louvre. Il abandonne aux insurg\u00e9s tous les quartiers de l\u2019est et du nord de Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La derni\u00e8re raison des rois, le boulet. La derni\u00e8re raison des peuples, le pav\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2028\" class=\"cit-num\">2028<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Litt\u00e9rature et philosophie m\u00eal\u00e9es<\/em> (1834)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>29 juillet 1830, c\u2019est la \u00ab\u00a0Troisi\u00e8me Glorieuse\u00a0\u00bb de cette br\u00e8ve R\u00e9volution.<\/p>\n<p>Les Trois Glorieuses se soldent officiellement par 504 morts \u2013 r\u00e9pertori\u00e9s sur la colonne de la place de la Bastille \u00e0 Paris, dite \u00ab\u00a0colonne de Juillet\u00a0\u00bb. Bilan sans doute sous-estim\u00e9, d\u2019autres \u00e9tudes avancent le chiffre de 788 tu\u00e9s chez les insurg\u00e9s et 163 morts du c\u00f4t\u00e9 des soldats. Pr\u00e8s de 4 000 personnes ont \u00e9t\u00e9 bless\u00e9es.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de France est ponctu\u00e9e de \u00ab\u00a0journ\u00e9es des Barricades\u00a0\u00bb \u2013 murailles vite improvis\u00e9es, faites de pav\u00e9s, de galets, de poutres, construites par le peuple pour barrer la route aux troupes organis\u00e9es, charg\u00e9es du maintien de l\u2019ordre. La premi\u00e8re Journ\u00e9e remonte \u00e0 la Sainte Ligue (catholique), qui tenait Paris en 1588. En 1649, c\u2019est la Fronde, o\u00f9 l\u2019on a beaucoup jou\u00e9 avec les pav\u00e9s. La R\u00e9volution de 1830 d\u00e9pave les rues de Paris, durant ces Trois Glorieuses. Les pav\u00e9s reprendront du service avec la R\u00e9volution de 1848, la Commune de Paris en 1871, la plus sanglante guerre des pav\u00e9s \u2013 Hugo sera encore t\u00e9moin. Au <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, Paris vivra deux s\u00e9ries de journ\u00e9es o\u00f9 les rues se h\u00e9rissent \u00e0 nouveau de barricades et de pav\u00e9s, qui font \u00e9galement projectiles\u00a0: \u00e0 la Lib\u00e9ration en 1940, et en mai 1968. Entre les deux, la \u00ab\u00a0semaine des Barricades\u00a0\u00bb, en janvier\u00a01960, \u00e0 Alger. Le pav\u00e9 servira de moins en moins, les rues de Paris et de toutes les grandes villes \u00e9tant recouvertes de macadam.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Charles X a essay\u00e9 de sauver la l\u00e9gitimit\u00e9 fran\u00e7aise et avec elle la l\u00e9gitimit\u00e9 europ\u00e9enne\u00a0: il a livr\u00e9 la bataille et il l\u2019a perdue [\u2026] Napol\u00e9on a eu son Waterloo, Charles X ses journ\u00e9es de juillet.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2030\" class=\"cit-num\">2030<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois-Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 30\u00a0juillet, Charles X retire les ordonnances. Trop tard. Thiers et Mignet font placarder un manifeste orl\u00e9aniste. Louis-Philippe attend son heure, patiemment, prudemment r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Neuilly, puis au Raincy. Tandis que La Fayette, septuag\u00e9naire actif, est de retour pour son dernier rendez-vous avec l\u2019Histoire, de nouveau \u00e0 la t\u00eate de la garde nationale r\u00e9tablie, qui occupe l\u2019H\u00f4tel de Ville\u00a0: on hisse le drapeau tricolore.<\/p>\n<h4>48. \u00ab\u00a0Enrichissez-vous \u2026\u00a0\u00bb\u00a0: citation tronqu\u00e9e de Guizot sous la Monarchie de Juillet, d\u00e9sinformation volontaire.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Enrichissez-vous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2114\" class=\"cit-num\">2114<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">GUIZOT<\/span> (1787-1874), Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 1er\u00a0mars 1843. <em>Histoire parlementaire de France\u00a0: recueil complet des discours prononc\u00e9s dans les Chambres de 1819 \u00e0 1848<\/em> (1864), Fran\u00e7ois Guizot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, et pratiquement chef du gouvernement, son mot est souvent cit\u00e9 pour condamner ses conceptions politiques, et r\u00e9sumer l\u2019esprit \u00e9go\u00efstement bourgeois de la Monarchie de Juillet. Exemple type de d\u00e9sinformation par utilisation d\u2019une citation tronqu\u00e9e.<\/p>\n<p>Rappelons le contexte. Guizot r\u00e9pond aux attaques de l\u2019opposition\u00a0: \u00ab\u00a0Fondez votre gouvernement, affermissez vos institutions, \u00e9clairez-vous, enrichissez-vous, am\u00e9liorez la condition morale et mat\u00e9rielle de notre France.\u00a0\u00bb Il reprend le mot lors d\u2019un banquet, la m\u00eame ann\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Enrichissez-vous par le travail, par l\u2019\u00e9pargne et la probit\u00e9, et vous deviendrez \u00e9lecteurs.\u00a0\u00bb (Le droit de vote \u00e9tait conditionn\u00e9 par un seuil d\u2019imposition, le cens.)<\/p>\n<p>Louis-Philippe approuve les id\u00e9es de son ministre\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est ma bouche\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<h4>49.\u00ab\u00a0L\u2019Empereur, vous n\u2019avez rien de lui\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0: Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> n\u2019a exist\u00e9 que par cette illustre parent\u00e9, mais le doute existera toujours.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Laissez le neveu de l\u2019empereur s\u2019approcher du soleil de notre R\u00e9publique\u00a0; je suis s\u00fbr qu\u2019il dispara\u00eetra dans ses rayons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2181\" class=\"cit-num\">2181<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis <span class=\"caps\">BLANC<\/span> (1811-1882). <em>Histoire parlementaire de l\u2019Assembl\u00e9e nationale,<\/em> volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1848), F. Wouters, <span class=\"caps\">A.J.C.<\/span> Gendeblen<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Comme quoi un bon historien peut faire gravement erreur sur son temps\u00a0! C\u2019est la R\u00e9publique qui va bient\u00f4t dispara\u00eetre devant l\u2019Empire restaur\u00e9. Il est vrai que les premiers t\u00e9moins n\u2019ont pas cru dans le destin du nouvel homme qui para\u00eet particuli\u00e8rement falot.<\/p>\n<p>Louis Blanc fait ici allusion \u00e0 une d\u00e9claration du candidat empruntant au lyrisme hugolien\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019oncle de Louis-Napol\u00e9on, que disait-il\u00a0? Il disait\u00a0: \u00ab\u00a0La r\u00e9publique est comme le soleil.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0peuple chansonnier\u00a0\u00bb se m\u00e9fie publiquement, sous la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique\u2026 avec allusion \u00e0 son s\u00e9jour de prisonnier en Angleterre, sa bonne \u00e9ducation en Suisse\u2026 et ses accessoires vestimentaires rappelant l\u2019illustre anc\u00eatre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis Corse d\u2019origine,<br>Je suis Anglais pour le ton,<br>Suisse d\u2019\u00e9ducation<br>Et Cosaque pour la mine [\u2026]<br>J\u2019ai la redingote grise,<br>Et j\u2019ai le petit chapeau\u00a0;<br>Ce costume est assez beau,<br>On admire cette mise.<br>Seul le g\u00e9nie est absent<br>Pour faire un bon pr\u00e9sident.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2188\" class=\"cit-num\">2188<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Complainte de Louis-Napol\u00e9on pour compl\u00e9ter sa profession de foi<\/em> (1848), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il dut souffrir de toutes ces chansons qui le brocard\u00e8rent, d\u00e9j\u00e0 en \u00ab\u00a0Ratapoil\u00a0\u00bb, bient\u00f4t en \u00ab\u00a0Badinguet\u00a0\u00bb et autres surnoms. Selon Hugo\u00a0: \u00ab\u00a0Peu lui importe d\u2019\u00eatre m\u00e9pris\u00e9, il se contente de la figure du respect\u00a0\u00bb (Napol\u00e9on le Petit).<\/p>\n<p>Bien que chansonn\u00e9 et ridiculis\u00e9, sous-estim\u00e9, malmen\u00e9, le candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique a toutes ses chances\u00a0: port\u00e9 par la l\u00e9gende napol\u00e9onienne qui enchante le peuple et l\u2019a d\u00e9j\u00e0 fait d\u00e9put\u00e9, il rassure les bourgeois qui ont vu de pr\u00e8s le \u00ab\u00a0p\u00e9ril rouge\u00a0\u00bb, lors des derni\u00e8res \u00e9meutes r\u00e9publicaines.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le citoyen Bonaparte \u00e9lu pr\u00e9sident de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb\u00a0: r\u00e9sultats du scrutin des 10 et 11\u00a0d\u00e9cembre 1848, proclam\u00e9s lors d\u2019une s\u00e9ance solennelle \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e. Triomphe pour le \u00ab\u00a0citoyen Bonaparte\u00a0\u00bb, \u00e9lu au suffrage universel par 75\u00a0% des votants, (5,5\u00a0millions de voix)\u00a0! D\u00e9route de Lamartine, h\u00e9ros des premiers jours de f\u00e9vrier,\u00a0 qui n\u2019\u00e9tait plus candidat que de lui-m\u00eame (17\u00a0914 voix). Les voix r\u00e9publicaines se sont dispers\u00e9es entre Cavaignac (1,4\u00a0million de mod\u00e9r\u00e9s), Ledru-Rollin (370 000 d\u00e9mocrates) et Raspail (moins de 37\u00a0000 socialistes r\u00e9volutionnaires), trois candidats relativement ignor\u00e9s hors Paris et la minorit\u00e9 \u00e9clair\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On craint une folie imp\u00e9riale. Le peuple la verrait tranquillement.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2200\" class=\"cit-num\">2200<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9lise <span class=\"caps\">THIERS<\/span> (1818-1880), n\u00e9e Dosne. <em>Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1969), Georges Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9pouse de Thiers t\u00e9moigne, ayant vu Louis-Napol\u00e9on Bonaparte passer en revue les troupes le 4\u00a0novembre 1849. Le pr\u00e9sident est particuli\u00e8rement populaire dans l\u2019arm\u00e9e\u00a0: il multiplie les grandes revues, augmente la solde des sous-officiers. Celui qu\u2019on commence \u00e0 appeler le \u00ab\u00a0prince Louis-Napol\u00e9on\u00a0\u00bb m\u00e8ne une politique personnelle, se fait acclamer en province, cr\u00e9e son propre parti, ses journaux. Les craintes de Mme\u00a0Thiers sont justifi\u00e9es et la carri\u00e8re de son mari marquera un temps d\u2019arr\u00eat sous le Second Empire.<\/p>\n<p>Et Louis-Napol\u00e9on, pr\u00e9sident de la R\u00e9publique bien \u00e9lu, va oser le coup d\u2019\u00c9tat lui permettant de garder le pouvoir malgr\u00e9 la Constitution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La France a compris que je n\u2019\u00e9tais sorti de la l\u00e9galit\u00e9 que pour entrer dans le droit. Plus de sept millions de suffrages viennent de m\u2019absoudre\u2026\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2220\" class=\"cit-num\">2220<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1808-1873), pl\u00e9biscit\u00e9 les 21 et 22\u00a0d\u00e9cembre 1851. <em>Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1998), Georges Bordonove<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le pays (au suffrage universel r\u00e9tabli) approuve massivement le coup d\u2019\u00c9tat\u00a0du 2 d\u00e9cembre 1851\u00a0: 7\u00a0439\u00a0216 oui contre 640\u00a0737 non. Mais c\u2019est un scrutin sous haute surveillance et l\u2019opinion publique est manipul\u00e9e.<\/p>\n<p>Louis-Napol\u00e9on avait choisi le jour anniversaire d\u2019Austerlitz, 2 d\u00e9cembre 1805, jour de gloire pour Napol\u00e9on. Il a voulu personnellement et ardemment ce coup d\u2019\u00c9tat, mais il en ressentira plus tard une r\u00e9elle culpabilit\u00e9\u00a0: c\u2019est sa \u00ab\u00a0tunique de Nessus\u00a0\u00bb, dira l\u2019imp\u00e9ratrice Eug\u00e9nie. Un an apr\u00e8s, il va asseoir son pouvoir imp\u00e9rial\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Repr\u00e9sentant \u00e0 tant de titres la cause du peuple et la volont\u00e9 nationale, ce sera la nation qui, en m\u2019\u00e9levant au tr\u00f4ne, se couronnera elle-m\u00eame.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2231\" class=\"cit-num\">2231<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1808-1873), S\u00e9nat, 4\u00a0novembre 1852.<em> Recueil g\u00e9n\u00e9ral des lois, d\u00e9crets et arr\u00eat\u00e9s<\/em> (1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le message du prince-pr\u00e9sident s\u2019adresse \u00e0 la nation, invit\u00e9e \u00e0 un nouveau pl\u00e9biscite. Les 21 et 22\u00a0novembre, la nation r\u00e9pondra massivement oui\u00a0: 7,8\u00a0millions de voix, contre 250\u00a0000 non.<\/p>\n<p>\u00c9mile Zola explique les raisons de ce triomphe\u00a0: \u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9, sauv\u00e9e encore une fois, se f\u00e9licitait, se reposait, faisait la grasse matin\u00e9e, maintenant qu\u2019un gouvernement fort la prot\u00e9geait et lui \u00f4tait jusqu\u2019au souci de penser et de r\u00e9gler ses affaires. La grande pr\u00e9occupation de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9tait de savoir gr\u00e2ce \u00e0 quels amusements elle allait tuer le temps [\u2026] Paris se mettait \u00e0 table et r\u00eavait gaudriole au dessert.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais Louis-Napol\u00e9on Bonaparte est surtout port\u00e9 par la magie du nom qu\u2019il porte. \u00c0 tort ou \u00e0 raison\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Empereur, vous n\u2019avez rien de lui\u00a0!<br>\u2014 Tu te trompes, mon cher, j\u2019ai sa famille.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2269\" class=\"cit-num\">2269<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873) \u00e0 son cousin germain J\u00e9r\u00f4me-Napol\u00e9on Bonaparte (1856). <em>Histoire de la France<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1958), Andr\u00e9 Maurois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>J\u00e9r\u00f4me-Napol\u00e9on, dit Prince Napol\u00e9on, fils de J\u00e9r\u00f4me Bonaparte (fr\u00e8re de Napol\u00e9on Ier) et fr\u00e8re de la princesse Mathilde, mettait ainsi en doute l\u2019ascendance paternelle de l\u2019empereur. Non sans quelques raisons\u2026<\/p>\n<p>Sa m\u00e8re, Hortense de Beauharnais (fille de l\u2019imp\u00e9ratrice Jos\u00e9phine), avait eu avant sa naissance en 1808 bien des amants\u00a0: un \u00e9cuyer, son premier chambellan qui \u00e9tait comte, un marquis, un amiral hollandais\u2026 Les historiens ignoreront toujours si Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> est bien le fils de son p\u00e8re Louis Bonaparte, roi de Hollande. Une seule chose est s\u00fbre\u00a0: le doute devait empoisonner l\u2019empereur.<\/p>\n<p>Une nouvelle hypoth\u00e8se porterait le soup\u00e7on sur \u00ab\u00a0Madame M\u00e8re\u00a0\u00bb, m\u00e8re de Napol\u00e9on \u2013 et grand-m\u00e8re de Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span>. Charles Bonaparte \u00e9pouse \u00e0 18 ans Letizia Ramolino \u00e2g\u00e9e de treize ans. La jeune femme r\u00e9put\u00e9e pour sa beaut\u00e9 est rapidement m\u00e8re et Napol\u00e9on na\u00eet le 15 ao\u00fbt 1769 \u00e0 Ajaccio. La rumeur d\u00e9fendue par Herv\u00e9 le Borgne et Edmond Outin sur une liaison adult\u00e9rine avec Letizia ferait du comte de Marbeuf le p\u00e8re de Napol\u00e9on Bonaparte. Hypoth\u00e8se d\u00e9mentie par les analyses <span class=\"caps\">ADN<\/span>.<\/p>\n<p>Sa famille n\u2019\u00e9tait pas davantage un cadeau, surtout ce cousin germain, chef de la branche cadette, parfois appel\u00e9 Napol\u00e9on V et surnomm\u00e9 Plon-Plon (diminutif affectueux de sa m\u00e8re, devenu ridicule avec l\u2019\u00e2ge), qui affiche ses convictions anticl\u00e9ricales et jacobines. L\u2019empereur se m\u00e9fie de ce \u00ab\u00a0C\u00e9sar d\u00e9class\u00e9\u00a0\u00bb, impulsif et vell\u00e9itaire, en \u00e9tat de fronde perp\u00e9tuelle. Mais la famille, c\u2019est la famille.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00ab\u00a0Mal nommer un objet, c&#8217;est ajouter au malheur de ce monde.\u00a0\u00bb Albert CAMUS (1913-1960), Sur une philosophie de l&#8217;expression, revue Po\u00e9sie 44 Et en d\u2019autres mots\u00a0: \u00ab\u00a0Sans savoir ou sans dire encore comment cela est possible, la grande t\u00e2che de l&#8217;homme est de ne pas servir le mensonge.\u00a0\u00bbL\u2019Histoire nous donne des rep\u00e8res \u2013 encore [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":112,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-13951","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13951","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13951"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13951\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13954,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13951\/revisions\/13954"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13951"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13951"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13951"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}