{"id":14233,"date":"2025-10-13T10:01:02","date_gmt":"2025-10-13T08:01:02","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/les-attentats-et-assassinats-de-lhistoire-de-la-troisieme-republique-a-nos-jours-2\/"},"modified":"2025-11-19T08:51:35","modified_gmt":"2025-11-19T07:51:35","slug":"les-attentats-et-assassinats-de-lhistoire-de-la-troisieme-republique-a-nos-jours-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/les-attentats-et-assassinats-de-lhistoire-de-la-troisieme-republique-a-nos-jours-2\/","title":{"rendered":"Les attentats et assassinats de l&rsquo;histoire (de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique \u00e0 nos jours)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019air est plein de poignards.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Joseph <span class=\"caps\">FOUCH\u00c9<\/span> (1759-1820), ex-ministre de la Police, mi-janvier\u00a01804<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Politique, un m\u00e9tier \u00e0 risque extr\u00eame\u00a0!<\/p>\n<p>Entre attentats (\u00ab\u00a0tentatives criminelles\u00a0\u00bb) et assassinats (\u00ab\u00a0meurtres avec pr\u00e9m\u00e9ditation\u00a0\u00bb), l\u2019Histoire est violente, des origines \u00e0 nos jours et dans le monde.<\/p>\n<p>Rappelons quelques noms de victimes politiques c\u00e9l\u00e8bres\u00a0\u00e0 divers titres\u00a0: C\u00e9sar et Cic\u00e9ron dans l\u2019Antiquit\u00e9. Plus proches de nous, Abraham Lincoln (1865), \u00c9lisabeth d\u2019Autriche dite Sissi (1898), Fran\u00e7ois-Ferdinand d\u2019Autriche (attentat de Sarajevo, 1914), Trotsky (1940), Mahatma Gandhi (1948), <span class=\"caps\">JFK<\/span> (1963), Robert Kennedy (1968), Martin Luther King (1968), Enrico Mattei (1978), Indira Gandhi (1984)\u2026 et le dernier en date, Evgueni Prigojine (\u00ab\u00a0crash\u00a0\u00bb d\u2019avion\u00a0en Russie, 2023).<\/p>\n<p>Pour s\u2019en tenir \u00e0 l\u2019Histoire de France, cet \u00e9dito en deux parties recense 20 victimes sur des centaines de cas\u2026 et nombre de rescap\u00e9s.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on et de Gaulle ont \u00e9chapp\u00e9 par miracle \u00e0 deux attentats fameux\u00a0: la \u00ab\u00a0machine infernale\u00a0\u00bb (bombe qui d\u00e9truit une partie du quartier St-Honor\u00e9, No\u00ebl 1800) et le Petit-Clamart (<span class=\"caps\">DS<\/span>\u00a019 pr\u00e9sidentielle cribl\u00e9e de 150 balles, 22 ao\u00fbt 1962). Particuli\u00e8rement expos\u00e9, Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> avait \u00e9chapp\u00e9 \u00e0 quelque 25 tentatives avant Ravaillac\u00a0!<\/p>\n<p>Assassinat ou ex\u00e9cution\u00a0? La question concerne la mort de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> et celle du duc d\u2019Enghien, tous deux jug\u00e9s, mais par un tribunal peu conforme aux crit\u00e8res de la justice.<\/p>\n<p>Certaines \u00e9poques sont particuli\u00e8rement violentes\u00a0: guerres de Religion, R\u00e9volution, Seconde guerre mondiale. Les attentats anarchistes \u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle frappent au-del\u00e0 de notre pays et jusqu\u2019au d\u00e9but de la Grande guerre de 14-18. Des cas restent non \u00e9lucid\u00e9s \u2013 le jour-m\u00eame de son assassinat en 1942, l\u2019Amiral Darlan parlait de quatre pistes possibles.\u00a0<\/p>\n<p>Bref\u00a0! Voici un long roman policier national plus vrai que nature.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/les-attentats-et-assassinats-de-lhistoire-de-la-renaissance-a-lempire\/\">Retrouvez le premier \u00e9pisode cet \u00e9dito, qui traite des assassinats de la Renaissance \u00e0 l\u2019Empire.<\/a><\/p>\n<h3>De la Troisi\u00e8me R\u00e9publique \u00e0 nos jours<\/h3>\n<h4>1\/ 1894 \u2013 Sadi Carnot<\/h4>\n<p>Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sous la Troisi\u00e8me, assassin\u00e9 par Caserio, jeune anarchiste italien illumin\u00e9.\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Votons pour Carnot, c\u2019est le plus b\u00eate, mais il porte un nom r\u00e9publicain\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2491\" class=\"cit-num\">2491<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CLEMENCEAU<\/span> (1841-1929).<em> Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est Marie Fran\u00e7ois Sadi Carnot (1837-1894)\u00a0: petit-fils de Lazare Carnot (le Grand Carnot, c\u00e9l\u00e8bre r\u00e9volutionnaire), fils de Lazare Hippolyte Carnot (d\u00e9put\u00e9, ministre, s\u00e9nateur), neveu de Nicolas L\u00e9onard Sadi Carnot (physicien qui laisse son nom \u00e0 un th\u00e9or\u00e8me), il est lui-m\u00eame polytechnicien, ing\u00e9nieur des ponts et chauss\u00e9es, pr\u00e9fet, puis d\u00e9put\u00e9 r\u00e9publicain mod\u00e9r\u00e9 et plusieurs fois ministre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0B\u00eate\u00a0\u00bb n\u2019est sans doute pas le qualificatif le plus appropri\u00e9, mais le Tigre (l\u2019un des surnoms de Clemenceau) a la dent dure et l\u2019humour f\u00e9roce. \u00c0 qui lui reproche de ne s\u2019entourer que de personnages falots dans son gouvernement, il r\u00e9pond\u00a0: \u00ab\u00a0Ce sont les oies qui ont sauv\u00e9 le Capitole.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Mauriac a donn\u00e9 une autre explication \u00e0 cet argument d\u2019ailleurs repris en 1912\u00a0: \u00ab\u00a0Je vote pour le plus b\u00eate, la boutade fameuse de Clemenceau, n\u2019est cruelle qu\u2019en apparence. Elle signifiait\u00a0: Je vote pour le plus inoffensif\u00a0\u00bb (<em>Bloc-notes<\/em>, I). Quoi qu\u2019il en soit, \u00e9lu le 3\u00a0d\u00e9cembre 1887, Sadi Carnot aura une pr\u00e9sidence mouvement\u00e9e \u2013 interrompue par son assassinat.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avec un geste cynique<br>Il pr\u00e9pare son poignard,<br>Puis il frappe sans retard<br>Le chef de la R\u00e9publique.\u00a0\u00bb<span id=\"2512\" class=\"cit-num\">2512<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">L\u00e9o <span class=\"caps\">LELI\u00c8VRE<\/span> (1872-1956), <em>Le Crime de Lyon<\/em>, chanson.<em> Cent ans de chanson fran\u00e7aise, 1880-1980<\/em> (1996), Chantal Brunschwig, Louis-Jean Calvet, Jean-Claude Klein<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chanson \u00e9crite et interpr\u00e9t\u00e9e par le chansonnier qui relate l\u2019assassinat de Sadi Carnot. Le 24\u00a0juin 1894, visitant l\u2019Exposition de Lyon, le pr\u00e9sident est poignard\u00e9 par Caserio, un illumin\u00e9, jeune anarchiste italien.<\/p>\n<p>Carnot devient aussit\u00f4t un \u00ab\u00a0martyr de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb, incarnation d\u2019une R\u00e9publique mod\u00e9r\u00e9e et respectable.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0ll n\u2019y a rien de chang\u00e9 en moi, et je referais encore s\u2019il \u00e9tait \u00e0 refaire l\u2019acte pour lequel je vais \u00eatre jug\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Sante Geronimo <span class=\"caps\">CASERIO<\/span> (1873-1894). Thierry L\u00e9vy, <em>Plut\u00f4t la mort que l\u2019injustice. Au temps des proc\u00e8s anarchistes<\/em> (2009)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jeune homme ne demande pas la piti\u00e9 du jury. Il pourrait aussi plaider la maladie mentale, mais il devrait livrer les noms de ses complices, et il refuse.<\/p>\n<p>La flamb\u00e9e anarchiste qui frappe la France, inspir\u00e9e de Proudhon et Bakounine en rupture de socialisme, va parcourir l\u2019Europe, tuer l\u2019imp\u00e9ratrice \u00c9lisabeth d\u2019Autriche (c\u00e9l\u00e8bre Sissi), le roi d\u2019Italie Humbert\u00a0Ier, et franchir l\u2019Atlantique pour atteindre le 25e pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, William McKinley. Le terrorisme est une force de frappe r\u00e9currente, et le monde occidental devra affronter le terrorisme rouge dans les ann\u00e9es 1970, le terrorisme islamique au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XXI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que mon enterrement soit superbe et farouche, <br>Que les bourgeois glaireux b\u00e2illent d\u2019\u00e9tonnement <br>Et que Sadi Carnot, ouvrant sa large bouche, <br>Se dise\u00a0: \u00ab\u00a0Nom-de-Dieu! le bel enterrement\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">FOUREST<\/span> (1864-1945), <em>La N\u00e9gresse blonde<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce recueil de po\u00e8mes fit l\u2019objet d\u2019un v\u00e9ritable culte en son temps. Anarchiste de la rime, Fourest parodie Hugo ou Corneille, faisant dire \u00e0 Chim\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019il est joli gar\u00e7on l\u2019assassin de Papa\u00a0!\u00a0\u00bb Acrobate de la langue, il nous invite dans son cirque de mots rares et crus, de m\u00e9taphores pr\u00e9cieuses ou bouffonnes, sous le fouet de d\u00e9lires sexuels hilarants. Rien n\u2019est sacr\u00e9, pas plus dans la Litt\u00e9rature que dans l\u2019Histoire\u00a0!<\/p>\n<h4>2\/ 1914 \u2013 Jean Jaur\u00e8s<\/h4>\n<p>D\u00e9put\u00e9 socialiste, internationaliste et pacifiste, assassin\u00e9 \u00e0 la veille de la Grande Guerre par un nationaliste, Raoul Villain\u2026 acquitt\u00e9 apr\u00e8s-guerre et finalement assassin\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nu\u00e9e porte l\u2019orage.\u00a0\u00bb<span id=\"2411\" class=\"cit-num\">2411<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">JAUR\u00c8S<\/span> (1859-1914). <em>Le Socialisme selon L\u00e9on Blum<\/em> (2003), David Frapet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Socialiste \u00e0 la fois internationaliste et pacifiste, il va vivre dramatiquement l\u2019approche de la guerre de 1914, cherchant appui aupr\u00e8s du mouvement ouvrier pour l\u2019\u00e9viter, avant d\u2019\u00eatre assassin\u00e9 le 31\u00a0juillet 1914 par un nationaliste.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un peu d\u2019internationalisme \u00e9carte de la patrie, beaucoup d\u2019internationalisme y ram\u00e8ne.\u00a0\u00bb<span id=\"2539\" class=\"cit-num\">2539<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">JAUR\u00c8S<\/span> (1859-1914), <em>L\u2019Arm\u00e9e nouvelle<\/em> (1911)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour lui, le socialisme ne s\u2019oppose pas au patriotisme et peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un enrichissement de l\u2019internationalisme. Il se distingue en cela de Marx pour qui \u00ab\u00a0les ouvriers n\u2019ont pas de patrie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>D\u00e9put\u00e9 socialiste de Carmaux en 1893, Jaur\u00e8s adh\u00e8re au parti ouvrier fran\u00e7ais de Jules Guesde, avant de devenir l\u2019un des chefs de la Section fran\u00e7aise de l\u2019Internationale ouvri\u00e8re, ou <span class=\"caps\">SFIO<\/span>. On l\u2019appelle aussi le Parti socialiste unifi\u00e9, pour rappeler \u00e0 la fois le socialisme et l\u2019unification de tous les courants jadis dispers\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le capitalisme n\u2019est pas \u00e9ternel, et en suscitant un prol\u00e9tariat toujours plus vaste et plus group\u00e9, il pr\u00e9pare lui-m\u00eame la force qui le remplacera.\u00a0\u00bb<span id=\"2557\" class=\"cit-num\">2557<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">JAUR\u00c8S<\/span> (1859-1914), <em>L\u2019Arm\u00e9e nouvelle<\/em> (1911)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Id\u00e9e-force dans la pens\u00e9e de Jaur\u00e8s, tr\u00e8s sensible \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 en train de se faire sous ses yeux. Il parle aussi en historien visionnaire\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019ouvrier n\u2019est plus l\u2019ouvrier d\u2019un village ou d\u2019un bourg [\u2026] Il est une force de travail sur le vaste march\u00e9, associ\u00e9 \u00e0 des forces m\u00e9caniques colossales et exigeantes [\u2026] Par sa mobilit\u00e9 ardente et brutale, par sa fougue r\u00e9volutionnaire du profit, le capitalisme a fait entrer jusque dans les fibres, jusque dans la chair de la classe ouvri\u00e8re, la loi de la grande production moderne, le rythme ample, rapide du travail toujours transform\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre fait scandale. L\u2019auteur suscite des haines au sein de la droite nationaliste. Il en mourra, assassin\u00e9 trois ans plus tard.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jaur\u00e8s est tu\u00e9\u00a0! Ils ont tu\u00e9 Jaur\u00e8s.\u00a0\u00bb<span id=\"2569\" class=\"cit-num\">2569<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme\u00a0<span class=\"caps\">POISSON<\/span> (fin <span class=\"caps\">XIX<\/span>e-d\u00e9but <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle.), Caf\u00e9-restaurant du Croissant, 31\u00a0juillet 1914 \u00e0 21\u00a0h\u00a040. Arr\u00eat\u00e9 du 18\u00a0novembre 1999 relatif \u00e0 la frappe et \u00e0 la mise en circulation de pi\u00e8ces comm\u00e9moratives de 500\u00a0francs<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le texte\u00a0: \u00ab\u00a0Jean Jaur\u00e8s est repr\u00e9sent\u00e9 de trois quarts, portant la barbe. \u00c0 l\u2019arri\u00e8re-plan, des \u00e9tendards flottant au vent et un assemblage de poulies \u00e9voquent les d\u00e9buts de l\u2019\u00e8re industrielle et le destin du militant politique tout \u00e0 la fois attach\u00e9 \u00e0 la R\u00e9publique et porteur d\u2019id\u00e9es sociales novatrices et g\u00e9n\u00e9reuses. En l\u00e9gende, la phrase prononc\u00e9e par un des t\u00e9moins ayant assist\u00e9 \u00e0 l\u2019assassinat\u00a0: Jaur\u00e8s est tu\u00e9\u00a0! Ils ont tu\u00e9 Jaur\u00e8s\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les faits\u00a0: Jaur\u00e8s d\u00eenait rue Montmartre, pr\u00e8s du si\u00e8ge de son journal, <em>L\u2019Humanit\u00e9<\/em>. Raoul Villain, \u00e9tudiant de 24\u00a0ans, a tir\u00e9 au revolver sur le dirigeant socialiste. Exalt\u00e9 par les campagnes nationalistes qui, en pleine crise antiallemande, appelaient au meurtre contre l\u2019homme incarnant le pacifisme, il explique\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai voulu faire justice \u00e0 cet antipatriote.\u00a0\u00bb Le monde ouvrier reprend le mot\u00a0: \u00ab\u00a0Ils ont tu\u00e9 Jaur\u00e8s\u00a0! C\u2019est la guerre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019Allemagne va d\u00e9clarer la guerre \u00e0 la France Trois jours apr\u00e8s, le conflit va devenir mondial et le pays, si divis\u00e9 dans la paix, se retrouvera uni dans l\u2019\u00e9preuve.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Travailleurs, Jaur\u00e8s a v\u00e9cu pour vous, il est mort pour vous. Un verdict monstrueux proclame que son assassinat n\u2019est pas un crime. Ce verdict vous met hors la loi, vous et tous ceux qui d\u00e9fendent votre cause. Travailleurs, veillez\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Anatole <span class=\"caps\">FRANCE<\/span> (1844-1924), r\u00e9action indign\u00e9e \u00e0 la fin du proc\u00e8s de Raoul Villain, lettre publi\u00e9e le 4 juillet 1919 dans <em>l\u2019Humanit\u00e9<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9pilogues \u00e0 l\u2019assassinat de Jaur\u00e8s.<\/p>\n<p>Raoul Villain est d\u00e9tenu en attente de son proc\u00e8s pendant toute la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Il est acquitt\u00e9 en 1919 dans un contexte de ferveur nationaliste, alors m\u00eame qu\u2019il a reconnu son geste. La veuve de Jaur\u00e8s est condamn\u00e9e aux d\u00e9pens (paiement des frais du proc\u00e8s).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une vie chaotique et une tentative de suicide, il s\u2019installe \u00e0 Ibiza en Espagne. Il meurt assassin\u00e9 par des anarchistes durant la guerre civile, le 14 septembre 1936.<\/p>\n<p>Le 23 novembre 1924, la d\u00e9pouille de Jaur\u00e8s fut conduite au Panth\u00e9on lors d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie grandiose. Tous les mouvements politiques de gauche participent, sauf le Parti communiste fran\u00e7ais qui organise sa propre manifestation et proteste contre la \u00ab\u00a0r\u00e9cup\u00e9ration\u00a0\u00bb de Jaur\u00e8s.<\/p>\n<h4>3\/ 1932 \u2013 Paul Doumer<\/h4>\n<p>Tr\u00e8s patriote et populaire, second pr\u00e9sident de la R\u00e9publique assassin\u00e9 sous la Troisi\u00e8me par un immigr\u00e9 sovi\u00e9tique aux motivations confuses, Paul Gorgulov.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Du jour o\u00f9 les fils de France cesseraient d\u2019\u00eatre de vaillants soldats, ils pourraient s\u2019attendre \u00e0 voir leur pays ray\u00e9 de la carte du monde.\u00a0\u00bb<span id=\"3\" class=\"cit-num\">3<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">DOUMER<\/span> (1857-1932), <em>Une ascension en R\u00e9publique\u00a0: Paul Doumer (1857-1932), d\u2019Aurillac \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e<\/em> (2013), Amaury Lorin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fait capital\u00a0dans son parcours\u00a0: il perdra quatre de ses cinq fils dans la Grande Guerre\u00a0!<\/p>\n<p>Sp\u00e9cialiste des questions de d\u00e9fense, Doumer consid\u00e8re la puissance militaire comme le seul moyen de sauvegarder la s\u00e9curit\u00e9 nationale. Il v\u00e9n\u00e8re Jeanne d\u2019Arc qui participe du roman national plus que du r\u00e9cit. Patriote au sens plein du mot, il ne cessera de le dire et de le prouver de toutes les mani\u00e8res.<\/p>\n<p>Entr\u00e9 en politique comme radical socialiste, plusieurs fois \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 entre 1888 et 1910, il est nomm\u00e9 gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019Indochine fran\u00e7aise en 1896, dans le cadre de la politique coloniale men\u00e9e par la Troisi\u00e8me R\u00e9publique. Cinq ans \u00e0 ce poste, il se rend sur le terrain, administre sans chercher \u00e0 gouverner et gagne son surnom (flatteur)\u00a0: \u00ab\u00a0Colbert de l\u2019Indochine\u00a0\u00bb. Pour comprendre l\u2019autre surnom, \u00ab\u00a0Barbe en zinc\u00a0\u00bb, il suffit de regarder ses photos\u00a0: la barbe est \u00e0 la mode dans la galerie pr\u00e9sidentielle, mais la sienne est spectaculairement sculpt\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un homme n\u2019est grand que s\u2019il a vu la mort de pr\u00e8s et l\u2019a regard\u00e9e en face, froid et impassible.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">DOUMER<\/span> (1857-1932), <em>Livre de mes fils<\/em> (1906)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>P\u00e8re de huit enfants, il pr\u00e9sente cet essai qui lui tient tr\u00e8s \u00e0 c\u0153ur\u00a0: \u00ab\u00a0Ce ne doit pas \u00eatre un nouveau trait\u00e9 de morale et de civisme, mais simplement le r\u00e9sum\u00e9 du langage tenu par les p\u00e8res \u00e0 leurs enfants, sous mille formes, \u00e0 tout instant, au hasard des conversations familiales. Ce sera le livre de mes fils, le livre des jeunes gens qui arrivent \u00e0 l\u2019\u00e2ge d\u2019homme et que la vie appelle (\u2026) Je souhaite qu\u2019ils se forment une id\u00e9e \u00e9lev\u00e9e de l\u2019homme du vingti\u00e8me si\u00e8cle, du bon Fran\u00e7ais, du citoyen de notre R\u00e9publique, et que, les yeux fix\u00e9s sur ce mod\u00e8le, ils s\u2019attachent \u00e0 l\u2019imiter, \u00e0 r\u00e9aliser en eux-m\u00eames les qualit\u00e9s et les vertus qu\u2019ils auront mise en lui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9sum\u00e9 des multiples pr\u00e9ceptes \u00e0 donner pour r\u00e8gles de la vie\u00a0: \u00ab\u00a0Sache vouloir\u00a0; fais ce que dois\u00a0! Fais ton devoir\u00a0! Sois en tout et toujours homme de devoir\u00a0!\u00a0\u00bb C\u2019est l\u00e0 le commandement sup\u00e9rieur, la prescription morale qui dominera la conduite de l\u2019homme. Mais pour s\u2019y conformer, il ne faut pas seulement d\u00e9sirer le faire\u00a0; il faut \u00eatre capable de le faire\u00a0; il faut avoir la volont\u00e9 et la force\u00a0; il faut \u00eatre ma\u00eetre de soi. Doumer sera en cela aussi un pr\u00e9sident exemplaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je veillerai au maintien et au perfectionnement de nos institutions d\u00e9mocratiques, auxquelles le pays est ardemment attach\u00e9. L\u2019instruction, lib\u00e9ralement dispens\u00e9e, doit permettre aux travailleurs sans distinction de gravir l\u2019\u00e9chelle sociale, suivant leurs m\u00e9rites et leurs aptitudes. La d\u00e9mocratie n\u2019admet ni privil\u00e8ges, ni castes, et elle a le devoir d\u2019assurer \u00e0 tous les citoyens une \u00e9gale libert\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">DOUMER<\/span> (1857-1932), Message du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique aux Chambres, le jour de son arriv\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00c9lys\u00e9e. <em>Le Figaro<\/em>, 17 juin 1931<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Personnage atypique se pr\u00e9sentant comme ind\u00e9pendant des partis bien qu\u2019il ne puisse totalement s\u2019en \u00e9carter, radical ayant \u00e9volu\u00e9 \u00e0 droite, c\u2019est plus un technicien et un pragmatique qu\u2019un politique ou un th\u00e9oricien. Le radical s\u2019est quand m\u00eame \u00e9loign\u00e9 de la gauche pour rejoindre le centre et la droite.<\/p>\n<p>Doumer est \u00e9lu au second tour de scrutin, ayant devanc\u00e9 au premier tour Aristide Briand, candidat de gauche et figure embl\u00e9matique du pacifisme. Durant son mandat tragiquement \u00e9court\u00e9, Doumer sera tr\u00e8s populaire, appelant \u00e0 l\u2019union nationale, critiquant l\u2019attitude partisane des partis politiques et d\u00e9fendant le renforcement de la puissance militaire fran\u00e7aise. Rappelons le contexte g\u00e9opolitique de l\u2019entre-deux-guerres\u00a0: la \u00ab\u00a0mont\u00e9e des p\u00e9rils\u00a0\u00bb (fascismes allemand, espagnol et italien) provoque une tension internationale croissante, \u00e9galement ressentie au niveau national.\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 mon \u00e2ge, ce serait une belle fin de mourir assassin\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"15\" class=\"cit-num\">15<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">DOUMER<\/span> (1857-1932) \u00e0 L\u00e9on No\u00ebl, avril 1932. <em>Un \u00ab\u00a0r\u00e9gicide r\u00e9publicain\u00a0\u00bb\u00a0: Paul Doumer, le pr\u00e9sident assassin\u00e9 (6 mai 1932)<\/em> (2011), Amaury Lorin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 75 ans, inaugurant une exposition sur l\u2019aviation en Seine-et-Marne, il s\u2019\u00e9tonne de l\u2019importance du dispositif de s\u00e9curit\u00e9 qui l\u2019entoure. N\u00e9gligeant les mises en garde du service d\u2019ordre, le chef de l\u2019\u00c9tat continue de se m\u00ealer aux foules lors des manifestations auxquelles il participe \u2013 de Gaulle pr\u00e9sident popularisera ces fameux \u00ab\u00a0bains de foule\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Moins d\u2019un an apr\u00e8s le d\u00e9but de son septennat, inaugurant \u00e0 Paris un salon d\u2019\u00e9crivains anciens combattants, le pr\u00e9sident est assassin\u00e9 \u00e0 coup de pistolet par Paul Gorgulov, immigr\u00e9 sovi\u00e9tique aux motivations confuses. \u00c9motion consid\u00e9rable, en France et \u00e0 l\u2019\u00e9tranger. Qualifi\u00e9 \u00e0 la fois de \u00ab\u00a0r\u00e9gicide r\u00e9publicain\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0Sarajevo de la Seconde Guerre mondiale\u00a0\u00bb par les contemporains, le 6\u00a0mai 1932 est un \u00e9v\u00e9nement charni\u00e8re\u00a0: quatorze ans apr\u00e8s la \u00ab\u00a0der des ders\u00a0\u00bb, la France passe de l\u2019apr\u00e8s-guerre \u00e0 un nouvel avant-guerre, en pleine et inexorable mont\u00e9e des fascismes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour la seconde fois en soixante-et-un ans, la R\u00e9publique a la douleur de conduire au tombeau son chef assassin\u00e9.\u00a0Crime odieux crime absurde, et par la fonction qu\u2019il vise, et par l\u2019homme qu\u2019il atteint car la fonction est d\u2019arbitrage et de conciliation\u00a0; l\u2019homme \u00e9tait de paix, de sagesse et de bont\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">TARDIEU<\/span> (1876-1945), Discours du pr\u00e9sident du Conseil aux fun\u00e9railles nationale du Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. <em>Le Figaro<\/em>, 13 mai 1932<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le discours r\u00e9sume parfaitement le personnage, son parcours\u00a0et son image\u00a0: \u00ab\u00a0Paul Doumer, pour trois quarts de si\u00e8cle, fut le vivant t\u00e9moignage de ce qu\u2019est et de ce que peut la d\u00e9mocratie. Fils du peuple, c\u2019est le peuple entier qu\u2019il repr\u00e9sentait. Et c\u2019est aussi le peuple entier qu\u2019ont frapp\u00e9 les balles qui l\u2019ont tu\u00e9. Des rigueurs, que la vie inflige \u00e0 tous les hommes, et celles aussi qu\u2019elle r\u00e9serve aux humbles, il n\u2019a rien ignor\u00e9. [\u2026] Patriote au sens plein du mot, il l\u2019\u00e9tait dans les fibres de son \u00eatre. Son intimit\u00e9 de jeunesse avec ce grand historien de la France que fut Henri Martin suffirait \u00e0 le prouver, si l\u2019histoire de sa vie n\u2019en apportait l\u2019\u00e9clatante d\u00e9monstration. [\u2026] Pour assurer le succ\u00e8s des solutions qu\u2019il croyait sages, il n\u2019h\u00e9sitait pas \u00e0 sortir des traditions et des rites.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les autorit\u00e9s proposent \u00e0 Blanche Doumer d\u2019inhumer son mari au Panth\u00e9on, la veuve s\u2019y oppose.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils me l\u2019ont pris toute sa vie, ils me l\u2019ont tu\u00e9. Je veux au moins \u00eatre avec lui dans la mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Blanche <span class=\"caps\">DOUMER<\/span> (1859-1933) refusant que son mari repose au Panth\u00e9on.<em> Une ascension en R\u00e9publique\u00a0: Paul Doumer, 1857-1932<\/em> (2013), Amaury Lorin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle a perdu quatre de ses cinq fils \u00ab\u00a0morts pour la France\u00a0\u00bb pendant la Grande Guerre et l\u2019une de ses trois filles, Lucile, en mourra de chagrin. Femme aust\u00e8re, elle se r\u00e9fugie au foyer. Quand son \u00e9poux septuag\u00e9naire acc\u00e8de \u00e0 la pr\u00e9sidence, plus asc\u00e8te et travailleur que jamais, le couple se retrouve le soir avec leurs filles H\u00e9l\u00e8ne et Germaine, dans les appartements priv\u00e9s du palais de l\u2019\u00c9lys\u00e9e. Ils continuent de mener une vie simple, se prom\u00e8nent souvent avec leurs filles et petits-enfants dans le parc de Saint-Cloud ou au bois de Boulogne.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les fun\u00e9railles et l\u2019inhumation dans le caveau familial du cimeti\u00e8re de Vaugirard, Blanche Doumer se retire dans son appartement du 16e arrondissement de Paris. Elle survit moins d\u2019un an \u00e0 Paul Doumer. La presse rend un hommage unanime \u00e0 \u00ab\u00a0une grande Fran\u00e7aise, une m\u00e8re admirable, dont les services rendus \u00e0 la patrie se comptent par autant de deuils\u00a0\u00bb (<em>Le Figaro<\/em>). Elle est inhum\u00e9e avec son \u00e9poux et ses enfants au cimeti\u00e8re de Vaugirard.<\/p>\n<h4>4\/ 1941 \u2013 Marx Dormoy<\/h4>\n<p>Cible de l\u2019antis\u00e9mitisme, incarc\u00e9r\u00e9 sous le r\u00e9gime de Vichy, victime d\u2019une bombe sous son lit, m\u00e9daill\u00e9 de la R\u00e9sistance en 1947.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Marx Dormoy fut le maire exemplaire d\u2019une ville industrielle [Montlu\u00e7on], pratiquant une politique sociale et sanitaire d\u2019avant-garde. Il eut \u00e9galement un destin national, d\u2019abord sous-secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la pr\u00e9sidence du conseil du minist\u00e8re Blum, puis ministre de l\u2019Int\u00e9rieur\u2026 Avec lui, le Front Populaire et les accords de Matignon de 1936, la lutte contre la Cagoule, le refus des pleins pouvoirs au mar\u00e9chal P\u00e9tain le 10 juillet 1940, font partie de notre histoire nationale.\u00a0\u00bb<span id=\"4\" class=\"cit-num\">4<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">TOURET<\/span> (1929-2018), <em>Marx Dormoy<\/em> (1998)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La guerre et l\u2019entre-deux-guerres, autant d\u2019\u00e9poques propices \u00e0 cr\u00e9er ce qu\u2019on appelle un destin national, quand la fin est tragique. \u00ab\u00a0Homme de conviction, de courage et d\u2019une rare clairvoyance, il s\u2019opposa aux r\u00e9gimes totalitaires et comme L\u00e9on Blum avec qui il se lia d\u2019une solide amiti\u00e9, il ne d\u00e9sesp\u00e9ra pas de la victoire des Alli\u00e9s. Mais au bout du chemin, un crime abominable, aujourd\u2019hui en partie \u00e9lucid\u00e9, fit de lui un martyr.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bande de salauds. Et d\u2019abord un Juif vaut bien un Breton\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Marx <span class=\"caps\">DORMOY<\/span> (1888-1941), 5 avril 1938, Chambre des d\u00e9but\u00e9s. Laurent Joly (n\u00e9 en 1976), \u00ab\u00a0Antis\u00e9mites et antis\u00e9mitisme \u00e0 la Chambre des d\u00e9put\u00e9s sous la <span class=\"caps\">III<\/span>e R\u00e9publique\u00a0\u00bb, <em>Revue d\u2019histoire moderne et contemporaine<\/em> (2007)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur du Front populaire depuis 1936, il intensifia la lutte contre Jacques Doriot et la Cagoule, d\u2019o\u00f9 un pilonnage en r\u00e8gle de la part de cette presse d\u2019extr\u00eame droite visant \u00e0 le criminaliser et le diaboliser.\u00a0 Caricaturistes et journalistes trouv\u00e8rent mati\u00e8re \u00e0 exprimer leur anticommunisme, leur antis\u00e9mitisme, leur antir\u00e9publicanisme contre L\u00e9on Blum et son ministre. Ils s\u2019efforc\u00e8rent de le \u00ab\u00a0fictionnaliser\u00a0\u00bb, l\u2019associant \u00e0 des figures telles que Fant\u00f4mas ou le docteur Caligari pour le fragiliser. Durant cinq ans, Marx Dormoy endura les pires calomnies, les menaces des Doriotistes et des Cagoulards.<\/p>\n<p>Lors d\u2019une s\u00e9ance particuli\u00e8rement houleuse qui d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en bagarre, les cris \u00ab\u00a0\u00c0 bas les Juifs\u00a0!\u00a0\u00bb se font entendre. Dormoy r\u00e9torque en ces termes \u00e0 un d\u00e9put\u00e9 breton antis\u00e9mite\u00a0: \u00ab\u00a0Bande de salauds. Et d\u2019abord un Juif vaut bien un Breton\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est sous le triple signe du Travail, de la Famille et de la Patrie que nous devons aller vers l\u2019ordre nouveau.\u00a0\u00bb<span id=\"2763\" class=\"cit-num\">2763<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">LAVAL<\/span> (1883-1945), \u00ab\u00a0R\u00e9union d\u2019information\u00a0\u00bb des d\u00e9put\u00e9s, 8\u00a0juillet 1940. <em>Soixante jours qui \u00e9branl\u00e8rent l\u2019Occident<\/em> (1956), Jacques Benoist-M\u00e9chin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s un long parcours politique, Laval est entr\u00e9 dans le gouvernement P\u00e9tain install\u00e9 \u00e0 Vichy depuis le 3\u00a0juillet. Il a provisoirement le portefeuille de la Justice et man\u0153uvre pour que P\u00e9tain obtienne les pleins pouvoirs.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une lutte acharn\u00e9e contre la capitulation, Marx Dormoy s\u2019est rendu \u00e0 Vichy le 4 juillet 1940 et participe \u00e0 l\u2019ensemble des conf\u00e9rences pr\u00e9liminaires \u00e0 la r\u00e9union de l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Il propose une r\u00e9solution de soutien \u00e0 la R\u00e9publique, rejet\u00e9e par Laval.<\/p>\n<p>Le 10 juillet, l\u2019Assembl\u00e9e nationale (S\u00e9nat et Chambre des d\u00e9put\u00e9s) tient une s\u00e9ance exceptionnelle dans le casino de Vichy. Elle vote la loi constitutionnelle qui permet d\u2019attribuer les pleins pouvoir au Mar\u00e9chal P\u00e9tain et fera de Vichy la capitale de l\u2019\u00c9tat Fran\u00e7ais jusqu\u2019en ao\u00fbt 1944. Trop r\u00e9publicain, le slogan trinitaire h\u00e9rit\u00e9 de la R\u00e9volution de 1789 \u2013 Libert\u00e9, \u00c9galit\u00e9, Fraternit\u00e9 \u2013 est remplac\u00e9 par \u00ab\u00a0Travail, Famille, Patrie\u00a0\u00bb. Tout l\u2019esprit de r\u00e9volution nationale du r\u00e9gime de Vichy est dans ces mots et la nouvelle loi constitutionnelle en prend acte\u00a0: \u00ab\u00a0Cette Constitution doit garantir les droits du travail, de la famille et de la patrie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Avec Marx Dormoy, 80 parlementaires \u2013 23 s\u00e9nateurs et 57 d\u00e9put\u00e9s \u2013 refus\u00e8rent cette r\u00e9vision constitutionnelle, voyant en elle la fin de la R\u00e9publique. <br>Le 20 septembre, en raison de son action dans la lutte contre le fascisme et de son opposition au nouveau r\u00e9gime, Dormoy est suspendu de ses fonctions de maire de Montlu\u00e7on (depuis 15 ans). Prenant acte de cette d\u00e9cision, il r\u00e9unit une derni\u00e8re fois son conseil municipal.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je quitterai cet h\u00f4tel de ville quand la notification officielle m\u2019en sera faite, la t\u00eate haute et la conscience tranquille, avec la certitude d\u2019avoir accompli, en toutes occasions, mon devoir. En ce moment, je ne veux penser qu\u2019\u00e0 la France meurtrie, envahie. J\u2019ai foi en la d\u00e9livrance de mon pays. J\u2019y aspire de toute ma raison, de toute mon \u00e2me, de tout mon c\u0153ur\u00a0: c\u2019est l\u00e0 ma seule pens\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Marx <span class=\"caps\">DORMOY<\/span> (1888-1941), 20 septembre 1940, \u00e0 son conseil municipal. Site du S\u00e9nat. Marx-dormoy-1888-1941<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 25 septembre, arr\u00eat\u00e9 \u00e0 son domicile, il est incarc\u00e9r\u00e9 \u00e0 Pellevoisin (Indre) dans un h\u00f4tel transform\u00e9 en prison, puis transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Vals-les-Bains (Ard\u00e8che) le 31 d\u00e9cembre. Soumis au secret et \u00e0 l\u2019isolement, il \u00e9crit pour demander sa mise en libert\u00e9 ou \u00e0 d\u00e9faut le b\u00e9n\u00e9fice du r\u00e9gime politique de d\u00e9tention applicable \u00e0 toute personne d\u00e9tenue en raison de ses opinions.<\/p>\n<p>Le 20 mars, plac\u00e9 en r\u00e9sidence surveill\u00e9e \u00e0 Mont\u00e9limar, il prend pension \u00e0 l\u2019h\u00f4tel \u00ab\u00a0Le relais de l\u2019empereur\u00a0\u00bb o\u00f9 il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une libert\u00e9 toute relative. Il est assassin\u00e9 dans la nuit du 25 juillet au 26 juillet 1941: une bombe \u00e0 retardement plac\u00e9e sous son lit par trois anciens cagoulards (extr\u00eame droite), avec la complicit\u00e9 d\u2019une com\u00e9dienne qui sert d\u203a\u00ab\u00a0app\u00e2t\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Les coupables sont arr\u00eat\u00e9s et emprisonn\u00e9s, mais qui sont les commanditaires\u00a0? Des cagoulards pour se venger du d\u00e9mant\u00e8lement de leur organisation, Jacques Doriot anim\u00e9 d\u2019une haine tenace contre Dormoy ou les Allemands pour faire pression sur le mar\u00e9chal P\u00e9tain\u00a0? Les pr\u00e9venus, jamais jug\u00e9s, sont lib\u00e9r\u00e9s de prison le 23 janvier 1943\u00a0 par des militaires allemands.<\/p>\n<p>Pour emp\u00eacher toute manifestation de soutien, le gouvernement de Vichy imposa une inhumation discr\u00e8te de Marx Dormoy et censura l\u2019annonce de son assassinat dans la presse.<\/p>\n<p>Des fun\u00e9railles solennelles seront organis\u00e9es en son honneur \u00e0 Montlu\u00e7on le 9 d\u00e9cembre 1945. Marx Dormoy sera cit\u00e9 \u00e0 l\u2019ordre de la Nation en 1946 et m\u00e9daill\u00e9 de la R\u00e9sistance fran\u00e7aise avec rosette en 1947.<\/p>\n<h4>5\/ 1942 \u2013 Fran\u00e7ois Darlan<\/h4>\n<p>Amiral assassin\u00e9 par Bonnier de la Chapelle fusill\u00e9 \u00e0 20 ans et r\u00e9habilit\u00e9 comme r\u00e9sistant en 1945. Mais on ignore le(s) commanditaire(s) de l\u2019assassinat.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils ont leur conception du patriotisme. Moi j\u2019ai la mienne et je ne suis pas s\u00fbr d\u2019avoir raison.\u00a0\u00bb<span id=\"2793\" class=\"cit-num\">2793<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">LAVAL<\/span> (1883-1945). <em>Les Grands Dossiers de l\u2019histoire contemporaine<\/em> (1962), Robert Aron<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chef du gouvernement de Vichy r\u00e9pond en ces termes \u00e0 qui stigmatise comme une trahison le ralliement aux Alli\u00e9s de l\u2019amiral Darlan avec les Forces fran\u00e7aises d\u2019Afrique du Nord, apr\u00e8s le d\u00e9barquement du 8\u00a0novembre 1942. C\u2019est une histoire complexe qui se joue en deux mois.<br>Darlan cumulait quatre portefeuilles (Marine, Affaires \u00e9trang\u00e8res, Int\u00e9rieur et Information) dans le gouvernement P\u00e9tain dont il est le dauphin assur\u00e9. Mais Laval l\u2019a remplac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du gouvernement vichyste.<\/p>\n<p>Il se trouve fortuitement \u00e0 Alger en novembre 1942, lors du d\u00e9barquement alli\u00e9 en Afrique du Nord et se rallie avec r\u00e9ticences et h\u00e9sitations aux Alli\u00e9s\u00a0; Giraud qui aurait d\u00fb y \u00eatre en tant que responsable militaire choisi par les Am\u00e9ricains n\u2019y est pas\u00a0; les Am\u00e9ricains qui n\u2019ont pas inform\u00e9 de Gaulle du d\u00e9barquement profitent de la pr\u00e9sence de Darlan, trop heureux d\u2019en profiter lui aussi pour prendre la place qui aurait d\u00fb revenir \u00e0 de Gaulle ou \u00e0 Giraud.<\/p>\n<p>24\u00a0d\u00e9cembre. Dernier coup de th\u00e9\u00e2tre\u00a0: l\u2019assassinat de Darlan touch\u00e9 par deux balles de pistolet tir\u00e9es par un \u00e9tudiant de 20 ans, Fernand Bonnier de La Chapelle, dans l\u2019antichambre de son bureau du Haut-commissariat de France en Afrique du Nord. Pris sur le fait, il d\u00e9clare avoir agi seul. Arr\u00eat\u00e9, jug\u00e9 de mani\u00e8re exp\u00e9ditive par le tribunal militaire d\u2019Alger et condamn\u00e9 \u00e0 mort le 25 d\u00e9cembre, le coupable est fusill\u00e9 \u00e0 l\u2019aube du 26 d\u00e9cembre.<\/p>\n<p>Pas de myst\u00e8re sur l\u2019assassinat lui-m\u00eame. Mais pourquoi Darlan fut-il assassin\u00e9\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Darlan se comporte comme le successeur de P\u00e9tain\u00a0; si les choses continuent \u00e0 aller mal pour nous, il changera de camp \u00e0 nouveau.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">EISENHOWER<\/span> (1890-1969), Lettre du 8 d\u00e9cembre 1942 au g\u00e9n\u00e9ral Marshall \u00e0 Washington. \u00ab\u00a0Les Britanniques premiers int\u00e9ress\u00e9s\u00a0\u00bb, <em>Le Monde.fr<\/em>,\u200e 29 d\u00e9cembre 1986. Anthony Verrier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Malgr\u00e9 le soutien personnel du pr\u00e9sident am\u00e9ricain Roosevelt \u00e0 Darlan (datant du d\u00e9but de 1941 et confirm\u00e9 en octobre 1942), ses repr\u00e9sentants \u00e0 Alger n\u2019\u00e9taient pas unanimes. L\u2019\u00e9missaire personnel de Roosevelt, Robert Murphy, militait logiquement en sa faveur. Mais Eisenhower, <em>Major General<\/em> nomm\u00e9 en juin 1942 commandant en chef des forces am\u00e9ricaines en Europe, doutait de cet homme visiblement ind\u00e9cis. Et pour cause\u2026<\/p>\n<p>D\u00e9jeunant le jour m\u00eame de sa mort avec l\u2019amiral britannique Andrew Cunningham, Darlan parla de quatre complots contre lui. Cependant que circulent\u00a0quatre th\u00e9ories\u00a0: les \u00ab\u00a0agents de l\u2019Axe\u00a0\u00bb (histoire r\u00e9pandue sur instruction d\u2019Eisenhower par le service de presse anglo-am\u00e9ricain \u00e0 Alger)\u00a0; <em>l\u2019Intelligence Service<\/em>, selon les radios de Berlin et de Rome (information jamais d\u00e9mentie, ni par la <span class=\"caps\">BBC<\/span> ni par les autorit\u00e9s britanniques \u00e0 Alger)\u00a0; un complot gaulliste\u00a0; un complot monarchiste.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je savais que les Anglais m\u2019auraient.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Amiral Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">DARLAN<\/span>\u00a0 (1881-1942), ses derniers mots. \u00ab\u00a0Les Britanniques premiers int\u00e9ress\u00e9s\u00a0\u00bb, <em>Le Monde.fr<\/em>,\u200e 29 d\u00e9cembre 1986. Anthony Verrier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De fait, son assassin Bonnier de La Chapelle fut recrut\u00e9 dans le corps franc d\u2019Afrique par le <span class=\"caps\">SOE<\/span> britannique (<em>Special Operations Executive<\/em>), entra\u00een\u00e9 au sabotage et aux techniques annexes par ses officiers et arm\u00e9 par une \u00ab\u00a0source\u00a0\u00bb britannique. Churchill aurait manipul\u00e9 les ex\u00e9cutants, sans qu\u2019ils en aient conscience. C\u2019est une piste parmi d\u2019autres.<\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Giraud qui succ\u00e8de \u00e0 Darlan soup\u00e7onne un complot et redoute d\u2019en \u00eatre la prochaine victime.<\/p>\n<p>Le 9 janvier 1943, il d\u00e9signe un nouveau juge d\u2019instruction, le commandant Albert-Jean Voituriez, appel\u00e9 du Maroc, qui commence le jour-m\u00eame son enqu\u00eate en interrogeant le commissaire Andr\u00e9 Achiary, chef de la brigade de surveillance du territoire \u00e0 Alger.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019accuse deux personnes d\u2019\u00eatre les instigateurs directs du meurtre de l\u2019amiral Darlan. Ces deux personnes sont\u00a0:\u00a0 l\u2019abb\u00e9 Cordier, demeurant \u00e0 Alger, 2 rue La Fayette, et Henri d\u2019Astier de La Vigerie demeurant au m\u00eame endroit, secr\u00e9taire adjoint aux Affaires politiques au Haut-Commissariat en Afrique fran\u00e7aise. Ces deux personnes ont fait assassiner l\u2019amiral Darlan pour le compte et au profit du Comte de Paris.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">ACHIARY<\/span>(1909-1983 ), chef de la brigade de surveillance du territoire \u00e0 Alger, Geoffroy d\u2019Astier de La Vigerie, <em><span class=\"caps\">L\u2019E<\/span>x\u00e9cution de Darlan, La Fin d\u2019une \u00e9nigme<\/em> (2022)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans les heures pr\u00e9c\u00e9dant son ex\u00e9cution, Fernand Bonnier de la Chapelle avait fait des r\u00e9v\u00e9lations aux deux officiers de la garde mobile charg\u00e9s de sa surveillance. Consign\u00e9es dans un rapport, les d\u00e9clarations de Bonnier mettent en \u00e9vidence ses liens personnels avec Henri d\u2019Astier et son fils Jean-Bernard, et \u00e9voquent la mission de Fran\u00e7ois d\u2019Astier \u00e0 Alger.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai tu\u00e9 l\u2019amiral Darlan parce que c\u2019est un tra\u00eetre, il vendait la France \u00e0 l\u2019Allemagne \u00e0 son profit [\u2026]. J\u2019ai appris qu\u2019une personne [Fran\u00e7ois d\u2019Astier] venant de la part du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle avait demand\u00e9 \u00e0 \u00eatre re\u00e7ue par l\u2019Amiral. [\u2026] L\u2019Amiral a refus\u00e9 de recevoir l\u2019envoy\u00e9 du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, marquant sa volont\u00e9 de garder pour lui le pouvoir. Certaines personnalit\u00e9s ont parl\u00e9 devant moi de cette d\u00e9marche infructueuse et ont dit\u00a0: \u2018Il faut que Darlan disparaisse.\u2019\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Fernand <span class=\"caps\">BONNIER<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">CHAPELLE<\/span> (1922-1942).\u00a0 Geoffroy d\u2019Astier de La Vigerie,<em> <span class=\"caps\">L\u2019E<\/span>x\u00e9cution de Darlan, La Fin d\u2019une \u00e9nigme<\/em> (2022)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En quelques jours, le commandant Albert-Jean Voituriez a donc mis au jour un complot monarchiste\u00a0imagin\u00e9 par le comte de Paris, persuad\u00e9 que de Gaulle (catholique et homme de droite) r\u00e9tablirait la monarchie en France \u2013 une des versions fournies par les historiens pour expliquer cet acte.<\/p>\n<p>Quatre fid\u00e8les ont organis\u00e9 l\u2019attentat\u00a0: Henri d\u2019Astier de La Vigerie et l\u2019abb\u00e9 Cordier font neuf mois de prison et sont lib\u00e9r\u00e9s le 13 septembre 1943. Le g\u00e9n\u00e9ral Giraud demande au juge de ne pas inqui\u00e9ter Alfred Pose et Marc Jacquet qui soutiennent financi\u00e8rement son gouvernement\u2026<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019ex\u00e9cutant\u2026 Fernand Bonnier de la Chapelle aurait tir\u00e9 \u00e0 la courte paille avec trois de ses camarades \u00e9tudiants (Othon Gross, Robert Tournier et Philippe Ragueneau) pour d\u00e9signer celui qui \u00ab\u00a0aurait le privil\u00e8ge d\u2019ex\u00e9cuter le tra\u00eetre Darlan\u00a0\u00bb. Fusill\u00e9 \u00e0 20 ans, il sera r\u00e9habilit\u00e9 comme r\u00e9sistant fran\u00e7ais le 21 d\u00e9cembre 1945 par un arr\u00eat de la Chambre des r\u00e9visions de la cour d\u2019appel d\u2019Alger jugeant qu\u2019il avait agi \u00ab\u00a0dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la lib\u00e9ration de la France\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Aujourd\u2019hui encore, le myst\u00e8re demeure\u00a0: qui a r\u00e9ellement commandit\u00e9 le meurtre\u00a0? Les gaullistes, les monarchistes ou quelque service secret manipulateur des uns et des autres\u00a0? L\u2019assassin est connu, ex\u00e9cut\u00e9 en moins de quarante-huit heures. Mais cette ex\u00e9cution ressemble beaucoup \u00e0 un second assassinat.<\/p>\n<h4>6\/ 1944 \u2013 Georges Mandel<\/h4>\n<p>Juif victime de l\u2019antis\u00e9mitisme, arr\u00eat\u00e9, assassin\u00e9 d\u2019une rafale de mitraillette dans la for\u00eat de Fontainebleau par la Milice deux mois avant la Lib\u00e9ration.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les d\u00e9mocraties ne pr\u00e9parent la guerre qu\u2019apr\u00e8s l\u2019avoir d\u00e9clar\u00e9e.\u00a0\u00bb<span id=\"6\" class=\"cit-num\">6<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">MANDEL<\/span> (1885-1944). La Guerre et la d\u00e9mocratie, Gustave Belot. <em>Revue de M\u00e9taphysique et de Morale<\/em> (septembre 1914)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>N\u00e9 Louis Rothschild sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, \u00e9lev\u00e9 dans une famille d\u2019Alsaciens ayant opt\u00e9 pour la France apr\u00e8s l\u2019annexion allemande de 1871, journaliste et homme politique tr\u00e8s t\u00f4t passionn\u00e9, ardent dreyfusard, il va vivre la Grande Guerre en compagnon de route et \u00ab\u00a0B\u00e9b\u00e9 Titre\u00a0\u00bb de son idole Clemenceau, s\u2019engager dans le camp conservateur comme maire, ministre et d\u00e9put\u00e9, opposant lucide et farouche aux accords de Munich (1938), se rapprocher d\u2019un de Gaulle encore inconnu et s\u2019engager comme \u00ab\u00a0premier r\u00e9sistant\u00a0\u00bb (Blum) au d\u00e9but de la Seconde Guerre mondiale, bient\u00f4t arr\u00eat\u00e9, \u00ab\u00a0intern\u00e9 administratif\u00a0\u00bb, d\u00e9port\u00e9, stigmatis\u00e9 comme juif, pour finir assassin\u00e9 par la Milice (organisation politique et paramilitaire fran\u00e7aise cr\u00e9\u00e9e le 30 janvier 1943 par le r\u00e9gime de Vichy, en r\u00e9ponse \u00e0 une exigence formul\u00e9e par Hitler \u00e0 Pierre Laval le 19 d\u00e9cembre 1942).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019a pas d\u2019id\u00e9es, mais il les d\u00e9fendrait jusqu\u2019\u00e0 la mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CLEMENCEAU<\/span> (1841-1929), \u00e0 propos de Georges Mandel. Gilbert Prouteau, <em>Le Dernier D\u00e9fi de Georges Clemenceau<\/em> (1979)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mandel est longtemps rest\u00e9 cet \u00e9colier s\u00e9rieux qui \u00e0 13 ans demandait \u00e0 son p\u00e8re pour r\u00e9compense d\u2019un succ\u00e8s scolaire un abonnement au<em> Journal officiel<\/em>, collectionnant les articles de journaux \u00e0 commencer par ceux portant la griffe de Clemenceau. Le \u00ab\u00a0Tigre\u00a0\u00bb est son idole. Il le restera jusqu\u2019\u00e0 la fin.<\/p>\n<p>Collaborant \u00e0 ses journaux<em> L\u2019Aurore<\/em>, puis <em>L\u2019Homme libre<\/em>, il le suit sur les chemins de la politique, d\u2019abord comme l\u2019un de ses attach\u00e9s de cabinet en 1908. Clemenceau appel\u00e9 \u00e0 Matignon en 1917, il devient son \u00ab\u00a0chef de cabinet\u00a0\u00bb, autrement dit son principal collaborateur.<\/p>\n<p>\u00c2g\u00e9 de 76 ans et plus combatif que jamais, le futur P\u00e8re la Victoire se consacre \u00e0 la poursuite de la guerre avec tous ses prolongements diplomatiques, son jeune chef de cabinet s\u2019occupant de tout le reste. D\u2019o\u00f9 une grande notori\u00e9t\u00e9 pour le \u00ab\u00a0B\u00e9b\u00e9 Tigre\u00a0\u00bb et beaucoup de jalousies dans le monde politique. Son fort caract\u00e8re y contribue. Il d\u00e9fendra toujours envers et contre tout et jusqu\u2019\u00e0 la mort ses id\u00e9es \u2013 il en a beaucoup, malgr\u00e9 la boutade du Tigre qui adore malmener les gens qu\u2019il aime\u00a0: \u00ab\u00a0Il est bien ce petit Mandel, il me rend service. Quand je p\u00e8te, c\u2019est lui qui pue.\u00a0\u00bb Mais Clemenceau l\u2019estime et saura le reconna\u00eetre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais je n\u2019aurais pu faire ce que j\u2019ai fait si je ne l\u2019avais pas eu aupr\u00e8s de moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CLEMENCEAU<\/span> (1841-1929), \u00e0 propos de Georges Mandel, <em>Au soir de la pens\u00e9e<\/em> (1927)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les rapports qui se nouent entre Mandel et son patron rel\u00e8vent de la \u00ab\u00a0petite histoire\u00a0\u00bb dans la grande. L\u2019amiti\u00e9 grondeuse, travers\u00e9e d\u2019orages et d\u2019\u00e9claircies, ponctu\u00e9e de faveurs et de rebuffades, n\u2019affecte en rien le d\u00e9vouement de son bras droit et Clemenceau le sait bien. Il pourra toujours le rabrouer, le traiter de gringalet, l\u2019inviter \u00e0 espacer ses visites, impossible de se passer de lui. En lui adressant son livre<em> Au soir de la pens\u00e9e<\/em>, le Tigre r\u00e9sume leurs trente ans de collaboration presque ininterrompue par une juste d\u00e9dicace\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 Georges Mandel, en souvenir de nos d\u00e9saccords cordiaux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CLEMENCEAU<\/span> (1841-1929), d\u00e9dicace de son dernier livre,<em> Au soir de la pens\u00e9e<\/em> (1927)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est \u00e0 lui qu\u2019il confia, en prenant la t\u00eate du gouvernement, le r\u00f4le ingrat de la censure, un poste de confiance aussi envi\u00e9 que redout\u00e9. Cela lui vaudra plus tard de solides inimiti\u00e9s, de la part de journalistes sermonn\u00e9s ou censur\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019ils s\u2019obstinent, ces cannibales, \u00e0 faire de nous des h\u00e9ros, il faut que nos premi\u00e8res balles soient pour Mandel, Blum et Reynaud.\u00a0\u00bb<span id=\"2697\" class=\"cit-num\">2697<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00ab\u00a0\u00c0 bas la guerre\u00a0\u00bb,<em> l\u2019Action Fran\u00e7aise<\/em>, num\u00e9ro saisi le 27\u00a0septembre 1938.<em> La Vie politique sous la <span class=\"caps\">III<\/span>e R\u00e9publique\u00a0: 1870-1940<\/em> (1984), Jean-Marie Mayeur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le num\u00e9ro para\u00eet en pleine crise de Munich, avec l\u2019article ainsi titr\u00e9. Les termes disent la violence de l\u2019opposition d\u2019extr\u00eame droite\u00a0: antis\u00e9mitisme et appel (nominatif\u00a0!) au meurtre, ce qui a d\u00e9j\u00e0 tu\u00e9 Jaur\u00e8s \u00e0 la veille de la guerre en 1914. Mandel est en t\u00eate d\u2019affiche, avec deux autres juifs qui sont naturellement ses amis \u2013 Blum n\u2019\u00e9tant d\u2019ailleurs pas du m\u00eame bord politique, au Front populaire.<\/p>\n<p>La situation internationale s\u2019aggrave. Le 12\u00a0mars 1938, Hitler a envahi l\u2019Autriche\u00a0: l\u2019<em>Anschluss<\/em> est une annexion pure et simple. En septembre, il r\u00e9cidive, prenant pr\u00e9texte de la minorit\u00e9 allemande des Sud\u00e8tes pour exiger le rattachement \u00e0 l\u2019Allemagne de ce territoire de Tch\u00e9coslovaquie. La guerre va devenir in\u00e9vitable, mais la France n\u2019est pas pr\u00eate, face \u00e0 l\u2019Allemagne surarm\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ayez l\u2019arm\u00e9e de votre politique ou la politique de votre arm\u00e9e.\u00a0\u00bb<span id=\"2707\" class=\"cit-num\">2707<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">REYNAUD<\/span> (1878-1966). <em>La Vie en plus<\/em> (1981), Alfred Sauvy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ministre des Finances du gouvernement Daladier en novembre\u00a01938, il s\u2019adresse en ces termes aux d\u00e9put\u00e9s \u00e0 la Chambre. D\u00e8s 1935, devant la mont\u00e9e des p\u00e9rils, Reynaud voulait renforcer notre arm\u00e9e, adoptant les id\u00e9es du lieutenant-colonel de Gaulle sur les blind\u00e9s \u2013 qui font la force de l\u2019Allemagne. Mais il \u00e9tait tr\u00e8s isol\u00e9, et de Gaulle inconnu\u2026 sauf de Mandel.<\/p>\n<p>L\u2019Allemagne envahit la Pologne, le 1er\u00a0septembre 1939. Le 2, la Chambre et le S\u00e9nat vont voter \u00e0 mains lev\u00e9es et \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 (selon le <em>Journal officiel<\/em>) un cr\u00e9dit extraordinaire de 69\u00a0milliards pour \u00ab\u00a0faire face aux obligations r\u00e9sultant de la D\u00e9fense nationale\u00a0\u00bb\u00a0: cela signifie que la guerre va \u00eatre d\u00e9clar\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne pensez qu\u2019\u00e0 ce qui doit \u00eatre fait pour la France et songez que, le cas \u00e9ch\u00e9ant, votre fonction actuelle pourra vous faciliter les choses.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">MANDEL<\/span> (1885-1944) \u00e0 de Gaulle, cit\u00e9 dans ses<em> M\u00e9moires de guerre<\/em>, tome <span class=\"caps\">II<\/span>, L\u2019unit\u00e9, 1942-1944<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e9flexion v\u00e9ritablement pr\u00e9monitoire\u2026 \u00ab\u00a0Mandel me parla sur un ton de gravit\u00e9 et de r\u00e9solution dont je fus impressionn\u00e9. Il \u00e9tait, tout autant que moi, convaincu que l\u2019ind\u00e9pendance et l\u2019honneur de la France ne pouvaient \u00eatre sauvegard\u00e9s qu\u2019en continuant la guerre\u2026 Il m\u2019annon\u00e7a que, dans l\u2019instant, les premiers \u00e9l\u00e9ments allemands entraient \u00e0 Paris. Puis, \u00e9voquant l\u2019avenir, il ajouta\u00a0: \u2018 De toute fa\u00e7on, nous ne sommes qu\u2019au d\u00e9but de la guerre mondiale. Vous aurez de grands devoirs \u00e0 remplir, G\u00e9n\u00e9ral\u00a0! Mais avec l\u2019avantage d\u2019\u00eatre, au milieu de nous tous, un homme intact.\u2019 Je dois dire que cet argument me convainquit d\u2019attendre avant de me d\u00e9mettre. C\u2019est \u00e0 cela qu\u2019a peut-\u00eatre tenu, physiquement parlant, ce que j\u2019ai pu faire par la suite.\u00a0\u00bb Bel hommage posthume du G\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous craignez pour moi parce que je suis juif. Eh bien, c\u2019est justement parce que je suis juif que je ne partirai pas demain, cela aurait l\u2019air de dire que j\u2019ai peur et que je m\u2019enfuis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">MANDEL<\/span> (1885-1944), sollicit\u00e9 par le g\u00e9n\u00e9ral Spears, repr\u00e9sentant de Churchill, 16 juin 1940. Jean-No\u00ebl Jeanneney, <em>Georges Mandel, l\u2019Homme qu\u2019on attendait<\/em> (2009)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Argument plausible, vu la suite des \u00e9v\u00e9nements. Autre raison plus politique, Georges Mandel pr\u00e9f\u00e9rait tenter de poursuivre la guerre par un soul\u00e8vement en Afrique du Nord, seul espoir de continuer le combat en France.<\/p>\n<p>La suite est connue\u2026 Le camp de l\u2019armistice l\u2019emporte. De Gaulle part \u00e0 Londres saisir la main tendue par l\u2019alli\u00e9 anglais, tandis que le parlementaire Mandel reste en France pour tenter de contrecarrer la prise du pouvoir par P\u00e9tain, apr\u00e8s le renoncement de Reynaud.<\/p>\n<p>P\u00e9tain le fait arr\u00eater, puis le laisse embarquer \u00e0 bord du paquebot Massilia qui emporte une trentaine de d\u00e9put\u00e9s d\u00e9sireux de continuer la lutte en Afrique du Nord. Arr\u00eat\u00e9s par les autorit\u00e9s vichystes, ils sont renvoy\u00e9s en France sous l\u2019inculpation de d\u00e9sertion.<\/p>\n<p>Mandel est emprisonn\u00e9 \u00e0 Riom comme L\u00e9on Blum, condamn\u00e9 \u00e0 la prison \u00e0 vie, puis enferm\u00e9 dans le fort pyr\u00e9n\u00e9en du Portalet avec Reynaud, enfin livr\u00e9 aux Allemands et d\u00e9port\u00e9 \u00e0 Buchenwald avec Blum\u2026 Il aura moins de chance que lui, rapatri\u00e9 en France \u00e0 la prison de la Sant\u00e9 pour \u00eatre finalement livr\u00e9 \u00e0 la Milice.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Saisissant l\u2019occasion de faire tuer Mandel par l\u2019un de leurs agents introduits dans la Milice, ils persuadent tout le monde, miliciens et responsables miliciens compris, que le crime a \u00e9t\u00e9 commis sur ordre de la Milice.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Marc <span class=\"caps\">BERLIERE<\/span> et Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">LE<\/span> <span class=\"caps\">GOARANT<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">TROMELIN<\/span>,<em> Liaisons dangereuses\u00a0: miliciens, truands, r\u00e9sistants. Paris, 1944<\/em> (2013)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026\u00a0Tout en restant dans l\u2019ombre, ils font d\u2019une pierre plusieurs coups\u00a0: ils mouillent Laval, forcent la main \u00e0 Joseph Darnand (secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Milice), compromettent encore davantage la Milice pour s\u2019assurer de sa fid\u00e9lit\u00e9 dans la lutte qui fait rage depuis le printemps\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Selon ces deux historiens, les Allemands auraient pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 que le gouvernement fran\u00e7ais fasse fusiller lui-m\u00eame Mandel, Blum et Reynaud. Ils devaient \u00eatre ramen\u00e9s \u00e0 Paris pour \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9s. Mais pourquoi les dirigeants nazis auraient-ils eu besoin de mettre en place un sc\u00e9nario compliqu\u00e9 \u00e0 seule fin de \u00ab\u00a0mouiller\u00a0\u00bb la Milice (organisation politique et paramilitaire fran\u00e7aise en janvier cr\u00e9\u00e9e 1943 par le r\u00e9gime de Vichy). Elle l\u2019\u00e9tait chaque jour davantage par les assassinats et exactions commises au vu et au su de tous\u2026<\/p>\n<p>Selon d\u2019autres sources, cet assassinat aurait \u00e9t\u00e9 commandit\u00e9 par Hitler lui-m\u00eame, qui aurait rep\u00e9r\u00e9 Mandel d\u00e8s les ann\u00e9es 1930 comme l\u2019un des opposants les plus r\u00e9solus \u00e0 l\u2019Allemagne nazie.<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, Mandel est assassin\u00e9 d\u2019une rafale de mitraillette dans la for\u00eat de Fontainebleau le 7 juillet 1944, moins de deux mois avant la Lib\u00e9ration \u2013 sorti d\u2019une voiture faussement en panne \u00e0 l\u2019occasion d\u2019un transfert, le milicien Mansuy l\u2019abat de seize balles dans le dos, en repr\u00e9sailles \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution par la R\u00e9sistance du ministre de l\u2019Information Philippe Henriot dix jours avant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans les lettres, comme en tout, le talent est un titre de responsabilit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"2821\" class=\"cit-num\">2821<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles de <span class=\"caps\">GAULLE<\/span> (1890-1970), refusant la gr\u00e2ce de Robert Brasillach. <em>M\u00e9moires de Guerre<\/em>, tome\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, Le Salut, 1944-1946 (1959), Charles de Gaulle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Condamn\u00e9 \u00e0 mort pour intelligence avec les Allemands, Brasillach est fusill\u00e9 le 6\u00a0f\u00e9vrier 1945. Ses convictions hitl\u00e9riennes ne font aucun doute et son journal (<em>Je suis partout<\/em>) en t\u00e9moigne abondamment. Le proc\u00e8s est b\u00e2cl\u00e9, de nombreux confr\u00e8res tentent de le sauver. Mais le Parti communiste voulait la t\u00eate de l\u2019homme responsable de la mort de nombreux camarades\u2026 et de Gaulle ne lui pardonnait pas celle de Mandel, r\u00e9sistant ex\u00e9cut\u00e9 par la Milice, apr\u00e8s les appels au meurtre sign\u00e9s entre autres par Brasillach.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Collaborateur direct et confident de Georges Clemenceau, il contribua \u00e0 galvaniser, \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, de 1914 \u00e0 1918, le moral et l\u2019\u00e9nergie de la Nation. Ministre de l\u2019Int\u00e9rieur aux heures les plus critiques de 1940, il mena contre les d\u00e9faitistes et les collaborateurs de l\u2019ennemi le plus courageux et le plus clairvoyant des combats. Se refusant \u00e0 accepter l\u2019id\u00e9e de la capitulation, il ne tarda pas \u00e0 \u00eatre arr\u00eat\u00e9 puis d\u00e9port\u00e9. Remis par les nazis \u00e0 la milice, il fut l\u00e2chement assassin\u00e9 le 7 juillet 1944. Par son patriotisme indomptable, Georges Mandel a bien m\u00e9rit\u00e9 de la Nation.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Citation \u00e0 l\u2019ordre de la nation en 1947<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h4>7\/ 1944 \u2013 Jean Zay<\/h4>\n<p>Juif, dreyfusard, franc-ma\u00e7on, anti-munichois, anti-hitl\u00e9rien et ministre du Front populaire, condamn\u00e9, assassin\u00e9 par la Milice, r\u00e9habilit\u00e9, panth\u00e9onis\u00e9 en 2015.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Malheur \u00e0 celui sur lequel se referme la porte d\u2019une prison et qui n\u2019a point de vie int\u00e9rieure, qui ne saura s\u2019en cr\u00e9er\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"7\" class=\"cit-num\">7<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">ZAY<\/span> (1904-1944), <em>Souvenirs et solitude<\/em> (posthume, 1945)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De 1940 \u00e0 1944 et malgr\u00e9 la duret\u00e9 de sa d\u00e9tention, il consacre l\u2019essentiel de ses forces \u00e0 cette \u0153uvre\u00a0: m\u00e9ditation intens\u00e9ment personnelle et grand essai historico-politique tourn\u00e9 vers le pass\u00e9 r\u00e9cent autant que vers l\u2019avenir. R\u00e9flexions sur la justice ou l\u2019emprisonnement, souvenirs de son entre-deux-guerres et projets pour la France de la Lib\u00e9ration qu\u2019il imagine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Terrible morceau de drap coul\u00e9 \u00e0 ta hampe, je te hais f\u00e9rocement, <br>Oui, je te hais dans l\u2019\u00e2me, je te hais pour toutes les mis\u00e8res que tu repr\u00e9sentes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">ZAY<\/span> (1904-1944), <em>Le Drapeau<\/em>, po\u00e8me antimilitariste dat\u00e9 du 6 mars 1924 et d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Paul Dreux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a 19 ans. Horrifi\u00e9 par les massacres de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, il compose ce pastiche litt\u00e9raire des productions de Gustave Herv\u00e9 (socialiste antimilitariste devenu fasciste). Pastiche utilis\u00e9 par ses ennemis, vol\u00e9 et monnay\u00e9 par des activistes d\u2019extr\u00eame droite et publi\u00e9 en 1932 contre le d\u00e9put\u00e9 du Loiret \u00e9lu \u00e0 27 ans sous l\u2019\u00e9tiquette radical-socialiste, battant Maurice Berger, d\u00e9put\u00e9 sortant du Parti d\u00e9mocrate populaire.<\/p>\n<p>L\u2019histoire du drapeau le poursuivra jusqu\u2019en 2014, lorsque sera propos\u00e9 le transfert de ses cendres au Panth\u00e9on\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019intellectuel ne peut pas ne pas prendre parti dans la controverse qui chaque jour sur le forum dresse les citoyens les uns contre les autres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">ZAY<\/span> (1904-1944) \u00e0 20 ans, cit\u00e9 par Nicole Debrand, \u00ab\u00a0Jean Zay \u00e9crivain\u00a0\u00bb, fascicule de l\u2019Association \u00ab\u00a0Jean Zay au Panth\u00e9on\u00a0\u00bb (2007)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e9claration tir\u00e9e d\u2019une chronique publi\u00e9e dans<em> Le Grenier<\/em>, revue mensuelle d\u2019art, de litt\u00e9rature et de critique fond\u00e9e par Jean Zay en mars 1925 et disparue en mai 1926. Mais le jeune intellectuel qu\u2019il est assur\u00e9ment va se lancer avec passion dans la vie politique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les \u00e9coles doivent rester l\u2019asile inviolable o\u00f9 les querelles des hommes ne p\u00e9n\u00e8trent pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">ZAY<\/span> (1904-1944), ministre de l\u2019\u00a0\u00c9ducation nationale du Front populaire, Circulaire du 31 d\u00e9cembre 1936<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette d\u00e9claration reste d\u2019une actualit\u00e9 br\u00fblante. Mais l\u2019une des qualit\u00e9s de Jean Zay, c\u2019est que ses paroles sont toujours suivies par des actes. Exemples\u00a0? Pendant ses quarante-quatre mois au gouvernement, il institue au titre de l\u2019\u00c9ducation nationale\u00a0: les trois degr\u00e9s d\u2019enseignement, l\u2019unification des programmes, la prolongation de l\u2019obligation scolaire \u00e0 quatorze ans, les classes d\u2019orientation, les activit\u00e9s dirig\u00e9es, les enseignements interdisciplinaires, la reconnaissance de l\u2019apprentissage, le sport \u00e0 l\u2019\u00e9cole, les \u0153uvres universitaires, le <span class=\"caps\">CNRS<\/span>.<\/p>\n<p>Et au titre des Beaux-Arts\u00a0: le Mus\u00e9e national des arts et traditions populaires, le Mus\u00e9e d\u2019Art moderne, la R\u00e9union des th\u00e9\u00e2tres lyriques nationaux, le festival de Cannes \u2013 dont la premi\u00e8re \u00e9dition devra attendre septembre 1946.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Volontaire pour les missions les plus p\u00e9rilleuses et les plus d\u00e9licates.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jugement de r\u00e9habilitation, rendu le 5 juillet 1945 par la cour d\u2019appel de Riom<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au d\u00e9but de la Seconde Guerre mondiale, Jean Zay d\u00e9missionne du gouvernement pour rejoindre l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, alors que sa fonction minist\u00e9rielle l\u2019en dispensait. Son courage et son d\u00e9vouement seront attest\u00e9s par ses chefs militaires. Malgr\u00e9 tout ce qu\u2019il pense de l\u2019arm\u00e9e, en intellectuel et politique\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a014 Mai 1940\u00a0: La guerre a pris l\u2019aspect de la derni\u00e8re fois, mais les tirs d\u2019aujourd\u2019hui mettent un village en quelques heures dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 il se trouvait nagu\u00e8re apr\u00e8s plusieurs mois de bombardement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">ZAY<\/span> (1904-1944), <em>Lettres de la dr\u00f4le de Guerre<\/em> (1939-1940)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce livre r\u00e9unit des extraits (et quelques lettres int\u00e9grales) des 170 lettres \u00e9crites \u00e0 sa femme.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La paperasserie militaire a pour caract\u00e9ristique de faire co\u00efncider des principes immuables et sacro-saints avec des donn\u00e9es pratiques et mouvantes. Elle additionne des parapluies et des masques \u00e0 gaz. Elle comporte des op\u00e9rations compliqu\u00e9es et myst\u00e9rieuses qui impliquent des donn\u00e9es pr\u00e9alables et techniques qu\u2019on ne vous donne jamais\u2026\u00a0C\u2019est d\u2019ailleurs la marque de toute bureaucratie militaire, m\u00eame en guerre, que d\u2019\u00e9taler sur une interminable journ\u00e9e un travail effectif qui, partout ailleurs, demanderait une heure ou deux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et plus tard (<em>Souvenirs et solitude<\/em>) \u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise \u00e9tait devenue une immense administration, uniquement pr\u00e9occup\u00e9e d\u2019avancement, de d\u00e9corations, de prises d\u2019armes, de paperasseries diverses. Elle avait cess\u00e9 d\u2019\u00eatre un moyen pour devenir une fin en soi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En juin 1940,\u00a0 il a rejoint Bordeaux pour participer \u00e0 la derni\u00e8re session du Parlement, le 19. Jean Zay et Pierre Mend\u00e8s France ainsi que vingt-cinq autres parlementaires embarquent \u00e0 bord du Massilia. Arriv\u00e9s \u00e0 Casablanca au\u00a0 Maroc, les passagers du Massilia sont consign\u00e9s dans un grand h\u00f4tel. Mais quatre d\u2019entre eux, dont Jean Zay, sont arr\u00eat\u00e9s pour d\u00e9sertion devant l\u2019ennemi. Renvoy\u00e9 en m\u00e9tropole, Jean Zay est intern\u00e9 \u00e0 la prison militaire de Clermont-Ferrand. Pendant des mois, une violente campagne de presse r\u00e9clame la condamnation \u00e0 mort du \u00ab\u00a0juif Jean Zay\u00a0\u00bb comme franc-ma\u00e7on, antihitl\u00e9rien et ministre du Front populaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jean Zay, bouc \u00e9missaire id\u00e9al, est condamn\u00e9 par le tribunal militaire de Clermont-Ferrand \u00e0 une peine qui vise \u00e0 rappeler celle de Dreyfus\u00a0: la d\u00e9gradation et la d\u00e9portation pour une dur\u00e9e ind\u00e9termin\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Olivier <span class=\"caps\">LOUBES<\/span> (n\u00e9 en 1963), Jean Zay, Vichy et la R\u00e9sistance, <em>Revue d\u2019histoire moderne et contemporaine<\/em>, janvier-mars 1996<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le tribunal militaire si\u00e9geant \u00e0 Clermont-Ferrand le condamne pour d\u00e9sertion en pr\u00e9sence de l\u2019ennemi, \u00e0 la d\u00e9portation \u00e0 vie et \u00e0 la d\u00e9gradation militaire. Le 7 janvier 1941, il est incarc\u00e9r\u00e9 au quartier sp\u00e9cial de la maison d\u2019arr\u00eat de Riom.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les hommes qui ne r\u00eavent point la nuit perdent un tiers de leur existence.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">ZAY<\/span> (1904-1944), <em>Souvenirs et solitude<\/em> (posthume, 1945)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il continue \u00e0 travailler, pr\u00e9parant les r\u00e9formes qu\u2019il doit mettre en \u0153uvre apr\u00e8s la Lib\u00e9ration\u2026 Mais sa vie sera trop br\u00e8ve.<\/p>\n<p>20 juin 1944, trois miliciens du collaborateur Darnand viennent le chercher \u00e0 la prison de Riom. Se faisant passer pour des r\u00e9sistants, ils pr\u00e9sentent un ordre de transfert pour Melun. Il sera abattu d\u2019une rafale de Sten (mitraillette) par Charles Develle, dans un bois pr\u00e8s de Molles (d\u00e9partement de l\u2019Allier).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive la France\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">ZAY<\/span> (1904-1944), mot de la fin, Marcel Hasquenoph, \u00ab\u00a0La v\u00e9rit\u00e9 sur la mort de Jean Zay\u00a0\u00bb, <em>Histoire pour tous<\/em>,\u200e ao\u00fbt 1968<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Afin qu\u2019il ne soit pas identifi\u00e9, les tueurs le d\u00e9shabillent, lui \u00f4tent son alliance, jettent sa d\u00e9pouille dans la crevasse du Puits-du-Diable et lancent quelques grenades pour cacher le corps par des \u00e9boulis.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les poursuites intent\u00e9es contre le sous-lieutenant Jean Zay ne peuvent s\u2019expliquer que par le d\u00e9sir qu\u2019a eu le gouvernement d\u2019atteindre un parlementaire dont les opinions politiques lui \u00e9taient oppos\u00e9es et qu\u2019il importait de discr\u00e9diter en raison de la haute autorit\u00e9 attach\u00e9e \u00e0 sa personnalit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Quel prisonnier au fond de la cour\u2026 Le proc\u00e8s Jean Zay<\/em>, Anne Simonin (<span class=\"caps\">CNRS<\/span>, Universit\u00e9\u0301 de Paris I et de Paris <span class=\"caps\">IV<\/span>)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>5 juillet 1945. La cour d\u2019appel de Riom r\u00e9examine les faits reproch\u00e9s au sous-lieutenant Jean Zay, constate qu\u2019\u00e0 aucun moment il ne s\u2019est soustrait \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 militaire. Elle annule donc le jugement du 4 octobre 1940. Jean Zay est pleinement r\u00e9habilit\u00e9 \u00e0 titre posthume.<\/p>\n<p>Exhum\u00e9s fin 1947, les restes de Jean Zay sont identifi\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 sa fiche dentaire et aux mensurations donn\u00e9es par son tailleur. Il est inhum\u00e9 au grand cimeti\u00e8re d\u2019Orl\u00e9ans le 15 mai 1948. Jusqu\u2019en 2015, ann\u00e9e de son transfert au Panth\u00e9on, avec Pierre Brossolette, Genevi\u00e8ve de Gaulle-Anthonioz et Germaine Tillion en tant que \u00ab\u00a0grandes figures qui \u00e9voquent l\u2019esprit de r\u00e9sistance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4>8\/ 1961 \u2013 Camille Blanc<\/h4>\n<p>Maire d\u2019\u00c9vian victime de l\u2019<span class=\"caps\">OAS<\/span>, assassin\u00e9 par deux charges de plastic parce que sa ville accueillait les n\u00e9gociateurs (fran\u00e7ais et <span class=\"caps\">FLN<\/span>) pour la paix en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019<span class=\"caps\">OAS<\/span> frappe o\u00f9 elle veut, quand elle veut, comme elle veut.\u00a0\u00bb<span id=\"2998\" class=\"cit-num\">2998<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Slogan de la nouvelle \u00ab\u00a0Organisation Arm\u00e9e secr\u00e8te\u00a0\u00bb. <em>L\u2019<span class=\"caps\">OAS<\/span> et la fin de la guerre d\u2019Alg\u00e9rie<\/em> (1985), M\u2019Hamed Yousfi<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premiers tracts lanc\u00e9s d\u00e9but f\u00e9vrier\u00a01961. L\u2019arm\u00e9e fait son m\u00e9tier en Alg\u00e9rie, avec 400\u00a0000 hommes qui se battent sur le terrain. La pacification progresse (except\u00e9 dans les Aur\u00e8s), mais le terrorisme fait rage et le <span class=\"caps\">FLN<\/span> multiplie les attentats. Les Europ\u00e9ens d\u2019Alg\u00e9rie vivent aussi dans la terreur de la n\u00e9gociation qui conduira in\u00e9vitablement \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance. Et l\u2019<span class=\"caps\">OAS<\/span>, choisissant la politique du d\u00e9sespoir, recourt \u00e9galement aux attentats.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0M. Camille Blanc, maire d\u2019\u00c9vian, est mort des suites de ses blessures. Deux puissantes charges de plastic ont \u00e9clat\u00e9 \u00e0 <span class=\"caps\">02H35<\/span>, \u00e0 15 secondes d\u2019intervalle, dans l\u2019impasse s\u00e9parant la mairie de l\u2019h\u00f4tel Beau Rivage, propri\u00e9t\u00e9 et r\u00e9sidence de M. Blanc.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Flash de l\u2019<span class=\"caps\">AFP<\/span>, 31 mars 1961<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Seule raison \u00e0 cet assassinat, sa ville a \u00e9t\u00e9 choisie pour accueillir les n\u00e9gociations. Cela n\u2019infl\u00e9chit en rien la politique du pr\u00e9sident\u00a0de Gaulle\u00a0: \u00ab\u00a0Cet \u00c9tat sera ce que les Alg\u00e9riens voudront. Pour ma part, je suis persuad\u00e9 qu\u2019il sera souverain au-dedans et au-dehors. Et, encore une fois, la France n\u2019y fait aucun obstacle.\u00a0\u00bb Conf\u00e9rence de presse, 11\u00a0avril 1961<\/p>\n<p>Mais l\u2019\u00e9l\u00e9gante cit\u00e9 thermale est sous le choc. \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un c\u0153ur d\u2019or\u00a0\u00bb pleurent les habitants. Socialiste, grand r\u00e9sistant, ce militant de la paix avait \u0153uvr\u00e9 pour accueillir dans sa ville les pourparlers qui d\u00e9boucheront un an plus tard sur un cessez-le-feu destin\u00e9 \u00e0 mettre fin \u00e0 la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. <br>Les \u00c9vianais vont d\u00e9cider de tourner la page apr\u00e8s l\u2019assassinat, d\u2019autant que dans cette ville d\u2019eau proche de la Suisse, les Accords ont \u00e9t\u00e9 \u00ab\u00a0associ\u00e9s \u00e0 deux saisons touristiques catastrophiques en 1962 et 1963\u00a0\u00bb r\u00e9sume l\u2019ancien adjoint municipal <span class=\"caps\">PS<\/span> Serge Dupessey, 78 ans. Il se rappelle aussi que \u00ab\u00a0c\u2019est un Evianais de l\u2019<span class=\"caps\">OAS<\/span> qui a assassin\u00e9, avec des complices \u00e9vianais\u2026 la famille de l\u2019assassin habite encore ici.\u00a0\u00bb Ce qui, selon lui, a pu entretenir une \u00ab\u00a0atmosph\u00e8re de guerre civile\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Camille Blanc voulait la paix en Alg\u00e9rie, il l\u2019a pay\u00e9e de sa vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Dauphin\u00e9 Lib\u00e9r\u00e9,<\/em> 31 mars 2011. \u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait le 31 mars 1961.\u00a0\u00bb Il y a 50 ans, le maire d\u2019\u00c9vian \u00e9tait victime de l\u2019<span class=\"caps\">OAS<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Rappel des faits. \u00ab\u00a0Les fen\u00eatres des immeubles qui cernent la mairie s\u2019\u00e9clairent une \u00e0 une, la ville se r\u00e9veille p\u00e9trifi\u00e9e d\u2019angoisses. Aux interrogations, succ\u00e8dent tr\u00e8s vite des bribes d\u2019information. Oui, c\u2019est un attentat. Oui le maire \u00e9tait vis\u00e9, il est bless\u00e9\u2026 Au petit matin, les \u00c9vianais apprendront sa mort. Camille Blanc avait 60 ans. G\u00e9n\u00e9reux, affable et ambitieux pour sa ville, il \u00e9tait tr\u00e8s appr\u00e9ci\u00e9 de ses administr\u00e9s. Depuis 1945, ils lui renouvelaient \u00e0 une tr\u00e8s confortable majorit\u00e9 leur confiance. Il \u00e9tait socialiste (<span class=\"caps\">SFIO<\/span>).<\/p>\n<p>Dans la torpeur qui saisit la ville, une \u00e9vidence \u00e9merge en forme d\u2019\u00e9pitaphe\u00a0: Camille Blanc voulait la paix en Alg\u00e9rie, il l\u2019a pay\u00e9e de sa vie. En ce printemps 1961, la ville d\u2019eau se pr\u00e9parait \u00e0 accueillir les d\u00e9l\u00e9gations fran\u00e7aises et alg\u00e9riennes qui depuis quatre ans planchaient en secret \u00e0 l\u2019\u00e9criture des conditions d\u2019un cessez-le-feu d\u2019une guerre qui ne dit pas son nom. Une page d\u2019Histoire \u00e0 laquelle le maire a accept\u00e9 d\u2019associer le nom de sa ville pour lui redonner du lustre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas d\u2019endroit, pas de lieu de comm\u00e9moration, on sent encore cette blessure\u00a0\u00bb de l\u2019assassinat et la guerre d\u2019Alg\u00e9rie demeure \u00ab\u00a0un \u00e9pisode sensible\u00a0\u00bb selon la maire d\u2019\u00c9vian Josiane Lei. L\u2019h\u00f4tel Beau rivage est aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019abandon. Sur sa fa\u00e7ade d\u00e9cr\u00e9pie, une plaque rend hommage au maire assassin\u00e9. Sans mention de l\u2019implication de l\u2019<span class=\"caps\">OAS<\/span>, organisation clandestine oppos\u00e9e \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance alg\u00e9rienne. Pour le 60e anniversaire, on a fait le choix, en accord avec la pr\u00e9fecture, d\u2019une \u00ab\u00a0c\u00e9r\u00e9monie comme d\u2019habitude, aux monuments aux morts\u00a0\u00bb avec porte-drapeaux, anciens combattants et harkis, explique la maire Josiane Lei.\u00a0<\/p>\n<h4>9\/ 1975 \u2013 Fran\u00e7ois Renaud<\/h4>\n<p>Juge embl\u00e9matique pour sa lutte contre la p\u00e8gre lyonnaise, abattu de plusieurs balles\u2026 Cas d\u2019\u00e9cole d\u2019une affaire jamais \u00e9lucid\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En huit ans de magistrature \u00e0 Lyon, le juge Renaud a trait\u00e9 1 500 affaires de droit commun\u00a0: braquages du gang des Lyonnais, hold-up du gang de Guy Reynaud dit le Dingue, enl\u00e8vement d\u2019Yves Marin-Lafl\u00e8che (riche h\u00f4telier lyonnais), plusieurs r\u00e8glements de comptes qui valent \u00e0 Lyon \u00e0 l\u2019\u00e9poque la triste appellation de Chicago-sur-Rh\u00f4ne.\u00a0\u00bb<span id=\"9\" class=\"cit-num\">9<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Roland <span class=\"caps\">PASSEVANT<\/span> (1928-2002), <em>Les Flammes de l\u2019exclusion\u00a0: ins\u00e9curit\u00e9 urbaine, Temps des cerises<\/em> (1999)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est le bilan de carri\u00e8re du premier magistrat fran\u00e7ais assassin\u00e9 depuis l\u2019Occupation.<\/p>\n<p>Deux ans apr\u00e8s sa mort, sa vie a inspir\u00e9 le r\u00e9alisateur Yves Boisset\u00a0: <em>Le Juge Fayard dit \u00ab\u00a0le Sh\u00e9riff\u00a0\u00bb<\/em> (1977), incarn\u00e9 par Patrick Dewaere qui pr\u00e9sente une \u00e9vidente ressemblance avec le \u00ab\u00a0petit juge\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Lors du tournage du film, Yves Boisset observe l\u2019acteur qui, selon lui, n\u2019interpr\u00e8te pas le r\u00f4le mais l\u2019incarne\u00a0: \u00ab\u00a0Ce jour-l\u00e0, j\u2019ai compris qu\u2019il ne jouait pas, mais qu\u2019il vivait la sc\u00e8ne et je me suis dit, mon Dieu, il est en danger\u00a0!\u00a0\u00bb Il mesure \u00e0 quel point ses r\u00f4les peuvent influencer la vie de Dewaere. Le r\u00e9alisateur se jure alors de ne lui proposer que des personnages et des histoires positives, mais Dewaere mit fin \u00e0 ses jours quelques mois avant le d\u00e9but du prochain tournage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je n\u2019ai pas voulu remuer la merde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Olivier <span class=\"caps\">MARCHAL<\/span> (n\u00e9 en 1958), ex policier, devenu acteur, r\u00e9alisateur et sc\u00e9nariste<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le vrai du faux. Le film m\u00eale fiction totale et r\u00e9alit\u00e9s historiques, avec justesse et prudence, <em>Le Progr\u00e8s,<\/em> 24 septembre 2011.<\/p>\n<p>Il justifie ainsi l\u2019absence totale de r\u00e9f\u00e9rence au juge Fran\u00e7ois Renaud. C\u2019est le droit absolu de l\u2019auteur, fut-il ex-policier. C\u2019est peut-\u00eatre \u00e0 ce titre qu\u2019il s\u2019est empress\u00e9 d\u2019en tirer un film b\u00e9n\u00e9ficiant d\u2019un grand succ\u00e8s critique et public. Mais l\u2019affaire non r\u00e9solue reste tr\u00e8s sensible pour diverses raisons tenant au personnage, au lieu, aux circonstances et \u00e0 la \u00ab\u00a0le\u00e7on de l\u2019histoire\u00a0\u00bb. C\u2019est ce qu\u2019on appelle un \u00ab\u00a0cas d\u2019\u00e9cole\u00a0\u00bb, avec cette particularit\u00e9 notable\u00a0: Lyon l\u2019emporte ici sur Marseille.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Engag\u00e9 dans une guerre sans merci contre la mont\u00e9e d\u2019une criminalit\u00e9 des plus violentes, propre \u00e0 la r\u00e9gion lyonnaise depuis une douzaine d\u2019ann\u00e9es, l\u2019intr\u00e9pide magistrat est tomb\u00e9 dans une sorte d\u2019embuscade tendue par ceux qu\u2019il consid\u00e9rait moins comme des justiciables que comme des ennemis du peuple et de la loi. Si le mobile du crime n\u2019a rien, apparemment, de politique, le scandale de son impunit\u00e9 l\u2019est, au sens profond du terme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">DEROGY<\/span> (1925-1997), Enqu\u00eate sur un juge assassin\u00e9.<em> Vie et mort du magistrat lyonnais Fran\u00e7ois Renaud<\/em> (1978)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pionnier en France du journalisme d\u2019investigation, sa conclusion ne donne pas de nom, mais une accusation de principe. Au milieu d\u2019une foule de faits divers qui font la une des m\u00e9dias et tombent bient\u00f4t dans l\u2019oubli, l\u2019affaire reste aujourd\u2019hui encore un cas d\u2019\u00e9cole d\u2019autant plus passionnant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019assassinat du juge Renaud n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 totalement \u00e9clairci malgr\u00e9 de nombreuses enqu\u00eates publi\u00e9es, entre autre dans l\u2019Express\u00a0sous la plume de Jacques Derogy. La volont\u00e9 d\u2019\u00e9touffer, voire d\u2019enterrer ces affaires a-t-elle effectivement exist\u00e9\u00a0? L\u2019affaire du juge Renaud a \u00e9t\u00e9 instruite pas six magistrats successifs et 23 ans apr\u00e8s les faits, le 17 septembre 1992, elle a \u00e9t\u00e9 class\u00e9e sans suite. Depuis les faits ont \u00e9t\u00e9 prescrits.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Luc <span class=\"caps\">PINOL<\/span> ( n\u00e9 en 1949) Lumi\u00e8res sur Rh\u00f4ne-Alpes, l\u2019Affaire du juge Renaud de Lyon, 9 mars 1976, site de l\u2019<span class=\"caps\">INA<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il parle en historien sp\u00e9cialiste d\u2019histoire urbaine, professeur \u00e0 l\u2019<span class=\"caps\">ENS<\/span> Lyon. Et <em>Le Monde<\/em>, en date du 1er juillet 2015, revient sur l\u2019affaire qui fascine toujours\u00a0: \u00ab\u00a0Les myst\u00e8res de l\u2019assassinat du juge Renaud. Quarante apr\u00e8s les faits, le fils du magistrat est retourn\u00e9 voir les diff\u00e9rents acteurs d\u2019une affaire dans laquelle la R\u00e9publique ne sort pas grandie.\u00a0\u00bb Ce sera la seule conclusion de cette histoire.<\/p>\n<h4>10\/ 1998 \u2013 Claude \u00c9rignac<\/h4>\n<p>Pr\u00e9fet de Corse, assassin\u00e9 \u00e0 Ajaccio par le nationaliste Yvan Colonna \u2013 lui-m\u00eame agress\u00e9 par un cod\u00e9tenu fondamentaliste musulman et mort en 2022.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La premi\u00e8re des solidarite\u0301s est celle qui relie les citoyens entre eux au travers de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est la solidarit\u00e9 nationale. L\u2019administration qui la met en \u0153uvre est faite pour servir.\u00a0\u00bb<span id=\"10\" class=\"cit-num\">10<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Claude <span class=\"caps\">\u00c9RIGNAC<\/span> (1937-1998), inscription sur un banc, place du Pr\u00e9fet Claude \u00c9rignac, <span class=\"caps\">XVI<\/span>e arrondissement de Paris<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9fet de Corse, assassin\u00e9 \u00e0 Ajaccio par le nationaliste corse Yvan Colonna \u2013 lui-m\u00eame agress\u00e9 par un cod\u00e9tenu fondamentaliste musulman et mort en 2022 \u00e0 l\u2019h\u00f4pital nord de Marseille.<\/p>\n<p>Inaugur\u00e9e en 2024, la place du pr\u00e9fet Claude \u00c9rignac se situe \u00e0 Auteuil, dans le <span class=\"caps\">XVI<\/span>e arrondissement de Paris. Signe particulier\u00a0: sur les bancs sont inscrites des citations emprunt\u00e9es \u00e0 son carnet. Une seule est sign\u00e9e de lui. \u00c0 travers ces mots emprunt\u00e9s aux sources les plus diverses se dessine la personnalit\u00e9 de ce haut fonctionnaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019avenir m\u2019int\u00e9resse parce que c\u2019est la\u0300 que j\u2019ai l\u2019intention de passer mes prochaines ann\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Woody Allen<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c9tonnons-nous les soirs, mais vivons les matins.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Guillaume <span class=\"caps\">APOLLINAIRE<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Regarder l\u2019avenir, c\u2019est d\u00e9j\u00e0\u0300 le changer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Gaston <span class=\"caps\">BERGER<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Aucune grande \u0153uvre n\u2019a jamais e\u0301te\u0301 vraiment fonde\u0301e sur la haine et le m\u00e9pris.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Albert <span class=\"caps\">CAMUS<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si l\u2019homme e\u0301choue a\u0300 concilier la justice et la liberte\u0301, alors il e\u0301choue a\u0300 tout.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Albert <span class=\"caps\">CAMUS<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut d\u2019abord se montrer juste avant d\u2019\u00eatre g\u00e9n\u00e9reux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Nicolas <span class=\"caps\">CHAMFORT<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les animaux qui se recouvrent de carapaces sont ceux qui n\u2019ont pas de squelette.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Rene\u0301 <span class=\"caps\">CHAR<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut savoir ce que l\u2019on veut. Quand on le sait, il faut avoir le courage de le dire. Quand on l\u2019a dit, il faut avoir le courage de le faire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CLEMENCEAU<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut savoir que tout est perdu et faire comme si tout pouvait e\u0302tre gagne\u0301.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Francis Scott <span class=\"caps\">FITZGERALD<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est a\u0300 la poe\u0301sie et a\u0300 elle seule que seront toujours re\u0301serve\u0301es la navigation et la de\u0301couverte.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">GIRAUDOUX<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Faire confiance est une preuve de courage, e\u0302tre fide\u0300le un signe de force.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GOETHE<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019est pas besoin d\u2019esp\u00e9rer pour entreprendre, ni de r\u00e9ussir pour pers\u00e9v\u00e9rer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GUILLAUME<\/span> <span class=\"caps\">D\u2019ORANGE<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rien de grand ne se fait sans passion.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si vous trouvez que la formation cou\u0302te cher, essayez l\u2019ignorance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Abraham <span class=\"caps\">LINCOLN<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si j\u2019apprenais que la fin du monde est pour demain, je planterai encore un arbre dans mon jardin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Martin <span class=\"caps\">LUTHER<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La liberte\u0301 appartient a\u0300 ceux qui l\u2019ont conquise.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andre\u0301 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les hommes construisent un mur plus facilement qu\u2019un pont.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andre\u0301 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une nation sans passe\u0301 n\u2019a pas d\u2019avenir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andre\u0301 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soyez re\u0301alistes, demandez l\u2019impossible.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Herbert <span class=\"caps\">MARCUSE<\/span> (slogan de Mai 68)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bien e\u0301couter, c\u2019est presque re\u0301pondre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIVAUX<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a pour le responsable un devoir primordial de ve\u0301rite\u0301\u00a0: il en cou\u0302te parfois de le remplir, mais il est sans prix d\u2019avoir la conscience nette.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">MENDES<\/span> <span class=\"caps\">FRANCE<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Servir l\u2019\u00c9tat sans s\u2019asservir au pouvoir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mathieu <span class=\"caps\">MOLLE<\/span>\u0301<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Blaise <span class=\"caps\">PASCAL<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il n\u2019existait qu\u2019une seule ve\u0301rite\u0301, on ne pourrait peindre des centaines de tableaux sur le me\u0302me sujet.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pablo <span class=\"caps\">PICASSO<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les pieds ne vont pas la\u0300 ou\u0300 ne va pas le c\u0153ur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Proverbe dogon<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Chacun est seul responsable de tous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Antoine de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">EXUPE<\/span>\u0301<span class=\"caps\">RY<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La ve\u0301rite\u0301 de demain se nourrit de l\u2019erreur d\u2019hier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Antoine de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">EXUPE<\/span>\u0301<span class=\"caps\">RY<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous n\u2019he\u0301ritons pas la terre de nos ance\u0302tres, nous l\u2019empruntons a\u0300 nos enfants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Antoine de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">EXUPE<\/span>\u0301<span class=\"caps\">RY<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas parce que les choses sont difficiles que nous n\u2019osons pas. C\u2019est si nous n\u2019osons pas qu\u2019elles seront difficiles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">SE<\/span>\u0301<span class=\"caps\">NE<\/span>\u0300<span class=\"caps\">QUE<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Comme les notes de musique ne sommes-nous pas cr\u00e9\u00e9s pour nous accorder malgr\u00e9\u0301 nos diff\u00e9rences.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Percy <span class=\"caps\">SHELLEY<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les ve\u0301ritables inte\u0301re\u0302ts de l\u2019homme ne doivent pas e\u0302tre confondus avec ses v\u0153ux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">VALE<\/span>\u0301<span class=\"caps\">RY<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je combats ce que vous dites, mais je me battrais jusqu\u2019a\u0300 la mort pour que vous ayez le droit de le dire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les meilleures choses ont une fin\u00a0; les autres aussi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Oscar <span class=\"caps\">WILDE<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Savoir ou\u0300 l\u2019on veut aller est tr\u00e8s bien, mais il faut encore montrer que l\u2019on y va.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9mile <span class=\"caps\">ZOLA<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tuer un homme, ce n\u2019est pas de\u0301fendre une doctrine, c\u2019est tuer un homme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Stefan <span class=\"caps\">ZWEIG<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Oublier un crime est un crime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">M\u00c9MORIAL<\/span> <span class=\"caps\">JUIF<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">NANCY<\/span><\/p>\n<\/blockquote><\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00ab\u00a0L\u2019air est plein de poignards.\u00a0\u00bb Joseph FOUCH\u00c9 (1759-1820), ex-ministre de la Police, mi-janvier\u00a01804 La Politique, un m\u00e9tier \u00e0 risque extr\u00eame&nbsp;! Entre attentats (\u00ab\u00a0tentatives criminelles\u00a0\u00bb) et assassinats (\u00ab\u00a0meurtres avec pr\u00e9m\u00e9ditation\u00a0\u00bb), l\u2019Histoire est violente, des origines \u00e0 nos jours et dans le monde. Rappelons quelques noms de victimes politiques c\u00e9l\u00e8bres\u00a0\u00e0 divers titres&nbsp;: C\u00e9sar et Cic\u00e9ron dans [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":14239,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"default","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"set","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":51,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-14233","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14233","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14233"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14233\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15075,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14233\/revisions\/15075"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14239"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14233"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14233"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14233"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}