{"id":2226,"date":"2015-12-01T00:00:00","date_gmt":"2015-11-30T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/19\/le-roi-jean-ii-le-bon-savait-que-la-victoire\/"},"modified":"2025-07-19T09:15:10","modified_gmt":"2025-07-19T07:15:10","slug":"le-roi-jean-ii-le-bon-savait-que-la-victoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/le-roi-jean-ii-le-bon-savait-que-la-victoire\/","title":{"rendered":"\u00ab Le roi [Jean II le Bon] savait que la victoire&#8230;"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/capture_jean_ii.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"376\" height=\"367\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation\"><span class=\"enonce\">\u00ab\u00a0Le roi [Jean <span class=\"caps\">II<\/span> le Bon] savait que la victoire \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 aux mains de ses ennemis. Il ne voulut pas, par une vile fuite, avilir la couronne et finalement poursuivit le combat.\u00a0\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span data-href=\"\/auteurs\/matteo-villani\"><span class=\"author\"><span class=\"surname\">Matteo <\/span><span class=\"name\"><span class=\"caps\">VILLANI<\/span><\/span><\/span><\/span> (fin <span class=\"caps\">XIII<\/span><sup>e<\/sup> si\u00e8cle-1363), <cite>Chronique<\/cite><\/p>\n<\/blockquote>\n<p class=\"ressi\">(Trois Villani, n\u00e9s \u00e0 Florence, vont se relayer pour une interminable et fameuse \u00ab\u00a0<em class=\"temp\">Nuova Cronica\u00a0\u00bb <\/em>(\u00ab\u00a0Nouvelle chronique\u00a0\u00bb). Le p\u00e8re, Giovanni, \u00e9crit 12\u00a0livres, suivi par son fr\u00e8re, Matteo, auquel succ\u00e9dera son fils, Filippo).<\/p>\n<p>Le Prince Noir est le surnom d\u2019\u00c9douard, prince de Galles, fils a\u00een\u00e9 du roi d\u2019Angleterre \u00c9douard\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>. C\u2019est l\u2019un des meilleurs g\u00e9n\u00e9raux de la guerre de Cent Ans, toujours rev\u00eatu d\u2019une sombre armure \u2013 ses ennemis invoquent plut\u00f4t la noirceur de son \u00e2me. Il d\u00e9barque \u00e0 Bordeaux en septembre\u00a01355, ravage le sud-ouest et le centre de la France. Le roi de France, Jean <span class=\"caps\">II<\/span> le Bon, d\u00e9cide d\u2019arr\u00eater cette chevauch\u00e9e meurtri\u00e8re.<\/p>\n<p>Fort attach\u00e9 \u00e0 l\u2019esprit de chevalerie, le roi a cr\u00e9\u00e9 en 1352 l\u2019ordre de l\u2019\u00c9toile, dont les chevaliers membres s\u2019engagent \u00e0 \u00ab\u00a0ne jamais reculer sur le champ de bataille de plus de quatre arpents\u00a0\u00bb. Ce serment va avoir de dramatiques cons\u00e9quences, \u00e0 la bataille de Poitiers.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0P\u00e8re, gardez-vous \u00e0 droite, p\u00e8re, gardez-vous \u00e0 gauche.\u00a0\u00bb<span id=\"296\" class=\"cit-num\">296<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> <span class=\"caps\">II<\/span> de Bourgogne, dit le Hardi (1342-1404), \u00e0 Jean\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> le Bon, bataille de Poitiers, 19\u00a0septembre 1356. <em>Histoire de France<\/em> (1868), Victor Duruy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le dernier fils du roi, \u00e0 peine \u00e2g\u00e9 de 14 ans, tente de d\u00e9tourner les coups pour sauver son p\u00e8re. Le jeune prince ne r\u00e9gnera pas, mais recevra pour son courage la Bourgogne en apanage, et le surnom de Philippe le Hardi.<\/p>\n<p>Jean le Bon (ou le Brave) aligne 15 000 hommes. Face \u00e0 lui, 7 000 Anglais et \u00e0 leur t\u00eate, le Prince Noir \u2013 prince de Galles, redoutable chef de guerre. Les archers anglais, bien plac\u00e9s, criblent de fl\u00e8ches par le c\u00f4t\u00e9 nos chevaliers fran\u00e7ais qui ne sont arm\u00e9s et prot\u00e9g\u00e9s que de face. La d\u00e9faite de Cr\u00e9cy, dix ans plus t\u00f4t, n\u2019a pas servi de le\u00e7on, et les Anglais renouvellent leur tactique gagnante, archers anglais contre chevaliers fran\u00e7ais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u00e0 p\u00e9rit toute la fleur de la chevalerie de France\u00a0: et le noble royaume de France s\u2019en trouva cruellement affaibli, et tomba en grande mis\u00e8re et tribulation.\u00a0\u00bb<span id=\"297\" class=\"cit-num\">297<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">FROISSART<\/span> (vers 1337-vers 1400), <em>Chroniques<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chroniqueur dresse le bilan de la bataille de Poitiers\u00a0: \u00ab\u00a0Avec le roi et son jeune fils Monseigneur Philippe, furent pris dix-sept contes, outre les barons, chevaliers et \u00e9cuyers et six mille hommes de tous rangs.\u00a0\u00bb Chiffres consid\u00e9rables pour l\u2019\u00e9poque et \u00ab\u00a0fortuneuse bataille\u00a0\u00bb pour les Anglais\u00a0: leur Prince Noir a captur\u00e9 le roi de France\u00a0! Il a aussi ordonn\u00e9 le massacre des soldats fran\u00e7ais bless\u00e9s qui ne pouvaient payer ran\u00e7on, chose contraire \u00e0 toutes les r\u00e8gles de la chevalerie \u2013 une l\u00e9gende veut qu\u2019il en ait eu grande honte devant son p\u00e8re, le roi d\u2019Angleterre, et qu\u2019il ait alors mis son armure \u00e0 la couleur du deuil. Jean <span class=\"caps\">II<\/span> le Bon a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 se rendre plut\u00f4t que fuir, pensant que son sacrifice allait sauver l\u2019honneur perdu de l\u2019arm\u00e9e.<\/p>\n<p>En fait, la France va le payer tr\u00e8s cher. Outre la guerre \u00e0 financer, il faut verser la ran\u00e7on du roi prisonnier en Angleterre\u00a0: 4 millions d\u2019\u00e9cus d\u2019or, somme proportionnelle \u00e0 son prestige. Les imp\u00f4ts s\u2019alourdissent (gabelle et taille). Les paysans pauvres, les Jacques, vont se r\u00e9volter (d\u2019o\u00f9 le mot de \u00ab\u00a0jacquerie\u00a0\u00bb), tandis que les Grandes Compagnies (bandes de mercenaires bien organis\u00e9es) pillent et ran\u00e7onnent les plus riches provinces.<\/p>\n<p>Et pour comble, Paris va se soulever contre le pouvoir royal repr\u00e9sent\u00e9 par le dauphin Charles, la guerre civile s\u2019ajoutant alors \u00e0 la guerre \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Chose lamentable et vraiment honteuse\u00a0! Le roi lui-m\u00eame, au retour de sa captivit\u00e9, a trouv\u00e9 des emp\u00eachements pour rentrer dans sa capitale ainsi que son fils\u00a0; il a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de traiter avec ces brigands pour voyager plus s\u00fbrement \u00e0 travers ses possessions.\u00a0\u00bb<span id=\"304\" class=\"cit-num\">304<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">P\u00c9TRARQUE<\/span> (1304-1374), <em>Histoire de Bertrand Du Guesclin et de son \u00e9poque<\/em> (1882), Simon Luce<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le grand po\u00e8te florentin s\u2019indigne, dans une lettre parlant du roi Jean <span class=\"caps\">II<\/span> le Bon.<\/p>\n<p>En vertu du trait\u00e9 de Br\u00e9tigny (8 mai 1360) sign\u00e9 entre les rois de France et d\u2019Angleterre, \u00c9douard <span class=\"caps\">III<\/span> renonce \u00e0 ses vis\u00e9es sur la Couronne, mais conserve une grande partie de ses conqu\u00eates en France\u00a0: Guyenne, Gascogne, Poitou, Aunis, Limousin, Agenais, Rouergue. Jean le Bon est lib\u00e9r\u00e9 contre une ran\u00e7on de trois millions d\u2019\u00e9cus. Et pour arriver jusqu\u2019\u00e0 la capitale, le roi lui-m\u00eame doit traiter avec les bandits des Grandes Compagnies\u00a0!<\/p>\n<p>Le dauphin Charles, devenu roi en 1364, enverra contre elles son meilleur chef de guerre, Du Guesclin. Ce grand capitaine ne peut \u00eatre partout o\u00f9 elles s\u00e9vissent. Alors, tr\u00e8s habilement, il les rassemble et prend leur t\u00eate en 1365, pour les conduire en Espagne sous pr\u00e9texte de combattre les Maures. Quand elles en reviennent pour ravager \u00e0 nouveau la France, villes et bourgades se sont fortifi\u00e9es et peuvent enfin leur r\u00e9sister.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.histoire-en-citations.fr\/boutique\/volume-1\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_1.png\" style=\"float: left\" width=\"250\" height=\"334\"><\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/www.histoire-en-citations.fr\/boutique\/volume-1\">Revivez toute l\u2019histoire dans notre livre\u00a0!<\/a><\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Le roi [Jean II le Bon] savait que la victoire \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 aux mains de ses ennemis. Il ne voulut pas, par une vile fuite, avilir la couronne et finalement poursuivit le combat.\u00a0\u00bb Matteo VILLANI (fin XIIIe si\u00e8cle-1363), Chronique (Trois Villani, n\u00e9s \u00e0 Florence, vont se relayer pour une interminable et fameuse \u00ab\u00a0Nuova Cronica\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Nouvelle [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":76,"footnotes":""},"categories":[1405],"tags":[],"class_list":["post-2226","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-avilir-chronique-citation-du-jour-combat-fuite-jean-ii-le-bon-matteo-villani-moyen-age-victoire-vile"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2226","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2226"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2226\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2229,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2226\/revisions\/2229"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2226"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2226"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2226"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}