{"id":5150,"date":"2017-10-01T00:00:00","date_gmt":"2017-09-30T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/21\/germaine-de-stael\/"},"modified":"2025-07-19T09:16:46","modified_gmt":"2025-07-19T07:16:46","slug":"germaine-de-stael","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/germaine-de-stael\/","title":{"rendered":"Germaine de Sta\u00ebl"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/germaine_de_stael_citations.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"400\" height=\"522\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans une r\u00e9volution, le parti qui soutient les opinions mod\u00e9r\u00e9es a plus besoin que tout autre de courage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), <em><span class=\"caps\">OE<\/span>uvres compl\u00e8tes de Madame la baronne de Sta\u00ebl<\/em> (1836)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La mod\u00e9ration fut rarement une vertu \u00e0 l\u2019honneur, sous la R\u00e9volution. Mais c\u2019est bien la fille de son p\u00e8re qui s\u2019exprime\u00a0: Jacques Necker, banquier suisse, en charge du minist\u00e8re des Finances pour la troisi\u00e8me fois, si populaire il y a encore un an, et toujours raisonnable dans sa gestion de la crise financi\u00e8re, se heurte \u00e0 la Constituante, et surtout \u00e0 Mirabeau qui souhaite financer le d\u00e9ficit par l\u2019\u00e9mission des assignats (papier-monnaie).<\/p>\n<p>Tomb\u00e9 en disgr\u00e2ce, il donne sa d\u00e9mission, le 3 septembre 1790. Retir\u00e9 au ch\u00e2teau de Coppet, il va d\u00e9sormais \u00e9crire pour justifier sa gestion depuis que Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> l\u2019a appel\u00e9 au gouvernement, et exposer ses id\u00e9es sur l\u2019administration des finances de la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9volution de France est une des grandes \u00e9poques de l\u2019ordre social. Ceux qui la consid\u00e8rent comme un \u00e9v\u00e9nement accidentel n\u2019ont port\u00e9 leurs regards ni dans le pass\u00e9 ni dans l\u2019avenir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), <em>Consid\u00e9rations sur les principaux \u00e9v\u00e9nements de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1818)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La fille de Necker (ministre de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>) se penche sur ce pass\u00e9 r\u00e9cent, avec n\u00e9anmoins un recul dans le temps \u2013 les \u00ab\u00a0ann\u00e9es Napol\u00e9on\u00a0\u00bb furent une autre \u00e9preuve pour cette femme de t\u00eate et de coeur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En France, on ne permet qu\u2019aux \u00e9v\u00e9nements de voter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), <em>Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la R\u00e9volution et les principes qui doivent fonder la R\u00e9publique en France<\/em> (posthume, 1906)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Adage d\u2019un homme d\u2019esprit qu\u2019elle rapporte pour le conjurer, dans cet ouvrage \u00e9crit en 1798, et dont le titre est tout un programme. Un an apr\u00e8s, le coup d\u2019\u00c9tat de Bonaparte va balayer la r\u00e9forme constitutionnelle et l\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs que la fille de Necker et \u00e9l\u00e8ve des philosophes appelait de ses voeux\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une nation n\u2019a de caract\u00e8re que lorsqu\u2019elle est libre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), <em>De la litt\u00e9rature consid\u00e9r\u00e9e dans ses rapports avec les institutions sociales<\/em> (1800)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille du banquier suisse Necker (ministre de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>), c\u2019est l\u2019une des rares voix qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve cette ann\u00e9e-l\u00e0 pour oser d\u00e9noncer le pouvoir de plus en plus absolu du futur empereur. \u00c9pouse de l\u2019ambassadeur de Su\u00e8de en France (Erik Magnus de Sta\u00ebl-Holstein), Mme de Sta\u00ebl, fervente lectrice de Rousseau, fut d\u2019abord favorable \u00e0 la R\u00e9volution. Mais elle ne lui pardonne pas la mort du roi, moins encore celle de la reine, et la Terreur. Apr\u00e8s trois ans d\u2019exil, elle revient \u00e0 Paris pleine d\u2019espoir et impressionn\u00e9e par le nouveau h\u00e9ros, ce g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte qui va redonner vie \u00e0 l\u2019id\u00e9al r\u00e9volutionnaire de 1789. Le coup d\u2019\u00c9tat du 18 Brumaire et la Constitution de l\u2019an <span class=\"caps\">VIII<\/span> lui \u00f4tent toutes ses illusions.<\/p>\n<p>Elle le dit, elle l\u2019\u00e9crit, elle se fait d\u00e9tester par le grand homme, par ailleurs misogyne, supportant mal l\u2019intelligence et la libre expression d\u2019une femme. D\u2019o\u00f9 son nouvel exil \u2013 dor\u00e9, en Suisse, \u00e0 Coppet sur les bords du lac L\u00e9man, dans le ch\u00e2teau de famille, aupr\u00e8s de son p\u00e8re.<\/p>\n<p>Retir\u00e9 de la politique depuis 1790, le septuag\u00e9naire est moins s\u00e9v\u00e8re, dans ses Derni\u00e8res vues de politique et de finances (1802)\u00a0: \u00ab\u00a0Une suite d\u2019\u00e9v\u00e9nements sans pareils ont fait de la France un monde nouveau.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bonaparte, tr\u00e8s en col\u00e8re de l\u2019impassibilit\u00e9 de Paris, a dit \u00e0 ses courtisans r\u00e9unis\u00a0: \u201cQue leur faut-il donc\u00a0?\u201d Et personne ne s\u2019est lev\u00e9 pour lui dire\u00a0: \u201cLa libert\u00e9, citoyen consul, la libert\u00e9\u00a0!\u201d\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817). <em>Lettres in\u00e9dites de Mme de Sta\u00ebl \u00e0 Henri Meister<\/em> (posthume, 1903)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est \u00e9videmment le genre de v\u00e9rit\u00e9 que le \u00ab\u00a0citoyen consul\u00a0\u00bb et futur empereur ne saurait entendre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voici le second pas fait vers la royaut\u00e9. Je crains que cet homme ne soit comme les dieux d\u2019Hom\u00e8re, qu\u2019au troisi\u00e8me acte il n\u2019atteigne l\u2019Olympe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), jugeant l\u2019irr\u00e9sistible ascension du Premier Consul. <em>Bonaparte<\/em> (1977), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9crivain reconnu et opposante r\u00e9solue, elle ironise en ces termes quand le 15 ao\u00fbt \u2013 anniversaire de Bonaparte, n\u00e9 sous le signe astral du lion \u2013 devient jour de f\u00eate nationale. Le pr\u00e9nom de Napol\u00e9on s\u2019inscrit d\u00e9j\u00e0 sur des pi\u00e8ces de monnaie. Et le s\u00e9natus-consulte du 4 ao\u00fbt 1802, appel\u00e9 Constitution de l\u2019an X, augmente encore les pouvoirs du Premier Consul \u00e0 vie, au d\u00e9triment du l\u00e9gislatif.<\/p>\n<p>Un agent du comte de Provence (futur Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>) constate\u00a0: \u00ab\u00a0Bonaparte continue \u00e0 r\u00e9gner avec une pl\u00e9nitude de pouvoirs que ne d\u00e9ploy\u00e8rent jamais nos rois.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9cris au ministre de la Police d\u2019en finir avec cette folle de Mme de Sta\u00ebl, et de ne pas souffrir qu\u2019elle sorte de Gen\u00e8ve, \u00e0 moins qu\u2019elle ne veuille aller \u00e0 l\u2019\u00e9tranger faire des libelles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Regnault de Saint-Jean-d\u2019Ang\u00e9ly, procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Haute Cour, 20 avril 1807. <em>Les Opposants \u00e0 Napol\u00e9on\u00a0: l\u2019\u00e9limination des royalistes et des r\u00e9publicains, 1800-1815<\/em> (2003), G\u00e9rard Minart<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on est de plus en plus irrit\u00e9 par cette femme qui le hait d\u2019autant plus qu\u2019elle voulut se faire aimer de lui, jadis\u00a0: les deux plus grands g\u00e9nies du si\u00e8cle, lui l\u2019homme et elle la femme, n\u2019\u00e9taient-ils pas faits pour cela, pensait-elle\u00a0! Ce n\u2019\u00e9tait certainement pas le genre de ma\u00eetresse qu\u2019il recherchait.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute l\u2019\u00e9ducation publique a pris un caract\u00e8re militaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817),<em> Dix ann\u00e9es d\u2019exil<\/em> (posthume, 1966)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 25 novembre 1811, un d\u00e9cret ach\u00e8ve d\u2019organiser l\u2019Universit\u00e9 de France. Napol\u00e9on a surtout veill\u00e9 sur le secondaire \u2013 il aurait m\u00eame voulu imposer le c\u00e9libat aux professeurs\u00a0! \u00c9tudes men\u00e9es au son du tambour, de 5 heures 30 du matin \u00e0 8 heures 45 du soir (exemple du lyc\u00e9e de Limoges).<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0Dans une r\u00e9volution, le parti qui soutient les opinions mod\u00e9r\u00e9es a plus besoin que tout autre de courage.\u00a0\u00bb Mme de STA\u00cbL (1766-1817), OEuvres compl\u00e8tes de Madame la baronne de Sta\u00ebl (1836) La mod\u00e9ration fut rarement une vertu \u00e0 l\u2019honneur, sous la R\u00e9volution. 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