{"id":7077,"date":"2019-01-30T00:00:00","date_gmt":"2019-01-29T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lacombe-etienne-marcel-est-le-premier-bourgeois-de-de-paris-qui-ait-ose-proclamer-le-principe-de-la-souverainete-du-peuple\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:47","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:47","slug":"lacombe-etienne-marcel-est-le-premier-bourgeois-de-de-paris-qui-ait-ose-proclamer-le-principe-de-la-souverainete-du-peuple","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lacombe-etienne-marcel-est-le-premier-bourgeois-de-de-paris-qui-ait-ose-proclamer-le-principe-de-la-souverainete-du-peuple\/","title":{"rendered":"Lacombe : \u00ab \u00c9tienne Marcel [est] le premier bourgeois de de Paris qui ait os\u00e9 proclamer le principe de la souverainet\u00e9 du peuple&#8230;\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p class=\"chapeau\">\u00a0<\/p>\n<p class=\"chapeau\"><strong>La guerre avec l\u2019Angleterre \u00e9puise le pays, Charles V le Sage et du Guesclin le sauvent, avant Charles <span class=\"caps\">VI<\/span> le Fou et la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.<\/strong><\/p>\n<div class=\"encart\">\n<p class=\"chapeau\">Paris se soul\u00e8ve avec son maire Etienne Marcel en 1358, les Jacques (paysans) se r\u00e9voltent contre les imp\u00f4ts (gabelle, taille) qui financent la guerre et les lourdes ran\u00e7ons. Charles V le Sage, sacr\u00e9 en 1364, r\u00e9tablit l\u2019autorit\u00e9 royale et du Guesclin, capitaine breton promu Conn\u00e9table, chasse l\u2019ennemi anglais de presque tout le territoire. <\/p>\n<p>H\u00e9las\u00a0! Charles <span class=\"caps\">VI<\/span>, le nouveau roi, est un enfant, bient\u00f4t un fou (aim\u00e9 du peuple). Son fr\u00e8re Louis d\u2019Orl\u00e9ans et son cousin le duc de Bourgogne veulent gouverner. Leur rivalit\u00e9 d\u00e9clenche la guerre civile, Armagnacs contre Bourguignons \u2013 lesquels s\u2019allient aux Anglais qui ont \u00e9cras\u00e9 les Fran\u00e7ais \u00e0 Azincourt (1415). <\/p>\n<p>La reine Isabeau de Bavi\u00e8re se conduit en m\u00e8re, femme et r\u00e9gente indigne. Par le trait\u00e9 de Troyes (1420), elle donne le royaume de France au fils du roi d\u2019Angleterre, d\u00e9sh\u00e9ritant son propre fils, le dauphin Charles.<\/p>\n<\/div>\n<p><em>Les commentaires sont all\u00e9g\u00e9s, les coupes signal\u00e9es (\u2026) <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\" target=\"_blank\">Retrouvez l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 dans nos Chroniques de l\u2019Histoire en citations<\/a>.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation citation-small\"><span class=\"enonce\">\u00ab\u00a0\u00c9tienne Marcel [est] le premier bourgeois de Paris qui ait os\u00e9 proclamer le principe de la souverainet\u00e9 du peuple au milieu du <span class=\"caps\">XIV<\/span><sup>e<\/sup>\u00a0si\u00e8cle [\u2026] Aussi les Parisiens font-ils remonter jusqu\u2019\u00e0 lui la longue histoire de leurs r\u00e9volutions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"299\" class=\"cit-num\">299<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span data-href=\"\/auteurs\/francis-lacombe\"><span class=\"author\"><span class=\"surname\">Francis <\/span><span class=\"name\"><span class=\"caps\">LACOMBE<\/span><\/span><\/span><\/span> (1817-1867), <cite>Histoire de la bourgeoisie de Paris depuis son origine jusqu\u2019\u00e0 nos jours<\/cite> (1851)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9tienne Marcel est \u00e0 l\u2019origine de la premi\u00e8re \u00ab\u00a0Charte\u00a0\u00bb arrach\u00e9e par la bourgeoisie \u00e0 l\u2019arbitraire monarchique, sous forme de Grande Ordonnance limitant le pouvoir royal. Pr\u00e9v\u00f4t des marchands de Paris (maire), il joue un r\u00f4le consid\u00e9rable aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux de\u00a01355 et\u00a01357 (\u2026) Cette \u00ab\u00a0r\u00e9volution l\u00e9gale\u00a0\u00bb \u00e9choue. Il va tenter une r\u00e9volution urbaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ceux que nous avons tu\u00e9s \u00e9taient faux, mauvais et tra\u00eetres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"300\" class=\"cit-num\">300<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9tienne <span class=\"caps\">MARCEL<\/span> (vers 1316-1358), 22\u00a0f\u00e9vrier 1358 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il vient de faire assassiner devant le dauphin ses deux conseillers, les mar\u00e9chaux de Champagne et de Normandie. Paris acclame son pr\u00e9v\u00f4t\u00a0: c\u2019est la premi\u00e8re journ\u00e9e r\u00e9volutionnaire parisienne de l\u2019histoire (\u2026) La gauche encensera cet anc\u00eatre des r\u00e9volutionnaires \u00ab\u00a0plein de patriotisme\u00a0\u00bb (\u2026) alors que la droite en fait \u00ab\u00a0un \u00e9meutier, un assassin et un tra\u00eetre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 ceux qui travaillaient la terre, \/ La terre doit appartenir,<br>R\u00e9compense \u00e0 la vie aust\u00e8re \/ D\u2019un illustre peuple martyr\u00a0:<br>Et de baraques en baraques \/ Se lev\u00e8rent les paysans,<br>Les va-nu-pieds, les artisans, \/ Les rudes gars qu\u2019on nommait Jacques.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"301\" class=\"cit-num\">301<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">VACHER<\/span> (1842-1897), chanson \u00e9voquant la Jacquerie de 1358. <em>Voix d\u2019en bas\u00a0: la po\u00e9sie ouvri\u00e8re du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle<\/em> (1979), Edmond Thomas<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u2026) Les paysans ont d\u00e9j\u00e0 d\u00fb payer l\u2019\u00e9quipement de leurs seigneurs qui se firent battre \u00e0 Cr\u00e9cy, puis \u00e0 Poitiers. Il faut \u00e0 pr\u00e9sent donner pour leur ran\u00e7on. D\u00e9cim\u00e9s il y a dix ans par la peste noire et la famine, les voil\u00e0 maintenant pill\u00e9s par les bandes anglo-navarraises, comme par les soldats du dauphin Charles.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Plusieurs menues gens de Beauvaisis [\u2026] s\u2019assembl\u00e8rent par mouvements mauvais [\u2026] et chaque jour croissaient en nombre et tuaient tous gentilshommes et gentilles femmes qu\u2019ils trouvaient et plusieurs enfants. Et abattaient ou ardaient toutes maisons de gentilshommes qu\u2019ils trouvaient, tant forteresses qu\u2019autres maisons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"302\" class=\"cit-num\">302<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Grandes Chroniques de France<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Grande Jacquerie \u00e9clate le 28\u00a0mai 1358 \u00e0 Saint-Leu d\u2019Esserent (actuel d\u00e9partement de l\u2019Oise). R\u00e9volte spontan\u00e9e\u00a0: c\u2019est la col\u00e8re du petit peuple (paysans, artisans, bas clerg\u00e9) qui supporte presque tout le poids des mis\u00e8res de la guerre. Soutenue au d\u00e9but par \u00c9tienne Marcel, elle sera \u00e9cras\u00e9e par une arm\u00e9e de Charles le Mauvais (roi de Navarre).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0[Ils] pillent, ardent, ran\u00e7onnent, destruent tout le pays, mettent \u00e0 mort et tiennent prisonniers tous les hommes et ravissent et d\u00e9shonorent toutes les femmes qu\u2019ils peuvent trouver.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"303\" class=\"cit-num\">303<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Chroniques du Laonnois, <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00eames \u00e9v\u00e9nements et t\u00e9moignages comparables un peu partout en France. Les mercenaires recrut\u00e9s par les bellig\u00e9rants constituent des bandes solidement arm\u00e9es, qui refusent de se dissoudre en cas de tr\u00eave ou de paix et forment les Grandes Compagnies. (\u2026) Brigandage d\u2019une cruaut\u00e9 et d\u2019une rapacit\u00e9 sans bornes, l\u2019un des pires fl\u00e9aux du Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Chose lamentable et vraiment honteuse\u00a0! Le roi lui-m\u00eame, au retour de sa captivit\u00e9, a trouv\u00e9 des emp\u00eachements pour rentrer dans sa capitale ainsi que son fils\u00a0; il a \u00e9t\u00e9 forc\u00e9 de traiter avec ces brigands pour voyager plus s\u00fbrement \u00e0 travers ses possessions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"304\" class=\"cit-num\">304<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">P\u00c9TRARQUE<\/span> (1304-1374), <em>Histoire de Bertrand Du Guesclin et de son \u00e9poque<\/em> (1882), Simon Luce<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le grand po\u00e8te florentin s\u2019indigne, dans une lettre parlant du roi Jean <span class=\"caps\">II<\/span> le Bon (\u2026) lib\u00e9r\u00e9 contre une ran\u00e7on de trois millions d\u2019\u00e9cus. Pour arriver jusqu\u2019\u00e0 la capitale, le roi lui-m\u00eame doit traiter avec les bandits des Grandes Compagnies\u00a0! Le dauphin Charles, devenu roi en 1364, enverra contre elles son meilleur chef de guerre, Du Guesclin (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous avouerons les Anglais des l\u00e8vres, mais le c\u0153ur ne s\u2019en mouvra jamais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"305\" class=\"cit-num\">305<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Les \u00c9chevins de La\u00a0Rochelle, juillet\u00a01360. <em>Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apprenant les clauses du trait\u00e9 de Br\u00e9tigny qui abandonne au roi d\u2019Angleterre \u2013 entre autres terres \u2013 l\u2019Aunis et sa capitale La\u00a0Rochelle. Ratifi\u00e9 en octobre\u00a01360 \u00e0 Calais, le trait\u00e9 met fin \u00e0 la premi\u00e8re \u00ab\u00a0manche\u00a0\u00bb de la guerre de Cent Ans (\u2026) La cession ne se fait pas sans mal et sans pleurs des habitants (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le jeune roi \u00e9tait n\u00e9 vieux. Il avait de bonne heure beaucoup vu, beaucoup souffert. De sa personne, il \u00e9tait faible et malade. Tel royaume, tel roi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"306\" class=\"cit-num\">306<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874),<em> Histoire de France<\/em>, tome <span class=\"caps\">III<\/span> (1837)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jean <span class=\"caps\">II<\/span> le Bon meurt le 8\u00a0avril 1364 \u00e0 Londres o\u00f9 il s\u2019est rendu pour prendre la place de son fils Louis d\u2019Anjou \u2013 otage des Anglais au terme du trait\u00e9 de paix de Br\u00e9tigny, le roi s\u2019\u00e9tait enfui, violant son serment. Malgr\u00e9 sa constitution fragile, le futur Charles\u00a0V a fait preuve lors de sa r\u00e9gence d\u2019un grand sens politique, face \u00e0 \u00c9tienne Marcel (\u2026) et aux Anglais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les clercs qui ont sagesse, on ne peut trop honorer, et tant que sagesse sera honor\u00e9e en ce royaume, il continuera \u00e0 prosp\u00e9rit\u00e9, mais quand d\u00e9bout\u00e9e y sera, il d\u00e9cherra.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"307\" class=\"cit-num\">307<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> V le Sage (1338-1380). <em>Livre des faits et bonnes m\u0153urs du sage roi Charles le Quint<\/em>, Christine de Pisan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u2026) Port\u00e9 sur les choses de l\u2019esprit, diff\u00e9rent en cela de son p\u00e8re Jean <span class=\"caps\">II<\/span> le Bon et de la plupart des chevaliers de l\u2019\u00e9poque. Passionn\u00e9 de philosophie et de science, d\u2019astrologie, m\u00e9decine et math\u00e9matique, il prot\u00e8ge l\u2019Universit\u00e9 de Paris et cr\u00e9e une grande \u00ab\u00a0librairie\u00a0\u00bb, anc\u00eatre de notre Biblioth\u00e8que Nationale, d\u2019o\u00f9 son surnom de Sage (savant).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La journ\u00e9e est n\u00f4tre, mes amis\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"308\" class=\"cit-num\">308<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bertrand <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">GUESCLIN<\/span> (1320-1380), Cocherel, 16\u00a0mai 1364.<em> Chronique de Charles le Mauvais<\/em> (1963), Fran\u00e7ois Pi\u00e9tri<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La guerre a repris, apr\u00e8s quatre ans de tr\u00eave, suite au trait\u00e9 de Br\u00e9tigny qui a (\u2026) laiss\u00e9 aux Anglais un tiers de la France. Les Fran\u00e7ais ont d\u00e9sormais dans leur rang un vaillant capitaine\u00a0: Du Guesclin, 45\u00a0ans (\u2026) adopte une nouvelle tactique de harc\u00e8lement, contraignant l\u2019ennemi \u00e0 un corps \u00e0 corps o\u00f9 les archers anglais deviennent inutiles.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi leva les mains au ciel et rendit gr\u00e2ce \u00e0 Dieu de la bonne victoire qu\u2019Il lui avait donn\u00e9e. \u00c0 Reims, o\u00f9 on craignait une d\u00e9faite, ce fut un indescriptible enthousiasme quand un h\u00e9raut annon\u00e7a la nouvelle.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"309\" class=\"cit-num\">309<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Christine de <span class=\"caps\">PISAN<\/span> (vers 1364-vers 1430), <em>Livre des faits et bonnes m\u0153urs du sage roi Charles le Quint<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Charles\u00a0V est \u00e0 Reims pour son sacre, le 19\u00a0mai 1364, quand il apprend la victoire remport\u00e9e sur les Anglais par son capitaine Du Guesclin. Charles le Mauvais signe le trait\u00e9 de Vernon (mai\u00a01365) et d\u00e9sormais, il ne s\u2019occupera plus que de son royaume de Navarre. Mais la guerre continue avec les Anglais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019y a fileuse en France qui sache fil filer, qui ne gagn\u00e2t ainsi ma fiance \u00e0 filer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"310\" class=\"cit-num\">310<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bertrand <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">GUESCLIN<\/span> (1320-1380), au prince de Galles qui l\u2019a fait prisonnier \u00e0 N\u00e1jera, le 3\u00a0avril 1367 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 la demande du roi, Du Guesclin (\u2026) a emmen\u00e9 quelques Grandes Compagnies qui ravageaient la France et les a mises au service du nouveau roi de Castille. Mais son rival, Pierre le Cruel, soutenu par les Anglais, reprend le combat (\u2026) Charles\u00a0V tient \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer son pr\u00e9cieux capitaine, lib\u00e9r\u00e9 apr\u00e8s r\u00e8glement d\u2019une partie de la somme (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cher sire et noble roi [\u2026] je suis un pauvre homme de modeste origine, et l\u2019office de conn\u00e9table est si haut et si noble qu\u2019il faut, si l\u2019on veut bien s\u2019en acquitter, exercer et \u00e9tablir son autorit\u00e9 tr\u00e8s avant, et plut\u00f4t sur les grands que sur les petits. Et voici mes seigneurs vos fr\u00e8res, vos neveux et vos cousins [\u2026] Comment oserai-je \u00e9tendre sur eux mon commandement\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"311\" class=\"cit-num\">311<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bertrand <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">GUESCLIN<\/span> (1320-1380), au roi Charles\u00a0V, 2\u00a0octobre 1370. <em>Chroniques<\/em>, Jean Froissart<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Simple gentilhomme, \u00e9lev\u00e9 par le roi \u00e0 la fonction de chambellan, il craint de ne pouvoir se faire ob\u00e9ir des hauts barons du royaume (\u2026) Du Guesclin va justifier la confiance du roi, reconqu\u00e9rant m\u00e9thodiquement sur les Anglais et leurs alli\u00e9s la majeure partie du pays\u00a0(\u2026) Il refusera seulement de porter \u00e0 nouveau la guerre en Bretagne, sa province natale (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui les aurait ouverts, ainsi qu\u2019un porc lard\u00e9,<br>On aurait en leur c\u0153ur la fleur de lys trouv\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"312\" class=\"cit-num\">312<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">CUVELIER<\/span> (<span class=\"caps\">XIV<\/span>e si\u00e8cle), <em>Chronique de Bertrand Du Guesclin<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le m\u00e9nestrel de Charles\u00a0V parle ici des habitants de Poitiers, lors de l\u2019entr\u00e9e triomphale du conn\u00e9table de France, dans cette cit\u00e9 reconquise sur les Anglais, le 7\u00a0ao\u00fbt 1372. Le sentiment national s\u2019exprime de plus en plus souvent, dans notre pays en guerre et surtout occup\u00e9, mais peu \u00e0 peu lib\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mieux vaut pays pill\u00e9 que terre perdue.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"313\" class=\"cit-num\">313<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bertrand <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">GUESCLIN<\/span> (1320-1380), \u00e0 Charles\u00a0V le Sage (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u2026) Il sait les Anglais sup\u00e9rieurs en nombre et \u00e9vite les grandes batailles co\u00fbteuses en hommes. Il pr\u00e9f\u00e8re harceler l\u2019ennemi et laissera plusieurs fois les Anglais incendier r\u00e9coltes et villages, pour tenir simplement villes et ch\u00e2teaux en Normandie, Bretagne, Poitou. L\u2019ennemi, dans une marche \u00e9puisante et vaine, peut perdre en quelques mois la moiti\u00e9 de ses hommes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne regrette en mourant que de n\u2019avoir pas chass\u00e9 tout \u00e0 fait les Anglais du royaume comme je l\u2019avais esp\u00e9r\u00e9\u00a0; Dieu en a r\u00e9serv\u00e9 la gloire \u00e0 quelque autre qui en sera plus digne que moi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"314\" class=\"cit-num\">314<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bertrand <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">GUESCLIN<\/span> (1320-1380), son mot de la fin, le 13\u00a0juillet 1380.<em> Histoire de Bertrand du Guesclin<\/em> (1787), Guyard de Berville<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le conn\u00e9table assi\u00e9ge la place forte de Ch\u00e2teauneuf-de-Randon (Loz\u00e8re). Victime d\u2019une congestion brutale, il remet son \u00e9p\u00e9e au mar\u00e9chal de Sancerre, pour qu\u2019il la rende au roi dont il demeure \u00ab\u00a0serviteur et le plus humble de tous\u00a0\u00bb (\u2026) Le gouverneur anglais de la ville avait dit qu\u2019il ne se rendrait qu\u2019\u00e0 lui\u00a0: il d\u00e9posera les clefs de la cit\u00e9, sur son cercueil (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vainqueur de gens et conqu\u00e9reur de terre, le plus vaillant qui onques fut en vie,<br>Chacun pour vous doit noir v\u00eatir et querre [chercher].<br>Pleurez, pleurez, fleur de la chevalerie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"315\" class=\"cit-num\">315<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eustache <span class=\"caps\">DESCHAMPS<\/span> (vers 1346-vers 1406),<em> Ballade sur le tr\u00e9pas de Bertrand Du Guesclin<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Capitaine puis conn\u00e9table, ce guerrier incarna le sentiment patriotique naissant. D\u2019une laideur remarquable et d\u2019une brutalit\u00e9 qui fit la honte de sa famille, il gagna le respect de la noblesse, par son courage, sa force et sa ruse, pour devenir le type du parfait chevalier, h\u00e9ros populaire dont po\u00e8mes et chansons c\u00e9l\u00e8brent les hauts faits (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Au temps du tr\u00e9passement du feu roi Charles\u00a0V, l\u2019an 1380, les choses en ce royaume \u00e9taient en bonne disposition [\u2026] Paix et justice r\u00e9gnaient. N\u2019y avait fait obstacle sinon l\u2019ancienne haine des Anglais [\u2026] comme enrag\u00e9s des pertes qu\u2019ils avaient faites, qui leur semblaient irr\u00e9cup\u00e9rables.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"316\" class=\"cit-num\">316<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">JUV\u00c9NAL<\/span> (ou Jouvenel) des <span class=\"caps\">URSINS<\/span> (1350-1431), <em>Chronique de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi suit son conn\u00e9table dans la tombe\u00a0: il meurt le 16\u00a0septembre 1380. Sous son r\u00e8gne, la France malade des guerres civiles et \u00e9trang\u00e8res, des \u00e9pid\u00e9mies et des famines, s\u2019est enfin relev\u00e9e. On doit au roi une r\u00e9organisation de l\u2019arm\u00e9e dont les soldes sont pay\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement, gr\u00e2ce \u00e0 des imp\u00f4ts devenus permanents (fouages, aides, gabelles) (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive le roi de France\u00a0! Montjoie Saint-Denis\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"317\" class=\"cit-num\">317<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cris de joie du peuple, 14\u00a0novembre 1380 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span>, sacr\u00e9 \u00e0 Reims le 4\u00a0novembre, n\u2019a que 12\u00a0ans et la r\u00e9gence est assur\u00e9e par ses quatre oncles. Le peuple a appris la suppression des fouages et des des aides (imp\u00f4ts) (\u2026) Explosion de joie\u00a0!!! Mais la guerre continue (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Roi, ne chevauche plus avant, mais retourne, car tu es trahi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"318\" class=\"cit-num\">318<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Homme apostrophant le roi, 4\u00a0ao\u00fbt 1392. <em>Chroniques<\/em>, Jean Froissart<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u2026) Un homme lui appara\u00eet, l\u00e9preux en haillons, hurlant cette terrible mise en garde (\u2026) Il se rue sur son escorte qui fuit, tue n\u00e9anmoins quatre hommes (\u2026) D\u00e9sespoir si grand des \u00ab\u00a0crimes\u00a0\u00bb commis par lui durant cette sc\u00e8ne qu\u2019il ne s\u2019en remit jamais (\u2026) Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> surnomm\u00e9 le Fou ou le Fol, mais aussi le Bien-Aim\u00e9, par son peuple qui l\u2019eut toujours en piti\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis le duc d\u2019Orl\u00e9ans.\u00a0\u00bb Et aucuns d\u2019iceux en frappant sur lui, r\u00e9pondirent\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est ce que nous demandons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"319\" class=\"cit-num\">319<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Dialogue entre le duc Louis d\u2019<span class=\"caps\">ORL\u00c9ANS<\/span> (1372-1407) et ses assassins, le 23\u00a0novembre 1407 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> n\u2019a plus que de rares \u00e9clairs de conscience (\u2026) 23\u00a0novembre\u00a01407, 18 hommes au service de Jean sans Peur se jettent sur le duc d\u2019Orl\u00e9ans (r\u00e9gent et amant de la reine). Ils le tuent sauvagement\u00a0: tyrannicide salutaire contre celui qui exer\u00e7ait \u00ab\u00a0seigneurie \u00e0 son propre et singulier profit\u00a0\u00bb, plaide Jehan Petit, faisant l\u2019apologie publique de ce meurtre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rien ne m\u2019est plus, plus ne m\u2019est rien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"320\" class=\"cit-num\">320<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Valentine <span class=\"caps\">VISCONTI<\/span> (1368-1408), duchesse d\u2019Orl\u00e9ans, janvier\u00a01408. Sa devise (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle a vainement demand\u00e9 justice aupr\u00e8s du roi, suite \u00e0 l\u2019assassinat de son mari. Elle prend cette triste devise inscrite sur la dalle mortuaire et va sans fin se recueillir devant le gisant du duc. Elle mourra l\u2019ann\u00e9e suivante. Mais auparavant, la veuve et son fils Charles d\u2019Orl\u00e9ans veulent venger cette mort (\u2026) D\u2019o\u00f9 la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 coup s\u00fbr, on n\u2019avait pas plus de piti\u00e9 \u00e0 tuer ces gens-l\u00e0 que des chiens. On disait\u00a0: c\u2019est un Armagnac\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"321\" class=\"cit-num\">321<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Journal d\u2019un bourgeois de Paris<\/em> (chronique anonyme des ann\u00e9es 1405 \u00e0 1449)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ann\u00e9e 1410. Dans Paris, les Bourguignons ont le pouvoir et Jean sans Peur tient le roi, inspire ses d\u00e9cisions et peuple le Conseil de ses cr\u00e9atures (\u2026) Cependant que Charles d\u2019Orl\u00e9ans rallie \u00e0 sa cause les ducs de Berry, Bourbon, Bretagne, contre Jean sans Peur\u00a0: ainsi grandit le parti des Armagnacs. Chaque parti se pr\u00e9tend au service du roi et du bien public.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La mis\u00e9rable face du royaume a perdu son honneur et sa majest\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"322\" class=\"cit-num\">322<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">COURTECUISSE<\/span> (1350-1422), s\u2019adressant au roi dans son sermon sur la Nativit\u00e9, 23\u00a0mai 1413 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chancelier de l\u2019Universit\u00e9 de Paris, surnomm\u00e9 Docteur Sublime pour son art oratoire, dit la grande mis\u00e8re du royaume de France, plus que jamais divis\u00e9 entre Armagnacs et Bourguignons (\u2026) Situation d\u2019autant plus grave que chaque clan appelle tour \u00e0 tour au secours l\u2019ennemi anglais, trop heureux de se m\u00ealer des affaires de la France\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les archers d\u2019Angleterre, l\u00e9g\u00e8rement arm\u00e9s, frappaient et abattaient les Fran\u00e7ais \u00e0 tas, et semblaient que ce fussent enclumes sur quoi ils frappassent [\u2026] et churent les nobles fran\u00e7ais les uns sur les autres, plusieurs y furent \u00e9touff\u00e9s et les autres morts ou pris.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"323\" class=\"cit-num\">323<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">JUV\u00c9NAL<\/span> (ou Jouvenel) des <span class=\"caps\">URSINS<\/span> (1350-1431), <em>Chronique de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Henri\u00a0V d\u2019Angleterre d\u00e9barque pr\u00e8s de l\u2019embouchure de la Seine, en ao\u00fbt\u00a01415. Le 25\u00a0octobre, Anglais et Fran\u00e7ais s\u2019affrontent \u00e0 Azincourt. Les chevaliers fran\u00e7ais, emp\u00eatr\u00e9s dans des armures pesant plus de 20\u00a0kg, sont une fois encore d\u00e9cim\u00e9s par les archers anglais (\u2026) La seconde p\u00e9riode de la guerre de Cent Ans d\u00e9bute mal (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le royaume de France est une nef qui menace de sombrer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"324\" class=\"cit-num\">324<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">COURTECUISSE<\/span> (1350-1422), pr\u00eache \u00e0 Notre-Dame, 22\u00a0janvier 1416<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9v\u00eaque de Paris, il r\u00e9sume le drame du pays. Chevalerie d\u00e9faite \u00e0 Azincourt, royaume frapp\u00e9 \u00ab\u00a0au chef\u00a0\u00bb, avec Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> le Fou (\u2026) une reine d\u00e9test\u00e9e, ambitieuse et d\u00e9bauch\u00e9e, Isabeau de Bavi\u00e8re. Le roi d\u2019Angleterre vise la couronne de France, occupe un quart du territoire, anglicise des villes conquises (\u2026) et la guerre civile continue (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quelque guerre qu\u2019il y e\u00fbt, temp\u00eates et tribulations, les dames et demoiselles menaient grands et excessifs \u00e9bats.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"325\" class=\"cit-num\">325<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">JUV\u00c9NAL<\/span> (ou Jouvenel) des <span class=\"caps\">URSINS<\/span> (1350-1431),<em> Chronique de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u2026) Isabeau de Bavi\u00e8re (pass\u00e9e dans le camp des Bourguignons) se comporte moins en reine de France qu\u2019en courtisane grecque ou imp\u00e9ratrice romaine. Pour ses d\u00e9bauches, le peuple la surnomme \u00ab\u00a0la grande gaupe (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mettez-vous la main \u00e0 votre \u00e9p\u00e9e en la pr\u00e9sence de Monseigneur le dauphin\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"326\" class=\"cit-num\">326<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBERT<\/span> de Loire (premi\u00e8re moiti\u00e9 du <span class=\"caps\">XV<\/span>e si\u00e8cle), au duc de Bourgogne, 10\u00a0septembre 1419 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le dauphin Charles, 16\u00a0ans (futur Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span>) et le duc de Bourgogne, Jean sans Peur, se rencontrent (\u2026) pour tenter une conciliation (\u2026) Le dialogue s\u2019envenime. Charles accuse le duc de manquer \u00e0 ses engagements (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, voici le trou par o\u00f9 les Anglais pass\u00e8rent en France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"327\" class=\"cit-num\">327<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paroles d\u2019un moine de Dijon \u00e0 Fran\u00e7ois\u00a0Ier. <em>Histoire de la France<\/em> (1947), Andr\u00e9 Maurois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le moine chartreux lui montre (un si\u00e8cle plus tard) le cr\u00e2ne trou\u00e9 de Jean sans Peur, duc de Bourgogne. C\u2019est peut-\u00eatre une l\u00e9gende, mais elle dit vrai\u00a0: ce meurtre a d\u00e9finitivement jet\u00e9 les Bourguignons dans le camp des Anglais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0D\u00e8s le temps o\u00f9 notre fils sera venu \u00e0 la couronne de France, les deux couronnes de France et d\u2019Angleterre demeurent \u00e0 toujours ensemble et r\u00e9unies sur la m\u00eame personne [\u2026] qui sera roi et seigneur souverain de l\u2019un et de l\u2019autre royaume\u00a0; mais gardant toutes les lois de chacun, et ne soumettant en aucune mani\u00e8re un des royaumes \u00e0 l\u2019autre, ni aux lois, droits, coutumes et usages de l\u2019autre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"328\" class=\"cit-num\">328<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Trait\u00e9 de Troyes entre la France et l\u2019Angleterre, 21\u00a0mai 1420<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Philippe le Bon, duc de Bourgogne (successeur de Jean sans Peur) et Isabeau de Bavi\u00e8re, reine de France, ont fait signer cet ahurissant trait\u00e9 au pauvre roi fou, Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span>. Et les \u00c9tats vont ratifier (\u2026) Ce trait\u00e9 livre la France aux Anglais (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais qui se trouvaient sous la domination anglaise s\u2019\u00e9taient, en effet, form\u00e9 cette opinion des Anglais [\u2026] qu\u2019ils ne recherchaient gu\u00e8re le profit du pays et la tranquillit\u00e9 de leurs sujets [\u2026] Mais que plut\u00f4t par cette haine inv\u00e9t\u00e9r\u00e9e et pour ainsi dire inn\u00e9e qu\u2019ils avaient des Fran\u00e7ais, ils voulaient les accabler et les faire p\u00e9rir sous le poids des mis\u00e8res.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"329\" class=\"cit-num\">329<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas <span class=\"caps\">BASIN<\/span> (1412-1491), <em>Histoire de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> et de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Voil\u00e0 pourquoi les Fran\u00e7ais n\u2019ont cess\u00e9 de combattre les Anglais sous le dauphin Charles (\u2026) Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ces \u00ab\u00a0r\u00e9sistants\u00a0\u00bb, il y a des \u00ab\u00a0collaborateurs\u00a0\u00bb cherchant avant tout \u00e0 sauver leurs biens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En ces temps, \u00e9taient les loups si affam\u00e9s qu\u2019ils entraient de nuit dans les bonnes villes et passaient souvent la rivi\u00e8re de Seine et aux cimeti\u00e8res qui \u00e9taient aux champs, aussit\u00f4t qu\u2019on avait enterr\u00e9 les corps, ils venaient la nuit et les d\u00e9terraient et mangeaient.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"330\" class=\"cit-num\">330<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Journal d\u2019un bourgeois de Paris<\/em> (chronique anonyme des ann\u00e9es 1405 \u00e0 1449)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Hiver 1421-1422 (\u2026) C\u2019est la \u00ab\u00a0France anglaise\u00a0\u00bb qui demeure la plus pauvre\u00a0: Normandie occup\u00e9e par les garnisons, \u00e9cras\u00e9e par les imp\u00f4ts, et campagnes bordelaises qui se remettent \u00e0 peine des r\u00e9centes d\u00e9vastations.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Paris, si\u00e8ge ancien de la royale majest\u00e9 fran\u00e7aise, est devenu un nouveau Londres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"331\" class=\"cit-num\">331<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CHASTELLAIN<\/span> (vers 1405-1475), <em>Chronique des ducs de Bourgogne<\/em> (posthume, 1827)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u2026) Le royaume se trouve partag\u00e9 en trois (\u2026) la France anglaise (avec Paris) est la plus pauvre\u00a0; l\u2019\u00c9tat bourguignon, bien g\u00e9r\u00e9, prosp\u00e8re\u00a0; le \u00ab\u00a0royaume de Bourges\u00a0\u00bb est la France du dauphin Charles (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ois-Anglois commenc\u00e8rent \u00e0 crier\u00a0: Vive le roi Henri de France et d\u2019Angleterre, et criaient No\u00ebl comme si Dieu f\u00fbt descendu du ciel.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"332\" class=\"cit-num\">332<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">JUV\u00c9NAL<\/span> (ou Jouvenel) des <span class=\"caps\">URSINS<\/span> (1350-1431),<em> Chronique de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le parti anglais manifeste sa joie \u00e0 la mort de Charles <span class=\"caps\">VI<\/span>, le 21\u00a0octobre 1422. Henri\u00a0V d\u2019Angleterre \u00e9tant mort, le roi Henri qu\u2019on acclame est son fils de 10\u00a0mois, h\u00e9ritier du royaume de France, en vertu du trait\u00e9 de Troyes (1420) (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Labeur a perdu son esp\u00e9rance. Marchandise ne trouve plus chemin qui la puisse mener, saine et sauve, \u00e0 son adresse. Tout est proie ce que le glaive ou l\u2019\u00e9p\u00e9e ne d\u00e9fend.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"333\" class=\"cit-num\">333<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alain <span class=\"caps\">CHARTIER<\/span> (1385-1433), <em>Quadrilogue invectif<\/em> (1422)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u2026) La cause du dauphin, d\u00e9risoire \u00ab\u00a0roi de Bourges\u00a0\u00bb et fragile incarnation de la l\u00e9gitimit\u00e9 nationale, semble perdue. Les Anglais \u00e9crasent \u00e0 nouveau la cavalerie et l\u2019infanterie fran\u00e7aises, sous les murs de Verneuil (17\u00a0ao\u00fbt 1424). La guerre entre la France l\u2019Angleterre n\u2019est qu\u2019une suite de combats douteux et de tr\u00eaves sans lendemain (\u2026)<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 La guerre avec l\u2019Angleterre \u00e9puise le pays, Charles V le Sage et du Guesclin le sauvent, avant Charles VI le Fou et la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons. Paris se soul\u00e8ve avec son maire Etienne Marcel en 1358, les Jacques (paysans) se r\u00e9voltent contre les imp\u00f4ts (gabelle, taille) qui financent la guerre et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":25,"footnotes":""},"categories":[1251,245,7,1252,1253,1254,242,1255,721,1256,1257,1258,1259],"tags":[],"class_list":["post-7077","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-bourgeois-de-paris","category-chronique","category-chronique-du-jour","category-etienne-marcel","category-francis-lacombe","category-histoire","category-moyen-age","category-parisiens","category-premier","category-proclamer","category-revolutions","category-souverainete-du-peuple","category-xvie-siecle"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7077","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7077"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7077\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13039,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7077\/revisions\/13039"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7077"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7077"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7077"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}