{"id":7149,"date":"2019-02-16T10:15:02","date_gmt":"2019-02-16T09:15:02","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/henri-de-navarre-lapprehension-des-maux-que-je-ressentis-pour-mon-pays-fut-telle-quelle-me-blanchit-la-moitie-de-la-moustache\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:46","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:46","slug":"henri-de-navarre-lapprehension-des-maux-que-je-ressentis-pour-mon-pays-fut-telle-quelle-me-blanchit-la-moitie-de-la-moustache","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/henri-de-navarre-lapprehension-des-maux-que-je-ressentis-pour-mon-pays-fut-telle-quelle-me-blanchit-la-moitie-de-la-moustache\/","title":{"rendered":"Henri de Navarre : \u00ab L&#039;appr\u00e9hension des maux que je ressentis pour mon pays fut telle qu&#039;elle me blanchit la moiti\u00e9 de la moustache.\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><strong>Guerres de Religion (fin). Henri <span class=\"caps\">III<\/span>, derni\u00e8re victime du fanatisme.<\/strong><\/p>\n<div class=\"encart\">\n<p>La Ligue catholique soul\u00e8ve Paris (premi\u00e8re Journ\u00e9e des Barricades de l\u2019histoire, 12 mai 1588) contre le roi alli\u00e9 \u00e0 son cousin huguenot Henri de Navarre, h\u00e9ritier pr\u00e9somptif de la couronne. Henri <span class=\"caps\">III<\/span> va payer de sa vie cette alliance qui semble contre nature \u00e0 une France majoritairement catholique et le \u00ab\u00a0tyrannicide\u00a0\u00bb est dans l\u2019air de ce temps fanatique.<\/p>\n<\/div>\n<p><em>Les commentaires sont all\u00e9g\u00e9s, les coupes signal\u00e9es (\u2026) <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\" target=\"_blank\">Retrouvez l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 dans nos Chroniques de l\u2019Histoire en citations<\/a>.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation citation-small\"><span class=\"enonce\">\u00ab\u00a0Pensant \u00e0 cela et tenant ma t\u00eate appuy\u00e9e sur ma main, l\u2019appr\u00e9hension des maux que je ressentis pour mon pays fut telle qu\u2019elle me blanchit la moiti\u00e9 de la moustache.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"555\" class=\"cit-num\">555<\/span><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span data-href=\"\/auteurs\/henri-iv\"><span class=\"author\"><span class=\"name\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span><\/span><\/span><\/span> (1553-1610) au duc de La Force<\/p>\n<p class=\"source\"><cite>Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> ou la France sauv\u00e9e<\/cite> (1943), Marcel Reinhard.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole du futur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>, quand il apprend la volte-face du roi\u00a0: une nouvelle guerre civile est imminente. De surcro\u00eet, le 225e pape, Sixte Quint, excommunie \u00ab\u00a0Henri jadis roi de Navarre\u00a0\u00bb\u00a0: comme relaps, pour s\u2019\u00eatre converti \u00e0 la Saint-Barth\u00e9lemy (\u2026) et avoir ensuite abjur\u00e9. La huiti\u00e8me et derni\u00e8re guerre de Religion sera la plus longue\u00a0: treize ann\u00e9es (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive Roi, Vive France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"556\" class=\"cit-num\">556<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cri pouss\u00e9 \u00e0 Marseille en 1585, contre la Ligue.<em> L\u2019\u00c9tat royal\u00a0: de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> \u00e0 Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, 1460-1610<\/em> (1987), Emmanuel Le Roy Ladurie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces mots r\u00e9sonnent pour la premi\u00e8re fois de notre histoire\u00a0: \u00ab\u00a0Incontestablement, la synth\u00e8se nationale est en marche\u00a0\u00bb, selon cet historien fondateur (avec d\u2019autres) de la \u00ab\u00a0Nouvelle Histoire\u00a0\u00bb (\u2026) Il fallait en effet que la France f\u00fbt d\u00e9j\u00e0 profond\u00e9ment unie, pour r\u00e9sister aux trente-huit ann\u00e9es de guerre civile o\u00f9 la religion n\u2019est souvent que pr\u00e9texte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand ce dur printemps je vois<br>Je connais toute malheuret\u00e9 au monde<br>Je ne vois que toute erreur et horreur<br>Courir ainsi que fait l\u2019onde.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"557\" class=\"cit-num\">557<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson du Printemps retourn\u00e9<\/em> (vers 1586). Anonyme<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson reprend le po\u00e8me c\u00e9l\u00e8bre de Ronsard\u00a0: \u00ab\u00a0Quand ce beau printemps je vois\u2026\u00a0\u00bb Et elle d\u00e9tourne les vers. C\u2019en est fini de ce temps (qui n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pas si calme). La Ligue s\u00e8me le vent et va r\u00e9colter la temp\u00eate, cependant que la litt\u00e9rature s\u2019apitoie sur la France \u00e0 nouveau d\u00e9chir\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je poursuis constamment mon dessein de la r\u00e9union de tous mes sujets \u00e0 notre religion.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"558\" class=\"cit-num\">558<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), \u00e0 Hurault de Maisse, ambassadeur \u00e0 Venise, juillet\u00a01586 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi ne peut m\u00eame pas s\u2019allier les catholiques les plus ardents de la Ligue dont il a pris la t\u00eate. Ce n\u2019est point fanatisme religieux de sa part, mais la France est en majorit\u00e9 catholique et le moyen le plus \u00e9vident de refaire l\u2019unit\u00e9 du pays serait d\u2019amener les protestants \u00e0 se convertir. En attendant, il lui faut les combattre, \u00e0 commencer par leur chef, Henri de Navarre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce sont eux [les mignons] qui \u00e0 la guerre ont \u00e9t\u00e9 les premiers aux assauts, aux batailles et aux escarmouches, et s\u2019il y avait deux coups \u00e0 recevoir ou \u00e0 donner, ils en voulaient avoir un pour eux, et mettaient la poussi\u00e8re ou la fange \u00e0 ces vieux capitaines qui causaient [raillaient] tant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"559\" class=\"cit-num\">559<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BRANT\u00d4ME<\/span> (1540-1614). <em>Lexique des \u0153uvres de Brant\u00f4me<\/em> (1880), Ludovic Lalanne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Homme de cour autant que de guerre, il d\u00e9fend ici, en t\u00e9moin, la r\u00e9putation des mignons du roi. Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> les couvrit de biens et d\u2019honneurs, ils furent en retour tr\u00e8s fid\u00e8les au roi, et vaillants au combat. Michelet confirme dans son<em> Histoire de France<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Plusieurs des pr\u00e9tendus mignons furent les premi\u00e8res \u00e9p\u00e9es de France.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Diable est d\u00e9cha\u00een\u00e9. Je suis \u00e0 plaindre et c\u2019est merveille que je ne succombe pas sous le faix. Si je n\u2019\u00e9tais huguenot, je me ferais Turc\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"560\" class=\"cit-num\">560<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span> (1553-1610), Lettre \u00e0 Diane d\u2019Andouins, dite la Belle Corisande, 8\u00a0mars 1588 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi de Navarre se plaint \u00e0 sa ma\u00eetresse de cette guerre de Religion dont il ne voit pas la fin et qu\u2019elle finance d\u2019ailleurs par amour pour lui. Cependant que, gris\u00e9 par ses victoires et pouss\u00e9 par les ligueurs catholiques (soutenus par les subsides du tr\u00e8s catholique roi d\u2019Espagne Philippe\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>), Henri de Guise se voit d\u00e9j\u00e0 roi de France (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour la religion dont tous les deux font parade, c\u2019est un beau pr\u00e9texte pour se faire suivre par ceux de leur parti\u00a0; mais la religion ne les touche ni l\u2019un ni l\u2019autre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"561\" class=\"cit-num\">561<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de <span class=\"caps\">MONTAIGNE<\/span> (1533-1592).<em> Dictionnaire universel des Sciences morale, \u00e9conomique, politique et diplomatique<\/em> (1781), Jean B. Robinet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En mai\u00a01588, le philosophe peine \u00e0 pr\u00e9parer sa nouvelle \u00e9dition des <em>Essais<\/em>. Catholique mod\u00e9r\u00e9, hostile aux catholiques \u00ab\u00a0z\u00e9l\u00e9s\u00a0\u00bb de la Ligue et ayant plusieurs fois rencontr\u00e9 Henri de Navarre, il t\u00e9moigne de cette \u00e9vidence\u00a0: les guerres de Religion ne sont plus religieuses, l\u2019enjeu est avant tout politique (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Comment sont n\u00e9es les barricades\u00a0? Pour lutter contre les cavaleries royales, le peuple n\u2019ayant jamais de cavalerie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"562\" class=\"cit-num\">562<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span> (1901-1976),<em> L\u2019Espoir<\/em> (1937)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le nom de \u00ab\u00a0journ\u00e9e des Barricades\u00a0\u00bb sera donn\u00e9 \u00e0 plusieurs insurrections parisiennes. La premi\u00e8re date du 12\u00a0mai 1588. Henri de Guise brave la d\u00e9fense du roi et se rend \u00e0 Paris, appel\u00e9 par les Seize (ligueurs) (\u2026) Tr\u00e8s populaire, on le surnomme le Roi de Paris. Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> veut riposter avec ses troupes, mais la population se soul\u00e8ve, barrant les rues avec des barriques de terre (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est grand\u2019piti\u00e9 quand le valet chasse le ma\u00eetre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"563\" class=\"cit-num\">563<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Achille de <span class=\"caps\">HARLAY<\/span> (1536-1619), premier pr\u00e9sident du Parlement de Paris, mai\u00a01588 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Saluons le courage de ce magistrat s\u2019adressant \u00e0 Henri de Guise, apr\u00e8s qu\u2019il a contraint Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> \u00e0 s\u2019enfuir de Paris (\u2026) In\u00e9branlablement fid\u00e8le au roi et membre influent du parti des Politiques (les mod\u00e9r\u00e9s), Harlay sera jet\u00e9 en prison par les Seize, qui font r\u00e9gner la terreur dans la capitale. La situation est grave et le roi convoque les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 Blois.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je le sais, messieurs, <em>peccavi<\/em>, j\u2019ai offens\u00e9 Dieu, je m\u2019amenderai, je r\u00e9duirai ma maison au petit pied. S\u2019il y avait deux chapons, il n\u2019y en aura plus qu\u2019un.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"564\" class=\"cit-num\">564<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux de Blois, 1588. <em>La Ligue et Henri <span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1860), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u2026) Henri de Guise ne cesse d\u2019humilier le roi et se conduit en v\u00e9ritable \u00ab\u00a0maire du palais\u00a0\u00bb. Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> craint pour son tr\u00f4ne aussi bien que pour sa vie et feint de composer avec le duc de Guise. En fait, il ne l\u2019a attir\u00e9 l\u00e0 que pour mieux le pi\u00e9ger.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>Quand ses partisans \u00e9voquaient les menaces sur sa vie venant du camp du roi\u00a0:<\/em> \u00ab\u00a0Il n\u2019oserait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"565\" class=\"cit-num\">565<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Henri de <span class=\"caps\">GUISE<\/span> (1550-1588), parlant du roi, fin 1588. Fi\u00e8re r\u00e9plique, reprise par Alexandre Dumas, <em>Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> et sa cour<\/em> (1829)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire r\u00e9cente donnait pourtant l\u2019exemple de grands chefs de parti assassin\u00e9s, catholiques comme protestants\u00a0: Fran\u00e7ois de Guise (1563), le prince de Cond\u00e9 (1569), l\u2019amiral de Coligny (1572). Avant que vienne le tour des rois. Mais l\u2019orgueil aveugle Henri de Guise qui m\u00e9prise Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon Dieu qu\u2019il est grand\u00a0! Il para\u00eet encore plus grand mort que vivant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"566\" class=\"cit-num\">566<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), face au corps du duc de Guise, ch\u00e2teau de Blois, 23\u00a0d\u00e9cembre 1588.<em> Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a os\u00e9\u00a0: ordre donn\u00e9 aux Quarante-Cinq (garde personnelle du roi, immortalis\u00e9e par le roman de Dumas) d\u2019assassiner Henri \u00ab\u00a0le Balafr\u00e9\u00a0\u00bb, ainsi que son fr\u00e8re Louis, cardinal de Lorraine \u2013 arr\u00eat\u00e9, ex\u00e9cut\u00e9 le lendemain dans sa prison.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est bien taill\u00e9 mon fils\u00a0; maintenant il faut recoudre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"567\" class=\"cit-num\">567<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589) \u00e0 Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, ch\u00e2teau de Blois, 23\u00a0d\u00e9cembre 1588 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi courut annoncer \u00e0 sa m\u00e8re l\u2019assassinat de son pire ennemi, le duc de Guise. Cette fa\u00e7on d\u2019\u00e9liminer ceux qui font obstacle au pouvoir de ses fils est tout \u00e0 fait dans ses m\u0153urs et dans celles de l\u2019\u00e9poque. Mais \u00e0 70\u00a0ans, et \u00e0 quelques jours de sa mort (5\u00a0janvier 1589), la reine m\u00e8re se fait-elle beaucoup d\u2019illusions sur l\u2019avenir de son dernier fils\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 pr\u00e9sent, je suis roi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"568\" class=\"cit-num\">568<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589)\u00a0: billet adress\u00e9 au l\u00e9gat du pape et \u00e9crit de sa main, qui commence par ces mots. <em>Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il annonce \u00e0 Sixte Quint (grand b\u00e2tisseur de Rome) l\u2019assassinat du duc de Guise et de son fr\u00e8re. Le pape r\u00e9pond en excommuniant le roi de France\u00a0! Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> va se battre encore quelques mois avant de subir le m\u00eame sort. \u00c0 la nouvelle du drame de Blois, Paris se soul\u00e8ve. Un autre Guise (\u2026) prend la t\u00eate de la Ligue et le pouvoir \u00e0 Paris (\u2026)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Souvenez-vous que je suis votre roi et que Dieu, le devoir et la raison veulent tous ensemble que vous me satisfassiez.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"569\" class=\"cit-num\">569<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), \u00e0 Pierre d\u2019\u00c9pinac, mai 1588 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi, fervent catholique, en appelle \u00e0 Pierre d\u2019\u00c9pinac, archev\u00eaque de Lyon et catholique ligueur. L\u2019appel n\u2019est pas entendu et l\u2019excommunication en fait un ennemi, aux yeux des catholiques. En d\u00e9sespoir de cause, Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> va faire alliance contre les ligueurs avec le chef des protestants, le roi Henri <span class=\"caps\">III<\/span> de Navarre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 chacun Nature donne<br>Des pieds pour le secourir\u00a0:<br>Les pieds sauvent la personne\u00a0;<br>Il n\u2019est que de bien courir.<br>Ce vaillant prince d\u2019Aumale,<br>Pour avoir fort bien couru,<br>Quoiqu\u2019il ait perdu sa malle,<br>N\u2019a pas la mort encouru.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"570\" class=\"cit-num\">570<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">PASSERAT<\/span> (1536-1602), <em>La Satire M\u00e9nipp\u00e9e<\/em> (1594)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cet \u00ab\u00a0immortel pamphlet\u00a0\u00bb est un \u00e9crit de circonstance, \u0153uvre collective d\u2019un groupe de bourgeois de Paris, qui traitera avec humour les drames de l\u2019\u00e9poque. Le ridicule n\u2019est-il pas le meilleur moyen de tuer l\u2019adversaire\u00a0? Principaux vis\u00e9s, les ligueurs catholiques (\u2026) Ce feuilleton satirique refl\u00e8te l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des Politiques, mod\u00e9r\u00e9s favorables \u00e0 Henri de Navarre, futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, derni\u00e8re vraie chance pour la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019appelle avec moi tous ceux qui auront ce saint d\u00e9sir de paix. Je vous conjure tous, je vous appelle comme Fran\u00e7ais. Je vous somme que vous ayez piti\u00e9 de cet \u00c9tat.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"571\" class=\"cit-num\">571<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span> (1553-1610), 4\u00a0mars 1589 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le nouvel alli\u00e9 du roi en appelle \u00e0 son tour \u00e0 l\u2019union des Fran\u00e7ais contre la Ligue (\u2026) soucieux du bien-\u00eatre des paysans, partie essentielle du peuple, \u00ab\u00a0le grenier du royaume, le champ fertile de cet \u00c9tat, de qui le travail nourrit les princes, la sueur les abreuve\u00a0\u00bb. Longue et superbe adjuration qui ne sera pas entendue (\u2026) Partout, des pr\u00eacheurs appellent au r\u00e9gicide.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis tellement r\u00e9solu en la religion catholique, je crois si fermement n\u2019y avoir point de salut hors d\u2019elle, que je prie Dieu me donner plut\u00f4t la mort que de permettre [\u2026] de varier jamais en cette cr\u00e9ance.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"572\" class=\"cit-num\">572<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), Lettre \u00e0 Jean de La Barri\u00e8re, abb\u00e9 de Notre-Dame des Feuillants, 6\u00a0avril 1589 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec les \u00e9preuves, la pi\u00e9t\u00e9 du roi devient extr\u00eame. Persuad\u00e9 que ses malheurs (dont l\u2019absence d\u2019h\u00e9ritiers) et ceux de son royaume sont caus\u00e9s par ses p\u00e9ch\u00e9s, il participe aux processions de p\u00e9nitents, s\u2019impose des retraites spirituelles, se mortifie dans des monast\u00e8res (\u2026) Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> se savait menac\u00e9, quasiment condamn\u00e9, tant la haine et le fanatisme sont grands.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! le m\u00e9chant moine, il m\u2019a tu\u00e9, qu\u2019on le tue\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"573\" class=\"cit-num\">573<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), Saint-Cloud, 1er\u00a0ao\u00fbt 1589, \u00ab\u00a0premier mot de la fin\u00a0\u00bb. <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au ch\u00e2teau de Saint-Cloud, le roi pr\u00e9pare le si\u00e8ge de Paris avec Henri de Navarre (\u2026)<\/p>\n<p>Dominicain de 22 ans, ligueur fanatique, Jacques Cl\u00e9ment pr\u00e9parait son geste\u00a0: le complot est connu, approuv\u00e9 de nombreux catholiques (\u2026)<\/p>\n<p>(\u2026) La sc\u00e8ne se rejouera avec Ravaillac et Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>. Ces assassinats, comme tous les complots et attentats contre les rois de l\u2019\u00e9poque, s\u2019inspirent de la th\u00e9orie du tyrannicide, dont Jean Gerson fut l\u2019un des proph\u00e8tes\u00a0: \u00ab\u00a0Nulle victime n\u2019est plus agr\u00e9able \u00e0 Dieu qu\u2019un tyran.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Seul Henri de Navarre a droit au tr\u00f4ne, et il est d\u2019un caract\u00e8re trop sinc\u00e8re et trop noble pour ne pas rentrer dans le sein de l\u2019\u00c9glise\u00a0; t\u00f4t ou tard, il reviendra \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"574\" class=\"cit-num\">574<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), sur son lit de mort, \u00ab\u00a0second mot de la fin\u00a0\u00bb, 1er\u00a0ao\u00fbt 1589 (\u2026)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bless\u00e9 \u00e0 mort, transport\u00e9 sur son lit (\u2026) il trouve la force de d\u00e9signer son successeur au tr\u00f4ne et de le faire reconna\u00eetre face aux nobles pr\u00e9sents. (\u2026) De tous les mots de la fin qui ponctuent l\u2019histoire, celui d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> a une port\u00e9e doublement remarquable. Il meurt le lendemain\u00a0: fin de la dynastie des Valois au pouvoir depuis 1328, place \u00e0 la dynastie des Bourbons.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce Roy \u00e9toit un bon prince, s\u2019il e\u00fbt rencontr\u00e9 un meilleur si\u00e8cle.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"575\" class=\"cit-num\">575<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de l\u2019<span class=\"caps\">ESTOILE<\/span> (1546-1611), <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jugement du fid\u00e8le chroniqueur, \u00e0 la mort du roi (\u2026) Le personnage est toujours discut\u00e9, mais son action finit par \u00eatre reconnue. Quant au si\u00e8cle d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, son fanatisme \u00e9tonne autant qu\u2019il effraie. Paris honore le moine meurtrier comme un saint et un martyr (\u2026) Cependant que les princes ultra-catholiques jurent de ne jamais reconna\u00eetre Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> pour roi\u00a0: \u00ab\u00a0Plut\u00f4t mourir de mille morts\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Guerres de Religion (fin). Henri III, derni\u00e8re victime du fanatisme. La Ligue catholique soul\u00e8ve Paris (premi\u00e8re Journ\u00e9e des Barricades de l\u2019histoire, 12 mai 1588) contre le roi alli\u00e9 \u00e0 son cousin huguenot Henri de Navarre, h\u00e9ritier pr\u00e9somptif de la couronne. Henri III va payer de sa vie cette alliance qui semble contre nature \u00e0 [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":16,"footnotes":""},"categories":[7],"tags":[],"class_list":["post-7149","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-chronique-du-jour"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7149","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=7149"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7149\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":13027,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/7149\/revisions\/13027"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=7149"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=7149"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=7149"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}