{"id":8441,"date":"2020-05-18T00:00:00","date_gmt":"2020-05-17T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lecture-recommandee-en-temps-de-confinement-et-bientot-de-vacances-les-lettres\/"},"modified":"2025-08-12T08:39:43","modified_gmt":"2025-08-12T06:39:43","slug":"lecture-recommandee-en-temps-de-confinement-et-bientot-de-vacances-les-lettres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lecture-recommandee-en-temps-de-confinement-et-bientot-de-vacances-les-lettres\/","title":{"rendered":"Lecture recommand\u00e9e en temps de confinement&#8230; et bient\u00f4t de vacances : les Lettres"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/lettre_bandeau.jpg\" alt=\"Lettres citations\" title=\"Lettres citations\" width=\"846\" height=\"220\"><\/p>\n<p><strong>Histoire <span class=\"amp\">&amp;<\/span> Litt\u00e9rature<\/strong>, lecture recommand\u00e9e en temps de confinement\u2026 et bient\u00f4t de vacances. D\u2019o\u00f9 cette s\u00e9rie d\u2019\u00e9ditos en huit \u00e9pisodes\u00a0(ind\u00e9pendants)\u00a0:<\/p>\n<p>1. <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lecture-recommandee-en-temps-de-confinement-les-romans\/\">Romans<\/a> \u2013 2. <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lecture-recommandee-en-temps-de-confinement-la-poesie\/\">Po\u00e9sie<\/a> \u2013 3. <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lecture-recommandee-en-temps-de-confinement-et-bientot-de-vacances-le-theatre\/\">Th\u00e9\u00e2tre<\/a> \u2013 4. <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lecture-recommandee-en-temps-de-confinement-et-bientot-de-vacances-les-lettres\/\">Lettres<\/a> \u2013 5. <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/les-animaux-dans-notre-histoire-de-la-gaule-au-siecle-de-louis-xiv\/\">Histoire et Chronique<\/a> \u2013 6. <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lecture-recommandee-en-temps-de-vacances-les-memoires-du-xvie-siecle-a-la-monarchie-de-juillet\/\">M\u00e9moires<\/a> \u2013 7. Pamphlets et autres \u0153uvres pol\u00e9miques \u2013 8. Discours.<\/p>\n<p><strong>4. Lettres, Correspondance, \u00e9p\u00eetres.<\/strong><\/p>\n<p>Le ton varie selon l\u2019\u00e9poque, l\u2019auteur et le\/la destinataire\u00a0: du plus futile (Mme de S\u00e9vign\u00e9, c\u00e9l\u00e8bre potini\u00e8re) au plus s\u00e9rieux (les <em>Lettres philosophiques<\/em> de Voltaire ayant valeur d\u2019essai) et du plus intime (voire secret) au message officiel (lettre ouverte valant d\u00e9claration publique).<\/p>\n<p>On d\u00e9couvre Jeanne d\u2019Arc envoyant ses messages aux Anglais \u00e0 coup de fl\u00e8che, durant le si\u00e8ge d\u2019Orl\u00e9ans\u00a0; Fran\u00e7ois Ier annon\u00e7ant \u00e0 sa m\u00e8re Louise de Savoie ses victoires et ses d\u00e9faites\u00a0; Catherine de M\u00e9dicis, reine et m\u00e8re accabl\u00e9e par les guerres de Religion et la mort de ses fils\u00a0; Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> s\u2019entretenant de tout avec ses ma\u00eetresses aim\u00e9es\u00a0; Mme de S\u00e9vign\u00e9 informant sa fille des faits divers de la cour\u00a0; Voltaire, grand communicant des Lumi\u00e8res, donnant libre cours \u00e0 son humour au fil de quelque 15 000 lettres adress\u00e9es \u00e0 1 800 correspondants fran\u00e7ais et europ\u00e9ens\u00a0; deux prisonniers, Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> retrouvant une dignit\u00e9 perdue \u00e0 l\u2019heure de son proc\u00e8s\u00a0et Mme Roland gagnant son rang d\u2019h\u00e9ro\u00efne, martyre de la R\u00e9volution\u00a0; Napol\u00e9on s\u2019exprimant en toute libert\u00e9, surprenant de franchise\u00a0; George Sand et Flaubert \u00e9galement passionn\u00e9s de politique au si\u00e8cle des r\u00e9volutions\u2026 et tant d\u2019autres noms donnant \u00e0 voir l\u2019Histoire au jour le jour, avec ses coulisses et ses secrets.<\/p>\n<p>Ce genre litt\u00e9raire qui s\u2019\u00e9panouit en toute libert\u00e9 est concurrenc\u00e9 par des moyens de communication plus rapides, hier le t\u00e9l\u00e9phone, aujourd\u2019hui les tweets et autres r\u00e9seaux sociaux. L\u2019Histoire y perd une source documentaire originale, incroyablement vivante et d\u2019une richesse in\u00e9galable.<\/p>\n<p>\u00c0 vous de juger, en lisant ces t\u00e9moignages. Et de vous inspirer peut-\u00eatre, pour \u00e9crire une vraie (petite) lettre (manuscrite) \u00e0 l\u2019un de vos proches encore confin\u00e9, malade, en peine ou simplement en manque de vous.<\/p>\n<p><span><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire_en_citations-6.jpg\" width=\"350\" height=\"129\" style=\"vertical-align: middle;margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a>Toutes les citations de cet \u00e9dito sont \u00e0 retrouver dans nos <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Chroniques de l\u2019<em>Histoire en citations<\/em><\/a>\u00a0: en 10 volumes, l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours vous est cont\u00e9e, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, contextualis\u00e9e, sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/span><\/p>\n<p><span>\u00a0<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ch\u00e8re fille, la mesure par laquelle nous devons Dieu aimer, est aimer le sans mesure.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"152\" class=\"cit-num\">152<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1214-1270), Derni\u00e8re lettre \u00e9crite \u00e0 sa fille, 1270. <em>Histoire de France<\/em>, tome\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1833), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Outre le roi guerrier \u00e0 la t\u00eate des crois\u00e9s, et l\u2019administrateur veillant au bon \u00e9tat du royaume, c\u2019est surtout l\u2019image d\u2019une exceptionnelle pi\u00e9t\u00e9 qui reste, maintes fois attest\u00e9e par Joinville. Lors du proc\u00e8s en canonisation (1297), un t\u00e9moin r\u00e9suma le personnage en ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Il avait exerc\u00e9 \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un roi le sacerdoce, \u00e0 la mani\u00e8re d\u2019un pr\u00eatre la royaut\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/prise_jerusalem.jpg\" alt=\"prise j\u00e9rusalem\" title=\"prise j\u00e9rusalem\" width=\"600\" height=\"344\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si vous d\u00e9sirez savoir ce qu\u2019on a fait des ennemis trouv\u00e9s \u00e0 J\u00e9rusalem, sachez que dans le portique de Salomon et dans le temple, les n\u00f4tres chevauchaient dans le sang immonde des Sarrasins et que leurs montures en avaient jusqu\u2019aux genoux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"177\" class=\"cit-num\">177<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Lettre au pape Urbain\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, apr\u00e8s la prise de J\u00e9rusalem, 15\u00a0juillet 1099. Sign\u00e9e par <span class=\"caps\">GODEFROY<\/span> de <span class=\"caps\">BOUILLON<\/span> (1061-1100), <span class=\"caps\">RAYMOND<\/span> de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">GILLES<\/span> (1042-1105), comte de Toulouse, et <span class=\"caps\">ADH\u00c9MAR<\/span> de <span class=\"caps\">MONTEIL<\/span> (??-1098), l\u00e9gat du pape. <em>Recueil des cours<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">LX<\/span> (1937), Hague Academy of International Law<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La population de J\u00e9rusalem fut massacr\u00e9e par les crois\u00e9s. Le \u00ab\u00a0temple\u00a0\u00bb (esplanade de l\u2019ancien temple d\u2019H\u00e9rode) et les rues de la ville ruissel\u00e8rent de sang, selon l\u2019auteur de l\u2019<em>Histoire anonyme de la premi\u00e8re croisade<\/em>. Les chroniqueurs chr\u00e9tiens donnent le chiffre de 80\u00a0000 morts musulmans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous qui voulons toujours raison garder.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"229\" class=\"cit-num\">229<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> le Bel (1268-1314), Lettre au roi d\u2019Angleterre \u00c9douard\u00a0Ier, 1er\u00a0septembre 1286<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il \u00e9crit ces mots \u00e0 18\u00a0ans, son destinataire en a 47. L\u2019un des premiers actes du jeune roi est de rendre \u00e0 son \u00ab\u00a0cousin\u00a0\u00bb une partie des terres lui revenant (entre Quercy, Limousin et Saintonge), au terme d\u2019un pr\u00e9c\u00e9dent trait\u00e9 non appliqu\u00e9. Le roi d\u2019Angleterre, par ailleurs duc de Guyenne, est vassal du roi de France pour toutes ses possessions dans le pays, d\u2019o\u00f9 des relations complexes \u2013 il faut m\u00e9nager la susceptibilit\u00e9 de l\u2019un ou l\u2019autre souverain\u00a0!<\/p>\n<p>Cette lettre fait suite \u00e0 la visite d\u2019\u00c9douard\u00a0Ier venu \u00e0 Paris rendre hommage \u00e0 son suzerain, et \u00e0 divers remous diplomatiques.<\/p>\n<p>Le proverbe reste, d\u00e9barrass\u00e9 du \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb royal, mais gardant l\u2019inversion quelque peu vieille France\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut toujours raison garder.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous conquerrons par notre puissance notre h\u00e9ritage de France, et, de ce jour, nous vous d\u00e9fions et vous tenons pour ennemi et adversaire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"281\" class=\"cit-num\">281<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">\u00c9DOUARD<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> d\u2019Angleterre (1327-1377), Lettre \u00e0 Philippe\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> de Valois, 19\u00a0octobre 1337.<em> Archers et arbal\u00e9triers au temps de la guerre de Cent Ans<\/em> (2006), Jo\u00ebl Meyniel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette \u00ab\u00a0lettre de d\u00e9fi\u00a0\u00bb vaut d\u00e9claration de guerre.<\/p>\n<p>Le roi d\u2019Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel par sa m\u00e8re, Isabelle de France, revendique son h\u00e9ritage. Philippe de Valois, certes \u00e9lu par les barons fran\u00e7ais, est malgr\u00e9 tout le premier roi \u00e0 n\u2019\u00eatre pas fils de roi, mais seulement neveu du dernier Cap\u00e9tien, d\u00e9daigneusement appel\u00e9 \u00ab\u00a0le roi trouv\u00e9\u00a0\u00bb, par les Flamands r\u00e9volt\u00e9s.<\/p>\n<p>Entre la France et l\u2019Angleterre, c\u2019est la \u00ab\u00a0guerre larv\u00e9e\u00a0\u00bb, avant la guerre ouverte\u00a0: une guerre dynastique de cent ans\u00a0!<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/jeanne_darc.jpg\" alt=\"jeanne d'arc\" title=\"jeanne d'arc\" width=\"600\" height=\"540\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Roi d\u2019Angleterre et vous, duc de Bedford, rendez \u00e0 la Pucelle qui est ici envoy\u00e9e par le roi du Ciel, les clefs de toutes les bonnes villes que vous avez prises et viol\u00e9es en France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"340\" class=\"cit-num\">340<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JEANNE<\/span> <span class=\"caps\">D\u2019ARC<\/span> (1412-1431), Lettre au roi d\u2019Angleterre et au duc de Bedford, 22\u00a0mars 1429.<em> Histoire des ducs de Bourgogne et de la maison de Valois<\/em> (1835), baron Fr\u00e9d\u00e9ric Auguste Ferdinand Thomas de Reiffenberg<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Rappelons que le duc de Bedford est r\u00e9gent, le roi d\u2019Angleterre n\u2019ayant que 8\u00a0ans. Par le trait\u00e9 de Troyes, le roi cumule les deux couronnes, de France et d\u2019Angleterre.<\/p>\n<p>La chevauch\u00e9e fantastique de Jeanne et de ses compagnons remonte la Loire pour entrer par le fleuve dans Orl\u00e9ans assi\u00e9g\u00e9e par l\u2019ennemi, le 29\u00a0avril.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous, hommes d\u2019Angleterre, qui n\u2019avez aucun droit en ce royaume, le roi des Cieux vous mande et ordonne par moi, Jehanne la Pucelle, que vous quittiez vos bastilles et retourniez en votre pays, ou sinon, je ferai de vous un tel hahu [dommage] qu\u2019il y en aura \u00e9ternelle m\u00e9moire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"341\" class=\"cit-num\">341<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JEANNE<\/span> <span class=\"caps\">D\u2019ARC<\/span>\u00a0(1412-1431), Lettre du 5\u00a0mai 1429. <em>Pr\u00e9sence de Jeanne d\u2019Arc<\/em> (1956), Ren\u00e9e Grisell<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 4\u00a0mai, \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e de secours envoy\u00e9e par le roi et command\u00e9e par le B\u00e2tard d\u2019Orl\u00e9ans (jeune capitaine s\u00e9duit par sa vaillance, et fils naturel de Louis d\u2019Orl\u00e9ans, assassin\u00e9), Jeanne attaque la bastille Saint-Loup et l\u2019emporte. Le 5\u00a0mai, f\u00eate de l\u2019Ascension, on ne se bat pas, mais elle envoie par fl\u00e8che cette nouvelle lettre.<\/p>\n<p>Le 7\u00a0mai, elle attaque la bastille des Tournelles. Apr\u00e8s une rude journ\u00e9e de combat, Orl\u00e9ans est lib\u00e9r\u00e9e. Le lendemain, les Anglais l\u00e8vent le si\u00e8ge. Et toute l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, \u00e0 genoux, assiste \u00e0 une messe d\u2019action de gr\u00e2ce.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Faites le gast [d\u00e9g\u00e2t] en mani\u00e8re qu\u2019il n\u2019y demeure un seul arbre portant fruit sur bout, ni vigne qui ne soit coup\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"379\" class=\"cit-num\">379<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XI<\/span> (1423-1483), Lettre \u00e0 Ymbert de Batarnay, 10\u00a0mars 1475. <em>Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi charge son grand chambellan et tr\u00e8s fid\u00e8le conseiller de reprendre le Roussillon. Perpignan vit un terrible si\u00e8ge de huit mois. Une partie de la population \u00e9migra ensuite vers Barcelone, pour \u00e9chapper \u00e0 la r\u00e9pression. La reconqu\u00eate est si dure que la province est nomm\u00e9e \u00ab\u00a0le cimeti\u00e8re aux Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> se fait craindre et se soucie peu de se faire aimer. Sa devise refl\u00e8te ce trait de caract\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Qui s\u2019y frotte, s\u2019y pique.\u00a0\u00bb Mais l\u2019embl\u00e8me est le chardon, non pas le h\u00e9risson.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/francois_ier.jpg\" alt=\"francois Ier\" title=\"francois Ier\" width=\"600\" height=\"648\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Et vous promets, Madame, que si bien accompagn\u00e9s et si galants qu\u2019ils soient, deux cents hommes d\u2019armes que nous \u00e9tions en d\u00e9f\u00eemes bien quatre mille Suisses et les repouss\u00e2mes rudement, si gentils galants qu\u2019ils soient, leur faisant jeter leurs piques et crier France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"439\" class=\"cit-num\">439<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span> Ier (1494-1547), Lettre \u00e0 sa m\u00e8re Louise de Savoie, au soir du 13\u00a0septembre 1515. Fin de la vieille France\u00a0: Fran\u00e7ois Ier, portraits et r\u00e9cits du seizi\u00e8me si\u00e8cle (1885), C. Coignet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb lui conte par le menu la premi\u00e8re partie de la bataille de Marignan. Les Suisses sont les alli\u00e9s du duc de Milan\u00a0: redoutables combattants, ils barrent l\u2019acc\u00e8s de l\u2019Italie, en tenant les divers cols. Ces milices paysannes sont redout\u00e9es pour leurs charges en masses compactes, au son lugubre des trompes de berger.<\/p>\n<p>\u00c0 Marignan, dans l\u2019apr\u00e8s-midi, ils ont dispers\u00e9 la cavalerie et vont s\u2019emparer de l\u2019artillerie fran\u00e7aise, quand Fran\u00e7ois\u00a0Ier prend le risque de charger. Le combat dure jusqu\u2019au soir, l\u2019\u00e9puisement est tel que les combattants qui ne sont pas morts tombent litt\u00e9ralement de sommeil sur place. Le lendemain, appel\u00e9s en urgence, les alli\u00e9s v\u00e9nitiens prennent les Suisses \u00e0 revers, les obligeant \u00e0 fuir pour se r\u00e9fugier \u00e0 Milan. Victoire totale, mais bataille la plus meurtri\u00e8re depuis l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Et tout bien d\u00e9battu, depuis deux mille ans, n\u2019a point \u00e9t\u00e9 vue une si fi\u00e8re ni si cruelle bataille [\u2026] Au demeurant, Madame, faites bien remercier Dieu par tout le royaume de la victoire qu\u2019il lui a plu nous donner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"441\" class=\"cit-num\">441<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span> Ier\u00a0(1494-1547), Lettre \u00e0 sa m\u00e8re Louise de Savoie, au soir du 14\u00a0septembre 1515. <em>M\u00e9moires contenant le discours de plusieurs choses advenues au royaume de France depuis l\u2019an 1513 jusques au tresspas du Roy Fran\u00e7ois I<\/em> (1827), Martin Du Bellay (sieur de Langey), Ren\u00e9 Du Bellay (baron de La Lande)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Infatigable \u00e9pistolier, le \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb rend compte \u00e0 sa m\u00e8re, par ailleurs r\u00e9gente quand il \u00ab\u00a0s\u2019en va-t-en guerre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Femme de caract\u00e8re, belle, intelligente, mais avide et intrigante, elle exer\u00e7a sur son royal et ador\u00e9 fils une influence politique souvent heureuse, parfois d\u00e9testable.<\/p>\n<p>Au lendemain de cette victoire fran\u00e7aise, le trait\u00e9 de Fribourg, dit \u00ab\u00a0de la Paix perp\u00e9tuelle\u00a0\u00bb (29\u00a0novembre\u00a01516), est impos\u00e9 aux cantons suisses de la Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique. Les Suisses vont devenir les plus s\u00fbrs mercenaires du royaume, restant au service des rois de France jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout est perdu, fors l\u2019honneur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"453\" class=\"cit-num\">453<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span> Ier\u00a0(1494-1547), Lettre \u00e0 Louise de Savoie apr\u00e8s la bataille de Pavie, 25\u00a0f\u00e9vrier 1525.<em> Histoire de Fran\u00e7ois\u00a0Ier et de la Renaissance<\/em> (1878), Eug\u00e8ne de la Gournerie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire a retenu cette citation \u00ab\u00a0incontournable\u00a0\u00bb. L\u2019id\u00e9e est juste, mais la forme exacte est\u00a0: \u00ab\u00a0Madame, pour vous avertir comment se porte le ressort de mon infortune, de toutes choses ne m\u2019est demeur\u00e9 que l\u2019honneur et la vie qui est sauve.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s chaque grande bataille, le roi \u00e9crit \u00e0 sa m\u00e8re, r\u00e9gente et toujours fi\u00e8re de son \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb. Mais dix ans apr\u00e8s Marignan, c\u2019est une d\u00e9faite \u2013 le pire d\u00e9sastre militaire du r\u00e8gne. Le roi, assi\u00e9geur devenu assi\u00e9g\u00e9, donc pi\u00e9g\u00e9, est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019assaut, courageux, mais brouillon et contre l\u2019avis des v\u00e9t\u00e9rans qui l\u2019entouraient. Pi\u00e8tre strat\u00e8ge, il a plac\u00e9 son artillerie, l\u2019une des meilleures d\u2019Europe, derri\u00e8re sa cavalerie, lui \u00f4tant toute efficacit\u00e9.<\/p>\n<p>La sixi\u00e8me guerre d\u2019Italie tourne \u00e0 la catastrophe\u00a0: le Milanais est reperdu, le duc de Bourbon, ex-conn\u00e9table de France pass\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de Charles Quint, a attaqu\u00e9 la Provence, bombard\u00e9 Marseille, pris Aix. Et le roi est fait prisonnier \u00e0 Pavie, o\u00f9 de grands capitaines sont tu\u00e9s, tels La Tr\u00e9moille, La Palice.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour mon honneur et celui de ma nation, je choisirai plut\u00f4t honn\u00eate prison que honteuse fuite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"456\" class=\"cit-num\">456<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier (1494-1547), Lettre aux Grands du Royaume et aux Compagnies souveraines, 1525. Dictionnaire de citations fran\u00e7aises, de la Chanson de Roland \u00e0 Beaumarchais (1993), Dictionnaires Le Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s la d\u00e9faite de Pavie, le roi reste prisonnier pr\u00e8s d\u2019un an \u00e0 Madrid (Charles Quint est aussi roi d\u2019Espagne). Louise de Savoie assure la r\u00e9gence. Et le peuple en mal de son roi chante\u00a0: \u00ab\u00a0Quand le roi partit de France\u00a0\/ \u00c0 la malheur il partit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/catherine_de_medicis_1.jpg\" alt=\"catherine de m\u00e9dicis\" title=\"catherine de m\u00e9dicis\" width=\"515\" height=\"674\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu m\u2019a laiss\u00e9e avec trois enfants petits et un royaume tout divis\u00e9, n\u2019y ayant aucun \u00e0 qui je puisse enti\u00e8rement me fier.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"499\" class=\"cit-num\">499<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 sa fille \u00c9lisabeth, janvier\u00a01561. <em>Le Si\u00e8cle de la Renaissance<\/em> (1909), Louis Batiffol<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9lisabeth de France est reine d\u2019Espagne, par son mariage avec Philippe\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> qui l\u2019a fait venir en sa cour, la destinant d\u2019abord \u00e0 son fils Don Carlos. C\u2019est tout le drame de l\u2019op\u00e9ra<em> Don Carlo<\/em>, de Verdi.<\/p>\n<p>Catherine de M\u00e9dicis n\u2019a plus qu\u2019une ambition\u00a0: assurer le r\u00e8gne de ses fils dont la sant\u00e9, min\u00e9e par la tuberculose, justifiera de sombres pr\u00e9dictions. Elle va man\u0153uvrer entre les partis, intriguer avec les intrigants contre d\u2019autres intrigants\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Divide ut regnes.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle commence par renvoyer les Guise. Michel de L\u2019Hospital, promu chancelier, sera son principal ministre. La vraie religion de ce grand juriste est la tol\u00e9rance.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019argent est le nerf de la guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"512\" class=\"cit-num\">512<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 l\u2019ambassadeur d\u2019Espagne, ao\u00fbt\u00a01570. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La \u00ab\u00a0petite phrase\u00a0\u00bb de Rabelais dans <em>Gargantua<\/em> (selon qui \u00ab\u00a0les nerfs des batailles sont les p\u00e9cunes\u00a0\u00bb) va faire fortune dans l\u2019histoire. Au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, tous les souverains d\u2019Europe ont d\u2019\u00e9normes besoins d\u2019argent pour leurs guerres qu\u2019il faut sans cesse faire, ou pr\u00e9parer (record historique de quatre-vingt-cinq ann\u00e9es de guerre en ce si\u00e8cle). Elles co\u00fbtent de plus en plus cher, avec le d\u00e9veloppement des armes \u00e0 feu, l\u2019entretien d\u2019arm\u00e9es permanentes, des effectifs croissants. Mais l\u2019on n\u2019atteint pas encore les 400\u00a0000 soldats de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, ni les 4\u00a0millions de mobilis\u00e9s de 1914 (pour un pays deux fois plus peupl\u00e9).<\/p>\n<p>Il faut que la France soit tr\u00e8s riche et pleine de ressources pour s\u2019\u00eatre si longtemps battue, et retrouver en dix ans une prosp\u00e9rit\u00e9 certaine, au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Parisiens se mettent au pillage avec une extraordinaire avidit\u00e9\u00a0: bien des gens ne s\u2019\u00e9taient jamais imagin\u00e9 qu\u2019ils pourraient poss\u00e9der un jour les chevaux et l\u2019argenterie qu\u2019ils ont ce soir dans les mains.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"528\" class=\"cit-num\">528<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Antonio Maria <span class=\"caps\">SALVIATI<\/span> (1537-1602), nonce apostolique, lettre au pape Gr\u00e9goire <span class=\"caps\">XIII<\/span>. <em>Correspondance du nonce en France, Antonio Maria Salviati\u00a0: 1572-1578<\/em> (1975)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Saint-Barth\u00e9lemy. Salviati est Florentin et cousin de Catherine de M\u00e9dicis. Il a intrigu\u00e9 pour se faire envoyer \u00e0 la cour de France. Arriver en cette ann\u00e9e 1572 fait de lui un t\u00e9moin privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019une page d\u2019histoire qui concerne par ailleurs le pape, m\u00eame si le Saint-Si\u00e8ge n\u2019est pour rien dans le massacre\u00a0! La correspondance de Salviati est un mod\u00e8le d\u2019ordre et de r\u00e9gularit\u00e9. Une source pr\u00e9cieuse pour les historiens, avec une partialit\u00e9 somme toute logique en faveur des catholiques.<\/p>\n<p>Par ordre du gouvernement, la tuerie va s\u2019\u00e9tendre \u00e0 tout le royaume.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il valait mieux que cela tomb\u00e2t sur eux que sur nous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"529\" class=\"cit-num\">529<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 l\u2019ambassadeur de Toscane \u00e0 propos du massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy. <em>Lettres de Catherine de M\u00e9dicis<\/em> (1891), Collection de documents in\u00e9dits sur l\u2019histoire de France, Imprimerie nationale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine m\u00e8re est responsable des massacres. Mais au point de haine o\u00f9 catholiques et protestants sont arriv\u00e9s, le choc semblait in\u00e9vitable et la balance pouvait pencher de l\u2019un ou l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. On peut penser aussi que cette forte femme a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e par la force des \u00e9v\u00e9nements\u00a0!<\/p>\n<p>Effet non pr\u00e9vu, la Saint-Barth\u00e9lemy va renforcer le parti protestant qui s\u2019organise pendant cette quatri\u00e8me guerre de Religion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0France et vous valent mieux que Pologne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"540\" class=\"cit-num\">540<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), Lettre \u00e0 Catherine de M\u00e9dicis, 22\u00a0juin 1574. <em>Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, roi de France et de Pologne<\/em> (1988), Georges Bordonove.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9lu roi de Pologne en 1573 gr\u00e2ce aux intrigues maternelles, il rentre avec joie au pays natal, aupr\u00e8s de cette m\u00e8re dont il est sans conteste le fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Elle a mis tous ses espoirs en lui, le faisant si\u00e9ger aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 7\u00a0ans aux c\u00f4t\u00e9s de son fr\u00e8re Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> qui en \u00e9tait jaloux, et le faisant nommer lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume \u00e0 16\u00a0ans, au lieu du prince Louis de Cond\u00e9 qui rompit avec la cour.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous pouvez penser comme je suis malheureuse de tant vivre et de voir tout mourir devant moi, encore que je sache bien qu\u2019il faut se conformer \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"552\" class=\"cit-num\">552<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 Belli\u00e8vre, 10\u00a0juin\u00a01584.<em> Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e8re de dix enfants, elle n\u2019en finit plus de porter leur deuil. Fran\u00e7ois d\u2019Anjou (ex-duc Alen\u00e7on) meurt le 10\u00a0juin 1584, \u00e2g\u00e9 de 30\u00a0ans. \u00c9ternel frustr\u00e9 de la famille, ambitieux et rebelle, tr\u00e8s impopulaire, il a complot\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du parti des Malcontents et ce n\u2019est pas une grande perte pour le roi.<\/p>\n<p>Mais Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> n\u2019ayant pas fait d\u2019enfant \u00e0 sa femme pourtant bien-aim\u00e9e, \u00e0 sa mort, la couronne de France doit revenir \u00e0 Henri de Navarre, chef du parti protestant. Nostradamus l\u2019a pr\u00e9dit il y a longtemps\u00a0: \u00ab\u00a0Il aura tout l\u2019h\u00e9ritage.\u00a0\u00bb La perspective d\u2019un Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> protestant, roi de France, affole les Fran\u00e7ais catholiques et insupporte aux Guise. La Sainte Ligue se r\u00e9veille.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Diable est d\u00e9cha\u00een\u00e9. Je suis \u00e0 plaindre et c\u2019est merveille que je ne succombe pas sous le faix. Si je n\u2019\u00e9tais huguenot, je me ferais Turc\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"560\" class=\"cit-num\">560<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span> (1553-1610), Lettre \u00e0 Diane d\u2019Andouins, dite la Belle Corisande, 8\u00a0mars 1588. <em>Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> en Gascogne (1553-1589<\/em>), Charles Henry Joseph de Batz-Trenquell\u00e9on<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi de Navarre (futur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>) se plaint \u00e0 sa ma\u00eetresse de cette guerre de Religion dont il ne voit pas la fin et qu\u2019elle finance d\u2019ailleurs par amour pour lui.<\/p>\n<p>Gris\u00e9 par ses victoires et pouss\u00e9 par les ligueurs catholiques (soutenus par les subsides du roi d\u2019Espagne Philippe\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>), Henri de Guise se voit d\u00e9j\u00e0 roi de France. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, la Sorbonne a bien dit qu\u2019on peut d\u00e9poser les \u00ab\u00a0mauvais rois\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/henri_iv.jpg\" alt=\"henri IV\" title=\"henri IV\" width=\"474\" height=\"600\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce sera dimanche que je ferai le saut p\u00e9rilleux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"625\" class=\"cit-num\">625<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), Lettre \u00e0 Gabrielle d\u2019Estr\u00e9es, juillet\u00a01593. <em>M\u00e9moires de Gabrielle d\u2019Estr\u00e9es<\/em> (1829), Paul Lacroix<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Vert Galant lui \u00e9crit souvent, pour lui parler le plus souvent d\u2019amour, tr\u00e8s galamment et gaillardement. Il l\u2019entretient ici de sa proche conversion.<\/p>\n<p>25\u00a0juillet 1593\u00a0: les Parisiens se pressent \u00e0 la basilique de Saint-Denis, pour assister \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie publique de l\u2019abjuration royale. Le sacre se fera \u00e0 Chartres, le 27\u00a0f\u00e9vrier 1594. Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> devient Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0H\u00e2tez-vous de me faire ce fils, de sorte que je puisse vous faire une fille.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"651\" class=\"cit-num\">651<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), Lettre \u00e0 Henriette d\u2019Entragues, marquise de Verneuil, 1601. Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> (1933), Georges Slocombe<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 la mort brutale de Gabrielle d\u2019Estr\u00e9es (1599), il se dit inconsolable\u00a0: \u00ab\u00a0La racine de mon c\u0153ur est morte et ne rejettera [repoussera] plus.\u00a0\u00bb Trois mois apr\u00e8s, il tombe fou de la nouvelle favorite et lui \u00e9crit une promesse de mariage fort bien libell\u00e9e, car il va se s\u00e9parer de la reine Margot, toujours sans enfant.<\/p>\n<p>Ce que roi veut\u2026 Henriette accouche de ce fils et, deux ans apr\u00e8s, d\u2019une fille. Entre-temps et pour raison d\u2019\u00c9tat, le roi a \u00e9pous\u00e9 Marie de M\u00e9dicis, fille du grand-duc de Toscan \u2013 grande famille patricienne de Florence et banquier de l\u2019Europe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne trouve ni agr\u00e9able compagnie, ni r\u00e9jouissance, ni satisfaction chez ma femme [\u2026] faisant une mine si froide et si d\u00e9daigneuse lorsqu\u2019arrivant du dehors, je viens pour la baiser, caresser et rire avec elle, que je suis contraint de d\u00e9pit de la quitter l\u00e0 et de m\u2019en aller chercher quelque r\u00e9cr\u00e9ation ailleurs.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"653\" class=\"cit-num\">653<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), Lettre \u00e0 Sully.<em> Lettres intimes de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1876), Louis Dussieux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie de M\u00e9dicis n\u2019a certes pas le temp\u00e9rament de la reine Margot, sa premi\u00e8re femme\u00a0! Ce mariage florentin fut un sacrifice \u00e0 la raison d\u2019\u00c9tat \u2013 mais les rois ne se mariaient pas par amour, pour cela, ils avaient les ma\u00eetresses. La belle-famille est tr\u00e8s riche et tr\u00e8s catholique\u00a0: deux raisons qui auraient d\u00fb faire de ce mariage une bonne affaire pour le roi de France. Il n\u2019en est rien.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la vie priv\u00e9e du roi, elle justifie sa r\u00e9putation de Vert Galant. La prog\u00e9niture d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> est \u00e0 l\u2019image de sa sant\u00e9 amoureuse, exceptionnelle, et il l\u00e9gitime souvent ses enfants n\u00e9s hors mariage \u2013 c\u2019est le premier roi de France qui ose cela. Quant au nombre de favorites, sur un temps de vie et de r\u00e8gne plus court, il bat largement les deux autres grands amoureux, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>. On avance le nombre de 73.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les sources de l\u2019h\u00e9r\u00e9sie et de la r\u00e9bellion sont maintenant \u00e9teintes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"702\" class=\"cit-num\">702<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642), Lettre au roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, ao\u00fbt\u00a01629. <em>L\u2019\u00c2me de la France\u00a0: une histoire de la nation, des origines \u00e0 nos jours<\/em> (2007), Max Gallo<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s la prise de La Rochelle, la guerre contre les protestants se prolonge plusieurs mois dans le Midi, jusqu\u2019\u00e0 la soumission des derni\u00e8res r\u00e9sistances\u00a0: Privas, Montauban. Populations massacr\u00e9es, fortifications d\u00e9truites. Pour Richelieu, la raison d\u2019\u00c9tat justifie ces moyens. L\u2019\u00e9dit de gr\u00e2ce (ou paix) d\u2019Al\u00e8s, accord\u00e9 aux rebelles le 28\u00a0juin 1629, laisse aux protestants la libert\u00e9 de leur culte et confirme l\u2019\u00e9dit de Nantes, mais leur \u00f4te tous les privil\u00e8ges militaires et politiques. C\u2019est la fin de ce dangereux \u00ab\u00a0\u00c9tat dans l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Assurez-vous toujours de mon affection qui durera jusqu\u2019au dernier soupir de ma vie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"703\" class=\"cit-num\">703<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), Lettre \u00e0 Richelieu, 16\u00a0octobre 1629. <em>Vie de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1936), Louis\u00a0Vaunois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Richelieu sera nomm\u00e9 \u00ab\u00a0principal ministre d\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb, le 21\u00a0novembre, duc et pair de France le 26. Et quand l\u2019affection ne sera plus ce qu\u2019elle est, la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 cette parole donn\u00e9e demeure, m\u00eame si Richelieu craint toujours le brusque revirement pouvant tout r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant\u00a0: sa mission, sa politique, sa carri\u00e8re, sa fortune.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En tout cas, pour ma consolation, il me reste de savoir qu\u2019au galant homme tout pays est patrie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"724\" class=\"cit-num\">724<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661), Lettre \u00e0 de Montagu, septembre\u00a01637, Londres. <em>Mazarin et ses amis<\/em> (1968), Georges Dethan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Diplomate au service du pape Urbain <span class=\"caps\">VIII<\/span>, il rencontre au cours d\u2019une mission en France Richelieu qui le remarque (1630). Nonce \u00e0 Paris en 1635-1636, il est de nouveau appr\u00e9ci\u00e9 de Richelieu qui le fait nommer cardinal (alors qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 pr\u00eatre). Devenu son principal collaborateur, il prend sa place \u00e0 sa mort en 1642, entrant au Conseil du roi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le gouvernement populaire est le pire fl\u00e9au dont Dieu afflige un \u00c9tat quand il veut le ch\u00e2tier.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"749\" class=\"cit-num\">749<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Savinien de <span class=\"caps\">CYRANO<\/span> de <span class=\"caps\">BERGERAC<\/span> (1619-1655), Lettres diverses. <em>Contre les frondeurs<\/em> (1654)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0vrai\u00a0\u00bb Cyrano a exist\u00e9 avant d\u2019\u00eatre immortalis\u00e9 par la com\u00e9die h\u00e9ro\u00efque d\u2019Edmond Rostand. Parisien, et non pas gascon, c\u2019est un savant, sceptique et libertin, mais pas r\u00e9volutionnaire pour autant.<\/p>\n<p>La monarchie absolue se trouve \u00e0 plusieurs reprises menac\u00e9e par les insurrections populaires, notamment \u00e0 Paris qui subit deux \u00ab\u00a0terreurs\u00a0\u00bb de plusieurs mois, et \u00e0 Bordeaux qui vit sa r\u00e9volution provisoire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/ninon_de_lenclos.jpg\" alt=\"Ninon de Lenclos\" title=\"Ninon de Lenclos\" width=\"500\" height=\"603\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est plus difficile de bien faire l\u2019amour que de bien faire la guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"767\" class=\"cit-num\">767<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ninon de <span class=\"caps\">LENCLOS<\/span> (1616-1706), <em>Lettres<\/em> (\u00e9dition posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Belle dame aux m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res, elle v\u00e9cut tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e en un si\u00e8cle tr\u00e8s guerrier. Elle parle donc en connaissance de cause.<\/p>\n<p>Surnomm\u00e9e Notre Dame des Amours, s\u00e9ductrice aux \u00ab\u00a0mille amants\u00a0\u00bb, \u00e9picurienne et lettr\u00e9e, tenant salon chaque jour et visit\u00e9e de cinq \u00e0 neuf par tout Paris, elle devient friande de jeunes gentilshommes et de pr\u00e9lats, sur le tard\u00a0: \u00ab\u00a0Je n\u2019ai jamais eu que l\u2019\u00e2ge du c\u0153ur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette femme libre aura naturellement nombre d\u2019amants c\u00e9l\u00e8bres et combattants. \u00c0 qui songe-t-elle en \u00e9crivant ces mots\u00a0? Au marquis et mar\u00e9chal d\u2019Estr\u00e9es, \u00e0 Coligny, au duc de La Rochefoucauld ou au Grand Cond\u00e9\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si une fois vous prenez en main le gouvernail, vous ferez plus en un jour qu\u2019un plus habile que moi en six mois, car c\u2019est d\u2019un autre poids, ce qu\u2019un roi fait de droit fil, que ce que fait un ministre, quelque autoris\u00e9 qu\u2019il puisse \u00eatre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"801\" class=\"cit-num\">801<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661), Lettre \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, 29\u00a0juin 1659. <em>Les Annales conferencia<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XIX<\/span> (1925), Universit\u00e9 des Annales<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi le conseille-t-il deux ans avant sa mort, tout en continuant \u00e0 l\u2019initier au m\u00e9tier de roi. Le conseil sera suivi par l\u2019\u00e9l\u00e8ve\u00a0!<\/p>\n<p>En attendant, le cardinal a tir\u00e9 les le\u00e7ons de la Fronde et tient fermement le gouvernail\u00a0: Parlements r\u00e9duits au silence, interdiction \u00e0 la noblesse de s\u2019assembler (\u00e9dit de 1657). En 1659, des assembl\u00e9es secr\u00e8tes de nobles se tiennent en certaines provinces. Le roi va s\u00e9vir en personne dans le Midi. Il y a encore, entre eux deux, cette \u00e9tonnante division du travail.<\/p>\n<p>L\u2019un des principaux acquis du \u00ab\u00a0r\u00e8gne\u00a0\u00bb de Mazarin sera la paix avec l\u2019Espagne, au trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es\u00a0: le 7\u00a0novembre\u00a01659, dans l\u2019\u00eele des Faisans, sur la Bidassoa qui sert de fronti\u00e8re aux deux pays, Mazarin signe, pour Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Puisque les \u00e9v\u00eaques ont des courages de filles, les filles doivent avoir des courages d\u2019\u00e9v\u00eaques.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"857\" class=\"cit-num\">857<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacqueline <span class=\"caps\">PASCAL<\/span> (1625-1661), Lettre au Grand Arnauld, 23\u00a0juin 1661. <em>Pens\u00e9es<\/em> (posthume, 1670), Blaise Pascal<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Entr\u00e9e \u00e0 27\u00a0ans \u00e0 l\u2019abbaye de Port-Royal, elle influence son fr\u00e8re Blaise Pascal qui vit encore sa \u00ab\u00a0p\u00e9riode mondaine\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Port-Royal est le foyer du jans\u00e9nisme. \u00c0 l\u2019origine, c\u2019est une h\u00e9r\u00e9sie catholique qui doit son nom \u00e0 Jans\u00e9nius et trouve sa source dans une \u00ab\u00a0relecture\u00a0\u00bb de saint Augustin. La doctrine de la gr\u00e2ce suffisante qui ne suffit pas est d\u00e9licate \u00e0 expliquer \u2013 Pascal s\u2019y emploie dans ses <em>Provinciales<\/em> (1656-1657). Montesquieu r\u00e9sumera joliment les rigueurs de la doctrine\u00a0: \u00ab\u00a0De tous les plaisirs, les jans\u00e9nistes ne nous passent que celui de nous gratter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La question religieuse prend une signification politique en France et les pers\u00e9cutions commenc\u00e8rent avec Richelieu. En f\u00e9vrier\u00a01661, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> expulse novices et pensionnaires\u00a0: le p\u00e9ch\u00e9 le plus mortel de la \u00ab\u00a0secte jans\u00e9niste\u00a0\u00bb est sans doute son hostilit\u00e9 \u00e0 l\u2019absolutisme royal.<br>Jacqueline Pascal, si ardente dans son refus de tout compromis, devra pourtant c\u00e9der, mais mourra cette ann\u00e9e m\u00eame. La plupart des \u00e9v\u00eaques de France approuvent la r\u00e9pression et en 1664, l\u2019archev\u00eaque de Paris lance un interdit sur Port-Royal.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/madame_de_sevigne.jpg\" alt=\"Madame de S\u00e9vign\u00e9\" title=\"Madame de S\u00e9vign\u00e9\" width=\"529\" height=\"754\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La nouvelle du si\u00e8ge de Charleroi a fait courir tous les jeunes gens, m\u00eame les boiteux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"869\" class=\"cit-num\">869<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquise\u00a0de <span class=\"caps\">S\u00c9VIGN\u00c9<\/span> (1626-1696), Lettre, mardi au soir, 10\u00a0ao\u00fbt 1677 (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les quelque 1\u00a0500 lettres qui nous restent de la g\u00e9niale comm\u00e8re du si\u00e8cle sont une savoureuse chronique du temps\u00a0: la guerre y figure au m\u00eame titre que le proc\u00e8s de son ami Fouquet, les potins de la cour ou les grandes cr\u00e9ations th\u00e9\u00e2trales. Et son humour fait toujours sourire.<\/p>\n<p>\u00c9pisode de la guerre de Hollande. La ville (aujourd\u2019hui en Belgique) est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 des fins militaires par les Espagnols en 1666 et ainsi nomm\u00e9e en l\u2019honneur de leur nouveau roi, Charles\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> s\u2019en empare en mai\u00a01667 \u2013 une victoire de Turenne. Vauban renforce les fortifications. Nouveau si\u00e8ge, en ao\u00fbt\u00a01677. Le mar\u00e9chal de Luxembourg oblige Guillaume\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> d\u2019Angleterre (prince d\u2019Orange) \u00e0 abandonner la place, le 14\u00a0ao\u00fbt\u00a0: \u00ab\u00a0Le prince d\u2019Orange peut se vanter d\u2019une chose\u00a0: c\u2019est qu\u2019aucun g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 son \u00e2ge n\u2019a lev\u00e9 tant de si\u00e8ges et perdu autant de batailles\u00a0\u00bb, ironise un seigneur anglais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je m\u2019en vais vous mander la chose la plus \u00e9tonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus \u00e9tourdissante, la plus inou\u00efe, la plus singuli\u00e8re, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus impr\u00e9vue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus \u00e9clatante, la plus secr\u00e8te jusqu\u2019aujourd\u2019hui, la plus brillante, la plus digne d\u2019envie\u2026\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"875\" class=\"cit-num\">875<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquise\u00a0de <span class=\"caps\">S\u00c9VIGN\u00c9<\/span> (1626-1696), Lettre, 15\u00a0d\u00e9cembre 1670<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Quelle \u00ab\u00a0chose\u00a0\u00bb d\u00e9cha\u00eene le talent de l\u2019infatigable chroniqueuse du Grand\u00a0Si\u00e8cle dans la plus c\u00e9l\u00e8bre de ses lettres\u00a0? Tout simplement le mariage annonc\u00e9 pour dimanche prochain de M. de Lauzun avec\u2026 \u00ab\u00a0devinez qui\u00a0? [\u2026] Mademoiselle, la Grande Mademoiselle\u00a0; Mademoiselle, fille de feu Monsieur\u00a0; Mademoiselle, petite-fille de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0; Mlle\u00a0d\u2019Eu, Mlle\u00a0de Dombes, Mlle\u00a0de Montpensier, Mlle\u00a0d\u2019Orl\u00e9ans, Mademoiselle, cousine germaine du Roi\u00a0; Mademoiselle, destin\u00e9e au tr\u00f4ne\u00a0; Mademoiselle, le seul parti de France qui f\u00fbt digne de Monsieur.\u00a0\u00bb En fait, Mademoiselle n\u2019\u00e9pousera pas Lauzun, ou du moins pas \u00ab\u00a0dimanche prochain\u00a0\u00bb comme annonc\u00e9. Le roi s\u2019y oppose.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La duchesse de Bouillon alla demander \u00e0 la Voisin un peu de poison pour faire mourir un vieux mari qu\u2019elle avait qui la faisait mourir d\u2019ennui.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"884\" class=\"cit-num\">884<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquise\u00a0de <span class=\"caps\">S\u00c9VIGN\u00c9<\/span> (1626-1696), Lettre, 31\u00a0janvier 1680 (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le fait divers va devenir affaire d\u2019\u00c9tat \u2013 c\u2019est l\u2019affaire des Poisons, premi\u00e8re ombre port\u00e9e au r\u00e8gne du Roi-Soleil. Et l\u2019infatigable \u00e9pistoli\u00e8re nous met dans la confidence, avec gourmandise. Le scandale finit par \u00e9clabousser la cour\u00a0: la duchesse de Bouillon dont parle Mme\u00a0de S\u00e9vign\u00e9 \u2013 la plus jeune des ni\u00e8ces de Mazarin. Et aussi la comtesse de Soissons (autre \u00ab\u00a0mazarinette\u00a0\u00bb), la comtesse de Gramont, la vicomtesse de Polignac, le duc de Vend\u00f4me, le mar\u00e9chal de Luxembourg (jadis alchimiste en amateur), Racine (soup\u00e7onn\u00e9 d\u2019avoir empoisonn\u00e9 par jalousie sa ma\u00eetresse, la com\u00e9dienne Du Parc) et jusqu\u2019\u00e0 la favorite en titre du roi, la Montespan.<\/p>\n<p>Le roi suspend les interrogatoires. L\u2019enqu\u00eate publique est ferm\u00e9e, le roi fait br\u00fbler les dossiers, jetant lui-m\u00eame au feu de la chemin\u00e9e les pages compromettant son ex-favorite. Au final, 36 condamnations \u00e0 mort prononc\u00e9es et appliqu\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quelle gr\u00e2ce [\u2026] de faire par pure vertu ce que tant d\u2019autres femmes font sans m\u00e9rite et par passion\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"928\" class=\"cit-num\">928<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">GODET<\/span> des <span class=\"caps\">MARAIS<\/span> (1647-1709), \u00e9v\u00eaque de Chartres et directeur spirituel de la Maison de Saint-Cyr, confesseur de Mme\u00a0de Maintenon, \u00e0 sa p\u00e9nitente.<em> Lettres \u00e0 Madame de Maintenon<\/em> (\u00e9dit\u00e9es en 1778)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9pouse morganatique du roi, elle se plaint en 1704 de ce qu\u2019il \u00ab\u00a0lui donne le bonsoir\u00a0\u00bb jusqu\u2019\u00e0 deux fois par nuit\u00a0: elle a 70\u00a0ans, et lui 66.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, le s\u00e9ducteur, n\u2019a plus de ma\u00eetresses et la religion l\u2019occupe davantage, sous l\u2019influence de sainte Fran\u00e7oise (le surnom qu\u2019il donne \u00e0 sa femme, n\u00e9e Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9). Il garde pourtant un grand app\u00e9tit de vie \u2013 malgr\u00e9 l\u2019op\u00e9ration d\u2019une fistule anale (1686), premi\u00e8re d\u2019une s\u00e9rie d\u2019interventions qui vont amener une certaine d\u00e9ch\u00e9ance.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> continuera cependant de chasser, de manger, d\u2019aimer, de r\u00e9gner jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame limite de ses forces.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais malheur n\u2019a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 de plus de gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"935\" class=\"cit-num\">935<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLARS<\/span> (1653-1734), Lettre \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> au soir de Malplaquet, 11\u00a0septembre 1709. <em>M\u00e9moires militaires relatifs \u00e0 la succession d\u2019Espagne sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1855), Jean-Jacques Germain Pelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la plus sanglante bataille du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0: 30\u00a0000 morts.<\/p>\n<p>Villars (avec Boufflers) affronte le duc de Marlborough et le prince Eug\u00e8ne de Savoie, dans la trou\u00e9e de Malplaquet (pr\u00e8s de Mons, en Belgique). Villars est bless\u00e9, mais les troupes royales, inf\u00e9rieures en nombre, ont inflig\u00e9 de lourdes pertes aux Imp\u00e9riaux \u2013 la chanson populaire met Marlborough parmi les morts, il est seulement bless\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus \u00e9clatante victoire co\u00fbte trop cher, quand il faut la payer du sang de ses sujets.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"941\" class=\"cit-num\">941<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), Lettre \u00e0 l\u2019intention du Dauphin, ao\u00fbt\u00a01715. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1923), Louis Bertrand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9crite peu avant sa mort, confi\u00e9e au mar\u00e9chal de Villeroi son ami de toujours, pour \u00eatre remise \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> \u00e0 ses 17\u00a0ans. Cet arri\u00e8re-petit-fils n\u2019a que 5\u00a0ans, seul h\u00e9ritier survivant apr\u00e8s l\u2019h\u00e9catombe familiale, mal\u00e9diction de cette fin de r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Notre\u00a0si\u00e8cle, j\u2019en conviens encore avec Votre Majest\u00e9, ne vaut pas le si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> pour le g\u00e9nie et pour le go\u00fbt\u00a0; mais il me semble qu\u2019il l\u2019emporte pour les lumi\u00e8res, pour l\u2019horreur de la superstition et du fanatisme.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"950\" class=\"cit-num\">950<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">D\u2019ALEMBERT<\/span> (1717-1783), Lettre au roi de Prusse, 14\u00a0f\u00e9vrier 1774. <em>Correspondance avec Fr\u00e9d\u00e9ric le Grand<\/em> (1854)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019un des grands encyclop\u00e9distes correspond avec l\u2019un des \u00ab\u00a0despotes \u00e9clair\u00e9s\u00a0\u00bb du si\u00e8cle, Fr\u00e9d\u00e9ric le Grand. Taine \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Aux approches de 1789, il est admis que l\u2019on vit \u00ab\u00a0dans le si\u00e8cle des lumi\u00e8res\u00a0\u00bb, dans \u00ab\u00a0l\u2019\u00e2ge de raison\u00a0\u00bb, qu\u2019auparavant le genre humain \u00e9tait dans l\u2019enfance, qu\u2019aujourd\u2019hui il est devenu \u00ab\u00a0majeur\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb (<em>Les Origines de la France contemporaine<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il a fallu des si\u00e8cles pour rendre justice \u00e0 l\u2019humanit\u00e9, pour sentir qu\u2019il \u00e9tait horrible que le grand nombre sem\u00e2t, et le petit recueill\u00eet.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"964\" class=\"cit-num\">964<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778),<em> Lettres philosophiques<\/em> (1734)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Lettres \u00e9crites de Londres sur les Anglais et autres sujets\u00a0\u00bb, pr\u00e9sentation simple et didactique destin\u00e9e au grand public (de l\u2019\u00e9poque), sur la religion, les sciences, les arts, la politique et la philosophie.<\/p>\n<p>Le philosophe parle au nom de la justice sociale pour l\u2019ensemble du peuple qui travaille, et surtout pour les \u00ab\u00a0laboureurs qui exercent la plus noble et la plus m\u00e9pris\u00e9e des professions\u00a0\u00bb. Il donne en exemple l\u2019Angleterre\u00a0: absence de privil\u00e8ges terriens et \u00e9galit\u00e9 devant l\u2019imp\u00f4t. La r\u00e9alit\u00e9 \u00e9conomique est tout autre en France.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/rousseau.jpg\" alt=\"rousseau\" title=\"rousseau\" width=\"400\" height=\"557\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La feinte charit\u00e9 du riche n\u2019est en lui qu\u2019un luxe de plus\u00a0; il nourrit les pauvres comme des chiens et des chevaux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"986\" class=\"cit-num\">986<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778), <em>Correspondance<\/em>, \u00e0 M. Moulton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Humili\u00e9 dans ses divers postes de laquais et de gouverneur aupr\u00e8s de ma\u00eetres orgueilleux, Rousseau parle de ce qu\u2019il sait et que les autres philosophes ignorent \u2013 Diderot except\u00e9, qui connut lui aussi la pauvret\u00e9, avant de vivre en courtisan.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis flexible comme une anguille et vif comme un l\u00e9zard et travaillant toujours comme un \u00e9cureuil.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1014\" class=\"cit-num\">1014<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 d\u2019Argental, 22\u00a0octobre\u00a01759, <em>Correspondance<\/em> (posthume).\u00a0<em>Dictionnaire de fran\u00e7ais Littr\u00e9<\/em>, au mot \u00ab\u00a0travaillant\u00a0\u00bb.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autoportrait du sexag\u00e9naire, de sant\u00e9 pr\u00e9caire et sachant se m\u00e9nager en se refusant tout exc\u00e8s. De son adolescence libertine et frondeuse \u00e0 sa \u00ab\u00a0retraite fr\u00e9n\u00e9tique\u00a0\u00bb, le personnage d\u00e9borde d\u2019une activit\u00e9 voyageuse, europ\u00e9enne, batailleuse, mondaine, courtisane, \u00e9pistoli\u00e8re, th\u00e9\u00e2trale, politique, \u00e9conomique, scientifique, sociale, agronomique, encyclop\u00e9dique, et naturellement philosophique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas seulement un esprit qu\u2019il a [Voltaire], ce sont tous les esprits ensemble qui reviennent dans son cr\u00e2ne et y tiennent le Sabbat.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1015\" class=\"cit-num\">1015<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pr\u00e9sident de <span class=\"caps\">BROSSES<\/span> (1709-1777), Lettre \u00e0 son cousin Loppin de G\u00e9meaux, 4\u00a0janvier 1759. <em>Le Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res<\/em> (1968), Jean-Marie Goulemot, Michel Launay, Georges Mailhos<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premier pr\u00e9sident du Parlement de Dijon, ce magistrat ind\u00e9pendant et frondeur, deux fois exil\u00e9 sur ses terres, est dou\u00e9 d\u2019assez d\u2019esprit pour appr\u00e9cier celui de Voltaire. Le roi de Prusse, Fr\u00e9d\u00e9ric <span class=\"caps\">II<\/span>, est lui-m\u00eame un despote assez \u00e9clair\u00e9 pour \u00e9crire cet <em>\u00c9loge de Voltaire<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019on peut dire, s\u2019il m\u2019est permis de m\u2019exprimer ainsi, que M. de Voltaire valait seul toute une Acad\u00e9mie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/voltaire_1.jpg\" alt=\"voltaire\" title=\"voltaire\" width=\"350\" height=\"433\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si Dieu n\u2019existait pas, il faudrait l\u2019inventer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1024\" class=\"cit-num\">1024<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>\u00c9p\u00eetres<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e9iste fervent, il s\u2019oppose aux encyclop\u00e9distes ath\u00e9es (Diderot, d\u2019Holbach). Il croit \u00e0 \u00ab\u00a0l\u2019\u00e9ternel g\u00e9om\u00e8tre\u00a0\u00bb, l\u2019\u00ab\u00a0architecte du monde\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019univers m\u2019embarrasse et je ne puis songer\u00a0\/ Que cette horloge existe et n\u2019ait pas d\u2019horloger.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il trouve par ailleurs une grande utilit\u00e9 \u00e0 Dieu qui fonde la morale\u00a0: \u00ab\u00a0Je veux que mon procureur, mon tailleur, mes valets croient en Dieu\u00a0; et je m\u2019imagine que j\u2019en serai moins vol\u00e9.\u00a0\u00bb Mais il s\u2019en prend \u00e0 la religion qui cr\u00e9e l\u2019intol\u00e9rance et en France, au catholicisme qui b\u00e9n\u00e9ficie de l\u2019appui du pouvoir civil.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il n\u2019y avait en Angleterre qu\u2019une religion, le despotisme serait \u00e0 craindre\u00a0; s\u2019il y en avait deux, elles se couperaient la gorge\u00a0; mais il y en a trente, et elles vivent en paix et heureuses.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1025\" class=\"cit-num\">1025<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Lettres philosophiques<\/em>, ou <em>Lettres anglaises<\/em> (1734)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019auteur admire le r\u00e9gime anglais, qu\u2019il eut tout loisir d\u2019\u00e9tudier en trois ans d\u2019exil. Il expose les le\u00e7ons que la France peut en tirer en maints domaines (religion, \u00e9conomie, politique).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le peuple ressemble \u00e0 des b\u0153ufs, \u00e0 qui il faut un aiguillon, un joug, et du foin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1028\" class=\"cit-num\">1028<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Correspondance<\/em>, 17 avril 1765<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Courtis\u00e9 par les d\u00e9magogues en attendant d\u2019\u00eatre divinis\u00e9 par la R\u00e9volution, le peuple est souvent assimil\u00e9 \u00e0 la populace et ouvertement m\u00e9pris\u00e9 par le mondain Voltaire. De tous les philosophes, il n\u2019est pas le plus aristocratique \u2013 compar\u00e9 \u00e0 Montesquieu, authentique seigneur f\u00e9odal de la Br\u00e8de. Mais c\u2019est le moins \u00ab\u00a0peuple\u00a0\u00bb, s\u2019opposant \u00e0 Rousseau.<\/p>\n<p>Dans la m\u00eame veine et la m\u00eame source, lettre du 19 mars 1766\u00a0: \u00ab\u00a0Il est \u00e0 propos que le peuple soit guid\u00e9 et non pas instruit\u00a0; il n\u2019est pas digne de l\u2019\u00eatre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut bien quelquefois se battre contre ses voisins, mais il ne faut pas br\u00fbler ses compatriotes pour des arguments.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1030\" class=\"cit-num\">1030<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Gallitzin, 19\u00a0juin 1773<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La grande ennemie de la civilisation est la guerre, \u00ab\u00a0boucherie h\u00e9ro\u00efque\u00a0\u00bb qui d\u00e9truit le vainqueur comme le vaincu, mais il y a pire, c\u2019est l\u2019intol\u00e9rance, l\u2019erreur politique majeure, aux yeux de Voltaire. Sous sa forme religieuse, elle fait encore trop de victimes en France, au si\u00e8cle dit des Lumi\u00e8res.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le sang d\u2019un seul homme est d\u2019un plus grand prix que la libert\u00e9 de tout le genre humain.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1048\" class=\"cit-num\">1048<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Jacques <span class=\"caps\">ROUSSEAU<\/span> (1712-1778), Lettre \u00e0 la comtesse de Wartensleben, 27\u00a0septembre 1766. <em>Correspondance<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a la violence en horreur. Mais tous les philosophes dont les hommes de la R\u00e9volution se r\u00e9clameront auraient sans doute d\u00e9savou\u00e9 le tournant qu\u2019elle prendra sous la Terreur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/diderot.jpg\" alt=\"diderot\" title=\"diderot\" width=\"330\" height=\"410\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous sommes l\u2019univers entier. Vrai ou faux, j\u2019aime ce syst\u00e8me qui m\u2019identifie avec tout ce qui m\u2019est cher.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1054\" class=\"cit-num\">1054<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DIDEROT<\/span> (1713-1784), Lettres, \u00e0 Falconet. <em>M\u00e9moires, correspondance et ouvrages in\u00e9dits de Diderot<\/em> (1831)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Curiosit\u00e9 universelle, culture \u00ab\u00a0encyclop\u00e9dique\u00a0\u00bb, travailleur infatigable, auteur d\u2019une \u0153uvre aussi foisonnante que d\u00e9sordonn\u00e9e, amoureux de la nature et adorant la soci\u00e9t\u00e9, il est aussi \u00e0 l\u2019aise avec les petites gens (n\u00e9 de modeste bourgeoisie, d\u00e9but de vie boh\u00e8me, mari\u00e9 \u00e0 une ling\u00e8re) qu\u2019avec les intellectuels des salons et les Grands. En cela, Diderot est bien l\u2019homme de son\u00a0si\u00e8cle. Il l\u2019est aussi par son don pour le bonheur\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019y a qu\u2019un devoir, c\u2019est d\u2019\u00eatre heureux [\u2026] ma pente naturelle, invincible, inali\u00e9nable, est d\u2019\u00eatre heureux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est tr\u00e8s important de ne pas prendre de la cigu\u00eb pour du persil, mais nullement de croire ou de ne pas croire en Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1055\" class=\"cit-num\">1055<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DIDEROT<\/span> (1713-1784), <em>La Lettre sur les aveugles \u00e0 l\u2019usage de ceux qui voient<\/em> (1749)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e8ve des j\u00e9suites a vite \u00ab\u00a0mal\u00a0\u00bb tourn\u00e9\u00a0: du d\u00e9isme au scepticisme, puis \u00e0 l\u2019ath\u00e9isme et au mat\u00e9rialisme. Cette trop libre pens\u00e9e lui vaut trois mois de prison au donjon de Vincennes. Il s\u2019efforcera ensuite d\u2019\u00eatre un peu plus prudent.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un despote, f\u00fbt-il le meilleur des hommes, en gouvernant selon son bon plaisir commet un forfait. C\u2019est un bon p\u00e2tre qui r\u00e9duit ses sujets \u00e0 la condition des animaux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1062\" class=\"cit-num\">1062<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DIDEROT<\/span> (1713-1784), <em>Entretiens avec Catherine\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span><\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il \u00e9crit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0Tout gouvernement arbitraire est mauvais\u00a0; je n\u2019en excepte pas le gouvernement arbitraire d\u2019un ma\u00eetre bon, ferme, juste et \u00e9clair\u00e9.\u00a0\u00bb Paradoxe\u00a0: il est \u00e9perdu de reconnaissance envers Catherine <span class=\"caps\">II<\/span> de Russie, qui lui a achet\u00e9 sa biblioth\u00e8que \u2013 lui en laissant la jouissance \u2013 pour lui permettre de doter sa fille. Devenu courtisan de la tsarine, il perd son ind\u00e9pendance. Il correspond avec elle, va la voir en Russie, entonne les louanges de la \u00ab\u00a0S\u00e9miramis du Nord\u00a0\u00bb, lui trouvant tour \u00e0 tour \u00ab\u00a0l\u2019\u00e2me de C\u00e9sar [\u2026] l\u2019\u00e2me de Brutus [\u2026] avec toutes les s\u00e9ductions de Cl\u00e9op\u00e2tre\u00a0\u00bb. Diderot se voit d\u00e9j\u00e0 bouleversant tout dans l\u2019empire russe. La m\u00eame illusion aveugla un temps Voltaire face au roi de Prusse, Fr\u00e9d\u00e9ric <span class=\"caps\">II<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Votre Altesse Royale sera en \u00e9tat de relever le royaume de la triste situation \u00e0 laquelle il est r\u00e9duit et de le rendre plus puissant qu\u2019il n\u2019a encore \u00e9t\u00e9, de r\u00e9tablir l\u2019ordre des finances, de remettre, entretenir et augmenter l\u2019agriculture, les manufactures et le commerce, d\u2019augmenter le nombre des peuples [\u2026] d\u2019augmenter les revenus du Roi en soulageant les peuples et de diminuer la dette de l\u2019\u00c9tat sans faire tort aux cr\u00e9anciers.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1078\" class=\"cit-num\">1078<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">John <span class=\"caps\">LAW<\/span> (1671-1729), Premi\u00e8re Lettre au duc d\u2019Orl\u00e9ans.<em> Recherches historiques sur le syst\u00e8me de Law<\/em> (1854), \u00c9mile Levasseur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le R\u00e9gent se laisse convaincre\u00a0: c\u2019est la chance d\u2019une France dramatiquement appauvrie. D\u00e8s mai\u00a01716, le banquier \u00e9cossais fonde sa Banque g\u00e9n\u00e9rale (priv\u00e9e), soci\u00e9t\u00e9 par actions, autoris\u00e9e en 1717 \u00e0 \u00e9mettre des billets ayant cours public, promue Banque royale le 4\u00a0d\u00e9cembre 1718. D\u00e8s 1719, le succ\u00e8s du Syst\u00e8me est foudroyant.<\/p>\n<p>Le principe est simple\u00a0: on remplace les pi\u00e8ces d\u2019or et d\u2019argent par du papier-monnaie \u00e0 la circulation plus rapide. Des cr\u00e9dits sont ouverts, garantis par les b\u00e9n\u00e9fices des entreprises de Law qui vont s\u2019\u00e9tendre \u00e0 toute l\u2019\u00e9conomie (coloniales, commerciales, fiscales, financi\u00e8res). Ses soci\u00e9t\u00e9s filles et petites-filles de la Banque royale drainent les capitaux, promettant des plus-values de 40\u00a0% sur les dividendes. Il n\u2019y a th\u00e9oriquement aucun risque\u00a0: l\u2019exploitation des colonies fran\u00e7aises rapportera autant d\u2019argent que n\u00e9cessaire pour rembourser les d\u00e9posants. La Louisiane est un pays de cocagne, les Indes orientales font r\u00eaver. Mais l\u2019aventure finit mal\u2026<\/p>\n<p>Trop de sp\u00e9culateurs l\u2019ignorent encore, mais c\u2019est une loi de la Bourse que la baisse suit la hausse. Chaque si\u00e8cle va l\u2019apprendre \u00e0 ses d\u00e9pens, preuve que l\u2019on ne tire pas suffisamment profit des le\u00e7ons de l\u2019histoire. La R\u00e9gence a v\u00e9cu une \u00ab\u00a0premi\u00e8re\u00a0\u00bb historique, presque un cas d\u2019\u00e9cole.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je n\u2019aime pas d\u00e9faire ce que mes p\u00e8res ont fait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1114\" class=\"cit-num\">1114<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), Lettre \u00e0 Mme\u00a0de Brionne (1770). <em>Louis <span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1980), Pierre Gaxotte<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au nom de cette fid\u00e9lit\u00e9, il se soumet \u00e0 un c\u00e9r\u00e9monial de cour qui lui p\u00e8se autant qu\u2019il \u00e9tait du go\u00fbt de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Ce respect de la tradition vaut en bien d\u2019autres circonstances. Au d\u00e9but de son r\u00e8gne, il \u00e9crit \u00e0 Noailles\u00a0: \u00ab\u00a0Le feu roi mon bisa\u00efeul, que je veux imiter autant qu\u2019il me sera possible\u2026\u00a0\u00bb Mais Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> n\u2019est pas Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et la France du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res ne peut plus accepter une monarchie absolue. Ce malentendu va peser lourd dans l\u2019histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne vous laissez pas gouverner, soyez le ma\u00eetre. N\u2019ayez jamais de favori, ni de Premier ministre. \u00c9coutez, consultez votre Conseil, mais d\u00e9cidez. Dieu qui vous a fait roi vous donnera toutes les lumi\u00e8res qui vous sont n\u00e9cessaires, tant que vous aurez de bonnes intentions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1119\" class=\"cit-num\">1119<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1710-1774), Lettre \u00e9crite en 1714 \u00e0 l\u2019intention de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>. <em>Collection des m\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, M\u00e9moires du duc de Noailles<\/em> (1828)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son ex pr\u00e9cepteur lui servait de Premier ministre sans en avoir le titre. \u00c0 sa mort en janvier\u00a01743, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> re\u00e7oit cette lettre confi\u00e9e par le feu roi \u00e0 Adrien Maurice de Noailles, grand militaire, puis homme politique \u00e0 la tr\u00e8s longue carri\u00e8re. Le duc appuie naturellement les propos du feu roi.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> annonce qu\u2019il gouvernera lui-m\u00eame \u2013 \u00e0 33\u00a0ans, il est plus que temps. Il va s\u2019y essayer, pr\u00e9sidant en personne le Conseil. Mais la t\u00e2che est lourde et le m\u00e9tier de roi est d\u2019une complexit\u00e9 croissante, dans cette monarchie centralis\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les turbulences int\u00e9rieures du r\u00e8gne, les incoh\u00e9rences des conflits europ\u00e9ens et le divorce croissant entre le roi et son peuple.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu\u00a0? Nous nous saluons, mais nous ne nous parlons pas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1129\" class=\"cit-num\">1129<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), \u00e0 un ami s\u2019\u00e9tonnant de le voir se d\u00e9couvrir devant le Saint-Sacrement \u00e0 une procession en 1750, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e9iste, et non ath\u00e9e, le philosophe trouve la religion bien utile, notamment pour donner une morale au peuple.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vois bien qu\u2019on a press\u00e9 l\u2019orange, il faut penser \u00e0 sauver l\u2019\u00e9corce.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1133\" class=\"cit-num\">1133<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0Denis, 18\u00a0d\u00e9cembre 1752. <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Allusion spirituelle au mot du roi Fr\u00e9d\u00e9ric <span class=\"caps\">II<\/span> de Prusse qui lui fut rapport\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019aurai besoin de lui encore un an, tout au plus\u00a0; on presse l\u2019orange et on jette l\u2019\u00e9corce\u00a0\u00bb (2\u00a0septembre 1751).<\/p>\n<p>Voltaire, invit\u00e9 fastueusement \u00e0 Berlin, alors que la cour de France le boude, sera d\u00e9\u00e7u par le despote \u00e9clair\u00e9 qui fait de lui son otage. Dans ce si\u00e8cle fou de communication, il \u00e9crira pr\u00e8s de 15\u00a0000 lettres adress\u00e9es \u00e0 quelque 1 800 correspondants fran\u00e7ais et \u00e9trangers, \u00e9chelonn\u00e9es de\u00a01711 \u00e0\u00a01778\u00a0: elles jettent sur l\u2019\u00e9poque une lumi\u00e8re souvent juste, parfois partisane.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xv.jpg\" alt=\"louis xv\" title=\"louis xv\" width=\"255\" height=\"294\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Anglais ont \u00e9t\u00e9 de tout temps les ennemis constants et implacables de notre sang et de notre maison\u00a0; nous n\u2019en avons jamais eu de plus dangereux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1135\" class=\"cit-num\">1135<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), Lettre \u00e0 Ferdinand <span class=\"caps\">VI<\/span> d\u2019Espagne, 1754. <em>Correspondance de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> et du mar\u00e9chal de Noailles<\/em>, tome <span class=\"caps\">II<\/span> (1865)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il \u00e9crit au roi d\u2019Espagne, comme lui arri\u00e8re-petit-fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et qui pour autant ne fera pas alliance avec la France (d\u2019o\u00f9 le prochain renversement des alliances). De\u00a01688 \u00e0\u00a01815, soit en cent vingt-sept ans, la France soutient contre l\u2019Angleterre sept grandes guerres, qui durent en tout soixante ans\u00a0: on parlera de la \u00ab\u00a0seconde guerre de Cent Ans\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai re\u00e7u, Monsieur, votre nouveau livre contre le genre humain [\u2026] On n\u2019a jamais employ\u00e9 tant d\u2019esprit \u00e0 vouloir nous rendre b\u00eates. Il prend envie de marcher \u00e0 quatre pattes, quand on lit votre ouvrage.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1138\" class=\"cit-num\">1138<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Jean-Jacques Rousseau, 30\u00a0ao\u00fbt 1755, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce jugement vise le <em>Discours sur l\u2019origine et les fondements de l\u2019in\u00e9galit\u00e9 parmi les hommes<\/em>, point de d\u00e9part de la philosophie politique de Rousseau qui annonce d\u00e9j\u00e0 le Contrat social. Il y a incompatibilit\u00e9 d\u2019esprit entre les deux personnages, et Rousseau \u00e9crit \u00e0 son ami M.\u00a0Moulton\u00a0: \u00ab\u00a0Je le ha\u00efrais davantage, si je le m\u00e9prisais moins.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les deux hommes s\u2019opposent en tout. Rappelons le mot de Goethe\u00a0: \u00ab\u00a0Avec Voltaire, c\u2019est un monde qui finit. Avec Rousseau, c\u2019est un monde qui commence.\u00a0\u00bb La R\u00e9volution va les r\u00e9unir, au Panth\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, je suis bien f\u00e2ch\u00e9 d\u2019avoir eu le malheur de vous approcher\u00a0; mais si vous ne prenez pas le parti de votre peuple, avant qu\u2019il soit quelques ann\u00e9es d\u2019ici, vous et Monsieur le Dauphin et quelques autres p\u00e9riront.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1143\" class=\"cit-num\">1143<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Robert Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">DAMIENS<\/span> (1715-1757), premiers mots de sa lettre au roi \u00e9crite dans son cachot, apr\u00e8s l\u2019attentat du 5\u00a0janvier 1757.<em> Si\u00e8cles de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (posthume, 1820), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> ne fut que l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9 par le couteau (un simple canif). Mais il est profond\u00e9ment choqu\u00e9\u00a0par l\u2019attentat\u00a0: outre qu\u2019il redoute effroyablement l\u2019enfer, il comprend soudain et un peu tard qu\u2019il n\u2019est plus le bien-aim\u00e9 de ses sujets.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9moi est grand aussi chez la marquise de Pompadour, hu\u00e9e par le peuple, craignant sa disgr\u00e2ce, faisant d\u00e9j\u00e0 ses malles.<\/p>\n<p>Cet attentat manqu\u00e9 accrut la m\u00e9lancolie et la m\u00e9fiance de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, isolant davantage encore le roi de son entourage et de son peuple.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le monstre est un chien qui aura entendu aboyer quelques chiens [\u2026] et qui aura pris la rage.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1144\" class=\"cit-num\">1144<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0de Lutzelbourg, 20\u00a0janvier 1757, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Damiens a servi comme domestique chez plusieurs magistrats du Parlement de Paris, dont certains tr\u00e8s virulents contre le roi. Il se vanta d\u2019ailleurs d\u2019avoir voulu lui donner une le\u00e7on, pour que d\u00e9sormais il obtemp\u00e9r\u00e2t aux remontrances.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> voulut d\u2019abord pardonner. Il tenta ensuite de minimiser la publicit\u00e9 faite \u00e0 ce geste \u2013 un acte isol\u00e9, \u00e0 n\u2019en pas douter. Chaque conseiller donne un avis diff\u00e9rent. Finalement, Damiens sera jug\u00e9 pour crime de l\u00e8se-majest\u00e9.<\/p>\n<p>Plus fou que r\u00e9gicide, vraisemblablement \u00e9pileptique et simple d\u2019esprit, il est condamn\u00e9 pour \u00ab\u00a0parricide\u00a0\u00bb \u00e0 la s\u00e9rie des supplices jadis inflig\u00e9s \u00e0 Ravaillac. L\u2019ex\u00e9cution se fera devant la foule, en place de Gr\u00e8ve. Toutes les fen\u00eatres sont lou\u00e9es \u00e0 prix d\u2019or\u00a0: le supplice de cet homme particuli\u00e8rement robuste reste dans l\u2019histoire comme l\u2019un des plus atroces.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les ministres passent en revue comme dans une lanterne magique. Par ma foi, notre si\u00e8cle est un pauvre si\u00e8cle, apr\u00e8s le si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1154\" class=\"cit-num\">1154<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0du Deffand, novembre\u00a01758, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Choiseul succ\u00e8de \u00e0 de Bernis pour pr\u00e9parer la revanche contre l\u2019Angleterre, dans la guerre qui tourne au d\u00e9sastre. Il cumule bient\u00f4t les portefeuilles de la Guerre et de la Marine. \u00c0 l\u2019inverse de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, le roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>\u00a0et plus tard Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> auront eu une f\u00e2cheuse tendance \u00e0 laisser tomber les hommes choisis pour les servir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour nous autres Fran\u00e7ais, nous sommes \u00e9cras\u00e9s sur terre, an\u00e9antis sur mer, sans vaisselle, sans esp\u00e9rance\u00a0; mais nous dansons fort joliment.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1157\" class=\"cit-num\">1157<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 M.\u00a0Bettinelli, 24\u00a0mars 1760, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La guerre ne se joue pas sur le sol de France et ne menace pas tragiquement ses fronti\u00e8res, comme au si\u00e8cle dernier ou au si\u00e8cle suivant. Mais elle co\u00fbte de plus en plus cher au pays et la fiscalit\u00e9 s\u2019alourdit\u00a0: la capitation est augment\u00e9e, on instaure un troisi\u00e8me vingti\u00e8me jusqu\u2019\u00e0 la paix. Le probl\u00e8me n\u2019est pourtant pas que financier. L\u2019arm\u00e9e n\u2019a pas de chefs militaires dignes de ce nom et les hommes de gouvernement se r\u00e9v\u00e8lent incapables de g\u00e9rer la situation.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai appris que nous avons perdu Montr\u00e9al et par cons\u00e9quent tout le Canada. Si vous comptez sur nous pour les fourrures de cet hiver, je vous avertis que c\u2019est en Angleterre qu\u2019il faut vous adresser.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1158\" class=\"cit-num\">1158<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">CHOISEUL<\/span> (1719-1785), Lettre \u00e0 Voltaire du 12\u00a0octobre 1760. <em>Les Origines religieuses du Canada<\/em> (1924), Georges Goyau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le ministre ironise, en disciple et ami des philosophes, mais ce grand diplomate, devenu secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat aux Affaires \u00e9trang\u00e8res en 1758 pour venger la d\u00e9faite de Rossbach, d\u00e9plore assur\u00e9ment la perte des \u00ab\u00a0arpents de neige\u00a0\u00bb du Canada. Qu\u00e9bec a capitul\u00e9 en septembre\u00a01759 et Montr\u00e9al un an apr\u00e8s. \u00c0 l\u2019autre bout du monde, Lally-Tollendal va perdre l\u2019Inde.<\/p>\n<p>Choiseul, qui aura de plus en plus de pouvoir (avec l\u2019appui de la Pompadour), tentera de r\u00e9organiser l\u2019arm\u00e9e, d\u00e9consid\u00e9r\u00e9e dans cette d\u00e9sastreuse guerre de Sept Ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tat-major est immense, mais je ne le vois jamais que dormir, jouer et manger\u00a0; s\u2019ils montent \u00e0 cheval, c\u2019est pour \u00e9viter les coups et \u00eatre plus pr\u00eats \u00e0 faire retraite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1170\" class=\"cit-num\">1170<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MOPINOT<\/span> (1717-apr\u00e8s 1762), Lettre du 4\u00a0ao\u00fbt 1762. <em>Correspondance amoureuse et militaire d\u2019un officier pendant la guerre de Sept Ans<\/em> (1905), publi\u00e9e par Jean Lemoine<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole de soldat, t\u00e9moignage sans appel sur l\u2019\u00e9tat de la noblesse \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<p>Les chefs ne sont plus respect\u00e9s, ni respectables. Les quartiers g\u00e9n\u00e9raux sont encombr\u00e9s de vivandi\u00e8res et de domestiques, de carrosses charg\u00e9s d\u2019argenterie, de linge, de costumes. Les officiers vivent dans le luxe et la mollesse. L\u2019historien Fran\u00e7ois Bluche r\u00e9sume la situation\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est Capoue (la France) contre Sparte (la Prusse).\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout ce que je vois jette les semences d\u2019une r\u00e9volution qui arrivera immanquablement et dont je n\u2019aurai pas le plaisir d\u2019\u00eatre t\u00e9moin. Les Fran\u00e7ais arrivent tard \u00e0 tout, mais enfin, ils arrivent [\u2026] Les jeunes gens sont bienheureux\u00a0; ils verront de belles choses.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1172\" class=\"cit-num\">1172<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre au marquis de Chauvelin, 2\u00a0avril 1764, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00eame pr\u00e9diction de Rousseau dans le <em>Contrat social<\/em> de 1762. \u00c0 part cela, les deux hommes s\u2019opposent plus que jamais.<\/p>\n<p>Sexag\u00e9naire, riche et c\u00e9l\u00e8bre, le patriarche de Ferney re\u00e7oit tout ce que le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res compte d\u2019\u00e9crivains, de princes, d\u2019admirateurs. Mais l\u2019\u00ab\u00a0aubergiste de l\u2019Europe\u00a0\u00bb ne se contente pas d\u2019\u00e9crire, de \u00ab\u00a0cultiver son jardin\u00a0\u00bb et d\u2019observer le monde comme il va. Il se bat pour plus de justice, faisant appel \u00e0 ses amis influents, dont le ministre Choiseul et le duc de Richelieu, afin d\u2019obtenir la r\u00e9vision du proc\u00e8s Calas.<\/p>\n<p>La mise en cause des m\u00e9canismes judiciaires, une des plaies de l\u2019Ancien R\u00e9gime, est en soi un acte r\u00e9volutionnaire \u00e0 l\u2019\u00e9poque. L\u2019attitude courageuse de Voltaire fait de lui le premier de nos \u00ab\u00a0intellectuels engag\u00e9s\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On dit que cet infortun\u00e9 jeune homme est mort avec la fermet\u00e9 de Socrate\u00a0; et Socrate a moins de m\u00e9rite que lui\u00a0: car ce n\u2019est pas un grand effort, \u00e0 soixante et dix ans, de boire tranquillement un gobelet de cigu\u00eb\u00a0; mais mourir dans les supplices horribles, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt et un ans\u2026\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1180\" class=\"cit-num\">1180<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 M. le Comte d\u2019Argental, 23\u00a0juillet 1766, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il prend parti pour le chevalier de la Barre\u00a0: accus\u00e9 sans preuve de blasph\u00e8mes, chansons inf\u00e2mes et profanations, et de ne pas s\u2019\u00eatre d\u00e9couvert lors d\u2019une procession de la F\u00eate-Dieu, il fut condamn\u00e9 \u00e0 avoir la langue coup\u00e9e, la t\u00eate tranch\u00e9e, le corps r\u00e9duit en cendres avec un exemplaire du <em>Dictionnaire philosophique<\/em> trouv\u00e9 chez lui, le 1er\u00a0juillet 1766. L\u2019auteur, d\u00e9fenseur des droits de l\u2019homme, se sent doublement concern\u00e9\u00a0! Comme pour Calas, il demande la r\u00e9vision du jugement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Parisiens sont aujourd\u2019hui des sybarites, et crient qu\u2019ils sont couch\u00e9s sur des noyaux de p\u00eache, parce que leur lit de roses n\u2019est pas assez bien fait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1183\" class=\"cit-num\">1183<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0de Florian, 1er\u00a0mars 1769, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9picurien libertin qui chantait jadis \u00ab\u00a0le superflu, chose tr\u00e8s n\u00e9cessaire\u00a0\u00bb juge \u00e0 pr\u00e9sent ses contemporains avec la sagesse d\u2019un vieux philosophe. Le Dauphin (futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>) exprimera bient\u00f4t la m\u00eame id\u00e9e.<\/p>\n<p>Le r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> fut un temps de longue prosp\u00e9rit\u00e9, aux cons\u00e9quences multiples\u00a0: raffinement des m\u0153urs, luxe de la bonne soci\u00e9t\u00e9 gris\u00e9e par sa propre civilisation, \u00e9clat sans pareil du Paris des salons, des caf\u00e9s, des clubs et des spectacles, rayonnement culturel de la France en Europe.<\/p>\n<p>Pour la masse des quelque 20\u00a0millions de paysans, cela s\u2019est traduit par un r\u00e9el mieux-\u00eatre\u00a0: malgr\u00e9 les charges fiscales, le seuil de subsistance est d\u00e9pass\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nos Fran\u00e7ais sont en pleine paix, et nous n\u2019avons pas le sou.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1191\" class=\"cit-num\">1191<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Catherine <span class=\"caps\">II<\/span>, 14\u00a0janvier 1772, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La conjoncture \u00e9conomique et agricole des quatre derni\u00e8res ann\u00e9es du r\u00e8gne est difficile \u2013 il y aura des \u00e9meutes de la faim, en 1773. La France se refait une arm\u00e9e, une marine, mais les imp\u00f4ts ne cessent d\u2019augmenter. Les affaires de Voltaire sont cependant prosp\u00e8res, dans la r\u00e9gion de Ferney.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans les circonstances o\u00f9 se trouve la monarchie fran\u00e7aise, il faudra au jeune roi de la force et du g\u00e9nie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1198\" class=\"cit-num\">1198<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FR\u00c9D\u00c9RIC<\/span> <span class=\"caps\">II<\/span> de Prusse (1712-1786).<em> \u0152uvres posthumes de Fr\u00e9d\u00e9ric <span class=\"caps\">II<\/span>, roi de Prusse\u00a0: Correspondance<\/em> (1788), Frederick <span class=\"caps\">II<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Admirateur de Richelieu, de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et du Grand\u00a0Si\u00e8cle, il porte ce jugement qui vaut d\u00e9j\u00e0 condamnation de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, apr\u00e8s un an de r\u00e8gne. Ce grand politique qui mena la puissance prussienne \u00e0 son apog\u00e9e (avec tous les exc\u00e8s de l\u2019autoritarisme et du centralisme) pr\u00e9voit la course \u00e0 l\u2019ab\u00eeme de la monarchie fran\u00e7aise.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019aura probablement jamais ni la force ni la volont\u00e9 de r\u00e9gner par lui-m\u00eame.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1199\" class=\"cit-num\">1199<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MERCY<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ARGENTEAU<\/span> (1727-1794). <em>Correspondance secr\u00e8te entre Marie-Th\u00e9r\u00e8se et le comte de Mercy-Argenteau<\/em> (posthume, 1874)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ambassadeur d\u2019Autriche \u00e0 Paris de\u00a01780 \u00e0\u00a01790, il exerce une grande influence sur Marie-Antoinette, et sa correspondance avec Marie-Th\u00e9r\u00e8se est un pr\u00e9cieux document sur la France de l\u2019\u00e9poque. Il note l\u2019inqui\u00e9tante suj\u00e9tion du roi vis-\u00e0-vis de sa femme, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s leur mariage\u00a0: \u00ab\u00a0Sa complaisance ressemble \u00e0 de la soumission.\u00a0\u00bb Mirabeau tentant de sauver la royaut\u00e9 en juillet\u00a01790 soupirera\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi n\u2019a qu\u2019un homme\u00a0: c\u2019est sa femme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Choiseul se montre plus s\u00e9v\u00e8re, voyant en Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> un \u00ab\u00a0imb\u00e9cile\u00a0\u00bb au sens d\u2019handicap\u00e9 c\u00e9r\u00e9bral\u00a0; selon ses fr\u00e8res et ses cousins, cette imb\u00e9cillit\u00e9 aurait justifi\u00e9 un Conseil de r\u00e9gence (comme jadis pour Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> le Fou). En fait, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> est surtout un timide maladif, myope de surcro\u00eet au point de ne pas reconna\u00eetre les gens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019amour de mon peuple a retenti jusqu\u2019au fond de mon c\u0153ur. Ah\u00a0! l\u2019on peut commander ailleurs, mais c\u2019est en France qu\u2019on r\u00e8gne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1202\" class=\"cit-num\">1202<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Marie-Antoinette. <em>M\u00e9moires secrets de 1770 \u00e0 1830<\/em> (1838), comte Armand Fran\u00e7ois d\u2019Allonville<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9crite en prison, quelques mois avant sa mort (1792).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Point de banqueroute, point d\u2019augmentation d\u2019imp\u00f4ts, point d\u2019emprunt.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1212\" class=\"cit-num\">1212<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TURGOT<\/span> (1727-1781), Lettre au roi, r\u00e9sumant ses projets de nouveau contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral des Finances, fin ao\u00fbt\u00a01774. <em>\u0152uvres de Mr. Turgot, ministre d\u2019\u00c9tat\u00a0: pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es et accompagn\u00e9es de M\u00e9moires et de notes sur sa vie, son administration et ses ouvrages<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Toutes ses id\u00e9es sont bonnes et il a l\u2019art du raccourci, dans la formule. Il ne manque pas de le rappeler au roi. Mais ses r\u00e9formes vont lui ali\u00e9ner les privil\u00e9gi\u00e9s. Le roi, si faible, si h\u00e9sitant, peut-il vraiment le soutenir dans son combat\u00a0?<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/dalembert.jpg\" alt=\"d\u2019Alembert\" title=\"d\u2019Alembert\" width=\"390\" height=\"482\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si le bien ne se fait pas, c\u2019est que le bien est impossible.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1213\" class=\"cit-num\">1213<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">D\u2019<span class=\"caps\">ALEMBERT<\/span> (1717-1783) apprenant la promotion de Turgot le 24\u00a0ao\u00fbt 1774, Lettre du 12\u00a0septembre au roi Fr\u00e9d\u00e9ric\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de Prusse. \u00ab\u00a0L\u2019Ancien R\u00e9gime et la R\u00e9volution, de la morale naturelle \u00e0 la morale r\u00e9publicaine\u00a0\u00bb, Serge Leroux, <em>Annales historiques de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0\u00a0290 (1992)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u2019Alembert doute d\u00e9j\u00e0. Voltaire regrette d\u2019\u00eatre aux portes de la mort, alors qu\u2019il aper\u00e7oit \u00ab\u00a0en place la vertu et la raison\u00a0\u00bb. Les deux philosophes savent la valeur de ce r\u00e9formateur passionn\u00e9, courageux et honn\u00eate. Mais Turgot, lui-m\u00eame philosophe et savant parfaitement \u00e9clair\u00e9, croit-il possible une r\u00e9forme touchant aux fondements de la soci\u00e9t\u00e9 et de la monarchie, alors que tant d\u2019int\u00e9r\u00eats puissants s\u2019y opposent\u00a0?<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> va redonner tous ses pouvoirs au Parlement qui bloquera syst\u00e9matiquement toute r\u00e9forme. Et il laissera tomber deux ans apr\u00e8s ce personnel minist\u00e9riel qui fait na\u00eetre tant d\u2019espoirs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le nombre infini de maladies qui nous tue est assez grand\u00a0; et notre vie est assez courte pour qu\u2019on puisse se passer du fl\u00e9au de la guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1216\" class=\"cit-num\">1216<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0du Deffand, 27\u00a0f\u00e9vrier 1775, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019octog\u00e9naire \u00e9crit fid\u00e8lement \u00e0 son amie, presque aussi \u00e2g\u00e9e que lui et quasi aveugle, femme de salon qui re\u00e7ut chez elle tous les artistes en renom, s\u00e9duisante et brillante \u00e0 l\u2019image de son temps et pratiquant l\u2019art du portrait avec une talentueuse f\u00e9rocit\u00e9.<\/p>\n<p>Voltaire, de sant\u00e9 fragile durant toute sa longue vie, eut la chance de na\u00eetre en un si\u00e8cle de paix relative. Mais les exemples de guerre ne manquent pas en Europe et la France pr\u00e9pare sa revanche contre l\u2019Angleterre, apr\u00e8s la navrante guerre de Sept Ans. C\u2019est outre-Atlantique qu\u2019elle va se jouer.<\/p>\n<p>Les Fran\u00e7ais vont participer \u00e0 la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique. Turgot s\u2019y oppose, au motif que la France n\u2019a pas les moyens d\u2019une guerre lointaine et maritime, forc\u00e9ment co\u00fbteuse. Mais Vergennes n\u00e9gocie secr\u00e8tement, Beaumarchais trafique activement et les Insurgents re\u00e7oivent de l\u2019argent et des armes, d\u00e8s 1775.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0N\u2019oubliez jamais que c\u2019est la faiblesse qui a mis la t\u00eate de Charles\u00a0Ier sur un billot\u00a0; c\u2019est la faiblesse qui a rendu Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> cruel\u00a0; c\u2019est elle qui a form\u00e9 la Ligue sous Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>\u00a0; qui a fait de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, qui fait aujourd\u2019hui du roi du Portugal des esclaves couronn\u00e9s.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1221\" class=\"cit-num\">1221<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TURGOT<\/span> (1727-1781), Lettre \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, printemps 1776. <em>Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1910), Ernest Lavisse, Paul Vidal de la Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ses r\u00e9formes sont attaqu\u00e9es, le ministre sait sa disgr\u00e2ce proche. Elle lui est signifi\u00e9e le 12\u00a0mai 1776. Il a le geste de refuser la pension offerte par le roi. Turgot a-t-il voulu aller trop loin, trop vite, trop fort\u00a0? A-t-il \u00e9t\u00e9 victime d\u2019un complot appuy\u00e9 par Marie-Antoinette et son entourage\u00a0? Ou la situation de la France d\u2019Ancien R\u00e9gime \u00e9tait-elle vraiment d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9e\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019aurai bient\u00f4t vingt-huit ans. C\u2019est un \u00e2ge o\u00f9 avec de l\u2019\u00e9mulation et quelques connaissances, on peut n\u2019\u00eatre pas tout \u00e0 fait inutile\u00a0; mais c\u2019est aussi celui o\u00f9 l\u2019on n\u2019a plus de temps \u00e0 perdre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1226\" class=\"cit-num\">1226<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791), Lettre \u00e0 M. le Mar\u00e9chal, duc de Noailles, 17\u00a0octobre 1777.<em> \u0152uvres de Mirabeau<\/em>, volume <span class=\"caps\">IV<\/span> (posthume, 1834)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9crite du donjon de Vincennes o\u00f9 Mirabeau va rester trois ans. Son p\u00e8re, qui n\u2019aime pas ce fils mauvais sujet et fort laid, l\u2019a contraint \u00e0 entrer dans l\u2019arm\u00e9e \u00e0 18\u00a0ans et obtenu des lettres de cachet pour le faire mettre en prison \u00e0 plusieurs reprises. Intelligent, passionn\u00e9, acquis aux id\u00e9es des philosophes et partisan d\u2019une monarchie constitutionnelle, il piaffe d\u2019impatience, se faisant fort de vivre de sa plume qu\u2019il monnaie en multipliant pamphlets et libelles contre l\u2019absolutisme royal, les privil\u00e8ges et les abus. Son ordre, la noblesse, le rejette et c\u2019est le tiers \u00e9tat d\u2019Aix qui l\u2019\u00e9lira d\u00e9put\u00e9 aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux. Mirabeau sera la premi\u00e8re grande voix r\u00e9volutionnaire, champion des discours improvis\u00e9s \u00e0 la tribune.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cela ressemble \u00e0 mes id\u00e9es [\u2026] comme un moulin \u00e0 vent ressemble \u00e0 la lune.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1227\" class=\"cit-num\">1227<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TURGOT<\/span> (1727-1781), prenant connaissance du projet de Necker, Lettre \u00e0 Dupont de Nemours, f\u00e9vrier\u00a01778. <em>La Tactique financi\u00e8re de Calonne<\/em> (1901), G.\u00a0Susane<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Necker, ministre en charge des Finances en fait sinon en titre, est salu\u00e9 comme un nouveau Colbert qui va moderniser l\u2019\u00e9conomie de la France. Banquier suisse ayant pr\u00eat\u00e9 de l\u2019argent \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Terray (aux Finances en 1772), il esp\u00e9rait lui succ\u00e9der en 1774, mais Turgot l\u2019avait \u00e9vinc\u00e9.<\/p>\n<p>En fait, Necker emprunte des sommes consid\u00e9rables pour faire face, sans nouveaux imp\u00f4ts, aux d\u00e9penses militaires. Et reprenant un projet de Turgot pour limiter le r\u00f4le des intendants, il tente une d\u00e9centralisation qui multiplie les compromis \u2013 et m\u00e9contentera finalement tout le monde.<\/p>\n<p>Les deux ministres sont l\u2019un et l\u2019autre honn\u00eates et comp\u00e9tents, mais Turgot, proche des physiocrates, pr\u00f4ne une politique \u00e9conomique lib\u00e9rale. Il y a aussi opposition de caract\u00e8re\u00a0: le doctrinaire Turgot passe en force, quand Necker, philanthrope et diplomate, cherche la conciliation.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xvi-1.jpg\" alt=\"louis xvi\" title=\"louis xvi\" width=\"403\" height=\"450\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Prenons-y garde, nous aurons peut-\u00eatre un jour \u00e0 nous reprocher un peu trop d\u2019indulgence pour les philosophes et pour leurs opinions [\u2026] La philosophie trop audacieuse du si\u00e8cle a une arri\u00e8re-pens\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1246\" class=\"cit-num\">1246<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 M. de Malesherbes, 13\u00a0d\u00e9cembre 1786. <em>Correspondance politique et confidentielle in\u00e9dite de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, avec ses fr\u00e8res, et plusieurs personnes c\u00e9l\u00e8bres, pendant les derni\u00e8res ann\u00e9es de son r\u00e8gne, et jusqu\u2019\u00e0 sa mort<\/em> (posthume, 1803)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Malesherbes a voulu la presse plus libre, aid\u00e9 les philosophes \u00e0 r\u00e9pandre leurs id\u00e9es, permis \u00e0 l\u2019<em>Encyclop\u00e9die<\/em> de para\u00eetre, malgr\u00e9 le Parlement hostile. Plusieurs fois disgraci\u00e9, il revient au Conseil du roi en 1787 et sera l\u2019un de ses avocats en 1792.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> manifeste ici une prise de conscience tardive d\u2019un\u00a0si\u00e8cle de Lumi\u00e8res d\u00e9j\u00e0 r\u00e9pandues dans une opinion publique toujours plus avide de r\u00e9formes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai toujours eu pour principe qu\u2019un peuple qui s\u2019\u00e9lance vers la libert\u00e9 doit \u00eatre inexorable envers les conspirateurs\u00a0; qu\u2019en pareil cas, la faiblesse est cruelle, l\u2019indulgence est barbare.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1276\" class=\"cit-num\">1276<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), Lettre, d\u00e9cembre\u00a01792.<em> \u0152uvres de Maximilien Robespierre<\/em> (1840), Maximilien Robespierre, Albert Laponneraye, Armand Carrel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Devenu l\u2019avocat du peuple, absolument sinc\u00e8re dans son extr\u00e9misme, il parle ici au nom du salut public. Ainsi la R\u00e9volution aboutit-elle logiquement \u00e0 la Terreur. Mais la lutte contre les factions et les factieux n\u2019aura de fin qu\u2019avec la mort de Robespierre et ses amis.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/mirabeau.jpg\" alt=\"mirabeau\" title=\"mirabeau\" width=\"400\" height=\"489\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi n\u2019a qu\u2019un homme, c\u2019est sa femme.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1367\" class=\"cit-num\">1367<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791).<em> Marie-Antoinette, Correspondance, 1770-1793<\/em> (2005), \u00c9velyne Lever<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ou encore, selon d\u2019autres sources\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi n\u2019a qu\u2019un seul homme, c\u2019est la reine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>V\u00e9rit\u00e9 connue de tous, \u00e9prouv\u00e9e par Mirabeau devenu le conseiller secret de la couronne qu\u2019il tente de sauver\u00a0: il essaie donc de convaincre la reine avant le roi, dont la faiblesse et les retournements d\u00e9couragent les plus fervents d\u00e9fenseurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les choses qu\u2019on peut \u00e9crire sont si d\u00e9sagr\u00e9ables qu\u2019on n\u2019en est pas souvent tent\u00e9. H\u00e9las\u00a0! [\u2026] Voil\u00e0 une bien triste ann\u00e9e de pass\u00e9e, et Dieu seul sait ce qui arrivera dans celle-ci. L\u2019horizon ne s\u2019\u00e9claircit pas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1383\" class=\"cit-num\">1383<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Mme\u00a0de Polignac (grande amie de Marie-Antoinette), 3\u00a0janvier 1791. <em>Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, Marie-Antoinette et Madame \u00c9lisabeth\u00a0: lettres et documents in\u00e9dits<\/em> (1865), \u00c9lisabeth de France<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi a commenc\u00e9 \u00e0 pr\u00e9parer sa fuite, \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1790. Dernier et dramatique cas de conscience en date du 26\u00a0d\u00e9cembre\u00a0: il a d\u00fb accepter la loi du serment obligeant les pr\u00eatres \u00e0 respecter la Constitution civile du clerg\u00e9 \u2013 mais les \u00ab\u00a0jureurs\u00a0\u00bb seront moins nombreux que les \u00ab\u00a0r\u00e9fractaires\u00a0\u00bb. L\u2019ann\u00e9e \u00e0 venir sera plus terrible encore, pour le roi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut une \u00e2me atroce pour verser le sang de ses sujets, pour opposer une r\u00e9sistance et amener une guerre civile en France [\u2026] Pour r\u00e9ussir, il me fallait le c\u0153ur de N\u00e9ron et l\u2019\u00e2me de Caligula.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1391\" class=\"cit-num\">1391<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 M. de Bouill\u00e9, 3\u00a0juillet 1791. <em>Proc\u00e8s de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span><\/em> (1814), Maurice M\u00e9jan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi \u00e9crit \u00e0 l\u2019un des organisateurs de la fuite \u00e0 Varennes, \u00e9migr\u00e9 \u00e0 Coblenz, qui tente encore d\u2019obtenir sa lib\u00e9ration aupr\u00e8s des cours europ\u00e9ennes. Mais Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> est incapable de vouloir l\u2019irr\u00e9parable\u00a0: le sang vers\u00e9 lui fait toujours horreur, il s\u2019en excuse aupr\u00e8s du marquis et prend sur lui l\u2019\u00e9chec de toute l\u2019op\u00e9ration manqu\u00e9e de Varennes.<\/p>\n<p>Depuis son retour, le roi est assign\u00e9 \u00e0 r\u00e9sidence au palais des Tuileries, \u00ab\u00a0sous la surveillance du peuple\u00a0\u00bb. Il entend les Parisiens hurler des injures derri\u00e8re les grilles de la place Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, rebaptis\u00e9e place de la R\u00e9volution (aujourd\u2019hui, place de la Concorde). La foule enrag\u00e9e menace de tuer \u00ab\u00a0le roi tra\u00eetre\u00a0\u00bb et son \u00ab\u00a0Autrichienne\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Plus de monarchie\u00a0! Plus de tyrans\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les brigands dirent, en entrant chez moi\u00a0: \u00ab\u00a0O\u00f9 est-il, ce grand homme\u00a0? Nous venons le raccourcir.\u00a0\u00bb C\u2019est un des caract\u00e8res de la R\u00e9volution que ce m\u00e9lange de plaisanterie et de f\u00e9rocit\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1412\" class=\"cit-num\">1412<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">RIVAROL<\/span> (1753-1801), Lettre, 12\u00a0mai 1797. <em>Rivarol et la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise pendant la R\u00e9volution et l\u2019\u00e9migration, \u00e9tudes et portraits<\/em> (1883), Mathurin de Lescure<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9crivain politique d\u00e9fenseur de la monarchie, Rivarol a pr\u00e9venu l\u2019irr\u00e9parable et quitt\u00e9 Paris le 10\u00a0juin 1792, peu de jours avant l\u2019irruption des \u00ab\u00a0brigands\u00a0\u00bb dans sa maison.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marie-antoinette.jpg\" alt=\"Marie-Antoinette\" title=\"Marie-Antoinette\" width=\"300\" height=\"422\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Depuis longtemps, les factieux ne prennent plus la peine de cacher le projet d\u2019an\u00e9antir la famille royale [\u2026] Si l\u2019on n\u2019arrive pas, il n\u2019y a que la providence qui puisse sauver le roi et sa famille.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1421\" class=\"cit-num\">1421<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ANTOINETTE<\/span> (1755-1793), Lettre \u00e0 Fersen, 1er\u00a0ao\u00fbt 1792. <em>Histoire de Marie-Antoinette<\/em> (1892), Maxime de la Rocheterie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine appelle au secours le plus fid\u00e8le, le plus s\u00fbr, le plus passionn\u00e9 de ses alli\u00e9s.<\/p>\n<p>Axel de Fersen s\u2019est impliqu\u00e9, personnellement et financi\u00e8rement, dans l\u2019\u00e9pisode de la fuite \u00e0 Varennes. Boulevers\u00e9 par son \u00e9chec, il tente de convaincre toutes les cours europ\u00e9ennes de sauver le couple royal. En vain.<\/p>\n<p>Les deux amants s\u2019\u00e9crivent et s\u2019\u00e9panchent \u00e0 profusion. Ils se sont revus en t\u00eate-\u00e0-t\u00eate le 13\u00a0f\u00e9vrier\u00a01792. Le lendemain, Fersen a vu Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> pour le convaincre de fuir, mais le roi ne peut s\u2019y r\u00e9soudre. Le manifeste de Brunswick n\u2019a fait que dramatiser la situation. La reine en est douloureusement consciente.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La fermentation est au comble, et tout semble pr\u00e9sager pour cette nuit m\u00eame la plus grande commotion \u00e0 Paris. Nous sommes arriv\u00e9s au d\u00e9nouement du drame constitutionnel.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1422\" class=\"cit-num\">1422<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), Lettre \u00e0 Couthon, 9\u00a0ao\u00fbt 1792. <em>Robespierre<\/em> (1946), G\u00e9rard Walter<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Et de conclure\u00a0: \u00ab\u00a0La R\u00e9volution va reprendre un cours plus rapide si elle ne s\u2019ab\u00eeme pas dans le despotisme militaire et dictatorial.\u00a0\u00bb C\u2019est bien vu\u00a0: il \u00e9crit ces mots la veille du drame. Dans la nuit du 9 au 10\u00a0ao\u00fbt, le tocsin sonne aux clochers de la capitale. Il annonce le massacre du 10 ao\u00fbt.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous connaissez mon enthousiasme pour la R\u00e9volution. Eh bien\u00a0! j\u2019en ai honte. Elle est ternie par des sc\u00e9l\u00e9rats, elle est devenue hideuse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1433\" class=\"cit-num\">1433<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme <span class=\"caps\">ROLAND<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 un ami, 5\u00a0septembre 1792.<em> Les Grands Proc\u00e8s de l\u2019histoire<\/em> (1924), Me Henri-Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Manon Roland est surtout connue pour avoir \u00e9t\u00e9 la femme de son mari\u00a0: l\u2019histoire est injuste. Tr\u00e8s cultiv\u00e9e, courtis\u00e9e, mais fid\u00e8le, r\u00e9volutionnaire de la premi\u00e8re heure, elle est mont\u00e9e \u00e0 Paris avec Jean-Marie Roland de la Plati\u00e8re, en 1791. Elle tient salon rue Gu\u00e9n\u00e9gaud, re\u00e7oit les Brissot, Buzot, P\u00e9tion, Robespierre, et se passionne pour la politique, plus excitante que la vie conjugale avec un \u00e9poux de vingt ans son a\u00een\u00e9, qualifi\u00e9 par elle de v\u00e9n\u00e9rable vieillard aim\u00e9 comme un p\u00e8re.<\/p>\n<p>C\u2019est elle, l\u2019\u00e2me du mouvement girondin, avec une influence pr\u00e9pond\u00e9rante durant les trois mois du minist\u00e8re girondin (mars-juin\u00a01792). Elle suivra ses amis politiques dans leur chute et leur mort. Pour l\u2019heure, Mme\u00a0Roland refl\u00e8te l\u2019opinion publique d\u2019une grande partie de la France et d\u00e9teste Danton\u2026 qui le lui rend bien.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La royaut\u00e9 est an\u00e9antie, la noblesse et le clerg\u00e9 ont disparu, le r\u00e8gne de l\u2019\u00e9galit\u00e9 commence.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1445\" class=\"cit-num\">1445<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), premier num\u00e9ro des Lettres \u00e0 ses commettants, \u00e0 tous les Fran\u00e7ais, 30\u00a0septembre 1792. <em>La R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1922), Albert Mathiez<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avocat peu \u00e9loquent \u00e0 ses d\u00e9buts (surnomm\u00e9 la Chandelle d\u2019Arras), d\u00e9put\u00e9 discret sous la Constituante, absent de la L\u00e9gislative, Maximilien (de) Robespierre se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la Convention, en nouveau meneur de la R\u00e9volution. Mais il n\u2019improvise jamais, contrairement \u00e0 Danton\u00a0: il lit ses discours interminables, emphatiques et rh\u00e9toriques.<\/p>\n<p>Robespierre et les Montagnards se d\u00e9clarent partisans de mesures sociales que l\u2019on pourrait qualifier de socialistes, voire communistes. Tous les d\u00e9put\u00e9s, Montagnards comme Girondins, ont pourtant la m\u00eame origine bourgeoise, ais\u00e9e \u2013 un seul d\u00e9put\u00e9 ouvrier et 15 cultivateurs, \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/brissot.jpg\" alt=\"brissot\" title=\"brissot\" width=\"400\" height=\"486\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique fran\u00e7aise ne doit avoir pour bornes que le Rhin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1453\" class=\"cit-num\">1453<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques-Pierre <span class=\"caps\">BRISSOT<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Dumouriez, 27\u00a0novembre\u00a01792. <em>J.-P.\u00a0Brissot, correspondance et papiers<\/em> (posthume, 1912), Jacques-Pierre Brissot de Warville<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Selon l\u2019historien Albert Mathiez, \u00ab\u00a0Brissot affublait du bonnet rouge la vieille politique monarchique des fronti\u00e8res naturelles\u00a0\u00bb. D\u00e8s 1791, il affirmait que la R\u00e9volution doit \u00eatre \u00ab\u00a0expansionniste, sous peine d\u2019\u00eatre d\u00e9truite\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne pourrons \u00eatre tranquilles que lorsque l\u2019Europe, et toute l\u2019Europe, sera en feu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1456\" class=\"cit-num\">1456<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques-Pierre <span class=\"caps\">BRISSOT<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Servant, 26\u00a0novembre 1792. <em>Robespierre\u00a0: la v\u00e9rit\u00e9 de la R\u00e9volution<\/em> (1992), Jean Huguet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au fil des lettres, des discours et des jours, Brissot se r\u00e9v\u00e8le l\u2019un des plus constants partisans de la guerre, parmi les chefs girondins traditionnellement bellicistes. Mais les m\u00eames convictions se retrouvent dans toutes les tendances de l\u2019assembl\u00e9e, en cet automne combattant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Assembl\u00e9e nationale renferme dans son sein les d\u00e9vastateurs de ma monarchie, mes d\u00e9nonciateurs, mes juges et probablement mes bourreaux\u00a0! On n\u2019\u00e9claire pas de pareils hommes, on ne les rend pas justes, on peut encore moins les attendrir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1461\" class=\"cit-num\">1461<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Malesherbes \u00e9crite \u00e0 la prison du Temple, d\u00e9cembre\u00a01792. Lettre <span class=\"caps\">LXXI<\/span>, non dat\u00e9e. <em>Collection des m\u00e9moires relatifs \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1822), Saint-Albin Berville, Fran\u00e7ois Barri\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Convention s\u2019est \u00e9rig\u00e9e en tribunal\u00a0: le proc\u00e8s du roi se tient donc dans la salle du Man\u00e8ge, toujours ouverte au public, ce qui dramatise encore l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, devenu Louis Capet (dynastie des Cap\u00e9tiens), choisit d\u2019abord un avocat renomm\u00e9, Target, qui se d\u00e9robe, craignant d\u2019\u00eatre compromis. Un autre accepte, Tronchet, mais \u00e9met des r\u00e9serves pour pr\u00e9server sa responsabilit\u00e9. Malesherbes (73\u00a0ans) propose ses services, par fid\u00e9lit\u00e9 au ma\u00eetre qui l\u2019honora de sa confiance, en tant que ministre \u2013 le roi est fort touch\u00e9 par ce geste. Et Des\u00e8ze viendra assister ses deux confr\u00e8res.<\/p>\n<p>Le roi \u00e9crit, dans la m\u00eame lettre \u00e0 Malesherbes\u00a0: \u00ab\u00a0Il faudrait s\u2019adresser non \u00e0 la Convention, mais \u00e0 la France enti\u00e8re, qui jugerait mes juges, et me rendrait, dans le c\u0153ur de mes peuples, une place que je n\u2019ai jamais m\u00e9rit\u00e9 de perdre.\u00a0\u00bb L\u2019id\u00e9e de l\u2019appel au peuple, d\u00e9fendue par les Girondins, sera propos\u00e9e, mais rejet\u00e9e par la majorit\u00e9 de l\u2019Assembl\u00e9e. Le proc\u00e8s se d\u00e9roule du 10\u00a0d\u00e9cembre 1792 au 20\u00a0janvier 1793.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je subirai le sort de Charles\u00a0Ier, et mon sang coulera pour me punir de n\u2019en avoir jamais vers\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1465\" class=\"cit-num\">1465<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Malesherbes, \u00e9crite au Temple, d\u00e9cembre\u00a01792. <em>M\u00e9moires du marquis de Ferri\u00e8res<\/em> (1822)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9c\u00e9dent historique maintes fois rappel\u00e9\u00a0: Charles\u00a0Ier, roi d\u2019Angleterre, d\u2019\u00c9cosse et d\u2019Irlande, victime de la r\u00e9volution anglaise, jug\u00e9 par le Parlement, d\u00e9capit\u00e9 en 1649.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, ce roi si faible, incapable de r\u00e9gner quand il avait le pouvoir et les hommes (quelques grands ministres), cet homme de 38\u00a0ans, pr\u00e9matur\u00e9ment vieilli, parfois compar\u00e9 \u00e0 un vieillard, va faire preuve de courage et de lucidit\u00e9 dans ces deux derniers mois. Toujours \u00e0 son ami et avocat, Malesherbes, il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne me fais pas d\u2019illusion sur mon sort\u00a0; les ingrats qui m\u2019ont d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 ne s\u2019arr\u00eateront pas au milieu de leur carri\u00e8re\u00a0; ils auraient trop \u00e0 rougir de voir sans cesse sous leurs yeux leur victime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous savez l\u2019affreuse nouvelle, ma bonne Rose. Votre c\u0153ur, comme mon c\u0153ur, en a tressailli d\u2019indignation. Voil\u00e0 donc notre pauvre France livr\u00e9e aux mis\u00e9rables qui nous ont d\u00e9j\u00e0 fait tant de mal [\u2026] Tous ces hommes qui devaient nous donner la libert\u00e9 l\u2019ont assassin\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1486\" class=\"cit-num\">1486<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charlotte <span class=\"caps\">CORDAY<\/span> (1768-1793), Lettre \u00e0 une amie, 28\u00a0janvier 1793.<em> Les Grands Proc\u00e8s de l\u2019histoire<\/em> (1924), Me Henri-Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est le cri du c\u0153ur d\u2019une partie de la France, litt\u00e9ralement \u00e9pouvant\u00e9e d\u2019avoir tu\u00e9 son roi.<\/p>\n<p>Autre cons\u00e9quence directe, impr\u00e9vue sinon impr\u00e9visible, et la plus dramatique de toutes, la guerre de Vend\u00e9e, une guerre civile qui va d\u00e9chirer, endeuiller, marquer profond\u00e9ment le pays.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/mme_roland.jpg\" alt=\"Mme ROLAND\" title=\"Mme ROLAND\" width=\"400\" height=\"531\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le brigand qui pers\u00e9cute, l\u2019homme exalt\u00e9 qui injurie, le peuple tromp\u00e9 qui assassine suivent leur instinct et font leur m\u00e9tier. Mais l\u2019homme en place qui les tol\u00e8re, sous quelque pr\u00e9texte que ce soit, est \u00e0 jamais d\u00e9shonor\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1513\" class=\"cit-num\">1513<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme <span class=\"caps\">ROLAND<\/span> (1754-1793), Lettre au ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, 20\u00a0juin\u00a01793, prison de l\u2019Abbaye. <em>Lettres de Madame Roland de 1780 \u00e0 1793<\/em> (1902), publi\u00e9es par Claude Perroud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le ministre s\u2019appelle Garat, il a remplac\u00e9 Roland, son mari. Elle le conna\u00eet et le juge ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0aimable homme de soci\u00e9t\u00e9, homme de lettres m\u00e9diocre et d\u00e9testable administrateur\u00a0\u00bb. Il l\u2019a laiss\u00e9 arr\u00eater et emprisonner \u00e0 l\u2019Abbaye. Jean-Marie Roland a r\u00e9ussi \u00e0 fuir, avec quelques Girondins. Elle \u00e9crit aussi \u00e0 la Convention, au ministre de la Justice, des lettres cinglantes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les tyrans peuvent me pers\u00e9cuter\u00a0: mais m\u2019avilir\u00a0? Jamais, jamais\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1518\" class=\"cit-num\">1518<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme <span class=\"caps\">ROLAND<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Buzot, d\u00e9but de l\u2019\u00e9t\u00e9 1793. <em>M\u00e9moires de Mme\u00a0Roland<\/em> (1840), Mme\u00a0Roland, Jules Ravenel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Derri\u00e8re les grilles et les verrous, je suis plus paisible avec ma conscience que mes oppresseurs ne le sont avec leur domination.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le c\u0153ur de Manon parle plus encore que sa raison\u00a0: lib\u00e9r\u00e9e de la pr\u00e9sence de son mari, elle ressent son arrestation comme un soulagement et laisse libre cours \u00e0 sa passion (platonique) pour Buzot\u00a0: \u00ab\u00a0Je ch\u00e9ris ces fers o\u00f9 il m\u2019est libre de t\u2019aimer sans partage.\u00a0\u00bb Rel\u00e2ch\u00e9e le 24\u00a0juin, arr\u00eat\u00e9e une heure apr\u00e8s, plac\u00e9e \u00e0 Sainte-P\u00e9lagie, transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 la Conciergerie, dite l\u2019antichambre de la mort, elle attend son jugement, le 8\u00a0novembre. Respect\u00e9e par les gardiens, elle peut avoir du mat\u00e9riel pour \u00e9crire et recevoir des visites. Ses <em>M\u00e9moires<\/em> (sous-titr\u00e9es <em>Appel \u00e0 l\u2019impartiale post\u00e9rit\u00e9<\/em>) sont destin\u00e9es \u00e0 sa fille Eudora.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai vu des membres de ce tribunal\u00a0; ils ont plut\u00f4t l\u2019air de bourreaux que de juges.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1556\" class=\"cit-num\">1556<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Ren\u00e9 choudieu (1761-1838), lettre au Comit\u00e9 de salut public, 1793. <em>Quelques souvenirs du r\u00e8gne de la Terreur \u00e0 Cambrai<\/em> (1860), Pierre-Joseph Th\u00e9nard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00eame un Montagnard tr\u00e8s motiv\u00e9 dans ses activit\u00e9s r\u00e9volutionnaires, r\u00e9pressif sur le terrain, ardent \u00e0 p\u00e9titionner contre les ennemis de la patrie, s\u2019effraie publiquement des jugements exp\u00e9ditifs du Tribunal r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019y a que deux esp\u00e8ces de plans de campagne, les bons et les mauvais. Les bons \u00e9chouent presque toujours par des circonstances impr\u00e9vues qui font souvent r\u00e9ussir les mauvais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1561\" class=\"cit-num\">1561<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le capitaine Bonaparte, chef d\u2019artillerie, entre \u00e0 24\u00a0ans dans l\u2019histoire au si\u00e8ge de Toulon\u00a0: les Anglais occupaient la ville, reprise \u00e0 l\u2019ennemi le 18\u00a0d\u00e9cembre 1793.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le sommeil bienfaisant a suspendu mes maux\u00a0; on n\u2019a pas le sentiment de sa captivit\u00e9, on est libre quand on dort.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1581\" class=\"cit-num\">1581<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Camille <span class=\"caps\">DESMOULINS<\/span> (1760-1794), Lettre \u00e0 Lucile, 1er\u00a0avril 1794.<em>\u00a0 \u0152uvres de Camille Desmoulins<\/em> (posthume, 1866)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s les H\u00e9bertistes trop enrag\u00e9s vient le tour des Dantonistes trop mod\u00e9r\u00e9s. Danton, Desmoulins, Lacroix et Philippeaux\u00a0: arr\u00eat\u00e9s le 30\u00a0mars, sit\u00f4t jug\u00e9s pour crime d\u2019indulgence. Telle est la logique de la Terreur. \u00ab\u00a0Le nombre des coupables n\u2019est pas si grand\u00a0!\u00a0\u00bb, dit Robespierre le 31\u00a0mars. Mais il est petit \u00e0 l\u2019infini, si les proscriptions n\u2019ont pas de fin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut avoir le courage de l\u2019avouer, Madame, longtemps nous n\u2019avons point compris la r\u00e9volution dont nous sommes les t\u00e9moins, longtemps nous l\u2019avons prise pour un \u00e9v\u00e9nement. Nous \u00e9tions dans l\u2019erreur\u00a0: c\u2019est une \u00e9poque\u00a0; et malheur aux g\u00e9n\u00e9rations qui assistent aux \u00e9poques du monde\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1626\" class=\"cit-num\">1626<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joseph de <span class=\"caps\">MAISTRE<\/span> (1753-1821), Lettre \u00e0 la marquise de Costa, 1794. <em>Joseph de Maistre<\/em> (1963), Claude-Joseph Gignoux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lettre \u00e9crite apr\u00e8s un an d\u2019exil en Suisse, terre d\u2019asile pour beaucoup d\u2019\u00e9migr\u00e9s. Ce philosophe, magistrat et historien, fut d\u2019abord acquis aux id\u00e9es nouvelles \u2013\u00a0le roi lui-m\u00eame n\u2019y \u00e9tait pas hostile. Mais les exc\u00e8s et les d\u00e9rives le poussent dans le camp des contre-r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p>Bien des nobles de cette \u00e9poque ont d\u00fb penser ainsi. Les peuples heureux n\u2019ont pas d\u2019histoire, et la R\u00e9volution est et reste l\u2019\u00e9poque la plus m\u00e9morable de l\u2019histoire de France, pour le meilleur et pour le pire, avec un inventaire toujours \u00e0 suivre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Directoire est persuad\u00e9, citoyen g\u00e9n\u00e9ral, que vous regardez la gloire des beaux-arts comme attach\u00e9e \u00e0 celle de l\u2019arm\u00e9e que vous commandez. L\u2019Italie leur doit en grande partie ses richesses et son illustration\u00a0; mais le temps est arriv\u00e9 o\u00f9 leur r\u00e8gne doit passer en France pour affermir et embellir celui de la libert\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1660\" class=\"cit-num\">1660<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Le Directoire ex\u00e9cutif au G\u00e9n\u00e9ral en chef Bonaparte, Lettre du 7\u00a0mai\u00a01796, 18 flor\u00e9al an\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>. <em>Correspondance in\u00e9dite officielle et confidentielle de Napol\u00e9on Bonaparte<\/em> (1809), Napol\u00e9on\u00a0Ier, Charles-Th\u00e9odore Beauvais de Pr\u00e9au<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La campagne d\u2019Italie rapporte beaucoup d\u2019\u0153uvres d\u2019art \u00e0 la France. Tableaux de Vinci, Corr\u00e8ge, Michel-Ange, Rubens, vases sacr\u00e9s, tr\u00e9sors de paroisses et de couvents, madones et saints emball\u00e9s, d\u00e9ball\u00e9s\u2026 admir\u00e9s\u00a0! Le bourgeois trouve \u00ab\u00a0tr\u00e8s convenable et tr\u00e8s \u00e9conomique de ne pas \u00eatre oblig\u00e9 de faire le voyage d\u2019Italie pour voir des monuments qui ne seront nullement d\u00e9plac\u00e9s \u00e0 Paris\u00a0\u00bb (Albert Sorel,<em> Bonaparte en Italie<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vos int\u00e9r\u00eats sont ceux de la R\u00e9publique, votre gloire celle de la nation enti\u00e8re. Vous \u00eates le h\u00e9ros de la France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1665\" class=\"cit-num\">1665<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Lazare <span class=\"caps\">CARNOT<\/span> (1753-1823), Lettre au g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte, 3\u00a0janvier 1797.<em> L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise, Cinqui\u00e8me partie, Bonaparte et le Directoire<\/em> (1903), Albert Sorel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette lettre du Directeur exprime l\u2019opinion g\u00e9n\u00e9rale devant les victoires de Bonaparte en Italie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je rentre avec joie dans les rangs de simple citoyen.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1678\" class=\"cit-num\">1678<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">BARRAS<\/span> (1755-1829), Lettre de d\u00e9mission, 18 brumaire an\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> (9\u00a0novembre\u00a01799). <em>M\u00e9moires de Barras, membre du Directoire<\/em> (posthume, 1896), Paul Barras (vicomte de)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bonaparte obligea sans doute ce puissant Directeur \u00e0 \u00e9crire ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Quel que soit le poste o\u00f9 l\u2019appelle d\u00e9sormais l\u2019int\u00e9r\u00eat public, les p\u00e9rils de la libert\u00e9 sont surmont\u00e9s et les int\u00e9r\u00eats des arm\u00e9es sont garantis. Je rentre avec joie\u2026\u00a0\u00bb Non sans raison, Bonaparte se m\u00e9fiait du personnage.<\/p>\n<p>Ce 18 brumaire, trois Directeurs ont d\u00e9missionn\u00e9 \u2013 Siey\u00e8s et Ducos, spontan\u00e9ment, et Barras contraint. Les deux autres, suspects de sympathies jacobines, sont destitu\u00e9s et arr\u00eat\u00e9s. Il n\u2019y a plus d\u2019ex\u00e9cutif, reste le pouvoir l\u00e9gislatif, avec les deux Assembl\u00e9es.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/napoleon_0.jpg\" alt=\"Napol\u00e9on \" title=\"Napol\u00e9on \" width=\"400\" height=\"323\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Souvenez-vous que je marche accompagn\u00e9 du dieu de la guerre et du dieu de la fortune.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1679\" class=\"cit-num\">1679<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Conseil des Anciens, 19 brumaire an\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> (10\u00a0novembre\u00a01799). <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les d\u00e9put\u00e9s des deux assembl\u00e9es doivent voter la r\u00e9vision de la Constitution, encore faut-il convaincre le Conseil des Cinq-Cents, majoritairement contre. De crainte que le peuple parisien ne s\u2019invite aux d\u00e9bats, les \u00e9lus vont se r\u00e9unir le lendemain au ch\u00e2teau de Saint-Cloud.<\/p>\n<p>Bonaparte harangue les \u00ab\u00a0Citoyens repr\u00e9sentants\u00a0\u00bb. Les Anciens ne r\u00e9agissent pas, mais il est hu\u00e9 par les Cinq-Cents. Sa rh\u00e9torique mena\u00e7ante rappelle les grandes heures r\u00e9volutionnaires \u2013 et l\u2019\u00e9poque est r\u00e9volue. On crie\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 bas le dictateur\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Lucien Bonaparte, qui pr\u00e9side l\u2019Assembl\u00e9e, sauve son fr\u00e8re d\u00e9faillant, \u00e9vacu\u00e9 de la salle par les grenadiers. Il invoque des menaces de mort, Murat fait donner la troupe, ses hommes chargent \u00e0 la ba\u00efonnette, les d\u00e9put\u00e9s se dispersent. Le coup d\u2019\u00c9tat parlementaire du 18 Brumaire est devenu militaire et r\u00e9ussit finalement le 19.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019envie votre heureux sort\u00a0; vous allez, avec des braves, faire de belles choses. Je troquerais volontiers ma pourpre consulaire pour une \u00e9paulette de chef de brigade sous vos ordres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1699\" class=\"cit-num\">1699<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), au g\u00e9n\u00e9ral Moreau, commandant en chef de l\u2019arm\u00e9e du Rhin, 16\u00a0mars 1800. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Premier Consul, tr\u00e8s actif \u00e0 Paris et pr\u00e9parant d\u2019indispensables r\u00e9formes, avoue au g\u00e9n\u00e9ral qu\u2019il s\u2019ennuie, quand il ne fait pas la guerre \u2013 qui a repris en Italie, face aux Autrichiens. C\u2019est la suite de la deuxi\u00e8me coalition, alliance des puissances europ\u00e9ennes (dont l\u2019Angleterre) contre la France. Deux mois plus tard, trop heureux, il part \u00ab\u00a0\u00e0 grands pas au secours de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie pour lui donner un coup de main\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est sur le champ de bataille de Marengo, au milieu des souffrances et environn\u00e9 de quinze mille cadavres, que je conjure Votre Majest\u00e9 d\u2019\u00e9couter le cri de l\u2019humanit\u00e9 et de ne pas permettre qu\u2019une g\u00e9n\u00e9ration de deux braves et puissantes nations s\u2019entr\u2019\u00e9gorge pour des int\u00e9r\u00eats qui lui sont \u00e9trangers.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1709\" class=\"cit-num\">1709<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre du Premier Consul \u00e0 l\u2019empereur d\u2019Autriche, 25\u00a0d\u00e9cembre 1800. <em>Histoire de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0Ier, surnomm\u00e9 le Grand<\/em> (1867), Nicolas Batjin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s Marengo, il souhaite transformer l\u2019armistice en paix v\u00e9ritable, pour se \u00ab\u00a0donner uniquement \u00e0 l\u2019administration de la France\u00a0\u00bb. Mais apr\u00e8s une courte tr\u00eave, la guerre continue\u00a0: au total, vingt-trois ann\u00e9es, le conflit remontant \u00e0 la R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019espace qui s\u00e9pare la Grande-Bretagne du continent n\u2019est point infranchissable.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1718\" class=\"cit-num\">1718<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre \u00e0 Talleyrand, ministre des Relations ext\u00e9rieures, 19\u00a0avril 1801. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cela sonne comme une menace. En f\u00e9vrier\u00a01798, le Directoire soumit \u00e0 Bonaparte un projet d\u2019invasion de l\u2019Angleterre. Sur le sage conseil de Talleyrand, l\u2019ambitieux a renonc\u00e9, pr\u00e9f\u00e9rant combattre l\u2019ennemi en M\u00e9diterran\u00e9e, d\u2019o\u00f9 la campagne d\u2019\u00c9gypte. Mais l\u2019id\u00e9e revient.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les conqu\u00e9rants habiles ne sont jamais brouill\u00e9s avec les pr\u00eatres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1719\" class=\"cit-num\">1719<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre \u00e0 Lucien Bonaparte, ambassadeur \u00e0 Madrid, 18\u00a0avril 1801. <em>Courrier litt\u00e9raire, <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1848), \u00c9mile Henriot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans cet esprit, le Premier Consul signe avec le pape Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> le Concordat du 15\u00a0juillet 1801, adopt\u00e9 le 8\u00a0avril\u00a01802 par les Assembl\u00e9es. Ce compromis religieux r\u00e8gle les relations entre l\u2019\u00c9glise et l\u2019\u00c9tat, jusqu\u2019\u00e0 la loi consacrant leur s\u00e9paration, en 1905.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bonaparte, tr\u00e8s en col\u00e8re de l\u2019impassibilit\u00e9 de Paris, a dit \u00e0 ses courtisans r\u00e9unis\u00a0: \u00ab\u00a0Que leur faut-il donc\u00a0?\u00a0\u00bb Et personne ne s\u2019est lev\u00e9 pour lui dire\u00a0: \u00ab\u00a0La libert\u00e9, citoyen consul, la libert\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1723\" class=\"cit-num\">1723<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817). <em>Lettres in\u00e9dites de Mme\u00a0de Sta\u00ebl \u00e0 Henri Meister<\/em> (posthume, 1903)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est \u00e9videmment le genre de v\u00e9rit\u00e9 que le \u00ab\u00a0citoyen consul\u00a0\u00bb et futur empereur ne saurait entendre.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/napoleon_egypte.jpg\" alt=\"Napol\u00e9on \u00e9gypte\" title=\"Napol\u00e9on \u00e9gypte\" width=\"400\" height=\"340\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis annul\u00e9 de la nature humaine\u00a0! j\u2019ai besoin de solitude et d\u2019isolement\u00a0; la grandeur m\u2019ennuie\u00a0; le sentiment est dess\u00e9ch\u00e9\u00a0; la gloire est fade\u00a0; \u00e0 29 ans, j\u2019ai tout \u00e9puis\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1767\" class=\"cit-num\">1767<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre \u00e0 Joseph Bonaparte, Le\u00a0Caire 25\u00a0juillet\u00a01799. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises<\/em>, Le Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est moins un mot historique (apr\u00e8s la victoire d\u2019Aboukir) qu\u2019un diagnostic de d\u00e9pression nerveuse \u2013 br\u00e8ve, il va aussit\u00f4t quitter l\u2019\u00c9gypte et rentrer \u00e0 Paris pour pr\u00e9parer son coup d\u2019\u00c9tat de brumaire.<\/p>\n<p>Hyperactif quasi maladif, infatigable battant, il songe au suicide, la premi\u00e8re fois \u00e0 17 ans. Il fera plusieurs tentatives, \u00e0 Arcis-sur-Aube o\u00f9 il se bat (1814), \u00e0 Fontainebleau apr\u00e8s l\u2019abdication, o\u00f9 il use du poison, puis \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Elbe, lieu du premier exil, avant de reprendre courage. Br\u00e8ves faiblesses d\u2019un homme fort.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a diff\u00e9rentes mani\u00e8res d\u2019assassiner un homme\u00a0: par le pistolet, par l\u2019\u00e9p\u00e9e, par le poison ou par l\u2019assassinat moral. C\u2019est la m\u00eame chose, au d\u00e9finitif, except\u00e9 que ce dernier moyen est le plus cruel.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1776\" class=\"cit-num\">1776<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), <em>Correspondance<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Qui veut la fin veut les moyens, et l\u2019assassinat du duc d\u2019Enghien, sommairement jug\u00e9 et fusill\u00e9 de nuit, dans les foss\u00e9s du ch\u00e2teau de Vincennes, sera \u00ab\u00a0pire qu\u2019un crime, une faute\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>L\u2019assassinat moral, par calomnie, manipulation, fausses d\u00e9nonciations, attaques propres \u00e0 d\u00e9shonorer l\u2019adversaire, Napol\u00e9on a pratiqu\u00e9 tout cela, aid\u00e9 par sa police, sa diplomatie, ses services secrets. Il en fut \u00e9galement victime. Aucun homme, de son vivant comme apr\u00e8s sa mort, n\u2019aura \u00e9t\u00e9 davantage expos\u00e9 \u00e0 cet assassinat moral, pratiqu\u00e9 par tous les opposants, royalistes ou Jacobins, ath\u00e9es ou religieux, parlementaires ou terroristes, intrigants ou ambitieux, ingrats ou tra\u00eetres \u00e0 sa m\u00e9moire. Peut-on dire que c\u2019est malheureusement \u00ab\u00a0de bonne guerre\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<p>Le seul assassinat moral qu\u2019il redoute concerne son fils, l\u2019Aiglon. Il sait la fragilit\u00e9 du prince, et comme il sera expos\u00e9. Sa mort pr\u00e9matur\u00e9e le sauvera, paradoxalement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les femmes sont l\u2019\u00e2me de toutes les intrigues, on devrait les rel\u00e9guer dans leur m\u00e9nage, les salons du gouvernement devraient leur \u00eatre ferm\u00e9s.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1779\" class=\"cit-num\">1779<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre de celui qui n\u2019est encore que jeune g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 son fr\u00e8re Joseph, 8\u00a0septembre\u00a01795. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises<\/em>, Le Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On croirait lire Richelieu. Et dans le m\u00eame esprit\u00a0: \u00ab\u00a0Mieux vaut que les femmes travaillent de l\u2019aiguille que de la langue, surtout pour se m\u00ealer des affaires politiques.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sa misogynie est connue. Elle a des cons\u00e9quences juridiques, dans le Code civil\u00a0: la femme vit sous la tutelle du mari, qui peut l\u2019envoyer en prison si elle commet un adult\u00e8re. Un homme dans la m\u00eame situation sera puni d\u2019une simple amende. M\u00eame in\u00e9galit\u00e9 de traitement en mati\u00e8re de divorce\u00a0: pour l\u2019obtenir, la femme doit \u00e9tablir que son \u00e9poux a \u00e9tabli sa concubine au foyer commun. Par ailleurs, l\u2019instruction est r\u00e9serv\u00e9e aux hommes, dans les lyc\u00e9es et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9.<\/p>\n<p>Il motive cette misogynie avec des attendus laborieux\u00a0: \u00ab\u00a0La femme est notre propri\u00e9t\u00e9, nous ne sommes pas la sienne\u00a0; car elle nous donne des enfants, et l\u2019homme ne lui en donne pas. Elle est donc sa propri\u00e9t\u00e9 comme l\u2019arbre \u00e0 fruit est celle du jardinier.\u00a0\u00bb Ou des consid\u00e9rations domestiques\u00a0: \u00ab\u00a0Les hommes sont faits pour le grand jour. Les femmes sont faites pour l\u2019intimit\u00e9 de la famille et pour vivre dans leur int\u00e9rieur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Bien que misogyne, Napol\u00e9on a beaucoup de ma\u00eetresses, mais ce n\u2019est pas un bon amant \u2013 en homme trop press\u00e9, il n\u2019\u00f4te m\u00eame pas ses bottes. Il a beaucoup aim\u00e9 sa premi\u00e8re femme \u2013 Jos\u00e9phine, qui l\u2019a beaucoup tromp\u00e9. Et tr\u00e8s peu la seconde, Marie-Louise, qui lui a quand m\u00eame fait un fils, l\u2019Aiglon.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je m\u2019afflige de ma mani\u00e8re de vivre qui, m\u2019entra\u00eenant dans les camps, dans les exp\u00e9ditions, d\u00e9tourne mes regards de ce premier objet de mes soins [\u2026], une bonne et solide organisation de ce qui tient aux banques, aux manufactures et au commerce.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1804\" class=\"cit-num\">1804<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) \u00e0 Barb\u00e9-Marbois, Camp de Boulogne, 24\u00a0ao\u00fbt 1805. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce regret de ne pas faire assez pour les institutions revient souvent. Pourtant, Napol\u00e9on Ier Empereur, apr\u00e8s Bonaparte Premier Consul, fit beaucoup en ce domaine, mais loin des champs de bataille et de ses hommes, il avouait s\u2019ennuyer.<\/p>\n<p>Boulogne est un lieu strat\u00e9gique\u00a0: Napol\u00e9on y concentre son arm\u00e9e, avec une grande flotte, en vue du d\u00e9barquement en Angleterre, si longtemps r\u00eav\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Votre Saintet\u00e9 est souveraine de Rome, mais j\u2019en suis l\u2019Empereur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1812\" class=\"cit-num\">1812<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Sa Saintet\u00e9 le Pape, Paris, 13\u00a0f\u00e9vrier 1806. <em>L\u2019\u00c9glise et la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0: histoire des relations de l\u2019\u00c9glise et de l\u2019\u00c9tat<\/em> (1864), Edmond de Pressens\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En vertu du Concordat (1801), il pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0Nos conditions doivent \u00eatre que Votre Saintet\u00e9 aura pour moi, dans le temporel, les m\u00eames \u00e9gards que je lui porte pour le spirituel.\u00a0\u00bb Mais les relations vont se g\u00e2ter, entre ces deux fortes personnalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> voit d\u2019un mauvais \u0153il toute l\u2019Italie passer sous la domination fran\u00e7aise, les territoires annex\u00e9s au fur et \u00e0 mesure des conqu\u00eates imp\u00e9riales et les enclaves pontificales occup\u00e9es par Joseph Bonaparte, nouveau roi de Naples.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un roi doit se d\u00e9fendre et mourir dans ses \u00c9tats. Un roi \u00e9migr\u00e9 et vagabond est un sot personnage.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1815\" class=\"cit-num\">1815<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Joseph, roi de Naples, 9\u00a0ao\u00fbt 1806. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur a chass\u00e9 les Bourbons du royaume de Naples, pour y mettre son fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Mais il n\u2019approuve pas toujours la politique des nouveaux souverains qu\u2019il essaime un peu partout en Europe et ceux-ci ont souvent des difficult\u00e9s avec leurs peuples. Ainsi Joseph, qui entreprend des r\u00e9formes inspir\u00e9es du Consulat et se montre bien faible, oubliant que \u00ab\u00a0la force et une justice s\u00e9v\u00e8res sont la bont\u00e9 des rois\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 tout peuple conquis, il faut une r\u00e9volte, et je regarderai une r\u00e9volte \u00e0 Naples comme un p\u00e8re de famille voit une petite v\u00e9role \u00e0 ses enfants, pourvu qu\u2019elle n\u2019affaiblisse pas trop le malade.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1816\" class=\"cit-num\">1816<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Joseph, roi de Naples, 17\u00a0ao\u00fbt 1806. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on use d\u2019une m\u00e9taphore singuli\u00e8re, pour \u00eatre mieux compris de son a\u00een\u00e9. Joseph ne restera que deux ans sur ce tr\u00f4ne. Remplac\u00e9 par Murat, il se retrouvera en Espagne o\u00f9 la population madril\u00e8ne se r\u00e9voltera bien davantage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9cris au ministre de la Police d\u2019en finir avec cette folle de Mme\u00a0de Sta\u00ebl, et de ne pas souffrir qu\u2019elle sorte de Gen\u00e8ve, \u00e0 moins qu\u2019elle ne veuille aller \u00e0 l\u2019\u00e9tranger faire des libelles.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1822\" class=\"cit-num\">1822<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Regnault de Saint-Jean-d\u2019Ang\u00e9ly, procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Haute Cour, 20\u00a0avril 1807.<em> Les Opposants \u00e0 Napol\u00e9on\u00a0: l\u2019\u00e9limination des royalistes et des r\u00e9publicains, 1800-1815<\/em> (2003), G\u00e9rard Minart<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on est de plus en plus irrit\u00e9 par cette femme qui le hait d\u2019autant plus qu\u2019elle voulut se faire aimer de lui, jadis\u00a0: les deux plus grands g\u00e9nies du\u00a0si\u00e8cle, lui l\u2019homme et elle la femme, n\u2019\u00e9taient-ils pas faits pour cela, pensait-elle\u00a0! Ce n\u2019\u00e9tait certainement pas le genre de ma\u00eetresse qu\u2019il recherchait.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est la derni\u00e8re fois que j\u2019entre en discussion avec cette pr\u00eatraille romaine.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1829\" class=\"cit-num\">1829<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Eug\u00e8ne de Beauharnais, 22\u00a0juillet 1807. \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise romaine et les N\u00e9gociations du Concordat (1800-1814)\u00a0\u00bb,<em> Revue des deux mondes<\/em>, tome <span class=\"caps\">LXXII<\/span> (1867)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La \u00ab\u00a0pr\u00eatraille\u00a0\u00bb, c\u2019est le pape. Et l\u2019empereur sous-estime l\u2019adversaire.<\/p>\n<p>Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> refuse d\u2019annuler le mariage (am\u00e9ricain) de J\u00e9r\u00f4me Bonaparte, le cadet de ses quatre fr\u00e8res, mineur \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il refuse aussi de se joindre au blocus contre l\u2019Angleterre, au nom de sa neutralit\u00e9 de pasteur universel.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on menace et charge Eug\u00e8ne, son beau-fils (qu\u2019il a fait vice-roi d\u2019Italie), de passer le message\u00a0: \u00ab\u00a0Si l\u2019on veut continuer \u00e0 troubler les affaires de mes \u00c9tats, je ne reconna\u00eetrai le pape que comme \u00e9v\u00eaque de Rome [\u2026] Je ne craindrai pas de r\u00e9unir les \u00c9glises gallicane (fran\u00e7aise), italienne, allemande, polonaise, dans un concile pour faire mes affaires sans pape.\u00a0\u00bb Ce qui se fera, en 1811.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Concordat, compromis religieux qui satisfait les deux partis, et le sacre qui comble l\u2019orgueil de l\u2019empereur, les relations des deux hommes vont tourner au drame. Napol\u00e9on annexe les \u00c9tats de l\u2019\u00c9glise, le pape va l\u2019excommunier, l\u2019empereur le fait enlever et le maintient prisonnier en \u00ab\u00a0otage\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous dispense \u00e9galement de me comparer \u00e0 Dieu [\u2026] Je veux croire que vous n\u2019avez pas r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que vous m\u2019\u00e9criviez.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1832\" class=\"cit-num\">1832<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au vice-Amiral Decr\u00e8s, ministre de la Marine, 22\u00a0mai\u00a01808.<em> Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur est entour\u00e9 de courtisans, mais la servilit\u00e9 a des limites\u00a0! Il \u00e9crit une lettre furieuse \u00e0 Decr\u00e8s, homme par ailleurs courageux (au combat) et comp\u00e9tent (sur les questions maritimes)\u00a0: abordant divers sujets, mais finissant sur ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Je vous dispense \u00e9galement de me comparer \u00e0 Dieu. Il y a tant de singularit\u00e9 et d\u2019irrespect pour moi, dans cette phrase, que je veux croire que vous n\u2019avez pas r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que vous \u00e9criviez. Je plains votre jugement\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 la d\u00e9charge du ministre de la Marine (en poste de 1801 \u00e0 1814), rappelons les mots du cat\u00e9chisme imp\u00e9rial (1806) qu\u2019il a d\u00fb prendre au pied de la lettre\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu a \u00e9tabli Napol\u00e9on, notre souverain, l\u2019a rendu son image sur la terre [\u2026] Honorer et servir notre empereur est donc honorer et servir Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je sais qu\u2019il faut rendre \u00e0 Dieu ce qui est \u00e0 Dieu, mais le Pape n\u2019est pas Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1852\" class=\"cit-num\">1852<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) au Comit\u00e9 eccl\u00e9siastique, Paris, 16\u00a0mars 1811. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour l\u2019heure, Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> est prisonnier \u00e0 Savone depuis bient\u00f4t deux ans, et les affaires religieuses compl\u00e8tement d\u00e9sorganis\u00e9es en France. D\u2019o\u00f9 la d\u00e9cision de Napol\u00e9on\u00a0: convoquer un concile pour mettre de l\u2019ordre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La paix\u00a0? Mais nous n\u2019avons pas encore fait la guerre. Ma campagne ne fait que commencer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1856\" class=\"cit-num\">1856<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ALEXANDRE<\/span>\u00a0Ier (1777-1825), R\u00e9ponse \u00e0 la lettre de Napol\u00e9on, 5\u00a0octobre 1812. <em>Koutouzov\u00a0: le vainqueur de Napol\u00e9on<\/em> (1990), Serge Nabokov, Sophie de Lastours<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on proposait \u00e0 son \u00ab\u00a0fr\u00e8re l\u2019empereur Alexandre\u00a0\u00bb d\u2019arr\u00eater sa marche, mais le tsar ne c\u00e9dera pas. \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e9rerais m\u2019exiler \u00e0 Vladivostok et me faire pousser une barbe de trois pieds de long plut\u00f4t que de traiter avec lui. L\u2019Europe est d\u00e9sormais trop petite pour nous deux.\u00a0\u00bb Et il peut compter sur le g\u00e9n\u00e9ral Hiver, pour vaincre l\u2019envahisseur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019en est fini de Bonaparte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1857\" class=\"cit-num\">1857<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">METTERNICH<\/span> (1773-1859), Lettre \u00e0 son ami Hudelist (conseiller d\u2019\u00c9tat), apr\u00e8s son entrevue avec Napol\u00e9on, 26\u00a0juin\u00a01813. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chancelier d\u2019Autriche vient de terminer son dialogue avec Napol\u00e9on, en abandonnant le ton diplomatique\u00a0: \u00ab\u00a0Vous \u00eates perdu, Sire\u00a0! Je m\u2019en doutais en venant ici, maintenant je le sais\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il en est s\u00fbr, malgr\u00e9 la victoire de Napol\u00e9on sur les Prussiens (L\u00fctzen) et sur les Russes (Bautzen). L\u2019armistice, sign\u00e9 \u00e0 Pleiswitz le 4\u00a0juin, n\u2019est qu\u2019un cessez-le-feu qui permet aux coalis\u00e9s de resserrer les rangs et \u00e0 l\u2019Autriche de Fran\u00e7ois Ier d\u2019entrer dans la sixi\u00e8me coalition. La guerre reprend.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la campagne de Russie et avant la campagne de France, c\u2019est la campagne d\u2019Allemagne. Napol\u00e9on repart, laissant la r\u00e9gence \u00e0 Marie-Louise.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma bonne Louise, victoire\u00a0! J\u2019ai d\u00e9truit douze r\u00e9giments russes, fait six mille prisonniers, quarante pi\u00e8ces de canon, deux cents caissons, pris le g\u00e9n\u00e9ral en chef et tous les g\u00e9n\u00e9raux, plusieurs colonels. Je n\u2019ai pas perdu deux cents hommes. Fais tirer le canon des Invalides et publier cette nouvelle \u00e0 tous les spectacles.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1882\" class=\"cit-num\">1882<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Marie-Louise au soir de la bataille de Champaubert (commune de la Marne), 10\u00a0f\u00e9vrier 1814. <em>La Chute ou l\u2019Empire de la solitude<\/em> (2008), Dominique de Villepin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est une victoire sur les Russes et les Prussiens, cinq fois sup\u00e9rieurs en nombre. Napol\u00e9on va encore faire des prouesses \u00e0 Montmirail, Ch\u00e2teau-Thierry, Nangis. Et \u00e0 Montereau o\u00f9 il attaque, toujours en t\u00eate des troupes, sur son cheval\u2026 Mais l\u2019empereur sait que voil\u00e0 le commencement de la fin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Maintenant, Sire, la coalition est dissoute, et elle l\u2019est pour toujours [\u2026] la France n\u2019est plus isol\u00e9e en Europe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1922\" class=\"cit-num\">1922<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), Lettre \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, 4\u00a0janvier 1815<em>. Correspondance in\u00e9dite du prince de Talleyrand et du roi Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> pendant le Congr\u00e8s de Vienne, publi\u00e9e sur les manuscrits conserv\u00e9s au D\u00e9p\u00f4t des Affaires \u00c9trang\u00e8res<\/em> (1881)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Message venu du congr\u00e8s de Vienne, o\u00f9 Talleyrand, intrigant comme il sait l\u2019\u00eatre et souvent pour le bien de la France, a conclu un trait\u00e9 secret avec l\u2019Autriche et l\u2019Angleterre contre la Prusse et la Russie. C\u2019est un exploit diplomatique\u00a0: le repr\u00e9sentant du pays vaincu a r\u00e9ussi \u00e0 diviser les Alli\u00e9s, \u00e0 limiter les exigences de la Prusse et de la Russie\u00a0! L\u2019\u00e9pisode des Cent-Jours va ruiner tous ses efforts.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019avais demand\u00e9 vingt ans\u00a0; la destin\u00e9e ne m\u2019en a donn\u00e9 que treize.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1950\" class=\"cit-num\">1950<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au lendemain de Waterloo. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Notes sur les \u00ab\u00a0Lettres \u00e9crites de Paris pendant le dernier r\u00e8gne de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0\u00bb, entre le 8\u00a0avril et le 20\u00a0juillet. La phrase est exacte, mais pas le compte. En 1802, Napol\u00e9on Bonaparte, Premier Consul, est d\u00e9j\u00e0 ma\u00eetre de la France et de son destin, depuis le coup d\u2019\u00c9tat de Brumaire (1799), et m\u00eame depuis la campagne d\u2019Italie qui lui apporta la gloire et la popularit\u00e9, d\u00e8s 1797. Les historiens parlent g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une aventure de vingt-deux ans.<\/p>\n<p>Paradoxalement, cet \u00e9pisode des Cent-Jours, catastrophique pour la France, va nourrir le mythe\u00a0: Napol\u00e9on est redevenu un h\u00e9ros, il a forc\u00e9 le destin jusqu\u2019\u00e0 la fin et la l\u00e9gende va suivre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je viens, comme Th\u00e9mistocle, m\u2019asseoir au foyer du peuple britannique. Je me mets sous la protection de ses lois, que je r\u00e9clame de Votre Altesse Royale, comme celles du plus constant, du plus g\u00e9n\u00e9reux de mes ennemis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1957\" class=\"cit-num\">1957<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre au r\u00e9gent d\u2019Angleterre, 13\u00a0juillet 1815. <em>Le Plutarque fran\u00e7ais\u00a0: vies des hommes et femmes illustres de la France<\/em> (1847), \u00c9douard Mennechet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le vaincu s\u2019adresse au vainqueur, le futur Georges <span class=\"caps\">IV<\/span> \u2013 en fait, le r\u00e9gent exerce le pouvoir, son p\u00e8re Georges <span class=\"caps\">III<\/span> \u00e9tant devenu d\u00e9finitivement fou en 1810. Diverses destinations furent envisag\u00e9es pour l\u2019exil, notamment les \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique \u2013 cela ne s\u2019est pas fait, pour diverses raisons.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madame, Napol\u00e9on est en route pour Sainte-H\u00e9l\u00e8ne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1958\" class=\"cit-num\">1958<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">METTERNICH<\/span> (1773-1859), Lettre \u00e0 Marie-Louise, 13\u00a0ao\u00fbt 1815. <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1823), Las Cases<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019apog\u00e9e de sa carri\u00e8re politique. Ministre autrichien des Affaires \u00e9trang\u00e8res depuis 1809, artisan du mariage de Napol\u00e9on avec la fille de l\u2019empereur d\u2019Autriche, qui scellait une politique d\u2019alliance avec la France, il ne s\u2019entendit pas avec Napol\u00e9on qui, de surcro\u00eet, mena\u00e7ait trop l\u2019\u00e9quilibre europ\u00e9en tel qu\u2019il l\u2019entend, pour le bien de l\u2019Autriche.<\/p>\n<p>Metternich a donc favoris\u00e9 le retour des Bourbons, \u00e9tant l\u2019un des personnages importants du congr\u00e8s de Vienne qui s\u2019est achev\u00e9 le 9\u00a0juin 1815, donnant toutes satisfactions territoriales et morales \u00e0 l\u2019Autriche.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019esp\u00e8re qu\u2019on le traitera avec bont\u00e9 et douceur, et je vous prie, tr\u00e8s cher papa, d\u2019y contribuer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1959\" class=\"cit-num\">1959<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">LOUISE<\/span> (1791-1847), Lettre \u00e0 son p\u00e8re l\u2019empereur d\u2019Autriche, 15\u00a0ao\u00fbt 1815. <em>Revue historique<\/em>, 28e ann\u00e9e, volume\u00a0<span class=\"caps\">LXXXII<\/span> (1903)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La femme de l\u2019empereur d\u00e9chu ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est la seule pri\u00e8re que je puisse oser pour lui et la derni\u00e8re fois que je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 son sort, car je lui dois de la reconnaissance pour la tranquille indiff\u00e9rence dans laquelle il m\u2019a laiss\u00e9e vivre, au lieu de me rendre malheureuse.\u00a0\u00bb Ce sont vraiment des paroles de fille et d\u2019\u00e9pouse soumise.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous savez la mort de Bonaparte. Qui nous aurait dit, il y a dix ans, que cette mort serait un si petit \u00e9v\u00e9nement\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1983\" class=\"cit-num\">1983<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Astolphe de <span class=\"caps\">CUSTINE<\/span> (1790-1857), Lettre au marquis de La Grange, 8\u00a0juillet 1821. <em>Lettres in\u00e9dites au marquis de La Grange<\/em> (posthume, 1925), Astolphe Custine (marquis de)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Quelle \u00e9tonnante machine que le monde\u00a0!\u00a0\u00bb ajoute de Custine, homme de lettres homosexuel, dont la vie familiale est tr\u00e8s marqu\u00e9e par tous les \u00e9v\u00e9nements historiques, depuis la R\u00e9volution. Napol\u00e9on est mort, mais sa l\u00e9gende va rester vivante dans les esprits.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On r\u00e9prime une \u00e9meute avec des soldats, on fait une \u00e9lection avec des paysans. Mais les soldats et les paysans ne suffisent pas pour gouverner. Il y faut le concours des classes sup\u00e9rieures qui sont naturellement gouvernantes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2051\" class=\"cit-num\">2051<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">GUIZOT<\/span> (1787-1874), Lettre de 1852. <em>Histoire de la France\u00a0: les temps nouveaux, de 1852 \u00e0 nos jours<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Guizot est aussi l\u2019historien de l\u2019irr\u00e9sistible ascension bourgeoise. Sous la Restauration, il a quitt\u00e9 le gouvernement quand les lib\u00e9raux ont perdu le pouvoir, et a \u00e9t\u00e9 suspendu de ses cours d\u2019histoire moderne \u00e0 la Sorbonne, en raison de son opposition au r\u00e9gime monarchiste. Le m\u00eame homme tombera et entra\u00eenera dans sa chute la Monarchie de Juillet, pour cause de conservatisme excessif.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019appelle bourgeois quiconque pense bassement.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2053\" class=\"cit-num\">2053<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">FLAUBERT<\/span> (1821-1880), <em>Correspondance<\/em> (1842)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e9finir la bourgeoisie, pour la critiquer, est un exercice tentant pour les \u00e9crivains t\u00e9moins de leur temps. Cette d\u00e9finition de la nouvelle classe r\u00e9gnante sous la monarchie de ce roi bourgeois est sign\u00e9e d\u2019un fils de grand bourgeois (p\u00e8re m\u00e9decin-chef de l\u2019H\u00f4tel-Dieu de Rouen), passionn\u00e9 de litt\u00e9rature et particuli\u00e8rement inspir\u00e9 par la sottise bourgeoise qui s\u2019affiche, insolente.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/george_sand.jpg\" alt=\"george sand\" title=\"george sand\" width=\"330\" height=\"441\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive la R\u00e9publique\u00a0! Quel r\u00eave\u00a0! [\u2026] On est fou, on est ivre, on est heureux de s\u2019\u00eatre endormi dans la fange et de se r\u00e9veiller dans les cieux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2150\" class=\"cit-num\">2150<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre au po\u00e8te ouvrier Charles Poncy, 9\u00a0mars 1848, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Dame de Nohant, populaire par ses romans humanitaires et rustiques, se pr\u00e9cipite \u00e0 Paris et s\u2019enthousiasme comme ses confr\u00e8res pour la R\u00e9publique. Elle fonde <em>La Cause du Peuple<\/em> (hebdomadaire dont Sartre fera revivre le nom et qui deviendra <em>Lib\u00e9ration<\/em>), elle ne pense plus qu\u2019\u00e0 la politique, le proclame et s\u2019affiche aux c\u00f4t\u00e9s de Barb\u00e8s (\u00e9meutier r\u00e9volutionnaire lib\u00e9r\u00e9 de prison par la r\u00e9cente r\u00e9volution), Louis Blanc et Ledru-Rollin (membres du gouvernement provisoire).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le gouvernement est compos\u00e9 d\u2019hommes excellents pour la plupart, tous un peu incomplets et insuffisants \u00e0 une t\u00e2che qui demanderait le g\u00e9nie de Napol\u00e9on et le c\u0153ur de J\u00e9sus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2155\" class=\"cit-num\">2155<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre au po\u00e8te ouvrier Charles Poncy, mars\u00a01848. <em>L\u2019\u00c9crivain engag\u00e9 et ses ambivalences\u00a0: de Chateaubriand \u00e0 Malraux<\/em> (2003), Herbert R. Lottman<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les \u00ab\u00a0hommes excellents\u00a0\u00bb, Lamartine en t\u00eate, sont des r\u00e9publicains radicaux et surtout mod\u00e9r\u00e9s, d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition sous la Monarchie de Juillet (Ledru-Rollin, Marie, Dupont de l\u2019Eure, Garnier-Pag\u00e8s, Arago le savant) ou des journalistes de gauche (Marrast, r\u00e9dacteur du <em>National<\/em>, Flocon de <em>La R\u00e9forme<\/em>) et quelques socialistes impos\u00e9s par les forces r\u00e9volutionnaires (Louis Blanc, Albert, un m\u00e9canicien). Pour eux, le plus dur est \u00e0 venir, mais apr\u00e8s une premi\u00e8re s\u00e9rie de d\u00e9crets les premiers jours, ce gouvernement a d\u00e9j\u00e0 d\u00fb se rendre impopulaire en augmentant les imp\u00f4ts de 45\u00a0%, d\u2019o\u00f9 le m\u00e9contentement des paysans. Toute la province se m\u00e9fie \u00e0 pr\u00e9sent des d\u00e9cisions venues de Paris. Les circulaires du radical Ledru-Rollin passent mal \u00e0 Bordeaux, Besan\u00e7on, Beauvais, Troyes. Lamartine doit aussi rassurer les mod\u00e9r\u00e9s effray\u00e9s par les premi\u00e8res manifestations de rues dans la capitale, pour retarder la date des \u00e9lections, report\u00e9es au 23\u00a0avril.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai honte aujourd\u2019hui d\u2019\u00eatre Fran\u00e7aise, moi qui nagu\u00e8re en \u00e9tais si heureuse [\u2026] Je ne crois plus \u00e0 l\u2019existence d\u2019une r\u00e9publique qui commence par tuer ses prol\u00e9taires.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2174\" class=\"cit-num\">2174<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre \u00e0 Charlotte Marliani, juillet\u00a01848.<em> Les \u00c9crivains devant la R\u00e9volution de 1848<\/em> (1948), Jean Pommier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle \u00e9crit ces mots \u00e0 sa confidente et amie, montrant \u00e0 quel point son c\u0153ur est du c\u00f4t\u00e9 des \u00e9meutiers. La \u00ab\u00a0bonne dame de Nohant\u00a0\u00bb n\u2019aura pas la m\u00eame inconditionnalit\u00e9 pour la Commune de Paris en 1871.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut s\u2019avouer impuissant devant cette fatalit\u00e9 politique d\u2019un nouvel ordre dans l\u2019histoire\u00a0: le suffrage universel.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2187\" class=\"cit-num\">2187<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre \u00e0 Joseph Mazzini, novembre\u00a01848, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Je travaille, j\u2019attends le 10\u00a0d\u00e9cembre comme tout le monde. Il y a l\u00e0 un gros nuage, ou une grande mystification, et il faut s\u2019avouer impuissant\u2026\u00a0\u00bb La dame de Nohant semble r\u00e9sign\u00e9e, comme Lamartine.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/flaubert_1.jpg\" alt=\"flaubert\" title=\"flaubert\" width=\"400\" height=\"484\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La censure quelle qu\u2019elle soit me para\u00eet une monstruosit\u00e9, une chose pire que l\u2019homicide\u00a0; l\u2019attentat contre la pens\u00e9e est un crime de l\u00e8se-\u00e2me. La mort de Socrate p\u00e8se encore sur le genre humain.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2225\" class=\"cit-num\">2225<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">FLAUBERT<\/span> (1821-1880), Lettre \u00e0 Louise Colet (1852), <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La r\u00e9pression a touch\u00e9 d\u2019abord la presse r\u00e9publicaine. La plupart de ses journaux ont disparu au lendemain du coup d\u2019\u00c9tat de Louis-Napol\u00e9on Bonaparte. Suivent quatre d\u00e9crets de f\u00e9vrier et mars\u00a01852, qui enl\u00e8vent en fait toute libert\u00e9 \u00e0 la presse, plac\u00e9e sous contr\u00f4le du minist\u00e8re de la Police.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La grande moralit\u00e9 de ce r\u00e8gne-ci sera de prouver que le suffrage universel est aussi b\u00eate que le droit divin, quoique un peu moins odieux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2244\" class=\"cit-num\">2244<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">FLAUBERT<\/span> (1821-1880), Lettre \u00e0 George Sand, 1869.<em> La Nouvelle Revue<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XXVI<\/span> (1884)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Progr\u00e8s majeur pour la d\u00e9mocratie, l\u2019instauration du suffrage universel appara\u00eet pr\u00e9matur\u00e9e \u00e0 beaucoup de contemporains et d\u2019historiens\u00a0: l\u2019opinion publique est ais\u00e9ment manipul\u00e9e, souvent sollicit\u00e9e par l\u2019empereur et ses pr\u00e9fets. L\u2019Empire est n\u00e9 de ce suffrage populaire et a v\u00e9cu sur cette assise tr\u00e8s large, avant de s\u2019effondrer.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis aussi bien l\u2019empereur des Arabes que l\u2019empereur des Fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2284\" class=\"cit-num\">2284<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873), Lettre publique de l\u2019empereur au mar\u00e9chal P\u00e9lissier, gouverneur militaire de l\u2019Alg\u00e9rie, 6\u00a0f\u00e9vrier 1863. <em>La Politique imp\u00e9riale expos\u00e9e par les discours et proclamations de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1868), Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Constitution de 1852 a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie \u00ab\u00a0territoire fran\u00e7ais\u00a0\u00bb et l\u2019a divis\u00e9e en trois d\u00e9partements. La colonisation officielle se poursuit avec 200\u00a0000 Europ\u00e9ens (dont 120\u00a0000 Fran\u00e7ais), mais l\u2019empereur pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est pas une colonie proprement dite, mais un royaume arabe\u00a0; les indig\u00e8nes ont comme les colons un \u00ab\u00a0droit \u00e9gal\u00a0\u00bb \u00e0 ma protection.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette lettre d\u00e9finit la nouvelle politique imp\u00e9riale qui entend concilier les int\u00e9r\u00eats des musulmans et des Fran\u00e7ais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour \u00eatre libres, les \u00e9lecteurs ont besoin d\u2019\u00eatre \u00e9clair\u00e9s par le pr\u00e9fet. D\u00e9signez hautement, comme dans les \u00e9lections pr\u00e9c\u00e9dentes, les candidats qui inspirent le plus de confiance au gouvernement.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2285\" class=\"cit-num\">2285<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">PERSIGNY<\/span> (1808-1872), ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, Lettre aux pr\u00e9fets, 8\u00a0mai 1863. <em>Le Moniteur universel<\/em>, 10\u00a0mai 1863<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces consignes pour le renouvellement du Corps l\u00e9gislatif montrent que le candidat officiel reste une institution sacr\u00e9e du Second Empire\u00a0! Malgr\u00e9 le \u00ab\u00a0demi-tour \u00e0 gauche\u00a0\u00bb, rien n\u2019a chang\u00e9 depuis 1857\u00a0: \u00ab\u00a0Le gouvernement veut le triomphe de ses candidats, comme Dieu veut le triomphe du bien, laissant \u00e0 chacun la libert\u00e9 du mal\u00a0\u00bb (pr\u00e9fet de Dordogne).<\/p>\n<p>Pourtant, les \u00e9lections du 31\u00a0mai 1863 feront date\u00a0: plus de 5\u00a0millions de voix pour les candidats officiels qui ont 251 si\u00e8ges, mais pr\u00e8s de 2\u00a0millions pour l\u2019opposition qui est donc en progr\u00e8s, avec 15 \u00e9lus \u00ab\u00a0ind\u00e9pendants\u00a0\u00bb (l\u2019Union lib\u00e9rale regroupant divers m\u00e9contents, l\u00e9gitimistes, orl\u00e9anistes, protectionnistes et catholiques) et 17 \u00e9lus r\u00e9publicains, dont Thiers \u00e0 Paris. L\u2019empereur est furieux. Il renvoie le fid\u00e8le Persigny (fait quand m\u00eame s\u00e9nateur et duc) et op\u00e8re un remaniement minist\u00e9riel.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rugissons contre Monsieur Thiers\u00a0! Peut-on voir un plus triomphant imb\u00e9cile, un cro\u00fbtard plus abject, un plus \u00e9troniforme bourgeois\u00a0! Non, rien ne peut donner l\u2019id\u00e9e du vomissement que m\u2019inspire ce vieux melon diplomatique, arrondissant sa b\u00eatise sur le fumier de la bourgeoisie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2293\" class=\"cit-num\">2293<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">FLAUBERT<\/span> (1821-1880), Lettre \u00e0 George Sand (1867). <em>George Sand et la politique<\/em> (2001), Bernard Hamon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Thiers, \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 de Paris en mai\u00a01863, est devenu le chef de l\u2019opposition lib\u00e9rale (le Tiers Parti) depuis son discours du 11\u00a0janvier 1864 sur les \u00ab\u00a0libert\u00e9s n\u00e9cessaires\u00a0\u00bb (individuelle, \u00e9lectorale, de presse). \u00c0 70\u00a0ans, il reste un orateur pugnace qui va tenir le devant de la sc\u00e8ne politique pendant une d\u00e9cennie, jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1877. Pour l\u2019heure, il d\u00e9nonce la diplomatie de plus en plus aventureuse et bient\u00f4t malheureuse de l\u2019empereur, avec une prescience du p\u00e9ril prussien.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monsieur mon fr\u00e8re, n\u2019ayant pu mourir au milieu de mes troupes, il ne me reste qu\u2019\u00e0 remettre mon \u00e9p\u00e9e entre les mains de Votre Majest\u00e9. Je suis, de Votre Majest\u00e9, le bon fr\u00e8re, Napol\u00e9on.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2318\" class=\"cit-num\">2318<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873), Lettre \u00e0 Guillaume\u00a0Ier, Sedan, 1er\u00a0septembre 1870. <em>La D\u00e9b\u00e2cle<\/em> (1893), \u00c9mile Zola<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lettre imm\u00e9diatement port\u00e9e au vainqueur qui r\u00e9pond\u00a0: \u00ab\u00a0Monsieur mon fr\u00e8re, en regrettant les circonstances dans lesquelles nous nous rencontrons, j\u2019accepte l\u2019\u00e9p\u00e9e de Votre Majest\u00e9, et je la prie de vouloir bien nommer un de vos officiers muni de vos pleins pouvoirs, pour traiter de la capitulation de l\u2019arm\u00e9e qui s\u2019est si bravement battue sous vos ordres. De mon c\u00f4t\u00e9, j\u2019ai d\u00e9sign\u00e9 le mar\u00e9chal de Moltke, \u00e0 cet effet. Je suis, de Votre Majest\u00e9, le bon fr\u00e8re.\u00a0\u00bb Sign\u00e9, Guillaume Ier.<\/p>\n<p>La capitulation est sign\u00e9e au ch\u00e2teau de Bellevue, dans la nuit du 1er\u00a0septembre 1870. Conditions terribles\u00a0: toute l\u2019arm\u00e9e de Sedan sera intern\u00e9e en Allemagne, y compris l\u2019empereur, prisonnier. La capitulation est publi\u00e9e le 2, effective le 3.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous mangeons du cheval, du rat, de l\u2019ours, de l\u2019\u00e2ne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2347\" class=\"cit-num\">2347<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>L\u2019Ann\u00e9e terrible<\/em> (Lettre \u00e0 une femme, janvier\u00a01871)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Hugo reste volontairement enferm\u00e9 dans Paris bombard\u00e9 pendant un mois (10\u00a0000 projectiles et 60 morts ou bless\u00e9s chaque jour) et assi\u00e9g\u00e9 pendant cinq mois (au total). Il souffre des souffrances de la ville en cet hiver 1871 \u2013 o\u00f9 la consommation d\u2019absinthe est multipli\u00e9e par cinq\u00a0! Il fait don de ses droits d\u2019auteur sur <em>Les Ch\u00e2timents<\/em> pour la fabrication de deux canons (le Victor Hugo, le Ch\u00e2timent) et pour le secours aux victimes de guerre.<\/p>\n<p>Jules Ferry, charg\u00e9 du ravitaillement de la population (et du maintien de l\u2019ordre), est surnomm\u00e9 Ferry la Famine. Et Trochu (\u00ab\u00a0participe pass\u00e9 du verbe trop choir\u00a0\u00bb) est compl\u00e8tement discr\u00e9dit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je sens une odeur de sacristie qui monte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2433\" class=\"cit-num\">2433<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre \u00e0 Flaubert (1873). <em>Cent Ans de R\u00e9publique<\/em> (1970), Jacques Chastenet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le r\u00e9gime d\u2019attente et de conservatisme fait l\u2019objet de tr\u00e8s vives attaques. Les r\u00e9publicains, en province, agitent devant les paysans l\u2019\u00e9pouvantail d\u2019une restauration qui, en m\u00eame temps qu\u2019un roi, risque de ramener la d\u00eeme et les privil\u00e8ges nobiliaires\u00a0! Les bonapartistes, souvent anticl\u00e9ricaux eux aussi, m\u00e8nent \u00e0 nouveau campagne et vont conna\u00eetre un regain de popularit\u00e9 aux \u00e9lections partielles.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louise_michel_0.jpg\" alt=\"louise michel\" title=\"louise michel\" width=\"400\" height=\"535\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On aura besoin du socialisme pour faire un monde nouveau.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2434\" class=\"cit-num\">2434<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louise <span class=\"caps\">MICHEL<\/span> (1830-1905), Lettre \u00e0 la Commission des gr\u00e2ces, mai\u00a01873.<em> Je vous \u00e9cris de ma nuit\u00a0: correspondance g\u00e9n\u00e9rale de Louise Michel, 1850-1904<\/em> (1999), Louise Michel, Xavi\u00e8re Gauthier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Vierge rouge de la Commune, des barricades et des quartiers populaires, est condamn\u00e9e \u00e0 la d\u00e9portation en Nouvelle-Cal\u00e9donie. Elle se mettra au service des indig\u00e8nes, avant de revenir en France (amnistie de 1880) pour militer de nouveau, par la plume et la parole, pr\u00eachant l\u2019anarchie, l\u2019union libre, la justice.<\/p>\n<p>Rappelons que le drame de la Commune reste pr\u00e9sent dans la vie de la France\u00a0: des Conseils de guerre se tiennent jusqu\u2019en 1875 pour juger les communards et l\u2019\u00e9tat de si\u00e8ge est maintenu \u00e0 Paris jusqu\u2019en 1876 \u2013 couvre-feu pour caf\u00e9s et restaurants, censure des th\u00e9\u00e2tres, autorisation pr\u00e9alable pour les journaux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019ordre moral atteint au d\u00e9lire de la stupidit\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2452\" class=\"cit-num\">2452<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">FLAUBERT<\/span> (1821-1880), <em>Correspondance<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> (1893)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans la campagne \u00e9lectorale qui bat son plein, cet \u00e9t\u00e9 1877, Mac-Mahon prend parti, tel un mar\u00e9chal \u00e0 la t\u00eate de ses troupes, et lance dans la bataille les fonctionnaires et le clerg\u00e9.<\/p>\n<p>De leur c\u00f4t\u00e9, les r\u00e9publicains font bloc, avec deux t\u00eates d\u2019affiche\u00a0: le toujours jeune Gambetta (40\u00a0ans) et le d\u00e9j\u00e0 vieux Thiers qui, malgr\u00e9 ses 80\u00a0ans, se verrait bien succ\u00e9der \u00e0 son successeur Mac-Mahon.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je n\u2019aimais pas ce roi des prud\u2019hommes. N\u2019importe\u00a0! compar\u00e9 aux autres, c\u2019est un g\u00e9ant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2456\" class=\"cit-num\">2456<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">FLAUBERT<\/span> (1821-1880), \u00e0 la mort de Thiers, <em>Correspondance<\/em> (1893)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 et puis il avait une vertu rare\u00a0: le patriotisme. Personne n\u2019a r\u00e9sum\u00e9 comme lui la France, de l\u00e0 l\u2019immense effet de sa mort.\u00a0\u00bb Cet hommage posthume et du bout de la plume prendra encore plus de valeur par la suite\u00a0: le personnel politique de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique fut \u2013 sauf exceptions \u2013 d\u2019une grande m\u00e9diocrit\u00e9. Pour l\u2019heure, il reste Gambetta, leader des r\u00e9publicains. Il se d\u00e9pense sans compter, dans cette campagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une chanson suffit au soldat fran\u00e7ais, pourvu qu\u2019elle ait des ailes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2583\" class=\"cit-num\">2583<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9douard\u00a0<span class=\"caps\">HERRIOT<\/span> (1872-1957), Lettre \u00e0 Mayol. <em>M\u00e9moires de Mayol<\/em> (1929), F\u00e9lix Mayol, Charles Cluny<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u00e9l\u00e8bre maire de Lyon, radical depuis l\u2019affaire Dreyfus, s\u00e9nateur en 1914, il rend hommage \u00e0 ce r\u00e9pertoire patriotique, de <em>Madelon<\/em> en <em>P\u00e8re la Victoire<\/em>. Il rend aussi hommage \u00e0 l\u2019artiste patriote, dans une lettre \u00e9mouvante\u00a0: \u00ab\u00a0Quel carnet de route vaudrait le v\u00f4tre, cher Monsieur Mayol\u00a0? Tout le long de votre chemin, vous mettez au c\u0153ur du soldat fran\u00e7ais cette ga\u00eet\u00e9, qui est la fleur charmante du courage. Une chanson suffit au soldat fran\u00e7ais, pourvu qu\u2019elle ait des ailes, et la chanson de notre temps, c\u2019est vous qui l\u2019avez le mieux exprim\u00e9e. Je savais tout votre talent, vous m\u2019avez fait conna\u00eetre la g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 de votre grand c\u0153ur et l\u2019ardeur de votre patriotisme\u2026 Merci\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/clemenceau-2.jpg\" alt=\"clemenceau\" title=\"clemenceau\" width=\"400\" height=\"471\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La France est la fronti\u00e8re de la libert\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2601\" class=\"cit-num\">2601<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CLEMENCEAU<\/span> (1841-1929) citant ce cri de l\u2019Am\u00e9rique tant esp\u00e9r\u00e9e. <em>Clemenceau journaliste (1841-1929)\u00a0: les combats d\u2019un r\u00e9publicain<\/em> (2005), G\u00e9rard Minart<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lettre de Clemenceau au pr\u00e9sident am\u00e9ricain Coolidge, dat\u00e9e de 1926\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est le territoire fran\u00e7ais qui a \u00e9t\u00e9 scientifiquement ravag\u00e9. Trois mortelles ann\u00e9es, nous avons attendu cette parole am\u00e9ricaine\u00a0: \u00ab\u00a0La France est la fronti\u00e8re de la libert\u00e9.\u00a0\u00bb Trois ann\u00e9es de sang et d\u2019argent coulant par tous les pores.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le pr\u00e9sident Wilson, \u00e9lu en 1912, r\u00e9\u00e9lu en 1916, est un neutraliste convaincu. Le peuple am\u00e9ricain aussi, partag\u00e9 entre une population anglo-saxonne favorable \u00e0 l\u2019Entente (France et Angleterre), des immigr\u00e9s d\u2019origine allemande ou irlandaise qui sont contre et d\u2019autres, juifs et polonais, qui esp\u00e8rent la d\u00e9faite de la Russie. Wilson a tent\u00e9 des m\u00e9diations entre bellig\u00e9rants, mais la guerre sous-marine envenime ses rapports avec l\u2019Allemagne depuis l\u2019affaire du <em>Lusitania\u00a0<\/em>: paquebot britannique torpill\u00e9 le 7\u00a0mai 1915 par un sous-marin allemand dans l\u2019Atlantique, 1\u00a0200 victimes, dont 124 Am\u00e9ricains.<\/p>\n<p>Le Congr\u00e8s am\u00e9ricain vote enfin la guerre contre les Empires centraux et l\u2019Am\u00e9rique vient au secours de la France, se rappelant sa dette historique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne savais pas que c\u2019\u00e9tait si simple de faire son devoir quand on est en danger.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2748\" class=\"cit-num\">2748<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">MOULIN<\/span> (1899-1943), Lettre \u00e0 sa m\u00e8re et \u00e0 sa s\u0153ur, 15\u00a0juin 1940. <em>Vies et morts de Jean Moulin<\/em> (1998), Pierre P\u00e9an<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sous-pr\u00e9fet \u00e0 27\u00a0ans, charg\u00e9 en 1936 d\u2019acheminer vers l\u2019Espagne r\u00e9publicaine le mat\u00e9riel de guerre sovi\u00e9tique, il est pr\u00e9fet d\u2019Eure-et-Loir et refusera, le 17\u00a0juin, de signer une d\u00e9claration accusant de crimes de guerre les troupes coloniales engag\u00e9es dans le secteur de Chartres. R\u00e9voqu\u00e9 comme franc-ma\u00e7on par le gouvernement de Vichy en juillet, il rejoindra de Gaulle \u00e0 Londres en automne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je tiens \u00e0 vous \u00e9crire pour vous dire le d\u00e9go\u00fbt, l\u2019horreur, l\u2019indignation qu\u2019\u00e9prouvent \u00e0 l\u2019\u00e9gard des iniquit\u00e9s, des spoliations, des mauvais traitements de toutes sortes, dont sont actuellement victimes nos compagnons Isra\u00e9lites, tous les bons Fran\u00e7ais et sp\u00e9cialement les catholiques.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2783\" class=\"cit-num\">2783<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">CLAUDEL<\/span> (1868-1955), Lettre au grand Rabbin de France, \u00e0 la veille de No\u00ebl\u00a01941. <em>Exigences chr\u00e9tiennes en politique<\/em> (1990), Charles Journet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Personnage contradictoire entre tous et d\u00e9test\u00e9 autant qu\u2019admir\u00e9, accus\u00e9 de tous les conservatismes et de tous les aveuglements, Claudel, tout \u00e0 fait conscient de son influence, est le premier des \u00e9crivains \u00e0 protester pour prendre la d\u00e9fense des juifs pers\u00e9cut\u00e9s. Le 7\u00a0d\u00e9cembre 1941, le premier convoi de d\u00e9port\u00e9s fran\u00e7ais part vers l\u2019Allemagne. Selon Serge Klarsfeld, 27\u00a0% des Juifs fran\u00e7ais seront d\u00e9port\u00e9s (soit 24\u00a0000). Mais il y avait en 1939 une forte majorit\u00e9 de juifs \u00e9trangers ou apatrides (environ 200\u00a0000) ayant fui les pers\u00e9cutions en Russie, Pologne, Allemagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La gauche est impuissante et elle le restera si elle n\u2019accepte pas d\u2019unir ses efforts \u00e0 la seule force qui lutte aujourd\u2019hui r\u00e9ellement contre l\u2019ennemi commun des libert\u00e9s alg\u00e9riennes et des libert\u00e9s fran\u00e7aises. Et cette force est le <span class=\"caps\">FLN<\/span>.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2995\" class=\"cit-num\">2995<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Paul <span class=\"caps\">SARTRE<\/span> (1905-1980), Lettre au proc\u00e8s Jeanson (5\u00a0septembre-1er\u00a0octobre 1960).<em> La Guerre d\u2019Alg\u00e9rie\u00a0: des complots du 13\u00a0mai \u00e0 l\u2019ind\u00e9pendance<\/em> (1981), Henri Alleg<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Certains Fran\u00e7ais ne se contentent plus de prendre position en faveur de la paix en Alg\u00e9rie et de n\u00e9gociations avec le <span class=\"caps\">FLN<\/span>, ils apportent une aide directe aux dirigeants de la r\u00e9bellion, participant m\u00eame \u00e0 des faits de guerre ou de terrorisme.<\/p>\n<p>Le r\u00e9seau Jeanson regroupe 6 Alg\u00e9riens et 17 Fran\u00e7ais de m\u00e9tropole accus\u00e9s de transporter des fonds, des faux papiers, du mat\u00e9riel de propagande \u2013 d\u2019o\u00f9 le nom de \u00ab\u00a0porteurs de valises\u00a0\u00bb donn\u00e9 par Sartre. Il est personnellement li\u00e9 \u00e0 Francis Jeanson (en fuite, et donc absent au proc\u00e8s). Ne pouvant se pr\u00e9senter lui-m\u00eame au tribunal (retenu au Br\u00e9sil pour une tourn\u00e9e de conf\u00e9rence), l\u2019\u00e9crivain exprime sa solidarit\u00e9 par une longue lettre, se r\u00e9f\u00e9rant au Manifeste des 121 qu\u2019il a naturellement sign\u00e9.<\/p>\n<p>26 avocats (dont Roland Dumas) d\u00e9fendent les inculp\u00e9s, faisant durer le proc\u00e8s et ridiculisant le tribunal, strat\u00e9gie payante face \u00e0 l\u2019opinion publique. Jeanson sera reconnu coupable de haute trahison, et condamn\u00e9 \u00e0 dix ans de r\u00e9clusion \u2013 amnisti\u00e9 en 1966. La majorit\u00e9 des autres membres du r\u00e9seau sont condamn\u00e9s plus ou moins s\u00e9v\u00e8rement, et neuf acquitt\u00e9s.<em> Le\u00a0Monde<\/em>, en septembre\u00a02000, rend justice \u00e0 \u00ab\u00a0ces tra\u00eetres qui sauv\u00e8rent l\u2019honneur de la France\u00a0\u00bb (Dominique Vidal).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00catre, avoir \u00e9t\u00e9 le premier collaborateur du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle est un titre in\u00e9gal\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"3008\" class=\"cit-num\">3008<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel <span class=\"caps\">DEBR\u00c9<\/span> (1912-1996), Premier ministre, fin de la lettre au g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle, rendue publique le 15\u00a0avril 1962. <em>L\u2019Ann\u00e9e politique, \u00e9conomique, sociale et diplomatique en France<\/em> (1963)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il faut tourner la page apr\u00e8s la conclusion du drame alg\u00e9rien\u00a0: \u00ab\u00a0Comme il \u00e9tait convenu, et cette \u00e9tape d\u00e9cisive \u00e9tant franchie, j\u2019ai l\u2019honneur, Mon G\u00e9n\u00e9ral, de vous pr\u00e9senter la d\u00e9mission du gouvernement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce \u00e0 quoi le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle r\u00e9pond\u00a0: \u00ab\u00a0En me demandant d\u2019accepter votre retrait du poste de Premier ministre et de nommer un gouvernement, vous vous conformez enti\u00e8rement et de la mani\u00e8re la plus d\u00e9sint\u00e9ress\u00e9e \u00e0 ce dont nous \u00e9tions depuis longtemps convenus.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Georges Pompidou entre alors sur la sc\u00e8ne de l\u2019histoire. Il restera six ans chef du gouvernement \u2013 un record, sur ce\u00a0si\u00e8cle\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La logique de la guerre risque de nous \u00e9loigner chaque jour des objectifs fix\u00e9s par les Nations unies.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"3290\" class=\"cit-num\">3290<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Pierre <span class=\"caps\">CHEV\u00c8NEMENT<\/span> (n\u00e9 en 1939), ministre de la D\u00e9fense, lettre de d\u00e9mission, 16\u00a0janvier 1991. <em>La Diagonale du Golfe<\/em> (1991), Serge July<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce m\u00eame jour, l\u2019Assembl\u00e9e nationale et le S\u00e9nat approuvent la d\u00e9claration du Premier ministre Michel Rocard, pr\u00e9voyant le recours \u00e0 la force pour lib\u00e9rer le Kowe\u00eft, annex\u00e9 par l\u2019Irak de Saddam Hussein. Le 17\u00a0janvier, l\u2019aviation fran\u00e7aise participe aux premiers bombardements. <br>\u00ab\u00a0Un ministre, \u00e7a ferme sa gueule. Si \u00e7a veut l\u2019ouvrir, \u00e7a d\u00e9missionne.\u00a0\u00bb Il d\u00e9missionne donc le 29\u00a0janvier, remplac\u00e9 par Pierre Joxe. Sa d\u00e9mission vaut ici protestation contre l\u2019engagement de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise dans la guerre en Irak.<\/p>\n<p>En 1983, ministre de la Recherche et de l\u2019Industrie, sa premi\u00e8re d\u00e9mission valait protestation contre la \u00ab\u00a0parenth\u00e8se lib\u00e9rale\u00a0\u00bb du gouvernement de Pierre Mauroy. Jamais deux sans trois\u00a0: le 29\u00a0ao\u00fbt 2000, \u00e0 propos de la \u00ab\u00a0guerre\u00a0\u00bb en Corse et de la violence des nationalistes que le gouvernement de Lionel Jospin renonce \u00e0 d\u00e9sarmer, Chev\u00e8nement donne sa d\u00e9mission de ministre de l\u2019Int\u00e9rieur.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Histoire &amp; Litt\u00e9rature, lecture recommand\u00e9e en temps de confinement&#8230; et bient\u00f4t de vacances. D\u2019o\u00f9 cette s\u00e9rie d\u2019\u00e9ditos en huit \u00e9pisodes\u00a0(ind\u00e9pendants)&nbsp;: 1. Romans &#8211; 2. Po\u00e9sie &#8211; 3. Th\u00e9\u00e2tre &#8211; 4. Lettres &#8211; 5. Histoire et Chronique &#8211; 6. M\u00e9moires &#8211; 7. Pamphlets et autres \u0153uvres pol\u00e9miques &#8211; 8. Discours.4. Lettres, Correspondance, \u00e9p\u00eetres. Le ton varie [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":116,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-8441","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8441","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8441"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8441\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12355,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8441\/revisions\/12355"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8441"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8441"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8441"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}