{"id":8737,"date":"2026-04-03T00:10:00","date_gmt":"2026-04-02T22:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-proverbes-et-dictons-devises-maximes-et-autres-slogans-de-la-gaule-au-siecle-des-lumieres\/"},"modified":"2026-04-03T08:34:48","modified_gmt":"2026-04-03T06:34:48","slug":"lhistoire-en-proverbes-et-dictons-devises-maximes-et-autres-slogans-de-la-gaule-au-siecle-des-lumieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-proverbes-et-dictons-devises-maximes-et-autres-slogans-de-la-gaule-au-siecle-des-lumieres\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en proverbes et dictons, devises, maximes et autres slogans (de la Gaule au Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p><strong>Proverbes et dictons, sagesse des nations.<\/strong><br><strong>Dans le monde \u00e0 venir, \u00e7a peut toujours servir.<\/strong><\/p>\n<p>De la Gaule \u00e0 nos jours, des centaine d\u2019\u00ab\u00a0expressions\u00a0\u00bb ponctuent <em>l\u2019Histoire en citations<\/em>. Les dictionnaires alignent les synonymes\u00a0: adage, axiome, devise, dicton, formule, inscription, maxime, pr\u00e9cepte, sentence, slogan, etc\u2026 Mais la terminologie impr\u00e9cise rend le classement impossible.\u00a0<\/p>\n<p>Premi\u00e8re remarque, nombre d\u2019expressions changent de nature pour cause de succ\u00e8s\u00a0! Une devise qui sonne bien peut devenir proverbe\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 c\u0153ur vaillant, rien d\u2019impossible\u00a0\u00bb, de m\u00eame qu\u2019une expression g\u00e9n\u00e9rale\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Vae victis<\/em> \u2013 Malheur aux vaincus\u00a0\u00bb ou un pr\u00e9cepte tr\u00e8s localis\u00e9 et dat\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0De deux maux, on doit toujours choisir le moindre\u00a0\u2013 <em>Dels dos mals, le mens mal deu om tots temps trier<\/em>\u00a0\u00bb. Notons que <span class=\"caps\">VO<\/span> et <span class=\"caps\">VF<\/span> voisinent souvent.<\/p>\n<p>Un cri n\u00e9 d\u2019une \u00e9meute ouvri\u00e8re pour raison \u00e9conomique s\u2019inscrira plus tard sur le drapeau noir de l\u2019anarchie\u00a0: \u00ab\u00a0Vivre libres en travaillant ou mourir en combattant\u00a0\u00bb. Le titre d\u2019un journal \u00e9ph\u00e9m\u00e8re ressuscite en devise anarchiste\u00a0: \u00ab\u00a0Ni Dieu ni ma\u00eetre\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 notre trilogie r\u00e9publicaine \u00ab\u00a0Libert\u00e9, \u00e9galit\u00e9, fraternit\u00e9\u00a0\u00bb (revendiqu\u00e9e par un auteur\u00a0!), elle conna\u00eet un parcours mouvement\u00e9 au fil des changements de r\u00e9gime marquant le si\u00e8cle suivant.<\/p>\n<p>L\u2019origine historique d\u2019un \u00ab\u00a0mot\u00a0\u00bb est souvent lointaine\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019argent est le nerf de la guerre\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Diviser pour r\u00e9gner\u00a0\u2013 <em>Divide ut regnes<\/em>\u00a0\u00bb et parfois incertaine\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s nous, le d\u00e9luge\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Une devise vaut portrait (flatteur) d\u2019un personnage\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Quo non ascendet\u00a0?<\/em>\u00a0\u2013\u00a0Jusqu\u2019o\u00f9 ne montera-t-il pas\u00a0?\u00a0\u00bb\u00a0Cette ambition proclam\u00e9e r\u00e9sume le destin de Fouquet, surintendant des Finances. Colbert, son successeur aupr\u00e8s de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, affiche sa d\u00e9ontologie minist\u00e9rielle\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Pro rege saepe\u00a0; pro patria semper<\/em> \u2013 Pour le roi souvent\u00a0; pour la patrie toujours.\u00a0\u00bb Jeanne d\u2019Arc affichait sa foi\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu premier servi\u00a0\u00bb. Mais la r\u00e9f\u00e9rence chr\u00e9tienne marque tout le Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<p>La port\u00e9e d\u2019un simple dicton \u00e9tonne parfois\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi de France ne meurt jamais\u00a0\u00bb explique la p\u00e9rennit\u00e9 de la dynastie royale qui caract\u00e9rise l\u2019Ancien R\u00e9gime. Notre Moyen \u00c2ge s\u2019\u00e9claire soudain entre un dicton festif \u2013 \u00ab\u00a0Apr\u00e8s la panse vient la danse\u00a0\u00bb \u2013 et une maxime mon\u00e9taire \u2013 \u00ab\u00a0Il faut faire suer les \u00e9cus\u00a0\u00bb. Tout le bellicisme du r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> se r\u00e9sumera en cette devise grav\u00e9e sur ses canons\u00a0: \u00ab\u00a0Dernier argument des rois \u2013 <em>Ultima ratio regum\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le talent est au rendez-vous de ces citations proverbiales, le prix de la po\u00e9sie revenant au peuple savoyard pl\u00e9biscitant son rattachement \u00e0 la France, sous Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span>\u00a0: \u00ab\u00a0Nos c\u0153urs ont suivi le cours de nos rivi\u00e8res.\u00a0\u00bb Reste le g\u00e9nie incontest\u00e9 de La Fontaine\u00a0: \u00ab\u00a0Selon que vous serez puissant ou mis\u00e9rable \/ Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.\u00a0\u00bb Avec son bestiaire, le Bonhomme nous laisse des dizaines de proverbes, tr\u00e8s inspir\u00e9s d\u2019\u00c9sope et autres fabulistes.<\/p>\n<p>Si les slogans fleurissent \u00e0 chaque \u00e9meute ou manifestation, la moisson de Mai 68 se distingue par son abondance et son originalit\u00e9. D\u2019autres suivront, politiques, \u00e9cologiques, \u00e9lectoraux, voire sportifs\u00a0: \u00ab\u00a0La France black blanc beur\u00a0\u00bb de 1998. <br>Cela dit, les dictons d\u2019antan ayant r\u00e9sist\u00e9 au temps gardent leur charme\u2026 et parfois leur actualit\u00e9. \u00c0 vous de juger\u00a0! \u00c7a pourrait m\u00eame faire l\u2019objet d\u2019un petit jeu de soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Pour cet \u00e9dito, le classement par ordre chronologique s\u2019impose \u2013 toujours le plus simple et souvent le meilleur. Cette promenade guid\u00e9e au fil de l\u2019histoire r\u00e9serve des surprises et il en restera toujours quelque chose \u2013 qui ressemble \u00e0 la \u00ab\u00a0culture g\u00e9n\u00e9rale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><span><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire_en_citations-31.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"350\" height=\"129\"><\/a>Toutes les citations de cet \u00e9dito sont \u00e0 retrouver dans nos <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Chroniques de l\u2019<em>Histoire en citations<\/em><\/a>\u00a0: en 10 volumes, l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours vous est cont\u00e9e, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, contextualis\u00e9e, sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/span><\/p>\n<h2><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/1_0.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"266\"><\/a>I. De la Gaule au Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res.<\/h2>\n<h2>\u00a0<\/h2>\n<h4>1. Gaule et Moyen \u00c2ge.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Honorer la divinit\u00e9, fuir le mal, pratiquer la bravoure.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"3\" class=\"cit-num\">3<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Maxime de sagesse des Celtes. Vies, doctrines et sentences des philosophes de l\u2019Antiquit\u00e9<\/em> (multiples \u00e9ditions et traductions), Diog\u00e8ne La\u00ebrce (ou Diog\u00e8ne de La\u00ebrte), \u00e9crivain grec et compilateur du <span class=\"caps\">III<\/span>e\u00a0si\u00e8cle de notre \u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est aussi un pr\u00e9cepte druidique, le seul qui nous soit parvenu de cette civilisation o\u00f9 l\u2019\u00e9crit n\u2019est pas r\u00e9pandu. Telles sont les qualit\u00e9s morales pr\u00f4n\u00e9es par les tribus celtiques install\u00e9es en Gaule.<\/p>\n<p>J\u00e9r\u00f4me, docteur de l\u2019\u00c9glise qui v\u00e9cut \u00e0 la fin du <span class=\"caps\">IV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle et deviendra saint, confirme\u00a0: \u00ab\u00a0La Gaule est le seul pays qui n\u2019ait pas produit de monstres\u00a0; mais de tout temps elle s\u2019est distingu\u00e9e par ses hommes avis\u00e9s et \u00e9loquents.\u00a0\u00bb En parlant de \u00ab\u00a0monstres\u00a0\u00bb, il songeait \u00e0 certains empereurs romains c\u00e9l\u00e8bres pour leurs folies sanguinaires, tels N\u00e9ron et Caligula.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u00e0 o\u00f9 Attila a pass\u00e9, l\u2019herbe ne repousse plus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"12\" class=\"cit-num\">12<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Adage symbolisant la sauvagerie des Huns.<em> Histoire des Francs<\/em> (premi\u00e8re impression fran\u00e7aise au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle), Gr\u00e9goire de Tours<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce mot recueilli par Gr\u00e9goire de Tours un si\u00e8cle et demi apr\u00e8s l\u2019invasion des Huns (en 451) montre que la m\u00e9moire \u00e9tait encore vive, en Gaule, de ces barbares et de leur chef, Attila surnomm\u00e9 Fl\u00e9au de Dieu\u00a0! Beaucoup de chroniqueurs s\u2019inspireront de ses <em>Dix livres d\u2019histoire<\/em> \u2013\u00a0titre originel de sa somme historique\u00a0\u2013, ce qui contribue \u00e0 renforcer le mythe d\u2019Attila toujours vivant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Malheur aux vaincus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"15\" class=\"cit-num\">15<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BRENNUS<\/span> (<span class=\"caps\">IV<\/span>e s. av. J.-C.), aux Romains, 390 av.\u00a0J.-C. <em>Histoire romaine<\/em>, Tite-Live (historien romain n\u00e9 en 59 av.\u00a0J.-C.)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Brennus est le chef des hordes gauloises qui d\u00e9ferlent sur l\u2019Italie du Nord\u00a0: conquise vers 390, elle devient la Gaule cisalpine. Rome est prise, pill\u00e9e, incendi\u00e9e. Catastrophe nationale et stupeur de toute l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0: pour la premi\u00e8re et derni\u00e8re fois (avant sa chute finale, mille ans apr\u00e8s), la capitale de l\u2019Empire romain tombe sous les coups d\u2019une arm\u00e9e \u00e9trang\u00e8re\u00a0!<\/p>\n<p>Brennus, vainqueur, jette son \u00e9p\u00e9e dans la balance o\u00f9 se pesait la ran\u00e7on de la ville, pour augmenter le poids d\u2019or r\u00e9clam\u00e9 comme prix de son d\u00e9part. Aux protestations des Romains, il r\u00e9pond\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Vae Victis<\/em>\u00a0\u00bb. L\u2019expression, devenue proverbe, signifie que les vaincus n\u2019ont droit \u00e0 aucune justice de la part des vainqueurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne craignons rien, sinon que le ciel ne tombe sur nos t\u00eates.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"16\" class=\"cit-num\">16<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Un guerrier gaulois \u00e0 Alexandre le Grand, 335 av.\u00a0J.-C. <em>G\u00e9ographie<\/em>, livre\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span>, Strabon (g\u00e9ographe grec n\u00e9 en 58 av.\u00a0J.-C.)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fi\u00e8re r\u00e9plique, \u00e9galement cit\u00e9e par Arrien, historien romain.<\/p>\n<p>Les Gaulois, tribus nomades, ont travers\u00e9 l\u2019Europe et poursuivi leur expansion jusqu\u2019aux rives du Danube. Alexandre, roi de Mac\u00e9doine, a convi\u00e9 \u00e0 sa table ces guerriers. \u00c2g\u00e9 de 20\u00a0ans, d\u00e9j\u00e0 conqu\u00e9rant dans l\u2019\u00e2me et pr\u00eat \u00e0 devenir le h\u00e9ros mythique de l\u2019Antiquit\u00e9, Alexandre demande durant le repas aux Gaulois ce qu\u2019ils craignent le plus, s\u2019attendant naturellement \u00e0 ce qu\u2019ils r\u00e9pondent que c\u2019est lui. Eh bien, non, ces Gaulois ne craignent v\u00e9ritablement rien, ni personne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ayez le Franc pour ami, mais non pour voisin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"100\" class=\"cit-num\">100<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proverbe grec (byzantin). <em>Histoire de France<\/em>, volume\u00a0I (1861), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Charlemagne et son arm\u00e9e progressent si rapidement vers l\u2019Est que les Byzantins feront de cette expression un proverbe. C\u2019est dire la crainte que peut inspirer un si grand souverain\u00a0!<\/p>\n<p>Le conqu\u00e9rant a certes des relations avec Byzance et notamment avec le puissant califat d\u2019Haroun al-Rachid, c\u00e9l\u00e8bre par les contes des <em>Mille et Une Nuits<\/em>. Mais en r\u00e9alit\u00e9, jamais Charlemagne ne porte si loin ses armes. C\u2019est seulement plus tard que les r\u00e9cits \u00e9piques fran\u00e7ais et italiens le feront guerroyer aux limites du monde connu. Ainsi se forme la l\u00e9gende.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute justice \u00e9mane du roi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"120\" class=\"cit-num\">120<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Antoine <span class=\"caps\">LOYSEL<\/span> (1536-1617). <em>Dictionnaire de fran\u00e7ais Littr\u00e9<\/em>, au mot \u00ab\u00a0justice\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cet adage fait \u00e9cho \u00e0 \u00ab\u00a0Si veut le Roi, si veut la Loi\u00a0\u00bb et refl\u00e8te la supr\u00e9matie de la justice royale sur les justices seigneuriales ou municipales. Il devient plus vrai \u00e0 mesure que des rois comme Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> et surtout Philippe le Bel renforcent l\u2019\u00c9tat royal.<\/p>\n<p>Loysel, avocat, puis procureur g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 Paris, humaniste et disciple de Cujas, est consid\u00e9r\u00e9 comme le premier penseur de droit fran\u00e7ais. Il met quarante ans \u00e0 r\u00e9diger son <em>Manuel<\/em> (1607), recueil de 958 maximes\u00a0: dans une forme \u00e9l\u00e9gante, il fixe les bases du droit fran\u00e7ais en fusionnant les r\u00e8gles du droit romain et de nombreuses coutumes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Laissez passer la justice du roi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"121\" class=\"cit-num\">121<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Inscription sur les sacs o\u00f9 l\u2019on met les condamn\u00e9s \u00e0 mort pr\u00e9alablement \u00e9trangl\u00e9s, avant d\u2019\u00eatre jet\u00e9s \u00e0 l\u2019eau. <em>Histoire de France depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1839), Louis-Pierre Anquetil<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La formule remonte au r\u00e8gne de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span>\u00a0le\u00a0Fol (1368-1422), en pleine guerre de Cent Ans. Elle a (au moins) deux origines possibles.<\/p>\n<p>En 1417, le roi apprend que son \u00e9pouse Isabeau de Bavi\u00e8re, dont il eut 11 enfants, le trompe avec un certain chevalier Louis de Bourdon (ou Bois-Bourdon, ou Bosredon). Le chroniqueur Enguerrand de Monstrelet en fait \u00e9tat\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi envoya apr\u00e8s lui le pr\u00e9v\u00f4t de Paris. [\u2026] Il fut par le commandement du roi tr\u00e8s fort questionn\u00e9, et depuis noy\u00e9 en Seine.\u00a0\u00bb Pratique in\u00e9dite pour un crime hors norme \u2013 on ex\u00e9cutait jusqu\u2019alors les condamn\u00e9s par d\u00e9capitation, b\u00fbcher ou pendaison. Avant la noyade, le corps aurait \u00e9t\u00e9 mis dans un sac, avec la fameuse inscription.<\/p>\n<p>Autre version, moins romanesque\u00a0: en mars\u00a01382, le peuple de Paris refuse de payer une taxe nouvelle sur les victuailles et se mutine. Des \u00e9meutiers pillent l\u2019H\u00f4tel de Ville, s\u2019emparent de maillets et forcent les portes de la prison du Ch\u00e2telet\u00a0: c\u2019est la \u00ab\u00a0r\u00e9volte des maillotins\u00a0\u00bb. On punit les coupables, mais on renonce \u00e0 des ex\u00e9cutions publiques trop nombreuses, qui risquent de provoquer le peuple. Les condamn\u00e9s seront jet\u00e9s \u00e0 la Seine, de nuit, dans des sacs portant la mention\u00a0: \u00ab\u00a0Laissez passer la justice du roi\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi de France ne meurt jamais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"122\" class=\"cit-num\">122<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Dicton marquant la p\u00e9rennit\u00e9 de la dynastie royale, au-del\u00e0 de la personne du roi. <em>Histoire de la R\u00e9volution de France<\/em> (1820), Antoine Fantin-Desodoards<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De l\u00e0 vient la c\u00e9l\u00e8bre expression\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi est mort, vive le roi\u00a0\u00bb pour saluer chaque fois l\u2019av\u00e8nement du successeur du roi d\u00e9funt, jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nulle terre sans seigneur.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Nul seigneur sans titre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"124\" class=\"cit-num\">124<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Maximes. <em>Recueil alphab\u00e9tique des questions de droit<\/em> (1810), Philippe-Antoine Merlin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La premi\u00e8re formule est la maxime des Francs du nord de la France, \u00e0 laquelle r\u00e9pond la seconde, \u00e9labor\u00e9e par les seigneurs du Midi. L\u2019une et l\u2019autre expriment le fondement de la soci\u00e9t\u00e9 m\u00e9di\u00e9vale, bas\u00e9e sur la puissance territoriale des seigneurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fier comme ch\u00e2teau sur motte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"125\" class=\"cit-num\">125<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proverbe du <span class=\"caps\">XI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. <em>Dictionnaire de fran\u00e7ais Littr\u00e9<\/em>, au mot \u00ab\u00a0motte\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En ces temps de tumultes, le ch\u00e2teau fait tout \u00e0 la fois la force et la fiert\u00e9 des seigneurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Apr\u00e8s la panse vient la danse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"138\" class=\"cit-num\">138<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Dicton populaire. <em>Dictionnaire de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise<\/em> (1694), au mot \u00ab\u00a0panse\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On mange, on boit, on s\u2019amuse bien au Moyen \u00c2ge, au ch\u00e2teau comme au village, hors les temps de famine, de peste, de guerre. Cela contredit l\u2019image trop souvent r\u00e9pandue d\u2019une \u00e9poque sombre, s\u00e9v\u00e8re, fatalement dure \u00e0 vivre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De Cotentin partit la lance<br>Qui abattit le roi de France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"160\" class=\"cit-num\">160<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Dicton (1047).<em> Histoire du ch\u00e2teau et des sires de Saint-Sauveur-Le-Vicomte<\/em> (1867), L\u00e9opold Delisle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce roi de France est Henri\u00a0Ier, fils de Robert le Pieux, suzerain et alli\u00e9 du jeune duc de Normandie Guillaume, venu lui demander appui contre ses barons normands r\u00e9volt\u00e9s.<\/p>\n<p>Les arm\u00e9es de Guillaume et du roi de France se heurtent aux r\u00e9volt\u00e9s pr\u00e8s de Caen, au Val-des-Dunes. Parmi les barons, un chevalier du Cotentin d\u00e9sar\u00e7onne le roi \u2013 d\u2019o\u00f9 ce dicton. Mais il est aussit\u00f4t tu\u00e9 par les chevaliers entourant le roi. Guillaume et Henri\u00a0Ier l\u2019emportent, le duc de Normandie reprend le contr\u00f4le de son duch\u00e9.<\/p>\n<p>Inquiet de la puissance de son vassal, le roi se retournera contre lui, ce qui lui vaudra plusieurs d\u00e9faites (Mortemer en 1054, Varaville en 1058).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De deux maux, on doit toujours choisir le moindre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"194\" class=\"cit-num\">194<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GUILLAUME<\/span> de <span class=\"caps\">TUD\u00c8LE<\/span> (fin <span class=\"caps\">XII<\/span>e-d\u00e9but <span class=\"caps\">XIII<\/span>e si\u00e8cle), C<em>hanson de la croisade albigeoise. La Chanson de la croisade contre les Albigeois<\/em> (posthume, 1879), commenc\u00e9e par Guillaume de Tud\u00e8le et continu\u00e9e par un po\u00e8te anonyme<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le go\u00fbt du combat et du martyre n\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 tous. Ainsi, les gens de Castelsarrasin se rendirent aux crois\u00e9s venus les assi\u00e9ger (ao\u00fbt\u00a01212), empruntant aux bourgeois d\u2019Agen ce pr\u00e9cepte devenu proverbe\u00a0: \u00ab\u00a0<em>\u00a0Dels dos mals, le mens mal deu om tots temps trier.\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>De nombreux seigneurs locaux, priv\u00e9s de leurs biens, font mine de se soumettre. On les appelle \u00ab\u00a0faydits\u00a0\u00bb \u2013 fuyards ou d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s, en langue d\u2019oc. D\u2019autres se joignent aux h\u00e9r\u00e9tiques et c\u2019est aussi une mani\u00e8re de se rebeller contre Philippe Auguste, ce roi cap\u00e9tien dont l\u2019autorit\u00e9 n\u2019est pas encore reconnue.<\/p>\n<p>La politique se m\u00eale plus que jamais \u00e0 la religion, la confusion est immense, la situation s\u2019aggrave. Les b\u00fbchers succ\u00e8dent aux massacres, pour le plus grand malheur du Midi de la France, qui en garde aujourd\u2019hui encore la m\u00e9moire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Roi ne suis, ni prince, ni duc, ni comte aussi,<br>Je suis le sire de Coucy.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"206\" class=\"cit-num\">206<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise des <span class=\"caps\">COUCY<\/span>, noble famille de Picardie. <em>Citations historiques expliqu\u00e9es\u00a0: des origines \u00e0 nos jours<\/em> (2011), Jean-Paul Roig<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Enguerrand <span class=\"caps\">III<\/span> de Coucy, dit le Grand ou le B\u00e2tisseur, qui combattit \u00e0 Bouvines aupr\u00e8s de Philippe Auguste, participe aux r\u00e9voltes f\u00e9odales, durant la minorit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span>, entre\u00a01226 et\u00a01234.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa mort accidentelle en 1243 et celle de son fils Raoul <span class=\"caps\">II<\/span> au cours de la septi\u00e8me croisade (\u00e0 la Mansourah), Enguerrand <span class=\"caps\">IV<\/span> recueillera l\u2019h\u00e9ritage familial.<\/p>\n<p>Cette fi\u00e8re devise familiale r\u00e9sonne comme celle des princes de Rohan (maison de Bretagne aux multiples branches)\u00a0: \u00ab\u00a0Roi ne puis, duc ne daigne, Rohan suis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Fluctuat nec mergitur<\/em>.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Il est battu par les flots mais ne sombre pas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"222\" class=\"cit-num\">222<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise des marchands d\u2019eau (1268). <em>Encyclop\u00e9die Larousse<\/em>, article \u00ab\u00a0Devise\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un si\u00e8cle plus tard, cette devise deviendra celle de Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous qui voulons toujours raison garder.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"229\" class=\"cit-num\">229<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> le Bel (1268-1314), Lettre au roi d\u2019Angleterre \u00c9douard\u00a0Ier, 1er\u00a0septembre 1286. Histoire de la France (1947), Andr\u00e9 Maurois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le proverbe reste, d\u00e9barrass\u00e9 du \u00ab\u00a0nous\u00a0\u00bb royal, mais gardant l\u2019inversion quelque peu vieille France\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut toujours raison garder.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Philippe le Bel \u00e9crit ces mots \u00e0 18\u00a0ans, son destinataire en a 47. L\u2019un des premiers actes du jeune roi est de rendre \u00e0 son \u00ab\u00a0cousin\u00a0\u00bb une partie des terres lui revenant (entre Quercy, Limousin et Saintonge), au terme d\u2019un pr\u00e9c\u00e9dent trait\u00e9 non appliqu\u00e9. Le roi d\u2019Angleterre, par ailleurs duc de Guyenne, est vassal du roi de France pour toutes ses possessions dans le pays, d\u2019o\u00f9 des relations complexes \u2013 il faut m\u00e9nager la susceptibilit\u00e9 de l\u2019un ou l\u2019autre souverain\u00a0!<\/p>\n<p>Cette lettre fait suite \u00e0 la visite d\u2019\u00c9douard\u00a0Ier venu \u00e0 Paris rendre hommage \u00e0 son suzerain, et \u00e0 divers remous diplomatiques.<\/p>\n<p>Le m\u00eame pr\u00e9cepte est repris par Philippe le Bel dans ses <em>Enseignements aux dauphins. <\/em><\/p>\n<p>Dans le m\u00eame esprit, Richelieu dira plus tard\u00a0: \u00ab\u00a0La raison doit \u00eatre la r\u00e8gle et conduite d\u2019un \u00c9tat.\u00a0\u00bb Et Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> soumettra toute sa vie \u00e0 la \u00ab\u00a0raison d\u2019\u00c9tat, qui est la premi\u00e8re des lois mais la plus inconnue et la plus obscure \u00e0 ceux qui ne gouvernent pas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Memento finis<\/em>.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Songe \u00e0 ta fin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"246\" class=\"cit-num\">246<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise des Templiers. <em>R\u00e8gle et statuts secrets des Templiers<\/em> (1840), Charles Hippolyte Maillard de Chambure<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On peut aussi la traduire par \u00ab\u00a0Pense \u00e0 ton but\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa lutte finalement victorieuse contre le Saint-Si\u00e8ge, puis sur les Flamands, la suppression de l\u2019ordre des Chevaliers de la milice du Temple sera l\u2019un des grands desseins du r\u00e8gne de Philippe le Bel. Une longue Affaire, un vrai feuilleton judiciaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Boire comme un Templier.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Jurer comme un Templier.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"249\" class=\"cit-num\">249<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Expressions populaires, au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XIV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. <em>Le Livre des proverbes fran\u00e7ais<\/em>, tome\u00a0I (1842), Antoine-Jean-Victor Le Roux de Lincy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dictons toujours cours, m\u00eame si l\u2019on en oublie l\u2019origine.<\/p>\n<p>Ils donnent une faible id\u00e9e des vices, crimes et p\u00e9ch\u00e9s que la rumeur publique pr\u00eatait aux chevaliers. \u00ab\u00a0Le Temple avait pour les imaginations un attrait de myst\u00e8re et de vague terreur. Les r\u00e9ceptions avaient lieu, dans les \u00e9glises de l\u2019ordre, la nuit et portes ferm\u00e9es. On disait que si le roi de France lui-m\u00eame y e\u00fbt p\u00e9n\u00e9tr\u00e9, il n\u2019en serait pas sorti\u00a0\u00bb (Jules Michelet, <em>Histoire de France<\/em>).<\/p>\n<p>La rumeur est entretenue par le chancelier Nogaret. Le roi a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00e9liminer cet \u00ab\u00a0\u00c9tat dans l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb, car les Templiers ne d\u00e9pendent que de l\u2019autorit\u00e9 du pape. Il veut aussi r\u00e9cup\u00e9rer une part de leur fortune \u2013 le fameux \u00ab\u00a0tr\u00e9sor\u00a0\u00bb. L\u2019op\u00e9ration secr\u00e8te sera vite et bien men\u00e9e. Mais proc\u00e8s, interrogatoires, supplices et ex\u00e9cutions suivront.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 d\u00e9shonneur meurt \u00e0 bon droit qui n\u2019aime livre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"268\" class=\"cit-num\">268<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proverbe du Moyen \u00c2ge, tir\u00e9 du<em> Roman de Renart<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est dire la place primordiale r\u00e9serv\u00e9e au savoir.<\/p>\n<p>Paris s\u2019enorgueillit du fait que les \u00e9tudiants forment plus de la moiti\u00e9 de la population, \u00e0 l\u2019\u00e9poque des r\u00e8gnes de Jean\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> le Bon et Charles\u00a0V le Sage (entre\u00a01350 et\u00a01380).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui m\u2019aime me suive\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"279\" class=\"cit-num\">279<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Philippe\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> de <span class=\"caps\">VALOIS<\/span> (1294-1350), avant la bataille du mont Cassel, 23\u00a0ao\u00fbt 1328.<em> Les Proverbes\u00a0: histoire anecdotique et morale des proverbes et dictons fran\u00e7ais<\/em> (1860), Jos\u00e9phine Amory de Langerack<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premi\u00e8re source de cette expression fameuse\u00a0: les<em> Grandes Chroniques de France de l\u2019abbaye de Saint-Denis<\/em>. C\u2019est le \u00ab\u00a0roman des roys\u00a0\u00bb, entrepris \u00e0 la demande de Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span>, pr\u00e9cieux manuscrit enrichi d\u2019enluminures, compilation de documents, qui nous conte l\u2019histoire de la monarchie, des origines jusqu\u2019\u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Devenu r\u00e9gent \u00e0 la mort de Charles\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, Philippe de Valois, neveu de Philippe le Bel, s\u2019est fait couronner roi le 29\u00a0mai 1328, la veuve de Charles\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> ayant mis au monde une fille posthume, \u00e9cart\u00e9e du tr\u00f4ne par la loi salique.<\/p>\n<p>Le roi veut aider Louis\u00a0Ier de Nevers, comte de Flandre, qui fait appel \u00e0 lui pour mater la r\u00e9volte des Flamands sur ses terres. Il prend conseil aupr\u00e8s des barons qui l\u2019ont \u00e9lu le 29\u00a0mai dernier, mais qui protestent, trouvant la saison trop avanc\u00e9e dans l\u2019\u00e9t\u00e9 pour partir en campagne. Mieux vaut attendre. Le conn\u00e9table de France, Gautier de Ch\u00e2tillon, n\u2019est pas de cet avis et le dit bien haut\u00a0: \u00ab\u00a0Qui a bon c\u0153ur trouve toujours bon temps pour la bataille.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 ces mots, le roi embrasse son conn\u00e9table (chef des arm\u00e9es) et lance cet appel\u00a0: \u00ab\u00a0Qui m\u2019aime me suive\u00a0!\u00a0\u00bb Et tous les barons le suivent. L\u2019autorit\u00e9 de ce premier Valois encore contest\u00e9 s\u2019en trouve renforc\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rien ne m\u2019est plus, plus ne m\u2019est rien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"320\" class=\"cit-num\">320<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Valentine <span class=\"caps\">VISCONTI<\/span> (1368-1408), duchesse d\u2019Orl\u00e9ans, janvier\u00a01408. Sa devise. <em>Chroniques<\/em> (posthume, 1826), Enguerrand de Monstrelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle a vainement demand\u00e9 justice aupr\u00e8s du roi, suite \u00e0 l\u2019assassinat de son mari. Elle prend cette triste devise inscrite sur la dalle mortuaire, et va sans fin se recueillir devant le gisant du duc. Elle mourra l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p>Mais auparavant, la veuve et son fils Charles d\u2019Orl\u00e9ans veulent venger cette mort. Charles a \u00e9pous\u00e9 la fille du comte d\u2019Armagnac et ils vont pouvoir compter sur les routiers gascons, mercenaires du comte. Ainsi commence la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, qui va ensanglanter durablement la France d\u00e9j\u00e0 malade de la Guerre de Cent Ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu premier servi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"339\" class=\"cit-num\">339<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JEANNE<\/span> D\u2019<span class=\"caps\">ARC<\/span> (1412-1431), devise.<em> Jeanne d\u2019Arc\u00a0: le pouvoir et l\u2019innocence<\/em> (1988), Pierre Moinot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ni l\u2019\u00c9glise, ni le roi, ni la France, ni rien ni personne d\u2019autre ne passe avant Lui, \u00ab\u00a0Messire Dieu\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0roi du Ciel\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0roi des Cieux\u00a0\u00bb, obsessionnellement invoqu\u00e9 ou \u00e9voqu\u00e9 par Jeanne, aux moments les plus glorieux ou les plus sombres de sa vie. C\u2019est la raison m\u00eame de sa passion, cette foi forte et fragile, \u00e0 l\u2019image du personnage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 c\u0153ur vaillant, rien d\u2019impossible.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"360\" class=\"cit-num\">360<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">C\u0152UR<\/span> (vers 1395-1456), devise. <em>Le Grand C\u0153ur<\/em> (2012), Jean-Christophe Rufin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle illustre \u00e0 merveille l\u2019esprit d\u2019entreprise sans limite de cet homme d\u2019affaires aux multiples activit\u00e9s (banque, change, mines, m\u00e9taux pr\u00e9cieux, \u00e9pices, sel, bl\u00e9, draps, laine, pelleterie, orf\u00e8vrerie), banquier de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> et qui finan\u00e7a comme tel la reconqu\u00eate de la Normandie en 1449.<\/p>\n<p>Ma\u00eetre des monnaies en 1436, argentier du roi en 1440, puis conseiller en 1442, charg\u00e9 de missions diplomatiques \u00e0 Rome, G\u00eanes, il aide aussi le roi \u00e0 r\u00e9tablir une monnaie saine et \u00e0 redonner vie au commerce fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Soup\u00e7onn\u00e9 de malversations et crimes vrais ou suppos\u00e9s (et m\u00eame d\u2019avoir empoisonn\u00e9 Agn\u00e8s Sorel, ma\u00eetresse du roi, morte le 9\u00a0f\u00e9vrier 1450), il est arr\u00eat\u00e9 en 1451 et condamn\u00e9 par une commission extraordinaire le 29\u00a0mai 1453\u00a0: confiscation de ses biens et amende de 400\u00a0000 \u00e9cus. En 1454, il s\u2019\u00e9vade de prison, se fait innocenter par le Pape Calixte <span class=\"caps\">III<\/span> qui lui confie le commandement d\u2019une flotte pour guerroyer contre les Turcs. Il meurt en croisade \u00e0 Chio, en 1456.<\/p>\n<p>Son \u00e9ph\u00e9m\u00e8re fortune symbolise la g\u00e9n\u00e9ration des nouveaux riches, issue de la guerre de Cent Ans. Mais cette vie en forme de roman d\u2019aventures, qui a frapp\u00e9 ses contemporains, fait de lui un personnage de la proche Renaissance.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut faire suer les \u00e9cus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"371\" class=\"cit-num\">371<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Maxime sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>. <em>Citations, proverbes et dictons de chez nous<\/em> (2004), Julie Bardin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les marchands fran\u00e7ais ont soif de profit et les hommes du <span class=\"caps\">XV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle sont surtout sensibles \u00e0 l\u2019aspect mon\u00e9taire de l\u2019\u00e9conomie. Pour eux, le vrai signe de la richesse est la possession du num\u00e9raire.<\/p>\n<p>Pendant le r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>, la relance de l\u2019\u00e9conomie continue, sur sa lanc\u00e9e amorc\u00e9e par Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span>. Les grandes foires se multiplient. Des industries se cr\u00e9ent ou se d\u00e9veloppent. Jean Gobelin laissera son nom \u00e0 l\u2019art de la tapisserie. L\u2019imprimerie est introduite \u00e0 Lyon et \u00e0 Paris, o\u00f9 la Sorbonne en sera la premi\u00e8re dot\u00e9e (1470). Le roi nomme un \u00ab\u00a0visiteur g\u00e9n\u00e9ral des mines\u00a0\u00bb et on prospecte en Roussillon. L\u2019industrie de la soie est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 Lyon, puis \u00e0 Gours, ce qui permet d\u2019\u00e9conomiser 500\u00a0000 \u00e9cus d\u2019or d\u2019importation. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> fera publier pr\u00e8s de 70 r\u00e8glements de m\u00e9tiers\u00a0: le syst\u00e8me corporatif est pour lui un moyen de domination et de contr\u00f4le par l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Divide ut regnes<\/em>.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Divise afin de r\u00e9gner.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Diviser pour r\u00e9gner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"275\" class=\"cit-num\">275<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Fleurs latines des dames et des gens du monde ou clef des citations latines<\/em> (1850), Pierre Larousse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette maxime politique, \u00e9nonc\u00e9e \u00e0 la Renaissance par Machiavel, fut d\u00e9j\u00e0 celle du S\u00e9nat romain, et sera reprise par Catherine de M\u00e9dicis.<\/p>\n<p>Avec cette autre maxime\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Qui nescit dissimulare, nescit regnare<\/em>\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Celui qui ne sait pas dissimuler, ne sait pas r\u00e9gner\u00a0\u00bb), on a la cl\u00e9 de toute la politique du personnage r\u00e9aliste et rus\u00e9, \u00e0 la diplomatie retorse, aux man\u0153uvres sans scrupules, et qui va briser le pouvoir des grands seigneurs f\u00e9odaux, pour ouvrir les portes de l\u2019\u00e8re moderne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui s\u2019y frotte, s\u2019y pique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"277\" class=\"cit-num\">277<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XI<\/span> (1423-1483), devise. <em>Citations historiques expliqu\u00e9es\u00a0: des origines \u00e0 nos jours<\/em> (2011), Jean-Paul Roig<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> prendra la m\u00eame devise, mais associ\u00e9e au porc-\u00e9pic. De sorte qu\u2019il y a parfois confusion, dans certaines sources, entre les deux symboles et les deux rois.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> se fait craindre et se soucie peu de se faire aimer, \u00e0 l\u2019image du chardon \u2013 ou du fagot d\u2019\u00e9pines. Il passe pour \u00e9go\u00efste et parcimonieux, voire avare, indiff\u00e9rent \u00e0 ses deux femmes, Marguerite d\u2019\u00c9cosse qui se ronge de chagrin et Charlotte de Savoie qui ne fut gu\u00e8re plus heureuse.<\/p>\n<p>Il est d\u00e9test\u00e9 des grands f\u00e9odaux, avec qui il a d\u2019ailleurs complot\u00e9 contre son p\u00e8re, du temps o\u00f9 il \u00e9tait dauphin et si impatient de r\u00e9gner. Ils ne cess\u00e8rent de comploter contre lui et il les combattit sans rel\u00e2che pour le bien de la Couronne. Accomplissant ainsi son devoir de prince, et quels que soient les moyens utilis\u00e9s, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> est en cela un grand roi pour la France.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/2_0.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"267\"><\/a>2. Renaissance et guerres de Religion.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0France, m\u00e8re des arts, des armes et des lois\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"390\" class=\"cit-num\">390<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joachim du <span class=\"caps\">BELLAY<\/span> (1522-1560), <em>Les Regrets<\/em> (1558)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Po\u00e8te inspir\u00e9 par l\u2019amour du pays et qui renonce \u00e0 la carri\u00e8re militaire pour les vers.<\/p>\n<p>La trilogie \u00ab\u00a0des arts, des armes et des lois\u00a0\u00bb r\u00e9sume fort bien l\u2019histoire de cette \u00e9poque si riche, si contrast\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Le dialogue tour \u00e0 tour sanglant et serein qu\u2019on appela Renaissance\u00a0\u00bb (Malraux, Les Voix du silence). \u00ab\u00a0L\u2019aimable mot de Renaissance ne rappelle aux amis du beau que l\u2019av\u00e8nement d\u2019un art nouveau et le libre essor de la fantaisie\u00a0; pour l\u2019\u00e9rudit, c\u2019est la r\u00e9novation des \u00e9tudes de l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0; pour les l\u00e9gistes, le jour qui commence \u00e0 luire sur le discordant chaos de nos vieilles coutumes\u00a0\u00bb (Michelet, <em>Histoire de France<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un roi, une foi, une loi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"395\" class=\"cit-num\">395<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Guillaume <span class=\"caps\">POSTEL<\/span> (1510-1581). <em>Dictionnaire universel<\/em> (1727), Antoine Fureti\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre trilogie\u00a0: cette association de trois mots est une formule r\u00e9currente qui a un bel avenir dans notre Histoire, jusqu\u2019\u00e0 la \u00ab\u00a0sainte trinit\u00e9 r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019origine, l\u2019adage \u00e9tait\u00a0: \u00ab\u00a0Une foi, une loi, un roi\u00a0\u00bb\u00a0: la loi divine passait avant les lois royales. On a dit ensuite\u00a0: \u00ab\u00a0Un seul seigneur, une seule foi, un seul bapt\u00eame\u00a0\u00bb. Cette formule qui a cours au Moyen \u00c2ge (venant sans doute de saint Paul dans l\u2019\u00e9p\u00eetre aux \u00c9ph\u00e9siens) d\u00e9signe le Seigneur Dieu.<\/p>\n<p>Postel, professeur de grec, d\u2019h\u00e9breu et d\u2019arabe au Coll\u00e8ge royal (futur Coll\u00e8ge de France) cr\u00e9\u00e9 par Fran\u00e7ois\u00a0Ier, substitue le seigneur royal au seigneur divin et la \u00ab\u00a0loi\u00a0\u00bb au \u00ab\u00a0bapt\u00eame\u00a0\u00bb. Timide d\u00e9but de la\u00efcisation, m\u00eame si royaut\u00e9 et religion se fondent toujours l\u2019une l\u2019autre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La maison est \u00e0 l\u2019envers lorsque la poule chante aussi haut que le coq.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"408\" class=\"cit-num\">408<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">No\u00ebl du <span class=\"caps\">FAIL<\/span> (vers 1520-1591), <em>Contes et Discours d\u2019Eutrapel. Bestiaire ethno-linguistique des peuples d\u2019Europe<\/em> (2002), Michel Praneuf<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce dicton du <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle inspire Moli\u00e8re dans <em>Les Femmes savantes<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0La poule ne doit point chanter devant le coq.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et selon Montaigne\u00a0: \u00ab\u00a0La plus utile et honorable science et occupation \u00e0 une femme, c\u2019est la science du m\u00e9nage.\u00a0\u00bb Cependant, les femmes tiennent une place importante dans la vie politique de ce temps\u00a0: m\u00e8res ou s\u0153urs de rois \u2013 Anne de Beaujeu, Louise de Savoie, Catherine de M\u00e9dicis \u2013 qui deviennent r\u00e9gentes quand leurs fils ou leurs fr\u00e8res partent \u00e0 la guerre ou sont trop jeunes pour gouverner\u00a0; ma\u00eetresses ou s\u0153urs royales \u2013 Diane de Poitiers, Marguerite d\u2019Angoul\u00eame \u2013 qui jouent volontiers les reines et les m\u00e9c\u00e8nes. Jeanne d\u2019Albret, Marie Stuart, Marguerite de France seront aussi des personnages de femme tr\u00e8s diff\u00e9rents, mais remarquables.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>\u00a0Malo mori quam f\u0153dari.\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Plut\u00f4t mourir que se d\u00e9shonorer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"240\" class=\"cit-num\">240<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> de <span class=\"caps\">BRETAGNE<\/span> (1476-1514), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ou encore \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e8re la mort \u00e0 la souillure\u00a0\u00bb \u2013 et elle prend pour symbole la blanche hermine.<\/p>\n<p>Fille de Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, dernier duc de Bretagne auquel elle succ\u00e8de le 9\u00a0septembre 1488 (\u00e2g\u00e9e de 13\u00a0ans) \u00e0 la t\u00eate du duch\u00e9 de Bretagne. C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une vie publique (et priv\u00e9e) fort mouvement\u00e9e, pour une femme de grand caract\u00e8re qui deviendra (deux fois) reine de France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>\u00a0Voluntas Dei. Missus a Deo.<\/em>\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Volont\u00e9 de Dieu. Envoy\u00e9 de Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"424\" class=\"cit-num\">424<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> l\u2019Affable (1470-1498), devise sur ses \u00e9tendards entrant dans Rome, fin 1494.<em> Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De 1492 \u00e0 1559, la France va se lancer dans 11 guerres d\u2019Italie. Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> est le premier de nos rois qui succombe au mirage italien.<\/p>\n<p>Affichant sa fi\u00e8re devise, le roi de France se prend pour un nouveau crois\u00e9, d\u2019ailleurs appel\u00e9 par l\u2019Italie en plein chaos politique, avec ses cinq \u00c9tats qui se d\u00e9chirent entre eux et une poussi\u00e8re de principaut\u00e9s.<\/p>\n<p>Cinq mois de marche triomphale pour traverser l\u2019Italie avec 36\u00a0000 hommes, dont 10\u00a0000 mercenaires suisses et allemands. Presque sans combattre, le voil\u00e0 aux portes de Rome, le 31\u00a0d\u00e9cembre 1494\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi entra dans Rome plus triomphalement et mieux accompagn\u00e9 que ne fit aucun prince qui soit en la m\u00e9moire de ceux qui sont vivants\u00a0\u00bb, selon le t\u00e9moignage d\u2019un des gentilshommes de Louis d\u2019Orl\u00e9ans \u2013 lib\u00e9r\u00e9, r\u00e9concili\u00e9 avec Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, le futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> fait partie de l\u2019exp\u00e9dition.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Nutrisco et exstinguo.<\/em>\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Je le nourris et je l\u2019\u00e9teins.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"436\" class=\"cit-num\">436<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier\u00a0(1494-1547), devise accompagnant la salamandre sur ses armes.<em> Encyclop\u00e9die th\u00e9ologique<\/em> (1863), abb\u00e9 Jean Jacques Bourasse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Allusion \u00e0 l\u2019ancienne croyance selon laquelle cet animal est capable de vivre dans le feu et m\u00eame de l\u2019\u00e9teindre. Depuis un si\u00e8cle, les rois de France ont des embl\u00e8mes personnels souvent associ\u00e9s \u00e0 un animal\u00a0: le lion pour Charles <span class=\"caps\">VI<\/span>\u00a0le Fou, le cerf ail\u00e9 pour Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> et Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, le porc-\u00e9pic pour Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>. La salamandre se marie bien \u00e0 cette Renaissance o\u00f9 la fronti\u00e8re est floue entre nature et surnature, chimie et alchimie, astronomie et astrologie. On croit l\u2019air et l\u2019onde peupl\u00e9s de d\u00e9mons \u2013 m\u00eame le tr\u00e8s savant Ambroise Par\u00e9, fondateur de la science m\u00e9dicale et m\u00e9decin des rois\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Car tel est notre plaisir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"437\" class=\"cit-num\">437<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier\u00a0(1494-1547). <em>L\u2019Art de v\u00e9rifier les dates<\/em> (1818), David Bailie Warden.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0Car ainsi nous pla\u00eet-il \u00eatre fait.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sept jours de r\u00e8gne, ce sont des formules royales qui disent assez la volont\u00e9 de pouvoir du nouveau roi. Celui que sa m\u00e8re Louise de Savoie appelle son \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb, et les Italiens \u00ab\u00a0Sa Majest\u00e9\u00a0\u00bb (\u00e0 l\u2019\u00e9gal de l\u2019empereur), ne convoquera jamais les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux, en trente-deux ann\u00e9es de r\u00e8gne. Il cr\u00e9e le Conseil secret (dit aussi Conseil \u00e9troit, ou Conseil des affaires)\u00a0: \u00ab\u00a0Ce conseil est nouveau et fut introduit par Fran\u00e7ois\u00a0Ier qui avait en haine les conseils trop nombreux et qui fut le premier \u00e0 prendre de son chef les grandes d\u00e9cisions\u00a0\u00bb, \u00e9crira l\u2019ambassadeur de Venise Michel Suriano en 1561. La cour elle-m\u00eame, fort brillante, peupl\u00e9e d\u2019artistes, de po\u00e8tes, de nobles venus de leurs terres de province, d\u2019\u00e9trangers accourus (souvent d\u2019Italie) et de dames aussi belles que fastueuses, devient un instrument du r\u00e8gne de ce personnage s\u00e9duisant et l\u00e9ger, aussi galant avec les femmes que brave au milieu des soldats.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Guerre faite sans bonne provision d\u2019argent n\u2019a qu\u2019un soupirail de vigueur. Les nerfs des batailles sont les p\u00e9cunes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"465\" class=\"cit-num\">465<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">RABELAIS<\/span> (vers 1494-1553), <em>Gargantua<\/em> (1534)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Moine et m\u00e9decin, Rabelais a cr\u00e9\u00e9 le g\u00e9ant Pantagruel, et deux ans plus tard, Gargantua, son g\u00e9ant de p\u00e8re. Des cinq livres de son \u0153uvre, c\u2019est le plus pol\u00e9mique\u00a0: il aborde des questions s\u00e9rieuses, comme la guerre. Il ridiculise le roi Picrochole, sa folie ambitieuse qui le pousse aux guerres de conqu\u00eate (Charles Quint est vis\u00e9), et l\u2019oppose au bon roi Grandgousier, pacifique et prudent, conscient de ses devoirs vis-\u00e0-vis de ses sujets et anim\u00e9 d\u2019une vraie fraternit\u00e9 chr\u00e9tienne. Mais pour mener cette politique, il faut \u00eatre fort, donc disposer d\u2019une arm\u00e9e permanente \u2013 allusion \u00e0 la politique militaire de Fran\u00e7ois\u00a0Ier.<\/p>\n<p>On note au passage l\u2019origine de l\u2019expression \u00ab\u00a0nerf de la guerre\u00a0\u00bb \u2013 ou sa r\u00e9apparition, Thucydide en ayant us\u00e9, dans son <em>Histoire de la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se<\/em>, au Ve\u00a0si\u00e8cle avant J.-C. La m\u00e9taphore va faire fortune dans l\u2019histoire\u00a0: les guerres sans fin recommenc\u00e9es sont ruineuses. Le <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle bat n\u00e9anmoins le record historique de quatre-vingt-cinq ann\u00e9es de guerre en Europe, avec des effectifs croissants et des armes toujours perfectionn\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019app\u00e9tit vient en mangeant, disait Angest on Mans, la soif s\u2019en va en buvant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"467\" class=\"cit-num\">467<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">RABELAIS<\/span> (vers 1494-1553), <em>Gargantua<\/em> (1534)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est devenu un proverbe, au m\u00eame titre et dans le m\u00eame esprit \u00ab\u00a0rabelaisien\u00a0\u00bb que \u00ab\u00a0Fais ce que voudras\u00a0\u00bb, seule r\u00e8gle morale de l\u2019abbaye de Th\u00e9l\u00e8me, premi\u00e8re utopie de notre litt\u00e9rature.<\/p>\n<p>Outre la guerre et l\u2019\u00e9ducation, la religion est l\u2019une des graves questions trait\u00e9es dans ce livre.<\/p>\n<p>Rabelais, moine cordelier, puis b\u00e9n\u00e9dictin, curieux de tout, passionn\u00e9 de grec et de latin, bien que pr\u00f4nant l\u2019usage du fran\u00e7ais, est pour la nouvelle doctrine \u00e9vang\u00e9lique, avec les humanistes du Coll\u00e8ge royal et contre la Sorbonne \u2013 qui en 1523 lui confisqua ses livres de grec, interdiction \u00e9tant faite d\u2019\u00e9tudier l\u2019\u00c9criture sainte dans les textes originaux.<\/p>\n<p>Rabelais parle ici de J\u00e9r\u00f4me de Hangest, \u00e9v\u00eaque du\u00a0Mans (mort en 1538) et gardien de l\u2019orthodoxie. Les mauvaises m\u0153urs dans l\u2019\u00c9glise sont l\u2019une des raisons de la R\u00e9forme. Le s\u00e9rieux Calvin lui-m\u00eame les d\u00e9nonce en s\u2019adressant au roi, en 1536\u00a0: \u00ab\u00a0Contemplez d\u2019autre part nos adversaires [\u2026] Leur ventre leur est pour dieu, la cuisine pour religion.\u00a0\u00bb Mais Rabelais comme Calvin et leurs amis \u00ab\u00a0h\u00e9r\u00e9tiques\u00a0\u00bb vont devoir quitter Paris apr\u00e8s une nouvelle provocation.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Faux comme diamant du Canada.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"474\" class=\"cit-num\">474<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proverbe n\u00e9 dans les ann\u00e9es 1540. <em>Champlain\u00a0: la naissance de l\u2019Am\u00e9rique fran\u00e7aise<\/em> (2004), Raymonde Litalien, Denis Vaugeois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019expression traduit la d\u00e9ception de la France et de Jacques Cartier, le d\u00e9couvreur du Canada, \u00e0 la vue de ce qu\u2019il rapporte de sa troisi\u00e8me exp\u00e9dition (1541) en Am\u00e9rique du Nord\u00a0: ni or ni diamants, mais de la pyrite et du mica.<\/p>\n<p>Le beau nom de Cap-Diamant restera, d\u00e9signant l\u2019extr\u00e9mit\u00e9 est de la colline de Qu\u00e9bec, o\u00f9 se situe la Haute-Ville. Et le proverbe peu flatteur est encore en usage, m\u00eame si l\u2019origine en est souvent oubli\u00e9e.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une premi\u00e8re tentative de colonisation fran\u00e7aise en 1542 (Roberval), la v\u00e9ritable installation en Nouvelle-France se fera sous Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> (avec Samuel Champlain, fondateur du Qu\u00e9bec, en 1608).<\/p>\n<p>Dans cette conqu\u00eate outre-Atlantique, la France va se heurter \u00e0 un nouveau rival\u00a0: l\u2019Angleterre, pr\u00eate \u00e0 devenir l\u2019autre grande puissance en Europe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Divide ut regnes.<\/em>\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Divise, afin de r\u00e9gner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"498\" class=\"cit-num\">498<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), maxime politique<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre formulation et m\u00eame signification\u00a0: \u00ab\u00a0<em>\u00a0Divide et Impera<\/em>.\u00a0\u00bb Cette maxime \u00e9nonc\u00e9e par Machiavel fut celle du S\u00e9nat romain, mais aussi de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> et de la nouvelle r\u00e9gente en 1560. Catherine de M\u00e9dicis, apr\u00e8s presque trente ann\u00e9es d\u2019effacement derri\u00e8re le roi, les favorites et les conseillers, va gouverner la France pendant pr\u00e8s de trente autres ann\u00e9es, marqu\u00e9es par les guerres de Religion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Doux est le p\u00e9ril pour Christ et le pays\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"510\" class=\"cit-num\">510<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Prince Louis de <span class=\"caps\">COND\u00c9<\/span> (1530-1569), mort \u00e0 Jarnac, 13\u00a0mars 1569. Sa devise. <em>La C\u00e9l\u00e8bre Bataille de Jarnac, racont\u00e9e par Agrippa d\u2019Aubign\u00e9<\/em> (alors \u00e2g\u00e9 de 17\u00a0ans)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Troisi\u00e8me guerre de Religion\u00a0: Cond\u00e9 (le Prince) et Coligny (l\u2019Amiral) sont les deux chefs, convertis au calvinisme, mais mod\u00e9r\u00e9s \u2013 ils ont refus\u00e9 de participer \u00e0 la conjuration d\u2019Amboise (1560). Catherine de M\u00e9dicis veut les faire enlever, ils se r\u00e9fugient \u00e0 La\u00a0Rochelle, qui devient une place forte protestante.<\/p>\n<p>Cond\u00e9 prend la t\u00eate, avec sa fi\u00e8re devise sur ses \u00e9tendards et malgr\u00e9 une jambe bris\u00e9e par un cheval. Battu et bless\u00e9 par l\u2019arm\u00e9e du duc d\u2019Anjou (fr\u00e8re du roi et futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>), il se rend, avant d\u2019\u00eatre assassin\u00e9 au m\u00e9pris des lois de la chevalerie\u00a0: d\u2019un coup de pistolet dans la nuque, tir\u00e9 par le capitaine des gardes.<\/p>\n<p>(\u00c0 noter que l\u2019expression \u00ab\u00a0coup de Jarnac\u00a0\u00bb trouve son origine ailleurs, dans un duel de 1547, entre le favori du roi Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> et le baron de Jarnac, qui lui trancha le jarret d\u2019un coup d\u2019\u00e9p\u00e9e fatal.)<\/p>\n<p>Coligny r\u00e9ussit \u00e0 sauver 6\u00a0000 hommes, noyau de la nouvelle arm\u00e9e protestante. Henri de Navarre (futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>), pr\u00e9sent \u00e0 la bataille, devient \u00e0 16\u00a0ans le chef des r\u00e9form\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019argent est le nerf de la guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"512\" class=\"cit-num\">512<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 l\u2019ambassadeur d\u2019Espagne, ao\u00fbt\u00a01570. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La \u00ab\u00a0petite phrase\u00a0\u00bb de Rabelais dans <em>Gargantua<\/em> (selon qui \u00ab\u00a0les nerfs des batailles sont les p\u00e9cunes\u00a0\u00bb) va faire fortune dans l\u2019histoire. Au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, tous les souverains d\u2019Europe ont d\u2019\u00e9normes besoins d\u2019argent pour leurs guerres qu\u2019il faut sans cesse faire, ou pr\u00e9parer (record historique de quatre-vingt-cinq ann\u00e9es de guerre en ce si\u00e8cle). Elles co\u00fbtent de plus en plus cher, avec le d\u00e9veloppement des armes \u00e0 feu, l\u2019entretien d\u2019arm\u00e9es permanentes, des effectifs croissants \u2013 le temps n\u2019est plus des \u00ab\u00a0grandes batailles\u00a0\u00bb du Moyen \u00c2ge qui se livraient entre quelques milliers d\u2019hommes (Cr\u00e9cy, Azincourt). Cependant, l\u2019on n\u2019atteint pas encore les 400\u00a0000 soldats de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, ni les 4\u00a0millions de mobilis\u00e9s de 1914 (pour un pays seulement deux fois plus peupl\u00e9).<\/p>\n<p>Il faut que la France soit tr\u00e8s riche et pleine de ressources pour s\u2019\u00eatre si longtemps battue, et retrouver en dix ans une prosp\u00e9rit\u00e9 certaine, au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un Roi, une Loi d\u2019\u00c9tat, une Patrie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"576\" class=\"cit-num\">576<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">SERRES<\/span> (1540-1598), <em>Inventaire de l\u2019histoire de France<\/em> (1597)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Historiographe de France et protestant mod\u00e9r\u00e9, pensionn\u00e9 par Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, il tire les le\u00e7ons d\u2019un\u00a0si\u00e8cle et demi de consolidation du pouvoir monarchique. Cette maxime succ\u00e8de \u00e0 l\u2019ancienne triade \u00ab\u00a0Foi, loi, roi\u00a0\u00bb. Et de Serres pr\u00e9cise la nature de cette patrie qui remplace la foi\u00a0: \u00ab\u00a0Une terre, un air, une naissance, un int\u00e9r\u00eat commun et de bien et de mal, de paix et de guerre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Roy ne puis, prince ne daigne, Rohan suis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"746\" class=\"cit-num\">746<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fi\u00e8re devise d\u2019Henri <span class=\"caps\">II<\/span>, duc de <span class=\"caps\">ROHAN<\/span> (1579-1638) \u2013 et de toute la c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0maison\u00a0\u00bb des Rohan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la derni\u00e8re p\u00e9riode de l\u2019histoire o\u00f9 les Grands ont ce pouvoir de soulever la France et de traiter avec l\u2019ennemi presque en toute impunit\u00e9 \u2013 Cond\u00e9, Turenne entre autres.<\/p>\n<p>Grande famille princi\u00e8re du duch\u00e9 de Bretagne, la maison de Rohan est en cela \u00ab\u00a0exemplaire\u00a0\u00bb\u00a0: Henri, duc de Rohan, chef du parti protestant, a soutenu trois guerres contre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, avant de se rallier et de combattre dans l\u2019arm\u00e9e royale. Le jeune Tancr\u00e8de participe \u00e0 la Fronde comme tant de Grands du royaume, et y trouvera la mort. Louis, dit le chevalier de Rohan, c\u00e9l\u00e8bre par ses aventures amoureuses (ravisseur d\u2019Hortense Mancini et amoureux de la marquise de Montespan), conspire contre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> avec les Hollandais et sera ex\u00e9cut\u00e9.<\/p>\n<p>On comprend que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> se m\u00e9fie de la noblesse\u00a0: sous son \u00ab\u00a0r\u00e8gne de vile bourgeoisie\u00a0\u00bb (Saint-Simon), les grands seigneurs n\u2019ont plus acc\u00e8s aux hautes fonctions gouvernementales.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_3_citations_0.jpg\" style=\"margin: 10px;float: left\" width=\"200\" height=\"266\"><\/a>3. Si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Ultima ratio regum.<\/em>\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Dernier argument des rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"817\" class=\"cit-num\">817<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), devise grav\u00e9e sur ses canons<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Concise et pr\u00e9cise, la devise est une bonne citation historique. Celle-ci donne une cl\u00e9 de la politique ext\u00e9rieure du r\u00e8gne et du personnage.<\/p>\n<p>La guerre est l\u2019une des passions du roi, la victoire \u00e9tant ce qui peut le mieux servir sa gloire. D\u2019o\u00f9 trente-trois ann\u00e9es de guerre sur un r\u00e8gne personnel de cinquante-quatre ans. Mais ses contemporains sont du m\u00eame avis\u00a0: un roi guerrier fait son m\u00e9tier de roi.<br>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> va poursuivre trois buts\u00a0qu\u2019on nommerait aujourd\u2019hui g\u00e9opolitiques\u00a0: pr\u00e9\u00e9minence de la France dans le monde, fronti\u00e8re strat\u00e9gique assur\u00e9e au nord-est, vis\u00e9es sur la prochaine succession d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Il se donnera les moyens de sa politique\u00a0: grands diplomates (Lionne, Pomponne, de Torcy, le neveu de Colbert), r\u00e9organisation militaire conduite par Louvois, effectifs consid\u00e9rables pour une arm\u00e9e de m\u00e9tier (passant de 72\u00a0000 hommes en 1667 \u00e0 400\u00a0000 en 1703), marine de guerre d\u00e9velopp\u00e9e par Colbert (La Royale a 18 vaisseaux en 1661, 276 en 1683), places fortes cr\u00e9\u00e9es ou renforc\u00e9es par Vauban.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Selon que vous serez puissant ou mis\u00e9rable<br>Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"842\" class=\"cit-num\">842<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">FONTAINE<\/span> (1621-1695), <em>Fables<\/em>, <em>Les Animaux malades de la peste<\/em> (1678)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Fontaine se sert \u00ab\u00a0d\u2019animaux pour instruire les hommes\u00a0\u00bb, mais aussi pour faire une satire de son \u00e9poque, comme Moli\u00e8re et La Bruy\u00e8re. Nombre de proverbes rest\u00e9s c\u00e9l\u00e8bres sont copi\u00e9s-coll\u00e9s des moralit\u00e9s de ses <em>Fables\u00a0<\/em>:<\/p>\n<ul>\n<li>Tout flatteur vit aux d\u00e9pens de celui qui l\u2019\u00e9coute (Le Corbeau et le Renard)<\/li>\n<li>La raison du plus fort est toujours la meilleure (Le Loup et l\u2019Agneau)<\/li>\n<li>Si ce n\u2019est toi, c\u2019est donc ton fr\u00e8re. (ibidem)<\/li>\n<li>Je plie et ne romps pas. (Le Ch\u00eane et le Roseau)<\/li>\n<li>On a souvent besoin d\u2019un plus petit que soi. (Le Lion et le Rat)<\/li>\n<li>Est bien fou du cerveau qui pr\u00e9tend contenter tout le monde et son p\u00e8re. (Le Meunier, son Fils et l\u2019\u00c2ne)<\/li>\n<li>Ils sont trop verts et bons pour des goujats.\u00a0(Le Renard et les Raisins)<\/li>\n<li>La m\u00e9fiance est m\u00e8re de la s\u00fbret\u00e9. (Le Chat et un vieux Rat)<\/li>\n<li>Petit poisson deviendra grand pourvu que Dieu lui pr\u00eate vie (Le Petit Poisson et le P\u00eacheur)<\/li>\n<li>Un tiens vaut mieux que deux tu l\u2019auras. (ibidem)<\/li>\n<li>Rien ne sert de courir\u00a0; il faut partir \u00e0 point. (Le Li\u00e8vre et la Tortue)<\/li>\n<li>Aide-toi, le Ciel t\u2019aidera. (Le Chartier embourb\u00e9)<\/li>\n<li>Tel est pris qui croyait prendre. (Le Rat et l\u2019Hu\u00eetre)<\/li>\n<li>Amour, Amour, quand tu nous tiens \/ On peut bien dire\u00a0: Adieu prudence. (Le Lion amoureux)<\/li>\n<li>Il ne faut jamais vendre la peau de l\u2019ours avant de l\u2019avoir tu\u00e9 (L\u2019Ours et les deux compagnons).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Cette liste (non exhaustive) fait de notre fabuliste national le plus grand auteur de proverbes\u2026 \u00e0 ceci pr\u00e8s qu\u2019il les a presque tous emprunt\u00e9s \u00e0 d\u2019autres auteurs. Mais le \u00ab\u00a0plagiat\u00a0\u00bb \u00e9tait une pratique litt\u00e9raire courante (et l\u00e9gale)\u00a0: La Fontaine s\u2019est souvent inspir\u00e9 de ses confr\u00e8res \u2013 \u00c9sope, mais aussi Ph\u00e8dre, Pline et autres mod\u00e8les antiques \u2013 pour faire mieux encore. L\u00e0 est tout son g\u00e9nie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Nec pluribus impar.\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Sup\u00e9rieur \u00e0 tous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"853\" class=\"cit-num\">853<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Non inf\u00e9rieur (ou\u00a0: in\u00e9gal) \u00e0 plusieurs (ou\u00a0: au plus grand nombre)\u00a0\u00bb \u2013\u00a0c\u2019est litt\u00e9ralement intraduisible\u00a0! On peut quand m\u00eame essayer, en recourant \u00e0 une litote. D\u2019autres traductions existent, sign\u00e9es d\u2019historiens. Pierre Larousse, auteur du dictionnaire, pose la question et avoue qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse claire, m\u00eame pas celle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Je suffirai \u00e0 \u00e9clairer encore d\u2019autres mondes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En tout cas, la devise latine accompagne l\u2019embl\u00e8me choisi lors de la f\u00eate du Carrousel, en juin\u00a01662\u00a0: le Soleil. Ainsi se d\u00e9veloppe une mystique d\u2019origine divine, mais en r\u00e9alit\u00e9 bien pa\u00efenne, du \u00ab\u00a0Roi-Soleil\u00a0\u00bb, personnage supraterrestre, dont le culte atteint son apog\u00e9e avec l\u2019installation de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 Versailles, en 1882.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quo non ascendet\u00a0?\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Jusqu\u2019o\u00f9 ne montera-t-il pas\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"858\" class=\"cit-num\">858<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Nicolas <span class=\"caps\">FOUQUET<\/span> (1615-1680), devise figurant dans ses armes, sous un \u00e9cureuil<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il monta si haut\u2026 que le roi ne put le tol\u00e9rer.<\/p>\n<p>Fils d\u2019un conseiller au Parlement, vicomte de Vaux, enrichi par le commerce avec le Canada, Nicolas Fouquet ach\u00e8te la charge de procureur g\u00e9n\u00e9ral au Parlement de Paris, devient ami de Mazarin, surintendant des Finances, s\u2019enrichit encore, se paie le marquisat de Belle-Isle, y \u00e9tablit une force militaire personnelle et m\u00eame des fortifications. Au ch\u00e2teau de Vaux qu\u2019il fait construire, il sera le m\u00e9c\u00e8ne des plus prestigieux artistes du temps\u00a0: La Fontaine, Moli\u00e8re, Poussin, Le Vau, Le Brun.<\/p>\n<p>Colbert, qui brigue sa place, apporte la preuve qu\u2019une telle fortune fut acquise au prix de graves malversations. Invit\u00e9 \u00e0 une f\u00eate somptueuse \u00e0 Vaux, 5\u00a0septembre 1661, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait arr\u00eater son surintendant. Premier coup de th\u00e9\u00e2tre du r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pro rege saepe\u00a0; pro patria semper.\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Pour le roi souvent\u00a0; pour la patrie toujours.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"862\" class=\"cit-num\">862<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COLBERT<\/span> (1619-1683), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fils de bourgeois anoblis (drapiers de Reims), Colbert sera l\u2019un des grands \u00ab\u00a0commis de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb durant vingt-deux ans, sachant rester au second plan pour ne pas faire ombre au Roi-Soleil.<\/p>\n<p>Homme de dossiers, mais aussi de clan et de famille, il place ses hommes et ses fils, marie ses filles \u00e0 des ducs, et lutte contre les intrigues du clan Le Tellier, notamment de Louvois, ministre de la Guerre.<\/p>\n<p>Travailleur infatigable, il cumule les postes cl\u00e9s, avec un ambitieux programme pour enrichir le pays\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut r\u00e9tablir ou cr\u00e9er toutes les industries, m\u00eame de luxe\u00a0; \u00e9tablir le syst\u00e8me protecteur dans les douanes\u00a0; organiser les producteurs et les commer\u00e7ants en corporations\u00a0; restituer \u00e0 la France le transport maritime de ses produits\u00a0; d\u00e9velopper les colonies et les attacher commercialement \u00e0 la France\u00a0; d\u00e9velopper la marine militaire pour prot\u00e9ger la marine marchande.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La France du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle doit son rayonnement international \u00e0 Colbert. Une disgr\u00e2ce royale imminente en fin de vie semble plus injuste aux historiens que son impopularit\u00e9 dans le pays.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute ville assi\u00e9g\u00e9e par Vauban, ville prise,<br>Toute ville d\u00e9fendue par Vauban, ville imprenable.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"913\" class=\"cit-num\">913<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proverbe du vivant de Vauban. <em>Histoire g\u00e9n\u00e9rale du <span class=\"caps\">IV<\/span>e si\u00e8cle \u00e0 nos jours<\/em> (1901), Ernest Lavisse, Alfred Rambaud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Futur mar\u00e9chal de France, commissaire g\u00e9n\u00e9ral des fortifications en 1678, il entoure le royaume d\u2019une ceinture de villes fortifi\u00e9es (la fameuse \u00ab\u00a0ceinture de fer\u00a0\u00bb) et d\u2019ouvrages isol\u00e9s (avec des lignes rasantes, moins vuln\u00e9rables \u00e0 l\u2019artillerie). Lille devient avec lui \u00ab\u00a0la reine des citadelles\u00a0\u00bb, parmi plus de 30 construites et 300 renforc\u00e9es. Il cr\u00e9e aussi des ports militaires et commerciaux. Vauban souhaite faire de la France un \u00ab\u00a0pr\u00e9 carr\u00e9\u00a0\u00bb inviolable\u00a0: c\u2019est la d\u00e9fense du territoire.<\/p>\n<p>Cet ing\u00e9nieur de g\u00e9nie s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement aux techniques d\u2019attaque de plus en plus perfectionn\u00e9es, mais il pr\u00e9f\u00e8re le mortier au canon, plus mobile et moins vuln\u00e9rable. Pour limiter le nombre de morts, il veut faire des si\u00e8ges les plus courts possible et en remporte de nombreux, pendant la guerre de la Ligue d\u2019Augsbourg (dite aussi guerre de Neuf Ans)\u00a0: Mons avec Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1691), Namur (1692), Steinkerque avec le mar\u00e9chal duc de Luxembourg (1692).<\/p>\n<p>Entre l\u2019attaque et la d\u00e9fense, une anecdote\u00a0: la seule ville que Vauban n\u2019a pu prendre\u2026 a \u00e9t\u00e9 fortifi\u00e9e par Vauban. C\u2019est peut-\u00eatre une l\u00e9gende.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/lumieres.jpg\" style=\"margin: 10px;float: left\" width=\"200\" height=\"266\"><\/a>4. Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Amiti\u00e9 de cour, foi de renards, soci\u00e9t\u00e9 de loups.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"954\" class=\"cit-num\">954<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHAMFORT<\/span> (1740-1794), <em>Pens\u00e9es, maximes et anecdotes<\/em> (posthume, 1803)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La cour reste un microcosme o\u00f9 les places sont ch\u00e8res et les appel\u00e9s toujours en plus grand nombre que les \u00e9lus. Mais elle cesse d\u2019\u00eatre l\u2019appareil d\u2019\u00c9tat comme sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, pour devenir l\u2019instrument des int\u00e9r\u00eats particuliers de la haute noblesse, lieu de toutes les intrigues, cabales et corruptions sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>. Pire encore sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>\u00a0: les coteries se font plus insolentes autour de la reine et des fr\u00e8res du roi, cependant que les scandales \u00e9claboussent le tr\u00f4ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Laissez faire, laissez passer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"968\" class=\"cit-num\">968<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Maxime r\u00e9sumant la doctrine et la politique \u00e9conomique lib\u00e9rales, attribu\u00e9e \u00e0 Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">QUESNAY<\/span> (1696-1774) et reprise par Adam <span class=\"caps\">SMITH<\/span> (1723-1790)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fran\u00e7ois Quesnay, par ailleurs m\u00e9decin de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, fonde la premi\u00e8re \u00e9cole de pens\u00e9e lib\u00e9rale \u2013 les physiocrates \u2013 et expose sa doctrine dans le <em>Tableau \u00e9conomique<\/em> (1758). Selon lui, seule l\u2019agriculture est source de la richesse qui se r\u00e9partit dans le corps social\u00a0: il encourage donc son d\u00e9veloppement, tout en pr\u00f4nant le libre-\u00e9change et la libre circulation des grains \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur du royaume.<\/p>\n<p>Il d\u00e9veloppe \u00e9galement sa th\u00e9orie dans deux articles de <em>l\u2019Encyclop\u00e9die<\/em>\u00a0: Fermier (1756), Grains (1757). La physiocratie aura son homme au pouvoir en la personne de l\u2019intendant Turgot, ministre sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, mais trop peu de temps et trop tard pour mettre en \u0153uvre d\u2019indispensables r\u00e9formes allant \u00e0 l\u2019encontre de vieux privil\u00e8ges.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 qui rapetisse beaucoup les hommes r\u00e9duit les femmes \u00e0 rien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"976\" class=\"cit-num\">976<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHAMFORT<\/span> (1740-1794), <em>Pens\u00e9es, maximes et anecdotes<\/em> (posthume, 1803)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les femmes furent souvent l\u2019ornement de ce si\u00e8cle raffin\u00e9\u00a0: favorites, figurantes, \u00e9l\u00e9gantes, de la cour de Versailles aux jardins du Palais-Royal et de salons litt\u00e9raires en boutiques de mode. \u00ab\u00a0Je me mariai pour aller dans le monde et voir le bal, la promenade, l\u2019op\u00e9ra, la com\u00e9die\u00a0\u00bb, dit la comtesse d\u2019Houdetot qui inspire \u00e0 Rousseau sa Julie, h\u00e9ro\u00efne de <em>La Nouvelle H\u00e9lo\u00efse<\/em>, roman \u00e9pistolaire. Rappelons que de tous les philosophes du si\u00e8cle, Jean-Jacques est le seul asocial, \u00e0 un point quasi maladif.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La soci\u00e9t\u00e9 est compos\u00e9e de deux grandes classes\u00a0: ceux qui ont plus de d\u00eeners que d\u2019app\u00e9tit et ceux qui ont plus d\u2019app\u00e9tit que de d\u00eeners.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"984\" class=\"cit-num\">984<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHAMFORT<\/span> (1740-1794),<em> Pens\u00e9es, maximes et anecdotes<\/em> (posthume, 1803)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette v\u00e9rit\u00e9, valable sans doute en tout temps et tout lieu, s\u2019impose plus cruellement \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime o\u00f9 les riches (privil\u00e9gi\u00e9s) se sont enrichis, sans que les pauvres (surimpos\u00e9s) aient eu leur juste part de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique du pays.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un homme d\u2019esprit me disait l\u2019autre jour que le gouvernement de la France \u00e9tait une monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"993\" class=\"cit-num\">993<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHAMFORT<\/span> (1740-1794),<em> Pens\u00e9es, maximes et anecdotes<\/em> (posthume, 1803)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, la chanson (le plus souvent anonyme) \u00e9tait l\u2019une des rares formes d\u2019opposition possibles. Au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, elle garde cette fonction. Parlant du peuple dans ses<em> Principes de politique des souverains<\/em>, Diderot \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut lui permettre la satire et la plainte\u00a0: la haine renferm\u00e9e est plus dangereuse que la haine ouverte.\u00a0\u00bb Avec la masse des pamphlets et libelles pol\u00e9miques et parfois orduriers dont l\u2019\u00e9poque se fit l\u2019\u00e9cho, on a pu parler de ces \u00ab\u00a0basses Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb qui sapent les bases du r\u00e9gime presque aussi s\u00fbrement que les pens\u00e9es philosophiques.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les mortels sont \u00e9gaux, ce n\u2019est pas la naissance<br>C\u2019est la seule vertu qui fait la diff\u00e9rence.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1029\" class=\"cit-num\">1029<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Mahomet ou Le Fanatisme<\/em> (1741)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces deux vers seront \u00ab\u00a0la citation reine de la R\u00e9volution\u00a0\u00bb (Mona Ozouf). Pour les r\u00e9volutionnaires, tout n\u2019est pas bon \u00e0 prendre chez ce courtisan port\u00e9 \u00e0 l\u2019h\u00e9donisme et fort peu enclin \u00e0 la d\u00e9mocratie, \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 sociale, \u00e0 la r\u00e9volution du genre \u00ab\u00a0table rase\u00a0\u00bb. Mais l\u2019on met volontiers Voltaire en slogans, prenant de-ci de-l\u00e0, dans des trag\u00e9dies aujourd\u2019hui oubli\u00e9es, quelques vers bien frapp\u00e9s, sonores comme des m\u00e9dailles\u00a0: \u00ab\u00a0Je porte dans mon c\u0153ur\u00a0\/ La libert\u00e9 grav\u00e9e et les rois en horreur.\u00a0\u00bb Ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0Si l\u2019homme a des tyrans, il doit les d\u00e9tr\u00f4ner.\u00a0\u00bb Ou\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 tous les c\u0153urs bien n\u00e9s, que la patrie est ch\u00e8re.\u00a0\u00bb On ne citerait pas ainsi Montesquieu ou Rousseau, auteurs de syst\u00e8mes plus coh\u00e9rents sur le fond, mais pesants dans leur forme.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il a travaill\u00e9, il a travaill\u00e9, pour le roi de Prusse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1150\" class=\"cit-num\">1150<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Refrain, devenu proverbe, et signifiant travailler pour rien. <em>Chanson sur la d\u00e9faite de Soubise \u00e0 Rossbach<\/em> (en Prusse) (1757). <em>Dictionnaire des citations du monde entier<\/em>, Marabout (1976)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fr\u00e9d\u00e9ric\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, roi de Prusse, alli\u00e9 \u00e0 l\u2019Angleterre, a inflig\u00e9 avec ses 20\u00a0000 hommes une d\u00e9faite honteuse \u00e0 l\u2019arm\u00e9e franco-autrichienne trois fois plus nombreuse\u00a0: il devient Fr\u00e9d\u00e9ric le Grand pour l\u2019histoire.<\/p>\n<p>C\u2019est un \u00ab\u00a0despote \u00e9clair\u00e9\u00a0\u00bb, au m\u00eame titre que Catherine\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de Russie, Gustave\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> de Su\u00e8de, Maximilien\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> de Bavi\u00e8re et autres souverains d\u2019Europe. Il a fastueusement invit\u00e9 Voltaire \u00e0 sa cour. Mais la Prusse a mauvaise presse, apr\u00e8s ses deux trahisons\u00a0: rupture d\u2019alliance avec la France en 1742 et de nouveau en 1756, Fr\u00e9d\u00e9ric\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> signant avec l\u2019Angleterre le trait\u00e9 de Westminster.<\/p>\n<p>Autre explication possible du proverbe\u00a0: les rois de Prusse ne paient que de maigres soldes aux soldats, et jamais le 31e jour d\u2019un mois. Il y a enfin le mot de Voltaire, apr\u00e8s le trait\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle (1748), la France rendant ses conqu\u00eates en \u00e9change de rien.<\/p>\n<p>De toute mani\u00e8re, l\u2019expression a une origine historique et son humour est bien dat\u00e9 de ce si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Apr\u00e8s nous, le d\u00e9luge.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1151\" class=\"cit-num\">1151<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquise de <span class=\"caps\">POMPADOUR<\/span> (1721-1764), \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, fin 1757. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res<\/em>, Larousse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La marquise tente de r\u00e9conforter le roi, de nature toujours m\u00e9lancolique, de surcro\u00eet fort affect\u00e9 par la d\u00e9faite de son favori et de son arm\u00e9e \u00e0 Rossbach, le 5\u00a0novembre. \u00ab\u00a0Il ne faut point vous affliger\u00a0: vous tomberiez malade. Apr\u00e8s nous, le d\u00e9luge.\u00a0\u00bb Le mot fut attribu\u00e9 \u00e0 la favorite pour illustrer l\u2019indiff\u00e9rence et l\u2019\u00e9go\u00efsme qu\u2019on lui pr\u00eatait.<\/p>\n<p>Le mot est aussi attribu\u00e9 au roi, pour les m\u00eames raisons, mais dans un autre contexte. Il parle du Dauphin et signifie un peu l\u00e9g\u00e8rement qu\u2019il se moque bien ce qu\u2019il adviendra de la France, quand lui-m\u00eame sera mort. Voltaire le cite, pour stigmatiser \u00ab\u00a0cet \u00e9go\u00efste de droit divin\u00a0\u00bb qui n\u2019aime rien et que tout ennuie (\u00c9douard de Pompery, <em>Le Vrai Voltaire<\/em>, 1867).<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me explication\u00a0: l\u2019astronome Maupertuis avait annonc\u00e9 pour 1758 le retour de la com\u00e8te de Halley, cens\u00e9e provoquer un d\u00e9luge. Et les plus fatalistes de s\u2019exclamer\u00a0: \u00ab\u00a0Apr\u00e8s nous, le d\u00e9luge.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Plus d\u2019Anglais dans la p\u00e9ninsule\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1156\" class=\"cit-num\">1156<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LALLY<\/span>\u2013<span class=\"caps\">TOLLENDAL<\/span> (1702-1766), devise du commandant du corps exp\u00e9ditionnaire envoy\u00e9 en Inde (1760).<em> Lally-Tollendal\u00a0: la fin d\u2019un empire fran\u00e7ais aux Indes sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, d\u2019apr\u00e8s des documents in\u00e9dits<\/em> (1887), Tibulle Hamont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Brave soldat, il tente de sauver les comptoirs fran\u00e7ais menac\u00e9s par les Anglais.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je me borne seulement \u00e0 vous retracer ma politique en trois mots\u00a0; ils sont sacramentaux\u00a0: Plus d\u2019Anglais dans la p\u00e9ninsule. Vous vous mettrez donc en marche, sit\u00f4t cet ordre re\u00e7u, avec tous les Europ\u00e9ens qui sont \u00e0 vos ordres, cavalerie et infanterie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais born\u00e9, ignorant tout de la politique indig\u00e8ne, autoritaire et mal conseill\u00e9, il capitulera apr\u00e8s un an de r\u00e9sistance \u00e0 Pondich\u00e9ry (17\u00a0f\u00e9vrier 1761). Et l\u2019Inde sera perdue comme le Canada, dans cette d\u00e9sastreuse guerre de Sept Ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il ne faut pas \u00eatre plus royaliste que le roi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1204\" class=\"cit-num\">1204<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Phrase en vogue sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> et devenue proverbe. <em>La Monarchie selon la Charte<\/em> (1816), Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de Chateaubriand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette maxime est invent\u00e9e \u00e0 la veille de la R\u00e9volution, pour critiquer les aristocrates qui d\u00e9fendent l\u2019id\u00e9e de monarchie et les int\u00e9r\u00eats du roi, avec plus d\u2019ardeur que le roi lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Ce sont naturellement et avant tout les privil\u00e9gi\u00e9s, la noblesse et le haut clerg\u00e9, les notables, tous ces gens attach\u00e9s \u00e0 leurs avantages acquis, et qui ne comprennent pas qu\u2019en les d\u00e9fendant ainsi, ils jouent \u00e0 plus ou moins long terme contre leurs int\u00e9r\u00eats, et contre le r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> n\u2019en est pas moins tr\u00e8s \u00ab\u00a0royaliste\u00a0\u00bb, impr\u00e9gn\u00e9 de tous ses droits et devoirs de roi de droit divin, jusqu\u2019\u00e0 dire en 1787\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est l\u00e9gal parce que je le veux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sans doute assez intelligent pour comprendre la n\u00e9cessit\u00e9 des r\u00e9formes, mais pas assez courageux pour soutenir durablement ceux qui en ont le projet, c\u2019est surtout un roi dramatiquement faible. Et comme tous les faibles, il est capable de coups de t\u00eate qui surprennent son entourage, et m\u00eame de coups de force qui vont d\u00e9cha\u00eener le pays.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-proverbes-et-dictons-devises-maximes-et-autres-slogans-de-la-revolution-a-nos-jours\/\">Lire la suite\u00a0: l\u2019Histoire en proverbes et dictons, devises, maximes et autres slogans, de la R\u00e9volution \u00e0 nos jours<\/a><\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Proverbes et dictons, sagesse des nations.Dans le monde \u00e0 venir, \u00e7a peut toujours servir. De la Gaule \u00e0 nos jours, des centaine d\u2019\u00ab\u00a0expressions\u00a0\u00bb ponctuent l\u2019Histoire en citations. 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