{"id":8782,"date":"2021-01-04T00:00:00","date_gmt":"2021-01-03T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/petite-histoire-de-meteo-et-de-climat\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:10","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:10","slug":"petite-histoire-de-meteo-et-de-climat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/petite-histoire-de-meteo-et-de-climat\/","title":{"rendered":"Petite histoire de m\u00e9t\u00e9o et de climat"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/berezina.jpe\" width=\"500\" height=\"261\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/p>\n<p>Le temps qu\u2019il fait, curiosit\u00e9 ou pr\u00e9occupation quotidienne\u00a0! Les bulletins m\u00e9t\u00e9o sont toujours tr\u00e8s \u00e9cout\u00e9s, regard\u00e9s, consult\u00e9s et comment\u00e9s.<\/p>\n<p>Quel temps va-t-il faire demain ou le mois prochain, dans vingt ans ou \u00e0 la fin du si\u00e8cle\u00a0? On passe de la m\u00e9t\u00e9orologie \u00e0 la climatologie. Mais \u00e7a reste une vraie question, de plus en plus souvent une pr\u00e9occupation, voire une angoisse pour l\u2019avenir.<\/p>\n<p>Et dans le pass\u00e9, que se passait-il\u00a0? L\u2019Histoire nous en apprend beaucoup et nous surprend parfois.<\/p>\n<p>Le temps qu\u2019il faisait tel jour ou telle ann\u00e9e est une donn\u00e9e historique capitale, dans certains cas\u00a0: le soleil d\u2019Austerlitz (au matin du 2 d\u00e9cembre 1805) , les inondations centennales (f\u00e9vrier 1658 et ann\u00e9e 1910 \u00e0 Paris), le Grand Hiver (1709, fin du r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>) et le \u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ral Hiver\u00a0\u00bb (campagne de Russie, 1812), la canicule de Thermidor (fin juillet 1794), l\u2019appel lanc\u00e9 par l\u2019Abb\u00e9 Pierre une nuit d\u2019hiver (1954), le Printemps des peuples (1848) qui se r\u00e9voltent en Europe et le Printemps arabe (2011) qui commence en hiver 2010, avec un sens m\u00e9taphorique.<\/p>\n<p>Aussi important que les faits m\u00e9t\u00e9orologiques, les m\u00e9taphores abondent.<\/p>\n<p>Un \u00ab\u00a0vent de Fronde\u00a0\u00bb souffle sur Paris quand Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> est encore un enfant, avant de devenir le Roi-Soleil. La temp\u00eate viendra plus tard, et l\u2019orage. On retrouve le \u00ab\u00a0soleil d\u2019Austerlitz\u00a0\u00bb pas toujours bienvenu, comme le soleil du mois de mai \u00e9voquant en chansons et po\u00e8mes la Commune de 1871. Mais le soleil r\u00e9publicain fait toujours image. De m\u00eame que le printemps, heureux ou malheureux, au gr\u00e9 des\u00a0 \u00e9poques historiques.<\/p>\n<p>Mention sp\u00e9ciale au calendrier r\u00e9volutionnaire, bucolique et imag\u00e9, qui n\u2019a pas surv\u00e9cu \u00e0 la R\u00e9volution (aboli sous l\u2019Empire en 1805). Po\u00e8te et d\u00e9put\u00e9, son auteur Fabre d\u2019\u00c9glantine nous laisse une chanson (\u00e0 cl\u00e9\u00a0!) toujours populaire\u00a0: Il pleut, il pleut berg\u00e8re\u2026 D\u2019autres chants et chansons, gais, tragiques ou militantes, ponctuent l\u2019Histoire de France, jusqu\u2019au D\u00e9barquement du 5 juin 1944 annonc\u00e9 par \u00ab\u00a0Les sanglots longs des violons de l\u2019automne\u00a0\u00bb de Verlaine, ou l\u2019arriv\u00e9e de la gauche au pouvoir en mai 1981, f\u00eat\u00e9e par Barbara en chanteuse engag\u00e9e.<\/p>\n<p>Nombre de proverbes jouent avec la pluie et le beau temps, des rumeurs naissent (l\u2019An Mil), des peurs s\u2019expriment au tournant de l\u2019an 2000 avec le r\u00e9chauffement climatique mena\u00e7ant toute la Terre\u2026 et les pol\u00e9miques associ\u00e9es.<\/p>\n<p>Tant de choses \u00e0 (re)d\u00e9couvrir, l\u2019espace-temps d\u2019un \u00e9dito de la Gaule \u00e0 nos jours\u00a0!<\/p>\n<p><em>Les citations num\u00e9rot\u00e9es renvoient toujours \u00e0 notre Histoire en citations, les autres sont soigneusement sourc\u00e9es et contextualis\u00e9es pour les besoins de la cause m\u00e9t\u00e9orologique ou climatique.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_1_6.jpg\" width=\"200\" height=\"266\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0Nous ne craignons rien, sinon que le ciel ne tombe sur nos t\u00eates.\u00a0\u00bb<span id=\"16\" class=\"cit-num\">16<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Un guerrier gaulois \u00e0 Alexandre le Grand, 335 av.\u00a0J.-C. <em>G\u00e9ographie<\/em>, livre\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span>, Strabon (g\u00e9ographe grec n\u00e9 en 58 av.\u00a0J.-C.)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fi\u00e8re r\u00e9plique, \u00e9galement cit\u00e9e par Arrien, historien romain.<\/p>\n<p>Les Gaulois, tribus nomades, ont travers\u00e9 l\u2019Europe et poursuivi leur expansion jusqu\u2019aux rives du Danube. Alexandre, roi de Mac\u00e9doine, a convi\u00e9 \u00e0 sa table ces guerriers. \u00c2g\u00e9 de 20\u00a0ans, conqu\u00e9rant dans l\u2019\u00e2me et pr\u00eat \u00e0 devenir le h\u00e9ros mythique de l\u2019Antiquit\u00e9, il demande aux Gaulois ce qu\u2019ils craignent le plus, s\u2019attendant \u00e0 ce qu\u2019ils r\u00e9pondent que c\u2019est lui. Eh bien, non, ces Gaulois ne craignent v\u00e9ritablement rien, ni personne\u2026 hormis des catastrophes naturelles, orages, pluies diluviennes et autres ph\u00e9nom\u00e8nes m\u00e9t\u00e9orologiques. C\u2019est une interpr\u00e9tation possible, en tout cas la plus logique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La milli\u00e8me ann\u00e9e apr\u00e8s la Passion du Seigneur [\u2026] les pluies, les nu\u00e9es s\u2019apais\u00e8rent, ob\u00e9issant \u00e0 la bont\u00e9 et la mis\u00e9ricorde divines [\u2026] Toute la surface de la terre se couvrit d\u2019une aimable verdeur et d\u2019une abondance de fruits.\u00a0\u00bb<span id=\"141\" class=\"cit-num\">141<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">RAO\u00dbL<\/span> le Glabre (985-avant 1050), <em>Histoires<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce moine historien d\u00e9crit la fin des terreurs du tournant mill\u00e9nariste en plein Moyen \u00c2ge. En fait, rien ne s\u2019est pass\u00e9, comme il en a toujours \u00e9t\u00e9 pour ce genre de superstition.<\/p>\n<p>Lui qui a craint le pire et contribu\u00e9 \u00e0 la Grande Peur, il t\u00e9moigne, en termes po\u00e9tiques, d\u2019un renouveau de civilisation\u00a0: \u00ab\u00a0Comme approchait la troisi\u00e8me ann\u00e9e qui suivit l\u2019an Mil, on vit dans presque toute la terre, mais surtout en Italie et en Gaule, r\u00e9nover les basiliques des \u00e9glises\u00a0; bien que la plupart, fort bien construites, n\u2019en eussent nul besoin, une \u00e9mulation poussait chaque communaut\u00e9 chr\u00e9tienne \u00e0 en avoir une plus somptueuse que celle des autres. C\u2019\u00e9tait comme si le monde lui-m\u00eame se fut secou\u00e9 et, d\u00e9pouillant sa v\u00e9tust\u00e9, ait rev\u00eatu de toutes parts une blanche robe d\u2019\u00e9glise.\u00a0\u00bb Georges Duby, grand m\u00e9di\u00e9viste du <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, appelle cela \u00ab\u00a0le printemps du monde\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le printemps va devenir une m\u00e9taphore climatique r\u00e9currente.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0N\u2019aurons-nous donc jamais fait [fini]\u00a0? Je crois qu\u2019il pleut des Flamands\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"245\" class=\"cit-num\">245<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> le Bel (1268-1314), Lille, automne 1304. <em>L\u2019Art de v\u00e9rifier les dates des faits historiques<\/em> (1818), David Bailie Warden<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premi\u00e8re m\u00e9taphore m\u00e9t\u00e9orologique. Le genre fera flor\u00e8s dans l\u2019histoire\u00a0: cela prouve l\u2019importance de ce fait pourtant banal et quotidien, \u00ab\u00a0la pluie et le beau temps\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Guerre de Flandre (1297-1305). \u00c0 la t\u00eate de ses troupes, le roi de France, renvers\u00e9 avec son cheval, put se d\u00e9gager \u00e0 coups de hache. Il met le si\u00e8ge devant Lille et pousse cette exclamation \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e d\u2019une nouvelle arm\u00e9e de 60\u00a0000 Flamands.<\/p>\n<p>Plut\u00f4t que de poursuivre la guerre, il choisit la diplomatie. Ce sera le trait\u00e9 d\u2019Athis-sur-Orge (23\u00a0juin 1305)\u00a0: les Flamands devront payer une lourde indemnit\u00e9 et d\u00e9molir toutes leurs fortifications. En gage d\u2019ex\u00e9cution de ces clauses, Philippe occupe Lille, Douai et B\u00e9thune. En 1312, les clauses du trait\u00e9 ne sont toujours pas ex\u00e9cut\u00e9es\u00a0: le roi annexe les trois villes \u00e0 titre d\u00e9finitif, en vertu du trait\u00e9 de Pontoise, dit Transport de Flandre. Ainsi, le royaume s\u2019agrandit.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mais o\u00f9 sont les neiges d\u2019antan\u00a0? [\u2026]<br>Et Jeanne la bonne Lorraine<br>Qu\u2019Anglais br\u00fbl\u00e8rent \u00e0 Rouen\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\"350\" class=\"cit-num\">350<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XII<\/span> (1462-1515). <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> et Fran\u00e7ois\u00a0Ier ou M\u00e9moires pour servir \u00e0 une nouvelle histoire de leur r\u00e8gne<\/em> (1825), Pierre Louis R\u0153derer<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore litt\u00e9raire et populaire. Le cycle des saisons, et a fortiori celui du temps, a inspir\u00e9 bon nombre d\u2019expressions. La formule des \u00ab\u00a0neiges d\u2019antan\u00a0\u00bb en fait partie, avec une tonalit\u00e9 romantique, en tout cas m\u00e9lancolique et un tantinet d\u00e9su\u00e8te.<\/p>\n<p>Villon est l\u2019un des premiers po\u00e8tes qui rend hommage \u00e0 Jeanne d\u2019Arc, n\u00e9 (vraisemblablement) l\u2019ann\u00e9e de sa mort.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_2_3.jpg\" width=\"200\" height=\"267\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0Le soleil chauffe pour moi comme pour les autres et je d\u00e9sire fort voir le testament d\u2019Adam pour savoir comment celui-ci avait partag\u00e9 le monde.\u00a0\u00bb<span id=\"473\" class=\"cit-num\">473<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span> Ier (1494-1547), D\u00e9claration \u00e0 Charles Quint en 1540. <em>Histoire de la France\u00a0: dynasties et r\u00e9volutions, de 1348 \u00e0 1852<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Expression m\u00e9taphorique, mais pas vraiment courante \u2013 elle reste donc attach\u00e9e au nom du Roi chevalier, incarnation de la Renaissance au \u00ab\u00a0beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En Europe, les deux grands rivaux font tr\u00eave pour un temps. Charles Quint, perp\u00e9tuel voyageur \u00e0 travers ses \u00c9tats, se vante d\u2019avoir un empire sur lequel \u00ab\u00a0le soleil ne se couche jamais\u00a0\u00bb et r\u00eave de restaurer l\u2019empire de Charlemagne \u2013 chose impossible, avec la nouvelle g\u00e9opolitique et l\u2019av\u00e8nement des nations modernes.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois\u00a0Ier, de son c\u00f4t\u00e9, refuse la ligne de partage du monde, \u00e9tablie en 1493 par les Espagnols et les Portugais, confirm\u00e9e en 1494 par une bulle du pape jouant les arbitres entre ces deux peuples conqu\u00e9rants et catholiques. Notre roi\u00a0 veut profiter des richesses de l\u2019Am\u00e9rique d\u00e9couverte par Christophe Colomb, \u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. C\u2019est aussi une fa\u00e7on de s\u2019opposer \u00e0 l\u2019h\u00e9g\u00e9monie de Charles Quint, devenu roi d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois\u00a0Ier encourage donc les marins fran\u00e7ais \u00e0 se lancer dans de lointaines exp\u00e9ditions et les pilotes \u00e9trangers \u00e0 \u00ab\u00a0naviguer sur la mer commune\u00a0\u00bb au service des armateurs fran\u00e7ais. C\u2019est la naissance de notre premier empire colonial \u2013 indispensable \u00e0 une grande puissance, la premi\u00e8re de toutes \u00e9tant l\u2019Angleterre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand ce dur printemps je vois<br>Je connais toute malheuret\u00e9 au monde<br>Je ne vois que toute erreur et horreur<br>Courir ainsi que fait l\u2019onde.\u00a0\u00bb<span id=\"557\" class=\"cit-num\">557<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson du Printemps retourn\u00e9<\/em> (vers 1586). Anonyme<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La m\u00e9taphore printani\u00e8re, l\u2019une des plus fr\u00e9quentes, appara\u00eet tant\u00f4t dramatique, tant\u00f4t heureuse.<\/p>\n<p>Cette chanson reprend le po\u00e8me de Ronsard, <em>Quand ce beau printemps je vois<\/em>\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0Quand ce beau Printemps je vois, \/ J\u2019aper\u00e7ois \/ Rajeunir la terre et l\u2019onde \/ Et me semble que le jour, Et l\u2019Amour, \/ Comme enfants naissent au monde. \/ Le jour qui plus beau se fait, \/ Nous refait \/ Plus belle et verte la terre (\u2026)\u00a0\u00bb Et la chanson d\u00e9tourne les vers.<\/p>\n<p>C\u2019en est fini du beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle de la Renaissance. La Ligue (ultra catholique) s\u00e8me le vent et va r\u00e9colter la temp\u00eate (des guerres de Religion), cependant que la litt\u00e9rature s\u2019apitoie sur la France d\u00e9chir\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le printemps de l\u2019\u00c9glise et l\u2019\u00e9t\u00e9 sont pass\u00e9s.\u00a0\u00bb<span id=\"592\" class=\"cit-num\">592<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Agrippa d\u2019<span class=\"caps\">AUBIGN\u00c9<\/span> (1552-1630), <em>Les Tragiques<\/em> (1616)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore climatique toujours \u00e0 suivre.<\/p>\n<p>Ce protestant pur et dur d\u00e9plore la situation de l\u2019\u00c9glise r\u00e9form\u00e9e dont les fid\u00e8les se font de plus en plus rares. L\u2019\u00e9dit de Nantes (1598) sign\u00e9 par Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> n\u2019est qu\u2019un compromis provisoire pour l\u2019\u00c9glise catholique qui se veut toute-puissante et m\u00eame les Politiques, autrement dit le parti mod\u00e9r\u00e9, voient dans cette coexistence de deux religions un mal, l\u2019id\u00e9al de l\u2019Ancien R\u00e9gime demeurant \u00ab\u00a0Un sceptre, une foi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_3_citations_5.jpg\" width=\"200\" height=\"266\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0Un vent de Fronde<br>S\u2019est lev\u00e9 ce matin<br>Je crois qu\u2019il gronde<br>Contre le Mazarin.\u00a0\u00bb<span id=\"744\" class=\"cit-num\">744<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">SCARRON<\/span> (1610-1660), mazarinade. <em>Po\u00e9sies diverses\u00a0: la mazarinade, Virgile travesti, roman comique<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le vent fait image \u2013 en attendant la temp\u00eate\u00a0!<\/p>\n<p>Scarron est l\u2019un des rares auteurs osant signer ses mazarinades contre le cardinal. Tout-puissant ministre, Mazarin sera l\u2019homme d\u2019\u00c9tat le plus durement chansonn\u00e9 de l\u2019histoire de France, durant les cinq ann\u00e9es de Fronde (1648-1653). Le coup de force du Parlement de Paris, exploitant la crise financi\u00e8re et le m\u00e9contentement g\u00e9n\u00e9ral, a mis le feu aux poudres \u2013 les causes du mouvement sont profondes, \u00e0 la fois politiques, \u00e9conomiques, sociales.<\/p>\n<p>Sous la r\u00e9gence d\u2019Anne d\u2019Autriche et sur fond de guerre \u00e9trang\u00e8re avec l\u2019Espagne, la France fragilis\u00e9e, Paris en t\u00eate, se d\u00e9cha\u00eene dans un tourbillon r\u00e9volutionnaire o\u00f9 les parlements, le peuple et les Grands se relaient. Cible num\u00e9ro un, le cardinal au pouvoir, l\u2019amant (suppos\u00e9) de la Reine, l\u2019Italien (n\u00e9 Mazarini et naturalis\u00e9), le parvenu (immens\u00e9ment enrichi), l\u2019homme \u00e0 abattre\u00a0: Mazarin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans les maisons, les basses \u00e9curies,<br>Caves, caveaux, b\u00fbchers, sommeleries,<br>Sont devenus r\u00e9servoirs \u00e0 poissons<br>Et l\u2019on s\u2019y peut servir de l\u2019hame\u00e7on.<br>Enfin, Paris, du moins une partie<br>Offre \u00e0 nos yeux Venise travestie,<br>O\u00f9 les brochets peuvent en s\u00fbret\u00e9<br>Venir nager par curiosit\u00e9 (\u2026)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">SCARRON<\/span> (1610-1660), \u00e0 M. P\u00e9lisson, \u00c9p\u00eetre <span class=\"caps\">III<\/span>. <em>\u0152uvres de Scarron<\/em>, tome <span class=\"caps\">VII<\/span>, Po\u00e9sies diverses<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les crues dites \u00ab\u00a0centennales\u00a0\u00bb marquent naturellement les esprits, ph\u00e9nom\u00e8ne rare, mais r\u00e9current et toujours terrifiant.<\/p>\n<p>Bien connu pour son <em>Roman comique<\/em> et pour sa femme Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9 (future Mme de Maintenon), Scarron est aussi l\u2019auteur de po\u00e9sies burlesques.<\/p>\n<p>Il nous conte ici la grande inondation de 1658 \u00e0 Paris, suite aux chutes de neige importantes, aux pluies et gel\u00e9es qui s\u2019\u00e9taient succ\u00e9d\u00e9es en France jusqu\u2019\u00e0 la mi-f\u00e9vrier. Le 18 f\u00e9vrier, un brusque r\u00e9chauffement de la temp\u00e9rature a provoqu\u00e9 un d\u00e9gel soudain. Les glaces se sont mises \u00e0 fondre causant de nombreux d\u00e9g\u00e2ts. Quelques jours plus tard, de nouvelles pluies ont provoqu\u00e9 une seconde crue. Fin f\u00e9vrier, la Seine atteint le record absolu de 8,96 m\u00e8tres sous le (futur) pont d\u2019Austerlitz. La grande crue suivante est dat\u00e9e de 1910.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019attelage du soleil<br>N\u2019aura jamais son pareil.<br>Il est de quatre chevaux<br>Qui ne sont ni bons ni beaux [\u2026]<br>Pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de deux cavales [\u2026]<br>Toutes deux fortes des reins<br>Toutes deux sont poulini\u00e8res,<br>L\u2019une est maigre au dernier point,<br>L\u2019autre cr\u00e8ve d\u2019embonpoint.\u00a0\u00bb<span id=\"880\" class=\"cit-num\">880<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson all\u00e9gorique sur les ministres et les ma\u00eetresses de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em>. <em>Nouvelle collection des m\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de France\u00a0: depuis le <span class=\"caps\">XIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e<\/em> (1837), J.\u00a0Michaud, <span class=\"caps\">J. J. F.<\/span> Poujoulat<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e8gne du \u00ab\u00a0Roi-Soleil\u00a0\u00bb\u00a0: embl\u00e8me choisi lors de la f\u00eate du Carrousel, en juin\u00a01662.<\/p>\n<p>Ainsi se d\u00e9veloppe une mystique d\u2019origine divine, mais en r\u00e9alit\u00e9 bien pa\u00efenne, celle du \u00ab\u00a0Roi-Soleil\u00a0\u00bb, personnage presque supraterrestre don. Le culte atteint son apog\u00e9e avec l\u2019installation de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 Versailles, en 1682.<\/p>\n<p>La chanson est \u00e9galement all\u00e9gorique, mais sans myst\u00e8re\u00a0: les quatre chevaux sont les ministres Le Tellier, son fils Louvois, Colbert et Lionne. Les deux cavales sont les ma\u00eetresses du roi, la Valli\u00e8re et Montespan. Le soleil, c\u2019est naturellement le roi\u2026 et la France est toujours cette \u00ab\u00a0monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les enfants ne se soutiennent que par des herbes et des racines qu\u2019ils font bouillir, et les enfants de quatre \u00e0 cinq ans, auxquels les m\u00e8res ne peuvent donner de pain, se nourrissent dans les prairies comme des moutons.\u00a0\u00bb<span id=\"840\" class=\"cit-num\">840<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Procureur g\u00e9n\u00e9ral du Parlement de Bourgogne, 1709. <em>La Vie quotidienne sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1964), Georges Mongr\u00e9dien<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Grand Hiver marque la fin du r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<p>Cette catastrophe nationale hantera longtemps les m\u00e9moires. La Seine g\u00e8le, de Paris \u00e0 son embouchure\u00a0! Les transports par eau sont paralys\u00e9s, les r\u00e9coltes perdues \u2013 m\u00eame les oliviers dans le Midi \u2013 et le prix du bl\u00e9 d\u00e9cuple dans certaines provinces. Quand on pense \u00e0 l\u2019importance du pain dans la nourriture quotidienne des paysans (90 % de la population), on imagine le drame\u00a0!<\/p>\n<p>Hors ces circonstances exceptionnelles qui aggravent une \u00e9conomie de guerre d\u00e9j\u00e0 insupportable pour le peuple, les t\u00e9moignages sont unanimes\u00a0: la France profonde a beaucoup souffert de la mis\u00e8re et des famines, sous ce long r\u00e8gne. Le roi lui-m\u00eame en a douloureusement conscience, \u00e0 la fin de sa vie. Notons que les paysans des autres pays moins riches \u00e9taient sans doute plus malheureux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour donner du pain aux brigades que je fais marcher, je fais je\u00fbner celles qui restent.\u00a0\u00bb<span id=\"933\" class=\"cit-num\">933<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLARS<\/span> (1653-1734), 1709. <em>M\u00e9moires du mar\u00e9chal de Villars<\/em> (posthume, 1904)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grand Hiver, suite. 1709. Ann\u00e9e terrible pour la France du Grand si\u00e8cle, en \u00e9tat de famine comme au Moyen \u00c2ge\u00a0!<\/p>\n<p>La guerre tourne au d\u00e9sastre apr\u00e8s la prise de Lille (1708) et le territoire est menac\u00e9. Mais le Grand Hiver n\u2019\u00e9pargne pas l\u2019arm\u00e9e\u00a0! Notons que c\u2019est la derni\u00e8re grande famine de notre histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_4_6.jpg\" width=\"200\" height=\"268\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0La marquise n\u2019aura pas beau temps pour son voyage.\u00a0\u00bb<span id=\"1173\" class=\"cit-num\">1173<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), voyant le cort\u00e8ge fun\u00e8bre de sa favorite quitter Versailles sous la pluie battante, 17\u00a0avril 1764. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1890), Ars\u00e8ne Houssaye<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mot souvent cit\u00e9, toujours mis en situation, jusque dans les dictionnaires historiques anglo-saxons, preuve de la notori\u00e9t\u00e9 des deux personnages. Si l\u2019anecdote est juste, l\u2019histoire est injuste envers ce roi, en citant ces mots \u00ab\u00a0\u00e0 charge\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Son valet de chambre Champlost \u00e9voque la sc\u00e8ne et t\u00e9moigne d\u2019une peine r\u00e9elle. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> se mit sur le balcon malgr\u00e9 l\u2019orage, nue t\u00eate, pleura et murmura ainsi d\u00e9couvert\u00a0: \u00ab\u00a0Voil\u00e0 les seuls devoirs que j\u2019ai pu lui rendre. Une amie de vingt ans.\u00a0\u00bb Mme\u00a0de Pompadour est morte d\u2019\u00e9puisement, \u00e0 42\u00a0ans (le 15\u00a0avril). Elle savait qu\u2019elle ne vivrait pas vieille. Cardiaque, d\u2019une maigreur mal dissimul\u00e9e sous la toilette, elle continuait sa vie tr\u00e9pidante. Les c\u00e9l\u00e8bres courants d\u2019air de Versailles ont aussi leur part, dans sa congestion pulmonaire.<\/p>\n<p>Derni\u00e8re faveur du roi, il lui a permis de mourir au ch\u00e2teau \u2013 privil\u00e8ge r\u00e9serv\u00e9 aux rois et princes du sang. Mais sit\u00f4t apr\u00e8s, le cort\u00e8ge devait quitter les lieux.<\/p>\n<p>Selon d\u2019autres t\u00e9moins, le roi fut seulement indiff\u00e9rent et la reine elle-m\u00eame en fut choqu\u00e9e \u2013 elle appr\u00e9ciait la marquise, compar\u00e9e aux autres favorites de son \u00e9poux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La nature elle-m\u00eame, dans la langue charmante de ses fruits, de ses fleurs, dans les bienfaisantes r\u00e9v\u00e9lations de ses dons maternels, nomme les phases de l\u2019ann\u00e9e.\u00a0\u00bb<span id=\"1141\" class=\"cit-num\">1141<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1847-1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Vend\u00e9miaire, brumaire, frimaire renvoient aux vendanges, aux brumes, aux frimas de l\u2019automne. Niv\u00f4se, pluvi\u00f4se et vent\u00f4se \u00e9voquent neiges, pluies et vents d\u2019hiver. Les mois du printemps leur succ\u00e8dent, germinal, flor\u00e9al, prairial, associ\u00e9s \u00e0 germination, floraison et prairies. Enfin, l\u2019\u00e9t\u00e9 de messidor, thermidor et fructidor qui rappellent moissons, chaleur et fruits.<\/p>\n<p>L\u2019historien pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des Fran\u00e7ais \u00e9voque le calendrier r\u00e9volutionnaire avec un lyrisme bucolique. Son auteur, Fabre d\u2019\u00c9glantine, l\u2019emporte sur d\u2019autres propositions et s\u2019exprime en d\u00e9put\u00e9 montagnard\u00a0radical\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne pouvons plus compter les ann\u00e9es o\u00f9 les rois nous opprimaient comme un temps o\u00f9 nous avons v\u00e9cu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le 22\u00a0septembre 1792 devient le premier jour de l\u2019an I de la R\u00e9publique. C\u2019est l\u2019\u00e9quinoxe d\u2019automne, heureux pr\u00e9sage\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9galit\u00e9 des jours et des nuits \u00e9tait marqu\u00e9e dans le ciel [le m\u00eame jour o\u00f9] l\u2019\u00e9galit\u00e9 civile et morale \u00e9tait proclam\u00e9e par les repr\u00e9sentants du peuple\u00a0\u00bb, note Gilbert Romme, autre d\u00e9put\u00e9 montagnard. Fait curieux, rien n\u2019est dat\u00e9 de l\u2019an I, tout commence en l\u2019an <span class=\"caps\">II<\/span>, le 5\u00a0octobre 1793 (14 vend\u00e9miaire an\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>), quand le calendrier r\u00e9volutionnaire est adopt\u00e9 par la Convention. Il tombe en d\u00e9su\u00e9tude apr\u00e8s la R\u00e9volution et Napol\u00e9on\u00a0y met fin, le 9\u00a0septembre 1805.<\/p>\n<p>Ce calendrier est la premi\u00e8re victoire d\u2019une \u00e9cologie populaire qui ne dit pas encore son nom. Fabre d\u2019\u00c9glantine est aussi l\u2019auteur d\u2019une <em>\u00c9tude de la nature<\/em> (1783) d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Buffon, savant naturaliste du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, biologiste et cr\u00e9ateur du Jardin des Plantes \u00e0 Paris. On lui doit \u00e9galement un op\u00e9ra-comique peu connu, d\u2019o\u00f9 est tir\u00e9e une chanson enfantine aujourd\u2019hui encore tr\u00e8s populaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il pleut, il pleut berg\u00e8re<br>Rentre tes blancs moutons<br>Allons sous ma chaumi\u00e8re<br>Berg\u00e8re, vite allons <br>J\u2019entends sous le feuillage<br>L\u2019eau qui tombe \u00e0 grand bruit. <br>Voici, venir l\u2019orage, <br>Voici l\u2019\u00e9clair qui luit.<br>Entends-tu le tonnerre\u00a0?<br>Il roule en approchant.<br>Prends un abri berg\u00e8re, <br>\u00c0 ma droite en marchant (\u2026)\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Fabre d\u2019<span class=\"caps\">\u00c9GLANTINE<\/span> (1750-1794), \u00ab\u00a0Il pleut, il pleut, berg\u00e8re\u00a0\u00bb, chanson tir\u00e9e de l\u2019op\u00e9ra-comique <em>Laure et P\u00e9traque<\/em> (1780)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Il pleut, il pleut, berg\u00e8re\u00a0\u00bb fut chant\u00e9 le lendemain de la prise de la Bastille en juillet 1789, lors de la cr\u00e9ation de la garde nationale command\u00e9e par La Fayette.<\/p>\n<p>La chanson est connue sous le titre \u00ab\u00a0Le Retour aux champs\u00a0\u00bb, avant de s\u2019imposer sous son titre actuel vers 1787. Elle est donc populaire au d\u00e9but de la R\u00e9volution. La berg\u00e8re serait Marie-Antoinette qui adorait jouer ce r\u00f4le au Hameau de la Reine (d\u00e9pendance du Petit Trianon dans le parc de Versailles). La reine figurait de m\u00eame dans des petites pi\u00e8ces mont\u00e9es dans son th\u00e9\u00e2tre personnel. Cela divertissait la jeune femme (n\u00e9e Autrichienne) qui n\u2019aimait gu\u00e8re l\u2019\u00e9tiquette de la cour de France. Quant \u00e0 l\u2019orage en question d\u00e8s la premi\u00e8re strophe, il renvoie aux troubles r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<p>Fabre d\u2019\u00c9glantine, dit-on, fredonna sa comptine en montant \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_5_1.jpg\" width=\"200\" height=\"269\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0Oui\u00a0! Je tremble, mais c\u2019est de froid.\u00a0\u00bb<span id=\"1555\" class=\"cit-num\">1555<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Sylvain <span class=\"caps\">BAILLY<\/span> (1736-1793), mot de la fin, avant son ex\u00e9cution dont les pr\u00e9paratifs s\u2019\u00e9ternisent, 12\u00a0novembre\u00a01793.<em> Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise,<\/em> volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1869), Louis Blanc<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Terreur est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e. Bailly attend au pied de l\u2019\u00e9chafaud, dans le froid et sous la pluie. Il paie de sa vie son refus de t\u00e9moigner \u00e0 charge au proc\u00e8s de Marie-Antoinette, ainsi que la fusillade du Champ de Mars (17\u00a0juillet 1791) consid\u00e9r\u00e9e comme un crime contre le peuple. Son ex\u00e9cution \u00e9tait pr\u00e9vue au centre de l\u2019esplanade o\u00f9 tr\u00f4ne l\u2019autel de la Patrie. Mais le sang sacr\u00e9 des martyrs du peuple ne peut \u00eatre m\u00eal\u00e9 au sang impie, en vertu de quoi l\u2019on d\u00e9cide de transporter la guillotine et de la remonter dans un coin obscur de l\u2019esplanade\u2026 Cela prend du temps et le condamn\u00e9 ne peut r\u00e9primer les tremblements de tout son corps. Un assistant du bourreau le remarque et se moque du vieil homme qu\u2019il interpelle\u00a0: \u00ab\u00a0Tu trembles, Bailly\u00a0!\u00a0\u00bb D\u2019o\u00f9 la r\u00e9ponse.<\/p>\n<p>Ex-pr\u00e9sident de la Constituante et maire de Paris apr\u00e8s la prise de la Bastille, c\u2019est surtout un grand scientifique, astronome et math\u00e9maticien, membre de l\u2019Acad\u00e9mie des Sciences (1763), puis de l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise (1783). Mais \u00ab\u00a0La R\u00e9publique n\u2019a pas besoin de savants\u00a0\u00bb et ne va pas les \u00e9pargner.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est le sang de Danton qui t\u2019\u00e9touffe.\u00a0\u00bb<span id=\"1606\" class=\"cit-num\">1606<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GARNIER<\/span> de l\u2019<span class=\"caps\">AUBE<\/span> (1742-1805), \u00e0 Robespierre suffoquant sous la chaleur torride, Convention, 27\u00a0juillet 1794. Mot parfois attribu\u00e9 \u00e0 <span class=\"caps\">GARNIER<\/span> de <span class=\"caps\">SAINTES<\/span> (1755-1818), mais il n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent, et surtout \u00e0 Louis <span class=\"caps\">LEGENDRE<\/span> (1752-1797), ami de Danton, qu\u2019il avait abandonn\u00e9 pour sauver sa t\u00eate. Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise (1823-1827), Adolphe Thiers, F\u00e9lix Bodin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Veille du coup d\u2019\u00c9tat de Thermidor \u2013 le mot \u00e9voque bien la canicule parisienne de cet \u00e9t\u00e9 br\u00fblant.<\/p>\n<p>Robespierre monte \u00e0 la tribune \u00e0 11\u00a0heures du matin, pour donner la liste des \u00ab\u00a0\u00e9pur\u00e9s\u00a0\u00bb promis \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud. Tallien et les mod\u00e9r\u00e9s lui coupent la parole \u00e0 onze reprises et son ami Saint-Just ne r\u00e9agit plus (sans doute nerveusement \u00e9puis\u00e9). Louchet et Lozeau, deux mod\u00e9r\u00e9s, demandent la mise en accusation de Robespierre, Couthon, Saint-Just, Lebas. Augustin Robespierre (son fr\u00e8re) r\u00e9clame la sienne\u00a0: \u00ab\u00a0Je partage ses vertus, je veux partager son sort.\u00a0\u00bb L\u2019arrestation des cinq d\u00e9put\u00e9s est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e aux voix.<\/p>\n<p>Vers 17\u00a0heures, tentative d\u2019insurrection des sections populaires de la Commune pour lib\u00e9rer Robespierre et ses amis transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville, tandis que la Convention met Robespierre \u00ab\u00a0hors la loi\u00a0\u00bb \u2013 il peut \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 sans jugement.<\/p>\n<p>Le soir, la pluie disperse les insurg\u00e9s, les sections mod\u00e9r\u00e9es occupent l\u2019H\u00f4tel de Ville. On trouve Robespierre, m\u00e2choire bris\u00e9e (coup de pistolet ou tentative de suicide). Le 28\u00a0juillet (10 thermidor), Robespierre, Couthon, Saint-Just et 19 de leurs alli\u00e9s sont guillotin\u00e9s sans jugement. Il y en aura 71 le lendemain et quelques autres encore, les jours suivants. Au total, une centaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le vaisseau de la R\u00e9publique, tant de fois battu par la temp\u00eate, touche d\u00e9j\u00e0 le rivage.\u00a0\u00bb<span id=\"1610\" class=\"cit-num\">1610<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CAMBAC\u00c9R\u00c8S<\/span> (1753-1824), 9\u00a0octobre 1794. <em>Adresse de la Convention nationale au peuple fran\u00e7ais, d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e dans la s\u00e9ance du 18 Vend\u00e9miaire, An\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> de la R\u00e9publique fran\u00e7aise, une et indivisible<\/em> (1794), Pierre J. Ruffin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Retour \u00e0 la m\u00e9taphore m\u00e9t\u00e9orologique avec la temp\u00eate r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Cambac\u00e9r\u00e8s (grand juriste, auteur du Code civil) exprime le sentiment du pays qui veut la fin de la R\u00e9volution dans le calme. La r\u00e9action thermidorienne casse les instruments de la Terreur\u00a0: Commune de Paris supprim\u00e9e (remplac\u00e9e par des Commissions avec pr\u00e9sident \u00e9lu chaque mois), club des Jacobins ferm\u00e9. Alors que les prisons d\u00e9bordent et que les d\u00e9nonciations s\u2019accumulent, la Convention va recourir \u00e0 l\u2019amnistie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats, il faut finir par un coup de tonnerre\u00a0!\u00a0\u00bb<br>Il va, tachant de gris l\u2019\u00e9tat-major vermeil\u00a0;<br>L\u2019arm\u00e9e est une mer\u00a0; il attend le soleil\u00a0;<br>Il le voit se lever du haut d\u2019un promontoire\u00a0;<br>Et, d\u2019un sourire, il met ce soleil dans l\u2019Histoire\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Edmond <span class=\"caps\">ROSTAND<\/span> (1868-1918), <em>L\u2019Aiglon<\/em>, drame en six actes et en vers (1900)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Soleil d\u2019Austerlitz, star de l\u2019Histoire et acteur principal dans cette victoire imp\u00e9riale devenue c\u00e9l\u00e8bre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_6_3.jpg\" width=\"200\" height=\"273\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0Il vous suffira de dire\u00a0: j\u2019\u00e9tais \u00e0 la bataille d\u2019Austerlitz, pour qu\u2019on vous r\u00e9ponde\u00a0: voil\u00e0 un brave\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1810\" class=\"cit-num\">1810<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), fin de la Proclamation d\u2019Austerlitz, 2\u00a0d\u00e9cembre 1805. <em>Faits m\u00e9morables de l\u2019histoire de France<\/em> (1844), Louis Michelant<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Soleil d\u2019Austerlitz, suite \u2013 d\u00e9tails m\u00e9t\u00e9orologiques et strat\u00e9giques.<\/p>\n<p>Par un froid glacial, le soleil s\u2019est lev\u00e9, le fameux \u00ab\u00a0soleil d\u2019Austerlitz\u00a0\u00bb vu comme un signe du destin divin de l\u2019Empereur. Les troupes ennemies attaquent les Fran\u00e7ais sur le plateau de Pratzen, avant d\u2019\u00eatre repouss\u00e9es dans les \u00e9tangs gel\u00e9s de Satschan o\u00f9 elles vont se noyer \u2013 un d\u00e9sastre pour les Austro-Russes qui n\u2019ont plus qu\u2019\u00e0 traiter.<\/p>\n<p>Cette \u00ab\u00a0bataille des Trois Empereurs\u00a0\u00bb opposa les 65\u00a0000 hommes de Napol\u00e9on aux 90\u00a0000 hommes d\u2019Alexandre\u00a0Ier (Russie) et de Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (Saint Empire romain germanique). Le dieu de la guerre et de la fortune est avec Napol\u00e9on\u00a0: le brouillard matinal cache ses mouvements \u00e0 l\u2019ennemi et le soleil d\u2019Austerlitz qui suit va briller sur une suite de man\u0153uvres tactiques hardies et r\u00e9ussies \u2013 un classique, enseign\u00e9 dans les \u00e9coles de guerre. Le bronze des 180 canons ennemis sera fondu pour \u00e9difier la colonne Vend\u00f4me \u00e0 Paris (inspir\u00e9e de la colonne de Trajan, \u00e0 Rome).<\/p>\n<p>Cette victoire met fin \u00e0 la troisi\u00e8me coalition. Au trait\u00e9 de Presbourg (26\u00a0d\u00e9cembre), Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> abdique la couronne du Saint Empire et reconna\u00eet la Conf\u00e9d\u00e9ration du Rhin. Mais le tsar ne signe pas. Il sortira vainqueur du duel avec Napol\u00e9on, dans la campagne de Russie o\u00f9 le mar\u00e9chal Koutousov va prendre sa revanche, avec l\u2019aide du \u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ral Hiver\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 le soleil d\u2019Austerlitz\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1864\" class=\"cit-num\">1864<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), parvenu devant Moscou, au matin du 7\u00a0septembre 1812. <em>Napol\u00e9on Bonaparte, ou trente ans de l\u2019histoire de France<\/em>, drame en 6 actes (1831), Alexandre Dumas p\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Soleil d\u2019Austerlitz \u2013 \u00e9pilogue russe.<\/p>\n<p>Pour une fois, Dumas est fid\u00e8le \u00e0 l\u2019histoire, \u00e0 la lettre m\u00eame\u00a0! La citation figure dans de nombreuses sources. Tout juste appuie-t-il la r\u00e9plique d\u2019un\u00a0: \u00ab\u00a0Battons-nous donc\u00a0! Mes amis, voil\u00e0 le soleil d\u2019Austerlitz.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans cette d\u00e9sastreuse campagne de Russie, Napol\u00e9on veut galvaniser les officiers en \u00e9voquant la plus \u00e9clatante victoire de l\u2019Empire. Il entre dans la ville comme en pays conquis et toujours sans combat, \u00ab\u00a0transport\u00e9 de joie\u00a0\u00bb. On croit \u00e0 une nouvelle victoire, les soldats sont s\u00fbrs de trouver des vivres et un repos bien m\u00e9rit\u00e9. Mais la ville est vid\u00e9e de ses habitants, 300\u00a0000 Moscovites ont fui avec tous leurs biens. Pis encore, un gigantesque incendie va d\u00e9truire la cit\u00e9 construite en bois et qui br\u00fblera jusqu\u2019au 20\u00a0septembre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 le commencement de la fin.\u00a0\u00bb<span id=\"1869\" class=\"cit-num\">1869<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), \u00e0 l\u2019annonce du d\u00e9sastre de la retraite de Russie, d\u00e9cembre\u00a01812. <em>Monsieur\u00a0de Talleyrand<\/em> (1870), Charles-Augustin Sainte-Beuve<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ral Hiver\u00a0\u00bb a op\u00e9r\u00e9 comme pr\u00e9vu par le tsar Alexandre et le mar\u00e9chal Koutousov. La m\u00e9t\u00e9orologie joue plus que jamais un r\u00f4le d\u00e9cisif dans l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Les soldats sont victimes d\u2019un ennemi inconnu d\u2019eux\u00a0: le froid colle l\u2019acier des armes aux doigts des hommes et rend fous les chevaux. Le passage de la B\u00e9r\u00e9zina (25 au 29\u00a0novembre) est un \u00e9pisode devenu l\u00e9gendaire\u00a0: par \u201320\u00a0\u00b0C le jour, \u201330\u00a0\u00b0C la nuit, ce qui reste de la Grande Arm\u00e9e r\u00e9ussit \u00e0 franchir la rivi\u00e8re, gr\u00e2ce aux pontonniers du g\u00e9n\u00e9ral Ebl\u00e9 et aux troupes qui couvrent le passage (Ney et Victor). 8\u00a0000 tra\u00eenards n\u2019ont pas le temps de passer, ils seront tu\u00e9s par les Cosaques.<\/p>\n<p>De retour \u00e0 Paris dans la nuit du 18\u00a0d\u00e9cembre, Napol\u00e9on avoue \u00e0 ses ministres\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 Moscou, j\u2019ai cru signer la paix. J\u2019y suis rest\u00e9 trop longtemps [\u2026] J\u2019ai fait une tr\u00e8s grande faute, mais la fortune peut encore la r\u00e9parer.\u00a0\u00bb Il apprend quelques jours plus tard la trag\u00e9die, apr\u00e8s son d\u00e9part de Russie. Murat s\u2019est querell\u00e9 avec Davout, abandonnant le commandement au prince Eug\u00e8ne et regagnant son royaume de Naples. Eug\u00e8ne de Beauharnais (fils de Jos\u00e9phine, adopt\u00e9 par l\u2019empereur) \u00e9vite l\u2019encerclement et accomplit un exploit. Il ram\u00e8nera tant bien que mal 100\u00a0000 hommes. C\u2019est quand m\u00eame la d\u00e9b\u00e2cle. Bilan total de cette campagne\u00a0: 530\u00a0000 morts, victimes surtout du typhus, de la faim et du froid.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_7_4.jpg\" width=\"200\" height=\"266\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0J\u2019ignore, Sire, si je suis toujours un oiseau de mauvais augure, mais il est d\u00e9cid\u00e9 que je serai toujours un oiseau des temps d\u2019orage, et celui qui tonne sur nos t\u00eates prend un aspect formidable.\u00a0\u00bb<span id=\"2025\" class=\"cit-num\">2025<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Baron de <span class=\"caps\">VITROLLES<\/span> (1774-1854), au roi Charles X, ch\u00e2teau de Saint-Cloud, 28\u00a0juillet 1830. <em>1830, la r\u00e9volution tricolore<\/em> (1965), Jean Louis de Courson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore m\u00e9t\u00e9orologique parfaitement adapt\u00e9e \u00e0 la situation r\u00e9volutionnaire, \u00e0 la fin de la Restauration.<\/p>\n<p>Deuxi\u00e8me des\u00a0 \u00ab\u00a0Trois Glorieuses journ\u00e9es\u00a0\u00bb\u00a0: Paris, d\u00e8s le matin, construit ses barricades pour faire obstacle aux forces de l\u2019ordre. Vitrolles, ambassadeur et pair de France, repr\u00e9sentant des ultras, est enfin re\u00e7u par Charles X. Aveugle \u00e0 la situation, il tient toujours \u00e0 ses quatre ordonnances r\u00e9actionnaires et refuse la proposition du baron, aller discuter avec les chefs de l\u2019insurrection parisienne. Ce serait perdre la face pour le roi qui ne comprend pas qu\u2019il va perdre son tr\u00f4ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand les fruits sont pourris, ils n\u2019attendent que le passage du vent pour se d\u00e9tacher de l\u2019arbre.\u00a0\u00bb<span id=\"2121\" class=\"cit-num\">2121<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis <span class=\"caps\">BLANC<\/span> (1811-1882), Banquet politique tenu \u00e0 Dijon, fin d\u00e9cembre\u00a01847. <em>Histoire de la R\u00e9volution de 1848<\/em> (1870), Louis Blanc<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore m\u00e9t\u00e9orologique qui fait toujours image.<\/p>\n<p>Le militant r\u00e9publicain qui attaque la Monarchie de Juillet \u00e0 coup de pamphlets pr\u00e9dit la prochaine r\u00e9volution. La multiplication des banquets est une r\u00e9plique astucieuse et bien fran\u00e7aise \u00e0 l\u2019interdiction des r\u00e9unions.<\/p>\n<p>La campagne des Banquets commence le 9\u00a0juillet 1847, sur le th\u00e8me r\u00e9publicain de la r\u00e9forme \u00e9lectorale avec abaissement du cens \u00e0 100\u00a0francs\u00a0: seul moyen pour l\u2019opposition de faire entendre la voix sinon du peuple, du moins de la petite bourgeoisie, et seule fa\u00e7on de sortir de l\u2019immobilisme conservateur qui bloque la vie politique.<\/p>\n<p>Jeune journaliste, Louis Blanc s\u2019est fait conna\u00eetre par un essai, <em>L\u2019Organisation du travail<\/em> (1839)\u00a0: \u00ab\u00a0Pour chaque indigent qui p\u00e2lit de faim, il y a un riche qui p\u00e2lit de peur.\u00a0\u00bb Au nom de quoi la fraternit\u00e9 doit guider l\u2019\u00e9conomie. Il pr\u00e9conise des associations ouvri\u00e8res de production, ateliers nationaux exp\u00e9riment\u00e9s l\u2019ann\u00e9e suivante, sous la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Parisiens ne font jamais de r\u00e9volution en hiver.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u2013<span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> (1773-1850), lors des premiers incidents de f\u00e9vrier 1848<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9t\u00e9orologie politique et v\u00e9rit\u00e9 historique bient\u00f4t d\u00e9menties.<\/p>\n<p>Le roi se trompe\u00a0: la libert\u00e9 n\u2019a pas de saison et les Parisiens oublient le froid en dressant des barricades.<\/p>\n<p>Son troisi\u00e8me fils, le prince de Joinville, sait que \u00ab\u00a0Le roi est arriv\u00e9 \u00e0 cet \u00e2ge (74 ans) o\u00f9 l\u2019on n\u2019accepte plus les observations, mais o\u00f9 les forces manquent pour prendre une r\u00e9solution virile.\u00a0\u00bb (Lettre au duc d\u2019Aumale, 7\u00a0novembre 1847).<\/p>\n<p>Louis-Philippe d\u00e9cide d\u2019interdire le banquet de cl\u00f4ture\u00a0qui doit clore la campagne\u00a0: \u00ab\u00a0Ils voulaient un banquet. Ils n\u2019en auront m\u00eame pas les miettes\u00a0!\u00a0\u00bb Il ne fait confiance qu\u2019\u00e0 Guizot dont le conservatisme confine \u00e0 l\u2019immobilisme. Aveugle et sourd, il affirme au pr\u00e9fet de la Seine Rambuteau qui s\u2019inqui\u00e8te\u00a0: \u00ab\u00a0Dans huit jours, vous serez honteux des sottes peurs qu\u2019on vous a donn\u00e9es, mon cher pr\u00e9fet\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9volution commence le lendemain, 23 f\u00e9vrier, avec les premi\u00e8res barricades. L\u2019assaut est donn\u00e9 \u00e0 une barricade, rue Quincampoix\u00a0: 16 soldats tu\u00e9s. Le sang vers\u00e9 l\u2019atterre, la garde nationale sympathise avec les \u00e9meutiers.<\/p>\n<p>Louis-Philippe renvoie Guizot, appelle Mol\u00e9 au gouvernement. Paris illumine, la rue semble se calmer. Le roi se rassure\u00a0: \u00ab\u00a0Les Parisiens ne font jamais de r\u00e9volution en hiver.\u00a0\u00bb Mais les r\u00e9publicains ne veulent pas laisser passer cette occasion.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la pluie glac\u00e9e, le soir, un groupe de manifestants va huer Guizot sous ses fen\u00eatres, boulevard des Capucines, devant le minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res. La troupe se croit menac\u00e9e, un coup de feu part, les forces de l\u2019ordre ripostent\u00a0: la fusillade des Capucines laisse plus de 50 cadavres sur le pav\u00e9, promen\u00e9s en charrette dans la nuit, \u00e0 la lueur des torches, sur fond de tocsin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">Le \u00ab\u00a0printemps des peuples\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Expression non sourc\u00e9e, mais tr\u00e8s souvent utilis\u00e9e<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore m\u00e9t\u00e9orologique heureuse \u2013 et recycl\u00e9e \u00e0 l\u2019envi.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019expression qui associe un acteur collectif \u00e0 une saison d\u00e9signe un mouvement r\u00e9volutionnaire europ\u00e9en se d\u00e9roulant pour l\u2019essentiel entre fin f\u00e9vrier et d\u00e9but juillet 1848.\u00a0\u00bb Le mot sonne si bien et si juste qu\u2019il est partout repris.<\/p>\n<p>Pierre Dupont, ex-apprenti canut et l\u2019un des premiers chansonniers de la classe ouvri\u00e8re, l\u2019exprime \u00e0 sa mani\u00e8re\u00a0dans <em>le Chant des soldats<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Toute l\u2019Europe est sous les armes, \/ C\u2019est le dernier r\u00e2le des rois\u00a0: \/ Soldats, ne soyons point gendarmes, \/ Soutenons le peuple et ses droits [\u2026] <em>Refrain<\/em> Aux armes, courons aux fronti\u00e8res,\u00a0 Les peuples sont pour nous des fr\u00e8res\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La r\u00e9volution fran\u00e7aise de 1848 \u2013 apr\u00e8s celle de 1830 \u2013 entra\u00eene une flamb\u00e9e de mouvements r\u00e9volutionnaires un peu partout en Europe\u00a0: Allemagne, Autriche, Italie, Hongrie, Pologne. C\u2019est vraiment le \u00ab\u00a0printemps des peuples\u00a0\u00bb et la France qui retrouve sa mission lib\u00e9ratrice reprend avec Pierre Dupont\u00a0le <em>Chant des soldats<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Que la R\u00e9publique fran\u00e7aise\u00a0\/ Entra\u00eene encore ses bataillons\u00a0\/ Au refrain de La Marseillaise\u00a0\/ \u00c0 travers de rouges sillons\u00a0\/ Que la victoire de son aile\u00a0\/ Touche nos fronts et, cette fois\u00a0\/ La R\u00e9publique universelle\u00a0\/ Aura balay\u00e9 tous les rois (<em>Refrain<\/em>) Aux armes, courons aux fronti\u00e8res\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais l\u2019\u00e9t\u00e9 qui suit ce printemps sera celui de toutes les r\u00e9pressions.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tremblez tyrans portant culotte\u00a0!<br>Femmes, notre jour est venu\u00a0;<br>Point de piti\u00e9, mettons en vote<br>Tous les torts du sexe barbu\u00a0!<br>Notre patience est \u00e0 bout,<br>Debout, V\u00e9nusiennes, debout [\u2026]<br><em>Refrain<\/em><br>Libert\u00e9 sur nos fronts verse tes chauds rayons,<br>Tremblez, tremblez, maris jaloux,<br>Respect aux cotillons\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2162\" class=\"cit-num\">2162<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louise de <span class=\"caps\">CHAUMONT<\/span> (<span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle), <em>La Marseillaise des femmes (ou Marseillaise des cotillons)<\/em>, chanson de 1848. <em>L\u2019Illustration<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> (1848), J.\u00a0Dubouchet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les \u00ab\u00a0chauds rayons\u00a0\u00bb \u00e9voquent un soleil f\u00e9ministe qui tarde \u00e0 se lever au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, l\u2019un des si\u00e8cles les plus misogynes.<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0V\u00e9nusiennes\u00a0\u00bb chantent et d\u00e9filent, jupes retrouss\u00e9es, corsage en bataille, jeunes ouvri\u00e8res vivant parfois en communaut\u00e9 \u00e0 la mode saint-simonienne. <em>La Marseillaise<\/em>, parmi tous les chants de l\u2019histoire, est le plus constamment repris, parodi\u00e9, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, exploit\u00e9 en d\u2019innombrables versions. C\u2019est la ran\u00e7on du succ\u00e8s, disons m\u00eame de la gloire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Laissez le neveu de l\u2019empereur s\u2019approcher du soleil de notre R\u00e9publique\u00a0; je suis s\u00fbr qu\u2019il dispara\u00eetra dans ses rayons.\u00a0\u00bb<span id=\"2181\" class=\"cit-num\">2181<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis <span class=\"caps\">BLANC<\/span> (1811-1882). <em>Histoire parlementaire de l\u2019Assembl\u00e9e nationale<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1848), F. Wouters, <span class=\"caps\">A.J.C.<\/span> Gendeblen<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore m\u00e9t\u00e9orologique du soleil (devenu r\u00e9publicain\u00a0!).<\/p>\n<p>Mais un historien peut faire erreur sur son temps\u00a0! C\u2019est la (Deuxi\u00e8me) R\u00e9publique qui va bient\u00f4t dispara\u00eetre devant l\u2019Empire restaur\u00e9. Il est vrai que les premiers t\u00e9moins n\u2019ont pas cru dans le destin du nouvel homme, \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 sur son Nom, mais particuli\u00e8rement falot et peinant \u00e0 incarner ce prestigieux h\u00e9ritage.<\/p>\n<p>Louis Blanc fait ici allusion \u00e0 une d\u00e9claration du d\u00e9put\u00e9 visant la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique en empruntant au lyrisme hugolien\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019oncle de Louis-Napol\u00e9on, que disait-il\u00a0? Il disait\u00a0: \u00ab\u00a0La r\u00e9publique est comme le soleil.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9volution et la R\u00e9publique sont indivisibles. L\u2019une est la m\u00e8re, l\u2019autre est la fille. L\u2019une est le mouvement humain qui se manifeste, l\u2019autre est le mouvement humain qui se fixe. La R\u00e9publique, c\u2019est la R\u00e9volution fond\u00e9e [\u2026] On ne s\u00e9pare pas l\u2019aube du soleil.\u00a0\u00bb<span id=\"2214\" class=\"cit-num\">2214<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), Assembl\u00e9e l\u00e9gislative, Discours du 17\u00a0juillet 1851. <em>Actes et Paroles. Avant l\u2019exil<\/em> (1875), Victor Hugo<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore m\u00e9t\u00e9orologique du soleil, historiquement r\u00e9currente\u00a0!<\/p>\n<p>Ce discours violent et c\u00e9l\u00e8bre est prononc\u00e9 devant une assembl\u00e9e houleuse. \u00c9lu le plus c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019\u00e9poque, Hugo est contre la r\u00e9vision de la Constitution en d\u00e9bat. Elle permettrait \u00e0 Louis-Napol\u00e9on Bonaparte de se repr\u00e9senter pour se maintenir au pouvoir\u2026 Le 19\u00a0juillet, elle ne r\u00e9unit que 446 voix contre 270. Il fallait la majorit\u00e9 des trois quarts (543 voix). L\u2019article\u00a045 interdisant la r\u00e9\u00e9ligibilit\u00e9 est donc maintenu. Les d\u00e9put\u00e9s n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 dupes, la man\u0153uvre a \u00e9chou\u00e9.<\/p>\n<p>Louis-Napol\u00e9on Bonaparte n\u2019a plus le choix. Il pr\u00e9pare son coup d\u2019\u00c9tat, avec ses hommes bien plac\u00e9s dans l\u2019arm\u00e9e, la police. Il pr\u00e9pare aussi l\u2019opinion, entretient la peur, d\u00e9nonce l\u2019imminence du complot\u00a0:<em> Le Spectre rouge<\/em> de 1852, brochure sign\u00e9e Romieu, en dit assez par son titre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_8_8.jpg\" width=\"200\" height=\"265\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0L\u2019extr\u00eame rapidit\u00e9 des voyages en chemin de fer est une chose antim\u00e9dicale. Aller, comme on fait, en vingt heures, de Paris \u00e0 la M\u00e9diterran\u00e9e, en traversant d\u2019heure en heure des climats si diff\u00e9rents, c\u2019est la chose la plus imprudente pour une personne nerveuse. Elle arrive ivre \u00e0 Marseille, pleine d\u2019agitation, de vertige.\u00a0\u00bb<span id=\"2282\" class=\"cit-num\">2282<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>La Mer<\/em> (1861)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le climat a bon dos\u00a0!<\/p>\n<p>On peut aujourd\u2019hui sourire de la sombre pr\u00e9diction sign\u00e9e de l\u2019historien le plus populaire et par ailleurs dou\u00e9\u00a0!\u00a0<\/p>\n<p>Presque tous les progr\u00e8s techniques ont commenc\u00e9 par susciter la peur ou le d\u00e9ni d\u2019utilit\u00e9. Le <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, si riche en inventions, pourrait alimenter un \u00e9tonnant b\u00eatisier technologique.<\/p>\n<p>Le chemin de fer n\u2019\u00e9chappe pas \u00e0 la r\u00e8gle. Rappelons le mot de Thiers, en 1836\u00a0: \u00ab\u00a0Il faudra donner des chemins de fer aux Parisiens comme un jouet, mais jamais on ne transportera ni un voyageur ni un bagage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elles ont p\u00e2li, merveilleuses<br>Au grand soleil d\u2019amour charg\u00e9,<br>Sur le bronze des mitrailleuses<br>\u00c0 travers Paris insurg\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"2329\" class=\"cit-num\">2329<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Arthur <span class=\"caps\">RIMBAUD<\/span> (1854-1891), <em>Les Mains de Jeanne-Marie<\/em> (1871)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le grand soleil fait \u00e0 nouveau image, mais dans un sombre tableau.<\/p>\n<p>Adolescent de 17\u00a0ans, boulevers\u00e9 par la d\u00e9claration de guerre, puis par l\u2019\u00e9chec de la Commune, Rimbaud fugue deux fois \u00e0 Paris, en\u00a01870 et\u00a01871, chante <em>Le Dormeur du val<\/em>, jeune soldat cueilli par la mort, mais aussi les communardes sur les barricades, m\u00ealant po\u00e9sie, r\u00e9volte, soif de r\u00e9volution sociale et morale. Il comprend tr\u00e8s vite l\u2019impuissance des vers \u00e0 \u00ab\u00a0changer la vie\u00a0\u00bb et apr\u00e8s un silence de dix-huit ans, il meurt \u00e0 37\u00a0ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En province, la pluie devient une distraction.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Edmond de <span class=\"caps\">GONCOURT<\/span> (1822-1896) et Jules de <span class=\"caps\">GONCOURT<\/span> (1830-1870), <em>Id\u00e9es et Sensations<\/em> (1866)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les fr\u00e8res Goncourt d\u00e9cident de vivre en rentiers avec l\u2019h\u00e9ritage maternel. Apr\u00e8s un voyage \u00e0 Alger au cours duquel ils ont fait de l\u2019aquarelle, ils rentrent \u00e0 Paris en 1850. L\u2019ann\u00e9e suivante, ils se lancent dans la litt\u00e9rature \u00e0 quatre mains avec la r\u00e9daction d\u2019un <em>Journal<\/em> qui sera tenu par Edmond apr\u00e8s la mort de Jules et jusqu\u2019\u00e0 sa propre mort en 1896. \u00c9crit au jour le jour et d\u00e9clin\u00e9 en neuf tomes, il retrace la vie artistique de l\u2019\u00e9poque, leurs souvenirs et quelques anecdotes.<\/p>\n<p>La vente de leur collection d\u2019\u0153uvres d\u2019art qui finance la Fondation du prix Goncourt perp\u00e9tue leurs noms.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Apr\u00e8s la pluie, le beau temps.\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">S\u00c9GUR<\/span> (1799-1874), titre de son roman publi\u00e9 en 1871 et devenu proverbe<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle commence \u00e0 \u00e9crire l\u2019\u00e2ge o\u00f9 Balzac meurt \u2013 51 ans. Encourag\u00e9e par le succ\u00e8s de trois contes de f\u00e9es, elle fait une vingtaine de romans autobiographiques sur son enfance ou celle de ses petites-filles plus ou moins mod\u00e8les.<\/p>\n<p>Louis Hachette, son \u00e9diteur, lance une collection vendue dans les gares du (nouveau) chemin de fer\u00a0: la \u00ab\u00a0Biblioth\u00e8que rose\u00a0\u00bb affiche une vision souriante et moralisante de l\u2019enfance dans la haute bourgeoisie du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle. Cette litt\u00e9rature peut sembler d\u00e9su\u00e8te et pourtant <em>Les Malheurs de Sophie, Un bon petit diable<\/em> ou <em>Les M\u00e9moires d\u2019un \u00e2ne<\/em> sont devenus des classiques toujours best-sellers, de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration.<\/p>\n<p>Quant aux proverbes climatiques ou m\u00e9t\u00e9orologiques, ils font flor\u00e8s\u00a0: \u201cPetite pluie abat grand vent.\u201d \u201cPluie du matin n\u2019arr\u00eate pas le p\u00e8lerin.\u201d \u201cTonnerre de midi am\u00e8ne la pluie.\u201d \u201cEn fuyant la pluie, on rencontre la gr\u00eale.\u201d \u201cQui s\u00e8me le vent r\u00e9colte la temp\u00eate.\u201d<\/p>\n<p>\u201cAutant en emporte le vent.\u201d\u00a0(en vo, <em>Gone with the Wind<\/em>). Roman de Margaret Mitchell publi\u00e9 en 1936, prix Pulitzer en 1937, adapt\u00e9 en 1939, film magnifiquement hollywoodien, r\u00e9alis\u00e9 par Victor Fleming et George Cukor avec Vivien Leigh, Clark Gable, Leslie Howard et Olivia de Havilland. Huit Oscars, un des plus gros succ\u00e8s de l\u2019histoire du cin\u00e9ma, malgr\u00e9 une vision raciste et colonialiste d\u2019Atlanta (G\u00e9orgie, \u00e9tat sudiste) au temps de la guerre de S\u00e9cession (1861-1885).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019insurg\u00e9, son vrai nom c\u2019est l\u2019homme\u00a0!<br>Qui n\u2019est plus la b\u00eate de somme,<br>Qui n\u2019ob\u00e9it qu\u2019\u00e0 la raison<br>Et qui marche avec confiance<br>Car le soleil de la science<br>Se l\u00e8ve rouge \u00e0 l\u2019horizon.\u00a0\u00bb<span id=\"2407\" class=\"cit-num\">2407<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eug\u00e8ne <span class=\"caps\">POTTIER<\/span> (1816-1888), paroles, et Pierre <span class=\"caps\">DEGEYTER<\/span> (1848-1932), musique,<em> L\u2019Insurg\u00e9<\/em> (1884), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Encore et toujours le soleil, plus m\u00e9taphorique que jamais\u00a0!<\/p>\n<p>Po\u00e8te et r\u00e9volutionnaire, chansonnier socialiste le plus important (et sinc\u00e8re) du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, Pottier est d\u00e9j\u00e0 l\u2019auteur de <em>l\u2019Internationale<\/em>. Membre de la Commune, r\u00e9fugi\u00e9 aux \u00c9tats-Unis apr\u00e8s la Semaine sanglante de la Commune, il rentre de son exil apr\u00e8s la loi d\u2019amnistie et d\u00e9die cette chanson \u00ab\u00a0\u00e0 Blanqui et aux Communards\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Devant toi, mis\u00e8re sauvage,\u00a0\/ Devant toi, pesant esclavage,\u00a0\/ L\u2019insurg\u00e9 se dresse\u00a0\/ Le fusil charg\u00e9.\u00a0\/ On peut le voir en barricades\u00a0\/ Descendr\u2019 avec les camarades,\u00a0\/ Riant, blaguant, risquant sa peau\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Beaucoup de chansons communistes naissent dans les ann\u00e9es 1880\u00a0: lutte des classes, guerre sociale contre les patrons, appel \u00e0 la r\u00e9volte arm\u00e9e des ouvriers, mineurs, paysans. L\u2019agitation sociale conna\u00eetra une nouvelle flamb\u00e9e avant la Premi\u00e8re Guerre mondiale. Ni l\u2019\u00c9tat, ni les patrons, ni les syndicats fran\u00e7ais de cette \u00e9poque ne sont aptes \u00e0 r\u00e9soudre les conflits sociaux n\u00e9s du d\u00e9veloppement \u00e9conomique et du capitalisme sauvage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nu\u00e9e porte l\u2019orage.\u00a0\u00bb<span id=\"2411\" class=\"cit-num\">2411<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">JAUR\u00c8S<\/span> (1859-1914). <em>Le Socialisme selon L\u00e9on Blum<\/em> (2003), David Frapet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore m\u00e9t\u00e9orologique et lyrique dans le style du grand orateur.<\/p>\n<p>Socialiste \u00e0 la fois internationaliste et pacifiste, Jaur\u00e8s va vivre dramatiquement l\u2019approche de la guerre, cherchant appui aupr\u00e8s du mouvement ouvrier pour l\u2019\u00e9viter, avant d\u2019\u00eatre assassin\u00e9 le 31\u00a0juillet 1914 par un nationaliste. Ce que n\u2019a pu faire la R\u00e9publique, cahotant de crises en \u00ab\u00a0affaires\u00a0\u00bb et d\u2019\u00ab\u00a0affaires\u00a0\u00bb en scandales, la guerre l\u2019accomplit\u00a0: l\u2019union sacr\u00e9e des Fran\u00e7ais, l\u2019unit\u00e9 nationale retrouv\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce gazon que le soleil dore<br>Quand mai sort des bois r\u00e9veill\u00e9s,<br>Ce mur que l\u2019Histoire d\u00e9core<br>Qui saigne encore,<br>C\u2019est le tombeau des fusill\u00e9s.\u00a0\u00bb<span id=\"2435\" class=\"cit-num\">2435<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">JOUY<\/span> (1855-1887),<em> Le Tombeau des fusill\u00e9s<\/em>, chanson.<em> La Chanson de la Commune\u00a0: chansons et po\u00e8mes inspir\u00e9s par la Commune de 1871<\/em> (1991), Robert Br\u00e9cy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De nouveau le soleil, \u00e9voqu\u00e9 dans un contexte tragique\u00a0: la r\u00e9pression sauvage de la Commune.<\/p>\n<p>Ce chant d\u2019un po\u00e8te montmartrois r\u00e9sonne comme une menace\u00a0: que le bon bourgeois tremble, car le peuple tout entier s\u2019assemble et pleure ceux qu\u2019on croit oublier. Mais jusqu\u2019\u00e0 la Premi\u00e8re Guerre mondiale, toute apologie de la Commune reste interdite. Devant le mur des F\u00e9d\u00e9r\u00e9s au cimeti\u00e8re du P\u00e8re-Lachaise, la c\u00e9r\u00e9monie du 28\u00a0mai, dernier jour de la Semaine sanglante, deviendra ensuite tradition.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que d\u2019eau, que d\u2019eau\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2445\" class=\"cit-num\">2445<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAC<\/span>\u2013<span class=\"caps\">MAHON<\/span> (1808-1893) \u00e0 la vue des inondations catastrophiques, Toulouse, 26\u00a0juin\u00a01875. <em>Mac-Mahon<\/em> (1895), abb\u00e9 Berry<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Catastrophe naturelle qu\u2019un pr\u00e9sident digne de ce titre se doit toujours de d\u00e9plorer publiquement.<\/p>\n<p>Le maire de la ville sinistr\u00e9e, voulant recevoir dignement le pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, s\u2019est lanc\u00e9 dans un long discours. Le mar\u00e9chal, pour couper court \u00e0 ce d\u00e9luge de paroles, regardant les plaines envahies par les eaux, a ce mot pour lequel il sera mal \u00e0 propos plaisant\u00e9.<\/p>\n<p>Durant la guerre de Crim\u00e9e et le si\u00e8ge de S\u00e9bastopol (1855), tenant le fort de Malakoff, son militaire \u00ab\u00a0J\u2019y suis, j\u2019y reste\u00a0\u00bb avait plus fi\u00e8re allure.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans un \u00e9lan g\u00e9n\u00e9reux, Paris et la France ont secouru les inond\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Petit Journal<\/em>, 13 f\u00e9vrier 1910<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le cin\u00e9matographe invent\u00e9 en 1895 par les fr\u00e8res Lumi\u00e8re (\u00e7a ne s\u2019intente pas\u00a0!) donne d\u2019impressionnantes images d\u2019archive\u00a0: <a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=POz6F4MTsvw%20\">https:\/\/www.youtube.com\/watch?v<span class=\"caps\">=PO<\/span>z6F4MTsvw <\/a><\/p>\n<p>Une gravure all\u00e9gorique exprime l\u2019\u00e9lan qui a pr\u00e9cipit\u00e9 Paris, la France et le monde civilis\u00e9 au secours des victimes de l\u2019inondation\u00a0: foule des sauveteurs et des bienfaiteurs, soldats, matelots, ouvriers ou bourgeois. Chacun donne ce qu\u2019il peut\u00a0: ses forces, son courage pour sauver les malheureux, ou son argent pour r\u00e9parer les ruines \u00ab\u00a0union sacr\u00e9e\u00a0\u00bb comme \u00e0 la guerre. Tous partis confondus, haines politiques et religieuses apais\u00e9es, dans une R\u00e9publique si souvent divis\u00e9e, d\u00e9chir\u00e9e.<\/p>\n<p>Le journaliste signale aussi un trait de caract\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Le Parisien voulait voir. La curiosit\u00e9 est chez lui plus forte que la prudence. Songez donc\u00a0! On ne reverrait probablement plus jamais \u00e7a. Il y avait plus d\u2019un si\u00e8cle que pareille inondation n\u2019avait pas ravag\u00e9 la capitale. Et l\u2019on e\u00fbt voulu que le Parisien, si curieux de sa nature, rest\u00e2t chez lui. Allons donc\u00a0! (\u2026) Certains jours, il y eut cinq cent mille personnes qui se press\u00e8rent tout le long de la Seine, s\u2019arr\u00eatant sur les ponts o\u00f9 la circulation \u00e9tait permise, contemplant le fleuve en furie. Tout cela, sans d\u00e9sordre, sans bousculade, sans un cri\u2026 Et puis, le Parisien ne perd jamais le sens pratique. Certains inond\u00e9s ne manqu\u00e8rent pas de se livrer \u00e0 ce sport passionnant. \u00c0 la gare d\u2019Orsay, on vit les employ\u00e9s r\u00e9duits \u00e0 l\u2019inaction par l\u2019invasion de l\u2019eau, prendre \u00e0 la ligne et aussi au filet, de superbes fritures de gardons et de br\u00e8mes. C\u2019\u00e9tait toujours autant de repris \u00e0 la Seine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On en revient \u00e0 la p\u00eache d\u00e9crite par Scarron, au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Bilan\u00a0: 20.000 immeubles inond\u00e9s dans la capitale, 30.000 maisons touch\u00e9es en banlieue, 150.000 sinistr\u00e9s\u00a0: les inondations de janvier 1910 font figure de catastrophe naturelle majeure pour Paris et sa r\u00e9gion. L\u2019eau atteint 8,62 m sous le Pont d\u2019Austerlitz (8,96 en 1658). Et le Zouave du pont de l\u2019Alma devient c\u00e9l\u00e8bre, son corps devenant l\u2019\u00e9chelle de mesure d\u2019une inondation historique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_9_2.jpg\" width=\"200\" height=\"270\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0Les sanglots longs<br>Des violons<br>De l\u2019automne<br>Bercent mon c\u0153ur<br>D\u2019une langueur<br>Monotone.\u00a0\u00bb<span id=\"2807\" class=\"cit-num\">2807<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">VERLAINE<\/span> (1844-1896), vers entendus \u00e0 la <span class=\"caps\">BBC<\/span> le 5\u00a0juin 1944. Extrait de \u00ab\u00a0Chanson d\u2019automne\u00a0\u00bb,<em> Po\u00e8mes saturniens<\/em> (1866)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est le code (\u00e9trange) choisi pour annoncer sur la radio anglaise le jour J du d\u00e9barquement en France, autrement dit, l\u2019op\u00e9ration Overlord (Suzerain, en anglais) sous le commandement supr\u00eame du g\u00e9n\u00e9ral Eisenhower.<\/p>\n<p>Ces mots tant attendus sont enfin entendus, le soir du 5\u00a0juin\u00a0: le d\u00e9barquement est donc pour le lendemain.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vieille Terre, rong\u00e9e par les \u00e2ges, rabot\u00e9e de pluies et de temp\u00eates, \u00e9puis\u00e9e de v\u00e9g\u00e9tation, mais pr\u00eate, ind\u00e9finiment, \u00e0 produire ce qu\u2019il faut pour que se succ\u00e8dent les vivants\u00a0!\u00a0Vieille France, accabl\u00e9e d\u2019Histoire, meurtrie de guerres et de r\u00e9volutions, allant et venant sans rel\u00e2che, mais redress\u00e9e, de\u00a0si\u00e8cle en\u00a0si\u00e8cle, par le g\u00e9nie du renouveau\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2830\" class=\"cit-num\">2830<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles de <span class=\"caps\">GAULLE<\/span> (1890-1970),<em> M\u00e9moires de guerre<\/em>, tome\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, <em>Le Salut, 1944-1946<\/em> (1959)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 Vieil homme, recru d\u2019\u00e9preuves, d\u00e9tach\u00e9 des entreprises, sentant venir le froid \u00e9ternel, mais jamais las de guetter dans l\u2019ombre la lueur de l\u2019esp\u00e9rance\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Derniers mots des <em>M\u00e9moires<\/em> du grand premier r\u00f4le et grand t\u00e9moin de cette p\u00e9riode, qui \u00e9voque et invoque la France et s\u2019identifie \u00e0 elle. Saluons \u00e9galement le styliste, entr\u00e9 dans la prestigieuse collection de la Pl\u00e9iade en 2010.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La guerre froide avait trouv\u00e9 un point chaud, m\u00eame br\u00fblant.\u00a0\u00bb<span id=\"2877\" class=\"cit-num\">2877<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Edgar <span class=\"caps\">FAURE<\/span> (1908-1988), parlant de la guerre de Cor\u00e9e, d\u00e9clar\u00e9e le 25\u00a0juin 1950. <em>M\u00e9moires<\/em> (1982), Edgar Faure<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le climat g\u00e9opolitique invente une nouvelle expression imag\u00e9e, pour une r\u00e9alit\u00e9 tr\u00e8s comment\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Guerre froide\u00a0\u00bb\u00a0: un \u00e9quilibre de la terreur qui va durer cinquante ans, entre les deux grandes puissances mondiales qui disposent de l\u2019arme atomique, les \u00c9tats-Unis et l\u2019<span class=\"caps\">URSS<\/span>. Churchill le premier d\u00e9nonce en 1946 le rideau de fer qui est tomb\u00e9 sur le continent europ\u00e9en. L\u2019opinion publique comprend l\u2019\u00e9vidence en 1948, lors du coup de Prague\u00a0: les communistes prennent le pouvoir en Tch\u00e9coslovaquie. L\u2019ann\u00e9e suivante, l\u2019<span class=\"caps\">OTAN<\/span> cr\u00e9e une alliance militaire occidentale et Staline riposte avec le Pacte de Varsovie.<\/p>\n<p>La guerre de Cor\u00e9e est la premi\u00e8re bataille de la guerre froide, bien vue par Edgar Faure (alors ministre des Finances)\u00a0: \u00ab\u00a0La magistrature de Ren\u00e9 Pleven d\u00e9butait dans une p\u00e9riode de cyclone international. L\u2019invasion de la Cor\u00e9e cr\u00e9ait une situation nouvelle pour le monde et bouleversait les donn\u00e9es des probl\u00e8mes pos\u00e9s \u00e0 la France.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mes amis, au secours\u00a0! Une femme vient de mourir de froid sur le trottoir du boulevard de S\u00e9bastopol. Elle serrait dans ses mains le papier par lequel on l\u2019avait expuls\u00e9e de son logement. Chaque nuit dans Paris, ils sont plus de deux mille \u00e0 geler dans la nuit, sans toit, sans pain.\u00a0\u00bb<span id=\"2887\" class=\"cit-num\">2887<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Abb\u00e9 <span class=\"caps\">PIERRE<\/span> (1912-2007), Premiers mots de l\u2019appel lanc\u00e9 \u00e0 la radio dans l\u2019hiver 1954. <em>Emma\u00fcs et l\u2019abb\u00e9 Pierre<\/em> (2008), Axelle Brodiez-Dolino<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e9f\u00e9rence m\u00e9t\u00e9orologique spontan\u00e9e, diffus\u00e9e en direct sur les ondes de la station la plus populaire.<\/p>\n<p>1er\u00a0f\u00e9vrier. Ce soir-l\u00e0, dans un \u00e9lan de col\u00e8re, l\u2019abb\u00e9 Pierre fonce \u00e0 Radio Luxembourg et s\u2019empare du micro. Ce pr\u00eatre catholique, r\u00e9sistant pendant la guerre et d\u00e9put\u00e9 <span class=\"caps\">MRP<\/span> jusqu\u2019en 1951, est revenu \u00e0 sa vocation de pr\u00eatre aum\u00f4nier, dans le cadre du \u00ab\u00a0Mouvement Emma\u00fcs\u00a0\u00bb, organisation caritative la\u00efque, cr\u00e9\u00e9e en 1949 et Fondation toujours vivante.<\/p>\n<p>L\u2019abb\u00e9, d\u2019une voix vibrante, demande que le soir m\u00eame, dans tous les quartiers de Paris, s\u2019ouvrent des centres de d\u00e9pannage, qu\u2019on y apporte couvertures, paille, pour accueillir tous ceux qui souffrent quels qu\u2019ils soient, et qu\u2019ils puissent y dormir, y manger, reprendre espoir, savoir qu\u2019on les aime et qu\u2019on ne les laissera pas mourir. C\u2019est la mis\u00e8re des laiss\u00e9s-pour-compte de la croissance \u00e9conomique propre aux \u00ab\u00a0Trente glorieuses\u00a0\u00bb \u2013 les ann\u00e9es qui ont suivi la Seconde Guerre mondiale, jusqu\u2019au premier choc p\u00e9trolier en 1973.<\/p>\n<p>Trente ans plus tard, Coluche lancera ses \u00ab\u00a0Restos du c\u0153ur\u00a0\u00bb. Le quart-monde existe toujours et chaque \u00e9poque cr\u00e9e ses nouveaux pauvres. En 2020, la crise \u00e9conomique et sanitaire de la Covid-19 relance le ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0[Le marxisme], c\u2019est le climat de nos id\u00e9es, le milieu o\u00f9 elles s\u2019alimentent, c\u2019est le mouvement vrai de ce que Hegel appelait l\u2019Esprit objectif [\u2026] Il est \u00e0 lui seul la culture.\u00a0\u00bb<span id=\"2905\" class=\"cit-num\">2905<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Paul <span class=\"caps\">SARTRE<\/span> (1905-1980). <em>Les Temps modernes<\/em>, nos\u00a0121 \u00e0\u00a0125 (1956), Jean-Paul Sartre<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9taphore courante\u00a0du climat\u00a0: climat de crise, d\u2019ins\u00e9curit\u00e9, climat social, politique\u2026 C\u2019est presque devenu un tic de langage, preuve que la m\u00e9t\u00e9o (souvent confondue avec le climat) est un th\u00e8me sensible \u00e0 l\u2019opinion publique. Cette \u00e9vidence vaut plus encore de nos jours qu\u2019au temps o\u00f9 Sartre faisait office de \u00ab\u00a0ma\u00eetre \u00e0 penser\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Peu de temps avant le <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u00a0Congr\u00e8s du <span class=\"caps\">PC<\/span> de l\u2019Union sovi\u00e9tique (f\u00e9vrier\u00a01956), Sartre assure\u00a0: \u00ab\u00a0Port\u00e9 par l\u2019Histoire, le <span class=\"caps\">PC<\/span> manifeste une extraordinaire intelligence objective, il est rare qu\u2019il se trompe.\u00a0\u00bb La suite va vite d\u00e9mentir ces propos.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_10_5.jpg\" width=\"200\" height=\"272\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0En moins d\u2019une semaine, dans un printemps sans histoire, une temp\u00eate fait lever sur Paris les pav\u00e9s de l\u2019\u00e9meute, les mousquetons du pouvoir et les id\u00e9es de tout le monde. Une partie de la jeunesse fran\u00e7aise a d\u00e9clar\u00e9 sa guerre. Elle l\u2019a d\u00e9clar\u00e9e \u00e0 tous, faute de savoir \u00e0 qui.\u00a0\u00bb<span id=\"3048\" class=\"cit-num\">3048<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>L\u2019Express<\/em>, 13\u00a0mai 1968<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La m\u00e9t\u00e9o politique s\u2019emballe, au mois de Mai 68. Le Quartier latin \u00e0 Paris est tout particuli\u00e8rement touch\u00e9.<\/p>\n<p>La presse \u00e9crite et parl\u00e9e s\u2019emballe aussi. <em>L\u2019Express<\/em>, qui est encore un \u00ab\u00a0journal d\u2019opinion\u00a0\u00bb\u00a0 (de gauche), donne un premier r\u00e9sum\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements et pose <span class=\"caps\">LA<\/span> question existentielle \u2013 dont personne ne pourra donner la r\u00e9ponse, malgr\u00e9 les flots de commentaires \u00e9crits, parl\u00e9s, pens\u00e9s \u00e0 l\u2019infini. Le happening va continuer, dans le g\u00e9nie de l\u2019improvisation.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Regarde\u00a0: Quelque chose a chang\u00e9. <br>L\u2019air semble plus l\u00e9ger. <br>C\u2019est ind\u00e9finissable.<br>Regarde\u00a0: Sous ce ciel d\u00e9chir\u00e9, <br>Tout s\u2019est ensoleill\u00e9. <br>C\u2019est ind\u00e9finissable.<br>Un homme, Une rose \u00e0 la main, <br>A ouvert le chemin, <br>Vers un autre demain\u2026\u00a0\u00bb<span id=\"3209\" class=\"cit-num\">3209<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BARBARA<\/span> (1930-1997), <em>Regarde<\/em>. Chanson d\u00e9di\u00e9e \u00e0 Fran\u00e7ois Mitterrand et ovationn\u00e9e en novembre 1981 \u00e0 l\u2019hippodrome de Pantin, emplacement actuel du Z\u00e9nith de Paris<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Toujours le soleil et un climat d\u2019euphorie en ce mois de mai historique, pour le peuple de gauche.<\/p>\n<p>Beaucoup d\u2019artistes ont accompagn\u00e9 le pr\u00e9sident en campagne, puis au lendemain de sa victoire. Les mots, la musique, la voix, l\u2019\u00e9motion de Barbara \u00e9tonnent toujours et r\u00e9sonnent encore (sur You Tube, Daily Motion)\u00a0: \u00ab\u00a0Regarde\u00a0: Plant\u00e9e dans la grisaille, \/\u00a0Par-del\u00e0 les murailles, \/\u00a0C\u2019est la f\u00eate retrouv\u00e9e. \/\u00a0Ce soir, Quelque chose a chang\u00e9. \/\u00a0L\u2019air semble plus l\u00e9ger. \/\u00a0C\u2019est ind\u00e9finissable. \/\u00a0Regarde\u00a0: Au ciel de notre histoire, \/\u00a0Une rose, \u00e0 nos m\u00e9moires, \/\u00a0Dessine le mot espoir\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le 21\u00a0mai, 11 jours apr\u00e8s l\u2019\u00e9lection, Mitterrand prend ses fonctions de pr\u00e9sident de la R\u00e9publique. Journ\u00e9e ponctu\u00e9e de c\u00e9r\u00e9monies officielles et de manifestations publiques. Presque trop bien mis en sc\u00e8ne (par Serge Moati), le pr\u00e9sident remonte la rue Soufflot au milieu de la foule et se retrouve seul, franchit la porte du Panth\u00e9on pour se rendre dans la crypte et d\u00e9poser une rose sur les tombes de Jean Jaur\u00e8s, Victor Sch\u0153lcher et Jean Moulin\u2026<\/p>\n<p>La rose, symbole du <span class=\"caps\">PS<\/span>, naturellement pr\u00e9sente dans <em>Regarde\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Et l\u2019homme, Une rose \u00e0 la main, \/\u00a0\u00c9toile \u00e0 son destin, \/\u00a0Continue son chemin. \/\u00a0Seul, Il est devenu des milliers, \/\u00a0Qui marchent, \u00e9merveill\u00e9s, Dans la lumi\u00e8re \u00e9clat\u00e9e\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Notre maison br\u00fble et nous regardons ailleurs. La nature, mutil\u00e9e, surexploit\u00e9e, ne parvient plus \u00e0 se reconstituer et nous refusons de l\u2019admettre. L\u2019humanit\u00e9 souffre. Elle souffre de mal-d\u00e9veloppement, au nord comme au sud, et nous sommes indiff\u00e9rents. La Terre et l\u2019humanit\u00e9 sont en p\u00e9ril et nous en sommes tous responsables.\u00a0\u00bb<span id=\"3377\" class=\"cit-num\">3377<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">CHIRAC<\/span> (1932-2019), Sommet mondial de Johannesburg, Afrique du Sud, 2\u00a0septembre 2002<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le r\u00e9chauffement climatique va devenir un th\u00e8me quasi-consensuel dans le constat qui en est fait.<\/p>\n<p>Plus de 100 chefs d\u2019\u00c9tat (et quelque 60\u00a0000 participants) font le bilan du Sommet de la Terre, tenu \u00e0 Rio de Janeiro en 1992, et du Protocole de Kyoto (Japon) en 1997, les \u00c9tats signataires s\u2019engageant \u00e0 r\u00e9duire leurs \u00e9missions de gaz \u00e0 effet de serre, dioxyde de carbone en t\u00eate (le fameux <span class=\"caps\">CO2<\/span>).<\/p>\n<p>Centr\u00e9 sur le d\u00e9veloppement durable, le Sommet de Johannesburg adopte un plan d\u2019action ambitieux\u00a0: lutte contre la paup\u00e9risation, contr\u00f4le de la globalisation, gestion des ressources naturelles, respect des droits de l\u2019homme, etc.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Au regard de l\u2019histoire de la vie sur Terre, celle de l\u2019humanit\u00e9 commence \u00e0 peine. Et pourtant, la voici d\u00e9j\u00e0, par la faute de l\u2019homme, mena\u00e7ante pour la nature et donc elle-m\u00eame menac\u00e9e. L\u2019Homme, pointe avanc\u00e9e de l\u2019\u00e9volution, peut-il devenir l\u2019ennemi de la Vie\u00a0? Et c\u2019est le risque qu\u2019aujourd\u2019hui nous courons par \u00e9go\u00efsme ou par aveuglement. Il est apparu en Afrique voici plusieurs millions d\u2019ann\u00e9es. Fragile et d\u00e9sarm\u00e9, il a su, par son intelligence et ses capacit\u00e9s, essaimer sur la plan\u00e8te enti\u00e8re et lui imposer sa loi. Le moment est venu pour l\u2019humanit\u00e9, dans la diversit\u00e9 de ses cultures et de ses civilisations, dont chacune a droit d\u2019\u00eatre respect\u00e9e, le moment est venu de nouer avec la nature un lien nouveau, un lien de respect et d\u2019harmonie, et donc d\u2019apprendre \u00e0 ma\u00eetriser la puissance et les app\u00e9tits de l\u2019homme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Discours du pr\u00e9sident fran\u00e7ais, bien \u00e9crit par Jean-Paul Del\u00e9age, physicien, g\u00e9opoliticien, ma\u00eetre de conf\u00e9rences universitaire, militant et historien de l\u2019\u00e9cologie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le drame de l\u2019Afrique, c\u2019est que l\u2019homme africain n\u2019est pas assez entr\u00e9 dans l\u2019histoire (\u2026) Le paysan africain, qui depuis des mill\u00e9naires vit avec les saisons, dont l\u2019id\u00e9al de vie est d\u2019\u00eatre en harmonie avec la nature, ne conna\u00eet que l\u2019\u00e9ternel recommencement du temps rythm\u00e9 par la r\u00e9p\u00e9tition sans fin des m\u00eames gestes et des m\u00eames paroles.\u00a0\u00bb<span id=\"3425\" class=\"cit-num\">3425<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Nicolas Sarkozy (n\u00e9 en 1955), Discours de Dakar (S\u00e9n\u00e9gal), 26\u00a0juillet 2007<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre grand discours, \u00e9crit par Henri Guaino, gaulliste de gauche, la plume (le n\u00e8gre) du pr\u00e9sident, d\u00e9sormais charg\u00e9 de donner \u00e0 sa pens\u00e9e une forme pr\u00e9sidentielle.<\/p>\n<p>L\u2019opinion ne retient (injustement) que la premi\u00e8re phrase qui fait pol\u00e9mique\u00a0: relent de racisme, sur fond d\u2019ancienne colonisation, assorti d\u2019une confusion entre civilisation et progr\u00e8s technique.<\/p>\n<p>La suite rappelle \u00e9trangement le \u00ab\u00a0Discours sur l\u2019Afrique\u00a0\u00bb prononc\u00e9 par Hugo en 1879\u00a0: \u00ab\u00a0<span class=\"caps\">L\u2019A<\/span>sie a son histoire, l\u2019Am\u00e9rique a son histoire, l\u2019Australie elle-m\u00eame a son histoire\u00a0; l\u2019Afrique n\u2019a pas d\u2019histoire\u00a0; une sorte de l\u00e9gende vaste et obscure l\u2019enveloppe. [\u2026] D\u00e9j\u00e0 les deux peuples colonisateurs, qui sont deux grands peuples libres, la France et l\u2019Angleterre, ont saisi l\u2019Afrique\u00a0; la France la tient par l\u2019ouest et par le nord\u00a0; l\u2019Angleterre la tient par l\u2019est et par le midi. Voici que l\u2019Italie accepte sa part de ce travail colossal. L\u2019Am\u00e9rique joint ses efforts aux n\u00f4tres\u00a0; car l\u2019unit\u00e9 des peuples se r\u00e9v\u00e8le en tout. [\u2026] Au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle, le blanc a fait du noir un homme\u00a0; au vingti\u00e8me si\u00e8cle, l\u2019Europe fera de l\u2019Afrique un monde. [\u2026]<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Printemps arabe, c\u2019est \u00ab\u00a0un immense mur de Berlin qui tombe\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb<span id=\"3448\" class=\"cit-num\">3448<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Tahar <span class=\"caps\">BEN<\/span> <span class=\"caps\">JELLOUN<\/span> (n\u00e9 en 1944), entretien \u00e0 l\u2019<span class=\"caps\">AFP<\/span>, 24\u00a0mai 2011<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce printemps m\u00e9taphorique fait naturellement \u00e9cho au \u00ab\u00a0printemps des peuples\u00a0\u00bb de 1848.<\/p>\n<p>\u00c9crivain franco-marocain, Tahar Ben Jelloun rend hommage au premier martyr (le jeune tunisien Mohamed Bouazizi qui s\u2019est immol\u00e9), publiant deux essais sur cette r\u00e9volution en marche\u00a0: <em>Par le feu et L\u2019\u00c9tincelle. R\u00e9volte dans les pays arabes<\/em> (2011).<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0Printemps arabe\u00a0\u00bb est une s\u00e9rie de contestations populaires, de forme et d\u2019ampleur variables, touchant divers pays du monde arabe \u00e0 partir du 17\u00a0d\u00e9cembre 2010. La r\u00e9volution, commenc\u00e9e en Tunisie, oblige Ben Ali \u00e0 quitter le pouvoir, puis Moubarak en \u00c9gypte. D\u2019autres peuples reprennent le slogan \u00ab\u00a0D\u00e9gage\u00a0!\u00a0\u00bb (\u00ab\u00a0Erhal\u00a0!\u00a0\u00bb en arabe). Outre le d\u00e9part des dictateurs et l\u2019instauration d\u2019une d\u00e9mocratie, les manifestants exigent le partage des richesses, des emplois et la dignit\u00e9 (\u00ab\u00a0karama\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0Printemps des peuples\u00a0\u00bb de 1848 fut une s\u00e9rie de r\u00e9volutions \u00e9clatant simultan\u00e9ment dans plusieurs pays d\u2019Europe, Italie, Allemagne, Autriche, au nom d\u2019aspirations lib\u00e9rales, nationales et d\u00e9mocratiques.<\/p>\n<p>\u00c9voquons aussi la chute du mur de Berlin, le 9\u00a0novembre 1999\u00a0: cette insurrection contre la tutelle communiste suit les mouvements d\u2019\u00e9mancipation qui ont secou\u00e9 les pays du glacis sovi\u00e9tique tout au long de l\u2019ann\u00e9e, en Pologne, Hongrie, Tch\u00e9coslovaquie, et pr\u00e9c\u00e8de les r\u00e9voltes en Roumanie et Bulgarie.<\/p>\n<p>Le\u00e7on de l\u2019Histoire\u00a0? Il existe une vraie contagion r\u00e9volutionnaire, mais l\u2019installation de la d\u00e9mocratie est un probl\u00e8me plus complexe, en particulier dans les pays musulmans o\u00f9 l\u2019islamisme est incompatible avec la la\u00efcit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est une imposture de pr\u00e9tendre qu\u2019on peut pr\u00e9voir le climat du globe dans un si\u00e8cle et que cette augmentation serait apocalyptique pour le monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Claude <span class=\"caps\">ALL\u00c8GRE<\/span> (n\u00e9 en 1937), <em><span class=\"caps\">L\u2019I<\/span>mposture climatique ou la fausse \u00e9cologie<\/em> (Plon, 2010)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ministre de l\u2019\u00c9ducation nationale, de la Recherche et de la Technologie dans le gouvernement Jospin de 1997 \u00e0 2000, il prend de bonnes mesures, mais se fait remarquer par un mot malheureux\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut d\u00e9graisser le mammouth.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Chercheur reconnu par ses confr\u00e8res, g\u00e9ochimiste m\u00e9daill\u00e9 et prim\u00e9 (membre de l\u2019Acad\u00e9mie des sciences, prix Crafoord en 1986, m\u00e9daille d\u2019or du <span class=\"caps\">CNRS<\/span> en 1994), auteur d\u2019ouvrages de vulgarisation scientifique, il suscite la controverses avec ses prises de position sur l\u2019origine et l\u2019\u00e9volution du r\u00e9chauffement climatique.<\/p>\n<p>Dans ce livre d\u2019entretiens avec le journaliste Dominique de Montvalon, il accuse les climatologues, \u00e0 commencer par le <span class=\"caps\">GIEC<\/span> (Groupe d\u2019experts intergouvernemental sur l\u2019\u00e9volution du climat), \u00ab\u00a0syst\u00e8me mafieux\u00a0\u00bb ayant conspir\u00e9 afin de faire passer aux yeux du monde un \u00ab\u00a0mythe\u00a0\u00bb pour un fait scientifique. \u00ab\u00a0C\u2019est le seul cas de figure o\u00f9 les Verts \u00e9voquent positivement la science\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0l\u2019imposture du groupe des scientifiques qui s\u2019occupent du climat, c\u2019est de profiter de cet appui politique ambigu et int\u00e9ress\u00e9 des Verts, pour obtenir, par pur corporatisme, des cr\u00e9dits et un d\u00e9but de reconnaissance scientifique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Politiquement tr\u00e8s incorrect, ce livre trouve un large \u00e9cho dans les m\u00e9dias, mais les journalistes sont critiques et les chercheurs en sciences du climat d\u00e9noncent les \u00ab\u00a0approximations et erreurs factuelles \u00e0 m\u00eame de tromper le public.\u00a0\u00bb Le grand prix de la Soci\u00e9t\u00e9 de g\u00e9ographie lui est attribu\u00e9 en 2010 pour <em>L\u2019Imposture climatique<\/em>, mais Claude All\u00e8gre reconna\u00eet des \u00ab\u00a0inexactitudes\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0exag\u00e9rations\u00a0\u00bb qu\u2019il justifie par un \u00ab\u00a0choix \u00e9ditorial\u00a0\u00bb et la volont\u00e9 d\u2019\u00e9crire \u00ab\u00a0un livre politique avant tout.\u00a0\u00bb D\u2019autres \u00ab\u00a0climato-sceptiques\u00a0\u00bb vont faire la une\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne crois pas au changement climatique, c\u2019est juste de la m\u00e9t\u00e9o. \u00c7a a toujours \u00e9t\u00e9 comme \u00e7a, le temps change, il y a des temp\u00eates, de la pluie, et des belles journ\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Donald <span class=\"caps\">TRUMP<\/span> (n\u00e9 en 1946 ) interrog\u00e9 sur <span class=\"caps\">CNN<\/span>, candidat \u00e0 la Maison Blanche, septembre 2015<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Climato-scepticisme institutionnel et \u00ab\u00a0de bon sens\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pr\u00e9sident r\u00e9publicain \u00e9lu pour quatre ans apr\u00e8s le d\u00e9mocrate Barack Obama, il tourne le dos \u00e0 la plan\u00e8te et \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 du r\u00e9chauffement climatique. 1er juin 2017, il annonce le retrait des \u00c9tats-Unis de l\u2019Accord de Paris sur le climat sign\u00e9 le d\u00e9cembre 2015. Ce texte issu des n\u00e9gociations \u00e0 la <span class=\"caps\">COP<\/span> 21 (21\u00e8 <em>Conference of Parties<\/em>), fruit d\u2019ann\u00e9es de tractations laborieuses entre pr\u00e8s de 200 pays et entit\u00e9s diff\u00e9rentes, vise \u00e0 limiter sous les 2\u00b0C l\u2019augmentation de la temp\u00e9rature moyenne sur terre, provoqu\u00e9e par l\u2019activit\u00e9 humaine.<\/p>\n<p>Mais fid\u00e8le \u00e0 sa promesse de campagne, Trump privil\u00e9gie les emplois am\u00e9ricains\u00a0: \u00ab\u00a0America First\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Consternation dans le monde, multiples signaux positifs et volontaires des autres participants, l\u2019avenir de l\u2019Accord reste quand m\u00eame incertain. L\u2019\u00e9lection du d\u00e9mocrate Joe Biden ne signifie pas pour autant le retour des \u00c9tats-Unis dans l\u2019Accord de Paris. Il l\u2019a certes annonc\u00e9, il l\u2019a m\u00eame promis par tweet (nouvelle com m\u00e9diatique), mais les moyens \u00e0 sa disposition semblent plus que limit\u00e9s, dans le \u00ab\u00a0climat\u00a0\u00bb mondial de crise \u00e9conomique et sanitaire.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le temps qu\u2019il fait, curiosit\u00e9 ou pr\u00e9occupation quotidienne\u00a0! Les bulletins m\u00e9t\u00e9o sont toujours tr\u00e8s \u00e9cout\u00e9s, regard\u00e9s, consult\u00e9s et comment\u00e9s. Quel temps va-t-il faire demain ou le mois prochain, dans vingt ans ou \u00e0 la fin du si\u00e8cle\u00a0? On passe de la m\u00e9t\u00e9orologie \u00e0 la climatologie. 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