{"id":8801,"date":"2020-12-14T00:00:00","date_gmt":"2020-12-13T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/nos-relations-avec-langleterre-de-la-seconde-guerre-de-cent-ans-a-lentente-cordiale\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:11","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:11","slug":"nos-relations-avec-langleterre-de-la-seconde-guerre-de-cent-ans-a-lentente-cordiale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/nos-relations-avec-langleterre-de-la-seconde-guerre-de-cent-ans-a-lentente-cordiale\/","title":{"rendered":"Nos relations avec l\u2019Angleterre (de la \u00ab\u00a0seconde guerre de Cent\u00a0\u00bb ans \u00e0 l\u2019Entente cordiale)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>De tous les pays europ\u00e9ens, la France et l\u2019Angleterre poss\u00e8dent l\u2019histoire la plus longue et la plus riche. Mais les relations entre ces deux\u00a0puissances mondiales et rivales furent longtemps conflictuelles.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9sumer, apr\u00e8s la br\u00e8ve aventure anglaise de Guillaume le Conqu\u00e9rant, l\u2019Angleterre devient notre principale ennemie pendant deux interminables \u201c guerres de Cent Ans \u201d, \u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge et entre 1688-1815. L\u2019\u00ab\u00a0Entente cordiale\u00a0\u00bb nous r\u00e9concilie (en 1843) et la Grande-Bretagne (Royaume-Uni) sera l\u2019alli\u00e9e num\u00e9ro un de la France, dans les deux guerres mondiales du <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 ses relations avec l\u2019Europe, elles poseront toujours probl\u00e8me jusqu\u2019au Brexit\u2026 un \u00e9pilogue qui donne \u00e9tonnamment raison \u00e0 de Gaulle.<\/p>\n<p>Ce feuilleton historique \u00e0 rebondissements du Moyen \u00c2ge \u00e0 nos jours m\u00e9rite trois \u00e9pisodes.<\/p>\n<p>Le si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> va relancer une seconde guerre de Cent Ans\u00a0: de 1688 \u00e0 1815, soit en cent vingt-sept ans, la France soutient contre l\u2019Angleterre sept grandes guerres qui dur\u00e8rent en tout soixante ans. L\u2019apog\u00e9e (ou climax) est atteint sous l\u2019Empire.<\/p>\n<p><span><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire_en_citations-33.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"350\" height=\"129\"><\/a>Toutes les citations de cet \u00e9dito sont \u00e0 retrouver dans nos <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Chroniques de l\u2019<em>Histoire en citations<\/em><\/a>\u00a0: en 10 volumes, l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours vous est cont\u00e9e, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, contextualis\u00e9e, sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/span><\/p>\n<h4><span class=\"caps\">II<\/span>. De la \u00ab\u00a0seconde guerre de Cent\u00a0\u00bb ans \u00e0 l\u2019Entente cordiale (1843) qui pr\u00e9figure l\u2019alliance dans les deux guerres mondiales du <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle.<\/h4>\n<p><strong>1. Une seconde guerre de Cent Ans, plus longue et plus meurtri\u00e8re, commence au si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> qui finit par coaliser contre lui toute l\u2019Europe.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_3_citations_4.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"266\"><\/a>\u00ab\u00a0Les Rois ne gardent leurs promesses que jusqu\u2019\u00e0 ce qu\u2019ils trouvent opportunit\u00e9 et force pour leur avantage de les rompre. Ces b\u00eates de proie doivent-elles \u00eatre assist\u00e9es et nourries et ch\u00e9ries par les amis de justice et de libert\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"792\" class=\"cit-num\">792<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Manifeste de r\u00e9volutionnaires bordelais<\/em> (1651). <em>Mazarin<\/em> (1972), Paul Guth<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La r\u00e9volution anglaise de Cromwell (1642-1651) terrifie les bourgeois de Paris qui craignent la contagion en France, mais fait des \u00e9mules \u00e0 Bordeaux\u00a0: le parti de l\u2019Orm\u00e9e s\u2019en inspire, r\u00e9clame une assembl\u00e9e \u00e9lue au suffrage universel, hisse des drapeaux rouges sur les clochers de la ville et proclame son m\u00e9pris des rois. Comportement exceptionnel au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e si\u00e8cle o\u00f9 la monarchie de droit divin est universellement accept\u00e9e et respect\u00e9e.<\/p>\n<p>Bordeaux sera le dernier \u00eelot de la fameuse Fronde de cinq ans, capitulant bien apr\u00e8s Paris, en ao\u00fbt\u00a01653.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monseigneur, avez-vous jamais vu livrer une bataille\u00a0?<br>\u2014 Non, prince.<br>\u2014 Eh bien, vous allez en voir perdre une.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"800\" class=\"cit-num\">800<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de Bourbon-Cond\u00e9, dit le Grand <span class=\"caps\">COND\u00c9<\/span> (1621-1686) au jeune Henri, duc de Gloucester, avant la bataille des Dunes, 14\u00a0juin 1658. <em>Histoire de la R\u00e9publique d\u2019Angleterre et de Cromwell<\/em> (1854), Fran\u00e7ois Guizot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cond\u00e9 se bat aux c\u00f4t\u00e9s des Espagnols avec Don Juan d\u2019Autriche et le jeune Gloucester, fils de Charles\u00a0Ier (le roi guillotin\u00e9) avide \u00e0 18\u00a0ans de venger son p\u00e8re, contre les soldats de Cromwell qui a pris le pouvoir. Face \u00e0 lui, Turenne se bat avec les Anglais, nouveaux alli\u00e9s des Fran\u00e7ais contre les Espagnols (trait\u00e9 de Paris, mars\u00a01657).<\/p>\n<p>Cond\u00e9 a voulu \u00e9viter cette bataille qu\u2019il sait perdue d\u2019avance\u00a0: ses troupes sont fatigu\u00e9es, divis\u00e9es, mal \u00e9quip\u00e9es, mal arm\u00e9es. Il voit aussi \u00ab\u00a0le frivole aveuglement de l\u2019orgueil espagnol\u00a0\u00bb. Turenne, bien inform\u00e9 par ses \u00e9claireurs, sera le plus fort, ou le plus malin sur ce terrain\u00a0: il perd 400 \u00e0 500 hommes et Cond\u00e9 dix fois plus (prisonniers compris).<\/p>\n<p>Cette victoire d\u00e9cisive de la France met fin aux prolongations franco-espagnoles de la guerre de Trente Ans. On peut commencer \u00e0 n\u00e9gocier le trait\u00e9 de paix et le mariage espagnol de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La nouvelle du si\u00e8ge de Charleroi a fait courir tous les jeunes gens, m\u00eame les boiteux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"869\" class=\"cit-num\">869<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquise\u00a0de <span class=\"caps\">S\u00c9VIGN\u00c9<\/span> (1626-1696), Lettre, mardi au soir, 10\u00a0ao\u00fbt 1677 (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les quelque 1\u00a0500 lettres de la g\u00e9niale comm\u00e8re du si\u00e8cle sont une savoureuse chronique du temps\u00a0: la guerre y figure au m\u00eame titre que le proc\u00e8s de son ami Fouquet, les potins de la cour ou les grandes cr\u00e9ations th\u00e9\u00e2trales. Et son humour fait toujours sourire.<\/p>\n<p>C\u2019est un \u00e9pisode de la guerre de Hollande. La ville (aujourd\u2019hui en Belgique francophone) est cr\u00e9\u00e9e \u00e0 des fins militaires par les Espagnols en 1666, et ainsi nomm\u00e9e en l\u2019honneur de leur nouveau roi, Charles\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> s\u2019en empare en mai\u00a01667 \u2013 une victoire de Turenne. Vauban renforce les fortifications. Nouveau si\u00e8ge, dix ans apr\u00e8s. Le mar\u00e9chal de Luxembourg oblige Guillaume\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> d\u2019Angleterre (prince d\u2019Orange) \u00e0 abandonner la place, le 14\u00a0ao\u00fbt\u00a0: \u00ab\u00a0Le prince d\u2019Orange peut se vanter d\u2019une chose\u00a0: c\u2019est qu\u2019aucun g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 son \u00e2ge n\u2019a lev\u00e9 tant de si\u00e8ges et perdu autant de batailles\u00a0\u00bb, ironise un seigneur anglais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le grand Cond\u00e9, que le Dieu Mars fit na\u00eetre<br>Pour \u00eatre son second,<br>Aux Francs-Comtois, aujourd\u2019hui fait conna\u00eetre<br>Que son illustre nom,<br>Comme jadis, n\u2019est pas un nom frivole.<br>Il prendrait Fontarabie<br>Comme il a pris D\u00f4le.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"870\" class=\"cit-num\">870<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Sur la prise de la Franche-Comt\u00e9<\/em> (1668), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cond\u00e9 est avec Turenne un h\u00e9ros de la guerre de D\u00e9volution\u00a0: tous deux se rach\u00e8tent ainsi de leur \u00ab\u00a0l\u00e9g\u00e8ret\u00e9\u00a0\u00bb sous la Fronde o\u00f9 chacun son tour a combattu avec l\u2019Espagne contre les troupes royales.<\/p>\n<p>Cond\u00e9 conquiert en deux semaines la Franche-Comt\u00e9 (capitale, D\u00f4le), province espagnole convoit\u00e9e par la France depuis Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>. Mais les Provinces-Unies (nord des Pays-Bas, dont la Hollande) s\u2019inqui\u00e8tent, ayant form\u00e9 d\u00e8s fin janvier\u00a01668 la Triple Alliance de La\u00a0Haye (protestante) avec l\u2019Angleterre et la Su\u00e8de. Les trois pays proposent une m\u00e9diation entre la France et l\u2019Espagne. En fait, ils l\u2019imposent. La guerre s\u2019arr\u00eate (1668), mais la Franche-Comt\u00e9 est perdue (reconquise en 1674).<\/p>\n<p>Bossuet, dans un sermon, foudroie la \u00ab\u00a0perfide Angleterre\u00a0\u00bb qui deviendra plus tard \u00ab\u00a0perfide Albion\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais se battent pour le butin, tandis que les Allemands ne veulent que la gloire.<br>\u2014 Oui Monsieur le Comte, nous nous battons chacun afin de conqu\u00e9rir ce qui nous manque.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"912\" class=\"cit-num\">912<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DUGUAY<\/span>\u2013<span class=\"caps\">TROUIN<\/span> (1673-1736), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume, 1740)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans son autobiographie, le c\u00e9l\u00e8bre corsaire malouin s\u2019attribue cette r\u00e9plique lanc\u00e9e au comte d\u2019Innsbruck, pendant la guerre de la ligue d\u2019Augsbourg.<\/p>\n<p>Fils de marins, capitaine corsaire \u00e0 18\u00a0ans, il sera anobli par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, apr\u00e8s de retentissantes victoires contre les trois puissances maritimes, l\u2019Angleterre, l\u2019Espagne, les Pays-Bas. \u00c0 son actif, 16 navires de guerre captur\u00e9s, plus de 300 navires marchands. Et une seule d\u00e9faite, suivie d\u2019une \u00e9vasion rocambolesque de la prison de Plymouth.<\/p>\n<p>Le mot sera pr\u00eat\u00e9 plus tard \u00e0 Surcouf, autre marin de Saint-Malo, lui aussi entr\u00e9 dans la l\u00e9gende comme corsaire au service de la France, sous la R\u00e9volution et l\u2019Empire. La r\u00e9plique (un peu modifi\u00e9e) vise un Anglais, ancien adversaire retrouv\u00e9 lors d\u2019un d\u00eener, alors que la paix a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Oh\u00a0! l\u2019insolente nation.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"915\" class=\"cit-num\">915<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GUILLAUME<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> d\u2019orange-<span class=\"caps\">NASSAU<\/span> (1650-1702), bataille de Neerwinden, 29\u00a0juillet 1693. <em>M\u00e9moires de Saint-Simon<\/em> (posthume, 1879)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Exclamation de surprise du roi d\u2019Angleterre, \u00e0 la fois furieux et admiratif de la r\u00e9sistance oppos\u00e9e par la cavalerie fran\u00e7aise du mar\u00e9chal de Luxembourg. Mais l\u2019\u00e9puisement atteint tous les bellig\u00e9rants, au fil de ces batailles qui se succ\u00e8dent, qu\u2019elles soient victoires ou d\u00e9faites. Au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e si\u00e8cle, quelques milliers de morts appara\u00eet comme une tuerie exemplaire. La suite de l\u2019histoire, avec des guerres aux effectifs d\u00e9cupl\u00e9s, voire centupl\u00e9s, repoussera les limites de l\u2019horreur en ce domaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019y a plus de Pyr\u00e9n\u00e9es.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"924\" class=\"cit-num\">924<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), quand son petit-fils devient Philippe\u00a0V d\u2019Espagne, en 1700. <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un prince de son sang succ\u00e8de \u00e0 l\u2019ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire, dans un pays certes d\u00e9cadent, mais encore immense avec son empire. Depuis cette date, les Bourbons r\u00e8gnent sur l\u2019Espagne, jusqu\u2019au roi actuel, Felipe <span class=\"caps\">VI<\/span> (fils de Juan Carlos).<\/p>\n<p>Philippe\u00a0V est royalement accueilli par ses nouveaux sujets. Fier de ce succ\u00e8s (remport\u00e9 sur l\u2019empereur d\u2019Allemagne qui voulait placer son second fils, l\u2019archiduc Charles), Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, trop s\u00fbr de lui, va multiplier les imprudences.<\/p>\n<p>Les droits de Philippe\u00a0V au tr\u00f4ne de France sont maintenus, alors que l\u2019Europe ne peut accepter une telle superpuissance\u00a0! Par ailleurs, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> reconna\u00eet le pr\u00e9tendant Jacques\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> Stuart (fils de Jacques\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 par la \u00ab\u00a0seconde r\u00e9volution\u00a0\u00bb en 1688) au d\u00e9triment de Guillaume\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> d\u2019Angleterre.<\/p>\n<p>Enfin, il fait conc\u00e9der par l\u2019Espagne \u00e0 une compagnie fran\u00e7aise le monopole de la traite des Noirs dans le Nouveau Monde, ce qui l\u00e8se les int\u00e9r\u00eats de toutes les puissances maritimes. La Grande Alliance de La\u00a0Haye (septembre\u00a01701) va r\u00e9unir tous les m\u00e9contents, \u00e0 commencer par le roi d\u2019Angleterre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il faut faire la guerre, j\u2019aime mieux la faire \u00e0 mes ennemis qu\u2019\u00e0 mes enfants.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"937\" class=\"cit-num\">937<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), Manifeste au peuple, juillet\u00a01710. <em>Histoire de France depuis l\u2019av\u00e8nement de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span><\/em> (1896), Fr\u00e9d\u00e9ric Mane<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les alli\u00e9s, Hollande en t\u00eate, exigent cette fois que Philippe\u00a0V renonce au tr\u00f4ne d\u2019Espagne et, en cas de refus, que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le fasse d\u00e9tr\u00f4ner par ses arm\u00e9es. Le roi de France rend public l\u2019outrage.<\/p>\n<p>Un sursaut national permet un redressement franco-espagnol. Encore quelques ann\u00e9es d\u2019une succession de d\u00e9faites et de victoires (sign\u00e9es Villars). Tous les pays sont \u00e9puis\u00e9s, le pacifisme gagne du terrain en Angleterre et l\u2019issue de cette guerre ne peut \u00eatre que diplomatique.<\/p>\n<p>Les trait\u00e9s d\u2019Utrecht (1713) et de Radstadt (1714) cr\u00e9ent un nouvel \u00e9quilibre europ\u00e9en. La France retrouve ses limites de la paix de Nim\u00e8gue (1679) et sauve ses fronti\u00e8res strat\u00e9giques. Philippe\u00a0V garde son royaume, mais renonce aux Pays-Bas et \u00e0 ses possessions italiennes, ainsi qu\u2019\u00e0 ses droits \u00e0 la succession au tr\u00f4ne de France. L\u2019Angleterre gagne Gibraltar et Minorque (sur l\u2019Espagne), Terre-Neuve, l\u2019Acadie et la Baie d\u2019Hudson (sur la France) et de gros avantages commerciaux. Elle acc\u00e8de v\u00e9ritablement au rang de grande puissance en Europe.<\/p>\n<p><strong>2. Le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, anglophile par ses philosophes, poursuit la guerre ancestrale contre les Anglais. Les affrontements se situent outre-mer et dans les colonies, jusqu\u2019\u00e0 la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance des nouveaux \u00c9tats-Unis, soutenue par La Fayette.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_4_3.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"268\"><\/a>\u00ab\u00a0S\u2019il n\u2019y avait en Angleterre qu\u2019une religion, le despotisme serait \u00e0 craindre\u00a0; s\u2019il y en avait deux, elles se couperaient la gorge\u00a0; mais il y en a trente, et elles vivent en paix et heureuses.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1025\" class=\"cit-num\">1025<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Lettres philosophiques<\/em>, ou <em>Lettres anglaises<\/em> (1734)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019auteur admire le r\u00e9gime anglais qu\u2019il eut tout loisir d\u2019\u00e9tudier, en trois ans d\u2019exil. Il expose les le\u00e7ons que la France peut en tirer en maints domaines (religion, \u00e9conomie, politique).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il en a co\u00fbt\u00e9 sans doute pour \u00e9tablir la libert\u00e9 en Angleterre\u00a0; c\u2019est dans des mers de sang qu\u2019on a noy\u00e9 l\u2019idole du pouvoir despotique\u00a0; mais les Anglais ne croient pas avoir achet\u00e9 trop cher leurs lois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1026\" class=\"cit-num\">1026<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Lettres philosophiques<\/em>, ou <em>Lettres anglaises<\/em> (1734)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Le fruit des guerres civiles \u00e0 Rome a \u00e9t\u00e9 l\u2019esclavage et celui des troubles d\u2019Angleterre, la libert\u00e9. La nation anglaise est la seule de la Terre qui soit parvenue \u00e0 r\u00e9gler le pouvoir des rois en leur r\u00e9sistant [\u2026] Les guerres civiles de France ont \u00e9t\u00e9 plus longues, plus cruelles, plus f\u00e9condes en crimes que celles d\u2019Angleterre\u00a0; mais de toutes ces guerres civiles, aucune n\u2019a eu une libert\u00e9 sage pour objet.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ces <em>Lettres philosophiques<\/em> de 1734 \u2013\u00a0\u00ab\u00a0premi\u00e8re bombe lanc\u00e9e contre l\u2019Ancien R\u00e9gime\u00a0\u00bb, selon l\u2019historien Gustave Lanson\u00a0\u2013 sont publi\u00e9es sans autorisation. L\u2019imprimeur est aussit\u00f4t embastill\u00e9, le livre condamn\u00e9 par le Parlement \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9, comme \u00ab\u00a0propre \u00e0 inspirer le libertinage le plus dangereux pour la religion et la soci\u00e9t\u00e9 civile\u00a0\u00bb. Une lettre de cachet du 3\u00a0mai exile l\u2019auteur en Lorraine \u2013 la province ne sera fran\u00e7aise qu\u2019en 1766.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Messieurs les Anglais, tirez les premiers.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1122\" class=\"cit-num\">1122<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte d\u2019<span class=\"caps\">ANTERROCHES<\/span> (1710-1785), \u00e0 Lord Charles Hay, Fontenoy, 11\u00a0mai 1745. <em>Pr\u00e9cis du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1763), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Guerre de Succession d\u2019Autriche, lors d\u2019un si\u00e8ge men\u00e9 par les Fran\u00e7ais pr\u00e8s de Tournai. Le commandant de la compagnie de t\u00eate des gardes anglaises a lanc\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Messieurs des gardes fran\u00e7aises, tirez.\u00a0\u00bb Le commandant des gardes fran\u00e7aises lui r\u00e9pondit\u00a0: \u00ab\u00a0Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers. Tirez vous-m\u00eames.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette r\u00e9plique, plus tactique qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, est moins l\u2019illustration d\u2019une guerre en dentelle que l\u2019expression d\u2019un imp\u00e9ratif militaire\u00a0: quand une arm\u00e9e a tir\u00e9, le temps qu\u2019elle recharge ses armes, l\u2019ennemi peut attaquer avec profit. C\u2019est pourquoi le mar\u00e9chal de Saxe d\u00e9non\u00e7ait les \u00ab\u00a0abus de tirerie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voyez tout le sang que co\u00fbte un triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l\u2019\u00e9pargner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1123\" class=\"cit-num\">1123<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), \u00e0 son fils le Dauphin, au soir de la victoire de Fontenoy, 11\u00a0mai 1745.<em> Les Pens\u00e9es des rois de France<\/em> (1949), Gabriel Boissy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi parcourt le champ de bataille, jonch\u00e9 de 11\u00a0000 morts et bless\u00e9s. Il a pris la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e pour redonner confiance aux troupes et apporter plus de coordination aux op\u00e9rations mal men\u00e9es. Il s\u2019est surtout adjoint les services de Maurice de Saxe, b\u00e2tard du roi de Pologne, strat\u00e8ge exceptionnel, fait mar\u00e9chal de France l\u2019ann\u00e9e d\u2019avant.<\/p>\n<p>Les Anglo-Hollandais sont \u00e9cras\u00e9s. Mais \u00e0 quel prix\u00a0? Le roi parle ici comme son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 la fin de sa vie, et comme pensent tous les philosophes de ce si\u00e8cle \u00e9clair\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Jamais les triomphes les plus \u00e9clatants ne peuvent d\u00e9dommager une nation de la perte d\u2019une multitude de ses membres que la guerre sacrifie\u00a0\u00bb, \u00e9crira bient\u00f4t Diderot dans <em>L\u2019Encyclop\u00e9die<\/em>. De toute mani\u00e8re, la France en guerre conna\u00eet alors plus de d\u00e9faites que de victoires.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0B\u00eate comme la paix.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1124\" class=\"cit-num\">1124<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Le mot qui court \u00e0 Paris, apr\u00e8s le trait\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle du 28\u00a0octobre 1748. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> et Madame de Pompadour, d\u2019apr\u00e8s des documents in\u00e9dits<\/em> (1926), Pierre de Nolhac<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aux Halles, les hareng\u00e8res se querellent en disant\u00a0: \u00ab\u00a0Tu es b\u00eate comme la paix\u00a0!\u00a0\u00bb \u2013 mani\u00e8re populaire de raisonner de la politique.<\/p>\n<p>Le trait\u00e9 met fin \u00e0 la guerre de Succession d\u2019Autriche et l\u2019on aurait pu dire\u00a0: b\u00eate comme cette guerre, engag\u00e9e \u00e0 contretemps, ponctu\u00e9e de d\u00e9fections et men\u00e9e pour n\u2019aboutir \u00e0 rien. Mais Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> entend faire la paix en roi, et non en marchand. Le trait\u00e9 revient donc au statu quo d\u2019avant-guerre et la France abandonne les conqu\u00eates du mar\u00e9chal de Saxe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vos ennemis vaincus aux champs de Fontenoy<br>\u00c0 leurs propres vainqueurs ont impos\u00e9 la loi<br>Et cette indigne paix qu\u2019Aragon vous procure<br>Est pour eux un triomphe et pour vous une injure.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1125\" class=\"cit-num\">1125<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DESFORGES<\/span> (1708-\u00a0??), Vers sur le Prince \u00c9douard (1749). <em>Vie priv\u00e9e de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, ou principaux \u00e9v\u00e9nements, particularit\u00e9s et anecdotes de son r\u00e8gne<\/em> (1781), Mouffle d\u2019Angerville<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce po\u00e8me d\u00e9plore en nombreux alexandrins la paix d\u2019Aix-la-Chapelle (1748) et l\u2019expulsion hors de France du prince Charles \u00c9douard\u00a0: \u00ab\u00a0Peuple jadis si fier, aujourd\u2019hui si servile\u00a0\/ Des princes malheureux vous n\u2019\u00eates plus l\u2019asile.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le trait\u00e9 reconna\u00eet les Hanovre comme souverains l\u00e9gitimes de la Grande-Bretagne\u00a0: cela signifie l\u2019abandon de la cause des Stuarts qui pr\u00e9tendaient encore au tr\u00f4ne. Le Prince, conduit d\u2019abord au ch\u00e2teau de Vincennes, se retrouve ensuite en Avignon, cit\u00e9 papale o\u00f9 il vit en reclus.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Anglais ont \u00e9t\u00e9 de tout temps les ennemis constants et implacables de notre sang et de notre maison\u00a0; nous n\u2019en avons jamais eu de plus dangereux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1135\" class=\"cit-num\">1135<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), Lettre \u00e0 Ferdinand <span class=\"caps\">VI<\/span> d\u2019Espagne, 1754. <em>Correspondance de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> et du mar\u00e9chal de Noailles<\/em>, tome <span class=\"caps\">II<\/span> (1865)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il \u00e9crit au roi d\u2019Espagne, comme lui arri\u00e8re-petit-fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et qui pour autant ne fera pas alliance avec la France (d\u2019o\u00f9 le prochain renversement des alliances). C\u2019est toujours la \u00ab\u00a0seconde guerre de Cent Ans\u00a0\u00bb et l\u2019Angleterre redevient notre plus constante et redoutable ennemie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les braves insulaires<br>Qui font, qui font sur mer<br>Les corsaires<br>Ailleurs ne tiennent gu\u00e8re.<br>Le Port-Mahon est pris, il est pris, il est pris<br>Ils en sont tout surpris,<br>Ces forbans d\u2019Angleterre<br>Ces fou, fou, ces foudres de guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1142\" class=\"cit-num\">1142<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles <span class=\"caps\">COLL\u00c9<\/span> (1709-1783),<em> La Prise de Port-Mahon<\/em> (1756), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parolier d\u2019\u0153uvres politiques ou plut\u00f4t lestes, il signe sa meilleure chanson patriotique \u2013 et gagne une pension de 600\u00a0livres.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une \u00ab\u00a0guerre froide\u00a0\u00bb n\u00e9e de la rivalit\u00e9 coloniale entre la France et l\u2019Angleterre, cette derni\u00e8re rouvre les hostilit\u00e9s en 1755, se saisissant de 300 navires de commerce fran\u00e7ais. C\u2019est le pr\u00e9lude \u00e0 la guerre de Sept Ans, conflit europ\u00e9en majeur qui va bouleverser pour un si\u00e8cle l\u2019\u00e9quilibre des forces au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019Angleterre et de la Prusse, la France perdant son premier empire colonial.<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, le pays c\u00e9l\u00e8bre en chanson la prise de Port-Mahon par l\u2019arm\u00e9e du tr\u00e8s populaire duc de Richelieu. La flotte fran\u00e7aise, command\u00e9e par l\u2019amiral de La Galissonni\u00e8re, seul grand marin du r\u00e8gne, bat la puissante flotte britannique en M\u00e9diterran\u00e9e, \u00e0 Minorque. M\u00eame Napol\u00e9on sera incapable de cet exploit militaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soubise dit, la lanterne \u00e0 la main,<br>J\u2019ai beau chercher\u00a0! o\u00f9 diable est mon arm\u00e9e\u00a0?<br>Elle \u00e9tait l\u00e0 pourtant hier matin.<br>Me l\u2019a-t-on prise, ou l\u2019aurais-je \u00e9gar\u00e9e\u00a0?<br>Ah\u00a0! je perds tout, je suis un \u00e9tourdi\u00a0!<br>Mais attendons au grand jour, \u00e0 midi.<br>Que vois-je\u00a0! \u00d4 ciel\u00a0! que mon \u00e2me est ravie\u00a0!<br>Prodige heureux\u00a0! La voil\u00e0, la voil\u00e0\u00a0!<br>Ah\u00a0! ventrebleu, qu\u2019est-ce donc que cela\u00a0?<br>Ma foi, c\u2019est l\u2019arm\u00e9e ennemie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1148\" class=\"cit-num\">1148<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9pigramme au lendemain de la d\u00e9faite de Rossbach, 5\u00a0novembre\u00a01757. <em>Histoire de France pendant le <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1830), Charles de Lacretelle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Paris c\u00e9l\u00e8bre les d\u00e9faites avec un humour qui n\u2019appartient vraiment qu\u2019\u00e0 ce temps\u00a0! On ridiculise le prince de Soubise, prot\u00e9g\u00e9 de la Pompadour et favori du roi. C\u2019est le moins talentueux des amis de la marquise.<\/p>\n<p>C\u2019est surtout un triste \u00e9pisode de la guerre de Sept Ans (1756-1763)\u00a0: apr\u00e8s les premi\u00e8res victoires viennent de nombreux revers, sur terre comme sur mer.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu\u2019elles d\u00e9pensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1155\" class=\"cit-num\">1155<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Candide<\/em> (1759)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans ce conte ironique comme dans sa <em>Correspondance<\/em>, Voltaire traite bien l\u00e9g\u00e8rement le probl\u00e8me du Canada qui oppose \u00e0 nouveau la France et l\u2019Angleterre. C\u2019est l\u2019un des enjeux de la rivalit\u00e9 entre les deux puissances coloniales du si\u00e8cle. La nation anglaise qui veut le Canada tout entier, sans les \u00e9tats d\u2019\u00e2me philosophiques qui agitent la France, aura finalement ces \u00ab\u00a0arpents de neige\u00a0\u00bb et toutes les richesses de la Nouvelle-France, au trait\u00e9 de paix de Paris (1763).<\/p>\n<p>La guerre de Sept Ans sera qualifi\u00e9e par certains historiens (et par Winston Churchill) de premi\u00e8re guerre mondiale de l\u2019histoire\u00a0: l\u2019Europe, avec presque tous les pays bellig\u00e9rants, n\u2019est plus le seul th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations. Il y a aussi l\u2019Am\u00e9rique du Nord et l\u2019Inde.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Plus d\u2019Anglais dans la p\u00e9ninsule\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1156\" class=\"cit-num\">1156<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LALLY<\/span>\u2013<span class=\"caps\">TOLLENDAL<\/span> (1702-1766), devise du commandant du corps exp\u00e9ditionnaire envoy\u00e9 en Inde (1760). <em>Lally-Tollendal\u00a0: la fin d\u2019un empire fran\u00e7ais aux Indes sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, d\u2019apr\u00e8s des documents in\u00e9dits<\/em> (1887), Tibulle Hamont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Brave soldat, il tente de sauver les comptoirs fran\u00e7ais menac\u00e9s par les Anglais. \u00ab\u00a0Je me borne seulement \u00e0 vous retracer ma politique en trois mots\u00a0; ils sont sacramentaux\u00a0: Plus d\u2019Anglais dans la p\u00e9ninsule. Vous vous mettrez donc en marche, sit\u00f4t cet ordre re\u00e7u, avec tous les Europ\u00e9ens qui sont \u00e0 vos ordres, cavalerie et infanterie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais born\u00e9, ignorant tout de la politique indig\u00e8ne, autoritaire et mal conseill\u00e9, il capitulera apr\u00e8s un an de r\u00e9sistance \u00e0 Pondich\u00e9ry (17\u00a0f\u00e9vrier 1761). L\u2019Inde sera perdue comme le Canada, dans cette d\u00e9sastreuse guerre de Sept Ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour nous autres Fran\u00e7ais, nous sommes \u00e9cras\u00e9s sur terre, an\u00e9antis sur mer, sans vaisselle, sans esp\u00e9rance\u00a0; mais nous dansons fort joliment.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1157\" class=\"cit-num\">1157<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 M.\u00a0Bettinelli, 24\u00a0mars 1760, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La guerre ne se joue pas sur le sol de France et ne menace pas tragiquement ses fronti\u00e8res, comme au si\u00e8cle dernier ou au si\u00e8cle suivant. Mais elle co\u00fbte de plus en plus cher au pays et la fiscalit\u00e9 s\u2019alourdit\u00a0: la capitation est augment\u00e9e, on instaure un troisi\u00e8me vingti\u00e8me jusqu\u2019\u00e0 la paix. Le probl\u00e8me n\u2019est pourtant pas que financier. L\u2019arm\u00e9e, totalement d\u00e9consid\u00e9r\u00e9e, n\u2019a plus de chefs militaires dignes de ce nom et les hommes de gouvernement se r\u00e9v\u00e8lent incapables de g\u00e9rer la situation.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai appris que nous avons perdu Montr\u00e9al et par cons\u00e9quent tout le Canada. Si vous comptez sur nous pour les fourrures de cet hiver, je vous avertis que c\u2019est en Angleterre qu\u2019il faut vous adresser.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1158\" class=\"cit-num\">1158<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">CHOISEUL<\/span> (1719-1785), Lettre \u00e0 Voltaire du 12\u00a0octobre 1760. <em>Les Origines religieuses du Canada<\/em> (1924), Georges Goyau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le ministre ironise lui aussi, en disciple et ami des philosophes, mais ce grand diplomate, devenu secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat aux Affaires \u00e9trang\u00e8res en 1758 pour venger la d\u00e9faite de Rossbach, d\u00e9plore assur\u00e9ment la perte des \u00ab\u00a0arpents de neige\u00a0\u00bb du Canada. Qu\u00e9bec a capitul\u00e9 en septembre\u00a01759 et Montr\u00e9al un an apr\u00e8s. \u00c0 l\u2019autre bout du monde, Lally-Tollendal est en train de perdre l\u2019Inde.<\/p>\n<p>Choiseul qui va avoir de plus en plus de pouvoir (avec l\u2019appui de la Pompadour) tentera de r\u00e9organiser l\u2019arm\u00e9e, d\u00e9consid\u00e9r\u00e9e dans cette calamiteuse guerre de Sept Ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les relations r\u00e9publicaines me charmaient.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1224\" class=\"cit-num\">1224<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">FAYETTE<\/span> (1757-1834), profession de foi adolescente. <em>M\u00e9moires, correspondance et manuscrits du g\u00e9n\u00e9ral Lafayette<\/em> (posthume, 1837)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La France va enfin prendre une revanche sur l\u2019Angleterre\u00a0! Benjamin Franklin, venu en mars\u00a01777 d\u00e9fendre la cause des Insurgents, a convaincu\u00a0: la simplicit\u00e9 de mise et le franc-parler de cet ambassadeur septuag\u00e9naire, envoy\u00e9 du Nouveau Monde, contrastent avec les airs de la cour et s\u00e9duisent d\u2019embl\u00e9e les Parisiens. Voltaire et Turgot l\u2019admirent \u00e9galement.<\/p>\n<p>Issu d\u2019une grande et riche famille, orphelin \u00e0 13\u00a0ans, La Fayette qui se veut militaire, ambitieux, mais jamais courtisan, va s\u2019engager dans l\u2019aventure am\u00e9ricaine, avec les premiers volontaires fran\u00e7ais. Contre l\u2019avis de sa famille et du roi, il s\u2019embarque \u00e0 ses frais sur une fr\u00e9gate et d\u00e9barque en Am\u00e9rique, en juin\u00a01777, pour se joindre aux troupes de Virginie. Nomm\u00e9 \u00ab\u00a0major g\u00e9n\u00e9ral\u00a0\u00bb, le jeune marquis paie de sa personne au combat. Plus que jamais charm\u00e9 par les \u00ab\u00a0relations r\u00e9publicaines\u00a0\u00bb, il s\u2019enthousiasme pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits, pour le civisme des citoyens, avec l\u2019intuition de vivre un \u00e9v\u00e9nement qui d\u00e9passe les fronti\u00e8res de ce pays.<\/p>\n<p>De retour en 1779, triomphalement accueilli, il soutient Benjamin Franklin et pousse le gouvernement \u00e0 s\u2019engager ouvertement dans la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance contre les Anglais. Devan\u00e7ant un premier corps exp\u00e9ditionnaire de 6\u00a0000 hommes, il repart et se distingue \u00e0 nouveau en Virginie, gagnant son titre de \u00ab\u00a0H\u00e9ros des deux mondes\u00a0\u00bb. 3\u00a0000 Fran\u00e7ais trouvent la mort dans ce combat d\u2019outre-Atlantique, qui s\u2019ach\u00e8vera par la d\u00e9faite anglaise et la naissance des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, en 1783.<\/p>\n<p><strong>3. La R\u00e9volution se r\u00e9f\u00e8re symboliquement et logiquement au mod\u00e8le de l\u2019Angleterre qui a coup\u00e9 la t\u00eate de son roi Charles Ier (1649) et cr\u00e9\u00e9 la premi\u00e8re monarchie constitutionnelle.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_5_revolution_2.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"266\"><\/a>\u00ab\u00a0La loi atteint sans peine les coupables sans appuis, \u00e0 peine dans la dur\u00e9e des si\u00e8cles a-t-elle pu frapper un roi. Et cependant, ce sont les crimes des rois qui enfantent tous les autres crimes, avec les passions l\u00e2ches, et la mis\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1460\" class=\"cit-num\">1460<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), Sur le parti \u00e0 prendre \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, Convention, 3\u00a0d\u00e9cembre\u00a01792. <em>\u0152uvres de Maximilien Robespierre<\/em> (1840), Maximilien Robespierre, Albert Laponneraye, Armand Carrel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi en question, c\u2019est naturellement Charles\u00a0Ier d\u2019Angleterre, jug\u00e9, condamn\u00e9 \u00e0 mort pour trahison, meurtre et tyrannie, d\u00e9capit\u00e9 le 30\u00a0janvier\u00a01649. La R\u00e9volution se pla\u00eet \u00e0 citer cet exemple anglais, tout comme les Lumi\u00e8res approuvaient le nouveau r\u00e9gime de monarchie constitutionnelle, mod\u00e8le initi\u00e9 par les Anglais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je subirai le sort de Charles\u00a0Ier, et mon sang coulera pour me punir de n\u2019en avoir jamais vers\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1465\" class=\"cit-num\">1465<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Malesherbes, \u00e9crite au Temple, d\u00e9cembre\u00a01792. <em>M\u00e9moires du marquis de Ferri\u00e8res<\/em> (1822)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9c\u00e9dent historique maintes fois rappel\u00e9\u00a0: Charles\u00a0Ier, roi d\u2019Angleterre, d\u2019\u00c9cosse et d\u2019Irlande, victime de la (premi\u00e8re) r\u00e9volution anglaise, jug\u00e9 par le Parlement, d\u00e9capit\u00e9 en 1649.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, si faible et incapable de r\u00e9gner quand il avait le pouvoir, fera preuve de courage et de lucidit\u00e9 dans ces deux derniers mois. Il \u00e9crit \u00e0 son ami et avocat, Malesherbes\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne me fais pas d\u2019illusion sur mon sort\u00a0; les ingrats qui m\u2019ont d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 ne s\u2019arr\u00eateront pas au milieu de leur carri\u00e8re\u00a0; ils auraient trop \u00e0 rougir de voir sans cesse sous leurs yeux leur victime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><strong>4. Napol\u00e9on porte au paroxysme la haine d\u2019une Angleterre en t\u00eate des coalitions europ\u00e9ennes. Battu sur mer par Nelson (Trafalgar, 1805), renon\u00e7ant \u00e0 attaquer par la Manche, il organise le Blocus continental. Mais l\u2019Empire s\u2019effondre \u00e0 Waterloo (1815) et l\u2019Angleterre lui impose un exil sans retour \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_6_2.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"273\"><\/a>\u00ab\u00a0Comme Carthage, l\u2019Angleterre sera d\u00e9truite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1669\" class=\"cit-num\">1669<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Les Directeurs, 18\u00a0janvier 1798. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Directoire. Par ces mots, la France d\u00e9cr\u00e8te le blocus de la Grande-Bretagne. Interdiction aux pays neutres de transporter des marchandises britanniques. Le mois suivant, le Directoire soumet \u00e0 Bonaparte un projet d\u2019invasion de l\u2019Angleterre par la Manche. Il y renoncera, pr\u00e9f\u00e9rant attaquer l\u2019ennemi anglais par la mer en M\u00e9diterran\u00e9e.<\/p>\n<p>Jean H\u00e9rold-Paqui, la voix de l\u2019Allemagne sur les ondes de Radio-Paris pendant l\u2019occupation allemande de 1940-1944, reprendra ce slogan contre l\u2019Angleterre devenue notre premi\u00e8re alli\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats\u00a0! Vous allez entreprendre une conqu\u00eate dont les effets sur la civilisation et le commerce du monde sont incalculables. Vous porterez \u00e0 l\u2019Angleterre le coup le plus s\u00fbr et le plus sensible en attendant que vous puissiez lui donner le coup de mort.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1670\" class=\"cit-num\">1670<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Proclamation \u00e0 ses troupes le 22\u00a0juin 1798, en mer, avant le d\u00e9barquement du 28\u00a0juin en \u00c9gypte.<em> Monuments d\u2019\u00e9loquence militaire ou Collection raisonn\u00e9e des proclamations de Napol\u00e9on Bonaparte<\/em> (1821), Constant Taillard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette nouvelle campagne d\u2019\u00c9gypte est une exp\u00e9dition aventureuse, destin\u00e9e \u00e0 combattre l\u2019ennemi en M\u00e9diterran\u00e9e pour lui barrer la route des Indes. C\u2019est aussi une man\u0153uvre du Directoire pour \u00e9loigner le trop populaire Bonaparte, tout en utilisant son g\u00e9nie militaire.<\/p>\n<p>Le Directoire lui donne les moyens\u00a0: 36\u00a0000 vrais soldats, 2\u00a0200 officiers d\u2019\u00e9lite, une flotte de 300 b\u00e2timents, quelques dizaines de savants, ing\u00e9nieurs, artistes de renom ou jeunes talents. Au total, 54\u00a0000 hommes (et quelques femmes). La flotte fran\u00e7aise, partie de Toulon en mai, a pris Malte au passage, le 10\u00a0juin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats, songez que du haut de ces pyramides, quarante si\u00e8cles vous contemplent.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1671\" class=\"cit-num\">1671<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Proclamation suppos\u00e9e, avant la bataille des Pyramides du 21\u00a0juillet 1798. <em>Les Fran\u00e7ais en \u00c9gypte<\/em> (1855), Just-Jean-\u00c9tienne Roy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e9barquement \u00e0 Alexandrie, le 1er\u00a0juillet\u00a0: la ville tombe aux mains des Fran\u00e7ais le 2\u00a0juillet et le 23, ils entrent dans la capitale, Le\u00a0Caire. Cette exp\u00e9dition est un r\u00eave oriental qui se r\u00e9alise\u00a0! Le corps exp\u00e9ditionnaire a \u00e9chapp\u00e9 par miracle \u00e0 la flotte britannique command\u00e9e par Nelson. Pour en finir au plus vite, Bonaparte prend le chemin le plus court, entre Alexandrie et Le\u00a0Caire\u00a0: le d\u00e9sert, trois semaines de chaleur qui pouvaient \u00eatre fatales aux soldats non pr\u00e9par\u00e9s. Pr\u00e8s des pyramides de Gizeh, la bataille contre les mamelouks est r\u00e9gl\u00e9e en deux heures\u00a0! Cette fois, la proclamation est un \u00ab\u00a0faux\u00a0\u00bb pour servir la l\u00e9gende, mais un faux authentique. Napol\u00e9on lit cette formule dans <em>Une histoire de Bonaparte<\/em> (anonyme, publi\u00e9e en 1803), elle lui pla\u00eet et il la fait sienne.<\/p>\n<p>La suite de l\u2019exp\u00e9dition sera moins brillante. La flotte, surprise au mouillage dans la baie d\u2019Aboukir, est d\u00e9truite par le vice-amiral Nelson le 1er\u00a0ao\u00fbt \u2013 il perd un \u0153il dans la bataille, mais continue le combat. Il perdra la vie \u00e0 Trafalgar (1805), autre victoire contre Napol\u00e9on. En attendant, l\u2019\u00c9gypte n\u2019est plus qu\u2019un pi\u00e8ge dont le g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte se sort tant bien que mal, transformant cette d\u00e9faite en victoire, press\u00e9 de regagner Paris o\u00f9 son avenir est en jeu, d\u00e9barquant \u00e0 Fr\u00e9jus le 8\u00a0octobre 1799, mais laissant son arm\u00e9e qui se rendra aux Anglais le 31\u00a0ao\u00fbt 1801.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La guerre qui depuis huit ans ravage les quatre parties du monde doit-elle \u00eatre \u00e9ternelle\u00a0? [\u2026] Comment les deux nations les plus \u00e9clair\u00e9es de l\u2019Europe [\u2026] ne sentent-elles pas que la paix est le premier des besoins comme la premi\u00e8re des gloires\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1693\" class=\"cit-num\">1693<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Message du Premier Consul au roi d\u2019Angleterre Georges <span class=\"caps\">III<\/span>, 25\u00a0d\u00e9cembre 1799. <em>Histoire de Napol\u00e9on, du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1841), Louis\u00a0Vivien de Saint-Martin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lettre manuscrite \u2013 un message dans le m\u00eame esprit est adress\u00e9 le m\u00eame jour \u00e0 l\u2019empereur d\u2019Autriche. Bonaparte veut-il vraiment la paix ou juste le temps n\u00e9cessaire pour pr\u00e9parer la guerre\u00a0? En tout cas, l\u2019arm\u00e9e doit se reposer.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Angleterre ne n\u00e9gociera qu\u2019avec les Bourbons restaur\u00e9s.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1694\" class=\"cit-num\">1694<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Lord <span class=\"caps\">GRENVILLE<\/span> (1759-1834), R\u00e9ponse du chef du Foreign Office \u00e0 Napol\u00e9on Bonaparte demandant la paix, 4\u00a0janvier 1800. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 la m\u00eame question, la r\u00e9ponse de l\u2019Autriche fut aussi d\u00e9cevante que celle de l\u2019Angleterre, ce qui semble logique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Regardez maintenant cette carte [de l\u2019Europe], on n\u2019y aper\u00e7oit partout que la France\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1717\" class=\"cit-num\">1717<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Richard <span class=\"caps\">SHERIDAN<\/span> (1751-1816). <em>30 mars 1814, la bataille de Paris<\/em> (2004), Jean-Pierre Mir<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Auteur dramatique anglais qui abandonna la sc\u00e8ne pour la politique, devenant membre du Conseil priv\u00e9 et tr\u00e9sorier de la marine. Son exclamation devant les Communes s\u2019oppose au mot de Burke qui, dix ans avant, adversaire r\u00e9solu de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, voyait \u00ab\u00a0un vide \u00e0 la place de la France sur la carte de l\u2019Europe\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019espace qui s\u00e9pare la Grande-Bretagne du continent n\u2019est point infranchissable.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1718\" class=\"cit-num\">1718<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre \u00e0 Talleyrand, ministre des Relations ext\u00e9rieures, 19\u00a0avril 1801. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Il est bon que l\u2019Angleterre sache que l\u2019opinion du Premier Consul est que l\u2019espace\u2026\u00a0\u00bb Cela sonne comme une menace. En f\u00e9vrier\u00a01798, le Directoire avait soumis \u00e0 Bonaparte un projet d\u2019invasion de l\u2019Angleterre. Sur le conseil de Talleyrand, l\u2019ambitieux a renonc\u00e9, pr\u00e9f\u00e9rant combattre l\u2019ennemi en M\u00e9diterran\u00e9e, d\u2019o\u00f9 la campagne d\u2019\u00c9gypte. Mais l\u2019id\u00e9e revient.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous voulez la guerre. Nous nous sommes battus pendant quinze ans. C\u2019en est d\u00e9j\u00e0 trop. Mais vous voulez la guerre quinze ann\u00e9es encore et vous m\u2019y forcez\u00a0! [\u2026] Si vous armez, j\u2019armerai aussi. Vous pouvez peut-\u00eatre tuer la France, mais l\u2019intimider, jamais\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1733\" class=\"cit-num\">1733<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), apostrophant Lord Whitworh, ambassadeur d\u2019Angleterre \u00e0 Paris, 13\u00a0mars 1803. <em>La France, l\u2019Angleterre et Naples, de 1803 \u00e0 1806<\/em> (1904), Charles Auriol<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La sc\u00e8ne se passe aux Tuileries, devant deux cents t\u00e9moins, Talleyrand ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res et le corps diplomatique litt\u00e9ralement p\u00e9trifi\u00e9. Bonaparte est furieux\u00a0: l\u2019Angleterre n\u2019a pas rempli les conditions du trait\u00e9 de paix d\u2019Amiens (25\u00a0mars 1802) mettant fin aux guerres de la deuxi\u00e8me coalition. Elle refuse notamment d\u2019\u00e9vacuer l\u2019\u00eele de Malte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cette paix [d\u2019Amiens] n\u2019avait pas encore re\u00e7u sa compl\u00e8te ex\u00e9cution, qu\u2019il jetait d\u00e9j\u00e0 les semences de nouvelles guerres qui devaient, apr\u00e8s avoir accabl\u00e9 l\u2019Europe et la France, le conduire lui-m\u00eame \u00e0 sa ruine.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1734\" class=\"cit-num\">1734<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume, 1891)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le ministre des Relations ext\u00e9rieures a tent\u00e9 de minimiser la d\u00e9claration peu diplomatique du 13\u00a0mars, mais il se rend \u00e0 l\u2019\u00e9vidence et rendra Bonaparte responsable de la suite des \u00e9v\u00e9nements, le temps venu de t\u00e9moigner face \u00e0 l\u2019histoire. De toute mani\u00e8re, les Affaires \u00e9trang\u00e8res rel\u00e8vent du<\/p>\n<p>Premier Consul et le ministre joue le second r\u00f4le comme il peut, y trouvant des avantages financiers plus ou moins occultes. Le diable boiteux est malin.<\/p>\n<p>Mais l\u2019Angleterre s\u2019inqui\u00e8te de la politique expansionniste de la France\u00a0: Bonaparte s\u2019est fait \u00e9lire pr\u00e9sident de la R\u00e9publique cisalpine (l\u2019Italie) avant de transformer la Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique en protectorat fran\u00e7ais, au pr\u00e9texte de mieux contr\u00f4ler les men\u00e9es antifran\u00e7aises qui s\u2019y trament\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vais hasarder l\u2019entreprise la plus difficile, mais la plus f\u00e9conde en r\u00e9sultats effrayants que la politique ait con\u00e7ue. En trois jours, un temps brumeux et des circonstances un peu favorisantes peuvent me rendre ma\u00eetre de Londres, du parlement, de la Banque.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1737\" class=\"cit-num\">1737<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), au marquis de Lucchesini, 16\u00a0mai 1803. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019id\u00e9e le hante depuis le Directoire qui projetait cette attaque par la Manche. Le Premier Consul s\u2019en ouvre au ministre pl\u00e9nipotentiaire du roi de Prusse. Quatre jours plus tard, c\u2019est la rupture de la paix d\u2019Amiens, annonc\u00e9e aux assembl\u00e9es. Il accuse l\u2019Angleterre et dit ne se r\u00e9soudre \u00e0 la guerre \u00ab\u00a0qu\u2019avec la plus grande r\u00e9pugnance\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est un foss\u00e9 qui sera franchi lorsqu\u2019on aura l\u2019audace de le tenter.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1739\" class=\"cit-num\">1739<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), \u00e0 Cambac\u00e9r\u00e8s, Boulogne, 16\u00a0novembre\u00a01803.<em> L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1907), Albert Sorel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce foss\u00e9, c\u2019est la Manche qui s\u00e9pare la France des c\u00f4tes d\u2019Angleterre, visibles des hauteurs d\u2019Ambleteuse (Pas-de-Calais). C\u2019est une id\u00e9e r\u00e9currente qui tourne \u00e0 l\u2019obsession et il en reparle au Deuxi\u00e8me Consul.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monsieur mon Fr\u00e8re, appel\u00e9 au tr\u00f4ne de France par la Providence et par les suffrages du S\u00e9nat, du peuple et de l\u2019arm\u00e9e, mon premier sentiment est un v\u0153u de paix [\u2026] Le monde est assez grand pour que nos deux nations puissent y vivre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1801\" class=\"cit-num\">1801<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au roi Georges <span class=\"caps\">III<\/span> d\u2019Angleterre, Lettre du 2\u00a0janvier 1805. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 1er\u00a0janvier, \u00ab\u00a0Monsieur mon Fr\u00e8re\u00a0\u00bb \u00e9tait l\u2019empereur d\u2019Autriche et le m\u00eame d\u00e9sir de paix avec son peuple exprim\u00e9 par lettre, avec des arguments empreints de raison et d\u2019humanit\u00e9. Mais la troisi\u00e8me coalition s\u2019organise activement et secr\u00e8tement\u00a0: l\u2019Angleterre sera bient\u00f4t alli\u00e9e \u00e0 la Russie et \u00e0 l\u2019Autriche, contre la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu merci, j\u2019ai bien fait mon devoir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1806\" class=\"cit-num\">1806<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Amiral <span class=\"caps\">NELSON<\/span> (1758-1805), touch\u00e9 \u00e0 mort, \u00e0 bord du Victory, 21\u00a0octobre 1805. Mot de la fin. <em>Bibliographie universelle<\/em> (1842), Louis Gabriel Michaud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La flotte fran\u00e7aise est an\u00e9antie au large de Trafalgar. Cette victoire navale assure d\u00e9sormais la ma\u00eetrise des mers \u00e0 l\u2019Angleterre. Mais sur terre, Napol\u00e9on encha\u00eene les victoires avec la Grande Arm\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je veux conqu\u00e9rir la mer par la puissance de la terre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1820\" class=\"cit-num\">1820<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), D\u00e9cret de Berlin, 21\u00a0novembre\u00a01806. <em>Histoire \u00e9conomique et sociale de la France<\/em> (1976), Fernand Braudel, Ernest Labrousse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour r\u00e9soudre le \u00ab\u00a0probl\u00e8me anglais\u00a0\u00bb, autrement dit neutraliser l\u2019ennemi qui r\u00e8gne sur les mers, la guerre navale est impossible apr\u00e8s Trafalgar et le d\u00e9barquement semble irr\u00e9alisable. Napol\u00e9on reprend alors une autre id\u00e9e, longuement m\u00e9dit\u00e9e, r\u00e9digeant lui-m\u00eame le d\u00e9cret. C\u2019est le Blocus continental\u00a0: \u00ab\u00a0Tout commerce et toute correspondance avec les \u00eeles Britanniques sont interdits.\u00a0\u00bb Y compris aux pays neutres.<\/p>\n<p>Le blocus pouvait \u00eatre un vrai danger pour l\u2019\u00e9conomie anglaise qui exporte un tiers de sa production. Mais il ne sera jamais totalement respect\u00e9. L\u2019Angleterre est sauv\u00e9e par la contrebande. Napol\u00e9on envahira les pays r\u00e9calcitrants\u00a0: l\u2019Espagne et la Russie. Par ailleurs, le sentiment national des pays occup\u00e9s va ressurgir, du fait des privations impos\u00e9es aux peuples, ainsi en Allemagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, je hais les Anglais autant que vous.<br>\u2014 En ce cas, la paix est faite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1827\" class=\"cit-num\">1827<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Alexandre\u00a0Ier\u00a0 (1777-1825), tsar de Russie, Tilsit, 25\u00a0juin 1807. <em>Le Grand Empire, 1804-1815<\/em> (1982), Jean Tulard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s la victoire de Friedland, c\u2019est l\u2019entrevue de Tilsit\u00a0: les deux empereurs s\u2019embrassent sur un radeau, au milieu du Niemen. Ils vont dialoguer durant vingt jours et r\u00eaver de se partager le monde\u00a0: l\u2019Occident \u00e0 la France, l\u2019Orient \u00e0 la Russie.<\/p>\n<p>Le trait\u00e9 sera sign\u00e9 le 7\u00a0juillet. En \u00e9change de certaines concessions, la Russie adh\u00e8re au Blocus continental et promet d\u2019entrer en guerre contre l\u2019Angleterre, si elle ne signe pas la paix avant novembre. Ce premier trait\u00e9 secret est suivi d\u2019un second, au d\u00e9triment de la Prusse. Jamais Napol\u00e9on n\u2019a paru si puissant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils se sont embrass\u00e9s\u00a0!<br>Telles sont les nouvelles,<br>Dites-m\u2019en de plus belles<br>Si vous en connaissez\u00a0:<br>Ils se sont embrass\u00e9s [\u2026]<br>Vous, Anglais, p\u00e2lissez\u00a0:<br>Ils se sont embrass\u00e9s\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1828\" class=\"cit-num\">1828<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Antoine-Augustin de <span class=\"caps\">PIIS<\/span> (1755-1832), <em>Ils se sont embrass\u00e9s<\/em> ou<em> L\u2019Entrevue des deux empereurs \u00e0 Tilsit<\/em> (1807), chanson. <em>\u0152uvres choisies<\/em> (1810), Pierre-Antoine-Augustin de Piis<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019auteur, \u00e0 force de faire dans les vers de circonstance, se retrouve Premier Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Police, post\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1800 et qu\u2019il conserve jusqu\u2019en 1815, sous trois pr\u00e9fets de police successifs.<\/p>\n<p>L\u2019embrassade entre les deux empereurs devint c\u00e9l\u00e8bre. Mais \u00e9taient-ils sinc\u00e8res\u00a0? Rappelons ces mots de Napol\u00e9on, pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9es de 1807 et rapport\u00e9es dans ses <em>M\u00e9moires<\/em> par Talleyrand, ministre des Relations ext\u00e9rieures jusqu\u2019en ao\u00fbt\u00a0: \u00ab\u00a0Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Maintenant, Sire, la coalition est dissoute, et elle l\u2019est pour toujours [\u2026] la France n\u2019est plus isol\u00e9e en Europe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1922\" class=\"cit-num\">1922<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), Lettre \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, 4\u00a0janvier 1815. <em>Correspondance in\u00e9dite du prince de Talleyrand et du roi Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> pendant le Congr\u00e8s de Vienne, publi\u00e9e sur les manuscrits conserv\u00e9s au D\u00e9p\u00f4t des Affaires \u00c9trang\u00e8res<\/em> (1881)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Restauration. Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, de retour d\u2019exil, peut enfin s\u2019asseoir sur le tr\u00f4ne. Ce message vient du congr\u00e8s de Vienne o\u00f9 Talleyrand, intrigant comme il sait l\u2019\u00eatre et souvent pour le bien de la France, a conclu un trait\u00e9 secret avec l\u2019Autriche et l\u2019Angleterre contre la Prusse et la Russie. Un exploit diplomatique\u00a0: le repr\u00e9sentant du pays vaincu a finalement r\u00e9ussi \u00e0 diviser les Alli\u00e9s, \u00e0 limiter les exigences de la Prusse et de la Russie. L\u2019\u00e9pisode des Cent-Jours va ruiner tous ses efforts.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un g\u00e9n\u00e9ral anglais leur cria\u00a0: Braves Fran\u00e7ais, rendez-vous\u00a0! Cambronne r\u00e9pondit\u00a0: Merde\u00a0! [\u2026] Foudroyer d\u2019un tel mot le tonnerre qui vous tue, c\u2019est vaincre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1944\" class=\"cit-num\">1944<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> (1862)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0mot de Cambronne\u00a0\u00bb est pass\u00e9 \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9\u00a0: anecdote rapport\u00e9e par Hugo dans son roman, Sacha Guitry lui d\u00e9dia une aimable pi\u00e8ce titr\u00e9e <em>Le Mot de Cambronne<\/em>.<\/p>\n<p>On ne pr\u00eate qu\u2019aux riches\u00a0: Pierre Jacques \u00c9tienne, vicomte de Cambronne, fit un beau parcours militaire. Engag\u00e9 parmi les volontaires de 1792, il participe aux campagnes de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire. Nomm\u00e9 major g\u00e9n\u00e9ral de la garde imp\u00e9riale, il suit Napol\u00e9on \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Elbe, revient avec lui en 1815, est fait comte et pair de France sous les Cent-Jours et s\u2019illustre \u00e0 Waterloo, dans ce \u00ab\u00a0dernier carr\u00e9\u00a0\u00bb de la Vieille Garde.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La bataille de Waterloo a \u00e9t\u00e9 gagn\u00e9e sur les terrains de jeu d\u2019Eton.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1948\" class=\"cit-num\">1948<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">WELLINGTON<\/span> (1769-1852). <em>Revue politique et litt\u00e9raire\u00a0: revue bleue<\/em> (1932)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Principal artisan de la victoire anglaise de Waterloo, assistant \u00e0 un match de cricket \u00e0 Eton, il t\u00e9moigne d\u2019une foi toute patriotique en ce sport national. Wellington n\u2019est pas un grand sportif, mais un grand militaire. Depuis la tragique guerre d\u2019Espagne, il a multipli\u00e9 les victoires contre les arm\u00e9es napol\u00e9oniennes, jusqu\u2019\u00e0 ce dernier acte du 18\u00a0juin 1815.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je viens, comme Th\u00e9mistocle, m\u2019asseoir au foyer du peuple britannique. Je me mets sous la protection de ses lois, que je r\u00e9clame de Votre Altesse Royale, comme celles du plus constant, du plus g\u00e9n\u00e9reux de mes ennemis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1957\" class=\"cit-num\">1957<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre au r\u00e9gent d\u2019Angleterre, 13\u00a0juillet 1815. <em>Le Plutarque fran\u00e7ais\u00a0: vies des hommes et femmes illustres de la France<\/em> (1847), \u00c9douard Mennechet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le vaincu s\u2019adresse au principal vainqueur, le futur Georges <span class=\"caps\">IV<\/span> \u2013 en fait, le r\u00e9gent exerce le pouvoir, son p\u00e8re Georges <span class=\"caps\">III<\/span> \u00e9tant devenu d\u00e9finitivement fou en 1810. Diverses destinations furent envisag\u00e9es pour l\u2019exil de Napol\u00e9on, notamment les \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique. Cela ne s\u2019est pas fait, pour diverses raisons.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Angleterre prit l\u2019aigle et l\u2019Autriche l\u2019aiglon.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1961\" class=\"cit-num\">1961<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Chants du cr\u00e9puscule<\/em> (1835)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les destins tragiques inspirent les po\u00e8tes et entre tous, les grands romantiques du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. Edmond Rostand, consid\u00e9r\u00e9 comme le dernier, est un peu le second p\u00e8re de l\u2019Aiglon et fit beaucoup pour sa gloire, dans la pi\u00e8ce qui porte son nom. Le r\u00f4le-titre est cr\u00e9\u00e9 en travesti par la star de la sc\u00e8ne, Sarah Bernhardt (1900). \u00c0 plus de 50\u00a0ans, elle triomphe en incarnant ce jeune prince mort \u00e0 21\u00a0ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019aimerais mieux scier du bois que de r\u00e9gner \u00e0 la fa\u00e7on du roi d\u2019Angleterre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1996\" class=\"cit-num\">1996<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0X (1757-1836). <em>Histoire de la Restauration, 1814-1830<\/em> (1882), Ernest Daudet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Restauration finissante. Le second roi exprime ainsi sa volont\u00e9 de s\u2019affranchir de la Charte \u00ab\u00a0octroy\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e0 ses sujets par Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, mais comportant des garanties contre les abus de l\u2019Ancien R\u00e9gime. L\u2019Angleterre reste le mod\u00e8le de cette monarchie constitutionnelle, ch\u00e8re aux philosophes des Lumi\u00e8res du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle. Charles\u00a0X ne s\u2019est jamais initi\u00e9 aux id\u00e9es de son temps et ne saurait se plier aux r\u00e8gles du gouvernement repr\u00e9sentatif. Cet homme charmant, si jeune d\u2019allure \u00e0 67\u00a0ans et populaire pendant quelques mois, n\u2019a rien d\u2019un tyran, mais reste un homme de l\u2019Ancien R\u00e9gime, entour\u00e9 de courtisans qui font \u00e9cran entre le roi et son peuple.<\/p>\n<p><strong>5. L\u2019Entente Cordiale n\u00e9e sous la Monarchie de Juillet (en 1843) inaugure une nouvelle g\u00e9opolitique presque sans incident diplomatique<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_7_et_8_1.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"370\"><\/a>\u00ab\u00a0La sinc\u00e8re amiti\u00e9 qui m\u2019unit \u00e0 la reine de la Grande-Bretagne et la cordiale entente qui existe entre mon gouvernement et le sien me confirment dans cette confiance.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2115\" class=\"cit-num\">2115<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u2013<span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> (1773-1850), Discours du tr\u00f4ne, 27\u00a0d\u00e9cembre 1843. <em>M\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de mon temps<\/em> (1858-1867), Fran\u00e7ois Guizot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les mots de \u00ab\u00a0cordiale entente\u00a0\u00bb font leur entr\u00e9e dans l\u2019histoire des relations franco-anglaises. Qui l\u2019eut pens\u00e9, il y a quelques si\u00e8cles ou m\u00eame quelques d\u00e9cennies\u00a0!? Mais le Roi des barricades doit se faire accepter des cours europ\u00e9ennes, l\u2019Angleterre est la grande puissance mondiale du si\u00e8cle et l\u2019alliance avec elle est indispensable, malgr\u00e9 une certaine anglophobie que l\u2019opposition sait parfois exploiter (affaire Pritchard). Guizot, d\u00e8s 1841, encouragea cette politique d\u2019entente cordiale qui ne dit pas encore son nom, largement inspir\u00e9e par Talleyrand, notre plus grand diplomate.<\/p>\n<p>Le 2\u00a0septembre 1843, la reine Victoria a visit\u00e9 Paris. Louis-Philippe lui rend la politesse \u00e0 Londres en octobre\u00a01844 et replace la formule\u00a0: \u00ab\u00a0La France ne demande rien \u00e0 l\u2019Angleterre. L\u2019Angleterre ne demande rien \u00e0 la France. Nous ne voulons que l\u2019Entente cordiale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cette fois, sur mer et sur terre,<br>Les Cosaques, nous les tenons\u00a0!<br>La France est avec l\u2019Angleterre,<br>Le Droit est avec nos canons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2261\" class=\"cit-num\">2261<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">DUPONT<\/span> (1821-1870), <em>La Nouvelle Alliance<\/em>, chanson. <em>Muse populaire\u00a0: chants et po\u00e9sies<\/em> (1875), Pierre Dupont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Second Empire. La nouvelle alliance (franco-anglaise) pla\u00eet aux r\u00e9publicains\u00a0: elle est dirig\u00e9e contre le tsar qui opprime la Pologne. Elle pla\u00eet aussi aux catholiques\u00a0: la France va prot\u00e9ger les Lieux saints. En fait, Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> saute sur l\u2019occasion de d\u00e9faire la coalition europ\u00e9enne d\u00e9fensive n\u00e9e \u00e0 son arriv\u00e9e au pouvoir, choisissant l\u2019alliance avec l\u2019Angleterre, pays qu\u2019il admire sinc\u00e8rement et o\u00f9 il a v\u00e9cu en exil.<\/p>\n<p>Pacte conclu le 12\u00a0mars 1854. Guerre d\u00e9clar\u00e9e \u00e0 la Russie le 27\u00a0mai et d\u00e9barquement en Crim\u00e9e \u2013 le tsar orthodoxe Nicolas Ier voulant \u00e9tablir son protectorat sur les chr\u00e9tiens de Turquie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il para\u00eet que la Constitution anglaise interdit \u00e0 la souveraine de parler politique. La Constitution fran\u00e7aise est moins s\u00e9v\u00e8re\u00a0; elle ne l\u2019interdit qu\u2019aux journalistes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2296\" class=\"cit-num\">2296<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Henri <span class=\"caps\">ROCHEFORT<\/span>, <em>La Lanterne<\/em>, 15\u00a0ao\u00fbt 1868<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La libert\u00e9 de la presse existe enfin sous un Empire devenu plus lib\u00e9ral, mais l\u2019humour politique de Rochefort le forcera toute sa vie aux s\u00e9jours \u00e0 l\u2019\u00e9tranger \u2013 bref exil \u00e0 Bruxelles, en 1869. La presse bonapartiste est quand m\u00eame submerg\u00e9e par les journaux d\u2019opposition et par l\u2019audace de quelques nouveaux orateurs, Gambetta en t\u00eate.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Laissons au coq gaulois ces sables \u00e0 gratter.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2526\" class=\"cit-num\">2526<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquis de <span class=\"caps\">SALISBURY<\/span> (1830-1903), Premier ministre anglais, 21\u00a0mars 1899. <em>Les Forces politiques au Cameroun r\u00e9unifi\u00e9<\/em> (1989), Joseph-Marie Zang-Atangana<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Troisi\u00e8me R\u00e9publique. Salisbury parle du Sahara \u00e0 la fin des n\u00e9gociations franco-anglaises sur la situation respective des deux grandes puissances en Afrique. C\u2019est la suite de l\u2019\u00ab\u00a0incident de Fachoda\u00a0\u00bb, en juillet\u00a01898.<\/p>\n<p>La France a envoy\u00e9 la mission Marchand sur le haut Nil (quelques grad\u00e9s et 250 travailleurs s\u00e9n\u00e9galais), pour devancer au Soudan l\u2019Angleterre (qui mobilise une arm\u00e9e anglo-\u00e9gyptienne de 20\u00a0000 hommes). Marchand, arriv\u00e9 le premier, a lev\u00e9 le drapeau tricolore \u00e0 Fachoda, mais suite \u00e0 un ultimatum de Londres, Delcass\u00e9, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, d\u00e9cide d\u2019\u00e9vacuer les lieux. Une vague d\u2019anglophobie rappelle la (premi\u00e8re) guerre de Cent Ans\u00a0! Mais la France a quand m\u00eame d\u2019autres probl\u00e8mes \u2013 \u00e0 commencer par l\u2019Affaire (Dreyfus).<\/p>\n<p>La convention franco-anglaise sign\u00e9e le 21\u00a0mars 1899 consacre le renoncement de la France sur le Nil, m\u00eame si l\u2019Angleterre lui laisse le Maroc et une portion de d\u00e9sert. L\u2019orgueil national est froiss\u00e9, mais la raison l\u2019emporte et l\u2019Entente cordiale sera pr\u00e9cieuse dans les temps \u00e0 venir, contre l\u2019Allemagne devenue l\u2019adversaire des deux pays.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/nos-relations-avec-langleterre-de-1914-a-nos-jours\/\">Lire la suite\u00a0: nos relations avec l\u2019Angleterre, de 1914 \u00e0 nos jours<\/a><\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De tous les pays europ\u00e9ens, la France et l\u2019Angleterre poss\u00e8dent l\u2019histoire la plus longue et la plus riche. Mais les relations entre ces deux\u00a0puissances mondiales et rivales furent longtemps conflictuelles. Pour r\u00e9sumer, apr\u00e8s la br\u00e8ve aventure anglaise de Guillaume le Conqu\u00e9rant, l\u2019Angleterre devient notre principale ennemie pendant deux interminables \u201c guerres de Cent Ans \u201d, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":85,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-8801","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8801","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8801"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8801\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12724,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8801\/revisions\/12724"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8801"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8801"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8801"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}