{"id":8879,"date":"2021-03-29T00:00:00","date_gmt":"2021-03-28T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/honneur-aux-perdantes-de-lempire-a-la-deuxieme-republique\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:09","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:09","slug":"honneur-aux-perdantes-de-lempire-a-la-deuxieme-republique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/honneur-aux-perdantes-de-lempire-a-la-deuxieme-republique\/","title":{"rendered":"Honneur aux perdant(e)s ! (De l\u2019Empire \u00e0 la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>Voici 46 cas, autant de situations diff\u00e9rentes et souvent dramatiques.<\/p>\n<ul>\n<li>Perdre la vie, perdre une bataille ou une place envi\u00e9e, perdre un combat id\u00e9ologique, perdre la confiance du peuple ou d\u2019un partenaire essentiel, perdre la face et l\u2019honneur.<\/li>\n<li>Perdre parce qu\u2019on est faible ou qu\u2019on se croit trop fort, perdre par malchance, par injustice ou par la force des choses et du sens de l\u2019Histoire\u00a0: Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> sous la R\u00e9volution.<\/li>\n<li>Perdre individuellement, mais aussi en groupe (les femmes, les Templiers, les Girondins sous la R\u00e9volution, les canuts de Lyon, la Commune de Paris).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Certains cas semblent anecdotiques ou paradoxaux \u2013 nous assumons, avec des arguments. <\/p>\n<p>Malgr\u00e9 tout, ces perdantes et perdants sont honor\u00e9s \u00e0 des titres divers.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Aux grands hommes, la patrie reconnaissante\u00a0\u00bb\u00a0: le Panth\u00e9on leur fait place.<\/p>\n<p>Ils se retrouvent ici et l\u00e0 statufi\u00e9s ou s\u2019inscrivent dans la toponymie de nos rues, nos places, notre environnement quotidien. Ils figurent dans les livres d\u2019histoire et les dictionnaires, renaissent dans des \u0153uvres de fiction litt\u00e9raire, th\u00e9\u00e2trale, lyrique.<\/p>\n<p>La sanctification honore volontiers les femmes, Blandine, Genevi\u00e8ve, Jeanne (d\u2019Arc).<\/p>\n<p>Parfois, les perdants font \u00e9cole, cr\u00e9ant un courant d\u2019id\u00e9es, une th\u00e9orie, voire une religion qui change le monde \u2013 J\u00e9sus-Christ, l\u2019exemple \u00ab\u00a0incroyable mais vrai\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Autant de \u00ab\u00a0qui perd gagne\u00a0\u00bb permettant une revanche posthume. <\/p>\n<p>On peut en tirer une petite philosophie de l\u2019Histoire et r\u00e9fl\u00e9chir au travail de m\u00e9moire dont on parle tant. C\u2019est le but de nos \u00e9ditos et la preuve que les citations bien choisies se r\u00e9v\u00e8lent toujours utiles. C\u2019est aussi l\u2019occasion de d\u00e9mentir deux personnages exceptionnellement r\u00e9unis\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 la fin, il n\u2019y a que la mort qui gagne.\u00a0\u00bb 2980<br>Charles de <span class=\"caps\">GAULLE<\/span> (1890-1970), citant volontiers ce mot de <span class=\"caps\">STALINE<\/span> dans ses M\u00e9moires de guerre.<\/p>\n<p>(Toutes les citations num\u00e9rot\u00e9es sont comme toujours tir\u00e9es de notre <em>Histoire en citations<\/em>)<\/p>\n<p><strong>Honneur aux perdants, retrouvez nos quatre \u00e9ditos\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/honneur-aux-perdantes-de-la-gaule-aux-guerres-de-religion\/\">De la Gaule aux guerres de Religion<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/honneur-aux-perdantes-du-regne-dhenri-iv-a-la-revolution\/\">Du r\u00e8gne d\u2019Henri <span class=\"caps\"><span class=\"caps\">IV<\/span><\/span> \u00e0 la R\u00e9volution<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/honneur-aux-perdantes-de-lempire-a-la-deuxieme-republique\/\">De l\u2019Empire \u00e0 la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/honneur-aux-perdantes-de-la-troisieme-republique-a-nos-jours\/\">De la Troisi\u00e8me R\u00e9publique \u00e0 nos jours<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h3 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">III<\/span>. De l\u2019Empire \u00e0 la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_6-1.jpg\" width=\"200\" height=\"273\"><\/a><\/p>\n<h4><span class=\"caps\">GRACCHUS<\/span> <span class=\"caps\">BABEUF<\/span><\/h4>\n<p>Il commence sa \u00ab\u00a0carri\u00e8re\u00a0\u00bb \u00e0 la fin de la R\u00e9volution, robespierriste apr\u00e8s l\u2019heure (9 Thermidor). Il reste surtout comme cr\u00e9ateur du babouvisme et pr\u00e9curseur du communisme, reconnu par Marx lui-m\u00eame. Il meurt \u00e0 36 ans, fid\u00e8le \u00e0 son id\u00e9al qu\u2019il voulut mettre en action.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous factions vendues au riche million\u00a0; vous cabales patriciennes\u00a0; vous Fr\u00e9ronistes\u00a0; vous gouvernants despotes [\u2026] affameurs, inquisiteurs, bastilleurs, tyrans en un mot\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1616\" class=\"cit-num\">1616<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gracchus <span class=\"caps\">BABEUF<\/span> (1760-1797), <em>Le Tribun du peuple<\/em>, 28\u00a0janvier 1795<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On se croirait revenu aux grands jours de la R\u00e9volution\u00a0!<\/p>\n<p>Babeuf, mont\u00e9 \u00e0 Paris en 1793, passe en prison une partie de la Terreur et se rallie aux id\u00e9es de Robespierre apr\u00e8s sa chute \u2013 cas atypique, sinon unique. Il fonde son journal au lendemain du 9 Thermidor an <span class=\"caps\">II<\/span> (27 juillet 1794) et y expose ses th\u00e9ories communistes \u2013 bien avant l\u2019heure. Il cherchera \u00e0 renverser le nouveau r\u00e9gime du Directoire, pr\u00eachant une nouvelle r\u00e9volution allant au bout de l\u2019id\u00e9al originel.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Peuple\u00a0! R\u00e9veille-toi \u00e0 l\u2019Esp\u00e9rance.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1643\" class=\"cit-num\">1643<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gracchus <span class=\"caps\">BABEUF<\/span> (1760-1797),<em> Le Tribun du Peuple<\/em>, 30\u00a0novembre 1795<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Toujours plus r\u00e9volutionnaire que la R\u00e9volution, il privil\u00e9gie la notion de lutte des classes et vise une soci\u00e9t\u00e9 des \u00c9gaux o\u00f9 la Fraternit\u00e9 passe avant la Libert\u00e9. Il se pr\u00e9pare maintenant \u00e0 passer \u00e0 l\u2019action, autrement dit \u00e0 renverser le Directoire mis en place le 27 octobre. R\u00e9gime \u00e9ph\u00e9m\u00e8re, b\u00e2tard et fragile, remplac\u00e9 par le Consulat de Napol\u00e9on Bonaparte en novembre 1799.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9 est odieuse dans son principe et meurtri\u00e8re dans ses effets [\u2026] Les fruits de la terre sont \u00e0 tous et la terre n\u2019est \u00e0 personne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1654\" class=\"cit-num\">1654<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gracchus <span class=\"caps\">BABEUF<\/span> (1760-1797), <em>Le Tribun du Peuple<\/em>, d\u00e9cembre\u00a01795<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 mi-distance historique et id\u00e9ologique entre Rousseau et Marx, Babeuf ne se contente pas d\u2019exposer ses th\u00e9ories \u00e9galitaires et communistes, il est l\u2019\u00e2me du complot qui se trame contre le r\u00e9gime\u00a0: la conspiration des \u00c9gaux. Selon Maxime Leroy (<em>Histoire des id\u00e9es sociales en France, De Montesquieu \u00e0 Robespierre<\/em>), Babeuf est un \u00ab\u00a0m\u00e9lange de terrorisme et d\u2019assistance sociale.\u00a0\u00bb Ajoutons aussi une bonne dose d\u2019anarchisme, rendant le m\u00e9lange explosif.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Disparaissez enfin, r\u00e9voltantes distinctions de riches et de pauvres, de grands et de petits, de ma\u00eetres et de valets, de gouvernement et de gouvern\u00e9s.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1661\" class=\"cit-num\">1661<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Sylvain <span class=\"caps\">MAR\u00c9CHAL<\/span> (1750-1803),<em> Manifeste des \u00c9gaux<\/em>, programme r\u00e9dig\u00e9 fin 1795, et devenu la Charte de la conspiration des \u00c9gaux.\u00a0 <em>Histoire des classes ouvri\u00e8res en France depuis 1789 jusqu\u2019\u00e0 nos jours<\/em>, volume\u00a0I (1867), \u00c9mile Levasseur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Babeuf, Buonarroti et quelques autres conjur\u00e9s forment un \u00ab\u00a0Directoire secret\u00a0\u00bb pour renverser l\u2019autre, le vrai\u2026 qui est au courant de tout. Barras (le plus influent des Directeurs et le \u00ab\u00a0roi des pourris\u00a0\u00bb) dispose de bons indicateurs et Carnot monnaie la trahison d\u2019un des conjur\u00e9s, Grisel. Il faut faire un exemple, effrayer le bon peuple et surtout le bourgeois, avec cette affaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous pr\u00e9tendons d\u00e9sormais vivre et mourir \u00e9gaux comme nous sommes n\u00e9s\u00a0; nous voulons l\u2019\u00e9galit\u00e9 r\u00e9elle ou la mort\u00a0: voil\u00e0 ce qu\u2019il nous faut.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1664\" class=\"cit-num\">1664<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Sylvain <span class=\"caps\">MAR\u00c9CHAL<\/span> (1750-1803), <em>Manifeste des \u00c9gaux<\/em> (1801). <em>Gracchus Babeuf et la Conjuration des \u00c9gaux<\/em> (1869), Philippe Buonarroti, Arthur Ranc<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La police cueille les conspirateurs, le 11\u00a0mai 1796. Pour l\u2019opinion publique, c\u2019est la chute d\u2019une nouvelle faction terroriste, dernier sursaut du jacobinisme dont il faut d\u00e9barrasser le pays. Le gouvernement du Directoire fait montre de sa force, mais c\u2019est surtout l\u2019opposition royaliste qui se trouve renforc\u00e9e, reprenant d\u00e9j\u00e0 espoir dans un r\u00e9tablissement de la monarchie. Babeuf ne pouvait pas le pr\u00e9voir.<\/p>\n<p>Au proc\u00e8s de Vend\u00f4me, l\u2019ann\u00e9e suivante, la plupart des 65 inculp\u00e9s seront acquitt\u00e9s. Babeuf et Darth\u00e9 sont condamn\u00e9s \u00e0 mort et ex\u00e9cut\u00e9s\u00a0; 7 autres sont d\u00e9port\u00e9s, dont Buonarroti.<\/p>\n<p>Lib\u00e9r\u00e9 par Napol\u00e9on, il \u00e9crira trente ans apr\u00e8s <em>La Conspiration pour l\u2019\u00e9galit\u00e9, dite de Babeuf<\/em>, qui influencera le socialiste Auguste Blanqui, r\u00e9volutionnaire dans l\u2019\u00e2me et dans les faits, qui organise des soci\u00e9t\u00e9s secr\u00e8tes, multiplie les conspirations et passera trente ans de sa (longue) vie en prison.<\/p>\n<p>Babeuf a d\u2019autres h\u00e9ritiers au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle\u00a0: Karl Marx et Friedrich Engels reconnaissent en lui le pr\u00e9curseur du communisme et le premier militant de la cause. Rosa Luxembourg le salue comme l\u2019initiateur des soul\u00e8vements r\u00e9volutionnaires du prol\u00e9tariat. Et tout anarchiste a en th\u00e9orie quelque chose de Babeuf.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">GEORGES<\/span> <span class=\"caps\">CADOUDAL<\/span><\/h4>\n<p>Chef chouan m\u00eal\u00e9 \u00e0 divers complots royalistes, admir\u00e9 par\u00a0Napol\u00e9on qui l\u2019aurait volontiers graci\u00e9, c\u2019est \u00ab\u00a0une barre de fer\u00a0\u00bb qui refuse de plier, pr\u00e9f\u00e9rant mourir \u00e0 33 ans au cri de \u00ab\u00a0Vive le roi\u00a0!\u00a0\u00bb. La Restauration de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> sera sa victoire posthume.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019air est plein de poignards.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1741\" class=\"cit-num\">1741<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joseph <span class=\"caps\">FOUCH\u00c9<\/span> (1759-1820), mi-janvier\u00a01804. <em>Fouch\u00e9<\/em> (1903), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bien que n\u2019\u00e9tant plus au minist\u00e8re de la Police (supprim\u00e9 entre\u00a01802 et\u00a01804), il apprend la pr\u00e9sence de Pichegru \u00e0 Paris, g\u00e9n\u00e9ral tra\u00eetre, d\u00e9port\u00e9 par le Directoire, \u00e9vad\u00e9 du bagne. Cadoudal est complice, chef chouan charismatique. Le g\u00e9n\u00e9ral Moreau s\u2019est plus ou moins joint au complot, s\u2019estimant mal pay\u00e9 des services rendus au pouvoir, mais refusant de servir les royalistes. Ces hommes ont le projet d\u2019enlever le Premier Consul.<\/p>\n<p>Bonaparte inform\u00e9, la capitale est mise aussit\u00f4t en \u00e9tat de si\u00e8ge.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vis dans une d\u00e9fiance continuelle. Chaque jour, on voit \u00e9clore de nouveaux complots contre ma vie. Les Bourbons me prennent pour leur unique point de mire\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1742\" class=\"cit-num\">1742<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), \u00e0 son fr\u00e8re Joseph. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce n\u2019est pas une parano\u00efa de futur dictateur. De son propre aveu, le comte d\u2019Artois (fr\u00e8re du comte de Provence et futur Charles\u00a0X) entretenait 60 assassins dans Paris. Et c\u2019est lui qui a nomm\u00e9 Cadoudal, r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Londres, lieutenant g\u00e9n\u00e9ral des arm\u00e9es du roi, en 1800.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a parmi les conjur\u00e9s un homme que je regrette. C\u2019est Georges [Cadoudal]. Celui-l\u00e0 est bien tremp\u00e9\u00a0; entre mes mains, un pareil homme aurait fait de grandes choses.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1795\" class=\"cit-num\">1795<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Bourrienne, son secr\u00e9taire, 10\u00a0juin 1804. <em>M\u00e9moires de M. de Bourrienne, ministre d\u2019\u00c9tat\u00a0: sur Napol\u00e9on, le Directoire, le Consulat, l\u2019Empire et la Restauration<\/em> (1829), Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur vient d\u2019apprendre la condamnation \u00e0 mort de Cadoudal et de ses 19 complices. H\u00e9ros de la guerre de Vend\u00e9e, ralli\u00e9 apr\u00e8s la R\u00e9volution au comte d\u2019Artois, Cadoudal fut le chef des deux principaux complots contre Bonaparte sous le Consulat\u00a0: l\u2019attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800 et la derni\u00e8re conspiration d\u00e9jou\u00e9e au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1804.<\/p>\n<p>Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Je lui ai fait dire par R\u00e9al que s\u2019il voulait s\u2019attacher \u00e0 moi, non seulement il aurait sa gr\u00e2ce, mais que je lui aurais donn\u00e9 un r\u00e9giment. Georges a tout refus\u00e9\u00a0: c\u2019est une barre de fer. Qu\u2019y puis-je\u00a0? Il subira son sort, car c\u2019est un homme trop dangereux dans un parti.\u00a0\u00bb Certains condamn\u00e9s seront graci\u00e9s, mais pas Cadoudal, leur chef.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive le roi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1796\" class=\"cit-num\">1796<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CADOUDAL<\/span> (1771-1804) mot de la fin et dernier cri du premier des condamn\u00e9s \u00e0 \u00eatre guillotin\u00e9 place de Gr\u00e8ve, 25\u00a0juin 1804.<em> Georges Cadoudal et les Chouans<\/em> (1998), Patrick Huchet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Et selon d\u2019autres sources, reprenant la devise des insurg\u00e9s vend\u00e9ens, dix ans plus t\u00f4t\u00a0: \u00ab\u00a0Mourons pour notre Dieu et notre Roi.\u00a0\u00bb La chouannerie meurt avec lui. Mais dix ans plus tard, le v\u0153u de Cadoudal est exauc\u00e9, la Restauration ram\u00e8ne en France le roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span>. Ainsi va l\u2019Histoire qui avance parfois \u00e0 reculons.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">DUC<\/span> D\u2019<span class=\"caps\">ENGHIEN<\/span><\/h4>\n<p>Victime de la parano\u00efa imp\u00e9riale entretenue par Fouch\u00e9, policier sans scrupule, le jeune prince est ex\u00e9cut\u00e9 \u00e0 la sauvette dans les foss\u00e9s de Vincennes en mars 1804. \u00ab\u00a0Pire qu\u2019un crime, c\u2019est une faute\u00a0\u00bb diversement jug\u00e9e, qui marque la fin du Consulat et reste dans l\u2019Histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Bourbons croient qu\u2019on peut verser mon sang comme celui des plus vils animaux. Mon sang cependant vaut bien le leur. Je vais leur rendre la terreur qu\u2019ils veulent m\u2019inspirer [\u2026] Je ferai impitoyablement fusiller le premier de ces princes qui me tombera sous la main.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1743\" class=\"cit-num\">1743<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), 9\u00a0mars 1804. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cadoudal vient d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9, au terme d\u2019une course-poursuite meurtri\u00e8re au Quartier latin. Il a parl\u00e9 sans le nommer d\u2019un prince fran\u00e7ais complice et de l\u2019avis de tous, c\u2019est le duc d\u2019Enghien, \u00e9migr\u00e9, qui vit pr\u00e8s de la fronti\u00e8re en Allemagne.<\/p>\n<p>Le lendemain, le Premier Consul, en proie \u00e0 une fureur extr\u00eame, donne l\u2019ordre de l\u2019enlever, ce qui sera fait dans la nuit du 15 au 16\u00a0mars, par une troupe d\u2019un millier de gendarmes, au m\u00e9pris du droit des gens (droit international).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le gouvernement arr\u00eate que le ci-devant duc d\u2019Enghien, pr\u00e9venu [\u2026] de faire partie des complots tram\u00e9s [\u2026] contre la s\u00fbret\u00e9 int\u00e9rieure et ext\u00e9rieure de la R\u00e9publique, sera traduit devant une commission militaire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1744\" class=\"cit-num\">1744<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proc\u00e8s-verbal du 20\u00a0mars 1804.<em> M\u00e9moires historiques sur la catastrophe du duc d\u2019Enghien<\/em> (1824), Louis-Antoine Henri de Bourbon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le prince, qui pr\u00e9parait son mariage et ne comprend rien \u00e0 ce qui lui arrive, se retrouve enferm\u00e9 au ch\u00e2teau de Vincennes. Le soir m\u00eame, il est jug\u00e9, condamn\u00e9 \u00e0 mort.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qu\u2019il est affreux de mourir ainsi de la main des Fran\u00e7ais\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1745\" class=\"cit-num\">1745<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc d\u2019<span class=\"caps\">ENGHIEN<\/span> (1772-1804), quelques instants avant son ex\u00e9cution, 21\u00a0mars 1804. Son mot de la fin. <em>Les Grands Proc\u00e8s de l\u2019histoire<\/em> (1924), Me Henri-Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bonaparte a maintenant la preuve que le prince de 32\u00a0ans, dernier rejeton de la prestigieuse lign\u00e9e des Cond\u00e9, n\u2019est pour rien dans le complot Cadoudal, m\u00eame s\u2019il est le chef d\u2019un r\u00e9seau antir\u00e9publicain qui a fait le projet de l\u2019assassiner. De tous les condamn\u00e9s \u00e0 mort r\u00e9ellement impliqu\u00e9s, il ne regrettera que Cadoudal. Pichegru s\u2019est suicid\u00e9 dans sa cellule. Moreau, jug\u00e9, condamn\u00e9 \u00e0 deux ans de prison, sera finalement exil\u00e9.<\/p>\n<p>L\u2019histoire retient surtout le drame du duc d\u2019Enghien. Bonaparte l\u2019a laiss\u00e9 condamner apr\u00e8s un simulacre de jugement, puis fusiller la nuit m\u00eame dans les foss\u00e9s de Vincennes. Sans regret ni remords.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La saign\u00e9e entre dans les combinaisons de la m\u00e9decine politique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1746\" class=\"cit-num\">1746<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Le Bonapartisme<\/em> (1980), Fr\u00e9d\u00e9ric Bluche<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Empereur, il \u00e9crira ces mots en repensant \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien. Dans son testament \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, il revendique la responsabilit\u00e9 de cet acte que la post\u00e9rit\u00e9 jugera s\u00e9v\u00e8rement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est pire qu\u2019un crime, c\u2019est une faute.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1747\" class=\"cit-num\">1747<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Antoine Claude Joseph <span class=\"caps\">BOULAY<\/span> de la <span class=\"caps\">MEURTHE<\/span> (1761-1840), apprenant l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien, le 21\u00a0mars 1804. Mot parfois attribu\u00e9, mais \u00e0 tort, \u00e0 <span class=\"caps\">FOUCH\u00c9<\/span> (1759-1820) ou \u00e0 <span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838).<em> Les Citations fran\u00e7aises<\/em> (1931), Othon Guerlac<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Conseiller d\u2019\u00c9tat et pourtant fid\u00e8le \u00e0 Bonaparte du d\u00e9but (coup d\u2019\u00c9tat de brumaire) \u00e0 la fin (Cent-Jours compris), il a ce jugement s\u00e9v\u00e8re. Le mot est parfois attribu\u00e9 \u00e0 Fouch\u00e9 (par Chateaubriand) ou \u00e0 Talleyrand (par J.-P. Sartre). Mais les deux hommes ont eux-m\u00eames pouss\u00e9 Bonaparte au crime et il n\u2019est pas dans leur caract\u00e8re de s\u2019en repentir.<\/p>\n<p>Cette ex\u00e9cution sommaire indigne l\u2019Europe. Et toutes les t\u00eates couronn\u00e9es se ligueront contre l\u2019empereur \u2013 l\u00e0 est \u00ab\u00a0la faute\u00a0\u00bb. Le drame \u00e9meut la France\u00a0: d\u00e9tails sordides de l\u2019ex\u00e9cution et douleur de la princesse Charlotte de Rohan-Rochefort qui portera toute sa vie le deuil de cet amour. Mais les royalistes se rallieront majoritairement \u00e0 Napol\u00e9on \u2013 et en cela, il a politiquement bien jou\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis prince sanguin, mon cousin,<br>On en a preuve s\u00fbre,<br>Prince du sang d\u2019Enghien, mon cousin\u00a0;<br>Oh\u00a0! la bonne aventure [\u2026]<br>On n\u2019est pas \u00e0 la fin, mon cousin,<br>De sang, je vous l\u2019assure,<br>J\u2019en pr\u00e9tends prendre un bain, mon cousin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1748\" class=\"cit-num\">1748<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Je suis prince sanguin<\/em>, chanson.\u00a0<em> L\u2019\u00c9cho des salons de Paris depuis la restauration\u00a0: ou, recueil d\u2019anecdotes sur l\u2019ex-empereur Buonaparte, sa cour et ses agents<\/em> (1815), Jacques Thomas Verneur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Post\u00e9rieure \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien, la chanson r\u00e9sonne lugubrement, jouant sur le sang dont le criminel se vante d\u2019\u00eatre doublement impr\u00e9gn\u00e9. Allusion y est faite \u00e0 une lettre adress\u00e9e par Napol\u00e9on aux \u00e9v\u00eaques de France qu\u2019il appelle individuellement \u00ab\u00a0mon cousin\u00a0\u00bb comme il \u00e9tait de tradition pour le roi, et o\u00f9 il leur demande de faire chanter un <em>Te Deum<\/em> pour son sacre.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"float: left;margin: 10px\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_6-1.jpg\" width=\"200\" height=\"273\"><\/a><span class=\"caps\">JOS\u00c9PHINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">BEAUHARNAIS<\/span><\/h4>\n<p>Cr\u00e9ole dont Bonaparte tombe amoureux fou, devenue imp\u00e9ratrice, elle demeure femme aux m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res, d\u00e9test\u00e9e de la famille imp\u00e9riale. Napol\u00e9on la r\u00e9pudie au nom de la raison d\u2019\u00c9tat \u2013 il veut un aiglon \u00e0 qui l\u00e9guer son empire. L\u2019histoire finit mal, mais Jos\u00e9phine reste la seule femme aim\u00e9e de l\u2019empereur, Madame M\u00e8re mise \u00e0 part.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les femmes sont l\u2019\u00e2me de toutes les intrigues, on devrait les rel\u00e9guer dans leur m\u00e9nage, les salons du gouvernement devraient leur \u00eatre ferm\u00e9s.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1779\" class=\"cit-num\">1779<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre de celui qui n\u2019est encore que jeune g\u00e9n\u00e9ral \u00e0 son fr\u00e8re Joseph, 8\u00a0septembre\u00a01795. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises<\/em>, Le Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On croirait entendre le cardinal de Richelieu. Et dans le m\u00eame esprit\u00a0: \u00ab\u00a0Mieux vaut que les femmes travaillent de l\u2019aiguille que de la langue, surtout pour se m\u00ealer des affaires politiques.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sa misogynie est bien connue. Elle a des cons\u00e9quences juridiques dans le Code civil\u00a0: la femme vit sous la tutelle du mari qui peut l\u2019envoyer en prison si elle commet un adult\u00e8re. Un homme dans la m\u00eame situation est puni d\u2019une simple amende. M\u00eame in\u00e9galit\u00e9 de traitement en mati\u00e8re de divorce\u00a0: pour l\u2019obtenir, la femme doit \u00e9tablir que son \u00e9poux a \u00e9tabli sa concubine au foyer commun. Par ailleurs, l\u2019instruction est r\u00e9serv\u00e9e aux hommes, dans les lyc\u00e9es et \u00e0 l\u2019Universit\u00e9.<\/p>\n<p>Bien que misogyne, Napol\u00e9on multiplie les ma\u00eetresses, mais ce n\u2019est pas un bon amant \u2013 homme trop press\u00e9, il n\u2019\u00f4te m\u00eame pas ses bottes. Mais il a passionn\u00e9ment aim\u00e9 sa premi\u00e8re femme \u2013 Jos\u00e9phine qui l\u2019a beaucoup tromp\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mille baisers sur tout toi\u00a0! Une belle nuit, les portes enfonc\u00e9es, et me voil\u00e0 dans votre lit.\u00a0Je te couvre d\u2019un millier de baisers br\u00fblants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettres d\u2019amour \u00e0 Jos\u00e9phine, 23 novembre 1796<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jeune vainqueur de la campagne d\u2019Italie a rencontr\u00e9 la belle Cr\u00e9ole dans un salon mondain. Il lui \u00e9crit tr\u00e8s souvent. Les lettres se suivent et se ressemblent\u00a0: \u00ab\u00a0T\u2019aimer, te rendre heureuse, voil\u00e0 le destin et le but de ma vie.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Seule la mort peut rompre notre amour. Mille et mille baisers tendres et amoureux.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Quand je serai dans tes bras, je te couvrirai de mes baisers les plus tendres. Je t\u2019embrasse tendrement un million de fois.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Mille baisers tendres, mon \u00e2me est dans la tienne.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Sans toi, il n\u2019est plus ni bonheur, ni vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sept ans plus tard\u00a0: \u00ab\u00a0Mon d\u00e9sir est de te plaire, ma volont\u00e9 est de t\u2019aimer.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Ma volont\u00e9 est de te plaire, de t\u2019aimer, et de t\u2019adorer.\u00a0\u00bb C\u2019est pourtant l\u2019homme le plus occup\u00e9, le plus hyperactif de notre Histoire.<\/p>\n<p>La belle lui r\u00e9pond parfois\u00a0: \u00ab\u00a0Une lettre est le portrait de l\u2019\u00e2me, et je presse la tienne contre mon c\u0153ur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Marie Jos\u00e8phe Rose Tascher de La Pagerie, dite Jos\u00e9phine de Beauharnais, veuve d\u2019Alexandre de Beauharnais (guillotin\u00e9 sous la Terreur) n\u2019a pas r\u00e9sist\u00e9 au jeune et beau g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte. Tout en l\u2019aimant passionn\u00e9ment, il va tr\u00e8s habilement se servir d\u2019elle \u00ab\u00a0triomphant de son invincible \u00e9poux\u00a0\u00bb, ce qui tend \u00e0 rassurer l\u2019opinion. Bonaparte instrumentalise l\u2019image de sa femme dans le jeu de pouvoir qu\u2019il organise\u00a0: \u00ab\u00a0Tandis qu\u2019il fascinait et inqui\u00e9tait par son allure martiale, Jos\u00e9phine rassurerait les \u00e2mes effray\u00e9es et emporterait les c\u0153urs.\u00a0\u00bb (Pierre Branda, <em>Jos\u00e9phine<\/em>, 2020)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019est aucun sacrifice qui ne soit au-dessus de mon courage, lorsqu\u2019il m\u2019est d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il est utile au bien de la France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1842\" class=\"cit-num\">1842<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) annon\u00e7ant son divorce au ch\u00e2teau des Tuileries, devant toute la famille imp\u00e9riale et la cour, 15\u00a0d\u00e9cembre 1809.<em> Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a pris brutalement cette d\u00e9cision qui lui co\u00fbte infiniment, \u00e9tant toujours fort \u00e9pris de Jos\u00e9phine. Mais raison d\u2019\u00c9tat oblige\u00a0: l\u2019empereur, \u00e0 40\u00a0ans, veut un h\u00e9ritier qu\u2019elle n\u2019a pu lui donner.<\/p>\n<p>Les larmes aux yeux, tenant la main de sa femme en pleurs, il lit son discours. \u00ab\u00a0Dieu sait combien une pareille r\u00e9solution a co\u00fbt\u00e9 \u00e0 mon c\u0153ur [\u2026] Ma bien-aim\u00e9e \u00e9pouse a embelli quinze ans de ma vie\u00a0; le souvenir en restera toujours grav\u00e9 dans mon c\u0153ur [\u2026] Qu\u2019elle ne doute jamais de mes sentiments, et qu\u2019elle me tienne toujours pour son meilleur et son plus cher ami.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La sinc\u00e9rit\u00e9 de l\u2019homme ne peut \u00eatre discut\u00e9e. La vie du couple fut cependant orageuse\u00a0: la tr\u00e8s jolie Cr\u00e9ole a beaucoup tromp\u00e9 le jeune et bouillant Bonaparte, l\u2019empereur collectionna les ma\u00eetresses. La naissance de son premier enfant naturel (le \u00ab\u00a0comte L\u00e9on\u00a0\u00bb) vient de lui prouver que la st\u00e9rilit\u00e9 ne vient pas de lui.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne conservant aucun espoir d\u2019avoir des enfants qui puissent satisfaire les besoins de sa politique et l\u2019int\u00e9r\u00eat de la France, je me plais \u00e0 lui donner la plus grande preuve d\u2019attachement et de d\u00e9vouement qui ait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e sur la terre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1843\" class=\"cit-num\">1843<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JOS\u00c9PHINE<\/span> (1763-1814), r\u00e9pondant \u00e0 Napol\u00e9on, 15\u00a0d\u00e9cembre 1809. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019imp\u00e9ratrice a \u00e9crit ces mots que l\u2019\u00e9motion l\u2019emp\u00eache de lire. Ils sont dits par le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de la famille imp\u00e9riale, le comte Regnault de Saint-Jean d\u2019Ang\u00e9ly. \u00ab\u00a0La dissolution de mon mariage ne changera rien aux sentiments de mon c\u0153ur\u00a0: l\u2019empereur aura toujours en moi sa meilleure amie. Je sais combien cet acte, command\u00e9 par la politique et par de si grands int\u00e9r\u00eats, a froiss\u00e9 son c\u0153ur, mais l\u2019un et l\u2019autre nous sommes glorieux du sacrifice que nous faisons au bien de la patrie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9pudi\u00e9e pour st\u00e9rilit\u00e9, apr\u00e8s deux enfants d\u2019un premier mariage, elle a aujourd\u2019hui 46\u00a0ans. Le lendemain, elle quitte les Tuileries pour ne plus jamais y revenir. Napol\u00e9on lui conserve son rang, son titre d\u2019imp\u00e9ratrice et laisse \u00e0 sa disposition le palais de l\u2019\u00c9lys\u00e9e, le ch\u00e2teau de Navarre et le domaine de Malmaison avec toutes ses collections. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle se retire. Bien que largement dot\u00e9e, elle peut toujours compter sur lui pour r\u00e9gler ses d\u00e9penses \u00ab\u00a0imp\u00e9riales\u00a0\u00bb. Toujours endett\u00e9e, extr\u00eamement coquette (elle poss\u00e8de des centaines de robes, de chaussures, de bijoux), elle continue \u00e0 b\u00e9n\u00e9ficier des largesses de Napol\u00e9on. En dix ans, il lui donne plus de trente millions \u2013 quoique rechignant, il paie pour lui \u00e9viter la faillite. Il l\u2019a vraiment aim\u00e9e, en fin de compte\u2026 Sa seconde femme lui donnera un fils, mais beaucoup plus de soucis\u00a0!<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">GENERAL<\/span> <span class=\"caps\">DAUMESNIL<\/span><\/h4>\n<p>Perdant magnifique\u00a0! Malgr\u00e9 une jambe perdue au combat, \u00ab\u00a0Jambe de bois\u00a0\u00bb tient bon le fort de Vincennes avec ses mutil\u00e9s. Il se rendra apr\u00e8s abdication de son empereur et reprendra du service sous la Restauration. On lui doit bien quelques statues, quelques avenues et une station de m\u00e9tro parisien \u00e0 son nom.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rendez-moi ma jambe et je vous rendrai Vincennes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1885\" class=\"cit-num\">1885<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">DAUMESNIL<\/span> (1776-1832), aux Alli\u00e9s assi\u00e9geant Vincennes, d\u00e9but avril\u00a01814. <em>Daumesnil\u00a0: \u00ab\u00a0Rendez-moi ma jambe et je vous rendrai Vincennes\u00a0\u00bb<\/em> (1970), Henri de Clairval<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Volontaire sous la R\u00e9volution fran\u00e7aise, g\u00e9n\u00e9ral et baron d\u2019Empire multipliant les actions d\u2019\u00e9clat, surnomm\u00e9 Jambe de bois, il a perdu une jambe \u00e0 Wagram (1809). Gouverneur du fort de Vincennes depuis 1812, il r\u00e9siste au si\u00e8ge des troupes coalis\u00e9es, alors que la capitale est d\u00e9j\u00e0 aux mains des Alli\u00e9s.<\/p>\n<p>Sa garnison se compose d\u2019un millier de gardes nationaux et de 300 invalides, qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0mon Jeu de quilles\u00a0\u00bb. Un stock de munitions consid\u00e9rable (\u00e9valu\u00e9 \u00e0 80\u00a0millions de francs) fait du donjon une poudri\u00e8re en puissance. La nuit du 30 au 31\u00a0mars, Jambe de bois et son Jeu de quilles ont rafl\u00e9 \u00e0 Montmartre armes, munitions, chevaux, canons, pour les ramener \u00e0 l\u2019abri dans Vincennes.<\/p>\n<p>Les Alli\u00e9s lui proposent finalement une forte somme pour sa reddition. D\u2019o\u00f9 la r\u00e9plique. Il n\u00e9gociera la capitulation avec Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span>, mais apr\u00e8s l\u2019exil de Napol\u00e9on.<\/p>\n<p>En 1830, quinquag\u00e9naire vaillant, toujours gouverneur de Vincennes et toujours r\u00e9sistant, il r\u00e9pond aux menaces des assaillants\u00a0: \u00ab\u00a0Je me fais sauter avec le ch\u00e2teau et nous nous rencontrerons en l\u2019air.\u00a0\u00bb Un sacr\u00e9 militaire comme la France les aime toujours. Jamais on ne d\u00e9boulonnera ce genre de statues qui m\u00e9rite d\u2019\u00eatre encore mieux connue\u00a0!<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">MARECHAL<\/span> <span class=\"caps\">NEY<\/span><\/h4>\n<p>Le \u00ab\u00a0Brave des Braves\u00a0\u00bb a quand m\u00eame pouss\u00e9 l\u2019empereur \u00e0 abdiquer, quand tout \u00e9tait perdu \u00e0 la fin de l\u2019Empire. Un an apr\u00e8s, au moment des Cent-Jours, il promet de ramener l\u2019usurpateur dans une cage de fer. Au lieu de cela, il se rend \u00e0 l\u2019empereur et sera fusill\u00e9 pour ce crime. Belle fin pour un perdant magnifique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e ne marchera pas\u00a0! dit Ney.<br>\u2014 L\u2019arm\u00e9e m\u2019ob\u00e9ira, dit Napol\u00e9on.<br>\u2014 Sire, l\u2019arm\u00e9e ob\u00e9it \u00e0 ses g\u00e9n\u00e9raux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1889\" class=\"cit-num\">1889<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NEY<\/span> (1769-1815), Fontainebleau, 4\u00a0avril 1814.<em> Le Proc\u00e8s du mar\u00e9chal Ney<\/em> (1955), Me Ren\u00e9 Floriot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le m\u00eame osera (avec le mar\u00e9chal Oudinot) prononcer le mot tabou d\u2019\u00ab\u00a0abdication\u00a0\u00bb devant l\u2019empereur. Le 5\u00a0avril, Napol\u00e9on est inform\u00e9 de la d\u00e9fection de Marmont qui d\u00e9fendait Fontainebleau. Le lendemain, Ney lui apprend que d\u2019autres mar\u00e9chaux s\u2019appr\u00eatent \u00e0 passer \u00e0 l\u2019ennemi.<\/p>\n<p>Rappelons la carri\u00e8re militaire du personnage. D\u2019origine tr\u00e8s modeste, sous-officier au d\u00e9but de la R\u00e9volution fran\u00e7aise, surnomm\u00e9 l\u2019\u00ab\u00a0Infatigable\u00a0\u00bb par ses hommes, promu g\u00e9n\u00e9ral de division en 1799, nomm\u00e9 mar\u00e9chal d\u2019Empire le 18 mai 1804, le \u00ab\u00a0Brave des braves\u00a0\u00bb encha\u00eene les exploits, au rendez-vous de presque toutes les grandes victoires de Napol\u00e9on. Il se r\u00e9v\u00e8le particuli\u00e8rement h\u00e9ro\u00efque lors des d\u00e9faites. Durant la campagne de Russie en 1812, il re\u00e7oit une balle dans le cou \u00e0 la Moskova (ou bataille de Borodino, le 6 septembre), ce qui lui vaudra le titre de \u00ab\u00a0prince de la Moskova\u00a0\u00bb. Il se d\u00e9voue ensuite \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-garde, prot\u00e8ge durant plus d\u2019un mois les d\u00e9bris de l\u2019arm\u00e9e, permettant aux civils et aux bless\u00e9s de disposer de plus de temps pour suivre la retraite. \u00c0 la bataille de la B\u00e9r\u00e9zina (26 au 29 novembre), il m\u00e8ne la charge des cuirassiers, faisant 5 000 prisonniers avec ses 7\u00a0000 hommes \u2013 un exploit.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ram\u00e8nerai l\u2019usurpateur dans une cage de fer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1933\" class=\"cit-num\">1933<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NEY<\/span> (1769-1815), au roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span>. <em>Vie du mar\u00e9chal Ney<\/em> (1816), Raymond Balthazar Maizeau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Brave des braves a pouss\u00e9 Napol\u00e9on \u00e0 abdiquer il y a moins d\u2019un an et s\u2019est ralli\u00e9 \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> qui le fait pair de France entre autres honneurs. Au d\u00e9but des Cent-Jours, le roi le charge d\u2019arr\u00eater le vol de l\u2019Aigle. Ney en fait le serment. Mais il va c\u00e9der au charisme de l\u2019empereur et se rallier \u00e0 lui avec ses troupes, le 13\u00a0mars.<\/p>\n<p>\u00c0 Waterloo, pouss\u00e9 par l\u2019\u00e9nergie du d\u00e9sespoir, il aura cinq chevaux tu\u00e9s sous lui\u00a0: \u00ab\u00a0Venez voir comment meurt un mar\u00e9chal de France\u00a0!\u00a0\u00bb dit-il. Tous les t\u00e9moins assurent qu\u2019il cherchait la mort \u2013 comme Napol\u00e9on qui a dit lui-m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai tout fait pour mourir \u00e0 Arcis\u00a0\u00bb (19 mars 1814). Mais le destin refuse parfois aux meilleurs combattants cette fin au combat. Dans ces deux cas, cela fera leur gloire <em>post mortem<\/em>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 une maladresse qui va nous co\u00fbter cher\u00a0! Le malheureux\u00a0! En se laissant prendre, il va nous faire plus de mal qu\u2019il ne nous en a fait le 13\u00a0mars en passant \u00e0 Bonaparte\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1954\" class=\"cit-num\">1954<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVIII<\/span> (1755-1824), le 7\u00a0juillet\u00a01815. <em>La Restauration et la Monarchie de Juillet<\/em> (1929), Jean Lucas-Dubreton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi est furieux. Il vient d\u2019apprendre l\u2019arrestation du mar\u00e9chal Ney par les hommes de la police de Fouch\u00e9. Fouch\u00e9 n\u2019a fait que son m\u00e9tier\u00a0: Ney est coupable aux yeux du nouveau r\u00e9gime qu\u2019il a trahi, alors qu\u2019il avait \u00e9t\u00e9 combl\u00e9 d\u2019honneurs, fait Commandant en chef de la cavalerie de France, gouverneur de la 6e division militaire\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats, droit au c\u0153ur\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1965\" class=\"cit-num\">1965<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NEY<\/span> (1769-1815), commandant lui-m\u00eame son peloton d\u2019ex\u00e9cution, 7\u00a0d\u00e9cembre 1815. Son mot de la fin. <em>Les Grands Proc\u00e8s de l\u2019histoire<\/em> (1924), Me Henri-Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Berryer, son avocat, n\u2019a pas pu sauver le \u00ab\u00a0Brave des Braves\u00a0\u00bb, coupable de s\u2019\u00eatre ralli\u00e9 \u00e0 l\u2019empereur sous les Cent-Jours. Il est \u00e0 pr\u00e9sent victime d\u00e9sign\u00e9e de la \u00ab\u00a0Terreur blanche\u00a0\u00bb, cette r\u00e9action ultra qui effraie le roi lui-m\u00eame.<\/p>\n<p>Juste apr\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution, Rochechouart dit \u00e0 Auguste du Vergier de La Rochejaquelein\u00a0: \u00ab\u00a0Voil\u00e0, mon cher ami, une grande le\u00e7on pour apprendre \u00e0 mourir.\u00a0\u00bb Louis-Victor-L\u00e9on de Rochechouart, <em>Souvenirs sur la R\u00e9volution, l\u2019Empire et la Restauration<\/em>, m\u00e9moires in\u00e9dits publi\u00e9s par son fils, Plon, 1892.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"float: left;margin: 10px\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_7-1.jpg\" width=\"200\" height=\"266\"><\/a><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> (<span class=\"caps\">LE<\/span> <span class=\"caps\">VAINCU<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">WATERLOO<\/span> <span class=\"caps\">ET<\/span> L\u2019<span class=\"caps\">EXIL\u00c9<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">SAINTE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">H\u00c9L\u00c8NE<\/span>)<\/h4>\n<p>Plus que le vainqueur d\u2019Austerlitz et le \u00ab\u00a0Souverain de l\u2019Europe\u00a0\u00bb, paradoxe apparent, c\u2019est le perdant final qui entre dans la l\u00e9gende, servi par Victor Hugo et toute la g\u00e9n\u00e9ration romantique, nostalgique de l\u2019\u00e9pop\u00e9e imp\u00e9riale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vivant, il a manqu\u00e9 le monde\u00a0; mort, il le poss\u00e8de.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1783\" class=\"cit-num\">1783<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>Vie de Napol\u00e9on<\/em>, livres\u00a0<span class=\"caps\">XIX<\/span> \u00e0\u00a0<span class=\"caps\">XXIV<\/span> des <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grand t\u00e9moin et acteur de l\u2019histoire, pour lui, la plus belle conqu\u00eate de Napol\u00e9on n\u2019est pas l\u2019Europe, mais celle de l\u2019imagination des g\u00e9n\u00e9rations qui ont suivi l\u2019Empire. Il ne cessera d\u2019\u00eatre fascin\u00e9 par l\u2019empereur, alors m\u00eame qu\u2019il le combat, en opposant r\u00e9solu\u00a0: \u00ab\u00a0Cet homme, dont j\u2019admire le g\u00e9nie et dont j\u2019abhorre le despotisme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il avait l\u2019air de se promener au milieu de sa gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1839\" class=\"cit-num\">1839<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CAMBAC\u00c9R\u00c8S<\/span> (1753-1824), archichancelier de l\u2019Empire et duc de Parme, parlant de Napol\u00e9on en 1809.<em> Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La cinqui\u00e8me coalition, qui r\u00e9unit l\u2019Angleterre et l\u2019Autriche en 1809, s\u2019est vite sold\u00e9e par la victoire de Napol\u00e9on sur l\u2019Autriche. D\u00e9faite par la Grande Arm\u00e9e \u00e0 Wagram (5 et 6\u00a0juillet), elle signe la paix de Vienne (14\u00a0octobre), perd 300\u00a0000\u00a0km2 et 3\u00a0500\u00a0000 habitants.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est le Souverain de l\u2019Europe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1840\" class=\"cit-num\">1840<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">METTERNICH<\/span> (1773-1859), 1809. <em>M\u00e9moires, documents et \u00e9crits divers laiss\u00e9s par le prince de Metternich, chancelier de cour et d\u2019\u00c9tat<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1880)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole de connaisseur. Ambassadeur d\u2019Autriche en France depuis 1806, le prince de Metternich est nomm\u00e9 chancelier et ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res en octobre\u00a01809, signant \u00e0 ce titre l\u2019humiliant trait\u00e9 (ou paix) de Vienne. Il choisit de s\u2019allier \u00e0 Napol\u00e9on, pour mieux l\u2019abattre le moment venu. Il va d\u00e9j\u00e0 n\u00e9gocier le mariage avec Marie-Louise d\u2019Autriche.<\/p>\n<p>Cette domination culminera en 1811\u00a0: le Grand Empire comporte 130 d\u00e9partements qui r\u00e9uniront 45\u00a0millions de \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, plus 40\u00a0millions d\u2019habitants des \u00c9tats vassaux (Italie, Espagne, Naples, duch\u00e9 de Varsovie, Conf\u00e9d\u00e9ration du Rhin, Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique).<\/p>\n<blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut que je fasse de tous les peuples de l\u2019Europe un m\u00eame peuple et de Paris la capitale du monde.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1849\" class=\"cit-num\">1849<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), fin 1810, \u00e0 son ministre Fouch\u00e9. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1974), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est le r\u00eave europ\u00e9en, plus tenaillant que jamais. \u00ab\u00a0Ma destin\u00e9e n\u2019est pas accomplie\u00a0; je veux achever ce qui n\u2019est qu\u2019\u00e9bauch\u00e9\u00a0; il me faut un code europ\u00e9en, une Cour de cassation europ\u00e9enne, une m\u00eame monnaie, les m\u00eames poids et mesures, les m\u00eames lois\u2026\u00a0\u00bb Les historiens s\u2019interrogent encore aujourd\u2019hui\u00a0: imp\u00e9rialiste \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur et avide de conqu\u00eates, patriote fran\u00e7ais voulant agrandir son pays, ou unificateur de l\u2019Europe en avance sur l\u2019histoire\u00a0?<\/p>\n<p>Napol\u00e9on s\u2019identifie \u00e0 Charlemagne, mais le temps n\u2019est plus \u00e0 ce genre d\u2019empire, les peuples sont devenus des nations, la R\u00e9volution de 1789 leur a parl\u00e9 de Libert\u00e9. Il invoque un autre mod\u00e8le historique\u00a0: \u00ab\u00a0Les Romains donnaient leurs lois \u00e0 leurs alli\u00e9s\u00a0; pourquoi la France ne ferait-elle pas adopter les siennes\u00a0?\u00a0\u00bb Le Code Napol\u00e9on s\u2019applique \u00e0 tout l\u2019Empire, depuis 1807. Et nombre de pays l\u2019adopteront de leur plein gr\u00e9.<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019aigle, avec les couleurs nationales, volera de clocher en clocher jusqu\u2019aux tours de Notre-Dame.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1927\" class=\"cit-num\">1927<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Golfe-Juan, Proclamation du 1er\u00a0mars 1815.<em> Recueil de pi\u00e8ces authentiques sur le captif de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, de m\u00e9moires et documents \u00e9crits par l\u2019empereur Napol\u00e9on<\/em> (1821-1822)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les Cent-Jours. L\u2019empereur annonce la couleur d\u00e8s le premier jour, se pose devant l\u2019arm\u00e9e en soldat de la R\u00e9volution et honnit le drapeau blanc de la Charte constitutionnelle\u00a0: \u00ab\u00a0Arrachez ces couleurs que la nation a proscrites, et qui pendant vingt-cinq ans servirent de ralliement \u00e0 tous les ennemis de la France\u00a0! Arborez cette cocarde tricolore\u00a0; vous la portiez dans nos grandes journ\u00e9es [\u2026] Reprenez ces aigles que vous aviez \u00e0 Ulm, \u00e0 Austerlitz, \u00e0 I\u00e9na.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il n\u2019en faut pas plus, pas moins non plus, pour que Napol\u00e9on gagne cet incroyable pari\u00a0: rallier les troupes envoy\u00e9es pour l\u2019arr\u00eater, soulever d\u2019enthousiasme les populations et traverser la France en vingt jours, sous les yeux de l\u2019Europe p\u00e9trifi\u00e9e. Ainsi commence le vol de l\u2019Aigle, sur la route Napol\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cet homme est revenu de l\u2019\u00eele d\u2019Elbe plus fou qu\u2019il n\u2019\u00e9tait parti. Son affaire est r\u00e9gl\u00e9e, il n\u2019en a pas pour quatre mois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1931\" class=\"cit-num\">1931<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joseph <span class=\"caps\">FOUCH\u00c9<\/span> (1759-1820), lucide quant \u00e0 l\u2019avenir, mars\u00a01815. <em>1815<\/em> (1893), Henry Houssaye<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Paroles de celui qui va redevenir ministre de la Police sous les Cent-Jours, et de nouveau sous la seconde Restauration. Napol\u00e9on conna\u00eet les d\u00e9fauts et les qualit\u00e9s de l\u2019homme. Fouch\u00e9 prendra son portefeuille le 21\u00a0mars 1815, en confiant \u00e0 Gaillard (lieutenant g\u00e9n\u00e9ral de police)\u00a0: \u00ab\u00a0Avant trois mois, je serai plus puissant que lui et s\u2019il ne m\u2019a pas fait fusiller, il sera \u00e0 mes genoux [\u2026] Mon premier devoir est de contrarier tous les projets de l\u2019empereur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Fouch\u00e9 a tort de trahir, mais il a raison de penser ainsi. Le retour de Napol\u00e9on d\u00e9clenche une nouvelle guerre europ\u00e9enne et le second trait\u00e9 de Paris (sign\u00e9 au Congr\u00e8s de Vienne) sera beaucoup moins cl\u00e9ment.<\/p>\n<p>La France n\u2019avait aucune chance de gagner, m\u00eame avec ce fabuleux meneur d\u2019hommes et manieur de foules, qui veut encore et toujours forcer le destin. C\u2019est l\u2019aventure de trop, c\u2019est aussi la l\u00e9gende. C\u2019est de toute mani\u00e8re l\u2019Histoire et l\u2019un des \u00e9pisodes les plus \u00e9tonnants.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Derri\u00e8re un mamelon, la garde \u00e9tait mass\u00e9e.<br>La garde, espoir supr\u00eame, et supr\u00eame pens\u00e9e [\u2026]<br>Tranquille, souriant \u00e0 la mitraille anglaise,<br>La garde imp\u00e9riale entra dans la fournaise.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1943\" class=\"cit-num\">1943<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Ch\u00e2timents, L\u2019Expiation<\/em> (1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on engage contre l\u2019anglais Wellington la Vieille Garde (l\u2019\u00e9lite, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la Jeune et de la Moyenne Garde). \u00c0 la t\u00eate de l\u2019infanterie alli\u00e9e, le duc de Wellington r\u00e9siste \u00e0 la cavalerie du g\u00e9n\u00e9ral Kellermann (fils du h\u00e9ros de Valmy), tandis que le mar\u00e9chal Ney, le \u00ab\u00a0Brave des Braves\u00a0\u00bb, cause de grosses pertes \u00e0 l\u2019ennemi.<\/p>\n<p>La Garde, d\u00e9cim\u00e9e, recule en ordre. Elle attend les secours de Grouchy, mais Grouchy ne peut emp\u00eacher la jonction des arm\u00e9es alli\u00e9es. Et c\u2019est Bl\u00fccher qui arrive (feld-mar\u00e9chal autrichien, \u00e2g\u00e9 de 72\u00a0ans, surnomm\u00e9 <em>Vorw\u00e4rts<\/em>, \u00ab\u00a0En avant\u00a0\u00bb). Il faut bien parler de trahison\u00a0! Le g\u00e9n\u00e9ral Louis de Bourmont, ancien chef chouan ralli\u00e9 \u00e0 Napol\u00e9on en mai\u00a0dernier, passe aux Prussiens et sera par ailleurs accus\u00e9 (dans le<em> M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em>) d\u2019avoir communiqu\u00e9 le plan fran\u00e7ais \u00e0 Bl\u00fccher. Les soldats ont r\u00e9pandu le bruit d\u2019autres trahisons de g\u00e9n\u00e9raux\u00a0: Soult, Vandamme, Dh\u00e9rin (Grouchy lui-m\u00eame sera mis en cause plus tard). D\u2019o\u00f9 les premiers cris de \u00ab\u00a0Sauve-qui-peut\u00a0!\u00a0\u00bb, puis \u00ab\u00a0Nous sommes trahis\u00a0!\u00a0\u00bb L\u2019arm\u00e9e napol\u00e9onienne se d\u00e9bande, pour la premi\u00e8re fois.<\/p>\n<p>Seule la partie de la garde command\u00e9e par Cambronne tient encore les lignes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un g\u00e9n\u00e9ral anglais leur cria\u00a0: Braves Fran\u00e7ais, rendez-vous\u00a0! Cambronne r\u00e9pondit\u00a0: Merde\u00a0! [\u2026] Foudroyer d\u2019un tel mot le tonnerre qui vous tue, c\u2019est vaincre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1944\" class=\"cit-num\">1944<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> (1862)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0mot de Cambronne\u00a0\u00bb est pass\u00e9 \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9\u00a0: anecdote rapport\u00e9e par Hugo dans son roman, Sacha Guitry lui d\u00e9dia une aimable pi\u00e8ce titr\u00e9e <em>Le Mot de Cambronne.<\/em><\/p>\n<p>On ne pr\u00eate qu\u2019aux riches\u00a0: Pierre Jacques \u00c9tienne, vicomte de Cambronne, fit un beau parcours militaire. Engag\u00e9 parmi les volontaires de 1792, il participe aux campagnes de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire. Nomm\u00e9 major g\u00e9n\u00e9ral de la garde imp\u00e9riale, il suit Napol\u00e9on \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Elbe, revient avec lui en 1815, est fait comte et pair de France sous les Cent-Jours et s\u2019illustre \u00e0 Waterloo, dans ce \u00ab\u00a0dernier carr\u00e9\u00a0\u00bb de la Vieille Garde qui va r\u00e9sister jusqu\u2019au bout.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Waterloo n\u2019est point une bataille\u00a0: c\u2019est le changement de front de l\u2019univers.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1949\" class=\"cit-num\">1949<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Mis\u00e9rables<\/em> (1862)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans ce roman en dix volumes, Hugo brosse une vaste fresque historique, sociale, humaine. Waterloo demeure \u00e0 jamais l\u2019un des moments cl\u00e9s de l\u2019Histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019avais demand\u00e9 vingt ans\u00a0; la destin\u00e9e ne m\u2019en a donn\u00e9 que treize.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1950\" class=\"cit-num\">1950<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au lendemain de Waterloo. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La phrase est exacte, mais pas le compte. En 1802, Napol\u00e9on Bonaparte, Premier Consul, est d\u00e9j\u00e0 ma\u00eetre de la France et de son destin, depuis le coup d\u2019\u00c9tat de Brumaire (1799), et m\u00eame depuis la campagne d\u2019Italie qui lui apporta la gloire et la popularit\u00e9, d\u00e8s 1797. Les historiens parlent g\u00e9n\u00e9ralement d\u2019une aventure de vingt-deux ans.<\/p>\n<p>Paradoxalement, cet \u00e9pisode des Cent-Jours, catastrophique pour la France, va nourrir le mythe\u00a0: Napol\u00e9on est redevenu un h\u00e9ros, il a forc\u00e9 le destin jusqu\u2019\u00e0 la fin et la l\u00e9gende va suivre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madame, Napol\u00e9on est en route pour Sainte-H\u00e9l\u00e8ne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1958\" class=\"cit-num\">1958<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">METTERNICH<\/span> (1773-1859), Lettre \u00e0 Marie-Louise, 13\u00a0ao\u00fbt 1815. <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1823), Las Cases<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019apog\u00e9e de sa carri\u00e8re politique. Ministre autrichien des Affaires \u00e9trang\u00e8res depuis 1809, artisan du mariage de Napol\u00e9on avec la fille de l\u2019empereur d\u2019Autriche, qui scellait une politique d\u2019alliance avec la France, il ne s\u2019entendit pas avec Napol\u00e9on qui, de surcro\u00eet, mena\u00e7ait trop l\u2019\u00e9quilibre europ\u00e9en tel qu\u2019il l\u2019entend, pour le bien de l\u2019Autriche. Metternich a donc favoris\u00e9 le retour des Bourbons, \u00e9tant l\u2019un des personnages importants du congr\u00e8s de Vienne qui s\u2019est achev\u00e9 le 9\u00a0juin 1815, donnant toutes satisfactions territoriales et morales \u00e0 l\u2019Autriche.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019esp\u00e8re qu\u2019on le traitera avec bont\u00e9 et douceur, et je vous prie, tr\u00e8s cher papa, d\u2019y contribuer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1959\" class=\"cit-num\">1959<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">LOUISE<\/span> (1791-1847), Lettre \u00e0 son p\u00e8re l\u2019empereur d\u2019Autriche, 15\u00a0ao\u00fbt 1815. <em>Revue historique<\/em>, 28e ann\u00e9e, volume\u00a0<span class=\"caps\">LXXXII<\/span> (1903)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La femme de l\u2019empereur d\u00e9chu ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est la seule pri\u00e8re que je puisse oser pour lui et la derni\u00e8re fois que je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 son sort, car je lui dois de la reconnaissance pour la tranquille indiff\u00e9rence dans laquelle il m\u2019a laiss\u00e9e vivre, au lieu de me rendre malheureuse.\u00a0\u00bb Ce sont vraiment des paroles de fille et d\u2019\u00e9pouse soumise.<\/p>\n<p>L\u2019exil sera la derni\u00e8re \u00e9preuve et peut-\u00eatre la plus dure pour cet homme d\u2019action. Il travaille \u00e0 sa l\u00e9gende avec le fameux <em>M\u00e9morial<\/em>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je d\u00e9sire que mes cendres reposent sur les bords de la Seine, au milieu de ce peuple fran\u00e7ais que j\u2019ai tant aim\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1982\" class=\"cit-num\">1982<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821).<em> M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1823), Las Cases<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces mots sont dans son testament, dat\u00e9 du 16\u00a0avril 1821. Il meurt le 5\u00a0mai, apr\u00e8s cinq ans de captivit\u00e9 \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, cinq ans d\u2019humiliation de la part du gouverneur anglais Hudson Lowe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On parlera de sa gloire,<br>Sous le chaume bien longtemps [\u2026]<br>Bien, dit-on, qu\u2019il nous ait nui,<br>Le peuple encore le r\u00e9v\u00e8re, oui, le r\u00e9v\u00e8re,<br>Parlez-nous de lui, Grand-m\u00e8re,<br>Parlez-nous de lui.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1984\" class=\"cit-num\">1984<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857), <em>Les Souvenirs du peuple<\/em> (1828), chanson. <em>L\u2019Empereur<\/em> (1853), Victor Auger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019une des plus belles chansons de ce parolier tr\u00e8s populaire, salu\u00e9 par Chateaubriand comme \u00ab\u00a0l\u2019un des plus grands po\u00e8tes que la France ait jamais produits\u00a0\u00bb et par Sainte-Beuve comme un \u00ab\u00a0po\u00e8te de pure race, magnifique et inesp\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pierre Jean de B\u00e9ranger contribue \u00e0 nourrir la l\u00e9gende napol\u00e9onienne avec \u00ab\u00a0la chanson lib\u00e9rale et patriotique qui fut et restera sa grande innovation\u00a0\u00bb (Sainte-Beuve). Le souvenir de l\u2019empereur sera bient\u00f4t li\u00e9 \u00e0 l\u2019opposition au roi. Sous cette Restauration, la dynastie au pouvoir n\u2019est pas si solide.<\/p>\n<h4>L\u2019<span class=\"caps\">AIGLON<\/span><\/h4>\n<p>Promis \u00e0 un grand destin, le fils de l\u2019Aigle survivra de malheurs en malchances pour mourir \u00e0 22 ans de tuberculose, mais sa gloire posthume est assur\u00e9e par Victor Hugo et plus encore Edmond Rostand.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le vingt-deuxi\u00e8me coup fut pour nous un coup de massue, il nous semblait tuer la race des Bourbons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1853\" class=\"cit-num\">1853<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Baron Fran\u00e7ois-Auguste Fauveau de <span class=\"caps\">FR\u00c9NILLY<\/span> (1768-1848). <em>Marie-Louise\u00a0: l\u2019imp\u00e9ratrice oubli\u00e9e<\/em> (1983), Genevi\u00e8ve Chastenet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019avis d\u2019un ultra. Mais tout Paris explose de joie au vingt-deuxi\u00e8me coup qui annonce la naissance d\u2019un fils\u00a0: le roi de Rome voit donc le jour, ce 20\u00a0mars 1811.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bel enfant qui ne fait que na\u00eetre,<br>Et pour qui nous formons des v\u0153ux,<br>En croissant, tu deviendras ma\u00eetre<br>Et r\u00e9gneras sur nos neveux.<br>Dame, dame, r\u00e9fl\u00e9chis bien,<br>Dame, dame, souviens-toi bien<br>Qu\u2019alors il ne faudra pas faire<br>Tout comme a fait, tout comme a fait ton p\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1854\" class=\"cit-num\">1854<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson pour le roi de Rome<\/em> (1811). <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parmi toutes les chansons en l\u2019honneur de l\u2019illustre nouveau-n\u00e9, celle-ci r\u00e9sonne comme un avertissement au p\u00e8re. La chanson donne le pouls d\u2019une opinion publique \u2013 c\u2019est rare et pr\u00e9cieux, sous l\u2019Empire o\u00f9 la rigueur de la censure \u00e9touffa bien des pens\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je l\u2019envie. La gloire l\u2019attend, alors que j\u2019ai d\u00fb courir apr\u00e8s elle [\u2026] Pour saisir le monde, il n\u2019aura qu\u2019\u00e0 tendre les bras.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1855\" class=\"cit-num\">1855<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Duroc, 20\u00a0mars 1811.<em> L\u2019Aiglon, Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span><\/em> (1959), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le p\u00e8re est boulevers\u00e9 devant le berceau de son fils, d\u2019autant plus que cette naissance comble l\u2019empereur. La dynastie semble install\u00e9e \u00e0 jamais. Il avoue son \u00e9motion \u00e0 l\u2019un de ses plus anciens compagnons de route et de gloire, connu au si\u00e8ge de Toulon en 1793.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma vie politique est termin\u00e9e. Je proclame mon fils, sous le nom de Napol\u00e9on <span class=\"caps\">II<\/span>, empereur des Fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1951\" class=\"cit-num\">1951<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), 22\u00a0juin 1815.<em> Dictionnaire des sciences politiques et sociales<\/em> (1855), Auguste Ott<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il abdique une seconde fois, mais cette fois en faveur de son fils. Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> est reconnu empereur le 23\u00a0juin par les Chambres des Cent-Jours. Non sans tumulte\u00a0! Et avec un argument juridique \u00e9tonnant\u00a0: dans le cas contraire, l\u2019abdication serait nulle et Napol\u00e9on pourrait repartir en guerre avec 50\u00a0000 hommes\u2026<\/p>\n<p>Les Alli\u00e9s veulent surtout se d\u00e9barrasser de lui, d\u00e9finitivement. Le vaincu se rend aux Anglais et c\u2019est la d\u00e9portation dans l\u2019\u00eele de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, \u00e0 1 900\u00a0km, en plein oc\u00e9an Atlantique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e9rerais qu\u2019on \u00e9gorge\u00e2t mon fils ou qu\u2019il f\u00fbt noy\u00e9 dans la Seine plut\u00f4t que de le voir jamais \u00e9lev\u00e9 \u00e0 Vienne comme prince autrichien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1960\" class=\"cit-num\">1960<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Les Errants de la gloire<\/em> (1933), princesse Lucien Murat (comtesse Marie de Rohan-Chabot)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En cette fin d\u2019ann\u00e9e 1815, il ignore que l\u2019Aiglon sera pr\u00e9cis\u00e9ment \u00e9lev\u00e9 \u00e0 Vienne par son grand-p\u00e8re maternel, comme un prince autrichien, sous le nom de duc de Reichstadt \u2013 c\u2019est l\u2019\u00ab\u00a0assassinat moral\u00a0\u00bb tant redout\u00e9 par le p\u00e8re pour son fils.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Angleterre prit l\u2019aigle et l\u2019Autriche l\u2019aiglon.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1961\" class=\"cit-num\">1961<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Chants du cr\u00e9puscule<\/em> (1835)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les destins tragiques inspirent les po\u00e8tes. Edmond Rostand, consid\u00e9r\u00e9 comme le dernier de nos auteurs romantiques, est le second p\u00e8re de l\u2019Aiglon et fit beaucoup pour sa gloire, dans la pi\u00e8ce qui porte son nom. Le r\u00f4le-titre est cr\u00e9\u00e9 en travesti par la star de la sc\u00e8ne, Sarah Bernhardt (1900). \u00c0 plus de 50\u00a0ans, elle triomphe en incarnant ce jeune prince mort \u00e0 21\u00a0ans. Magie de la sc\u00e8ne\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma tombe et mon berceau seront bien rapproch\u00e9s l\u2019un de l\u2019autre\u00a0! Ma naissance et ma mort, voil\u00e0 donc toute mon histoire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2078\" class=\"cit-num\">2078<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">REICHSTADT<\/span> (1811-1832), mourant \u00e0 21\u00a0ans de tuberculose, 22\u00a0juillet 1832. <em>Les Errants de la gloire<\/em> (1933), princesse Lucien Murat (comtesse Marie de Rohan-Chabot)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019Aiglon (h\u00e9ros de th\u00e9\u00e2tre pour Rostand), fils de l\u2019Aigle (Napol\u00e9on), ex-roi de Rome, promu Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (quelques jours, apr\u00e8s les deux abdications en\u00a01814 et\u00a01815) n\u2019aura pas le destin r\u00eav\u00e9 pour lui par son p\u00e8re, ni m\u00eame aucun r\u00f4le politique. Son grand-p\u00e8re maternel, Fran\u00e7ois\u00a0Ier d\u2019Autriche, y veille, occultant le souvenir de l\u2019empereur et le faisant duc de Reichstadt (petite ville de Boh\u00eame), tout en aimant tendrement l\u2019adolescent fragile.<\/p>\n<p>Louis-Napol\u00e9on Bonaparte se consid\u00e8re d\u00e9sormais comme le chef du parti bonapartiste, en tant que neveu de Napol\u00e9on\u00a0Ier \u2013 m\u00eame si l\u2019infid\u00e9lit\u00e9 notoire de sa m\u00e8re, Hortense de Beauharnais, femme de Louis Bonaparte, roi de Hollande, poussa son p\u00e8re \u00e0 nier sa paternit\u00e9 et \u00e0 rompre avec elle. Il se fera appeler Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span>, par respect pour feu Napol\u00e9on <span class=\"caps\">II<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tous deux sont morts. Seigneur, votre droite est terrible.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2079\" class=\"cit-num\">2079<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Po\u00e8me d\u2019ao\u00fbt\u00a01832<\/em> (Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, <em>Les Chants du cr\u00e9puscule<\/em>)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on est mort \u00e0 51\u00a0ans, le 5\u00a0mai 1821, apr\u00e8s cinq ans de captivit\u00e9 \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. La l\u00e9gende napol\u00e9onienne doit beaucoup au g\u00e9nie d\u2019Hugo et \u00e0 la comparaison in\u00e9vitable avec le prochain ma\u00eetre de la France, Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> le Petit.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">LES<\/span> <span class=\"caps\">CANUTS<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LYON<\/span><\/h4>\n<p>Ouvriers de la soie, premiers gr\u00e9vistes de l\u2019histoire, ils perdent tout dans cette lutte sociale in\u00e9gale, mais ils donnent l\u2019exemple pour la classe ouvri\u00e8re et restent singuli\u00e8rement vivants dans notre m\u00e9moire collective.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vivre libres en travaillant ou mourir en combattant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2069\" class=\"cit-num\">2069<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cri c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019\u00e9meute des canuts, 22\u00a0novembre\u00a01831. <em>Histoire du mouvement ouvrier,<\/em> tome\u00a0I (1948), \u00c9douard Doll\u00e9ans<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est aussi la devise inscrite sur leur drapeau noir, symbole de l\u2019anarchie. Mais la r\u00e9volte des ouvriers de la soie est d\u2019origine \u00e9conomique et non politique. Les soyeux (fabricants) ne respectent pas le nouveau tarif des salaires, sign\u00e9 par leurs d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s dont ils contestent le mandat. Commencent alors les \u00ab\u00a0trois glorieuses du prol\u00e9tariat lyonnais\u00a0\u00bb\u00a0: gr\u00e8ve, puis insurrection. Au matin du 22\u00a0novembre, les canuts de la Croix-Rousse descendent sur la ville en criant leur r\u00e9volte. Ils se retrouvent sans le vouloir ma\u00eetres de Lyon, vid\u00e9e de sa garnison qui risquait de pactiser avec les insurg\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Du travail ou la mort. Nous aimons mieux p\u00e9rir d\u2019une balle que de faim.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2071\" class=\"cit-num\">2071<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">R\u00e9ponse des ouvriers au pr\u00e9fet. <em>Compte-rendu des \u00e9v\u00e9nements qui ont eu lieu dans la ville de Lyon au mois de novembre\u00a01831<\/em> (1832), Louis Bouvier-Dumolart<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019H\u00f4tel de Ville de Lyon est occup\u00e9 par les insurg\u00e9s, mais de nouvelles troupes, command\u00e9es par le mar\u00e9chal Soult et le duc d\u2019Orl\u00e9ans, r\u00e9occupent la ville, expulsent 10\u00a0000 ouvriers, le 5\u00a0d\u00e9cembre 1831. Bilan\u00a0: 171 morts civils, 170 militaires, 600 arrestations. On destitue le pr\u00e9fet trop bienveillant \u00e0 l\u2019\u00e9gard des revendications ouvri\u00e8res. Le tarif \u00e0 l\u2019origine de la r\u00e9volte est proclam\u00e9 nul et non avenu\u00a0: \u00e9chec total de la premi\u00e8re grande gr\u00e8ve de l\u2019histoire de France. Mais elle fera \u00e9cole.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mais notre r\u00e8gne arrivera<br>Quand votre r\u00e8gne finira.<br>Alors nous tisserons le linceul du vieux monde<br>Car on entend d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9volte qui gronde\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2070\" class=\"cit-num\">2070<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Aristide <span class=\"caps\">BRUANT<\/span> (1851-1925), <em>La Complainte des canuts<\/em>, chanson. <em>La R\u00e9volte des canuts<\/em> (1975), Maurice Moissonnier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bruant immortalisera cette r\u00e9volte des canuts de Lyon au d\u00e9but de la Monarchie de Juillet, dans un chant dont la r\u00e9sonance refl\u00e8te surtout l\u2019esprit d\u2019anarchie, propre \u00e0 l\u2019auteur et \u00e0 son \u00e9poque \u2013 la Troisi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"float: left;margin: 10px\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_7-1.jpg\" width=\"200\" height=\"266\"><\/a><span class=\"caps\">ALPHONSE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span><\/h4>\n<p>Po\u00e8te romantique et historien de la R\u00e9volution, il se voue \u00e0 la politique pour d\u00e9fendre le peuple et son id\u00e9al de justice. La Deuxi\u00e8me R\u00e9publique doit beaucoup \u00e0 Lamartine, avant de l\u2019oublier tr\u00e8s injustement. Restent son nom et son \u0153uvre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La France est une nation qui s\u2019ennuie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2098\" class=\"cit-num\">2098<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse de <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span> (1790-1869), Discours \u00e0 la Chambre, 10\u00a0janvier 1839. <em>Dictionnaire de fran\u00e7ais Larousse<\/em>, au mot \u00ab\u00a0ennui\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e9put\u00e9 qui passera du \u00ab\u00a0juste milieu\u00a0\u00bb gouvernemental \u00e0 l\u2019opposition de gauche, il s\u2019adresse ici au roi et trouve une raison au mal de la France\u00a0: \u00ab\u00a0Vous avez laiss\u00e9 le pays manquer d\u2019action.\u00a0\u00bb L\u2019ennui est le mal du si\u00e8cle, surtout celui de la g\u00e9n\u00e9ration romantique qui vibre au souvenir exalt\u00e9 de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire et rejette cette monarchie bourgeoise, soutenue par une classe moyenne, satisfaite d\u2019elle-m\u00eame et visc\u00e9ralement conservatrice.<\/p>\n<p>Dans un discours \u00e0 M\u00e2con, participant \u00e0 la campagne des banquets, le 18\u00a0juillet 1847, Lamartine sera fier de pouvoir dire que cette phrase a fait le tour du monde. Sautant plus d\u2019un si\u00e8cle, on la retrouvera dans Le\u00a0Monde, sous la signature de Viansson-Pont\u00e9, deux mois avant les \u00e9v\u00e9nements de Mai\u00a068.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0P\u00e9rissent nos m\u00e9moires, pourvu que nos id\u00e9es triomphent\u00a0! [\u2026] Ce cri sera le mot d\u2019ordre de ma vie politique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2112\" class=\"cit-num\">2112<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse de <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span> (1790-1869), Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 27\u00a0janvier 1843. <em>Lamartine<\/em> (1969), Jacques Gaucheron<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 \u00ab\u00a0un grand mot, un grand et beau cri qui sortit un jour d\u2019une Assembl\u00e9e nationale de notre pays \u00e0 une de ces crises o\u00f9 l\u2019\u00e2me d\u2019un peuple tout entier para\u00eet s\u2019\u00e9lever au-dessus d\u2019elle-m\u00eame, et semble, pour ainsi dire, s\u2019\u00e9chapper par une seule voix, c\u2019est ce cri que vous connaissez tous\u00a0: P\u00e9rissent nos m\u00e9moires\u2026\u00a0\u00bb Allusion \u00e0 l\u2019<em>Histoire des Girondins<\/em> (qu\u2019il publie en 1847) avec ce mot de Robespierre \u00e0 propos des colonies.<\/p>\n<p>Orateur de plus en plus \u00e9cout\u00e9, d\u00e9put\u00e9 sans parti devenu tr\u00e8s populaire, pass\u00e9 \u00e0 l\u2019opposition sous le long minist\u00e8re Guizot (fin 1840 \u00e0 1847), il consacre ici sa rupture avec ce r\u00e9gime toujours plus conservateur. Toute sa vie t\u00e9moigne de sa sinc\u00e9rit\u00e9, d\u2019autant qu\u2019il sacrifie son \u0153uvre litt\u00e9raire aux exigences de la vie publique. Il ajoute dans le m\u00eame discours\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019ambition qu\u2019on a pour soi-m\u00eame s\u2019avilit et se trompe\u00a0; l\u2019ambition qu\u2019on a pour assurer la s\u00e9curit\u00e9 et la grandeur du pays, elle change de nom, elle s\u2019appelle d\u00e9vouement.\u00a0\u00bb On ne saurait mieux dire \u2013 fond et forme.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne me parlez pas des po\u00e8tes qui parlent de politique\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2113\" class=\"cit-num\">2113<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u2013<span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> (1773-1850). <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi est d\u2019autant plus irrit\u00e9 par l\u2019opposition de Lamartine qu\u2019il semble, avec l\u2019\u00e2ge, prendre go\u00fbt au pouvoir et vouloir non plus seulement r\u00e9gner, mais gouverner. Mais le temps est d\u00e9sormais compt\u00e9 pour la (derni\u00e8re) monarchie en France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019enthousiasme fanatique et double de la R\u00e9publique que je fonde et de l\u2019ordre que je sauve.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2145\" class=\"cit-num\">2145<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse de <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span> (1790-1869), chef du gouvernement provisoire, 24\u00a0f\u00e9vrier 1848.<em> <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle\u00a0: les grands auteurs fran\u00e7ais du programme<\/em> (1968), Andr\u00e9 Lagarde et Laurent Michard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Entr\u00e9 en politique avec la r\u00e9volution de 1830, l\u2019auteur doit continuer d\u2019\u00e9crire pour des raisons financi\u00e8res (son <em>Histoire des Girondins<\/em> qui fait r\u00e9f\u00e9rence). Mais la R\u00e9publique va le mobiliser \u00e0 plein temps et plein c\u0153ur, pendant deux ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le drapeau rouge que vous nous rapportez n\u2019a jamais fait que le tour du Champ de Mars, tra\u00een\u00e9 dans le sang du peuple en 91 et 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec le nom, la gloire et la libert\u00e9 de la patrie\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2146\" class=\"cit-num\">2146<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse de <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span> (1790-1869), chef du gouvernement provisoire, derniers mots de son discours du 25\u00a0f\u00e9vrier 1848.<em> Les Orateurs politiques de la France, de 1830 \u00e0 nos jours<\/em> (1898), Maurice Pellisson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son lyrisme fait merveille, aux grandes heures du si\u00e8cle romantique\u00a0! La veille, il a accept\u00e9 la proclamation de la R\u00e9publique comme un fait accompli. Mais ce jour, il refuse l\u2019adoption officielle du drapeau rouge et, seul des onze membres du gouvernement provisoire, il a le courage d\u2019aller vers la foule en armes qui cerne l\u2019H\u00f4tel de Ville, seul capable d\u2019apaiser les insurg\u00e9s du jour et de rallier le lendemain les mod\u00e9r\u00e9s \u00e0 la R\u00e9publique \u2013 une ambigu\u00eft\u00e9 fatale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On se redit, pendant un mois, la phrase de Lamartine sur le drapeau rouge, \u00ab\u00a0qui n\u2019avait fait que le tour du Champ de Mars tandis que le drapeau tricolore\u00a0\u00bb, etc.\u00a0; et tous se rang\u00e8rent sous son ombre, chaque parti ne voyant des trois couleurs que la sienne \u2013 et se promettant bien, d\u00e8s qu\u2019il serait le plus fort, d\u2019arracher les deux autres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2147\" class=\"cit-num\">2147<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">FLAUBERT<\/span> (1821-1880), <em>L\u2019\u00c9ducation sentimentale<\/em> (1869)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le romancier voit juste, aid\u00e9 par le recul du temps\u00a0: la confusion et l\u2019enthousiasme des premiers jours masquent toutes les incompatibilit\u00e9s d\u2019opinion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les quatre mois qui suivirent f\u00e9vrier furent un moment \u00e9trange et terrible. La France stup\u00e9faite, d\u00e9concert\u00e9e, en apparence joyeuse et terrifi\u00e9e en secret, [\u2026] en \u00e9tait \u00e0 ne pas distinguer le faux du vrai, le bien du mal, le juste de l\u2019injuste, le sexe du sexe, le jour de la nuit, entre cette femme qui s\u2019appelait Lamartine et cet homme qui s\u2019appelait George Sand.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2154\" class=\"cit-num\">2154<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Choses vues<\/em> (posthume). <em>L\u2019\u00c9crivain engag\u00e9 et ses ambivalences\u00a0: de Chateaubriand \u00e0 Malraux<\/em> (2003), Herbert R. Lottman<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grand t\u00e9moin \u00e0 la barre de l\u2019histoire de son temps, il note toutes ses impressions dans son <em>Journal<\/em>. Son \u0153uvre est une mine de citations et les plus belles appartiennent aux grandes \u00e9poques de trouble qui d\u00e9chir\u00e8rent la France. En prime, l\u2019humour est pr\u00e9sent et l\u2019antith\u00e8se hugolienne fort juste.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le gouvernement est compos\u00e9 d\u2019hommes excellents pour la plupart, tous un peu incomplets et insuffisants \u00e0 une t\u00e2che qui demanderait le g\u00e9nie de Napol\u00e9on et le c\u0153ur de J\u00e9sus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2155\" class=\"cit-num\">2155<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre au po\u00e8te ouvrier Charles Poncy, mars\u00a01848. <em>L\u2019\u00c9crivain engag\u00e9 et ses ambivalences\u00a0: de Chateaubriand \u00e0 Malraux<\/em> (2003), Herbert R. Lottman<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les \u00ab\u00a0hommes excellents\u00a0\u00bb, Lamartine en t\u00eate, sont des r\u00e9publicains radicaux et surtout mod\u00e9r\u00e9s, d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition sous la Monarchie de Juillet \u2013 Ledru-Rollin, Marie, Dupont de l\u2019Eure, Garnier-Pag\u00e8s, Arago le savant \u2013 ou des journalistes de gauche \u2013 Marrast, r\u00e9dacteur du <em>National<\/em>, Flocon de <em>La R\u00e9forme<\/em> \u2013 et quelques socialistes impos\u00e9s par les forces r\u00e9volutionnaires \u2013 Louis Blanc, Albert, un m\u00e9canicien. Pour eux, le plus dur est \u00e0 venir, mais apr\u00e8s une premi\u00e8re s\u00e9rie de d\u00e9crets les premiers jours, ce gouvernement a d\u00e9j\u00e0 d\u00fb se rendre impopulaire en augmentant les imp\u00f4ts de 45\u00a0%, d\u2019o\u00f9 le m\u00e9contentement des paysans. Toute la province se m\u00e9fie \u00e0 pr\u00e9sent des d\u00e9cisions venues de Paris. Les circulaires du radical Ledru-Rollin passent mal \u00e0 Bordeaux, Besan\u00e7on, Beauvais, Troyes. Il faut la caution de Lamartine pour rassurer les mod\u00e9r\u00e9s qu\u2019effraient les premi\u00e8res manifestations de rues dans la capitale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai conspir\u00e9 comme le paratonnerre conspire avec la foudre pour en d\u00e9gager l\u2019\u00e9lectricit\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2166\" class=\"cit-num\">2166<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse de <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span> (1790-1869), \u00e0 qui l\u2019accuse d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 l\u2019ami des agitateurs Blanqui et Raspail, S\u00e9ance du 12\u00a0juin\u00a01848.<em> Histoire parlementaire de l\u2019Assembl\u00e9e nationale<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1848), F. Wouters, <span class=\"caps\">A.J.C.<\/span> Gendeblen<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fid\u00e8le \u00e0 l\u2019id\u00e9al d\u00e9mocratique qui va le perdre, il refuse de jouer le r\u00f4le que l\u2019assembl\u00e9e conservatrice attend de lui et d\u2019entrer en guerre ouverte contre le peuple de gauche.<\/p>\n<p>Auteur d\u2019une belle <em>Histoire des Girondins<\/em> (1847) \u00e9crite pour donner \u00e0 ce peuple \u00ab\u00a0une haute le\u00e7on de moralit\u00e9 r\u00e9volutionnaire, propre \u00e0 l\u2019instruire et \u00e0 le contenir \u00e0 la veille d\u2019une r\u00e9volution\u00a0\u00bb, il se retrouve dans la situation inconfortable de ces r\u00e9publicains de 1793, trop mod\u00e9r\u00e9s pour les r\u00e9volutionnaires et trop r\u00e9volutionnaires pour les mod\u00e9r\u00e9s. Mais il y a plus grave que ce destin personnel\u00a0: \u00ab\u00a0Le 15\u00a0mai [1848] fortifia dans la majorit\u00e9 la haine des manifestations\u00a0; il jeta les r\u00e9publicains mod\u00e9r\u00e9s dans l\u2019alliance avec les conservateurs contre les socialistes. Ce fut la rupture d\u00e9finitive entre l\u2019Assembl\u00e9e et le peuple de Paris\u00a0\u00bb (Ernest Lavisse, <em>Histoire de la France contemporaine<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Oui, quand m\u00eame le peuple choisirait celui que ma pr\u00e9voyance, mal \u00e9clair\u00e9e peut-\u00eatre, redouterait de lui voir choisir, n\u2019importe\u00a0: Alea jacta est\u00a0! Que Dieu et le peuple prononcent\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2185\" class=\"cit-num\">2185<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse de <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span> (1790-1869), Assembl\u00e9e constituante, 4\u00a0novembre 1848. <em>Base de donn\u00e9es des d\u00e9put\u00e9s fran\u00e7ais depuis 1789<\/em> [en ligne], Assembl\u00e9e nationale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Homme de principe, fid\u00e8le \u00e0 son id\u00e9al d\u00e9mocratique et malgr\u00e9 le risque croissant de voir Louis-Napol\u00e9on Bonaparte au pouvoir, Lamartine d\u00e9fend ainsi le suffrage universel\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut laisser quelque chose \u00e0 la Providence\u00a0! Elle est la lumi\u00e8re de ceux qui, comme nous, ne peuvent pas lire dans les t\u00e9n\u00e8bres de l\u2019avenir\u00a0! Invoquons-la, prions-la d\u2019\u00e9clairer le peuple, et soumettons-nous \u00e0 son d\u00e9cret.\u00a0\u00bb Inscrit dans la Constitution du 12\u00a0novembre, le suffrage universel lui sera paradoxalement et cruellement fatal.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le citoyen Bonaparte \u00e9lu pr\u00e9sident de la R\u00e9publique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2189\" class=\"cit-num\">2189<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Armand <span class=\"caps\">MARRAST<\/span> (1801-1852), pr\u00e9sident de l\u2019Assembl\u00e9e constituante, D\u00e9claration du 20\u00a0d\u00e9cembre 1848. <em>Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1969), Georges Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e9sultats du scrutin des 10 et 11\u00a0d\u00e9cembre, proclam\u00e9s lors d\u2019une s\u00e9ance solennelle \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e. Triomphe pour le \u00ab\u00a0citoyen Bonaparte\u00a0\u00bb, \u00e9lu au suffrage universel par 75\u00a0% des votants (5,5\u00a0millions de voix). D\u00e9route de Lamartine qui n\u2019\u00e9tait candidat que de lui-m\u00eame (17\u00a0914 voix). Les voix r\u00e9publicaines se sont dispers\u00e9es entre Cavaignac (1,4\u00a0million de mod\u00e9r\u00e9s), Ledru-Rollin (370 000 d\u00e9mocrates) et Raspail (moins de 37\u00a0000 socialistes r\u00e9volutionnaires), trois candidats relativement ignor\u00e9s hors Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monsieur de Lamartine [\u2026] est bien toujours le m\u00eame, un pied dans chaque camp et sur chaque rive, un vrai colosse de Rhodes, ce qui fait que le vaisseau de l\u2019\u00c9tat lui passe toujours entre les jambes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2191\" class=\"cit-num\">2191<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Auguste <span class=\"caps\">BLANQUI<\/span> (1805-1881), <em>Critique sociale<\/em> (1885)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lamartine va quitter la sc\u00e8ne politique et vivre ses vingt derni\u00e8res ann\u00e9es en \u00ab\u00a0gal\u00e9rien de la plume\u00a0\u00bb\u00a0: pas assez riche pour s\u2019exiler comme Hugo ni pour se draper dans sa dignit\u00e9 d\u2019opposant comme Chateaubriand, il est condamn\u00e9 \u00e0 des travaux forc\u00e9s litt\u00e9raires pour \u00e9ponger ses dettes, oblig\u00e9 de vendre sa propri\u00e9t\u00e9 de Milly et devra m\u00eame solliciter de l\u2019Empire un secours d\u2019abord refus\u00e9. Sa famille refusera les fun\u00e9railles nationales, en 1869.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">LAMENNAIS<\/span><\/h4>\n<p>D\u00e9chir\u00e9 entre sa foi religieuse et son devoir politique, il se sacrifie pour la cause ouvri\u00e8re et perd tout, hors l\u2019honneur. Il reste comme le cr\u00e9ateur du catholicisme social.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La libert\u00e9 est le pain que les peuples doivent gagner \u00e0 la sueur de leur front.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2083\" class=\"cit-num\">2083<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">F\u00e9licit\u00e9 Robert de <span class=\"caps\">LAMENNAIS<\/span> (1782-1854),<em> Paroles d\u2019un croyant<\/em> (1834)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00eatre devenu lib\u00e9ral, fondateur d\u00e8s octobre\u00a01830 du journal <em>L\u2019Avenir<\/em> avec pour \u00e9pigraphe \u00ab\u00a0Dieu et la libert\u00e9\u00a0\u00bb, cr\u00e9ateur \u2013 sans autorisation \u2013 d\u2019une \u00e9cole libre, Lamennais est condamn\u00e9 en 1832 par le pape Gr\u00e9goire <span class=\"caps\">XVI<\/span>\u00a0: la souverainet\u00e9 du peuple est incompatible avec celle de Dieu. Apr\u00e8s une grave crise de conscience et un long silence, Lamennais \u00e9crit ce livre r\u00e9dig\u00e9 sous forme de versets comme la Bible et pr\u00eache le socialisme chr\u00e9tien\u00a0: Dieu veut l\u2019\u00e9galit\u00e9, la libert\u00e9 et la fraternit\u00e9 des hommes. On parlera plus tard de catholicisme social et de gauche chr\u00e9tienne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut aujourd\u2019hui de l\u2019or, beaucoup d\u2019or, pour jouir du droit de parler\u00a0; nous ne sommes pas assez riches. Silence au pauvre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2177\" class=\"cit-num\">2177<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">F\u00e9licit\u00e9 Robert de <span class=\"caps\">LAMENNAIS<\/span> (1782-1854), <em>Le Peuple Constituant<\/em>, 11\u00a0juillet 1848.<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Deuxi\u00e8me R\u00e9publique. Derniers mots du 134e et dernier num\u00e9ro du journal qui cesse de para\u00eetre, en raison d\u2019un cautionnement impos\u00e9 \u00e0 la presse.<\/p>\n<p>Pr\u00eatre en rupture d\u2019\u00c9glise, Lamennais est devenu un d\u00e9mocrate humaniste. \u00c9lu d\u00e9put\u00e9 \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e constituante, si\u00e9geant \u00e0 l\u2019extr\u00eame gauche, il \u00e9tait r\u00e9dacteur en chef de ce journal n\u00e9 avec le nouveau r\u00e9gime. Il se retire de la vie politique et meurt en 1854. Sa derni\u00e8re volont\u00e9, que son corps soit conduit directement au P\u00e8re-Lachaise, pour \u00eatre enterr\u00e9 \u00ab\u00a0au milieu des pauvres et comme le sont les pauvres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>George Sand, Michelet, Hugo ont dit ce qu\u2019ils doivent aux id\u00e9es de Lamennais, \u00e0 son c\u0153ur et \u00e0 son courage militants. Il reste aujourd\u2019hui encore un Nom, une r\u00e9f\u00e9rence, ce qu\u2019il n\u2019aurait sans doute pas imagin\u00e9.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">LEDRU<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ROLLIN<\/span><\/h4>\n<p>R\u00e9publicain tr\u00e8s socialiste bien que grand bourgeois, d\u00e9put\u00e9 radical, ministre \u00e9ph\u00e9m\u00e8re soutenu par Lamartine sous la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, meneur d\u2019hommes par vocation, il \u00e9choue par maladresse ou par malchance. Son nom reste dans la toponymie de nombreuses villes et dans les livres d\u2019histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les barricades sont contagieuses, c\u2019est la tentation, la passion h\u00e9r\u00e9ditaire de la population parisienne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2168\" class=\"cit-num\">2168<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LEDRU<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ROLLIN<\/span> (1807-1874). <em>Les R\u00e9voltes de Paris\u00a0: 1358-1968<\/em> (1998), Claude Dufresne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avocat de journalistes condamn\u00e9s apr\u00e8s les insurrections r\u00e9publicaines sous la Monarchie de Juillet, d\u00e9put\u00e9 d\u2019extr\u00eame gauche et ministre de l\u2019Int\u00e9rieur dans le gouvernement provisoire de f\u00e9vrier-mars\u00a01848, il se retrouve dans la nouvelle Commission ex\u00e9cutive (gouvernement tr\u00e8s provisoire) de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique \u2013 d\u00e9j\u00e0 bien \u00e9branl\u00e9e, faute de pouvoir satisfaire tous les espoirs mis en elle par le peuple\u00a0!<\/p>\n<p>Le 15\u00a0mai, une manifestation d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en coup de force et tourne au coup d\u2019\u00c9tat\u00a0: 50\u00a0000 personnes envahissent l\u2019Assembl\u00e9e. Les meneurs r\u00e9publicains sont arr\u00eat\u00e9s et emprisonn\u00e9s. Lamartine tente de r\u00e9tablir le calme par son \u00e9loquence. Mais la France mod\u00e9r\u00e9e s\u2019effraie. Le pouvoir doit faire face aux nouvelles journ\u00e9es du 23 au 26\u00a0juin 1848, suite \u00e0 la fermeture des Ateliers nationaux, le 21\u00a0juin\u00a0: bourgeois et rentiers s\u2019exasp\u00e9raient de devoir financer ces \u00ab\u00a0r\u00e2teliers nationaux\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019on pave, d\u00e9pave et repave les rues pour rien. 110\u00a0000 travailleurs se retrouvent jet\u00e9s sur le pav\u00e9 de Paris. Les barricades commencent \u00e0 l\u2019est de la capitale, dans les quartiers populaires. \u00ab\u00a0Paris qui n\u2019est Paris qu\u2019arrachant ses pav\u00e9s\u00a0\u00bb, \u00e9crira le po\u00e8te Aragon en 1942, deux ans avant la Lib\u00e9ration de Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis leur chef, il fallait bien les suivre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2198\" class=\"cit-num\">2198<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LEDRU<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ROLLIN<\/span> (1807-1874), au lendemain de l\u2019insurrection du 13\u00a0juin 1849.<em> Ledru-Rollin<\/em> (1859), Eug\u00e8ne de Mirecourt<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette biographie \u00e0 charge tend \u00e0 ridiculiser ou minimiser le personnage, mais la r\u00e9plique, souvent cit\u00e9e, tr\u00e8s pris\u00e9e des dictionnaires \u00e9trangers, est celle d\u2019un antih\u00e9ros, conscient des limites de son r\u00f4le dans l\u2019histoire. R\u00e9sumons la situation.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 les termes de la Constitution du 12\u00a0novembre\u00a01848 (qui \u00ab\u00a0respecte les nationalit\u00e9s \u00e9trang\u00e8res et n\u2019emploie jamais la force contre la libert\u00e9 d\u2019aucun peuple\u00a0\u00bb), le parti de l\u2019Ordre soutient le pape chass\u00e9 de Rome o\u00f9 s\u2019\u00e9tait \u00e9tablie une r\u00e9publique\u00a0: d\u2019o\u00f9 l\u2019exp\u00e9dition fran\u00e7aise contre Rome, le 24\u00a0avril 1849.<\/p>\n<p>Ledru-Rollin, le chef des d\u00e9mocrates, met le minist\u00e8re en accusation pour viol de la Constitution, le 11\u00a0juin. Accusation rejet\u00e9e le lendemain, mais le 13, une manifestation part de la place du Ch\u00e2teau-d\u2019Eau (aujourd\u2019hui place de la R\u00e9publique) vers le palais Bourbon. Elle d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en \u00e9meute, tandis qu\u2019un groupe de d\u00e9put\u00e9s tente de former un gouvernement provisoire. Ledru-Rollin a-t-il \u00e9t\u00e9 d\u00e9bord\u00e9 par \u00ab\u00a0ses troupes\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est temps que les bons se rassurent et que les m\u00e9chants tremblent.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2199\" class=\"cit-num\">2199<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1808-1873), pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, justifiant la condamnation de Ledru-Rollin et vingt autres montagnards, juin\u00a01849.<em> M\u00e9moires du duc de Persigny<\/em> (1896)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Suite \u00e0 la manifestation du 13\u00a0juin qui a d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9 en \u00e9meute, le pr\u00e9sident pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0Ce syst\u00e8me d\u2019agitation entretient dans le pays le malaise et la d\u00e9fiance qui engendrent la mis\u00e8re\u00a0; il faut qu\u2019il cesse.\u00a0\u00bb Ce langage ne peut que plaire \u00e0 un peuple \u00e9prouv\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements et cette derni\u00e8re insurrection n\u2019a pas trouv\u00e9 un r\u00e9el appui populaire. Le gouvernement, avec la majorit\u00e9 \u00e0 la Chambre, en profite pour liquider l\u2019opposition d\u00e9mocratique\u00a0: dix journaux suspendus, \u00e9tat de si\u00e8ge d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 \u00e0 Paris et \u00e0 Lyon, clubs ferm\u00e9s, d\u00e9put\u00e9s d\u2019opposition d\u00e9chus.<\/p>\n<p>Ledru-Rollin, qui a r\u00e9ussi \u00e0 passer en Angleterre, terre d\u2019accueil, va prendre contact avec d\u2019autres r\u00e9volutionnaires europ\u00e9ens (Kossuth le Hongrois, Mazzini l\u2019Italien, Ruge l\u2019Allemand). D\u00e9chu de son mandat de d\u00e9put\u00e9, condamn\u00e9 par contumace, il ne rentre en France que sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique. Exemple de \u00ab\u00a0non-carri\u00e8re\u00a0\u00bb politique, son nom reste n\u00e9anmoins dans la liste des hommes de gauche et dans la toponymie de nos villes.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/honneur-aux-perdantes-de-la-troisieme-republique-a-nos-jours\/\">Lire la suite\u00a0: Honneur aux perdant(e)s\u00a0! (De la Troisi\u00e8me R\u00e9publique \u00e0 nos jours)<\/a><\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici 46 cas, autant de situations diff\u00e9rentes et souvent dramatiques.Perdre la vie, perdre une bataille ou une place envi\u00e9e, perdre un combat id\u00e9ologique, perdre la confiance du peuple ou d\u2019un partenaire essentiel, perdre la face et l\u2019honneur.Perdre parce qu\u2019on est faible ou qu\u2019on se croit trop fort, perdre par malchance, par injustice ou par la [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":65,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-8879","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8879","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8879"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8879\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12710,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8879\/revisions\/12710"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8879"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8879"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8879"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}