{"id":8986,"date":"2021-05-10T13:43:36","date_gmt":"2021-05-10T11:43:36","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/napoleon-super-star-de-lhistoire-3e-episode-lempereur-absolu-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:08","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:08","slug":"napoleon-super-star-de-lhistoire-3e-episode-lempereur-absolu-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/napoleon-super-star-de-lhistoire-3e-episode-lempereur-absolu-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire\/","title":{"rendered":"Napol\u00e9on, super-star de l&#039;histoire (3e \u00e9pisode : l\u2019empereur absolu, pour le meilleur et pour le pire)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>La question n\u2019est pas\u00a0: faut-il comm\u00e9morer le bicentenaire\u00a0de sa mort\u00a0? \u00c9videmment oui\u00a0!!!<\/p>\n<p>Mais comment comm\u00e9morer\u00a0? En disant \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb, la l\u00e9gende dor\u00e9e du h\u00e9ros et la l\u00e9gende noire de l\u2019Ogre corse, ses convictions proclam\u00e9es et ses doutes avou\u00e9s, ses contradictions \u00e9videntes et ses pens\u00e9es intimes, avec ce sens du Destin aussi fort que sa superstition de Corse\u00a0: \u00ab\u00a0N\u2019est-ce pas que je suis de la poule blanche\u00a0!\u00a0\u00bb dit-il \u00e0 Mme M\u00e8re, ayant \u00e9chapp\u00e9 par miracle \u00e0 l\u2019attentat de la rue St Nicaise (22 morts et\u00a0 46 immeubles d\u00e9truits, No\u00ebl 1800).<\/p>\n<p>Autre pari, r\u00e9sumer cette page capitale du r\u00e9cit national en un \u00e9dito de quatre semaines, tout en paroles et en actions, plus un autoportrait en dix citations\u00a0: aller \u00e0 l\u2019essentiel, avec quelques d\u00e9tails et anecdotes peu connues. Libre \u00e0 vous de plonger ensuite dans la bibliographie pl\u00e9thorique, pour analyser une bataille (Austerlitz ou Waterloo), une institution (Code Civil ou L\u00e9gion d\u2019honneur), explorer les arcanes du personnage plus complexe que nature, passer en revue les partenaires amis ou ennemis, civils ou militaires, interroger les grands t\u00e9moins (Talleyrand, Chateaubriand), p\u00e9n\u00e9trer les coulisses d\u2019une vie priv\u00e9e tumultueuse entre sa grande famille, ses deux \u00e9pouses, l\u2019Aiglon ador\u00e9, une m\u00e8re au fort caract\u00e8re\u2026 et cette misogynie maintes fois affich\u00e9e. <\/p>\n<p>La forme de <em>l\u2019Histoire en citations<\/em> s\u2019impose plus que jamais\u00a0: la Chronique rebondit de mot en mot, l\u2019histoire galope avec cet acteur aussi dou\u00e9 pour le Verbe que pour l\u2019Action.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_6-7.jpg\" width=\"200\" height=\"273\" style=\"float: left;margin: 10px\"><\/a>\u00ab\u00a0Quel roman que ma vie\u00a0!\u00a0\u00bb dit le vaincu \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. Il p\u00e8che par modestie\u00a0! Sa vie est une \u00e9pop\u00e9e que nul auteur n\u2019aurait imagin\u00e9e, une tragicom\u00e9die dont Pie <span class=\"caps\">VII<\/span> donne la cl\u00e9, qualifiant l\u2019adversaire\u00a0en deux mots\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Commediante\u00a0! Tragediante\u00a0!\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb (cit\u00e9 par Vigny). Napol\u00e9on a fascin\u00e9 tous les t\u00e9moins, les historiens et le monde entier. Laissons le mot de la fin (provisoire) \u00e0 Chateaubriand, son grand opposant\u00a0: \u00ab\u00a0Cet homme, dont j\u2019admire le g\u00e9nie et dont j\u2019abhorre le despotisme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La l\u00e9gende suivra, nourrie par le <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> et la nostalgie du si\u00e8cle, les chansons populaires de B\u00e9ranger, les pages d\u2019Hugo fascin\u00e9 par le h\u00e9ros.<\/p>\n<p>L\u2019Histoire rebondit avec le Second Empire\u00a0: Louis-Napol\u00e9on Bonaparte s\u2019inspire de l\u2019illustre anc\u00eatre et le Nom lui permet d\u2019acc\u00e9der au pouvoir. Jusqu\u2019\u00e0 la chute, c\u2019est un copi\u00e9-coll\u00e9 de la geste napol\u00e9onienne, sans l\u00e9gende et le g\u00e9nie en moins.<\/p>\n<p>Ces citations sont tir\u00e9es de notre Chronique de citations sur le Directoire, le Consulat et l\u2019Empire (tome 6).<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Faites un tour dans la Boutique<\/a>, feuilletez les 20 premi\u00e8res pages de chaque volume et voyez si \u00e7a vaut le co\u00fbt (4 \u20ac le volume)\u00a0!<\/p>\n<p><strong>Napol\u00e9on, super-star de l\u2019histoire, retrouvez nos quatre \u00e9ditos\u00a0:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/napoleon-super-star-de-lhistoire-1er-episode-autoportrait-et-entree-dans-lhistoire\/\">Autoportrait et entr\u00e9e dans l\u2019Histoire<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/napoleon-super-star-de-lhistoire-2e-episode-un-quinquennat-eblouissant\/\">Un quinquennat \u00e9blouissant<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/napoleon-super-star-de-lhistoire-3e-episode-lempereur-absolu-pour-le-meilleur-et-pour-le-pire\/\">L\u2019empereur absolu, pour le meilleur et pour le pire<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/napoleon-super-star-de-lhistoire-4e-episode-des-cent-jours-au-second-empire\/\">Des Cent Jours au Second Empire<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h3>Troisi\u00e8me semaine\u00a0\u2013 l\u2019empereur absolu, pour le meilleur et pour le pire.<\/h3>\n<h4><span class=\"caps\">EMPIRE<\/span> (1804-1814)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour la gloire comme pour le bonheur de la R\u00e9publique, il [le S\u00e9nat] proclame \u00e0 l\u2019instant m\u00eame Napol\u00e9on empereur des Fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1791\" class=\"cit-num\">1791<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CAMBAC\u00c9R\u00c8S<\/span> (1753-1824), pr\u00e9sident du S\u00e9nat et du Conseil d\u2019\u00c9tat, D\u00e9claration du 18\u00a0mai 1804. <em>Vie de Cambac\u00e9r\u00e8s, ex-archichancelier<\/em> (1824), Antoine Aubriet, Tourneux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une semaine avant, le S\u00e9nat conservateur (tel est son nom, h\u00e9rit\u00e9 du Consulat, le pr\u00e9c\u00e9dent r\u00e9gime) a vot\u00e9 \u2013 \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 moins trois voix et deux abstentions \u2013 le projet de proclamation de l\u2019Empire.<\/p>\n<p>\u00c0 la demande de Cambac\u00e9r\u00e8s, on n\u2019attend pas la \u00ab\u00a0sanction du peuple\u00a0\u00bb\u00a0: la mise en application de la Constitution de l\u2019an X est imm\u00e9diate. Le r\u00e9sultat du pl\u00e9biscite pour l\u2019Empire \u00e9tait \u00e9vident\u00a0: plus de 3,5\u00a0millions de oui, 2\u00a0579 non (ao\u00fbt\u00a01804).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je jure de maintenir l\u2019int\u00e9grit\u00e9 du territoire de la R\u00e9publique [\u2026] de respecter et de faire respecter l\u2019\u00e9galit\u00e9 des droits, la libert\u00e9 politique et civile [\u2026] de gouverner dans la seule vue de l\u2019int\u00e9r\u00eat, du bonheur et de la gloire du peuple fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1797\" class=\"cit-num\">1797<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), cath\u00e9drale Notre-Dame de Paris, le jour de son sacre par Pie <span class=\"caps\">VII<\/span>, 2\u00a0d\u00e9cembre 1804. <em>Le Moniteu<\/em>r, phrase du journal officiel de l\u2019\u00e9poque, reprise dans toutes les bonnes biographies de l\u2019empereur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie dure cinq heures, entre la marche guerri\u00e8re et le<em> Te Deum<\/em>, un premier serment religieux de Napol\u00e9on, la messe, l\u2019<em>All\u00e9luia<\/em>, les oraisons, les cris de \u00ab\u00a0Vive l\u2019empereur\u00a0\u00bb et ce nouveau serment sur les \u00c9vangiles.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on impose sa volont\u00e9 au pape\u00a0: il a pris la couronne pr\u00e9sent\u00e9e, l\u2019a pos\u00e9e lui-m\u00eame sur sa t\u00eate avant de couronner son \u00e9pouse Jos\u00e9phine. Tr\u00e8s p\u00e2le, il se tourne vers son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, pour la seule \u00ab\u00a0improvisation\u00a0\u00bb (authentique) de cette spectaculaire c\u00e9r\u00e9monie\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Joseph, si notre p\u00e8re nous voyait\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1798\" class=\"cit-num\">1798<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 son fr\u00e8re le jour du sacre, 2\u00a0d\u00e9cembre 1804.<em> Encyclop\u00e9die Larousse<\/em>, article \u00ab\u00a0La jeunesse de Napol\u00e9on Bonaparte\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Peu fortun\u00e9 et d\u00e9pensier, il a tout fait pour que ses quatre fils puissent suivre de bonnes \u00e9tudes (si possible dans l\u2019arm\u00e9e) aux frais du roi. Il est mort en 1785 d\u2019un cancer \u00e0 l\u2019estomac \u2013\u00a0sans doute comme son fils, quelques ann\u00e9es plus tard.<\/p>\n<p>Leur m\u00e8re est bien vivante, mais absente. Elle refusa de participer au couronnement et de se soumettre \u00e0 l\u2019\u00e9tiquette impos\u00e9e par son fils qui exige qu\u2019on lui baise la main. Napol\u00e9on a beau temp\u00eater, tr\u00e9pigner\u00a0: \u00ab\u00a0Mais je suis l\u2019empereur\u00a0!\u00a0\u00bb, il se verra r\u00e9pondre un superbe et d\u00e9daigneux\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, mais vous \u00eates mon fils.\u00a0\u00bb On dit aussi qu\u2019elle est f\u00e2ch\u00e9e de la brouille entre Napol\u00e9on et son fr\u00e8re Lucien. Elle est quand m\u00eame sur le tableau de David, <em>Le Sacre<\/em> qui immortalise l\u2019\u00e9v\u00e9nement, lui-m\u00eame \u00e9tant sacr\u00e9 premier peintre de l\u2019empereur\u00a0en 1805\u00a0: une fresque (haute de 6,21 m\u00e8tres, large de 9,79 m\u00e8tres) \u00e0 la d\u00e9mesure de l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Toute la famille Bonaparte est r\u00e9unie. Napol\u00e9on sera combl\u00e9 par cette \u0153uvre, propre \u00e0 servir sa l\u00e9gende. \u00c0 la premi\u00e8re exposition publique du <em>Sacre<\/em>, au Salon de 1808, l\u2019empereur n\u2019a qu\u2019un mot\u00a0: \u00ab\u00a0Je vous salue, David.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je n\u2019ai pas succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, mais \u00e0 Charlemagne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1799\" class=\"cit-num\">1799<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span>, le jour du sacre en la cath\u00e9drale Notre-Dame de Paris, 2\u00a0d\u00e9cembre 1804. <em>Napol\u00e9on a dit<\/em> (1996), Lucian Regenbogen, pr\u00e9face de Jean Tulard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 peine couronn\u00e9 empereur des Fran\u00e7ais, il d\u00e9voile son ambition, le titre d\u2019empereur d\u2019Occident \u00e0 la t\u00eate du Grand Empire. Le 7\u00a0septembre, \u00e0 Aix-la-Chapelle, il s\u2019est recueilli devant le tombeau de Charlemagne, ordonnant une procession solennelle avec les symboles imp\u00e9riaux (couronne, \u00e9p\u00e9e, main de justice, globe, \u00e9perons d\u2019or). Notons que le sacre se tient \u00e0 Paris, non pas \u00e0 Reims, comme de tradition pour les rois de France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019entendons ronfler l\u2019canon,<br>Y g\u2019na plus \u00e0 s\u2019en d\u00e9dire\u00a0:<br>On couronn\u2019 Napol\u00e9on<br>Empereur de ce bel Empire.<br>\u00c7a nous promet pour l\u2019av\u2019nir<br>Ben du bonheur et du plaisir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1800\" class=\"cit-num\">1800<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Sacre de Napol\u00e9on<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On chante \u00e0 la gloire du grand homme, au front si couvert de lauriers que c\u2019est \u00e0 peine si on peut trouver \u00ab\u00a0un petit coin pour y placer la couronne\u00a0\u00bb\u00a0! Une certaine ironie commence \u00e0 poindre.<\/p>\n<p>Toutes ces \u00ab\u00a0vieilles chansons fran\u00e7aises\u00a0\u00bb, la plupart anonymes, sont encore chant\u00e9es, diffus\u00e9es sur Internet, ce qui montre, d\u2019une certaine mani\u00e8re, leur qualit\u00e9, leur originalit\u00e9, mais aussi le go\u00fbt des Fran\u00e7ais pour l\u2019histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monsieur mon Fr\u00e8re, appel\u00e9 au tr\u00f4ne de France par la Providence et par les suffrages du S\u00e9nat, du peuple et de l\u2019arm\u00e9e, mon premier sentiment est un v\u0153u de paix [\u2026] Le monde est assez grand pour que nos deux nations puissent y vivre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1801\" class=\"cit-num\">1801<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au roi Georges <span class=\"caps\">III<\/span> d\u2019Angleterre, Lettre du 2\u00a0janvier 1805. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 1er\u00a0janvier, \u00ab\u00a0Monsieur mon Fr\u00e8re\u00a0\u00bb \u00e9tait l\u2019empereur d\u2019Autriche et le d\u00e9sir de paix avec son peuple pareillement exprim\u00e9 par lettre, avec des arguments relevant de la raison et de l\u2019humanit\u00e9. Cependant, la troisi\u00e8me coalition s\u2019organise activement, et secr\u00e8tement\u00a0: l\u2019Angleterre sera bient\u00f4t alli\u00e9e \u00e0 la Russie et \u00e0 l\u2019Autriche contre la France. Rappelons qu\u2019en 1803, le Premier Consul consid\u00e9rait la Manche comme un foss\u00e9 possible \u00e0 franchir et envisageait les \u00ab\u00a0circonstances un peu favorisantes\u00a0\u00bb pour se rendre ma\u00eetre de Londres, du Parlement, de la Banque. Le blocus est aussi un projet longuement m\u00fbri, avant la r\u00e9alisation en 1806.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Dio me l\u2019ha data, guai a chi la tocchera\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> <br>\u00ab\u00a0Dieu me l\u2019a donn\u00e9e, gare \u00e0 qui la touchera\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1802\" class=\"cit-num\">1802<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), couronn\u00e9 roi d\u2019Italie, 26\u00a0mai 1805. <em>Dictionnaire g\u00e9ographique universel, contenant la description de tous les lieux du globe<\/em> (1839), A.\u00a0Lacrosse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La couronne \u00e9tait destin\u00e9e \u00e0 Joseph, pour que Napol\u00e9on ne cumule pas deux couronnes \u2013 suite \u00e0 sa fameuse campagne d\u2019Italie et \u00e0 la cr\u00e9ation de la R\u00e9publique cisalpine, s\u0153ur de la R\u00e9publique fran\u00e7aise depuis le Directoire. Mais Joseph entre dans des arguties juridiques et Louis, autre fr\u00e8re, s\u2019en m\u00eale. Cela ridiculise la diplomatie fran\u00e7aise, consterne Talleyrand, exasp\u00e8re Napol\u00e9on. Finalement, il prend la couronne et renouvelle la c\u00e9r\u00e9monie du sacre de Notre-Dame.<\/p>\n<p>Ces journ\u00e9es de Milan furent un grand moment pour l\u2019empereur \u00ab\u00a0rayonnant de joie\u00a0\u00bb aux dires des t\u00e9moins et pour un \u00ab\u00a0grand peuple r\u00e9veill\u00e9\u00a0\u00bb selon Chateaubriand\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Italie sortait de son sommeil et se souvenait de son g\u00e9nie comme d\u2019un r\u00eave divin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cet homme est insatiable, son ambition ne conna\u00eet pas de bornes\u00a0; il est un fl\u00e9au pour le monde\u00a0; il veut la guerre, il l\u2019aura, et le plus t\u00f4t sera le mieux\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1803\" class=\"cit-num\">1803<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ALEXANDRE<\/span>\u00a0Ier, fin mai\u00a01805. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1974), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le tsar de Russie apprend que la R\u00e9publique de G\u00eanes sollicite sa r\u00e9union \u00e0 l\u2019Empire. Napol\u00e9on, d\u00e9j\u00e0 m\u00e9diateur de la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse, vient de se faire couronner roi d\u2019Italie (Lombardie et \u00c9milie-Romagne). Craignant l\u2019h\u00e9g\u00e9monie fran\u00e7aise en Europe, le tsar rejoint l\u2019Angleterre en guerre depuis 1803 dans la troisi\u00e8me coalition.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je m\u2019afflige de ma mani\u00e8re de vivre qui, m\u2019entra\u00eenant dans les camps, dans les exp\u00e9ditions, d\u00e9tourne mes regards de ce premier objet de mes soins [\u2026], une bonne et solide organisation de ce qui tient aux banques, aux manufactures et au commerce.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1804\" class=\"cit-num\">1804<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) \u00e0 Barb\u00e9-Marbois, Camp de Boulogne, 24\u00a0ao\u00fbt 1805. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Regret r\u00e9current de ne pas faire assez pour les institutions. L\u2019Empereur, apr\u00e8s le Premier Consul, fit quand m\u00eame beaucoup en ce domaine et loin des champs de bataille, de ses mar\u00e9chaux et de ses hommes, il avouait s\u2019ennuyer.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sa Majest\u00e9 veut que l\u2019on \u00e9pargne \u00e0 son pavillon l\u2019opprobre\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1805\" class=\"cit-num\">1805<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Denis <span class=\"caps\">DECR\u00c8S<\/span> (1761-1820) \u00e0 Villeneuve. <em>Le Calendrier de l\u2019histoire<\/em> (1970), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le ministre de la Marine transmet \u00e0 Villeneuve, amiral de la flotte, le message de l\u2019empereur. \u00c0 Boulogne et voulant d\u00e9barquer en Angleterre, Napol\u00e9on a charg\u00e9 l\u2019amiral d\u2019attirer la flotte anglaise de Nelson vers les Antilles, avant de revenir en Manche. Ce plan a \u00e9chou\u00e9. Villeneuve se retrouve bloqu\u00e9 \u00e0 Cadix.<\/p>\n<p>Sur cet ordre de l\u2019empereur, il va sortir, mais Nelson fait de m\u00eame. La <em>Nelson touch<\/em>, autrement dit le \u00ab\u00a0coup de Trafalgar\u00a0\u00bb, man\u0153uvre habile, permettra \u00e0 l\u2019amiral anglais de triompher, le 21\u00a0octobre 1805.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu merci, j\u2019ai bien fait mon devoir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1806\" class=\"cit-num\">1806<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Amiral <span class=\"caps\">NELSON<\/span> (1758-1805), touch\u00e9 \u00e0 mort, \u00e0 bord du Victory, 21\u00a0octobre 1805. Mot de la fin.<em> Bibliographie universelle<\/em> (1842), Louis Gabriel Michaud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019amiral est mort, mais la flotte fran\u00e7aise est an\u00e9antie. Cette victoire navale assure d\u00e9sormais \u00e0 l\u2019Angleterre la ma\u00eetrise des mers. Mais sur terre, Napol\u00e9on encha\u00eene les victoires avec la Grande Arm\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sans reprendre haleine,<br>Comm\u2019 nous l\u2019esp\u00e9rions,<br>L\u2019Emp\u2019reur est dans Vienne<br>Avec ses bataillons\u00a0;<br>Mais qu\u2019il s\u2019en revienne [\u2026]<br>Pour que nous le chantions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1807\" class=\"cit-num\">1807<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Ronde sur la prise de Vienne<\/em> (1805), chanson. <em>Napol\u00e9on et la musique<\/em> (1965), Th\u00e9o Fleischman<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on entre \u00e0 Vienne le 13\u00a0novembre 1805. Victoire fran\u00e7aise, \u00e9pisode de la troisi\u00e8me coalition (1803-1805). On chante, mais la lassitude commence \u00e0 se faire sentir dans le pays. Toutes les classes de la soci\u00e9t\u00e9 souffrent de la reprise de la guerre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On va leur percer le flanc<br>En plain plan, r\u2019lan tan plan [\u2026]<br>Ah\u00a0! que nous allons rire\u00a0!<br>R\u2019lan tan plan tire lire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1808\" class=\"cit-num\">1808<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Marche d\u2019Austerlitz<\/em>, 2\u00a0d\u00e9cembre 1805, chanson.<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jour anniversaire du sacre de l\u2019empereur, les grenadiers montent \u00e0 l\u2019assaut\u00a0: sur ordre de Napol\u00e9on redevenu chef militaire, la musique de chaque bataillon joue la chanson connue de chaque homme (sur un timbre populaire).<\/p>\n<p>Selon le capitaine Coignet, soldat de la campagne d\u2019Italie, grognard \u00e0 Austerlitz et admis dans la garde\u00a0: \u00ab\u00a0Les tambours battaient \u00e0 rompre les caisses, la musique se m\u00ealait aux tambours. C\u2019\u00e9tait \u00e0 entra\u00eener un paralytique.\u00a0\u00bb Il sera de toutes les guerres de Napol\u00e9on, encha\u00eenant 48 batailles sans une blessure et mourra nonag\u00e9naire sous Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats, je suis content de vous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1809\" class=\"cit-num\">1809<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Proclamation d\u2019Austerlitz, 2\u00a0d\u00e9cembre 1805. <em>Histoire de l\u2019empereur Napol\u00e9on<\/em> (1834), Abel Hugo<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Abel Hugo est le fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de Victor, et leur p\u00e8re, g\u00e9n\u00e9ral d\u2019Empire, a particip\u00e9 \u00e0 toutes les guerres de Napol\u00e9on. Cela explique en partie l\u2019inspiration et la nostalgie imp\u00e9riales dans la famille.<\/p>\n<p>Au soir de la victoire, le g\u00e9n\u00e9ral sait comme toujours trouver les mots pour ses troupes. Ici, le plus simple est le plus vrai.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il vous suffira de dire\u00a0: j\u2019\u00e9tais \u00e0 la bataille d\u2019Austerlitz, pour qu\u2019on vous r\u00e9ponde\u00a0: voil\u00e0 un brave\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1810\" class=\"cit-num\">1810<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), fin de la Proclamation d\u2019Austerlitz, 2\u00a0d\u00e9cembre 1805.<em> Faits m\u00e9morables de l\u2019histoire de France<\/em> (1844), Louis Michelant<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette \u00ab\u00a0bataille des Trois Empereurs\u00a0\u00bb opposa les 65\u00a0000 hommes de Napol\u00e9on aux 90\u00a0000 hommes d\u2019Alexandre\u00a0Ier (Russie) et de Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (Saint Empire romain germanique). Le dieu de la guerre et de la fortune est avec Napol\u00e9on\u00a0: le brouillard matinal cache ses mouvements \u00e0 l\u2019ennemi, et le soleil d\u2019Austerlitz brille sur une suite de man\u0153uvres tactiques hardies, et r\u00e9ussies \u2013 un classique, enseign\u00e9 dans les \u00e9coles de guerre. Le bronze des 180 canons ennemis sera fondu pour \u00e9difier la colonne Vend\u00f4me (inspir\u00e9e de la colonne de Trajan, \u00e0 Rome).<\/p>\n<p>La victoire d\u2019Austerlitz met fin \u00e0 la troisi\u00e8me coalition \u2013 l\u2019Angleterre est invaincue, mais reste seule. Le trait\u00e9 de Presbourg est sign\u00e9 le 26\u00a0d\u00e9cembre par Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> qui abdique la couronne du Saint Empire et reconna\u00eet la Conf\u00e9d\u00e9ration du Rhin. Mais le tsar ne signe pas. Il sortira finalement vainqueur du duel avec Napol\u00e9on dans la campagne de Russie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La libert\u00e9 de la pens\u00e9e est la premi\u00e8re conqu\u00eate du si\u00e8cle. L\u2019Empereur veut qu\u2019elle soit conserv\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1811\" class=\"cit-num\">1811<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), <em>Le Moniteur<\/em>, 22\u00a0janvier 1806<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9cisons que c\u2019est un journal tr\u00e8s officiel\u2026 et il n\u2019en reste pratiquement plus d\u2019autres. Apr\u00e8s les 1\u00a0500 p\u00e9riodiques n\u00e9s au d\u00e9but de la R\u00e9volution, plus de 70 paraissaient encore \u00e0 Paris sous le Directoire. Ils ne seront plus que 4 en 1811. En 1810, un seul journal par d\u00e9partement \u2013 reproduisant les pages politiques du <em>Moniteur<\/em>, sous contr\u00f4le du pr\u00e9fet.<\/p>\n<p>La libert\u00e9 de pens\u00e9e est r\u00e9duite comme celle de la presse. M\u00eame les trag\u00e9dies classiques, r\u00e9pertoire pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de l\u2019empereur, sont \u00e9pur\u00e9es\u00a0: les habitu\u00e9s du Th\u00e9\u00e2tre-Fran\u00e7ais, brochure en main, s\u2019amusent \u00e0 traquer les nouvelles coupes impos\u00e9es par la censure imp\u00e9riale \u00e0 Racine et Corneille. Les contemporains sont dociles. Sauf exception. Chateaubriand est hostile au r\u00e9gime (depuis l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien). Dans son discours de r\u00e9ception \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, il veut faire l\u2019\u00e9loge de la libert\u00e9. Napol\u00e9on le lui interdit. Mme\u00a0de Sta\u00ebl est plus gravement pers\u00e9cut\u00e9e\u00a0: l\u2019exil punit sa libert\u00e9 d\u2019expression.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce qui para\u00eet est mis\u00e9rable\u00a0! cela d\u00e9go\u00fbte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1758\" class=\"cit-num\">1758<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Journal\u00a0: notes intimes et politiques d\u2019un familier des Tuileries<\/em> (posthume, 1909), Pierre-Louis Roederer<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur a souvent ce mot, comme d\u00e9j\u00e0 le Premier Consul, d\u00e9\u00e7u par la production litt\u00e9raire de son temps. Sans doute veut-il trop diriger la pens\u00e9e des cr\u00e9ateurs et des intellectuels. La plupart se soumettent\u00a0: les \u00ab\u00a0best-sellers\u00a0\u00bb d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 les amateurs de romans et de po\u00e8mes abondent sont aujourd\u2019hui illisibles. Paradoxalement, le personnage de Napol\u00e9on Bonaparte inspirera des chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise et mondiale\u00a0!<\/p>\n<p>M\u00eame pauvret\u00e9 dans le domaine th\u00e9\u00e2tral. Le genre qui fait fureur sur les boulevards, c\u2019est le m\u00e9lodrame. Napol\u00e9on m\u00e9prise le \u00ab\u00a0m\u00e9lo\u00a0\u00bb, il n\u2019aime que le genre noble, la trag\u00e9die (\u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise), mais aucun auteur ne peut rivaliser, m\u00eame de loin, avec les dramaturges du si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>. Il a quand m\u00eame trouv\u00e9 son grand acteur, Talma.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on a plus de chance dans le domaine des beaux-arts. David, peintre officiel issu de la R\u00e9volution, est toujours aussi\u00a0 inspir\u00e9 dans le parcours impos\u00e9 par le nouveau ma\u00eetre de la France\u00a0: voir Le Sacre, chef-d\u2019\u0153uvre de l\u2019\u00e9cole n\u00e9oclassique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Votre Saintet\u00e9 est souveraine de Rome, mais j\u2019en suis l\u2019Empereur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1812\" class=\"cit-num\">1812<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Sa Saintet\u00e9 le Pape, Paris, 13\u00a0f\u00e9vrier 1806.<em> L\u2019\u00c9glise et la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0: histoire des relations de l\u2019\u00c9glise et de l\u2019\u00c9tat<\/em> (1864), Edmond de Pressens\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En vertu du Concordat (1801), il pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0Nos conditions doivent \u00eatre que Votre Saintet\u00e9 aura pour moi, dans le temporel, les m\u00eames \u00e9gards que je lui porte pour le spirituel.\u00a0\u00bb Mais les relations commencent \u00e0 se g\u00e2ter s\u00e9rieusement, entre ces deux fortes personnalit\u00e9s\u00a0!<\/p>\n<p>Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> voit d\u2019un mauvais \u0153il toute l\u2019Italie passer sous domination fran\u00e7aise, les territoires annex\u00e9s au fur et \u00e0 mesure des conqu\u00eates imp\u00e9riales et les enclaves pontificales occup\u00e9es par le fr\u00e8re de l\u2019empereur, Joseph Bonaparte roi de Naples.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019y aura pas d\u2019\u00c9tat politique fixe s\u2019il n\u2019y a pas un corps enseignant avec des principes fixes. Tant qu\u2019on n\u2019apprendra pas, d\u00e8s l\u2019enfance, s\u2019il faut \u00eatre r\u00e9publicain ou monarchique, catholique ou irr\u00e9ligieux, l\u2019\u00c9tat ne formera point une nation.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1813\" class=\"cit-num\">1813<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), 10\u00a0mai 1806. <em>Revue politique et litt\u00e9raire\u00a0: revue bleue<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1889)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En vertu de quoi \u00ab\u00a0il sera form\u00e9 sous le nom d\u2019Universit\u00e9 imp\u00e9riale un corps charg\u00e9 exclusivement de l\u2019enseignement et de l\u2019\u00e9ducation publics dans tout l\u2019Empire.\u00a0\u00bb L\u2019Universit\u00e9 de France sera cr\u00e9\u00e9e en 1807 et organis\u00e9e par d\u00e9cret du 25\u00a0novembre 1811, sous l\u2019autorit\u00e9 du grand ma\u00eetre Louis de Fontanes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu a \u00e9tabli Napol\u00e9on, notre souverain, l\u2019a rendu son image sur la terre [\u2026] Honorer et servir notre Empereur est donc honorer et servir Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1814\" class=\"cit-num\">1814<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Abb\u00e9 Paul d\u2019<span class=\"caps\">ASTROS<\/span> (1772-1851), <em>Cat\u00e9chisme \u00e0 l\u2019usage de toutes les \u00c9glises de l\u2019Empire fran\u00e7ais<\/em>, 4\u00a0ao\u00fbt 1806<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le r\u00e9dacteur, neveu de Portalis, ministre des Cultes, s\u2019inspire de Bossuet, mais insiste plus lourdement sur l\u2019ob\u00e9issance au prince qui gouverne. Napol\u00e9on a mis la religion \u00e0 son service et certains courtisans exag\u00e8rent. Un autre passage du cat\u00e9chisme imp\u00e9rial pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0On doit \u00e0 l\u2019Empereur l\u2019amour, les imp\u00f4ts, le service militaire, sous peine de damnation \u00e9ternelle.\u00a0\u00bb Autrement dit, les opposants iront en enfer.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un roi doit se d\u00e9fendre et mourir dans ses \u00c9tats. Un roi \u00e9migr\u00e9 et vagabond est un sot personnage.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1815\" class=\"cit-num\">1815<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Joseph, roi de Naples, 9\u00a0ao\u00fbt 1806. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a chass\u00e9 les Bourbons du royaume de Naples pour y mettre son fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Mais il n\u2019approuve pas souvent la politique des nouveaux souverains qu\u2019il essaime en Europe et ceux-ci ont des difficult\u00e9s avec leurs peuples. Dans ses r\u00e9formes inspir\u00e9es du Consulat, Joseph se montre bien faible, oubliant que \u00ab\u00a0la force et une justice s\u00e9v\u00e8res sont la bont\u00e9 des rois\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 tout peuple conquis, il faut une r\u00e9volte, et je regarderai une r\u00e9volte \u00e0 Naples comme un p\u00e8re de famille voit une petite v\u00e9role \u00e0 ses enfants, pourvu qu\u2019elle n\u2019affaiblisse pas trop le malade.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1816\" class=\"cit-num\">1816<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Joseph, roi de Naples, 17\u00a0ao\u00fbt 1806. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il use d\u2019une m\u00e9taphore singuli\u00e8re pour \u00eatre mieux compris de son a\u00een\u00e9. Mais Joseph ne restera que deux ans sur ce tr\u00f4ne. Remplac\u00e9 par Murat, il se retrouvera en Espagne o\u00f9 la population madril\u00e8ne se r\u00e9voltera bien davantage\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pas besoin de sabres, les gourdins suffiront pour ces chiens de Fran\u00e7ais\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1817\" class=\"cit-num\">1817<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FR\u00c9D\u00c9RIC<\/span>\u2013<span class=\"caps\">GUILLAUME<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span>, roi de Prusse, \u00e9t\u00e9 1806<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il apprend que les officiers prussiens s\u2019amusent \u00e0 aff\u00fbter leur sabre, sur les marches du perron de l\u2019ambassade de France. Mais le roi de Prusse a tort de jouer les matamores.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais on n\u2019a vu une d\u00e9route semblable\u00a0; jamais la terreur ne fut si g\u00e9n\u00e9rale\u00a0; les officiers d\u00e9clarent ouvertement qu\u2019ils ne veulent plus servir, tous d\u00e9sertent leurs drapeaux et retournent chez eux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1818\" class=\"cit-num\">1818<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joachim <span class=\"caps\">MURAT<\/span> \u00e0 Napol\u00e9on, I\u00e9na, 14\u00a0octobre 1806. <em>Napol\u00e9on et ses mar\u00e9chaux<\/em> (1910), \u00c9mile Auguste Zurlinden<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur Napol\u00e9on est redevenu Bonaparte le capitaine d\u2019artillerie, rectifiant la place des batteries la veille du combat, cependant que la Prusse a pr\u00e9sum\u00e9 de ses forces. Murat \u00ab\u00a0le Sabreur\u00a0\u00bb, commandant la cavalerie, a largement contribu\u00e9 \u00e0 la victoire. L\u2019arm\u00e9e prussienne est an\u00e9antie. La route de Berlin est ouverte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, le combat finit faute de combattants.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1819\" class=\"cit-num\">1819<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joachim <span class=\"caps\">MURAT<\/span> (1767-1815) \u00e0 Napol\u00e9on, Magdebourg, 11\u00a0novembre\u00a01806.<em> Napol\u00e9on et ses mar\u00e9chaux<\/em> (1910), \u00c9mile Auguste Zurlinden<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Trois semaines apr\u00e8s I\u00e9na, paraphrasant Rodrigue dans <em>Le Cid,<\/em> Murat rend compte \u00e0 l\u2019empereur de cette nouvelle victoire. La garnison prussienne s\u2019est rendue \u00e0 Ney. Bilan\u00a0: 110\u00a0000 prisonniers en 36 jours de campagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je veux conqu\u00e9rir la mer par la puissance de la terre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1820\" class=\"cit-num\">1820<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), D\u00e9cret de Berlin, 21\u00a0novembre\u00a01806.<em> Histoire \u00e9conomique et sociale de la France<\/em> (1976), Fernand Braudel, Ernest Labrousse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour r\u00e9soudre le \u00ab\u00a0probl\u00e8me anglais\u00a0\u00bb, autrement dit neutraliser l\u2019ennemi qui r\u00e8gne sur les mers, la guerre navale est impossible apr\u00e8s la d\u00e9faite de Trafalgar et le d\u00e9barquement semble irr\u00e9alisable. Napol\u00e9on reprend alors une autre id\u00e9e longuement m\u00e9dit\u00e9e, r\u00e9digeant lui-m\u00eame le d\u00e9cret.<\/p>\n<p>C\u2019est le Blocus continental\u00a0: \u00ab\u00a0Tout commerce et toute correspondance avec les \u00eeles Britanniques sont interdits.\u00a0\u00bb Y compris aux pays neutres.<\/p>\n<p>Le blocus aurait pu nuire \u00e0 l\u2019\u00e9conomie anglaise qui exporte un tiers de sa production. Mais il sera mal respect\u00e9, malgr\u00e9 la politique d\u2019annexion syst\u00e9matique pratiqu\u00e9e par Napol\u00e9on. L\u2019Angleterre est sauv\u00e9e par la contrebande.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on envahira les pays r\u00e9calcitrants\u00a0: l\u2019Espagne et la Russie. Par ailleurs, le sentiment national des pays occup\u00e9s va ressurgir, du fait des privations impos\u00e9es aux peuples.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quel massacre\u00a0! Et sans r\u00e9sultat\u00a0! Spectacle bien fait pour inspirer aux princes l\u2019amour de la paix et l\u2019horreur de la guerre\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1821\" class=\"cit-num\">1821<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) sur le champ de bataille d\u2019Eylau, 9\u00a0f\u00e9vrier 1807. <em>La Chambre noire de Longwoog\u00a0: le voyage \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1997), Jean-Paul Kauffmann<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e8s de 50\u00a0000 tu\u00e9s ou bless\u00e9s autour de lui. Co\u00fbteuse et am\u00e8re victoire en date du 8\u00a0f\u00e9vrier, remport\u00e9e avec l\u2019aide de Murat, Davout, Ney, Soult, Augereau et Lannes, contre les Russes sup\u00e9rieurs en nombre et ce qui restait des Prussiens. Napol\u00e9on d\u00e9couvre le spectacle atroce, le lendemain. Il commande un tableau, dictant tout ce que le peintre doit faire passer. Le projet fait l\u2019objet d\u2019un concours remport\u00e9 par Antoine-Jean Gros. Pour la premi\u00e8re fois, on voit le visage de Napol\u00e9on boulevers\u00e9, entour\u00e9 de ses g\u00e9n\u00e9raux et s\u2019inqui\u00e9tant des soins apport\u00e9s aux bless\u00e9s, qu\u2019ils soient fran\u00e7ais ou ennemis. C\u2019est naturellement un (admirable) tableau de propagande, mais le message est nouveau.<\/p>\n<p>Les batailles de la quatri\u00e8me coalition vont se poursuivre\u00a0: victoires \u00e0 Dantzig, Friedland\u2026 et jusqu\u2019au Mont Athos.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9cris au ministre de la Police d\u2019en finir avec cette folle de Mme\u00a0de Sta\u00ebl, et de ne pas souffrir qu\u2019elle sorte de Gen\u00e8ve, \u00e0 moins qu\u2019elle ne veuille aller \u00e0 l\u2019\u00e9tranger faire des libelles.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1822\" class=\"cit-num\">1822<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Regnault de Saint-Jean-d\u2019Ang\u00e9ly, procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Haute Cour, 20\u00a0avril 1807. <em>Les Opposants \u00e0 Napol\u00e9on\u00a0: l\u2019\u00e9limination des royalistes et des r\u00e9publicains, 1800-1815<\/em> (2003), G\u00e9rard Minart<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on est de plus en plus irrit\u00e9 par cette femme qui le hait d\u2019autant plus qu\u2019elle voulut se faire aimer de lui, jadis\u00a0: les deux plus grands g\u00e9nies du\u00a0si\u00e8cle, lui l\u2019homme et elle la femme, n\u2019\u00e9taient-ils pas faits pour cela, pensait-elle\u00a0! Ce n\u2019\u00e9tait certainement pas le genre de ma\u00eetresse recherch\u00e9e par Napol\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous autres peuples d\u2019Occident, nous avons tout g\u00e2t\u00e9 en traitant les femmes trop bien [\u2026] Elles ne doivent pas \u00eatre regard\u00e9es comme les \u00e9gales des hommes, et ne sont, en r\u00e9alit\u00e9, que des machines \u00e0 faire des enfants [\u2026] Il vaut mieux qu\u2019elles travaillent de l\u2019aiguille que de la langue.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1823\" class=\"cit-num\">1823<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Histoire de la France\u00a0: dynasties et r\u00e9volutions, de 1348 \u00e0 1852<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La cr\u00e9ation de la maison d\u2019\u00e9ducation des jeunes filles de la L\u00e9gion d\u2019honneur d\u2019\u00c9couen, le 15\u00a0mai 1807, est une occasion parmi d\u2019autres de manifester sa misogynie en r\u00e9action contre un <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle relativement \u00e9mancipateur et une id\u00e9ologie r\u00e9volutionnaire d\u00e9mocratique. Bref, \u00ab\u00a0\u00c9levez-nous des croyantes et non pas des raisonneuses.\u00a0\u00bb (note de l\u2019empereur).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monsieur le duc de Dantzig, l\u2019Empereur des Fran\u00e7ais vous salue et vous adresse ses chaleureuses f\u00e9licitations.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1824\" class=\"cit-num\">1824<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au mar\u00e9chal Lefebvre, 1er\u00a0juin 1807. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lefebvre vient de prendre Dantzig, derni\u00e8re place forte prussienne. Un si\u00e8ge tr\u00e8s difficile qui devait pr\u00e9parer le passage de la Grande Arm\u00e9e, trois semaines durant lesquelles il r\u00e9p\u00e8te \u00e0 ses artilleurs\u00a0: \u00ab\u00a0Je n\u2019entends rien \u00e0 votre affaire, mais fichez-moi un trou et j\u2019y passerai.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En r\u00e9compense, Lefebvre devient le premier duc d\u2019Empire \u2013 les distinctions vont pleuvoir ensuite sur la t\u00eate des chers mar\u00e9chaux. Cet homme modeste et brave a \u00e9pous\u00e9 une blanchisseuse, ex-cantini\u00e8re connue sous le nom de Madame Sans-G\u00eane. Le couple irrite quelque peu l\u2019empereur quand il para\u00eet \u00e0 la cour, mais cela n\u2019emp\u00eache pas une belle carri\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, je hais les Anglais autant que vous.<br>\u2014 En ce cas, la paix est faite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1827\" class=\"cit-num\">1827<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Alexandre\u00a0Ier\u00a0 (1777-1825), tsar de Russie, Tilsit, 25\u00a0juin 1807. <em>Le Grand Empire, 1804-1815<\/em> (1982), Jean Tulard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s la victoire de Friedland, c\u2019est l\u2019entrevue de Tilsit\u00a0: les deux empereurs s\u2019embrassent sur un radeau, au milieu du Niemen. Ils vont dialoguer durant vingt jours et r\u00eaver de se partager le monde\u00a0: l\u2019Occident \u00e0 la France, l\u2019Orient \u00e0 la Russie. Le trait\u00e9 sera sign\u00e9 le 7\u00a0juillet. En \u00e9change de certaines concessions, la Russie adh\u00e8re au Blocus continental et promet d\u2019entrer en guerre contre l\u2019Angleterre, si elle ne signe pas la paix avant novembre. Ce premier trait\u00e9 secret est suivi d\u2019un second au d\u00e9triment de la Prusse. Jamais Napol\u00e9on n\u2019a paru si puissant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils se sont embrass\u00e9s\u00a0!<br>Telles sont les nouvelles,<br>Dites-m\u2019en de plus belles<br>Si vous en connaissez\u00a0:<br>Ils se sont embrass\u00e9s [\u2026]<br>Vous, Anglais, p\u00e2lissez\u00a0:<br>Ils se sont embrass\u00e9s\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1828\" class=\"cit-num\">1828<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Antoine-Augustin de <span class=\"caps\">PIIS<\/span> (1755-1832), <em>Ils se sont embrass\u00e9s ou L\u2019Entrevue des deux empereurs \u00e0 Tilsit<\/em> (1807), chanson. <em>\u0152uvres choisies<\/em> (1810), Pierre-Antoine-Augustin de Piis<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 force de faire dans les vers de circonstance, l\u2019auteur se retrouve Premier Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Police, post\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1800 et qu\u2019il conserve jusqu\u2019en 1815, sous trois pr\u00e9fets de police successifs.<\/p>\n<p>L\u2019embrassade entre les deux empereurs devint c\u00e9l\u00e8bre. Mais \u00e9taient-ils sinc\u00e8res\u00a0? Rappelons les paroles de Napol\u00e9on, pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9es de 1807 et rapport\u00e9es dans ses <em>M\u00e9moires<\/em> par Talleyrand, ministre des Relations ext\u00e9rieures jusqu\u2019en ao\u00fbt\u00a0: \u00ab\u00a0Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est la derni\u00e8re fois que j\u2019entre en discussion avec cette pr\u00eatraille romaine.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1829\" class=\"cit-num\">1829<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Eug\u00e8ne de Beauharnais, 22\u00a0juillet 1807. \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise romaine et les N\u00e9gociations du Concordat (1800-1814)\u00a0\u00bb, <em>Revue des deux mondes<\/em>, tome <span class=\"caps\">LXXII<\/span> (1867)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La \u00ab\u00a0pr\u00eatraille\u00a0\u00bb, c\u2019est le pape et l\u2019empereur sous-estime l\u2019adversaire. Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> refuse d\u2019annuler le mariage (am\u00e9ricain) de J\u00e9r\u00f4me Bonaparte, le cadet de ses quatre fr\u00e8res, mineur \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il refuse aussi de se joindre au blocus contre l\u2019Angleterre, au nom de sa neutralit\u00e9 de pasteur universel.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on menace et charge Eug\u00e8ne de Beauharnais, son beau-fils (qu\u2019il a fait vice-roi d\u2019Italie), de passer le message\u00a0: \u00ab\u00a0Si l\u2019on veut continuer \u00e0 troubler les affaires de mes \u00c9tats, je ne reconna\u00eetrai le pape que comme \u00e9v\u00eaque de Rome [\u2026] Je ne craindrai pas de r\u00e9unir les \u00c9glises gallicane (fran\u00e7aise), italienne, allemande, polonaise, dans un concile pour faire mes affaires sans pape.\u00a0\u00bb Ce qui se fera, en 1811.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Concordat de 1801, compromis religieux qui satisfait les deux partis, et le sacre de 1804 qui comble l\u2019orgueil de l\u2019empereur, les relations des deux hommes tourneront au drame. Napol\u00e9on annexe les \u00c9tats de l\u2019\u00c9glise, le pape va l\u2019excommunier, l\u2019empereur le fait enlever et va le maintenir prisonnier\u00a0: c\u2019est <em>l\u2019Otage<\/em> du drame sign\u00e9 Paul Claudel.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Commediante\u00a0! Tragediante\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> <br>\u00ab\u00a0Com\u00e9dien\u00a0! Trag\u00e9dien\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1781\" class=\"cit-num\">1781<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PIE<\/span> <span class=\"caps\">VII<\/span> (1742-1823). <em>Servitude et grandeur militaires<\/em> (1835), Alfred de Vigny<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces deux mots n\u2019ont peut-\u00eatre pas \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s tels qu\u2019ils sont pass\u00e9s \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, mais ils refl\u00e8tent ce que ce pape de caract\u00e8re pensait de l\u2019empereur et \u00e0 juste titre.<\/p>\n<p>Don de la simulation et sens th\u00e9\u00e2tral sont deux qualit\u00e9s reconnues au grand premier r\u00f4le que fut Napol\u00e9on sur la sc\u00e8ne de l\u2019histoire. Son don de la mise en sc\u00e8ne, il en joue en artiste\u00a0: \u00ab\u00a0Rien n\u2019interrompt aussi bien une sc\u00e8ne tragique qu\u2019inviter l\u2019autre \u00e0 s\u2019asseoir\u00a0; lorsqu\u2019il est assis, le tragique devient comique.\u00a0\u00bb Il a pris des cours avec le plus c\u00e9l\u00e8bre soci\u00e9taire de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, son ami Talma. Il sait donner une dimension \u00e9pique aux d\u00e9faites comme aux victoires, revues et corrig\u00e9es par les peintres vou\u00e9s \u00e0 sa propagande. Le sommet de l\u2019art reste le sacre, dont Pie <span class=\"caps\">VII<\/span> est t\u00e9moin et acteur, condamn\u00e9 au second r\u00f4le\u00a0: Napol\u00e9on tint \u00e0 se couronner lui-m\u00eame et le pape n\u2019a b\u00e9ni que la couronne\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Romains donnaient leurs lois \u00e0 leurs alli\u00e9s. Pourquoi la France ne ferait-elle pas adopter les siennes\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1830\" class=\"cit-num\">1830<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821).<em> Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Code Napol\u00e9on va \u00eatre appliqu\u00e9 dans tout l\u2019Empire \u00e0 dater du 13\u00a0novembre 1807. Ce Code civil sera plus tard adopt\u00e9 par de nombreux autres pays de droit \u00e9crit.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tu r\u00e9gneras en Espagne, mais sur les Espagnols, jamais\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1831\" class=\"cit-num\">1831<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cri du peuple de Madrid, insurrection du Dos de mayo (2\u00a0mai 1808). <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le clerg\u00e9 espagnol, fid\u00e8le au pape, a soulev\u00e9 le peuple ardemment catholique en lui apprenant que Napol\u00e9on veut annexer l\u2019Espagne et occupe d\u00e9j\u00e0 Rome. Murat et ses mamelouks ont envahi Madrid. lls \u00e9crasent les insurg\u00e9s du 2\u00a0mai \u2013 le peintre Goya immortalisera les sc\u00e8nes d\u2019horreur. Ainsi d\u00e9bute \u00ab\u00a0cette guerre d\u2019Espagne [qui] a \u00e9t\u00e9 une v\u00e9ritable plaie, la cause premi\u00e8re des malheurs de la France\u00a0\u00bb reconna\u00eetra Napol\u00e9on \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne. Mal inform\u00e9 de la situation (d\u2019ailleurs complexe), il se croit populaire comme en Italie, persuad\u00e9 que les <em>afrancesados<\/em> (partisans des Fran\u00e7ais) sont majoritaires et que le reste du pays sera docile.<\/p>\n<p>D\u00e9\u00e7u de ne pas \u00eatre fait roi d\u2019Espagne, Murat se rabat sur le royaume de Naples quitt\u00e9 par Joseph qui devient roi d\u2019Espagne le 7\u00a0juin. Il remplace le roi l\u00e9gitime, Charles\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> pi\u00e9g\u00e9 \u00e0 Bayonne par Napol\u00e9on. \u00ab\u00a0Esclave couronn\u00e9\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0roi par la gr\u00e2ce du diable\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Jos\u00e9 Ier\u00a0\u00bb n\u2019aimera jamais son pays et sera d\u00e9test\u00e9 du peuple pour qui les Fran\u00e7ais ne sont que des Infid\u00e8les. La guerre d\u2019Ind\u00e9pendance espagnole contre la France se double d\u2019une guerre civile contre les afrancesados favorables \u00e0 l\u2019esprit des Lumi\u00e8res, esp\u00e9rant que l\u2019occupation fran\u00e7aise mettra fin \u00e0 l\u2019Inquisition religieuse et \u00e0 la monarchie absolue.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous dispense \u00e9galement de me comparer \u00e0 Dieu [\u2026] Je veux croire que vous n\u2019avez pas r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que vous m\u2019\u00e9criviez.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1832\" class=\"cit-num\">1832<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au vice-Amiral Decr\u00e8s, ministre de la Marine, 22\u00a0mai\u00a01808.<em> Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur est entour\u00e9 de courtisans, mais la servilit\u00e9 a des limites et s\u2019attire ce genre de riposte. Il \u00e9crit une lettre furieuse \u00e0 Decr\u00e8s, homme par ailleurs courageux (au combat) et comp\u00e9tent (sur les questions maritimes). \u00c0 la d\u00e9charge du ministre de la Marine (en poste de 1801 \u00e0 1814), rappelons les mots du cat\u00e9chisme imp\u00e9rial (1806) qu\u2019il a d\u00fb prendre au pied de la lettre\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu a \u00e9tabli Napol\u00e9on, notre souverain, l\u2019a rendu son image sur la terre [\u2026] Honorer et servir notre empereur est donc honorer et servir Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire [\u2026] c\u2019est \u00e0 vous de sauver l\u2019Europe et vous n\u2019y parviendrez qu\u2019en tenant t\u00eate \u00e0 Napol\u00e9on. Le peuple fran\u00e7ais est civilis\u00e9, son souverain ne l\u2019est pas. Le souverain de Russie est civilis\u00e9, son peuple ne l\u2019est pas\u00a0: c\u2019est donc au souverain de Russie d\u2019\u00eatre l\u2019alli\u00e9 du peuple fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1833\" class=\"cit-num\">1833<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), au tsar Alexandre\u00a0Ier de Russie, Erfurt, 27\u00a0septembre 1808. <em>M\u00e9moires et Correspondance du prince de Talleyrand<\/em> (posthume, 1891)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0diable d\u2019homme\u00a0\u00bb n\u2019est plus ministre des Relations ext\u00e9rieures\u00a0: partisan d\u2019un \u00e9quilibre europ\u00e9en, il s\u2019est oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019empereur qui s\u2019ent\u00eate dans sa politique de conqu\u00eate chim\u00e9rique, se soucie peu de paix et d\u00e9cide toujours seul. Napol\u00e9on qui conna\u00eet son talent diplomatique l\u2019a cependant charg\u00e9 de pr\u00e9parer le terrain avec son nouvel alli\u00e9, Alexandre\u00a0Ier.<\/p>\n<p>Dans un entretien secret, Talleyrand conseille au tsar de prendre ses distances avec l\u2019empereur, et de m\u00e9nager la Prusse et l\u2019Autriche\u00a0: \u00ab\u00a0Le Rhin, les Alpes, les Pyr\u00e9n\u00e9es sont les conqu\u00eates de la France. Le reste est la conqu\u00eate de Napol\u00e9on. La France n\u2019y tient pas.\u00a0\u00bb Alexandre a compris\u00a0: le peuple fran\u00e7ais peut, un jour prochain, ne plus soutenir Napol\u00e9on. Et cet homme faible va durcir sa position. Dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>, Talleyrand affirme\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 Erfurt, j\u2019ai sauv\u00e9 l\u2019Europe.\u00a0\u00bb L\u2019histoire parle quand m\u00eame de \u00ab\u00a0la trahison d\u2019Erfurt\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates un voleur, un l\u00e2che, un homme sans foi. Vous ne croyez pas \u00e0 Dieu\u00a0; vous avez toute votre vie manqu\u00e9 \u00e0 tous vos devoirs, vous avez tromp\u00e9, trahi tout le monde [\u2026] Tenez, Monsieur, vous n\u2019\u00eates que de la merde dans un bas de soie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1834\" class=\"cit-num\">1834<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Talleyrand, Conseil des ministres restreint convoqu\u00e9 au ch\u00e2teau des Tuileries, 28\u00a0janvier 1809. <em>M\u00e9moires et Correspondance du prince de Talleyrand<\/em> (posthume, 1891)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u2019Espagne o\u00f9 il tente d\u2019affermir le tr\u00f4ne de son fr\u00e8re Joseph, Napol\u00e9on a appris que Talleyrand complote avec Fouch\u00e9 pour pr\u00e9parer sa succession \u2013 sans nouvelles de lui, on l\u2019imagine victime de la gu\u00e9rilla qui fait rage. Il rentre aussit\u00f4t, \u00e9pargne momentan\u00e9ment Fouch\u00e9, son ministre de la Police, mais injurie le prince de B\u00e9n\u00e9vent, Talleyrand, impassible \u2013 et sort en claquant la porte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quel dommage, Messieurs, qu\u2019un si grand homme soit si mal \u00e9lev\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1835\" class=\"cit-num\">1835<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838).<em> Talleyrand, ou le Sphinx incompris<\/em> (1970), Jean Orieux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Citation parfaitement en situation le 28\u00a0janvier\u00a01809, apr\u00e8s l\u2019injure lanc\u00e9e devant t\u00e9moins par l\u2019empereur furieux. Talleyrand se venge de l\u2019affront public avec une certaine classe diplomatique. Il redit ce mot \u00e0 divers ambassadeurs, toujours \u00e0 propos de Napol\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Romains, vous \u00eates appel\u00e9s au triomphe sans avoir partag\u00e9 le danger\u00a0! [\u2026] Romains, vous n\u2019\u00eates pas conquis, mais r\u00e9unis\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1838\" class=\"cit-num\">1838<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Les h\u00e9rauts \u00e0 la population, 10\u00a0juin 1809. <em>La Revue des deux mondes<\/em> (1960)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0d\u00e9partement du Tibre, chef-lieu Rome\u00a0\u00bb, est rattach\u00e9 \u00e0 l\u2019Empire fran\u00e7ais depuis un d\u00e9cret imp\u00e9rial du 15\u00a0mai qui prend effet ce 10\u00a0juin\u00a0: c\u2019est l\u2019annexion des \u00c9tats de l\u2019\u00c9glise. C\u2019en est trop. Pie <span class=\"caps\">VII<\/span> signe dans la nuit l\u2019excommunication de Napol\u00e9on\u00a0: bulle <em>Quum memoranda<\/em>. Napol\u00e9on riposte par la force\u00a0: il fait enlever le pape, le 6\u00a0juillet\u00a0! L\u2019empereur devient, pour toute l\u2019Europe, l\u2019homme \u00e0 abattre. D\u2019o\u00f9 la cinqui\u00e8me coalition.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il avait l\u2019air de se promener au milieu de sa gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1839\" class=\"cit-num\">1839<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CAMBAC\u00c9R\u00c8S<\/span> (1753-1824), archichancelier de l\u2019Empire et duc de Parme, parlant de Napol\u00e9on en 1809. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La cinqui\u00e8me coalition qui r\u00e9unit l\u2019Angleterre et l\u2019Autriche en 1809 s\u2019est vite sold\u00e9e par la victoire de Napol\u00e9on sur l\u2019Autriche. D\u00e9faite par la Grande Arm\u00e9e \u00e0 Wagram (5 et 6\u00a0juillet), elle signe la paix de Vienne (14\u00a0octobre), perd 300\u00a0000\u00a0km2 et 3\u00a0500\u00a0000 habitants.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est le Souverain de l\u2019Europe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1840\" class=\"cit-num\">1840<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">METTERNICH<\/span> (1773-1859), 1809.<em> M\u00e9moires, documents et \u00e9crits divers laiss\u00e9s par le prince de Metternich, chancelier de cour et d\u2019\u00c9tat<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1880)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ambassadeur d\u2019Autriche en France depuis 1806, le prince de Metternich est nomm\u00e9 chancelier et ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res en octobre\u00a01809, signant \u00e0 ce titre l\u2019humiliant trait\u00e9 (ou paix) de Vienne. Il choisit alors de s\u2019allier \u00e0 Napol\u00e9on \u2013 pour mieux l\u2019abattre le moment venu. Et c\u2019est lui qui va n\u00e9gocier son mariage avec Marie-Louise d\u2019Autriche.<\/p>\n<p>Cette domination culmine en 1811\u00a0: le Grand Empire comporte 130 d\u00e9partements qui r\u00e9uniront 45\u00a0millions de \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, plus 40\u00a0millions d\u2019habitants des \u00c9tats vassaux (Italie, Espagne, Naples, duch\u00e9 de Varsovie, Conf\u00e9d\u00e9ration du Rhin, Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Celles de mes journ\u00e9es que je passe loin de la France sont des journ\u00e9es perdues pour mon bonheur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1841\" class=\"cit-num\">1841<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), S\u00e9nat, 16\u00a0novembre 1809.<em> France militaire\u00a0: histoire des arm\u00e9es fran\u00e7aises de terre et de mer de 1792 \u00e0 1833<\/em> (1837), Abel Hugo<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Trois jours apr\u00e8s cette d\u00e9claration, la paix avec l\u2019Autriche est publi\u00e9e dans Paris. La nouvelle d\u00e9clenche un enthousiasme qui confine au d\u00e9lire. Enfin, la paix\u00a0! Napol\u00e9on va vivre deux ann\u00e9es sans coalition, donc sans guerre \u2013 si l\u2019on excepte la guerre d\u2019Espagne qui occupe les trois mar\u00e9chaux, Mass\u00e9na, Soult, Suchet.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019est aucun sacrifice qui ne soit au-dessus de mon courage, lorsqu\u2019il m\u2019est d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il est utile au bien de la France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1842\" class=\"cit-num\">1842<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) annon\u00e7ant son divorce au ch\u00e2teau des Tuileries, devant toute la famille imp\u00e9riale, 15\u00a0d\u00e9cembre 1809. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a pris brutalement cette d\u00e9cision qui lui co\u00fbte infiniment, car il est fort \u00e9pris de Jos\u00e9phine, veuve Beauharnais. Mais raison d\u2019\u00c9tat oblige\u00a0: l\u2019empereur, \u00e0 40\u00a0ans, veut un h\u00e9ritier qu\u2019elle n\u2019a pu lui donner.<\/p>\n<p>Les larmes aux yeux, tenant la main de sa femme en pleurs, il lit son discours. \u00ab\u00a0Dieu sait combien une pareille r\u00e9solution a co\u00fbt\u00e9 \u00e0 mon c\u0153ur [\u2026] Ma bien-aim\u00e9e \u00e9pouse a embelli quinze ans de ma vie\u00a0; le souvenir en restera toujours grav\u00e9 dans mon c\u0153ur [\u2026] Qu\u2019elle ne doute jamais de mes sentiments, et qu\u2019elle me tienne toujours pour son meilleur et son plus cher ami.\u00a0\u00bb La sinc\u00e9rit\u00e9 de l\u2019homme ne peut \u00eatre discut\u00e9e. La vie du couple fut cependant orageuse\u00a0: la tr\u00e8s jolie Cr\u00e9ole a beaucoup tromp\u00e9 le jeune et bouillant Bonaparte, l\u2019empereur collectionna ensuite les ma\u00eetresses. La naissance de son premier enfant naturel (le \u00ab\u00a0comte L\u00e9on\u00a0\u00bb) vient de lui prouver que la st\u00e9rilit\u00e9 ne vient pas de lui.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je me donne des anc\u00eatres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1844\" class=\"cit-num\">1844<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), ch\u00e2teau de Compi\u00e8gne, 27\u00a0mars 1810. <em>Metternich<\/em> (1965), Henry Vallotton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Ivre d\u2019impatience, ivre de f\u00e9licit\u00e9\u00a0\u00bb, il apprend la valse (viennoise) et attend sa future femme, Marie-Louise. Il s\u2019est d\u00e9cid\u00e9 en f\u00e9vrier dans une h\u00e2te qui a fort embarrass\u00e9 l\u2019ambassadeur d\u2019Autriche \u00e0 Paris (Schwarzenberg qui\u00a0 succ\u00e8de \u00e0 Metternich)\u00a0: pas le temps de pr\u00e9venir l\u2019empereur d\u2019Autriche avant que Napol\u00e9on l\u2019annonce aux Fran\u00e7ais\u00a0! Le mariage a lieu le 1er\u00a0avril 1810.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est un ventre que j\u2019\u00e9pouse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1846\" class=\"cit-num\">1846<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Le Fils de l\u2019empereur<\/em> (1962), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il manifeste tant de h\u00e2te qu\u2019on parle d\u2019un enl\u00e8vement plus que d\u2019un mariage. La c\u00e9r\u00e9monie religieuse se d\u00e9roule le 2\u00a0avril 1810. Marie-Louise a 18\u00a0ans, il vit une lune de miel de trois semaines qui le comble et sa seconde femme lui donnera un fils, le 20\u00a0mars 1811\u00a0: le roi de Rome.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon mariage m\u2019a perdu, l\u2019Autriche \u00e9tait devenue ma famille, j\u2019ai pos\u00e9 le pied sur un ab\u00eeme recouvert de fleurs.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1847\" class=\"cit-num\">1847<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur d\u2019Autriche lui a donn\u00e9 sa fille pour sceller la paix au lendemain de ses d\u00e9faites. Trois ans apr\u00e8s, conseill\u00e9 par Metternich, il se joindra aux alli\u00e9s de l\u2019Europe contre son gendre\u00a0: sixi\u00e8me coalition qui am\u00e8ne la chute de l\u2019Empire.<\/p>\n<p>L\u2019empereur d\u00e9chu confie \u00e0 Montholon, compagnon de son dernier exil\u00a0\u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0Un fils de Jos\u00e9phine m\u2019e\u00fbt rendu heureux et e\u00fbt assur\u00e9 le r\u00e8gne de ma dynastie. Les Fran\u00e7ais l\u2019auraient aim\u00e9 bien autrement que le roi de Rome.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pourvu que cela dure.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1848\" class=\"cit-num\">1848<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Madame <span class=\"caps\">M\u00c8RE<\/span>, alias Marie Letizia (ou Laetitia) Ramolino (1750-1836).<em> Mercure de France<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">CXXXI<\/span> (1919), publi\u00e9 par Alfred Louis Edmond Vallettee<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La m\u00e8re de Napol\u00e9on eut treize enfants. Mari\u00e9e \u00e0 14\u00a0ans et morte \u00e0 97, cette forte femme vit modestement \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la cour. Qu\u2019on imagine ce qu\u2019elle pensait, devant l\u2019incroyable ascension du plus c\u00e9l\u00e8bre de ses fils qui ne manque pas une occasion de distribuer des titres et des terres \u00e0 toute sa grande famille, fr\u00e8res, s\u0153urs et conjoints\u00a0! Non sans probl\u00e8mes de jalousies, mesquineries, f\u00e2cheries que Napol\u00e9on r\u00e8gle en chef de clan.<\/p>\n<p>Il semblait que l\u2019Europe dut lui appartenir tout enti\u00e8re\u00a0! Mais la pr\u00e9carit\u00e9 d\u2019un tel Empire n\u2019est que trop \u00e9vidente, alors m\u00eame qu\u2019il est \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de son destin et se compare \u00e0 Charlemagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut que je fasse de tous les peuples de l\u2019Europe un m\u00eame peuple et de Paris la capitale du monde.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1849\" class=\"cit-num\">1849<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), fin 1810, \u00e0 son ministre Fouch\u00e9. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1974), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00eave europ\u00e9en plus tenaillant que jamais. \u00ab\u00a0Ma destin\u00e9e n\u2019est pas accomplie\u00a0; je veux achever ce qui n\u2019est qu\u2019\u00e9bauch\u00e9\u00a0; il me faut un code europ\u00e9en, une Cour de cassation europ\u00e9enne, une m\u00eame monnaie, les m\u00eames poids et mesures, les m\u00eames lois\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les historiens s\u2019interrogent encore\u00a0: imp\u00e9rialiste \u00e0 l\u2019\u00e9tat pur et avide de conqu\u00eates, patriote fran\u00e7ais voulant agrandir son pays, ou unificateur de l\u2019Europe en avance sur l\u2019histoire\u00a0? Napol\u00e9on s\u2019identifie \u00e0 Charlemagne, mais le temps n\u2019est plus \u00e0 ce genre d\u2019empire, les peuples sont devenus des nations, la R\u00e9volution de 1789 leur a parl\u00e9 de Libert\u00e9. Il invoque un autre mod\u00e8le historique\u00a0: \u00ab\u00a0Les Romains donnaient leurs lois \u00e0 leurs alli\u00e9s\u00a0; pourquoi la France ne ferait-elle pas adopter les siennes\u00a0?\u00a0\u00bb Le Code Napol\u00e9on s\u2019applique \u00e0 tout l\u2019Empire, depuis 1807 et nombre de pays l\u2019adopteront de leur plein gr\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis un pauvre conscrit<br>De l\u2019an mille huit cent dix [\u2026]<br>Ils nous font tirer z\u2019au sort<br>Pour nous conduire \u00e0 la mort.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1850\" class=\"cit-num\">1850<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le D\u00e9part du conscrit<\/em>, vers 1810, chanson anonyme \u00e0 plusieurs versions.<em> L\u2019Arm\u00e9e de Napol\u00e9on, 1800-1815<\/em> (2000), Alain Pigeard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La guerre d\u2019Espagne se r\u00e9v\u00e8le d\u00e9sastreuse pour la Grande Arm\u00e9e, avant de devenir tr\u00e8s co\u00fbteuse \u00e0 l\u2019\u00e9conomie du pays. Les coalitions qui se succ\u00e8dent font quelque 200\u00a0000 morts par an. Il faut recruter\u00a0: les conscrits partent sans enthousiasme, le nombre des r\u00e9fractaires augmente, avec la complicit\u00e9 de la population paysanne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e, c\u2019est la nation\u00a0\u00bb dans la doctrine imp\u00e9riale. Mais \u00e0 partir de 1811, il faut int\u00e9grer des contingents \u00e9trangers et recourir massivement \u00e0 la conscription (ou service militaire)\u00a0: la R\u00e9volution fran\u00e7aise avait commenc\u00e9, avec la lev\u00e9e en masse des soldats de l\u2019an\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>. Napol\u00e9on encha\u00eene.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qu\u2019\u00e9tait la Grande Arm\u00e9e, sinon une France guerri\u00e8re d\u2019hommes qui, sans famille, ayant de plus perdu la R\u00e9publique, cette patrie morale, promenait cette vie errante en Europe\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1763\" class=\"cit-num\">1763<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874),<em> Extraits historiques<\/em> (posthume, 1907)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Telle est la d\u00e9finition humaine et romantique.<\/p>\n<p>Sur le plan institutionnel, la \u00ab\u00a0Grande Arm\u00e9e\u00a0\u00bb est d\u2019abord le nom g\u00e9n\u00e9rique donn\u00e9 par Napol\u00e9on \u00e0 l\u2019arm\u00e9e d\u2019invasion, bas\u00e9e \u00e0 Boulogne pour attaquer l\u2019Angleterre en franchissant la Manche \u2013 projet abandonn\u00e9 apr\u00e8s Trafalgar (1805) et l\u2019an\u00e9antissement de la flotte fran\u00e7aise. La Grande Arm\u00e9e d\u00e9signe ensuite l\u2019arm\u00e9e napol\u00e9onienne, la meilleure du monde\u00a0: grande par le nombre des soldats, plus d\u2019un million, et cent mille hommes de r\u00e9serve\u00a0; grande aussi par la qualit\u00e9, l\u2019organisation, les g\u00e9n\u00e9raux d\u2019exception. Elle est initialement compos\u00e9e de sept corps d\u2019arm\u00e9e, les sept \u00ab\u00a0torrents\u00a0\u00bb command\u00e9s par les mar\u00e9chaux Augereau, Bernadotte, Davout, Lannes, Ney, Soult, et par le g\u00e9n\u00e9ral Marmont.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Chaque jour, tout banquier qui arrive \u00e0 quatre heures sans malheur s\u2019\u00e9crie\u00a0: \u00ab\u00a0En voil\u00e0 encore un de pass\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1851\" class=\"cit-num\">1851<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">SAVARY<\/span> (1774-1833), Bulletin (quotidien) adress\u00e9 \u00e0 l\u2019Empereur, 18 janvier 1811.<em> Histoire de France contemporaine depuis la R\u00e9volution jusqu\u2019\u00e0 la paix de 1919<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> (1921), Ernest Lavisse, Philippe Sagnac<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est dire si la crise \u00e9conomique est grave\u00a0: elle touche m\u00eame la bourgeoisie, classe qui profita le plus de l\u2019Empire. De janvier \u00e0 juin\u00a01811, 60 faillites par mois. La fiscalit\u00e9 est alourdie, la crise agricole et industrielle compromet les r\u00e9sultats des pr\u00e9c\u00e9dentes ann\u00e9es de prosp\u00e9rit\u00e9. 1811 est aussi l\u2019ann\u00e9e d\u2019un dirigisme renforc\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019ogre corse sous qui nous sommes,<br>Cherchant toujours nouveaux exploits,<br>Mange par an deux cent mille hommes<br>Et va partout chiant des rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1765\" class=\"cit-num\">1765<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pamphlet anonyme contre Napol\u00e9on. <em>Encyclop\u00e6dia Universalis<\/em>, article \u00ab\u00a0Premier Empire\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De nombreux pamphlets contribuent \u00e0 diffuser la l\u00e9gende noire de l\u2019Ogre de Corse, contre la l\u00e9gende dor\u00e9e de la propagande imp\u00e9riale.<\/p>\n<p>Les rois impos\u00e9s par l\u2019empereur sont nombreux, pris dans sa famille ou parmi ses g\u00e9n\u00e9raux\u00a0: rois de Naples, d\u2019Espagne, de Su\u00e8de, de Hollande, de Westphalie. Royaut\u00e9s parfois \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, souvent mal accept\u00e9es des populations lib\u00e9r\u00e9es ou conquises. Les historiens estimeront \u00e0 un million les morts de la Grande Arm\u00e9e, \u00ab\u00a0cette l\u00e9gendaire machine de guerre\u00a0\u00bb command\u00e9e par Napol\u00e9on en personne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je sais qu\u2019il faut rendre \u00e0 Dieu ce qui est \u00e0 Dieu, mais le Pape n\u2019est pas Dieu\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1852\" class=\"cit-num\">1852<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) au Comit\u00e9 eccl\u00e9siastique, Paris, 16\u00a0mars 1811. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour l\u2019heure, Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> est prisonnier \u00e0 Savone depuis bient\u00f4t deux ans et les affaires religieuses sont compl\u00e8tement d\u00e9sorganis\u00e9es en France. D\u2019o\u00f9 la d\u00e9cision de Napol\u00e9on\u00a0: convoquer un concile pour mettre de l\u2019ordre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bel enfant qui ne fait que na\u00eetre,<br>Et pour qui nous formons des v\u0153ux,<br>En croissant, tu deviendras ma\u00eetre<br>Et r\u00e9gneras sur nos neveux.<br>Dame, dame, r\u00e9fl\u00e9chis bien,<br>Dame, dame, souviens-toi bien<br>Qu\u2019alors il ne faudra pas faire<br>Tout comme a fait, tout comme a fait ton p\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1854\" class=\"cit-num\">1854<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson pour le roi de Rome<\/em> (1811).<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tout Paris explose de joie au vingt-deuxi\u00e8me coup de canon qui annonce la naissance d\u2019un fils\u00a0: le roi de Rome voit donc le jour, ce 20\u00a0mars 1811. Parmi toutes les chansons en l\u2019honneur de l\u2019illustre nouveau-n\u00e9, celle-ci r\u00e9sonne comme un avertissement au p\u00e8re. Comme bien souvent, la chanson donne le pouls d\u2019une opinion publique \u2013 c\u2019est rare et pr\u00e9cieux, sous l\u2019Empire o\u00f9 la rigueur de la censure \u00e9touffe bien des pens\u00e9es\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je l\u2019envie. La gloire l\u2019attend, alors que j\u2019ai d\u00fb courir apr\u00e8s elle [\u2026] Pour saisir le monde, il n\u2019aura qu\u2019\u00e0 tendre les bras.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1855\" class=\"cit-num\">1855<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Duroc, 20\u00a0mars 1811. <em>L\u2019Aiglon, Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span><\/em> (1959), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le p\u00e8re est boulevers\u00e9 devant le berceau de son fils. Cette naissance comble l\u2019empereur. La dynastie semble install\u00e9e \u00e0 jamais. Il avoue son \u00e9motion \u00e0 l\u2019un de ses plus anciens compagnons de gloire, connu au si\u00e8ge de Toulon en 1793.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Messieurs, vous voulez me traiter comme si j\u2019\u00e9tais Louis le D\u00e9bonnaire. Ne confondez pas le fils avec le p\u00e8re [\u2026] Moi, je suis Charlemagne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1856\" class=\"cit-num\">1856<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), aux P\u00e8res conciliaires, 17\u00a0juin\u00a01811.<em> Le Pape et l\u2019empereur, 1804-1815<\/em> (1905), Henri Welschinger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La col\u00e8re de l\u2019empereur explose. Le concile qu\u2019il voulait \u00e0 sa botte s\u2019est ouvert \u00e0 Paris, ce 17\u00a0juin. Et voil\u00e0 que les P\u00e8res jurent, un par un, ob\u00e9issance au pape, lequel refuse aux \u00e9v\u00eaques son investiture, pourtant pr\u00e9vue par le concordat sign\u00e9 avec Napol\u00e9on. Il fait arr\u00eater trois \u00e9v\u00eaques et suspend le concile \u2013 qui reprendra d\u00e9but ao\u00fbt.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute l\u2019\u00e9ducation publique a pris un caract\u00e8re militaire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1858\" class=\"cit-num\">1858<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), <em>Dix ann\u00e9es d\u2019exil<\/em> (posthume, 1966)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>25\u00a0novembre 1811. Un d\u00e9cret ach\u00e8ve d\u2019organiser l\u2019Universit\u00e9 de France. Napol\u00e9on a surtout veill\u00e9 sur le secondaire \u2013 il aurait m\u00eame voulu imposer le c\u00e9libat aux professeurs\u00a0! \u00c9tudes men\u00e9es au son du tambour, de 5\u00a0heures 30 du matin \u00e0 8\u00a0heures 45 du soir (exemple du lyc\u00e9e de Limoges).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nos ma\u00eetres ressemblaient \u00e0 des h\u00e9rauts d\u2019armes, nos salles d\u2019\u00e9tudes \u00e0 des casernes, nos r\u00e9cr\u00e9ations \u00e0 des man\u0153uvres et nos examens \u00e0 des revues.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1859\" class=\"cit-num\">1859<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alfred de <span class=\"caps\">VIGNY<\/span> (1797-1863),<em> Servitude et grandeur militaires<\/em> (1835)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ancien \u00e9l\u00e8ve du lyc\u00e9e Bonaparte (aujourd\u2019hui Condorcet), \u00e2g\u00e9 de 14\u00a0ans en 1811, n\u00e9 d\u2019une famille aristocratique et de tradition militaire, se pr\u00e9parant (sans vraie vocation) \u00e0 Polytechnique, Vigny quittera l\u2019arm\u00e9e pour devenir po\u00e8te.<\/p>\n<p>Il \u00e9voque avec nostalgie ce pass\u00e9 qui fait r\u00eaver toute sa g\u00e9n\u00e9ration romantique\u00a0: \u00ab\u00a0Les ma\u00eetres m\u00eames ne cessaient de nous lire les bulletins de la Grande Arm\u00e9e, et nos cris de Vive l\u2019empereur interrompaient Tacite et Platon [\u2026] Il me prit alors plus que jamais un amour vraiment d\u00e9sordonn\u00e9 de la gloire des armes\u00a0; passion d\u2019autant plus malheureuse que c\u2019\u00e9tait le temps, pr\u00e9cis\u00e9ment, o\u00f9 la France commen\u00e7ait \u00e0 s\u2019en gu\u00e9rir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Empereur, si puissant, si victorieux, n\u2019est inquiet que d\u2019une chose au monde\u00a0: les gens qui parlent et, \u00e0 leur d\u00e9faut, les gens qui pensent.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1861\" class=\"cit-num\">1861<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">NARBONNE<\/span> (1755-1813), \u00e0 Vuillemain, lors d\u2019une visite \u00e0 l\u2019\u00c9cole normale en 1812. <em>Revue des deux mondes<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1874)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on, au fa\u00eete de sa gloire, voudrait que son r\u00e8gne soit \u00ab\u00a0signal\u00e9 par de grands travaux, de grands ouvrages litt\u00e9raires\u00a0\u00bb. Mais jamais la libert\u00e9 de parole et de pens\u00e9e ne fut plus surveill\u00e9e, la presse davantage censur\u00e9e\u00a0: plus que quatre journaux \u00e0 Paris depuis 1811 et leurs actions ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9parties entre la police et les courtisans les plus d\u00e9vou\u00e9s. Encore Napol\u00e9on s\u2019indigne-t-il parfois de ce qu\u2019il lit, du \u00ab\u00a0mauvais esprit\u00a0\u00bb et de la \u00ab\u00a0maladresse\u00a0\u00bb des journalistes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Napol\u00e9on est comme un torrent. Moscou sera l\u2019\u00e9ponge qui l\u2019absorbera.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1862\" class=\"cit-num\">1862<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Feld-mar\u00e9chal <span class=\"caps\">KOUTOUZOV<\/span> (1745-1813), exposant son coup de poker militaire \u00e0 son \u00e9tat-major, d\u00e9but septembre\u00a01812. <em>La Guerre patriotique de 1812<\/em> (2008), \u00c9mile Grenier Robillard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole proph\u00e9tique du g\u00e9n\u00e9ral en chef, quand l\u2019arm\u00e9e napol\u00e9onienne est en marche vers Moscou. \u00c9t\u00e9 1812, la guerre a repris\u00a0: la sixi\u00e8me coalition dressera bient\u00f4t l\u2019Europe contre Napol\u00e9on. Tout commence avec la Russie.<\/p>\n<p>Alexandre\u00a0Ier est ulc\u00e9r\u00e9 par l\u2019annexion du duch\u00e9 d\u2019Oldenbourg, fief appartenant \u00e0 son cousin et devenu au sein de la Conf\u00e9d\u00e9ration du Rhin un des 130 d\u00e9partements fran\u00e7ais, sous le nom de Bouches-du-Weser. La Russie souffre par ailleurs du Blocus continental et renoue avec l\u2019Angleterre. De son c\u00f4t\u00e9, Napol\u00e9on est tent\u00e9\u00a0: cette nouvelle conqu\u00eate manque \u00e0 son Empire\u00a0! Il comprendra \u2013 trop tard \u2013 cette erreur fatale.<\/p>\n<p>Koutousov expose son plan\u00a0: plut\u00f4t que d\u2019affronter ce qui reste de la Grande Arm\u00e9e, il ordonne la retraite de Moscou, sans combat. Ses officiers sont totalement d\u00e9concert\u00e9s. Certains pleurent, arrachent leurs d\u00e9corations, d\u2019autres parlent de trahison, mais le mar\u00e9chal sera ob\u00e9i. Il \u00e9crit au tsar pour le rassurer\u00a0: la perte de Moscou est r\u00e9parable et sauvera la Patrie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Moscou sera notre perte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1863\" class=\"cit-num\">1863<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joachim <span class=\"caps\">MURAT<\/span> (1767-1815), \u00e0 Napol\u00e9on, 18\u00a0ao\u00fbt 1812. <em>La Catastrophe de Russie<\/em> (1949), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mots r\u00e9p\u00e9t\u00e9s par l\u2019entourage de l\u2019empereur lanc\u00e9 dans l\u2019aventure sans conna\u00eetre le terrain et passant le fleuve Ni\u00e9men le 22\u00a0juin.\u00a0 Murat, roi de Naples appel\u00e9 pour la campagne de Russie, d\u00e9couvre la guerre d\u2019usure. L\u2019ennemi se d\u00e9robe sans fin, la Grande Arm\u00e9e s\u2019enfonce en terre \u00e9trang\u00e8re, amput\u00e9e du tiers de ses effectifs sans avoir livr\u00e9 bataille\u00a0: 150\u00a0000 hommes disparus, morts, \u00e9puis\u00e9s par la canicule, bless\u00e9s, plus encore d\u00e9serteurs. Mais pour l\u2019empereur, c\u2019est une question d\u2019honneur. On ira \u00e0 Moscou.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 le soleil d\u2019Austerlitz\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1864\" class=\"cit-num\">1864<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), parvenu devant Moscou, au matin du 7\u00a0septembre 1812. <em>Napol\u00e9on Bonaparte, ou trente ans de l\u2019histoire de France<\/em>, drame en 6 actes (1831), Alexandre Dumas p\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour une fois, Dumas est fid\u00e8le \u00e0 l\u2019histoire, \u00e0 la lettre m\u00eame\u00a0! La citation figure dans de nombreuses sources. Tout juste appuie-t-il la r\u00e9plique d\u2019un\u00a0: \u00ab\u00a0Battons-nous donc\u00a0! Mes amis, voil\u00e0 le soleil d\u2019Austerlitz.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Napol\u00e9on veut galvaniser les officiers en \u00e9voquant la plus \u00e9clatante victoire de l\u2019Empire. Il entre dans la ville comme en pays conquis et toujours sans combat, \u00ab\u00a0transport\u00e9 de joie\u00a0\u00bb. On croit \u00e0 une nouvelle victoire, les soldats sont s\u00fbrs de trouver des vivres et un repos bien m\u00e9rit\u00e9. Mais la ville est vid\u00e9e de ses habitants, 300\u00a0000 Moscovites ont fui avec tous leurs biens. Pis encore, un gigantesque incendie va d\u00e9truire la cit\u00e9 construite en bois, qui br\u00fblera jusqu\u2019au 20\u00a0septembre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La paix\u00a0? Mais nous n\u2019avons pas encore fait la guerre. Ma campagne ne fait que commencer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1865\" class=\"cit-num\">1865<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ALEXANDRE<\/span>\u00a0Ier (1777-1825), R\u00e9ponse \u00e0 la lettre de Napol\u00e9on, 5\u00a0octobre 1812. <em>Koutouzov\u00a0: le vainqueur de Napol\u00e9on<\/em> (1990), Serge Nabokov, Sophie de Lastours<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on proposait \u00e0 son \u00ab\u00a0fr\u00e8re l\u2019empereur Alexandre\u00a0\u00bb d\u2019arr\u00eater sa marche, mais le tsar ne c\u00e9dera pas\u00a0: \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e9rerais m\u2019exiler \u00e0 Vladivostok et me faire pousser une barbe de trois pieds de long plut\u00f4t que de traiter avec lui. L\u2019Europe est d\u00e9sormais trop petite pour nous deux.\u00a0\u00bb Et il peut compter sur le \u00ab\u00a0g\u00e9n\u00e9ral Hiver\u00a0\u00bb pour vaincre l\u2019envahisseur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il ne s\u2019agit en aucun cas d\u2019une retraite, mais d\u2019une marche strat\u00e9gique. Mon arm\u00e9e n\u2019est pas battue, que je sache\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1866\" class=\"cit-num\">1866<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), 13\u00a0octobre 1812. <em>L\u2019Incendie de Moscou<\/em> (1964), Daria Olivier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les premi\u00e8res neiges tombent, les derni\u00e8res illusions de Napol\u00e9on s\u2019envolent, mais il refuse de l\u2019avouer. De Moscou, il envisage un repli sur Smolensk, le temps d\u2019hiverner pour repartir au printemps sur Saint-P\u00e9tersbourg. Il affecte de railler ces Russes \u00ab\u00a0qui br\u00fblent leurs maisons pour nous emp\u00eacher d\u2019y passer la nuit.\u00a0\u00bb Et Paris chante <em>La Campagne de Russie.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il \u00e9tait un p\u2019tit homme<br>Qu\u2019on appelait le grand [\u2026]<br>Courant \u00e0 perdre haleine,<br>Croyant prendre Moscou,<br>Ce grand fou\u00a0!<br>Mais ce grand capitaine<br>N\u2019y a vu, saberg\u00e9, que du feu\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1867\" class=\"cit-num\">1867<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Campagne de Russie<\/em> (automne 1812), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chanson diffus\u00e9e sous le manteau \u00e0 Paris, tandis que commence la retraite de Russie d\u2019octobre\u00a01812. Le tsar accusa les Fran\u00e7ais d\u2019avoir incendi\u00e9 Moscou. Sans doute se sont-ils content\u00e9s de piller la ville et d\u2019achever ainsi de la d\u00e9truire, apr\u00e8s l\u2019incendie qui aurait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 par le gouverneur militaire Rostopchine. Il a fait \u00e9vacuer la ville o\u00f9 ne restent que 800 prisonniers de droit commun, leur promettant la r\u00e9habilitation s\u2019ils mettaient le feu.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce diable de roi de Rome, on n\u2019y pense jamais\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1868\" class=\"cit-num\">1868<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Nicolas <span class=\"caps\">FROCHOT<\/span> (1761-1828), pr\u00e9fet de Paris. <em>M\u00e9moires de Madame de Chastenay<\/em> (1896)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Malet, opposant \u00e0 Napol\u00e9on, arr\u00eat\u00e9 en 1808, organise une conspiration. Intern\u00e9 avec des royalistes dans une maison de sant\u00e9 dont il s\u2019\u00e9vade dans la nuit du 22 au 23\u00a0octobre 1812, il fait courir le bruit de la mort de l\u2019empereur devant Moscou. Paris y a cru un moment. Malet entra\u00eene quelques troupes, lib\u00e8re des g\u00e9n\u00e9raux r\u00e9publicains, improvise un gouvernement provisoire. C\u2019est un quasi-coup d\u2019\u00c9tat. Le g\u00e9n\u00e9ral Hulin, commandant la place de Paris, lui r\u00e9siste, Malet est arr\u00eat\u00e9, fusill\u00e9 le 29\u00a0octobre. Et tout rentre dans l\u2019ordre. Mais personne, pas m\u00eame le pr\u00e9fet Frochot, n\u2019a pens\u00e9 \u00e0 crier\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019empereur est mort\u00a0! Vive l\u2019empereur\u00a0!\u00a0\u00bb On dit que cet oubli atteignit Napol\u00e9on plus que la conspiration du g\u00e9n\u00e9ral Malet. Frochot sera mis \u00e0 pied pour cette faute.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 le commencement de la fin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1869\" class=\"cit-num\">1869<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), \u00e0 l\u2019annonce du d\u00e9sastre de la retraite de Russie, d\u00e9cembre\u00a01812.<em> Monsieur\u00a0de Talleyrand<\/em> (1870), Charles-Augustin Sainte-Beuve<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il l\u2019a pr\u00e9dit avant tout le monde, sans savoir l\u2019ampleur de la d\u00e9b\u00e2cle.<\/p>\n<p>Les soldats sont victimes du \u00ab\u00a0G\u00e9n\u00e9ral Hiver\u00a0\u00bb, comme pr\u00e9vu par le tsar Alexandre et le mar\u00e9chal Koutousov. Le froid rend fous les chevaux et colle l\u2019acier des armes aux doigts des soldats. Le passage de la B\u00e9r\u00e9zina (25 au 29\u00a0novembre) est un \u00e9pisode devenu l\u00e9gendaire\u00a0: par \u201320\u00a0\u00b0C le jour, \u201330\u00a0\u00b0C la nuit, ce qui reste de la Grande Arm\u00e9e r\u00e9ussit \u00e0 franchir la rivi\u00e8re gr\u00e2ce aux pontonniers du g\u00e9n\u00e9ral Ebl\u00e9 et aux troupes qui couvrent le passage (Ney et Victor). 8\u00a0000 tra\u00eenards n\u2019ont pas le temps de passer, ils seront tu\u00e9s par les Cosaques.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fuss\u00e9-je mort \u00e0 Moscou, ma renomm\u00e9e serait celle du plus grand conqu\u00e9rant qu\u2019on ait connu. Mais les sourires de la Fortune \u00e9taient \u00e0 leur fin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1870\" class=\"cit-num\">1870<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1823), Las Cases<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au lieu de cela, Paris continue de chanter tout bas la cruelle chanson de<em> La Campagne de Russie<\/em>, durant la retraite de d\u00e9cembre 1812\u00a0: \u00ab\u00a0Il \u00e9tait un p\u2019tit homme\u00a0\/ Qu\u2019on appelait le grand [\u2026]\u00a0\/ Sans demander son reste\u00a0\/ Fier comme un C\u00e9sar\u00a0\/ De hasard\u00a0\/ Dans cet \u00e9tat funeste\u00a0\/ Napol\u00e9on le Grand\u00a0\/ Fout le camp\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Du sublime au ridicule, il n\u2019y a qu\u2019un pas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1871\" class=\"cit-num\">1871<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 son ambassadeur \u00e0 Varsovie, Monseigneur de Pradt, 5\u00a0d\u00e9cembre\u00a01812. <em>Biographie universelle ancienne et moderne<\/em> (1854), Michaud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce mot figure dans ses <em>Maximes et pens\u00e9es<\/em>. Il fait partie d\u2019un \u00e9trange discours tenu par un homme \u00e9prouv\u00e9 dans son esprit et son corps. Il nie avoir \u00e9t\u00e9 vaincu, il nie m\u00eame les dangers courus. Il dit que \u00ab\u00a0l\u2019arm\u00e9e est superbe\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 lui\u00a0: \u00ab\u00a0Je vis dans l\u2019agitation\u00a0; plus je tracasse, mieux je vaux. Il n\u2019y a que les rois fain\u00e9ants qui engraissent dans les palais\u00a0; moi, c\u2019est \u00e0 cheval, et dans les camps.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais ce jour m\u00eame, il apprend la conspiration et pr\u00e9cipite son retour \u00e0 Paris. Il laisse \u00e0 Murat les d\u00e9bris de son arm\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e a besoin de r\u00e9tablir sa discipline, de se refaire, de remonter sa cavalerie, son artillerie et son mat\u00e9riel [\u2026] Le repos est son premier besoin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1872\" class=\"cit-num\">1872<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), 29e Bulletin de la Grande Arm\u00e9e, <em>Le Moniteur<\/em>, 16\u00a0d\u00e9cembre 1812. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Derniers mots du tristement c\u00e9l\u00e8bre Bulletin. La France est frapp\u00e9e de stupeur. Tandis que Napol\u00e9on regagne Paris suite au quasi-coup d\u2019\u00c9tat\u00a0: course folle de treize jours, en tra\u00eeneau, en cabriolet, \u00e0 travers la Pologne, l\u2019Allemagne\u2026 Il ignore le pire\u00a0: la plus atroce d\u00e9route de l\u2019histoire de France commence.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La fortune m\u2019a \u00e9bloui.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1873\" class=\"cit-num\">1873<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 ses ministres, 19\u00a0d\u00e9cembre 1812. <em>Les Ministres de Napol\u00e9on<\/em> (1959), Jean Savant<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De retour \u00e0 Paris dans la nuit du 18\u00a0d\u00e9cembre, il avoue aussi \u00e0 ses ministres, le lendemain\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 Moscou, j\u2019ai cru signer la paix. J\u2019y suis rest\u00e9 trop longtemps [\u2026] J\u2019ai fait une tr\u00e8s grande faute, mais la fortune peut encore la r\u00e9parer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il apprend quelques jours plus tard la trag\u00e9die, suite \u00e0 son d\u00e9part de Russie. Murat s\u2019est querell\u00e9 violemment avec Davout, abandonnant le commandement au prince Eug\u00e8ne et regagnant son royaume de Naples. Le prince Eug\u00e8ne de Beauharnais (fils de Jos\u00e9phine adopt\u00e9 par l\u2019empereur) fait l\u2019impossible, \u00e9vite l\u2019encerclement et accomplit ce qui est consid\u00e9r\u00e9 comme un exploit. Il ram\u00e8ne tant bien que mal 100\u00a0000 hommes. C\u2019est quand m\u00eame la d\u00e9b\u00e2cle.<\/p>\n<p>Bilan total de cette campagne, 530\u00a0000 morts, victimes surtout du typhus, du froid et de la faim.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai vu vos troupes, il n\u2019y a que des enfants. Vous avez fait p\u00e9rir une g\u00e9n\u00e9ration. Que ferez-vous quand ceux-ci auront disparu\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1874\" class=\"cit-num\">1874<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">METTERNICH<\/span> (1773-1859), \u00e0 Napol\u00e9on qui le re\u00e7oit comme m\u00e9diateur \u00e0 Dresde, 26\u00a0juin 1813. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on cherche une impossible tr\u00eave. Il fait le compte des soldats dont il peut disposer et tente de montrer sa force au cours de cette entrevue. En fait, il devra faire appel aux anciennes classes et recruter des \u00ab\u00a0Marie-Louise\u00a0\u00bb, jeunes conscrits des classes 1814 et 1815, sans formation militaire. Metternich n\u2019est pas dupe de la d\u00e9monstration. Napol\u00e9on, furieux, lui reproche les ambigu\u00eft\u00e9s de sa politique, ce qui va jeter l\u2019Autriche dans le camp ennemi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019en est fini de Bonaparte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1875\" class=\"cit-num\">1875<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">METTERNICH<\/span> (1773-1859), Lettre \u00e0 son ami Hudelist (conseiller d\u2019\u00c9tat), apr\u00e8s son entrevue avec Napol\u00e9on, 26\u00a0juin\u00a01813. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chancelier d\u2019Autriche vient de terminer son dialogue avec Napol\u00e9on en abandonnant son ton diplomatique\u00a0: \u00ab\u00a0Vous \u00eates perdu, Sire\u00a0! Je m\u2019en doutais en venant ici, maintenant je le sais\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il en est s\u00fbr, malgr\u00e9 la victoire de Napol\u00e9on sur les Prussiens (L\u00fctzen) et sur les Russes (Bautzen). L\u2019armistice, sign\u00e9 \u00e0 Pleiswitz le 4\u00a0juin, n\u2019est qu\u2019un cessez-le-feu qui permet aux coalis\u00e9s de resserrer les rangs et \u00e0 l\u2019Autriche d\u2019entrer dans la sixi\u00e8me et derni\u00e8re coalition. La guerre reprend. Apr\u00e8s la campagne de Russie et avant la campagne de France, c\u2019est la campagne d\u2019Allemagne. Napol\u00e9on repart, laissant la r\u00e9gence \u00e0 Marie-Louise.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas possible, m\u2019\u00e9crivez-vous\u00a0; cela n\u2019est pas fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1876\" class=\"cit-num\">1876<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au g\u00e9n\u00e9ral Lemarois, commandant de Magdebourg, 9\u00a0juillet 1813.<em> Dictionnaire des expressions n\u00e9es de l\u2019histoire<\/em> (1992), Gilles Henry<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral avait \u00e9crit \u00e0 l\u2019empereur pour lui dire que, face aux coalis\u00e9s sup\u00e9rieurs en nombre, il ne peut pas tenir plus longtemps la place (ville prise par les Fran\u00e7ais en 1806, sur la rive gauche de l\u2019Elbe en Westphalie).<\/p>\n<p>Durant cette campagne d\u2019Allemagne, plus que jamais, Napol\u00e9on paie de sa personne et fait preuve d\u2019un g\u00e9nie militaire que Metternich lui-m\u00eame salue. L\u2019histoire en t\u00e9moigne aussi\u00a0: l\u2019empereur obtint vraiment l\u2019impossible de ses hommes et de leurs chefs. La post\u00e9rit\u00e9 a retenu la formule plus lapidaire\u00a0: \u00ab\u00a0Impossible n\u2019est pas fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb Et le g\u00e9n\u00e9ral ne capitulera que le 20\u00a0mai 1814 \u2013 apr\u00e8s l\u2019abdication de Napol\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019attendre \u00e0 une d\u00e9faite partout o\u00f9 l\u2019empereur donnera en personne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1877\" class=\"cit-num\">1877<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">MOREAU<\/span> (1763-1813), conseiller militaire du tsar de Russie, en 1813. <em>L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1885), Albert Sorel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce g\u00e9n\u00e9ral fran\u00e7ais se retrouve dans l\u2019\u00e9tat-major ennemi au terme d\u2019une \u00e9trange carri\u00e8re\u00a0: engag\u00e9 volontaire en 1791 dans l\u2019arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire, nomm\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral en 1793, suspect\u00e9 par le Directoire pour ses relations avec le g\u00e9n\u00e9ral royaliste Pichegru, il se retrouve aux c\u00f4t\u00e9s de Bonaparte dans l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie, puis au coup d\u2019\u00c9tat du 18\u00a0Brumaire. S\u2019estimant mal pay\u00e9 pour ses services, il se lie aux royalistes. Arr\u00eat\u00e9 en 1804, exil\u00e9 aux \u00c9tats-Unis, il est appel\u00e9 en 1813 comme conseiller militaire par Alexandre\u00a0Ier. Voil\u00e0 pourquoi il met en garde contre le g\u00e9nie militaire de Napol\u00e9on qu\u2019il conna\u00eet bien et qui permet des victoires \u00ab\u00a0impossibles\u00a0\u00bb\u00a0: L\u00fctzen, Bautzen\u2026 et Dresde, contre les Russes, les Prussiens et les Autrichiens, le 27\u00a0ao\u00fbt. Moreau y sera mortellement bless\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La conscription est devenue pour toute la France un odieux fl\u00e9au, parce que cette mesure a toujours \u00e9t\u00e9 outr\u00e9e dans son ex\u00e9cution. Depuis deux ans, on moissonne les hommes trois fois l\u2019ann\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1878\" class=\"cit-num\">1878<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Vicomte <span class=\"caps\">LAIN\u00c9<\/span> (1767-1835), Corps l\u00e9gislatif, 29\u00a0d\u00e9cembre 1813. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce d\u00e9put\u00e9 se distingue par une remarquable ind\u00e9pendance d\u2019esprit. Il prend ici position en faveur de la paix et de la libert\u00e9 \u2013 accus\u00e9 de ce fait par l\u2019empereur d\u2019\u00eatre au service de l\u2019Angleterre. Il poursuit devant l\u2019Assembl\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Une guerre barbare et sans but engloutit p\u00e9riodiquement une jeunesse arrach\u00e9e \u00e0 l\u2019\u00e9ducation, \u00e0 l\u2019agriculture, au commerce et aux arts.\u00a0\u00bb Le d\u00e9cret du 21\u00a0septembre 1813 avait appel\u00e9 300\u00a0000 jeunes gens sous les drapeaux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Chaque ann\u00e9e, la France faisait pr\u00e9sent \u00e0 cet homme de trois cent mille jeunes gens\u00a0; c\u2019\u00e9tait l\u2019imp\u00f4t pay\u00e9 \u00e0 C\u00e9sar.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1764\" class=\"cit-num\">1764<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alfred de <span class=\"caps\">MUSSET<\/span> (1810-1857), <em>La Confession d\u2019un enfant du\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1836)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 Et s\u2019il n\u2019avait ce troupeau derri\u00e8re lui, il ne pouvait suivre sa fortune. C\u2019\u00e9tait l\u2019escorte qu\u2019il lui fallait, pour qu\u2019il p\u00fbt traverser le monde, et s\u2019en aller tomber dans une petite vall\u00e9e d\u2019une \u00eele d\u00e9serte, sous un saule pleureur.\u00a0\u00bb L\u2019histoire finit mal pour la France exsangue, et pour l\u2019empereur exil\u00e9.<\/p>\n<p>Mais Musset, l\u2019enfant du si\u00e8cle orphelin de Napol\u00e9on, \u00e9voquera aussit\u00f4t apr\u00e8s l\u2019Empire glorieux\u00a0: \u00ab\u00a0Jamais il n\u2019y eut tant de joie, tant de vie, tant de fanfares guerri\u00e8res dans tous les c\u0153urs. Jamais il n\u2019y eut de soleils si purs que ceux qui s\u00e9ch\u00e8rent tout ce sang. On disait que Dieu les faisait pour cet homme, et on les appelait ses soleils d\u2019Austerlitz.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Messieurs, une partie du territoire de la France est envahie\u00a0; je vais me lancer \u00e0 la t\u00eate de mon arm\u00e9e et, avec l\u2019aide de Dieu et la valeur de mes troupes, j\u2019esp\u00e8re repousser l\u2019ennemi au-del\u00e0 des fronti\u00e8res.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1879\" class=\"cit-num\">1879<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), devant 800 officiers de la garde nationale, Salle des Mar\u00e9chaux, ch\u00e2teau des Tuileries, 23\u00a0janvier 1814. <em>Le R\u00eave inachev\u00e9<\/em>\u00a0(1990), Alain Lunel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La campagne d\u2019Allemagne s\u2019est termin\u00e9e par le d\u00e9sastre de Leipzig (16 au 18\u00a0octobre 1813). Ce fut la \u00ab\u00a0bataille des Nations\u00a0\u00bb entre Napol\u00e9on (185\u00a0000 hommes) et les Alli\u00e9s (300\u00a0000)\u00a0: Autrichiens, Prussiens, Russes, auxquels se sont joints les Su\u00e9dois sous le commandement de leur roi Charles <span class=\"caps\">XIV<\/span>, alias Bernadotte, ancien mar\u00e9chal de France que Napol\u00e9on a mis sur le tr\u00f4ne de Su\u00e8de\u00a0!<\/p>\n<p>Bilan\u00a0: plus de 60\u00a0000 Fran\u00e7ais perdus (morts ou prisonniers) et l\u2019obligation de reculer en de\u00e7\u00e0 du Rhin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma bonne Louise, victoire\u00a0! J\u2019ai d\u00e9truit douze r\u00e9giments russes, fait six mille prisonniers, quarante pi\u00e8ces de canon, deux cents caissons, pris le g\u00e9n\u00e9ral en chef et tous les g\u00e9n\u00e9raux, plusieurs colonels. Je n\u2019ai pas perdu deux cents hommes. Fais tirer le canon des Invalides et publier cette nouvelle \u00e0 tous les spectacles.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1882\" class=\"cit-num\">1882<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Marie-Louise au soir de la bataille de Champaubert (commune de la Marne), 10\u00a0f\u00e9vrier 1814. <em>La Chute ou l\u2019Empire de la solitude<\/em> (2008), Dominique de Villepin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est une victoire sur les Russes et les Prussiens, cinq fois sup\u00e9rieurs en nombre. Napol\u00e9on va encore faire des prouesses \u00e0 Montmirail, Ch\u00e2teau-Thierry, Nangis. Et \u00e0 Montereau o\u00f9 il attaque, toujours en t\u00eate des troupes, sur son cheval\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le boulet qui doit me tuer n\u2019est pas encore fondu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1880\" class=\"cit-num\">1880<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 ses soldats effray\u00e9s, quand son cheval passe sur un boulet fumant, bataille de Montereau, 18\u00a0f\u00e9vrier 1814. <em>Napol\u00e9on, l\u2019homme, le politique, l\u2019orateur<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1889), Antoine Guillois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La campagne de France a commenc\u00e9 avec 50\u00a0000 hommes contre 350\u00a0000 Alli\u00e9s\u00a0! \u00c0 Brienne, il repousse les Prussiens qui occupent la ville, mais doit se retirer le 2\u00a0f\u00e9vrier. L\u2019empereur sait que voil\u00e0 le commencement de la fin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai tout fait pour mourir \u00e0 Arcis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1883\" class=\"cit-num\">1883<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Caulaincourt, \u00e9voquant la bataille du 19\u00a0mars 1814. <em>M\u00e9moires du g\u00e9n\u00e9ral de Caulaincourt, duc de Vicence, grand \u00e9cuyer de l\u2019empereur<\/em> (posthume, 1933)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Plusieurs fois, il a tent\u00e9 de se suicider, notamment \u00e0 l\u2019opium. Chaque fois, il regrettait cette mort qui se refusait \u00e0 lui.<\/p>\n<p>Ce 19\u00a0mars 1814, l\u2019\u00e9p\u00e9e \u00e0 la main, il s\u2019est jet\u00e9 dans la m\u00eal\u00e9e \u00e0 Arcis-sur-Aube, bient\u00f4t rejoint par sa Garde. La bataille est rest\u00e9e ind\u00e9cise face \u00e0 Schwarzenberg, ex-ambassadeur d\u2019Autriche \u00e0 Paris, ex-alli\u00e9 de Napol\u00e9on pendant la campagne de Russie. Il commande \u00e0 pr\u00e9sent les arm\u00e9es alli\u00e9es qui envahissent la France. L\u2019\u00e9tau se resserre autour de Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les guerres de Napol\u00e9on ont divulgu\u00e9 un fatal secret\u00a0: c\u2019est qu\u2019on peut arriver en quelques journ\u00e9es de marche \u00e0 Paris apr\u00e8s une affaire heureuse\u00a0; c\u2019est que Paris ne se d\u00e9fend pas\u00a0; c\u2019est que ce m\u00eame Paris est beaucoup trop pr\u00e8s de la fronti\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1884\" class=\"cit-num\">1884<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 30\u00a0mars 1814, c\u2019est la bataille de Paris. Bl\u00fccher occupe Montmartre et de ses hauteurs, bombarde la capitale. Moncey r\u00e9siste h\u00e9ro\u00efquement \u00e0 la barri\u00e8re de Clichy. Mais Marmont doit signer la capitulation en fin d\u2019apr\u00e8s-midi. Les Alli\u00e9s entrent dans Paris le lendemain. Il y a quelques cris pour acclamer le roi de Prusse et le tsar de Russie. Napol\u00e9on s\u2019est repli\u00e9 sur Fontainebleau.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rendez-moi ma jambe et je vous rendrai Vincennes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1885\" class=\"cit-num\">1885<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">DAUMESNIL<\/span> (1776-1832), aux Alli\u00e9s assi\u00e9geant Vincennes, d\u00e9but avril\u00a01814. <em>Daumesnil\u00a0: \u00ab\u00a0Rendez-moi ma jambe et je vous rendrai Vincennes\u00a0\u00bb<\/em> (1970), Henri de Clairval<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Volontaire sous la R\u00e9volution, g\u00e9n\u00e9ral et baron d\u2019Empire multipliant les actions d\u2019\u00e9clat, surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0Jambe de bois\u00a0\u00bb, il a perdu une jambe \u00e0 Wagram (1809). Gouverneur du fort de Vincennes depuis 1812, il r\u00e9siste au si\u00e8ge des troupes coalis\u00e9es, alors que la capitale est aux mains des Alli\u00e9s. Sa garnison se compose d\u2019un millier de gardes nationaux et de 300 invalides, qu\u2019il appelle \u00ab\u00a0mon Jeu de quilles\u00a0\u00bb. Un stock de munitions consid\u00e9rable (\u00e9valu\u00e9 \u00e0 80\u00a0millions de francs) fait du donjon une poudri\u00e8re en puissance. La nuit du 30 au 31\u00a0mars, Jambe de bois et son Jeu de quilles ont rafl\u00e9 \u00e0 Montmartre armes, munitions, chevaux, canons, pour les ramener \u00e0 l\u2019abri dans Vincennes. Les Alli\u00e9s lui proposent une forte somme pour sa reddition. D\u2019o\u00f9 la r\u00e9plique. Il n\u00e9gociera la capitulation avec Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> apr\u00e8s l\u2019exil de Napol\u00e9on.<\/p>\n<p>En 1830, quinquag\u00e9naire vaillant, toujours gouverneur de Vincennes et toujours r\u00e9sistant, il r\u00e9pond aux menaces des assaillants\u00a0: \u00ab\u00a0Je me fais sauter avec le ch\u00e2teau et nous nous rencontrerons en l\u2019air.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a01. Napol\u00e9on Bonaparte est d\u00e9chu du tr\u00f4ne et le droit d\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 \u00e9tabli dans sa famille est aboli.<br>\u00a02. Le peuple fran\u00e7ais et l\u2019arm\u00e9e sont d\u00e9li\u00e9s du serment de fid\u00e9lit\u00e9 envers Napol\u00e9on Bonaparte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1886\" class=\"cit-num\">1886<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">S\u00e9nat, S\u00e9natus-consulte du 2\u00a0avril 1814<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Corps l\u00e9gislatif adh\u00e8re \u00e0 l\u2019acte du S\u00e9nat le 3\u00a0avril, alors qu\u2019\u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville, d\u00e8s le 1er, une majorit\u00e9 de conseillers voulaient le r\u00e9tablissement de la monarchie en la personne de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>. Mais le tsar n\u2019aimait pas Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>.<\/p>\n<p>Talleyrand r\u00e9unit 64 S\u00e9nateurs pour qu\u2019ils nomment un gouvernement provisoire \u2013 dont il fait naturellement partie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans la position o\u00f9 je suis [en 1814], je ne trouve de noblesse que dans la canaille que j\u2019ai n\u00e9glig\u00e9e, et de canaille que dans la noblesse que j\u2019ai faite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1887\" class=\"cit-num\">1887<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Napol\u00e9on<\/em> (1921), \u00c9lie Faure<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur d\u00e9chu par des s\u00e9nateurs qui lui devaient honneurs, titres, fortune, h\u00e9site encore \u00e0 abdiquer, au ch\u00e2teau de Fontainebleau. Un dicton court dans Paris\u00a0: \u00ab\u00a0Bient\u00f4t, il n\u2019y aura en France qu\u2019un Fran\u00e7ais de moins.\u00a0\u00bb L\u2019expression va resservir, au d\u00e9but de la Restauration.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Alli\u00e9s\u00a0! Je vais les \u00e9craser dans Paris. Il faut marcher sur la capitale sans tarder\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1888\" class=\"cit-num\">1888<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au ch\u00e2teau de Fontainebleau, 4\u00a0avril 1814. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il lui reste des soldats qui d\u00e9filent devant lui, chantant la Marseillaise et criant\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 Paris\u00a0! \u00c0 Paris\u00a0!\u00a0\u00bb Pr\u00eat \u00e0 donner l\u2019ordre de l\u2019offensive, le g\u00e9n\u00e9ral expose son plan devant les mar\u00e9chaux qui esp\u00e8rent seulement sauver l\u2019Empire avec le roi de Rome et sont las de la guerre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e ne marchera pas\u00a0! dit Ney.<br>\u2014 L\u2019arm\u00e9e m\u2019ob\u00e9ira, dit Napol\u00e9on.<br>\u2014 Sire, l\u2019arm\u00e9e ob\u00e9it \u00e0 ses g\u00e9n\u00e9raux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1889\" class=\"cit-num\">1889<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NEY<\/span> (1769-1815), Fontainebleau, 4\u00a0avril 1814.<em> Le Proc\u00e8s du mar\u00e9chal Ney<\/em> (1955), Me Ren\u00e9 Floriot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le m\u00eame osera (avec le mar\u00e9chal Oudinot) prononcer le mot tabou d\u2019\u00ab\u00a0abdication\u00a0\u00bb devant l\u2019empereur. Napol\u00e9on est inform\u00e9 de la d\u00e9fection de Marmont qui d\u00e9fendait Fontainebleau. Le lendemain, Ney lui apprend que d\u2019autres mar\u00e9chaux s\u2019appr\u00eatent \u00e0 passer \u00e0 l\u2019ennemi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous voulez du repos\u00a0? Ayez-en\u00a0donc\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1890\" class=\"cit-num\">1890<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 ses mar\u00e9chaux, 5\u00a0avril 1814. <em>Napol\u00e9on Bonaparte, ou trente ans de l\u2019histoire de France<\/em>, drame en 6 actes (1831), Alexandre Dumas p\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Beau sujet de drame pour le th\u00e9\u00e2tre romantique, sign\u00e9 Dumas, toujours fid\u00e8le \u00e0 l\u2019esprit et \u00e0 la lettre de cette histoire. Le fait est assez rare pour qu\u2019on le souligne, mais quand l\u2019histoire d\u00e9passe la fiction\u2026<\/p>\n<p>Devant ses mar\u00e9chaux rest\u00e9s muets face \u00e0 ses derniers projets de bataille d\u2019avance perdue, Napol\u00e9on abandonne enfin. Il va se r\u00e9soudre \u00e0 signer une abdication sans plus de condition.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les puissances ayant d\u00e9clar\u00e9 que l\u2019Empereur Napol\u00e9on \u00e9tait le seul obstacle au r\u00e9tablissement de la paix en Europe, l\u2019Empereur Napol\u00e9on, fid\u00e8le \u00e0 ses serments, d\u00e9clare qu\u2019il renonce, pour lui et pour ses enfants, aux tr\u00f4nes de France et d\u2019Italie, et qu\u2019il n\u2019est aucun sacrifice, m\u00eame celui de la vie, qu\u2019il ne soit pr\u00eat \u00e0 faire dans l\u2019int\u00e9r\u00eat de la France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1891\" class=\"cit-num\">1891<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Abdication du 6\u00a0avril 1814, \u00e9crite de sa main sur le c\u00e9l\u00e8bre gu\u00e9ridon d\u2019acajou de Fontainebleau.<em> Le Fils de l\u2019empereur<\/em> (1962), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Par le trait\u00e9 de Fontainebleau du 11\u00a0avril, il garde son titre d\u2019empereur avec la souverainet\u00e9 (d\u00e9risoire) de l\u2019\u00eele d\u2019Elbe, 223\u00a0km2, la plus grande des petites \u00eeles italiennes de l\u2019archipel toscan.<\/p>\n<p>Il ne lui reste plus qu\u2019\u00e0 faire ses adieux \u00e0 la Vieille Garde, avant de s\u2019embarquer.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La question n\u2019est pas\u00a0: faut-il comm\u00e9morer le bicentenaire\u00a0de sa mort&nbsp;? \u00c9videmment oui\u00a0!!! Mais comment comm\u00e9morer\u00a0? En disant \u00ab\u00a0tout\u00a0\u00bb, la l\u00e9gende dor\u00e9e du h\u00e9ros et la l\u00e9gende noire de l\u2019Ogre corse, ses convictions proclam\u00e9es et ses doutes avou\u00e9s, ses contradictions \u00e9videntes et ses pens\u00e9es intimes, avec ce sens du Destin aussi fort que sa superstition de [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":159,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-8986","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8986","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=8986"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8986\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12703,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/8986\/revisions\/12703"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=8986"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=8986"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=8986"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}