{"id":9121,"date":"2022-01-03T00:00:00","date_gmt":"2022-01-02T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/les-surnoms-jeu-de-mots-entre-petite-et-grande-histoire-la-grande-armee\/"},"modified":"2026-05-12T16:53:40","modified_gmt":"2026-05-12T14:53:40","slug":"les-surnoms-jeu-de-mots-entre-petite-et-grande-histoire-la-grande-armee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/les-surnoms-jeu-de-mots-entre-petite-et-grande-histoire-la-grande-armee\/","title":{"rendered":"Les Surnoms &#8211; jeu de mots entre petite et grande Histoire (la Grande Arm\u00e9e)"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"9121\" class=\"elementor elementor-9121\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-6b0e12d9 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"6b0e12d9\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-420e7734 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"420e7734\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"field-item even\"><h3>Les surnoms de l\u2019histoire<\/h3><h3><span class=\"caps\">VII<\/span>. L\u2019\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne \u2013 la Grande Arm\u00e9e.<\/h3><p>L\u2019homme d\u2019\u00c9tat est avant tout un militaire\u00a0et la Grande Arm\u00e9e est le premier chef d\u2019\u0153uvre de Napol\u00e9on. Nous allons passer en revue vingt Noms r\u00e9sum\u00e9s par leurs surnoms et jug\u00e9s par l\u2019empereur qui les connut mieux que personne, jouant de leurs d\u00e9fauts comme de leurs qualit\u00e9s.<\/p><p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto; margin-right: auto;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_6-16.jpg\" width=\"200\" height=\"273\"><\/a><\/p><h4>L\u2019arm\u00e9e de Napol\u00e9on\u00a0: la Grande Arm\u00e9e<\/h4><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e, c\u2019est la nation.\u00a0\u00bb<span id=\"1762\" class=\"cit-num\">1762<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Premier Consul, au Conseil d\u2019\u00c9tat, 4\u00a0mai\u00a01802.<em> Dictionnaire des citations fran\u00e7aises<\/em>, Le Robert<\/p><\/blockquote><p>Bonaparte est d\u2019abord un militaire, avant de se r\u00e9v\u00e9ler homme d\u2019\u00c9tat. Entr\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9cole militaire de Brienne \u00e0 9\u00a0ans (comme boursier), quand la R\u00e9volution commence, il a 19\u00a0ans et le grade de lieutenant d\u2019artillerie (son arme pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e). D\u00e8s que la France entre en guerre en 1792, il se r\u00e9v\u00e8le \u00e0 la fois strat\u00e8ge et chef surdou\u00e9, promu chef de brigade \u00e0 24\u00a0ans, \u00ab\u00a0\u00e0 cause du z\u00e8le et de l\u2019intelligence dont il a fait preuve\u00a0\u00bb au si\u00e8ge de Toulon (1793), reprenant la ville qui s\u2019\u00e9tait livr\u00e9e aux Anglais. Il est fait caporal \u00e0 Lodi (1796), gardant ce surnom de Petit Caporal parmi les soldats. Ses campagnes d\u2019Italie et d\u2019\u00c9gypte apportent la gloire au jeune g\u00e9n\u00e9ral sous le Directoire. Le Premier Consul combat avec passion, \u00e0 la t\u00eate de ses hommes. L\u2019Empire sera plac\u00e9 sous le signe des guerres qui s\u2019encha\u00eenent in\u00e9luctablement, des plus \u00e9clatantes victoires aux plus dramatiques d\u00e9faites, entre l\u00e9gende dor\u00e9e et l\u00e9gende noire d\u2019un Napol\u00e9on toujours combattant. Intr\u00e9pide, il s\u2019affiche au premier rang, passe les ponts dans les bataillons de pointe. Le cheval mourut sous lui \u00e0 plusieurs reprises, il re\u00e7ut des balles dans la botte ou le pied\u00a0: \u00ab\u00a0Un homme comme moi se soucie peu de la vie.\u00a0\u00bb Mais la force de l\u2019arm\u00e9e, c\u2019est Napol\u00e9on.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qu\u2019\u00e9tait la Grande Arm\u00e9e, sinon une France guerri\u00e8re d\u2019hommes qui, sans famille, ayant de plus perdu la R\u00e9publique, cette patrie morale, promenait cette vie errante en Europe\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\"1763\" class=\"cit-num\">1763<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>Extraits historiques<\/em> (posthume, 1907)<\/p><\/blockquote><p>Sur le plan institutionnel, la \u00ab\u00a0Grande Arm\u00e9e\u00a0\u00bb est d\u2019abord le nom g\u00e9n\u00e9rique donn\u00e9 par Napol\u00e9on \u00e0 l\u2019arm\u00e9e d\u2019invasion bas\u00e9e \u00e0 Boulogne pour attaquer l\u2019Angleterre en franchissant la Manche \u2013 projet abandonn\u00e9 apr\u00e8s Trafalgar (1805) et l\u2019an\u00e9antissement de la flotte fran\u00e7aise. Il se rabattra en 1808 sur le Blocus continental, plus ou moins efficace contre l\u2019ennemie num\u00e9ro un de la France (les historiens parlent de la \u00ab\u00a0seconde Guerre de Cent Ans\u00a0\u00bb de 1688 \u00e0 1815.<\/p><p>La Grande Arm\u00e9e d\u00e9signe ensuite l\u2019arm\u00e9e napol\u00e9onienne, r\u00e9put\u00e9e la meilleure du monde\u00a0: grande par le nombre des soldats, plus d\u2019un million et cent mille hommes de r\u00e9serve\u00a0; grande aussi par la qualit\u00e9, l\u2019organisation, les g\u00e9n\u00e9raux d\u2019exception. Elle est initialement compos\u00e9e de sept corps d\u2019arm\u00e9e, les sept \u00ab\u00a0torrents\u00a0\u00bb command\u00e9s par les mar\u00e9chaux Augereau, Bernadotte, Davout, Lannes, Ney, Soult, et par le g\u00e9n\u00e9ral Marmont\u00a0: ce sont \u00ab\u00a0les Grands Chapeaux\u00a0\u00bb.<\/p><p>\u00ab\u00a0Cursus militaire classique\u00a0\u00bb\u00a0: l\u2019entr\u00e9e dans la carri\u00e8re remonte souvent \u00e0 l\u2019Ancien R\u00e9gime (tout proche) ou \u00e0 la R\u00e9volution qui \u00e9veille les consciences. La rencontre avec Bonaparte se fait au si\u00e8ge de Toulon. Premi\u00e8re chance, faire partie de la (premi\u00e8re) campagne d\u2019Italie, puis de l\u2019exp\u00e9dition d\u2019\u00c9gypte. Participer \u00e9ventuellement au coup d\u2019\u00c9tat de brumaire. Les batailles se suivent, le plus souvent victorieuses, parfois \u00e9blouissantes (Austerlitz). On peut devenir mar\u00e9chal d\u2019Empire en 1804 \u2013 \u00ab\u00a0grande promotion des mar\u00e9chaux\u00a0\u00bb du 19 mai au lendemain de la proclamation de l\u2019Empire, sinon en 1809 ou au fil des exploits. Dilemme\u00a0: demeurer ou pas fid\u00e8le \u00e0 l\u2019Empereur jusqu\u2019\u00e0 la fin (les Cent-Jours).<\/p><p>Restent les al\u00e9as de la guerre et de la Politique, mais aussi les diff\u00e9rences de caract\u00e8re et un grand militaire a souvent un sacr\u00e9 temp\u00e9rament \u2013 les surnoms en t\u00e9moignent. Nous allons passer en revue (par ordre alphab\u00e9tique) vingt personnages parmi les plus c\u00e9l\u00e8bres.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Augereau\u00a0: le Fier brigand<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/augereau.jpg\" width=\"400\" height=\"533\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sa taille, ses mani\u00e8res, ses paroles, lui donnaient l\u2019air d\u2019un bravache\u00a0; ce qu\u2019il \u00e9tait loin d\u2019\u00eatre quand une fois il se trouva gorg\u00e9 d\u2019honneurs et de richesses, lesquelles d\u2019ailleurs il s\u2019adjugeait de toutes mains et de toutes les mani\u00e8res.\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOLEON<\/span> (1769-1821) \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, \u00e9voquant la m\u00e9moire d\u2019Augereau (<em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em>, Las Cases, 1822)<\/p><\/blockquote><p>Le g\u00e9n\u00e9ral Augereau (1757-1816) a tout un pass\u00e9 militaire et politique (jacobin sous la R\u00e9volution) avant de passer sous les ordres de Bonaparte. Il s\u2019illustre en 1796 \u00e0 Lodi, Castiglione, Arcole, retirant une gloire personnelle qu\u2019il voudrait sup\u00e9rieure \u00e0 celle de son chef, ce qui ne peut \u00eatre tol\u00e9r\u00e9\u00a0! \u00c9loign\u00e9 de l\u2019arm\u00e9e, il retourne aux magouilles politiques du Directoire et s\u2019oppose au coup d\u2019\u00c9tat de brumaire (novembre 1799) avant de se rallier \u00e0 Bonaparte, pour repasser ensuite \u00e0 l\u2019opposition\u2026 et revenir \u00e0 Napol\u00e9on sous l\u2019Empire.<\/p><p>M\u00eame irr\u00e9gularit\u00e9 sur le champ de bataille o\u00f9 il peut se montrer capable du meilleur comme du moins bon. Fait mar\u00e9chal d\u2019Empire en mai 1804, grand officier de la L\u00e9gion d\u2019honneur, duc de Castiglione, il sert en Espagne o\u00f9 il est\u00a0 r\u00e9put\u00e9 pour ses prises de guerre, d\u2019o\u00f9 son surnom de Fier brigand. Combl\u00e9 d\u2019honneurs, puis renvoy\u00e9 dans ses terres et rappel\u00e9 au combat, il regagne la confiance de Napol\u00e9on \u00e0 Leipzig (1813) et la perd \u00e0 nouveau \u00e0 Lyon (en 1814). Il d\u00e9nonce alors Napol\u00e9on comme un tyran et ordonne \u00e0 ses soldats d\u2019adopter la cocarde blanche de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>. Lors des Cent-Jours, il se rallie pourtant \u00e0 l\u2019Empereur\u2026 qui lui retire son titre de mar\u00e9chal pour le qualifier de \u00ab\u00a0tra\u00eetre \u00e0 la France\u00a0\u00bb.\u00a0<\/p><p>En r\u00e9sum\u00e9, c\u2019est sans doute le parcours militaire et politique le plus chaotique, \u00e0 l\u2019image de l\u2019\u00e9poque.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Bernadotte\u00a0: le Gascon, le sergent Belle-Jambe<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/bernadotte.jpg\" width=\"330\" height=\"425\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut, pour gouverner les Fran\u00e7ais, une main de fer recouverte d\u2019un gant de velours.\u00a0\u00bb<span id=\":\" class=\"cit-num\">:<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">BERNADOTTE<\/span> (1763-1844)<\/p><\/blockquote><p>Appr\u00e9ciation devenue proverbe qui lui est attribu\u00e9e lors d\u2019une conf\u00e9rence avec le comte d\u2019Artois, selon le pr\u00e9fet Beugnot.<\/p><p>N\u00e9 \u00e0 Pau, fils d\u2019un notaire gascon et destin\u00e9 au droit, il commence \u00e0 15 ans comme petit clerc, mais le jeune homme n\u2019\u00e9prouve aucun int\u00e9r\u00eat pour la chose juridique et d\u00e9cide de s\u2019enr\u00f4ler. \u00c0 17 ans, il int\u00e8gre le r\u00e9giment Royal-La Marine, d\u00e9j\u00e0 surnomm\u00e9\u00a0le sergent Belle-Jambe pour sa silhouette avantageuse et ses succ\u00e8s f\u00e9minins. La R\u00e9volution va lui offrir une ascension fulgurante, lui permettant de r\u00e9v\u00e9ler son courage et ses talents d\u2019orateur.<\/p><p>\u00c0 partir de juillet 1792, le lieutenant Bernadotte bataille sur tous les fronts. Devenu g\u00e9n\u00e9ral de division, il est charg\u00e9 de conduire 20 000 hommes de l\u2019arm\u00e9e Sambre-et-Meuse jusqu\u2019\u00e0 Bonaparte en pleine campagne d\u2019Italie. Il va na\u00eetre entre les deux hommes un \u00ab\u00a0jeu d\u2019amour-haine\u00a0\u00bb sous le signe de la rivalit\u00e9, redoubl\u00e9 par l\u2019inimiti\u00e9 de Bernadotte envers les hommes du premier cercle, Berthier, Mass\u00e9na et Augereau. En 1804, \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal d\u2019Empire, la plus haute distinction militaire du pays, il ne prend part qu\u2019\u00e0 une seule des grandes batailles de la Grande Arm\u00e9e, Austerlitz. En raison de son opposition ant\u00e9rieure, Napol\u00e9on se m\u00e9fie et le tient \u00ab\u00a0en dehors\u00a0\u00bb\u00a0: il commande des troupes \u00e9trang\u00e8res, toujours hors de France. Le mauvais comportement de ses troupes \u00e0 Wagram (1809) est critiqu\u00e9 par l\u2019Empereur. Il tombe en disgr\u00e2ce et se retire dans son domaine.<\/p><p>Un\u00a0\u00ab\u00a0tour de passe-passe g\u00e9opolitique\u00a0\u00bb n\u00e9 d\u2019un malentendu va transformer son destin.<\/p><p>Juin 1810, le baron su\u00e9dois Carl Otto M\u00f6rner, admirateur de Napol\u00e9on et certain que la guerre est in\u00e9vitable entre la France et la Russie, voit une occasion de r\u00e9cup\u00e9rer la Finlande et vient \u00e0 Paris pour trouver un candidat fran\u00e7ais \u00e0 la couronne su\u00e9doise. Aid\u00e9 par quelques contacts et sur le conseil de Joseph, fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de Napol\u00e9on, il pense \u00e0 Bernadotte alors inactif (en disgr\u00e2ce depuis Wagram). Le mar\u00e9chal a laiss\u00e9 un bon souvenir aux officiers su\u00e9dois avec sa courtoisie, lors de la capitulation de L\u00fcbeck en 1806. M\u00e9fiant mais ravi, Bernadotte s\u2019en remet \u00e0 l\u2019Empereur qui ne fait rien pour emp\u00eacher la candidature surprise de son mar\u00e9chal \u2013 il pourra semer le d\u00e9sordre dans le processus \u00e9lectoral su\u00e9dois et renforcer la pr\u00e9sence fran\u00e7aise en Su\u00e8de.<\/p><p>S\u2019appuyant sur un parti francophile et sur le manque d\u2019instructions claires de Napol\u00e9on, le mar\u00e9chal Bernadotte joue sa carte et retourne la Di\u00e8te r\u00e9unie \u00e0 \u00d6rebro\u00a0: le 21 ao\u00fbt 1810, les \u00e9tats g\u00e9n\u00e9raux unis lui proposent la place de successeur au tr\u00f4ne de Su\u00e8de, par acclamation des quatre ordres. Confront\u00e9 au r\u00e9sultat, Napol\u00e9on ne s\u2019y oppose pas.<\/p><p>Les cons\u00e9quences de l\u2019accession sont connues\u00a0: soucieux d\u2019assurer son tr\u00f4ne, humili\u00e9 par des vexations diplomatiques napol\u00e9oniennes, Bernadotte se rapproche de la Russie et sort de l\u2019alliance avec la France. Mais les Su\u00e9dois ne regrett\u00e8rent pas leur nouveau roi\u00a0: il leur amena la paix par la neutralit\u00e9 et les bases de la prosp\u00e9rit\u00e9 \u00e9conomique dans la premi\u00e8re moiti\u00e9 du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle. Bernadotte meurt en 1844 \u00e0 81 ans, remplac\u00e9 par son fils Oscar Ier. Deux si\u00e8cles plus tard, la famille de Bernadotte r\u00e8gne toujours sur la Su\u00e8de, monarchie constitutionnelle et parlementaire.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Carnot\u00a0: le Grand Carnot, l\u2019Organisateur de la victoire<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/carnot.jpg\" width=\"400\" height=\"521\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soyez attaquants, sans cesse attaquants.\u00a0\u00bb<span id=\"1590\" class=\"cit-num\">1590<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Comit\u00e9 du 8 prairial an\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (27\u00a0mai 1794), Aux \u00ab\u00a0soldats de l\u2019an <span class=\"caps\">II<\/span>\u00a0\u00bb. Formule attribu\u00e9e \u00e0 Lazare <span class=\"caps\">CARNOT<\/span> (1753-1823). <em>La R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1984), Albert Soboul<\/p><\/blockquote><p>Parfois dat\u00e9 de f\u00e9vrier\u00a01794, c\u2019est le genre de mot \u00ab\u00a0passe-partout\u00a0\u00bb, toujours en situation dans un pays en guerre.<\/p><p>La lev\u00e9e en masse a mis 750\u00a0000 hommes sous les drapeaux pour sauver la patrie en danger. Malgr\u00e9 d\u2019\u00e9normes probl\u00e8mes d\u2019approvisionnement et de discipline, l\u2019attaque ordonn\u00e9e r\u00e9ussit, les arm\u00e9es de la R\u00e9publique repoussent l\u2019ennemi. En mai\u00a01794, le d\u00e9partement du Nord est reconquis. Et la Belgique, le mois suivant.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les arm\u00e9es victorieuses [\u2026] reculent nos limites jusqu\u2019aux barri\u00e8res que la nature nous a donn\u00e9es.\u00a0\u00bb<span id=\"1663\" class=\"cit-num\">1663<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Lazare <span class=\"caps\">CARNOT<\/span> (1753-1823), apr\u00e8s la victoire de Lodi du 10\u00a0mai\u00a01796. <em>R\u00e9impression de l\u2019ancien Moniteur\u00a0: Directoire ex\u00e9cutif<\/em> (1863), A. Ray<\/p><\/blockquote><p>Ainsi parle l\u2019\u00ab\u00a0Organisateur de la victoire\u00a0\u00bb qui est encore membre du Directoire, avant d\u2019\u00eatre \u00e9limin\u00e9 \u2013\u00a0puis rappel\u00e9 par Bonaparte comme ministre de la Guerre en 1800. Lodi est une date pour Bonaparte et pour la France, dans une campagne d\u2019Italie m\u00e9morable. Selon Denis Richet dans le <em>Dictionnaire critique de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em>, \u00ab\u00a0les fronti\u00e8res naturelles\u00a0: non une tradition politique, mais une passion dont on peut certes d\u00e9celer des sources dans l\u2019ancienne France, mais \u00e0 qui seule la R\u00e9volution a donn\u00e9 une puissance explosive\u00a0\u00bb.<\/p><p>Mais Carnot qui \u00e9tait bien parti vote contre le Consulat \u00e0 vie, puis contre la cr\u00e9ation de l\u2019Empire. Le voil\u00e0 quasiment sans emploi\u2026 jusqu\u2019\u00e0 la campagne de Russie. Il offre ses services \u00e0 Napol\u00e9on. On s\u2019aper\u00e7ut alors qu\u2019il \u00e9tait rest\u00e9 simple chef de bataillon. En quelques instants, il passa tous les grades de lieutenant-colonel, colonel, g\u00e9n\u00e9ral de brigade et g\u00e9n\u00e9ral de division. Il finit ensuite exil\u00e9 politique.<\/p><p>Signe (tr\u00e8s) particulier\u00a0: Carnot fut aussi un po\u00e8te et un grand scientifique, mondialement connu, cr\u00e9ateur avec Monge de la g\u00e9om\u00e9trie moderne\u2026 et de l\u2019\u00c9cole polytechnique. La famille Carnot donnera aussi un physicien, un pr\u00e9sident de la R\u00e9publique (Sadi Carnot) et quatre g\u00e9n\u00e9rations de d\u00e9put\u00e9s.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Caulaincourt\u00a0: Caulain qui court, Grand \u00e9cuyer tranchant<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/caulaincourt.jpg\" width=\"300\" height=\"443\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous ne voyez pas en moi le repr\u00e9sentant des lubies de l\u2019Empereur, mais de son int\u00e9r\u00eat v\u00e9ritable et de celui de la France. [\u2026] Ramenez-nous en France par la paix ou par la guerre, et vous serez b\u00e9ni par 30 millions de Fran\u00e7ais, et par tous les serviteurs et amis \u00e9clair\u00e9s de l\u2019Empereur.\u00a0\u00bb<span id=\"&amp;\" class=\"cit-num\">&amp;<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CAULAINCOURT<\/span> (1773-1827), militaire et diplomate \u00e0 Metternich, congr\u00e8s de Prague (1813). <em>Antoine d\u2019Arjuzon, Caulaincourt\u00a0: Le confident de Napol\u00e9on<\/em> (2012)<\/p><\/blockquote><p>Il repr\u00e9sente ici le \u00ab\u00a0parti de la paix\u00a0\u00bb pour le bien de la France et d\u00e9fend cette opinion contre l\u2019empereur lui-m\u00eame, ce que Talleyrand tenta de faire avant de quitter son minist\u00e8re des Affaires \u00e9trang\u00e8res.<\/p><p>Armand Augustin Louis, 5e marquis de Caulaincourt, cumule les qualit\u00e9s (sans les d\u00e9fauts) de militaire et de diplomate, mais malgr\u00e9 ses relations (dont Talleyrand), sa carri\u00e8re n\u2019est pas fulgurante ni m\u00eame brillante comme pour la plupart de ses confr\u00e8res \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p><p>Tout d\u00e9marre vraiment par une premi\u00e8re mission officieuse\u00a0en Russie\u00a0: porter \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg une lettre de Napol\u00e9on Bonaparte au nouveau tsar Alexandre Ier, suite \u00e0 la signature du trait\u00e9 de paix de Paris (9 octobre 1801) habilement n\u00e9goci\u00e9 par Talleyrand. L\u2019enjeu g\u00e9opolitique est capital\u00a0: se rapprocher de ce grand pays pour mieux contrer l\u2019Angleterre, dernier adversaire de la France en Europe.<\/p><p>Caulaincourt, bien guid\u00e9 par Talleyrand ma\u00eetre absolu en la mati\u00e8re, fait preuve de toutes les qualit\u00e9s diplomatiques, psychologiques et humaines, noue des contacts qui serviront plus tard, r\u00e9sout quelques probl\u00e8mes mineurs. Bref, mission plus que r\u00e9ussie\u00a0! Au retour, il est nomm\u00e9 aide de camp du Premier Consul \u2013 fonction d\u00e9j\u00e0 occup\u00e9e plusieurs fois et o\u00f9 il s\u2019est souvent ennuy\u00e9, mais quand il s\u2019agit du ma\u00eetre de la France, c\u2019est une autre affaire et un poste capital. Il le suit d\u00e9sormais dans tous ses d\u00e9placements. Donnant pleine satisfaction au ma\u00eetre de la France, il sera aussi nomm\u00e9 grand \u00e9cuyer apr\u00e8s la proclamation de l\u2019Empire, promu au grade de g\u00e9n\u00e9ral de division en 1805, nomm\u00e9 ambassadeur en Russie de 1807 \u00e0 1811, ministre des Relations ext\u00e9rieures de novembre 1813 \u00e0 la premi\u00e8re abdication de Napol\u00e9on, occupant \u00e0 nouveau ce poste pendant les Cent-Jours. \u00ab\u00a0Un homme de c\u0153ur et de droiture\u00a0\u00bb reconna\u00eetra l\u2019exil\u00e9 de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne.<\/p><p>\u00ab\u00a0Caulain qui court\u00a0\u00bb parcourut l\u2019Europe, d\u2019o\u00f9 son premier surnom. Il est impliqu\u00e9 dans l\u2019assassinat du duc d\u2019Enghien en 1804, d\u2019o\u00f9 le second surnom de \u00ab\u00a0Grand \u00e9cuyer tranchant\u00a0\u00bb donn\u00e9 par les royalistes plus que jamais opposants \u00e0 l\u2019empereur, mais Caulaincourt n\u2019est pas responsable dans cette affaire, crime ou faute historique. D\u2019autres accusations de trahison semblent totalement infond\u00e9es\u00a0: Caulaincourt n\u2019est pas l\u2019\u00e9gal de Talleyrand \u00ab\u00a0le Diable boiteux\u00a0\u00bb et n\u2019a jamais rien fait pour de l\u2019argent. Mais comme lui, il est toujours du \u00ab\u00a0parti de la paix\u00a0\u00bb et il a fort \u00e0 faire, avec Napol\u00e9on. Totalement d\u00e9vou\u00e9, quoique jamais servile, Caulaincourt semble en cela un homme exceptionnel.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Davout\u00a0: le Mar\u00e9chal de fer, la B\u00eate de Hambourg<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/davout.jpg\" width=\"400\" height=\"618\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand un d\u2019Avout sort du berceau, une \u00e9p\u00e9e sort de son fourreau.\u00a0\u00bb<span id=\"23\" class=\"cit-num\">23<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Adage de la famille d\u2019<span class=\"caps\">AVOUT<\/span><\/p><\/blockquote><p>Louis Nicolas d\u2019Avout, devenu Davout (1770-1823) na\u00eet dans une famille de noblesse d\u2019\u00e9p\u00e9e destinant par tradition ses enfants au service du roi. Mais faisant exception \u00e0 la r\u00e8gle, il s\u2019illustrera dans l\u2019infanterie. Il pr\u00e9sente un cursus militaire classique, comparable \u00e0 Mass\u00e9na\u00a0: entr\u00e9 dans la carri\u00e8re sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, g\u00e9n\u00e9ral de la R\u00e9volution, \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal d\u2019Empire par Napol\u00e9on en 1804.<\/p><p>D\u2019un caract\u00e8re difficile, le \u00ab\u00a0Mar\u00e9chal de fer\u00a0\u00bb est tr\u00e8s exigeant envers ses officiers, particuli\u00e8rement s\u00e9v\u00e8re sur l\u2019entra\u00eenement et la discipline de ses troupes. Consid\u00e9r\u00e9 comme le meilleur subordonn\u00e9 de Napol\u00e9on sur le plan tactique, c\u2019est le seul mar\u00e9chal de l\u2019Empire rest\u00e9 invaincu (avec Lannes et Suchet). Son ent\u00eatement fait de lui \u00ab\u00a0la B\u00eate de Hambourg\u00a0\u00bb, au cours de la difficile campagne d\u2019Allemagne en 1813. L\u2019exploit illustre sa nature et vaut d\u2019\u00eatre cont\u00e9\u2026\u00a0<\/p><p>Invaincu mais isol\u00e9, il ne re\u00e7oit plus aucune communication du <span class=\"caps\">Q.G.<\/span> imp\u00e9rial. Livr\u00e9 \u00e0 lui-m\u00eame, il se replie sur le secteur de Hambourg et fait fortifier la ville. Il emmagasine neuf mois de vivres, chasse les bouches inutiles sur la ville neutre d\u2019Altona et fait raser certaines habitations pour d\u00e9gager les champs de tir et \u00e9viter les infiltrations ennemies. Devant la passivit\u00e9 des notables et des commer\u00e7ants \u00e0 r\u00e9gler les contributions fix\u00e9es, conform\u00e9ment aux ordres de l\u2019Empereur et aux lois de la guerre, il fait saisir et mettre sous s\u00e9questre la banque de Hambourg pour assurer les besoins de la d\u00e9fense et le maintien de l\u2019ordre. Il va tenir la place tout l\u2019hiver, repoussant les attaques d\u2019un adversaire tr\u00e8s sup\u00e9rieur en hommes et en moyens, effectuant au printemps 1814 plusieurs sorties pour se donner de l\u2019air et procurer du fourrage aux chevaux. Les arm\u00e9es russes, prussiennes et su\u00e9doises qui totalisent jusqu\u2019\u00e0 120 000 hommes cherchent en vain \u00e0 s\u2019emparer de la ville et \u00e0 \u00e9branler la fermet\u00e9 du\u00a0 mar\u00e9chal. Il tient Hambourg jusqu\u2019\u00e0 l\u2019abdication de Napol\u00e9on, en avril 1814. En l\u2019absence de communication officielle et refusant de faire confiance aux officiers russes qui lui livrent une guerre psychologique depuis des mois, il n\u2019accorde aucun cr\u00e9dit aux affirmations du g\u00e9n\u00e9ral Bennigsen qui se d\u00e9clare porteur d\u2019instructions du nouveau gouvernement fran\u00e7ais et il fait tirer sur le drapeau fleurdelis\u00e9 du roi de France, maladroitement hiss\u00e9 pour tenter de le convaincre\u00a0! Il ne consent \u00e0 remettre la ville que le 11 mai 1814 au g\u00e9n\u00e9ral G\u00e9rard, charg\u00e9 officiellement par Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> de le relever de son commandement et de l\u2019\u00e9vacuer de Hambourg.\u00a0<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Desaix\u00a0: le Sultan juste, le Spartiate de l\u2019Arm\u00e9e du Rhin<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/desaix.jpg\" width=\"400\" height=\"533\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Allez dire au Premier Consul que je meurs avec le seul regret de n\u2019avoir pas assez fait pour la post\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"1706\" class=\"cit-num\">1706<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DESAIX<\/span> (1768-1800), au jeune Lebrun, son aide de camp, mot de la fin \u00e0 Marengo, 14\u00a0juin 1800. <em>L\u2019Honneur fran\u00e7ais, ou Tableau des personnages qui, depuis 1789 jusqu\u2019\u00e0 ce jour, ont contribu\u00e9 \u00e0 quelque titre que ce soit, \u00e0 honorer le nom fran\u00e7ais<\/em> (1808), Jean-Baptiste-Louis Brayer de Beauregard<\/p><\/blockquote><p>Frapp\u00e9 d\u2019une balle au commencement de la charge de sa division, le g\u00e9n\u00e9ral a juste le temps de dire ces mots\u2026 Ralli\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution, il se distingua dans l\u2019arm\u00e9e du Rhin o\u00f9 il re\u00e7ut son bapt\u00eame du feu \u00e0 24 ans, le 3 ao\u00fbt 1792. Il connut \u00e0 cette occasion une rapide ascension, de capitaine \u00e0 g\u00e9n\u00e9ral de division. Bless\u00e9 plusieurs fois, les deux joues travers\u00e9es par une balle, il continue de combattre \u2013 c\u2019est le Spartiate de l\u2019Arm\u00e9e du Rhin, partageant la vie et l\u2019ordinaire de ses soldats. Il est aussi connu pour ses m\u0153urs aust\u00e8res. Le m\u00eame surnom appliqu\u00e9 \u00e0 Gouvion Saint-Cyr n\u2019a pas le m\u00eame sens.<\/p><p>Accompagnant Bonaparte en \u00c9gypte, il fut charg\u00e9 de l\u2019organisation du Fayoum\u00a0: son gouvernement lui valut l\u2019autre et beau surnom de Sultan juste, y compris aupr\u00e8s de ses ennemis. En homme instruit, il procura aussi aux scientifiques charg\u00e9s de reconna\u00eetre le pays tous les renseignements qu\u2019il a recueillis, recherchant lui-m\u00eame les ruines et les monuments importants.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pourquoi ne m\u2019est-il pas permis de pleurer\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\"1707\" class=\"cit-num\">1707<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821) \u00e0 la mort de Desaix, Marengo, 14\u00a0juin 1800.<em> Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise ou Journal des Assembl\u00e9es nationales<\/em> (1834-1838), <span class=\"caps\">P.J.B.<\/span> Buchez, <span class=\"caps\">P.C.<\/span> Roux<\/p><\/blockquote><p>Envoy\u00e9 sur ordre de Bonaparte \u00e0 la recherche de l\u2019arm\u00e9e ennemie sur la route de G\u00eanes, Desaix revient sur ses pas en entendant tonner des canons sur ses arri\u00e8res. Les troupes fran\u00e7aises ont en effet \u00e9t\u00e9 attaqu\u00e9es et mises en grande difficult\u00e9 par les Autrichiens. Arrivant avec environ 10 000 hommes, Desaix prend la t\u00eate de la 9e brigade d\u2019infanterie l\u00e9g\u00e8re et s\u2019\u00e9lance contre l\u2019ennemi. Cette action r\u00e9tablit la situation et permet la victoire de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise. Mais, au cours de la charge, Desaix est mortellement bless\u00e9 d\u2019une balle en plein c\u0153ur. Il a 31 ans.<\/p><p>C\u2019\u00e9tait un valeureux compagnon de route pour Bonaparte qui a pu appr\u00e9cier l\u2019homme et le militaire \u00e0 maintes occasions. Certains historiens d\u00e9nonc\u00e8rent son m\u00e9pris de la vie humaine, mais Napol\u00e9on n\u2019a jamais m\u00e9nag\u00e9 la sienne\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019un homme apr\u00e8s tout\u00a0?\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p><p>Les deux hommes se sont rencontr\u00e9s trois ans plus t\u00f4t, lors de la premi\u00e8re campagne d\u2019Italie, le 27 ao\u00fbt 1797. Desaix a un coup de foudre pour le jeune g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai enfin rencontr\u00e9 un grand homme\u2026 Vous ne pouvez avoir une id\u00e9e de son caract\u00e8re, de son esprit, de son g\u00e9nie. Je suis enchant\u00e9 de l\u2019avoir vu.\u00a0\u00bb\u00a0 Le jeune g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte, vainqueur d\u2019Italie,\u00a0 est l\u2019homme illustre selon Plutarque que recherchait Desaix le lettr\u00e9, l\u2019aristocrate. Bonaparte est \u00e9galement s\u00e9duit par sa politesse de gentilhomme, sa d\u00e9licatesse de sentiments, son \u00e9rudition, ses connaissances militaires et ses campagnes de guerre. Ils ont presque le m\u00eame \u00e2ge, ils appartiennent au m\u00eame milieu. Leurs familles sont chr\u00e9tiennes et sans fortune. Vou\u00e9s d\u00e8s leur enfance au service du Roi, ils se sont tous deux engag\u00e9s dans la carri\u00e8re des armes et ont re\u00e7u des le\u00e7ons semblables \u00e0 Brienne et \u00e0 Effiat. L\u2019un et l\u2019autre ont l\u2019amour de la patrie et de la gloire.<\/p><p>\u00ab\u00a0Nous nous serions toujours entendus par conformit\u00e9 d\u2019\u00e9ducation et de principes. Son talent \u00e9tait de tous les instants. Il avait le courage physique et le courage moral. D\u00e9vou\u00e9 et fid\u00e8le, c\u2019\u00e9tait un caract\u00e8re \u00e0 l\u2019antique\u00a0\u00bb. On repense au surnom, le Spartiate de l\u2019Arm\u00e9e du Rhin.<br>Tr\u00e8s affect\u00e9 par cette mort au combat, le Premier Consul fait transporter \u00e0 l\u2019hospice du Grand-Saint-Bernard la d\u00e9pouille mortelle du g\u00e9n\u00e9ral Desaix. Elle est inhum\u00e9e dans la chapelle des Hospitaliers du Grand Saint-Bernard le 19 juin 1805. Berthier, ministre de la Guerre, repr\u00e9sentant l\u2019Empereur, prononce son \u00e9loge fun\u00e8bre.<\/p><p>Dans son <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne,<\/em> Napol\u00e9on dicta ces mots \u00e0 Las Cases lui\u00a0\u00a0: \u00ab\u00a0Le talent de Desaix \u00e9tait de tous les instants\u00a0; il ne vivait, ne respirait que l\u2019ambition noble et la v\u00e9ritable gloire. C\u2019\u00e9tait un caract\u00e8re antique. Il aimait la gloire pour elle-m\u00eame et la France au-dessus de tout. (\u2026) L\u2019esprit et le talent furent en \u00e9quilibre avec le caract\u00e8re et le courage, \u00e9quilibre pr\u00e9cieux qu\u2019il poss\u00e9dait \u00e0 un degr\u00e9 sup\u00e9rieur.\u00a0\u00bb Il mourut, dit-on, en pronon\u00e7ant\u00a0ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Desaix\u00a0! Desaix\u00a0! Ah\u00a0! la victoire se d\u00e9cide.\u00a0\u00bb<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Duroc\u00a0: l\u2019Ombre de l\u2019Empereur<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/duroc.jpg\" width=\"330\" height=\"429\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute ma vie a \u00e9t\u00e9 consacr\u00e9e \u00e0 votre service et je ne la regrette que pour l\u2019utilit\u00e9 dont elle pouvait \u00eatre encore\u2026 J\u2019ai v\u00e9cu en honn\u00eate homme, je ne me reproche rien. Je laisse ma fille, votre Majest\u00e9 lui servira de p\u00e8re.\u00a0\u00bb<span id=\"1\" class=\"cit-num\">1<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DUROC<\/span> (1772-1813), grand mar\u00e9chal du Palais, bless\u00e9 \u00e0 Wurtzen, 22 mai 1813,<em> Dictionnaire historique et biographique de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire, 1789-1815<\/em>, Dr. Robinet<\/p><\/blockquote><p>Aide de camp du jeune g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte dans sa premi\u00e8re campagne d\u2019Italie, chef de brigade dans sa campagne d\u2019\u00c9gypte, il revient avec lui en France, bient\u00f4t charg\u00e9 de n\u00e9gociations d\u00e9licates, discr\u00e8tes et parfois secr\u00e8tes aupr\u00e8s des cours \u00e9trang\u00e8res, suite au coup d\u2019\u00c9tat de brumaire. <br>Napol\u00e9on sait qu\u2019il a trouv\u00e9 son homme de confiance\u00a0: le voil\u00e0 grand mar\u00e9chal du palais, autrement dit chef\u00a0 de la Maison militaire de l\u2019Empereur en 1805 (l\u2019\u00e9quivalent d\u2019un Premier ministre). Il sera de toutes ses campagnes, jusqu\u2019\u00e0 sa mort sur le champ de bataille \u00e0 40 ans (bataille de Bautzen en Saxe) . \u00ab\u00a0Duroc influait plus qu\u2019on ne pense sur la d\u00e9termination de l\u2019Empereur\u00a0; sa mort a peut-\u00eatre \u00e9t\u00e9, sous ce rapport, une calamit\u00e9 nationale\u00a0; elle est une des fatalit\u00e9s de la carri\u00e8re de Napol\u00e9on.\u00a0\u00bb (Las Cases, <em>Le M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em>). Son surnom est paradoxalement son plus beau titre de gloire\u00a0: l\u2019Ombre de l\u2019Empereur.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Gouvion Saint-Cyr\u00a0: Le Hibou, le Mauvais coucheur, l\u2019Homme de Glace, le Spartiate de l\u2019Arm\u00e9e du Rhin<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/gouvion_saint-cyr.jpg\" width=\"400\" height=\"624\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est le premier de nous pour la guerre d\u00e9fensive. Moi je lui suis sup\u00e9rieur pour l\u2019attaque.\u00a0\u00bb<span id=\"2\" class=\"cit-num\">2<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> (1769-1821), <em>M\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de France sous Napol\u00e9on.<\/em> Tome 2, \u00e9crit par le g\u00e9n\u00e9ral Gourgaud<\/p><\/blockquote><p>Bel \u00e9loge de sa part. Il dit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0Bien qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9 aust\u00e8re, \u00e9loign\u00e9 de ses soldats d\u2019o\u00f9 ses surnoms d\u203a\u00ab\u00a0Homme de glace\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0le Mauvais coucheur\u00a0\u00bb, il a toujours \u00e9t\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 ses convictions et est l\u2019un des mar\u00e9chaux les plus cultiv\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p><p>Gouvion Saint-Cyr (1674-1830) s\u2019engage dans l\u2019arm\u00e9e en septembre 1792. Promu g\u00e9n\u00e9ral de division en juin 1794, il combat les Autrichiens en Allemagne et en Italie, sous les ordres des g\u00e9n\u00e9raux Moreau et Jourdan. En 1800, il est accueilli par les soldats enthousiastes\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e du Rhin vient de recevoir un renfort de dix mille hommes\u00a0: le g\u00e9n\u00e9ral Saint-Cyr est arriv\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb Il gagne aussi son surnom de Spartiate de l\u2019Arm\u00e9e du Rhin (Sparte ayant triomph\u00e9 d\u2019Ath\u00e8nes dans la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se, en 431avant J.-C.) Mais ce peut \u00eatre aussi en relation avec son caract\u00e8re peu aimable et son aust\u00e9rit\u00e9.<\/p><p>Il travaille dans l\u2019administration\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019admirable Gouvion Saint-Cyr \u00e9tait un des rares chefs militaires qui fussent capable d\u2019\u00e9tudier un dossier\u00a0\u00bb selon Stendhal. Commandant en chef du camp de Boulogne en 1806, il part en Espagne o\u00f9 il remporte une s\u00e9rie de victoires \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e de Catalogne. \u00c0 la t\u00eate du 6e corps de la Grande Arm\u00e9e dans la campagne de Russie, il gagne son b\u00e2ton de mar\u00e9chal pour sa victoire de Polotsk. Il sert dans la campagne d\u2019Allemagne, fait prisonnier lors de la capitulation de Dresde (novembre 1813). Militaire de talent, son caract\u00e8re froid et taciturne lui valut d\u2019\u00eatre surnomm\u00e9 par ses soldats \u00ab\u00a0le Hibou\u00a0\u00bb.<\/p><p>Revenu en France en juin 1814, passif durant les Cent-Jours, il se retrouve ministre de la Marine et des Colonies puis de la Guerre sous la Restauration. On lui doit des r\u00e9formes importantes comme la loi sur le recrutement.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Junot\u00a0: Junot la Temp\u00eate, le Sergent la Temp\u00eate<\/h4><p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto; margin-right: auto;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/junot.jpg\" width=\"400\" height=\"516\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bien, je n\u2019aurai pas besoin de sable.\u00a0\u00bb<span id=\"1562\" class=\"cit-num\">1562<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Andoche <span class=\"caps\">JUNOT<\/span> (1771-1813), au si\u00e8ge de Toulon, d\u00e9cembre\u00a01793. <em>Biographie des contemporains<\/em> (posthume, 1824), Napol\u00e9on<\/p><\/blockquote><p>Bonaparte, debout sur le parapet, encourage lui-m\u00eame les artilleurs et dirige leur tir. Quand il demande un secr\u00e9taire sachant \u00e9crire sous sa dict\u00e9e, un jeune sergent se pr\u00e9sente. En train de prendre note quand un boulet lanc\u00e9 par les batteries anglaises tombe \u00e0 deux m\u00e8tres et les couvre de terre, lui et son papier, il fait preuve d\u2019un sang-froid qui pla\u00eet au t\u00e9moin de cette sc\u00e8ne. La r\u00e9plique nous rappelle qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9poque, on s\u00e9chait l\u2019encre avec du sable.<\/p><p>Bonaparte va prendre le jeune homme comme aide de camp en 1794. Il le suivra dans la campagne d\u2019\u00c9gypte, en attendant l\u2019Empire et d\u2019autres campagnes, heureuses et malheureuses. Il se distingue par son intr\u00e9pidit\u00e9 et ses camarades le nomment \u00ab\u00a0Junot La Temp\u00eate\u00a0\u00bb. Devenu duc d\u2019Abrant\u00e8s, il r\u00eave d\u2019obtenir son b\u00e2ton de mar\u00e9chal, malgr\u00e9 ses frasques co\u00fbteuses et\u00a0 ses liaisons amoureuses. Il est plusieurs fois exil\u00e9 (comme ambassadeur au Portugal, gouverneur de Parme). Il se lance dans toutes les batailles possibles, mais l\u2019ali\u00e9nation mentale est reconnue quand, gouverneur des provinces d\u2019Illyrie, il se pr\u00e9sente v\u00eatu seulement du grand cordon de la L\u00e9gion d\u2019honneur. Il perd son poste le 10 juin 1813, remplac\u00e9 par Fouch\u00e9 sur ordre de Napol\u00e9on. Rapatri\u00e9 de force chez son p\u00e8re en Bourgogne, un soir, dans un acc\u00e8s de d\u00e9lire, il se d\u00e9fenestre, se fracture la jambe, puis tente de s\u2019amputer avec un couteau de cuisine. Il succombe quelques jours plus tard \u00e0 des complications infectieuses.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Kellermann\u00a0: le H\u00e9ros (le Vainqueur) de Valmy, le Nestor des Arm\u00e9es<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/kellermann.png\" width=\"375\" height=\"463\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je dois \u00e0 la justice de dire que jamais troupes n\u2019ont d\u00e9ploy\u00e9 plus de courage et de fermet\u00e9 que cette brave arm\u00e9e qui, \u00e0 juste titre, fut surnomm\u00e9e l\u2019arm\u00e9e infernale.\u00a0\u00bb<span id=\"1434\" class=\"cit-num\">1434<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">KELLERMANN<\/span> (1735-1820), <em>Relation de la bataille de Valmy et m\u00e9moire sur la campagne de 1792<\/em><\/p><\/blockquote><p>Kellermann, mar\u00e9chal de France, fait partie de ces officiers de l\u2019Ancien R\u00e9gime ralli\u00e9s \u00e0 la R\u00e9volution. Nomm\u00e9 lieutenant g\u00e9n\u00e9ral en 1792, il remporte la victoire de Valmy sous les ordres du g\u00e9n\u00e9ral Dumouriez et y gagne son premier surnom. La bataille se borne en fait \u00e0 une violente canonnade\u00a0: 150 morts et 260 bless\u00e9s chez les Fran\u00e7ais, gu\u00e8re plus chez les Prussiens et Autrichiens coalis\u00e9s \u2013 mais la dysenterie durant la retraite fera 3\u00a0000 morts dans leurs rangs. Ce 20\u00a0septembre 1792 fait pourtant date dans l\u2019histoire de France\u00a0: c\u2019est la premi\u00e8re victoire de la R\u00e9publique.<br>En 1793, Kellermann \u00e9chappe de peu \u00e0 la Terreur. Les ann\u00e9es suivantes, il obtient successivement le cordon de grand officier, la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal d\u2019Empire (19 mai 1804), la s\u00e9natorerie de Colmar. En 1808, Napol\u00e9on lui donne le titre de duc de Valmy en souvenir de sa victoire. C\u2019est lui qui porte la couronne de Charlemagne lors du sacre de Napol\u00e9on et la queue du manteau du Roi de Rome lors de son bapt\u00eame (juin 1811). Mais de 1804 \u00e0 1813, en raison de son \u00e2ge, il ne commande plus que des arm\u00e9es de r\u00e9serve ou des corps d\u2019observation. Il se rallie ensuite \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> qui le fait grand-croix de l\u2019ordre de Saint-Louis, gouverneur de Strasbourg et pair de France.<\/p><p>Au total, il aura command\u00e9 l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise dans quarante-trois batailles ou combats. Doyen des mar\u00e9chaux, il sera surnomm\u00e9 le Nestor des arm\u00e9es, par r\u00e9f\u00e9rence au plus \u00e2g\u00e9 et au plus sage des h\u00e9ros de la guerre de Troie.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Lannes\u00a0: le Roland de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie, l\u2019Ajax fran\u00e7ais, l\u2019Achille de la Grande Arm\u00e9e<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/lannes.jpg\" width=\"400\" height=\"505\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Lannes, le plus brave de tous les hommes\u2026 \u00e9tait assur\u00e9ment un des hommes au monde sur lesquels je pouvais le plus compter\u2026 L\u2019esprit de Lannes avait grandi au niveau de son courage, il \u00e9tait devenu un g\u00e9ant\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOLEON<\/span> (1769-1821) \u00e0 Las Cases, Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/p><\/blockquote><p>Jean Lannes (1769-1809) m\u00e8ne une carri\u00e8re de militaire exceptionnel et ses trois surnoms en t\u00e9moignent. L\u2019homme avouera pourtant aimer de moins en moins son m\u00e9tier.<\/p><p>Le 19 mai 1804, apr\u00e8s un court interm\u00e8de comme ambassadeur au Portugal, Lannes est d\u00e9sign\u00e9 \u00ab\u00a0Mar\u00e9chal d\u2019Empire\u00a0\u00bb avec dix-sept autres g\u00e9n\u00e9raux. C\u2019est la premi\u00e8re fourn\u00e9e, au lendemain de l\u2019Empire proclam\u00e9. Lannes participe alors \u00e0 tous les succ\u00e8s du nouvel Empire fran\u00e7ais. <br>\u00c0 Austerlitz le 2 d\u00e9cembre 1805, il s\u2019illustre en commandant l\u2019aile gauche durant la bataille. Pendant la campagne de Prusse en 1806, il bat le prince Louis de Prusse \u00e0 Saalfeld et man\u0153uvre brillamment le centre du dispositif lors de l\u2019\u00e9clatante victoire d\u2019I\u00e9na. En 1807, la guerre se poursuit contre les Russes et c\u2019est \u00e0 Friedland qu\u2019il s\u2019illustre lors d\u2019une des plus grandes victoires de l\u2019Empire.<\/p><p>Malgr\u00e9 ces succ\u00e8s, les combats incessants font na\u00eetre chez ce grand soldat un v\u00e9ritable d\u00e9go\u00fbt de la guerre qu\u2019il ose exprimer. Ce sentiment s\u2019accentue en 1808, \u00e9tant missionn\u00e9 en Espagne pour combattre dans une des plus sanglantes guerre de l\u2019Empire. Toujours intr\u00e9pide, il est vainqueur \u00e0 la bataille de Tudela et m\u00e8ne le si\u00e8ge de Saragosse. Il \u00e9crit alors \u00e0 sa femme\u00a0: \u00ab\u00a0Quel m\u00e9tier que celui que nous faisons ici\u00a0! Saragosse ne sera bient\u00f4t plus qu\u2019un tas de ruines.\u00a0\u00bb Puis plus tard \u00e0 Napol\u00e9on\u00a0: \u00ab\u00a0Cette guerre me fait horreur.\u00a0\u00bb L\u2019ann\u00e9e suivante, peu de temps avant sa mort, il \u00e9crit m\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0Je crains la guerre, le premier bruit de guerre me fait frissonner\u2026 On \u00e9tourdit les hommes pour mieux les mener \u00e0 la mort.\u00a0\u00bb<\/p><p>Alors que la bataille d\u2019Essling se termine victorieusement apr\u00e8s des combats particuli\u00e8rement difficiles, le mar\u00e9chal arpente le champ de bataille en compagnie de son ami le g\u00e9n\u00e9ral Rouzet. Atteint d\u2019une balle, il s\u2019\u00e9croule mortellement touch\u00e9. Boulevers\u00e9, Lannes s\u2019\u00e9crie \u00ab\u00a0Ah, cet affreux spectacle me poursuivra donc toujours\u00a0?\u00a0\u00bb, puis s\u2019\u00e9loigne et s\u2019assoit sur un petit monticule. Il est touch\u00e9 \u00e0 son tour aux jambes par un boulet autrichien. La blessure est grave\u00a0: il est amput\u00e9 de la jambe gauche. Malgr\u00e9 cette intervention, il agonise plusieurs jours avant de mourir le 31 mai 1809. C\u2019est le premier des mar\u00e9chaux mort au combat.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Marmont\u00a0: Marmont Ier, le Roi Marmont, Monsieur de Culfier<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marmont.jpg\" width=\"400\" height=\"528\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il \u00e9tait le plus m\u00e9diocre des g\u00e9n\u00e9raux\u00a0; je l\u2019ai soutenu, d\u00e9fendu contre tous parce que je lui croyais de l\u2019honneur. [\u2026] Il a oubli\u00e9 sous quel drapeau il a obtenu tous ses grades, sous quel toit il a pass\u00e9 sa jeunesse\u00a0; il a oubli\u00e9 qu\u2019il doit tous ses honneurs au prestige de cette cocarde nationale qu\u2019il foule aux pieds pour se parer du signe des tra\u00eetres qu\u2019il a combattus pendant vingt-cinq ans.\u00a0\u00bb<span id=\"3\" class=\"cit-num\">3<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> (1769-1821) \u00e0 Las Cases<\/p><\/blockquote><p>Fils d\u2019un officier de petite noblesse, Marmont (1774-1852) est destin\u00e9 \u00e0 la magistrature par son p\u00e8re, malgr\u00e9 une vocation militaire \u00e9vidente\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019aimais la guerre avant de l\u2019avoir faite.\u00a0\u00bb Il \u00e9tudie au coll\u00e8ge de Ch\u00e2lons o\u00f9 il rencontre Junot et entre \u00e0 l\u2019\u00e9cole d\u2019artillerie de la ville. Il est remarqu\u00e9 par le jeune Bonaparte au si\u00e8ge de\u00a0 Toulon en 1793. Aide de camp officieux, puis officiel dans l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie en 1796, il fait partie de la campagne d\u2019\u00c9gypte. Sa carri\u00e8re d\u00e9marre bien et le futur ma\u00eetre de la France va se montrer fid\u00e8le et souvent indulgent pour ce compagnon d\u2019armes toujours (trop) fier de lui, d\u2019o\u00f9 son surnom de Roi Marmont ou Marmont Ier.\u00a0<\/p><p>Le \u00ab\u00a0cas Marmont\u00a0\u00bb est relativement simple. Personnage ambitieux et en qu\u00eate de luxe, Monsieur de Culfier est un g\u00e9n\u00e9ral quelconque, alternant victoires et d\u00e9faites, qui attend longtemps le titre de mar\u00e9chal obtenu en 1809. Comme d\u2019autres, il finit par trahir Napol\u00e9on en 1814\u00a0: pendant la Campagne de France, charg\u00e9 avec Mortier et Moncey de la d\u00e9fense de Paris, il d\u00e9serte avec tout son corps d\u2019arm\u00e9e, ce qui pr\u00e9cipite la chute de l\u2019Empereur et son abdication, le 6 avril. Il se rallie \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> et devient chef de ses gardes du corps. Sa d\u00e9fection est d\u2019autant plus grave qu\u2019il \u00e9tait devenu l\u2019ami de l\u2019Empereur. C\u2019est cela qui va faire sa d\u00e9testable c\u00e9l\u00e9brit\u00e9. Marmont fut longtemps consid\u00e9r\u00e9 comme l\u2019un des plus grands tra\u00eetres de l\u2019histoire de France. Les rescap\u00e9s de l\u2019\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne remplacent le mot \u00ab\u00a0trahir\u00a0\u00bb par \u00ab\u00a0marmonter\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0raguser\u00a0\u00bb, en r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 son titre \u2013 duc de Raguse. La compagnie de Marmont fut surnomm\u00e9e dans l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise \u00ab\u00a0la compagnie Judas\u00a0\u00bb.<\/p><p>Nomm\u00e9 ministre d\u2019\u00c9tat sous la Restauration, il prend une part active aux r\u00e9pressions de la R\u00e9volution de 1830. Le peuple lui en veut toujours\u00a0: \u00ab\u00a0Il nous a trahis comme il a trahi l\u2019autre\u00a0\u00bb\u2026 Rejet\u00e9 d\u2019exil en exil, il passera sa vie enti\u00e8re \u00e0 se justifier de ses nombreuses trahisons, devenues pour les Fran\u00e7ais de v\u00e9ritables \u00ab\u00a0ragusades\u00a0\u00bb.<\/p><p>Napol\u00e9on l\u2019avait pr\u00e9dit \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0Un trait pareil de Marmont, un homme avec lequel j\u2019ai partag\u00e9 mon pain, que j\u2019ai tir\u00e9 de l\u2019obscurit\u00e9, dont j\u2019ai fait la fortune et la r\u00e9putation\u2026 L\u2019ingrat, il sera plus malheureux que moi.\u00a0\u00bb<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Mass\u00e9na\u00a0: l\u2019Enfant ch\u00e9ri de la Victoire, l\u2019Enfant pourri de la Victoire<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/massena.jpg\" width=\"400\" height=\"484\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il \u00e9tait d\u00e9cid\u00e9, brave, intr\u00e9pide, plein d\u2019ambition et d\u2019amour-propre, son caract\u00e8re distinctif \u00e9tait l\u2019opini\u00e2tret\u00e9, il n\u2019\u00e9tait jamais d\u00e9courag\u00e9. Il n\u00e9gligeait la discipline, soignait mal l\u2019administration et, pour cette raison, \u00e9tait peu aim\u00e9 du soldat. Sa conversation \u00e9tait peu int\u00e9ressante\u00a0; mais au premier coup de canon, au milieu des boulets et des dangers, sa pens\u00e9e acqu\u00e9rait de la force et de la clart\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"55\" class=\"cit-num\">55<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> (1769-1821) \u00e0 Las Cases<\/p><\/blockquote><p>L\u2019empereur voyait en Mass\u00e9na son meilleur subordonn\u00e9, surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0l\u2019Enfant ch\u00e9ri de la victoire\u00a0\u00bb pour son brillant comportement \u00e0 la bataille de Rivoli (1797), \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal d\u2019Empire en 1804. Mais ses d\u00e9fauts humains sont aussi \u00e9vidents que ses qualit\u00e9s militaires.<\/p><p>Andr\u00e9 Mass\u00e9na (1758-1817) a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re dans l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Ancien R\u00e9gime, devenant l\u2019un des meilleurs g\u00e9n\u00e9raux de la R\u00e9publique \u00e0 la R\u00e9volution. Principal lieutenant de Napol\u00e9on Bonaparte pendant la premi\u00e8re campagne d\u2019Italie, il joue un r\u00f4le d\u00e9cisif dans les victoires d\u2019Arcole et de Rivoli. Durant l\u2019Empire, il confirme tous ses dons militaires, sous les ordres directs de Napol\u00e9on ou \u00e0 la t\u00eate d\u2019une force ind\u00e9pendante sur des th\u00e9\u00e2tres d\u2019op\u00e9ration secondaires. Mais en 1811, son \u00e9chec au Portugal face aux Anglais de Wellington lui vaut la disgr\u00e2ce de l\u2019Empereur qui ne lui confie plus aucun poste militaire d\u2019envergure durant l\u2019Empire. Il appara\u00eet us\u00e9, pr\u00e9matur\u00e9ment vieilli\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019avait que 52 ans, mais il en paraissait 60\u00a0\u00bb remarque l\u2019un de ses subordonn\u00e9s, le g\u00e9n\u00e9ral Foy. Napol\u00e9on rend pourtant hommage au grand militaire\u00a0: un \u00ab\u00a0homme sup\u00e9rieur\u00a0\u00bb, capable de \u00ab\u00a0garder son sang-froid dans la fureur de l\u2019action\u00a0\u00bb et dont le \u00ab\u00a0talent grandissait au milieu du danger\u00a0\u00bb. Et d\u2019ajouter ce compliment supr\u00eame\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c9tait-il vaincu, il recommen\u00e7ait comme s\u2019il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 vainqueur\u00a0\u00bb<\/p><p>Sa r\u00e9putation est cependant ternie par ses faiblesses morales, son go\u00fbt du pillage et sa cupidit\u00e9\u00a0: c\u2019est \u00ab\u00a0l\u2019Enfant pourri de la victoire\u00a0\u00bb. Selon l\u2019historien John Elting\u00a0: \u00ab\u00a0En dehors de son m\u00e9tier de soldat, il n\u2019avait que deux passions\u00a0: l\u2019argent et les femmes.\u00a0\u00bb Connu dans toute l\u2019arm\u00e9e comme un pillard insatiable, avare et soucieux de s\u2019enrichir sur les biens mat\u00e9riels lors de la premi\u00e8re campagne d\u2019Italie, certaines villes et r\u00e9gions occup\u00e9es par sa division se retrouvent totalement saccag\u00e9es, de nombreuses plaintes sont adress\u00e9es \u00e0 Bonaparte qui choisit de fermer les yeux\u2026 Mais il d\u00e9nonce \u00e0 plusieurs reprises son avarice. Lors de son commandement en Italie en 1806, Mass\u00e9na engrange un b\u00e9n\u00e9fice de trois millions de francs en contournant la loi sur les importations et l\u2019empereur doit s\u00e9vir pour l\u2019obliger \u00e0 reverser cette somme au tr\u00e9sor de l\u2019arm\u00e9e. Apr\u00e8s Wagram, il faut insister pour qu\u2019il r\u00e9compense les deux cochers de sa voiture qui s\u2019\u00e9taient expos\u00e9s tout au long du combat. Il amasse une fortune immense, accumulant dotations et pensions, traitements de mar\u00e9chal et de la L\u00e9gion d\u2019honneur\u00a0et diverses sommes provenant de ses pillages. De quoi acqu\u00e9rir un ch\u00e2teau dans les Hauts-de-Seine, un h\u00f4tel particulier rue Saint-Dominique \u00e0 Paris et une maison de campagne proche de la capitale.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Moncey\u00a0: Fabius<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/moncey.jpg\" width=\"400\" height=\"628\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Moncey \u00e9tait un honn\u00eate homme\u00a0\u00bb<span id=\"6\" class=\"cit-num\">6<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Napol\u00e9on cit\u00e9 dans le <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em><\/p><\/blockquote><p><strong>\u00ab\u00a0Moncey est le mod\u00e8le de toutes les vertus\u00a0\u00bb<\/strong> selon le mar\u00e9chal Soult.<\/p><p>(Le surnom renvoie \u00e0 une grande famille de patriciens latins, hauts magistrats portant tous le nom de Fabius Maximus\u00a0: associ\u00e9 \u00e0 la noblesse, la force, la prudence, la rigueur, il va justifier cette r\u00e9f\u00e9rence morale en diverses occasions)<\/p><p>Moncey (1754-1842) ne se distingue pas dans les campagnes militaires de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire, mais par sa nomination au poste d\u2019inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de la Gendarmerie sous le Consulat \u2013 autrement dit le ministre de la police secr\u00e8te. C\u2019est sans doute le seul mar\u00e9chal de l\u2019histoire de la Gendarmerie.<\/p><p>Il s\u2019engage \u00e0 quinze ans dans l\u2019infanterie royale et devient lieutenant en 1789. Il affronte la premi\u00e8re coalition sur le front ib\u00e9rique en tant que brigadier g\u00e9n\u00e9ral jusqu\u2019en 1794. Bless\u00e9 au col de Roncevaux, il prend Vitoria l\u2019ann\u00e9e suivante. En d\u00e9cembre 1801, il est rappel\u00e9 \u00e0 Paris pour exercer les fonctions d\u2019Inspecteur g\u00e9n\u00e9ral de la Gendarmerie, titre qui lui conf\u00e8re une forte influence dans le milieu du contre-espionnage. Mettant en place ses propres r\u00e9seaux d\u2019informateurs, il devient le rival de Fouch\u00e9, redoutable ministre de la Police du Premier Consul. Dans cette nouvelle position, Moncey se montre tel qu\u2019il fut sur les champs de bataille, intelligent, honn\u00eate, laborieux, d\u00e9vou\u00e9.<\/p><p>Plut\u00f4t \u00e0 l\u2019\u00e9cart des activit\u00e9s militaires pendant les guerres de l\u2019Empire \u00e0 partir de 1809, il reprend du service en 1814, lors de l\u2019invasion de la France par les coalis\u00e9s. Assign\u00e9 avec Mortier et Joseph Bonaparte \u00e0 la d\u00e9fense de Paris, il tient t\u00eate \u00e0 Bl\u00fccher qui essaie de p\u00e9n\u00e9trer par la barri\u00e8re de Clichy. Mais il ne peut emp\u00eacher la capitulation de la ville et accueille le comte d\u2019Artois (futur Charles X) avec les mar\u00e9chaux Ney, S\u00e9rurier, Kellermann, puis se rallie \u00e0 la monarchie.<\/p><p>Cent-Jours\u00a0: il s\u2018abstient au retour de Napol\u00e9on en mars comme \u00e0 celui de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> en juin. Pour le punir de son attitude, le roi le prive de ses droits \u00e0 la pairie. Nomm\u00e9 en ao\u00fbt 1815, pr\u00e9sident du conseil de guerre charg\u00e9 de juger le mar\u00e9chal Ney, il refuse cette fonction par une belle lettre adress\u00e9e au roi\u00a0: \u00ab\u00a0Ma vie, ma fortune, tout ce que j\u2019ai de plus cher est \u00e0 mon pays et \u00e0 mon roi\u00a0; mais mon honneur est \u00e0 moi\u00a0; aucune puissance humaine ne peut me le ravir. Qui, moi\u00a0! j\u2019irais prononcer sur le sort du mar\u00e9chal Ney\u00a0! Mais, Sire, permettez-moi de le demander \u00e0 Votre Majest\u00e9, o\u00f9 \u00e9taient les accusateurs tandis que Ney parcourait les champs de bataille\u00a0? Ah\u00a0! si la Russie et les alli\u00e9s ne peuvent pardonner au vainqueur de la Moskowa, la France peut-elle oublier le h\u00e9ros de la B\u00e9r\u00e9zina\u00a0? Et j\u2019enverrais \u00e0 la mort celui auquel tant de Fran\u00e7ais doivent la vie, tant de familles leurs fils, leurs \u00e9poux, leurs parents\u00a0! R\u00e9fl\u00e9chissez-y, Sire\u00a0; c\u2019est peut-\u00eatre pour la derni\u00e8re fois que la v\u00e9rit\u00e9 parvient jusqu\u2019\u00e0 votre tr\u00f4ne\u00a0; il est bien dangereux, bien impolitique, de pousser des braves au d\u00e9sespoir [\u2026].\u00a0\u00bb<\/p><p>Ce refus le fait destituer de sa dignit\u00e9 de mar\u00e9chal. Il est envoy\u00e9 pour trois mois aux arr\u00eats \u00e0 la forteresse de Ham. Le commandant prussien du fort refusant d\u2019emprisonner un mar\u00e9chal d\u2019Empire, Moncey loue une chambre \u00e0 l\u2019auberge en face de la citadelle et se voit donner l\u2019aubade par la troupe sur ordre des officiers prussiens\u00a0! \u00c9loign\u00e9 du pouvoir et rejet\u00e9 par les royalistes, il reste sans emploi et vit dans son ch\u00e2teau de Baillon pr\u00e8s de Luzarches. Rentr\u00e9 en gr\u00e2ce le 5 mars 1816, il pr\u00eate serment en qualit\u00e9 de mar\u00e9chal de France le 14 juillet.<\/p><p>Sous la monarchie de Juillet, il succ\u00e8de au mar\u00e9chal Jourdan en tant que gouverneur des Invalides en 1833. Lors du retour des cendres de Napol\u00e9on en l\u2019\u00e9glise Saint-Louis-des-Invalides le 15 d\u00e9cembre 1840, malade, infirme et bravant la rigueur d\u2019un froid excessif, Moncey veut lui rendre un dernier hommage. Il aurait d\u00e9clar\u00e9 \u00e0 son m\u00e9decin\u00a0: \u00ab\u00a0Docteur, faites-moi vivre encore un peu, je veux recevoir l\u2019Empereur\u00a0\u00bb. Port\u00e9 dans un fauteuil, plac\u00e9 dans le ch\u0153ur, il se fait transporter jusqu\u2019au cercueil, embrasse la poign\u00e9e de l\u2019\u00e9p\u00e9e de Napol\u00e9on et d\u00e9clare\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 pr\u00e9sent, rentrons mourir.\u00a0\u00bb Il meurt \u00e0 l\u2019h\u00f4tel des Invalides le 20 avril 1842. Soult prononce son discours fun\u00e8bre et le mar\u00e9chal Oudinot lui succ\u00e8de aux Invalides.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Murat\u00a0: l\u2019Abb\u00e9 Murat, le Sabreur, le Roi Franconi, le Roi des Braves et le plus brave des Rois<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/murat-1.jpg\" width=\"400\" height=\"510\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais on n\u2019a vu une d\u00e9route semblable\u00a0; jamais la terreur ne fut si g\u00e9n\u00e9rale\u00a0; les officiers d\u00e9clarent ouvertement qu\u2019ils ne veulent plus servir, tous d\u00e9sertent leurs drapeaux et retournent chez eux.\u00a0\u00bb<span id=\"1818\" class=\"cit-num\">1818<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Joachim <span class=\"caps\">MURAT<\/span> (1767-1815) \u00e0 Napol\u00e9on, I\u00e9na, 14\u00a0octobre 1806. <em>Napol\u00e9on et ses mar\u00e9chaux<\/em> (1910), \u00c9mile Auguste Zurlinden<\/p><\/blockquote><p>L\u2019empereur Napol\u00e9on est redevenu Bonaparte le capitaine d\u2019artillerie en retrouvant le champ de bataille, rectifiant la place des batteries, la veille du combat, cependant que la Prusse a pr\u00e9sum\u00e9 de ses forces. Murat le Sabreur, commandant la cavalerie, contribue largement \u00e0 la victoire d\u2019I\u00e9na. L\u2019arm\u00e9e prussienne est an\u00e9antie. La route de Berlin est ouverte.<\/p><p>Joachim est le dernier des onze enfants d\u2019un aubergiste et ma\u00eetre de poste \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime. Il se destine \u00e0 une carri\u00e8re eccl\u00e9siastique, mais \u00ab\u00a0l\u2019abb\u00e9 Murat\u00a0\u00bb est vite renvoy\u00e9 du s\u00e9minaire pour indiscipline et se d\u00e9couvre une vocation militaire. Parcours classique pour nombre de mar\u00e9chaux\u00a0: il rencontre le jeune Bonaparte en 1796, devient son aide de camp dans la (premi\u00e8re) campagne d\u2019Italie, le suit en \u00c9gypte et s\u2019illustre \u00e0 la bataille d\u2019Aboukir,\u00a0le Sabreur repoussant les Turcs \u00e0 la mer dans une charge m\u00e9morable.<\/p><p>Il participe militairement au coup d\u2019\u00c9tat du 18 Brumaire et restera aux c\u00f4t\u00e9s de Napol\u00e9on dans tous les moments difficiles. Sa s\u0153ur Caroline Bonaparte tombe follement amoureuse du beau Sabreur et il ne peut refuser le mariage. Pr\u00e9sent au sacre en bonne place, il re\u00e7oit ensuite tous les honneurs\u00a0: mar\u00e9chal d\u2019Empire d\u00e8s 1804, grand amiral, grand prince, grand aigle de la L\u00e9gion d\u2019honneur. Tout cela va si bien \u00e0 Murat\u00a0! Membre clef de la nouvelle noblesse imp\u00e9riale, il accumule une collection de tableaux dans son h\u00f4tel particulier de l\u2019\u00c9lys\u00e9e.<\/p><p>Il a sa part de gloire sous le soleil d\u2019Austerlitz et prend tr\u00e8s au s\u00e9rieux son duch\u00e9 de Berg et de Cl\u00e8ves, veillant personnellement \u00e0 la qualit\u00e9 de l\u2019uniforme de ses militaires\u00a0: tissu de Damas, couleurs chamarr\u00e9es\u2026 Lui-m\u00eame s\u2019habille de fa\u00e7on si extravagante et chamarr\u00e9e que Napol\u00e9on s\u2019en agace\u00a0: \u00ab\u00a0Allez mettre votre uniforme de g\u00e9n\u00e9ral, vous avez l\u2019air de Franconi\u00a0!\u00a0\u00bb Allusion \u00e0 un fameux \u00e9cuyer de cirque. Murat restera le Roi Franconi, pour ses tenues de plus en plus voyantes dont les portraits attestent. Mais il est toujours pr\u00eat \u00e0 jouer le Roi des braves sur tous les terrains\u00a0: il part servir en Espagne o\u00f9 Joseph (fr\u00e8re a\u00een\u00e9 de Napol\u00e9on) va devenir roi, abandonnant son tr\u00f4ne de Naples qui \u00e9choit \u00e0\u2026 Murat. Il \u00e9tait temps qu\u2019il parte, la guerre contre le peuple espagnol le rendait litt\u00e9ralement malade. Le c\u00e9l\u00e8bre diptyque espagnol sign\u00e9 Francisco de Goya en donne une tragique repr\u00e9sentation\u00a0:<em> Dos de mayo<\/em> ou<em> La Charge des mamelouks<\/em> et <em>Tres de Mayo<\/em> qui repr\u00e9sente les ex\u00e9cutions des insurg\u00e9s par les soldats de l\u2019Empire. Seul Suchet saura s\u2019accommoder avec intelligence et humanit\u00e9 de cette situation impossible.<\/p><p>Devenu Joachim Ier roi de Naples et de Sicile, Murat est applaudi par son peuple qui appr\u00e9cie l\u2019allure extravagante, le type m\u00e9diterran\u00e9en, le temp\u00e9rament du \u00ab\u00a0Sabreur\u00a0\u00bb. Il prend sa situation \u00e0 c\u0153ur \u2013 trop, au go\u00fbt de Napol\u00e9on qui ne voit en lui qu\u2019un vice-roi, sinon un pr\u00e9fet. Il r\u00e9forme la cour et le pays, il cr\u00e9e un drapeau et une arm\u00e9e nationale, il introduit le Code civil et lutte contre le brigandage. Devoir oblige, il va quand m\u00eame aider Napol\u00e9on dans sa campagne de Russie. Mais il repart bient\u00f4t dans son royaume de Naples\u2026 Il propose ses services, lors des Cent-Jours, Napol\u00e9on refuse et le regrettera, \u00e0 Waterloo\u00a0: \u00ab\u00a0Il nous e\u00fbt valu peut-\u00eatre la victoire\u00a0; car que nous fall\u00fbt-il dans certains moments de la journ\u00e9e\u00a0? Enfoncer trois ou quatre carr\u00e9s anglais. Or, Murat \u00e9tait admirable pour une pareille besogne; il \u00e9tait pr\u00e9cis\u00e9ment l\u2019homme de la chose. Jamais, \u00e0 la t\u00eate d\u2019une cavalerie, on ne vit quelqu\u2019un de plus d\u00e9termin\u00e9, de plus brave, d\u2019aussi brillant\u00a0\u00bb. L\u2019histoire finit mal pour Murat jug\u00e9 comme traitre, condamn\u00e9, ex\u00e9cut\u00e9\u2026 Il reste pourtant dans la m\u00e9moire collective comme \u00ab\u00a0le Roi des Braves et le plus brave des Rois\u00a0\u00bb.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Ney\u00a0: le Brave des braves, le Rougeaud, Michel le Rouge, le Lion rouet, l\u2019Infatigable, le H\u00e9ros de la Retraite<\/h4><p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto; margin-right: auto;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/ney-1.jpg\" width=\"400\" height=\"476\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est \u00e0 mon pays que je me d\u00e9voue et non pas \u00e0 l\u2019homme qu\u2019il choisit pour le gouverner.\u00a0\u00bb<span id=\"..\" class=\"cit-num\">..<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NEY<\/span> (1769-1815), <em>Souvenirs d\u2019une courtisane de la Grande Arm\u00e9e<\/em>, Ida Saint-Elme (1827)<\/p><\/blockquote><p>Ney est un grand Soldat et s\u2019int\u00e9resse peu \u00e0 la politique. Mais la Politique omnipr\u00e9sente le rattrapera \u00e0 la fin de sa vie.<\/p><p>G\u00e9n\u00e9ral de la R\u00e9volution, d\u00e9j\u00e0 surnomm\u00e9 l\u2019Infatigable par ses hommes et remarqu\u00e9 pour ses cheveux roux et sa peau rougie au soleil, il ne s\u2019enthousiasme pas pour le coup d\u2019\u00c9tat du 18 brumaire en 1799. Sa premi\u00e8re rencontre avec Bonaparte date de 1801. Il multiplie les exploits sur les nombreux champs de bataille et le 19 mai 1804, au lendemain du Sacre, il fait partie de l\u2019illustre fourn\u00e9e des 14 premiers mar\u00e9chaux d\u2019Empire. Peu apr\u00e8s, il est fait grand officier de la L\u00e9gion d\u2019honneur et nomm\u00e9 chef de la 7\u00e8me cohorte. Napol\u00e9on saura tirer parti de ses qualit\u00e9s militaires exceptionnelles et \u00ab\u00a0faire avec\u00a0\u00bb les d\u00e9fauts de cette forte nature.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cet homme est un lion.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOLEON<\/span> (1769-1821) au mar\u00e9chal Mortier, 14 juin 1807, Friedland<\/p><\/blockquote><p>Ney n\u2019a pas son pareil pour mener les attaques, mais c\u2019est\u00a0 un m\u00e9diocre strat\u00e8ge\u00a0et l\u2019empereur a toujours soin de le diriger de pr\u00e8s. Friedland est sa plus belle victoire. Nul besoin d\u2019\u00eatre grand strat\u00e8ge pour comprendre la situation. Lanc\u00e9 \u00e0 la poursuite des Russes, Napol\u00e9on les trouva enserr\u00e9s dans un coude form\u00e9 par une petite rivi\u00e8re (l\u2019Alle). Seule voie de retraite\u00a0: les quatre ponts conduisant \u00e0 Friedland. Il est d\u00e9j\u00e0 tard, plusieurs g\u00e9n\u00e9raux proposent de remettre l\u2019attaque au lendemain. Napol\u00e9on s\u2019y oppose. Il appelle le mar\u00e9chal Ney et expose ce qu\u2019il attend de lui. \u00ab\u00a0Voil\u00e0 le but, marchez-y sans regarder autour de vous\u00a0; p\u00e9n\u00e9trez dans cette masse \u00e9paisse, quoiqu\u2019il puisse vous en co\u00fbter\u00a0; entrez dans Friedland, prenez les ponts et ne vous inqui\u00e9tez pas de ce qui pourra se passer \u00e0 droite, \u00e0 gauche ou sur vos arri\u00e8res. L\u2019arm\u00e9e et moi sommes l\u00e0 pour y veiller.\u00a0\u00bb Ney a compris. Il s\u2019\u00e9loigna sans mot dire et Napol\u00e9on fut si frapp\u00e9 par son air r\u00e9solu qu\u2019il dit au mar\u00e9chal Mortier\u00a0: \u00ab\u00a0Cet homme est un lion.\u00a0\u00bb<\/p><p>La lutte fut effroyable, les Russes tiraient de tous c\u00f4t\u00e9s sur les troupes command\u00e9es par Ney qui, galopant d\u2019un bout de la ligne \u00e0 l\u2019autre, soutenait ses soldats avec un h\u00e9ro\u00efsme absolu. Des files enti\u00e8res \u00e9taient emport\u00e9es, le feu devenait tel que les plus braves ne pouvaient le supporter longtemps. Le mar\u00e9chal n\u2019en continue pas moins d\u2019avancer, d\u2019enfoncer l\u2019arm\u00e9e russe et parvient ainsi aux portes de Friedland o\u00f9 il p\u00e9n\u00e8tre. Il fait d\u00e9truire et incendier les ponts. Il r\u00e9siste \u00e0 une nouvelle attaque des Russes, plus furieuse que la pr\u00e9c\u00e9dente. La bataille finit \u00e0 la nuit tomb\u00e9e par la d\u00e9faite absolue de l\u2019arm\u00e9e russe. Suite \u00e0 cette victoire, ses soldats le surnomment le Brave des braves, le Lion rouge, Michel le rouge (toujours pour ses cheveux roux).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous avez quitt\u00e9 la Galice o\u00f9 nous devions op\u00e9rer ensemble sans daigner m\u2019en pr\u00e9venir et le secret de ce mouvement a \u00e9t\u00e9 si bien gard\u00e9 que je n\u2019en ai \u00e9t\u00e9 instruit que cinq jours apr\u00e8s votre d\u00e9part. Je n\u2019ai point \u00e9prouv\u00e9 le d\u00e9sastre qui m\u2019\u00e9tait pr\u00e9par\u00e9\u00a0; j\u2019ai sauv\u00e9 toute mon artillerie, tous mes malades et les v\u00f4tres.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NEY<\/span> (1769-1815), Lettre au mar\u00e9chal Soult<\/p><\/blockquote><p>En 1808, la tragique guerre d\u2019Espagne va montrer ses limites. Apr\u00e8s l\u2019abdication forc\u00e9e du roi Charles <span class=\"caps\">IV<\/span> et de son fils, tout le pays se soul\u00e8ve contre les Fran\u00e7ais. Ney est envoy\u00e9 dans la p\u00e9ninsule ib\u00e9rique avec le 6\u00e8me corps. Mais il est plac\u00e9 sous les ordres du mar\u00e9chal Lannes avec lequel il ne s\u2019entend gu\u00e8re. Ce sera pire avec Soult\u00a0: tous deux agissent de mani\u00e8re totalement ind\u00e9pendante et les op\u00e9rations militaires s\u2019en ressentent. D\u2019o\u00f9 la lettre furieuse.<\/p><p>En 1810, m\u00eame probl\u00e8me de m\u00e9sentente. Ney fait partie de l\u2019arm\u00e9e du Portugal command\u00e9e par Mass\u00e9na. Il s\u2019empare de Ciudad Rodrigo le 10 juillet et obtient la reddition d\u2019Almeida le 26 ao\u00fbt. Mais l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise se heurte aux lignes de d\u00e9fense de Lisbonne o\u00f9 est retranch\u00e9 le contingent anglais du futur duc de Wellington. Apr\u00e8s deux mois d\u2019un si\u00e8ge rendu inutile faute d\u2019artillerie et de renforts, les Fran\u00e7ais sont contraints \u00e0 la retraite. Ney est charg\u00e9 de l\u2019arri\u00e8re-garde, t\u00e2che o\u00f9 il excelle\u00a0: il m\u00e8ne les combats avec les 6 000 hommes qui restent de son corps. Mais il supporte mal d\u2019\u00eatre plac\u00e9 sous Mass\u00e9na et de recevoir des instructions d\u2019autres que l\u2019Empereur. Les querelles sont fr\u00e9quentes. Ney demande un cong\u00e9 officiel \u00ab\u00a0pour aller prendre les eaux\u00a0\u00bb et rentre en France. Il ren\u00e2cle tant et si bien que Napol\u00e9on le destitue en mars 1811.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0[Le mar\u00e9chal Ney] s\u2019est couvert de gloire et a montr\u00e9 autant d\u2019intr\u00e9pidit\u00e9 que de sang-froid\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">18\u00e8me bulletin de la Grande Arm\u00e9e, apr\u00e8s la bataille de la Moskowa, septembre 1812<\/p><\/blockquote><p>En 1812, Ney va de nouveau s\u2019illustrer dans la d\u00e9sastreuse campagne de Russie. Le 24 juin, les troupes fran\u00e7aises franchissent la fronti\u00e8re, mais les Russes refusent le combat et reculent. Ney, \u00e0 la t\u00eate du 3eme corps, occupe Smolensk en flammes et s\u2019empare du plateau de Valoutina. Le 7 septembre, il commande le centre de l\u2019arm\u00e9e \u00e0 la bataille de la Moskowa\u00a0: c\u2019est une victoire, mais les pertes sont \u00e9normes des deux c\u00f4t\u00e9s. Le 18\u00e8me bulletin de la Grande arm\u00e9e cite le mar\u00e9chal Ney et l\u2019\u203aempereur lui d\u00e9cerne le titre de prince de la Moskowa.<\/p><p>En septembre, les troupes fran\u00e7aises occupent Moscou. Napol\u00e9on pense que le Tsar va solliciter la paix\u00a0; il attend en vain. Le temps passe et l\u2019hiver approche. L\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise prend le chemin du retour. Ney se retrouve plac\u00e9 \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-garde \u2013 cette mission est devenue sa sp\u00e9cialit\u00e9. Le comte de S\u00e9gur t\u00e9moigne\u00a0: \u00ab\u00a0Il traverse Kowno et le Ni\u00e9men, toujours combattant, reculant et ne fuyant pas, marchant toujours apr\u00e8s les autres, et pour la centi\u00e8me fois, depuis quarante jours et quarante nuits, sacrifiant sa vie et sa libert\u00e9 pour ramener quelques Fran\u00e7ais de plus\u00a0; il sort enfin le dernier de cette fatale Russie, montrant au monde que pour les h\u00e9ros, tout tourne en gloire, m\u00eame les plus grands d\u00e9sastres.\u00a0\u00bb<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019aime mieux \u00eatre grenadier que g\u00e9n\u00e9ral dans de telles conditions. Je suis pr\u00eat \u00e0 verser tout mon sang, mais je d\u00e9sire que ce soit utilement.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NEY<\/span> (1769-1815), Lettre \u00e0 Napol\u00e9on, septembre 1813<\/p><\/blockquote><p>Les derni\u00e8res campagnes d\u2019Allemagne et de France ne sont pas moins \u00e9prouvantes. Ney \u00e9crit \u00e0 l\u2019empereur pour lui demander d\u2019\u00eatre lib\u00e9r\u00e9 de ses fonctions. Napol\u00e9on refuse. La bataille de Leipzig (ou bataille des Nations) du 16 au 19 octobre 1813 est la premi\u00e8re grande d\u00e9faite imp\u00e9riale. Ney n\u2019a pas pu accomplir de miracle.<\/p><p>Novembre 1813, Napol\u00e9on de retour \u00e0 Paris essaie de mettre sur pied une nouvelle arm\u00e9e. Ney re\u00e7oit le commandement de la moyenne garde \u00e0 Nancy en janvier 1814. Ses troupes sont fatigu\u00e9es et d\u00e9courag\u00e9es par les d\u00e9faites successives. La campagne de France commence le 27 janvier. Ney est pr\u00e9sent \u00e0 toutes les actions importantes. Il s\u2019expose d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment\u00a0: \u00ab\u00a0La mort ne frappe que ceux qui h\u00e9sitent\u00a0! Regardez-moi\u00a0! Elle ne m\u2019atteint pas.\u00a0\u00bb Mais tous les efforts sont inutiles. Napol\u00e9on est \u00e0 Fontainebleau. Il veut continuer la guerre dans l\u2019est de la France et demande \u00e0 Ney de r\u00e9diger un manifeste destin\u00e9 aux Alsaciens et aux Lorrains. Ney refuse et appuy\u00e9 par Oudinot, Macdonald, Berthier, Lefebvre et Moncey, fait pression sur l\u2019Empereur pour qu\u2019il abdique. Le 6 avril 1814, Napol\u00e9on quitte le pouvoir.\u00a0<\/p><p>Les Cent-Jours. 13 mars 1815, Napol\u00e9on est mis au ban de l\u2019Europe par les puissances alli\u00e9es. En juin, les troupes fran\u00e7aises p\u00e9n\u00e8trent en Belgique. Le 18 juin, Ney est \u00e0 Waterloo et charge cinq fois \u00e0 la t\u00eate de sa cavalerie\u00a0: \u00ab\u00a0Ney, \u00e9perdu, grand de toute la hauteur de la mort accept\u00e9e, s\u2019offrait \u00e0 tous les coups dans cette tourmente. Il eut son cinqui\u00e8me cheval tu\u00e9 sous lui. En sueur, la flamme aux yeux, l\u2019\u00e9cume aux l\u00e8vres, l\u2019uniforme d\u00e9boutonn\u00e9, une de ses \u00e9paulettes \u00e0 demi coup\u00e9e par le coup de sabre d\u2019un horse-guard, sa plaque de grand-aigle bossel\u00e9e par une balle, sanglant, fangeux, magnifique, une \u00e9p\u00e9e cass\u00e9e \u00e0 la main, il disait\u00a0: \u2018 Venez voir comment meurt un mar\u00e9chal de France sur un champ de bataille\u00a0!\u2019 Mais en vain\u00a0; il ne mourut pas. Il \u00e9tait hagard et indign\u00e9. Il criait au milieu de toute cette artillerie \u00e9crasant une poign\u00e9e d\u2019hommes\u00a0: \u2018 Il n\u2019y a donc rien pour moi\u00a0! Oh\u00a0! Je voudrais que tous ces boulets anglais m\u2019entrassent dans le ventre\u00a0!\u2019 Tu \u00e9tais r\u00e9serv\u00e9 \u00e0 des balles fran\u00e7aises, infortun\u00e9.\u00a0\u00bb Victor Hugo (<em>Les Mis\u00e9rables<\/em>).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats, droit au c\u0153ur\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1965\" class=\"cit-num\">1965<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">NEY<\/span> (1769-1815), refusant le bandeau noir et commandant lui-m\u00eame son peloton d\u2019ex\u00e9cution, 7\u00a0d\u00e9cembre 1815.<em> Les Grands Proc\u00e8s de l\u2019histoire<\/em> (1924), Me Henri-Robert<\/p><\/blockquote><p>Berryer, son avocat, n\u2019a pas pu sauver le \u00ab\u00a0Brave des Braves\u00a0\u00bb coupable de s\u2019\u00eatre ralli\u00e9 \u00e0 l\u2019empereur sous les Cent-Jours, alors qu\u2019il s\u2019\u00e9tait engag\u00e9 \u00e0 ramener \u00ab\u00a0l\u2019usurpateur dans une cage de fer\u00a0\u00bb. Il est \u00e0 pr\u00e9sent victime d\u00e9sign\u00e9e de la Terreur blanche, cette r\u00e9action ultra qui effraie le roi lui-m\u00eame.<br>La Politique rattrape le Soldat et met fin au destin d\u2019un militaire exceptionnel, soldat de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire aux titres les plus prestigieux. Son ex\u00e9cution avenue de l\u2019Observatoire, au petit matin du 7 d\u00e9cembre 1815, met un terme symbolique et d\u00e9finitif \u00e0 l\u2019\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne. Le mar\u00e9chal Ney est inhum\u00e9 au cimeti\u00e8re du P\u00e8re-Lachaise.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Oudinot\u00a0: le Bayard Moderne, le Bayard de l\u2019Arm\u00e9e Fran\u00e7aise, le Mar\u00e9chal aux 35 blessures<\/h4><p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto; margin-right: auto;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/oudinot.jpg\" width=\"400\" height=\"506\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est un g\u00e9n\u00e9ral \u00e9prouv\u00e9 dans cent combats, o\u00f9 il a montr\u00e9 autant d\u2019intr\u00e9pidit\u00e9 que de savoir.\u00a0\u00bb<span id=\"11\" class=\"cit-num\">11<\/span><\/p><p class=\"auteur\">10\u00e8me bulletin de la Grande Arm\u00e9e, 23 mai 1809<\/p><\/blockquote><p>Nicolas Oudinot (1767-1847) est le soldat totalisant le plus de blessures entre la R\u00e9volution et l\u2019Empire, d\u2019o\u00f9 son dernier\u00a0 surnom. En 1795-1796, il en totalise onze (deux balles et neuf coups de sabre). Le mar\u00e9chal Canrobert le rencontrant aux eaux de Bar\u00e8ges en 1830 aura ce mot plaisant\u00a0: \u00ab\u00a0Ce n\u2019\u00e9tait qu\u2019une passoire\u00a0!\u00a0\u00bb G\u00e9n\u00e9ral de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire, il sera \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal d\u2019Empire en 1809.<\/p><p>En 1804, il s\u00e9lectionne des soldats pour former une division de grenadiers dans le corps de Lannes, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la colonne infernale\u00a0\u00bb. En peu de temps, ces hommes d\u2019\u00e9lite sont connus comme les \u00ab\u00a0grenadiers d\u2019Oudinot\u00a0\u00bb. Grand aigle de la L\u00e9gion d\u2019honneur en 1805, il part du camp de Boulogne \u00e0 la t\u00eate de 8 000 grenadiers, s\u2019empare de Vienne comme en passant au bout de 45 jours de marche, se pr\u00e9sente au pont du Danube d\u00e9fendu par 180 canons, arrache la m\u00e8che du premier canonnier autrichien, passe le fleuve, occupe la rive oppos\u00e9e avec sa division et force \u00e0 capituler toutes les troupes ennemies qu\u2019il rencontre. Bless\u00e9 \u00e0 Wertingen, il est remplac\u00e9 par Duroc. Bless\u00e9 encore une fois, il assiste quand m\u00eame \u00e0 la bataille d\u2019Austerlitz o\u00f9 il cueille de nouveaux lauriers.<\/p><p>14 juin 1807, \u00e0 une heure du matin, il est \u00e0 la gauche des troupes de Lannes, attaqu\u00e9 par 80 000 Russes dans la plaine de Friedland. Il tient jusqu\u2019\u00e0 midi gr\u00e2ce aux grenadiers et Napol\u00e9on, survenant avec le reste de l\u2019arm\u00e9e, remporte cette sanglante victoire suivie de la paix de Tilsitt, sign\u00e9e le 25 juin. Au cours de l\u2019entrevue, l\u2019Empereur pr\u00e9sente Oudinot comme le \u00ab\u00a0Bayard de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise\u00a0\u00bb au tsar Alexandre \u2013 r\u00e9f\u00e9rence au chevalier Bayard, h\u00e9ros du Moyen \u00c2ge.<\/p><p>Campagne de Russie, 1812. Gri\u00e8vement bless\u00e9 \u00e0 Polotsk, il doit remettre son commandement au g\u00e9n\u00e9ral Gouvion-Saint-Cyr. Mais en apprenant l\u2019\u00e9vacuation de Moscou, les premiers d\u00e9sastres fran\u00e7ais et la blessure de son successeur, il se h\u00e2te, \u00e0 peine gu\u00e9ri, de rejoindre son corps. Avec les mar\u00e9chaux Ney, Mortier et Victor, il assure aux d\u00e9bris de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise le passage de la B\u00e9r\u00e9zina o\u00f9 il est \u00e0 nouveau bless\u00e9.<\/p><p>Campagne de France, 1814. \u00c0 la bataille de Brienne, il a les cuisses \u00e9rafl\u00e9es par un boulet de canon et \u00e0 la bataille d\u2019Arcis-sur-Aube (mars 1814), sa plaque de Grand Aigle arr\u00eate une balle qui aurait d\u00fb \u00eatre mortelle, le blessant l\u00e9g\u00e8rement. C\u2019est l\u00e0 que Napol\u00e9on \u00e0 la t\u00eate de ses troupes chercha la mort qui se refusa \u00e0 lui. Gouverneur de l\u2019H\u00f4tel des Invalides, il meurt \u00e0 la fin de la monarchie de Juillet dans l\u2019exercice de ses fonctions, \u00e0 80 ans.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Poniatowski\u00a0: le Bayard polonais<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/poniatowski.jpg\" width=\"400\" height=\"492\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le vrai roi de Pologne, c\u2019\u00e9tait Poniatowski\u00a0: il en r\u00e9unissait tous les titres, il en avait tous les talents.\u00a0\u00bb<span id=\"24\" class=\"cit-num\">24<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> (1769-1821) \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/p><\/blockquote><p>Joseph Antoine Poniatowski (1763-1813), prince, militaire et homme d\u2019\u00c9tat polonais est le neveu du roi de Pologne Stanislas Auguste Poniatowski. Il prend le commandement des troupes polonaises en Ukraine lors de la guerre russo-polonaise de 1792 et devient gouverneur de Varsovie en 1794.<br>Il se rallie \u00e0 l\u2019Empire, pensant que c\u2019est la seule chance pour la Pologne de retrouver son ind\u00e9pendance et son territoire. Napol\u00e9on le nomme ministre de la Guerre du grand-duch\u00e9 de Varsovie et g\u00e9n\u00e9ralissime des Polonais. Outre une r\u00e9organisation profonde de l\u2019arm\u00e9e, il participe aux guerres napol\u00e9oniennes\u00a0: ayant combattu les Autrichiens pendant la campagne de 1809, il s\u2019illustre \u00e0 la t\u00eate du 5e corps polonais de la Grande Arm\u00e9e \u00e0 la Moskova et \u00e0 la B\u00e9r\u00e9zina. Il se bat encore lors de la campagne d\u2019Allemagne en 1813.<\/p><p>En r\u00e9compense de ses faits d\u2019armes et de sa fid\u00e9lit\u00e9, Napol\u00e9on l\u2019\u00e9l\u00e8ve \u00e0 la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal d\u2019Empire le 16 octobre, au d\u00e9but de la bataille de Leipzig. C\u2019est le seul g\u00e9n\u00e9ral \u00e9tranger \u00e0 avoir re\u00e7u cet honneur. Le 19 octobre, lors de la retraite fran\u00e7aise, il se noie en tentant de traverser l\u2019Elster. Son corps n\u2019est retrouv\u00e9 que cinq jours plus tard. Embaum\u00e9 et port\u00e9 par ses compagnons d\u2019armes, il est port\u00e9 \u00e0 la n\u00e9cropole royale. Lors de ses fun\u00e9railles \u00e0 Leipzig, les vainqueurs et les vaincus r\u00e9unis y repr\u00e9sentent l\u2019Europe enti\u00e8re. <br>Comme pour Oudinot, la r\u00e9f\u00e9rence au chevalier \u00ab\u00a0sans peur et sans reproche\u00a0\u00bb du Moyen \u00c2ge est un juste hommage.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Soult\u00a0: Bras de Fer, le Premier Man\u0153uvrier d\u2019Europe, le Roi Nicolas<\/h4><p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto; margin-right: auto;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/soult.jpg\" width=\"400\" height=\"615\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates duc, mais vous n\u2019avez pas d\u2019anc\u00eatres, dit le duc de Montmorency.<br>\u2014 C\u2019est vrai\u00a0; c\u2019est nous qui sommes des anc\u00eatres\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1826\" class=\"cit-num\">1826<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">SOULT<\/span> (1769-1851). Fi\u00e8re r\u00e9plique, \u00e9galement attribu\u00e9e au g\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">JUNOT<\/span> (1771-1813). <em>Le Mus\u00e9e de la conversation\u00a0: r\u00e9pertoire de citations fran\u00e7aises, dictons modernes, curiosit\u00e9s litt\u00e9raires, historiques et anecdotiques avec une indication pr\u00e9cise des sources<\/em> (1897), Roger Alexandre<\/p><\/blockquote><p>Soult et Junot sont dans le m\u00eame cas\u00a0: duc d\u2019Empire par la gr\u00e2ce de l\u2019empereur. Ils n\u2019en affichent pas moins leur fiert\u00e9 face \u00e0 un Montmorency, grande famille fran\u00e7aise dont les titres de noblesse remontent au <span class=\"caps\">XII<\/span>e si\u00e8cle.<\/p><p>Jean-de-Dieu Soult (1769-1851) \u00e9tait promis \u00e0 une carri\u00e8re juridique, sa famille donnant des juristes royaux de p\u00e8re en fils, mais la vocation militaire est la plus forte. Pendant la R\u00e9volution, il croise presque tous les futurs mar\u00e9chaux d\u2019Empire sur des th\u00e9\u00e2tres de guerre o\u00f9 il est missionn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9tranger, mais pas Bonaparte. Il ne rentre \u00e0 Paris qu\u2019en 1802, apr\u00e8s le trait\u00e9 d\u2019Amiens (et la paix), fort bien accueilli par le Premier Consul. Il se rallie \u00e0 lui assez naturellement et devient l\u2019un des quatre chefs de la garde consulaire. Il se voit confier en 1803 le commandement en chef du camp de Saint-Omer (en vue du d\u00e9barquement en Angleterre \u00ab\u00a0fantasm\u00e9\u00a0\u00bb par Bonaparte). Il y impose une discipline rigoureuse et des m\u00e9thodes d\u2019une extr\u00eame duret\u00e9\u00a0: cela contribuera \u00e0 l\u2019efficacit\u00e9 des troupes fran\u00e7aises lors des futures campagnes et Soult y gagne son surnom de \u00ab\u00a0Bras de fer\u00a0\u00bb.<\/p><p>19 mai 1804, Soult est l\u2019un des premiers promus \u00e0 la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal d\u2019Empire. Apr\u00e8s la bataille d\u2019Austerlitz (1805) \u00e0 laquelle il contribue de mani\u00e8re d\u00e9cisive, Napol\u00e9on le consid\u00e8re comme \u00ab\u00a0le Premier Man\u0153uvrier d\u2019Europe\u00a0\u00bb. Il est, avec Davout, Lannes, Mass\u00e9na et Suchet, un des seuls mar\u00e9chaux capables de diriger une arm\u00e9e en l\u2019absence de l\u2019Empereur \u2013 tout le contraire de Ney, le Brave des braves. La suite de son histoire sera moins \u00e9vidente.<\/p><p>Au d\u00e9but de 1809, charg\u00e9 de reconqu\u00e9rir le Portugal, il s\u2019empare de Porto et songe \u00e0 se faire proclamer roi du Portugal sous le nom de Nicolas Ier \u2013 la tentative n\u2019aura pas de suite, car Wellington approche et Soult pr\u00e9f\u00e8re se disputer avec Ney que de s\u2019opposer \u00e0 l\u2019avance anglaise. Dans les ann\u00e9es qui suivent et malgr\u00e9 quelques victoires partielles, le pseudo \u00ab\u00a0Roi Nicolas\u00a0\u00bb sera l\u2019un des principaux responsables de la d\u00e9gradation progressive de la situation imp\u00e9riale en Espagne, par sa constante mauvaise volont\u00e9 \u00e0 coordonner ses mouvements avec ceux des autres mar\u00e9chaux (Mass\u00e9na puis Marmont, entre autres). Mais les historiens se disputeront quant \u00e0 sa responsabilit\u00e9 dans tous les \u00e9v\u00e9nements auxquels il est appel\u00e9 \u00e0 participer, en tant que militaire. En tout cas, il se ralliera sans \u00e9tat d\u2019\u00e2me \u00e0 la Restauration. <br>Devenu pair de France, Soult aura une carri\u00e8re politique importante sous la monarchie de Juillet\u00a0: ministre de la Guerre, principal instaurateur de la L\u00e9gion \u00e9trang\u00e8re en 1831, trois fois chef du gouvernement. En 1847, il re\u00e7oit du roi Louis-Philippe le titre unique de \u00ab\u00a0mar\u00e9chal g\u00e9n\u00e9ral de France\u00a0\u00bb.<\/p><h4 style=\"text-align: center;\">Suchet\u00a0: le Mar\u00e9chal de la guerre d\u2019Espagne, <em>El Hombre justo<\/em> (l\u2019Homme juste)<\/h4><p style=\"text-align: center;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/suchet.jpg\" width=\"400\" height=\"619\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si j\u2019avais eu deux mar\u00e9chaux comme Suchet,\u00a0 j\u2019aurais non seulement conquis l\u2019Espagne, mais je l\u2019aurais conserv\u00e9e\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\",.\" class=\"cit-num\">,.<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> (1769-1821), cit\u00e9 dans les<em> M\u00e9moires de Madame Campan<\/em> (posthume)<\/p><\/blockquote><p>Pour finir, peut-on parler d\u2019un \u00ab\u00a0mar\u00e9chal exemplaire\u00a0\u00bb\u00a0? Fin tacticien, il n\u2019a jamais perdu une bataille. Remarquable entra\u00eeneur d\u2019hommes, il se r\u00e9v\u00e8le aussi bon organisateur qu\u2019administrateur. Et c\u2019est le seul qui s\u2019illustre en Espagne, gagnant m\u00eame l\u2019admiration des insurg\u00e9s\u00a0! Un regard \u00e0 ses portraits de jeunesse r\u00e9v\u00e8le un \u00e9trange m\u00e9lange de m\u00e9lancolie et de douceur, de modestie et de fermet\u00e9\u00a0: une s\u00e9duction tr\u00e8s diff\u00e9rente des autres mar\u00e9chaux de la Grande Arm\u00e9e.<\/p><p>Louis-Gabriel Suchet (1770-1826) est fils de soyeux lyonnais. Orphelin de m\u00e8re \u00e0 trois ans et de p\u00e8re en 1789, il reprend avec son fr\u00e8res les affaires paternelles et fonde la maison Suchet Fr\u00e8res. Il s\u2019engage en 1791 dans la Garde nationale \u00e0 Lyon\u00a0: la R\u00e9volution l\u2019enivre, il a trouv\u00e9 sa vocation. Son ardent r\u00e9publicanisme et sa solide instruction le font \u00e9lire lieutenant-colonel par un bataillon de volontaires de l\u2019Ard\u00e8che en septembre 1793 et sa carri\u00e8re militaire commence v\u00e9ritablement au si\u00e8ge de Toulon o\u00f9 il croise naturellement Bonaparte.<\/p><p>Il va gravir r\u00e9guli\u00e8rement les \u00e9chelons de la carri\u00e8re militaire, sous les ordres de g\u00e9n\u00e9raux illustres (Brune, Mass\u00e9na, Soult, Lannes et autres). Il se distingue \u00e0 Austerlitz (2 d\u00e9cembre1805), ce qui lui vaut d\u2019\u00eatre nomm\u00e9 Grand Aigle de la L\u00e9gion d\u2019honneur. Pendant toutes ces ann\u00e9es, sa conduite de parfait courtisan, son honn\u00eatet\u00e9 morale et mat\u00e9rielle, ses manifestations de loyalisme ne lui valent pourtant pas les distinctions auxquelles il aspire. Pour reconna\u00eetre sa vaillance, on envoie Suchet porter au g\u00e9n\u00e9ral en chef les drapeaux conquis \u00e0 la fin de la campagne. Mais \u00e7a ne suffit pas\u2026 Il se plaint parfois de reculer au lieu d\u2019avancer dans la carri\u00e8re. Napol\u00e9on le nomme cependant comte en 1808 \u2013 \u00ab\u00a0un hochet\u00a0\u00bb.<\/p><p>Nomm\u00e9 en avril 1809 gouverneur d\u2019Aragon en remplacement de Junot \u2012 province \u00e0 laquelle s\u2019ajoutera en 1811 une partie de la Catalogne \u2012 il s\u2019empare une \u00e0 une de toutes les places fortes du pays. En juin, la difficile prise de Tarragone \u2012 les insurg\u00e9s espagnols, mal arm\u00e9s et en inf\u00e9riorit\u00e9 num\u00e9rique se d\u00e9fendent rue par rue, maison par maison \u2012 lui vaut enfin le titre de mar\u00e9chal\u00a0! Celle de Valence, le 9 janvier 1812, apr\u00e8s un bombardement intense, fait de lui un duc d\u2019Albufera.<\/p><p>Durant cette longue campagne, il fait preuve d\u2019une t\u00e9nacit\u00e9 et d\u2019une autorit\u00e9 rares. Administrateur hors pair, il veille \u00e0 ce que ses soldats ne manquent de rien, toujours soucieux de leur bien-\u00eatre et de leur moral. En contrepartie, il impose une discipline s\u00e9v\u00e8re et ne tol\u00e8re ni pillage ni exaction. Il se montre inexorable dans la perception des contributions impos\u00e9es aux vaincus, mais il fait ouvrir les magasins de l\u2019arm\u00e9e aux communes dont les r\u00e9coltes furent ravag\u00e9es par les op\u00e9rations. Pr\u00e8s de cent millions lui sont pass\u00e9s par les mains dans sa campagne espagnole\u00a0; des richesses de toutes sortes ont \u00e9t\u00e9 conquises par lui ou mises disposition. Il a rendu compte de tout, au centime pr\u00e8s\u00a0!<\/p><p>Tout aussi remarquable, l\u2019int\u00e9gration des soldats fran\u00e7ais au sein d\u2019une population violemment hostile. Suchet parvient m\u00eame \u00e0 se procurer le bien le plus pr\u00e9cieux\u00a0: des renseignements. L\u2019usage de colonnes l\u00e9g\u00e8res, tr\u00e8s mobiles, bien pr\u00e9par\u00e9es et capables d\u2019agir isol\u00e9es et par surprise, le maintien dans les centres urbains de garnisons approvisionn\u00e9es en vivres et en munitions compl\u00e8tent l\u2019\u00e9ventail des mesures qui expliquent les succ\u00e8s qu\u2019il obtient, seul parmi les mar\u00e9chaux employ\u00e9s en Espagne \u2013 et ses deux surnoms\u00a0: le Mar\u00e9chal de la guerre d\u2019Espagne,<em> El Hombre justo<\/em> (l\u2019Homme juste).<\/p><p>Apr\u00e8s la d\u00e9faite de Joseph Bonaparte (roi d\u2019Espagne par la volont\u00e9 de son fr\u00e8re) et du mar\u00e9chal Jourdan \u00e0 Vitoria (21 juin 1813) face au duc de Wellington, Suchet r\u00e9ussit \u00e0 \u00e9vacuer en bon ordre la r\u00e9gion de Valence et la Catalogne tout en emp\u00eachant un d\u00e9barquement anglais, pour ramener finalement son arm\u00e9e dans les Pyr\u00e9n\u00e9es orientales. En septembre, il succ\u00e8de \u00e0 Bessi\u00e8res (tu\u00e9 \u00e0 la bataille de L\u00fctzen) comme colonel g\u00e9n\u00e9ral de la Garde imp\u00e9riale.<\/p><p>Ralli\u00e9 aux Bourbons en 1814, pair de France, il rejoint Napol\u00e9on pendant les Cent-Jours. Charg\u00e9 de prot\u00e9ger la Savoie contre les Autrichiens, il ne peut leur barrer les routes du Simplon et du Mont-Cenis avec les faibles forces dont il dispose. Il se replie sur Lyon o\u00f9 lui parvient, le 22 juin, la nouvelle de la d\u00e9faite de Waterloo\u00a0: \u00ab\u00a0Si j\u2019avais eu Suchet \u00e0 la place de Grouchy, je n\u2019aurais pas perdu \u00e0 Waterloo\u00a0!\u00a0\u00bb dira l\u2019empereur.<\/p><p>Sous la seconde Restauration, il se rallie \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, mais des intrigues de cour l\u2019emp\u00eachent en 1823 de participer \u00e0 l\u2019exp\u00e9dition men\u00e9e par la France en Espagne pour y r\u00e9tablir Ferdinand <span class=\"caps\">VII<\/span> sur le tr\u00f4ne. Il se r\u00e9solut \u00e0 la retraite, quoique jeune encore. Il meurt \u00ab\u00a0litt\u00e9ralement de faim, faute de pouvoir s\u2019alimenter\u00a0\u00bb le 3 janvier 1826, dans son ch\u00e2teau de Saint-Joseph, pr\u00e8s de Marseille. En fait, un cancer g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 \u00e0 partir de l\u2019estomac ou du foie. Quand on conna\u00eet les horreurs de la Guerre d\u2019Espagne, il suffit de mentionner que ce pays envoya une d\u00e9l\u00e9gation \u00e0 son enterrement, pour se rendre compte \u00e0 quel point son comportement et son administration furent justes.<\/p><p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/les-surnoms-jeu-de-mots-entre-petite-et-grande-histoire-de-la-restauration-au-second-empire\/\">Lire la suite\u00a0: les Surnoms de la restauration au Second Empire.<\/a><\/p><\/div><style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les surnoms de l&#8217;histoire VII. L&#8217;\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne &#8211; la Grande Arm\u00e9e. L\u2019homme d\u2019\u00c9tat est avant tout un militaire\u00a0et la Grande Arm\u00e9e est le premier chef d\u2019\u0153uvre de Napol\u00e9on. Nous allons passer en revue vingt Noms r\u00e9sum\u00e9s par leurs surnoms et jug\u00e9s par l\u2019empereur qui les connut mieux que personne, jouant de leurs d\u00e9fauts comme de [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":418,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9121","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9121","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9121"}],"version-history":[{"count":12,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9121\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15771,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9121\/revisions\/15771"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9121"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9121"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9121"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}