{"id":9188,"date":"2021-11-01T00:00:00","date_gmt":"2021-10-31T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/les-mots-de-la-fin-des-empereurs-rois-et-reines-chretiens\/"},"modified":"2026-06-16T09:31:11","modified_gmt":"2026-06-16T07:31:11","slug":"les-mots-de-la-fin-des-empereurs-rois-et-reines-chretiens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/les-mots-de-la-fin-des-empereurs-rois-et-reines-chretiens\/","title":{"rendered":"Les Mots de la fin des Empereurs, rois et reines, chr\u00e9tiens"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"9188\" class=\"elementor elementor-9188\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-41e778cf e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"41e778cf\" data-element_type=\"container\" data-e-type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-76cb4744 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"76cb4744\" data-element_type=\"widget\" data-e-type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"field-item even\"><p>Voici quelque 200 Mots, parfois apocryphes, mais toujours sourc\u00e9s comme dans <em>l\u2019Histoire en citations.<\/em><\/p><p>La pr\u00e9sentation chronologique montre qu\u2019on ne mourait pas sous l\u2019Antiquit\u00e9 ni m\u00eame au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle comme aujourd\u2019hui. Autre le\u00e7on de l\u2019histoire, on meurt souvent comme on a v\u00e9cu, roi ou empereur, chef d\u2019\u00c9tat ou militaire, chr\u00e9tien ou ath\u00e9e, po\u00e8te ou philosophe, dramaturge ou acteur, artiste ou scientifique, d\u2019o\u00f9 le classement th\u00e9matique en neuf cat\u00e9gories. Le sexe ou l\u2019\u00e2ge ne jouent gu\u00e8re et certaines \u00ab\u00a0morts \u00e0 contremploi\u00a0\u00bb surprennent.<\/p><p>Quelques personnages cumulent deux ou trois mots de la fin\u00a0: J\u00e9sus, Voltaire, Hugo\u2026 Une p\u00e9riode se r\u00e9v\u00e8le particuli\u00e8rement riche, la R\u00e9volution\u00a0: pendant six ans, la guillotine tue beaucoup plus que la maladie ou la vieillesse et la situation donne du talent, voire du g\u00e9nie (improvis\u00e9 ou pas).<\/p><p>Quelques mots sont biss\u00e9s au fil des si\u00e8cles, le plus fr\u00e9quent \u00e9tant le plus \u00e9mouvant\u00a0: \u00ab\u00a0Maman.\u00a0\u00bb<\/p><p>Au final, on notera l\u2019\u00e9tonnante vari\u00e9t\u00e9 de tons et de styles, entre le drame et l\u2019humour, le courage et la peur, le lyrisme ou la pudeur, la simplicit\u00e9 quotidienne ou la pause pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9. Reste une impression dominante\u00a0: la sinc\u00e9rit\u00e9 de ces derniers instants. \u00c0 vous de juger, dans cet \u00e9dito en quatre semaines.<\/p><h3>I. Empereurs, rois et reines, chr\u00e9tiens.<\/h3><h4><span class=\"caps\">MOURIR<\/span> <span class=\"caps\">EN<\/span> <span class=\"caps\">EMPEREUR<\/span><\/h4><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toi aussi, mon fils\u00a0!\u00a0\u00bb <br>\u00ab\u00a0<em>Tu quoque mi fili.<\/em>\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">C\u00c9SAR<\/span> (101-44 av. J.-C.). <em>De viris illustribus<\/em> (1775) r\u00e9dig\u00e9 par l\u2019abb\u00e9 Lhomond, (<em>Des hommes illustres de Rome, de Romulus \u00e0 Auguste<\/em>)\u00a0 source biographique essentielle jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1960.<\/p><\/blockquote><p>L\u2019abb\u00e9 s\u2019inspire de la mort de C\u00e9sar rapport\u00e9e pour la premi\u00e8re fois par l\u2019historien Su\u00e9tone (Vie de C\u00e9sar)\u00a0: \u00ab\u00a0Il fut ainsi perc\u00e9 de vingt-trois coups\u00a0: au premier seulement, il poussa un g\u00e9missement, sans dire une parole. Toutefois, quelques \u00e9crivains rapportent que, voyant s\u2019avancer contre lui Marcus Brutus, il dit en grec\u00a0: \u201cToi aussi, mon fils\u00a0!\u201d.<\/p><p>Douloureuse surprise de l\u2019empereur, se voyant attaqu\u00e9 par Brutus qui lui devait tout et qu\u2019il consid\u00e9rait comme son fils. Agonisant, C\u00e9sar s\u2019exprime en grec, retrouvant la langue de son enfance (celle de tous les Romains de la classe sup\u00e9rieure).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>\u00a0Acta est fabula.\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb <br>\u00ab\u00a0La pi\u00e8ce est jou\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"33\" class=\"cit-num\">33<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">AUGUSTE<\/span> (63 av. J.-C.-14), son mot de la fin. <em>L\u2019\u00c9cole normale\u00a0: journal de l\u2019enseignement pratique<\/em>, volume\u00a0V (1861), Pierre Larousse.<\/p><\/blockquote><p>\u00ab\u00a0La pi\u00e8ce est jou\u00e9e\u00a0\u00bb, c\u2019est aussi par ces mots que s\u2019achevaient les repr\u00e9sentations th\u00e9\u00e2trales dans l\u2019Empire.<\/p><p>Petit-neveu, fils adoptif (posthume) et h\u00e9ritier de C\u00e9sar, Octave, sacr\u00e9 empereur sous le nom d\u2019Auguste, est devenu seul ma\u00eetre de l\u2019Empire romain, en 30 av. J.-C.\u00a0Ce premier empereur b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un tr\u00e8s long r\u00e8gne. Il finit de pacifier la Gaule, triomphant des derni\u00e8res r\u00e9sistances dans les Alpes et les Pyr\u00e9n\u00e9es. En 27 av.\u00a0J.-C., il fixe les bases administratives de la Gaule romaine. Le pays est divis\u00e9 en quatre provinces\u00a0: la Narbonnaise (ancienne province au sud-est), l\u2019Aquitaine (au sud-ouest), la Celtique ou Lyonnaise (au centre, la plus \u00e9tendue) et la Belgique au nord.<\/p><p>Auguste meurt \u00e0 75 ans, sans doute de causes naturelles, mais ce serait trop beau pour \u00eatre vrai\u00a0! Des rumeurs (oui, d\u00e9j\u00e0\u2026) \u00e9voquent un empoisonnement \u00e0 l\u2019initiative de son \u00e9pouse Livie. Tib\u00e8re, son fils adoptif) lui succ\u00e8de \u00e0 la t\u00eate de l\u2019Empire romain. Auguste est divinis\u00e9 par le S\u00e9nat\u00a0\u2013 de son vivant, il avait refus\u00e9 cet hommage \u00e0 son g\u00e9nie, malgr\u00e9 le culte vou\u00e9 \u00e0 sa personne qui s\u2019\u00e9tait progressivement r\u00e9pandu dans l\u2019Empire, notamment en Orient.<\/p><p>Bref, une belle personne et un belle fin, fait quasiment unique dans le m\u00e9tier imp\u00e9rial\u2026<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis toujours vivant.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CALIGULA<\/span> (12-41) \u00e0 ses gardes qui lui ont ass\u00e9n\u00e9 trente coups de glaive.<em> <br><\/em><\/p><\/blockquote><p><em>Last Words, Last Words\u2026 Out\u00a0!<\/em> (2020) Miguel S.Ruiz. C\u2019est l\u2019un des nombreux dictionnaires qui recensent avec bonheur les mots de la fin qu\u2019il faut encore v\u00e9rifier et contextualiser soigneusement.\u00a0<\/p><p>Empereur romain r\u00e9put\u00e9 pour sa cruaut\u00e9. Caligula est le petit neveu et fils adoptif de l\u2019empereur Tib\u00e8re, auquel il succ\u00e8de entre 37 et 41. Il est pourtant aim\u00e9 par le peuple, car il apporte la paix dans Rome apr\u00e8s la fin de r\u00e8gne tr\u00e8s mouvement\u00e9 de Tib\u00e8re.<\/p><p>Son assassinat est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 d\u2019une s\u00e9rie de conjurations manqu\u00e9es, \u00e0 l\u2019initiative de ses s\u0153urs et de son favori (Marc-\u00c9mile L\u00e9pide). Un dernier complot a raison de l\u2019empereur\u00a0: Caligula est assassin\u00e9 par les soldats de sa garde personnelle qui ont finalement raison de son \u00e9nergie vitale.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Malheur\u00a0! Je me suis couvert de merde.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CLAUDE<\/span> (10-54), empereur\u00a0 incontinent.<em> Last Words, Last Words\u2026 Out\u00a0!<\/em> (2020) Miguel S.Ruiz.<\/p><\/blockquote><p>Quatri\u00e8me empereur romain, r\u00e9gnant de 41 \u00e0 54 apr. J.-C., et premier empereur n\u00e9 hors d\u2019Italie.<\/p><p>Enfant m\u00e9pris\u00e9 en raison de ses d\u00e9ficiences physiques (\u00e9locution et d\u00e9marche incertaines), mal-aim\u00e9 de la famille imp\u00e9riale, tenu \u00e0 l\u2019\u00e9cart de toute activit\u00e9 publique, il sera pourtant proclam\u00e9 empereur par les pr\u00e9toriens qu\u2019il comble en retour d\u2019une gratification consid\u00e9rable (un donativum), inaugurant une d\u00e9pendance dangereuse.<\/p><p>D\u00e9pourvu d\u2019exp\u00e9rience politique mais cultiv\u00e9, Claude se montre un administrateur capable. Il s\u2019int\u00e9resse aux affaires publiques, travaille avec le S\u00e9nat sur les lois. Son administration de l\u2019Empire renforce la centralisation en organisant des bureaux dirig\u00e9s par ses affranchis. Il agrandit l\u2019Empire en annexant de nouveaux territoires, les futures provinces de Lycie, Maur\u00e9tanie, Norique et Thrace. En 43, il entame la conqu\u00eate de la Bretagne, ce qui lui vaut, ainsi qu\u2019\u00e0 son fils, le surnom de Britannicus.<\/p><p>Sa vie priv\u00e9e est malheureuse\u00a0: Messaline, sa troisi\u00e8me \u00e9pouse, lui donne deux enfants, mais son inconduite et ou son ambition politique poussent Claude \u00e0 la faire ex\u00e9cuter. En quatri\u00e8mes noces, il \u00e9pouse sa ni\u00e8ce Agrippine la Jeune qui lui fait adopter N\u00e9ron. Il meurt empoisonn\u00e9 \u00e0 l\u2019instigation d\u2019Agrippine \u2013 selon l\u2019avis de la plupart des historiens. N\u00e9ron lui succ\u00e8de.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quel artiste p\u00e9rit en moi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"34\" class=\"cit-num\">34<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">N\u00c9RON<\/span> (37-68 ap. J.-C.). <em>La Vie des douze C\u00e9sars<\/em> (<em>De vita duodecim Caesarum<\/em>), livre <span class=\"caps\">VI<\/span>. Su\u00e9tone.<\/p><\/blockquote><p>Vaniteux et tyrannique, il est aussi amoureux des arts. Passionn\u00e9 de peinture et de sculpture, il raffole des repr\u00e9sentations publiques\u00a0o\u00f9 il s\u2019exhibe, com\u00e9dien, joueur de fl\u00fbte, mime, danseur ou chanteur, voire m\u00eame\u00a0 conducteur de char dans les courses de chevaux du cirque. Il accueille les ovations et les prix avec une feinte modestie.<\/p><p>Su\u00e9tone dresse un portrait \u00e0 charge parfois invraisemblable\u00a0: N\u00e9ron interdit \u00e0 la foule de sortir d\u2019un th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 il se produit. Certaines femmes accouchaient lors des repr\u00e9sentations. D\u2019autres spectateurs se font passer pour morts afin d\u2019\u00eatre \u00e9vacu\u00e9s\u00a0!<\/p><p>Les caprices sanglants se multiplient en fin de r\u00e8gne, on le soup\u00e7onne m\u00eame d\u2019avoir d\u00e9clench\u00e9 le grand incendie de Rome pour la beaut\u00e9 du spectacle\u2026 Apr\u00e8s quatorze ann\u00e9es, le S\u00e9nat d\u00e9clara N\u00e9ron ennemi public. Pr\u00e9venu, il refuse de prendre la fuite, adoptant la posture sto\u00efque de son ma\u00eetre S\u00e9n\u00e8que \u2013 qu\u2019il poussait au suicide. Il choisit la m\u00eame fin et se fait poignarder par son fid\u00e8le secr\u00e9taire \u00c9paphrodite.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut qu\u2019un empereur meure debout.\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VESPASIEN<\/span> (9-79). <em>La Vie des douze C\u00e9sars (De vita duodecim Caesarum)<\/em>, livre <span class=\"caps\">VI<\/span>, Su\u00e9tone.<\/p><\/blockquote><p>Se sachant mourant, il se moque d\u2019abord de la divinisation dont les empereurs font l\u2019objet apr\u00e8s leur mort\u00a0: \u00ab\u00a0<em> Vae, puto deus fio<\/em>\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Malheur\u00a0! Je crois que je deviens dieu.\u00a0\u00bb Mais au dernier moment, victime d\u2019une diarrh\u00e9e qui l\u2019\u00e9puise, dans un ultime effort pour se lever, il expira entre les bras de ceux qui l\u2019assistaient.<\/p><p>Vespasien fut un grand et bon r\u00e9formateur de l\u2019Empire Romain\u00a0et sur tous les plans\u00a0: arm\u00e9e, finances, lois, urbanisme. Son nom reste pourtant attach\u00e9 aux toilettes publiques. Il cr\u00e9a une taxe sur la collecte d\u2019urine, qui \u00e9tait \u00e0 \u2039\u00e9poque le seul agent fixant pour les teintures. \u00ab\u00a0Son fils Titus lui reprochait d\u2019avoir mis un imp\u00f4t sur les urines. Il lui mit sous le nez le premier argent qu\u2019il per\u00e7ut de cet imp\u00f4t, et lui demanda s\u2019il sentait mauvais. Titus lui ayant r\u00e9pondu que non\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est pourtant du liquide\u00a0\u00bb, dit Vespasien. Cette conversation nous est rest\u00e9e sous forme de proverbe \u00ab\u00a0l\u2019argent n\u2019a pas d\u2019odeur\u00a0\u00bb et les premi\u00e8res toilettes publiques de Paris furent nomm\u00e9es vespasiennes, en souvenir de cette initiative rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre \u2013 avec ou sans allusion \u00e0 la posture imp\u00e9riale\u00a0?<\/p><p>Le second mot de la fin plus auguste et solennel est confirm\u00e9 de bonne source\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0Il para\u00eet que je vais \u00eatre bient\u00f4t dieu.\u00a0\u00bb<\/strong><em> L\u2019Art de mourir<\/em> (1932), Paul Morand.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tu as vaincu, Galil\u00e9en.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JULIEN<\/span> l\u2019Apostat (331-363), mourant en 363.<em> Histoire de France<\/em>, tome\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> (1878), Jules Michelet<\/p><\/blockquote><p>C\u2019est le mot de la fin du plus redoutable ennemi du christianisme naissant.<\/p><p>Julien a \u00e9chapp\u00e9 au massacre de sa famille, ordonn\u00e9 par son cousin Constance <span class=\"caps\">II<\/span>, fils et successeur de Constantin Ier. \u00c9loign\u00e9 de la cour, le jeune prince se passionne pour la philosophie n\u00e9oplatonicienne, alors qu\u2019une \u00e9ducation chr\u00e9tienne trop s\u00e9v\u00e8re lui fait prendre cette religion en horreur. Excellent guerrier, il \u00e9crase les Alamans (hordes germaniques) \u00e0 Strasbourg (357) et ses soldats le proclament empereur. La mort de son cousin fait de lui le seul ma\u00eetre de l\u2019Empire, en 361. Il se rallie les h\u00e9r\u00e9tiques et s\u2019efforce de r\u00e9tablir les anciens cultes pa\u00efens, d\u2019o\u00f9 son surnom d\u2019Apostat.<\/p><p>En guerre contre les Parthes (ma\u00eetres de l\u2019ancien Empire perse) et en pleine d\u00e9b\u00e2cle de l\u2019ennemi, Julien est atteint par un javelot. Il se croit frapp\u00e9 par une main invisible\u00a0: le Galil\u00e9en J\u00e9sus le ch\u00e2tie pour avoir reni\u00e9 le christianisme.<\/p><p>Hormis ce r\u00e8gne bref, l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des villes, puis des campagnes, se poursuit.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Laissez-moi, je mourrai bien sans vos rem\u00e8des.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLEMAGNE<\/span> (742-814) \u00e0 ses m\u00e9decins. <em>Petit dictionnaire des phrases qui ont fait l\u2019histoire<\/em> (2005), Gilles Henry.<\/p><\/blockquote><p>Selon le docteur Augustin Caban\u00e8s, historien de la m\u00e9decine fran\u00e7aise, il meurt d\u2019une pneumonie aig\u00fce. Passionn\u00e9 par les sciences, il comblait d\u2019honneurs tous ceux qui la professaient. Mais sentant venir la fin, il eut ce mot de sagesse et cette r\u00e9action humaine qui se retrouvera au fil des si\u00e8cles dans la bouche des plus grands noms.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est le moment. J\u00e9sus\u00a0! J\u00e9sus\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">QUINT<\/span> (1500-1558).<em> Last Words, Last Words\u2026 Out\u00a0!<\/em> (2020), Miguel S.Ruiz.<\/p><\/blockquote><p>H\u00e9ritier de l\u2019Espagne et de son empire colonial, des dix-sept provinces des Pays-Bas, du royaume de Naples, des possessions autrichiennes, et \u00e9lu empereur des Romains en 1519, il est le monarque le plus puissant de la premi\u00e8re moiti\u00e9 du <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle.<\/p><p>Dernier empereur germanique \u00e0 souhaiter r\u00e9aliser le r\u00eave poursuivi par Charlemagne d\u2019un empire prenant la t\u00eate de la chr\u00e9tient\u00e9, avec cette volont\u00e9 d\u2019unit\u00e9 chr\u00e9tienne face \u00e0 la progression de l\u2019Empire ottoman dans les Balkans et en M\u00e9diterran\u00e9e. Au terme d\u2019une vie de combats, min\u00e9 et d\u00e9sabus\u00e9 par ses \u00e9checs face \u00e0 la France, aux luth\u00e9riens et \u00e0 sa propre famille, il se d\u00e9pouille progressivement de ses pouvoirs. Par une s\u00e9rie de conventions avec son fr\u00e8re Ferdinand, il lui c\u00e8de les \u00c9tats autrichiens et la dignit\u00e9 imp\u00e9riale. Il se retire le 3 f\u00e9vrier 1557 dans le monast\u00e8re d\u00e9di\u00e9 \u00e0 Saint J\u00e9r\u00f4me de Yuste, dans une petite maison am\u00e9nag\u00e9e pour lui\u00a0; il y meurt le 21 septembre 1558, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 58 ans, de la malaria (maladie end\u00e9mique dans la r\u00e9gion jusqu\u2019en 1960).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0France\u2026 Arm\u00e9e\u2026 Jos\u00e9phine.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> (1769-1821). associationh\u00e9ritages.com H\u00e9ritages. La culture pour les jeune et par les jeunes.<\/p><\/blockquote><p>Napol\u00e9on se trouve en exil \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne depuis Waterloo et la seconde abdication en 1815, dans des conditions morales et mat\u00e9rielles de plus en plus insupportables \u00e0 cet homme d\u2019action.<\/p><p>Il tombe gravement malade \u00e0 partir du mois de mars 1821\u00a0: fortes douleurs \u00e0 l\u2019estomac (comme son p\u00e8re sans doute mort d\u2019un cancer), fi\u00e8vre, d\u00e9lires et difficult\u00e9s d\u2019\u00e9locution. Il peine \u00e0 se lever encore\u2026 D\u00e9but mai, tr\u00e8s affaibli par des traitements \u00e0 base de mercure prescrit par Antommarchi, son m\u00e9decin, il entre en agonie. Les sympt\u00f4mes s\u2019aggravent et le 4 mai au soir, l\u2019Empereur tombe dans un \u00e9tat proche du coma. Il prononce alors ses trois mots. Rien de surprenant\u00a0: ils refl\u00e8tent la triple obsession de ce personnage hors du commun, le plus c\u00e9l\u00e8bre au monde apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ.<br>Autre trilogie cit\u00e9e\u00a0par Paul Morand dans <em>L\u2019Art de mourir<\/em> (1932)\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0Mon fils \u2026 l\u2019arm\u00e9e \u2026 Desaix\u00a0\u00bb.<\/strong><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0N\u2019est-ce pas que nous n\u2019avons pas \u00e9t\u00e9 l\u00e2ches \u00e0 Sedan\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873) \u00e0 son m\u00e9decin Henri Conneau. <em>Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (2013) \u00c9ric Anceau.<\/p><\/blockquote><p>Obsession de \u00ab\u00a0Napol\u00e9on le Petit\u00a0\u00bb (ainsi surnomm\u00e9 par Hugo dans son pamphlet suite au coup d\u2019\u00c9tat du 2 d\u00e9cembre 1851) et question pos\u00e9e jusqu\u2019\u00e0 sa derni\u00e8re heure par le \u00ab\u00a0Sire de Fish-ton-Kan\u00a0\u00bb (cruellement brocard\u00e9 par la rue qui chante sa d\u00e9faite, en septembre 1870).<\/p><p>Encercl\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e par les Prussiens \u00e0 Sedan et vu le d\u00e9s\u00e9quilibre des forces, l\u2019empereur veut \u00e9viter la boucherie (estim\u00e9e \u00e0 60\u00a0000 morts) et d\u00e9clare le 1er septembre 1870\u00a0: \u00ab\u00a0Je sais le d\u00e9sastre. L\u2019arm\u00e9e s\u2019est sacrifi\u00e9e. C\u2019est \u00e0 mon tour de m\u2019immoler. Je suis r\u00e9solu \u00e0 demander un armistice.\u00a0\u00bb La capitulation est sign\u00e9e dans la nuit. Conditions terribles\u00a0: toute l\u2019arm\u00e9e de Sedan sera intern\u00e9e en Allemagne, y compris l\u2019empereur, d\u00e9sormais prisonnier. Apprenant la nouvelle, Paris se soul\u00e8ve, le 4. Le r\u00e9gime s\u2019effondre et la R\u00e9publique est proclam\u00e9e.<br>Faut-il ajouter que Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> avait voulu se battre malgr\u00e9 la tr\u00e8s douloureuse maladie de la pierre (calculs de la vessie) dont il meurt trois ans plus tard.<\/p><h4><span class=\"caps\">MOURIR<\/span> <span class=\"caps\">EN<\/span> <span class=\"caps\">ROI<\/span> et <span class=\"caps\">REINE<\/span><\/h4><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u00e9rusalem.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1214-1270), mourant le 25\u00a0ao\u00fbt\u00a01270, devant Tunis<\/p><\/blockquote><p>Le fid\u00e8le Joinville n\u2019est pas de cette derni\u00e8re aventure, ayant tent\u00e9 de dissuader le roi de partir avec ses trois fils, persuad\u00e9 qu\u2019il est plus utile en France, \u00e0 ses sujets. Le roi n\u2019\u00e9coute pas son ami et conseiller, il s\u2019embarque le 1er\u00a0juillet 1270, d\u00e9j\u00e0 malade, pour la huiti\u00e8me (et derni\u00e8re) croisade, dans l\u2019espoir de convertir le sultan de Tunisie.<\/p><p>Le futur Saint Louis meurt \u00e0 56\u00a0ans. On ne trouve pas plus chr\u00e9tien, dans le genre souverain.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pesez, Louis, pesez ce que c\u2019est que d\u2019\u00eatre roi de France.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> le Bel (1268-1314) \u00e0 son fils a\u00een\u00e9 Louis, le jour de sa mort, 29\u00a0novembre 1314. <em>La Nouvelle Revue des deux mondes<\/em> (1973).<\/p><\/blockquote><p>C\u2019est le \u00ab\u00a0mot de la fin\u00a0\u00bb politique du dernier grand Cap\u00e9tien.<\/p><p>Certes impopulaire de son vivant et mal aim\u00e9 de certains historiens, il a fait faire des progr\u00e8s d\u00e9cisifs \u00e0 la royaut\u00e9\u00a0: diversification des organes de gouvernement (Parlement, Chambre des comptes, etc.), grandes ordonnances de \u00ab\u00a0r\u00e9formation\u00a0\u00bb du royaume, raffermissement de l\u2019\u00c9tat contre la f\u00e9odalit\u00e9, lutte contre la justice eccl\u00e9siastique et indispensable centralisation. La France est \u00e0 pr\u00e9sent le pays le plus riche et le plus peupl\u00e9 d\u2019Europe.<\/p><p>Son fils va devenir Louis\u00a0X le Hutin, dit aussi \u00ab\u00a0le Querelleur\u00a0\u00bb. Suivant l\u2019exemple de rapacit\u00e9 de son p\u00e8re, il d\u00e9pouille les juifs et les banquiers lombards, et vend des chartes d\u2019affranchissement aux serfs.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fi de la vie\u00a0! Qu\u2019on ne m\u2019en parle plus\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARGUERITE<\/span> d\u2019<span class=\"caps\">\u00c9COSSE<\/span> (1425-1444). <em>Dictionnaire Littr\u00e9.<\/em><\/p><\/blockquote><p>Le futur Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> avait 13 ans, elle 11 et ils \u00e9taient d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9destin\u00e9s \u00e0 se marier depuis cinq ans \u2013 elle \u00e9tait fille de Jacques Ier d\u2019\u00c9cosse et en termes de g\u00e9opolitique, c\u2019\u00e9tait important apr\u00e8s la terrible guerre de Cent Ans entre les deux pays. Mais le dauphin, homme aust\u00e8re bient\u00f4t surnomm\u00e9 l\u2019universelle aragne, la rendra tellement malheureuse que, mourant \u00e0 20 ans, la dauphine d\u00e9sabus\u00e9e soupira ces ultimes paroles.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je loue mon Dieu et le remercie de ce qu\u2019il lui pla\u00eet que le plus grand p\u00e9cheur du monde meure le jour de la f\u00eate de la p\u00e9cheresse.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">VII<\/span> (1403-1461), mot de la fin doublement chr\u00e9tien du roi mourant le jour de la sainte Madeleine, 22\u00a0juillet 1461.<\/p><\/blockquote><p>La pi\u00e9t\u00e9 va de pair avec la royaut\u00e9. P\u00e9cheur, certes\u00a0: apr\u00e8s la mort d\u2019Agn\u00e8s Sorel, la Dame de Beaut\u00e9, premi\u00e8re d\u2019une longue liste de favorites officielles des rois de France, ce roi, bien que maladif, vivait entour\u00e9 d\u2019un essaim de femmes faciles. Il est vrai que Charles avait \u00e9t\u00e9 si mal aim\u00e9 de sa m\u00e8re (Isabeau de Bavi\u00e8re), si malheureux, si m\u00e9pris\u00e9 au d\u00e9but de sa vie\u00a0!<\/p><p>Ce dauphin m\u00e9diocre se r\u00e9v\u00e9la \u00e0 mi r\u00e8gne un bon roi\u00a0: lib\u00e9ration du territoire et reconqu\u00eate d\u2019une partie de la France sur les Anglais (avec l\u2019aide de Dieu et de Jeanne d\u2019Arc), r\u00e9organisation du royaume, cr\u00e9ation d\u2019une arm\u00e9e permanente, r\u00e9tablissement des finances et de la monnaie avec lev\u00e9e d\u2019imp\u00f4ts r\u00e9guliers. Son fils Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> va continuer sur sa lanc\u00e9e\u00a0: extension de la maison France et abaissement des grands f\u00e9odaux. Dernier roi du Moyen \u00c2ge \u2013 grand roi et tr\u00e8s pieux.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mignonne, je vous donne ma mort pour vos \u00e9trennes.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XII<\/span> (1462-1515) \u00e0 sa trop jeune \u00e9pouse Marie d\u2019Angleterre. <em>Actes et Paroles, Pendant l\u2019exil<\/em> (1864), Victor Hugo.<\/p><\/blockquote><p>\u00ab\u00a0Le roi mourut de trop aimer sa femme, comme plus tard Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">II<\/span>, doucement tu\u00e9s l\u2019un et l\u2019autre par une Marie. Cette idylle fut br\u00e8ve. Le 1er janvier 1515, apr\u00e8s quatre-vingt-trois jours ou plut\u00f4t quatre-vingt-trois nuits de mariage, Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> expira, et comme c\u2019\u00e9tait le jour de l\u2019an, il dit \u00e0 sa femme\u2026\u00a0\u00bb Et Louis <span class=\"caps\">XII<\/span>, 52 ans, surnomm\u00e9 le \u00ab\u00a0P\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb. c\u00e8de la place \u00e0 son gendre et successeur, Fran\u00e7ois\u00a0Ier \u00e0 qui il a fianc\u00e9 sa fille Claude.<\/p><p>La jeune veuve n\u2019avait pas vingt ans. Apr\u00e8s un second mariage avec un favori de fr\u00e8re Henri <span class=\"caps\">VIII<\/span>, elle meurt \u00e0 33 ans. Cette Marie Tudor (de la maison Tudor) ne doit pas \u00eatre confondue avec l\u2019autre, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0Marie la Sanglante\u00a0\u00bb.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si l\u2019on ouvrait mon c\u0153ur, on y trouverait grav\u00e9 le nom de Calais.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Marie <span class=\"caps\">TUDOR<\/span> (1516-1558).<em> Histoire de France depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu\u2019en 1789<\/em> (1844), Henri Martin.<\/p><\/blockquote><p>Femme dans son expression, et reine d\u2019Angleterre, elle mourra, dit-on, du chagrin caus\u00e9 par la perte de Calais, seule place rest\u00e9e anglaise en France \u00e0 la fin de la guerre de Cent Ans. Sauv\u00e9e du massacre par les c\u00e9l\u00e8bres bourgeois de Calais\u2026 et par Philippine, la reine d\u2019Angleterre (1347), cette ville fut quelque peu oubli\u00e9e par les rois de France, davantage int\u00e9ress\u00e9s par la fascinante Italie. Mais Fran\u00e7ois de Guise (le Balafr\u00e9), nomm\u00e9 lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume par Fran\u00e7ois Ier, a repris Calais aux Anglais le 13\u00a0janvier 1558, apr\u00e8s un si\u00e8ge tr\u00e8s bref (six jours) et malgr\u00e9 les renforts envoy\u00e9s par Marie Tudor.<\/p><p>La perte de cette ville rend encore plus impopulaire Marie la Catholique, dite aussi la Sanglante pour avoir pers\u00e9cut\u00e9 les protestants anglais. La reine meurt au terme d\u2019une longue agonie, c\u0153ur bris\u00e9 d\u2019avoir perdu Calais, certes, mais aussi le roi Philippe <span class=\"caps\">II<\/span> qui s\u2019est \u00e9loign\u00e9 d\u2019elle pour retourner en Espagne, apr\u00e8s un an de mariage. Vit-on jamais roi de France ou d\u2019Angleterre mourir d\u2019amour\u2026\u00a0?<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que mon peuple persiste et demeure ferme en la foi en laquelle je meurs.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">II<\/span> (1519-1559), le 10\u00a0juillet 1559, au terme d\u2019une terrible agonie. <em>Henri <span class=\"caps\">II<\/span>, roi gentilhomme<\/em> (2007), Georges Bordonove.<\/p><\/blockquote><p>Le roi meurt des suites d\u2019un accident de tournoi \u2013 blessure \u00e0 l\u2019\u0153il, coup de lance donn\u00e9 par le comte de Montgomery, capitaine des gardes et r\u00e9gicide involontaire. Nostradamus qui a pr\u00e9dit ce malheur devient astrologue de la cour.<\/p><p>Apr\u00e8s dix jours d\u2019atroces souffrances et malgr\u00e9 tous les soins du c\u00e9l\u00e8bre Ambroise Par\u00e9, ce grand roi meurt en s\u2019affichant comme chr\u00e9tien, peu avant que la France ne se d\u00e9chire en huit guerres de Religion (1562 \u00e0 1598). Il laisse trois fils qui n\u2019auront jamais son autorit\u00e9, et d\u2019abord l\u2019a\u00een\u00e9 Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, 15\u00a0ans. Le jeune prince confie le gouvernement \u00e0 sa m\u00e8re Catherine de M\u00e9dicis\u00a0: elle donne le pouvoir \u00e0 ses oncles, les Guise. Sous l\u2019influence de cette famille tr\u00e8s catholique, la guerre aux protestants sera tragique.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span>, pr\u00e8s de sa fin, restant longtemps sans sonner mot, dit en se tournant, comme s\u2019il se f\u00fbt r\u00e9veill\u00e9\u00a0:<br>\u2014 Appelez-moi mon fr\u00e8re\u00a0!<br>La reine m\u00e8re envoie chercher le duc d\u2019Alen\u00e7on.<br>\u2014 Non, madame, je veux le roi de Navarre\u00a0; c\u2019est celui-l\u00e0 qui est mon fr\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1550-1574), sur son lit de mort au ch\u00e2teau de Vincennes, le 30\u00a0mai\u00a01574. Mot de la fin. <em>Histoire de France au seizi\u00e8me si\u00e8cle, La Ligue et Henri <span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1856), Jules Michelet.<\/p><\/blockquote><p>Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> pr\u00e9f\u00e8re son beau-fr\u00e8re Henri de Navarre \u2013 le mari qu\u2019il a voulu pour sa s\u0153ur la reine Margot \u2013 \u00e0 son fr\u00e8re de sang, le duc d\u2019Alen\u00e7on, quatri\u00e8me fils de Catherine de M\u00e9dicis, atteint du m\u00eame mal qui emporte le jeune roi, deux ans apr\u00e8s la Saint-Barth\u00e9lemy.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! le m\u00e9chant moine, il m\u2019a tu\u00e9, qu\u2019on le tue\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), Saint-Cloud, 1er\u00a0ao\u00fbt 1589. <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile.<\/p><\/blockquote><p>Dominicain de 22\u00a0ans, ligueur fanatique, Jacques Cl\u00e9ment pr\u00e9parait son geste\u00a0: le complot est connu, approuv\u00e9 de nombreux catholiques et b\u00e9ni par le pape Sixte Quint. Le moine r\u00e9ussit \u00e0 approcher le roi \u2013 seul, sur sa chaise perc\u00e9e. La garde personnelle (les Quarante-Cinq), alert\u00e9e par les cris du roi poignard\u00e9, transperce l\u2019assassin \u00e0 coups d\u2019\u00e9p\u00e9e\u00a0: d\u00e9fenestr\u00e9, le corps est sit\u00f4t tir\u00e9 par quatre chevaux, \u00e9cartel\u00e9, et br\u00fbl\u00e9 sur le b\u00fbcher, pour r\u00e9gicide. La sc\u00e8ne se rejouera avec Ravaillac et Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Seul Henri de Navarre a droit au tr\u00f4ne, et il est d\u2019un caract\u00e8re trop sinc\u00e8re et trop noble pour ne pas rentrer dans le sein de l\u2019\u00c9glise\u00a0; t\u00f4t ou tard, il reviendra \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), sur son lit de mort, \u00ab\u00a0second mot de la fin\u00a0\u00bb, 1er\u00a0ao\u00fbt 1589.<em> Les Grandes conversions \u2013 La Conversion et l\u2019abjuration d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, roi de France et de Navarre<\/em> (1938), Henri Gaubert.<\/p><\/blockquote><p>Le roi bless\u00e9 \u00e0 mort, transport\u00e9 sur son lit, met en garde son alli\u00e9 contre le danger qui le menace \u00e0 son tour, et le conjure de se convertir. Enfin et surtout, il trouve la force de d\u00e9signer son successeur au tr\u00f4ne et de le faire reconna\u00eetre face aux nobles pr\u00e9sents. En m\u00eame temps, il proph\u00e9tise la conversion d\u2019Henri de Navarre. De tous les mots de la fin qui ponctuent l\u2019histoire de France, celui d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> a une port\u00e9e doublement remarquable.<\/p><p>Le roi meurt le lendemain\u00a0: fin de la dynastie des Valois au pouvoir depuis 1328, et place \u00e0 la dynastie des Bourbons.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma fortune pour un instant de plus.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">\u00c9LISABETH<\/span> Ier d\u2019Angleterre (1533-1603).<em> Dictionnaire des derni\u00e8res paroles<\/em> (2004), Michel Gaillard.<\/p><\/blockquote><p>Mot de la fin shakespearien qui renvoie \u00e0 Richard <span class=\"caps\">III<\/span>\u00a0: \u00ab\u00a0Mon royaume pour un cheval\u00a0\u00bb, quand le roi perd son cheval sur le champ de bataille et en demande un autre contre toutes ses possessions. L\u2019Angleterre vit un \u00ab\u00a0\u00e2ge d\u2019or\u00a0\u00bb sous \u00c9lisabeth la \u00ab\u00a0Reine vierge\u00a0\u00bb, fille d\u2019Henri <span class=\"caps\">VIII<\/span> et dernier membre de la dynastie des Tudor\u00a0: rayonnement du th\u00e9\u00e2tre anglais (Shakespeare et Marlowe) et de l\u2019architecture, installation de colonies dans le Nouveau Monde. Personnage \u00e9minemment th\u00e9\u00e2tral et fascinante par ses myst\u00e8res, elle meurt \u00e0 69 ans apr\u00e8s 44 ans de r\u00e8gne et laisse place \u00e0 la dynastie des Tudor.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est rien.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), 14\u00a0mai 1610.<em> Histoire du r\u00e8gne de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> (<\/em>1862), Auguste Poirson.<\/p><\/blockquote><p>Mot de la fin minimal et paradoxal. Il vient d\u2019\u00eatre poignard\u00e9 par Ravaillac\u00a0: l\u2019homme a saut\u00e9 dans le carrosse bloqu\u00e9 par un encombrement, rue de la Ferronnerie, alors que le roi se rendait \u00e0 l\u2019Arsenal, chez Sully son ministre et ami, souffrant. Le bless\u00e9 a tressailli sous le coup, et redit \u00ab\u00a0Ce n\u2019est rien\u00a0\u00bb, avant de mourir.<\/p><p>Le r\u00e9gicide sera \u00e9cartel\u00e9, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 tortur\u00e9\u00a0: il affirma avoir agi seul. Sully, dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>, n\u2019y croit pas. Tous les complots et attentats contre les rois de l\u2019\u00e9poque s\u2019inspirent de la th\u00e9orie du tyrannicide\u00a0: \u00ab\u00a0Nulle victime n\u2019est plus agr\u00e9able \u00e0 Dieu qu\u2019un tyran.\u00a0\u00bb (Jean Gerson)<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Comment vous appelez-vous \u00e0 pr\u00e9sent\u00a0? <br>\u2014 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, mon papa.<br>\u2014 Pas encore, mon fils, pas encore, mais ce sera peut-\u00eatre pour bient\u00f4t.\u00a0\u00bb<span id=\":\" class=\"cit-num\">:<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), au futur roi qui n\u2019a pas 5\u00a0ans, 21\u00a0avril 1643.<em> Archives curieuses de l\u2019histoire de France, depuis Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> jusqu\u2019\u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span><\/em> (1837), F\u00e9lix Danjou.<\/p><\/blockquote><p>\u00c0 peine \u00e2g\u00e9 de 40\u00a0ans, le roi n\u2019a plus deux mois \u00e0 vivre. Mais sa pi\u00e9t\u00e9 lui enl\u00e8ve toute crainte. C\u2019est un fait assez rare dans l\u2019histoire et son fils, l\u2019heure et le jour venus (en 1715), fera preuve du m\u00eame courage, avec une \u00e9nergie incomparable.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est par votre ignorance, l\u2019\u00e9tat o\u00f9 je suis maintenant.\u00a0\u00bb<span id=\"..\" class=\"cit-num\">..<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), \u00e0 son m\u00e9decin, 9\u00a0mai 1643.<em> Les Deux Morts de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (2008), C\u00e9dric Coraillon.<\/p><\/blockquote><p>Apr\u00e8s six semaines de coliques et de vomissements (longtemps assimil\u00e9s \u00e0 une tuberculose et aujourd\u2019hui identifi\u00e9s \u00e0 la maladie de Crohn), il meurt le 14\u00a0mai, jour anniversaire de l\u2019assassinat de son p\u00e8re Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, et donc de son propre av\u00e8nement. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> le Juste est le dernier roi de France que le peuple va pleurer.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus \u00e9clatante victoire co\u00fbte trop cher, quand il faut la payer du sang de ses sujets.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), Lettre \u00e0 l\u2019intention du Dauphin, ao\u00fbt\u00a01715. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1923), Louis Bertrand.<\/p><\/blockquote><p>Aveu d\u2019un roi qui a passionn\u00e9ment aim\u00e9 la guerre et s\u2019en repent tr\u00e8s sinc\u00e8rement. \u00c9crite peu de jours avant sa mort, la lettre est confi\u00e9e au mar\u00e9chal de Villeroi son ami de toujours, pour \u00eatre remise \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> \u00e0 ses 17\u00a0ans. Cet arri\u00e8re-petit-fils n\u2019a que 5\u00a0ans, seul h\u00e9ritier survivant apr\u00e8s l\u2019h\u00e9catombe familiale, ultime mal\u00e9diction de cette triste fin de r\u00e8gne.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quoi Madame, vous vous affligez de me voir en \u00e9tat de bient\u00f4t mourir\u00a0? N\u2019ai-je pas assez v\u00e9cu\u00a0? M\u2019avez-vous cru immortel\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 Mme\u00a0de Maintenon, 25\u00a0ao\u00fbt 1715. <em>La Sant\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (2007), Stanis Perez.<\/p><\/blockquote><p>La sant\u00e9 du roi d\u00e9cline rapidement et Fagon, son m\u00e9decin personnel, semble le seul \u00e0 ne pas le voir\u00a0! La cour et l\u2019Europe guettent. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, \u00e0 presque 77\u00a0ans, malgr\u00e9 une ancienne goutte et une r\u00e9cente gangr\u00e8ne \u00e0 la jambe, fait jusqu\u2019au bout son m\u00e9tier de roi et les gestes de l\u2019\u00e9tiquette. Ses\u00a0\u00ab\u00a0mots de la fin\u00a0\u00bb vont se succ\u00e9der, parfaitement document\u00e9s, pieusement recueillis par ses proches, se succ\u00e9dant au jour le jour.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon enfant, vous allez \u00eatre un grand roi. Ne m\u2019imitez pas dans le go\u00fbt que j\u2019ai eu pour les b\u00e2timents ni dans celui que j\u2019ai eu pour la guerre. T\u00e2chez de soulager vos peuples, ce que je suis malheureux pour n\u2019avoir pu faire.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), au futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, 26\u00a0ao\u00fbt 1715. <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume), Saint-Simon.<\/p><\/blockquote><p>Le roi re\u00e7oit le petit Dauphin dans sa chambre. Il lui donne une ultime le\u00e7on.<\/p><p>Le marquis de Dangeau, m\u00e9morialiste, nous a laiss\u00e9 un <em>Journal de la cour de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> qui retrace avec minutie les derniers jours. Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait preuve d\u2019autant de dignit\u00e9 que d\u2019humilit\u00e9. La guerre, entreprise et soutenue par souci de grandeur mais aussi par vanit\u00e9, cause de la ruine des peuples, semble \u00eatre son grand remords.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je m\u2019en vais, Messieurs, mais l\u2019\u00c9tat demeurera toujours.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 ses courtisans les plus proches, 26\u00a0ao\u00fbt 1715. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, son gouvernement et ses relations diplomatiques avec l\u2019Europe<\/em> (1842), Jean Baptiste Honor\u00e9 Raymond Capefigue.<\/p><\/blockquote><p>Le roi les remercie de leurs services et s\u2019inqui\u00e8te de ce qu\u2019il adviendra apr\u00e8s lui. Il leur recommande de servir le Dauphin\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est un enfant de cinq ans, qui peut essuyer bien des traverses, car je me souviens d\u2019en avoir beaucoup essuy\u00e9 pendant mon jeune \u00e2ge.\u00a0\u00bb Il leur demande enfin d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0tous unis et d\u2019accord\u00a0; c\u2019est l\u2019union et la force d\u2019un \u00c9tat\u00a0\u00bb. Message historique et politiquement toujours valable\u00a0!<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon neveu, je vous fais R\u00e9gent du royaume. Vous allez voir un roi dans le tombeau et un autre dans le berceau. Souvenez-vous toujours de la m\u00e9moire de l\u2019un et des int\u00e9r\u00eats de l\u2019autre.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 Philippe d\u2019Orl\u00e9ans, Testament, 1715. <em>Histoire de la R\u00e9gence pendant la minorit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em>, volume\u00a0I (1922), Henri Leclercq.<\/p><\/blockquote><p>Le texte sera lu au lendemain de sa mort. Le roi a institu\u00e9 un Conseil de r\u00e9gence dont le R\u00e9gent en titre est pr\u00e9sident, la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir allant au duc du Maine (fils l\u00e9gitim\u00e9 de Mme\u00a0de Maintenon). Son neveu, dont il se m\u00e9fie non sans raison, ne s\u2019en satisfera pas et le roi mourant a peu d\u2019illusion sur l\u2019avenir de ses derni\u00e8res volont\u00e9s royales.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai toujours ou\u00ef dire qu\u2019il est difficile de mourir\u00a0; pour moi qui suis sur le point de ce moment si redoutable aux hommes, je ne trouve pas que cela soit difficile.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), \u00e0 Mme\u00a0de Maintenon, 28\u00a0ao\u00fbt 1715. Son mot de la fin. <em>Archives curieuses de l\u2019histoire de France depuis Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> jusqu\u2019\u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span><\/em> (1840), L.\u00a0Cimber.<\/p><\/blockquote><p>Apr\u00e8s le Roi, c\u2019est l\u2019homme qui s\u2019exprime en m\u00eame temps que le chr\u00e9tien. Ce sont les derni\u00e8res paroles rapport\u00e9es. Il mourra le 1er\u00a0septembre.<\/p><p>La grandeur du roi face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 dans les derni\u00e8res ann\u00e9es et la dignit\u00e9 de l\u2019homme devant la mort jusqu\u2019aux derni\u00e8res heures frappent m\u00eame ses ennemis les plus intimes\u00a0: Saint-Simon saluera \u00ab\u00a0cette fermet\u00e9 d\u2019\u00e2me, cette \u00e9galit\u00e9 ext\u00e9rieure, cette esp\u00e9rance contre toute esp\u00e9rance, par courage, par sagesse, non par aveuglement\u00a0\u00bb.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais je ne me suis senti mieux, ni plus tranquille.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774). <em>Last Words, Last Words\u2026 Out\u00a0!<\/em> (2020), Miguel S.Ruiz.<\/p><\/blockquote><p>\u00ab\u00a0Quelque maladie qu\u2019aient les princes, jamais ceux qui les entourent, ni les m\u00e9decins, ne conviennent qu\u2019ils soient mal que lorsqu\u2019ils sont morts. La flatterie et la politique les conduisent jusqu\u2019au tombeau.\u00a0\u00bb \u00e9crit le Baron de BesenvaL (dans ses M\u00e9moires (posthume, 1805). Tout s\u2019est pass\u00e9 comme \u00e0 la mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. On cache au roi la gravit\u00e9 de son mal \u2013 la petite v\u00e9role (variole). Il est d\u2019autant plus cr\u00e9dule qu\u2019il croit l\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 eue et sa peur du diable lui fait \u00e9carter l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la mort.<\/p><p>Apr\u00e8s une semaine d\u2019atroces souffrances support\u00e9es avec le plus grand courage, la bougie allum\u00e9e sur le rebord du balcon royal \u00e0 Versailles est souffl\u00e9e par son valet\u00a0: le roi est mort, le 10\u00a0mai 1774. \u00ab\u00a0Ami des propos libertins, \/ Buveur fameux, et roi c\u00e9l\u00e8bre \/ Par la chasse et par les catins\u00a0:\u00a0:Voil\u00e0 ton oraison fun\u00e8bre.\u00a0\u00bb Le peuple chante \u00e0 la mort du Bien Aim\u00e9 qui a fini par se faire ha\u00efr. \u00ab\u00a0On l\u2019enterra promptement et sans la moindre escorte\u00a0; son corps passa vers minuit par le bois de Boulogne pour aller \u00e0 Saint-Denis. \u00c0 son passage, des cris de d\u00e9rision ont \u00e9t\u00e9 entendus\u00a0: on r\u00e9p\u00e9tait \u00ab\u00a0ta\u00efaut\u00a0! ta\u00efaut\u00a0!\u00a0\u00bb comme lorsqu\u2019on voit un cerf et sur le ton ridicule dont il avait coutume de le prononcer\u00a0\u00bb (Lettre de la comtesse de Boufflers).<\/p><p>La R\u00e9volution approche et Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> sera bient\u00f4t guillotin\u00e9.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Peuple, je meurs innocent\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), \u00e0 la foule, place de la R\u00e9volution \u00e0 Paris (aujourd\u2019hui place de la Concorde), 21\u00a0janvier 1793. <em>Mot de la fin, cit\u00e9 dans les M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume) de Chateaubriand.<\/p><\/blockquote><p>Au terme d\u2019un proc\u00e8s perdu d\u2019avance, payant pour tous les crimes de l\u2019Ancien R\u00e9gime, le roi est guillotin\u00e9. Seul exemple avant lui, Charles Ier d\u2019Angleterre, \u00e9galement victime de sa faiblesse face aux r\u00e9volutionnaires de Cromwell (1649).<\/p><p>Le roulement de tambours de la garde nationale interrompt la suite de sa proclamation, entendue seulement par le bourreau Sanson et ses aides. La sc\u00e8ne sera maintes fois reproduite en gravures et tableaux, avec le bourreau qui brandit la t\u00eate du roi, face au peuple amass\u00e9. L\u2019importance de l\u2019\u00e9v\u00e9nement est telle pour les Fran\u00e7ais que l\u2019imagination populaire et historienne se donnera libre cours.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je pardonne aux auteurs de ma mort. Je prie Dieu que le sang que vous allez r\u00e9pandre ne retombe jamais sur la France.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), au bourreau Sanson et \u00e0 ses aides, 21\u00a0janvier 1793.<em> Gallica.bnf.fr<\/em>. Les essentiels.<\/p><\/blockquote><p>Autre mot de la fin attribu\u00e9 au roi\u00a0: \u00ab\u00a0Je souhaite que mon sang puisse cimenter le bonheur des Fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb Et encore\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu veuille que ce sang ne retombe pas sur la France.\u00a0\u00bb Cela rel\u00e8ve de la \u00ab\u00a0belle mort\u00a0\u00bb pour nourrir la l\u00e9gende, r\u00e9\u00e9crite en une citation apocryphe et conforme \u00e0 l\u2019esprit de cet acte \u00e0 jamais m\u00e9morable. Dans la r\u00e9alit\u00e9, on lui a coup\u00e9 la parole avant de lui couper la t\u00eate et le roi n\u2019a pu dire que ces quatre mots\u00a0: \u00ab\u00a0Peuple, je meurs innocent.\u00a0\u00bb<\/p><p>Reste un fait av\u00e9r\u00e9. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, tout au long de sa vie, eut une obsession louable et rare chez un roi\u00a0: ne pas faire couler le sang des Fran\u00e7ais.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00a0\u00ab\u00a0Pardonnez-moi, Monsieur le bourreau, je ne l\u2019ai pas fait expr\u00e8s.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ANTOINETTE<\/span> (1755-1793) \u00e0 Sanson, 16 octobre 1793. <em>Autoportrait \u00e0 la guillotine<\/em> (2018), Christophe Bigot.<\/p><\/blockquote><p>Au pied de la guillotine, les derni\u00e8res paroles de Marie-Antoinette sont pour le bourreau qu\u2019elle a heurt\u00e9, dans un geste de recul\u00a0: mot de la fin sans doute authentique, trop anodin pour devenir citation, mais quand il s\u2019agit de la derni\u00e8re reine de France.<\/p><p>La sc\u00e8ne a \u00e9t\u00e9 minutieusement relat\u00e9e\u00a0: descendant d\u2019un bond de la charrette, Marie-Antoinette est sans doute press\u00e9e d\u2019en finir. Elle gravit si vite le petit escalier en bois menant \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud qu\u2019elle en perd son soulier couleur prune et marche sur le pied du bourreau Sanson. Autre version\u00a0: \u00ab\u00a0Monsieur, je vous demande excuse. Je ne l\u2019ai pas fait expr\u00e8s\u00a0\u00bb\u2026 avant de se laisser attacher sur la machine de mort. Mais certains historiens avancent un autre mot de la fin\u00a0: \u00ab\u00a0Adieu mes enfants, je vais rejoindre votre p\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p><h4><span class=\"caps\">MOURIR<\/span> <span class=\"caps\">EN<\/span> <span class=\"caps\">CHR\u00c9TIEN<\/span><\/h4><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00a0\u00ab\u00a0Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m\u2019as-tu abandonn\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">J\u00c9SUS<\/span> (7\/5 av. J.-C.- 30 ou 33) mourant sur la Croix. <em>\u00c9vangile de Matthieu<\/em> et <em>\u00c9vangile de Marc.<\/em><\/p><\/blockquote><p>Autres mots de la fin\u00a0: \u00ab\u00a0P\u00e8re, je remets mon esprit entre tes mains\u00a0\u00bb (<em>\u00c9vangile de Luc<\/em>) et \u00ab\u00a0Tout est consomm\u00e9\u00a0\u00bb aussi traduit par \u00ab\u00a0Tout est accompli\u00a0\u00bb (<em>\u00c9vangile de Jean<\/em>).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour moi, je suis tous les jours avec vous jusqu\u2019\u00e0 la fin du monde.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">J\u00c9SUS<\/span> (7\/5 av. J.-C.- 30 ou 33) ressuscit\u00e9 juste avant l\u2019Ascension.<em> \u00c9vangile de Matthieu.<\/em><\/p><\/blockquote><p>Et dans les<em> Actes des Ap\u00f4tres<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Il ne vous appartient pas de conna\u00eetre les temps et les moments que le P\u00e8re a fix\u00e9s de sa propre autorit\u00e9. Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous\u00a0; vous serez alors mes t\u00e9moins \u00e0 J\u00e9rusalem, dans toute la Jud\u00e9e et la Samarie, et jusqu\u2019aux extr\u00e9mit\u00e9s de la terre.\u00a0\u00bb<\/p><p>Rappelons la d\u00e9finition d\u2019Andr\u00e9 Malraux dans <em>l\u2019Espoir<\/em> (1937)\u00a0: \u00ab\u00a0Et le Christ\u00a0? \u2014 C\u2019est un anarchiste qui a r\u00e9ussi. C\u2019est le seul.\u00a0\u00bb\u00a0 Sous le r\u00e8gne de Tib\u00e8re vit en Galil\u00e9e un homme dont les enseignements vont bouleverser l\u2019histoire du monde. De sa mort sur la croix va na\u00eetre une religion qui lentement s\u2019\u00e9tendra sur l\u2019Empire. Pour les Romains, les premiers chr\u00e9tiens ne sont qu\u2019une secte juive, dont le fondateur passe pour un agitateur politique. Pour les chr\u00e9tiens, il est Dieu, fils de Dieu, ce Dieu \u00e9tant un dieu unique, comme celui qu\u2019adorent les juifs.<\/p><p>La r\u00e9ussite de l\u2019\u00ab\u00a0anarchiste\u00a0\u00bb qui termina sa vie comme un criminel mis en croix entre deux \u00ab\u00a0larrons\u00a0\u00bb est due \u00e0 ses disciples et plus particuli\u00e8rement \u00e0 Paul de Tarse\u00a0: il fera du message de J\u00e9sus une religion \u00e0 vocation universelle. La Gaule sera tardivement acquise\u00a0: l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des villes, puis des campagnes, ne se fera qu\u2019au ive\u00a0si\u00e8cle, le christianisme devenant religion d\u2019\u00c9tat en 391.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai aim\u00e9 la justice et d\u00e9test\u00e9 l\u2019iniquit\u00e9, je meurs donc dans l\u2019exil.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GR\u00c9GOIRE<\/span> <span class=\"caps\">VII<\/span> (1015\/20-1085). <em>Last Words, Last Words\u2026 Out\u00a0!<\/em> (2020) Miguel S.Ruiz.<\/p><\/blockquote><p>C\u2019est le principal artisan de la r\u00e9forme gr\u00e9gorienne, en tant que conseiller du pape L\u00e9on <span class=\"caps\">IX<\/span> et de ses successeurs, puis sous son propre pontificat.<\/p><p>Cette r\u00e9forme de l\u2019\u00c9glise entend purifier les m\u0153urs du clerg\u00e9 (obligation du c\u00e9libat des pr\u00eatres, lutte contre diverses formes d\u2019h\u00e9r\u00e9sie), le trafic des b\u00e9n\u00e9fices et notamment des \u00e9v\u00each\u00e9s, d\u2019o\u00f9 un conflit majeur avec l\u2019empereur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>. Celui-ci consid\u00e8re comme relevant de son pouvoir de donner l\u2019investiture aux \u00e9v\u00eaques. Au cours de la querelle des Investitures, Gr\u00e9goire <span class=\"caps\">VII<\/span> oblige l\u2019empereur excommuni\u00e9 \u00e0 faire une humiliante d\u00e9marche de p\u00e9nitence. Mais cet \u00e9pisode ne suffit pas \u00e0 r\u00e9gler le conflit et Henri reprend l\u2019avantage en assi\u00e9geant le pape r\u00e9fugi\u00e9 au ch\u00e2teau Saint-Ange.<\/p><p>Lib\u00e9r\u00e9 par les Normands, le pape est chass\u00e9 de Rome par la population, exc\u00e9d\u00e9e par les exc\u00e8s de ses alli\u00e9s. Gr\u00e9goire <span class=\"caps\">VII<\/span> meurt en exil, \u00e0 Salerne, le 25 mai 1085. Il est consid\u00e9r\u00e9 comme saint.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je me suis d\u00e9j\u00e0 rendu au Christ. \u00c0 Dieu ne plaise que je [me] rende maintenant \u00e0 ses ennemis.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Un chevalier crois\u00e9, vers 1212. <em>Histoire albigeoise\u00a0: l\u2019\u00c9glise et l\u2019\u00c9tat au Moyen \u00c2ge<\/em> (posthume), Pierre des Vaux-de-Cernay, moine et historien contemporain.<\/p><\/blockquote><p>Surpris par les hommes du comte de Foix (d\u00e9finitivement acquis aux cathares) et assailli de toute part, le chevalier r\u00e9pond par ces mots et meurt, perc\u00e9 de coups.<\/p><p>La croisade contre les Albigeois continue, men\u00e9e par Simon de Montfort, guerrier hors pair. Venu comme la plupart du nord de la France (famille de barons de Montfort-l\u2019Amaury), il s\u2019est engag\u00e9 autant par conviction religieuse que par esprit de conqu\u00eate, un fief \u00e9tant toujours bon \u00e0 prendre.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vois mon Seigneur, Il m\u2019appelle \u00e0 Lui.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Saint <span class=\"caps\">ANTOINE<\/span> de <span class=\"caps\">PADOUE<\/span> (1195-1231). <em>Saint Antoine de Padoue<\/em> (2017), Valentin Strappazzon<\/p><\/blockquote><p>Antoine de Padoue reste l\u2019un des sains les plus populaires. Natif de Lisbonne, pass\u00e9 par Rome, il a parcouru la M\u00e9diterran\u00e9e et l\u2019Europe au <span class=\"caps\">XIII<\/span>e si\u00e8cle. Modeste fr\u00e8re mendiant remarqu\u00e9 par Fran\u00e7ois d\u2019Assise et dont le pape Gr\u00e9goire <span class=\"caps\">IX<\/span> qu\u00eate le conseil, pr\u00e9dicateur puissant et intellectuel ouvert aux id\u00e9es neuves, \u00e9vang\u00e9lisateur inspir\u00e9 en m\u00eame temps que mystique contemplatif, c\u2019est un personnage hors norme, comme l\u2019Histoire en donne nombre d\u2019exemples.<\/p><p>Lors d\u2019un repas, vendredi 13 juin 1231, victime d\u2019un infarctus, Antoine veut regagner sa communaut\u00e9 de Padoue. Le voyage \u00e0 dos de b\u0153ufs l\u2019\u00e9puise et le cort\u00e8ge s\u2019arr\u00eate aux portes de la ville dans une petite \u00e9glise. L\u2019\u00e2me d\u2019Antoine est \u00ab\u00a0absorb\u00e9e dans l\u2019ab\u00eeme de la lumi\u00e8re\u00a0\u00bb, \u00e9crit son dernier biographe, le P\u00e8re Strappazzon. Apr\u00e8s des ann\u00e9es de pr\u00e9dication harassante, ce fervent disciple du futur saint Fran\u00e7ois part l\u2019\u00e2me en paix pour rejoindre son Cr\u00e9ateur. La nouvelle se r\u00e9pand aussit\u00f4t, les enfants se pr\u00e9cipitent en criant\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0Le p\u00e8re saint est mort; saint Antoine est mort\u00a0\u00bb. Toute la population le pleura, raconte encore le P\u00e8re Strappazzon. D\u00e8s le jour de sa mise en terre, les miracles se multiplient, renfor\u00e7ant sa r\u00e9putation de saintet\u00e9. Conscient de la nature exceptionnelle de l\u2019homme, le pape Gr\u00e9goire <span class=\"caps\">IX<\/span> le canonise le 30 mai 1232, soit pr\u00e9cis\u00e9ment 352 jours apr\u00e8s sa mort. On raconte que les cloches de Lisbonne ont sonn\u00e9 miraculeusement ce jour-l\u00e0, c\u00e9l\u00e9brant les retrouvailles d\u2019Antoine avec son Sauveur.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les corps sont au roi de France, mais les \u00e2mes sont \u00e0 Dieu\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Cris des Templiers br\u00fbl\u00e9s vifs dans l\u2019\u00eelot aux Juifs, 19\u00a0mars 1314. <em>Les Templiers<\/em> (2004), St\u00e9phane Ingrand.<\/p><\/blockquote><p>Cet \u00eelot, \u00e0 la pointe de l\u2019\u00eele de la Cit\u00e9, doit son nom aux nombreux juifs qui ont subi le supplice du b\u00fbcher. Le peuple est friand de ce genre de spectacle, et les Templiers attirent la foule des grands jours. Cette citation entre dans une cat\u00e9gorie peu fournie\u00a0: \u00ab\u00a0mot de la fin collectif\u00a0\u00bb.<\/p><p>Ils sont une trentaine de Templiers \u00e0 rejoindre dans le supplice les deux principaux dignitaires, Jacques de Molay, le grand ma\u00eetre de l\u2019Ordre, et Geoffroy de Charnay, le pr\u00e9cepteur\u00a0: apr\u00e8s quatre ans de prison et de silence, ils ont proclam\u00e9 leur innocence et d\u00e9nonc\u00e9 la calomnie, \u00e0 la lecture publique de l\u2019ultime sentence du 19\u00a0mars, sur le parvis de Notre-Dame, face \u00e0 la foule amass\u00e9e. C\u2019est comme si le courage leur revenait soudain. Apr\u00e8s sept ans d\u2019\u00ab\u00a0affaire des Templiers\u00a0\u00bb, le roi qui veut en finir a ordonn\u00e9 l\u2019ex\u00e9cution group\u00e9e des plus \u00ab\u00a0suspects\u00a0\u00bb, le soir m\u00eame.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cl\u00e9ment, juge inique et cruel bourreau, je t\u2019ajourne \u00e0 compara\u00eetre dans quarante jours devant le tribunal du souverain juge.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Jacques de <span class=\"caps\">MOLAY<\/span> (vers 1244-1314), sur le b\u00fbcher dans l\u2019\u00eelot aux Juifs, \u00eele de la Cit\u00e9 \u00e0 Paris, 19\u00a0mars 1314. <em>Histoire de l\u2019\u00c9glise de France\u00a0: compos\u00e9e sur les documents originaux et authentiques<\/em>, tome\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> (1856), abb\u00e9 Guett\u00e9e.<\/p><\/blockquote><p>Derni\u00e8res paroles attribu\u00e9es au grand ma\u00eetre des Templiers. Ce \u00ab\u00a0mot de la fin\u00a0\u00bb est l\u2019un des plus c\u00e9l\u00e8bres de l\u2019histoire, pour diverses raisons. Quarante jours plus tard, le 20\u00a0avril, Cl\u00e9ment\u00a0V meurt d\u2019\u00e9touffement, seul dans sa chambre \u00e0 Avignon, comme aucun pape avant lui, ni apr\u00e8s.<br>Autre version de la mal\u00e9diction, tir\u00e9e de la saga des <em>Rois maudits<\/em> de Maurice Druon et du feuilleton t\u00e9l\u00e9vis\u00e9 de Claude Barma qui popularisa l\u2019affaire des Templiers au <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle\u00a0: \u00ab\u00a0Pape Cl\u00e9ment\u00a0! Chevalier Guillaume\u00a0! Roi Philippe\u00a0! Avant un an, je vous cite \u00e0 compara\u00eetre au tribunal de Dieu pour y recevoir votre juste ch\u00e2timent\u00a0! Maudits\u00a0! Maudits\u00a0! Tous maudits jusqu\u2019\u00e0 la treizi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de vos races\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p><p>Nogaret est d\u00e9j\u00e0 mort, il y a un an, et il peut s\u2019agir d\u2019un autre Guillaume. Mais le pape va mourir dans le d\u00e9lai imparti, comme Philippe le Bel, suite \u00e0 une chute de cheval \u00e0 la chasse (blessure infect\u00e9e, ou accident c\u00e9r\u00e9bral). Plus troublant, le nombre de drames qui frapperont la descendance royale en quinze ans, au point d\u2019\u00e9branler la dynastie cap\u00e9tienne\u00a0: assassinats, scandales, proc\u00e8s, morts subites, d\u00e9sastres militaires. Quant \u00e0 la treizi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration\u2026 cela tombe sur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, le roi de France guillotin\u00e9 sous la R\u00e9volution.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On ne fera pas un paradis expr\u00e8s pour moi.\u00a0\u00bb<span id=\";\" class=\"cit-num\">;<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois de <span class=\"caps\">MALHERBE<\/span> (1555-1628).<em> Les Historiettes<\/em>, tome I, posthume (1834), Tallemant des R\u00e9aux.<\/p><\/blockquote><p>Po\u00e8te pensionn\u00e9 par Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>, puis Marie de M\u00e9dicis et Richelieu, il versifie avec plus de conscience professionnelle que de g\u00e9nie, passant du baroque au classique pour s\u2019adapter \u00e0 la mode, mais encens\u00e9 par les th\u00e9oriciens et par Boileau\u00a0: \u00ab\u00a0Enfin Malherbe vint.\u00a0\u00bb Il part au mois d\u2019octobre 1628. <br>Son confesseur, voyant que sa maladie \u00e9tait sans doute mortelle, le pressa de se confesser. Il se d\u00e9roba poliment, arguant qu\u2019il se confesserait \u00e0 la Toussaint, comme de coutume. \u00ab\u00a0Mais, monsieur, dit le confesseur, vous m\u2019aviez toujours dit que vous vouliez faire comme les autres, en ce qui regarde le christianisme. Tous les bons chr\u00e9tiens se confessent avant que de mourir. \u2014 Vous avez raison, reprit Malherbe, je veux donc aussi me confesser, je veux aller o\u00f9 vont tous les autres, on ne fera pas un paradis expr\u00e8s pour moi, et il se confessa.\u00a0\u00bb (Extrait d\u2019un manuscrit de l\u2019\u00e9poque.)<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que Dieu ne m\u2019abandonne jamais\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Blaise <span class=\"caps\">PASCAL<\/span> (1623-1662) recevant la derni\u00e8re communion \u00e0 39 ans. Pascal (2016), Michel Schneider.<\/p><\/blockquote><p>On pourrait le classer parmi les auteurs ou les scientifiques dont nombreux moururent en chr\u00e9tiens, mais Pascal a v\u00e9cu en chr\u00e9tien tortur\u00e9 pour finir quasiment en saint\u00a0!<\/p><p>C\u2019est le surdou\u00e9 du si\u00e8cle. Mort \u00e0 39\u00a0ans, il eut tous les probl\u00e8mes de sant\u00e9 (tuberculose, cancer \u00e0 l\u2019estomac, l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales, insuffisances r\u00e9nales r\u00e9v\u00e9l\u00e9es \u00e0 l\u2019autopsie), sans parler de tous les maux psychosomatiques r\u00e9currents. Mais l\u2019\u00e9ternel souffrant refuse les ordonnances des m\u00e9decins, affirmant que \u00ab\u00a0La maladie est l\u2019\u00e9tat naturel du chr\u00e9tien\u00a0\u00bb. Enfant pr\u00e9coce, \u00e9duqu\u00e9 par son p\u00e8re, influenc\u00e9 par Descartes et son <em>Discours de la m\u00e9thode<\/em> (1637), il se passionne\u00a0 pour les sciences naturelles et appliqu\u00e9es. Physicien, il passe \u00e0 l\u2019\u00e9tude des fluides, th\u00e9orise la m\u00e9thode scientifique, invente la \u00ab\u00a0roue pascaline\u00a0\u00bb, premi\u00e8re machine \u00e0 calculer, apr\u00e8s trois ans de d\u00e9veloppement et une cinquantaine de prototypes. Math\u00e9maticien, il publie un trait\u00e9 de g\u00e9om\u00e9trie projective \u00e0 seize ans et initie le calcul des probabilit\u00e9s qui influencera plus tard les th\u00e9ories \u00e9conomiques modernes et les sciences sociales. Ce qui ne l\u2019emp\u00eache pas de vivre ce qu\u2019il appelle sa \u00ab\u00a0p\u00e9riode mondaine\u00a0\u00bb (1648-1654), de fr\u00e9quenter les salons et les libertins.<\/p><p>En novembre 1654, une exp\u00e9rience mystique va bouleverser sa vie et sa s\u0153ur, Jacqueline Pascal, \u00e2me forte s\u2019il en est, le convertit au jans\u00e9nisme pratiqu\u00e9 \u00e0 l\u2019abbaye de Port-Royal et consid\u00e9r\u00e9 sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> comme une h\u00e9r\u00e9sie \u00e0 combattre. Sans renoncer aux travaux scientifiques, Pascal le moraliste se consacre \u00e0 la r\u00e9flexion philosophique et religieuse, \u00e9crit <em>Les Provinciales<\/em> et une \u0153uvre th\u00e9ologique majeure,<em> Les Pens\u00e9es<\/em> (publications posthumes).<\/p><p>Le 8 juillet 2017, le pape Fran\u00e7ois annonce que Blaise Pascal \u00ab\u00a0m\u00e9riterait la b\u00e9atification\u00a0\u00bb et envisage de lancer la proc\u00e9dure officielle (entretien au quotidien italien <em>La Repubblica<\/em>).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans un quart d\u2019heure, j\u2019en saurai bien long.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Madame de <span class=\"caps\">MAINTENON<\/span> (1635-1719). <em>Vie et caract\u00e8re de Madame de Maintenon d\u2019apr\u00e8s les \u0153uvres du duc de Saint -Simon<\/em> (1907), \u00c9douard Pilastre<\/p><\/blockquote><p>\u00c9tonnant destin de Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9. N\u00e9e dans une famille ultra protestante, elle a v\u00e9cu dans la mis\u00e8re, \u00e9pous\u00e9 le po\u00e8te mondain Paul Scarron qui l\u2019 \u00ab\u00a0ach\u00e8te\u00a0\u00bb et meurt en lui l\u00e9guant de grosses dettes\u2026 mais aussi une grande culture et de belles relations qui la m\u00e8nent \u00e0 la cour. Elle devient gouvernante des enfants b\u00e2tards du roi et de sa ma\u00eetresse, Madame de Montespan. Convertie au catholicisme, elle \u00e9pousera (secr\u00e8tement) le roi Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> et fera r\u00e9gner \u00e0 la cour un climat tr\u00e8s religieux qui convient au souverain vieillissant et de plus en plus chr\u00e9tien, soumis dans une certaine mesure \u00e0 \u00ab\u00a0Madame de Maintenant\u00a0\u00bb qu\u2019il appelle aussi \u00ab\u00a0sainte Fran\u00e7oise.\u00a0\u00bb<\/p><p>Sa pi\u00e9t\u00e9 est \u00e9vidente jusque dans l\u2019intimit\u00e9 conjugale\u00a0: \u00ab\u00a0Quelle gr\u00e2ce de faire par pure vertu ce que tant d\u2019autres femmes font sans m\u00e9rite et par passion\u00a0!\u00a0\u00bb Paul Godet des Marais, \u00e9v\u00eaque de Chartres et directeur spirituel de la Maison de Saint-Cyr, confesseur de Mme\u00a0de Maintenon, \u00e0 sa p\u00e9nitente qui se plaint en 1704 de ce qu\u2019il \u00ab\u00a0lui donne le bonsoir\u00a0\u00bb jusqu\u2019\u00e0 deux fois par nuit\u00a0: elle a 70\u00a0ans, et lui 66.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Au paradis, vite, vite, au grand galop\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Madame Louise de <span class=\"caps\">FRANCE<\/span> (1737-1787). <em>Les mots de la fin\u00a0! \u2013 200 adieux historiques<\/em> (2017), Catherine Guennec.<\/p><\/blockquote><p>Louise-Marie de France, dite Madame Louise, Madame Derni\u00e8re ou Madame Huiti\u00e8me, derni\u00e8re-n\u00e9e des enfants de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> et Marie Leszczy\u0144ska, est appel\u00e9e Madame Louise apr\u00e8s son bapt\u00eame en 1747. Elle entre au Carmel en 1770 sous le nom de Th\u00e9r\u00e8se de Saint-Augustin, avec la charge de ma\u00eetresse des novices, puis d\u2019\u00e9conome. \u00c9lue prieure \u00e0 trois reprises, morte en 1787 avec ce mot qui montre son aspiration au Ciel, elle sera d\u00e9clar\u00e9e v\u00e9n\u00e9rable en 1873.<\/p><p>N\u2019oublions pas que la France reste tr\u00e8s officiellement et r\u00e9ellement \u00ab\u00a0la fille a\u00een\u00e9e de l\u2019\u00c9glise\u00a0\u00bb jusqu\u2019au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle et que la religion chr\u00e9tienne pr\u00e9domine naturellement.<\/p><p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/les-mots-de-la-fin-des-chefs-detat-hommes-et-femmes-politiques-militaires\/\">Lire la suite\u00a0: les mots de la fin des Chefs d\u2019\u00c9tat, hommes et femmes politiques, militaires.<\/a><\/p><\/div><style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Voici quelque 200 Mots, parfois apocryphes, mais toujours sourc\u00e9s comme dans l\u2019Histoire en citations. La pr\u00e9sentation chronologique montre qu\u2019on ne mourait pas sous l\u2019Antiquit\u00e9 ni m\u00eame au XIXe si\u00e8cle comme aujourd&#8217;hui. Autre le\u00e7on de l\u2019histoire, on meurt souvent comme on a v\u00e9cu, roi ou empereur, chef d\u2019\u00c9tat ou militaire, chr\u00e9tien ou ath\u00e9e, po\u00e8te ou philosophe, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":151,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9188","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9188","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9188"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9188\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16271,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9188\/revisions\/16271"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9188"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9188"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9188"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}