{"id":9202,"date":"2022-03-14T00:00:00","date_gmt":"2022-03-13T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/chronique-de-la-colonisation-francaise-en-25-reperes-2-le-second-empire-colonial-francais\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:05","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:05","slug":"chronique-de-la-colonisation-francaise-en-25-reperes-2-le-second-empire-colonial-francais","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/chronique-de-la-colonisation-francaise-en-25-reperes-2-le-second-empire-colonial-francais\/","title":{"rendered":"Chronique de la colonisation fran\u00e7aise en 25 rep\u00e8res (2. Le second empire colonial fran\u00e7ais)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>Pour comprendre ce th\u00e8me conflictuel toujours \u00e0 la une de l\u2019actu, r\u00e9f\u00e9rons-nous \u00e0 l\u2019Histoire.<\/p>\n<p>Nous vous conseillons d\u2019abord de lire le <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/chronique-de-la-colonisation-francaise-en-25-reperes-1-le-premier-empire-colonial-francais\/\">premier \u00e9pisode de cet \u00e9dito sur la colonisation<\/a>, consacr\u00e9 au premier empire colonial fran\u00e7ais.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center\">Deuxi\u00e8me partie\u00a0: le second empire colonial fran\u00e7ais.<\/h3>\n<h4>9. Notre second empire colonial na\u00eet \u00e0 la fin de la Restauration\u00a0: prise d\u2019Alger (1830) suivie par la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie sous la monarchie de Juillet, avec le g\u00e9n\u00e9ral Bugeaud devenu gouverneur et mar\u00e9chal.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_7-13.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"266\"><\/a>\u00ab\u00a0Vous \u00eates un m\u00e9chant, un infid\u00e8le, un tra\u00eetre\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2006\" class=\"cit-num\">2006<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HUSSEIN<\/span> <span class=\"caps\">DEY<\/span> d\u2019Alger (vers 1765-1838), 30\u00a0avril 1827. <em>La Restauration et la Monarchie de Juillet<\/em> (1929), Jean Lucas-Dubreton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Joignant le geste \u00e0 la parole, il frappe trois fois de son chasse-mouches Pierre Deval le consul de France dont le gouvernement refuse de payer des fournitures de bl\u00e9s qui datent du Consulat et de l\u2019Empire.<\/p>\n<p>Le Dey refuse de pr\u00e9senter des excuses et ce qui pourrait n\u2019\u00eatre qu\u2019un fait divers va d\u00e9boucher sur la guerre. L\u2019incident venant aggraver des relations d\u00e9j\u00e0 tendues avec l\u2019Alg\u00e9rie sert en effet de pr\u00e9texte \u00e0 l\u2019intervention de la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous ai d\u00e9j\u00e0 dit que je ne voulais pas traiter l\u2019affaire diplomatiquement. Vous en trouverez la preuve dans les termes que je vais employer\u00a0: la France se f\u2026 de l\u2019Angleterre\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2017\" class=\"cit-num\">2017<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Baron Lemercier d\u2019<span class=\"caps\">HAUSSEZ<\/span> (1778-1854), ministre de la Marine, \u00e0 Lord Stuart, 4\u00a0f\u00e9vrier 1830.<em> M\u00e9moires du Baron d\u2019Haussez, dernier ministre de la marine sous la Restauration<\/em> (posthume, 1897)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour r\u00e9sumer une affaire alg\u00e9rienne qui se complique et s\u2019envenime, l\u2019Angleterre a d\u00e9sapprouv\u00e9 l\u2019intention de la France de venger l\u2019honneur du consul contre le Dey d\u2019Alger. Charles X, en accord avec son ministre Polignac, ordonne un blocus naval, avant l\u2019exp\u00e9dition militaire d\u00e9cisive avec l\u2019amiral Duperr\u00e9 et de Bourmont, ministre de la Guerre\u00a0: d\u00e9barquement fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie le 14\u00a0juin 1830.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vingt jours ont suffi pour la destruction d\u2019un \u00c9tat dont l\u2019existence fatiguait l\u2019Europe depuis trois si\u00e8cles.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2019\" class=\"cit-num\">2019<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">BOURMONT<\/span> (1773-1846), ordre du jour du ministre de la Guerre, apr\u00e8s la reddition du Dey d\u2019Alger, 5\u00a0juillet 1830.<em> L\u2019Europe et la conqu\u00eate d\u2019Alger<\/em> (1913), Edgard Le Marchand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Prise d\u2019Alger et reddition sans condition du Dey Hussein, suite \u00e0 l\u2019exp\u00e9dition militaire de l\u2019amiral Duperr\u00e9 et du ministre de Bourmont qui ont d\u00e9barqu\u00e9 en Alg\u00e9rie, le 14\u00a0juin.<\/p>\n<p>De Bourmont y gagne son b\u00e2ton de mar\u00e9chal de France et Chateaubriand dira, apprenant la prise d\u2019Alger\u00a0: \u00ab\u00a0Cette nouvelle me ravit sans me rassurer. La Providence peut du m\u00eame coup agrandir un royaume et renverser une dynastie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>\u00a0Le Dey.<\/em> \u2014 Je conviens que Charles Dix <br>Des guerriers est le ph\u00e9nix,<br>Il combat les Alg\u00e9riens <br>En m\u00eam\u2019 temps qu\u2019les Parisiens.<br><em>Charles X.<\/em> \u2014 Pour rentrer dans mon Paris <br>Si nous n\u2019\u00e9tions pas enn\u2019mis,<br>J\u2019aurais r\u00e9clam\u00e9 d\u2019tes soins<br>Une patrouill\u2019 de B\u00e9douins.<br><em>Refrain<\/em><br>\u00c7a va mal, sort fatal, <br>Adieu le tr\u00f4ne royal,<br>C\u2019est \u00e9gal, <br>Nous vivons, c\u2019est l\u2019principal.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2036\" class=\"cit-num\">2036<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Auguste <span class=\"caps\">JOUHAUD<\/span> (1806-1888),<em> \u00c0 ton tour Paillasse<\/em> (1830), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson, incluse dans une pi\u00e8ce en trois journ\u00e9es, en vers et en prose, r\u00e9unit en un duo ironique les deux souverains qui perdent leur tr\u00f4ne en m\u00eame temps.<\/p>\n<p>Le 3\u00a0ao\u00fbt, Charles X fuit, \u00e9pouvant\u00e9 par le bruit que fait courir le mar\u00e9chal Marmont (commandant l\u2019arm\u00e9e royale, d\u00e9sormais acquis \u00e0 Louis-Philippe)\u00a0: 100\u00a0000 Parisiens arm\u00e9s seraient \u00e0 ses trousses. En fait, partis 30\u00a0000, ils arrivent moins de 1\u00a0000 \u00e0 Rambouillet, mais l\u2019arm\u00e9e royale (pr\u00e8s de 13\u00a0000 hommes) se replie.<\/p>\n<p>Charles X reprend le chemin du dernier exil. Les Bourbons ont fini de r\u00e9gner en France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soldats, ils sont six mille, vous \u00eates trois cents. La partie est donc \u00e9gale. Regardez-les en face et tirez juste.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2092\" class=\"cit-num\">2092<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">CHANGARNIER<\/span> (1798-1877), Premi\u00e8re exp\u00e9dition de Constantine, 24\u00a0novembre 1836.<em> Le Crapouillot<\/em> (1958)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral commande l\u2019arri\u00e8re-garde, lors de la retraite. Au lendemain de la prise d\u2019Alger en 1830, Louis-Philippe se contenta de l\u2019occupation d\u2019une frange c\u00f4ti\u00e8re. Mais la r\u00e9sistance s\u2019organise autour d\u2019Abd el-Kader, devenu l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9mir des croyants\u00a0\u00bb, tandis que le bey de Constantine, Ahmad, contraint le mar\u00e9chal Clausel, gouverneur de l\u2019Alg\u00e9rie, \u00e0 la retraite \u2013 et bient\u00f4t Bugeaud \u00e0 la n\u00e9gociation avec Abd el-Kader (convention de la Tafna en mai\u00a01837).<\/p>\n<p>La tr\u00eave sera de courte dur\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ou la conqu\u00eate, ou l\u2019abandon.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2104\" class=\"cit-num\">2104<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas Robert <span class=\"caps\">BUGEAUD<\/span> (1784-1849), Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 15\u00a0f\u00e9vrier 1840. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La politique alg\u00e9rienne de la France est trop h\u00e9sitante aux yeux du futur mar\u00e9chal. Le trait\u00e9 sign\u00e9 en 1837 entre Bugeaud et l\u2019\u00e9mir Abd el-Kader a \u00e9t\u00e9 viol\u00e9. La France y faisait pourtant d\u2019importantes concessions, reconnaissant la souverainet\u00e9 de l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9mir des croyants\u00a0\u00bb sur pr\u00e8s des deux tiers de l\u2019Alg\u00e9rie et se contentant d\u2019une occupation du littoral.<\/p>\n<p>Abd el-Kader a profit\u00e9 de la tr\u00eave pour se constituer une arm\u00e9e, proclamant en 1839 la guerre sainte contre les Fran\u00e7ais qui occupent l\u2019Alg\u00e9rie depuis 1830. Le militaire met donc les politiques face \u00e0 leurs responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p>Bugeaud consid\u00e8re pourtant l\u2019Alg\u00e9rie comme \u00ab\u00a0le plus funeste des pr\u00e9sents que la Restauration ait fait \u00e0 la R\u00e9volution de juillet\u00a0\u00bb, pr\u00f4nant l\u2019occupation restreinte de quelques bases strat\u00e9giques pour emp\u00eacher les raids barbaresques. Victor Hugo, le 15\u00a0janvier 1840, balaie ses r\u00e9ticences, entra\u00eenant la France sur la voie de la colonisation par l\u2019\u00e9migration civile massive\u00a0: \u00ab\u00a0Je crois que notre nouvelle conqu\u00eate est chose heureuse et grande. C\u2019est la civilisation qui marche sur la barbarie. C\u2019est un peuple \u00e9clair\u00e9 qui va trouver un peuple dans la nuit. Nous sommes les Grecs du monde, c\u2019est \u00e0 nous d\u2019illuminer le monde. Notre mission s\u2019accomplit. Vous pensez autrement que moi, c\u2019est tout simple. Vous parlez en soldat, en homme d\u2019action. Moi je parle en philosophe et en penseur.\u00a0\u00bb En cela, il incarne l\u2019esprit du si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cent mille hommes et cent millions pendant sept ans\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2106\" class=\"cit-num\">2106<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas Robert <span class=\"caps\">BUGEAUD<\/span> (1784-1849) \u00e0 Louis-Philippe. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral pose ses conditions pour accepter d\u2019\u00eatre gouverneur de l\u2019Alg\u00e9rie. Le roi c\u00e8de. Bugeaud est nomm\u00e9 gouverneur, le 29\u00a0d\u00e9cembre\u00a01840. Partisan de la guerre acharn\u00e9e, dix ans apr\u00e8s la prise d\u2019Alger, Bugeaud fait la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie et y gagne son b\u00e2ton de mar\u00e9chal en 1843.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Ense et aratro.\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb<br>\u00ab\u00a0Par l\u2019\u00e9p\u00e9e et par la charrue.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2107\" class=\"cit-num\">2107<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas Robert <span class=\"caps\">BUGEAUD<\/span> (1784-1849), devise du mar\u00e9chal, gouverneur de l\u2019Alg\u00e9rie.<em> Ismayl Urbain\u00a0: une autre conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie<\/em> (2001), Michel Levallois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cela signifie que l\u2019on sert son pays en temps de guerre par les armes, en temps de paix par les travaux de l\u2019agriculture. Bugeaud est le premier des officiers coloniaux \u00e0 mener de front les op\u00e9rations de s\u00e9curit\u00e9 et les travaux de colonisation\u00a0: d\u00e9frichements, routes, concessions de terre pour attirer de nouveaux colons, etc.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0[La colonisation ne se fait pas] dans des pots de fleurs sur les terrasses d\u2019Alger.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2111\" class=\"cit-num\">2111<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Thomas Robert <span class=\"caps\">BUGEAUD<\/span> (1784-1849).<em> Lettres in\u00e9dites du Mar\u00e9chal Bugeaud, duc d\u2019Isly, 1808-1849<\/em> (posthume, 1922)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec son franc-parler militaire, il d\u00e9plore le manque de moyens que lui donne la France.<\/p>\n<p>Les d\u00e9put\u00e9s sont bien loin de la r\u00e9alit\u00e9 des op\u00e9rations sur le terrain, en 1842. Le minist\u00e8re Soult-Guizot a des probl\u00e8mes plus hexagonaux \u2013 politiques, \u00e9conomiques et sociaux \u2013 et d\u2019autres colonies sont \u00e0 l\u2019ordre du jour\u00a0: occupation de l\u2019archipel des Marquises, protectorat \u00e0 Tahiti, fondations de comptoirs fortifi\u00e9s en C\u00f4te d\u2019Ivoire.<\/p>\n<p>Faute de cr\u00e9dits suffisants, Bugeaud, devenu mar\u00e9chal pour son action en Alg\u00e9rie, d\u00e9missionnera de son poste de gouverneur en 1847.<\/p>\n<h4>10. La gouvernement provisoire de la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique signe (d\u00e9finitivement) l\u2019abolition de l\u2019esclavage dans nos colonies.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Attentat contre la dignit\u00e9 humaine, violation flagrante du dogme r\u00e9publicain\u00a0: Libert\u00e9, \u00c9galit\u00e9, Fraternit\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2160\" class=\"cit-num\">2160<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">SCH\u0152LCHER<\/span> (1804-1893), <em>Le Moniteur<\/em>, 2\u00a0mai\u00a01848. <em>Victor Sch\u0153lcher et l\u2019abolition de l\u2019esclavage<\/em> (2004), Aim\u00e9 C\u00e9saire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sous-secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat dans le gouvernement provisoire, il plaide contre l\u2019esclavage et voit enfin l\u2019aboutissement de sa longue lutte\u00a0: \u00ab\u00a0Par les d\u00e9crets du 27\u00a0avril 1848, rendus sur l\u2019initiative de Sch\u0153lcher, l\u2019esclavage, aboli une premi\u00e8re fois par la Convention, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finitivement supprim\u00e9 dans nos colonies primitives\u00a0\u00bb (Alfred Rambaud, <em>Histoire de la civilisation contemporaine<\/em>).<\/p>\n<p>L\u2019application est relativement rapide en Guadeloupe, Martinique, R\u00e9union, Guyane, mais plus difficile en Alg\u00e9rie et au S\u00e9n\u00e9gal o\u00f9 les esclaves peuvent appartenir aux indig\u00e8nes.<\/p>\n<p>Le mouvement abolitionniste a commenc\u00e9 en Angleterre et au Danemark \u2013 premier pays interdisant la traite n\u00e9gri\u00e8re en 1792. Les autres pays europ\u00e9ens vont suivre dans la seconde moiti\u00e9 du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle\u00a0: Pays-Bas, Espagne et Portugal. Mais la pratique de l\u2019esclavage perdure souvent dans les colonies, bien apr\u00e8s l\u2019abolition de la traite.<\/p>\n<h4>11. Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> qui veut le rayonnement de la France dans le monde s\u2019int\u00e9resse tout particuli\u00e8rement \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie devenue \u00ab\u00a0territoire fran\u00e7ais\u00a0\u00bb.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_8-20.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"265\"><\/a>\u00ab\u00a0Votre religion, comme la n\u00f4tre, apprend \u00e0 se soumettre aux d\u00e9crets de la Providence. Or, si la France est ma\u00eetresse de l\u2019Alg\u00e9rie, c\u2019est que Dieu l\u2019a voulu, et la nation ne renoncera jamais \u00e0 cette conqu\u00eate.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2230\" class=\"cit-num\">2230<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1808-1873), Allocution \u00e0 Abd el-Kader, 16\u00a0octobre 1852.<em> Conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie<\/em> (1867), C\u00e9line Fallet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9mir, en lutte contre la France poursuivant la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie commenc\u00e9e le 5\u00a0juillet 1830, a d\u00fb se rendre le 23\u00a0d\u00e9cembre 1847. Fait prisonnier, il obtient de Louis-Napol\u00e9on sa lib\u00e9ration, ce 16\u00a0octobre. Le guerrier va renoncer \u00e0 se battre, se retirant au Proche-Orient (\u00e0 Damas) pour consacrer la fin de sa vie \u00e0 l\u2019\u00e9tude et \u00e0 la m\u00e9ditation religieuse. Il meurt en 1883, rest\u00e9 fid\u00e8le \u00e0 sa parole de ne pas reprendre les armes. Il sera promu Grand-croix de la L\u00e9gion d\u2019Honneur pour avoir sauv\u00e9 la vie de 12 000 chr\u00e9tiens en Syrie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis aussi bien l\u2019empereur des Arabes que l\u2019empereur des Fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2284\" class=\"cit-num\">2284<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873), Lettre publique de l\u2019empereur au mar\u00e9chal P\u00e9lissier, gouverneur militaire de l\u2019Alg\u00e9rie, 6\u00a0f\u00e9vrier 1863.<em> La Politique imp\u00e9riale expos\u00e9e par les discours et proclamations de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1868), Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Second Empire. La Constitution de 1852 a d\u00e9clar\u00e9 l\u2019Alg\u00e9rie \u00ab\u00a0territoire fran\u00e7ais\u00a0\u00bb et l\u2019a divis\u00e9e en trois d\u00e9partements. La colonisation officielle se poursuit avec 200\u00a0000 Europ\u00e9ens (dont 120\u00a0000 Fran\u00e7ais), mais l\u2019empereur pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Alg\u00e9rie n\u2019est pas une colonie proprement dite, mais un royaume arabe\u00a0; les indig\u00e8nes ont comme les colons un \u00ab\u00a0droit \u00e9gal\u00a0\u00bb \u00e0 ma protection.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette lettre d\u00e9finit la nouvelle politique imp\u00e9riale qui entend concilier les int\u00e9r\u00eats des musulmans et des Fran\u00e7ais. Elle rappelle que la Restauration, lors de la conqu\u00eate en 1830, promit aux 3\u00a0millions d\u2019Arabes de respecter leur religion et leurs propri\u00e9t\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0La terre d\u2019Afrique est assez vaste, les ressources \u00e0 y d\u00e9velopper sont assez nombreuses pour que chacun puisse y trouver sa place et donner libre essor \u00e0 son activit\u00e9, suivant sa nature, ses m\u0153urs et ses besoins.\u00a0\u00bb Il confirme bient\u00f4t.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le jour viendra o\u00f9 la race arabe, r\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e9e et confondue avec la race fran\u00e7aise, retrouvera une puissante individualit\u00e9 [\u2026] Je veux vous faire participer de plus en plus \u00e0 l\u2019administration de votre pays comme aux bienfaits de la civilisation.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2290\" class=\"cit-num\">2290<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1808-1873), Proclamation de Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> aux Arabes, mai\u00a01865. <em>Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> en Alg\u00e9rie<\/em> (1865), Octave Teissier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La bonne volont\u00e9 n\u2019est pas niable. Mais la contradiction des volont\u00e9s imp\u00e9riales est tout aussi \u00e9vidente\u00a0: Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> voit en l\u2019Alg\u00e9rie \u00ab\u00a0tout \u00e0 la fois un royaume arabe, une colonie europ\u00e9enne, un camp fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il r\u00eava de donner au prince imp\u00e9rial qui devait lui succ\u00e9der le titre de \u00ab\u00a0roi d\u2019Alger\u00a0\u00bb, souhaitant b\u00e2tir un grand royaume arabe s\u2019\u00e9tendant d\u2019Alger \u00e0 Bagdad.<\/p>\n<p>D\u2019autres interventions de l\u2019empereur marquent une politique ext\u00e9rieure souvent habile, parfois trop ambitieuse.<\/p>\n<h4>12. La politique ext\u00e9rieure du Second Empire d\u00e9fend \u00e0 juste titre le droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames et le principe des nationalit\u00e9s, mais pour renforcer sa pr\u00e9sence en Am\u00e9rique la France s\u2019engage dans la d\u00e9sastreuse aventure mexicaine.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cette fois, sur mer et sur terre,<br>Les Cosaques, nous les tenons\u00a0!<br>La France est avec l\u2019Angleterre,<br>Le Droit est avec nos canons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2261\" class=\"cit-num\">2261<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">DUPONT<\/span> (1821-1870), <em>La Nouvelle Alliance<\/em>, chanson. <em>Muse populaire\u00a0: chants et po\u00e9sies<\/em> (1875), Pierre Dupont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le propos pla\u00eet aux r\u00e9publicains\u00a0: il est dirig\u00e9 contre le tsar qui opprime la Pologne. Il pla\u00eet aussi aux catholiques\u00a0: la France va prot\u00e9ger les Lieux saints. En fait, Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> saute sur l\u2019occasion de d\u00e9faire la coalition europ\u00e9enne d\u00e9fensive n\u00e9e \u00e0 son arriv\u00e9e au pouvoir, choisissant l\u2019alliance avec l\u2019Angleterre, pays o\u00f9 il a v\u00e9cu et qu\u2019il admire. Pacte conclu le 12\u00a0mars 1854. Guerre d\u00e9clar\u00e9e \u00e0 la Russie le 27\u00a0mai et d\u00e9barquement en Crim\u00e9e \u2013 le tsar orthodoxe Nicolas Ier voulant \u00e9tablir son protectorat sur les chr\u00e9tiens de Turquie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est impossible d\u2019\u00eatre plus beau sous le feu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2263\" class=\"cit-num\">2263<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">P\u00c9LISSIER<\/span> (1794-1864), admirant Mac-Mahon, Fort de Malakoff, 8\u00a0septembre 1855. <em>Campagne de Pi\u00e9mont et de Lombardie en 1859<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XXX<\/span> (1860), Am\u00e9d\u00e9e Barth\u00e9lemy Gayet de Cesena<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aimable Pelissier, militaire qui participa \u00e0 la conqu\u00eate de l\u2019Alg\u00e9rie, se retrouve en Russie, commandant en chef \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e de Crim\u00e9e. Il suit \u00e0 la lorgnette les p\u00e9rip\u00e9ties du combat de Mac-Mahon, \u00e0 l\u2019assaut du fort de Malakoff qui d\u00e9fend l\u2019entr\u00e9e de la ville de S\u00e9bastopol. Apprenant que la position est min\u00e9e, il a ordonn\u00e9 \u00e0 Mac-Mahon de renoncer, \u00e0 cinq reprises. Mais le g\u00e9n\u00e9ral s\u2019obstine\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019y suis, j\u2019y reste.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2264\" class=\"cit-num\">2264<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAC<\/span>\u2013<span class=\"caps\">MAHON<\/span> (1808-1893), au fort de Malakoff, surplombant la citadelle de S\u00e9bastopol, 8\u00a0septembre 1855.<em> Le Mar\u00e9chal de Mac-Mahon, duc de Magenta<\/em> (1960), Jacques Silvestre de Sacy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mot attribu\u00e9 au g\u00e9n\u00e9ral qui a fini par prendre le fort de Malakoff et ne veut pas le rendre, alors m\u00eame que les Russes annoncent qu\u2019ils vont le faire sauter. Le si\u00e8ge de S\u00e9bastopol durait depuis 350 jours, quand Mac-Mahon prend la t\u00eate des colonnes d\u2019assaut et part \u00e0 l\u2019attaque, entour\u00e9 de ses zouaves.<\/p>\n<p>Le commandant de l\u2019arm\u00e9e de Crim\u00e9e, P\u00e9lissier, va y gagner son b\u00e2ton de mar\u00e9chal, le titre de duc de Malakoff, sa place au S\u00e9nat, une pension annuelle de 100\u00a0000\u00a0francs et d\u2019autres honneurs. Mac-Mahon, pour ce mot et ce fait de guerre, entre dans l\u2019histoire \u2013 il aura d\u2019autres occasions de se manifester, comme premier pr\u00e9sident de la R\u00e9publique sous le prochain r\u00e9gime.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> n\u2019est qu\u2019un aventurier heureux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2265\" class=\"cit-num\">2265<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Adolphe <span class=\"caps\">THIERS<\/span> (1797-1877), quand les soldats reviennent de Crim\u00e9e le 28\u00a0septembre 1855, vainqueurs apr\u00e8s la chute de S\u00e9bastopol. <em>Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1969), Georges Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La guerre de Crim\u00e9e avait mal commenc\u00e9 pour les Anglais et les Fran\u00e7ais, alli\u00e9s aux Turcs contre la Russie. Des combats sanglants et inutiles, comme la fameuse Charge de la brigade l\u00e9g\u00e8re (h\u00e9ro\u00efque et d\u00e9sastreuse, le 25\u00a0octobre 1854), l\u2019hiver russe fatal aux hommes, le froid, le typhus et le chol\u00e9ra faisant plus de victimes que les armes \u2013 ce qui rappelait tragiquement le sort de la Grande Arm\u00e9e de Napol\u00e9on, en 1814. Jusqu\u2019au si\u00e8ge de S\u00e9bastopol o\u00f9 l\u2019arm\u00e9e s\u2019enlise. L\u2019opinion publique s\u2019impatiente et dans un caf\u00e9 parisien, un consommateur a lanc\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ici, c\u2019est comme \u00e0 S\u00e9bastopol, on ne peut rien prendre\u00a0!\u00a0\u00bb Avant d\u2019\u00eatre interpell\u00e9 par la police qui veille.<\/p>\n<p>Thiers le r\u00e9publicain ne croit pas au g\u00e9nie militaire de Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> et l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise n\u2019est pas si forte, ayant d\u00e9sappris depuis Napol\u00e9on\u00a0Ier l\u2019art et la science de la guerre. Mais les Russes sont encore moins forts et Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> a gagn\u00e9 ce nouveau pari, en \u00ab\u00a0aventurier heureux\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La France, sans froisser les droits de personne, a repris dans le monde la place qui lui convenait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2268\" class=\"cit-num\">2268<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte <span class=\"caps\">WALEWSKI<\/span> (1810-1868), ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, pr\u00e9sidant le Congr\u00e8s de la paix qui s\u2019ouvre \u00e0 Paris, le 25\u00a0f\u00e9vrier 1856. <em>Histoire de la France\u00a0: les temps nouveaux, de 1852 \u00e0 nos jours<\/em> (1972), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il parle au nom de l\u2019empereur, dans le d\u00e9cor rouge et or d\u2019un quai d\u2019Orsay flambant neuf. Quarante ans apr\u00e8s le Congr\u00e8s de Vienne et au terme de la guerre de Crim\u00e9e, c\u2019est la revanche de la France et la d\u00e9faite d\u2019une Russie expansionniste\u00a0: neutralit\u00e9 de la mer Noire, int\u00e9grit\u00e9 territoriale garantie \u00e0 la Turquie, pr\u00e9pond\u00e9rance reconnue \u00e0 la France en Europe. En prime, les provinces serbes et roumaines gagnent leur autonomie, face \u00e0 la Turquie\u00a0: victoire personnelle pour Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> qui se pose et s\u2019impose en d\u00e9fenseur du principe des nationalit\u00e9s, contre les puissances \u00e0 vis\u00e9e colonialiste.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019empereur Napol\u00e9on s\u2019est cru oblig\u00e9 de conqu\u00e9rir les nationalit\u00e9s pour les affranchir\u00a0; si jamais son successeur avait \u00e0 les d\u00e9fendre, ce serait pour les affranchir sans les conqu\u00e9rir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2276\" class=\"cit-num\">2276<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Arthur de <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">GU\u00c9RONNI\u00c8RE<\/span> (1816-1875), <em>L\u2019Empereur Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> et l\u2019Italie<\/em> (1859)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce texte fait allusion \u00e0 la politique de conqu\u00eate du premier empereur, alors que Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> a su comprendre l\u2019\u00e9volution du principe des nationalit\u00e9s, une des bases de sa politique \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<p>Venger la honte des trait\u00e9s de 1815 et de la France qui a tout perdu \u00e0 la fin du Congr\u00e8s de Vienne, c\u2019est envisager une r\u00e9vision des fronti\u00e8res europ\u00e9ennes et l\u2019\u00e9vocation du droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames fournit une justification morale \u00e0 son action. Les peuples souscrivent ensuite, par pl\u00e9biscites.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nos c\u0153urs ont suivi le cours de nos rivi\u00e8res.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2280\" class=\"cit-num\">2280<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Parole des Savoyards, devenu proverbe, printemps 1860. <em>Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> et le Second Empire\u00a0: le z\u00e9nith imp\u00e9rial, 1853-1860<\/em> (1976), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Selon les sources, la forme peut varier\u00a0: \u00ab\u00a0Nos c\u0153urs vont l\u00e0 o\u00f9 vont nos rivi\u00e8res\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Notre c\u0153ur va du c\u00f4t\u00e9 o\u00f9 coulent nos rivi\u00e8res\u00a0\u00bb, etc. Pour dire que les Savoyards votent leur rattachement \u00e0 la France, par pl\u00e9biscite des 22 et 23\u00a0avril 1860, en vertu du trait\u00e9 de Turin du 24\u00a0mars 1860 (\u00e9pilogue de la campagne d\u2019Italie de 1859). Avec 250\u00a0000 oui, contre seulement 230 non\u00a0!<\/p>\n<p>Le pl\u00e9biscite de 1860 peut \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9 comme l\u2019application du droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames. Mais les Savoyards ont en fait ratifi\u00e9 une cession de territoire, d\u00e9cid\u00e9e en 1858 par accord secret, lors de l\u2019entrevue de Plombi\u00e8res du 20\u00a0juillet \u2013 Cavour, au nom du roi Victor-Emmanuel <span class=\"caps\">II<\/span>, se rend dans cette petite station thermale des Vosges o\u00f9 Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> est en cure. Ils conviennent d\u2019un troc, dans le cadre des n\u00e9gociations diplomatiques relatives \u00e0 l\u2019unification de l\u2019Italie\u00a0: en \u00e9change de l\u2019aide diplomatique et militaire pour lib\u00e9rer la p\u00e9ninsule de l\u2019occupation autrichienne, le comt\u00e9 de Nice et le duch\u00e9 de Savoie reviennent \u00e0 la France.<\/p>\n<p>Les Ni\u00e7ois feront le m\u00eame choix, le 15\u00a0avril 1860. Ces conqu\u00eates pacifiques sont \u00e0 porter au cr\u00e9dit du Second Empire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Encore une fois notre drapeau fran\u00e7ais<br>Vient de remporter la victoire,<br>Je sommes vainqueurs et ce nouveau succ\u00e8s<br>Fait que je nageons dans la gloire.<br>Fallait entendr\u2019 notre brutal,<br>Aux Mexicains, jouer un p\u2019tit air de bal.<br><em>Refrain<\/em><br>J\u2019avons Puebla, mais foi d\u2019Pico<br>Dans peu, nous aurons Mexico.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2286\" class=\"cit-num\">2286<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexis <span class=\"caps\">DAL\u00c8S<\/span> (1813-1893), paroles, et Charles <span class=\"caps\">COLMANCE<\/span> (1805-1870), musique, <em>J\u2019aurons Mexico<\/em> (1863), chanson. <em>Des chansons populaires chez les anciens et chez les Fran\u00e7ais<\/em> (1867), Charles Nisard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Nous aurons Mexico\u00a0\u00bb, proph\u00e9tie de mai\u00a01863. Mais l\u2019aventure mexicaine sera le premier grave \u00e9chec en politique ext\u00e9rieure. L\u2019empereur, avec les lib\u00e9raux, croit au d\u00e9but \u00e0 cette exp\u00e9dition du Mexique et au r\u00f4le jouable par la France dans le Nouveau Monde.<\/p>\n<p>D\u00e9cid\u00e9 \u00e0 renforcer la pr\u00e9sence fran\u00e7aise en Am\u00e9rique, Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> entreprend \u00e0 partir de 1862 d\u2019instaurer au Mexique une monarchie conservatrice et catholique, favorable aux int\u00e9r\u00eats fran\u00e7ais. La gauche fait des r\u00e9serves, mais r\u00eave aussi. Et la France a des alli\u00e9s\u2026<\/p>\n<p>Avec l\u2019appui des conservateurs mexicains, les troupes fran\u00e7aises renversent la R\u00e9publique du pr\u00e9sident Benito Ju\u00e1rez et imposent le prince Maximilien de Habsbourg comme empereur du Mexique, en 1864. Mais la r\u00e9sistance des r\u00e9publicains mexicains provoque en 1867 l\u2019effondrement du nouveau r\u00e9gime. Les pays alli\u00e9s du d\u00e9but nous l\u00e2chent, les \u00c9tats-Unis se f\u00e2chent, Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> retire ses troupes et abandonne Maximilien d\u2019Autriche, mari\u00e9 \u00e0 la princesse Charlotte, fille du roi des Belges\u00a0: lui finira fusill\u00e9 en 1867, elle en deviendra folle. \u00ab\u00a0Plus de six mille morts, trois cent trente-six millions de d\u00e9penses. Rien n\u2019a davantage contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019impopularit\u00e9 du Second Empire\u00a0\u00bb, \u00e9crira l\u2019historien Georges Pradali\u00e9 (<em>Le Second Empire<\/em>).<\/p>\n<h4>13. Troisi\u00e8me R\u00e9publique\u00a0: Jules Ferry encourage l\u2019expansion coloniale pour des raisons id\u00e9ologiques (mission civilisatrice des races sup\u00e9rieures), \u00e9conomiques et commerciales, mais \u00ab\u00a0Ferry-Tonkin\u00a0\u00bb tombe en 1885 sur une \u00ab\u00a0affaire\u00a0\u00bb exploit\u00e9e par l\u2019opposition de gauche comme de droite.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rayonner sans agir, sans se m\u00ealer aux affaires du monde, vivre de cette sorte pour une grande nation [\u2026] c\u2019est abdiquer, [\u2026] c\u2019est descendre du premier rang au troisi\u00e8me ou au quatri\u00e8me.\u00a0\u00bb\u00ab\u00a0Cette paix n\u2019est ni heureuse, ni bonne, mais il fallait la faire. Nous avons conserv\u00e9 encore un bel empire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2399\" class=\"cit-num\">2399<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">FERRY<\/span> (1832-1893). <em>Discours et opinions de Jules Ferry<\/em> (1897), Jules Ferry, Paul Robiquet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Deux fois pr\u00e9sident du Conseil, entre septembre\u00a01880 et mars\u00a01885, il donne un essor consid\u00e9rable \u00e0 la politique coloniale de la France\u00a0: \u00e0 la place des conqu\u00eates continentales devenues impossibles, il pr\u00f4ne l\u2019aventure au-del\u00e0 des mers. Pour lui, \u00ab\u00a0les races sup\u00e9rieures ont un droit vis-\u00e0-vis des races inf\u00e9rieures [\u2026] le devoir de [les] civiliser.\u00a0\u00bb Cette politique coloniale est tr\u00e8s attaqu\u00e9e par la droite \u2013 elle co\u00fbte cher en cr\u00e9dits et en hommes \u2013 et par la gauche nationaliste \u2013 elle d\u00e9tourne de la politique de revanche. Un \u00e9chec provoquera la chute de \u00ab\u00a0Ferry-Tonkin\u00a0\u00bb et l\u2019arr\u00eat de cette premi\u00e8re expansion coloniale qui recommence vers 1890. Un minist\u00e8re des Colonies sera cr\u00e9\u00e9 en 1894.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La politique coloniale est fille de la politique industrielle.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2400\" class=\"cit-num\">2400<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">FERRY<\/span> (1832-1893).<em> Discours et opinions de Jules Ferry<\/em> (1897), Jules Ferry, Paul Robiquet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il donnera plus tard une th\u00e9orie de sa politique coloniale, men\u00e9e au coup par coup quand il est au pouvoir. L\u2019expansion est n\u00e9cessaire \u00e0 un grand pays comme la France, pour satisfaire des besoins \u00e0 la fois militaires (bases dans le monde entier), commerciaux (march\u00e9s et d\u00e9bouch\u00e9s pour son expansion \u00e9conomique), culturels (prestige national oblige, pour \u00ab\u00a0sa langue, ses m\u0153urs, son drapeau, son arm\u00e9e et son g\u00e9nie\u00a0\u00bb).<\/p>\n<p>La Troisi\u00e8me R\u00e9publique \u00e9difie peu \u00e0 peu le second empire colonial du monde (apr\u00e8s l\u2019Empire britannique), aussi vrai qu\u2019\u00ab\u00a0un mouvement irr\u00e9sistible emporte les grandes nations europ\u00e9ennes \u00e0 la conqu\u00eate de terres nouvelles\u00a0\u00bb (Jules Ferry).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Au nom d\u2019un chauvinisme exalt\u00e9, devrons-nous acculer la politique fran\u00e7aise dans une impasse et, les yeux fix\u00e9s sur la ligne bleue des Vosges, laisser tout faire, tout s\u2019engager, tout se r\u00e9soudre sans nous, autour de nous, contre nous\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2473\" class=\"cit-num\">2473<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">FERRY<\/span> (1832-1893), Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 7\u00a0avril 1881.<em> L\u2019Essor industriel et l\u2019imp\u00e9rialisme colonial, 1878-1904<\/em> (1965), Maurice Baumont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Devenu pr\u00e9sident du Conseil, il d\u00e9fend l\u2019intervention en Tunisie d\u00e9cid\u00e9e par les d\u00e9put\u00e9s et qu\u2019il a personnellement soutenue. La Tunisie devient protectorat fran\u00e7ais, le 12\u00a0mai 1881. L\u2019expression \u00ab\u00a0ligne bleue des Vosges\u00a0\u00bb va revenir dans son testament et passer \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9. Cependant, conservateurs et radicaux s\u2019entendent contre la politique coloniale de Ferry, \u00e9galement attaqu\u00e9 pour sa politique scolaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avant d\u2019aller planter le drapeau fran\u00e7ais l\u00e0 o\u00f9 il n\u2019est jamais all\u00e9, il fallait le replanter d\u2019abord l\u00e0 o\u00f9 il flottait jadis, l\u00e0 o\u00f9 nous l\u2019avons tous vu de nos propres yeux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2476\" class=\"cit-num\">2476<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">D\u00c9ROUL\u00c8DE<\/span> (1846-1914), Discours du Trocad\u00e9ro, octobre\u00a01884. <em>Pour en finir avec la colonisation<\/em> (2006), Bernard Logan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019expression du patriotisme continental, oppos\u00e9 \u00e0 l\u2019aventure coloniale incarn\u00e9e par Ferry. Ce qui explique l\u2019anticolonialisme de D\u00e9roul\u00e8de.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Faire passer avant toute chose la grandeur du pays et l\u2019honneur du drapeau.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2477\" class=\"cit-num\">2477<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">FERRY<\/span> (1832-1893), Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 30\u00a0mars\u00a01885. <em>Discours et opinions de Jules Ferry<\/em> (1897), Jules Ferry, Paul Robiquet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La conqu\u00eate de l\u2019Indochine a commenc\u00e9 sous Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> et Jules Ferry poursuit cette colonisation fran\u00e7aise en Extr\u00eame-Orient. Par le trait\u00e9 de Hu\u00e9 (25 ao\u00fbt 1883), l\u2019empereur du Vietnam a \u00e9t\u00e9 contraint de c\u00e9der au nord le Tonkin devenu un protectorat fran\u00e7ais, mais la Chine voisine qui conteste ce trait\u00e9 envahit le Tonkin\u00a0: ses troupes, les \u00ab\u00a0Pavillons noirs\u00a0\u00bb, se heurtent aux troupes fran\u00e7aises. Si\u00e8ges et batailles navales se succ\u00e8dent durant pr\u00e8s de deux ans.<\/p>\n<p>Le 29\u00a0mars, les journaux ont appris l\u2019attaque des Chinois \u00e0 Lang-Son, ville du Vietnam sur la fronti\u00e8re chinoise (le 3\u00a0f\u00e9vrier) et le recul, ou plus exactement la retraite du corps exp\u00e9ditionnaire fran\u00e7ais command\u00e9 par le lieutenant-colonel Herbinger, avec quelque 200 tu\u00e9s ou bless\u00e9s. L\u2019incident est d\u00e9mesur\u00e9ment grossi\u00a0: on parle du \u00ab\u00a0d\u00e9sastre de Lang-son\u00a0\u00bb comme d\u2019un second Waterloo et d\u2019un nouveau Sedan\u00a0! Les radicaux, group\u00e9s autour de Clemenceau, d\u00e9noncent la politique coloniale de Jules Ferry, surnomm\u00e9 pour l\u2019occasion \u00ab\u00a0Ferry-Tonkin\u00a0\u00bb et m\u00eame accus\u00e9 de haute trahison pour avoir engag\u00e9 des troupes, sans bien en informer les d\u00e9put\u00e9s.<\/p>\n<p>Ferry, pr\u00e9sident du Conseil, garde son calme et le 30 mars, invoquant la grandeur du pays et l\u2019honneur du drapeau, demande une augmentation des cr\u00e9dits pour envoyer des renforts au Tonkin. Il d\u00e9cha\u00eene des clameurs, \u00e0 la gauche comme \u00e0 la droite de l\u2019Assembl\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon patriotisme est en France\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2478\" class=\"cit-num\">2478<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">CLEMENCEAU<\/span> (1841-1929), Chambre des d\u00e9put\u00e9s, 30\u00a0mars 1885.<em> Affirmation nationale et village plan\u00e9taire<\/em> (1998), Jean Daniel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0Tigre\u00a0\u00bb fait bloc avec les adversaires de Jules Ferry (d\u00e9test\u00e9 aussi de la droite) et r\u00e9plique au chef du gouvernement\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne vous connaissons plus, nous ne voulons plus vous conna\u00eetre [\u2026] Ce ne sont plus des ministres que j\u2019ai devant moi [\u2026] Ce sont des accus\u00e9s de haute trahison sur lesquels, s\u2019il subsiste en France un principe de responsabilit\u00e9 et de justice, la main de la loi ne tardera pas \u00e0 s\u2019abattre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pour Clemenceau, la politique coloniale est \u00ab\u00a0trahison\u00a0\u00bb, parce qu\u2019elle d\u00e9tourne la France de la ligne bleue des Vosges et rend impossible la revanche. Le pays n\u2019est pas assez riche en hommes et en cr\u00e9dits pour se battre sur deux fronts \u00e0 la fois\u00a0: l\u2019Alsace-Lorraine et des terres lointaines.<br>Le minist\u00e8re Ferry est renvers\u00e9. Foule immense autour du palais Bourbon\u00a0: Ferry sort par une porte d\u00e9rob\u00e9e. C\u2019est la fin de sa carri\u00e8re politique \u2013 m\u00eame s\u2019il est bient\u00f4t \u00e9lu s\u00e9nateur. Il reste surtout comme un grand ministre de l\u2019Instruction publique, promoteur de l\u2019\u00e9cole la\u00efque.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je d\u00e9sire reposer [\u2026] en face de cette ligne bleue des Vosges d\u2019o\u00f9 monte jusqu\u2019\u00e0 mon c\u0153ur fid\u00e8le la plainte des vaincus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2508\" class=\"cit-num\">2508<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">FERRY<\/span> (1832-1893), <em>Testament<\/em>. <em>Jules Ferry<\/em> (1903), Alfred Rambaud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mort le 17\u00a0mars\u00a01893, il reste dans l\u2019histoire pour sa politique scolaire, mais aussi coloniale. Ses derniers mots prouvent qu\u2019il n\u2019oubliait pas l\u2019Alsace et la Lorraine perdues, alors m\u00eame qu\u2019il lan\u00e7ait la France \u00e0 la conqu\u00eate de la Tunisie et du Tonkin (Indochine, nord du Vietnam). Mal compris, Ferry a pu voir relanc\u00e9e, \u00e0 la fin de sa vie, une nouvelle colonisation prise en main par des politiques, des militaires, des hommes d\u2019affaires\u00a0: Indochine, Madagascar, Afrique noire, Maroc.<\/p>\n<h4>14.\u00a0L\u2019affaire de Fachoda\u00a0(1899). La France et l\u2019Angleterre (premi\u00e8re puissance \u00e9conomique et coloniale) s\u2019affrontent au Sahara\u00a0: le \u00ab\u00a0coq gaulois\u00a0\u00bb est humili\u00e9, mais la guerre n\u2019aura pas lieu.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Laissons au coq gaulois ces sables \u00e0 gratter.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2526\" class=\"cit-num\">2526<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquis de <span class=\"caps\">SALISBURY<\/span> (1830-1903), Premier ministre anglais, 21\u00a0mars 1899. <em>Les Forces politiques au Cameroun r\u00e9unifi\u00e9<\/em> (1989), Joseph-Marie Zang-Atangana<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il parle du Sahara, \u00e0 la fin des n\u00e9gociations franco-anglaises sur la situation respective des deux grandes puissances en Afrique. C\u2019est la suite de l\u2019\u00ab\u00a0incident de Fachoda\u00a0\u00bb, en juillet\u00a01898. En r\u00e9alit\u00e9, une v\u00e9ritable affaire diplomatique, g\u00e9opolitique et militaire.<\/p>\n<p>La France a envoy\u00e9 la mission Marchand sur le haut Nil \u2013 quelques grad\u00e9s et 250 travailleurs s\u00e9n\u00e9galais \u2013 pour devancer au Soudan l\u2019Angleterre qui mobilise une arm\u00e9e anglo-\u00e9gyptienne de 20\u00a0000 hommes. Marchand, arriv\u00e9 le premier, a lev\u00e9 le drapeau tricolore \u00e0 Fachoda, mais suite \u00e0 un ultimatum de Londres, Delcass\u00e9, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res, d\u00e9cide d\u2019\u00e9vacuer les lieux.<\/p>\n<p>Une vague d\u2019anglophobie rappelle la guerre de Cent Ans\u00a0! Mais la France a quand m\u00eame d\u2019autres probl\u00e8mes \u2013 \u00e0 commencer par l\u2019Affaire (Dreyfus).<\/p>\n<p>La convention franco-anglaise sign\u00e9e le 21\u00a0mars 1899 consacre le renoncement de la France sur le Nil, l\u2019Angleterre lui laissant cependant le Maroc et une portion de d\u00e9sert, assortis d\u2019un \u00e9chantillon d\u2019humour anglais. L\u2019orgueil national est froiss\u00e9, mais la raison l\u2019emporte et l\u2019Entente cordiale \u2013 conclue en 1843 entre la reine Victoria et le roi Louis-Philippe \u2013 sera pr\u00e9cieuse dans les temps \u00e0 venir, contre l\u2019Allemagne qui est l\u2019adversaire commun des deux pays.<\/p>\n<h4>15. Premi\u00e8re Guerre mondiale. Les \u00ab\u00a0Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais\u00a0\u00bb et autres indig\u00e8nes viennent se battre et mourir en h\u00e9ros pour la m\u00e8re-patrie. Hommage national leur est rendu\u2026 avec \u00ab\u00a0Y\u2019a bon Banania\u00a0\u00bb, slogan gagnant.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le tirailleur s\u00e9n\u00e9galais est un merveilleux mercenaire, puisqu\u2019il a la vraie qualit\u00e9 du soldat, celle qui prime tout\u00a0: l\u2019aptitude \u00e0 se faire tuer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2401\" class=\"cit-num\">2401<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>L\u2019\u00c9cho d\u2019Oran<\/em>, 25 d\u00e9cembre 1910. <em>Dictionnaire de la b\u00eatise et des erreurs de jugement<\/em> (1998), Guy Bechtel et Jean-Claude Carri\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On peut d\u00e9battre \u00e0 l\u2019infini du colonialisme et les historiens ne s\u2019en privent pas. Au nom du droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames qui s\u2019impose apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, on intente un proc\u00e8s aux peuples et aux responsables politiques jadis coupables de ce\u00a0\u00ab\u00a0crime\u00a0\u00bb. C\u2019est p\u00e9cher par anachronisme et ignorer les r\u00e9alit\u00e9s de temps heureusement r\u00e9volus. Cela dit, la lecture du grand quotidien alg\u00e9rien (r\u00e9dig\u00e9 en fran\u00e7ais) montre plus clairement que de longs discours l\u2019inhumanit\u00e9 du colonialisme et le racisme inh\u00e9rent.<\/p>\n<p>Le corps des Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais est cr\u00e9\u00e9 en 1857 par Louis Faidherbe, gouverneur g\u00e9n\u00e9ral de l\u2019<span class=\"caps\">AOF<\/span> (Afrique de l\u2019Ouest Fran\u00e7aise). Ces unit\u00e9s de combat indig\u00e8nes doivent pallier l\u2019insuffisance des effectifs venant de m\u00e9tropole. Les r\u00e9giments sont constitu\u00e9s d\u2019esclaves affranchis (rachet\u00e9s par les Fran\u00e7ais \u00e0 leurs maitres africains), mais aussi de prisonniers de guerre et de volontaires. Les Tirailleurs dits s\u00e9n\u00e9galais viennent de toutes les colonies fran\u00e7aises d\u2019Afrique. Apr\u00e8s 1905, ils deviennent indispensables\u00a0: forces de police sur l\u2019immense territoire africain sous administration fran\u00e7aise et intervention lors des r\u00e9voltes sporadiques (en Mauritanie, au Maroc), ils serviront dans la Premi\u00e8re Guerre Mondiale \u00e0 renforcer les troupes sur le front lorrain. Beaucoup de g\u00e9n\u00e9raux fran\u00e7ais entreront dans la carri\u00e8re comme officiers dans les Tirailleurs \u2013 Joffre, Gallieni, Marchand, Gouraud, ou encore le g\u00e9n\u00e9ral Mangin. Il \u00e9crit <em>La Force Noire<\/em>, faisant l\u2019apologie de ces troupes africaines avec des arguments racistes\u00a0: les Africains, dot\u00e9s d\u2019un syst\u00e8me nerveux moins d\u00e9velopp\u00e9, sont moins sensibles \u00e0 la douleur.<\/p>\n<p>Sur les 212 000 Africains fran\u00e7ais engag\u00e9s, on comptera 163 000 combattants en France et 30 000 morts \u2013 ni plus ni moins aptes \u00e0 se faire tuer que les Fran\u00e7ais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Disciplin\u00e9s au feu comme \u00e0 la man\u0153uvre, ardents dans l\u2019attaque, tenaces dans la d\u00e9fense de leurs positions jusqu\u2019au sacrifice, supportant au-del\u00e0 de toute pr\u00e9vision les rigueurs du climat du Nord, ils donnent la preuve indiscutable de leur valeur guerri\u00e8re. De telles qualit\u00e9s les placent d\u00e9finitivement sur le m\u00eame rang que nos meilleures troupes d\u2019Afrique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexandre <span class=\"caps\">MILLERAND<\/span> (1859-1943) ministre de la Guerre en 1914-1915<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Juste hommage de la nation.<\/p>\n<p>Reconnus pour leurs faits d\u2019armes, les membres de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Afrique ne sont pas trait\u00e9s diff\u00e9remment des autres poilus. Contrairement \u00e0 certaines id\u00e9es re\u00e7ues, ils re\u00e7oivent le m\u00eame respect de leurs officiers\u00a0: \u00ab\u00a0Ils \u00e9taient rassembl\u00e9s entre eux, mais c\u2019\u00e9tait plus pour des raisons de commodit\u00e9s. Ils recevaient de la nourriture halal et quand ils mourraient, ils \u00e9taient enterr\u00e9s selon le rite musulman. La France respectait leur identit\u00e9. Beaucoup d\u2019entre eux ont racont\u00e9 apr\u00e8s coup que l\u2019arm\u00e9e \u00e9tait plus \u00e9galitaire que la soci\u00e9t\u00e9 coloniale car sur le front, ils \u00e9taient tous \u00e9gaux et notamment devant la mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Y\u2019a bon, Banania\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Slogan associ\u00e9 \u00e0 l\u2019image populaire du Tirailleur s\u00e9n\u00e9galais<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Image d\u2019\u00c9pinal du bon noir tout sourire, tenant dans sa main une cuill\u00e8re de Banania, boisson \u00e9nergisante qui doit son succ\u00e8s \u00e0 la Grande Guerre.<\/p>\n<p>En 1914, le cr\u00e9ateur de la marque, Pierre-Fran\u00e7ois Lardet, a l\u2019id\u00e9e d\u2019associer patriotisme martial et exotisme colonial. Il va s\u2019appuyer sur la popularit\u00e9 des Tirailleurs s\u00e9n\u00e9galais. Ces \u00ab\u00a0grands enfants\u00a0\u00bb qui parlent \u00ab\u00a0petit n\u00e8gre\u00a0\u00bb sont des h\u00e9ros sympathiques au peuple fran\u00e7ais. L\u2019un d\u2019eux, bless\u00e9 et rapatri\u00e9 du front, se retrouve embauch\u00e9 \u00e0 l\u2019usine de Courbevoie o\u00f9 il se serait exclam\u00e9 \u00ab\u00a0Y\u2019a bon Banania\u00a0!\u00a0\u00bb apr\u00e8s avoir go\u00fbt\u00e9 la boisson chocolat\u00e9e. Histoire vraie ou bonne blague, peu importe. Le slogan est g\u00e9nial. \u00ab\u00a0Cela correspond \u00e0 l\u2019esprit colonialiste fran\u00e7ais de l\u2019\u00e9poque, d\u00e9clare l\u2019actuel directeur du mus\u00e9e du chocolat de Paris, Fabrice Stijnen. On peut lui faire dire ce que l\u2019on veut\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Avec le temps, ce slogan prendra pourtant une connotation raciste et cette image du tirailleur d\u00e9range, au point de devenir \u00ab\u00a0hautement pol\u00e9mique\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Je d\u00e9chirerai les rires banania sur tous les murs de France.\u00a0\u00bb Po\u00e8me pr\u00e9liminaire d\u2019<em>Hosties noires<\/em>, sign\u00e9 L\u00e9opold S\u00e9dar Senghor, ministre fran\u00e7ais, premier Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique du S\u00e9n\u00e9gal (1960-1980) et premier africain \u00e0 si\u00e9ger \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, clamant son hommage aux victimes du sacrifice volontaire devenu holocauste.<\/p>\n<p>En 1977, \u00ab\u00a0Y\u2019a bon, Banania\u00a0\u00bb, slogan controvers\u00e9, sera finalement abandonn\u00e9. La marque pla\u00eet toujours, avec une image un peu rectifi\u00e9e pour \u00eatre plus honn\u00eate. Aujourd\u2019hui, Banania s\u2019affiche comme \u00ab\u00a0le partenaire du petit d\u00e9jeuner \u00e9quilibr\u00e9\u00a0\u00bb, conforme au manger-correct et \u00e0 la civilisation \u00e9colo.<\/p>\n<h4>16. Entre-deux-guerres\u00a0: apog\u00e9e de l\u2019empire colonial fran\u00e7ais et de la fiert\u00e9 populaire, sous le signe de l\u2019Exposition coloniale (1931) pr\u00e9sid\u00e9e par le mar\u00e9chal Lyautey. Star des Ann\u00e9es folles, Jos\u00e9phine Baker, la V\u00e9nus noire est lanc\u00e9e par la Revue n\u00e8gre, avant de devenir R\u00e9sistante et militante.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour pacifier un pays, il semble qu\u2019il faille recourir aux moyens pacifiques. Cette \u00e9nonciation para\u00eet na\u00efve\u00a0; cependant, il n\u2019y a pas longtemps qu\u2019elle est accept\u00e9e des Gouvernements. Ils ont eu longtemps, et peut-\u00eatre gardent-ils encore, une secr\u00e8te tendresse pour les moyens r\u00e9pressifs.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2530\" class=\"cit-num\">2530<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">LYAUTEY<\/span> (1854-1934), <em>Paroles d\u2019action, 1900-1926<\/em> (1927)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au-del\u00e0 des luttes internes, la Troisi\u00e8me R\u00e9publique \u00e9difie un vaste empire colonial. Ferry en fut l\u2019initiateur politique (1880-1885). \u00c9cole coloniale, arm\u00e9e coloniale, minist\u00e8re des Colonies sont les instruments cr\u00e9\u00e9s ensuite, en\u00a01893 et\u00a01894.<\/p>\n<p>Lyautey incarne depuis longtemps l\u2019action sur le terrain\u00a0: conqu\u00eate et pacification. Il commen\u00e7a dans le Sud alg\u00e9rien (en 1879), fut envoy\u00e9 en Indochine (1894) et \u00e0 Madagascar (1895) avec Gallieni, avant de partir en Afrique du Nord o\u00f9 la guerre le trouve, en 1914.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Partout o\u00f9 notre drapeau se dresse, les populations accourent, se mettent \u00e0 son abri, sachant qu\u2019il les lib\u00e8re de l\u2019anarchie et leur apporte la paix, la protection, le bien-\u00eatre. Oui, cette guerre coloniale, tant d\u00e9cri\u00e9e et si m\u00e9connue, est par excellence une guerre constructrice, une \u0153uvre de paix et de civilisation, et il fallait que cela f\u00fbt dit.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2559\" class=\"cit-num\">2559<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">LYAUTEY<\/span> (1854-1934), <em>Paroles d\u2019action, 1900-1926<\/em> (1927)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s le trait\u00e9 de Fez (30\u00a0mars 1912) par lequel le sultan du Maroc accepte le protectorat fran\u00e7ais, Lyautey nomm\u00e9 r\u00e9sident g\u00e9n\u00e9ral de la R\u00e9publique fran\u00e7aise s\u2019efforce de pacifier la r\u00e9gion \u2013 mais la guerre mondiale interrompt son action. Le Maroc est une raison de tension majeure entre la France, forte de son Entente cordiale avec l\u2019Angleterre, et l\u2019Allemagne priv\u00e9e d\u2019empire colonial et cherchant \u00e0 combattre l\u2019influence fran\u00e7aise.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cet \u00e9tat ne peut \u00eatre bas\u00e9 que sur le travail indig\u00e8ne \u00e9quitablement r\u00e9mun\u00e9r\u00e9. Le travail \u00e0 peu pr\u00e8s gratuit, si voisin du travail servile, ne peut \u00eatre qu\u2019une solution transitoire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2639\" class=\"cit-num\">2639<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">LYAUTEY<\/span> (1854-1934),<em> Paroles d\u2019action, 1900-1926<\/em> (posthume, 1927)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lyautey, \u00e9ph\u00e9m\u00e8re ministre de la Guerre en 1916, retourne au Maroc et poursuit sa politique coloniale, mal comprise de son temps\u00a0: plut\u00f4t que l\u2019assimilation, il pr\u00e9f\u00e8re promouvoir un d\u00e9veloppement culturel proprement marocain. Malgr\u00e9 cela, la domination europ\u00e9enne se trouve contest\u00e9e par des r\u00e9voltes de paysans et divers mouvements politiques et sociaux suivis de r\u00e9pressions. La guerre du Rif (1925) \u00e9cartera Lyautey.<\/p>\n<p>La Troisi\u00e8me R\u00e9publique qui fait de la France la deuxi\u00e8me puissance coloniale du monde (apr\u00e8s la Grande-Bretagne) voit le triomphe de l\u2019id\u00e9e coloniale culminer lors de l\u2019Exposition de 1931 \u2013 le temps de la mauvaise conscience europ\u00e9enne viendra plus tard.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019exposition doit constituer la vivante apoth\u00e9ose de l\u2019expansion ext\u00e9rieure de la France sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique et de l\u2019effort colonial des nations civilis\u00e9es, \u00e9prises d\u2019un m\u00eame id\u00e9al de progr\u00e8s et d\u2019humanit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Albert <span class=\"caps\">SARRAUT<\/span> (1872-1962) saluant avec emphase l\u2019Exposition coloniale \u00e0 l\u2019est de Paris, 6 mai 1931. <em>De l\u2019Alg\u00e9rie \u00ab\u00a0fran\u00e7aise\u00a0\u00bb \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie alg\u00e9rienne<\/em>, Charles-Robert Ageron (2005)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fervent \u00ab\u00a0coloniste\u00a0\u00bb et adepte de la mission civilisatrice d\u2019une R\u00e9publique digne de ce nom, Sarraut fut longtemps ministre des Colonies. Paul Reynaud, ministre en titre, inaugure l\u2019Exposition en compagnie du pr\u00e9sident de la R\u00e9publique Gaston Doumergue et du commissaire g\u00e9n\u00e9ral, l\u2019illustre mar\u00e9chal Lyautey \u2013 seul militaire trouvant gr\u00e2ce aupr\u00e8s de Clemenceau\u00a0qui l\u2019honorait de son humour vachard et viril\u00a0: \u00ab\u00a0Il a des couilles au cul, mais ce ne sont pas toujours les siennes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Du 6 mai au 15 novembre 1931, aux abords de la Porte Dor\u00e9e et du bois de Vincennes \u00e0 Paris, l\u2019\u00e9v\u00e9nement attire huit millions de visiteurs, dont la moiti\u00e9 de Parisiens et 15% d\u2019\u00e9trangers. Au total, 33 millions de tickets vendus, les visiteurs revenant plusieurs fois. C\u2019est la plus grande affluence qu\u2019ait connue une manifestation parisienne depuis l\u2019Exposition universelle de 1900 (50 millions de tickets vendus).<\/p>\n<p>Une affiche promet \u00ab\u00a0le tour du monde en un jour\u00a0\u00bb\u00a0: une ville de 110 hectares donne \u00e0 voir des pagodes et des temples indochinois, des cases africaines, des minarets arabes et des murailles sah\u00e9liennes. Les puissances coloniales (sauf la Grande-Bretagne) pr\u00e9sentent, exposent et rivalisent d\u2019exotisme ludique et de sc\u00e9nographie didactique.<\/p>\n<p>L\u2019inauguration s\u2019est d\u00e9roul\u00e9e avec des milliers de danseuses annamites, familles d\u2019artisans africains dans un village reconstitu\u00e9, cavaliers arabes\u2026 Chaque jour, un grand spectacle diff\u00e9rent \u00e9duque et enchante les enfants de 7 \u00e0 77 ans et au-del\u00e0. Des figurants piroguent sur le lac Daumesnil, servent dans des caf\u00e9s maures et dansent pour des publics \u00e9moustill\u00e9s. De cette Exposition, il nous reste le parc zoologique, le mus\u00e9e des Arts africains et oc\u00e9aniens de la Porte dor\u00e9e, converti en 2003 en mus\u00e9e national de l\u2019histoire de l\u2019immigration, et une pagode bouddhiste au bois de Vincennes.<\/p>\n<p>En Angleterre, la m\u00eame ann\u00e9e, on d\u00e9bat sur l\u2019opportunit\u00e9 de conf\u00e9rer un statut de dominion (quasi-ind\u00e9pendant) aux Indes, la plus grande colonie qui soit\u00a0! La France ne pense qu\u2019\u00e0 affirmer et partager ses valeurs universelles et ne se pose pas encore de questions culpabilisantes. <br>Seule opposition, celle du Parti communiste tr\u00e8s minoritaire, syst\u00e9matiquement oppos\u00e9 \u00e0 la gauche socialiste et \u00e0 la <span class=\"caps\">SFIO<\/span>. Il organise une contre-exposition coloniale dans le parc des Buttes-Chaumont avec le soutien des intellectuels surr\u00e9alistes\u00a0: cinq mille visiteurs, \u00e9chec \u00e9vident.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un jour j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9 que j\u2019habitais dans un pays o\u00f9 j\u2019avais peur d\u2019\u00eatre noire. C\u2019\u00e9tait un pays r\u00e9serv\u00e9 aux Blancs. Il n\u2019y avait pas de place pour les Noirs. J\u2019\u00e9touffais aux \u00c9tats-Unis. Beaucoup d\u2019entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter \u00e7a\u2026 Je me suis sentie lib\u00e9r\u00e9e \u00e0 Paris.\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jos\u00e9phine <span class=\"caps\">BAKER<\/span> (1906-1975),\u00a0 <em>Alliages culturels\u00a0: la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise en transformation<\/em>, Heather Willis Allen, S\u00e9bastien Dubreil, \u00e9d. Boston <span class=\"caps\">MA<\/span>, 2014<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans le Paris des Ann\u00e9es folles, l\u2019esth\u00e9tique n\u00e8gre est \u00e0 la mode et la premi\u00e8re exposition d\u2019art n\u00e8gre va influencer les artistes Fauves et les Cubistes. Le peintre Fernand L\u00e9ger conseille \u00e0 Andr\u00e9 Daven, administrateur du Th\u00e9\u00e2tre des Champs-\u00c9lys\u00e9es, de monter un spectacle enti\u00e8rement ex\u00e9cut\u00e9 par des Noirs\u00a0: le Revue n\u00e8gre, vingt-cinq artistes dont douze musiciens parmi lesquels Sidney Bechet et une danseuse vedette, Jos\u00e9phine Baker. Paul Colin cr\u00e9e l\u2019affiche de la revue. Jos\u00e9phine Baker y appara\u00eet dans une robe blanche ajust\u00e9e, poings sur les hanches, cheveux courts et gomin\u00e9s, entre deux hommes noirs, l\u2019un portant un chapeau inclin\u00e9 sur l\u2019\u0153il et un n\u0153ud papillon \u00e0 carreaux, l\u2019autre arborant un large sourire. Cette \u0153uvre folklorique est l\u2019une des plus grandes r\u00e9ussites de l\u2019Art d\u00e9co\u00a0: les d\u00e9formations cubistes rendent admirablement le rythme du jazz, nouveau en France \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0V\u00e9nus noire\u00a0\u00bb est lanc\u00e9e en 1925 par la Revue n\u00e8gre \u2013 \u00e0 19 ans, le diable au corps et juste v\u00eatue d\u2019une ceinture de plumes blanches, elle danse le charleston avec son partenaire Joe Alex. Scandale et succ\u00e8s imm\u00e9diat. La salle affiche complet. Forte de sa renomm\u00e9e, Jos\u00e9phine devient la meneuse des Folies Berg\u00e8re en 1926\u00a0: les plumes laissent place \u00e0 la c\u00e9l\u00e8bre ceinture de bananes.<\/p>\n<p>Comme Jos\u00e9phine Baker et Sidney Bechet, d\u2019autres artistes afro-am\u00e9ricains ont s\u00e9journ\u00e9 en Europe\u00a0: peintres, sculpteurs, po\u00e8tes, romanciers trouvent \u00e0 Paris le lieu o\u00f9 prolonger la \u00ab\u00a0renaissance n\u00e8gre\u00a0\u00bb de Harlem et y appr\u00e9cient une soci\u00e9t\u00e9 lib\u00e9rale qui ignore la s\u00e9gr\u00e9gation.<\/p>\n<p>Jos\u00e9phine Baker n\u2019a pas seulement un corps exceptionnel. Sa t\u00eate et son c\u0153ur vont lui cr\u00e9er un destin \u00e9tonnant. R\u00e9sistante au service de la France libre et de la Croix-Rouge, multi-m\u00e9daill\u00e9e, croix de Guerre, L\u00e9gion d\u2019honneur, elle se fera ensuite militante contre le racisme, pour les droits civiques et l\u2019\u00e9mancipation des Noirs, et pour les douze enfants adopt\u00e9s de sa \u00ab\u00a0tribu arc-en-ciel\u00a0\u00bb.<\/p>\n<h4>17. Les territoires ultramarins de la France vont de nouveau jouer un r\u00f4le historique dans la Seconde Guerre mondial\u00a0: r\u00e9pondant \u00e0 l\u2019Appel du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle et aux attentes des Alli\u00e9s, la quasi-totalit\u00e9 se retrouve dans le camp de la r\u00e9sistance.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tome_9-12.jpg\" style=\"float: left;margin: 10px\" width=\"200\" height=\"270\"><\/a>\u00ab\u00a0Cette guerre n\u2019est pas limit\u00e9e au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n\u2019est pas tranch\u00e9e par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2754\" class=\"cit-num\">2754<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles de <span class=\"caps\">GAULLE<\/span> (1890-1970), Appel du 18\u00a0juin 1940.<em> M\u00e9moires de guerre<\/em>, tome\u00a0I,<em> L\u2019Appel, 1940-1942<\/em> (1954), Charles de Gaulle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019Appel du 18\u00a0juin et ses arguments simple et forts seront repris. Ils marquent l\u2019acte de naissance de la France libre (et bient\u00f4t combattante) qui, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autre France envahie et vaincue, incarn\u00e9e par le Mar\u00e9chal, va rena\u00eetre, et d\u2019abord dans les terres lointaines de son empire colonial, en Afrique \u00e9quatoriale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elle [la France] n\u2019est pas seule [\u2026] Elle peut faire bloc avec l\u2019Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte [\u2026] Quoi qu\u2019il arrive, la flamme de la r\u00e9sistance fran\u00e7aise ne doit pas s\u2019\u00e9teindre et ne s\u2019\u00e9teindra pas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2713\" class=\"cit-num\">2713<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles de <span class=\"caps\">GAULLE<\/span> (1890-1970), Appel du 18\u00a0juin 1940, <em>M\u00e9moires de guerre<\/em>, tome\u00a0I,<em> L\u2019Appel, 1940-1942<\/em> (1954)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Atout majeur de la France dans cette histoire, la Grande-Bretagne qui a aussi trouv\u00e9 son grand homme\u00a0: Churchill, partenaire essentiel pour de Gaulle. Au lendemain de la d\u00e9faite fran\u00e7aise de juin\u00a01940, la \u00ab\u00a0bataille d\u2019Angleterre\u00a0\u00bb commence avec la marine qui emp\u00eache tout d\u00e9barquement allemand, l\u2019aviation qui met en \u00e9chec la <em>Luftwaffe<\/em>, enfin l\u2019Empire britannique qui permet de tenir t\u00eate \u00e0 Mussolini et m\u00eame \u00e0 Hitler, dans la guerre m\u00e9diterran\u00e9enne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous lutterons en avant de Paris, nous lutterons en arri\u00e8re de Paris, nous nous enfermerons dans une de nos provinces et, si nous en sommes chass\u00e9s, nous irons en Afrique du Nord et, au besoin, dans nos possessions d\u2019Am\u00e9rique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2747\" class=\"cit-num\">2747<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">REYNAUD<\/span> (1878-1966), Message \u00e0 <span class=\"caps\">F.D.<\/span> Roosevelt, 10\u00a0juin 1940. <em>Franklin Roosevelt et la France, 1939-1945<\/em> (1988), Andr\u00e9 B\u00e9ziat<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jour o\u00f9 le gouvernement quitte la capitale pour se replier sur Tours, puis Bordeaux, bient\u00f4t Vichy. Paris, d\u00e9clar\u00e9e ville ouverte par Weygand, tombe aux mains des Allemands le 14\u00a0juin.<\/p>\n<p>Le gouvernement tombera aussi, le 16\u00a0juin\u00a0: cette r\u00e9sistance voulue par Paul Reynaud (et que seul de Gaulle pourra imposer), la majorit\u00e9 du cabinet la refuse, \u00e0 l\u2019image du pays matraqu\u00e9 par la catastrophe. P\u00e9tain et Weygand, l\u2019un mar\u00e9chal et l\u2019autre g\u00e9n\u00e9ral, souhaitent \u00e9galement la capitulation.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne nous arr\u00eaterons que quand le drapeau fran\u00e7ais flottera aussi sur Metz et Strasbourg.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2776\" class=\"cit-num\">2776<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Colonel <span class=\"caps\">LECLERC<\/span> (1902-1947), Serment de Koufra, 2\u00a0mars 1941. <em>Leclerc et le serment de Koufra<\/em> (1965), Raymond Dronne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Philippe Marie de Hautecloque, dit Leclerc, sera \u00e9lev\u00e9 \u00e0 la dignit\u00e9 de mar\u00e9chal de France \u00e0 titre posthume, en 1952. Deux fois prisonnier, deux fois \u00e9vad\u00e9 en mai-juin\u00a01940 (pendant la guerre \u00e9clair), il a rejoint de Gaulle \u00e0 Londres. D\u00e8s la fin ao\u00fbt, il obtient le ralliement du Cameroun \u00e0 la France libre et en devient le gouverneur.<\/p>\n<p>Devenu commandant militaire de l\u2019Afrique \u00e9quatoriale fran\u00e7aise (<span class=\"caps\">AEF<\/span>), parti de Fort-Lamy (Tchad) avec une pauvre colonne des Forces fran\u00e7aises libres, il franchit 1\u00a0600\u00a0km de d\u00e9sert et prend le fort de Koufra (Libye), tenu par une garnison italienne. Lib\u00e9rateur de Paris avec sa fameuse 2e <span class=\"caps\">DB<\/span> (division blind\u00e9e) le 25\u00a0ao\u00fbt 1944, il sera aussi le lib\u00e9rateur de Strasbourg, le 23\u00a0novembre\u00a0: le serment de Koufra sera tenu.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/chronique-de-la-colonisation-francaise-en-25-reperes-3-la-decolonisation\/\"><strong>D\u00e9couvrez la suite de notre Chronique de la colonisation fran\u00e7aise<\/strong><\/a><\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pour comprendre ce th\u00e8me conflictuel toujours \u00e0 la une de l\u2019actu, r\u00e9f\u00e9rons-nous \u00e0 l\u2019Histoire.Nous vous conseillons d&#8217;abord de lire le premier \u00e9pisode de cet \u00e9dito sur la colonisation, consacr\u00e9 au premier empire colonial fran\u00e7ais. Deuxi\u00e8me partie\u00a0: le second empire colonial fran\u00e7ais. 9. Notre second empire colonial na\u00eet \u00e0 la fin de la Restauration\u00a0: prise d\u2019Alger [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":156,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9202","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9202","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9202"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9202\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12669,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9202\/revisions\/12669"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9202"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9202"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9202"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}