{"id":9370,"date":"2026-04-20T00:10:00","date_gmt":"2026-04-19T22:10:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/femmes-historiques-renaissance-guerres-de-religion-et-naissance-monarchie-absolue\/"},"modified":"2026-04-20T09:14:57","modified_gmt":"2026-04-20T07:14:57","slug":"femmes-historiques-renaissance-guerres-de-religion-et-naissance-monarchie-absolue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/femmes-historiques-renaissance-guerres-de-religion-et-naissance-monarchie-absolue\/","title":{"rendered":"Femmes historiques (Renaissance, guerres de Religion et naissance monarchie absolue)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<h3><span class=\"caps\">III<\/span>. Renaissance, guerres de Religion et naissance monarchie absolue.<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-57.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<h4>1. Anne de France, dame de Beaujeu (1461-1522), le go\u00fbt et le sens du pouvoir h\u00e9rit\u00e9 de son p\u00e8re Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> lui valent le surnom de Madame la Grande.<\/h4>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/anne_beaujeu.jpg\" width=\"456\" height=\"575\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est la moins folle femme du monde, car de sage il n\u2019y en a gu\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"413\" class=\"cit-num\">413<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XI<\/span> (1423-1483). <em>Les Arts somptuaires\u00a0: histoire du costume et de l\u2019ameublement<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1858), Charles Louandre<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tel est le jugement du roi mourant \u2013 et misogyne \u2013 sur sa fille a\u00een\u00e9e Anne, 22\u00a0ans, \u00e0 qui il laisse la tutelle du royaume, le 30\u00a0ao\u00fbt 1483. Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>, est tout juste majeur avec ses 13\u00a0ans et sans grande personnalit\u00e9 (il sera surnomm\u00e9 l\u2019Affable).<\/p>\n<p>Le jugement est s\u00e9v\u00e8re et le choix est bon. Anne de France, dame de Beaujeu \u2013 femme de Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu, confident de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> \u2013 va en fait gouverner la France (avec son \u00e9poux) jusqu\u2019en 1492 et m\u00e9riter son surnom de Madame la Grande\u00a0: intelligence et force de caract\u00e8re lui permettent de continuer l\u2019\u0153uvre paternelle et d\u2019affermir le royaume en ces temps difficiles ainsi r\u00e9sum\u00e9s par Michelet\u00a0: \u00ab\u00a0Telle \u00e9tait cette France\u00a0: jouir ou tuer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si nous voulons avoir continuellement aupr\u00e8s de nous notre tr\u00e8s ch\u00e8re et tr\u00e8s aim\u00e9e s\u0153ur la dame de Beaujeu et si nous prenons toute enti\u00e8re confiance en elle, personne ne s\u2019en doit merveiller [\u00e9tonner], vu que plus proche ne nous pourrait \u00eatre par lignage ni plus fid\u00e8le par amiti\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"418\" class=\"cit-num\">418<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">VIII<\/span> l\u2019Affable (1470-1498), Lettre \u00e0 Louis d\u2019Orl\u00e9ans, 30\u00a0janvier 1485. <em>Essai sur le gouvernement de la Dame de Beaujeu\u00a0: 1483-1491<\/em> (1970), Paul P\u00e9licier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette r\u00e9ponse \u00e0 son cousin lui est sans nul doute dict\u00e9e par Anne et Pierre de Beaujeu. Louis d\u2019Orl\u00e9ans prend alors la t\u00eate d\u2019une r\u00e9volte des nobles contre la r\u00e9gente. La \u00ab\u00a0Guerre folle\u00a0\u00bb commence, elle va durer trois ans (1485-1488).<\/p>\n<p>Anne de Beaujeu gardera une influence profonde sur le gouvernement apr\u00e8s la majorit\u00e9 du roi, proclam\u00e9e en 1484. Mais cela explique cette r\u00e9bellion des princes qui soutenaient les revendications du plus proche parent m\u00e2le du jeune roi, le duc d\u2019Orl\u00e9ans (futur Louis <span class=\"caps\">XII<\/span>).<\/p>\n<p>Sa personnalit\u00e9 domine incontestablement le <span class=\"caps\">XV<\/span>e sie\u0300cle qui s\u2019enfonce dans \u00ab\u00a0les gloires et fume\u0301es d\u2019Italie\u00a0\u00bb (Commynes). Elle continue l\u2019\u0153uvre de son p\u00e8re Louis <span class=\"caps\">XI<\/span>. L\u2019ambassadeur ve\u0301nitien lui reprochera \u00ab\u00a0de faire tout pour de l\u2019argent\u00a0\u00bb et Branto\u0302me est plus dur encore, lui reprochant en r\u00e9alit\u00e9 d\u2019\u00eatre la fille de son p\u00e8re, pour le meilleur et plus encore le pire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fine femme et dellie\u0301e s\u2019il en fust. Fort vindicative, et de l\u2019humeur en cela du roy son pe\u0300re, voire en tout\u00a0: car elle estoit fine, trinquate (fourbe), corrompue, pleine de dissimulation et grand hypocrite qui, pour son ambition, se masquoit et se desguisoit en toutes sortes\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BRANT\u00d4ME<\/span> (1540-1614), <em>\u0152uvres du seigneur de Brant\u00f4me<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Abb\u00e9 la\u00efc et c\u00e9l\u00e8bre chroniqueur du <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, il lui de\u0301cerne d\u2019une plume railleuse un brevet de mai\u0302tresse femme, \u00ab\u00a0un petit pourtant brouillonne\u00a0\u00bb ajoute-t-il. Tout cela la me\u0300nera loin. Comme pris de regret devant ce portrait \u00e0 charge, il conclut\u00a0: \u00ab\u00a0Elle gouverna si sagement et vertueusement que c\u0327a e\u0301te\u0301 ung des grands roys de France.\u00a0\u00bb Les femmes qui descendent de Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> ont de qui tenir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout mis en balance, ce fut un roy.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Philippe de <span class=\"caps\">COMMYNES<\/span> (1447-1511), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthumes, 1524-1528)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chroniqueur et historien de ce temps, c\u2019est aussi un homme politique, conseiller et chambellan de Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> (apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 au service de son ennemi Charles le T\u00e9m\u00e9raire). Il portera le m\u00eame jugement sur le roi de France et sur sa fille Anne de Beaujeu \u2013 c\u2019est dire le compliment\u00a0pour \u00ab\u00a0Madame la Grande\u00a0\u00bb\u00a0! Outre ses fonctions de r\u00e9gente, Anne supervise aussi l\u2019\u00e9ducation de nombreux enfants de l\u2019aristocratie, dont Louise de Savoie et Diane de Poitiers\u2013 \u00e0 venir.<\/p>\n<h4>2. Anne de Bretagne (1477-1514), deux fois reine de France et forte de son duch\u00e9 de Bretagne, femme de caract\u00e8re morte \u00e0 36 ans et devenue l\u00e9gende.<\/h4>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/anne_de_bretagne.jpg\" width=\"572\" height=\"734\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Malo mori quam f\u0153dari<\/em>\u00a0\u00bb (en latin) \u00ab\u00a0Kentoc\u2019h mervel eget beza\u00f1 saotret\u00a0\u00bb (en breton)<br>\u00ab\u00a0Plut\u00f4t mourir que se d\u00e9shonorer\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e8re la mort \u00e0 la souillure\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"420\" class=\"cit-num\">420<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">BRETAGNE<\/span> (1476-1514), sa devise. Et elle prend pour symbole la blanche hermine<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille de Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, dernier duc de Bretagne, elle lui succ\u00e8de le 9\u00a0septembre 1488 \u00e0 la t\u00eate du duch\u00e9 de Bretagne. Elle a 13 ans et c\u2019est le d\u00e9but d\u2019une vie publique (et priv\u00e9e) mouvement\u00e9e pour une femme de caract\u00e8re qui deviendra (deux fois) reine de France \u2013 mari\u00e9e \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> puis Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span>.<\/p>\n<p>Anne na\u00eet le 26 janvier 1477. N\u2019ayant pas de fr\u00e8re, elle est d\u00e9clar\u00e9e h\u00e9riti\u00e8re du duch\u00e9 par les \u00c9tats de Rennes \u00e0 9 ans et reconnue duchesse \u00e0 11 ans. Apr\u00e8s avoir refus\u00e9 d\u2019\u00e9pouser le sire d\u2019Albret \u00e0 12 ans, elle est mari\u00e9e par procuration au roi des Romains, Maximilien, d\u2019o\u00f9 la reprise des hostilit\u00e9s entre la Bretagne et la France. Nantes est livr\u00e9e aux Fran\u00e7ais et Rennes assi\u00e9g\u00e9e en 1491.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vit-on jamais en pays allemand Empereur tol\u00e9rer une telle honte\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"422\" class=\"cit-num\">422<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Parole d\u2019un chroniqueur autrichien.<em> Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Histoire de femmes toujours associ\u00e9e \u00e0 des questions de successions \u2013 l\u2019enjeu \u00e9tant l\u2019int\u00e9grit\u00e9 et l\u2019unit\u00e9 du royaume de France\u00a0! En novembre\u00a01491, le roi de France Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> renvoie sa fille Marguerite \u00e0 l\u2019empereur Maximilien Ier \u2013 sa fianc\u00e9e depuis 1482, \u00e2g\u00e9e de 2\u00a0ans, d\u00e8s lors \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la cour de France. Et il lui prend sa femme Anne de Bretagne \u2013 \u00e9pous\u00e9e par procuration en 1490. C\u2019est la cons\u00e9quence du trait\u00e9 du Verger\u00a0: pour en obtenir l\u2019application, La Tr\u00e9moille va batailler en Bretagne et Anne capitule apr\u00e8s le si\u00e8ge de Rennes (ao\u00fbt-novembre\u00a01491). Le 6 d\u00e9cembre, devant la pression des Fran\u00e7ais, elle consent \u00e0 14 ans au mariage avec le roi de France Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span>, obtenant en \u00e9change le maintien des privil\u00e8ges de la Bretagne. Mariage discret et conclu sans l\u2019accord du Pape, union personnelle entre Couronnes. Le contrat de mariage pr\u00e9cise qu\u2019il est conclu \u00ab\u00a0pour assurer la paix entre le duch\u00e9 de Bretagne et le royaume de France\u00a0\u00bb. Anne de Bretagne est d\u00e9sormais reine de France, couronn\u00e9e le 8 f\u00e9vrier 1492 en la basilique de Saint-Denis.<\/p>\n<p>Elle s\u2019engage \u00e9galement \u00e0 \u00e9pouser l\u2019h\u00e9ritier de son mari en cas de veuvage sans post\u00e9rit\u00e9. Ainsi son duch\u00e9, la Bretagne, restera-t-il \u00e0 la France. Elle passe beaucoup de temps en grossesses (huit filles). Elle devient reine de Naples et de J\u00e9rusalem lors de la conqu\u00eate de Naples par Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span>. C\u2019est aussi la premi\u00e8re reine de France tr\u00e8s attach\u00e9e au m\u00e9c\u00e9nat, recherch\u00e9e par les artistes et auteurs de son \u00e9poque.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Anne par la gr\u00e2ce de Dieu, reine des Fran\u00e7ais et duchesse des Bretons.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">BRETAGNE<\/span>\u00a0(1476-1514), gravure \u00e0 son effigie sur les pi\u00e8ces d\u2019or<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 la mort de son mari Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span> en 1498, Anne fait frapper 10 000 monnaies d\u2019or \u00e0 son effigie. Elle s\u2019y fait repr\u00e9senter en majest\u00e9 sur un grand tr\u00f4ne appel\u00e9 cath\u00e8dre. Elle porte un long manteau royal arborant les fleurs de lys du royaume de France, avec les hermines du duch\u00e9 de Bretagne. En tant que reine de France elle porte la couronne. Dans sa main droite une \u00e9p\u00e9e en tant que chef des arm\u00e9es, dans la gauche un sceptre montrant son autorit\u00e9 de souveraine.<\/p>\n<p>Elle regagne son duch\u00e9 de Bretagne et le principe du mariage avec Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> est acquis, \u00e0 condition qu\u2019il obtienne avant un an l\u2019annulation de son (pr\u00e9c\u00e9dent) mariage (impos\u00e9 par Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> avec sa fille Jeanne la Boiteuse). Ce troisi\u00e8me mariage est conclu dans des conditions bien diff\u00e9rentes du pr\u00e9c\u00e9dent\u00a0: l\u2019enfant vaincue est d\u00e9sormais une jeune reine douairi\u00e8re, duchesse souveraine de l\u2019\u00c9tat Breton dont l\u2019\u00e9poux est un ancien alli\u00e9, ami et pr\u00e9tendant.<\/p>\n<p>Seul probl\u00e8me, sa fille a\u00een\u00e9e Claude de France fianc\u00e9e au futur Fran\u00e7ois Ier\u00a0: Anne sera toujours hostile \u00e0 ce mariage. M\u00e9contente, elle se donne toute \u00e0 son duch\u00e9. Elle commence son \u00ab\u00a0tour de Bretagne\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0le Tro Breizh\u00a0\u00bb (en breton), visitant des lieux qu\u2019elle n\u2019avait pu fr\u00e9quenter enfant.<\/p>\n<p>Officiellement, il s\u2019agit d\u2019un p\u00e8lerinage aux sanctuaires bretons. En r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est un voyage politique et un acte d\u2019ind\u00e9pendance qui vise \u00e0 affirmer sa souverainet\u00e9. De juin \u00e0 septembre 1505, ses vassaux la re\u00e7oivent fastueusement. Elle en profite pour s\u2019assurer de la bonne collecte des imp\u00f4ts et se faire conna\u00eetre du peuple \u00e0 l\u2019occasion de festivit\u00e9s, de p\u00e8lerinages et d\u2019entr\u00e9es triomphales dans les villes du duch\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux supplient tr\u00e8s humblement le roi que [\u2026] il lui pl\u00fbt d\u2019accorder le mariage de sa fille avec Monseigneur d\u2019Angoul\u00eame, Monsieur Fran\u00e7ois [\u2026] qui est tout Fran\u00e7ois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"431\" class=\"cit-num\">431<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux de Tours, 14\u00a0mai 1506. <em>Histoire g\u00e9n\u00e9rale de la Champagne et de la Brie<\/em> (1897), Maurice Poinsignon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les \u00c9tats contestent avec raison le mariage projet\u00e9 entre Claude de France (fille de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> et d\u2019Anne de Bretagne) et le petit-fils de Maximilien d\u2019Autriche (futur Charles Quint). C\u2019est le r\u00e9sultat du trait\u00e9 de Blois (1504), en \u00e9change de quoi Maximilien s\u2019allie avec Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> pour servir ses ambitions italiennes (sur le Milanais). C\u2019est aussi la cons\u00e9quence de la haine entre deux femmes\u00a0: la reine Anne qui n\u2019a nulle envie de donner sa fille et sa Bretagne \u00e0 Fran\u00e7ois (futur Fran\u00e7ois\u00a0Ier), fils de son ennemie personnelle Louise de Savoie. La France de la Renaissance risque gros avec ces querelles de famille et cette conception patrimoniale encore tr\u00e8s f\u00e9odale du royaume.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi, notre souverain seigneur justement baptis\u00e9 \u00ab\u00a0le P\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb [\u2026] donne satisfaction \u00e0 votre requ\u00eate, il veut que le mariage se fasse de Madame Claude, sa fille, et de Monseigneur de Valois [d\u2019Angoul\u00eame].\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"432\" class=\"cit-num\">432<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal d\u2019<span class=\"caps\">AMBOISE<\/span> (1460-1510), \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux, 16\u00a0mai 1506. Histoire de la France et des Fran\u00e7ais (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premier ministre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>, honn\u00eate administrateur et sage conseiller qui contribue \u00e0 la popularit\u00e9 du roi, il prend la parole en son nom. Claude de France n\u2019\u00e9pousera pas le futur Charles Quint \u2013 ce qui aurait chang\u00e9 la suite de l\u2019histoire de France. Le mariage de Mg de Valois, futur Fran\u00e7ois Ier (h\u00e9ritier du tr\u00f4ne, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> \u00e9tant sans fils) avec Claude de France assurera le maintien de la Bretagne dans la suzerainet\u00e9 fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, on n\u2019en est qu\u2019aux fian\u00e7ailles (ratifi\u00e9es par les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux) des deux cousins, un (gros) gar\u00e7on de 12\u00a0ans avec une petite fille de 7\u00a0ans. C\u2019est quand m\u00eame la victoire de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> qui veut \u00ab\u00a0n\u2019allier ses souris qu\u2019aux rats de son grenier\u00a0\u00bb sur sa femme toujours oppos\u00e9e \u00e0 cette union.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La reine est morte\u00a0! la reine est morte\u00a0! la reine est morte\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Cri du h\u00e9raut d\u2019armes de Bretagne Pierre Choque, prononc\u00e9 pour la premi\u00e8re fois le 9 janvier 1514. Didier Le Fur, <em>Anne de Bretagne<\/em> (2000)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Us\u00e9e par les maternit\u00e9s et les fausses couches, atteinte de la gravelle (maladie r\u00e9nale), la reine meurt \u00e0 36 ans au ch\u00e2teau de Blois, apr\u00e8s avoir dict\u00e9 par testament la partition de son corps (c\u0153ur, entrailles et ossements) avec des s\u00e9pultures multiples, privil\u00e8ge de la dynastie cap\u00e9tienne. D\u2019o\u00f9 la multiplication des c\u00e9r\u00e9monies (fun\u00e9railles du corps, la plus importante et fun\u00e9railles du c\u0153ur) et des lieux (tombeau de corps et de c\u0153ur).<\/p>\n<p>Anne de Bretagne est inhum\u00e9e dans la n\u00e9cropole royale de la basilique de Saint-Denis\u00a0: fun\u00e9railles d\u2019une ampleur exceptionnelle qui durent quarante jours et vont inspirer toutes les fun\u00e9railles royales jusqu\u2019au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle.\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Anne fut une femme d\u2019un temps qui ne se souciait gu\u00e8re des femmes et dut \u00eatre la fois femme dans sa vie priv\u00e9e et homme de pouvoir dans ses apanages.\u00a0 Elle dut en m\u00eame temps donner des h\u00e9ritiers \u00e0 la couronne de France et ses faire ob\u00e9ir sur ses terres convoit\u00e9es par de grands seigneurs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Claire <span class=\"caps\">LHO\u00cbR<\/span> (n\u00e9e en 1969), <em>Anne de Bretagne, duchesse et reine de France<\/em> (2020)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette nouvelle biographie venant apr\u00e8s les travaux de Didier Le Fur remet l\u2019Histoire au c\u0153ur de la l\u00e9gende et replace le personnage dans son temps, \u00e0 la charni\u00e8re du Moyen Age et de la Renaissance.<\/p>\n<p>Anne de Bretagne n\u2019est plus la victime silencieuse de la diplomatie fran\u00e7aise qui lui impose ses mariages avec Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span> et Louis <span class=\"caps\">XII<\/span>. Il faut aussi rectifier le clich\u00e9 r\u00e9gionaliste de la noble paysanne fi\u00e8re de sa terre et de sa culture, \u00ab\u00a0Dame Anne, la duchesse aux sabots\u00a0\u00bb portant costume et coiffe bretonne, image vulgaris\u00e9e \u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle pour animer les \u00ab\u00a0banquets celtiques\u00a0\u00bb de Paris et toujours vivante dans le c\u0153ur des r\u00e9gionalistes bretons.<\/p>\n<p>Au final, une grande reine de France aimant le pouvoir, ses privil\u00e8ges et ses atours, ent\u00eat\u00e9e, voire cynique et calculatrice, capable de tenir t\u00eate \u00e0 ses adversaires, une r\u00e9sistante qui \u00e9vita aux Bretons des conflits interminables tout en leur assurant la prosp\u00e9rit\u00e9, contribuant (post mortem et paradoxalement) au rattachement de la Bretagne \u00e0 la France. Bref, une femme politique avant l\u2019heure, \u00e0 rapprocher d\u2019Ali\u00e9nor d\u2019Aquitaine (plus scandaleuse) et Catherine de M\u00e9dicis (plus sulfureuse).<\/p>\n<h4>3. Louise de Savoie (1476-1531), m\u00e8re de Fran\u00e7ois Ier son \u00ab\u00a0C\u00e9sar ador\u00e9\u00a0\u00bb, deux fois r\u00e9gente et t\u00eate politique.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louise_de_savoie.jpg\" width=\"410\" height=\"595\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les femmes, la guerre \u2013 la guerre pour plaire aux femmes. Il proc\u00e8de d\u2019elles enti\u00e8rement. Les femmes le firent tout ce qu\u2019il fut, et le d\u00e9firent aussi.\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), faisant le portrait de Fran\u00e7ois Ier dans son <em>Histoire de France<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans le cas de Fran\u00e7ois Ier le \u00ab\u00a0Roi chevalier\u00a0\u00bb symbole de la Renaissance, la remarque est pertinente vu l\u2019importance de sa m\u00e8re Louise de Savoie et de sa s\u0153ur Marguerite d\u2019Angoul\u00eame (\u00e0 suivre), mais aussi de favorites influentes, telles la duchesse d\u2019\u00c9tampes et les multiples ma\u00eetresses qui finirent par lui donner la v\u00e9role \u2013 le fameux \u00ab\u00a0abc\u00e8s\u00a0\u00bb dont il mourra.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, les femmes ont souvent fait l\u2019Histoire par leur influence sur les hommes, pour le meilleur et parfois le pire. C\u2019est ce pouvoir plus ou moins cach\u00e9 qu\u2019il convient de pr\u00e9ciser au cas par cas.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Libris et liberis\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Pour des livres et pour des enfants\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUISE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">SAVOIE<\/span> (1476-1531), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille du duc Philippe <span class=\"caps\">II<\/span> de Savoie et de Marguerite de Bourbon, mari\u00e9e \u00e0 Charles d\u2019Angoul\u00eame, cousin de Louis <span class=\"caps\">XII<\/span>, elle a deux enfants qui marqueront l\u2019Histoire\u00a0: Marguerite (future reine de Navarre et po\u00e9tesse) et Fran\u00e7ois Ier.<\/p>\n<p>Veuve \u00e0 dix-neuf ans, elle se consacre \u00e0 leur \u00e9ducation, aid\u00e9e par son confesseur, le cardinal Cristoforo Numai de Forl\u00ec. Elle fut elle-m\u00eame \u00e0 bonne \u00e9cole avec sa tante Anne de Beaujeu. Les livres de Christine de Pisan font aussi partie de sa fameuse biblioth\u00e8que.<\/p>\n<p>Suivant sa devise, elle fait \u0153uvre de m\u00e9c\u00e8ne, passant commande de nombreux manuscrits destin\u00e9s \u00e0 leur \u00e9ducation. Son unique objectif devient alors de bien pr\u00e9parer son fils, son \u00ab\u00a0C\u00e9sar bien-aim\u00e9\u00a0\u00bb au m\u00e9tier de roi, Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> n\u2019ayant pas de descendant m\u00e2le.<\/p>\n<p>Lorsque Fran\u00e7ois Ier h\u00e9rite du tr\u00f4ne de France en janvier 1515, Louise a trente-huit ans. D\u00e9sormais titr\u00e9e duchesse d\u2019Angoul\u00eame, duchesse d\u2019Anjou et comtesse du Maine, \u00ab\u00a0encore belle de teint, tr\u00e8s vive et enjou\u00e9e\u00a0\u00bb (selon Antonio de Beatis, chanoine et \u00e9crivain), elle ne vit que pour voir son fils aur\u00e9ol\u00e9 de gloire, pr\u00eate \u00e0 l\u2019assister dans tous ce qu\u2019il entreprendra, qu\u2019elle soit d\u2019accord avec lui ou non. Mais son influence est jug\u00e9e immense (elle nomme Duprat au rang de chancelier de France et joue un r\u00f4le dans la disgr\u00e2ce du grand financier Semblan\u00e7ay et du conn\u00e9table de Bourbon). Elle exercera personnellement le pouvoir, deux fois r\u00e9gente, quand son fils part en guerre, obs\u00e9d\u00e9 par le r\u00eave italien.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Et vous promets, Madame, que si bien accompagn\u00e9s et si galants qu\u2019ils soient, deux cents hommes d\u2019armes que nous \u00e9tions en d\u00e9f\u00eemes bien quatre mille Suisses et les repouss\u00e2mes rudement, si gentils galants qu\u2019ils soient, leur faisant jeter leurs piques et crier France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"439\" class=\"cit-num\">439<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier\u00a0(1494-1547), Lettre \u00e0 sa m\u00e8re Louise de Savoie, au soir du 13\u00a0septembre 1515 \u00e0 Marignan. <em>Fin de la vieille France\u00a0: Fran\u00e7ois Ier, portraits et r\u00e9cits du seizi\u00e8me si\u00e8cle<\/em> (1885), C. Coignet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb lui conte par le menu la premi\u00e8re partie de la bataille de Marignan. Les Suisses sont les alli\u00e9s du duc de Milan\u00a0: redoutables combattants, ils barrent l\u2019acc\u00e8s de l\u2019Italie en tenant les divers cols. Ces milices paysannes sont redout\u00e9es pour leurs charges en masses compactes, au son lugubre des trompes de berger. Cette victoire fait date dans l\u2019histoire de France\u00a0: 1515, Marignan.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout est perdu, fors l\u2019honneur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"453\" class=\"cit-num\">453<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier\u00a0(1494-1547), Lettre \u00e0 Louise de Savoie apr\u00e8s la bataille de Pavie, 25\u00a0f\u00e9vrier 1525. <em>Histoire de Fran\u00e7ois\u00a0Ier et de la Renaissance<\/em> (1878), Eug\u00e8ne de la Gournerie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dix ans apr\u00e8s la plus belle victoire du r\u00e8gne, c\u2019est la pire des d\u00e9faites, suivie de la captivit\u00e9 du roi. Forte de de son exp\u00e9rience et des le\u00e7ons d\u2019Anne de Beaujeu, la r\u00e9gente organise la continuit\u00e9 du royaume, gouverne selon ses int\u00e9r\u00eats politiques et familiaux, menant une contre-offensive contre l\u2019empereur Charles Quint. Elle s\u2019illustre par ses succ\u00e8s diplomatiques, second\u00e9e par le chancelier Duprat. Les alliances avec l\u2019Angleterre de Henri <span class=\"caps\">VIII<\/span> et l\u2019empire ottoman de Soliman le Magnifique permettent finalement la lib\u00e9ration de Fran\u00e7ois Ier le 19 f\u00e9vrier 1526 \u2013 contre la d\u00e9tention de ses fils a\u00een\u00e9s Fran\u00e7ois et Henri laiss\u00e9s en otage. Elle n\u00e9gocie ensuite au nom de son fils avec Marie de Luxembourg et Marguerite d\u2019Autriche (tante de Charles Quint)\u00a0: la \u00ab\u00a0paix des Dames\u00a0\u00bb, sign\u00e9e \u00e0 Cambrai le 5 ao\u00fbt 1529, permet la\u00a0 lib\u00e9ration de ses deux petits-enfants (contre la modeste somme de deux millions d\u2019\u00e9cus d\u2019or).<\/p>\n<p>Comme sa fille Marguerite d\u2019Angoul\u00eame, elle prot\u00e8ge les premiers R\u00e9formateurs dont Jacques Lef\u00e8vre d\u2019\u00c9taples et les membres du c\u00e9nacle de Meaux\u00a0: le protestantisme se r\u00e9pand rapidement dans leur entourage.<\/p>\n<p>Nourrie par la lecture des ouvrages de Christine de Pisan qui affirmait la possibilit\u00e9 d\u2019un pouvoir f\u00e9minin fond\u00e9 sur la sagesse et la prudence, elle impose sur la sc\u00e8ne politique l\u2019image d\u2019une princesse humble, sage et pieuse, d\u00e9vou\u00e9e et li\u00e9e au royaume par une v\u00e9ritable <em>caritas<\/em> (charit\u00e9 chr\u00e9tienne).<\/p>\n<p>Au final, cette reine m\u00e8re et r\u00e9gente se r\u00e9v\u00e8le l\u2019un des grands hommes d\u2019\u00c9tat que la France ait connus, plus souple que Blanche de Castille et plus intelligente que Catherine de Me\u0301dicis (attache\u0301e a\u0300 l\u2019esprit de clan dans la tradition italienne). N\u2019en de\u0301plaise a\u0300 Branto\u0302me, bien mieux qu\u2019Anne de Beaujeu, Louise de Savoie me\u0301rite le nom de roi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Car si jamais j\u2019\u00e9crivis ou parlais \u00a0<br>Et au profit du commun entendente, <br>Constante, forte, souffrant adversit\u00e9 <br>\u00c0 cette heure-ci, me sens tout incit\u00e9 <br>La pr\u00e9f\u00e9rer sur toutes autres femmes. <br>Las, la Princesse eut c\u0153ur chevalereux <br>Oncques la France ne fut mieux gouvern\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jehan <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">PR\u00c9<\/span> (?-\u00a0?), \u00ab\u00a0homme d\u2019armes\u00a0\u00bb et humaniste de la Renaissance, <em>Palais des nobles dames<\/em> (1534)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour d\u00e9fendre \u00ab\u00a0la querelle des honnestes femmes\u00a0\u00bb, il composa cette \u0153uvre adress\u00e9 \u00e0 Marguerite de Navarre. Ce livret f\u00e9ministe avant l\u2019heure s\u2019inscrit dans la tradition de ces recueils de femmes illustres ou vertueuses et l\u2019humaniste loue Louise de Savoie, trois ans apr\u00e8s sa mort \u2013 le 22 septembre 1531, alors qu\u2019elle se rendait dans son ch\u00e2teau de Romorantin (Val de Loire) avec sa fille Marguerite, pour fuir la peste qui s\u00e9vissait \u00e0 Fontainebleau.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois ordonna pour sa m\u00e8re des obs\u00e8ques dignes du \u00ab\u00a0roi\u00a0\u00bb. Le po\u00e8te Cl\u00e9ment Marot la d\u00e9peint comme une sainte qui a r\u00e9form\u00e9 la cour de France et lui a enfin donn\u00e9 de bonnes m\u0153urs, au\u00a0 point que \u00ab\u00a0son tr\u00e9pas laisse le pays et la nature sans vie, les nymphes et les dieux accourent et g\u00e9missent.\u00a0\u00bb Cette unanimit\u00e9 historique impose quelques retouches.<\/p>\n<p>Autre temps, autres m\u0153urs, autre jugement\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louise de Savoie ne donna a\u0300 son fils ni principes ni exemples moraux\u00a0: pour lui, la royaute\u0301 souveraine\u00a0; pour elle-me\u0302me, le rang, l\u2019influence, et la richesse de reine me\u0300re, et pour tous deux la grandeur servant a\u0300 la satisfaction de leurs passions, c\u2019e\u0301taient la\u0300 toute la pre\u0301occupation et tout le travail de sa vie maternelle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">GUIZOT<\/span> (1787-1874),<em> <span class=\"caps\">L\u2019H<\/span>istoire de France\u00a0: depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu\u2019en 1789, racont\u00e9e \u00e0 mes petits-enfants<\/em> (1872-1876)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019historien protestant du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, conservateur lib\u00e9ral et doctrinaire, contredit l\u2019humaniste de la Renaissance et la plupart des t\u00e9moins, mais c\u2019est de bonne guerre. Aucun homme politique ne fait l\u2019unanimit\u00e9, surtout si c\u2019est une femme\u00a0!<\/p>\n<h4>4. Marguerite de Navarre (1492-1549), s\u0153ur de Fran\u00e7ois Ier, devenue reine de Navarre, diplomate en des temps difficiles, m\u00e9c\u00e8ne et auteure tr\u00e8s cot\u00e9e.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/margueritte_de_navarre.jpg\" width=\"600\" height=\"709\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Place qui parlemente est \u00e0 moiti\u00e9 gagn\u00e9e.\u00a0\u00bb<span id=\";\" class=\"cit-num\">;<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marguerite de <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span> (1492-1549), <em>Heptam\u00e9ron<\/em>, 18e nouvelle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0J\u2019ai vu autrefois assi\u00e9ger des places et prendre par force, pource qu\u2019il n\u2019\u00e9tait possible de faire parler par argent ni par menaces ceux qui la gardaient, car on dit qu\u2019une place qui parlemente est \u00e0 moiti\u00e9 gagn\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Telle pourrait \u00eatre sa devise, non pas en mati\u00e8re amoureuse devenue son th\u00e8me d\u2019\u00e9criture favori, mais au commencement de sa carri\u00e8re politique, \u00e9tant d\u00e9sign\u00e9e pour n\u00e9gocier avec l\u2019empereur Charles Quint la lib\u00e9ration de son fr\u00e8re Fran\u00e7ois Ier, prisonnier apr\u00e8s la d\u00e9faite de Pavie (1525). Mais ni l\u2019empereur, ni son chancelier ne veulent de ran\u00e7on. Ils exigent la r\u00e9trocession de la Bourgogne (dont Charles Quint est th\u00e9oriquement h\u00e9ritier par sa grand-m\u00e8re Marie de Bourgogne). La mission de Marguerite \u00e9choue donc, elle a quand m\u00eame permis d\u2019apporter \u00e0 Fran\u00e7ois Ier (malade) un pr\u00e9cieux r\u00e9confort.<\/p>\n<p>Devenue reine de Navarre \u00e0 la mort de son second \u00e9poux, Marguerite tente de r\u00e9cup\u00e9rer ses territoires au sud des Pyr\u00e9n\u00e9es\u00a0: les conf\u00e9rences se succ\u00e8dent, les gestes de bonne volont\u00e9, les projets d\u2019union de sa fille la petite Jeanne avec l\u2019infant d\u2019Espagne (futur Philippe <span class=\"caps\">II<\/span>). Nouvel \u00e9chec. Toute tentative de r\u00e9conciliation vaine avec Charles Quint, empereur enivr\u00e9 de sa propre puissance \u2013 avant son abdication.<\/p>\n<p>Elle prend ensuite le parti des \u00ab\u00a0r\u00e9formateurs\u00a0\u00bb (futurs protestants) contre la politique royale de son fr\u00e8re, pr\u00eachant la tol\u00e9rance et retardant les premi\u00e8res mesures r\u00e9pressives du clerg\u00e9 catholique, ce qui n\u2019emp\u00eachera pas les guerres de Religion \u00e0 venir (1562-1598) et la fin du \u00ab\u00a0beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle\u00a0\u00bb. Elle renonce finalement \u00e0 la politique pour se consacrer tout enti\u00e8re au m\u00e9c\u00e9nat litt\u00e9raire\u2026 et \u00e0 l\u2019\u00e9criture, sur le th\u00e8me de l\u2019amour aux multiples variations.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Plus j\u2019ai d\u2019amour, plus j\u2019ai de f\u00e2cherie [chagrin], <br>Car je n\u2019en vois nulle autre r\u00e9ciproque\u00a0;<br>Plus je me tais et plus je suis marrie [d\u00e9sol\u00e9e]\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Marguerite de <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span> (1492-1549), <em>Dizains<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marguerite marque la vie culturelle avec sa grande culture et son intarissable besoin d\u2019apprendre. \u00c0 treize ans, elle parlait l\u2019italien et l\u2019espagnol aussi couramment que le fran\u00e7ais, connaissait un peu de grec, de latin et d\u2019h\u00e9breu. Plus tard, elle fait de s\u00e9rieuses \u00e9tudes philosophiques et th\u00e9ologiques.<\/p>\n<p>\u00c0 la cour de France comme \u00e0 N\u00e9rac, elle fascine ceux qui l\u2019approchent. Grande, \u00e9lanc\u00e9e et le nez un peu long (comme son fr\u00e8re), un teint \u00e9blouissant, le charme de ses yeux p\u00e9tillants et son sourire enj\u00f4leur y contribuent. Plus encore sa culture, son esprit, son intelligence et cet art du m\u00e9c\u00e9nat qui s\u2019\u00e9panouit sous la Renaissance. Elle s\u2019entoure d\u2019\u00e9rudits et d\u2019artistes, se liant avec le grand Rabelais, Marot le gentil po\u00e8te, Dolet, Bri\u00e7onnet, Calvin, plus tard Maurice Sc\u00e8ve et Louise Lab\u00e9. Sa cour devient un foyer d\u2019humanisme. Fervente chr\u00e9tienne, elle s\u2019int\u00e9resse aux id\u00e9es de la R\u00e9forme, sans abjurer la foi de ses p\u00e8res.<\/p>\n<p>Surnomm\u00e9e la Marguerite des Marguerites, la Dixi\u00e8me des muses, la Perle des Valois et m\u00eame la Perle des Perles, elle est enfin reconnue pour ses po\u00e8mes, \u00ab\u00a0chansons spirituelles\u00a0\u00bb, fables et farces, restant surtout pour <em>l\u2019Heptam\u00e9ron<\/em> inspir\u00e9 du <em>D\u00e9cam\u00e9ron<\/em> de Boccace. C\u2019est un recueil de 72 nouvelles racont\u00e9es en sept journ\u00e9es, la huiti\u00e8me restant incompl\u00e8te.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne pensez pas que ceux qui poursuivent les dames prennent tant de peines pour l\u2019amour d\u2019elles\u00a0; car c\u2019est seulement pour l\u2019amour d\u2019eux et de leur plaisir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Marguerite de <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span> (1492-1549), <em>Heptam\u00e9ron<\/em>, 14e nouvelle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019amour est le th\u00e8me majeur avec ses ruses et ses tromperies, une crudit\u00e9 dans les d\u00e9tails, la recherche et la d\u00e9finition du parfait amant, une moralit\u00e9 plut\u00f4t \u00e9quivoque dans chaque \u00e9pilogue et une forme de f\u00e9minisme bien senti\u00a0: sur la place faite aux femmes et l\u2019image qu\u2019on en donne, entr\u00e9 platonisme, \u00e9vang\u00e9lisme et opinion personnelle de l\u2019auteure.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les choses o\u00f9 l\u2019on a volont\u00e9, plus elles sont d\u00e9fendues et plus elles sont d\u00e9sir\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Marguerite de <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span> (1492-1549), <em>Heptam\u00e9ron<\/em>, 15e nouvelle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine de Navarre diff\u00e8re de Boccace avec son parti pris de \u00ab\u00a0n\u2019\u00e9crire nouvelle qui ne f\u00fbt v\u00e9ritable histoire\u00a0\u00bb. Mais la transposition est telle que l\u2019origine r\u00e9elle reste myst\u00e9rieuse. Parmi les dix \u00ab\u00a0devisants\u00a0\u00bb qui racontent les nouvelles se trouvent cinq femmes\u00a0: Parlamente, Oisille, Longarine, Emarsuite, Nomerfide, et cinq hommes\u00a0: Hircan, Guebron, Simontault, Dagoucin, Saffredent. Anagrammes ou travestissements, ces noms d\u00e9signent des personnages de la petite cour des ch\u00e2teaux de Pau ou de N\u00e9rac. Seule certitude, Parlamente, c\u2019est Marguerite et Oisille, sa m\u00e8re Louise de Savoie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les sages philosophes tiennent que le moindre homme de tous vaut mieux que la plus grande et vertueuse femme qui soit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Marguerite de <span class=\"caps\">NAVARRE<\/span> (1492-1549), <em>Heptam\u00e9ron<\/em>, 40e nouvelle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le pr\u00e9texte de cette \u0153uvre philosophique est anecdotique, voire folklorique. Des malades, des oisifs, des galants qui accompagnent les dames aim\u00e9es se mettent en marche en septembre, apr\u00e8s un s\u00e9jour de cure aux eaux de Cauterets. Ils veulent regagner leurs demeures, mais le retour est impossible\u00a0: le pays est inond\u00e9, les voyageurs dispers\u00e9s sont emport\u00e9s par les eaux, assaillis par des ours, attaqu\u00e9s par des bandits. La petite troupe d\u00e9cim\u00e9e se retrouve au monast\u00e8re de Notre Damne de Serrance et se consulte sur le parti \u00e0 prendre. Le gave (torrent pyr\u00e9n\u00e9en) n\u2019est pas gu\u00e9able, les ponts sont emport\u00e9s et, pour en r\u00e9tablir un, il faut dix ou douze jours, juste le temps de faire un D\u00e9cam\u00e9ron.<\/p>\n<p>La parole est r\u00e9gl\u00e9e autant que vari\u00e9e, sa libert\u00e9 enchante comme son humour. Entre r\u00e9cit et dialogue, on raconte puis on devise, chacun commente ou conteste les r\u00e9cits, m\u00e9dite sur la diff\u00e9rence des sexes, les d\u00e9sordres de la chair, le vice et la vertu, pour finalement lever le voile des apparences et mettre \u00e0 nu le c\u0153ur humain. Un petit chef d\u2019\u0153uvre \u00e0 (re)d\u00e9couvrir. Indiscutablement, Montaigne s\u2019en est inspir\u00e9 avec son g\u00e9nie propre dans ses <em>Essais<\/em>.<\/p>\n<h4>5. La Joconde (peinte entre 1503 et 1519), n\u00e9e du g\u00e9nie de Vinci qui vient avec elle en invit\u00e9 royal, star du Louvre et inestimable tableau, c\u00e9l\u00e8bre par son myst\u00e8re et son sourire.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/joconde.jpg\" width=\"600\" height=\"832\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La simplicit\u00e9 est la sophistication supr\u00eame.\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">L\u00e9onard de <span class=\"caps\">VINCI<\/span> (1452-1519), <em>Les Carnets<\/em> (r\u00e9dig\u00e9s tout au long de sa vie)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette maxime s\u2019applique parfaitement \u00e0 sa <em>Joconde<\/em>, tableau de petit format (77 x 53 cm), portrait mi-corps sur fond de vague paysage (en \u00ab\u00a0perspective atmosph\u00e9rique\u00a0\u00bb, passant du brun verd\u00e2tre au vert bleut\u00e9 pour finir en ciel). Il ne peut se s\u00e9parer de cette \u0153uvre qu\u2019il retouchera jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie, quand il r\u00e9pond \u00e0 l\u2019invitation de Fran\u00e7ois Ier. Il mourra subitement \u00e0 67 ans au manoir du Cloux \u2013 aujourd\u2019hui Ch\u00e2teau du Clos Luc\u00e9, \u00e0 Amboise.<\/p>\n<p>Peintre italien tout \u00e0 la fois scientifique, ing\u00e9nieur, inventeur, anatomiste, sculpteur, architecte, urbaniste, botaniste, musicien, philosophe, \u00e9crivain mais aussi organisateur de spectacles et de f\u00eates, ce fils naturel d\u2019une paysanne et d\u2019un notaire incarne le G\u00e9nie tel qu\u2019on le con\u00e7oit \u00e0 la Renaissance, universel, inspir\u00e9 mais en m\u00eame temps laborieux. Ainsi le peintre multipliait les esquisses pr\u00e9paratoires et\/ou les retouches \u00e0 l\u2019infini, d\u2019o\u00f9 sa r\u00e9putation de ne jamais achever ses \u0153uvres\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0Les d\u00e9tails font la perfection, et la perfection n\u2019est pas un d\u00e9tail.\u00a0\u00bb<\/strong> Son ambition artistique est aussi une explication\u00a0: <strong>\u00ab\u00a0Faites que votre tableau soit toujours une ouverture au monde.\u00a0\u00bb<\/strong> Mission accomplie, vu la destin\u00e9e de la Joconde et sa r\u00e9putation universelle. <strong>\u00ab\u00a0Ce qui fait la noblesse d\u2019une chose, c\u2019est son \u00e9ternit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/strong> L\u00e0 encore, sa Joconde est l\u2019\u0153uvre exemplaire\u00a0!<\/p>\n<p>Autrement dit, en quatre citations, l\u2019artiste explique le myst\u00e8re et la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de cette jeune femme, Florentine nomm\u00e9e Lisa del Giocondo, \u00e9pouse d\u2019un riche commer\u00e7ant de soie qui passe commande du tableau. Mais la r\u00e9alit\u00e9 est trop simple. \u00c9galement nomm\u00e9e Mona (ou Monna) Lisa, cette femme peut avoir d\u2019autres identit\u00e9s (ressemblance avec deux Dames connues), repr\u00e9senter la m\u00e8re ador\u00e9e de L\u00e9onard (obs\u00e9d\u00e9 par le visage de la morte)\u2026 ou m\u00eame \u00eatre un homme, le mod\u00e8le cher \u00e0 l\u2019artiste homosexuel, un androgyne pr\u00eatant \u00e9galement ses traits \u00e0 son Saint Jean Baptiste\u00a0!\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Joconde\u00a0! Sphinx de beaut\u00e9 qui sourit si myst\u00e9rieusement dans le cadre de L\u00e9onard de Vinci et semble\u00a0 proposer \u00e0 l\u2019admiration des si\u00e8cles une \u00e9nigme qu\u2019ils n\u2019ont pas encore r\u00e9solue, un attrait invincible ram\u00e8ne toujours vers toi\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Th\u00e9ophile <span class=\"caps\">GAUTIER<\/span> (1811-1872 ), \u00ab\u00a0Salon Carr\u00e9\u00a0\u00bb, <em>Guide de l\u2019amateur au Mus\u00e9e du Louvre<\/em> (1882)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les romantiques du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle furent litt\u00e9ralement fascin\u00e9s par les yeux et le sourire de la Joconde \u2013 au point d\u2019en perdre parfois la raison. Romancier, auteur de contes fantastiques et critique d\u2019art, Th\u00e9ophile Gautier est sous le charme\u00a0: \u00ab\u00a0Quelle fixit\u00e9 inqui\u00e9tante et quel sardonisme surhumain dans ces prunelles sombres, dans ces l\u00e8vres onduleuses comme l\u2019arc de l\u2019Amour apr\u00e8s qu\u2019il a d\u00e9coch\u00e9 le trait\u00a0! Ne dirait-on pas que la Joconde est l\u2019Isis d\u2019une religion cryptique qui, se croyant seule, entr\u2019ouvre les plis de son voile, d\u00fbt l\u2019imprudent qui la surprendrait devenir fou et mourir\u00a0! Jamais l\u2019id\u00e9al f\u00e9minin n\u2019a rev\u00eatu de formes plus in\u00e9luctablement s\u00e9duisantes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Joconde sourit parce que tous ceux qui lui ont dessin\u00e9 des moustaches sont morts.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span> (1901-1976), <em>La T\u00eate d\u2019obsidienne<\/em> (1974)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce passionn\u00e9 d\u2019art fut souvent plus lyrique au point d\u2019en devenir herm\u00e9tique, mais l\u2019humour s\u2019impose parfois, face au myst\u00e8re existentiel d\u2019un chef d\u2019\u0153uvre devenu le tableau le plus c\u00e9l\u00e8bre au monde, inestimable en terme de prix.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Joconde a une t\u00eate de femme de m\u00e9nage, je ne comprends pas pourquoi on fait tant de chichis pour cette bonne femme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Albert <span class=\"caps\">COHEN<\/span> (1895-1981), <em>Cahiers d\u2019Albert Cohen<\/em> n\u00b027, J\u00e9r\u00f4me Cabot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019auteur de <em>Belle du seigneur<\/em> (roman d\u2019amour passion entre Solal et Ariane) reste visiblement insensible au charme de Mona Lisa, qui demeure naturellement inexplicable. Les critiques et historiens d\u2019art ont quand m\u00eame trouv\u00e9 une raison au ph\u00e9nom\u00e8ne Joconde\u00a0: c\u2019est le \u00ab\u00a0sfumato\u00a0\u00bb (enfum\u00e9, en italien), une technique picturale de la Renaissance qui donne au sujet des contours impr\u00e9cis au moyen de glacis d\u2019une texture lisse et transparente. En terme scientifique, le flou artistique pourrait expliquer le myst\u00e8re qui se d\u00e9gage du tableau.<\/p>\n<h4>6. Diane de Poitiers (1500-1566), ma\u00eetresse de Fran\u00e7ois Ier et favorite de son fils Henri <span class=\"caps\">II<\/span>, inalt\u00e9rable beaut\u00e9 immortalis\u00e9e par les peintres de la premi\u00e8re \u00e9cole de Fontainebleau.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/diane_de_poitiers.jpg\" width=\"600\" height=\"715\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je lis les histoires de ce royaume, et j\u2019y trouve que de tous les temps, les putains ont dirig\u00e9 les affaires des rois\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"479\" class=\"cit-num\">479<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589) \u00e0 Diane de Poitiers. <em>Le Royaume de Catherine de M\u00e9dicis<\/em> (1922), Lucien Romier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine qui \u00e9pousa le futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> en 1533 et faillit \u00eatre r\u00e9pudi\u00e9e pour cause de st\u00e9rilit\u00e9 pendant onze ans (avant de lui donner 10 enfants) fut \u00e9clips\u00e9e par Diane de Poitiers, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la plus que reine\u00a0\u00bb. Elle pose l\u2019\u00e9ternelle question de l\u2019influence politique des favorites. Le cas est ici particulier \u00e0 plus d\u2019un titre et passionnant.<\/p>\n<p>\u00c9blouissante \u00e0 15 ans, Diane de Poitiers (native de cette ville) est mari\u00e9e \u00e0 Louis de Br\u00e9z\u00e9, grand s\u00e9n\u00e9chal de Normandie \u00e2g\u00e9 de 55 ans. Dame d\u2019honneur de la reine \u00c9l\u00e9onore de Habsbourg, elle devient assez naturellement la ma\u00eetresse du roi Fran\u00e7ois Ier. Quand son fils le futur Henri <span class=\"caps\">II<\/span> rentre \u00e0 11 ans, apr\u00e8s quatre ann\u00e9es pass\u00e9es comme otage en Espagne (ayant pris la place du p\u00e8re vaincu \u00e0 Pavie en 1525), c\u2019est le roi qui charge Diane de l\u2019initier \u00e0 la galanterie \u2013 l\u00e0 encore, rien de plus naturel, sous la Renaissance. Mais Diane fait mieux encore, elle entoure l\u2019adolescent perturb\u00e9 de toutes les attentions, tous les soins qui lui permettront de s\u2019affirmer comme roi.<\/p>\n<p>Son av\u00e8nement au tr\u00f4ne en 1547 marque le triomphe de Diane, 48\u00a0ans et toujours aussi jeune d\u2019apparence. Cette \u00e9ternelle jeunesse frappera les contemporains, plus encore que sa beaut\u00e9, qualit\u00e9 commune aux ma\u00eetresses royales. Intelligente, mais implacable dans ses haines, influente et intrigante \u00e0 l\u2019\u00e9poque des clans et des complots de cour, \u00ab\u00a0conseill\u00e8re du prince\u00a0\u00bb pla\u00e7ant ses proches et ses prot\u00e9g\u00e9s, intervenant personnellement au plan politique et culturel, cultiv\u00e9e mais plus que tout soucieuse de ses int\u00e9r\u00eats et sa fortune, elle reste sa favorite jusqu\u2019\u00e0 la mort du roi \u00e0 40 ans, suite \u00e0 un accident de tournoi \u2013 blessure \u00e0 l\u2019\u0153il suite au coup de lance donn\u00e9 par le comte de Montgom\u00e9ry, capitaine des gardes et r\u00e9gicide involontaire. Fid\u00e8le jusqu\u2019au bout, le roi portait les couleurs de sa Dame, le blanc et le noir, mariant le monogramme royal (H) \u00e0 celui de sa ma\u00eetresse, un croissant, symbole de Diane, d\u00e9esse grecque de la chasse, partout affich\u00e9, sur ses portraits, ses b\u00e2timents, dans la pierre, en vitrail, sur les carreaux de c\u00e9ramique pour le rev\u00eatement du sol et sur les livr\u00e9es de ses gardes au palais\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous supplie d\u2019avoir souvenir de celui que n\u2019a jamais connu qu\u2019un Dieu et une amie, et je vous assure que vous n\u2019aurez point de honte de m\u2019avoir donn\u00e9 le nom de serviteur, lequel je vous supplie de conserver pour jamais\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">II<\/span> (1519-1559), Lettre dat\u00e9e de 1552. <em>Les M\u0153urs polies et la litt\u00e9rature de cour sous Henri <span class=\"caps\">II<\/span><\/em> (1967), \u00c9douard Bourciez<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 trente ans pass\u00e9s, le roi tenait ce r\u00f4le courtois de chevalier servant plut\u00f4t que d\u2019amant. Il aime toujours la belle Diane et ne cesse de lui donner des preuves de son attachement en la comblant de somptueux pr\u00e9sents\u00a0: les bijoux de la couronne, des parures mettant en valeur sa beaut\u00e9, un h\u00f4tel parisien, la propri\u00e9t\u00e9 royale de Chenonceau (en 1547) et divers cadeaux en argent, dont le produit de l\u2019imp\u00f4t sur les charges qui lui procure une somme extraordinaire de 100 000 \u00e9cus (en 1553). Elle se voit confirm\u00e9e dans la propri\u00e9t\u00e9 de ses terres de Nogent, d\u2019Anet et de Breval. Pour asseoir sa position \u00e0 la cour, elle est titr\u00e9e duchesse de Valentinois (en 1548), les duchesses ayant le privil\u00e8ge d\u2019avoir une place assise dans la chambre de la reine \u2013 qui tol\u00e8re cette rivale.<\/p>\n<p>Mais contrairement \u00e0 son p\u00e8re Fran\u00e7ois Ier, Henri n\u2019est pas homme \u00e0 se vanter de ses amours. D\u2019o\u00f9 les d\u00e9bats sans fin et finalement sans importance, au regard du r\u00f4le de Diane \u00e0 la cour. Il n\u2019emp\u00eache que la belle parle d\u2019Amour \u00e0 sa mani\u00e8re tr\u00e8s \u00ab\u00a0fleurie\u00a0\u00bb\u00a0et versifie comme les po\u00e8tes de cour\u00a0: \u00ab\u00a0Voicy vraisment qu\u2019Amour un beau matin \/ S\u2019en vint m\u2019offrir fleurette tr\u00e8s gentille\u00a0; \/ L\u00e0 se prit-il \u00e0 orner votre teint \/ Et vistement marjolaine et jonquille\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madame, contentez-vous d\u2019avoir infect\u00e9 la France de votre infamie et de votre ordure, sans toucher aux choses de Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"482\" class=\"cit-num\">482<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Un domestique du tailleur d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, s\u2019adressant \u00e0 Diane de Poitiers (1550). <em>Histoire de France au seizi\u00e8me si\u00e8cle, Guerres de religion<\/em> (1856), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le ton dit la violence des haines qui couvent. L\u2019homme est interrog\u00e9 sur son \u00e9ventuelle conversion au calvinisme par la ma\u00eetresse du roi, qui encourage la r\u00e9pression du protestantisme et s\u2019appuie sur le clan des Montmorency et des Guise ultra catholiques. L\u2019insolent paiera cette phrase de sa vie, sit\u00f4t condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9 vif devant Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, spectateur du supplice. Envers et contre tout, l\u2019\u00c9glise r\u00e9form\u00e9e de France va pourtant se constituer sous ce r\u00e8gne, avant de d\u00e9boucher sur les guerres de Religion (1562-1598).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Lorsque, ma\u00eetresse en titre et reine, elle \u00e9tait moqu\u00e9e par les jeunes qui ne l\u2019appelaient que la vieille, elle fit cette r\u00e9ponse cynique de leur montrer ce qu\u2019on cache en se faisant peindre nue.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>Histoire de France au seizi\u00e8me si\u00e8cle<\/em> (1856)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les artistes peintres et sculpteurs rendirent un juste hommage \u00e0 leur adorable leur m\u00e9c\u00e8ne. Le Primatice et Fran\u00e7ois Clouet l\u2019ont volontiers repr\u00e9sent\u00e9e sous les traits de la d\u00e9esse chasseresse comme sur le tableau \u00ab\u00a0Diane de Poitiers en Diane\u00a0\u00bb (\u00c9cole de Fontainebleau \u2013 Mus\u00e9e de Senlis). Sa contribution \u00e0 l\u2019architecture est \u00e9galement connue, avec les \u0153uvres de Philibert de l\u2019Orme qu\u2019elle fit nommer surintendant des b\u00e2timents royaux. Elle prot\u00e9gea aussi diff\u00e9rents hommes de lettres, entre autres Ronsard, prince des po\u00e8tes et po\u00e8te des princes.<\/p>\n<p>Mais que n\u2019a-t-on pas dit et \u00e9crit sur la beaut\u00e9 de Diane qui para\u00eet \u00ab\u00a0vingt ans plus jeune qu\u2019elle n\u2019est\u00a0\u00bb\u00a0!? Les dames de Brant\u00f4me ont tent\u00e9 d\u2019imiter ses recettes et son hygi\u00e8ne de vie parfaite. Encore faut-il \u00eatre motiv\u00e9e\u00a0! Couch\u00e9e \u00e0 huit heures du soir, lev\u00e9e \u00e0 six heures du matin, elle prend un bain glac\u00e9, un sirop \u00e0 base d\u2019or, puis se met \u00e0 cheval pour deux ou trois heures de chasse au fond des bois. Apr\u00e8s une sieste au retour, elle prend une collation et pratique des exercices physiques. La recette de son \u00ab\u00a0eau de pigeon\u00a0\u00bb fait merveille, dit-on\u00a0: jus de liseron, concombre, melon, n\u00e9nuphar, fleurs de lys et f\u00e8ves. Dans cette mixture, on fait mac\u00e9rer des pigeons hach\u00e9s, on ajoute beurre, sucre en poudre, camphre et mie de pain, le tout vers\u00e9 dans du vin blanc. Il ne reste plus qu\u2019\u00e0 laisser reposer, puis distiller. Pour la blancheur des mains, il faut masser avec des d\u00e9coctions de feuilles de bouleau et de millet. Son parfum est irr\u00e9sistible\u00a0: musc, benjoin, girofle, muscade et gomme arabique\u00a0? Et pour dormir\u00a0? Musc, benjoin, girofle\u2026 R\u00e9sultats miraculeux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vis cette Dame, six mois avant qu\u2019elle mour\u00fbt, si belle encore, que je ne sache c\u0153ur de rocher qui ne s\u2019en f\u00fbt \u00e9mu, encore qu\u2019auparavant elle s\u2019\u00e9tait rompu une jambe sur le pav\u00e9 d\u2019Orl\u00e9ans [\u2026] Et surtout, elle avait une tr\u00e8s grande blancheur et sans se farder aucunement\u00a0; mais on dit bien que tous les matins elle usait de quelques bouillons compos\u00e9s d\u2019or potable et autres drogues. Je crois que si cette dame e\u00fbt encore v\u00e9cu cent ans, elle n\u2019e\u00fbt jamais vieilli.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BRANT\u00d4ME<\/span> (1540-1614), <em>Recueil des dames, Dames illustres<\/em> et <em>Dames Galantes<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Comme souvent, l\u2019abb\u00e9 militaire et \u00e9crivain propose un m\u00e9lange d\u2019erreur factuelle (Diane de Poitiers meurt \u00e0 66 ans, il n\u2019a donc pas pu la voir \u00e2g\u00e9e de 70 ans), de petits faits v\u00e9ridiques (une jambe cass\u00e9e cons\u00e9cutive \u00e0 une chute de cheval un an avant sa mort) et de pr\u00e9cisions utiles pour l\u2019Histoire\u00a0: or \u00ab\u00a0potable\u00a0\u00bb suspect\u00e9 comme drogue, poison aujourd\u2019hui av\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<p>En 2008, une \u00e9quipe scientifique multidisciplinaire retrouve le squelette de la favorite (identification fond\u00e9e, notamment sur une fracture de jambe) et d\u00e9couvre dans les os une concentration en or 500 fois sup\u00e9rieure \u00e0 la normale\u00a0! Son \u00e9lixir de longue vie et d\u2019\u00e9ternelle beaut\u00e9, cette solution \u00ab\u00a0d\u2019or potable\u00a0\u00bb explique aussi son teint extr\u00eamement p\u00e2le. Le Dr Philippe Charlier, du service de m\u00e9decine l\u00e9gale de l\u2019h\u00f4pital Raymond-Poincar\u00e9 de Garches, et ses coll\u00e8gues qui ont aussi analys\u00e9 les cheveux et des r\u00e9sidus tissulaires de la favorite, ont publi\u00e9 leurs travaux dans le <em>British Medical Journal<\/em>.<\/p>\n<p>Outre les m\u00e9decins, cette dame \u00e0 la fois illustre et galante ne va cesser d\u2019int\u00e9resser les historiens et d\u2019inspirer les auteurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous, Fran\u00e7ois de Valois, le soir du m\u00eame jour,<br>Sans crainte, sans piti\u00e9, sans pudeur, sans amour,<br>Dans votre lit, tombeau de la vertu des femmes,<br>Vous avez froidement, sous vos baisers inf\u00e2mes,<br>Terni, fl\u00e9tri, souill\u00e9, d\u00e9shonor\u00e9, bris\u00e9<br>Diane de Poitiers, comtesse de Br\u00e9z\u00e9\u00a0! <br>Quoi\u00a0! lorsque j\u2019attendais l\u2019arr\u00eat qui me condamne<br>Tu courais donc au Louvre, \u00f4 ma chaste Diane\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Le Roi s\u2019amuse<\/em> (1832)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Le Roi qui s\u2019amuse\u00a0\u00bb, Fran\u00e7ois de Valois, c\u2019est Fran\u00e7ois Ier \u00e0 la vie amoureuse plus ou moins scandaleuse. La \u00ab\u00a0chaste\u00a0Diane\u00a0\u00bb, pr\u00e9sentement dame d\u2019honneur de la reine, obtient du roi la vie sauve de son p\u00e8re, compromis en 1523 dans une grave affaire de trahison \u2013 mettant en cause le chef des arm\u00e9es, le conn\u00e9table de Bourbon. Ce fait divers authentique, repris dans ce drame tr\u00e8s romantique et quelque peu dat\u00e9, inspirera un chef d\u2019\u0153uvre lyrique \u00e0 Verdi, <em>Rigoletto<\/em> (le bouffon du roi qui prend le r\u00f4le-titre).<\/p>\n<p>Diane de Poitiers para\u00eet aussi dans <em>la Princesse de Cl\u00e8ves<\/em> (1678), premier roman \u00ab\u00a0d\u2019analyse\u00a0\u00bb (psychologique) de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise, sign\u00e9 Madame de La Fayette. L\u2019action se situe \u00e0 la fin du r\u00e8gne d\u2019Henri <span class=\"caps\">II<\/span>. Diane, \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la dignit\u00e9 de duchesse de Valentinois, tient son r\u00f4le de ma\u00eetresse royale, d\u00e9teste soudain le clan des Guise et n\u2019appr\u00e9cie gu\u00e8re la future h\u00e9ro\u00efne cr\u00e9\u00e9e pour les besoins d\u2019une intrigue amoureuse et complexe.<\/p>\n<p>Elle inspirera bien d\u2019autres \u0153uvres\u00a0: derni\u00e8re en date, <em>Diane de Poitiers<\/em> (2022), t\u00e9l\u00e9film historique de Jos\u00e9e Dayan, sc\u00e9nario de Didier Decoin avec Isabelle Adjani dans le r\u00f4le-titre. Apr\u00e8s <em>La Reine Margot<\/em>, cela promet.<\/p>\n<h4>7. Catherine de M\u00e9dicis (1519-1589), reine et r\u00e9gente \u00e0 l\u2019heure tragique des guerres de Religion, m\u00e8re de trois jeunes rois tuberculeux et femme politique \u00e0 r\u00e9habiliter.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/catherine_de_medicis_2.jpg\" width=\"600\" height=\"600\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Divide ut regnes.\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Divise, afin de r\u00e9gner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"498\" class=\"cit-num\">498<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), maxime politique<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre formulation et m\u00eame signification\u00a0: \u00ab\u00a0<em>Divide et Impera<\/em>.\u00a0\u00bb Maxime du S\u00e9nat romain, \u00e9nonc\u00e9e par Machiavel, adopt\u00e9e par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> et reprise en 1560 par la nouvelle r\u00e9gente qui n\u2019est pas Florentine pour rien\u00a0! Unique h\u00e9riti\u00e8re de la consid\u00e9rable fortune des M\u00e9dicis, elle prit le titre de duchesse d\u2019Urbino qui lui valut son premier\u00a0 surnom donn\u00e9 par les Florentins\u00a0: <em>duchessina<\/em> (la petite duchesse).<\/p>\n<p>En France, c\u2019est l\u2019Italienne plus ou moins bien accueillie qui apporte le raffinement extr\u00eame d\u2019un pays o\u00f9 la Renaissance a un si\u00e8cle d\u2019avance. Pour les courtisans toujours jaloux, c\u2019est \u00ab\u00a0la Banqui\u00e8re\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0la Fille des marchands\u00a0\u00bb, riche d\u2019une dot de 100 000 \u00e9cus d\u2019argent et 28 000 \u00e9cus de bijoux. Le mariage avec le dauphin (futur Henri <span class=\"caps\">II<\/span>) fut \u00ab\u00a0arrang\u00e9\u00a0\u00bb entre Fran\u00e7ois Ier et le pape, mais la dette ne sera jamais pay\u00e9e.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 la\u00a0\u00ab\u00a0l\u00e9gende noire\u00a0\u00bb qui r\u00e9crit toujours l\u2019histoire \u00e0 sa fa\u00e7on, Catherine de M\u00e9dicis est une femme intelligente et cultiv\u00e9e, devenue reine de France. Apr\u00e8s presque trente ann\u00e9es d\u2019effacement derri\u00e8re le roi Henri <span class=\"caps\">II<\/span>, la belle favorite Diane de Poitiers et les conseillers en titre, Catherine de M\u00e9dicis se retrouvera\u00a0 veuve, suite \u00e0 la mort accidentelle du roi (blessure \u00e0 l\u2019\u0153il d\u2019un coup de lance, donn\u00e9 par le comte de Montgomery, capitaine des gardes). Nostradamus avait pr\u00e9dit le drame et gagne sa place d\u2019astronome \u00e0 la cour en m\u00eame temps que Diane de Poitiers est pri\u00e9e de partir. Elle va gouverner la France pendant pr\u00e8s de trente autres ann\u00e9es, tragiquement marqu\u00e9es par les guerres de Religion (1562-1598). Ce contexte explique bien des drames, m\u00eame s\u2019il n\u2019excuse pas tout.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je lis les histoires de ce royaume, et j\u2019y trouve que de tous les temps, les putains ont dirig\u00e9 les affaires des rois\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"479\" class=\"cit-num\">479<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589) \u00e0 Diane de Poitiers. <em>Le Royaume de Catherine de M\u00e9dicis<\/em> (1922), Lucien Romier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille de Laurent\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de M\u00e9dicis, elle \u00e9pousa le futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> en 1533 et faillit \u00eatre r\u00e9pudi\u00e9e pour cause de st\u00e9rilit\u00e9 pendant onze ans, avant de lui donner 10 enfants. Depuis 1538 et durant les douze ann\u00e9es de r\u00e8gne d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, la reine est \u00e9clips\u00e9e par Diane de Poitiers. Elle prend sa revanche \u00e0 la mort du roi, sans accabler sa rivale. Diane de Poitiers doit restituer le ch\u00e2teau royal de Chenonceau, mais la reine lui donne Chaumont en \u00e9change et la laisse profiter de tous ses autres biens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu m\u2019a laiss\u00e9e avec trois enfants petits et un royaume tout divis\u00e9, n\u2019y ayant aucun \u00e0 qui je puisse enti\u00e8rement me fier.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"499\" class=\"cit-num\">499<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 sa fille \u00c9lisabeth, janvier\u00a01561.<em> Le Si\u00e8cle de la Renaissance<\/em> (1909), Louis Batiffol<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine n\u2019a plus qu\u2019une ambition\u00a0: assurer le r\u00e8gne de ses fils dont la sant\u00e9, min\u00e9e par la tuberculose, justifiera de sombres pr\u00e9dictions. Elle va man\u0153uvrer entre les partis, intriguer avec les intrigants contre d\u2019autres intrigants\u00a0: \u00ab\u00a0Divide ut regnes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle commence par renvoyer les Guise (catholiques ultra). Antoine de Navarre (protestant, mais sans vraie conviction comme son fils, le futur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>) devient lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume et catholique opportuniste. Michel de L\u2019Hospital, promu chancelier, sera son principal ministre. La premi\u00e8re religion de ce grand juriste est la tol\u00e9rance. R\u00eave impossible, comme le prouvera le massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy, ses pr\u00e9misses et ses cons\u00e9quences.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019argent est le nerf de la guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"512\" class=\"cit-num\">512<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 l\u2019ambassadeur d\u2019Espagne, ao\u00fbt\u00a01570. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La \u00ab\u00a0petite phrase\u00a0\u00bb de Rabelais dans <em>Gargantua<\/em> (selon qui \u00ab\u00a0les nerfs des batailles sont les p\u00e9cunes\u00a0\u00bb) va faire fortune dans l\u2019histoire. Au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, tous les souverains d\u2019Europe ont d\u2019\u00e9normes besoins d\u2019argent pour leurs guerres qu\u2019il faut sans cesse faire, ou pr\u00e9parer (record historique de 85 ann\u00e9es de guerre en ce si\u00e8cle\u00a0!). Elles co\u00fbtent de plus en plus cher, avec le d\u00e9veloppement des armes \u00e0 feu, l\u2019entretien d\u2019arm\u00e9es permanentes, des effectifs croissants \u2013 le temps n\u2019est plus des \u00ab\u00a0grandes batailles\u00a0\u00bb du Moyen \u00c2ge qui se livraient entre quelques milliers d\u2019hommes (Cr\u00e9cy, Azincourt). Mais l\u2019on n\u2019atteint pas encore les 400\u00a0000 soldats de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Il faut que la France soit tr\u00e8s riche et pleine de ressources pour s\u2019\u00eatre si longtemps battue, et retrouver en dix ans une prosp\u00e9rit\u00e9 certaine, au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il valait mieux que cela tomb\u00e2t sur eux que sur nous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"529\" class=\"cit-num\">529<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 l\u2019ambassadeur de Toscane \u00e0 propos du massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy.<em> Lettres de Catherine de M\u00e9dicis<\/em> (1891), Collection de documents in\u00e9dits sur l\u2019histoire de France, Imprimerie nationale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine m\u00e8re est sans doute responsable des massacres, \u2013 Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> d\u00e9clare avoir d\u00e9cid\u00e9 seul au Parlement de Paris, mais c\u2019est un jeune roi totalement \u00ab\u00a0sous influence\u00a0\u00bb. Au point de haine o\u00f9 catholiques et protestants sont arriv\u00e9s, le choc \u00e9tait in\u00e9vitable et la balance pouvait pencher de l\u2019un ou l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. On peut penser aussi que cette forte femme fut\u00a0 d\u00e9pass\u00e9e par la force des \u00e9v\u00e9nements\u00a0! Effet non pr\u00e9vu, la Saint-Barth\u00e9lemy renforcera le parti protestant qui s\u2019organise pendant cette quatri\u00e8me guerre de Religion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous devez louer Dieu, si prenez cette ville, de vous avoir fait la gr\u00e2ce d\u2019\u00eatre le restaurateur et conservateur du royaume et qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e2ge de vingt et un ans vous avez plus fait qu\u2019homme, pour grand capitaine qu\u2019il ait \u00e9t\u00e9, ait jamais fait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"536\" class=\"cit-num\">536<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), \u00e0 son fils Henri duc d\u2019Anjou, lettre du 15 avril 1573. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de Catherine et brillant vainqueur de Jarnac et de Moncontour contre les protestants, n\u2019aura pas la m\u00eame chance devant La\u00a0Rochelle dont il fait le si\u00e8ge avec les troupes royales, en mars\u00a01573. Six mois ne feront pas c\u00e9der le grand port tenu par les protestants et la paix de La Rochelle (1er\u00a0juillet 1573) leur donne quelques satisfactions.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Gardez-vous de livrer bataille et souvenez-vous des conseils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>\u00a0: la paix sign\u00e9e est toujours plus avantageuse avant la d\u00e9faite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"543\" class=\"cit-num\">543<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), \u00e0 son fils Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, 1576.<em> Dictionnaire des citations de l\u2019histoire de France<\/em> (1990), Mich\u00e8le Ressi<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine m\u00e8re est bonne conseill\u00e8re en ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, mais la cinqui\u00e8me guerre de Religion commence. La coalition regroupe Cond\u00e9, Turenne et Henri de Navarre, \u00e9chapp\u00e9 de la cour o\u00f9 il \u00e9tait retenu depuis la Saint-Barth\u00e9lemy. Il abjure la religion catholique et reprend la t\u00eate des arm\u00e9es huguenotes. Fran\u00e7ois d\u2019Alen\u00e7on, propre fr\u00e8re du roi, se joint \u00e0 eux, prenant la t\u00eate du parti des Malcontents avec quelques princes catholiques. Cependant que le roi qui a lutt\u00e9 contre les protestants du temps o\u00f9 il \u00e9tait duc d\u2019Anjou se range aux c\u00f4t\u00e9s des Politiques (mod\u00e9r\u00e9s des deux camps).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous pouvez penser comme je suis malheureuse de tant vivre et de voir tout mourir devant moi, encore que je sache bien qu\u2019il faut se conformer \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"552\" class=\"cit-num\">552<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 Belli\u00e8vre, 10\u00a0juin\u00a01584. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette m\u00e8re de dix enfants n\u2019en finit plus de porter leur deuil\u00a0! Fran\u00e7ois d\u2019Anjou meurt le 10\u00a0juin 1584, \u00e2g\u00e9 de 30\u00a0ans. \u00c9ternel frustr\u00e9 de la famille, ambitieux et rebelle, tr\u00e8s impopulaire, il a complot\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du parti des Malcontents et ce n\u2019est pas une grande perte pour le roi.<\/p>\n<p>Mais Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> n\u2019ayant pas fait d\u2019enfant \u00e0 sa femme pourtant bien-aim\u00e9e, \u00e0 sa mort, la couronne de France doit revenir \u00e0 Henri de Navarre, chef du parti protestant. Nostradamus l\u2019a pr\u00e9dit il y a longtemps\u00a0: \u00ab\u00a0Il aura tout l\u2019h\u00e9ritage.\u00a0\u00bb La perspective qui se pr\u00e9cise d\u2019un Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> protestant, roi de France, affole les Fran\u00e7ais catholiques et insupporte aux Guise. La Sainte Ligue en sommeil se r\u00e9veille.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est bien taill\u00e9 mon fils\u00a0; maintenant il faut recoudre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"567\" class=\"cit-num\">567<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589) \u00e0 Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, ch\u00e2teau de Blois, 23\u00a0d\u00e9cembre 1588. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res<\/em> (1982), Robert Carlier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi courut annoncer \u00e0 sa m\u00e8re l\u2019assassinat de son pire ennemi, le duc de Guise. Cette fa\u00e7on d\u2019\u00e9liminer ceux qui font obstacle au pouvoir de ses fils est bien dans ses m\u0153urs \u2013 et dans celles de l\u2019\u00e9poque. Mais \u00e0 70\u00a0ans et \u00e0 quelques jours de sa mort (5\u00a0janvier 1589), la reine m\u00e8re ne doit pas se faire beaucoup d\u2019illusions sur l\u2019avenir de son dernier fils. De fait, il\u00a0 sera assassin\u00e9 le 1er ao\u00fbt par Jacques Cl\u00e9ment, moine dominicain de 22\u00a0ans, ligueur fanatique. Il pr\u00e9parait son geste\u00a0: le complot est connu, approuv\u00e9 de nombreux catholiques et b\u00e9ni par le pape Sixte Quint. La sc\u00e8ne se rejouera avec Ravaillac et Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>. Ces assassinats, comme tous les complots et attentats contre les rois de l\u2019\u00e9poque, s\u2019inspirent de la th\u00e9orie du tyrannicide, dont Jean Gerson fut l\u2019un des proph\u00e8tes\u00a0: \u00ab\u00a0Nulle victime n\u2019est plus agr\u00e9able \u00e0 Dieu qu\u2019un tyran.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4>8. Marie Tudor (1516-1558), premi\u00e8re reine d\u2019Angleterre dite Marie la Sanglante, demi-s\u0153ur d\u2019\u00c9lisabeth.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marie_tudor.jpg\" width=\"600\" height=\"621\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait une jalouse reine, vraie fille d\u2019Henri <span class=\"caps\">VIII<\/span>, dont l\u2019alc\u00f4ve, comme celle de son p\u00e8re, s\u2019ouvrait de plain-pied sur l\u2019\u00e9chafaud.\u00a0\u00bb<span id=\":\" class=\"cit-num\">:<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Marie Tudor<\/em> (1833)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Drame historique situ\u00e9 \u00e0 Londres en 1553, mettant en sc\u00e8ne Marie Tudor, premi\u00e8re reine d\u2019Angleterre amoureuse de Fabiano Fabiani, s\u00e9duisant aventurier, favori de la reine honni de la cour et du peuple.<\/p>\n<p>Pass\u00e9e \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 sous le nom de <em>Bloody Mary<\/em> ou Marie la Sanglante, Marie Tudor fait figure de reine mal-aim\u00e9e. De son r\u00e8gne bref (1553-1558), on retient surtout l\u2019intol\u00e9rance religieuse et la rudesse de cette souveraine catholique, les b\u00fbchers de Londres (quelque trois cents protestants br\u00fbl\u00e9s vifs pour leur foi), l\u2019alliance avec l\u2019Espagne pour ramener par la force le pays dans le giron catholique\u2026 (et la prise de Calais par les Fran\u00e7ais en 1558).<\/p>\n<p>Cette l\u00e9gende noire est n\u00e9e sous le r\u00e8gne de sa jeune s\u0153ur \u00c9lisabeth I\u00e8re et de l\u2019historiographie protestante officielle en Angleterre. Le reste du monde a suivi, par haine de l\u2019Angleterre et par une forme d\u2019indulgence qui pardonne tout aux h\u00e9r\u00e9tiques et aux schismatiques et rien aux fid\u00e8les de l\u2019\u00c9glise catholique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si l\u2019on ouvrait mon c\u0153ur, on y trouverait grav\u00e9 le nom de Calais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"488\" class=\"cit-num\">488<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span> <span class=\"caps\">TUDOR<\/span> (1516-1558), son mot de la fin.<em> Histoire de France depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu\u2019en 1789<\/em>, tome\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> (1844), Henri Martin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi s\u2019exprime la reine d\u2019Angleterre, mourante dit-on du chagrin que lui a caus\u00e9 la perte de cette ville, seule place rest\u00e9e anglaise en France, \u00e0 la fin de la guerre de Cent Ans. Sauv\u00e9e du massacre il y a deux si\u00e8cles par les bourgeois de Calais, la ville fut quelque peu oubli\u00e9e par les rois de France, davantage int\u00e9ress\u00e9s par la riche et fascinante Italie.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019ailleurs parce que la France commence la onzi\u00e8me \u2013 et derni\u00e8re \u2013 guerre d\u2019Italie en attaquant le royaume de Naples, que le roi d\u2019Espagne Philippe\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (fils de Charles Quint et mari de la reine d\u2019Angleterre) attaque en Picardie, par les Pays-Bas. Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, redoutant plus que tout une invasion espagnole, rappelle Fran\u00e7ois de Guise dit le Balafr\u00e9, en route vers l\u2019Italie, et le nomme lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume. Il reprend Calais aux Anglais le 13\u00a0janvier 1558, apr\u00e8s un si\u00e8ge tr\u00e8s bref de six jours et malgr\u00e9 les renforts envoy\u00e9s par Marie Tudor.<\/p>\n<p>La perte de cette ville rendra encore plus impopulaire dans son pays Marie la Sanglante. Elle meurt au terme d\u2019une longue agonie, le c\u0153ur bris\u00e9 d\u2019avoir perdu Calais, mais dit-on aussi Philippe qui s\u2019est \u00e9loign\u00e9 d\u2019elle pour retourner en Espagne apr\u00e8s un an de mariage. Bref, un destin tragique, un r\u00e8gne bref et malheureux qui contraste avec celui d\u2019\u00c9lisabeth Iere, assur\u00e9ment plus chanceuse selon les historiens.<\/p>\n<h4>9. Marie Stuart (1542-1587), reine d\u2019\u00c9cosse et de France, catholique et finalement prisonni\u00e8re d\u2019\u00c9lisabeth qui fait ex\u00e9cuter cette possible rivale au tr\u00f4ne.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marie_stuart.jpg\" width=\"447\" height=\"525\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Marie est la plus charmante enfant que j\u2019aie jamais vue\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"10\" class=\"cit-num\">10<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">II<\/span> (1519-1559), rencontrant pour la premi\u00e8re fois la petite reine d\u2019\u00c9cosse \u00e2g\u00e9e de six ans. <em>Marie Stuart\u00a0: l\u2019histoire de la reine trahie par les siens<\/em>, \u00c7a m\u2019int\u00e9resse, 17\/11\/2019<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille du roi Jacques V d\u2019\u00c9cosse et de Marie de Guise (fran\u00e7aise et catholique), elle est couronn\u00e9e \u00e0 la mort de son p\u00e8re (atteint du chol\u00e9ra) le 14 d\u00e9cembre 1542. Elle a 6 jours. Sa m\u00e8re assure la r\u00e9gence, puis son cousin.<\/p>\n<p>En 1548, elle est envoy\u00e9e en France pour \u00e9chapper aux invasions anglaises en \u00c9cosse, cependant qu\u2019un trait\u00e9 (la fameuse <em>Auld Alliance<\/em>) place ce pays sous la protection de la France depuis la Guerre de Cent Ans.<\/p>\n<p>Henri <span class=\"caps\">II<\/span> rencontre la petite reine d\u2019\u00c9cosse \u00e2g\u00e9e de 6 ans. Il est sous le charme. Elle passera son enfance dans les ch\u00e2teaux royaux, de Blois \u00e0 Chambord en passant par Fontainebleau. \u00ab\u00a0Reine de grands salons et d\u2019apparence\u00a0\u00bb selon Hortense Dufour, la jeune fille s\u2019\u00e9panouit \u00e0 travers l\u2019\u00e9ducation re\u00e7ue et excelle en arts, chant, musique et danse. Mais vit un conte de f\u00e9es (surtout compar\u00e9 \u00e0 la cour en \u00c9cosse), mais elle n\u2019est pas form\u00e9e pour gouverner ni affronter les drames \u00e0 venir.<\/p>\n<p>Le 19 avril 1558, Marie, 15 ans, \u00e9pouse Fran\u00e7ois de France, fils d\u2019Henri <span class=\"caps\">II<\/span>, dans la cath\u00e9drale de Notre-Dame de Paris. Cette m\u00eame ann\u00e9e, la mort d\u2019\u00c9douard <span class=\"caps\">VI<\/span> d\u2019Angleterre lui donne le droit de pr\u00e9tendre \u00e0 une troisi\u00e8me couronne et Henri <span class=\"caps\">II<\/span> la proclame reine d\u2019Angleterre, d\u2019\u00c9cosse et d\u2019Irlande, mais les Anglais ne veulent pas d\u2019une reine qui gouverne aussi la France et \u00c9lisabeth Ire s\u2019empare du tr\u00f4ne avec sa force de caract\u00e8re habituelle.<\/p>\n<p>Henri <span class=\"caps\">II<\/span> meurt accidentellement au cours d\u2019un tournoi et Marie devient reine de France. Mais Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">II<\/span> meurt un an apr\u00e8s d\u2019un abc\u00e8s au cerveau. Devenue veuve, elle d\u00e9cide de revenir en \u00c9cosse en 1560.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Adieu, charmant pays de France,<br>Que je dois tant ch\u00e9rir\u00a0;<br>Berceau de mon heureuse enfance,<br>Adieu\u00a0! Te quitter, c\u2019est mourir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"497\" class=\"cit-num\">497<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857), Chansons, <em>Adieux de Marie Stuart<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Po\u00e8te et chansonnier le plus populaire du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, il \u00e9voque l\u2019infortun\u00e9e reine devenue l\u2019h\u00e9ro\u00efne d\u2019un drame en vers de Schiller, en 1800. C\u2019est l\u2019un des destins les plus tragiques d\u2019une histoire complexe et chaotique entre trois pays d\u00e9chir\u00e9s par les guerres de pouvoir et de religion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sa beaut\u00e9, son \u00e9l\u00e9gance, la finesse de son esprit\u00a0: tout contribuait \u00e0 la faire aimer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">BUCHANAN<\/span> (1506-1582), <em>Histoire des affaires d\u2019\u00c9cosse<\/em> (1583)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Encore un homme sous le charme de Marie Ire qui arrive pourtant avec un lourd handicap\u00a0: elle est catholique, alors que son royaume d\u2019\u00c9cosse a adopt\u00e9 le protestantisme comme religion d\u2019\u00c9tat. Voulant imposer \u00e0 la fois sa religion et son autorit\u00e9, elle affronte les r\u00e9voltes presbyt\u00e9riennes et pr\u00f4ne la tol\u00e9rance religieuse. En 1565, elle \u00e9pouse Henry Stuart, petit-neveu du roi d\u2019Angleterre Henri <span class=\"caps\">VIII<\/span>. Mal accept\u00e9 par l\u2019entourage de la reine, jaloux de ses liaisons plus ou moins av\u00e9r\u00e9es, multipliant maladresses et provocations, il meurt dans une explosion, le scandale \u00e9clate. Et les drames vont s\u2019encha\u00eener.<\/p>\n<p>24 avril 1567, c\u2019est le Grand Enl\u00e8vement\u00a0: Jacques Hepburn, 4e comte de Bothwell, lord-grand-amiral d\u2019\u00c9cosse \u00e0 titre h\u00e9r\u00e9ditaire et ami de la reine (impliqu\u00e9 dans la mort d\u2019Henry Stuart) l\u2019emm\u00e8ne en son ch\u00e2teau de Dunbar pour la prot\u00e9ger et l\u2019\u00e9pouser. Inconscience f\u00e9minine\u00a0? Passion d\u00e9vorante\u00a0? Manipulation politique\u00a0? Son (troisi\u00e8me) mariage avec l\u2019homme le plus ha\u00ef d\u2019\u00c9cosse pr\u00e9cipite sa perte. Les lords \u00e9cossais se soul\u00e8vent. La reine emprisonn\u00e9e au ch\u00e2teau de Loch Leven doit abdiquer. Son fils Jacques <span class=\"caps\">VI<\/span> devient roi d\u2019\u00c9cosse \u00e0 un an. Marie s\u2019\u00e9vade, rassemble une arm\u00e9e de 6 000 partisans. 13 mai 1568, pr\u00e8s de Glasgow, elle est d\u00e9faite et d\u00e9cide de fuir\u2026 en Angleterre\u00a0! Sa cousine qu\u2019elle appelle dans ses lettres \u00ab\u00a0Madame ma bonne s\u0153ur\u00a0\u00bb dit croire en son innocence.<\/p>\n<p>Arriv\u00e9e en Angleterre, Marie est assign\u00e9e \u00e0 r\u00e9sidence. \u00c9lisabeth l\u2019accuse de l\u2019assassinat d\u2019Henry Stuart, son deuxi\u00e8me mari. Les preuves\u00a0? Des lettres \u00e9chang\u00e9es avec Bothwell pour mettre au point le meurtre. Marie jure que ce sont des faux,\u00a0 elle a \u00e9t\u00e9 victime d\u2019une conspiration. La reine retient Marie prisonni\u00e8re pendant dix-huit ans sous la garde de Lord Talbot. En 1586, Marie apprend qu\u2019un noble anglais pr\u00e9pare un plan pour assassiner la reine. Elle prend contact. C\u2019\u00e9tait un espion \u00e0 la solde d\u2019\u00c9lisabeth. Marie est condamn\u00e9e \u00e0 mort. Son fils Jacques <span class=\"caps\">VI<\/span> ne tente rien pour la sauver.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En ma fin est mon commencement.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie <span class=\"caps\">STUART<\/span> (1542-1587), broderie sur l\u2019un de ses habits. Cit\u00e9 par Hortense Dufour,<em> Marie Stuart<\/em> (2007)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Enfin consciente de son terrible destin et d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 entrer dans la l\u00e9gende, elle demande une ex\u00e9cution publique. Elle montera sur l\u2019\u00e9chafaud au ch\u00e2teau de Fotheringhay, le 8 f\u00e9vrier 1587. T\u00eate haute, elle interrompt les pleurs de ses courtisanes et d\u00e9clare pardonner \u00e0 tout le monde. La mort ne l\u2019effraie pas. Le rapport d\u2019ex\u00e9cution en t\u00e9moigne\u00a0: \u00ab\u00a0Depuis son arriv\u00e9e dans la salle jusqu\u2019au coup de la hache, il n\u2019apparut aucun changement en son visage.\u00a0\u00bb Marie la catholique prie ardemment, baisant son crucifix \u2013 le bourreau le lui arrache des mains. Pour trancher la t\u00eate, il doit s\u2019y reprendre \u00e0 trois fois. La foule clame en ch\u0153ur \u00ab\u00a0God save the queen\u00a0\u00bb, la t\u00eate de Marie roule \u00e0 terre. T\u00e9moin du spectacle, le docteur Fletcher, doyen protestant de Peterborough s\u2019exclame\u00a0: \u00ab\u00a0Amen, amen\u00a0! Ainsi p\u00e9rissent les ennemis de la reine\u00a0!\u00a0\u00bb En 1612, son corps sera transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019abbaye de Westminster.<\/p>\n<p>Son destin tragique fit sa renomm\u00e9e, inspirant \u00e9crivains, compositeurs et cin\u00e9astes. En Europe, elle fait partie des rares reines r\u00e9gnantes d\u2019un \u00c9tat donn\u00e9 (l\u2019\u00c9cosse) \u00e0 avoir \u00e9t\u00e9 en m\u00eame temps reine d\u2019un autre \u00c9tat (la France), \u00e0 l\u2019instar de Marie Tudor devenue Marie Ire d\u2019Angleterre et reine consort d\u2019Espagne par son \u00e9poux Philippe <span class=\"caps\">II<\/span>. Marie Stuart \u00e9tait par ailleurs pr\u00e9tendante au tr\u00f4ne d\u2019un troisi\u00e8me \u00c9tat (l\u2019Angleterre) par sa grand-m\u00e8re Marguerite Tudor, s\u0153ur d\u2019Henri <span class=\"caps\">VIII<\/span>. En France, la loi salique (\u00ab\u00a0sexiste\u00a0\u00bb avant l\u2019heure et d\u2019ailleurs mal interpr\u00e9t\u00e9e \u00e0 l\u2019origine) a du moins \u00e9cart\u00e9 les candidates\u00a0 de cette course au tr\u00f4ne.<\/p>\n<h4>10. Marguerite de Valois ou de France (1553-1615), \u00ab\u00a0reine Margot\u00a0\u00bb et femme d\u2019Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>, puis reine de Navarre cr\u00e9dit\u00e9e du pire et du meilleur par les contemporains et les historiens.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marguerite_de_france.jpg\" width=\"600\" height=\"750\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il y eut jamais une au monde parfaite en beaut\u00e9, c\u2019est la reine de Navarre. Toutes celles qui sont, qui seront et jamais ont \u00e9t\u00e9, pr\u00e8s de la sienne sont laides et ne sont point beaut\u00e9s.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"520\" class=\"cit-num\">520<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BRANT\u00d4ME<\/span> (1540-1614), <em>M\u00e9moires de Pierre de Bourdeille, abb\u00e9 et seigneur de Brant\u00f4me<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Homme de guerre et de cour, il se d\u00e9couvre une vocation de m\u00e9morialiste, suite \u00e0 une chute de cheval qui l\u2019immobilise sur ses terres du P\u00e9rigord. Et voici l\u2019abb\u00e9 et seigneur de Brant\u00f4me sous le charme de Marguerite de Valois, aussi intelligente et cultiv\u00e9e que belle \u2013 m\u00eame si la plupart de ses portraits ne sont pas tr\u00e8s flatteurs. Apr\u00e8s diverses liaisons amoureuses et quelques pr\u00e9tendants princiers de divers pays, elle consent plus ou moins forc\u00e9e \u00e0 ce mariage pour raison d\u2019\u00c9tat voulu par sa m\u00e8re Catherine de M\u00e9dicis\u00a0: la princesse catholique devient reine le jour de ses noces avec Henri <span class=\"caps\">III<\/span> de Navarre, ce 16\u00a0ao\u00fbt 1572. Les protestants sont venus en foule \u00e0 Paris en l\u2019honneur de l\u2019\u00e9v\u00e9nement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La fortune, qui ne laisse jamais une f\u00e9licit\u00e9 enti\u00e8re aux humains, changea bient\u00f4t cet heureux \u00e9tat de triomphe et de noces en un tout contraire, par cette blessure de l\u2019Amiral, qui offensa tellement tous ceux de la religion que cela les mit comme en un d\u00e9sespoir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"521\" class=\"cit-num\">521<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARGUERITE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">VALOIS<\/span> (1553-1615), <em>M\u00e9moires<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son mariage arrang\u00e9 avec le roi le futur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> devait sceller la r\u00e9conciliation entre catholiques et protestants. Mais les chefs catholiques ne peuvent admettre qu\u2019un protestant entre dans la famille royale. Et l\u2019amiral de Coligny, artisan de ce mariage, est le premier vis\u00e9. Il sera victime du second attentat contre sa personne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon Dieu, ma s\u0153ur n\u2019y allez pas\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"522\" class=\"cit-num\">522<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Claude de <span class=\"caps\">FRANCE<\/span> (1547-1575) \u00e0 sa s\u0153ur Marguerite, 23\u00a0ao\u00fbt 1572. M\u00e9moires, Marguerite de Valois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La mari\u00e9e s\u2019appr\u00eate \u00e0 aller rejoindre au lit son mari Henri de Navarre, le chef des huguenots. Mais sa \u00ab\u00a0s\u0153ur de Lorraine\u00a0\u00bb (mari\u00e9 au duc de Lorraine) craint pour sa vie, sachant le sinistre projet ourdi par la reine Catherine de M\u00e9dicis et accept\u00e9 par son fils, le trop jeune et faible Charles <span class=\"caps\">IX<\/span> \u2013 le massacre pr\u00e9vu pour cette nuit m\u00eame.<\/p>\n<p>Dans la nuit du 23 au 24\u00a0ao\u00fbt, le tocsin de Saint-Germain-l\u2019Auxerrois appelle les milices bourgeoises et ameute la populace parisienne. Le massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy (quelque 4\u00a0000 morts \u00e0 Paris) restera \u00e0 jamais dans les m\u00e9moires, symbole des guerres de Religion (1562-1598) qui marquent la fin du \u00ab\u00a0beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle\u00a0\u00bb. C\u2019est mal commencer sa vie de couple, pour la future reine de France. La suite ne va rien arranger, les \u00e9poux n\u2019\u00e9tant vraiment pas n\u00e9s pour s\u2019entendre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a bien de la besogne\u00a0 \/ \u00c0 regarder ce petit roi<br>Car il a mis en d\u00e9sarroi\u00a0 \/ Toutes les filles de sa femme<br>Mais on sait que la bonne dame\u00a0 \/ S\u2019en venge bien de son c\u00f4t\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"547\" class=\"cit-num\">547<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Chanson populaire sur Henri de Navarre et la reine Margot (1579). <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s sept ans de mariage, tout ne va pas pour le mieux dans le couple. Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> restera aussi c\u00e9l\u00e8bre par sa galanterie que Margot par sa nymphomanie. Elle a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e de la cour de France par son fr\u00e8re Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> \u2013 accus\u00e9e d\u2019intrigue avec leur fr\u00e8re Fran\u00e7ois, le tr\u00e8s ambitieux duc d\u2019Anjou (ex-duc d\u2019Alen\u00e7on), alli\u00e9 contre la couronne \u00e0 son mari Henri de Navarre, dans la cinqui\u00e8me guerre de Religion.<\/p>\n<p>Le couple s\u2019est install\u00e9 \u00e0 N\u00e9rac, capitale de l\u2019Albret qui faisait partie du royaume de France et o\u00f9 ne s\u2019appliquait pas la r\u00e9glementation religieuse intol\u00e9rante en vigueur au B\u00e9arn.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La reine de Navarre eut bient\u00f4t d\u00e9rouill\u00e9 les esprits et verrouill\u00e9 les armes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Agrippa d\u2019<span class=\"caps\">AUBIGNE<\/span> (1552-1630), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthumes)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marguerite de France joue un r\u00f4le de pacificatrice \u00e0 la cour de N\u00e9rac, mais elle reste toujours tiraill\u00e9e entre sa loyaut\u00e9 envers son mari et sa fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 ses fr\u00e8res. Situation inconfortable, voire intenable, o\u00f9 elle risque tout \u2013 sa libert\u00e9, parfois sa vie. Les haines sont extr\u00eames, en cette \u00e9poque violente.<\/p>\n<p>Elle r\u00e9ussit mieux dans le r\u00f4le de m\u00e9c\u00e8ne. Il se forme autour d\u2019elle une v\u00e9ritable acad\u00e9mie litt\u00e9raire. Outre Agrippa, compagnon d\u2019armes du roi de Navarre et \u00ab\u00a0ultra\u00a0\u00bb protestant, le plus illustre invit\u00e9 est Montaigne, l\u2019auteur des <em>Essais<\/em> avec qui Marguerite eut de nombreux \u00e9changes. La cour de N\u00e9rac devient surtout c\u00e9l\u00e8bre pour les aventures amoureuses qui s\u2019y seraient multipli\u00e9es, au point d\u2019inspirer \u00e0 Shakespeare ses <em>Peines d\u2019amour perdues<\/em>. En bon protestant, d\u2019Aubign\u00e9 finit par d\u00e9noncer les exc\u00e8s de cette cour\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019aise y amena les vices, comme la chaleur les serpents\u00a0\u00bb finit par \u00e9crire Agrippa d\u2019Aubign\u00e9, de retour \u00e0 la cour de Navarre en 1579 et f\u00e2ch\u00e9 contre Marguerite, mais cet homme ombrageux ne cessera de ferrailler contre ses contemporains, au propre comme au figur\u00e9. D\u2019autres sont moins s\u00e9v\u00e8res.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La cour y fut un temps douce et plaisante\u00a0; car on n\u2019y parlait que d\u2019amour, et des plaisirs et passe-temps qui en d\u00e9pendent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SULLY<\/span> (1560-1641), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthumes)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0compagnon de route\u00a0\u00bb et futur \u00ab\u00a0principal ministre\u00a0\u00bb d\u2019Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> est un protestant beaucoup plus conciliant que d\u2019Aubign\u00e9 \u2013 c\u2019est qui qui conseillera au roi de se convertir au catholicisme, car \u00ab\u00a0la couronne vaut bien une mess\u00a0\u00bb. Il s\u2019\u00e9merveille de ce que les relations amoureuses \u00e0 N\u00e9rac passent bien avant les principes moraux et les convictions politiques. On pr\u00eate \u00e0 Marguerite une liaison avec l\u2019un des plus illustres compagnons de son mari, le vicomte de Turenne. Henri de Navarre s\u2019emploie de son c\u00f4t\u00e9 \u00e0 conqu\u00e9rir l\u2019ensemble des filles d\u2019honneur qui ont accompagn\u00e9 son \u00e9pouse. Mais cette belle vie n\u2019a qu\u2019un temps.<\/p>\n<p>\u00c0 la mort de son fr\u00e8re Charles <span class=\"caps\">IX<\/span>, la bataille fait rage pour prendre le pouvoir. D\u2019un c\u00f4t\u00e9 Fran\u00e7ois, duc d\u2019Alen\u00e7on, fr\u00e8re cadet du roi d\u00e9funt qui forme une alliance avec Henri de Navarre, de l\u2019autre Henri de Valois. Marguerite se range du c\u00f4t\u00e9 de son \u00e9poux, mais il faudra encore bien des ann\u00e9es pour qu\u2019il monte sur le tr\u00f4ne de France. Le 27 f\u00e9vrier 1594, il est sacr\u00e9 roi de France en la cath\u00e9drale de Chartres et Marguerite devient reine de France.<\/p>\n<p>Le couple n\u2019en est plus un depuis longtemps et la st\u00e9rilit\u00e9 de la reine scelle d\u00e9finitivement son avenir. Le mariage entre Marguerite de France et Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> est officiellement annul\u00e9 par le pape Cl\u00e9ment <span class=\"caps\">VIII<\/span> en 1599. Le roi se remarie rapidement (pour le pire plus que meilleur) avec Marie de M\u00e9dicis qui lui donnera six enfants, dont le roi Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>, mais beaucoup plus de soucis que Marguerite, jusqu\u2019au dernier complot dont il mourra.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s vingt ans pass\u00e9s en Auvergne o\u00f9 elle fut exil\u00e9e pour avoir pris le parti de la Ligue catholique, Marguerite regagne Paris en 1605. Elle vit alors entour\u00e9e d\u2019\u00e9crivains et d\u2019artistes et retrouve son r\u00f4le dans la vie culturelle de la cour, jouant \u00e9galement la conseill\u00e8re aupr\u00e8s de Marie de M\u00e9dicis lorsque celle-ci assure la r\u00e9gence apr\u00e8s l\u2019assassinat d\u2019Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>. Marguerite de Valois meurt le 26 mars 1615 \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 61 ans.<\/p>\n<p>Mise en lumi\u00e8re par les romantiques, c\u2019est au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle que na\u00eet le mythe de la Reine Margot. Parmi les auteurs qui ont le plus contribu\u00e9 \u00e0 faire de Marguerite un personnage de fiction, Alexandre Dumas avec son roman La Reine Margot (1845) relatant ses intrigues encore plus mouvement\u00e9es et compliqu\u00e9es que nature\u00a0! L\u2019historien Michelet l\u2019utilisa aussi pour d\u00e9noncer les \u00ab\u00a0turpitudes\u00a0\u00bb de l\u2019Ancien r\u00e9gime. D\u2019autres historiens, d\u00e9passant les scandales de la vie priv\u00e9e,\u00a0 plaident la r\u00e9habilitation d\u2019une femme de t\u00eate et de courage, bravant les turbulences de la guerre civile entre catholiques et protestants, op\u00e9rant finalement un remarquable r\u00e9tablissement.<\/p>\n<h4>11. Marie de M\u00e9dicis (1575-1642), seconde femme d\u2019Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et m\u00e8re de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>, d\u00e9test\u00e9e \u00e0 juste titre.<\/h4>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marie_de_medicis.jpg\" width=\"600\" height=\"666\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous faites tout ce que je veux\u00a0; c\u2019est le vrai moyen de me gouverner\u00a0: aussi ne veux-je jamais \u00eatre gouvern\u00e9 que de vous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"652\" class=\"cit-num\">652<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), Lettre \u00e0 Marie de M\u00e9dicis, 27\u00a0janvier 1601.<em> Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> \u00e9crivain<\/em> (1855), Eug\u00e8ne Yung<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie de M\u00e9dicis (1575-1642), sit\u00f4t \u00e9pous\u00e9e, lui fait le fils qui devait lui succ\u00e9der\u00a0: le dauphin Louis na\u00eet \u00e0 Fontainebleau le 27\u00a0septembre 1601. Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> n\u2019h\u00e9ritera pas de la sant\u00e9 du p\u00e8re. Mais la joie du roi et du royaume est grande\u00a0: on attendait un h\u00e9ritier depuis quarante ans\u00a0! <br>Henriette d\u2019Entragues, ma\u00eetresse en titre du Vert Galant, se f\u00e2che et traite Marie de \u00ab\u00a0grosse banqui\u00e8re\u00a0\u00bb \u2013 fine allusion \u00e0 la dot de la reine, 600\u00a0000 \u00e9cus d\u2019or, la plus grosse dot de l\u2019Histoire. Elle va surtout comploter contre le roi, d\u00e9j\u00e0 au lit d\u2019autres femmes. Car la reine lui donne peu de plaisir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne trouve ni agr\u00e9able compagnie, ni r\u00e9jouissance, ni satisfaction chez ma femme [\u2026] faisant une mine si froide et si d\u00e9daigneuse lorsqu\u2019arrivant du dehors, je viens pour la baiser, caresser et rire avec elle, que je suis contraint de d\u00e9pit de la quitter l\u00e0 et de m\u2019en aller chercher quelque r\u00e9cr\u00e9ation ailleurs.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"653\" class=\"cit-num\">653<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), Lettre \u00e0 Sully. <em>Lettres intimes de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1876), Louis Dussieux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie de M\u00e9dicis n\u2019a pas le temp\u00e9rament de la reine Margot, sa premi\u00e8re femme\u00a0! Ce mariage florentin fut un sacrifice \u00e0 la raison d\u2019\u00c9tat \u2013 les rois ne se marient pas par amour, pour cela, ils ont les ma\u00eetresses. La belle-famille est tr\u00e8s riche et tr\u00e8s catholique\u00a0: deux raisons qui auraient d\u00fb faire de ce mariage une bonne affaire pour le roi de France. Il n\u2019en fut rien.<\/p>\n<p>Marie de M\u00e9dicis laisse un mauvais souvenir, dans l\u2019Histoire. \u00c0 l\u2019inverse de Catherine de M\u00e9dicis dont elle n\u2019est qu\u2019une tr\u00e8s lointaine cousine, ce fut une \u00e9pouse, une reine, une m\u00e8re, une r\u00e9gente d\u00e9testable et d\u00e9test\u00e9e, perp\u00e9tuelle intrigante au si\u00e8cle de tous les complots. L\u2019ex-reine parcourt l\u2019Europe et finit dans le ridicule\u2026 et dans le d\u00e9nuement. Exil\u00e9e, r\u00e9fugi\u00e9e dans une maison pr\u00eat\u00e9e par son ami Rubens \u00e0 Cologne, la Grosse banqui\u00e8re meurt ruin\u00e9e (mais toujours grosse d\u2019apr\u00e8s son dernier portrait). \u00c0 son cr\u00e9dit pourtant, une politique de m\u00e9c\u00e9nat artistique h\u00e9rit\u00e9e des M\u00e9dicis \u2013 d\u2019o\u00f9 l\u2019amiti\u00e9 de Rubens, peintre f\u00e9cond et diplomate actif en Europe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous ne traiteriez pas ainsi vos b\u00e2tards\u00a0!<br>\u2014 Mes b\u00e2tards peuvent \u00eatre \u00e0 tout moment corrig\u00e9s par le Dauphin, s\u2019ils sont m\u00e9chants, mais qui corrigera le Dauphin si je ne le fais moi-m\u00eame\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"656\" class=\"cit-num\">656<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), r\u00e9pondant \u00e0 Marie <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1575-1642). <em>Les Rois qui ont fait la France, Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1981), Georges Bordonove<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les sc\u00e8nes sont fr\u00e9quentes entre les deux \u00e9poux. Marie est jalouse des ma\u00eetresses du roi fort g\u00e9n\u00e9reux et galant avec toutes ces dames, alors qu\u2019il a peu d\u2019\u00e9gard pour la reine. Elle lui reproche ici de frapper avec sa canne le petit Dauphin (futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>). Il est vrai que le bon roi n\u2019h\u00e9site pas \u00e0 jouer les p\u00e8res Fouettard, \u00ab\u00a0sachant bien qu\u2019il n\u2019y a rien au monde qui lui fasse plus de profit\u00a0; car \u00e9tant de son \u00e2ge, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 fort fouett\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Priez Dieu, Madame, que je vive longtemps, car mon fils vous maltraitera quand je n\u2019y serai plus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"657\" class=\"cit-num\">657<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), \u00e0 Marie de M\u00e9dicis. <em>Les Rois qui ont fait la France, Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1981), Georges Bordonove<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sait-il que sa femme n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 certains complots tram\u00e9s autour de lui\u00a0? Cette phrase est en tout cas pr\u00e9monitoire des relations entre la m\u00e8re et le fils\u00a0: une v\u00e9ritable guerre au terme de laquelle Marie de M\u00e9dicis perdra son pouvoir, ses amis, sa libert\u00e9, pour finir en exil.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que vivre au si\u00e8cle de Marie,<br>Sans mensonge et sans flatterie,<br>Sera vivre au si\u00e8cle dor\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"666\" class=\"cit-num\">666<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois de <span class=\"caps\">MALHERBE<\/span> (1555-1628), <em>Ode \u00e0 la Reine m\u00e8re du Roi sur les heureux succ\u00e8s de sa r\u00e9gence<\/em> (1610)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Po\u00e8te officiel, il s\u2019empresse de saluer l\u2019\u00e2ge d\u2019or et ses nouveaux ma\u00eetres. En fait, la r\u00e9gence de Marie de M\u00e9dicis sera catastrophique. Cette femme lymphatique va soudain prendre go\u00fbt au pouvoir, se m\u00ealer de tout et accumuler les erreurs.<\/p>\n<p>Elle renvoie Sully et tous les ministres d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, s\u2019entourant de conseillers qui discr\u00e9ditent son gouvernement, \u00e0 commencer par Concini et sa femme L\u00e9onora Galiga\u00ef, deux intrigants originaires comme elle de Florence. Elle suit le \u00ab\u00a0parti des d\u00e9vots\u00a0\u00bb (ultra-catholique) et se montre d\u2019une faiblesse coupable avec les Cond\u00e9, Guise, Nevers, Bouillon qu\u2019elle comble de dons, esp\u00e9rant acheter leur docilit\u00e9, alors que leurs ambitions redoublent\u00a0! \u00ab\u00a0Le temps des rois est pass\u00e9, celui des Grands et des Princes est revenu\u00a0\u00bb, clament-ils partout.<\/p>\n<p>Le Conseil du roi redevient Conseil f\u00e9odal et de famille, champ clos o\u00f9 s\u2019affrontent Guise et Cond\u00e9. La situation est si embrouill\u00e9e, le Tr\u00e9sor public si vide qu\u2019il faut convoquer les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux, le 27\u00a0octobre 1614. C\u2019est la derni\u00e8re fois avant ceux de 1789, pr\u00e9lude \u00e0 la R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon Dieu, que vous \u00eates grandi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"678\" class=\"cit-num\">678<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1575-1642), \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, rappel\u00e9e d\u2019exil, 5\u00a0septembre 1619.<em> L\u2019Ancienne France\u00a0: Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1886), Paul Lacroix (dit S\u00e9bastien Jacob)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Terme provisoire \u00e0 la premi\u00e8re \u00ab\u00a0guerre de la m\u00e8re et du fils\u00a0\u00bb\u00a0: la reine m\u00e8re reconna\u00eet d\u2019une certaine mani\u00e8re que le roi est bien Roi. Le 22\u00a0f\u00e9vrier, elle s\u2019est \u00e9chapp\u00e9e de sa prison au ch\u00e2teau de Blois d\u2019une mani\u00e8re rocambolesque, pour prendre la t\u00eate d\u2019un soul\u00e8vement contre son fils. Le trait\u00e9 d\u2019Angoul\u00eame, n\u00e9goci\u00e9 par Richelieu, apaise le conflit. Mais quelques mois plus tard, la m\u00e8re repartira en guerre contre le fils en ralliant les Grands du royaume.<\/p>\n<p>Le roi n\u2019aime pas sa m\u00e8re et il a quelques raisons, mais il est assez intelligent pour comprendre que, tenue de force \u00e9loign\u00e9e de la cour, elle ne cessera de comploter contre lui. Cette r\u00e9conciliation est n\u00e9goci\u00e9e par le tr\u00e8s habile Richelieu qui se rapproche ainsi du pouvoir. Apr\u00e8s la mort de Luynes (favori du roi et hostile \u00e0 tout nouvel ambitieux), la reine m\u00e8re le fera nommer cardinal et entrer au Conseil du roi en 1624, esp\u00e9rant avoir un alli\u00e9 en la place \u2013 avant de se retourner contre lui.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est le plus grand serviteur que jamais la France ait eu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"706\" class=\"cit-num\">706<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), d\u00e9fendant le cardinal contre sa m\u00e8re Marie de M\u00e9dicis suite \u00e0 la journ\u00e9e des Dupes, 11\u00a0novembre\u00a01630. <em>Richelieu et le roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1934), Louis Batiffol<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie de M\u00e9dicis a tent\u00e9 de perdre Richelieu. Elle l\u2019avait introduit aupr\u00e8s du roi, esp\u00e9rant son soutien au parti d\u00e9vot et \u00e0 l\u2019Espagne catholique. Mais il s\u2019allie aux protestants allemands pour contrer la puissante maison des Habsbourg qui r\u00e8gne en Autriche et en Espagne. Avec la reine Anne d\u2019Autriche, elle a profit\u00e9 d\u2019une grave maladie du roi (tuberculeux et de sant\u00e9 fragile) pour l\u2019\u00e9loigner de son ministre et obtenir sa future disgr\u00e2ce, en septembre\u00a01630, \u00e0 Lyon.<\/p>\n<p>Le 10\u00a0novembre, en son palais du Luxembourg, elle presse son fils de tenir parole. Trompant la vigilance des huissiers, Richelieu entre par une porte d\u00e9rob\u00e9e. Elle l\u2019accable de sa col\u00e8re. Le roi se retire sans un mot. La cour croit \u00e0 une arrestation imminente, les courtisans s\u2019empressent autour de la reine m\u00e8re. \u00ab\u00a0C\u2019est la journ\u00e9e des Dupes\u00a0\u00bb \u2013 le mot de Bautru, conseiller d\u2019\u00c9tat et prot\u00e9g\u00e9 du cardinal, fait le tour de Paris. Le lendemain, le roi est \u00e0 Versailles. Richelieu, convoqu\u00e9, se croit perdu et se jette \u00e0 ses genoux. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> le rel\u00e8ve, le prie de rester, exile Marie de M\u00e9dicis \u00e0 Compi\u00e8gne. C\u2019est la d\u00e9route du parti d\u00e9vot. Richelieu a gagn\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Comme les femmes n\u2019ont pas de voix en l\u2019\u00c9glise, je suis de l\u2019opinion des anciens et modernes qui croient qu\u2019elles n\u2019en doivent point avoir en l\u2019\u00c9tat.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"707\" class=\"cit-num\">707<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642). <em>Vie de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1936), Louis Vaunois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Propos misogyne, mais avis fond\u00e9, si l\u2019on songe au r\u00f4le de Marie de M\u00e9dicis et d\u2019Anne d\u2019Autriche, adversaires du cardinal et le plus souvent nuisibles \u00e0 la France, au temps de leur r\u00e8gne comme de leur r\u00e9gence.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>III. Renaissance, guerres de Religion et naissance monarchie absolue. 1. Anne de France, dame de Beaujeu (1461-1522), le go\u00fbt et le sens du pouvoir h\u00e9rit\u00e9 de son p\u00e8re Louis XI lui valent le surnom de Madame la Grande. \u00ab\u00a0C\u2019est la moins folle femme du monde, car de sage il n\u2019y en a gu\u00e8re.\u00a0\u00bb413 LOUIS XI [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":1616,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9370","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9370","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9370"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9370\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12654,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9370\/revisions\/12654"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9370"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9370"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9370"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}