{"id":9467,"date":"2022-09-12T00:00:00","date_gmt":"2022-09-11T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/femmes-historiques-xixe-siecle-premiere-partie\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:03","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:03","slug":"femmes-historiques-xixe-siecle-premiere-partie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/femmes-historiques-xixe-siecle-premiere-partie\/","title":{"rendered":"Femmes historiques (XIXe si\u00e8cle, premi\u00e8re partie)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<h3><span class=\"caps\">VII<\/span>. Les femmes historiques du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle (premi\u00e8re partie)<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-7-38.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/duchesse_de_berry.jpg\" width=\"450\" height=\"586\"><\/p>\n<h4>1. Duchesse de Berry (1798-1870), derni\u00e8re Bourbon incarnant l\u2019extr\u00eame fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime et l\u2019espoir des royalistes l\u00e9gitimistes avec son fils \u00ab\u00a0Henri V\u00a0\u00bb, cette aventuri\u00e8re passionn\u00e9e bouscule tous les codes.\u00a0<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est n\u00e9, l\u2019enfant du miracle<br>H\u00e9ritier du sang d\u2019un martyr,<br>Il est n\u00e9 d\u2019un tardif oracle,<br>Il est n\u00e9 d\u2019un dernier soupir.\u00a0\u00bb<span id=\"1980\" class=\"cit-num\">1980<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse de <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span> (1790-1869), <em>M\u00e9ditations po\u00e9tiques<\/em> (1820)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le po\u00e8te gentilhomme, qui fut un temps dans les gardes du corps de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> et joue les attach\u00e9s d\u2019ambassade en Italie, salue avec lyrisme la naissance du duc de Bordeaux, le 29\u00a0septembre 1820. Fils posthume du duc de Berry (assassin\u00e9 en f\u00e9vrier) et de la duchesse de Berry Marie-Caroline, il prendra le nom de comte de Chambord et deviendra \u00ab\u00a0Henri V\u00a0\u00bb pour les royalistes l\u00e9gitimistes.<\/p>\n<p>Le peuple qui se d\u00e9sint\u00e9resse d\u2019une vie politique dont il est exclu au niveau parlementaire se passionne pour l\u2019\u00e9v\u00e9nement. Les Parisiens vont boire 200\u00a0000 bouteilles de Bordeaux en l\u2019honneur de celui qui devrait \u00eatre leur futur roi et ils chantent\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est un gar\u00e7on\u00a0!\u00a0\/ J\u2019ai, dans mon all\u00e9gresse\u00a0\/ Compt\u00e9 deux fois douze coups de canon\u00a0\/ Dans tout Paris on s\u2019agite, on s\u2019empresse\u00a0\/ C\u2019est un gar\u00e7on\u00a0!\u00a0\u00bb La France reste royaliste, m\u00eame si Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, le \u00ab\u00a0Roi-fauteuil\u00a0\u00bb, n\u2019a jamais r\u00e9ussi \u00e0 devenir \u00ab\u00a0le D\u00e9sir\u00e9\u00a0\u00bb comme il le souhaitait.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Enfin, vous r\u00e9gnez\u00a0! Mon fils vous devra sa couronne.\u00a0\u00bb<span id=\"2021\" class=\"cit-num\">2021<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">BERRY<\/span> (1798-1870), \u00e0 Charles X, 26\u00a0juillet\u00a01830. <em>M\u00e9moires de la comtesse de Boigne<\/em> (posthume, 1909)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e8re de l\u2019\u00ab\u00a0enfant du miracle\u00a0\u00bb, elle lit dans <em>Le Moniteur<\/em> le texte des quatre ordonnances \u2013 qualifi\u00e9es de sc\u00e9l\u00e9rates par l\u2019opposition majoritaire. Cette bombe ultra va d\u00e9clencher le lendemain la r\u00e9volution des Trois Glorieuses (journ\u00e9es des 27, 28, 29\u00a0juillet) et la fin du r\u00e8gne des Bourbons\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis-Philippe a grand soin de nos nippes et il nous prend notre couronne.\u00a0\u00bb<span id=\"2062\" class=\"cit-num\">2062<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">BERRY<\/span> (1798-1870), sur le chemin de l\u2019exil avec son beau-p\u00e8re Charles\u00a0X et toute la famille, \u00e0 Vire, 11\u00a0ao\u00fbt 1830. <em>La Cour de Charles\u00a0X<\/em> (1892), Imbert de Saint-Amand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle apprend que Marie-Am\u00e9lie, femme de Louis-Philippe, va lui envoyer une partie de sa garde-robe. Charles\u00a0X, en roi d\u00e9chu, se montre digne et finalement intelligent. Il s\u2019est effac\u00e9 pour faciliter la t\u00e2che du successeur, charg\u00e9 d\u2019annoncer son abdication devant les Chambres le 3\u00a0ao\u00fbt et devenant sans plus d\u2019agitation populaire Louis-Philippe\u00a0Ier. Mais pour la duchesse de Berry, ce n\u2019est qu\u2019une fausse sortie. Elle n\u2019a pas renonc\u00e9 \u00e0 faire valoir les droits de son fils au tr\u00f4ne de France et l\u2019opposition l\u00e9gitimiste causera quelques soucis \u00e0 la nouvelle monarchie orl\u00e9aniste.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madame [\u2026] votre fils est mon roi\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2075\" class=\"cit-num\">2075<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848) \u00e0 la duchesse de Berry (m\u00e8re d\u2019Henri V). <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour Chateaubriand, Louis-Philippe le roi des Fran\u00e7ais n\u2019est qu\u2019un usurpateur. L\u2019auteur sera poursuivi en cour d\u2019assises pour son <em>M\u00e9moire sur la captivit\u00e9 de la duchesse de Berry<\/em> (et acquitt\u00e9 en 1833). Il y rappelle le courage de son h\u00e9ro\u00efne, la duchesse d\u00e9barqu\u00e9e secr\u00e8tement en France le 30\u00a0avril 1832, \u00ab\u00a0\u2009pr\u00e9cipit\u00e9e des d\u00e9lices de la vie dans un ab\u00eeme d\u2019infortune\u2009\u00a0\u00bb, son \u00e9pop\u00e9e vend\u00e9enne o\u00f9 la duchesse \u00ab\u00a0\u2009a bivouaqu\u00e9 dans les bois, dans les marais [\u2026] combattu la nuit [\u2026] travers\u00e9 les rivi\u00e8res \u00e0 la nage, brav\u00e9 les balles de l\u2019ennemi, les pi\u00e8ges des espions\u2009\u00a0\u00bb. Il conclut par cette phrase c\u00e9l\u00e8bre devenue la devise des royalistes\u00a0: \u00ab\u00a0\u2009votre fils est mon roi\u2009\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>De fait, la duchesse tenta de soulever la Provence, puis la Vend\u00e9e pour provoquer un restauration l\u00e9gitimiste. Arr\u00eat\u00e9e le 6\u00a0novembre \u00e0 Nantes, intern\u00e9e au fort de Blaye sous la surveillance du futur mar\u00e9chal Bugeaud, elle accouche en prison d\u2019une fille, fruit d\u2019un mariage secret\u00a0: scandale\u00a0! La branche l\u00e9gitimiste en est discr\u00e9dit\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elle nous a fait toutes cocues\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">BOIGNE<\/span> (1781-1866), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume). Cit\u00e9e aussi dans le <em>Journal<\/em> des fr\u00e8res Goncourt<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La comtesse qui a v\u00e9cu sous onze r\u00e8gnes et r\u00e9gimes diff\u00e9rents et tient toujours salon en royaliste lib\u00e9rale juge s\u00e9v\u00e8rement l\u2019inconduite de la duchesse de Berry, refl\u00e9tant l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit de son clan\u00a0: \u00ab\u00a0Elle a fait son parti cocu\u00a0\u00bb. Le nom du p\u00e8re\u00a0 n\u2019est d\u2019ailleurs pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9. \u00ab\u00a0\u2009Comment voulez-vous qu\u2019on le dise, elle-m\u00eame ne le sait pas\u2009\u00a0\u00bb aurait l\u00e2ch\u00e9 un Chateaubriand quelques peu d\u00e9boussol\u00e9. Pour Louis-Philippe la d\u00e9claration tombe \u00e0 pic\u2009: celle qui se voulait r\u00e9gente de France ne sera donc qu\u2019une aventuri\u00e8re. Certes, mais la \u00ab\u00a0Bonne duchesse\u00a0\u00bb reste dans l\u2019histoire \u00e0 d\u2019autres titres\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les moustaches me poussent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">BERRY<\/span> (1798-1870), Laure Hillerin, <em>La Duchesse de Berry<\/em>, 2010<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est d\u00e9guis\u00e9e en homme et sous le nom de \u00ab\u00a0Petit Pierre\u00a0\u00bb que Marie-Caroline (1m 55 et pas froid aux yeux) d\u00e9barqua d\u2019Angleterre pour rallier la France \u00e0 la cause de son fils. Aventure rat\u00e9e, mais elle a d\u2019autres r\u00e9ussites \u00e0 son actif.<\/p>\n<p>F\u00e9rue d\u2019art, d\u00e8s 17 ans et ses premi\u00e8res ann\u00e9es parisiennes, Marie-Caroline Ferdinande Louise de Bourbon-Deux Siciles encourage les hommes de lettres, les peintres (dont une femme, Hortense Haudebourt-Lescot), les musiciens (Rossini en t\u00eate). Elle commence une collection de manuscrits et volumes imprim\u00e9s\u00a0: avec plus de 8 000 pi\u00e8ces, sa biblioth\u00e8que du ch\u00e2teau de Rosny deviendra l\u2019une des plus spectaculaires de l\u2019\u00e9poque. Femme de go\u00fbt, elle multiplie les commandes d\u2019\u0153uvres remarquables et fait prosp\u00e9rer la Manufacture de porcelaine de S\u00e8vres.<\/p>\n<p>Son mari le duc de Berry (second fils du futur Charles X), vingt ans de plus qu\u2019elle, se laisse entra\u00eener par la d\u00e9licieuse impertinence de sa femme ador\u00e9e qui se moque du qu\u2019en dira-t-on comme de l\u2019\u00e9tiquette royale, des corsets qu\u2019elle d\u00e9teste et des jupes trop longues pour pouvoir marcher. On verra le couple princier monter dans un carrosse public, fl\u00e2ner sur les boulevards parisiens ou faire des emplettes dans une boutique\u2026<\/p>\n<p>Amatrice de voyages et d\u2019exp\u00e9riences nouvelles, elle lance la vogue venue d\u2019Angleterre des bains \u00e0 Boulogne-sur-Mer et \u00e0 Dieppe, premi\u00e8re cit\u00e9 baln\u00e9aire de France vers 1820. Elle pratique ce loisir \u00e0 la belle saison et le popularise aupr\u00e8s de la cour royale et de la bourgeoisie fran\u00e7aise, s\u2019aventurant volontiers sur son Furet (cotre de l\u2019\u00c9tat) avec ses dames de compagnie paniqu\u00e9es lors d\u2019un bref naufrage. Comme l\u2019imp\u00e9ratrice Jos\u00e9phine, f\u00e9rue de botanique la duchesse transforme le parc du ch\u00e2teau de Rosny dans le go\u00fbt \u00ab\u00a0paysagiste anglais\u00a0\u00bb en vogue \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Elle fait planter des milliers d\u2019essences d\u2019arbres, d\u2019arbustes et de fleurs, le peuple de cerfs et de daims, y acclimate des biches naines venues d\u2019Asie centrale et des kangourous. Passionn\u00e9e de fleurs exotiques, elle cr\u00e9e une vaste serre chaude.<\/p>\n<p>La jeune veuve (surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la jolie laide\u00a0\u00bb pour son charme) s\u2019installera ensuite aux Tuileries o\u00f9 elle s\u2019adonne plus que jamais \u00e0 ses plaisirs et joue de son influence. M\u00e9c\u00e8ne de nombreux artistes, adorant le spectacle, elle parraine le Gymnase rebaptis\u00e9 en 1825 \u00ab\u00a0Th\u00e9\u00e2tre de Madame\u00a0\u00bb et vou\u00e9 aux vaudevilles de Scribe. Elle soutient des manufactures et encourage l\u2019\u00e9conomie. Surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la Bonne duchesse\u00a0\u00bb,\u00a0 elle finance de multiples organisations et associations pour aider les victimes de catastrophes naturelles, les n\u00e9cessiteux ou d\u2019anciens serviteurs de la monarchie. Elle enthousiasme Boieldieu qui lui d\u00e9die son op\u00e9ra <em>La Dame Blanche<\/em> en 1825, Chateaubriand qui admire ses audaces ou Alexandre Dumas qui la per\u00e7oit comme l\u2019h\u00e9ro\u00efne d\u2019un futur roman\u2026 Ce que fut sa vie. Un temp\u00e9rament passionn\u00e9 et subversif qui, toute sa vie, n\u2019a cess\u00e9 de provoquer le destin, braver les interdits et bousculer les convenances.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/george_sand_1.jpg\" width=\"450\" height=\"506\"><\/p>\n<h4>2. George Sand (1804-1876), romanci\u00e8re populaire, f\u00e9ministe exemplaire et politiquement engag\u00e9e, c\u2019est \u00ab\u00a0la femme du si\u00e8cle\u00a0\u00bb \u00e0 divers titres.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je travaille la nuit, je monte \u00e0 cheval le jour, je joue au billard le soir, je dors le matin. C\u2019est toujours la m\u00eame vie.\u00a0\u00bb<span id=\":\" class=\"cit-num\">:<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), <em>Correspondance<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle prend aussi le temps d\u2019\u00e9crire des lettres comme tous les Noms de l\u2019\u00e9poque, les plus passionn\u00e9ment romantiques destin\u00e9es \u00e0 son amant terrible, Musset. 26 volumes au total.<\/p>\n<p>Surnomm\u00e9e la\u00a0 Bonne Dame de Nohant, tr\u00e8s populaire par ses romans humanitaires et rustiques, mais ses pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre lui rapportent encore plus. Un acharnement critique et sexiste s\u2019est d\u00e9cha\u00een\u00e9 contre celle qui prit au d\u00e9but de sa carri\u00e8re un pseudonyme masculin (inspir\u00e9 de son amant Jules Sandeau, avec George sans \u00ab\u00a0s\u00a0\u00bb (\u00e0 l\u2019anglaise) pour \u00eatre plus libre (d\u2019\u00e9criture et de m\u0153urs). Infatigable \u00e0 sa table de travail, c\u2019est la Vache \u00e0 encre (selon Baudelaire), la Terrible Vache \u00e0 \u00e9crire (pour Sainte-Beuve qui ne l\u2019aime gu\u00e8re), la Vache laiti\u00e8re au beau style (pour Nietzsche qui ne la supporte pas), Miss Agenda pour sa ponctualit\u00e9 quand il faut remettre sa copie \u00e0 l\u2019\u00e9diteur ou au patron de presse (pour les romans publi\u00e9s d\u2019abord en feuilleton). Elle exasp\u00e9rait Musset son amant de Venise qui ignorait la ponctualit\u00e9, cr\u00e9ant toujours \u00ab\u00a0dans le g\u00e9nie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Sand qui n\u2019a que du talent aime son travail, mais elle doit aussi nourrir sa petite famille (deux enfants), parfois ses amants, ses ami(e)s, entretenir sa ch\u00e8re maison de Nohant, un v\u00e9ritable domaine dans le Berry. Son \u00ab\u00a0f\u00e9minisme\u00a0\u00bb (terme qu\u2019elle contesterait) tient d\u2019abord \u00e0 son ind\u00e9pendance \u00e9conomique et sa libert\u00e9 de m\u0153urs affich\u00e9e. Bien que passionn\u00e9e par la politique, elle ne fut jamais tent\u00e9e de se lancer dans l\u2019ar\u00e8ne comme Hugo et nombre de ses amis ou confr\u00e8res.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c9crivez, pendant que vous avez du g\u00e9nie, pendant que c\u2019est le dieu qui vous dicte, et non la m\u00e9moire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), <em>Correspondance<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans la longue liste de ses amants et ses ma\u00eetresses plus ou moins c\u00e9l\u00e8bres \u00e0 divers titres, il y a deux incontestables g\u00e9nies. Alfred de Musset, jeune romantique et d\u00e9j\u00e0 d\u00e9bauche, baptis\u00e9 l\u2019Enfant du si\u00e8cle, vit avec elle une liaison passionnelle qui d\u00e9fraya la chronique entre 1833 et 1835, l\u2019\u00e9pisode des Amants de Venise divisant le tout Paris de l\u2019\u00e9poque entre \u00ab\u00a0sandistes\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0mussetistes\u00a0\u00bb. Il en tira quelques chefs d\u2019\u0153uvre, elle en fit une d\u00e9pression nerveuse, avant de retrouver sa \u00ab\u00a0f\u00e9roce vigueur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle v\u00e9cut ensuite pr\u00e8s de dix ans avec Fr\u00e9d\u00e9ric Chopin, le Polonais de Paris, compositeur romantique qui affolait les salons, les jeunes filles et un grand public. Sa fragilit\u00e9 attire George (tr\u00e8s maternelle) dont la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 effraie Fr\u00e9deric, pudique et r\u00e9serv\u00e9. Ils seront finalement amants (r\u00e9fugi\u00e9s \u00e0 Majorque), mais c\u2019est \u00e0 Nohant qu\u2019il \u00e9crira nombre de ses chefs d\u2019\u0153uvre, George jouissant sous le grand piano \u00e0 queue. Ils rompront deux avant la mort du plus c\u00e9l\u00e8bre phtisique du si\u00e8cle (avec Marguerite Gautier, alias la Dame aux cam\u00e9lias).<\/p>\n<p>\u00c0 c\u00f4t\u00e9 de ces deux g\u00e9nies, Sand est assez intelligente et sensible pour savoir qu\u2019elle n\u2019a que du talent, mais c\u2019est une force de la nature qui trouve justement ses sources d\u2019inspiration et de consolation\u2026 dans la nature.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La nature est \u00e9ternellement jeune, belle et g\u00e9n\u00e9reuse. Elle poss\u00e8de le secret du bonheur et nul n\u2019a su le lui ravir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), <em>La Mare au diable<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Si l\u2019amour lui inspira ses plus belles lettres (sa <em>Correspondance<\/em> avec Musset fr\u00f4le le g\u00e9nie par harmonie imitative), elle doit ses meilleurs romans \u00e0 la Nature. Sa campagne berrichonne lui fournit les personnages et nourrit ses pages\u00a0: \u00ab\u00a0Le r\u00eave de la vie champ\u00eatre a \u00e9t\u00e9 de tout temps l\u2019id\u00e9al des villes et m\u00eame celui des cours.\u00a0\u00bb Edmond de Goncourt, dans son <em>Journal<\/em>, voit dans ce roman la preuve irr\u00e9futable que \u00ab\u00a0les femmes ont le g\u00e9nie du faux\u00a0\u00bb \u2013 mais c\u2019est une mauvaise langue, comme son fr\u00e8re Jules.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La nature est une \u0153uvre d\u2019art, mais Dieu est le seul artiste qui existe, et l\u2019homme n\u2019est qu\u2019un arrangeur de mauvais go\u00fbt.\u00a0\u00bb Sand s\u2019en \u00e9merveille dans un autre roman presque aussi connu, <em>Fran\u00e7ois le Champi<\/em>\u00a0(1848).<\/p>\n<p>Autre passion de cette riche et forte nature, la Politique. Presque toute sa g\u00e9n\u00e9ration prend feu et flamme pour (ou contre) les r\u00e9volutions de ce <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle explosif \u2013 exception \u00e0 la r\u00e8gle, Th\u00e9ophile Gautier ce \u00ab\u00a0parfait magicien des lettres fran\u00e7aises\u00a0\u00bb (selon Baudelaire) qui affirme la doctrine de \u00ab\u00a0l\u2019art pour l\u2019art\u00a0\u00bb dans la pr\u00e9face de<em> Mademoiselle de Maupin<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019importe que ce soit un sabre ou un goupillon, ou un parapluie qui nous gouverne\u00a0! C\u2019est toujours un b\u00e2ton.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En France particuli\u00e8rement, les mots ont plus d\u2019empire que les id\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), <em>Indiana<\/em> (1832)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Hugo, Lamartine, Michelet, Tocqueville et tous les \u00ab\u00a0Jeunes-France\u00a0\u00bb romantiques se passionnent, parlent, \u00e9crivent \u00e0 l\u2019infini et jonglent avec les mots \u2013 mais c\u2019est aussi au service des id\u00e9es nouvelles. George vibre \u00e0 l\u2019unisson, surtout au lendemain de la r\u00e9volution de 1848 qui donne naissance \u00e0 la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive la R\u00e9publique\u00a0! Quel r\u00eave\u00a0! [\u2026] On est fou, on est ivre, on est heureux de s\u2019\u00eatre endormi dans la fange et de se r\u00e9veiller dans les cieux.\u00a0\u00bb<span id=\"2150\" class=\"cit-num\">2150<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre au po\u00e8te ouvrier Charles Poncy, 9\u00a0mars 1848, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette infatigable nature se pr\u00e9cipite \u00e0 Paris et s\u2019enthousiasme comme ses confr\u00e8res pour la R\u00e9publique. Elle fonde <em>La Cause du Peuple<\/em> (hebdomadaire dont Sartre fera revivre le nom et qui deviendra <em>Lib\u00e9ration<\/em>), elle ne pense plus qu\u2019\u00e0 la politique, le proclame et s\u2019affiche aux c\u00f4t\u00e9s de Barb\u00e8s (\u00e9meutier r\u00e9volutionnaire lib\u00e9r\u00e9 de prison gr\u00e2ce \u00e0 la r\u00e9cente r\u00e9volution), Louis Blanc et Ledru-Rollin (membres du gouvernement provisoire).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le gouvernement est compos\u00e9 d\u2019hommes excellents pour la plupart, tous un peu incomplets et insuffisants \u00e0 une t\u00e2che qui demanderait le g\u00e9nie de Napol\u00e9on et le c\u0153ur de J\u00e9sus.\u00a0\u00bb<span id=\"2155\" class=\"cit-num\">2155<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre au po\u00e8te ouvrier Charles Poncy, mars\u00a01848. <em>L\u2019\u00c9crivain engag\u00e9 et ses ambivalences\u00a0: de Chateaubriand \u00e0 Malraux<\/em> (2003), Herbert R. Lottman<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les \u00ab\u00a0hommes excellents\u00a0\u00bb, Lamartine en t\u00eate, sont des r\u00e9publicains radicaux et surtout mod\u00e9r\u00e9s, d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition sous la Monarchie de Juillet \u2013 Ledru-Rollin, Marie, Dupont de l\u2019Eure, Garnier-Pag\u00e8s, Arago le savant \u2013 ou des journalistes de gauche \u2013 Marrast, r\u00e9dacteur du <em>National<\/em>, Flocon de <em>La R\u00e9forme<\/em> \u2013 et quelques socialistes impos\u00e9s par les forces r\u00e9volutionnaires \u2013 Louis Blanc, Albert, un m\u00e9canicien. Pour eux, le plus dur est \u00e0 venir, mais apr\u00e8s une premi\u00e8re s\u00e9rie de d\u00e9crets les premiers jours, le gouvernement provisoire a d\u00e9j\u00e0 d\u00fb se rendre impopulaire en augmentant les imp\u00f4ts de 45\u00a0%, d\u2019o\u00f9 le m\u00e9contentement des paysans. Toute la province se m\u00e9fie \u00e0 pr\u00e9sent des d\u00e9cisions venues de Paris. Les circulaires du radical Ledru-Rollin passent mal \u00e0 Bordeaux, Besan\u00e7on, Beauvais, Troyes. Il faut la caution de Lamartine pour rassurer les mod\u00e9r\u00e9s qu\u2019effraient aussi les premi\u00e8res manifestations de rues dans la capitale.<\/p>\n<p>George Sand d\u00e9chantera bient\u00f4t, restant une infatigable \u00e9pistoli\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai honte aujourd\u2019hui d\u2019\u00eatre Fran\u00e7aise, moi qui nagu\u00e8re en \u00e9tais si heureuse [\u2026] Je ne crois plus \u00e0 l\u2019existence d\u2019une r\u00e9publique qui commence par tuer ses prol\u00e9taires.\u00a0\u00bb<span id=\"2174\" class=\"cit-num\">2174<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre \u00e0 Charlotte Marliani, juillet\u00a01848.<em> Les \u00c9crivains devant la R\u00e9volution de 1848<\/em> (1948), Jean Pommier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle \u00e9crit ces mots \u00e0 sa confidente et amie, montrant \u00e0 quel point son c\u0153ur est du c\u00f4t\u00e9 des \u00e9meutiers. La \u00ab\u00a0bonne dame de Nohant\u00a0\u00bb n\u2019aura pas la m\u00eame inconditionnalit\u00e9 pour la Commune de Paris en 1871. Mais toujours vigilante et raisonnable sinon raisonneuse, elle se m\u00e9fiera plus encore de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique en ses d\u00e9buts.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je sens une odeur de sacristie qui monte.\u00a0\u00bb<span id=\"2433\" class=\"cit-num\">2433<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), Lettre \u00e0 Flaubert (1873).<em> Cent Ans de R\u00e9publique<\/em> (1970), Jacques Chastenet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le r\u00e9gime d\u2019attente et de conservatisme fait l\u2019objet de tr\u00e8s vives attaques. Les r\u00e9publicains, en province, agitent devant les paysans l\u2019\u00e9pouvantail d\u2019une restauration qui, en m\u00eame temps qu\u2019un roi, risque de ramener la d\u00eeme et les privil\u00e8ges nobiliaires\u00a0! Les bonapartistes, souvent anticl\u00e9ricaux eux aussi, m\u00e8nent \u00e0 nouveau campagne et vont conna\u00eetre un regain de popularit\u00e9 aux \u00e9lections partielles. Le chemin vers une R\u00e9publique plus conforme \u00e0 notre id\u00e9al d\u00e9mocratique est encore long et les passions politiciennes ne cesseront d\u2019agiter la France, pays des droits de l\u2019homme. Quant \u00e0 George Sand, elle est en cela l\u2019h\u00e9riti\u00e8re des Lumi\u00e8res et se m\u00e9fie de la religion \u00ab\u00a0un voile mensonger sur la parole du Christ, une fausse interpr\u00e9tation des sublimes \u00c9vangiles, et un obstacle insurmontable \u00e0 la sainte \u00e9galit\u00e9 que Dieu promet, que Dieu accordera aux hommes sur la terre comme au ciel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je voudrais mourir par curiosit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">George <span class=\"caps\">SAND<\/span> (1804-1876), <em>L\u00e9lia<\/em> (1833)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle refuse la L\u00e9gion d\u2019honneur en 1873 et r\u00e9pond avec humour au ministre Jules Simon qui lui propose la d\u00e9coration\u00a0: \u00ab\u00a0Ne faites pas cela, cher ami\u00a0; non, ne faites pas cela, je vous en prie\u00a0! Vous me rendriez ridicule. Vrai, me voyez-vous avec un ruban rouge sur l\u2019estomac\u00a0? J\u2019aurais l\u2019air d\u2019une vieille cantini\u00e8re\u00a0!\u00a0\u00bb Il est vrai que la jeune romantique est quasi-m\u00e9connaissable sur ses derniers portraits, mais elle reste toujours hyperactive, curieuse de tout et de tous, contrainte d\u2019\u00e9crire pour le th\u00e9\u00e2tre \u00e0 cause d\u2019embarras financiers. Mais d\u00e9j\u00e0 en 1855, son ami (et peintre) Eug\u00e8ne Delacroix jugeait qu\u2019elle \u00ab\u00a0\u00e9crit trop et pour de l\u2019argent\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Elle laisse une \u0153uvre consid\u00e9rable, sinon toujours bien consid\u00e9r\u00e9e\u00a0 (plus de 70 romans, des nouvelles, contes, pi\u00e8ces de th\u00e9\u00e2tre, textes politiques et articles de presse). Mais la femme reste exemplaire par son app\u00e9tit de vie, sa force vitale, sa libert\u00e9 farouche\u2026 comparable en divers points \u00e0 Colette au si\u00e8cle suivant. Les femmes d\u2019aujourd\u2019hui leur doivent autant, sinon plus qu\u2019aux f\u00e9ministes autoproclam\u00e9es.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/juliette_drouet.jpg\" width=\"450\" height=\"477\"><\/p>\n<h4>3. Juliette Drouet (1806-1883), femme back-street passionn\u00e9ment li\u00e9e \u00e0 Hugo pendant plus de 50 ans.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je t\u2019aime, mon grand Toto, je t\u2019aime tous les jours davantage, cela n\u2019est pas possible et cela est cependant sans que je sache moi-m\u00eame comment cela se fait car du premier jour o\u00f9 je t\u2019ai connu je t\u2019ai aim\u00e9 autant qu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. C\u2019est bien vrai, mon ador\u00e9. Je ne me lasse pas de te dire cela, et je crains que tu ne t\u2019ennuies \u00e0 l\u2019entendre.\u00a0\u00bb<span id=\"(\" class=\"cit-num\">(<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Juliette <span class=\"caps\">DROUET<\/span> (1806-1883), Lettre du 26 janvier [1838], vendredi apr\u00e8s-midi 2 h. \u00be<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Et le lendemain\u00a0: \u00ab\u00a0Mon grand Toto, jour [bonjour], mon grand Victor, jour, mon ador\u00e9. C\u2019est ce soir que je vais en entendre de belles sur vous. Sublime, admirable, comme le grand Corneille, un g\u00e9ant, Victor Hugo, grand comme le monde. Bravo\u00a0! Bravo\u00a0!! Bravo\u00a0!!!!! Tout cela me bassinera le c\u0153ur et la t\u00eate et fera dispara\u00eetre tous mes bobos, quitte \u00e0 les reprendre apr\u00e8s la repr\u00e9sentation. Je t\u2019adore, mon Toto. Eux, les hommes, ne font que t\u2019admirer.\u00a0\u00bb 27 janvier [1838], samedi apr\u00e8s-midi 2 h.<\/p>\n<p>Mais le surlendemain\u00a0: \u00ab\u00a0Mon cher petit bien-aim\u00e9, vilain, b\u00eate, m\u00e9chant et menteur de Toto, vous n\u2019\u00eates pas revenu comme vous me l\u2019aviez si bien promis\u2026\u00a0\u00bb 28 janvier 1838, 11 h. \u00bc du soir<\/p>\n<p>Et encore et toujours\u00a0: \u00ab\u00a0Jour [Bonjour], mon Toto. Jour, mon petit o. Jour, mon gros To. Prends garde de laisser mouiller tes \u00e9paules, prends garde d\u2019avoir froid\u2026\u00a0\u00bb 10 f\u00e9vrier 1838, samedi, 6 h. \u00bc du soir.<\/p>\n<p>Juliette Drouet, petite com\u00e9dienne relativement insignifiante va se vouer en 1833 et pour le reste de ses jours \u00e0 son amant surdou\u00e9, tr\u00e8s t\u00f4t promu le plus grand auteur du si\u00e8cle. Il s\u2019engage \u00e0 payer ses dettes et \u00e0 l\u2019entretenir. Il exigera d\u2019elle une vie clo\u00eetr\u00e9e, monacale, ne pouvant sortir qu\u2019en sa compagnie.<\/p>\n<p>Femme <em>back-street<\/em> totalement anachronique \u00e0 notre \u00e9poque du mouvement <em>#MeToo<\/em>, passionn\u00e9ment heureuse et totalement d\u00e9vou\u00e9e, Juliette lui sera toujours fid\u00e8le, enti\u00e8rement vou\u00e9e \u00e0 sa cause, recopiant ses manuscrits, pardonnant toutes ses incartades. Elle l\u2019accompagne dans son exil de vingt ans. Quand sa femme Ad\u00e8le d\u00e9c\u00e8de, Juliette passe encore plus de temps aupr\u00e8s de lui. Elle mourra le 11 mai 1883 et lui deux ans plus tard, le 22 mai 1885. Les cinquante ann\u00e9es de leur incroyable passion se trouvent contenues dans quelque 22 000 lettres \u00e9chang\u00e9es, t\u00e9moignage de cet amour l\u00e9gendaire. Hugo, \u00ab\u00a0Toto\u00a0\u00bb \u00f4 combien infid\u00e8le, resta passionn\u00e9ment \u00e9pris de sa \u00ab\u00a0Juju\u00a0\u00bb \u2013 ainsi qu\u2019il la surnommait dans ses lettres.<\/p>\n<p>On peut (se) poser la question\u00a0: est-ce une vie, pour une femme\u00a0? Non, dans doute. Mais quand l\u2019homme s\u2019appelle Hugo\u2026 C\u2019est assur\u00e9ment un destin hors du commun. Et une passion d\u2019un demi-si\u00e8cle.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/la_malibran.jpg\" width=\"450\" height=\"384\"><\/p>\n<h4>4. La Malibran (1808-1836), diva du si\u00e8cle de l\u2019Op\u00e9ra dont la mort \u00e0 28 ans bouleversa le monde.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Ciel de ses \u00e9lus devient-il envieux\u00a0? <br>Ou faut-il croire, h\u00e9las\u00a0! ce que disaient nos p\u00e8res, <br>Que lorsqu\u2019on meurt si jeune on est aim\u00e9 des dieux\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alfred de <span class=\"caps\">MUSSET<\/span> (1810-1857) <em>Po\u00e9sies nouvelles<\/em>, \u00c0 la Malibran (1837)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019Enfant du si\u00e8cle\u00a0\u00bb romantique fut au nombre de ses admirateurs et ses soupirants, avec Delacroix, Wagner, Rossini, Stendhal, Lamartine\u2026 Mais le monde entier pleura cette jeune morte de 28 ans.<\/p>\n<p>D\u2019origine espagnole, la Malibran est la plus c\u00e9l\u00e8bre cantatrice du si\u00e8cle. D\u2019une remarquable beaut\u00e9, elle acquiert une voix exceptionnelle de colorature au prix d\u2019un travail acharn\u00e9 qui lui permet toutes les acrobaties vocales, sans jamais perdre son timbre velout\u00e9 lui permettant d\u2019exprimer toute la gamme des sentiments.<\/p>\n<p>Elle conna\u00eet une ascension fulgurante et une vie sentimentale tumultueuse, mari\u00e9e \u00e0 moins de 18 ans (pour \u00e9chapper \u00e0 son p\u00e8re) avec Eug\u00e8ne de Malibran, financier quinquag\u00e9naire bient\u00f4t en faillite. Elle lui doit quand m\u00eame sa seconde passion apr\u00e8s l\u2019op\u00e9ra\u00a0: l\u2019\u00e9quitation.<\/p>\n<p>Elle triomphe sur toutes les sc\u00e8nes lyriques, multipliant les r\u00f4les et les tourn\u00e9es, remari\u00e9e avec le violoniste belge Charles-Auguste de B\u00e9riot, son amant depuis six ans et le p\u00e8re de son premier fils. De nouveau enceinte, elle fait une chute de cheval, mais refuse de se soigner pour honorer ses engagements\u00a0: concerts \u00e0 Li\u00e8ge, Aix la Chapelle, Paris, enfin au festival de Manchester. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019elle meurt des suites de l\u2019accident \u2013 formation d\u2019un caillot de sang au cerveau.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Beaut\u00e9, g\u00e9nie, amour furent son nom de femme,<br>\u00c9crit dans son regard, dans son c\u0153ur, dans sa voix.<br>Sous trois formes au ciel appartenait cette \u00e2me.<br>Pleurez, terre\u00a0! Et vous, cieux, accueillez-la trois fois\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse de <span class=\"caps\">LAMARTINE<\/span> (1790-1869), quatrain sur la tombe de La Malibran \u00e0 Bruxelles<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lamartine ne saurait \u00eatre plus lyrique\u00a0! En termes moins romantiques et plus techniques, un musicien lui rend le plus bel hommage.\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Depuis Mozart, on n\u2019a jamais vu de vocation si \u00e9nergiquement prononc\u00e9e pour la musique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Joseph-Ferdinand <span class=\"caps\">HEROLD<\/span> (1791-1833), <em>M\u00e9moires<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Connu avant tout pour ses musiques d\u2019op\u00e9ras et de ballets, il d\u00e9buta comme jeune pianiste virtuose et continua de composer pour cet instrument, mourant peu apr\u00e8s quarante ans de phtisie (tuberculose pulmonaire, le mal du si\u00e8cle).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marie_duplessis.jpg\" width=\"450\" height=\"474\"><\/p>\n<h4>5. Marie Duplessis (1824-1847), phtisique sit\u00f4t immortalis\u00e9e en Marguerite Gautier dans <em>la Dame aux cam\u00e9lias<\/em> (roman et th\u00e9\u00e2tre) et en Violetta dans la <em>Traviata<\/em> de Verdi.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0N\u2019ayant pas encore l\u2019\u00e2ge o\u00f9 l\u2019on invente, je me contente de raconter.\u00a0\u00bb<span id=\";\" class=\"cit-num\">;<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexandre <span class=\"caps\">DUMAS<\/span> fils (1824-1895), <em>La Dame aux Cam\u00e9lias<\/em> (1848), Chapitre premier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 20 ans, il fut l\u2019amant de Marie Duplessis (entre septembre 1844 et ao\u00fbt 1845), premi\u00e8re grande courtisane du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, une femme belle, \u00e9lanc\u00e9e, diaphane, myst\u00e9rieuse et d\u2019apparence fragile, partie de rien et gravissant les \u00e9chelons de la prostitution en un temps record.<\/p>\n<p>Un an apr\u00e8s, la courtisane de 23 ans meurt chez elle (11 boulevard de la Madeleine), ruin\u00e9e, abandonn\u00e9e de tous, hormis un ancien amant et son mari le comte de Perregaux rest\u00e9s \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s. Elle est inhum\u00e9e dans une fosse commune avec les indigents, mais le comte la fait exhumer pour lui assurer au cimeti\u00e8re de Montmartre des fun\u00e9railles d\u00e9centes qui r\u00e9uniront \u2013 malgr\u00e9 la l\u00e9gende \u2013 quelques centaines de personnes, dont naturellement Dumas fils. Sinc\u00e8rement boulevers\u00e9, le jeune romancier lui rendra hommage \u00e0 sa mani\u00e8re, par l\u2019\u00e9criture.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mon avis est qu\u2019on ne peut cr\u00e9er des personnages que lorsque l\u2019on a beaucoup \u00e9tudi\u00e9 les hommes, comme on ne peut parler une langue qu\u2019\u00e0 la condition de l\u2019avoir s\u00e9rieusement apprise (\u2026) J\u2019engage donc le lecteur \u00e0 \u00eatre convaincu de la r\u00e9alit\u00e9 de cette histoire dont tous les personnages, \u00e0 l\u2019exception de l\u2019h\u00e9ro\u00efne, vivent encore. D\u2019ailleurs, il y a \u00e0 Paris des t\u00e9moins de la plupart des faits que je recueille ici, et qui pourraient les confirmer, si mon t\u00e9moignage ne, suffisait pas. Par une circonstance particuli\u00e8re, seul je pouvais les \u00e9crire, car seul j\u2019ai \u00e9t\u00e9 le confident des derniers d\u00e9tails sans lesquels il e\u00fbt \u00e9t\u00e9 impossible de faire un r\u00e9cit int\u00e9ressant et complet.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En bon auteur, Dumas fils transforme quand m\u00eame le personnage de Marie Duplessis en Marguerite Gautier, lui-m\u00eame prenant le nom d\u2019Armand Duval dans le r\u00f4le de l\u2019amant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0H\u00e9las\u00a0! nous nous h\u00e2tions d\u2019\u00eatre heureux, comme si nous avions devin\u00e9 que nous ne pouvions pas l\u2019\u00eatre longtemps (\u2026) Il y avait dans cette femme quelque chose comme de la candeur. On voyait qu\u2019elle en \u00e9tait encore \u00e0 la virginit\u00e9 du vice.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexandre <span class=\"caps\">DUMAS<\/span> fils (1824-1895), <em>La Dame aux Cam\u00e9lias<\/em> (1848)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans cette autofiction avant la lettre, il cr\u00e9e la courtisane id\u00e9ale dont r\u00eavent les hommes et toute la bonne soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle\u00a0: une femme de mauvaise vie mais au grand c\u0153ur, purifi\u00e9e par le miracle de l\u2019amour et par sa mort pr\u00e9coce \u2013 maladie de poitrine, la phtisie (tuberculose pulmonaire), avait une connotation v\u00e9n\u00e9rienne.<\/p>\n<p>Roman \u00e0 succ\u00e8s adapt\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre en 1852, <em>la Dame aux cam\u00e9lias<\/em> marque la naissance de la com\u00e9die de m\u0153urs et le d\u00e9but du r\u00e9alisme sur sc\u00e8ne. Ex dandy devenu grand moraliste, l\u2019auteur \u00e9voquera souvent les probl\u00e8mes sociaux de l\u2019\u00e9poque. Pr\u00e9curseur du f\u00e9minisme, il s\u2019engage \u00e0 sa mani\u00e8re dans la cause des femmes en tentant de participer \u00e0 leur \u00e9mancipation. Dumas fils prend en m\u00eame temps sa revanche sur son p\u00e8re qui avait tant tard\u00e9 \u00e0 le reconna\u00eetre et dont la r\u00e9ussite aussi bien litt\u00e9raire que sociale lui faisait naturellement de l\u2019ombre.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019infortun\u00e9e Marie Duplessis, alias la Dame aux cam\u00e9lias (fleurs pr\u00e9f\u00e9r\u00e9es d\u2019une malade des poumons en raison de l\u2019absence de parfum), elle va conna\u00eetre une glorieuse immortalit\u00e9, adapt\u00e9e en 1853 pour la sc\u00e8ne lyrique et devenue <em>la Traviata<\/em> (la \u00ab\u00a0d\u00e9voy\u00e9e\u00a0\u00bb).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Celui dont les yeux restent secs devant cela n\u2019a pas un c\u0153ur humain dans la poitrine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Gazetta privilegiata di Venezia<\/em>, 6 mars 1853, critique cit\u00e9e dans \u00ab\u00a0La Traviata\u00a0\u00bb, Guide des op\u00e9ras de Verdi, Pascale Saint-Andr\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s un faux d\u00e9part \u00e0 la Fenice de Venise (distribution imparfaite, alors que le r\u00f4le exige une voix de soprano colorature \u00e0 toute \u00e9preuve), la courtisane triomphe sous le nom de Violetta Valery dans la <em>Traviata<\/em>, l\u2019un des op\u00e9ras du r\u00e9pertoire les plus jou\u00e9s au monde. Verdi et son librettiste attitr\u00e9 Francesco Maria Piave ont r\u00e9ussi un chef d\u2019\u0153uvre.<\/p>\n<p>Le personnage tentera d\u2019innombrables artistes. Donnons trois exemples de r\u00e9f\u00e9rence. Sarah Bernhardt, dans<em> la Dame aux cam\u00e9lias<\/em> au th\u00e9\u00e2tre (1880 et diverses reprise, puis un film en 1912) inspirera Maria Callas dans une mise en sc\u00e8ne de <em>la Traviata<\/em> sign\u00e9e Luchino Visconti \u00e0 la Scala de Milan, le 28 mai 1955. En 1936, George Cukor r\u00e9alisa <em>le Roman de Marguerite Gautier<\/em>, interpr\u00e9t\u00e9 par Greta Garbo avec Robert Taylor en Armand Duval.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marie_taglioni.jpg\" width=\"450\" height=\"612\"><\/p>\n<h4>6. Marie Taglioni (1804-1884) cr\u00e9atrice de la <em>Sylphide<\/em> en 1832, arch\u00e9type du \u00ab\u00a0ballet blanc\u00a0\u00bb romantique, triomphe artistique de la femme sur pointes et en tutu.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En v\u00e9rit\u00e9, il n\u2019y avait qu\u2019elle au monde qui dans\u00e2t ainsi.\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">JANIN<\/span> ( 1804-1874), Notice sur la Sylphide, in <em>Les Beaut\u00e9s de l\u2019Op\u00e9ra, ou Chefs-d\u2019\u0153uvre lyriques illustr\u00e9s par les premiers artistes de Paris et de Londres<\/em> (1845)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>N\u00e9e en 1804 \u00e0 Stockholm, Marie Taglioni re\u00e7oit la danse en h\u00e9ritage, avec son grand-p\u00e8re, son p\u00e8re Filippo et son oncle chor\u00e9graphes, sa m\u00e8re Sophie Karsten danseuse, musicienne et peintre, son fr\u00e8re Paolo \u00e9galement danseur.<\/p>\n<p>Elle fait ses premiers pas de danseuse \u00e0 Paris, mais elle a le dos vo\u00fbt\u00e9, les bras trop longs\u2026 et elle manque d\u2019assiduit\u00e9 aux cours. Reste sa sensibilit\u00e9 naturelle et ses inspirations inn\u00e9es sur la musique.<\/p>\n<p>Convaincu de son talent, son p\u00e8re d\u00e9croche un engagement de premi\u00e8re danseuse \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s au Th\u00e9\u00e2tre Imp\u00e9rial de Vienne et revoit sa formation. Pour masquer ses d\u00e9fauts de naissance, ils d\u00e9veloppent une technique particuli\u00e8re dans les ports de bras et les postures de buste \u2013 devenues caract\u00e9ristiques du ballet romantique, avec l\u2019emploi des pointes. Marie n\u2019est pas la premi\u00e8re \u00e0 porter ce type de chaussons, mais \u00e0 force de ma\u00eetrise technique, elle r\u00e9ussit \u00e0 les utiliser sans effort physique apparent. L\u2019illusion d\u2019une suspension a\u00e9rienne est telle que le critique Jules Janin l\u2019imaginera \u00ab\u00a0courant sur les fleurs sans les courber\u00a0\u00bb (<em>Journal des D\u00e9bats<\/em>) Cette artiste incroyable marquera \u00e0 tout jamais l\u2019histoire de la danse.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mademoiselle Taglioni, ce n\u2019\u00e9tait pas une danseuse, c\u2019\u00e9tait la danse m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Th\u00e9ophile <span class=\"caps\">GAUTIER<\/span> (1811-1872), <em>Histoire de l\u2019art dramatique en France depuis vingt-cinq ans<\/em>, (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>12 mars 1832, Marie Taglioni danse le r\u00f4le-titre du ballet-pantomime <em>la Sylphide<\/em>, cr\u00e9\u00e9 par son p\u00e8re sur un livret d\u2019Adolphe Nourrit et une musique de Jean Schneitzhoeffer. Un jeune \u00c9cossais \u00e0 la veille de son mariage voit para\u00eetre en songe une sylphide, f\u00e9e \u00e9vanescente symbolisant l\u2019id\u00e9al f\u00e9minin et la libert\u00e9. Le d\u00e9nouement tragique et la mise en sc\u00e8ne onirique expriment l\u2019inaccessibilit\u00e9 de l\u2019univers de la sylphide toute en voiles blancs et tulle vaporeux\u2026 Pour accentuer le caract\u00e8re immat\u00e9riel de son personnage, la danseuse r\u00e9alise l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 de la chor\u00e9graphie sur pointes, comme si elle volait. Tutu blanc (sign\u00e9 Eug\u00e8ne Lami) et pointes\u00a0(technique perfectionn\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame par Marie)\u00a0: l\u2019arch\u00e9type de la ballerine vient de na\u00eetre.<\/p>\n<p>Critique et public s\u2019enthousiasment\u00a0:<em> la Sylphide<\/em> devient <span class=\"caps\">LE<\/span> ballet romantique de r\u00e9f\u00e9rence, inspirant toute une g\u00e9n\u00e9ration de po\u00e8tes et d\u2019\u00e9crivains dont Th\u00e9ophile Gautier, futur librettiste de <em>Giselle<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019identit\u00e9 m\u00eame de la Taglioni se confond avec l\u2019image de son personnage. Le ph\u00e9nom\u00e8ne va gagner l\u2019ensemble de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0: coiffures, poup\u00e9es, bonbons, biscuits, journaux\u2026 prennent le nom de \u00ab\u00a0Sylphide\u00a0\u00bb. Objets utilitaires, d\u00e9coratifs ou ludiques, reproduisent l\u2019image de la danseuse adul\u00e9e.<\/p>\n<p>La carri\u00e8re de la ballerine se poursuit, invit\u00e9e dans les plus grands th\u00e9\u00e2tres europ\u00e9ens de Londres, Berlin, Milan, Saint-P\u00e9tersbourg. La renomm\u00e9e de \u00ab\u00a0la Taglioni\u00a0\u00bb s\u2019\u00e9tend alors \u00e0 l\u2019Europe enti\u00e8re, de 1832 \u00e0 1847.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Lorsqu\u2019elle entre en sc\u00e8ne, on voit toujours appara\u00eetre ce brouillard blanc ennuag\u00e9 de mousseline transparente, cette vision chaste et \u00e9th\u00e9r\u00e9e que nous connaissons bien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Th\u00e9ophile <span class=\"caps\">GAUTIER<\/span> (1811-1872) Marie Taglioni, <em>Encyclop\u00e9die Universalis<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Taglioni est un g\u00e9nie, si nous nous mettons d\u2019accord pour entendre par ce mot les dons naturels pouss\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 leurs derni\u00e8res limites\u00a0; elle nous montre des ronds de jambe et des ports de bras qui valent de longs po\u00e8mes. Mlle Taglioni est une danseuse chr\u00e9tienne. Elle voltige comme un esprit au milieu des transparentes vapeurs des blanches mousselines dont elle aime s\u2019entourer, elle ressemble \u00e0 une \u00e2me heureuse qui fait ployer \u00e0 peine du bout de ses pieds roses la pointe des fleurs c\u00e9lestes.\u00a0\u00bb Dans une chronique parisienne\u00a0de 1836, il en fera \u00ab\u00a0l\u2019un des plus grands po\u00e8tes de notre temps\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Deux autres ballerines romantiques succ\u00e8deront \u00e0 Marie Taglioni.<\/p>\n<p>L\u2019Italienne Carla (ou Carlotta) Grisi (1819-1899), le jour de ses 22 ans, cr\u00e9era <em>Giselle<\/em> \u00e0 Paris (1841), musique d\u2019Adolphe Adam et livret de Th\u00e9ophile Gautier, \u00ab\u00a0un bijou, po\u00e9tique, musical et chor\u00e9graphique\u00a0\u00bb selon Tcha\u00efkovski. Paysanne na\u00efve \u00e9prise d\u2019Albrecht, Giselle meurt en apprenant qu\u2019il est fianc\u00e9 \u00e0 une princesse. Au second acte, la reine des Wilis (esprits de jeunes filles mortes vierges) le condamne \u00e0 danser jusqu\u2019\u00e0 la mort par \u00e9puisement, mais le fant\u00f4me de Giselle le sauve en dansant avec lui, pour dispara\u00eetre au lever du jour. <br>\u00ab\u00a0Ce r\u00f4le est d\u00e9sormais impossible \u00e0 toute autre danseuse et le nom de Carlotta est devenu ins\u00e9parable de celui de Giselle\u00a0\u00bb \u00e9crira Th\u00e9ophile Gautier, sous le charme de cette danseuse aussi parfaitement belle que technicienne. Le r\u00f4le-titre sera naturellement repris par toutes les \u00e9toiles \u00e0 venir, mais Grisi (avec des cachets de star) r\u00e8gnera sur la sc\u00e8ne qu\u2019elle quitte \u00e0 35 ans, au sommet de sa carri\u00e8re et enceinte d\u2019un prince.<\/p>\n<p>Troisi\u00e8me \u00e9toile, l\u2019Autrichienne Fanny Elssler (1810-1884), la plus com\u00e9dienne et trag\u00e9dienne des trois, subjugue ses contemporains par sa sensualit\u00e9 et sa capacit\u00e9 \u00e0 jouer les situations les plus dramatiques. Tout aussi admiratif de cette nouvelle Giselle, Th\u00e9ophile Gautier salue \u00ab\u00a0la ballerine pa\u00efenne\u00a0\u00bb oppos\u00e9e \u00e0 Taglioni, \u00ab\u00a0ballerine chr\u00e9tienne\u00a0\u00bb, Sylphide incarnant le r\u00eave et la po\u00e9sie sublim\u00e9e. La post\u00e9rit\u00e9 continue de les opposer, mais la comparaison de Gautier r\u00e9sume tout ce que l\u2019on peut en dire\u00a0: \u00ab\u00a0Elssler est la danseuse aim\u00e9e des hommes, comme Mlle Taglioni l\u2019\u00e9tait des femmes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00d4 terre ne p\u00e8se pas trop sur elle, elle a si peu pes\u00e9 sur toi\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9pitaphe sur la tombe de Marie <span class=\"caps\">TAGLIONI<\/span>, cimeti\u00e8re du P\u00e8re Lachaise (94\u00e8me division)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces mots r\u00e9sument le mythe construit sur cette danseuse exceptionnelle et pionni\u00e8re du romantisme.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s vingt-cinq ann\u00e9es de succ\u00e8s ininterrompus, elle quitte la sc\u00e8ne en 1847, pour donner des le\u00e7ons et chor\u00e9graphier son unique ballet en 1860, <em>le Papillon<\/em> sur une musique de Jacques Offenbach.<\/p>\n<p>Mais la cr\u00e9ation f\u00e9minine reste l\u2019objet de fortes censures. Malgr\u00e9 son r\u00e9seau professionnel, elle ne peut obtenir le titre officiel de chor\u00e9graphe, se heurtant \u00e0 des normes de genre qui assignent les femmes \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation des \u0153uvres et les excluent de l\u2019accession \u00e0 l\u2019emploi de ma\u00eetre de ballet.<\/p>\n<p>Il n\u2019emp\u00eache que le <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle romantique marque l\u2019apog\u00e9e artistique de la ballerine, l\u2019homme \u00e9tant souvent rel\u00e9gu\u00e9 au r\u00f4le de \u00ab\u00a0porteur\u00a0\u00bb mettant en valeur sa partenaire. Il prendra sa revanche avec les Ballets russes au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/sophie_rostopchine.jpg\" width=\"458\" height=\"600\"><\/p>\n<h4>7. Comtesse de S\u00e9gur (1799-1874), n\u00e9e Sophie Rostopchine, best-seller de la litt\u00e9rature pour enfants qui d\u00e9bute \u00e0 57 ans et fait miracle dans le genre avec ses \u00ab\u00a0petites filles mod\u00e8les\u00a0\u00bb.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mes Petites Filles mod\u00e8les ne sont pas une cr\u00e9ation\u00a0; elles existent bien r\u00e9ellement\u00a0: ce sont des portraits\u00a0; la preuve en est dans leurs imperfections m\u00eames. Elles ont des d\u00e9fauts, des ombres l\u00e9g\u00e8res qui font ressortir le charme du portrait et attestent l\u2019existence du mod\u00e8le. Camille et Madeleine sont une r\u00e9alit\u00e9 dont peut s\u2019assurer toute personne qui conna\u00eet l\u2019auteur.\u00a0\u00bb<span id=\"\/\" class=\"cit-num\">\/<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">SEGUR<\/span> (1799-1874), <em>Les Petites filles mod\u00e8les<\/em> (1859), Pr\u00e9face<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sophie Rostopchine, n\u00e9e \u00e0 Saint-P\u00e9tersbourg, est la fille du comte F\u00e9dor Rostopchine, g\u00e9n\u00e9ral impliqu\u00e9 dans l\u2019incendie de Moscou lors de la campagne de Russie de Napol\u00e9on (septembre 1812). Tomb\u00e9 en disgr\u00e2ce et forc\u00e9 \u00e0 l\u2019exil en 1814, il fait venir sa famille en France. \u00c0 19 ans, Sophie \u00e9pouse le comte de S\u00e9gur. M\u00e8re de huit enfants, fuyant les mondanit\u00e9s, la comtesse se retire dans sa propri\u00e9t\u00e9 de Nouettes dans l\u2019Orne pour se consacrer \u00e0 ses enfants et petits-enfants.<\/p>\n<p>Elle \u00e9crit ses premi\u00e8res histoires \u00e0 leur intention\u00a0: Les Nouveaux contes de f\u00e9es illustr\u00e9s par Gustave Dor\u00e9,\u00a0 publi\u00e9s par Louis Hachette en 1857 \u2013 cet ami de la famille a obtenu le monopole des biblioth\u00e8ques de gare dans le r\u00e9seau des premiers chemins de fer. Le succ\u00e8s est imm\u00e9diat et la comtesse de S\u00e9gur ne cessera plus d\u2019\u00e9crire ses histoires pour enfants, quelque vingt titres publi\u00e9s dans la nouvelle collection \u00ab\u00a0Biblioth\u00e8que rose\u00a0\u00bb cr\u00e9\u00e9e en 1860 chez Hachette. Les cinq premiers titres totalisent plus de 6 millions d\u2019exemplaires vendus\u00a0: un \u00ab\u00a0long-seller\u00a0\u00bb litt\u00e9raire incontestable et une ic\u00f4ne culturelle durable qui peut \u00eatre diversement comment\u00e9e. Pour s\u2019en tenir \u00e0 une seule question\u00a0: peut-on faire de la bonne litt\u00e9rature avec de bons sentiments\u00a0? Oui et elle le prouve.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On n\u2019avait jamais vu un enterrement plus gai. Il est vrai que la morte \u00e9tait une vieille poup\u00e9e, sans couleur, sans cheveux, sans jambes et sans t\u00eate, et que personne ne l\u2019aimait ni ne la regrettait.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">SEGUR<\/span> (1799-1874), <em>Les Malheurs de Sophie<\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est le premier volume de la c\u00e9l\u00e8bre trilogie qui se poursuit avec <em>Les Petites Filles mod\u00e8les<\/em> et <em>Les Vacances.<\/em><\/p>\n<p>Le r\u00e9cit est tr\u00e8s inspir\u00e9 de sa propre enfance. Sophie a tout pour \u00eatre heureuse, une maman qui veille sur son \u00e9ducation, un papa qui l\u2019adore, un cousin qui la d\u00e9fend toujours, une bonne aux petits soins pour elle, un ch\u00e2teau magnifique\u2026 Mais Sophie n\u2019a rien d\u2019une petite fille mod\u00e8le, au contraire de ses amies Camille et Madeleine. Elle n\u2019en fait qu\u2019\u00e0 sa t\u00eate et invente les pires b\u00eatises. Elle coupe en morceaux les petits poissons de sa m\u00e8re, manque de se br\u00fbler en pataugeant dans la chaux vive, d\u00e9cide de se couper les sourcils pour devenir plus belle\u2026 et fait souffrir le martyr \u00e0 sa poup\u00e9e de cire.\u00a0 Elle accumule les b\u00eatises et fait preuve de vilains d\u00e9fauts, la gourmandise, la paresse, le mensonge. Sa m\u00e8re, inflexible sur les principes d\u2019une bonne \u00e9ducation, ne laissera rien passer \u00e0 la pauvre Sophie forc\u00e9e d\u2019assumer les cons\u00e9quences de ses actes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le fouet est le meilleur des ma\u00eetres [\u2026] et le seul moyen d\u2019\u00e9lever des enfants.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">SEGUR<\/span> (1799-1874), <em>Les Petites filles mod\u00e8les<\/em> (1859)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les vrais\u00a0malheurs de Sophie vont commencer avec Madame Fichini. Sa m\u00e8re \u00e9tant morte dans un naufrage avec sa tante et son oncle, Sophie est \u00e9lev\u00e9e par cette belle-m\u00e8re sadique et stupide qui tente de la dresser, lui infligeant des punitions qui ne font que la rendre encore plus rebelle, querelleuse, menteuse et querelleuse que nature. Heureusement que Madeleine et Camille, les \u00ab\u00a0petites filles mod\u00e8les\u00a0\u00bb, sont l\u00e0 en attendant que leur m\u00e8re, Madame de Fleurville, ne s\u2019interpose avec une autre femme \u00e9galement compr\u00e9hensive et intelligente, Madame de Rosbourg, m\u00e8re de la petite Marguerite moins compr\u00e9hensive face \u00e0 Sophie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mes pauvres enfants, c\u2019est toujours ainsi dans le monde; le Bon Dieu envoie des peines, des chagrins, des souffrances, pour nous emp\u00eacher de trop aimer la vie et pour nous habituer \u00e0 la pens\u00e9e de la quitter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">SEGUR<\/span> (1799-1874), <em>Les Vacances<\/em> (1859)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les grandes vacances sont arriv\u00e9es au ch\u00e2teau de Fleurville. Camille et Madeleine de Fleurville, accompagn\u00e9es de leurs amies Sophie Fichini et Marguerite de Rosbourg accueillent leurs cousins. P\u00eache, chasse aux papillons, construction de cabanes\u2026 Vacances bien remplies et pleines de surprises. La meilleure sera le retour inesp\u00e9r\u00e9 de deux naufrag\u00e9s\u2026 gr\u00e2ce \u00e0 quoi Sophie pourra enfin faire la paix avec son pass\u00e9 difficile.<\/p>\n<p>Tout est bien qui finit bien et moralement. Jusqu\u2019au livre suivant\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous verrez enfin que lorsqu\u2019on aura lu ce livre, au lieu de dire\u00a0: B\u00eate comme un \u00e2ne, ignorant comme un \u00e2ne, t\u00eatu comme un \u00e2ne, on dira\u00a0: De l\u2019esprit comme un \u00e2ne, savant comme un \u00e2ne, docile comme un \u00e2ne, et que vous et vos parents vous serez fiers de ces \u00e9loges.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">SEGUR<\/span> (1799-1874),<em> Les M\u00e9moires d\u2019un \u00e2ne<\/em> (1860)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019\u00e2ne qui s\u2019exprime tout au long de ce roman \u00e0 la premi\u00e8re personne. \u00ab\u00a0Je ne suis pas mauvaise b\u00eate mais je n\u2019aime pas \u00eatre maltrait\u00e9. Aussi je me suis enfui de chez la fermi\u00e8re qui me rouait de coups\u2026 Vivant dans les bois, couchant \u00e0 la belle \u00e9toile, j\u2019ai eu cependant l\u2019occasion de rendre quelques services. J\u2019ai tir\u00e9 une petite fille d\u2019un incendie, secouru une vieille femme\u2026 Ma bonne volont\u00e9 se heurte souvent \u00e0 l\u2019ingratitude des hommes, mais, bah\u00a0! apr\u00e8s tout, il est vrai que je ne suis qu\u2019un \u00e2ne\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Peut-on parler d\u2019anthropomorphisme pour la bonne cause \u2013 la cause animale, naturellement\u00a0? C\u2019est aussi une le\u00e7on d\u2019\u00e9cologie avant la lettre, l\u2019observation d\u2019une b\u00eate victime des pires pr\u00e9jug\u00e9s, qui se r\u00e9v\u00e8le finalement plus humaine (au sens figur\u00e9) que la plupart des gens. L\u2019\u00e2ne m\u00e9taphorique va se retrouver dans un prochain roman.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un \u00e2ne \u00e0 deux pieds peut devenir g\u00e9n\u00e9ral et rester \u00e2ne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Comtesse de <span class=\"caps\">SEGUR<\/span> (1799-1874), <em>Le G\u00e9n\u00e9ral Dourakine<\/em> (1863)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Dourakine est un homme aux col\u00e8res terribles\u2026 qui dissimulent une r\u00e9elle bont\u00e9 et surtout un grand souci de la justice. Revenu \u00e0 Gromiline, en Russie, en compagnie de la famille fran\u00e7aise Derigny, le voil\u00e0\u00a0 contraint d\u2019accueillir en son ch\u00e2teau sa ni\u00e8ce Papofski et ses huit garnements.<\/p>\n<p>Plus d\u2019une fois, la patience du g\u00e9n\u00e9ral sera mise \u00e0 rude \u00e9preuve et il se d\u00e9barrasserait volontiers de cette intruse\u2026 mais il craint qu\u2019elle ne d\u00e9nonce un prince polonais r\u00e9fugi\u00e9 clandestinement au ch\u00e2teau.<\/p>\n<p>Sur le conseil de son fid\u00e8le intendant Derigny, le g\u00e9n\u00e9ral usera d\u2019un subterfuge qui trompe l\u2019odieuse Papofski et lui permet de vivre en France une vieillesse heureuse aupr\u00e8s de ceux qu\u2019il aime. <em>Happy end<\/em> de rigueur.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/victoria.jpg\" width=\"450\" height=\"546\"><\/p>\n<h4>8. Victoria, reine du Royaume-Uni (1819-1901), un mariage d\u2019amour fou, une femme de devoir en 63 ans de r\u00e8gne et l\u2019Entente cordiale avec la France de Louis-Philippe.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La sinc\u00e8re amiti\u00e9 qui m\u2019unit \u00e0 la reine de la Grande-Bretagne et la cordiale entente qui existe entre mon gouvernement et le sien me confirment dans cette confiance.\u00a0\u00bb<span id=\"2115\" class=\"cit-num\">2115<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u2013<span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> (1773-1850), Discours du tr\u00f4ne, 27\u00a0d\u00e9cembre 1843. <em>M\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de mon temps<\/em> (1858-1867), Fran\u00e7ois Guizot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les mots de \u00ab\u00a0cordiale entente\u00a0\u00bb font leur entr\u00e9e dans l\u2019histoire des relations franco-anglaises. Qui l\u2019eut pens\u00e9, il y a quelques si\u00e8cles ou m\u00eame quelques d\u00e9cennies\u00a0? Mais le \u00ab\u00a0Roi des barricades\u00a0\u00bb doit se faire accepter des cours europ\u00e9ennes, le Royaume-Uni (avec l\u2019Empire britannique) est la grande puissance mondiale du si\u00e8cle et l\u2019alliance est indispensable, malgr\u00e9 une certaine anglophobie que l\u2019opposition sait parfois exploiter.<\/p>\n<p>Le 2\u00a0septembre 1843, la reine Victoria a visit\u00e9 Paris. Louis-Philippe lui rendra la politesse \u00e0 Londres en octobre\u00a01844 et replacera la formule\u00a0: \u00ab\u00a0La France ne demande rien \u00e0 l\u2019Angleterre. L\u2019Angleterre ne demande rien \u00e0 la France. Nous ne voulons que l\u2019Entente cordiale.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s deux Guerre de Cent Ans, la premi\u00e8re \u2013 1337-1453, soit 116 ans avec de nombreuses tr\u00eaves \u2013 et la seconde \u2013 1688-1815, soit 127 ans, quand la France soutint contre l\u2019Angleterre sept grandes guerres qui dur\u00e8rent en tout 60 ans -, cette Entente Cordiale tant d\u00e9sir\u00e9e par le tr\u00e8s intelligent Talleyrand s\u2019opposant en cela \u00e0 Napol\u00e9on sera bien utile au <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle, la Grande-Bretagne devenant avec ses colonies l\u2019alli\u00e9 indispensable de la France lors des deux guerres mondiales.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Puisqu\u2019il a plu \u00e0 la Providence de me mettre dans cette position, je ferai tout pour accomplir mon devoir envers mon pays.\u00a0 Je suis tr\u00e8s jeune, et peut-\u00eatre na\u00efve quant \u00e0 de nombreuses affaires, bien que pas toutes\u00a0; mais je suis certaine que tr\u00e8s peu de personnes ont autant de v\u00e9ritable bonne volont\u00e9 et de v\u00e9ritable d\u00e9sir pour faire ce qui est appropri\u00e9 et juste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VICTORIA<\/span>, reine du Royaume-Uni (1819-1901),<em> Journal intime<\/em>, juin 1837<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s la mort sans h\u00e9ritier l\u00e9gitime des trois fr\u00e8res a\u00een\u00e9s de son p\u00e8re, Victoria monte sur le tr\u00f4ne \u00e0 18 ans. Le Royaume-Uni \u00e9tait une monarchie constitutionnelle donnant peu de pouvoir politique au souverain depuis la r\u00e9volution de 1642-1651. En priv\u00e9, Victoria influen\u00e7a pourtant les politiques gouvernementales et les nominations minist\u00e9rielles. En public, elle devint une ic\u00f4ne nationale, assimil\u00e9e aux normes strictes de la morale de l\u2019\u00e9poque. En 1840, elle \u00e9pousa son cousin germain, le prince Albert de Saxe-Cobourg-Gotha.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<span class=\"caps\">JAMAIS<\/span>, <span class=\"caps\">JAMAIS<\/span>, je n\u2019oublierai une telle soir\u00e9e\u00a0!!! <span class=\"caps\">MON<\/span> <span class=\"caps\">TR\u00c8S<\/span> <span class=\"caps\">TR\u00c8S<\/span> <span class=\"caps\">CHER<\/span> Albert\u2026 sa passion et son affection excessives m\u2019ont offert des sensations d\u2019amour et de bonheur divins que je n\u2019aurais jamais esp\u00e9r\u00e9 ressentir auparavant\u00a0! Il m\u2019a serr\u00e9e dans ses bras et nous nous sommes embrass\u00e9s encore et encore\u00a0! Sa beaut\u00e9, sa douceur et sa gentillesse\u00a0; vraiment comment pourrais-je jamais \u00eatre reconnaissante d\u2019avoir un tel mari\u00a0! [\u2026] Le bonheur \u00e9tait incroyable\u00a0! Oh\u00a0! Ce fut le plus beau jour de ma vie\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VICTORIA<\/span>, reine du Royaume-Uni (1819-1901), Journal intime, f\u00e9vrier 1840<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle d\u00e9crit en ces termes le jour de son mariage avec le prince Albert, 10 f\u00e9vrier 1840. Leurs neuf enfants \u00e9pous\u00e8rent des membres de familles royales et nobles europ\u00e9ennes, d\u2019o\u00f9 son surnom de \u00ab\u00a0grand-m\u00e8re de l\u2019Europe\u00a0\u00bb. Veuve en 1861, elle sombra dans une profonde d\u00e9pression et se retira un temps de la vie publique. Le r\u00e9publicanisme gagna en influence, mais sa popularit\u00e9 progressa et ses jubil\u00e9s d\u2019or et de diamant donn\u00e8rent lieu \u00e0 de grandes c\u00e9l\u00e9brations publiques.<\/p>\n<p>Son r\u00e8gne de 63 ans et sept mois est le deuxi\u00e8me le plus long de toute l\u2019histoire du Royaume-Uni apr\u00e8s celui d\u2019\u00c9lizabeth <span class=\"caps\">II<\/span>. Connu sous le nom d\u2019\u00e9poque victorienne (d\u2019ailleurs commenc\u00e9 en 1832), c\u2019est un temps de profonds changements sociaux, \u00e9conomiques et technologiques au Royaume-Uni, avec une rapide expansion de l\u2019Empire britannique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les f\u00e9ministes devraient recevoir un bon coup de fouet\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VICTORIA<\/span>, reine du Royaume-Uni (1819-1901), Lettre dat\u00e9e de 1870. Buckingham Palace, exposition pour les 200 ans de la reine Victoria (2019)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pas f\u00e9ministe pour un shilling\u2026 et peut-\u00eatre choqu\u00e9e par les d\u00e9bordements des premi\u00e8res suffragettes en devenir, en avance sur leurs cons\u0153urs fran\u00e7aises. En m\u00eame temps, Victoria menait de front une carri\u00e8re de monarque et une vie de famille cons\u00e9quente avec neuf enfants, se vantant de poss\u00e9der \u00ab\u00a0un cerveau d\u2019homme\u00a0\u00bb, avec un caract\u00e8re bien affirm\u00e9, comme en t\u00e9moignent ses \u00ab\u00a0mots\u00a0\u00bb les plus c\u00e9l\u00e8bres.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cela ne nous divertit pas.\u00a0\u00bb <em>\u00ab\u00a0We are not amused.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VICTORIA<\/span>, reine du Royaume-Uni (1819-1901) (non sourc\u00e9)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e9primande adress\u00e9e \u00e0 un noble lui relatant une anecdote trop scandaleuse \u00e0 son go\u00fbt. Divers auteurs lui attribuent cette phrase, il n\u2019est pas certain que la reine l\u2019ait r\u00e9ellement prononc\u00e9e, mais tous les mots apocryphes ont un sens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il me parle comme si j\u2019\u00e9tais une r\u00e9union publique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VICTORIA<\/span>, reine du Royaume-Uni (1819-1901). Encyclop\u00e9die Wikimonde \u2013 William Ewart Gladstone<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi parle-t-elle de Gladstone, connu pour sa rivalit\u00e9 avec le dirigeant du Parti conservateur Benjamin Disraeli. Mais il n\u2019avait pas non plus de bonnes relations avec la reine Victoria se plaignant en ces termes, en <span class=\"caps\">VO<\/span>\u00a0: <em>\u00ab\u00a0He always addresses me as if I were a public meeting\u00a0\u00bb<\/em>. Quatre fois chancelier de l\u2019\u00c9chiquier et quatre fois Premier ministre (entre 1868 et 1894), d\u2019abord conservateur, ensuite lib\u00e9ral, Gladstone reste connu comme d\u00e9fenseur des couches populaires et des catholiques irlandais de l\u2019Angleterre victorienne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le plus important, ce n\u2019est pas ce qu\u2019ils pensent de moi, mais ce que je pense d\u2019eux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VICTORIA<\/span>, reine du Royaume-Uni (1819-1901). Buckingham Palace, Exposition pour les 200 ans de la reine Victoria (2019). Cit\u00e9 aussi dans le <em>National Enquirer<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sa s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 s\u2019accentuera apr\u00e8s le d\u00e9c\u00e8s de son \u00e9poux, le prince Albert. Elle r\u00e8gne sur un empire o\u00f9 (dit-on) la nuit ne tombait jamais (comparaison avec l\u2019empire de Charles-Quint, grand adversaire de Fran\u00e7ois Ier sous la Renaissance). L\u2019arri\u00e8re-grand-m\u00e8re de la reine \u00c9lizabeth <span class=\"caps\">II<\/span> \u00e9tait une reine moderne, premier monarque prise en photo, transformant le palais de Buckingham Palace en une maison familiale confortable (avec la f\u00e9e \u00e9lectricit\u00e9) et un lieu de r\u00e9ception des grands de ce monde. Reine en m\u00eame temps que femme de son temps, elle laissera la porte ouverte aux bouleversements soci\u00e9taux \u00e0 venir. \u00ab\u00a0Les grands \u00e9v\u00e9nements me rendent calme et calme\u00a0; ce ne sont que des bagatelles qui m\u2019irritent les nerfs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne jamais se plaindre, ne jamais s\u2019expliquer.\u00a0\u00bb<em> \u00ab\u00a0Never complain, never explain.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VICTORIA<\/span>, reine du Royaume-Uni (1819-1901), conseil donn\u00e9 au futur \u00c9douard <span class=\"caps\">VII<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fils de la reine Victoria, Albert-\u00c9douard resta l\u2019h\u00e9ritier de la Couronne britannique et porta le titre de prince de Galles pendant pr\u00e8s de 60 ans. Durant le long r\u00e8gne de sa m\u00e8re, tenu \u00e0 l\u2019\u00e9cart des questions politiques, il personnifia la riche \u00e9lite aristocratique britannique. Finalement, rien ne change au Royaume-Uni, surtout pas cette maxime<em> so british<\/em>.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>VII. Les femmes historiques du XIXe si\u00e8cle (premi\u00e8re partie) Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs. 1. 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