{"id":9487,"date":"2026-05-25T00:00:00","date_gmt":"2026-05-24T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/femmes-historiques-empire\/"},"modified":"2026-05-25T07:09:28","modified_gmt":"2026-05-25T05:09:28","slug":"femmes-historiques-empire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/femmes-historiques-empire\/","title":{"rendered":"Femmes historiques (Empire)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<h3><span class=\"caps\">VI<\/span>. Empire.<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-6-45.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/madame_mere.jpg\" width=\"450\" height=\"456\"><\/p>\n<h4>1. Madame M\u00e8re (Marie Letizia Ramolino) (1750-1836), la seule femme respect\u00e9e par l\u2019Empereur et capable de tenir t\u00eate \u00e0 son illustre fils.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pourvu que \u00e7a dure.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1848\" class=\"cit-num\">1848<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Madame <span class=\"caps\">M\u00c8RE<\/span>, alias Marie Letizia (ou Laetitia) <span class=\"caps\">RAMOLINO<\/span> (1750-1836). <em>Petit Larousse de l\u2019Histoire de France<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La m\u00e8re de Napol\u00e9on eut treize enfants. Mari\u00e9e \u00e0 14\u00a0ans et morte \u00e0 97, cette forte femme vivra modestement, \u00e0 l\u2019\u00e9cart de la cour. Tr\u00e8s superstitieuse en bonne Corse, on peut imaginer ce qu\u2019elle pensait devant l\u2019incroyable ascension du plus c\u00e9l\u00e8bre de ses fils qui ne manque pas une occasion de distribuer des titres et des terres \u00e0 toute sa grande famille, fr\u00e8res, s\u0153urs et conjoints. Non sans probl\u00e8mes de jalousies, mesquineries, f\u00e2cheries que Napol\u00e9on r\u00e8gle en chef de clan.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u2013 Mais je suis l\u2019empereur\u00a0! <br>\u2013 Oui, mais vous \u00eates mon fils.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Madame <span class=\"caps\">M\u00c8RE<\/span>, alias Marie Letizia (ou Laetitia) <span class=\"caps\">RAMOLINO<\/span> (1750-1836) \u00e0 Napol\u00e9on, <em>Histoires insolites de Napol\u00e9on<\/em> (2015), Marc Lefran\u00e7ois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle refuse l\u2019\u00e9tiquette impos\u00e9e par son fils qui exige qu\u2019on lui baise la main. Napol\u00e9on a beau temp\u00eater, tr\u00e9pigner\u2026 Rien n\u2019y fait.<\/p>\n<p>Elle refuse \u00e9galement de participer \u00e0 la c\u00e9r\u00e9monie du Sacre, trop pompeuse \u00e0 son go\u00fbt et interminable (cinq heures\u00a0!), mais elle est surtout f\u00e2ch\u00e9e de sa brouille avec Lucien, le plus s\u00e9rieux de ses fr\u00e8res. Madame M\u00e8re figure pourtant en bonne place dans <em>Le Sacre<\/em> peint par David\u00a0conform\u00e9ment \u00e0 la volont\u00e9 imp\u00e9riale\u00a0: c\u2019est donc \u00ab\u00a0un faux\u00a0\u00bb magnifique.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/pauline_bonaparte.jpg\" width=\"450\" height=\"355\"><\/p>\n<h4>2. Pauline Bonaparte (1780-1825), \u00ab\u00a0la petite pa\u00efenne\u00a0\u00bb qui multiplie les scandales amoureux, s\u0153ur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de Napol\u00e9on qui la sacre \u00ab\u00a0plus belle femme de son temps\u00a0\u00bb.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les enfants\u00a0? Je pr\u00e9f\u00e8re en commencer cent qu\u2019en terminer un seul\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pauline <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1780-1825),<em> Sorci\u00e8res\u00a0: La puissance invaincue des femmes<\/em> (2018), Mona Chollet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Provocation manifeste, car Pauline est une femme au grand c\u0153ur. Elle fera quand m\u00eame preuve d\u2019un sacr\u00e9 temp\u00e9rament\u00a0!<\/p>\n<p>\u00c0 13 ans, elle a d\u00fb suivre sa m\u00e8re, ses fr\u00e8res et s\u0153urs en France\u00a0: la Corse natale est tomb\u00e9e aux mains des Anglais et la famille a choisi la R\u00e9volution. Apr\u00e8s le si\u00e8ge de Toulon o\u00f9 son fr\u00e8re s\u2019illustre d\u00e9j\u00e0, elle est sit\u00f4t courtis\u00e9e par \u00ab\u00a0Junot la Temp\u00eate\u00a0\u00bb dont Bonaparte ne veut pas entendre parler (bien qu\u2019il soit devenu par la suite son aide de camp), puis par Fr\u00e9ron, v\u00e9t\u00e9ran r\u00e9volutionnaire et possible mari. Mais Fr\u00e9ron a promis le mariage \u00e0 une autre femme et Bonaparte met un terme \u00e0 la relation en faisant venir sa s\u0153ur \u00e0 Milan \u2013 la correspondance entre les deux amants sera publi\u00e9e en 1834. Pauline rencontre Charles Leclerc, l\u2019un des hommes de confiance du futur empereur qui approuve le mariage. Un an plus tard na\u00eet Dermide (son unique enfant). \u00c7a n\u2019emp\u00eache pas Pauline de se plonger dans une spirale de f\u00eates, de frivolit\u00e9s et d\u2019infid\u00e9lit\u00e9s.<\/p>\n<p>En 1801, le chef de la famille (et de la France) envoie son beau-fr\u00e8re aux Cara\u00efbes \u00e0 la t\u00eate de 20\u00a0000 soldats pour r\u00e9primer la r\u00e9volte de Toussaint Louverture \u00e0 la t\u00eate des insurg\u00e9s de Saint-Domingue. Pauline doit suivre son mari avec le petit Dermide. Arriv\u00e9e \u00e0 Port-au-Prince (capitale de l\u2019\u00eele), elle devient le centre de la vie sociale de cette colonie fran\u00e7aise, multipliant les f\u00eates \u00e0 plaisir, Leclerc employant tout son temps \u00e0 r\u00e9primer la r\u00e9bellion, alors que la fi\u00e8vre jaune d\u00e9cime ses troupes.<\/p>\n<p>Pauline, la petite s\u0153ur au grand c\u0153ur, transforme la demeure conjugale en h\u00f4pital de campagne et oblige les habitu\u00e9(e)s de ses salons \u00e0 se d\u00e9vouer comme elle. Mais fin 1802, Leclerc meurt de la fi\u00e8vre jaune. Pauline rentre en France avec Dermide et le corps embaum\u00e9 de son \u00e9poux. Elle porte le deuil juste le temps dict\u00e9 par le protocole et recommence \u00e0 collectionner les amants. Sa liaison avec Talma, l\u2019acteur tragique le plus populaire et l\u2019ami de Napol\u00e9on, d\u00e9clenche un scandale in\u00e9vitable. Pour Napol\u00e9on lanc\u00e9 dans la course \u00e0 l\u2019empire, une r\u00e9putation irr\u00e9prochable s\u2019impose. Il faut donc en finir et marier \u00e0 nouveau cette insupportable s\u0153ur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madame la princesse Borgh\u00e8se [\u2026] la mauvaise saison avance. Les Alpes vont se couvrir de glace. Partez donc pour Rome. Distinguez-vous par votre douceur, votre obligeance envers tout le monde et vos extr\u00eames pr\u00e9venances pour les dames parentes et amies de la maison de votre mari. Conformez-vous aux usages du pays, ne m\u00e9prisez jamais rien, trouvez tout beau, ne dites pas \u201c\u00e0 Paris, il y a mieux que cela\u201d.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), <em>Pauline Bonaparte, l\u2019indomptable s\u0153ur de Napol\u00e9on<\/em> (2021), Mar\u00eda Pilar Queralt Del Hierro (n\u00e9e en 1954)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour couper court \u00e0 la scandaleuse trajectoire amoureuse de \u00ab\u00a0la petite pa\u00efenne\u00a0\u00bb, il lui a trouv\u00e9 en 1803 un autre mari, gage de respectabilit\u00e9\u00a0: le prince Camille Borgh\u00e8se, vivant \u00e0 Rome et dot\u00e9 d\u2019une immense fortune. Ce mariage tiendra Pauline \u00e9loign\u00e9e de Paris, centre de toutes les rumeurs et les tentations. Elle y gagne le titre de <em>principessa<\/em>, une rente annuelle de 70 000 francs, des propri\u00e9t\u00e9s, tout un personnel \u00e0 son service. Mais la jeune mari\u00e9e tarde \u00e0 quitter Paris. Elle re\u00e7oit donc l\u2019ordre de se rendre imm\u00e9diatement \u00e0 Rome. Arriv\u00e9e dans la Ville \u00e9ternelle, elle reprend la vie frivole qu\u2019elle a laiss\u00e9e \u00e0 Paris.<\/p>\n<p>Borgh\u00e8se accepte ce comportement, conscient de ne pouvoir satisfaire sa femme \u2013 cet homme de 28 ans est impuissant. L\u2019arriv\u00e9e d\u2019Auguste de Forbin, peintre noble d\u2019origine proven\u00e7ale, fait chavirer le c\u0153ur de Pauline\u00a0: la belle m\u00e9c\u00e8ne s\u2019\u00e9prend de son artiste et s\u2019enfuie avec son prot\u00e9g\u00e9 dans l\u2019une de ses propri\u00e9t\u00e9s en France.<\/p>\n<p>Le mari tromp\u00e9 fait appel \u00e0 Napol\u00e9on qui met fin \u00e0 la romance, appelant Forbin \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s et lui donnant le titre de baron de l\u2019Empire. Et il admoneste de nouveau sa s\u0153ur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si tu t\u2019obstines \u00e0 mener ce type de vie, ne compte pas sur moi.\u00a0 Je ne te recevrai plus tant que tu n\u2019auras pas cess\u00e9 les d\u00e9saccords avec ton mari. Mets-toi d\u2019accord avec le prince et t\u00e2che de vivre en te montrant digne de mon nom et de ta lign\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Pauline, <em>Pauline Bonaparte, l\u2019indomptable s\u0153ur de Napol\u00e9on<\/em> (2021), Mar\u00eda Pilar Queralt Del Hierro (n\u00e9e en 1954)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette fois, Pauline n\u2019ob\u00e9it pas. Apr\u00e8s son mariage bris\u00e9 avec Borgh\u00e8se, elle affiche sa nouvelle libert\u00e9 de femme en allongeant sa liste d\u2019amants\u00a0: un chef d\u2019orchestre, F\u00e9lix Blangini\u00a0; un commandant de r\u00e9giment de hussards, Armand de Canouville\u00a0; un capitaine de r\u00e9giment de dragons, Achille Tourteau de Septeuil\u00a0; un militaire, le major Duchaud\u2026<\/p>\n<p>En 1804, elle perd son jeune fils Dermide \u00e2g\u00e9 de six ans, qui avait toujours \u00e9t\u00e9 de faible constitution. Mais, le 2 d\u00e9cembre, elle se doit d\u2019assister \u00e0 Notre-Dame de Paris, en pr\u00e9sence du pape Pie <span class=\"caps\">VII<\/span>, au couronnement de son fr\u00e8re devenu Napol\u00e9on Ier, mais aussi de sa belle-s\u0153ur Jos\u00e9phine, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la vieille\u00a0\u00bb par Pauline et ses s\u0153urs. Elles doivent porter la lourde tra\u00eene de la nouvelle imp\u00e9ratrice. Les ex-demoiselles Bonaparte accompliront leur devoir sans gr\u00e2ce et avec une mauvaise volont\u00e9 remarquable. En 1810, le second mariage avec la jeune imp\u00e9ratrice de 19 ans, Marie-Louise d\u2019Autriche, rendra Pauline encore plus jalouse et lui vaudra une brouille avec son fr\u00e8re. Mais rien ne change dans la <em>dolce vita<\/em> de la petite pa\u00efenne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On aime suivre ses voyages de villes en villes, entre centre politique o\u00f9 elle brille sans d\u00e9cider et cit\u00e9s italiennes o\u00f9 elle \u00ab\u00a0fait le spectacle\u00a0\u00bb, parfois sans le contr\u00f4ler\u2026 un beau tableau de deux d\u00e9cennies d\u2019une cour imp\u00e9riale aussi fulgurante que fascinante au regard des autres cours europ\u00e9ennes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Florence de <span class=\"caps\">BAUDUS<\/span> (n\u00e9e en 1946), <em>Pauline Bonaparte, Princesse Borgh\u00e8se<\/em> (2018)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pauline n\u2019a aucun r\u00f4le politique \u2013 elle n\u2019en demande pas tant, contrairement\u00a0au reste de la famille\u00a0! Mais elle incarne avec autant de c\u0153ur que de talent cette cour imp\u00e9riale tant d\u00e9sir\u00e9e par son fr\u00e8re. Et quand l\u2019empereur d\u00e9chu aura besoin de sa pr\u00e9sence en 1814, elle n\u2019h\u00e9sitera pas pour venir \u00e0 son secours.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pauline, la plus belle femme du monde de son temps, a \u00e9t\u00e9 et demeurera jusqu\u2019\u00e0 la fin la meilleures des cr\u00e9atures vivantes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, <em>M\u00e9morial<\/em>, cit\u00e9 dans <em>Var-Matin<\/em>, 12 novembre 2017<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle fut la <em>V\u00e9nus triomphante<\/em> en marbre d\u2019Antonio Canova (1805-1808), command\u00e9e par son mari le prince Borgh\u00e8se au ma\u00eetre n\u00e9o-classique. Canova souhaitait portraiturer Pauline Borgh\u00e8se en Diane, d\u00e9esse pudique. La princesse r\u00e9put\u00e9e pour sa beaut\u00e9 choisit d\u2019incarner V\u00e9nus, d\u00e9esse de l\u2019amour. La statue n\u2019\u00e9tait pas destin\u00e9e \u00e0 \u00eatre montr\u00e9e au grand public, mais elle est tr\u00e8s vite connue et admir\u00e9e, avec un parfum de scandale\u00a0: le bruit court que Pauline a pos\u00e9 nue\u00a0! Expos\u00e9e dans une salle de la villa Borgh\u00e8se o\u00f9 elle dialogue avec le d\u00e9cor plus ancien du plafond repr\u00e9sentant le jugement de P\u00e2ris, elle fascine toujours les amateurs.<\/p>\n<p>L\u2019exil\u00e9 de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne rend aussi hommage \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9 de cette femme qui lui restera fid\u00e8le dans l\u2019adversit\u00e9. Apr\u00e8s l\u2019occupation de Paris par ses ennemis en 1814, Napol\u00e9on est exil\u00e9 sur l\u2019\u00eele d\u2019Elbe. Ceux qui lui doivent leur r\u00e9ussite, dont ses propres parents, semblent l\u2019oublier. Seule Pauline lui rend visite. Quand il revient \u00e0 Paris pour les Cent-Jours, sa s\u0153ur lui donne les pr\u00e9cieux diamants Borgh\u00e8se afin de financer la campagne de Waterloo. Apr\u00e8s la d\u00e9faite, Pauline insiste aupr\u00e8s de Metternich pour partager l\u2019exil de Napol\u00e9on \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, mais en vain.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa mort, Pauline demande de l\u2019aide au pape pour se r\u00e9concilier avec Camille Borgh\u00e8se. Retir\u00e9e dans sa demeure romaine, la petite pa\u00efenne semble en avoir fini avec sa vie frivole, quand un cancer fulgurant l\u2019emporte \u00e0 44 ans. Elle souhaitait \u00eatre inhum\u00e9e en France aux c\u00f4t\u00e9s de son premier mari et de son fils Dermide, mais le prince Borgh\u00e8se d\u00e9cide de l\u2019enterrer dans le panth\u00e9on familial de la basilique romaine Sainte-Marie-Majeure. Parmi les papes et les princes repose la V\u00e9nus victorieuse immortalis\u00e9e par Canova.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/josephine_imperatrice.jpg\" width=\"450\" height=\"345\"><\/p>\n<h4>3. Jos\u00e9phine imp\u00e9ratrice (1763-1814), beaut\u00e9 cr\u00e9ole et femme l\u00e9g\u00e8re qui s\u00e9duit le jeune Bonaparte, \u00ab\u00a0consulesse\u00a0\u00bb de charme, mais imp\u00e9ratrice \u00e0 contremploi, r\u00e9pudi\u00e9e faute d\u2019enfant.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si je gagne les batailles, c\u2019est toi qui gagnes les c\u0153urs.\u00a0\u00bb<span id=\"\u00b0\" class=\"cit-num\">\u00b0<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), phrase souvent cit\u00e9e, jamais sourc\u00e9e, mais tr\u00e8s vraisemblable<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie Jos\u00e8phe Rose Tascher de La Pagerie doit son patronyme \u00e0 son premier mari, Alexandre de Beauharnais guillotin\u00e9 sous la Terreur en 1794. Bonaparte simplifie la s\u00e9rie des pr\u00e9noms du grand amour de sa vie et la baptise Jos\u00e9phine.<\/p>\n<p>La division du travail est parfaite entre les deux \u00e9poux. Le coup d\u2019\u00c9tat du 18 brumaire an <span class=\"caps\">VIII<\/span> (9 novembre 1799) met fin au Directoire et donne les pleins pouvoirs au g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte avec le titre de Premier Consul. Le 11 novembre, le couple quitte la petite maison de la rue de la Victoire pour s\u2019installer au palais du Luxembourg. La g\u00e9n\u00e9rale Bonaparte prend alors le titre de Consulesse (de charme) et devient la premi\u00e8re dame de France. Bonaparte a pris conscience de la fascination que la jolie Cr\u00e9ole exerce sur ceux qu\u2019elle fr\u00e9quente et il a besoin d\u2019elle pour r\u00e9ussir son ascension sociale<\/p>\n<p>Consciente de son nouveau r\u00f4le, la Consulesse suit d\u00e9sormais l\u2019\u00e9toile de Napol\u00e9on, abandonnant (apparemment) sa vie aventureuse pour devenir \u00ab\u00a0Notre-Dame des Victoires\u00a0\u00bb, beau surnom pour un r\u00f4le de composition qu\u2019elle assume tant bien que mal\u00a0: imp\u00e9ratrice. Napol\u00e9on en restera toujours amoureux quoique tr\u00e8s jaloux, ne se s\u00e9parant de sa femme que pour avoir un h\u00e9ritier qu\u2019elle n\u2019est plus en \u00e2ge de lui donner.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le mensonge ne sied qu\u2019aux femmes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">GUTH<\/span> (1910-1997), <em>Moi, Jos\u00e9phine, imp\u00e9ratrice<\/em> (1979)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parfaite h\u00e9ro\u00efne de ce roman historique, sa vie fut v\u00e9ritablement un roman, comme celle de son amie Madame Tallien et de tant d\u2019autres femmes dans cet \u00e9dito historique.<\/p>\n<p>Plus typ\u00e9e\u00a0que nature, enfance martiniquaise et adolescence de Cr\u00e9ole paresseuse, capricieuse et sensuelle, conforme \u00e0 l\u2019image folklorique et au personnage qu\u2019elle ne cessera de jouer\u00a0! Premier mariage malheureux avec le g\u00e9n\u00e9ral de Beauharnais, mais elle sait en tirer profit pour entrer dans le beau monde (comme son amie Madame Tallien). Apr\u00e8s les ge\u00f4les de la R\u00e9volution, c\u2019est une veuve joyeuse qui fait la f\u00eate sous le Directoire. La rencontre avec le jeune et beau Bonaparte transforme cette vie festive et futile en destin parfois lourd \u00e0 porter. Consulesse\u00a0de charme habilement instrument\u00e9e par le Premier Consul, elle s\u2019ennuie dans ce second r\u00f4le impos\u00e9 \u00e0 sa joyeuse nature. Elle jouit des fastes de l\u2019Empire, mais p\u00e2tit de la haine que lui voue la grande famille imp\u00e9riale. La jalousie de l\u2019empereur est motiv\u00e9e par ses mensonges et ses infid\u00e9lit\u00e9s, mais la passion imp\u00e9riale ne faiblit pas et flatte Jos\u00e9phine. Le divorce pour cause de st\u00e9rilit\u00e9 est une \u00e9preuve, mais elle survit. Sa retraite dor\u00e9e \u00e0 la Malmaison est mondaine, joyeuse et co\u00fbteuse pour le budget imp\u00e9rial. Cette fille des \u00eeles meurt \u00e0 50 ans d\u2019une pneumonie.<\/p>\n<p>\u00c0 d\u00e9faut d\u2019un h\u00e9ritier donn\u00e9 \u00e0 l\u2019empereur, elle apporte \u00e0 la France un art de vivre original. Femme de go\u00fbt et curieuse de tout, elle impose \u00e0 sa table un style \u00e0 la fois fastueux et simplissime, m\u00ealant les influences, osant les \u00e9pices exotiques mari\u00e9es \u00e0 la Rome antique. Elle s\u2019allie les grands cuisiniers, choisit les vins les plus prestigieux et fait honneur aux Bordeaux, s\u00e9lectionne les meilleurs produits pour des d\u00eeners inoubliables et cr\u00e9atifs. Collectionnant les services en porcelaine fran\u00e7aise comme les esp\u00e8ces botaniques les plus rares, elle innove naturellement avec une audace gourmande et tr\u00e8s moderne. Elle picorait, faisant attention \u00e0 sa ligne. Elle adorait la p\u00e2tisserie\u00a0qui lui avait tr\u00e8s t\u00f4t g\u00e2t\u00e9 les dents\u00a0: g\u00e2teau d\u2019ananas, meringues, \u00eeles flottantes. Elle nous laisse quelques bonnes recettes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019est aucun sacrifice qui ne soit au-dessus de mon courage, lorsqu\u2019il m\u2019est d\u00e9montr\u00e9 qu\u2019il est utile au bien de la France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1842\" class=\"cit-num\">1842<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821) annon\u00e7ant son divorce au ch\u00e2teau des Tuileries, devant toute la famille imp\u00e9riale, 15\u00a0d\u00e9cembre 1809. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a pris brutalement cette d\u00e9cision qui lui co\u00fbte infiniment, car il est toujours \u00e9pris de Jos\u00e9phine. Mais raison d\u2019\u00c9tat oblige\u00a0: l\u2019empereur, \u00e0 40\u00a0ans, veut un h\u00e9ritier qu\u2019elle n\u2019a pu lui donner.<\/p>\n<p>Les larmes aux yeux, tenant la main de sa femme en pleurs, il lit son discours. \u00ab\u00a0Dieu sait combien une pareille r\u00e9solution a co\u00fbt\u00e9 \u00e0 mon c\u0153ur [\u2026] Ma bien-aim\u00e9e \u00e9pouse a embelli quinze ans de ma vie\u00a0; le souvenir en restera toujours grav\u00e9 dans mon c\u0153ur [\u2026] Qu\u2019elle ne doute jamais de mes sentiments, et qu\u2019elle me tienne toujours pour son meilleur et son plus cher ami.\u00a0\u00bb La sinc\u00e9rit\u00e9 de l\u2019homme ne peut \u00eatre discut\u00e9e. La vie du couple fut cependant orageuse\u00a0: la tr\u00e8s jolie Cr\u00e9ole a beaucoup tromp\u00e9 le jeune et bouillant Bonaparte, l\u2019empereur collectionna ensuite les ma\u00eetresses. La naissance de son premier enfant naturel (le \u00ab\u00a0comte L\u00e9on\u00a0\u00bb) vient de lui prouver que la st\u00e9rilit\u00e9 ne vient pas de lui.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne conservant aucun espoir d\u2019avoir des enfants qui puissent satisfaire les besoins de sa politique et l\u2019int\u00e9r\u00eat de la France, je me plais \u00e0 lui donner la plus grande preuve d\u2019attachement et de d\u00e9vouement qui ait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e sur la terre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1843\" class=\"cit-num\">1843<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JOS\u00c9PHINE<\/span> (1763-1814), r\u00e9pondant \u00e0 Napol\u00e9on, 15\u00a0d\u00e9cembre 1809. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019imp\u00e9ratrice a \u00e9crit ces mots que l\u2019\u00e9motion l\u2019emp\u00eache de lire. Ils sont dits par le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de la famille imp\u00e9riale, le comte Regnault de Saint-Jean d\u2019Ang\u00e9ly. \u00ab\u00a0La dissolution de mon mariage ne changera rien aux sentiments de mon c\u0153ur\u00a0: l\u2019empereur aura toujours en moi sa meilleure amie. Je sais combien cet acte, command\u00e9 par la politique et par de si grands int\u00e9r\u00eats, a froiss\u00e9 son c\u0153ur, mais l\u2019un et l\u2019autre nous sommes glorieux du sacrifice que nous faisons au bien de la patrie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9pudi\u00e9e pour st\u00e9rilit\u00e9, apr\u00e8s deux enfants d\u2019un premier mariage, elle a aujourd\u2019hui 46\u00a0ans. Le lendemain, l\u2019ex-imp\u00e9ratrice quitte les Tuileries pour ne plus jamais y revenir. Largement dot\u00e9e, elle se retire \u00e0 la Malmaison et continue d\u2019\u00e9crire \u00e0 l\u2019empereur qui fait annuler son mariage civil par s\u00e9natus-consulte, d\u00e8s le lendemain, 16\u00a0d\u00e9cembre. L\u2019officialit\u00e9 de Paris fera de m\u00eame pour le mariage religieux, en janvier\u00a01810. Il pourra donc se marier avec Marie-Louise d\u2019Autriche, sans grand amour, mais par devoir\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est un ventre que j\u2019\u00e9pouse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/madame_de_stael_1.jpg\" width=\"450\" height=\"409\"><\/p>\n<h4>4. Madame de Sta\u00ebl (1766-1817), la b\u00eate noire de l\u2019empereur, coupable d\u2019\u00eatre la femme la plus intelligente et la plus libre de son temps.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En France, on ne permet qu\u2019aux \u00e9v\u00e9nements de voter.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1672\" class=\"cit-num\">1672<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817),<em> Des circonstances actuelles qui peuvent terminer la R\u00e9volution et les principes qui doivent fonder la R\u00e9publique en France<\/em> (posthume, 1906)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019adage d\u2019un homme d\u2019esprit qu\u2019elle rapporte pour le conjurer, dans cet ouvrage \u00e9crit en 1798 et dont le titre est tout un programme. Un an apr\u00e8s, le coup d\u2019\u00c9tat de Bonaparte va balayer la r\u00e9forme constitutionnelle et l\u2019\u00e9quilibre des pouvoirs que la fille de Necker et l\u2019\u00e9l\u00e8ve des philosophes \u00e9clair\u00e9s appelait de ses v\u0153ux\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une nation n\u2019a de caract\u00e8re que lorsqu\u2019elle est libre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1697\" class=\"cit-num\">1697<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), <em>De la litt\u00e9rature consid\u00e9r\u00e9e dans ses rapports avec les institutions sociales<\/em> (1800)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille du banquier suisse Necker (ministre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>), c\u2019est l\u2019une des rares voix qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve cette ann\u00e9e-l\u00e0 pour oser d\u00e9noncer le pouvoir de plus en plus absolu du futur empereur. \u00c9pouse de l\u2019ambassadeur de Su\u00e8de en France (Erik Magnus de Sta\u00ebl-Holstein), Mme\u00a0de Sta\u00ebl, fervente lectrice de Rousseau, fut d\u2019abord favorable \u00e0 la R\u00e9volution. Mais elle ne lui pardonne pas la mort du roi, moins encore celle de la reine et la Terreur. Apr\u00e8s trois ans d\u2019exil, elle revient \u00e0 Paris pleine d\u2019espoir et impressionn\u00e9e par le nouveau h\u00e9ros, ce g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte qui va redonner vie \u00e0 l\u2019id\u00e9al r\u00e9volutionnaire de 1789. Le coup d\u2019\u00c9tat du 18\u00a0Brumaire et la Constitution de l\u2019an\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> lui \u00f4tent toutes ses illusions.<\/p>\n<p>Elle le dit, elle l\u2019\u00e9crit, elle se fait d\u00e9tester par le grand homme par ailleurs misogyne, supportant mal l\u2019intelligence et la libre expression d\u2019une femme. D\u2019o\u00f9 son nouvel exil \u2013 dor\u00e9, en Suisse, \u00e0 Coppet sur les bords du lac L\u00e9man, dans le ch\u00e2teau de famille, aupr\u00e8s de son p\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bonaparte, tr\u00e8s en col\u00e8re de l\u2019impassibilit\u00e9 de Paris, a dit \u00e0 ses courtisans r\u00e9unis\u00a0: \u00ab\u00a0Que leur faut-il donc\u00a0?\u00a0\u00bb Et personne ne s\u2019est lev\u00e9 pour lui dire\u00a0: \u00ab\u00a0La libert\u00e9, citoyen consul, la libert\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1723\" class=\"cit-num\">1723<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817). <em>Lettres in\u00e9dites de Mme\u00a0de Sta\u00ebl \u00e0 Henri Meister<\/em> (posthume, 1903)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est \u00e9videmment le genre de v\u00e9rit\u00e9 que le \u00ab\u00a0citoyen consul\u00a0\u00bb et futur empereur ne saurait entendre. Mais l\u2019opposition est discr\u00e8te, la censure imp\u00e9riale y veille et l\u2019opportunisme prudent est quasiment de r\u00e8gle, chez les auteurs qu\u2019on n\u2019appelle pas encore \u00ab\u00a0intellectuels\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voici le second pas fait vers la royaut\u00e9. Je crains que cet homme ne soit comme les dieux d\u2019Hom\u00e8re, qu\u2019au troisi\u00e8me acte il n\u2019atteigne l\u2019Olympe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1729\" class=\"cit-num\">1729<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), jugeant l\u2019irr\u00e9sistible ascension du Premier Consul. <em>Bonaparte<\/em> (1977), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Opposante r\u00e9solue, elle ironise quand le 15\u00a0ao\u00fbt (anniversaire de Bonaparte n\u00e9 sous le signe astral du lion) devient jour de f\u00eate nationale. Le pr\u00e9nom Napol\u00e9on s\u2019inscrit d\u00e9j\u00e0 sur des pi\u00e8ces de monnaie. Le s\u00e9natus-consulte du 4\u00a0ao\u00fbt 1802 (Constitution de l\u2019an X) augmente encore les pouvoirs du Premier Consul \u00e0 vie au d\u00e9triment du l\u00e9gislatif.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019arriv\u00e9e de cette femme, comme celle d\u2019un oiseau de mauvais augure, a toujours \u00e9t\u00e9 le signal de quelque trouble. Mon intention n\u2019est pas qu\u2019elle reste en France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1738\" class=\"cit-num\">1738<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), au Grand Juge R\u00e9gnier (ministre de la Justice). <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il vient d\u2019apprendre le retour de Mme\u00a0de Sta\u00ebl pr\u00e8s de Beaumont-sur-Oise, le 3\u00a0octobre 1803. Il lui donne cinq jours pour partir, sinon, il la fera reconduire \u00e0 la fronti\u00e8re par la gendarmerie.<\/p>\n<p>Les seuls grands talents seront des opposants au r\u00e9gime\u00a0: Chateaubriand hostile \u00e0 Napol\u00e9on apr\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien (1804), Mme\u00a0de Sta\u00ebl, coupable d\u2019\u00eatre la femme la plus intelligente et la plus libre de son temps. Paradoxalement, le personnage de Napol\u00e9on Bonaparte inspirera des chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise et mondiale.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/aimee_de_coigny.jpg\" width=\"321\" height=\"400\"><\/p>\n<h4>5. Aim\u00e9e de Coigny (1769-1820), \u00e9g\u00e9rie du po\u00e8te Ch\u00e9nier, c\u2019est aussi une femme d\u2019esprit qui affiche sa libert\u00e9 et manie la plume avec talent.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Eh bien\u00a0! duchesse, aimez-vous toujours autant les hommes\u00a0?<br>\u2014 Oui Sire, quand ils sont polis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1778\" class=\"cit-num\">1778<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">FLEURY<\/span> (1769-1820), r\u00e9pondant librement \u00e0 <span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), vers 1806.<em> Revue politique et litt\u00e9raire\u00a0: revue bleue<\/em>, volume I (1875)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La duchesse reste dans l\u2019histoire sous le nom d\u2019Aim\u00e9e de Coigny \u2013 muse qui inspira le po\u00e8me de La Jeune Captive \u00e0 Andr\u00e9 Ch\u00e9nier, quelques jours avant l\u2019\u00e9chafaud. Elle \u00e9crira bient\u00f4t ses M\u00e9moires (Journal), comme tant de gens lettr\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019empereur, sa goujaterie est proverbiale. Dans les salons, il ne se g\u00eane pas pour apostropher une dame en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0Cette robe est sale, vous n\u2019en changez donc jamais\u00a0?\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0Quelle d\u00e9ception\u00a0! On m\u2019avait assur\u00e9 que vous \u00e9tiez jolie\u00a0\u00bb. \u00c9tant empereur, personne n\u2019ose lui r\u00e9pliquer, hormis la duchesse de Fleury, revenue d\u2019\u00e9migration avec une r\u00e9putation de galanterie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0M. de Robespierre aimait peut-\u00eatre le peuple, l\u2019humanit\u00e9, etc., mais gu\u00e8re les hommes et pas du tout les femmes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Aim\u00e9e de <span class=\"caps\">COIGNY<\/span> (1769-1820), <em>Journal<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>N\u00e9e \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime, elle se r\u00e9v\u00e8le tr\u00e8s jeune dou\u00e9e pour les \u00e9tudes et les langues, curieuse des affaires politiques et diplomatiques, d\u2019o\u00f9 l\u2019int\u00e9r\u00eat que lui porte Talleyrand attir\u00e9 par les (jeunes) femmes autant que par l\u2019intelligence. Suivant les usages, \u00e0 peine \u00e2g\u00e9e de quinze ans,\u00a0 elle est mari\u00e9e\u00a0 au marquis de Fleury \u00e0 peine plus \u00e2g\u00e9. Cette union brillante lui permet d\u2019\u00eatre admise aux \u00ab\u00a0honneurs de la Cour\u00a0\u00bb. P\u00e9tillante d\u2019esprit et de charme, elle se fait remarquer par sa beaut\u00e9 et son esprit dans la soci\u00e9t\u00e9 des salons et \u00e0 la cour de Versailles, bient\u00f4t surnomm\u00e9e la \u00ab\u00a0Reine de Paris\u00a0\u00bb par Marie-Antoinette qui sait s\u2019entourer. Elle multiplie les conqu\u00eates, profitant du libertinage \u00e0 la mode, caustique et rebelle comme une h\u00e9ro\u00efne des <em>Liaisons dangereuses<\/em> ch\u00e8res \u00e0 Choderlos de Laclos.<\/p>\n<p>Elle profite des lois nouvelles de la R\u00e9publique pour divorcer d\u2019avec le mari joueur et endett\u00e9, par ailleurs \u00e9migr\u00e9 et impliqu\u00e9 dans des complots contre-r\u00e9volutionnaires. Mais en tant qu\u2019aristocrate, elle est arr\u00eat\u00e9e par les sans-culottes. Dans sa ge\u00f4le, elle c\u00f4toie le po\u00e8te Andr\u00e9 Ch\u00e9nier, l\u2019une des derni\u00e8res victimes de la Terreur. Elle \u00e9chappe \u00e0 la guillotine gr\u00e2ce \u00e0 la chute de Robespierre (coup d\u2019\u00c9tat de Thermidor, 27 juillet 1794). Sit\u00f4t libre, son app\u00e9tit pour la vie redouble, ses amants se succ\u00e8dent sous le Directoire, puis l\u2019Empire, la Restauration. Ce sont ses \u00ab\u00a0ann\u00e9es folles\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monsieur de Talleyrand n\u2019est devenu si riche que pour avoir toujours vendu ceux qui l\u2019achetaient.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1918\" class=\"cit-num\">1918<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Aim\u00e9e de <span class=\"caps\">COIGNY<\/span> (1769-1820), <em>Journal<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle m\u00e9prise Talleyrand devenu \u00ab\u00a0le Diable boiteux\u00a0\u00bb, le diplomate des \u00ab\u00a0coups tordus\u00a0\u00bb qui a contribu\u00e9 \u00e0 faire voter par le S\u00e9nat la d\u00e9ch\u00e9ance de Napol\u00e9on Ier son ancien ma\u00eetre et \u00e0 appeler Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> au pouvoir. Quant \u00e0 sa v\u00e9nalit\u00e9, elle n\u2019est pas que l\u00e9gendaire\u00a0! Son train de vie \u00e9tait m\u00eame ostentatoire \u2013 mis au service de sa diplomatie qui fera merveille au Congr\u00e8s de Vienne (1814-1815).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tous les Fran\u00e7ais aiment la France, c\u2019est vrai, mais jamais la m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Aim\u00e9e de <span class=\"caps\">COIGNY<\/span> (1769-1820), <em>Journal<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tr\u00e8s juste remarque s\u2019appliquant aussi bien \u00e0 Talleyrand \u2013 qui malgr\u00e9 ses trahisons s\u2019est toujours pr\u00e9tendu fid\u00e8le \u00e0 la France \u2013 qu\u2019\u00e0 toutes les \u00ab\u00a0girouettes\u00a0\u00bb de ces temps troubl\u00e9s (le mot visant l\u2019auteur Benjamin Constant), tous les opportunistes qui ont travers\u00e9 sept changements de r\u00e9gime en une g\u00e9n\u00e9ration\u00a0! Aim\u00e9e de Coigny (comme Madame de Sta\u00ebl) est une femme trop libre d\u2019esprit et trop volontiers caustique pour se livrer \u00e0 ce genre de calculs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nos g\u00e9n\u00e9raux vaincus ne se tuent pas, ils \u00e9crivent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Aim\u00e9e de <span class=\"caps\">COIGNY<\/span> (1769-1820), <em>Journal<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>H\u00e9ro\u00efne toujours tumultueuse, romanesque, passionn\u00e9e, observatrice impitoyable de ses contemporains, elle a laiss\u00e9 \u00e0 sa mort ce <em>Journal<\/em> saisissant de lucidit\u00e9. Ainsi \u00e9crit-elle en privil\u00e9gi\u00e9e de la nouvelle soci\u00e9t\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0<span class=\"caps\">L\u2019\u00c9<\/span>tat, c\u2019est la providence des gens sans \u00e9tat.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle meurt \u00e0 cinquante ans, dans l\u2019h\u00f4tel de sa parente la marquise de Coigny, une ancienne libertine repentie.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/juliette_recamier.jpg\" width=\"450\" height=\"531\"><\/p>\n<h4>6. Juliette R\u00e9camier (1777-1849), mondaine qui s\u00e9duit peintres et sculpteurs par sa beaut\u00e9, \u00ab\u00a0influenceuse\u00a0\u00bb qui lance les modes, salonni\u00e8re qui r\u00e9unit les plus grands noms politiques, litt\u00e9raires et artistiques du Directoire \u00e0 la Monarchie de juillet.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madame, les dames ont leurs caprices\u00a0; les artistes en ont aussi. Permettez que je satisfasse le mien\u00a0; je garderai votre portrait dans l\u2019\u00e9tat o\u00f9 il se trouve.\u00a0\u00bb<span id=\":\" class=\"cit-num\">:<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DAVID<\/span> (1748-1825), <em>Louis David\u00a0: son \u00e9cole <span class=\"amp\">&amp;<\/span> son temps\u00a0: souvenirs<\/em> (1855), \u00c9tienne Jean Del\u00e9cluze<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>David, peintre officiel et n\u00e9anmoins g\u00e9nial, ex\u00e9cute son portrait en mai 1800. Mais le trouvant trop lent, la belle demande \u00e0 Fran\u00e7ois G\u00e9rard, digne \u00e9l\u00e8ve du ma\u00eetre, de la peindre \u00e0 son tour. Vex\u00e9, David laissera son \u0153uvre inachev\u00e9e. Cest quand m\u00eame un chef d\u2019\u0153uvre qui tr\u00f4ne au mus\u00e9e du Louvre et rend parfaitement justice au charme de Madame R\u00e9camier, c\u00e9l\u00e8bre \u00e0 23 ans pour sa beaut\u00e9 autant que son esprit. Les bustes sculpt\u00e9s de Joseph Chinard tr\u00f4nent toujours au mus\u00e9e de Lyon (sa ville natale), tandis que gravures et dessins abondent, infiniment charmants.<\/p>\n<p>Elle tient salon et r\u00e9unit la brillante soci\u00e9t\u00e9 parisienne dans son h\u00f4tel particulier de la rue du Mont-Blanc (aujourd\u2019hui rue de la Chauss\u00e9e-d\u2019Antin). C\u2019est l\u2019une des premi\u00e8res \u00e0 piocher dans le style grec et antique pour se meubler et se v\u00eatir, contribuant \u00e0 lancer une nouvelle mode de l\u2019Antiquit\u00e9. Bient\u00f4t, toute l\u2019\u00e9lite fran\u00e7aise se consumera dans une passion enfi\u00e9vr\u00e9e pour cette p\u00e9riode qui renouvelle le n\u00e9o-classicisme et pr\u00e9c\u00e8de le romantisme.<\/p>\n<p>Fin 1800, elle rencontre sa plus grande amie, Germaine de Sta\u00ebl, faisant connaissance quelques ann\u00e9es plus tard avec son amant Benjamin Constant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mme R\u00e9camier ne tenait \u00e0 la politique que par son int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9reux pour les vaincus de tous les partis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Benjamin <span class=\"caps\">CONSTANT<\/span> (1767-1830), \u00ab\u00a0Juliette R\u00e9camier ou les secrets d\u2019une dame blanche\u00a0\u00bb, Anne Bernet, <em>La Nouvelle Revue d\u2019Histoire<\/em>, n\u00ba 67, Juillet-Ao\u00fbt 2013<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Romancier \u00e0 la longue carri\u00e8re politique, il sera de tous les partis et saura tr\u00e8s habilement \u00e9viter d\u2019\u00eatre parmi les \u00ab\u00a0vaincus\u00a0\u00bb, mais il saura profiter des relations de Madame R\u00e9camier (en l\u2019occurrence la plus jeune s\u0153ur de Napol\u00e9on, Caroline Bonaparte, \u00e9pouse de Murat, roi de Naples). En revanche, il ne r\u00e9ussira pas \u00e0 devenir son amant.<\/p>\n<p>Depuis le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, la sociabilit\u00e9 est une valeur s\u00fbre et les salonni\u00e8res exercent une influence qu\u2019on imagine mal aujourd\u2019hui. De toutes ces dames, Madame R\u00e9camier est sans doute la plus attachante \u00e0 tout point de vue et peut-\u00eatre la plus influente. C\u2019est d\u00e9j\u00e0 l\u2019une des \u00ab\u00a0Trois Gr\u00e2ces du Directoire\u00a0\u00bb \u2013 avec Jos\u00e9phine de Beauharnais et Madame Tallien.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elle ne fermait sa porte \u00e0 personne en fonction de ses opinions. Surtout, elle ne poss\u00e9dait pas ce talent consistant \u00e0 ne plus conna\u00eetre l\u2019ami ou la relation qu\u2019une disgr\u00e2ce rendait infr\u00e9quentable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Anne <span class=\"caps\">BERNET<\/span> (n\u00e9e en 1962), \u00ab\u00a0Juliette R\u00e9camier ou les secrets d\u2019une dame blanche\u00a0\u00bb,<em> La Nouvelle Revue d\u2019Histoire<\/em>, n\u00ba 67, Juillet-Ao\u00fbt 2013, p. 22<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Qualit\u00e9 rare \u00e0 l\u2019\u00e9poque o\u00f9 la Politique fait la loi et o\u00f9 les r\u00e9gimes se succ\u00e8dent, avec leurs lots de proscrits et de nouveaux arrivistes. Cette g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 lui co\u00fbtera cher, sous l\u2019Empire \u00e0 venir, mais elle saura rebondir et se forger un destin avec l\u2019intelligence du c\u0153ur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00catre prot\u00e9g\u00e9 par Mme R\u00e9camier fut, pendant plus de trente ans, la plus infaillible des recommandations.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9douard <span class=\"caps\">HERRIOT<\/span> (1872-1957), <em>Madame R\u00e9camier et ses amis<\/em> (1904)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Maire de Lyon pr\u00e8s d\u2019un demi-si\u00e8cle, ministre, pr\u00e9sident du Conseil et personnalit\u00e9 (de gauche) incontournable de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, la politique n\u2019a pas emp\u00each\u00e9 Herriot de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 l\u2019histoire et ce livre fut m\u00eame adapt\u00e9 au cin\u00e9ma. Mais la vie de Madame R\u00e9camier vaut surtout par la qualit\u00e9 de son entourage.<\/p>\n<p>N\u00e9e \u00e0 Lyon, fille d\u2019un notaire promu conseiller de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, Jeanne Bernard (qui se fait appeler Juliette) \u00e9pouse en avril 1793 le banquier Jacques-Ros\u00e9 R\u00e9camier, le meilleur ami de la famille\u2026 et sans doute son p\u00e8re naturel. Il est charg\u00e9 de la prot\u00e9ger \u2013 elle a 15 ans et la France vit sous la Terreur. Ils vivront une relation platonique et affectueuse. Ce Lyonnais doit sa fortune aux saisies r\u00e9volutionnaires et aux tripots du Directoire. Il assurera l\u2019emprunt contract\u00e9 par Bonaparte pour son coup d\u2019\u00c9tat du 18 Brumaire (9 novembre 1799) et organisera le financement du nouveau r\u00e9gime, avant une disgr\u00e2ce et de gros revers de fortune.<\/p>\n<p>De son c\u00f4t\u00e9, Madame R\u00e9camier r\u00e9gnera sur l\u2019Acad\u00e9mie, sur les Facult\u00e9s, sur les minist\u00e8res \u00ab\u00a0et il n\u2019y avait pas jusqu\u2019aux b\u00e2tards de son apothicaire et de son portier que cette femme essentiellement bonne et obligeante ne trouv\u00e2t moyen de convenablement caser dans les bureaux des ministres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Son premier salon, dans le superbe H\u00f4tel particulier de la rue du Mont-Blanc, est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s vite et bien fr\u00e9quent\u00e9, devenant l\u2019un des principaux foyers de l\u2019opposition \u00e0 Bonaparte, Premier consul. Napol\u00e9on devenu empereur, Juliette refuse trois fois la place envi\u00e9e de dame d\u2019honneur \u00e0 la cour. Mal lui en prend. Son salon trop politis\u00e9 est finalement ferm\u00e9, elle doit s\u2019exiler (comme son amie Madame de Sta\u00ebl). Elle retourne \u00e0 Lyon, part \u00e0 Rome et refait salon\u2026<\/p>\n<p>Elle rentre \u00e0 Paris apr\u00e8s la chute de Napol\u00e9on, retrouve ses amis et va refaire salon rue d\u2019Anjou. Des revers de fortune conjugale l\u2019obligent \u00e0 d\u00e9m\u00e9nager en 1819 \u00e0 l\u2019Abbaye-aux-Bois \u2013 dans un couvent lou\u00e9 par des s\u0153urs, pr\u00e8s de la rue de S\u00e8vres. Ce sera son dernier refuge et sa plus belle \u00e9poque\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est acqu\u00e9rir des forces que de simplifier sa vie. Mme R\u00e9camier fut plus puissante dans sa cellule de l\u2019Abbaye-aux-Bois qu\u2019elle ne l\u2019avait \u00e9t\u00e9 dans son bel h\u00f4tel\u00a0\u00bb, \u00e9crira Andr\u00e9 Maurois. Et son contemporain Sainte-Beuve confirme.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est de l\u00e0 que son doux g\u00e9nie, d\u00e9gag\u00e9 des complications trop vives, se fit de plus en plus sentir avec bienveillance. On peut dire qu\u2019elle perfectionna l\u2019art de l\u2019amiti\u00e9 et lui fit faire un progr\u00e8s nouveau\u00a0: ce fut comme un bel art de plus qu\u2019elle avait introduit dans la vie, et qui d\u00e9corait, ennoblissait et distribuait tout autour d\u2019elle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">SAINTE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">BEUVE<\/span> (1804-1869), <em>Causeries du lundi<\/em> (1851-1862), tome I<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Encore un fan de Juliette\u00a0! Et pourtant, souvent misogyne, Sainte-Beuve passe pour le plus terrible des critiques litt\u00e9raires en son temps. Mais il s\u2019incline devant cette exception \u00e0 la r\u00e8gle\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019esprit de parti \u00e9tait alors dans sa violence. Elle d\u00e9sarmait les col\u00e8res\u00a0; elle adoucissait les asp\u00e9rit\u00e9s\u00a0; elle vous \u00f4tait la rudesse et vous inoculait l\u2019indulgence.\u00a0\u00bb De fait, une femme, si elle intelligente, belle, un peu coquette et sait \u00e9couter, peut beaucoup sur les passions des hommes\u00a0: \u00ab\u00a0Elle obtient tout parce qu\u2019elle n\u2019exige rien.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Elle exige quand m\u00eame une neutralit\u00e9 politique de la part de ses invit\u00e9s\u00a0! Son salon devient alors plus culturel, plus litt\u00e9raire et artistique. Pendant vingt ans, ses r\u00e9ceptions, souvent pr\u00e9sid\u00e9es par Chateaubriand, attirent les esprits les plus brillants de l\u2019\u00e9poque\u00a0: Victor Cousin, Edgar Quinet, Tocqueville, de jeunes \u00e9crivains comme Lamartine, Sainte-Beuve, Balzac, des artistes comme Fran\u00e7ois G\u00e9rard, Antonio Canova, des acteurs stars, Talma et Rachel.<\/p>\n<p>Les amours de Chateaubriand et de Mme R\u00e9camier prirent un caract\u00e8re c\u00e9r\u00e9monieux et public, observ\u00e9s par tout-Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On tombe d\u2019amour \u00e0 ses pieds et l\u2019on y est encha\u00een\u00e9 par le respect.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848) parlant de Madame R\u00e9camier, <em>Madame R\u00e9camier et ses amis<\/em> (1924), \u00c9douard Herriot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il l\u2019a rencontr\u00e9e en 1817 et leur liaison passionn\u00e9e se transformera en une amiti\u00e9 amoureuse jusqu\u2019\u00e0 la mort du po\u00e8te devenu son voisin. Juliette fait remarquer avec humour\u00a0: \u00ab\u00a0Les autres s\u2019occupaient de moi, M. de Chateaubriand exigeait que je m\u2019occupe de lui.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Victor Hugo rapporte que \u00ab\u00a0M. de Chateaubriand, au commencement de 1847, \u00e9tait paralytique\u00a0; Mme R\u00e9camier \u00e9tait aveugle. Tous les jours, \u00e0 trois heures, on portait M. de Chateaubriand pr\u00e8s du lit de Mme R\u00e9camier. La femme qui ne voyait plus cherchait l\u2019homme qui ne sentait plus.\u00a0\u00bb (<em>Choses vues<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0M. de Chateaubriand \u00e9tait l\u2019orgueil de ce salon, mais elle en \u00e9tait l\u2019\u00e2me, et c\u2019est elle qu\u2019il faudrait t\u00e2cher de montrer \u00e0 ceux qui ne l\u2019ont pas connue\u00a0; car vouloir la rappeler aux autres est inutile, et la leur peindre est impossible.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">SAINTE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">BEUVE<\/span> (1804-1869), <em>Causeries du lundi<\/em> (1851-1862), tome I<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De nouveau, elle trouve gr\u00e2ce devant le plus redoutable critique de son \u00e9poque. Et en plus, Juliette pratiquait l\u2019humour quotidien, mais jamais m\u00e9chant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon chien est insupportable, mais je le garde pour des raisons sentimentales\u00a0: mon mari le d\u00e9teste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Juliette <span class=\"caps\">RECAMIER<\/span> (1777-1849), <em>Le Chien, Histoire d\u2019un objet de compagnie<\/em> (2013), Victoria Vanneau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son mari tr\u00e8s paternel mourut en 1830, mais il est \u00e9vident qu\u2019elle garda son chien. Rendue aveugle par la cataracte et quasiment en retraite de la vie parisienne, elle mourut \u00e0 72 ans d\u2019une \u00e9pid\u00e9mie de chol\u00e9ra qui ravageait son quartier, moins d\u2019un an apr\u00e8s son plus illustre et fid\u00e8le ami, Chateaubriand.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/madame_royale_marie-therese_de_france.jpg\" width=\"450\" height=\"566\"><\/p>\n<h4>7. Madame Royale (Marie-Th\u00e9r\u00e8se de France) (1778-1851), dernier enfant de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> et Marie-Antoinette, idole des royalistes et poursuivie par son pass\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 la fin de sa vie.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Marie-Th\u00e9r\u00e8se-Charlotte est la plus malheureuse personne du monde.\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie-Th\u00e9r\u00e8se de <span class=\"caps\">FRANCE<\/span> (1778-1851), <em>M\u00e9moires de Marie-Th\u00e9r\u00e8se, duchesse d\u2019Angoul\u00eame<\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 15 ans, elle tracera ces mots sur les murs de sa prison, entre autres graffitis\u00a0: \u00ab\u00a0Marie-Th\u00e9r\u00e8se-Charlotte est la plus malheureuse personne du monde. Vive ma bonne m\u00e8re que j\u2019aime bien et dont je ne peux savoir des nouvelles. \u00d4 Mon dieu, pardonnez \u00e0 ceux qui ont fait mourir mes parents. \u00d4 mon p\u00e8re, veillez sur moi du haut du Ciel. \u00d4 mon Dieu, pardonnez \u00e0 ceux qui ont fait souffrir mes parents.\u00a0\u00bb T\u00e9moignages vibrants de sa captivit\u00e9.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0<span class=\"caps\">L\u2019O<\/span>rpheline du Temple\u00a0\u00bb est d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre. Ses admirateurs louent un appartement en face de la prison\u00a0: on la scrute pour rendre compte de ses faits et gestes quotidiens. Elle devient l\u2019h\u00e9ro\u00efne de chansons, po\u00e8mes et r\u00e9cits au go\u00fbt du jour. R\u00e9v\u00e9r\u00e9e et ador\u00e9e de ses partisans, c\u2019est le meilleur atout de la propagande royaliste. Ce pass\u00e9 tragique poursuivra sa vie durant \u00ab\u00a0Madame Royale\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si l\u2019on avait fait davantage confiance \u00e0 Monsieur de La Fayette, mes parents seraient encore en vie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1354\" class=\"cit-num\">1354<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie-Th\u00e9r\u00e8se de <span class=\"caps\">FRANCE<\/span>, devenue duchesse d\u2019<span class=\"caps\">ANGOUL\u00caME<\/span> (1778-1851). Phrase non sourc\u00e9e, peut-\u00eatre apocryphe<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille a\u00een\u00e9e de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> et de Marie-Antoinette, seule survivante des enfants royaux, lib\u00e9r\u00e9e \u00e0 17 ans, elle reconna\u00eetra le r\u00f4le jou\u00e9 par le h\u00e9ros tr\u00e8s populaire de la R\u00e9volution en ses d\u00e9buts, tr\u00e8s discut\u00e9 ensuite par les contemporains comme par les historiens. La reine finit pourtant par le prendre en haine (apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la fuite \u00e0 Varennes en juin\u00a01791)\u00a0: \u00ab\u00a0Je sais bien que M. de Lafayette nous prot\u00e8ge, mais qui nous prot\u00e9gera de M. de La Fayette\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ses souffrances sont mont\u00e9es si haut, qu\u2019elles sont devenues une des grandeurs de la r\u00e9volution.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Confirmant ce grand t\u00e9moin de l\u2019histoire, la duchesse de Dino affirme en 1833\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est, incontestablement, la personne la plus poursuivie par le sort que l\u2019histoire puisse offrir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Nomm\u00e9e \u00ab\u00a0Madame\u00a0\u00bb (ou \u00ab\u00a0Madame Royale\u00a0\u00bb pour la distinguer de l\u2019autre Madame, la comtesse de Provence, belle-s\u0153ur du roi), premier enfant du couple royal, n\u00e9e apr\u00e8s plus de huit ans de mariage, sa m\u00e8re Marie-Antoinette l\u2019appelle tendrement \u00ab\u00a0Mousseline la S\u00e9rieuse\u00a0\u00bb, beaucoup plus r\u00e9fl\u00e9chie que \u00ab\u00a0Coco d\u2019amour\u00a0\u00bb le Dauphin. Son pr\u00e9nom, Marie-Th\u00e9r\u00e8se, lui vient de sa grand-m\u00e8re maternelle, l\u2019imposante imp\u00e9ratrice Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Autriche.<\/p>\n<p>Venue au monde sous les meilleurs auspices, la fille de roi dont la naissance est c\u00e9l\u00e9br\u00e9e dans la France enti\u00e8re conna\u00eet tr\u00e8s t\u00f4t le malheur. Chass\u00e9e du ch\u00e2teau de Versailles \u00e0 11 ans, aux journ\u00e9es r\u00e9volutionnaires d\u2019octobre 1789, elle est d\u2019abord men\u00e9e aux Tuileries, puis enferm\u00e9e \u00e0 la prison du Temple avec le reste de sa famille en 1792.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Th\u00e9r\u00e8se Capet\u00a0\u00bb vient d\u2019avoir 14 ans lorsque son p\u00e8re, le roi Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, est condamn\u00e9 \u00e0 mort puis ex\u00e9cut\u00e9 le 21 janvier 1793. C\u2019\u00e9tait lui qui s\u2019occupait d\u2019elle avec le plus d\u2019amour et d\u2019intelligence humaine. Quelques mois plus tard, elle est s\u00e9par\u00e9e de sa m\u00e8re transf\u00e9r\u00e9e \u00e0 la Conciergerie, jug\u00e9e et guillotin\u00e9e le 16 octobre de la m\u00eame ann\u00e9e. Laiss\u00e9e seule avec sa tante paternelle, Madame \u00c9lisabeth (guillotin\u00e9e \u00e0 son tour le 10 mai 1794), \u00e9loign\u00e9e de son petit fr\u00e8re Louis confi\u00e9 \u00e0 un \u00ab\u00a0instituteur\u00a0\u00bb r\u00e9volutionnaire, on peut imaginer les souffrances de la jeune fille totalement solitaire. \u00c0 sa lib\u00e9ration, elle ne saura m\u00eame plus articuler un mot\u2026<\/p>\n<p>La mort du dauphin (8 juin 1795) \u00e9meut l\u2019opinion publique et une partie de la presse r\u00e9clame la lib\u00e9ration de la captive. Devenue figure romantique et tragique, Marie-Th\u00e9r\u00e8se-Charlotte est pr\u00e9sent\u00e9e comme un personnage politiquement n\u00e9gligeable et inoffensif. La loi salique l\u2019excluant de toute pr\u00e9tention \u00e0 la couronne de France, on demande sa lib\u00e9ration au nom des droits de l\u2019homme, de la piti\u00e9 et de l\u2019humanit\u00e9. Des brochures et des pamphlets circulent, cependant que les journaux royalistes ou mod\u00e9r\u00e9s publient des plaidoyers en sa faveur. La R\u00e9publique se doit de traiter Madame Royale, sinon comme une princesse, du moins comme une femme parmi les autres. Mais ce n\u2019est pas une femme comme les autres\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Belle, dit-on, comme la rose qui vient d\u2019\u00e9clore.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>M\u00e9moire adress\u00e9 \u00e0 la Nation pour Marie-Th\u00e9r\u00e8se Charlotte de Bourbon, fille de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span><\/em> (2017), publi\u00e9 par Claude-Fran\u00e7ois Beaulieu<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Princesse \u00e9plor\u00e9e descendante des deux plus grandes dynasties d\u2019Europe (France et Autriche), elle inspire complaintes et des romances. Elle est compar\u00e9e r\u00e9guli\u00e8rement \u00e0 la rose et \u00e0 la colombe, la premi\u00e8re ornement dynastique et la seconde symbole de puret\u00e9. Ces \u00e9crits exaltent un portrait hors du temps, \u00e9voquant un personnage l\u00e9gendaire de conte de f\u00e9es, d\u00e9crite comme une princesse \u00ab\u00a0id\u00e9ale\u00a0\u00bb par sa douceur, sa patience et sa modestie \u2013 son caract\u00e8re se r\u00e9v\u00e8lera tout autre.<\/p>\n<p>Son quotidien est d\u00e9cortiqu\u00e9 dans les journaux\u00a0: on s\u2019int\u00e9resse aux gens qui la visitent, \u00e0 sa belle chevelure naturelle. On fait un sort \u00e0 ses compagnons d\u2019infortune \u2013 une ch\u00e8vre et le chien Coco qui appartenait \u00e0 son fr\u00e8re. Ces animaux au caract\u00e8re loyal contrastent avec l\u2019ingrate cruaut\u00e9 des hommes contre \u00ab\u00a0la jeune infortun\u00e9e\u00a0\u00bb, h\u00e9ro\u00efne de la propagande antir\u00e9volutionnaire au destin tragique, pers\u00e9cut\u00e9e, consum\u00e9e par son d\u00e9sespoir, enferm\u00e9e plus de trois ans dans une tour sinistre et pensant \u00e0 la mort des \u00eatres aim\u00e9s. On la rattache \u00e0 la po\u00e9tique des tombeaux dont elle est l\u2019unique gardienne, en \u00e9cho avec le vandalisme r\u00e9volutionnaire. M. D\u2019Albin l\u2019\u00e9crit dans un po\u00e8me\u00a0: \u00ab\u00a0Ces palais sont couverts du sang de sa famille\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis de France, ne l\u2019oubliez pas\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Madame <span class=\"caps\">ROYALE<\/span> (1778-1851) \u00e0 l\u2019ambassadeur de France, \u00e0 B\u00e2le. <em>Mousseline la S\u00e9rieuse<\/em> (2016), Sylvie Yvert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s le coup d\u2019\u00c9tat de Thermidor, la Terreur n\u2019est plus de mise sous la Convention. Plut\u00f4t que de la guillotiner, Barras souhaite la garder en petite monnaie d\u2019\u00e9change contre d\u2019autres prisonniers. Elle sera lib\u00e9r\u00e9e le 19 d\u00e9cembre 1795, jour de ses 17 ans. L\u2019Autriche se sent oblig\u00e9e de la prendre. Exil\u00e9e, son c\u0153ur ne bat que pour la France, elle r\u00eave d\u2019un retour \u00e0 l\u2019Ancien R\u00e9gime et voulait \u00eatre enterr\u00e9e \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ses parents.<\/p>\n<p>Elle refuse le mariage avec l\u2019archiduc Charles-Louis, fr\u00e8re de l\u2019empereur et valeureux officier, mais \u00ab\u00a0un ennemi de la France\u00a0\u00bb dit-elle. Elle \u00e9pouse \u00e0 20 ans, le 10 juin 1799, un autre de ses cousins germains, Louis Antoine d\u2019Artois, duc d\u2019Angoul\u00eame, fils a\u00een\u00e9 du futur Charles X. Louis de France sera le seul homme de sa vie. Elle n\u2019\u00e9prouve pas d\u2019attirance lors de leur rencontre, mais il n\u2019a cess\u00e9 de lui d\u00e9clarer son amour par une correspondance \u00e9pistolaire de trois ann\u00e9es. Ils se trouveront progressivement des points en commun. Leur union durera 45 ans, malheureusement sans enfant pour une succession r\u00eav\u00e9e\u2026<\/p>\n<p>Elle reste tr\u00e8s discr\u00e8te, timide comme son p\u00e8re, supportant mal d\u2019\u00eatre devenue le point de mire de tous les regards (royalistes). Elle d\u00e9teste qu\u2019on la regarde comme une relique ou un souvenir de ses parents royaux guillotin\u00e9s. Les yeux plaintifs de la Cour en exil, les \u00e9vanouissements de certains, l\u2019idol\u00e2trie devant\u00a0 \u00ab\u00a0ce qui nous reste de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>\u00a0\u00bb\u2026 tout cela l\u2019exasp\u00e8re. Instrumentalis\u00e9e par son oncle le futur Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> qui utilise son image de \u00ab\u00a0martyre de la R\u00e9volution\u00a0\u00bb pour rallier les royalistes et int\u00e9resser les souverains europ\u00e9ens \u00e0 sa cause,\u00a0 Madame est bien malgr\u00e9 elle la v\u00e9ritable reine de la petite cour en exil.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si la couronne \u00e9tait de roses, je l\u2019offrirais volontiers \u00e0 ma ni\u00e8ce. Elle est d\u2019\u00e9pines, je la garde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> (1755-1824), <em>Madame Royale<\/em> (1999), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec un humour qui lui est propre, le roi rend ainsi hommage \u00e0 la popularit\u00e9 de Madame Royale, tr\u00e8s sup\u00e9rieure \u00e0 la sienne.\u00a0<\/p>\n<p>Rentr\u00e9e en France en 1814 lors de la Restauration, apr\u00e8s vingt ann\u00e9es d\u2019exil, Marie-Th\u00e9r\u00e8se, 36 ans, d\u00e9fend farouchement la monarchie, plus proche des id\u00e9es conservatrices de son beau-p\u00e8re, le comte d\u2019Artois. En 1815, pendant les Cent-Jours, elle se trouve \u00e0 Bordeaux o\u00f9 elle tente d\u2019organiser la r\u00e9sistance \u00e0 Napol\u00e9on de retour, alors que le roi s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 en terre \u00e9trang\u00e8re, exil\u00e9 \u00e0 Gand (Belgique). Napol\u00e9on, admiratif, voit en elle \u00ab\u00a0le seul homme de la famille\u00a0\u00bb\u2026 et la laisse s\u2019embarquer pour l\u2019Angleterre.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s les Cent-Jours, elle s\u2019oppose \u00e0 la politique lib\u00e9rale de son oncle Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, tout en r\u00e9prouvant les id\u00e9es r\u00e9actionnaires du comte d\u2019Artois, son beau-p\u00e8re devenu Charles X en 1824. \u00c0 46 ans, Marie-Th\u00e9r\u00e8se devient dauphine \u2013 comme sa m\u00e8re jadis. Ce sera la derni\u00e8re dauphine de France. <br>Quand arrive la R\u00e9volution de 1830, Charles X abdique \u00e0 contrecoeur en faveur de son fils auquel il ordonne d\u2019abdiquer en faveur de son neveu le petit duc de Bordeaux. Dans ce chaos monarchique, Marie-Th\u00e9r\u00e8se de France sera reine quelques minutes\u2026 Avant un troisi\u00e8me et dernier exil de la famille royale, en \u00c9cosse.<\/p>\n<p>\u00c0 la mort de son oncle et beau-p\u00e8re Charles X le 6 novembre 1836, Marie-Th\u00e9r\u00e8se, 58 ans, devient la nouvelle reine de France et de Navarre, aux yeux des l\u00e9gitimistes. Son mari prend pour pr\u00e9nom usuel Louis (tout court).\u00a0 Ce \u00ab\u00a0Louis <span class=\"caps\">XIX<\/span>\u00a0\u00bb meurt le 3 juin 1844. Marie-Th\u00e9r\u00e8se a 66 ans. Princesse toujours en exil mais femme de t\u00eate, elle arrange des mariages pr\u00e9tendument royaux qui n\u2019aboutiront \u00e0 aucune royaut\u00e9, avant de mourir en Autriche en 1851, inhum\u00e9e en Slov\u00e9nie avec sa derni\u00e8re famille (son oncle Charles X, son mari le duc d\u2019Angoul\u00eame et depuis 1883, son neveu, le comte de Chambord). Marie-Th\u00e9r\u00e8se-Charlotte ne fut peut-\u00eatre pas \u00ab\u00a0la plus malheureuse personne du monde\u00a0\u00bb, c\u2019est quand m\u00eame un destin malmen\u00e9 par les chaos de l\u2019Histoire.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marie_walewska.jpg\" width=\"450\" height=\"376\"><\/p>\n<h4>8. Marie Walewska (1786-1817), la \u00ab\u00a0femme polonaise de Napol\u00e9on\u00a0\u00bb qui lui donne un espoir de libert\u00e9 pour la Pologne en \u00e9change d\u2019un fils.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je n\u2019ai vu que vous, je n\u2019ai admir\u00e9 que vous, je ne d\u00e9sire que vous. Une r\u00e9ponse bien prompte pour calmer l\u2019impatiente ardeur de\u2026 N.\u00a0\u00bb<span id=\";\" class=\"cit-num\">;<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre, janvier 1807. <em>Napol\u00e9on<\/em> (2019), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Coup de foudre imp\u00e9rial devenu un v\u00e9ritable amour \u2013 le second apr\u00e8s Jos\u00e9phine. La naissance d\u2019un fils prolongera cette aventure polonaise qui aurait pu devenir un fait historique.<\/p>\n<p>Marie \u00e9pousa \u00e0 17 ans le comte et chambellan Anastazy Walewski, noble polonais quasi septuag\u00e9naire. Aussi jolie que bien \u00e9duqu\u00e9e (au couvent Notre-Dame-de-l\u2019Assomption \u00e0 Varsovie), r\u00eavant d\u2019une Pologne libre, \u00ab\u00a0elle nourrit une haine virile du Russe qui occupe la Mazovie o\u00f9 elle est n\u00e9e, \u00e0 quelques lieues de Varsovie, mais aussi du Prussien et de l\u2019Autrichien qui se sont partag\u00e9 le reste du pays\u00a0\u00bb (Guy Godlewski). \u00c0 20 ans, elle donne naissance \u00e0 son premier fils, Antoni.<\/p>\n<p>Talleyrand, ministre fran\u00e7ais des Relations ext\u00e9rieures, a organis\u00e9 un bal \u00e0 Varsovie pour l\u2019ouverture du carnaval. La gazette de Varsovie fait \u00e9tat d\u2019une contredanse avec l\u2019\u00e9pouse du chambellan \u2013 le Diable boiteux est tr\u00e8s amateur de jolies femmes. \u00c0 midi le lendemain, une voiture s\u2019arr\u00eate devant l\u2019h\u00f4tel des Walewski. Duroc, grand mar\u00e9chal du palais, en descend avec un gigantesque bouquet de fleurs et une lettre ferm\u00e9e du sceau vert imp\u00e9rial.<\/p>\n<p>Marie ne r\u00e9pond pas. L\u2019Empereur r\u00e9attaque\u00a0: \u00ab\u00a0Vous ai-je d\u00e9plu, madame\u00a0? J\u2019avais cependant le droit d\u2019esp\u00e9rer le contraire. Me suis-je tromp\u00e9\u00a0! Votre empressement s\u2019est ralenti, tandis que le mien augmente. Vous m\u2019\u00f4tez le repos\u00a0! Oh\u00a0! donnez un peu de joie, de bonheur \u00e0 un pauvre c\u0153ur tout pr\u00eat \u00e0 vous adorer. Une r\u00e9ponse est-elle si difficile \u00e0 obtenir\u00a0? Vous m\u2019en devez deux. N.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>M\u00eame silence de la jeune femme. Son entourage lui assure qu\u2019\u00eatre la ma\u00eetresse de l\u2019Empereur, ce n\u2019est pas manquer \u00e0 l\u2019honneur\u2026 et ce serait utile pour le salut et la grandeur de la Pologne, mais Marie refuse ce compromis. Napol\u00e9on insiste une troisi\u00e8me fois. Son billet est plus tendre encore, plus long. Et il promet ce que tous les Polonais d\u00e9sirent.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a des moments o\u00f9 trop d\u2019\u00e9l\u00e9vation p\u00e8se, et c\u2019est ce que j\u2019\u00e9prouve. Comment satisfaire le besoin d\u2019un c\u0153ur \u00e9pris qui voudrait s\u2019\u00e9lancer \u00e0 vos pieds et qui se trouve arr\u00eat\u00e9 par le poids de hautes consid\u00e9rations paralysant les plus vifs d\u00e9sirs\u00a0? Oh\u00a0! si vous vouliez\u00a0!\u2026 Il n\u2019y a que vous seule qui puissiez lever les obstacles qui nous s\u00e9parent. Mon ami Duroc vous en facilitera les moyens. Oh\u00a0! venez\u00a0! venez\u00a0! Tous vos d\u00e9sirs seront remplis. Votre patrie me sera plus ch\u00e8re quand vous aurez piti\u00e9 de mon pauvre c\u0153ur. \u00ab\u00a0N.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre, janvier 1807. <em>Napol\u00e9on<\/em> (2019), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chantage imp\u00e9rial est clair, mais il est normal que cet homme follement amoureux se serve de ses armes. Marie va c\u00e9der, \u00e0 son corps d\u00e9fendant. Elle a montr\u00e9 les lettres \u00e0 son mari, il lui conseille de se rendre au rendez-vous, elle peut se croire vraiment pr\u00e9destin\u00e9e pour sauver sa patrie.\u00a0 \u00a0<br>Elle arrive en larmes. Bonaparte l\u2019interroge sur sa famille, sur l\u2019\u00e2ge de son \u00e9poux. Elle lui parle de la n\u00e9cessit\u00e9 de rendre \u00e0 la Pologne son ind\u00e9pendance. Il l\u2019appelle \u00ab\u00a0ma douce colombe\u00a0\u00bb. Mais rien ne se passe, ce premier soir. Il ne la force pas. Elle promet de revenir. Faut-il qu\u2019il soit \u00e9pris pour \u00eatre aussi patient, lui dont la r\u00e9putation \u00e9tait de ne m\u00eame pas enlever ses bottes pour satisfaire son d\u00e9sir\u2026 et de ne pas supporter les larmes de femme.<\/p>\n<p>Marie reviendra le voir comme promis et devient finalement sa ma\u00eetresse. Elle lui donne sa tendresse, alors que la passion imp\u00e9riale s\u2019exprime avec une touchante na\u00efvet\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Marie, ma douce Marie, ma premi\u00e8re pens\u00e9e est pour toi, mon premier d\u00e9sir est de te revoir. Tu reviendras, n\u2019est-ce pas\u00a0? Tu me l\u2019as promis. Sinon l\u2019aigle volerait vers toi. Je te verrai \u00e0 d\u00eener\u2026 Daigne donc accepter ce bouquet\u00a0: qu\u2019il devienne un lien myst\u00e9rieux qui \u00e9tablisse entre nous un rapport secret au milieu de la foule qui nous environne. Expos\u00e9s aux regards de la multitude, nous pourrons nous entendre. Quand ma main pressera mon c\u0153ur, tu sauras qu\u2019il est tout occup\u00e9 de toi et, pour r\u00e9pondre, tu presseras le bouquet\u00a0! Aime-moi, ma gentille Marie, et que ta main ne quitte jamais ton bouquet. N.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre, janvier 1807. <em>Napol\u00e9on<\/em> (2019), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La conversation s\u2019engage entre elle et l\u2019Empereur \u00e0 l\u2019aide de ce bouquet. Elle revient au palais. L\u2019habitude prise, elle y revient chaque soir. Et l\u2019homme press\u00e9 va changer de vie.<\/p>\n<p>Loin de Varsovie, au ch\u00e2teau de Finckenstein, l\u203a\u00ab\u00a0idylle\u00a0\u00bb printani\u00e8re du couple (d\u2019avril \u00e0 juin) est un moment unique dans l\u2019existence de Napol\u00e9on qui d\u00e9ploie ce qu\u2019un historien appela une \u00ab\u00a0\u00e9nergie miraculeuse\u00a0\u00bb. Les deux amants sont finalement tr\u00e8s \u00e9pris l\u2019un de l\u2019autre et l\u2019empereur consacre du temps \u00e0 ses amours, comme avec Jos\u00e9phine de Beauharnais au temps du Consulat.<\/p>\n<p>Dans cette nouvelle r\u00e9sidence, Marie m\u00e8ne une vie clo\u00eetr\u00e9e, enferm\u00e9e dans un ch\u00e2teau morne o\u00f9 elle ne voit personne. L\u2019Empereur para\u00eet aux heures des repas, pris en t\u00eate \u00e0 t\u00eate. Le reste du temps, elle le passe \u00e0 lire, \u00e0 broder, \u00e0 voir la parade imp\u00e9riale \u00e0 travers les persiennes.<br>Avec son doux caract\u00e8re polonais, Marie ram\u00e8ne la conversation sur son id\u00e9e fixe\u00a0: la r\u00e9surrection de la Pologne. Patiemment, Napol\u00e9on discute avec elle sans toutefois s\u2019engager. Ses arguments sont toujours les m\u00eames\u00a0: que les Polonais fassent preuve de coh\u00e9sion, de maturit\u00e9, qu\u2019ils soutiennent militairement sa lutte contre l\u2019Empire russe et ils seront r\u00e9compens\u00e9s selon leurs m\u00e9rites.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on cr\u00e9e en 1807 le Duch\u00e9 de Varsovie \u2013 qui dispara\u00eetra peu apr\u00e8s la d\u00e9faite de la campagne de Russie en 1812-1813. C\u2019\u00e9tait un compromis pour ne pas d\u00e9plaire au tsar, mais une r\u00e9ponse faible \u00e0 l\u2019attente des Polonais dont des milliers de soldats sont morts pour l\u2019empereur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Venez \u00e0 Vienne, je d\u00e9sire vous voir et vous donner de nouvelles preuves de la tendre amiti\u00e9 que j\u2019ai pour vous. Vous ne pouvez douter du prix que je mets \u00e0 tout ce qui vous regarde. Mille tendres baisers sur vos belles mains et un seul sur votre belle bouche.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre de 1809. <em>Ma\u00eetresses et femmes d\u2019influence<\/em> (2021), Robert Schneider<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 13 mai 1809, Napol\u00e9on entre dans Vienne et s\u2019installe \u00e0 Sch\u00f6nbrunn. Apr\u00e8s sa victoire d\u00e9finitive sur les troupes autrichiennes \u00e0 Wagram le 6 juillet, il demande \u00e0 la comtesse Marie Walewska, sa ma\u00eetresse qu\u2019il n\u2019a pas vue depuis seize mois, de venir le rejoindre.<\/p>\n<p>Deux jours apr\u00e8s, Marie quitte la Pologne pour faire une cure \u00e0 Bad Gastein. En r\u00e9alit\u00e9, elle part rejoindre l\u2019empereur. Il a retenu pour elle une agr\u00e9able maison dans le vieux village de Modling, \u00e0 quinze kilom\u00e8tres de Sch\u00f6nbrunn. Le fid\u00e8le Duroc veille toujours sur leurs amours. Il s\u2019est occup\u00e9 de la location de la maison et, une fois Marie arriv\u00e9e, il va secr\u00e8tement la chercher tous les soirs dans une voiture ferm\u00e9e, sans armoiries, avec un seul domestique sans livr\u00e9e. Il l\u2019am\u00e8ne au palais par une porte d\u00e9rob\u00e9e et l\u2019introduit chez l\u2019empereur.<\/p>\n<p>Elle le suivra ensuite \u00e0 Paris o\u00f9 l\u2019Empereur lui ach\u00e8te un h\u00f4tel particulier au 48 rue de la Victoire. Et le 4 mai 1810, de retour en Pologne, elle accouchera d\u2019un fils.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis n\u00e9 au ch\u00e2teau Walewice en Pologne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexandre <span class=\"caps\">WALEWSKY<\/span> (1810-1868), <em>La Vie passionnante du comte Walewsky<\/em> (1953), Comte d\u2019Ornano<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Anastazy Walewski, 73 ans, pour \u00e9viter le ridicule ou par patriotisme polonais, reconna\u00eet l\u2019enfant d\u00e9clarant qu\u2019il est issu de son mariage avec Maria n\u00e9e \u0141\u0105czy\u0144ska \u2013 23 ans. On le retrouvera dans l\u2019Histoire, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res de Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span>.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on apprend la naissance de son fils au cours d\u2019un voyage triomphal en Belgique avec Marie-Louise d\u2019Autriche qu\u2019il a \u00e9pous\u00e9e pour avoir l\u2019enfant que Jos\u00e9phine n\u2019\u00e9tait plus en \u00e2ge de lui donner. <br>Fou de joie, il fait parvenir des dentelles de Bruxelles et 20 000 francs en or pour Alexandre.<\/p>\n<p>Le 5 mai 1812, \u00e0 Saint-Cloud, en pr\u00e9sence de Marie, Napol\u00e9on signe un long document juridique garantissant l\u2019avenir du jeune homme. La dotation consistait en 69 fermes dans le royaume de Naples pour un chiffre d\u2019affaires de 170 000 francs et le titre de comte. <br>Malgr\u00e9 les rumeurs, Marie garde une position confortable dans la haute soci\u00e9t\u00e9, polonaise comme fran\u00e7aise. Le 17 ao\u00fbt 1812, son mariage avec le vieux comte est d\u00e9clar\u00e9 nul, gr\u00e2ce au t\u00e9moignage de son fr\u00e8re affirmant que cette union lui avait \u00e9t\u00e9 impos\u00e9e. Il fallait surtout \u00e9viter que le mari couvert de dettes ne ruine sa femme. Marie revint \u00e0 Paris au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e suivante.<\/p>\n<p>Quand Napol\u00e9on se retrouve en exil \u00e0 l\u2019\u00cele d\u2019Elbe, elle vient le voir (avec son fils) le 1er septembre 1814 \u2013 Caroline Bonaparte aura la m\u00eame attention pour son fr\u00e8re. Comme elle, on la retrouve \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s en 1815, pendant les Cent Jours. Apr\u00e8s la seconde abdication et l\u2019exil pour Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, Marie se pensa d\u00e9gag\u00e9e de tout serment, pour \u00e9pouser\u2026 un cousin de l\u2019Empereur, Philippe-Antoine, g\u00e9n\u00e9ral comte d\u2019Ornano, ancien colonel des dragons de la Garde. Elle met au monde un troisi\u00e8me fils, le 9 juin 1817. Quelques mois apr\u00e8s, elle meurt \u00e0 Paris dans son h\u00f4tel de la rue de la Victoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute la maison \u00e9tait plong\u00e9e dans un vrai d\u00e9sespoir. Ma m\u00e8re \u00e9tait l\u2019une des femmes les plus remarquables qui e\u00fbt exist\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexandre <span class=\"caps\">WALEWSKY<\/span> (1810-1868),<em> La Vie passionnante du comte Walewsky<\/em> (1953), comte d\u2019Ornano<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle avait 31 ans. Dans son testament, celle qui fut sept ans la ma\u00eetresse de Napol\u00e9on exprima le d\u00e9sir que son c\u0153ur reste en France et que son corps soit transport\u00e9 en Pologne dans le caveau familial de Kiernozia. Conform\u00e9ment \u00e0 ce v\u0153u, une urne contenant son c\u0153ur repose aujourd\u2019hui au cimeti\u00e8re du P\u00e8re-Lachaise dans le caveau des d\u2019Ornano, portant la simple inscription\u00a0: \u00ab\u00a0Maria Walewska, comtesse d\u2019Ornano\u00a0\u00bb \u2013 et le corps fut emmen\u00e9 en Pologne quatre mois plus tard.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une femme charmante, un ange\u00a0! C\u2019est bien d\u2019elle qu\u2019on peut dire que son \u00e2me est aussi belle que sa figure\u00a0!\u00a0\u00bb Parole de Napol\u00e9on \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/marie-louise_imperatrice.jpg\" width=\"450\" height=\"386\"><\/p>\n<h4>9. Marie-Louise (imp\u00e9ratrice) (1791-1814), seconde \u00e9pouse soumise de Napol\u00e9on \u00e0 qui elle donne enfin le fils esp\u00e9r\u00e9, l\u2019Aiglon, avant une seconde vie plus \u00e9panouie en \u00ab\u00a0Bonne duchesse\u00a0\u00bb de Parme.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est un ventre que j\u2019\u00e9pouse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1846\" class=\"cit-num\">1846<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821).<em> Le Fils de l\u2019empereur<\/em> (1962), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on confirme la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la \u00ab\u00a0belle g\u00e9nisse\u00a0\u00bb sacrifi\u00e9e par l\u2019Autriche et assume le r\u00f4le du Minotaure pr\u00e9dateur, sans y mettre les formes. Il manifeste tant de h\u00e2te qu\u2019on parle d\u2019un enl\u00e8vement, plus que d\u2019un mariage. La c\u00e9r\u00e9monie religieuse a lieu le 2\u00a0avril 1810. Marie-Louise a 18\u00a0ans, il vit une lune de miel de trois semaines qui le comble et sa seconde femme lui donnera un fils, le 20\u00a0mars 1811\u00a0: le roi de Rome.<\/p>\n<p>C\u2019est peu dire que la nouvelle imp\u00e9ratrice est impopulaire dans son pays d\u2019adoption\u00a0! \u00c0 la cour, toutes les s\u0153urs et belles-s\u0153urs de Napol\u00e9on se refusent \u00e0 porter la tra\u00eene de \u00ab\u00a0l\u2019Autrichienne\u00a0\u00bb\u00a0: m\u00eame accueil et m\u00eame surnom que pour Marie-Antoinette la dauphine et future reine. Mais la famille imp\u00e9riale n\u2019aimait pas davantage Jos\u00e9phine la coquette Cr\u00e9ole, ex imp\u00e9ratrice r\u00e9pudi\u00e9e pour cause de st\u00e9rilit\u00e9.<\/p>\n<p>Marie-Louise qui tient surtout \u00e0 sa tranquillit\u00e9 (mot r\u00e9current dans ses lettres et trait de caract\u00e8re constant) semble ignorer ce qu\u2019on dit d\u2019elle dans tout Paris\u00a0: les bonapartistes pr\u00e9f\u00e8rent Jos\u00e9phine, les r\u00e9publicains la ha\u00efssent en sa qualit\u00e9 de ni\u00e8ce de la reine d\u00e9capit\u00e9e, les monarchistes ne peuvent accepter le semblant de l\u00e9gitimit\u00e9 que ce mariage donne \u00e0 la famille.<\/p>\n<p>Pendant quatre ans, elle joue dignement le r\u00f4le de premi\u00e8re dame. Elle donne le fils attendu \u00e0 Napol\u00e9on, p\u00e8re combl\u00e9, fou de joie\u00a0! Mais les \u00e9preuves \u00e0 venir pour son \u00e9poux et pour son pays d\u2019adoption la France sont trop fortes pour cette jeune femme. \u00c9cras\u00e9e par le d\u00e9sespoir, elle se confie \u00e0 Hortense de Beauharnais (fille de Jos\u00e9phine et femme de Louis, fr\u00e8re de Napol\u00e9on)\u00a0: \u00ab\u00a0Je porte malchance partout o\u00f9 je vais. Tous ceux avec qui j\u2019ai eu affaire ont \u00e9t\u00e9 plus ou moins touch\u00e9s, et depuis l\u2019enfance je n\u2019ai fait que passer ma vie \u00e0 fuir.\u00a0\u00bb On croirait entendre Marie-Antoinette sous la R\u00e9volution\u00a0: \u00ab\u00a0Je porte malheur \u00e0 tous ceux que j\u2019aime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sa vie en France se termine en 1814, quand Napol\u00e9on part en exil \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Elbe. Elle a renonc\u00e9 \u00e0 le suivre. Les Cent-Jours seront un nouveau drame v\u00e9cu de loin. Au second exil de Napol\u00e9on, elle \u00e9crit \u00e0 son p\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019esp\u00e8re qu\u2019on le traitera avec bont\u00e9 et douceur, et je vous prie, tr\u00e8s cher papa, d\u2019y contribuer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1959\" class=\"cit-num\">1959<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">LOUISE<\/span> (1791-1847), Lettre \u00e0 son p\u00e8re l\u2019empereur d\u2019Autriche, 15\u00a0ao\u00fbt 1815. <em>Revue historique<\/em>, 28e ann\u00e9e, volume\u00a0<span class=\"caps\">LXXXII<\/span> (1903)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La femme de l\u2019empereur d\u00e9chu ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est la seule pri\u00e8re que je puisse oser pour lui et la derni\u00e8re fois que je m\u2019int\u00e9resse \u00e0 son sort, car je lui dois de la reconnaissance pour la tranquille indiff\u00e9rence dans laquelle il m\u2019a laiss\u00e9e vivre, au lieu de me rendre malheureuse.\u00a0\u00bb Ce sont vraiment des paroles de fille et d\u2019\u00e9pouse soumise, aspirant toujours \u00e0 la tranquillit\u00e9.<\/p>\n<p>Les Alli\u00e9s ont d\u00e9cid\u00e9 d\u2019accorder \u00e0 Marie-Louise le duch\u00e9 de Parme, en Italie. Elle va vivre une seconde existence plus heureuse. L\u2019entr\u00e9e officielle a lieu le 18 avril 1816. Elle \u00e9crit \u00e0 son p\u00e8re sur un tout autre ton\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les gens m\u2019ont accueillie avec tant d\u2019enthousiasme que j\u2019ai eu les larmes aux yeux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">LOUISE<\/span> (1791-1847), <em>Marie-Louise \u2013 Le destin d\u2019une Habsbourg de Paris \u00e0 Parme<\/em> (1997), Franz Herre<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie-Louise s\u2019installe avec son amant Neipperg \u00e0 qui elle laisse le soin d\u2019administrer ses territoires. Il le fait d\u2019une main de fer, tandis que la duchesse s\u2019attache \u00e0 cr\u00e9er des h\u00f4pitaux, des monuments et des mus\u00e9es. Elle m\u00e9rite et appr\u00e9cie son nouveau surnom\u00a0: \u00ab\u00a0la Bonne duchesse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Avant de partir en Italie, Marie-Louise a d\u00fb laisser \u00e0 Vienne son fils, devenu duc de Reichstadt \u00e0 sa demande\u00a0: il lui fallut\u00a0 renoncer \u00e0 vivre avec son enfant, elle a cependant insist\u00e9 pour qu\u2019il puisse avoir ce titre et des terres, afin d\u2019\u00eatre plus tard libre de choisir sa vie\u2026 Mais\u00a0 le roi de Rome meurt de la tuberculose \u00e0 21 ans, dans les bras de sa m\u00e8re qui s\u2019est pr\u00e9cipit\u00e9e \u00e0 Vienne pour vivre les derniers instants de ce fils qu\u2019elle aura peu connu, mais beaucoup pleur\u00e9.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la mort de Napol\u00e9on \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, le 5 mai 1821, elle a pu \u00e9pouser Neipperg le 8 ao\u00fbt suivant. Le couple aura\u00a0 quatre enfants avant que Neipperg ne meure en 1829. Suite aux \u00e9meutes \u00e0 Parme en 1831, Marie-Louise, r\u00e9put\u00e9e trop laxiste et na\u00efve dans la gestion de ses sujets, \u00e9pousera en 1834 le comte Charles-Ren\u00e9 de Bombelles, charg\u00e9 de reprendre l\u2019administration par la puissance autrichienne qui domine ce territoire italien.<\/p>\n<p>Encore un destin de femme malmen\u00e9e par l\u2019Histoire qui n\u2019\u00e9pargne personne, en ces temps boulevers\u00e9s.<\/p>\n<\/div>\n\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><\/p>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>VI. Empire. Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs. 1. Madame M\u00e8re (Marie Letizia Ramolino) (1750-1836), la seule femme respect\u00e9e par l\u2019Empereur et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":1465,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9487","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9487","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9487"}],"version-history":[{"count":5,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9487\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15787,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9487\/revisions\/15787"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9487"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9487"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9487"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}