{"id":9588,"date":"2026-03-09T00:20:00","date_gmt":"2026-03-08T23:20:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/portrait-de-louis-xv-en-citations\/"},"modified":"2026-03-09T07:49:40","modified_gmt":"2026-03-09T06:49:40","slug":"portrait-de-louis-xv-en-citations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/portrait-de-louis-xv-en-citations\/","title":{"rendered":"Portrait de Louis XV en citations"},"content":{"rendered":"\t\t<div data-elementor-type=\"wp-post\" data-elementor-id=\"9588\" class=\"elementor elementor-9588\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-79c69164 e-flex e-con-boxed e-con e-parent\" data-id=\"79c69164\" data-element_type=\"container\">\n\t\t\t\t\t<div class=\"e-con-inner\">\n\t\t\t\t<div class=\"elementor-element elementor-element-7fa23304 elementor-widget elementor-widget-text-editor\" data-id=\"7fa23304\" data-element_type=\"widget\" data-widget_type=\"text-editor.default\">\n\t\t\t\t\t\t\t\t\t<div class=\"field-item even\"><p>\u00a0<\/p><p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"margin: 10px; border: 1px solid black; float: left;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-4-52.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a>Entre Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> (son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re) qui r\u00e9gna en monarque absolu avec la passion de son m\u00e9tier et Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> (son petit-fils) qui rata son r\u00e8gne mais r\u00e9ussit sa \u00ab\u00a0belle mort\u00a0\u00bb sous la R\u00e9volution, Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> est le premier roi qui finira victime de l\u2019opinion publique, ce quatri\u00e8me pouvoir n\u00e9 au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res et d\u00e9j\u00e0 redoutable.<\/p><p>Enfant roi de 5 ans, il fait son apprentissage sous la R\u00e9gence (Philippe d\u2019Orl\u00e9ans), laissant ensuite gouverner son ex-pr\u00e9cepteur le cardinal de Fleury (73 ans) pour le plus grand bien du pays. \u00ab\u00a0Beau comme l\u2019Amour\u00a0\u00bb, ador\u00e9 du peuple, mari\u00e9 \u00e0 15 ans, \u00e9poux sit\u00f4t combl\u00e9, il r\u00e8gne enfin \u00e0 33 ans. <br>Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> d\u00e9\u00e7oit aussit\u00f4t\u00a0: intelligent mais timide, d\u00e9pourvu d\u2019autorit\u00e9, retranch\u00e9 au milieu de sa cour, luttant mal contre sa m\u00e9lancolie naturelle, redoutant la mort au point de devenir la proie de son clerg\u00e9, menant une politique incertaine face \u00e0 la r\u00e9volte parlementaire inspir\u00e9e des philosophes.<\/p><p>Le divorce grandit entre la royaut\u00e9 et le pays. Le peuple reproche au roi l\u2019influence de ses favorites, hier bien vues, \u00e0 pr\u00e9sent ha\u00efes et chansonn\u00e9es, telle la Pompadour qui impose ses amis \u2013 Choiseul le plus connu est un bon ministre. La guerre de Sept Ans aboutit au d\u00e9sastreux trait\u00e9 de Paris (1763).<\/p><p>Les apparences restent brillantes\u00a0: l\u2019\u00e9conomie prosp\u00e8re, la France \u00e9claire l\u2019Europe de ses Lumi\u00e8res, les philosophes veulent le bonheur du genre humain, l\u2019Encyclop\u00e9die r\u00e9pand la fi\u00e8vre du savoir. Mais l\u2019opinion se fait toujours plus critique contre le pouvoir absolu et les injustices du r\u00e9gime. Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> tente enfin avec ses ministres une \u00ab\u00a0r\u00e9volution royale\u00a0\u00bb pour abolir les privil\u00e8ges. L\u2019exp\u00e9rience tourne court\u00a0: apr\u00e8s un r\u00e8gne de presque soixante ans, Louis le Bien Aim\u00e9 finit ha\u00ef du peuple, enterr\u00e9 sous les hu\u00e9es. Les historiens\u00a0peinent \u00e0 retoucher le portrait, et pourtant\u2026<\/p><p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p><p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xv_citation-1.jpg\" width=\"350\" height=\"387\"><\/p><h4>1. Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> dit le Bien Aim\u00e9\u00a0: un roi \u00e0 contremploi\u00a0?<\/h4><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il avait tout ce qu\u2019il fallait pour faire le plus grand roi du monde. Il ne lui aurait fallu que la moiti\u00e9 de la gasconnade d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> et du grand caract\u00e8re de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.\u00a0\u00bb<span id=\"1112\" class=\"cit-num\">1112<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">CRO\u0178<\/span> (1718-1784), <em>Journal in\u00e9dit\u00a0: M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p><\/blockquote><p>Mar\u00e9chal de France et gouverneur de Picardie, tr\u00e8s proche du roi et naturellement courtisan, le duc reconna\u00eet cependant des manques essentiels dans la personnalit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>. Il manquera surtout au roi un Richelieu, vu ses points communs avec Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>\u00a0: m\u00eames doutes, scrupules excessifs, volont\u00e9 secr\u00e8te, m\u00e9fiance et timidit\u00e9. Plus que tout autre roi, il est aussi sous l\u2019influence de ses ma\u00eetresses qui lui sont indispensables pour ne pas tomber dans une m\u00e9lancolie maladive.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La modestie \u00e9tait une qualit\u00e9 qui fut pouss\u00e9e au vice chez lui. Voyant plus juste que les autres, il croyait toujours avoir tort.\u00a0\u00bb<span id=\"1113\" class=\"cit-num\">1113<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">CRO\u0178<\/span> (1718-1784),<em> Journal in\u00e9dit\u00a0: M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p><\/blockquote><p>Il \u00e9crit encore \u00e0 propos de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai dit mille fois dans mes <em>M\u00e9moires<\/em>, il ne lui manquait que d\u2019oser d\u00e9cider par lui-m\u00eame et de ne pas, toujours par modestie, tourner \u00e0 l\u2019avis des autres, tandis qu\u2019il voyait mieux qu\u2019eux.\u00a0\u00bb Il cite le roi\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019aurais cru cela (et il avait raison), mais on me dit le contraire, donc je me suis tromp\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p><p>Le duc de Luynes, autre proche, confirme\u00a0: \u00ab\u00a0On voit quelquefois qu\u2019il a envie de parler, la timidit\u00e9 le retient, et les expressions semblent se refuser.\u00a0\u00bb Le roi est sujet \u00e0 des acc\u00e8s de neurasth\u00e9nie, durant lesquels il s\u2019enferme dans un mutisme complet. Parfois, on sent qu\u2019il veut dire quelque chose d\u2019obligeant, mais il n\u2019y arrive pas.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je n\u2019aime pas d\u00e9faire ce que mes p\u00e8res ont fait.\u00a0\u00bb<span id=\"1114\" class=\"cit-num\">1114<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), Lettre \u00e0 Mme\u00a0de Brionne (1770).<em> Louis <span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1980), Pierre Gaxotte<\/p><\/blockquote><p>Au nom de cette fid\u00e9lit\u00e9, il se soumettra toute sa vie \u00e0 un c\u00e9r\u00e9monial de cour qui n\u2019est plus de mise et qui lui p\u00e8se autant qu\u2019il \u00e9tait du go\u00fbt de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Ce respect de la tradition vaut en bien d\u2019autres circonstances. Au d\u00e9but de son r\u00e8gne, il \u00e9crit \u00e0 Noailles\u00a0: \u00ab\u00a0Le feu roi mon bisa\u00efeul, que je veux imiter autant qu\u2019il me sera possible\u2026\u00a0\u00bb Mais Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> n\u2019est pas Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et la France du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res est bien diff\u00e9rente de celle du si\u00e8cle dernier, plus du tout pr\u00eate \u00e0 accepter une monarchie aussi absolue. Ce malentendu va peser lourd dans l\u2019histoire.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si les rois connaissaient tout ce que Dieu demande d\u2019eux, ils trembleraient tous les jours.\u00a0\u00bb<span id=\"1115\" class=\"cit-num\">1115<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Une des le\u00e7ons apprises par l\u2019enfant. <em>La Revue universelle<\/em> (1932), Jacques Bainville<\/p><\/blockquote><p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> retint la le\u00e7on, et au-del\u00e0 du raisonnable. Anim\u00e9 d\u2019une foi tr\u00e8s vive, il confond ce que Dieu attend du Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien et de l\u2019homme\u00a0: l\u2019homme p\u00e9chant sans cesse, le roi se tient \u00e9loign\u00e9 des sacrements pour ne pas donner \u00e0 la cour le spectacle public d\u2019une communion qui pourrait sembler scandaleuse.<\/p><p>Il vit dans la peur perp\u00e9tuelle de l\u2019enfer\u00a0: \u00e0 chaque maladie, il se repent et s\u2019humilie avec exc\u00e8s. Le plus grave est qu\u2019il sera souvent esclave de son clerg\u00e9\u00a0: les d\u00e9vots arrachent ainsi au roi faveurs et mesures politiques, en expiation des p\u00e9ch\u00e9s de l\u2019homme. Ce \u00ab\u00a0m\u00e9lange des genres\u00a0\u00bb est politiquement catastrophique \u2013 Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e9galement tr\u00e8s pieux et grand p\u00e9cheur \u00e0 divers titres s\u2019en est bien gard\u00e9\u00a0! Pour Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> et Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, tout aussi pieux, pas de probl\u00e8me d\u2019infid\u00e9lit\u00e9 conjugale.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Roi l\u2019avait fait venir pour se distraire, les sciences \u00e9tant, en pareil cas, avec la pi\u00e9t\u00e9, la seule distraction des belles \u00e2mes, mais les futiles courtisans tournaient cela en ridicule.\u00a0\u00bb<span id=\"1117\" class=\"cit-num\">1117<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">CRO\u0178<\/span> (1718-1784),<em> Journal in\u00e9dit\u00a0: M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p><\/blockquote><p>Le duc parle de Jean-Dominique Cassini, grand astronome et ing\u00e9nieur fran\u00e7ais d\u2019origine italienne, premier directeur de l\u2019Observatoire de Paris en 1667. Ce savant est agr\u00e9ablement surpris de l\u2019int\u00e9r\u00eat port\u00e9 par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> aux observations, aux machines nouvelles. Mais il est plus encore boulevers\u00e9 par la \u00ab\u00a0douleur noire\u00a0\u00bb du roi qui doit faire un immense effort sur lui-m\u00eame pour ne pas sombrer dans la pire m\u00e9lancolie. On parlerait aujourd\u2019hui de d\u00e9pression. Rappelons que le <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e est un si\u00e8cle o\u00f9 le bonheur est de mise \u2013 exception \u00e0 la r\u00e8gle chez les philosophes, Rousseau maladivement parano\u00efaque et g\u00e9nialement pr\u00e9romantique.<\/p><p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> aime et prot\u00e8ge les artistes et les savants, s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 l\u2019\u00e9conomie politique avec Quesnay, aux exp\u00e9riences d\u2019\u00e9lectricit\u00e9 avec Buffon, Nollet, \u00e0 la m\u00e9decine et \u00e0 la chirurgie, \u00e0 la botanique. En cela, il est bien homme de son temps. Il se m\u00e9fiera pourtant des gens de lettres et des philosophes, trop prompts \u00e0 critiquer, faire ou d\u00e9faire une r\u00e9putation.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On se sentait forc\u00e9 de l\u2019aimer dans l\u2019instant.\u00a0\u00bb<span id=\"1118\" class=\"cit-num\">1118<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CASANOVA<\/span> (1725-1798), de passage en France, 1750, <em>Histoire de ma vie<\/em> (posthume)<\/p><\/blockquote><p>L\u2019aventurier et m\u00e9morialiste italien (d\u2019expression fran\u00e7aise) confirme cette impression de prestance et de gr\u00e2ce que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> donne \u00e0 quiconque l\u2019approche\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai vu le roi aller \u00e0 la messe. La t\u00eate de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> \u00e9tait belle \u00e0 ravir et plant\u00e9e sur son cou l\u2019on ne pouvait pas mieux. Jamais peintre tr\u00e8s habile ne put dessiner le coup de t\u00eate de ce monarque lorsqu\u2019il se retournait pour regarder quelqu\u2019un.\u00a0\u00bb<\/p><p>Les portraits du roi sont beaucoup plus flatteurs \u00e0 nos yeux que ceux de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> et de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>. M\u00eame s\u2019il n\u2019est visiblement pas \u00e0 l\u2019aise pour poser, certaine ressemblance avec le chat Angora blanc n\u2019est pas un hasard \u2013 nous dirons sa passion pour cette race qu\u2019il introduit \u00e0 la cour.<\/p><h4><img decoding=\"async\" style=\"margin: 10px;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xv_portrait_citations.jpg\" width=\"350\" height=\"386\">2. Les pr\u00e9mices du r\u00e8gne\u00a0: une chronique de 28 ann\u00e9es, entre espoirs et handicaps \u00e0 venir.<\/h4><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon enfant, vous allez \u00eatre un grand roi. Ne m\u2019imitez pas dans le go\u00fbt que j\u2019ai eu pour les b\u00e2timents ni dans celui que j\u2019ai eu pour la guerre. T\u00e2chez de soulager vos peuples, ce que je suis malheureux pour n\u2019avoir pu faire.\u00a0\u00bb<span id=\"943\" class=\"cit-num\">943<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), au futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, 26\u00a0ao\u00fbt 1715. <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume), Saint-Simon<\/p><\/blockquote><p>Le roi agonisant re\u00e7oit dans sa chambre le petit Dauphin de 5 ans. Il lui donne une ultime le\u00e7on. Le marquis de Dangeau, m\u00e9morialiste, nous a laiss\u00e9 un<em> Journal de la cour de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> qui retrace avec minutie les derniers jours. Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait preuve d\u2019autant de dignit\u00e9 que d\u2019humilit\u00e9. La guerre, entreprise et soutenue par souci de grandeur mais aussi par vanit\u00e9, cause de la ruine des peuples, semble \u00eatre son grand remords.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus \u00e9clatante victoire co\u00fbte trop cher, quand il faut la payer du sang de ses sujets.\u00a0\u00bb<span id=\"941\" class=\"cit-num\">941<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), Lettre \u00e0 l\u2019intention du Dauphin, ao\u00fbt\u00a01715. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1923), Louis Bertrand<\/p><\/blockquote><p>Lettre \u00e9crite peu de jours avant sa mort, confi\u00e9e au mar\u00e9chal de Villeroi son ami de toujours pour \u00eatre remise \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> \u00e0 ses 17\u00a0ans. Cet arri\u00e8re-petit-fils est son seul h\u00e9ritier survivant apr\u00e8s l\u2019h\u00e9catombe familiale, l\u2019une des mal\u00e9dictions de cette fin de r\u00e8gne. Apr\u00e8s le <span class=\"caps\">XVII<\/span>e, si\u00e8cle guerrier et fier de l\u2019\u00eatre, le <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e trouvera plaisir \u00e0 se moquer d\u2019une arm\u00e9e plut\u00f4t lamentable (le mar\u00e9chal de Saxe faisant exception).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon neveu, je vous fais R\u00e9gent du royaume. Vous allez voir un roi dans le tombeau et un autre dans le berceau. Souvenez-vous toujours de la m\u00e9moire de l\u2019un et des int\u00e9r\u00eats de l\u2019autre.\u00a0\u00bb<span id=\"945\" class=\"cit-num\">945<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 Philippe d\u2019Orl\u00e9ans, Testament, 1715. <em>Histoire de la R\u00e9gence pendant la minorit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em>, volume\u00a0I (1922), Henri Leclercq<\/p><\/blockquote><p>Le texte sera lu au lendemain de sa mort. Le roi a institu\u00e9 un Conseil de r\u00e9gence dont le R\u00e9gent en titre est pr\u00e9sident, la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir allant au duc du Maine (fils l\u00e9gitim\u00e9 de Mme\u00a0de Maintenon). Son neveu, dont il se m\u00e9fie non sans raison, ne s\u2019en satisfera pas et le roi mourant a peu d\u2019illusion sur l\u2019avenir de ses derni\u00e8res volont\u00e9s royales.<\/p><p>Pendant cinq ans, la R\u00e9gence se pose en r\u00e9action contre le r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0: elle lib\u00e8re les id\u00e9es et les m\u0153urs, r\u00e9volutionne le syst\u00e8me de gouvernement et les finances, prend le contre-pied de la politique religieuse de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> et renverse les alliances politiques. Les trois ann\u00e9es suivantes marquent un retour \u00e0 la politique du si\u00e8cle dernier.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, je viens rendre mes devoirs \u00e0 Votre Majest\u00e9, comme le premier de ses sujets. Voil\u00e0 la principale noblesse de votre royaume, qui vient vous assurer de sa fid\u00e9lit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"1068\" class=\"cit-num\">1068<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Philippe d\u2019<span class=\"caps\">ORL\u00c9ANS<\/span> (1674-1723), au petit Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> de 5\u00a0ans, 1er\u00a0septembre 1715. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1989), Michel Antoine<\/p><\/blockquote><p>Sa Majest\u00e9 de 5 ans pleure \u00e0 chaudes larmes le jour de la mort de son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re, devant la foule des princes, princesses, ducs et pairs, mar\u00e9chaux et grands officiers, \u00e9v\u00eaques et autres courtisans qui se pressent pour saluer le nouveau roi \u2013 et le futur R\u00e9gent, Philippe d\u2019Orl\u00e9ans.<\/p><p>D\u00e8s le 2\u00a0septembre, le R\u00e9gent obtient tous les pouvoirs du Parlement et, en \u00e9change, lui redonne le droit de remontrance. Du m\u00eame coup, il en devient l\u2019otage. Jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution, pouvoir royal et magistrature ne vont plus cesser de s\u2019affronter, Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> et Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> se r\u00e9v\u00e9lant incapables d\u2019imposer leur pouvoir, fut-ce par lit de justice\u00a0: s\u00e9ance solennelle du parlement, effectu\u00e9e en pr\u00e9sence du roi et lui permettant de forcer l\u2019enregistrement de lois par un parlement r\u00e9calcitrant. Proc\u00e9dure comparable au fameux article 49 de la Constitution sous la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique, quand le gouvernement veut faire passer en force une loi \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e nationale.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, tout ce peuple est \u00e0 vous.\u00a0\u00bb<span id=\"1085\" class=\"cit-num\">1085<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLEROY<\/span> (1644-1730), au petit roi \u00e2g\u00e9 de 10\u00a0ans, 25\u00a0ao\u00fbt 1720. <em>Analyse raisonn\u00e9e de l\u2019histoire de France<\/em> (1845), Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de Chateaubriand<\/p><\/blockquote><p>Ami d\u2019enfance de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, militaire fameux pour ses d\u00e9faites plus que ses victoires, moqu\u00e9 \u00e0 la cour et chansonn\u00e9 dans la rue, il n\u2019en est pas moins gouverneur de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> enfant. Il lui d\u00e9signe, d\u2019un balcon des Tuileries, la foule venue le voir et l\u2019acclamer, le jour de la Saint Louis (anniversaire de la mort du roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span>).<\/p><p>Le vieux courtisan se distingue surtout comme professeur de maintien, accablant l\u2019enfant-roi de parades, audiences, revues, d\u00e9fil\u00e9s, autant de corv\u00e9es fastueuses qui vont donner au futur roi, et pour la vie, l\u2019horreur de la foule, des ovations et des grands mouvements de peuple\u00a0! Autre cons\u00e9quence de cette \u00e9ducation, soulign\u00e9e par Chateaubriand l\u2019opposant \u00e0 \u00ab\u00a0Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> [qui] courait pieds nus et t\u00eate nue avec les petits paysans sur les montagnes du B\u00e9arn\u00a0\u00bb. Ici, l\u2019enfant du tr\u00f4ne est compl\u00e8tement s\u00e9par\u00e9 des enfants de la patrie, ce qui le rend \u00e9tranger \u00e0 l\u2019esprit du si\u00e8cle et aux peuples sur lesquels il va r\u00e9gner. Et de conclure\u00a0superbement\u00a0: \u00ab\u00a0Cela explique les temps, les hommes et les destin\u00e9es.\u00a0\u00bb<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je supplie Votre Majest\u00e9 de ne pas \u00eatre effray\u00e9e de ce qu\u2019elle n\u2019entendra pas d\u2019abord [\u2026] Chaque chose se d\u00e9veloppera l\u2019une apr\u00e8s l\u2019autre d\u2019elle-m\u00eame, et sans qu\u2019Elle s\u2019en aper\u00e7oive, les affaires o\u00f9 Elle croira n\u2019entendre rien lui deviendront insensiblement famili\u00e8res.\u00a0\u00bb<span id=\"1089\" class=\"cit-num\">1089<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Philippe d\u2019<span class=\"caps\">ORL\u00c9ANS<\/span> (1674-1723).<em> Louis <span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1980), Pierre Gaxotte<\/p><\/blockquote><p>Le jeune Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> atteint l\u2019\u00e2ge de la majorit\u00e9 l\u00e9gale (13\u00a0ans) et son oncle le R\u00e9gent commence \u00e0 l\u2019initier v\u00e9ritablement \u00e0 son m\u00e9tier de roi\u00a0: tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment le 22\u00a0ao\u00fbt 1722, \u00e0 dix heures et demie du matin.<\/p><p>Le cardinal Dubois, Premier ministre tr\u00e8s influent \u00e0 l\u2019instar de Richelieu et Mazarin, dirige la r\u00e9daction des le\u00e7ons royales confi\u00e9es \u00e0 d\u2019\u00e9minents sp\u00e9cialistes dont la sagesse est grande. Exemple\u00a0: \u00ab\u00a0Le Roi ne peut \u00eatre riche qu\u2019autant que ses sujets le sont.\u00a0\u00bb Les philosophes ne sauraient mieux dire.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On se souviendra longtemps qu\u2019il ressemblait \u00e0 l\u2019Amour.\u00a0\u00bb<span id=\"1090\" class=\"cit-num\">1090<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Marquis d\u2019<span class=\"caps\">ARGENSON<\/span> (1694-1757), lors du sacre, en la cath\u00e9drale Notre-Dame de Reims, 25\u00a0octobre 1722. <em>Journal et M\u00e9moires du marquis d\u2019Argenson<\/em> (posthume, 1859)<\/p><\/blockquote><p>C\u2019est le fils d\u2019Argenson, Ren\u00e9 Louis qui t\u00e9moigne dans ses <em>M\u00e9moires<\/em> et parle, litt\u00e9ralement sous le charme du jeune roi. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> restera \u00ab\u00a0le Bien-Aim\u00e9\u00a0\u00bb pour l\u2019histoire, m\u00eame s\u2019il finit d\u00e9test\u00e9 par son peuple. Les contemporains de son adolescence, unanimes, \u00e9voquent sa s\u00e9duction et sa prestance, la gr\u00e2ce qu\u2019il met \u00e0 danser, monter \u00e0 cheval, passer les troupes en revue. Le r\u00e8gne s\u2019annonce id\u00e9alement bien\u2026 Jusque dans la vie priv\u00e9e et fatalement publique du roi.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0O\u00f9 trouver une fille charmante \/ Pour donner au roi Louis\u00a0?<br>O\u00f9 trouver une ligue puissante \/ Contre tous ses ennemis\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\"1093\" class=\"cit-num\">1093<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><em>O\u00f9 trouver une fille charmante\u00a0?<\/em> (1725), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p><\/blockquote><p>Le peuple qui adore son petit roi chante, tandis que la cour cherche\u2026 l\u2019alliance la plus profitable. C\u2019est un vrai feuilleton.<\/p><p>Trois ans pour aligner rien moins que 17 princesses\u00a0! Encore furent-elles choisies parmi 99 possibilit\u00e9s. On \u00e9vitera (dit la chanson) \u00ab\u00a0la Salp\u00eatri\u00e8re\u00a0\u00bb \u2013 la fille du roi du Portugal, \u00ab\u00a0d\u2019une famille dont l\u2019esprit est d\u00e9rang\u00e9\u00a0\u00bb selon le rapport. On renverra sa cousine germaine, l\u2019infante d\u2019Espagne, vraiment trop jeune \u2013 fianc\u00e9e \u00e0 3\u00a0ans, elle en a 7, Louis est de sant\u00e9 fragile, sa mort sans descendance donnerait la couronne au duc d\u2019Orl\u00e9ans, fils du R\u00e9gent, ennemi des Cond\u00e9, mais l\u2019affront fait \u00e0 l\u2019Espagne est pr\u00e8s de provoquer une guerre. Et on la trouvera (dit la chanson) \u00ab\u00a0dans une chaumi\u00e8re\u00a0\u00bb\u00a0: autrement dit, on se rabat sur la plus pauvre, fille d\u2019un roi (de Pologne) sans royaume, Marie Leczinska. Au grand dam des autres cours d\u2019Europe.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi d\u00e9clara hier son mariage et je vous assure que l\u2019on ne peut \u00eatre plus gai ni d\u00e9sirer plus vivement l\u2019arriv\u00e9e de la princesse\u00a0; il nous a promis que dix mois apr\u00e8s son mariage, il serait p\u00e8re.\u00a0\u00bb<span id=\"1094\" class=\"cit-num\">1094<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLARS<\/span> (1653-1734), 28\u00a0mai\u00a01725. <em>M\u00e9moires du mar\u00e9chal de Villars<\/em>\u00a0(posthume, 1904)<\/p><\/blockquote><p>L\u2019adolescent, tr\u00e8s pieux, se r\u00e9serve pour sa femme, mais son sang Bourbon bouillonne face \u00e0 toutes les jeunes beaut\u00e9s de la cour, impatientes de lui plaire. En attendant le mariage, la chasse est l\u2019exutoire de sa vitalit\u00e9 et restera plus tard, avec l\u2019amour, son passe-temps favori.<\/p><p>Des bruits courent cependant dans cette cour qui se fait l\u2019\u00e9cho de tous les ragots\u00a0bien avant les fake news d\u2019aujourd\u2019hui\u00a0: Marie est, dit-on, affreuse, avec des pieds palm\u00e9s, des crises d\u2019\u00e9pilepsie et des sueurs froides. Plus s\u00e9rieusement, on assure que le mariage a \u00e9t\u00e9 arrang\u00e9 par la jolie Mme\u00a0de Prie, ma\u00eetresse de M. le Duc de Bourbon (Premier ministre plus ou moins soumis \u00e0 la dame) et qu\u2019elle a voulu la future reine sotte et laide, afin de mieux la dominer.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La princesse de Pologne avait pr\u00e8s de vingt-deux ans, bien faite et aimable de sa personne, ayant d\u2019ailleurs toute la vertu, tout l\u2019esprit, toute la raison qu\u2019on pouvait d\u00e9sirer dans la femme d\u2019un roi qui avait quinze ans et demi.\u00a0\u00bb<span id=\"1095\" class=\"cit-num\">1095<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLARS<\/span> (1653-1734), 28\u00a0mai\u00a01725. <em>M\u00e9moires du mar\u00e9chal de Villars<\/em> (posthume, 1904)<\/p><\/blockquote><p>La vertu est indiscutable et le demeura. Peut-\u00eatre le bonheur la fit-elle jolie un temps. Mais son propre p\u00e8re, le roi de Pologne, assurait n\u2019avoir jamais connu de reines plus ennuyeuses que sa femme et sa fille\u00a0! Or Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, de nature m\u00e9lancolique, a surtout besoin de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, de gaiet\u00e9, d\u2019esprit. On ne peut donc imaginer couple plus mal assorti.<\/p><p>N\u00e9anmoins, apr\u00e8s le mariage (4\u00a0septembre 1725) et toujours selon le t\u00e9moignage de Villars, fringant septuag\u00e9naire, \u00ab\u00a0la nuit du 5 au 6 a \u00e9t\u00e9 pour notre jeune roi une des plus glorieuses [\u2026] la nuit du 6 au 7 a \u00e9t\u00e9 \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e9gale. Le roi, comme vous croyez bien, est fort content de lui et de la reine, laquelle, en v\u00e9rit\u00e9, est avec raison bien reine de toutes les fa\u00e7ons.\u00a0\u00bb Le duc de Bourbon confirme par lettre au p\u00e8re de la mari\u00e9e que le roi donna \u00e0 la reine \u00ab\u00a0sept preuves de tendresse\u00a0\u00bb la premi\u00e8re nuit qui avait dur\u00e9 treize heures.<\/p><p>C\u2019est le d\u00e9but de la carri\u00e8re amoureuse de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> et la preuve que les rois n\u2019ont pas de vie priv\u00e9e. Celle de ce roi va lui nuire infiniment plus que dans les cas sexuellement comparables d\u2019Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai jug\u00e9 n\u00e9cessaire de supprimer et d\u2019\u00e9teindre le titre et les fonctions de Premier ministre.\u00a0\u00bb<span id=\"1097\" class=\"cit-num\">1097<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), D\u00e9claration au Conseil, 11\u00a0juin 1726. <em>La France sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1864), Alphonse Jobez<\/p><\/blockquote><p>V\u00e9ritable r\u00e9volution de palais\u00a0: la disgr\u00e2ce du duc de Bourbon et de sa ma\u00eetresse Mme\u00a0de Prie envoie en exil le couple et leurs partisans, dont les fr\u00e8res P\u00e2ris, financiers jadis hostiles \u00e0 Law et son fameux Syst\u00e8me (bancaire).<\/p><p>Joie populaire \u2013 le lieutenant de police peine \u00e0 emp\u00eacher les illuminations dans Paris. Joie plus grande encore du fait que le bien-aim\u00e9 roi, \u00e2g\u00e9 de 16\u00a0ans, dit vouloir gouverner seul. On se croit revenu en 1661, \u00e0 la prise du pouvoir par Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> d\u00e9cid\u00e9 \u00e0 r\u00e9gner seul apr\u00e8s la mort de Mazarin. Mais en r\u00e9alit\u00e9, l\u2019abb\u00e9 (de) Fleury son ancien pr\u00e9cepteur \u00e2g\u00e9 de 73 ans va tenir lieu de Premier ministre. Cela retarde encore l\u2019\u00e9preuve de v\u00e9rit\u00e9 pour Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> face \u00e0 son peuple.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous prie, Madame, et s\u2019il le faut, je vous l\u2019ordonne, de faire tout ce que l\u2019\u00e9v\u00eaque de Fr\u00e9jus [Fleury] vous dira de ma part, comme si c\u2019\u00e9tait moi-m\u00eame.\u00a0Sign\u00e9, Louis.\u00a0\u00bb<span id=\"1098\" class=\"cit-num\">1098<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), lettre \u00e0 sa femme, la reine. <em>Histoire de la r\u00e9gence et de la minorit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, jusqu\u2019au minist\u00e8re du cardinal de Fleury<\/em> (1832), Pierre \u00c9douard Lemontey<\/p><\/blockquote><p>Marie Leczinska est seule \u00e0 regretter l\u2019ex-Premier ministre et sa ma\u00eetresse \u00e0 qui elle doit son mariage inesp\u00e9r\u00e9.<\/p><p>Pendant dix-sept ans, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> va donc laisser son ex-pr\u00e9cepteur gouverner la France, Premier ministre sans en avoir jamais le titre. Quand il re\u00e7oit la barrette de cardinal en ao\u00fbt\u00a01726, une \u00e9pigramme circule sur la pauvre France malade, trait\u00e9e depuis cent ans par trois m\u00e9decins de rouge v\u00eatus\u00a0: le premier (Richelieu) l\u2019a saign\u00e9e\u00a0; le second (Mazarin) l\u2019a purg\u00e9e\u00a0; le troisi\u00e8me (Fleury) l\u2019a mise \u00e0 la di\u00e8te.<\/p><p>En fait, la France sera globalement heureuse et fort bien gouvern\u00e9e par le cardinal Fleury.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Prenez parole avec Peira pour un gar\u00e7on.\u00a0\u00bb<span id=\"1099\" class=\"cit-num\">1099<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span>\u00a0(1710-1774), \u00e0 la reine, 28\u00a0juillet 1728.<em> Les Rois qui ont fait la France, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> le Bien-Aim\u00e9<\/em> (1982), Georges Bordonove<\/p><\/blockquote><p>Marie Leczinska vient d\u2019accoucher d\u2019une fille, apr\u00e8s les jumelles de l\u2019ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Elle pleure de n\u2019avoir toujours pas donn\u00e9 le Dauphin esp\u00e9r\u00e9 \u00e0 la France\u2026 et au roi tant aim\u00e9. Il ne se permet pas d\u2019autre reproche et s\u2019en remet \u00e0 Peira, l\u2019accoucheur. Le fils ardemment d\u00e9sir\u00e9 na\u00eet le 4\u00a0septembre 1729 et met fin \u00e0 la rivalit\u00e9 dynastique avec l\u2019Espagne de Philippe V (Fils de France et Bourbon).<\/p><p>Dans une monarchie h\u00e9r\u00e9ditaire, la naissance d\u2019un h\u00e9ritier (m\u00e2le) est une obsession nationale. La mortalit\u00e9 infantile \u00e9lev\u00e9e, une esp\u00e9rance de vie relativement br\u00e8ve rendent la situation plus dramatique encore. Quant aux amours royales, on peut s\u2019\u00e9tonner que ce bel homme de 28\u00a0ans n\u2019ait pas encore de ma\u00eetresse. Le sang des Bourbon bouillonne toujours en lui, mais sa pi\u00e9t\u00e9 l\u2019emporte. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, moins pr\u00e9coce que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> ou Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, se rattrapera plus tard.<\/p><p>En attendant, le couple royal est un couple amoureux \u2013 fait rarissime dans l\u2019Histoire. Elle est folle de lui et apr\u00e8s un coup de foudre authentique, une nuit de noces glorieuse (comment\u00e9e par le mar\u00e9chal de Villars \u00e0 l\u2019\u00e9gal d\u2019une bataille victorieuse), le roi aimera tendrement cette reine douce et soumise, qu\u2019il trouve de surcro\u00eet \u00ab\u00a0la plus belle\u00a0\u00bb. Le fait n\u2019est pas certain, m\u00eame d\u2019apr\u00e8s des t\u00e9moins indulgents\u00a0: cela confirme que le roi a bien les yeux de l\u2019amour pour la reine.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il fallait tenir le pot de chambre aux ministres tant qu\u2019ils \u00e9taient en puissance, et le leur renverser sur la t\u00eate sit\u00f4t qu\u2019on s\u2019apercevait que le pied commen\u00e7ait \u00e0 leur glisser.\u00a0\u00bb<span id=\"953\" class=\"cit-num\">953<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLEROI<\/span> (1644-1730). <em>M\u00e9moires de Saint-Simon<\/em> (posthume, 1879)<\/p><\/blockquote><p>\u00ab\u00a0Grand routier de cour\u00a0\u00bb, ami d\u2019enfance de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, m\u00e9diocre militaire sous son r\u00e8gne quoique mar\u00e9chal de France et gouverneur fort critiqu\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> enfant, le mar\u00e9chal fut exil\u00e9 en ses terres (pr\u00e8s de Lyon) en 1722 par le R\u00e9gent irrit\u00e9 de sa pr\u00e9sence constante aupr\u00e8s du roi. De retour \u00e0 Paris en 1724, il meurt \u00e0 86 ans.<\/p><p>Sa description de la cour, \u00e0 la fois juste et cruelle, pourrait \u00eatre sign\u00e9e de Voltaire\u00a0! Les ministres se succ\u00e8dent au rythme de r\u00e9formes abandonn\u00e9es presque aussit\u00f4t qu\u2019entreprises et de disgr\u00e2ces succ\u00e9dant aux faveurs royales.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous parlons et on nous d\u00e9fend la parole, nous d\u00e9lib\u00e9rons et on nous menace. Quelle paix apr\u00e8s cela le Conseil du roi veut-il nous laisser entrevoir, sinon celle qu\u2019on n\u2019ose nommer\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\"1100\" class=\"cit-num\">1100<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Ren\u00e9 <span class=\"caps\">PUCELLE<\/span>, dit l\u2019\u00ab\u00a0Abb\u00e9 Pucelle\u00a0\u00bb (1655-1745), conseiller au Parlement de Paris. <em>Biblioth\u00e8que des m\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France pendant le <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1854), Fran\u00e7ois Barri\u00e8re<\/p><\/blockquote><p>La guerre entre Parlement et pouvoir royal recommence et ne va plus cesser jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution, aboutissement logique. Raison pr\u00e9sente, sinon pr\u00e9texte\u00a0: la bulle <em>Unigenitus<\/em> de Cl\u00e9ment <span class=\"caps\">XI<\/span> condamnant 101 propositions jans\u00e9nistes en 1713 est \u00e9rig\u00e9e en loi fran\u00e7aise par la D\u00e9claration du 24\u00a0mars 1730, sign\u00e9e par le roi.<\/p><p>Le Parlement, majoritairement jans\u00e9niste, conteste la validit\u00e9 de la D\u00e9claration. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> en impose l\u2019enregistrement par lit de justice. Le Parlement s\u2019incline, puis revient sur sa d\u00e9cision. Les rapports s\u2019enveniment avec le roi qui refuse de recevoir une d\u00e9l\u00e9gation du Parlement, d\u2019o\u00f9 l\u2019indignation exprim\u00e9e par Pucelle, toujours pr\u00eat \u00e0 ferrailler sur les questions eccl\u00e9siastiques.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi conna\u00eet toute l\u2019\u00e9tendue des droits de sa supr\u00eame puissance, et il n\u2019a pas besoin d\u2019\u00eatre excit\u00e9 \u00e0 maintenir les maximes du royaume.\u00a0\u00bb<span id=\"1101\" class=\"cit-num\">1101<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Chancelier d\u2019<span class=\"caps\">AGUESSEAU<\/span> (1668-1751), au Parlement, parlant au nom du roi, 10\u00a0janvier 1732. <em>Le Chancelier d\u2019Aguesseau<\/em> (1860), Francis Monnier<\/p><\/blockquote><p>Suite de l\u2019affaire <em>Unigenitus\u00a0<\/em>: remontrances, arr\u00eats, protestations, lits de justice, d\u00e9putations, selon un sc\u00e9nario qui se renouvellera \u00e0 tout propos durant le r\u00e8gne, pour finir par \u00e9branler le r\u00e9gime. Apr\u00e8s un arr\u00eat du Parlement pr\u00e9cisant qu\u2019en temps opportun, il serait fait des remontrances sur l\u2019obligation de respecter les \u00ab\u00a0maximes\u00a0\u00bb (lois fondamentales) du royaume, la fermet\u00e9 du chancelier apaise un temps le conflit et les esprits.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi ne songe pas assez \u00e0 la s\u00fbret\u00e9 de Paris, qui est souvent de grande cons\u00e9quence pour son autorit\u00e9. On a vu des barricades, c\u2019est une invention qui a fait fortune depuis le duc de Guise, dont on s\u2019est servi depuis, et que les Parisiens se rappellent \u00e0 pr\u00e9sent. Ils s\u2019en serviront \u00e0 la premi\u00e8re occasion.\u00a0\u00bb<span id=\"1102\" class=\"cit-num\">1102<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Marquis d\u2019<span class=\"caps\">ARGENSON<\/span> (1694-1757), lieutenant g\u00e9n\u00e9ral de police, texte \u00e9crit vers 1731. <em>Journal et M\u00e9moires<\/em> (posthumes, 1859)<\/p><\/blockquote><p>L\u2019agitation parlementaire est relay\u00e9e par l\u2019agitation populaire. De pr\u00e9tendus miracles se produisent depuis 1730 sur la tombe du diacre P\u00e2ris, saint homme vivant pour les pauvres, mort en 1727 et enterr\u00e9 dans le cimeti\u00e8re Saint-M\u00e9dard, au bas de la rue Mouffetard. Tumultes et manifestations d\u2019hyst\u00e9rie collective alternent. Les convulsionnaires attirent les badauds parisiens. Ce pourrait n\u2019\u00eatre qu\u2019un fait divers. C\u2019est aussi une question religieuse. Le diacre \u00e9tait jans\u00e9niste, farouche opposant aux j\u00e9suites, au pape et \u00e0 la bulle Unigenitus. Le Parlement de Paris a une minorit\u00e9 jans\u00e9niste remuante et le mouvement n\u2019en finit pas de rebondir. Le d\u00e9sordre est tel que la police ferme le cimeti\u00e8re, le 29\u00a0janvier 1732. Une nouvelle \u00e9preuve de force commence entre les magistrats et le pouvoir royal.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De par le Roi, d\u00e9fense \u00e0 Dieu<br>De faire miracle en ce lieu.\u00a0\u00bb<span id=\"1103\" class=\"cit-num\">1103<\/span><\/p><p class=\"auteur\">\u00c9pigramme (anonyme) \u00e0 la porte du cimeti\u00e8re Saint-M\u00e9dard, fin janvier\u00a01732.<em> Dictionnaire philosophique<\/em> (1764), Voltaire<\/p><\/blockquote><p>L\u2019affaire des convulsionnaires du cimeti\u00e8re Saint-M\u00e9dard, cas spectaculaire de transe collective, d\u00e9fraie la chronique durant cinq ann\u00e9es, cr\u00e9ant un trouble \u00e0 l\u2019ordre public du plus mauvais effet, m\u00eame si l\u2019\u00e9pigramme se veut plaisante. Finalement, le Parlement approuvera l\u2019ordonnance royale qui a ordonn\u00e9 la fermeture du cimeti\u00e8re. Le jans\u00e9nisme est discr\u00e9dit\u00e9. Le vieux cardinal Fleury esp\u00e8re enfin pouvoir gouverner en paix et r\u00e9tablir les finances de la France.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toujours coucher, toujours grosse, toujours accoucher.\u00a0\u00bb<span id=\"1106\" class=\"cit-num\">1106<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Marie <span class=\"caps\">LECZINSKA<\/span> (1703-1768), en 1737. Les Rois qui ont fait la France, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> le Bien-Aim\u00e9 (1982), Georges Bordonove<\/p><\/blockquote><p>Le mot, souvent cit\u00e9, est sans doute apocryphe \u2013 femme tr\u00e8s r\u00e9serv\u00e9e, princesse bien \u00e9duqu\u00e9e, elle n\u2019a pu dire cela. Mais elle a d\u00fb le penser. En dix ans de mariage, elle donne dix enfants au roi (dont sept filles). La derni\u00e8re grossesse est difficile, sa sant\u00e9 s\u2019en ressent, elle doit se refuser \u00e0 son \u00e9poux sans lui dire la raison, il s\u2019en offusque et s\u2019\u00e9loigne d\u2019elle.<\/p><p>Elle perd toute s\u00e9duction, se couvre de fichus, ch\u00e2les et mantelets pour lutter contre sa frilosit\u00e9. Toujours amoureuse, elle sera malheureuse et l\u2019une des reines les plus ouvertement tromp\u00e9es. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> a commenc\u00e9 sa carri\u00e8re amoureuse extra-conjugale avec Mme\u00a0de Mailly, favorite discr\u00e8te. La chose est fort bien vue par la rue\u2026<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Notre monarque, enfin, \/ Se distingue \u00e0 Cyth\u00e8re.<br>De son galant destin \/ On ne fait plus myst\u00e8re.<br>Mailly, dont on babille, \/ La premi\u00e8re \u00e9prouva<br>La royale b\u00e9quille \/ Du p\u00e8re Barnabas.\u00a0\u00bb<span id=\"1107\" class=\"cit-num\">1107<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><em>Notre monarque enfin<\/em>, chanson.<em> Journal historique et anecdotique du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (posthume, 1866), Edmond Jean-Fran\u00e7ois\u00a0Barbier<\/p><\/blockquote><p>Le peuple respire\u00a0gaillardement\u00a0: son roi n\u2019est plus sans divertissement. La liaison date de cinq ans quand elle devient publique, vers 1740. Les quatre s\u0153urs de Nesle seront successivement ses ma\u00eetresses, avant l\u2019arriv\u00e9e de la Pompadour. Le Bien-Aim\u00e9 sera l\u2019un des rois les plus riches en favorites dont l\u2019influence politique, non n\u00e9gligeable, ne sera sans doute pas aussi excessive (ni ex\u00e9crable) qu\u2019on l\u2019a dit.<\/p><p>Humili\u00e9e par les nouvelles ma\u00eetresses en titre, la reine se console avec Dieu et la gourmandise\u00a0: on lui doit l\u2019invention des bouch\u00e9es \u00e0 la reine. On lui doit aussi la Lorraine. Au terme de la guerre de Succession de Pologne (1733-1738) et du trait\u00e9 de Vienne, son p\u00e8re Stanislas Leczinski n\u2019obtient pas la Pologne, mais la Lorraine en viager\u00a0: la province deviendra fran\u00e7aise \u00e0 sa mort. Cette bonne affaire, due \u00e0 l\u2019habilet\u00e9 du cardinal de Fleury, est l\u2019un des meilleurs acquis du r\u00e8gne.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0M.\u00a0le cardinal de Fleury mourut enfin hier \u00e0 midi. On n\u2019avait jamais vu d\u2019agonie si comique, par toutes les chansons, \u00e9pigrammes et d\u00e9monstrations.\u00a0\u00bb<span id=\"1111\" class=\"cit-num\">1111<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Marquis d\u2019<span class=\"caps\">ARGENSON<\/span> (1694-1757), 30\u00a0janvier 1743. <em>Journal et M\u00e9moires du marquis d\u2019Argenson<\/em> (posthume, 1859)<\/p><\/blockquote><p>Le vieux cardinal, mort \u00e0 90\u00a0ans, ne fut jamais populaire. Sa politique prudente passait pour sans grandeur et la guerre de Succession d\u2019Autriche voulue par le pays fut d\u00e9clar\u00e9e en 1740 contre son avis. Mais le roi rend justement hommage \u00e0 son pr\u00e9cepteur. Il lui a laiss\u00e9 tout pouvoir depuis 1726 et lui est rest\u00e9 tendrement attach\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Ayant eu le malheur de perdre mes p\u00e8re et m\u00e8re avant que j\u2019eusse connaissance, je l\u2019ai toujours regard\u00e9 comme tel, ce qui rend sa perte plus douloureuse\u00a0\u00bb (Lettre \u00e0 son oncle Philippe\u00a0V d\u2019Espagne). Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> va d\u00e9sormais gouverner seul. Mal pr\u00e9par\u00e9 \u00e0 cette t\u00e2che, son indolence naturelle est un autre handicap.<\/p><h4><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin: 10px;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_citations_histoire.jpg\" width=\"350\" height=\"370\">3. Politique contest\u00e9e, amours d\u00e9nigr\u00e9es\u00a0: cibles royales pour l\u2019opinion publique \u00e9clair\u00e9e ou d\u00e9cha\u00een\u00e9e.<\/h4><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne vous laissez pas gouverner, soyez le ma\u00eetre. N\u2019ayez jamais de favori, ni de Premier ministre. \u00c9coutez, consultez votre Conseil, mais d\u00e9cidez. Dieu qui vous a fait roi vous donnera toutes les lumi\u00e8res qui vous sont n\u00e9cessaires, tant que vous aurez de bonnes intentions.\u00a0\u00bb<span id=\"1119\" class=\"cit-num\">1119<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1710-1774), Lettre \u00e9crite en 1714 \u00e0 l\u2019intention de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>. <em>Collection des m\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, M\u00e9moires du duc de Noailles<\/em> (1828)<\/p><\/blockquote><p>Janvier 1743. Apr\u00e8s la mort de Fleury, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> re\u00e7oit cette lettre confi\u00e9e par le feu roi \u00e0 Adrien Maurice de Noailles, grand militaire, homme politique \u00e0 la longue carri\u00e8re \u2013 il quittera le Conseil du roi en 1756 \u00e0 76\u00a0ans et mourra \u00e0 88\u00a0ans. Le duc appuie naturellement les propos du feu roi.<br>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> annonce qu\u2019il gouvernera lui-m\u00eame \u2013 \u00e0 33\u00a0ans, il est plus que temps. Il va s\u2019y essayer, pr\u00e9sidant en personne le Conseil. Mais la t\u00e2che est lourde et le m\u00e9tier de roi d\u2019une complexit\u00e9 croissante dans cette monarchie centralis\u00e9e \u00e0 l\u2019extr\u00eame. \u00c0 cela s\u2019ajoutent les turbulences int\u00e9rieures du r\u00e8gne, les incoh\u00e9rences des conflits europ\u00e9ens\u2026 et le divorce entre le roi et son peuple qui survient un an apr\u00e8s.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Puisqu\u2019il a repris sa catin, il ne trouvera plus un Pater sur le pav\u00e9 de Paris.\u00a0\u00bb<span id=\"1120\" class=\"cit-num\">1120<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Les poissardes parlant de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, novembre\u00a01744. <em>Dictionnaire contenant les anecdotes historiques de l\u2019amour, depuis le commencement du monde jusqu\u2019\u00e0 ce jour<\/em> (1811), Mouchet<\/p><\/blockquote><p>Bien-Aim\u00e9, certes, mais d\u00e9j\u00e0 contest\u00e9. Elles ont tant pri\u00e9 pour la gu\u00e9rison du roi malade, ex enfant de sant\u00e9 fragile\u00a0! Mais il vient de reprendre sa ma\u00eetresse Mme\u00a0de Ch\u00e2teauroux, troisi\u00e8me des s\u0153urs de Nesle, pr\u00e9sent\u00e9es au roi par le duc de Richelieu, petit-neveu du cardinal (embastill\u00e9 \u00e0 15\u00a0ans pour d\u00e9bauche et remari\u00e9 pour la troisi\u00e8me fois \u00e0 84\u00a0ans). La nouvelle fait scandale. La cour se tait, mais la rue a son franc-parler.<\/p><p>Rappelons ici l\u2019origine du Panth\u00e9on de Paris. En 1744, Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> (parti avec sa favorite Mme\u00a0 de Ch\u00e2teauroux) est \u00e0 la t\u00eate de son arm\u00e9e en guerre contre les Autrichiens, \u00e0 Metz. Tomb\u00e9 gravement malade, il fait v\u0153u de remplacer la vieille abbatiale de Sainte-Genevi\u00e8ve (patronne de la capitale) par une nouvelle \u00e9glise pour abriter la ch\u00e2sse de la sainte, s\u2019il gu\u00e9rit. Une fois r\u00e9tabli, il fait appel \u00e0 l\u2019architecte Jacques-Germain Soufflot pour exaucer son v\u0153u. Apr\u00e8s un demi-si\u00e8cle de travaux et de proc\u00e9dures, l\u2019\u00e9glise est achev\u00e9e au d\u00e9but de la R\u00e9volution\u00a0: l\u2019Assembl\u00e9e nationale constituante d\u00e9cide de transformer l\u2019\u00e9glise abbatiale en temple la\u00efque, consacrant ses cryptes aux Fran\u00e7ais illustres par leurs talents et les services rendus \u00e0 la patrie. Au fronton, on place l\u2019inscription \u00ab\u00a0Aux grands hommes, la patrie reconnaissante.\u00a0\u00bb Le temple redeviendra \u00e9glise sous la Restauration, puis assumera sa double vocation au fil des changements de r\u00e9gime, jusqu\u2019\u00e0 la Troisi\u00e8me R\u00e9publique et la mort d\u2019Hugo, l\u2019un des plus grands hommes de notre Histoire port\u00e9s au Panth\u00e9on.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les rois sont avec leurs ministres comme les cocus avec leurs femmes\u00a0: ils ne savent jamais ce qui se passe.\u00a0\u00bb<span id=\"952\" class=\"cit-num\">952<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Le Sottisier<\/em> (posthume, 1880)<\/p><\/blockquote><p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> s\u2019int\u00e9ressa sans doute \u00e0 son m\u00e9tier de roi, quoique tardivement \u2013 les historiens sont partag\u00e9s sur ce point. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, tr\u00e8s consciencieux, sera vite d\u00e9pass\u00e9 par la situation et la complexit\u00e9 des probl\u00e8mes. Mais faute de bonnes enqu\u00eates et statistiques pour \u00e9clairer leur politique, les ministres eux-m\u00eames sont peu au courant de l\u2019\u00e9tat du royaume.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voyez tout le sang que co\u00fbte un triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l\u2019\u00e9pargner.\u00a0\u00bb<span id=\"1123\" class=\"cit-num\">1123<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), \u00e0 son fils le Dauphin, au soir de la victoire de Fontenoy, 11\u00a0mai 1745. <em>Les Pens\u00e9es des rois de France<\/em> (1949), Gabriel Boissy<\/p><\/blockquote><p>Le roi parcourt le champ de bataille, jonch\u00e9 de 11\u00a0000 morts et bless\u00e9s. Il a pris la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e pour redonner confiance aux troupes et apporter plus de coordination aux op\u00e9rations mal men\u00e9es. Il s\u2019est surtout adjoint les services de Maurice de Saxe, b\u00e2tard du roi de Pologne, strat\u00e8ge exceptionnel, fait mar\u00e9chal de France l\u2019ann\u00e9e d\u2019avant.<\/p><p>Les Anglo-Hollandais sont \u00e9cras\u00e9s. Mais \u00e0 quel prix\u00a0? Le roi parle ici comme son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 la fin de sa vie\u2026 et comme tous les philosophes de ce si\u00e8cle \u00e9clair\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Jamais les triomphes les plus \u00e9clatants ne peuvent d\u00e9dommager une nation de la perte d\u2019une multitude de ses membres que la guerre sacrifie\u00a0\u00bb \u00e9crira bient\u00f4t Diderot dans <em>L\u2019Encyclop\u00e9die<\/em>. De toute mani\u00e8re, la France en guerre conna\u00eet alors plus de d\u00e9faites que de victoires.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0B\u00eate comme la paix.\u00a0\u00bb<span id=\"1124\" class=\"cit-num\">1124<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Le mot qui court \u00e0 Paris, apr\u00e8s le trait\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle du 28\u00a0octobre 1748. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> et Madame de Pompadour, d\u2019apr\u00e8s des documents in\u00e9dits<\/em> (1926), Pierre de Nolhac<\/p><\/blockquote><p>Aux Halles, les hareng\u00e8res se querellent en disant\u00a0: \u00ab\u00a0Tu es b\u00eate comme la paix\u00a0!\u00a0\u00bb \u2013 une fa\u00e7on de parler\u00a0 politique. Le trait\u00e9 met fin \u00e0 la guerre de Succession d\u2019Autriche et l\u2019on aurait pu dire\u00a0: b\u00eate comme cette guerre engag\u00e9e \u00e0 contretemps, ponctu\u00e9e de d\u00e9fections et men\u00e9e pour n\u2019aboutir \u00e0 rien.<\/p><p>Le mar\u00e9chal de Saxe a pourtant \u00e9crit une lettre \u00e0 lire au Conseil du roi\u00a0: \u00ab\u00a0Les ennemis, en quelque nombre qu\u2019ils viennent, ne peuvent plus p\u00e9n\u00e9trer en ce pays-ci [Pays-Bas autrichiens] et il me f\u00e2che de le rendre, car c\u2019est, en v\u00e9rit\u00e9, un bon morceau, et nous nous en repentirons d\u00e8s que nous aurons oubli\u00e9 notre mal pr\u00e9sent.\u00a0\u00bb Mais Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> entend \u00ab\u00a0faire la paix en roi, et non en marchand\u00a0\u00bb. Le trait\u00e9 revient donc au statu quo d\u2019avant-guerre et la France abandonne les conqu\u00eates du mar\u00e9chal de Saxe.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Puisqu\u2019il en faut une, mieux vaut que ce soit celle-l\u00e0.\u00a0\u00bb<span id=\"1126\" class=\"cit-num\">1126<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Marie <span class=\"caps\">LECZINSKA<\/span> (1703-1768), parlant de la Pompadour. <em>Apog\u00e9e et chute de la royaut\u00e9\u00a0: Louis le Bien-Aim\u00e9<\/em> (1973), Pierre Gaxotte<\/p><\/blockquote><p>Toujours \u00e9prise de son mari, mais digne et r\u00e9sign\u00e9e, la reine ne se plaint jamais de ses liaisons et trouve m\u00eame certains avantages \u00e0 la ma\u00eetresse en titre depuis 1745, la marquise de Pompadour\u00a0: cette jeune et jolie femme de 23\u00a0ans la traite avec plus d\u2019\u00e9gards que les pr\u00e9c\u00e9dentes passantes, et durant pr\u00e8s de vingt ans, leurs relations seront cordiales.<\/p><p>La vie de favorite royale est un m\u00e9tier ingrat\u00a0: toujours en repr\u00e9sentation, souriante, s\u00e9duisante, esclave. L\u2019amour avec le roi fait place \u00e0 l\u2019amiti\u00e9 apr\u00e8s 1750 et la marquise lui fournit de tr\u00e8s jeunes personnes, log\u00e9es dans un quartier de Versailles\u00a0: le Parc-aux-Cerfs. On a fantasm\u00e9 sur ce lieu de d\u00e9bauche, le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res \u00e9tant friand de rumeurs.<\/p><p>L\u2019impopularit\u00e9, la haine de la cour, les cabales incessantes \u00e9puisent la Pompadour\u00a0: \u00ab\u00a0Except\u00e9 le bonheur d\u2019\u00eatre avec le roi qui assur\u00e9ment me console de tout, le reste n\u2019est qu\u2019un tissu de m\u00e9chancet\u00e9s, de platitudes, enfin de toutes les mis\u00e8res dont les pauvres humains sont capables.\u00a0\u00bb Lettre \u00e0 son fr\u00e8re, dat\u00e9e de 1750.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sans esprit, sans caract\u00e8re \/ L\u2019\u00e2me vile et mercenaire,<br>Le propos d\u2019une comm\u00e8re \/ Tout est bas chez la Poisson \u2013 son \u2013 son.\u00a0\u00bb<span id=\"1127\" class=\"cit-num\">1127<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Poissonnade ou pompadourade, brocardant la marquise de Pompadour n\u00e9e Jeanne Antoinette Poisson.<em> Madame de Pompadour et la cour de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1867), \u00c9mile Campardon<\/p><\/blockquote><p>Le propos est injuste\u00a0: le peuple d\u00e9teste cette fille de financier, femme d\u2019un fermier g\u00e9n\u00e9ral, bourgeoise dans l\u2019\u00e2me et d\u00e9pensi\u00e8re, habitu\u00e9e des salons litt\u00e9raires \u00e0 la mode, influente en politique, distribuant les faveurs, pla\u00e7ant ses amis, le plus souvent de qualit\u00e9 comme de Bernis, Choiseul \u2013 mais Soubise, mar\u00e9chal de France, se r\u00e9v\u00e9lera peu glorieux.<\/p><p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> lui doit une part de son impopularit\u00e9. Le peuple a lou\u00e9 le roi pour ses premiers exploits extraconjugaux aupr\u00e8s des s\u0153urs Mailly-de-Nesle, il va bient\u00f4t le ha\u00efr, pour sa longue liaison avec la Pompadour. Les chansons dirig\u00e9es contre elle autour de 1760, particuli\u00e8rement virulentes, n\u2019\u00e9pargnent pas Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>\u00a0: \u00ab\u00a0Son \u00e2me vide, insatiable, \/ Obtient tout d\u2019un roi fain\u00e9ant. \/ Cette impitoyable furie, \/ Du poison de la flatterie \/ Enivre son trop faible amant.\u00a0\u00bb<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils finiront par perdre l\u2019\u00c9tat. C\u2019est une assembl\u00e9e de r\u00e9publicains\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1134\" class=\"cit-num\">1134<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), \u00e0 Mme\u00a0de Pompadour et au duc de Gontaut (son fr\u00e8re), janvier\u00a01753. <em>Pr\u00e9cis du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1763), Voltaire<\/p><\/blockquote><p>\u00ab\u00a0R\u00e9publicains\u00a0\u00bb, c\u2019est un grand mot, presque un gros mot, en tout cas un mot qui fait peur au roi. Il parle ici du Parlement de Paris et de son opposition qui s\u2019exerce \u00e0 toute occasion, avec une violence qui grandira jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution. R\u00e9tablis dans leur pouvoir sous la r\u00e9gence, les Parlements de province comme de Paris usent et abusent de leur droit de remontrance. Les hauts magistrats, soutenus par le mouvement des philosophes et de l\u2019Encyclop\u00e9die, font figure de d\u00e9fenseurs des libert\u00e9s face au despotisme. En r\u00e9alit\u00e9, ils d\u00e9fendent les privil\u00e8ges contre les r\u00e9formes royales (notamment en mati\u00e8re fiscale).<\/p><p>Le roi tr\u00e8s pieux a plus d\u2019\u00e9gard pour le clerg\u00e9 qui agit exactement de la m\u00eame mani\u00e8re. Machault d\u2019Arnouville aux Finances ne peut obtenir l\u2019imp\u00f4t dit du vingti\u00e8me frappant tous les biens, alors que l\u2019\u00c9tat a tant besoin d\u2019argent.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Anglais ont \u00e9t\u00e9 de tout temps les ennemis constants et implacables de notre sang et de notre maison\u00a0; nous n\u2019en avons jamais eu de plus dangereux.\u00a0\u00bb<span id=\"1135\" class=\"cit-num\">1135<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), Lettre \u00e0 Ferdinand <span class=\"caps\">VI<\/span> d\u2019Espagne, 1754.<em> Correspondance de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> et du mar\u00e9chal de Noailles<\/em> (1865)<\/p><\/blockquote><p>Il \u00e9crit au roi d\u2019Espagne, comme lui arri\u00e8re-petit-fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et qui pour autant ne fera pas alliance avec la France (d\u2019o\u00f9 le prochain renversement des alliances). De\u00a01688 \u00e0\u00a01815, soit en cent vingt-sept ans, la France soutient contre l\u2019Angleterre sept grandes guerres qui durent en tout soixante ans\u00a0: on parlera de la \u00ab\u00a0seconde guerre de Cent Ans\u00a0\u00bb.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, je suis bien f\u00e2ch\u00e9 d\u2019avoir eu le malheur de vous approcher\u00a0; mais si vous ne prenez pas le parti de votre peuple, avant qu\u2019il soit quelques ann\u00e9es d\u2019ici, vous et Monsieur le Dauphin et quelques autres p\u00e9riront.\u00a0\u00bb<span id=\"1143\" class=\"cit-num\">1143<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Robert Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">DAMIENS<\/span> (1715-1757), premiers mots de sa lettre au roi \u00e9crite dans son cachot, apr\u00e8s l\u2019attentat du 5\u00a0janvier 1757.<em> Si\u00e8cles de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (posthume, 1820), Voltaire<\/p><\/blockquote><p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> ne fut que l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9 par le couteau (simple canif). Mais il est profond\u00e9ment choqu\u00e9\u00a0par l\u2019attentat\u00a0: outre sa terreur de l\u2019enfer, il comprend soudain qu\u2019il n\u2019est plus le bien-aim\u00e9 de ses sujets. Cet attentat manqu\u00e9 accrut la m\u00e9lancolie et la m\u00e9fiance du roi, l\u2019isolant davantage encore de son entourage et de son peuple.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le monstre est un chien qui aura entendu aboyer quelques chiens [\u2026] et qui aura pris la rage.\u00a0\u00bb<span id=\"1144\" class=\"cit-num\">1144<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0de Lutzelbourg, 20\u00a0janvier 1757, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p><\/blockquote><p>Damiens a servi comme domestique chez plusieurs magistrats du Parlement de Paris, dont certains tr\u00e8s virulents contre le roi. Il se vanta d\u2019ailleurs d\u2019avoir voulu donner une le\u00e7on au roi, pour que d\u00e9sormais il obtemp\u00e9r\u00e2t aux remontrances.<\/p><p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> voulut d\u2019abord pardonner et le fit savoir\u00a0: \u00ab\u00a0Les sentiments de religion dont nous sommes p\u00e9n\u00e9tr\u00e9s et les mouvements de notre c\u0153ur nous portaient \u00e0 la cl\u00e9mence.\u00a0\u00bb Il tente ensuite de minimiser la publicit\u00e9 faite \u00e0 ce geste \u2013 un acte isol\u00e9, \u00e0 n\u2019en pas douter. Mais chaque conseiller donne un avis diff\u00e9rent et finalement, Damiens sera jug\u00e9 pour crime de l\u00e8se-majest\u00e9, devant la grande chambre du Parlement. Plus fou que r\u00e9gicide, vraisemblablement \u00e9pileptique et simple d\u2019esprit, il est condamn\u00e9 pour \u00ab\u00a0parricide\u00a0\u00bb \u00e0 la s\u00e9rie des supplices jadis inflig\u00e9s \u00e0 Ravaillac. L\u2019ex\u00e9cution se fera devant la foule, en place de Gr\u00e8ve. Toutes les fen\u00eatres sont lou\u00e9es \u00e0 prix d\u2019or et le supplice de cet homme particuli\u00e8rement robuste reste dans l\u2019histoire comme l\u2019un des plus atroces.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est mon ouvrage. Je le crois bon.\u00a0\u00bb<span id=\"1146\" class=\"cit-num\">1146<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), Lettre au comte de Broglie, 22\u00a0janvier 1757. <em>Les Guerres sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1881), comte Pajol<\/p><\/blockquote><p>Il s\u2019agit du renversement des alliances, c\u2019est-\u00e0-dire du rapprochement de la France et de l\u2019Autriche (sanctionn\u00e9 par le trait\u00e9 de Versailles). Le parti anti-autrichien ne peut plus avoir raison contre les r\u00e9alit\u00e9s\u00a0: neutralit\u00e9 malveillante de l\u2019Espagne, nouvelle trahison du roi de Prusse signant avec l\u2019Angleterre le trait\u00e9 de Westminster de 1756 (sans m\u00eame avertir son alli\u00e9e la France), alors qu\u2019il nous faut un alli\u00e9 continental dans la guerre (de Sept Ans) contre l\u2019Angleterre.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019entends toujours demander si les chiens et les chevaux sont las et jamais les hommes.\u00a0\u00bb<span id=\"1116\" class=\"cit-num\">1116<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LANSMATE<\/span> (<span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), premier piqueur du roi. <em>M\u00e9moires sur les r\u00e8gnes de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> et sur la R\u00e9volution<\/em> (1886), comte Jean-Nicolas Dufort de Cheverny, Robert Saint John de Cr\u00e8vec\u0153ur<\/p><\/blockquote><p>\u00c0 l\u2019occasion d\u2019une chasse ayant \u00e9puis\u00e9 b\u00eates et gens, Lansmate d\u00e9plore l\u2019insolente sant\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, jointe \u00e0 un certain \u00e9go\u00efsme. L\u2019enfant ch\u00e9tif et plusieurs fois mourant est devenu un sportif infatigable, grand et bon chasseur par tous les temps. Les voyages, les c\u00e9r\u00e9monies, les amours, la guerre m\u00eame o\u00f9 il se montre fier soldat, rien ne semble le fatiguer. Luynes \u00e9voque \u00ab\u00a0cet extr\u00eame besoin d\u2019exercices violents et de dissipation, et des moments de noire tristesse\u00a0\u00bb. Le roi n\u2019a jamais assez de divertissements et son m\u00e9tier de roi, exerc\u00e9 par intermittence, ne lui suffit pas.<\/p><p>Cette citation de Lansmate est surtout port\u00e9e au discr\u00e9dit d\u2019un roi indiff\u00e9rent aux hommes. Mais son int\u00e9r\u00eat extr\u00eame et sa sensibilit\u00e9 aux animaux peuvent aussi \u00eatre port\u00e9s \u00e0 son cr\u00e9dit. Nous y reviendrons \u00e0 la fin de ce portrait.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Apr\u00e8s nous, le d\u00e9luge.\u00a0\u00bb<span id=\"1151\" class=\"cit-num\">1151<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Marquise de <span class=\"caps\">POMPADOUR<\/span> (1721-1764), \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, fin 1757. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res<\/em>, Larousse<\/p><\/blockquote><p>La marquise tente de r\u00e9conforter le roi, de nature toujours m\u00e9lancolique, de surcro\u00eet fort affect\u00e9 par la d\u00e9faite de son favori et de son arm\u00e9e \u00e0 Rossbach, le 5\u00a0novembre. \u00ab\u00a0Il ne faut point vous affliger\u00a0: vous tomberiez malade. Apr\u00e8s nous, le d\u00e9luge.\u00a0\u00bb Le mot fut attribu\u00e9 \u00e0 la favorite pour illustrer l\u2019indiff\u00e9rence et l\u2019\u00e9go\u00efsme qu\u2019on lui pr\u00eatait.<\/p><p>Le mot est aussi attribu\u00e9 au roi, pour les m\u00eames raisons, mais dans un autre contexte. Il parle du Dauphin, et signifie un peu l\u00e9g\u00e8rement qu\u2019il se moque bien ce qu\u2019il adviendra de la France, quand lui-m\u00eame sera mort. Voltaire le cite, pour stigmatiser \u00ab\u00a0cet \u00e9go\u00efste de droit divin\u00a0\u00bb qui n\u2019aime rien et que tout ennuie (\u00c9douard de Pompery, <em>Le Vrai Voltaire<\/em>, 1867).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les grands seigneurs s\u2019avilissent, \/ Les financiers s\u2019enrichissent,<br>Tous les Poissons s\u2019agrandissent. \/ C\u2019est le r\u00e8gne des vauriens.\u00a0\u00bb<span id=\"1162\" class=\"cit-num\">1162<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Poissonnade, attribu\u00e9e \u00e0 Pont-de-Veyle (1697-1774).<em> Journal historique\u00a0: depuis 1748 jusqu\u2019en 1772 inclusivement<\/em> (1807), Charles Coll\u00e9<\/p><\/blockquote><p>Les poissonnades fleurissent, comme jadis les mazarinades. Le peuple supporte de plus en plus mal le luxe qui s\u2019\u00e9tale \u00e0 la cour o\u00f9 r\u00e8gne encore la Pompadour, s\u2019affichant aussi dans des milieux prosp\u00e8res et \u00e2pres au gain, du c\u00f4t\u00e9 des aristocrates comme des bourgeois. La favorite fait am\u00e9nager ses nombreuses r\u00e9sidences (h\u00f4tel d\u2019\u00c9vreux, futur \u00c9lys\u00e9e, La Celle, Bellevue, Champs). Elle place son fr\u00e8re Abel Poisson, nomm\u00e9 marquis de Marigny, \u00e0 la direction g\u00e9n\u00e9rale des B\u00e2timents o\u00f9 il se montre d\u2019ailleurs bon administrateur.<\/p><p>Mais le peuple ne fait pas le d\u00e9tail et s\u2019exasp\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0On \u00e9puise la finance\u00a0\/ En b\u00e2timent, en d\u00e9penses,\u00a0\/ L\u2019\u00c9tat tombe en d\u00e9cadence\u00a0\/ Le roi ne met ordre \u00e0 rien\u00a0\/ Une petite bourgeoise\u00a0\/ \u00c9lev\u00e9e \u00e0 la grivoise\u00a0\/ Mesurant tout \u00e0 la toise\u00a0\/ Fait de l\u2019amour un taudis.\u00a0\u00bb Les poissonnades se multiplient, comme plus tard les pamphlets visant Marie-Antoinette, femme d\u2019un roi faible et cible de choix. Les historiens parleront de ces \u00ab\u00a0basses Lumi\u00e8res\u00a0\u00bb qui \u00e9branlent la monarchie presque aussi s\u00fbrement que les Lumi\u00e8res des philosophes du si\u00e8cle.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Autrefois de Versailles \/ Nous venait le bon go\u00fbt,<br>Aujourd\u2019hui la canaille \/ R\u00e8gne et tient le haut bout.<br>Si la cour se ravale, \/ De quoi s\u2019\u00e9tonne-t-on\u00a0?<br>N\u2019est-ce pas de la halle \/ Que nous vient le poisson\u00a0?\u00a0\u00bb<span id=\"1163\" class=\"cit-num\">1163<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Poissonnade de 1749. <em>Chansonnier historique du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1879), \u00c9mile Rauni\u00e9<\/p><\/blockquote><p>M\u00eame si le peuple reproche son origine non noble \u00e0 la dame, c\u2019est de la cour que part le plus souvent ce genre de pamphlets (anonymes). La personne du roi est \u00e9galement attaqu\u00e9e. Les cabales se multiplient. Le lieutenant de police avoue son impuissance \u00e0 traquer les auteurs et ceux qui leur tiennent la main\u00a0: \u00ab\u00a0Je connais Paris autant qu\u2019on peut le conna\u00eetre. Mais je ne connais pas Versailles.\u00a0\u00bb<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La marquise n\u2019aura pas beau temps pour son voyage.\u00a0\u00bb<span id=\"1173\" class=\"cit-num\">1173<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), voyant le cort\u00e8ge fun\u00e8bre de sa favorite quitter Versailles sous la pluie battante, 17\u00a0avril 1764.<em> Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1890), Ars\u00e8ne Houssaye<\/p><\/blockquote><p>Mot souvent cit\u00e9, toujours mis en situation, jusque dans les dictionnaires historiques anglo-saxons. Preuve de la notori\u00e9t\u00e9 des deux personnages. Mais l\u2019histoire est injuste envers ce roi, en citant ces mots \u00ab\u00a0\u00e0 charge\u00a0\u00bb.<\/p><p>Son valet de chambre, Champlost, \u00e9voque la sc\u00e8ne et t\u00e9moigne d\u2019une peine r\u00e9elle. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> se mit sur le balcon malgr\u00e9 l\u2019orage, nue t\u00eate, pleura et murmura ainsi d\u00e9couvert\u00a0: \u00ab\u00a0Voil\u00e0 les seuls devoirs que j\u2019ai pu lui rendre. Une amie de vingt ans.\u00a0\u00bb Mme\u00a0de Pompadour est morte d\u2019\u00e9puisement, \u00e0 42\u00a0ans (le 15\u00a0avril). Elle savait qu\u2019elle ne vivrait pas vieille. Cardiaque, d\u2019une maigreur mal dissimul\u00e9e sous la toilette, elle continuait sa vie tr\u00e9pidante. Les courants d\u2019air de Versailles ont aussi leur part dans sa congestion pulmonaire. Derni\u00e8re faveur du roi, il lui a permis de mourir au ch\u00e2teau \u2013 privil\u00e8ge r\u00e9serv\u00e9 aux rois et princes du sang. Sit\u00f4t apr\u00e8s, le cort\u00e8ge devait quitter les lieux.<\/p><p>Selon d\u2019autres t\u00e9moins, le roi fut seulement indiff\u00e9rent et la reine elle-m\u00eame en fut choqu\u00e9e, car elle aimait bien la marquise qui avait pour elle plus d\u2019\u00e9gards que les autres ma\u00eetresses.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je re\u00e7ois le corps de tr\u00e8s haute et tr\u00e8s puissante dame, Madame la marquise de Pompadour, dame du palais de la Reine. Elle \u00e9tait \u00e0 l\u2019\u00e9cole de toutes les vertus, car la Reine est un mod\u00e8le de bont\u00e9, de pi\u00e9t\u00e9, de modestie et d\u2019indulgence\u2026\u00a0\u00bb<span id=\"1174\" class=\"cit-num\">1174<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Fr\u00e8re <span class=\"caps\">R\u00c9MI<\/span> de Reims (seconde moiti\u00e9 du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), Oraison fun\u00e8bre de Mme\u00a0de Pompadour, 17\u00a0avril 1764. <em>Madame de Pompadour et la cour de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1867), \u00c9mile Campardon<\/p><\/blockquote><p>Tous les participants ont remarqu\u00e9 l\u2019habilet\u00e9 du pr\u00e9dicateur capucin, charg\u00e9 de ce dernier hommage \u00e0 la ma\u00eetresse du roi et qui s\u2019en tire en faisant l\u2019\u00e9loge de sa femme l\u00e9gitime, Marie Leczinska, durant un quart d\u2019heure.<\/p><p>C\u2019est la famille qui a demand\u00e9 une oraison fun\u00e8bre, avant l\u2019inhumation du corps. Certes, Mme\u00a0de Pompadour est morte avec une pi\u00e9t\u00e9 remarqu\u00e9e, mais le fait reste exceptionnel.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Oh\u00a0! la belle statue\u00a0! oh\u00a0! le beau pi\u00e9destal\u00a0!<br>Les Vertus sont \u00e0 pied et le Vice \u00e0 cheval.\u00a0\u00bb<span id=\"1177\" class=\"cit-num\">1177<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Vers anonymes \u00e9crits sur le socle de la statue \u00e9questre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>.<em> Le Vandalisme de la R\u00e9volution<\/em> (1993), Fran\u00e7ois Souchal<\/p><\/blockquote><p>La statue de Bouchardon, inaugur\u00e9e \u00e0 Paris le 2\u00a0juin 1765 sur la place Louis-<span class=\"caps\">XV<\/span> (aujourd\u2019hui place de la Concorde) est entour\u00e9e de quatre figures symbolisant les vertus.<\/p><p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> a perdu la Pompadour et pas encore trouv\u00e9 la du Barry\u00a0: entre deux favorites officielles, les dames ne manquent pas, surtout de tr\u00e8s jeunes demoiselles, discr\u00e8tement abrit\u00e9es dans le Parc-aux-Cerfs \u00e0 Versailles, fournies par des parents consentants, ignorant elles-m\u00eames l\u2019identit\u00e9 de leur royal amant et mari\u00e9es \u00e0 des courtisans sit\u00f4t qu\u2019engross\u00e9es. Dit-on. La Pompadour, maquerelle vigilante, veillait \u00e0 ce que le roi ne s\u2019attache durablement \u00e0 aucune. Disait-on aussi. Le r\u00e8gne est celui de toutes les rumeurs et la vie amoureuse de ce roi tr\u00e8s sensuel et \u00e0 pr\u00e9sent ha\u00ef est un sujet de choix.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une fermet\u00e9 in\u00e9branlable est le seul moyen de conserver et vos jours et votre autorit\u00e9\u00a0: il est triste d\u2019\u00eatre forc\u00e9 de se faire craindre, mais il l\u2019est encore plus d\u2019avoir \u00e0 craindre.\u00a0\u00bb<span id=\"1178\" class=\"cit-num\">1178<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Dauphin <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> (1729-1765), <em>M\u00e9moire au roi<\/em> (1765)<\/p><\/blockquote><p>Le fils a\u00een\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> meurt le 20\u00a0d\u00e9cembre 1765 (\u00e0 36\u00a0ans). Peu de temps avant sa mort, ce sp\u00e9cialiste de droit public a remis ce m\u00e9moire au roi dont il conna\u00eet la faiblesse. Il veut le mettre en garde contre le danger des pr\u00e9tentions parlementaires manifest\u00e9es dans les arr\u00eats et remontrances. Le roi est trop intelligent pour rester inconscient\u2026<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est en ma personne seule que r\u00e9side l\u2019autorit\u00e9 souveraine\u00a0; c\u2019est de moi seul que mes Cours tiennent leur justice et leur autorit\u00e9\u00a0; la pl\u00e9nitude de cette autorit\u00e9 qu\u2019elles n\u2019exercent qu\u2019en mon nom demeure toujours en moi et l\u2019usage n\u2019en peut jamais \u00eatre tourn\u00e9 contre moi.\u00a0\u00bb<span id=\"1179\" class=\"cit-num\">1179<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), D\u00e9claration solennelle au Parlement de Paris, 3\u00a0mars\u00a01766.<em> Histoire des Fran\u00e7ais<\/em> (1821-1844), Simonde de Sismondi<\/p><\/blockquote><p>Stupeur \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e impromptue du roi\u2026 et plus encore \u00e0 l\u2019audition du discours. Face \u00e0 la fronde quasi f\u00e9odale des magistrats soutenant l\u2019un des leurs, La Chalotais, procureur g\u00e9n\u00e9ral de Rennes, contre d\u2019Aiguillon, gouverneur de Bretagne, Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> r\u00e9affirme son autorit\u00e9 de monarque absolu.<\/p><p>Il fustige si vivement les agissements du Parlement que ce lit de justice en forme de psychodrame reste dans l\u2019histoire sous un nom \u00e9vocateur\u00a0: \u00ab\u00a0S\u00e9ance de la Flagellation\u00a0\u00bb. Deux citations valent mieux qu\u2019une, car\u00a0on croirait entendre Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> qui a bien dit le 13 avril 1655 \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat c\u2019est moi\u00a0\u00bb \u2013 il avait 16 ans et tout son r\u00e8gne en fut la preuve.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019ordre public tout entier \u00e9mane de moi et les droits et les int\u00e9r\u00eats de la nation [\u2026] sont n\u00e9cessairement unis avec les miens et ne reposent qu\u2019entre mes mains.\u00a0\u00bb<span id=\"951\" class=\"cit-num\">951<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), D\u00e9claration solennelle au Parlement de Paris, 3\u00a0mars\u00a01766. <em>Histoire des Fran\u00e7ais<\/em> (1821-1844), Simonde de Sismondi<\/p><\/blockquote><p>S\u00e9ance de la Flagellation (suite). C\u2019est encore le temps de la monarchie absolue et de droit divin. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> se montre tr\u00e8s jaloux de son autorit\u00e9, mais par saccades, face \u00e0 la r\u00e9volte parlementaire chronique sous son r\u00e8gne. La \u00ab\u00a0guerre parlementaire\u00a0\u00bb est rouverte, elle va provoquer \u00e0 terme la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p><p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> \u00e0 son tour r\u00e9affirmera son pouvoir face au jeune duc d\u2019Orl\u00e9ans osant qualifier d\u2019ill\u00e9gal l\u2019enregistrement d\u2019un \u00e9dit royal\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est l\u00e9gal parce que je le veux\u00a0!\u00a0\u00bb L\u2019un de ses ministres, le perspicace Turgot, \u00e9crira\u00a0: \u00ab\u00a0Un des plus grands malheurs pour les princes est de conserver des pr\u00e9tentions anciennes qu\u2019ils ne peuvent plus faire valoir.\u00a0\u00bb Cela vaut \u00e9galement pour Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>. Tel p\u00e8re, tel (petit-)fils.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai fait de grandes pertes\u00a0; mon fils le Dauphin, sa femme, la reine, mes filles a\u00een\u00e9es\u00a0; je vieillis et par mon \u00e2ge, je serais le p\u00e8re de la moiti\u00e9 de mes sujets\u00a0; par mon affection, je le suis de tous.\u00a0\u00bb<span id=\"1181\" class=\"cit-num\">1181<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), au roi de Danemark en visite \u00e0 Paris.<em> Souvenirs du marquis de Valfons<\/em> (posthume, 1860)<\/p><\/blockquote><p>Confidence du roi de France, \u00e2g\u00e9 de 57\u00a0ans \u2013 la moyenne de vie passe en France de 21\u00a0ans en 1680 \u00e0 32\u00a0ans en 1774. Notons que la mortalit\u00e9 infantile reste \u00e9lev\u00e9e, ce qui infl\u00e9chit lourdement cette statistique. \u00c0 l\u2019autre bout de la vie, on trouve nombre de grands vieillards fringants, le plus c\u00e9l\u00e8bre \u00e9tant Voltaire, le plus \u00e9tonnant l\u2019acad\u00e9micien centenaire Fontenelle (1657-1757).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous avons la propri\u00e9t\u00e9 de notre honneur, de notre vie et de notre libert\u00e9, comme vous avez la propri\u00e9t\u00e9 de votre couronne. Nous verserions notre sang pour conserver vos droits, mais conservez-nous les n\u00f4tres.\u00a0\u00bb<span id=\"1184\" class=\"cit-num\">1184<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Plaidoyer des \u00c9tats de Bretagne, 1769. <em>Vie priv\u00e9e de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, ou principaux \u00e9v\u00e9nements, particularit\u00e9s et anecdotes de son r\u00e8gne<\/em> (1781), Mouffle d\u2019Angerville<\/p><\/blockquote><p>En 1768, les \u00c9tats de Bretagne ont demand\u00e9 le rappel du Parlement de Rennes pour r\u00e9tablir le cours de la justice. Les magistrats ont repris leurs fonctions en juillet\u00a01769 \u2013 sauf La Chalotais et ses complices maintenus en exil. Ils r\u00e9clament une proc\u00e9dure d\u2019instruction contre le duc d\u2019Aiguillon qui a propos\u00e9 un nouveau r\u00e8glement de ces \u00c9tats et le retour des derniers exil\u00e9s, concluant par\u00a0: \u00ab\u00a0Sire, la province \u00e0 vos genoux r\u00e9clame votre justice.\u00a0\u00bb M\u00e9moire renvoy\u00e9 sans suite.<\/p><p>Cette \u00e9preuve de force entre Parlement et pouvoir royal est si grave que la R\u00e9volution aurait pu \u00eatre dat\u00e9e de 1769.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Eh\u00a0! la France, ton caf\u00e9 fout le camp.\u00a0\u00bb<span id=\"1185\" class=\"cit-num\">1185<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Comtesse\u00a0<span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">BARRY<\/span> (1743-1793), s\u2019adressant \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>. <em>Anecdotes sur la comtesse du Barry<\/em> (1775), Pidansat de Mairobert<\/p><\/blockquote><p>Nouvelle favorite depuis 1768, elle a trente-trois ans de moins que le roi vieillissant, toujours s\u00e9ducteur et encore s\u00e9duisant, aussit\u00f4t charm\u00e9 par sa joie de vivre et ses 25\u00a0ans.<\/p><p>Jeanne B\u00e9cu a beaucoup \u00ab\u00a0v\u00e9cu\u00a0\u00bb, avant de se retrouver au centre des intrigues de la cour. Son \u00e9ducation chez les s\u0153urs ne l\u2019a pas d\u00e9barrass\u00e9e d\u2019un parler peu protocolaire et les courtisans collectionnent ses perles pour se moquer de cette fausse noble. Ainsi, elle traite le roi comme un valet de com\u00e9die, l\u2019appelant \u00ab\u00a0la France\u00a0\u00bb et le tutoyant. Occup\u00e9e \u00e0 se poser des mouches devant sa psych\u00e9 quand l\u2019infusion en bouillant tomba sur le feu, elle aurait cri\u00e9 le mot souvent cit\u00e9. Autre destinataire possible, un valet de pied au service de la favorite de 1770 \u00e0 1772, qui s\u2019appelait La France.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne tenons notre couronne que de Dieu. Le droit de faire les lois nous appartient \u00e0 nous seul, sans d\u00e9pendance et sans partage.\u00a0\u00bb<span id=\"1187\" class=\"cit-num\">1187<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Ren\u00e9 Nicolas de <span class=\"caps\">MAUPEOU<\/span> (1714-1792), Pr\u00e9ambule d\u2019un \u00e9dit en date du 27\u00a0novembre 1770. <em>Chronique<\/em> (1753-1789) du libraire Sim\u00e9on Prosper Hardy<\/p><\/blockquote><p>R\u00e9affirmation de la monarchie absolue, face au Parlement et au nom du roi. Le Parlement r\u00e9pond au chancelier Maupeou par les remontrances habituelles. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> recourt au lit de justice pour faire enregistrer l\u2019\u00e9dit. Protestations. D\u00e9putations aupr\u00e8s du roi. Sc\u00e9nario classique. Mais cette fois, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> a d\u00e9cid\u00e9 d\u2019\u00eatre le plus fort.<\/p><p>20\u00a0janvier 1771, les magistrats rebelles du Parlement de Paris sont exil\u00e9s, leur charge confisqu\u00e9e\u00a0: un tiers du royaume est priv\u00e9 de tribunal, cependant que l\u2019opposition aristocratique s\u2019organise, certains magistrats parlant m\u00eame du devoir de d\u00e9sob\u00e9issance au roi. Maupeou n\u2019h\u00e9site plus\u00a0: c\u2019est la \u00ab\u00a0r\u00e9volution royale\u00a0\u00bb.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toutes les t\u00eates se tourn\u00e8rent et l\u2019on entendit jusque dans les rues crier \u00e0 l\u2019injustice, \u00e0 la tyrannie. Les femmes se distingu\u00e8rent surtout. Selon elles, la monarchie allait s\u2019\u00e9crouler, elles ne parlaient des Parlements que comme des victimes qu\u2019on \u00e9gorgeait sur l\u2019autel du despotisme.\u00a0\u00bb<span id=\"1188\" class=\"cit-num\">1188<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Baron de <span class=\"caps\">BESENVAL<\/span> (1721-1791), <em>M\u00e9moires de Besenval<\/em> (posthume, 1805)<\/p><\/blockquote><p>L\u2019\u00e9dit du 23\u00a0f\u00e9vrier 1771, lu le 25 au Conseil d\u2019\u00c9tat par le chancelier Maupeou, fait l\u2019effet d\u2019une bombe. C\u2019en est une\u00a0: abolition de la v\u00e9nalit\u00e9 des charges, \u00e9tablissement de la gratuit\u00e9 de la justice, transformation des juges en fonctionnaires appoint\u00e9s, nomm\u00e9s par le roi et r\u00e9vocables en cas de fautes graves ou d\u2019insuffisances. Le \u00ab\u00a0coup d\u2019\u00c9tat Maupeou\u00a0\u00bb est une r\u00e9forme en profondeur de l\u2019Ancien R\u00e9gime et les philosophes approuvent. Toutes les cours (des Aides, Comptes, Monnaies, Amiraut\u00e9s) sont supprim\u00e9es.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne changerai jamais.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), 13 avril 1771. Pierre Sipriot, <em>Les Soixante derniers jours de Marie-Antoinette<\/em> (1993)<\/p><\/blockquote><p>Le roi tient un lit de justice pour forcer le Parlement \u00e0 enregistrer ses d\u00e9cisions, il laisse le chancelier Maupeou parler, se contentant de prendre la parole \u00e0 l\u2019issue de la c\u00e9r\u00e9monie, en quatre mots si peu dans sa nature, fond et forme\u00a0!<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019avais fait gagner au roi un proc\u00e8s qui durait depuis trois si\u00e8cles.\u00a0S\u2019il veut le perdre encore, il est bien le ma\u00eetre.\u00a0\u00bb<span id=\"1189\" class=\"cit-num\">1189<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Ren\u00e9 Nicolas de <span class=\"caps\">MAUPEOU<\/span> (1714-1792).<em> La Fin de l\u2019Ancien r\u00e9gime<\/em> (1974), Henri M\u00e9tivier<\/p><\/blockquote><p>Son coup d\u2019\u00c9tat a r\u00e9ussi\u00a0: la nouvelle justice fonctionne, plus efficace et plus rapide\u00a0! Le chancelier de France pr\u00e9pare un code unique et la simplification des proc\u00e9dures. Cette r\u00e9forme bat en br\u00e8che les privil\u00e8ges de la noblesse de robe et ouvre l\u2019acc\u00e8s de la magistrature \u00e0 tous. La d\u00e9marche est en m\u00eame temps politique\u00a0: en supprimant les Parlements, Maupeou d\u00e9barrasse le pouvoir central d\u2019une opposition syst\u00e9matique, frondeuse et paralysante. C\u2019est la condition indispensable pour r\u00e9former les autres secteurs de l\u2019\u00c9tat.<\/p><p>Mais Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> va mourir\u2026 et Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> rappellera les anciens Parlements, d\u00e8s son arriv\u00e9e au pouvoir en 1774.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quelque maladie qu\u2019aient les princes, jamais ce qui les entoure, ni les m\u00e9decins, ne conviennent qu\u2019ils soient mal que lorsqu\u2019ils sont morts. La flatterie et la politique les conduisent jusqu\u2019au tombeau.\u00a0\u00bb<span id=\"1194\" class=\"cit-num\">1194<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Baron de <span class=\"caps\">BESENVAL<\/span> (1721-1791), <em>M\u00e9moires de Besenval<\/em> (posthume, 1805)<\/p><\/blockquote><p>Tout s\u2019est pass\u00e9 comme \u00e0 la mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. On cache au roi la gravit\u00e9 de son mal \u2013 la petite v\u00e9role (variole). Il est d\u2019autant plus cr\u00e9dule qu\u2019il croit l\u2019avoir d\u00e9j\u00e0 eue et sa peur du diable lui fait \u00e9carter l\u2019id\u00e9e m\u00eame de la mort. Apr\u00e8s une semaine d\u2019atroces souffrances support\u00e9es avec courage, la bougie allum\u00e9e sur le rebord du balcon royal \u00e0 Versailles est souffl\u00e9e par son valet\u00a0: le roi est mort, le 10\u00a0mai 1774.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En sortant de la chambre de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>, le duc de Villequier, premier gentilhomme de la chambre d\u2019ann\u00e9e, enjoignit \u00e0 M. Andouill\u00e9, premier chirurgien du roi, d\u2019ouvrir le corps et de l\u2019embaumer. Le premier chirurgien devait n\u00e9cessairement en mourir. \u2018Je suis pr\u00eat, r\u00e9pliqua Andouill\u00e9\u00a0; mais, pendant que j\u2019op\u00e9rerai, vous tiendrez la t\u00eate\u00a0: votre charge vous l\u2019ordonne.\u2019\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Jeanne Louise Henriette <span class=\"caps\">CAMPAN<\/span> (1752-1822), M\u00e9moires sur la vie priv\u00e9e de Marie-Antoinette, reine de France et de Navarre (1822)<\/p><\/blockquote><p>Mme Campan v\u00e9cut \u00e0 la cour de France en tant que \u00ab\u00a0premi\u00e8re femme de chambre\u00a0\u00bb, autrement dit \u00e9ducatrice et amie de Marie-Antoinette, dauphine puis reine. Ce genre de t\u00e9moignage est un apport pr\u00e9cieux \u00e0 la petite histoire \u2013 autrement dit ses coulisses. La peur de la contagion explique la sc\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0Le duc s\u2019en alla sans mot dire, et le corps ne fut ni ouvert ni embaum\u00e9. Quelques serviteurs subalternes et de pauvres ouvriers rest\u00e8rent pr\u00e8s de ces restes pestif\u00e9r\u00e9s\u00a0; ils rendirent les derniers devoirs \u00e0 leur ma\u00eetre\u00a0; les chirurgiens prescrivirent de verser de l\u2019esprit-de-vin dans le cercueil.\u00a0\u00bb En vertu de quoi Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> sera le seul roi de France non embaum\u00e9. Une autre mani\u00e8re de \u00ab\u00a0rater sa sortie\u00a0\u00bb.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ami des propos libertins, \/ Buveur fameux, et roi c\u00e9l\u00e8bre<br>Par la chasse et par les catins\u00a0: \/ Voil\u00e0 ton oraison fun\u00e8bre.\u00a0\u00bb<span id=\"1195\" class=\"cit-num\">1195<\/span><\/p><p class=\"auteur\"><em>Chanson \u00e0 la mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1774). <em>Vie priv\u00e9e de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, ou principaux \u00e9v\u00e9nements, particularit\u00e9s et anecdotes de son r\u00e8gne<\/em> (1781), Mouffle d\u2019Angerville<\/p><\/blockquote><p>\u00ab\u00a0On l\u2019enterra promptement et sans la moindre escorte\u00a0; son corps passa vers minuit par le bois de Boulogne pour aller \u00e0 Saint-Denis. \u00c0 son passage, des cris de d\u00e9rision ont \u00e9t\u00e9 entendus\u00a0: on r\u00e9p\u00e9tait \u00ab\u00a0ta\u00efaut\u00a0! ta\u00efaut\u00a0!\u00a0\u00bb comme lorsqu\u2019on voit un cerf et sur le ton ridicule dont il avait coutume de le prononcer\u00a0\u00bb (Lettre de la comtesse de Boufflers).<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le silence des peuples est la le\u00e7on des rois.\u00a0\u00bb<span id=\"1196\" class=\"cit-num\">1196<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Abb\u00e9 de <span class=\"caps\">BEAUVAIS<\/span> (1731-1790), \u00e9v\u00eaque de Senez, Oraison fun\u00e8bre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, 27\u00a0juillet 1774, basilique de Saint-Denis<\/p><\/blockquote><p>Au terme d\u2019un r\u00e8gne de soixante-quatre ans, Louis le Bien-Aim\u00e9 est mort et enterr\u00e9 dans l\u2019indiff\u00e9rence g\u00e9n\u00e9rale, selon la version officielle \u2013 la plus cl\u00e9mente. Quarante jours plus t\u00f4t, au sermon du Jeudi saint, l\u2019abb\u00e9 avait os\u00e9 ces mots qui ont fort \u00e9mu le roi\u00a0: \u00ab\u00a0Sire, mon devoir de ministre du Dieu de v\u00e9rit\u00e9 m\u2019ordonne de vous dire que vos peuples sont malheureux, que vous en \u00eates la cause et qu\u2019on vous le laisse ignorer.\u00a0\u00bb<\/p><p>Cette fois, le discours fun\u00e8bre est jug\u00e9 irrespectueux et le pr\u00e9dicateur doit se retirer dans son \u00e9v\u00each\u00e9 \u2013 l\u2019un des plus modestes de France. \u00c9lu d\u00e9put\u00e9 du clerg\u00e9 en 1789, il pourra entendre le 15\u00a0juillet, repris par le grand orateur Mirabeau, lors de la visite de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> \u00e0 la Constituante muette, ce mot tr\u00e8s dur\u00a0: \u00ab\u00a0Le silence des peuples est la le\u00e7on des rois.\u00a0\u00bb<\/p><h4><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" style=\"margin: 10px;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xv_citations.jpg\" width=\"350\" height=\"460\">4. Jugements de l\u2019Histoire\u00a0: t\u00e9moignages toujours partag\u00e9s sur un personnage \u00e9nigmatique.<\/h4><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>\u00a0se travaille du matin au soir pour se dissimuler.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Marquis d\u2019<span class=\"caps\">ARGENSON<\/span> (1694-1757), <em>Journal et M\u00e9moires du marquis d\u2019Argenson<\/em> (posthume, 1859)<\/p><\/blockquote><p>Secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat des Affaires \u00e9trang\u00e8res de 1744 \u00e0 1747, connu pour ses travaux litt\u00e9raires et historiques. Le personnage du roi ne cesse de l\u2019interroger. Ce masque d\u2019impassibilit\u00e9 peut venir d\u2019une timidit\u00e9 maintes fois d\u00e9crite et av\u00e9r\u00e9e. Fran\u00e7ois Bluche, historien du <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle, y voit surtout un \u00ab\u00a0\u00e9gocentrisme, royal mais peu \u00e9difiant.\u00a0\u00bb Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> n\u2019a pas laiss\u00e9 de m\u00e9moires, son abondant courrier a largement disparu et les historiens peinent \u00e0 percer le myst\u00e8re.<\/p><p>Deux interpr\u00e9tations possibles se compl\u00e8tent plus qu\u2019elles ne s\u2019opposent. La plus br\u00e8ve semble indiscutable.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un perp\u00e9tuel adolescent appel\u00e9 \u00e0 faire un travail d\u2019homme.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Jerome <span class=\"caps\">BLUM<\/span> (1913-1993), \u201cA perpetual adolescent called to do a man\u2019s job;\u201d <em>The European World\u00a0: A History<\/em>, Little, Brown, 1970<\/p><\/blockquote><p>On parlerait aujourd\u2019hui d\u2019adulescence. D\u00e9finition \u00e0 d\u00e9charge pour un simple citoyen, mais regrettable pour un roi et tragique \u00e0 la veille de la R\u00e9volution.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi, uniquement occup\u00e9 de ses plaisirs, devient de plus en plus incapable d\u2019affaires s\u00e9rieuses. Il ne peut pas en entendre parler. Il renvoie tout \u00e0 ses ministres.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DUREY<\/span> de <span class=\"caps\">MEINIERES<\/span> (??-1787), pr\u00e9sident du Parlement de Paris. \u00ab\u00a0Un monarque qui veut \u00ab\u00a0r\u00e9gner par les lois\u00a0\u00bb\u00a0: le Parlement de Paris et le roi dans la France de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>, Julian Swann, <em>Revue d\u2019histoire politique,<\/em> 2011<\/p><\/blockquote><p>Autre fait regrettable, mais Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019une circonstance att\u00e9nuante et indiscutable\u00a0: le m\u00e9tier de roi absolu (et de droit divin) devient de plus en plus difficile, voire impossible \u00e0 exercer personnellement \u00e0 son \u00e9poque.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les historiens ont class\u00e9 ce gouvernant comme le plus faible des Bourbons, un homme qui ne fait rien, qui laisse les affaires de l\u2019\u00c9tat aux ministres tandis qu\u2019il se livre \u00e0 ses passe-temps, la chasse et les femmes\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Robert D. <span class=\"caps\">HARRIS<\/span> (n\u00e9 en 1957), Louis the Beloved\u00a0: The Life of Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> by Oliver Bernier,<em> The American Historical Review<\/em>, avril 1987<\/p><\/blockquote><p>Une variante de la condamnation du roi, avec d\u2019autres attendus dans ce proc\u00e8s toujours \u00e0 charge. La chasse et les femmes sont une constante, d\u2019ailleurs h\u00e9rit\u00e9e de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Roi aime les femmes et cependant n\u2019a nulle galanterie dans l\u2019esprit.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">LUYNES<\/span> (1695-1758), <em>M\u00e9moires du duc de Luynes sur la Cour de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span><\/em><\/p><\/blockquote><p>Les amours royales ont d\u00e9fray\u00e9 la chronique avec plus ou moins de bonheur, mais d\u2019apr\u00e8s ce m\u00e9morialiste contemporain,\u00a0 hors ses ma\u00eetresses officielles, le roi traite les femmes moins bien que les domestiques de sa Maison. Notons que la seconde femme de Luynes, Marie Br\u00fblart (de tr\u00e8s bonne famille), devint dame d\u2019honneur de la reine Marie Leszczy\u0144ska qui souffrit du peu d\u2019\u00e9gard de toutes ces femmes passantes dans le lit du roi.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le plus nul, le plus vil, le plus l\u00e2che c\u0153ur de roi qui, durant son long r\u00e8gne \u00e9nerv\u00e9, a accumul\u00e9 comme \u00e0 plaisir, pour les l\u00e9guer \u00e0 sa race, tous les malheurs.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">SAINTE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">BEUVE<\/span> (1804-1869). D\u00e9sir\u00e9e Royale, <em>Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>\u00a0: Le Bien-Aim\u00e9<\/em> (2016)<\/p><\/blockquote><p>Critique litt\u00e9raire respect\u00e9 et redout\u00e9 de son temps, c\u2019est aussi un historien qui ne s\u2019int\u00e9resse pas seulement \u00e0 la litt\u00e9rature, coutumier de ce genre de jugement \u00e0 l\u2019emporte-pi\u00e8ce \u2013 autant dire, une ex\u00e9cution capitale. Mais ce n\u2019est pas le r\u00f4le d\u2019un historien. Plus grave est le jugement qui suit, sign\u00e9 Lavisse.<\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il a \u00e9t\u00e9 le plus mauvais roi de toute notre histoire. Ce n\u2019est pas assez de d\u00e9tester sa m\u00e9moire, il faut l\u2019ex\u00e9crer.\u00a0\u00bb<span id=\"224\" class=\"cit-num\">224<\/span><\/p><p class=\"auteur\">Ernest <span class=\"caps\">LAVISSE<\/span> (1842-1922), <em>l\u2019Historien de sa g\u00e9n\u00e9ration<\/em><\/p><\/blockquote><p>Fondateur de l\u2019histoire positiviste, auteur des \u00ab\u00a0manuels Lavisse\u00a0\u00bb, chantre du \u00ab\u00a0roman national\u00a0\u00bb au service de son enseignement, il r\u00e9pand des images et une mythologie grav\u00e9es dans la m\u00e9moire de g\u00e9n\u00e9rations d\u2019\u00e9coliers. Promu \u00ab\u00a0instituteur national\u00a0\u00bb, il forme aussi des g\u00e9n\u00e9rations de professeurs et d\u2019instituteurs (les \u00ab\u00a0hussards noirs\u00a0\u00bb de la R\u00e9publique). Ainsi na\u00eet une culture historique populaire en France. Mais Lavisse se r\u00e9v\u00e8le moins soucieux de la v\u00e9rit\u00e9 historique que d\u2019une reconstruction de l\u2019Ancien R\u00e9gime en fonction de l\u2019av\u00e8nement de la (Troisi\u00e8me) R\u00e9publique. Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> se retrouve donc victime de cet enseignement riche en clich\u00e9s et pr\u00e9jug\u00e9s.<\/p><p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/louis_xv_chat.jpg\" width=\"320\" height=\"200\"><\/p><blockquote><p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le matou le r\u00e9veillait tous les matins et jouait, semble-t-il, sur la table du Conseil d\u2019\u00c9tat pendant les r\u00e9unions.\u00a0\u00bb<\/p><p class=\"auteur\">Dorica <span class=\"caps\">LUCACI<\/span> (n\u00e9e en 1967), <em>Ces chats h\u00e9ros de l\u2019histoire<\/em> (2019)<\/p><\/blockquote><p>Le go\u00fbt de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> pour les chats d\u00e9passe largement l\u2019anecdote plaisante. Il\u00a0ordonna l\u2019arr\u00eat des b\u00fbchers de chats \u00e0 la Saint-Jean, tradition barbare et primitive, durable au-del\u00e0 de toute raison\u00a0jusque sous Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> qui d\u00e9testait les chats\u00a0!<\/p><p>Il lan\u00e7a la mode de l\u2019Angora blanc, ce chat \u00e0 la fourrure mi-longue, si diff\u00e9rent des Europ\u00e9ens \u00e0 poil court, import\u00e9 en Occident au si\u00e8cle pr\u00e9c\u00e9dent par le po\u00e8te et aventurier italien Pietro Della Valle et devenu le chat roi \u00e0 la cour.<\/p><p>Parfois concurrenc\u00e9 par le G\u00e9n\u00e9ral, Persan blanc, l\u2019Angora royal a pour nom Brillant et ressemble \u00e9tonnamment \u00e0 son ma\u00eetre, pris\u00e9 de tous les nobles et furieusement \u00e0 la mode dans la bonne soci\u00e9t\u00e9 des Lumi\u00e8res. Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> s\u2019ennuyant \u00e0 pratiquer ce m\u00e9tier de roi si peu fait pour sa nature inventa la ronronth\u00e9rapie et tout son entourage appr\u00e9cie le Chat\u00a0: la reine Marie Leczinska qui adore son roi\u00a0; sa belle-fille la duchesse du Maine, insomniaque et mal mari\u00e9e\u00a0; le comte de Clermont, acad\u00e9micien qui pistonne Moncrif, premier auteur d\u2019une\u00a0<em>Histoire des chats<\/em>, bient\u00f4t m\u00e9c\u00e9n\u00e9 par Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>.<\/p><p>De nos jours, les 8 millions d\u2019amoureux des chats au foyer devraient avoir une pens\u00e9e reconnaissante pour Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> le mal aim\u00e9 de l\u2019Histoire.<\/p><p>\u00a0<\/p><p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tomes_portraits.jpg\" width=\"780\" height=\"344\"><\/a><\/p><p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Retrouvez tous les personnages dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<br><br>Les personnages marquent leur \u00e9poque et bien au-del\u00e0\u00a0: ils sont les auteurs et acteurs de l\u2019Histoire, avant que les historiens ne commentent et r\u00e9\u00e9crivent le r\u00e9cit national.<br>Quant aux citations, leur int\u00e9r\u00eat n\u2019est plus \u00e0 prouver\u00a0: en quelques mots bien choisis, sourc\u00e9s et contextualis\u00e9s, le pass\u00e9 reprend vie et fait sens.<br>Plus ou moins connus, voire c\u00e9l\u00e8bres et toujours \u00e0 red\u00e9couvrir, voici 200 noms avec plus d\u2019un quart de femmes et un invit\u00e9 surprise, le peuple anonyme (chansons, slogans\u2026)<\/p><p>Aiglon l\u2019- Anne d\u2019Autriche \u2013 Anne de Bretagne \u2013 Anne de France \u2013 Aragon \u2013 Aron \u2013 Aubign\u00e9 d\u2019- Auclert Hubertine \u2013 Auriol \u2013 Badinter \u2013 Baker Jos\u00e9phine \u2013 Barre \u2013 Beaumarchais \u2013 Beauvoir Simone de \u2013 Bellay du \u2013 B\u00e9ranger \u2013 Bernhardt Sarah \u2013 Berry duchesse de \u2013 Bismarck \u2013 Blanc (Louis) \u2013 Blanche de Castille \u2013 Blanqui \u2013 Blum \u2013 Bonaparte Pauline \u2013 Bossuet \u2013 Boulanger g\u00e9n\u00e9ral \u2013 Brasillach \u2013 Briand \u2013 Bugeaud \u2013 Callas Maria \u2013 Cambac\u00e9r\u00e8s \u2013 Camus \u2013 Catherine de M\u00e9dicis \u2013 C\u00e9sar \u2013 Chaban-Delmas \u2013 Chamfort \u2013 Chanel Coco \u2013 Charlemagne \u2013 Charles <span class=\"caps\">IX<\/span> \u2013 Charles X \u2013 Chateaubriand \u2013 Ch\u00e2telet \u00c9milie du \u2013 Chirac \u2013 Claudel \u2013 Claudel Camille \u2013 Clemenceau \u2013 Clotilde \u2013 Clovis \u2013 Colbert \u2013 Colette (Mme) \u2013 Condorcet \u2013 Corday Charlotte \u2013 Cresson \u00c9dith \u2013 Curie Marie et Pierre \u2013 Danton \u2013 Debr\u00e9 \u2013 Deffand Mme du \u2013 Descartes \u2013 Deschanel \u2013 Desmoulins \u2013 Diderot \u2013 Dreyfus \u2013 Du Guesclin \u2013 Dubois abb\u00e9 \u2013 Dumont (Ren\u00e9) \u2013 Eug\u00e9nie de Montijo \u2013 Fabius \u2013 Ferry \u2013 Flaubert \u2013 Foch \u2013 Fouch\u00e9 \u2013 Fouquet \u2013 Fouquier-Tinville \u2013 France (Anatole) \u2013 Fran\u00e7ois Ier \u2013 Gambetta \u2013 Gaulle de \u2013 Gaulle Yvonne de \u2013 Giroud Fran\u00e7oise \u2013 Giscard d\u2019Estaing \u2013 Gouges Olympe de \u2013 Gr\u00e9goire abb\u00e9 \u2013 Gr\u00e9vy \u2013 Guillotin \u2013 Guizot \u2013 Guy Alice \u2013 Halimi Gis\u00e8le \u2013 Henri <span class=\"caps\">III<\/span> \u2013 Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> \u2013 Henriette d\u2019Angleterre \u2013 Hugo \u2013 Isabeau de Bavi\u00e8re \u2013 Jaur\u00e8s \u2013 Jeanne d\u2019Arc \u2013 Joffre \u2013 Jos\u00e9phine de Beauharnais \u2013 L\u2019Hospital de \u2013 La Bruy\u00e8re \u2013 La Fayette \u2013 Lamartine \u2013 Louis <span class=\"caps\">IX<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XVII<\/span> (Dauphin) \u2013 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> \u2013 Louis-Philippe \u2013 Louise de Savoie \u2013 Lyautey \u2013 Mac-Mahon \u2013 Macron \u2013 Madame M\u00e8re \u2013 Madame Royale \u2013\u00a0 Mademoiselle la Grande \u2013 Maintenon Mme de \u2013 Malraux \u2013 Marat \u2013 Marchais \u2013 Marguerite de Navarre \u2013 Marguerite de Valois \u2013 Marie de M\u00e9dicis \u2013 Marie Leczinska \u2013 Marie Stuart \u2013 Marie-Antoinette \u2013\u00a0 Marie-Louise \u2013 Marvingt Marie \u2013 Marx \u2013 Mauriac \u2013 Mauroy \u2013 Maurras \u2013 Mazarin \u2013 Michel Louise \u2013 Michelet \u2013 Mirabeau \u2013 Mitterrand \u2013 Moli\u00e8re \u2013 Monnet \u2013 Montaigne \u2013 Montespan marquise de \u2013 Montesquieu \u2013 Montherlant \u2013 Moulin \u2013 Napol\u00e9on \u2013 Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> \u2013 Palatine La (princesse) \u2013 Pascal \u2013 P\u00e9guy \u2013 P\u00e9tain \u2013 peuple (le) \u2013 Philippe Auguste \u2013 Philippe d\u2019Orl\u00e9ans (le R\u00e9gent) \u2013 Philippe le Bel \u2013 Picasso \u2013 Pinay \u2013 Pisan Christine de \u2013 Poincar\u00e9 \u2013 Poitiers Diane de \u2013 Pompadour marquise de \u2013 Pompidou \u2013 Proudhon \u2013 Rabelais \u2013 R\u00e9camier Juliette \u2013 Richelieu \u2013 Rivarol \u2013 Robespierre \u2013 Rocard \u2013 Rochefort \u2013 Roland Mme \u2013 Ronsard \u2013 Rousseau \u2013 Saint-Exup\u00e9ry \u2013 Saint-Just \u2013 Saint-Simon comte de \u2013\u00a0 Saint-Simon duc de \u2013 Sand George \u2013 Sarkozy \u2013 Sartre \u2013 Schoelcher \u2013 Schuman\u00a0\u2013 S\u00e9vign\u00e9 marquise de \u2013 Siey\u00e8s abb\u00e9 \u2013 Sorel Agn\u00e8s \u2013 Sta\u00ebl Mme de \u2013 Sully \u2013 Talleyrand \u2013 Tallien \u2013 Tallien Mme \u2013 Thiers \u2013 Thorez \u2013 Tocqueville \u2013 Turgot \u2013 Val\u00e9ry \u2013 Veil Simone \u2013 Vercing\u00e9torix \u2013 Vergniaud \u2013 Villepin \u2013 Voltaire \u2013 Weill Simone \u2013 Weiss Louise \u2013 Zola<\/p><\/div><style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>\t\t\t\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t\t\t<\/div>\n\t\t<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Entre Louis XIV (son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re) qui r\u00e9gna en monarque absolu avec la passion de son m\u00e9tier et Louis XVI (son petit-fils) qui rata son r\u00e8gne mais r\u00e9ussit sa \u00ab\u00a0belle mort\u00a0\u00bb sous la R\u00e9volution, Louis XV est le premier roi qui finira victime de l\u2019opinion publique, ce quatri\u00e8me pouvoir n\u00e9 au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res et [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center 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