{"id":9631,"date":"2023-01-02T00:00:00","date_gmt":"2023-01-01T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/citations-referentielles-le-miroir-de-lhistoire-gaule-moyen-age-renaissance-et-guerres-de-religion\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:02","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:02","slug":"citations-referentielles-le-miroir-de-lhistoire-gaule-moyen-age-renaissance-et-guerres-de-religion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/citations-referentielles-le-miroir-de-lhistoire-gaule-moyen-age-renaissance-et-guerres-de-religion\/","title":{"rendered":"Citations r\u00e9f\u00e9rentielles : le miroir de l\u2019Histoire (Gaule, Moyen \u00c2ge, Renaissance et guerres de Religion)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>Les citations \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e9rentielles\u00a0\u00bb (inspir\u00e9es du syst\u00e8me des coordonn\u00e9es en physique) renvoient \u00e0 un personnage, un \u00e9v\u00e9nement, une th\u00e9orie ou une opinion, voire une autre citation en effet miroir. Bref, \u00e0 tout ce qui fait date et sens dans notre histoire o\u00f9 le r\u00e9cit national c\u00f4toie parfois le roman.<\/p>\n<p>Elles se pr\u00e9sentent sous diverses formes\u00a0: slogans, appels, discours, chansons, \u00e9pitaphes, textes de loi, presse (titres ou extraits d\u2019articles), po\u00e8mes, chroniques, m\u00e9moires, lettres, pamphlets et autres sources. \u00c0 la limite, toutes les bonnes citations ont vocation \u00e0 devenir r\u00e9f\u00e9rentielles, si elles trouvent \u00e9cho au-del\u00e0 de leur \u00e9poque pour devenir patrimoniales.<\/p>\n<p>Elles d\u00e9montrent que l\u2019Histoire de France a vocation pour servir de r\u00e9f\u00e9rence\u00a0\u2013 jamais assez, jamais trop\u00a0\u2013 \u00e9tant notre lien, notre identit\u00e9, en m\u00eame temps que l\u2019indispensable recul pour juger de l\u2019actualit\u00e9 politique.<\/p>\n<p>Elles doivent \u00eatre contextualis\u00e9es, comment\u00e9es \u2013 \u00e7a tombe bien, telle est la r\u00e8gle de notre <em>Histoire en citations<\/em> dont elles sont toutes tir\u00e9es.<\/p>\n<p>La chronologie s\u2019impose au fil de cet \u00e9dito en 10 \u00e9pisodes (et 23 \u00e9poques) qui renvoient aux Chroniques, de la Gaule \u00e0 nos jours.<\/p>\n<p>Pour chaque \u00e9poque, la citation la plus embl\u00e9matique se retrouve en exergue.<\/p>\n<h3><span class=\"caps\">GAULE<\/span><\/h3>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-1-57.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand nous ne formerons en Gaule qu\u2019une seule volont\u00e9, le monde entier ne pourra nous r\u00e9sister.\u00a0\u00bb<span id=\"22\" class=\"cit-num\">22<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VERCING\u00c9TORIX<\/span> (vers 72-46 av. <span class=\"caps\">J.C.<\/span>), \u00e0 ses troupes, mai 52 av. J.C., \u00e0 Gergovie.<em> La Gaule<\/em> (1947), Ferdinand Lot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les tribus gauloises, victimes de leur d\u00e9sunion, viennent d\u2019\u00e9lire ce jeune noble, chef supr\u00eame d\u2019une coalition contre les Romains qui se veulent ma\u00eetres de l\u2019Europe. Quand C\u00e9sar marche vers la Loire, Vercing\u00e9torix ordonne de br\u00fbler tous les villages pour affamer l\u2019ennemi. Mais on ne peut se r\u00e9soudre \u00e0 incendier Avaricum (Bourges), seule grande et belle ville de Gaule, puissamment fortifi\u00e9e. Apr\u00e8s deux mois de r\u00e9sistance, elle tombera, le 20 avril. Dans sa Guerre des Gaules, C\u00e9sar parle de 40 000 morts \u2013 il a d\u00e9cupl\u00e9 le chiffre. Mais il note, en bon observateur\u00a0: \u00ab\u00a0Si l\u2019adversit\u00e9 diminue d\u2019habitude l\u2019autorit\u00e9 des chefs, elle grandit de jour en jour le prestige de Vercing\u00e9torix.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le mois suivant, le Gaulois remporte la plus grande victoire de sa courte carri\u00e8re\u00a0: Gergovie (pr\u00e8s de Clermont-Ferrand). C\u00e9sar doit lever le si\u00e8ge, minorant ses pertes \u00e0 700 l\u00e9gionnaires. Les statistiques truqu\u00e9es nourrissent la l\u00e9gende ou la propagande, et l\u2019histoire de Vercing\u00e9torix nous est surtout connue par le r\u00e9cit de son adversaire, C\u00e9sar.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Gaule avait \u00e9t\u00e9 ferm\u00e9e et fortifi\u00e9e par la nature avec un art v\u00e9ritable.\u00a0\u00bb<span id=\"1\" class=\"cit-num\">1<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Flavius <span class=\"caps\">JOS\u00c8PHE<\/span> (37-100), <em>Guerres des Juifs<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La constatation de cet historien juif du Ier\u00a0si\u00e8cle se retrouve chez son confr\u00e8re latin Ammien Marcellin au ive\u00a0si\u00e8cle. Mais fleuves et montagnes ne sont pas infranchissables\u00a0! La Gaule (lointain anc\u00eatre de la France) a p\u00e9riodiquement subi des vagues d\u2019invasions, profitant par ailleurs d\u2019une exceptionnelle diversit\u00e9 de peuplements et de civilisations. Il faut attendre le Moyen \u00c2ge pour que le pays acqui\u00e8re un territoire \u00e0 peu pr\u00e8s hexagonal, en m\u00eame temps que sa coh\u00e9sion, sa conscience nationale et, plus tard, une notion pr\u00e9cise de la fronti\u00e8re.<\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re citation vaut r\u00e9f\u00e9rence pour la fameuse \u00ab\u00a0th\u00e9orie des fronti\u00e8res naturelles\u00a0\u00bb \u2013 selon laquelle Rhin, Alpes et Pyr\u00e9n\u00e9es doivent former les limites continentales de la France, Oc\u00e9an et M\u00e9diterran\u00e9e compl\u00e9tant l\u2019hexagone. Elle existe \u00e0 l\u2019\u00e9tat latent dans la politique des rois de l\u2019Ancien R\u00e9gime, m\u00eame si les historiens sont partag\u00e9s sur ce point. Elle explose sous la R\u00e9volution o\u00f9 \u00ab\u00a0les arm\u00e9es victorieuses reculent les limites jusqu\u2019aux barri\u00e8res que la nature nous a donn\u00e9es\u00a0\u00bb (Carnot), avant que Napol\u00e9on ne franchisse les bornes, jusqu\u2019\u00e0 vouloir conqu\u00e9rir l\u2019Angleterre et la Russie\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est une race [les Gaulois] d\u2019une extr\u00eame ing\u00e9niosit\u00e9, et ils ont de singuli\u00e8res aptitudes \u00e0 imiter ce qu\u2019ils voient faire.\u00a0\u00bb<span id=\"9\" class=\"cit-num\">9<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">C\u00c9SAR<\/span> (101-44 av. J.-C.), <em>Commentaires de la guerre des Gaules<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ils ne connaissent pas de civilisation urbaine et vivent en tribus, mais les Gaulois sont de remarquables \u00e9leveurs et agriculteurs qui savent \u00ab\u00a0engraisser la terre par la terre\u00a0\u00bb (assolement et alternances de c\u00e9r\u00e9ales riches et pauvres) au grand \u00e9tonnement des Romains. Ils exportent jusqu\u2019\u00e0 Rome foies gras, jambons et autres charcuteries. Leurs tissages et leurs cuirs sont de qualit\u00e9, comme leurs bijoux et leurs bronzes. Ils auraient m\u00eame invent\u00e9 le savon (fait de cendre v\u00e9g\u00e9tale m\u00e9lang\u00e9e au suif).<\/p>\n<p>Pour \u00eatre conqu\u00e9rant, C\u00e9sar n\u2019en fut pas moins sensible au g\u00e9nie gaulois. Dans ses <em>Commentarii de bello gallico<\/em>, il se r\u00e9v\u00e8le remarquable historien et styliste. \u00c0 partir du <span class=\"caps\">IX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, les \u00e9ditions et traductions de ce grand texte bient\u00f4t titr\u00e9 Guerre des Gaules se multiplient.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ces gens-l\u00e0 [les Gaulois] changent facilement d\u2019avis et sont presque toujours s\u00e9duits par ce qui est nouveau.\u00a0\u00bb<span id=\"10\" class=\"cit-num\">10<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">C\u00c9SAR<\/span> (101-44 av. J.-C.), <em>Commentaires de la guerre des Gaules<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grand fond de v\u00e9rit\u00e9 dans cette constatation. Richelieu, au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, \u00e9voquera souvent cette \u00ab\u00a0l\u00e9g\u00e8ret\u00e9\u00a0\u00bb propre aux Fran\u00e7ais. Mais ce sera pour s\u2019en plaindre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Et le Christ\u00a0?<br>\u2014 C\u2019est un anarchiste qui a r\u00e9ussi. C\u2019est le seul.\u00a0\u00bb<span id=\"11\" class=\"cit-num\">11<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span> (1901-1976), <em>L\u2019Espoir<\/em> (1937)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La plus audacieuse des citations r\u00e9f\u00e9rentielles, sign\u00e9e d\u2019un personnage marquant du <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle. Sous le r\u00e8gne de Tib\u00e8re vit en Galil\u00e9e un homme dont les enseignements vont bouleverser l\u2019histoire du monde. De sa mort sur la croix va na\u00eetre une religion qui lentement s\u2019\u00e9tendra sur l\u2019Empire.<br>Pour les Romains, les premiers chr\u00e9tiens ne sont qu\u2019une secte juive dont le fondateur passe pour un agitateur politique. Pour les chr\u00e9tiens, il est Dieu, fils de Dieu, ce Dieu \u00e9tant un dieu unique, comme celui qu\u2019adorent les juifs.<\/p>\n<p>La r\u00e9ussite de l\u2019\u00ab\u00a0anarchiste\u00a0\u00bb qui termina sa vie comme un criminel mis en croix entre deux \u00ab\u00a0larrons\u00a0\u00bb est due \u00e0 ses disciples, particuli\u00e8rement Paul de Tarse\u00a0qui fera du message de J\u00e9sus une religion \u00e0 vocation universelle. La Gaule sera tardivement acquise\u00a0: l\u2019\u00e9vang\u00e9lisation des villes, puis des campagnes, ne se fera qu\u2019au <span class=\"caps\">IV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, le christianisme devenant religion d\u2019\u00c9tat en 391. La France sera la \u00ab\u00a0fille a\u00een\u00e9e de l\u2019\u00c9glise\u00a0\u00bb du bapt\u00eame de Clovis (496) jusqu\u2019\u00e0 la loi de S\u00e9paration des \u00c9glises et de l\u2019\u00c9tat (1905).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u00e0 o\u00f9 Attila a pass\u00e9, l\u2019herbe ne repousse plus.\u00a0\u00bb<span id=\"12\" class=\"cit-num\">12<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Adage symbolisant la sauvagerie des Huns.<em> Histoire des Francs<\/em> (premi\u00e8re impression fran\u00e7aise au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle), Gr\u00e9goire de Tours<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce mot recueilli par Gr\u00e9goire de Tours un si\u00e8cle et demi apr\u00e8s l\u2019invasion des Huns (en 451) montre que la m\u00e9moire \u00e9tait encore vive en Gaule de ces barbares et de leur chef, Attila surnomm\u00e9 Fl\u00e9au de Dieu. Beaucoup de chroniqueurs s\u2019inspireront de ses <em>Dix livres d\u2019histoire<\/em> (titre originel de sa somme historique), ce qui contribue \u00e0 renforcer le mythe d\u2019Attila.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand nous ne formerons en Gaule qu\u2019une seule volont\u00e9, le monde entier ne pourra nous r\u00e9sister.\u00a0\u00bb<span id=\"22\" class=\"cit-num\">22<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VERCING\u00c9TORIX<\/span> (vers 82-46 av. J.-C.), \u00e0 ses troupes, mai\u00a052 av.\u00a0J.-C., \u00e0 Gergovie.<em> La Gaule<\/em> (1947), Ferdinand Lot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mythe ou r\u00e9alit\u00e9 dans un pays souvent divis\u00e9 \u00e0 divers titres, cette citation r\u00e9f\u00e9rentielle renvoie d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019union nationale, v\u00e9ritable leitmotiv de la politique fran\u00e7aise \u00e0 partir de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<p>Les tribus gauloises victimes de leur d\u00e9sunion au Ier si\u00e8cle av. J.-C. viennent d\u2019\u00e9lire un jeune noble, Vercing\u00e9torix, chef supr\u00eame d\u2019une coalition contre les Romains qui se veulent ma\u00eetres de l\u2019Europe. Quand C\u00e9sar marche vers la Loire, Vercing\u00e9torix ordonne de br\u00fbler tous les villages pour affamer l\u2019ennemi. Mais on ne peut se r\u00e9soudre \u00e0 incendier Avaricum (Bourges), seule grande et belle ville de Gaule, puissamment fortifi\u00e9e. Apr\u00e8s deux mois de r\u00e9sistance, elle tombera, le 20\u00a0avril. Dans sa<em> Guerre des Gaules<\/em>, C\u00e9sar parle de 40\u00a0000 morts \u2013 il a d\u00e9cupl\u00e9 le chiffre. Mais en bon observateur, il note\u00a0: \u00ab\u00a0Si l\u2019adversit\u00e9 diminue d\u2019habitude l\u2019autorit\u00e9 des chefs, elle grandit de jour en jour le prestige de Vercing\u00e9torix.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le mois suivant, le Gaulois remporte la plus grande victoire de sa courte carri\u00e8re\u00a0: Gergovie (pr\u00e8s de Clermont-Ferrand). C\u00e9sar doit lever le si\u00e8ge, minorant ses pertes \u00e0 700 l\u00e9gionnaires. Les statistiques truqu\u00e9es nourrissent la l\u00e9gende (ou la propagande) et l\u2019histoire de Vercing\u00e9torix nous est surtout connue par le r\u00e9cit de son adversaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Prends-les\u00a0! Je suis brave, mais tu es plus brave encore, et tu m\u2019as vaincu.\u00a0\u00bb<span id=\"23\" class=\"cit-num\">23<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VERCING\u00c9TORIX<\/span> (vers 82-46 av. J.-C.), jetant ses armes aux pieds de C\u00e9sar, fin septembre\u00a052 av.\u00a0J.-C., \u00e0 Al\u00e9sia. <em>Abr\u00e9g\u00e9 de l\u2019histoire romaine depuis Romulus jusqu\u2019\u00e0 Auguste<\/em>, Florus<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces mots du vaincu rapport\u00e9s par le vainqueur servent d\u2019\u00e9pilogue \u00e0 la br\u00e8ve \u00e9pop\u00e9e du guerrier gaulois face au plus illustre des g\u00e9n\u00e9raux romains.<\/p>\n<p>Grand strat\u00e8ge, C\u00e9sar est parvenu \u00e0 enfermer Vercing\u00e9torix et son arm\u00e9e \u00e0 Al\u00e9sia (en Bourgogne). L\u2019arm\u00e9e de secours, mal pr\u00e9par\u00e9e, est mise en pi\u00e8ces par C\u00e9sar qui exag\u00e8re encore les chiffres\u00a0: 246\u00a0000 morts chez les Gaulois, dont 8\u00a0000 cavaliers. Vercing\u00e9torix juge la r\u00e9sistance inutile et se rend pour \u00e9pargner la vie de ses hommes \u2013 quelque 50\u00a0000, mourant de faim apr\u00e8s quarante jours de si\u00e8ge.<\/p>\n<p>La chute d\u2019Al\u00e9sia marque la fin de la guerre des Gaules et l\u2019ach\u00e8vement de la conqu\u00eate romaine. Mais le mythe demeure bien vivant, en France\u00a0: red\u00e9couvert par les historiens au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle et popularis\u00e9 jusque dans la bande dessin\u00e9e, Vercing\u00e9torix est notre premier h\u00e9ros national.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ces th\u00e9\u00e2tres, ces cirques, ces aqueducs, ces voies que nous admirons encore sont le durable symbole de la civilisation fond\u00e9e par les Romains, la justification de leur conqu\u00eate de la Gaule.\u00a0\u00bb<span id=\"29\" class=\"cit-num\">29<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>Histoire de France<\/em>, tome\u00a0I (1835)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Gaule romanis\u00e9e s\u2019est couverte de superbes monuments qui ont aussi leur utilit\u00e9. Les thermes, les aqueducs et les \u00e9gouts apportent le raffinement de l\u2019eau courante. Le r\u00e9seau routier rend le commerce florissant, la production de bl\u00e9 augmente, la culture de la vigne se d\u00e9veloppe \u2013 le vin remplace la bi\u00e8re, jusqu\u2019alors boisson nationale des Gaulois. L\u2019essor \u00e9conomique g\u00e9n\u00e9ral enrichit le Tr\u00e9sor public\u00a0: politique d\u2019urbanisme et politique sociale en b\u00e9n\u00e9ficient. La Gaule romaine fut une Gaule heureuse. Exemple rare d\u2019une colonisation r\u00e9ussie, elle conf\u00e8re \u00e0 la citation de Michelet une valeur r\u00e9f\u00e9rentielle.<\/p>\n<h3><span class=\"caps\">MOYEN<\/span> <span class=\"caps\">\u00c2GE<\/span><\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu premier servi.\u00a0\u00bb<span id=\"339\" class=\"cit-num\">339<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JEANNE<\/span> d\u2019<span class=\"caps\">ARC<\/span> (1412-1431), devise.<em> Jeanne d\u2019Arc\u00a0: le pouvoir et l\u2019innocence<\/em> (1988), Pierre Moinot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ni l\u2019\u00c9glise, ni le roi, ni la France, ni rien ni personne d\u2019autre ne passe avant Lui, \u00ab\u00a0Messire Dieu\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0roi du Ciel\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0roi des Cieux\u00a0\u00bb, obsessionnellement invoqu\u00e9 ou \u00e9voqu\u00e9 par Jeanne, aux moments les plus glorieux ou les plus sombres de sa vie. C\u2019est la raison m\u00eame de sa passion, cette foi forte et fragile, \u00e0 l\u2019image du personnage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout lui r\u00e9ussissait, parce qu\u2019il marchait le c\u0153ur droit devant Dieu.\u00a0\u00bb<span id=\"60\" class=\"cit-num\">60<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GR\u00c9GOIRE<\/span> de <span class=\"caps\">TOURS<\/span> (538-594), <em>Histoire des Francs (Historia Francorum)<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le p\u00e8re de l\u2019histoire de France\u00a0\u00bb, il parle en historien, mais juge aussi en \u00e9v\u00eaque. La religion impr\u00e8gne sa vie, de m\u00eame qu\u2019elle marque fortement toute l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale \u2013 soit dix si\u00e8cles.<\/p>\n<p>Roi converti par la gr\u00e2ce de Dieu et l\u2019habilet\u00e9 de sa femme Clotilde (future sainte), Clovis l\u2019ex pa\u00efen se montre assez ardent dans sa nouvelle religion pour que l\u2019\u00e9v\u00eaque de Tours fasse ainsi l\u2019\u00e9loge de l\u2019ancien barbare.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Charles, savant, modeste, [\u2026] ma\u00eetre du monde, bien-aim\u00e9 du peuple [\u2026], sommet de l\u2019Europe [\u2026] est en train de tracer les murs de la Rome nouvelle.\u00a0\u00bb<span id=\"70\" class=\"cit-num\">70<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANGILBERT<\/span> (vers 740-814) parlant de Charlemagne en 799.<em> Encyclop\u00e6dia Universalis<\/em>, article \u00ab\u00a0Europe\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Po\u00e8te et historien, ministre, conseiller et ami de Charlemagne, Angilbert \u00e9pousera en secret sa s\u0153ur Berthe (sa fille selon d\u2019autres sources) et se retirera dans un monast\u00e8re o\u00f9 elle le suivra. Il finira saint. C\u2019est l\u2019un des principaux acteurs de cette Renaissance culturelle.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0Rome nouvelle\u00a0\u00bb d\u00e9signe ici l\u2019Empire d\u2019Occident reconstitu\u00e9, soit en gros ce qui deviendra bien plus tard les six premiers pays du March\u00e9 commun, anc\u00eatre de l\u2019Union europ\u00e9enne. Cette r\u00e9f\u00e9rence fascinera les si\u00e8cles \u00e0 venir<\/p>\n<p>Charlemagne, b\u00e9ni et sacr\u00e9 par le pape en 800, exerce sur ce vaste territoire une influence personnelle en tout domaine. Mais son empire ne restaure qu\u2019en apparence l\u2019Empire romain. Gouvern\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle, c\u2019est une entit\u00e9 politique h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, appuy\u00e9e sur le christianisme et sur l\u2019\u00e9quilibre des forces. La suite de l\u2019histoire montre sa fragilit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il fut jaloux et amoureux de la foi chr\u00e9tienne d\u00e8s les premiers jours de sa jeunesse\u00a0; il prit le signe de la croix [\u2026] et le cousit \u00e0 ses \u00e9paules pour d\u00e9livrer le s\u00e9pulcre, et puis souffrit peines et travail pour Notre Seigneur.\u00a0\u00bb<span id=\"143\" class=\"cit-num\">143<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Grandes Chroniques de France, \u00c9loge fun\u00e8bre de Philippe Auguste<\/em> (1223)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Allusion \u00e0 la participation du roi Philippe Auguste \u00e0 la troisi\u00e8me croisade en 1189 et \u00e0 la prise de Saint-Jean-d\u2019Acre en Terre sainte. \u00ab\u00a0La folie des croisades est ce qui a le plus honor\u00e9 la raison humaine.\u00a0\u00bb \u00e9crira L\u00e9on Bloy en 1897\u00a0 (<em>La Femme pauvre<\/em>). Catholique ardent, visionnaire et mystique, il encense les croisades. De son c\u00f4t\u00e9, Nietzsche les qualifie d\u2019\u00ab\u00a0entreprises de haute piraterie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais ne vis si beau chevalier sous les armes, car il dominait toute sa suite des \u00e9paules, son heaume dor\u00e9 sur le chef, son \u00e9p\u00e9e en la main.\u00a0\u00bb<span id=\"150\" class=\"cit-num\">150<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">JOINVILLE<\/span> (vers 1224-1317), <em>Le Livre des saintes paroles et des bons faits de notre saint roi Louis<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre roi crois\u00e9, assur\u00e9ment le plus populaire du Moyen \u00c2ge. Joinville accompagne Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> en \u00c9gypte, lors de la septi\u00e8me croisade (1248). Il admire ici le guerrier \u2013 \u00e0 la bataille de Mansourah en 1250.<\/p>\n<p>Bien plus tard, \u00e0 la demande de la reine Jeanne (femme de Philippe le Bel), il dictera cette histoire de Saint Louis (achev\u00e9e en 1309), personnage r\u00e9f\u00e9rentiel dans un r\u00e9cit national qui a aussi valeur de roman, dans ces temps lointains.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Maintes fois il lui arriva, en \u00e9t\u00e9, d\u2019aller s\u2019asseoir au bois de Vincennes, apr\u00e8s avoir entendu la messe\u00a0; il s\u2019adossait \u00e0 un ch\u00eane et nous faisait asseoir aupr\u00e8s de lui\u00a0; et tous ceux qui avaient un diff\u00e9rend venaient lui parler sans qu\u2019aucun huissier, ni personne y m\u00eet obstacle.\u00a0\u00bb<span id=\"151\" class=\"cit-num\">151<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">JOINVILLE<\/span> (vers 1224-1317),<em> Le Livre des saintes paroles et des bons faits de notre saint roi Louis<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jean, sire de Joinville en Champagne, avait suivi son seigneur Thibaud de Champagne \u00e0 la cour du roi. Tr\u00e8s pieux, il d\u00e9cide de partir avec les chevaliers chr\u00e9tiens pour la septi\u00e8me croisade en \u00c9gypte \u2013 c\u2019est alors que Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> l\u2019attache \u00e0 sa personne, comme confident et conseiller.<\/p>\n<p>La partie anecdotique de sa chronique, la plus touffue, se r\u00e9v\u00e8le aussi la plus riche et cette page est l\u2019une des plus c\u00e9l\u00e8bres de l\u2019\u0153uvre. T\u00e9moin direct des faits rapport\u00e9s, l\u2019historien campe un roi vivant et vrai, humain et sublime \u00e0 la fois. Il sera tr\u00e8s utile, apr\u00e8s la mort du roi, pour l\u2019enqu\u00eate qui va suivre (\u00e0 la demande du pape Boniface\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>), pour aboutir au proc\u00e8s en canonisation.<\/p>\n<p>Quel que soit le r\u00f4le r\u00e9f\u00e9rentiel et symbolique du personnage, le futur saint Louis est aussi un homme \u00e9pris de sa femme et dot\u00e9 d\u2019une m\u00e8re ador\u00e9e, mais abusive.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elle ne pouvait souffrir que son fils f\u00fbt en la compagnie de sa femme, sinon le soir quand il allait coucher avec elle.\u00a0\u00bb<span id=\"210\" class=\"cit-num\">210<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">JOINVILLE<\/span> (vers 1224-1317),<em> Le Livre des saintes paroles et des bons faits de notre saint roi Louis<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9cieux et fid\u00e8le chroniqueur du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span>, il donne maints exemples de cette fameuse jalousie d\u2019une m\u00e8re par ailleurs admirable, dans cette citation doublement r\u00e9f\u00e9rentielle\u00a0:\u00a0Blanche de Castille supporte mal Marguerite de Provence, \u00e9pouse qu\u2019elle a pourtant choisie pour son fils ador\u00e9 \u2013 mariage bienvenu qui apporta la Provence \u00e0 la France, en 1234.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est ni un homme ni une b\u00eate, c\u2019est une statue.\u00a0\u00bb<span id=\"230\" class=\"cit-num\">230<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bernard <span class=\"caps\">SAISSET<\/span> (vers 1232-vers 1311), parlant de Philippe le Bel. <em>Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9v\u00eaque de Pamiers est un ami du pape Boniface\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> qui a cr\u00e9\u00e9 cet \u00e9v\u00each\u00e9 pour lui. Le portrait qu\u2019il fait du roi, ennemi d\u00e9clar\u00e9 du pape, est fatalement partial. Mais les adversaires de Philippe le Bel l\u2019appelleront souvent \u00ab\u00a0roi de fer\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0roi de marbre\u00a0\u00bb\u00a0: il doit donc y avoir une part de v\u00e9rit\u00e9 dans ce portrait d\u2019un autre grand roi m\u00e9di\u00e9val.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi est un faux-monnayeur et ne pense qu\u2019\u00e0 accro\u00eetre son royaume sans se soucier comment.\u00a0\u00bb<span id=\"236\" class=\"cit-num\">236<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bernard <span class=\"caps\">SAISSET<\/span> (vers 1232-vers 1311), 12\u00a0juillet 1301. <em>Philippe le Bel et le Saint-Si\u00e8ge de 1285 \u00e0 1304<\/em> (1936), Georges Alfred Laurent Digard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Philippe le Bel a gard\u00e9 cette r\u00e9putation et ce n\u2019est ni m\u00e9disance ni l\u00e9gende. Le faux-monnayage royal consiste, lors de la refonte de pi\u00e8ces de monnaie, \u00e0 diminuer leur poids en m\u00e9tal pr\u00e9cieux, tout en conservant leur valeur l\u00e9gale. Certaines ann\u00e9es, la moiti\u00e9 des recettes royales vient de ce b\u00e9n\u00e9fice sur le monnayage\u00a0! Bien plus tard, on recourra \u00e0 la \u00ab\u00a0planche \u00e0 billets\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ces mesures sont toujours impopulaires en France et Philippe le Bel n\u2019est pas un roi aim\u00e9 du peuple. Mais avec l\u2019argent ainsi acquis, il peut financer des guerres lui permettant d\u2019agrandir son royaume. C\u2019est une obsession en m\u00eame temps qu\u2019une obligation pour les souverains du Moyen \u00c2ge \u00e0 la t\u00eate d\u2019un royaume plus petit que les territoires de leurs grands vassaux (et adversaires)\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une enfant de douze ans, une toute jeune fille, confondant la voix du c\u0153ur et la voix du ciel, con\u00e7oit l\u2019id\u00e9e \u00e9trange, improbable, absurde si l\u2019on veut, d\u2019ex\u00e9cuter la chose que les hommes ne peuvent plus faire, de sauver son pays.\u00a0\u00bb<span id=\"334\" class=\"cit-num\">334<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874),<em> Jeanne d\u2019Arc<\/em> (1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premi\u00e8re h\u00e9ro\u00efne r\u00e9f\u00e9rentielle de notre histoire, le personnage inspire ses plus belles pages \u00e0 l\u2019historien du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle\u00a0: \u00ab\u00a0N\u00e9e sous les murs m\u00eames de l\u2019\u00e9glise, berc\u00e9e du son des cloches et nourrie de l\u00e9gendes, elle fut une l\u00e9gende elle-m\u00eame, rapide et pure, de la naissance \u00e0 la mort.\u00a0\u00bb<br>D\u2019autres historiens font de Jeanne une b\u00e2tarde de sang royal, peut-\u00eatre la fille d\u2019Isabeau de Bavi\u00e8re et de son beau-fr\u00e8re Louis d\u2019Orl\u00e9ans, ce qui ferait d\u2019elle la demi-s\u0153ur de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span>.<\/p>\n<p>Mais princesse ou berg\u00e8re, c\u2019est un personnage providentiel qui va galvaniser les \u00e9nergies dans la guerre de Cent Ans contre l\u2019Angleterre et rendre l\u2019espoir \u00e0 tout un peuple \u2013 \u00e0 commencer par son roi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Gentil Dauphin, j\u2019ai nom Jeanne la Pucelle [\u2026] Mettez-moi en besogne et le pays sera bient\u00f4t soulag\u00e9. Vous recouvrerez votre royaume avec l\u2019aide de Dieu et par mon labeur.\u00a0\u00bb<span id=\"337\" class=\"cit-num\">337<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JEANNE<\/span> <span class=\"caps\">D\u2019ARC<\/span> (1412-1431), ch\u00e2teau de Chinon, 8\u00a0mars 1429.<em> Jeanne d\u2019Arc, la Pucelle<\/em> (1988), marquis de la Franquerie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est le d\u00e9but de sa br\u00e8ve et fulgurante \u00e9pop\u00e9e. \u00c0 peine \u00e2g\u00e9e de 17\u00a0ans, elle parvient \u00e0 persuader le sire de Baudricourt, capitaine royal de Vaucouleurs, de lui donner une escorte. Partie de son petit village de Domr\u00e9my dans les Vosges, elle se met en route pour Chinon o\u00f9 se trouve le dauphin. Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span>, bien que son p\u00e8re f\u00fbt mort il y a sept ans, n\u2019a pas encore \u00e9t\u00e9 sacr\u00e9 roi comme le veut la coutume et garde donc le titre de dauphin.<\/p>\n<p>Leur entretien dure une heure et restera secret, hormis la derni\u00e8re phrase.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous dis, de la part de Messire, que vous \u00eates vrai h\u00e9ritier de France et fils du roi.\u00a0\u00bb<span id=\"338\" class=\"cit-num\">338<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JEANNE<\/span> <span class=\"caps\">D\u2019ARC<\/span> (1412-1431), 8\u00a0mars 1429<em>. Jeanne d\u2019Arc<\/em> (1870), Fr\u00e9d\u00e9ric Lock<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tels sont les derniers mots qu\u2019elle prononce lors de l\u2019entretien avec le dauphin et dont elle fera \u00e9tat plus tard \u00e0 son confesseur.<\/p>\n<p>Jeanne a rendu doublement confiance \u00e0 Charles\u00a0: il est bien le roi l\u00e9gitime de France et le fils \u00e9galement l\u00e9gitime de son p\u00e8re, lui qu\u2019on traite toujours de b\u00e2tard.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu premier servi.\u00a0\u00bb<span id=\"339\" class=\"cit-num\">339<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JEANNE<\/span> <span class=\"caps\">D\u2019ARC<\/span>\u00a0(1412-1431), devise. <em>Jeanne d\u2019Arc\u00a0: le pouvoir et l\u2019innocence<\/em> (1988), Pierre Moinot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette devise symbolise tout le Moyen \u00c2ge\u00a0o\u00f9 la religion chr\u00e9tienne reste embl\u00e9matique pour le meilleur (les cath\u00e9drales) et le pire (la folie des croisades). C\u2019est aussi la cl\u00e9 du myst\u00e8re de ce personnage fascinant.<\/p>\n<p>Ni l\u2019\u00c9glise, ni le roi, ni la France, ni rien ni personne d\u2019autre ne passe avant Lui, \u00ab\u00a0Messire Dieu\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0roi du Ciel\u00a0\u00bb, le \u00ab\u00a0roi des Cieux\u00a0\u00bb, obsessionnellement invoqu\u00e9 ou \u00e9voqu\u00e9 par Jeanne, aux moments les plus glorieux ou les plus sombres de sa vie. C\u2019est la raison m\u00eame de sa passion, cette foi forte et fragile, \u00e0 l\u2019image du personnage. En cela aussi, Jeanne d\u2019Arc fait figure d\u2019h\u00e9ro\u00efne r\u00e9f\u00e9rentielle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Souvenons-nous toujours, Fran\u00e7ais, que la patrie, chez nous, est n\u00e9e du c\u0153ur d\u2019une femme, de sa tendresse, de ses larmes, du sang qu\u2019elle a donn\u00e9 pour nous.\u00a0\u00bb<span id=\"349\" class=\"cit-num\">349<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>Jeanne d\u2019Arc<\/em> (1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Princesse (b\u00e2tarde de sang royal) ou simple berg\u00e8re de Domr\u00e9my, le myst\u00e8re nourrit la l\u00e9gende et la fulgurance de cette \u00e9pop\u00e9e rend le sujet toujours fascinant, six si\u00e8cles plus tard. La r\u00e9cup\u00e9ration politique (de droite comme de gauche) est une forme d\u2019exploitation du personnage, plus ou moins fid\u00e8le au mod\u00e8le.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de Jeanne inspirera aussi d\u2019innombrables \u0153uvres litt\u00e9raires, cin\u00e9matographiques et artistiques, sign\u00e9es\u00a0: Bernard Shaw, Anatole France, Charles P\u00e9guy, M\u00e9li\u00e8s, Karl Dreyer, Otto Preminger, Roberto Rossellini, Robert Bresson, Luc Besson, Jacques Rivette, Jacques Audiberti, Arthur Honegger, etc. Et <em>L\u2019Alouette<\/em> de Jean Anouilh, cr\u00e9\u00e9e en 1953\u00a0: \u00ab\u00a0Quand une fille dit deux mots de bon sens et qu\u2019on l\u2019\u00e9coute, c\u2019est que Dieu est l\u00e0. [\u2026] Dieu ne demande rien d\u2019extraordinaire aux hommes. Seulement d\u2019avoir confiance en cette petite part d\u2019eux-m\u00eames qui est Lui. Seulement de prendre un peu de hauteur. Apr\u00e8s Il se charge du reste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est mon seigneur, il a tout pouvoir sur mes actions, et moi, aucun sur les siennes.\u00a0\u00bb<span id=\"355\" class=\"cit-num\">355<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span> d\u2019<span class=\"caps\">ANJOU<\/span> (1404-1463), reine de France. <em>Histoire de France depuis les Gaulois jusqu\u2019\u00e0 la mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span><\/em> (1822), Louis-Pierre Anquetil<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine qui donna 13 enfants en vingt-trois ans \u00e0 Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> lui pardonne en ces termes sa liaison commenc\u00e9e vers 1444 avec Agn\u00e8s Sorel \u2013 premi\u00e8re d\u2019une tr\u00e8s longue liste de favorites officielles des rois de France. La \u00ab\u00a0Dame de Beaut\u00e9\u00a0\u00bb porte bien son surnom, salu\u00e9e par tous les contemporains et immortalis\u00e9e par le tableau de la <em>Vierge \u00e0 l\u2019Enfant<\/em> de Jean Fouquet. Mais il vient aussi du ch\u00e2teau de Beaut\u00e9-sur-Marne dont le roi lui fit don.<\/p>\n<p>Tr\u00e8s patriote, elle influence heureusement la politique du roi et redonne surtout confiance \u00e0 l\u2019homme. Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> n\u2019a pas eu de chance avec ses parents, sa m\u00e8re Isabeau de Bavi\u00e8re l\u2019a d\u00e9sh\u00e9rit\u00e9 comme dauphin et trait\u00e9 en b\u00e2tard, son p\u00e8re Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> est le roi fou. Quant \u00e0 son premier fils, le futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>, il ne cessera de comploter contre lui \u2013 fait assez rare dans l\u2019histoire, ce mauvais r\u00f4le revenant surtout aux fr\u00e8res du roi (notamment Gaston d\u2019Orl\u00e9ans sous le r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> et Richelieu).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il a re\u00e7u chez lui un renard qui mangera ses poules.\u00a0\u00bb<span id=\"363\" class=\"cit-num\">363<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">VII<\/span> (1403-1461), apprenant que son fils s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9 chez le duc de Bourgogne, fin\u00a0ao\u00fbt\u00a01456. <em>Histoire de France<\/em> (1833-1841), tome V (1841), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Notons le bestiaire r\u00e9f\u00e9rentiel tr\u00e8s riche au Moyen \u00c2ge, qui vaut \u00e9galement dans les devises et sur les blasons.<\/p>\n<p>Philippe\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> le Bon, duc de Bourgogne, s\u2019est r\u00e9concili\u00e9 avec Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> en signant la paix d\u2019Arras (1435). Ma\u00eetre de la Bourgogne, la Franche-Comt\u00e9, la Flandre, l\u2019Artois et les provinces belges, ce grand f\u00e9odal est sans conteste le plus puissant souverain d\u2019Europe. Il est trop heureux d\u2019accueillir somptueusement chez lui, \u00e0 Louvain, puis \u00e0 Bruxelles, le futur roi de France venu conspirer contre son p\u00e8re et lui fait une pension annuelle de 36\u00a0000\u00a0livres.<\/p>\n<p>Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> conna\u00eet bien la perfidie de son fils. Le fils de Philippe, Charles le T\u00e9m\u00e9raire, l\u2019apprendra bient\u00f4t \u00e0 ses d\u00e9pens sous le r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XI<\/span>, dernier grand roi du temps.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Notre roi s\u2019habillait fort court et si mal que pis ne pouvait, et assez mauvais drap portait toujours, et un mauvais chapeau, diff\u00e9rent des autres, et une image de plomb dessus.\u00a0\u00bb<span id=\"273\" class=\"cit-num\">273<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Philippe de <span class=\"caps\">COMMYNES<\/span> (1447-1511), <em>M\u00e9moires<\/em> (1524)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Diplomate de carri\u00e8re pendant quarante ans et aupr\u00e8s de trois rois successifs, Commynes est aussi un v\u00e9ritable historien qui sert toujours de r\u00e9f\u00e9rence, auteur de huit livres de <em>M\u00e9moires<\/em>, notamment sur le r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XI<\/span>.<\/p>\n<p>Tel est le roi \u00e2g\u00e9 de 38\u00a0ans \u00e0 son av\u00e8nement en 1461. Historien du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, Michelet lui rendra justice \u00e0 ce propos\u00a0: \u00ab\u00a0Avec la faible ressource d\u2019un roi du Moyen \u00c2ge, il avait d\u00e9j\u00e0 les mille embarras d\u2019un gouvernement moderne\u00a0: mille d\u00e9penses publiques, cach\u00e9es, glorieuses, honteuses. Peu de d\u00e9penses personnelles\u00a0; il n\u2019avait pas les moyens de s\u2019acheter un chapeau, et il trouva de l\u2019argent pour acqu\u00e9rir le Roussillon et racheter la Somme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le peuple de Paris s\u2019\u00e9tonne quand m\u00eame de l\u2019allure si peu royale de son roi, comme le rapporte le chroniqueur flamand Georges Chastellain\u00a0: \u00ab\u00a0Notre roi qui ne se v\u00eat que d\u2019une pauvre robe grise avec un m\u00e9chant chapelet, et ne hait rien que joie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Est-ce l\u00e0 un roi de France, le plus grand roi du monde\u00a0! Ce semble mieux \u00eatre un valet qu\u2019un chevalier. <br>Tout ne vaut pas vingt francs, cheval et habillement de son corps.\u00a0\u00bb<span id=\"368\" class=\"cit-num\">368<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Habitants d\u2019Abbeville voyant entrer le roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> qui chevauche \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de Philippe le Bon, 1463. <em>Le Moyen \u00c2ge<\/em> (1961), Michel Mollat, Ren\u00e9 van Stanbergen<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Philippe, duc de Bourgogne, est aussi fastueusement v\u00eatu que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> l\u2019est modestement. Le contraste est \u00e9galement frappant avec les autres rois de France, qui firent souvent assaut d\u2019\u00e9l\u00e9gance, comme en t\u00e9moigne toute la galerie des portraits royaux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le renard crott\u00e9 a \u00e9chapp\u00e9 au repaire du loup.\u00a0\u00bb<span id=\"376\" class=\"cit-num\">376<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Philippe de <span class=\"caps\">COMMYNES<\/span> (1447-1511), <em>M\u00e9moires<\/em> (1524)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Suite du bestiaire historique et plaisamment symbolique. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> le rus\u00e9, \u00e0 peine de retour \u00e0 Paris, d\u00e9but novembre\u00a01468, s\u2019empresse de renier tous les engagements pris \u00e0 P\u00e9ronne\u00a0: plus question de rendre les villes de la Somme au T\u00e9m\u00e9raire, ni de donner en apanage \u00e0 Monsieur Charles la Champagne et la Brie. Il va m\u00eame faire condamner le T\u00e9m\u00e9raire pour f\u00e9lonie, en d\u00e9cembre\u00a01470.<\/p>\n<p>Mieux encore, il va aider \u00e0 r\u00e9tablir sur le tr\u00f4ne Henri\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span> roi d\u2019Angleterre, pensant ainsi priver son ennemi de l\u2019alliance anglaise\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai esp\u00e9rance que ce sera la fin des Bourguignons.\u00a0\u00bb Encore quelques ann\u00e9es de ruse, de lutte et de patience. <em>Divide ut regnes<\/em> (Divise afin de r\u00e9gner) est la maxime de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>, dit le Prudent. Mine de rien, c\u2019est notre dernier grand roi du Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<h3><span class=\"caps\">RENAISSANCE<\/span><\/h3>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-65.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voyez, voyez tout \u00e0 la ronde Comment le monde rit au monde, Ainsi est-il en sa jeunesse.\u00a0\u00bb<span id=\"386\" class=\"cit-num\">386<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cl\u00e9ment <span class=\"caps\">MAROT<\/span> (1496-1544), <em>Colloque de la Vierge m\u00e9prisant le mariage<\/em> (publication posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Renaissance succ\u00e8de aux mille ans de Moyen \u00c2ge\u00a0: c\u2019est l\u2019aube des temps nouveaux appel\u00e9e par les historiens le \u00ab\u00a0beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle\u00a0\u00bb\u00a0: de\u00a01480 \u00e0\u00a01560. Salu\u00e9e par Marot, aimable po\u00e8te et courtisan, et nombre de contemporains\u00a0: \u00ab\u00a0\u00d4\u00a0si\u00e8cle\u00a0! les lettres fleurissent, les esprits se r\u00e9veillent, c\u2019est une joie de vivre\u00a0!\u00a0\u00bb s\u2019exclame l\u2019humaniste Ulrich de Hutten. Seule r\u00e8gle de l\u2019abbaye de Th\u00e9l\u00e8me ch\u00e8re \u00e0 Rabelais\u00a0: \u00ab\u00a0Fais ce que voudras.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Jamais chrononyme n\u2019a mieux refl\u00e9t\u00e9 cet heureux temps de la Renaissance \u2013 en attendant la Belle \u00c9poque (fin du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e s \u00e0 1914) et les Ann\u00e9es folles (1920 \u00e0 1930).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Grec vanteur la Gr\u00e8ce vantera<br>Et l\u2019Espagnol l\u2019Espagne chantera<br>L\u2019Italien les Itales fertiles,<br>Mais moi, Fran\u00e7ois, la France aux belles villes.\u00a0\u00bb<span id=\"388\" class=\"cit-num\">388<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de <span class=\"caps\">RONSARD<\/span> (1524-1585), <em>Hymne de France<\/em> (1555-1556)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Renon\u00e7ant \u00e0 la carri\u00e8re des armes et \u00e0 la diplomatie pour cause de surdit\u00e9 pr\u00e9coce, le jeune \u00ab\u00a0\u00e9cuyer d\u2019\u00e9curie\u00a0\u00bb entre dans la carri\u00e8re des lettres. Po\u00e8te le plus connu de la Pl\u00e9iade, il devient \u00ab\u00a0le prince des po\u00e8te\u00a0\u00bbs, puis \u00ab\u00a0le po\u00e8te des princes\u00a0\u00bb, sans \u00eatre jamais bassement courtisan. <br>L\u2019\u00e9loge de la France est un th\u00e8me classique, l\u2019expression d\u2019un sentiment national profond, sensible en d\u2019autres lieux, mais plus intense en cette terre b\u00e9nie des dieux, faite d\u2019\u00e9quilibre et de charme. Le danger revenu avec les guerres \u00e9trang\u00e8res et civiles, il va inspirer \u00e0 Ronsard des chansons d\u00e9j\u00e0 patriotiques et les Discours enflamm\u00e9s d\u2019une litt\u00e9rature engag\u00e9e.<\/p>\n<p>Patriotisme, nationalisme\u2026 ces deux valeurs r\u00e9f\u00e9rentielles et r\u00e9currentes vont marquer l\u2019histoire de France plus que tout autre pays, dans les temps heureux et malheureux, suscitant des passions et des controverses toujours renouvel\u00e9es jusqu\u2019au <span class=\"caps\">XXI<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avant moi [Fran\u00e7ois\u00a0Ier], tout \u00e9tait grossier, pauvre, ignorant, gaulois.\u00a0\u00bb<span id=\"387\" class=\"cit-num\">387<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">F\u00c9NELON<\/span> (1651-1715),<em> Dialogues des morts<\/em> (1692-1696)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Auteur de la fin du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, il oppose Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> et Fran\u00e7ois\u00a0Ier le Roi-Chevalier cher aux historiens \u00e0 venir. Baptis\u00e9 par Brant\u00f4me \u00ab\u00a0P\u00e8re et vrai restaurateur des arts et des lettres\u00a0\u00bb, il personnifie la Renaissance, avec ses trente-deux ann\u00e9es de r\u00e8gne au c\u0153ur du beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle succ\u00e9dant au long Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<p>Ce ne sont plus seulement les couvents et les universit\u00e9s qui diffusent la culture\u00a0; les cours donnent l\u2019exemple, pratiquant le m\u00e9c\u00e9nat, lan\u00e7ant les modes et cultivant le raffinement. \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois\u00a0Ier, d\u00e9courag\u00e9 des guerres lointaines, veuf de son r\u00eave d\u2019Italie, se fait une Italie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb (Michelet). Il invite L\u00e9onard de Vinci et sa Joconde (achet\u00e9e 4\u00a0000\u00a0florins d\u2019or, soit 15 kg du m\u00e9tal pr\u00e9cieux), puis d\u2019autres artistes prestigieux, Cellini, le Rosso, le Primatice. Favorable \u00e0 l\u2019esprit nouveau et bien que peu instruit (il ne sait pas le latin), il prot\u00e8ge les savants et les \u00e9crivains, second\u00e9 par sa s\u0153ur Marguerite d\u2019Angoul\u00eame (future reine au royaume de Navarre), l\u2019une des femmes les plus cultiv\u00e9es du si\u00e8cle.<\/p>\n<p>C\u2019est dire que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> se trompait en d\u00e9nigrant son petit-cousin et successeur\u00a0: \u00ab\u00a0Ce gros gar\u00e7on g\u00e2tera tout.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Nutrisco et exstinguo.\u00a0\u00bb<\/em><br>\u00ab\u00a0Je le nourris et je l\u2019\u00e9teins.\u00a0\u00bb<span id=\"436\" class=\"cit-num\">436<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier (1494-1547), devise accompagnant la salamandre sur ses armes. <em>Encyclop\u00e9die th\u00e9ologique<\/em> (1863), abb\u00e9 Jean Jacques Bourasse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Suite du bestiaire symbolique et allusion \u00e0 l\u2019ancienne croyance selon laquelle cet animal est capable de vivre dans le feu et m\u00eame de l\u2019\u00e9teindre. Depuis un si\u00e8cle, les rois de France ont des embl\u00e8mes personnels souvent associ\u00e9s \u00e0 un animal\u00a0: le lion pour Charles <span class=\"caps\">VI<\/span>\u00a0le Fou, le cerf ail\u00e9 pour Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> et Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, le porc-\u00e9pic pour Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>.<\/p>\n<p>La salamandre se marie bien \u00e0 cette Renaissance o\u00f9 la fronti\u00e8re est floue entre nature et surnature, chimie et alchimie, astronomie et astrologie. On croit l\u2019air et l\u2019onde peupl\u00e9s de d\u00e9mons \u2013 m\u00eame le tr\u00e8s savant m\u00e9decin Ambroise Par\u00e9\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis votre roi et votre prince. Je suis d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de vivre et mourir avec vous. Voici la fin de notre voyage, car tout sera gagn\u00e9 ou perdu.\u00a0\u00bb<span id=\"1836\" class=\"cit-num\">1836<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier (1494-1547), \u00e0 ses troupes, avant la bataille de Marignan, 13\u00a0septembre 1515. <em>Fran\u00e7ois\u00a0Ier, le souverain politique<\/em> (1937), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>1515, date m\u00e9morable dans l\u2019histoire de France, date r\u00e9f\u00e9rentielle comme 1789. Mais \u00e0 part les historiens, qui sait vraiment ce qui s\u2019est pass\u00e9 en deux jours et une nuit\u00a0? Le roi comptera par lettres tous les d\u00e9tails \u00e0 Louise de Savoie, sa m\u00e8re par ailleurs r\u00e9gente quand il \u00ab\u00a0s\u2019en va-t-en guerre\u00a0\u00bb, qui exerce sur son royal et ador\u00e9 fils, son \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb, une influence politique souvent heureuse, parfois d\u00e9testable.<\/p>\n<p>Avec la fougue de ses 21\u00a0ans, le nouveau roi s\u2019est lanc\u00e9 dans la cinqui\u00e8me guerre d\u2019Italie, alli\u00e9 \u00e0 Venise pour la reconqu\u00eate du Milanais pris, puis perdu par son pr\u00e9d\u00e9cesseur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>. Son arm\u00e9e passe les Alpes, forte des meilleurs capitaines, avec 300 canons et 30\u00a0000 hommes\u00a0: chiffres consid\u00e9rables \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Le voil\u00e0 parvenu \u00e0 Marignan, ville de Lombardie (au sud-est de Milan). Le r\u00e8gne commence bien et le roi ne doute de rien \u2013 surtout pas de lui-m\u00eame\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est jeune et \u00e0 la fleur de l\u2019\u00e2ge, lib\u00e9ral, magnanime, exp\u00e9riment\u00e9 et habile \u00e0 la guerre. Il a bonne paix avec tous ses voisins, en sorte qu\u2019il pourra employer au service de Dieu et de la foi sa personne et tout son avoir, sans que nul le d\u00e9tourne et que rien l\u2019emp\u00eache.\u00a0\u00bb<span id=\"445\" class=\"cit-num\">445<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier\u00a0(1494-1547), autoportrait et d\u00e9claration de candidature, en 1519. <em>Fran\u00e7ois\u00a0Ier<\/em> (1953), duc de L\u00e9vis-Mirepoix<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi de France brigue la couronne imp\u00e9riale, \u00e0 la mort de Maximilien (12\u00a0janvier\u00a01519).<\/p>\n<p>L\u2019adversaire est de taille\u00a0: Charles, prince bourguignon (arri\u00e8re-petit-fils de Charles le T\u00e9m\u00e9raire), devenu prince des Pays-Bas en 1516, puis roi d\u2019Espagne sous le nom de Charles\u00a0Ier, roi de Sicile sous le nom de Charles\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, h\u00e9ritant par sa m\u00e8re des possessions espagnoles de l\u2019Am\u00e9rique latine (mines d\u2019or et d\u2019argent in\u00e9puisables) et par son p\u00e8re des terres h\u00e9r\u00e9ditaires des Habsbourg\u00a0!<\/p>\n<p>Charles, petit-fils de Maximilien, l\u2019emporte assez naturellement dans cette comp\u00e9tition d\u2019ailleurs \u00ab\u00a0truqu\u00e9e\u00a0\u00bb \u2013 les sept princes-\u00e9lecteurs allemands sont plus sensibles aux florins et ducats allemands et espagnols qu\u2019aux \u00e9cus fran\u00e7ais. Une fois \u00e9lu, il devient empereur du Saint Empire romain germanique, le 28\u00a0juin 1519 \u00e0 la Di\u00e8te de Francfort. Il sera Charles Quint pour l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Et l\u2019histoire de France en est chang\u00e9e. Le nouvel ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire n\u2019est plus l\u2019Anglais comme sous la Guerre de Cent Ans, mais le Habsbourg trop puissant, r\u00eavant de dominer toute l\u2019Italie et voulant r\u00e9cup\u00e9rer la Bourgogne de ses anc\u00eatres, \u00ab\u00a0tyranniquement et ind\u00fbment d\u00e9tenue et occup\u00e9e par le roi de France\u00a0\u00bb. Face \u00e0 Charles Quint, nos guerres vont devenir plus d\u00e9fensives qu\u2019offensives. Et dix ans apr\u00e8s le triomphe de Marignan, c\u2019est le d\u00e9sastre de Pavie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout est perdu, fors l\u2019honneur.\u00a0\u00bb<span id=\"453\" class=\"cit-num\">453<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier\u00a0(1494-1547), Lettre \u00e0 Louise de Savoie apr\u00e8s la bataille de Pavie, 25\u00a0f\u00e9vrier 1525. <em>Histoire de Fran\u00e7ois\u00a0Ier et de la Renaissance<\/em> (1878), Eug\u00e8ne de la Gournerie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire a retenu cette citation \u00ab\u00a0incontournable\u00a0\u00bb. L\u2019id\u00e9e est juste, mais la forme exacte est\u00a0: \u00ab\u00a0Madame, pour vous avertir comment se porte le ressort de mon infortune, de toutes choses ne m\u2019est demeur\u00e9 que l\u2019honneur et la vie qui est sauve.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s chaque grande bataille, le roi \u00e9crit \u00e0 sa m\u00e8re pr\u00e9sentement r\u00e9gente et toujours fi\u00e8re de son C\u00e9sar triomphant. Mais cette fois, c\u2019est une d\u00e9faite et m\u00eame le pire d\u00e9sastre militaire du r\u00e8gne. Le roi, assi\u00e9geur devenu assi\u00e9g\u00e9, donc pi\u00e9g\u00e9, est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019assaut, courageux mais brouillon et contre l\u2019avis des v\u00e9t\u00e9rans qui l\u2019entouraient. Pi\u00e8tre strat\u00e8ge, il a plac\u00e9 son artillerie, l\u2019une des meilleures d\u2019Europe, derri\u00e8re sa cavalerie, lui \u00f4tant toute efficacit\u00e9.<\/p>\n<p>La sixi\u00e8me guerre d\u2019Italie tourne \u00e0 la catastrophe\u00a0: le Milanais est reperdu, le duc de Bourbon, ex-conn\u00e9table de France pass\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de Charles Quint, a attaqu\u00e9 la Provence, bombard\u00e9 Marseille, pris Aix. Le roi est fait prisonnier \u00e0 Pavie o\u00f9 de grands capitaines sont tu\u00e9s, tels La Tr\u00e9moille, La Palice.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai couv\u00e9 un \u0153uf de colombe, Luther en a fait sortir un serpent.\u00a0\u00bb<span id=\"450\" class=\"cit-num\">450<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">\u00c9RASME<\/span> (1469-1536), <em>\u00c9loge de la folie<\/em> (1508)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le c\u00e9l\u00e8bre humaniste hollandais qui voyage \u00e0 travers l\u2019Europe rompt en 1524 avec la doctrine luth\u00e9rienne o\u00f9 \u00ab\u00a0nul ne retrouvait l\u2019esprit de l\u2019\u00c9vangile\u00a0\u00bb. Il se distingue par sa pens\u00e9e toute de mesure et de prudence, avec sa tentative pour concilier les enseignements de l\u2019\u00c9vangile et l\u2019\u00e9tude des Anciens. Mais l\u2019humanisme qui entra\u00eene une lib\u00e9ration des esprits et la red\u00e9couverte de l\u2019\u00c9criture dans son texte original devait fatalement aboutir au grand schisme\u00a0: la Renaissance porte en elle tous les ferments de la r\u00e9volution religieuse qui prend le nom de R\u00e9forme. C\u2019est le pr\u00e9misse des guerres de Religion.<\/p>\n<h3><span class=\"caps\">GUERRES<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">RELIGION<\/span><\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0P\u00e9risse le souvenir de ce jour\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"535\" class=\"cit-num\">535<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de L\u2019<span class=\"caps\">HOSPITAL<\/span> (vers 1504-1573), \u00e9voquant la Saint-Barth\u00e9lemy. <em>\u0152uvres compl\u00e8tes de Michel de L\u2019Hospital, chancelier de France<\/em> (1824)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le souvenir de la Saint-Barth\u00e9lemy, symbole des guerres de Religion, vivra \u00e0 jamais dans l\u2019histoire de France, comme la r\u00e9pression de la Commune de Paris en 1871. On pourrait \u00e9galement citer le massacre de Cr\u00e9cy (1346) qui an\u00e9antit\u00a0 la chevalerie fran\u00e7aise sous la guerre de Cent ans, les massacres de septembre (1792), ex\u00e9cutions sommaires des prisonniers sous la R\u00e9volution\u2026 L\u2019histoire a bonne m\u00e9moire des pires moments (comme des guerres p\u00e9riodiques) et l\u2019ex-chancelier de Catherine de M\u00e9dicis ne peut l\u2019ignorer.<\/p>\n<p>Mais ce drame eut au moins un effet positif\u00a0: un tiers parti va na\u00eetre, celui des Malcontents, des Politiques, esprits mod\u00e9r\u00e9s, catholiques aussi bien que protestants, soucieux avant tout de sauver le pays, pr\u00e9parant \u00e0 terme l\u2019av\u00e8nement d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> et la paix. Michel de L\u2019Hospital qui pr\u00eachait la tol\u00e9rance quand il \u00e9tait au pouvoir sera naturellement de ces hommes, avec l\u2019humaniste Jean Bodin, le capitaine protestant Fran\u00e7ois de La Noue, Duplessis-Mornay, th\u00e9ologien r\u00e9form\u00e9 qui \u00e9chappe de peu au massacre, le philosophe Montaigne, ami du roi de Navarre et maire de Bordeaux, qui tente activement de rapprocher les deux camps, et m\u00eame le tr\u00e8s catholique Ronsard qui se d\u00e9solidarise des crimes commis au nom de la religion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une guerre \u00e9trang\u00e8re est un mal bien plus doux que la civile.\u00a0\u00bb<span id=\"411\" class=\"cit-num\">411<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de <span class=\"caps\">MONTAIGNE<\/span> (1533-1592),<em> Les Essais<\/em> (1580, premi\u00e8re \u00e9dition)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En cette fin de si\u00e8cle d\u00e9chir\u00e9 et d\u00e9cha\u00een\u00e9, Montaigne pr\u00f4ne la \u00ab\u00a0piti\u00e9\u00a0\u00bb, autrement dit la tol\u00e9rance, vertu alors fort mal partag\u00e9e\u00a0! Le conflit latent depuis 1521 d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en v\u00e9ritable guerre civile apr\u00e8s le massacre de Wassy en 1562 \u2013 surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0premi\u00e8re Saint-Barth\u00e9lemy\u00a0\u00bb. La France qui a v\u00e9cu rien moins que onze guerres d\u2019Italie de\u00a01492 \u00e0\u00a01559 va subir, cette fois sur son territoire, huit guerres de Religion de\u00a01562 \u00e0\u00a01598\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je veux de si\u00e8cle en si\u00e8cle au monde publier<br>D\u2019une plume de fer sur un papier d\u2019acier,<br>Que ses propres enfants l\u2019ont prise et d\u00e9v\u00eatue,<br>Et jusques \u00e0 la mort vilainement battue.\u00a0\u00bb<span id=\"412\" class=\"cit-num\">412<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de <span class=\"caps\">RONSARD<\/span> (1524-1585), <em>Continuation du discours des mis\u00e8res de ce temps<\/em> (1562)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le po\u00e8te des c\u00e9l\u00e8bres <em>Discours<\/em> se jette dans la m\u00eal\u00e9e pour parler de la France en peine, en proie aux horreurs de la guerre civile qui ne fait que commencer. Fid\u00e8le \u00e0 la foi catholique, il s\u2019en prend aux protestants tenus pour responsables des troubles.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle de la Renaissance et du r\u00eave italien, la France des guerres de Religion sombre dans le cauchemar de l\u2019anarchie, de la haine et du fanatisme\u00a0: tous les Grands du royaume seront impliqu\u00e9s et nombre d\u2019entre eux mourront en combattant, ou assassin\u00e9s \u2013 jusqu\u2019au roi Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, en 1589.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je lis les histoires de ce royaume, et j\u2019y trouve que de tous les temps, les putains ont dirig\u00e9 les affaires des rois\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"479\" class=\"cit-num\">479<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589) \u00e0 Diane de Poitiers. <em>Le Royaume de Catherine de M\u00e9dicis<\/em> (1922), Lucien Romier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille de Laurent\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de M\u00e9dicis, elle \u00e9pousa le futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> en 1533 et faillit \u00eatre r\u00e9pudi\u00e9e pour cause de st\u00e9rilit\u00e9 pendant onze ans, avant de lui donner 10 enfants. Depuis 1538 et durant les douze ann\u00e9es de r\u00e8gne d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, elle est \u00e9clips\u00e9e par Diane de Poitiers, dite la putain.<\/p>\n<p>\u00c2g\u00e9e de 48\u00a0ans en 1547 et de vingt ans l\u2019a\u00een\u00e9e du roi, Diane fit son \u00e9ducation \u00e0 la cour, quand l\u2019enfant de 11\u00a0ans rentra, apr\u00e8s quatre ann\u00e9es pass\u00e9es comme otage en Espagne (\u00e0 la place de son p\u00e8re vaincu \u00e0 Pavie, prisonnier et\u00a0 lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 ce prix). Influente et intrigante, elle reste sa favorite jusqu\u2019\u00e0 la mort du roi, m\u00eame si certains historiens doutent de la nature exacte de leur liaison. Pour les contemporains et les proches, il semble qu\u2019il n\u2019y a aucun doute.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madame, contentez-vous d\u2019avoir infect\u00e9 la France de votre infamie et de votre ordure, sans toucher aux choses de Dieu.\u00a0\u00bb<span id=\"482\" class=\"cit-num\">482<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Un domestique du tailleur d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, s\u2019adressant \u00e0 Diane de Poitiers (1550).<em> Histoire de France au seizi\u00e8me si\u00e8cle, Guerres de religion<\/em> (1856), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le ton dit assez la violence des haines qui couvent\u00a0: l\u2019homme est interrog\u00e9 sur son \u00e9ventuelle conversion au calvinisme par Diane de Poitiers, la ma\u00eetresse royale qui encourage la r\u00e9pression du protestantisme. L\u2019impudent\u00a0 paiera de sa vie cette phrase \u2013 sit\u00f4t condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9 vif devant Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, spectateur du supplice.<\/p>\n<p>Envers et contre tout, l\u2019\u00c9glise r\u00e9form\u00e9e de France va se constituer sous ce r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je le soignay, Dieu le gu\u00e9rit.\u00a0\u00bb<span id=\"484\" class=\"cit-num\">484<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ambroise <span class=\"caps\">PAR\u00c9<\/span> (vers 1509-1590), phrase grav\u00e9e sur le socle de sa statue \u00e0 Laval, sa ville natale. <em>Le Bistouri et la plume\u00a0: les m\u00e9decins \u00e9crivains<\/em> (2002), Louis-Paul Fischer<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette phrase qu\u2019il aime \u00e0 prononcer fait naturellement r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la formule consacr\u00e9e des rois de France touchant les \u00e9crouelles\u00a0: \u00ab\u00a0Le Roi te touche, Dieu te gu\u00e9rit.\u00a0\u00bb Avec tant de science, il reste un homme de la Renaissance par sa foi en Dieu, ainsi qu\u2019en des forces surnaturelles.<\/p>\n<p>Autodidacte, il apprit seul \u00e0 lire et \u00e9crire et ne parlera ni grec ni latin. Apprenti chez un barbier, il monte \u00e0 Paris pour apprendre la chirurgie, les deux pratiques allant de pair, \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il obtient le titre de ma\u00eetre barbier-chirurgien et va rencontrer, lors de divers si\u00e8ges guerriers, les plus grands princes de France, bless\u00e9s. Son habilet\u00e9 fait qu\u2019on l\u2019appelle partout et il sera au service des rois de France, depuis Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> et jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1590.<\/p>\n<p>La Facult\u00e9 de m\u00e9decine de Paris fait tout pour entraver ses recherches trop novatrices et la publication de ses \u0153uvres. Ambroise Par\u00e9 est cependant le fondateur de la science m\u00e9dicale\u00a0: il invente divers instruments de chirurgie et la m\u00e9thode de ligature des art\u00e8res, rempla\u00e7ant la caut\u00e9risation en cas d\u2019amputation. Contrairement aux chirurgiens de son temps, il n\u2019ampute qu\u2019en cas d\u2019absolue n\u00e9cessit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fille pire que sa m\u00e8re, qui avait g\u00e2t\u00e9 son mari et infest\u00e9 toute la maison de Vend\u00f4me.\u00a0\u00bb<span id=\"494\" class=\"cit-num\">494<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PAUL<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1476-1559), peu avant sa mort. <em>Antoine de Bourbon et Jeanne d\u2019Albret<\/em> (1882), baron Alphonse de Ruble<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le pape parle de Jeanne d\u2019Albret, fille de Marguerite de Navarre \u2013\u00a0s\u0153ur de Fran\u00e7ois\u00a0Ier qui prot\u00e9gea les artistes, les humanistes et les protestants. La nouvelle reine de Navarre entra\u00eene son \u00e9poux, le tr\u00e8s ind\u00e9cis Antoine de Bourbon (duc de Vend\u00f4me) et son royaume de Navarre \u00e0 suivre Calvin le protestant. Elle-m\u00eame professe publiquement la nouvelle religion en 1560 et l\u2019impose en 1567.<\/p>\n<p>Entre-temps, Antoine de Bourbon, nomm\u00e9 lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume, se retrouve combattant avec les Guise, \u00e0 la t\u00eate des arm\u00e9es catholiques. Comme son fils le futur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>, sa foi est inconstante et opportuniste.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu qui avait frapp\u00e9 le p\u00e8re \u00e0 l\u2019\u0153il a frapp\u00e9 le fils \u00e0 l\u2019oreille.\u00a0\u00bb<span id=\"496\" class=\"cit-num\">496<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">CALVIN<\/span> (1509-1564).<em> Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span><\/em> (1986), Emmanuel Bourassin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0pape de Gen\u00e8ve\u00a0\u00bb fait en ces termes l\u2019oraison fun\u00e8bre de Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, mort \u00e0 16\u00a0ans d\u2019une infection \u00e0 l\u2019oreille, le 5\u00a0d\u00e9cembre 1560 \u2013 un an et demi apr\u00e8s Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, mort d\u2019un \u0153il crev\u00e9 dans un tournoi.<\/p>\n<p>Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> lui succ\u00e8de, \u00e2g\u00e9 de 10\u00a0ans, et sa m\u00e8re Catherine de M\u00e9dicis se retrouve r\u00e9gente. Protestants et catholiques semblent d\u2019accord pour regretter que le pouvoir politique \u00e9chappe aux hommes\u00a0: \u00ab\u00a0Ceux-l\u00e0 ont sagement pourvu \u00e0 leur \u00c9tat qui ont ordonn\u00e9 que les femmes ne vinssent jamais \u00e0 r\u00e9gner\u00a0\u00bb selon Th\u00e9odore de B\u00e8ze, le grand th\u00e9oricien protestant, rappelant la loi salique. Alors que pour Fournier, pr\u00e9dicateur catholique de Saint-S\u00e9verin\u00a0: \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas l\u2019\u00e9tat d\u2019une femme de conf\u00e9rer les \u00e9v\u00each\u00e9s et les b\u00e9n\u00e9fices. La m\u00e8re de J\u00e9sus-Christ se voulut-elle m\u00ealer de l\u2019\u00e9lection de saint Mathias\u00a0?\u00a0\u00bb (\u00e9lu pour \u00eatre le douzi\u00e8me ap\u00f4tre, \u00e0 la place de Judas).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je puis donner la mort,<br>Toi l\u2019immortalit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"517\" class=\"cit-num\">517<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1550-1574), \u00e0 Ronsard\u00a0: <em>Ton esprit est, Ronsard\u2026<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le po\u00e8me royal commence ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0Ton esprit est, Ronsard, plus gaillard que le mien\u00a0;\u00a0\/ Mais mon corps est plus jeune et plus fort que le tien\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Rendant hommage au po\u00e8te engag\u00e9 et enflamm\u00e9 des Discours, il continue\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019art de faire des vers, d\u00fbt-on s\u2019en indigner,\u00a0\/ Doit \u00eatre \u00e0 plus haut prix que celui de r\u00e9gner.\u00a0\/ Tous deux \u00e9galement nous portons des couronnes\u00a0;\u00a0\/ Mais roi, je la re\u00e7us\u00a0; po\u00e8te, tu la donnes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le jeune roi se sait malade et mourra \u00e0 24\u00a0ans de la tuberculose (min\u00e9 par le remords de la Saint-Barth\u00e9lemy). Ronsard qui lui survit conna\u00eetra une demi-disgr\u00e2ce.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le corps d\u2019un ennemi mort sent toujours bon.\u00a0\u00bb<span id=\"525\" class=\"cit-num\">525<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1550-1574), le 24\u00a0ao\u00fbt, jour de la Saint-Barth\u00e9lemy (du nom du saint, f\u00eat\u00e9 sur le calendrier). Cit\u00e9 au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle par Voltaire (<em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, volume\u00a0X), au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle par Alexandre Dumas (<em>La Reine Margot<\/em>), entre autres sources<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les guerres de Religion, c\u2019est l\u2019une des pages d\u2019Histoire les plus riches en mots. Ce mot (de l\u2019empereur romain Vitellius) est donc attribu\u00e9 \u00e0 Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> devant le corps de Coligny. Cet assassinat et ses suites \u2013 les milliers de morts et le sacrifice de son conseiller \u2013 hanteront les nuits du jeune roi. Faible de caract\u00e8re, manipul\u00e9 par sa m\u00e8re (Catherine de M\u00e9dicis) et ses proches (les Guise et son fr\u00e8re Henri, le duc d\u2019Anjou), il semble qu\u2019il ait donn\u00e9 son accord pour tuer tous les chefs\u2026 Oui, mais pas tous les protestants de Paris, de Navarre et de France\u00a0!<\/p>\n<p>Selon certaines sources (dont Agrippa d\u2019Aubign\u00e9), il tirait \u00e0 l\u2019arquebuse sur les fuyards. Selon d\u2019autres historiens, il a tent\u00e9 d\u2019arr\u00eater la tuerie qui commence dans les rues, les ruelles. De toute mani\u00e8re, il est trop tard\u00a0! On a ferm\u00e9 les portes de Paris et la capitale est profond\u00e9ment anti-huguenote.<\/p>\n<p>La haine se d\u00e9cha\u00eene. Chaque protestant passe pour un Coligny en puissance\u00a0: \u00ab\u00a0Tuez-les tous\u00a0!\u00a0\u00bb L\u2019ordre royal est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 tous les \u00e9chos, tous les carrefours.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il valait mieux que cela tomb\u00e2t sur eux que sur nous.\u00a0\u00bb<span id=\"529\" class=\"cit-num\">529<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 l\u2019ambassadeur de Toscane \u00e0 propos du massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy. <em>Lettres de Catherine de M\u00e9dicis<\/em> (1891), Collection de documents in\u00e9dits sur l\u2019histoire de France, Imprimerie nationale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine m\u00e8re est sans doute responsable des massacres, malgr\u00e9 la prochaine d\u00e9claration du jeune roi Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> au Parlement de Paris. Mais au point de haine o\u00f9 catholiques et protestants sont arriv\u00e9s, le choc semblait in\u00e9vitable et la balance pouvait pencher de l\u2019un ou l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. On peut penser aussi que cette forte femme a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pass\u00e9e par la force des \u00e9v\u00e9nements\u00a0! Qui ne l\u2019aurait \u00e9t\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Effet non pr\u00e9vu, la Saint-Barth\u00e9lemy va renforcer le parti protestant qui s\u2019organise pendant cette quatri\u00e8me guerre de Religion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je veux peindre la France une m\u00e8re afflig\u00e9e,<br>Qui est, entre ses bras, de deux enfants charg\u00e9e.\u00a0\u00bb<span id=\"545\" class=\"cit-num\">545<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Agrippa d\u2019<span class=\"caps\">AUBIGN\u00c9<\/span> (1552-1630), <em>Les Tragiques<\/em> (1616)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la France identifi\u00e9e \u00e0 la m\u00e8re est fr\u00e9quente au <span class=\"caps\">XIV<\/span>e si\u00e8cle\u00a0: \u00ab\u00a0France, m\u00e8re des arts, des armes et des lois\u00a0\/ Tu m\u2019as nourri longtemps du lait de ta mamelle\u2026\u00a0\u00bb \u00e9crit du Bellay.<\/p>\n<p>T\u00e9moin \u00e0 8\u00a0ans des horreurs de la guerre civile qui commence \u00e0 d\u00e9chirer le pays et jurant \u00e0 son p\u00e8re calviniste de venger les pendus d\u2019Amboise en 1560, d\u2019Aubign\u00e9 mourra \u00e0 78\u00a0ans, sous le r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>.<\/p>\n<p>Combattant aussi farouche l\u2019\u00e9p\u00e9e ou la plume \u00e0 la main, il entreprend cette \u00e9pop\u00e9e de la foi en 1577 \u2013 long po\u00e8me de sept livres, publi\u00e9 en 1616, quand le fond et la forme en appara\u00eetront totalement anachroniques. Cri de haine contre les catholiques, hymne \u00e0 la gloire des protestants, chant d\u2019amour \u00e0 la France incarn\u00e9e en femme.<\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e 1577, la France vit sa sixi\u00e8me guerre de Religion. Parti catholique et parti protestant se sont \u00e9galement renforc\u00e9s, structur\u00e9s, au point que nul ne peut vraiment l\u2019emporter. La paix de Bergerac ne sera que provisoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vivez, si m\u2019en croyez, n\u2019attendez \u00e0 demain\u00a0:<br>Cueillez d\u00e8s aujourd\u2019hui les roses de la vie.\u00a0\u00bb<span id=\"546\" class=\"cit-num\">546<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de <span class=\"caps\">RONSARD<\/span> (1524-1585), <em>Sonnet \u00e0 H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1578)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0po\u00e8te des princes\u00a0\u00bb\u00a0 s\u2019est retir\u00e9 de la cour, en demi-disgr\u00e2ce apr\u00e8s la mort de Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span>, Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> ayant ramen\u00e9 de Pologne son po\u00e8te favori, le jeune Desportes.<\/p>\n<p>Renon\u00e7ant \u00e0 l\u2019engagement politique, le \u00ab\u00a0prince des po\u00e8tes\u00a0\u00bb\u00a0 revient \u00e0 son autre veine po\u00e9tique, le lyrisme des <em>Amours\u00a0<\/em> (1552) qui l\u2019a rendu c\u00e9l\u00e8bre. Il chante ici une fille d\u2019honneur de Catherine de M\u00e9dicis, H\u00e9l\u00e8ne de Surg\u00e8res, aussi remarquable en beaut\u00e9 qu\u2019en vertu et en intelligence, inconsolable d\u2019avoir perdu son fianc\u00e9 dans une guerre de Religion en 1570. La reine invite Ronsard \u00e0 l\u2019immortaliser. Il \u00e9crit d\u2019abord \u00ab\u00a0par ordre\u00a0\u00bb, puis reprend go\u00fbt \u00e0 ce genre p\u00e9trarquiste, comme \u00e0 l\u2019amour qui lui inspire alors ses plus beaux po\u00e8mes, \u00e0 l\u2019automne de sa vie\u00a0: <em>les Amours d\u2019H\u00e9l\u00e8ne<\/em>. Ce \u00ab\u00a0<em>carpe diem\u00a0<\/em>\u00a0\u00bb tr\u00e8s inspir\u00e9 de l\u2019Antiquit\u00e9 est symbolique du style de la Renaissance et de tout ce si\u00e8cle si press\u00e9 de vivre, de \u00ab\u00a0jouir ou tuer\u00a0\u00bb (Jules Michelet), aussi obs\u00e9d\u00e9 par l\u2019id\u00e9e de la mort qu\u2019enchant\u00e9 par l\u2019amour.<\/p>\n<p>Ronsard mourra le 27\u00a0d\u00e9cembre 1585 \u00e0 Saint-Cosme. Deux mois plus tard, \u00e0 Paris, il a droit \u00e0 des fun\u00e9railles solennelles \u2013 premier po\u00e8te fran\u00e7ais \u00e0 \u00eatre ainsi honor\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a bien de la besogne <br>\u00a0\u00c0 regarder ce petit roi<br>Car il a mis en d\u00e9sarroi <br>Toutes les filles de sa femme<br>Mais on sait que la bonne dame <br>S\u2019en venge bien de son c\u00f4t\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"547\" class=\"cit-num\">547<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson populaire sur Henri de Navarre et la reine Margot<\/em> (1579). <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s sept ans de mariage, tout ne va pas pour le mieux dans le couple et le peuple s\u2019en fait l\u2019\u00e9cho. Le futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> (pr\u00e9sentement Henri <span class=\"caps\">III<\/span>, roi de Navarre) reste aussi c\u00e9l\u00e8bre par sa galanterie que Margot par sa nymphomanie.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0S\u2019il y eut jamais une au monde parfaite en beaut\u00e9, c\u2019est la reine de Navarre. Toutes celles qui sont, qui seront et jamais ont \u00e9t\u00e9, pr\u00e8s de la sienne sont laides et ne sont point beaut\u00e9s.\u00a0\u00bb L\u2019abb\u00e9 et seigneur de Brant\u00f4me, devenu m\u00e9morialiste, rend ainsi hommage \u00e0 la \u00ab\u00a0reine Margot\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Marguerite de France, reine de Navarre chass\u00e9e de la cour de France par son fr\u00e8re Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, tient d\u00e9sormais cour brillante \u00e0 N\u00e9rac. La septi\u00e8me guerre de Religion (1579-1580), men\u00e9e par Henri de Navarre et le mar\u00e9chal de Biron, sera dite \u00ab\u00a0guerre des amoureux\u00a0\u00bb par allusion \u00e0 la frivolit\u00e9 qui r\u00e8gne en cette cour. Le trait\u00e9 de N\u00e9rac, sign\u00e9 le 28\u00a0f\u00e9vrier 1579 par Catherine de M\u00e9dicis au nom du roi, mais non respect\u00e9 par les protestants, relance la guerre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pardonnez un mot \u00e0 vos fid\u00e8les serviteurs, Sire. Ces amours si d\u00e9couvertes, et auxquelles vous donnez tant de temps, ne semblent plus de saison. Il est temps que vous fassiez l\u2019amour \u00e0 toute la chr\u00e9tient\u00e9 et particuli\u00e8rement \u00e0 la France.\u00a0\u00bb<span id=\"551\" class=\"cit-num\">551<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Philippe <span class=\"caps\">DUPLESSIS<\/span>\u2013<span class=\"caps\">MORNAY<\/span> (1549-1623), juillet\u00a01583. <em>Histoire des Fran\u00e7ais<\/em> (1821-1844), Simonde de Sismondi<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Qu\u2019en termes galants ces choses-l\u00e0 sont dites au roi galant\u00a0! Son ambassadeur et principal conseiller s\u2019inqui\u00e8te aupr\u00e8s d\u2019Henri de Navarre, toujours bon vivant. Plus tard, son ami et fid\u00e8le compagnon, Sully, tiendra le m\u00eame langage \u00e0 Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> devenu roi de France et dont les amours compromettront clairement la vie politique.<\/p>\n<p>La France et les chefs de partis ont un bref r\u00e9pit entre la septi\u00e8me guerre de Religion et la huiti\u00e8me, d\u00e9clench\u00e9e (\u00e0 terme) par un \u00e9v\u00e9nement inattendu, le 10\u00a0juin 1584\u00a0: la mort par tuberculose du quatri\u00e8me fils de Catherine de M\u00e9dicis, Fran\u00e7ois d\u2019Alen\u00e7on, \u00e0 29\u00a0ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon Dieu qu\u2019il est grand\u00a0! Il para\u00eet encore plus grand mort que vivant.\u00a0\u00bb<span id=\"566\" class=\"cit-num\">566<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), face au corps du duc de Guise, ch\u00e2teau de Blois, 23\u00a0d\u00e9cembre 1588.<em> Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a os\u00e9, contrairement \u00e0 ce que proclamait la victime d\u00e9sign\u00e9e\u00a0: ordre donn\u00e9 aux Quarante-Cinq (garde personnelle du roi, immortalis\u00e9e par le roman \u00e9ponyme de Dumas) d\u2019assassiner Henri le Balafr\u00e9, ainsi que son fr\u00e8re Louis, cardinal de Lorraine \u2013 arr\u00eat\u00e9, ex\u00e9cut\u00e9 le lendemain dans sa prison.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est bien taill\u00e9 mon fils\u00a0; maintenant il faut recoudre.\u00a0\u00bb<span id=\"567\" class=\"cit-num\">567<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589) \u00e0 Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, ch\u00e2teau de Blois, 23\u00a0d\u00e9cembre 1588. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res<\/em> (1982), Robert Carlier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi courut annoncer \u00e0 sa m\u00e8re l\u2019assassinat de son pire ennemi, le duc de Guise. Cette fa\u00e7on d\u2019\u00e9liminer ceux qui font obstacle au pouvoir de ses fils est bien dans ses m\u0153urs \u2013 et dans celles de l\u2019\u00e9poque. Mais \u00e0 70\u00a0ans, et \u00e0 quelques jours de sa mort (5\u00a0janvier 1589), la reine m\u00e8re ne se fait pas beaucoup d\u2019illusions sur l\u2019avenir de son dernier fils.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! le m\u00e9chant moine, il m\u2019a tu\u00e9, qu\u2019on le tue\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"573\" class=\"cit-num\">573<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), Saint-Cloud, 1er\u00a0ao\u00fbt 1589, \u00ab\u00a0premier mot de la fin\u00a0\u00bb. <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au ch\u00e2teau de Saint-Cloud, le roi pr\u00e9pare le si\u00e8ge de Paris avec Henri de Navarre\u00a0: 30\u00a0000 hommes sont pr\u00eats \u00e0 attaquer la capitale, d\u00e9fendue par la milice bourgeoise et la Ligue, arm\u00e9e par Philippe\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Dominicain de 22\u00a0ans, ligueur fanatique, Jacques Cl\u00e9ment pr\u00e9parait son geste\u00a0: le complot est connu, approuv\u00e9 de nombreux catholiques et b\u00e9ni par le pape Sixte Quint. Le moine r\u00e9ussit \u00e0 approcher le roi \u2013 seul, sur sa chaise perc\u00e9e. La garde personnelle (les Quarante-Cinq), alert\u00e9e par les cris du roi poignard\u00e9, transperce l\u2019assassin \u00e0 coups d\u2019\u00e9p\u00e9e\u00a0: d\u00e9fenestr\u00e9, le corps est sit\u00f4t tir\u00e9 par quatre chevaux, \u00e9cartel\u00e9, et br\u00fbl\u00e9 sur le b\u00fbcher pour r\u00e9gicide.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne se rejouera avec Ravaillac et Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>. Ces assassinats, comme tous les complots et attentats contre les rois de l\u2019\u00e9poque, s\u2019inspirent de la th\u00e9orie du tyrannicide dont Jean Gerson fut l\u2019un des proph\u00e8tes\u00a0: \u00ab\u00a0Nulle victime n\u2019est plus agr\u00e9able \u00e0 Dieu qu\u2019un tyran.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les citations \u00ab\u00a0r\u00e9f\u00e9rentielles\u00a0\u00bb (inspir\u00e9es du syst\u00e8me des coordonn\u00e9es en physique) renvoient \u00e0 un personnage, un \u00e9v\u00e9nement, une th\u00e9orie ou une opinion, voire une autre citation en effet miroir. Bref, \u00e0 tout ce qui fait date et sens dans notre histoire o\u00f9 le r\u00e9cit national c\u00f4toie parfois le roman.Elles se pr\u00e9sentent sous diverses formes\u00a0: slogans, appels, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":105,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9631","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9631","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9631"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9631\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12635,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9631\/revisions\/12635"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9631"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9631"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9631"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}