{"id":9635,"date":"2022-12-26T00:00:00","date_gmt":"2022-12-25T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/soiree-de-gala-a-lopera-garnier-avec-maria-callas-et-rudolf-noureev\/"},"modified":"2025-07-19T09:06:56","modified_gmt":"2025-07-19T07:06:56","slug":"soiree-de-gala-a-lopera-garnier-avec-maria-callas-et-rudolf-noureev","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/soiree-de-gala-a-lopera-garnier-avec-maria-callas-et-rudolf-noureev\/","title":{"rendered":"Soir\u00e9e de gala \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra Garnier, avec Maria Callas et Rudolf Noureev"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/opera.jpg\" width=\"800\" height=\"534\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00a0\u00c0 l\u2019imp\u00e9ratrice qui lui demande de quel style peut bien \u00eatre ce projet d\u2019Op\u00e9ra pour Paris\u00a0:<\/em><br>\u00ab\u00a0C\u2019est du Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, Madame.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles <span class=\"caps\">GARNIER<\/span> (1825-1898), 1861. <em>Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> et le Second Empire\u00a0: l\u2019aube des temps<\/em> (1975), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un concours public est lanc\u00e9 en 1860\u00a0 pour l\u2019\u00e9dification d\u2019un op\u00e9ra digne du nouveau Paris haussmannien\u00a0: 171 concurrents d\u00e9posent un millier de dessins. Viollet-le-Duc, ami du couple imp\u00e9rial, est favori. Un inconnu l\u2019emporte, \u00e0 l\u2019unanimit\u00e9 du jury. Et l\u2019empereur s\u2019incline, s\u00e9duit par la maquette.<\/p>\n<p>Les plus grands artistes, peintres, d\u00e9corateurs, sculpteurs \u0153uvrent pour le monument. Mais le chef-d\u2019\u0153uvre est bien sign\u00e9 Garnier, illustrant l\u2019\u00e9clectisme en architecture\u00a0: au lieu de se r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 un style unique, on dresse un r\u00e9pertoire des mod\u00e8les les plus achev\u00e9s pour combiner les \u00e9l\u00e9ments issus des diff\u00e9rentes civilisations, adapt\u00e9s \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 contemporaine. Ainsi, Garnier utilise les nouveaux mat\u00e9riaux pour leur aspect fonctionnel, mais \u00e0 l\u2019inverse des modernistes (tels Eiffel, Baltard), il dissimule le fer de la charpente sous le stuc et la pierre de taille.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Cath\u00e9drale mondaine de la civilisation\u00a0\u00bb selon Th\u00e9ophile Gautier, l\u2019Op\u00e9ra de Paris va fasciner le monde et sera \u00ab\u00a0copi\u00e9\u00a0\u00bb une centaine de fois. C\u2019est toujours un spectacle sans \u00e9gal et une visite s\u2019impose.<\/p>\n<p>Mieux encore aujourd\u2019hui, cette invitation historique mettant \u00e0 l\u2019affiche la Callas et Noureev.<\/p>\n<p>Il y a d\u2019\u00e9tonnants points communs entre ces deux Noms. Stars mondiales dans leur art classique (le chant et la danse), ils ont r\u00e9volutionn\u00e9 la tradition chacun \u00e0 sa mani\u00e8re en vingt ans de carri\u00e8re. \u00c9trangers marqu\u00e9s par leurs racines (grecque et russe), ils ont v\u00e9cu et sont morts \u00e0 Paris presque au m\u00eame \u00e2ge (53 et 54 ans) apr\u00e8s une fin de vie dramatique et m\u00e9diatis\u00e9e. \u00c9galement adul\u00e9s et (plus rarement) siffl\u00e9s, jalous\u00e9s pour leur carri\u00e8re, contest\u00e9s pour leurs mani\u00e8res, dou\u00e9s du m\u00eame caract\u00e8re passionn\u00e9, forcen\u00e9s de travail, ils ont d\u00e9fray\u00e9 la chronique \u00ab\u00a0people\u00a0\u00bb, suscit\u00e9 l\u2019admiration de leurs pairs et marqu\u00e9 \u00e0 jamais l\u2019histoire du spectacle.<\/p>\n<p>Deux vid\u00e9os YouTube ressuscitent la Callas dans <em>Tosca<\/em> (en 1964) et Noureev dans <em>le Corsaire<\/em> (en 1963), deux r\u00f4les f\u00e9tiches pour ces artistes, deux classiques du r\u00e9pertoire, quatre minutes inoubliables\u00a0: les amateurs appr\u00e9cieront, les autres d\u00e9couvriront\u2026<\/p>\n<p><iframe title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/Nk5KrlxePzI\" width=\"560\" height=\"315\"><\/iframe><iframe title=\"YouTube video player\" src=\"https:\/\/www.youtube.com\/embed\/XV4mPXKueAI\" width=\"560\" height=\"315\"><\/iframe><\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/callas_1.jpg\" width=\"220\" height=\"353\"><\/p>\n<h3>Maria Callas (1923-1977)<\/h3>\n<h4>La Voix du si\u00e8cle, la Diva assoluta qui a r\u00e9volutionn\u00e9 l\u2019op\u00e9ra par son jeu dramatique et d\u00e9cha\u00een\u00e9 les passions \u00e0 la ville comme \u00e0 la sc\u00e8ne.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je voudrais \u00eatre Maria, mais il y a La Callas qui exige que je me porte avec sa dignit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Maria <span class=\"caps\">CALLAS<\/span> (1923-1977), citation non sourc\u00e9e, sans soute apocryphe<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce mot r\u00e9sume le drame de toutes les stars, mais avec ce personnage hors norme au destin exceptionnel, cela prendra des allures de trag\u00e9die grecque.<\/p>\n<p>Cantatrice d\u2019origine grecque, Sophia Cecelia Kaloyeropoulos, dite Maria Callas, surnomm\u00e9e \u00ab\u00a0la Bible de l\u2019op\u00e9ra\u00a0\u00bb par Leonard Bernstein (compositeur de <em>West Side Story<\/em> et chef d\u2019orchestre \u00e9clectique) a boulevers\u00e9 en vingt ans de carri\u00e8re l\u2019art lyrique du <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle\u00a0: par sa voix unique en son genre, v\u00e9ritable signature vocale, et par son jeu, sa pr\u00e9sence sc\u00e9nique dont il reste peu d\u2019enregistrements visibles.<\/p>\n<p>Elle garde un souvenir douloureux de son enfance modeste \u00e0 New York, dans une cit\u00e9 durablement affect\u00e9e par la grande crise de 1929. Sa m\u00e8re a vite compris son don inn\u00e9 pour le chant et s\u2019improvise impresario \u2013 c\u2019est l\u2019\u00e9poque des enfants stars, Shirley Temple, Judy Garland\u2026 Elle lui fait r\u00e9p\u00e9ter inlassablement ses chansons et la pousse \u00e0 se produire, gamine pomponn\u00e9e, v\u00eatue de robes \u00e0 volants et suppos\u00e9e \u00eatre une enfant prodige\u2026 Maria restera marqu\u00e9e \u00e0 vie\u00a0 par cette enfance.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma s\u0153ur \u00e9tait mince, belle et attirante si bien que ma m\u00e8re l\u2019a toujours pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e \u00e0 moi. J\u2019\u00e9tais un vilain petit canard, grosse, maladroite et mal-aim\u00e9e. Il est cruel pour un enfant de ressentir qu\u2019il est laid et non d\u00e9sir\u00e9\u2026 Pendant toutes les ann\u00e9es o\u00f9 j\u2019aurais d\u00fb jouer et grandir, je chantais ou gagnais de l\u2019argent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Maria <span class=\"caps\">CALLAS<\/span> (1923-1977), \u00ab\u00a0The Prima Donna\u00a0\u00bb in <em>Time Magazine<\/em>, 29 octobre 1956<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Petite fille ronde et tr\u00e8s myope, elle se persuade que sa m\u00e8re pr\u00e9f\u00e8re sa grande s\u0153ur, Jackie. \u00c0 tort et\/ou \u00e0 raison, elle \u00e9prouve une haine qui ne fera que cro\u00eetre, publiquement d\u00e9nonc\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne lui pardonnerai jamais de m\u2019avoir vol\u00e9 mon enfance. J\u2019avais toutes les bont\u00e9s pour elle et tout ce qu\u2019elle me rendait \u00e9tait du mal\u2026\u00a0\u00bb Mais le chant va faire miracle, quand ses parents divorcent. D\u2019o\u00f9 le retour en Gr\u00e8ce de sa m\u00e8re avec ses deux filles et l\u2019entr\u00e9e au Conservatoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand je chantais, je sentais que j\u2019\u00e9tais vraiment aim\u00e9e. Alors chanter est progressivement devenu le rem\u00e8de \u00e0 mon complexe d\u2019inf\u00e9riorit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Maria <span class=\"caps\">CALLAS<\/span> (1923-1977), \u00ab\u00a0The Prima Donna\u00a0\u00bb in <em>Time Magazine<\/em>, 29 octobre 1956<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c2g\u00e9e de 13 ans, trop jeune pour aborder le r\u00e9pertoire lyrique, elle travaille quand m\u00eame en cours priv\u00e9s pendant deux ans avec Maria Trivella, son premier professeur qui dirige le nouveau Conservatoire national \u00e0 Ath\u00e8nes et d\u00e9couvre cette chanteuse d\u00e9j\u00e0 unique en son genre\u00a0: \u00ab\u00a0Fanatique, exigeante avec elle-m\u00eame, d\u00e9vou\u00e9e \u00e0 ses \u00e9tudes corps et \u00e2me. Ses progr\u00e8s \u00e9taient ph\u00e9nom\u00e9naux. Elle travaillait cinq \u00e0 six heures par jour\u2026 En six mois, elle \u00e9tait capable de chanter les arias les plus difficiles du r\u00e9pertoire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Maria int\u00e8gre enfin le Conservatoire dans la classe r\u00e9put\u00e9e de la maestria Elvira de Hidalgo, s\u00e9duite \u00e0 son tour par ce ph\u00e9nom\u00e8ne vocal et sa capacit\u00e9 \u00e0 apprendre. Elle peut d\u00e9sormais chanter \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra d\u2019Ath\u00e8nes\u00a0: des seconds r\u00f4les qui lui permettent de subvenir aux besoins de sa famille pendant la guerre, la Gr\u00e8ce \u00e9tant occup\u00e9e \u00e0 la fois par les Italiens et les Allemands.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la lib\u00e9ration, elle donne des r\u00e9citals dans tout le pays, mais sa m\u00e8re est soup\u00e7onn\u00e9e de collaboration avec l\u2019occupant, elle-m\u00eame \u00e9tant accus\u00e9e d\u2019avoir trop chant\u00e9 pour l\u2019ennemi et plus encore\u2026 Elle rompt avec sa m\u00e8re, repart \u00e0 New-York pour retrouver son p\u00e8re, tente sa chance aupr\u00e8s de la direction du <span class=\"caps\">MET<\/span> (<em>Metropolitan Opera<\/em>, la plus grande salle au monde), rencontre des producteurs de spectacles \u00e0 fuir\u2026 Elle fuit et part en Italie, pays du bel canto.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elle \u00e9tait si \u00e9tonnante, si imposante physiquement et moralement, si certaine de son avenir. Je savais que cette fille, dans un th\u00e9\u00e2tre en plein air comme V\u00e9rone, avec sa voix puissante et son courage, ferait un effet d\u00e9mentiel.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Tullio <span class=\"caps\">SERAFIN<\/span> (1878-1968), <em>Callas\u00a0: The Art and the Life<\/em> (1974), John Ardoin, Gerald Fitzgerald<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est en Italie, \u00e0 V\u00e9rone en 1947, que la jeune chanteuse va d\u00e9crocher son premier r\u00f4le-titre,<em> La Gioconda<\/em>\u00a0dans l\u2019op\u00e9ra de\u00a0Ponchielli. \u00c0 peine l\u2019a-t-il vue et entendue, le grand chef d\u2019orchestre italien l\u2019engage aussit\u00f4t.<\/p>\n<p>Interview\u00e9e en 1968, Callas reconnaitra que son travail sous la direction de Serafin a \u00e9t\u00e9 la chance de sa vie\u00a0: \u00ab\u00a0Il m\u2019a enseign\u00e9 qu\u2019il doit y avoir une formulation\u00a0; qu\u2019il doit y avoir une justification. Il m\u2019a enseign\u00e9 le sens profond de la musique, la justification de la musique. J\u2019ai r\u00e9ellement, v\u00e9ritablement absorb\u00e9 tout ce que je pouvais de cet homme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Autre chance, sa rencontre \u00e0 V\u00e9rone avec le premier homme de sa vie, son \u00ab\u00a0Tita\u00a0\u00bb dont elle dira toujours l\u2019extr\u00eame g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9. Giovanni Battista Meneghini, de vingt-huit ans son a\u00een\u00e9, riche industriel et amateur d\u2019op\u00e9ra, prend sa carri\u00e8re en main. Elle l\u2019\u00e9pouse le 21 avril 1949 \u00e0 V\u00e9rone et s\u2019appellera d\u00e9sormais Maria Meneghini Callas, jusqu\u2019\u00e0 leur divorce en 1959 \u2013 elle vit alors avec le second homme de sa vie, le grec Onassis.<\/p>\n<p>Meneghini est son mentor, son p\u00e8re de substitution et son impresario, il g\u00e8re sa carri\u00e8re lyrique en homme d\u2019affaires et son apparence physique en homme de go\u00fbt. La Diva n\u2019a plus qu\u2019\u00e0 chanter\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0N\u2019importe quelle cantatrice aurait cr\u00e9\u00e9 la surprise en interpr\u00e9tant un r\u00f4le aussi diff\u00e9rent vocalement que la Brunehilde de Wagner et l\u2019Elvira de Bellini dans une m\u00eame carri\u00e8re mais essayer (et r\u00e9ussir) de faire les deux dans la m\u00eame saison ressemble fort \u00e0 la \u2018folie des grandeurs\u2019.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel <span class=\"caps\">GLOTZ<\/span> (1931-2010), cit\u00e9 par Alain Lompech, \u00ab\u00a0Michel Glotz, agent artistique\u00a0\u00bb,<em> Le Monde<\/em>,\u200e 19 f\u00e9vrier 2010<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Janvier 1949. Nouvelle chance offerte par Serafin \u00e0 Maria Callas. Elle chante La Walkyrie de Wagner \u00e0 la Fenice de Venise, quand Margherita Carosio, interpr\u00e8te d\u2019Elvira, r\u00f4le principal des Puritains de Bellini, tombe malade.<\/p>\n<p>Incapable de trouver une rempla\u00e7ante, Serafin convoque Maria Callas et lui donne six jours pour apprendre le r\u00f4le. Callas alterne ainsi dans le m\u00eame mois un des r\u00f4les les plus lourds du r\u00e9pertoire wagn\u00e9rien et l\u2019un des plus brillants du bel canto italien, soumettant sa voix \u00e0 d\u2019\u00e9normes tensions, apparemment sans efforts.<\/p>\n<p>Critiques dithyrambiques\u00a0: \u00ab\u00a0M\u00eame le plus sceptique doit reconna\u00eetre que Maria Callas a accompli un miracle [\u2026] Souplesse de sa magnifique voix parfaitement \u00e9quilibr\u00e9e et ses splendides notes haut perch\u00e9es [\u2026] Interpr\u00e9tation d\u2019une humanit\u00e9, d\u2019une chaleur et d\u2019expression qu\u2019on chercherait vainement dans la froide expression d\u2019autres Elvira.\u00a0\u00bb Michel Glotz confirme\u00a0:\u00a0 \u00ab\u00a0De tous les nombreux r\u00f4les que Callas a chant\u00e9s, il est indubitable qu\u2019aucun n\u2019est plus brillant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette incursion dans le \u00ab\u00a0bel canto romantique\u00a0\u00bb infl\u00e9chit la carri\u00e8re de Callas qui va bient\u00f4t encha\u00eener tous les grands r\u00f4les du r\u00e9pertoire\u00a0: <em>Lucia di Lammermoor, La Traviata, La Sonnambula<\/em>. Elle fait une tourn\u00e9e triomphale en Am\u00e9rique du Sud, Buenos Aires en 1949, Mexico en 1950\/51\/52 \u2013 o\u00f9 elle fait venir sa m\u00e8re qui tente de s\u2019approprier sa gloire. Maria rompt d\u00e9finitivement avec elle, mais l\u2019histoire de cette haine n\u2019en finira jamais.<\/p>\n<p>La cantatrice \u00e9veille un regain d\u2019int\u00e9r\u00eat pour des op\u00e9ras longtemps n\u00e9glig\u00e9s de Bellini (<em>Norma<\/em>), Rossini (Semiramide, <em>la Cenerentola<\/em>), Donizetti\u00a0: en 1957, elle chante \u00e0 la Scala le r\u00f4le-titre d\u2019<em>Anna Bolena<\/em>. Triomphe sans pr\u00e9c\u00e9dent et v\u00e9ritable renaissance pour ce compositeur.<\/p>\n<p>Ainsi peut-elle \u00ab\u00a0tout chanter, tout jouer\u00a0\u00bb. Comme un coureur s\u2019alignant sur le 100m, le 400m et le marathon. C\u2019est le m\u00eame exploit physique inimaginable. La Callas donne une explication toute simple de son jeu \u2013 la voix suivant ensuite la musique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Lorsqu\u2019un chanteur a besoin de trouver l\u2019expression gestuelle qui convient, lorsqu\u2019il cherche comment il doit se comporter sur sc\u00e8ne, tout ce qu\u2019il doit faire est d\u2019\u00e9couter la musique. Le compositeur y a d\u00e9j\u00e0 pourvu. Lorsque vous avez pris la peine d\u2019\u00e9couter avec votre \u00e2me et vos oreilles \u2014 je dis \u2018\u2018\u00e2me\u2019\u2019 et \u2018\u2018oreilles\u2019\u2019, le c\u00e9r\u00e9bral aussi doit fonctionner, mais pas trop \u2014 vous y trouverez la gestuelle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Maria <span class=\"caps\">CALLAS<\/span> (1923-1977), Entretien avec James Fleetwood, les 13 et 27 mars 1958 \u00e0 New York, <em>The Callas \u00c9dition<\/em>, 1998<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sa voix lyrique et son jeu dramatique \u2013 en cela, elle est unique. D\u2019o\u00f9 cette carri\u00e8re unique en son genre.<\/p>\n<p>En une d\u00e9cennie magnifique, Maria Callas conquiert le monde de l\u2019op\u00e9ra et s\u2019impose dans les plus grandes salles, \u00e0 commencer par la Scala de Milan, temple du bel canto.<\/p>\n<p>Elle y chante pour remplacer au pied lev\u00e9 (une fois encore) la soprano Renata Tebaldi dans le r\u00f4le-titre d\u2019<em>Aida<\/em> de Verdi, en 1950. Le public manque d\u2019enthousiasme, les critiques sont mauvaises, sa voix est jug\u00e9e in\u00e9gale, forc\u00e9e. L\u2019ann\u00e9e suivante, elle fait ses d\u00e9buts officiels en ouvrant la saison, le 5 d\u00e9cembre 1951. C\u2019est un triomphe. Jusqu\u2019\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1950, la Diva r\u00e8gne sur la Scala. L\u2019illustre maison monte de nouvelles productions sp\u00e9cialement pour la cantatrice avec des r\u00e9alisateurs ou des personnalit\u00e9s prestigieuses du monde de la musique\u00a0: Herbert von Karajan, Carlo Maria Giulini, Luchino Visconti, Franco Zeffirelli entre autres. Remarquons au passage la pseudo-rivalit\u00e9 entre Callas et Tebaldi. Elles \u00e9taient amies et la Tebaldi a reconnu sa sup\u00e9riorit\u00e9. Mais chacune avait ses fans et la musicalit\u00e9 parfaite de la diva italienne reste sans \u00e9gale.<\/p>\n<p>En 1952, Callas chante <em>Norma<\/em> au Royal Opera House de Londres (<em>Covent Garden<\/em>). C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une \u00ab\u00a0une longue histoire d\u2019amour\u00a0\u00bb. Elle revient r\u00e9guli\u00e8rement devant \u00ab\u00a0son parterre\u00a0\u00bb et elle y fera ses adieux \u00e0 la sc\u00e8ne le 5 juillet 1965 dans la Tosca, mise en sc\u00e8ne par Franco Zeffirelli, avec son vieil ami Tito Gobbi dans le r\u00f4le du terrible Scarpia.<\/p>\n<p>Elle fait naturellement la conqu\u00eate des Am\u00e9riques, mais plus tardivement du <span class=\"caps\">MET<\/span> de New York pour des raisons extra-artistiques. M\u00eame remarque pour l\u2019Op\u00e9ra Garnier de Paris o\u00f9 elle vit \u00e0 partir de 1961. Elle y chante pour la premi\u00e8re fois en 1964, le 22 mai, dans <em>Norma<\/em>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne suis pas un ange et ne pr\u00e9tends pas l\u2019\u00eatre. Ce n\u2019est pas l\u2019un de mes r\u00f4les. Mais je ne suis pas non plus un d\u00e9mon. Je suis une femme et une artiste s\u00e9rieuse et j\u2019aimerais tellement \u00eatre jug\u00e9e pour \u00e7a.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Maria <span class=\"caps\">CALLAS<\/span> (1923-1977), <em>Lettres <span class=\"amp\">&amp;<\/span> M\u00e9moires<\/em>, Textes \u00e9tablis et traduits par Tom Wolf (2019)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son caract\u00e8re, ses caprices et ses scandales sont presque aussi c\u00e9l\u00e8bres que ses prouesses vocales \u2013 cela fait vendre \u00ab\u00a0du papier\u00a0\u00bb et des places. Dans cette histoire aux multiples rebondissements, impossible de d\u00e9m\u00ealer le vrai du faux, et surtout de faire la part chez Callas d\u2019une exigence professionnelle \u00e0 la d\u00e9mesure de son g\u00e9nie propre\u00a0: \u00ab\u00a0Un op\u00e9ra commence bien avant que le rideau ne se l\u00e8ve et se termine longtemps apr\u00e8s sa chute. \u00c7a commence dans mon imagination, \u00e7a devient ma vie et \u00e7a reste une partie de ma vie bien apr\u00e8s mon d\u00e9part de l\u2019op\u00e9ra.\u00a0\u00bb L\u2019investissement humain est total. \u00ab\u00a0Je me pr\u00e9pare pour les r\u00e9p\u00e9titions comme je le ferais pour le mariage.\u00a0\u00bb Elle dit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsque le rideau se l\u00e8ve, la seule chose qui parle est le courage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Autre d\u00e9bat qui ne cessera d\u2019agiter le monde de l\u2019op\u00e9ra\u00a0et dont elle est naturellement consciente\u00a0: sa voix.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Certains disent que j\u2019ai une voix magnifique, d\u2019autres disent le contraire. C\u2019est une question d\u2019opinion. Tout ce que je peux dire est que ceux qui ne l\u2019aiment pas n\u2019ont qu\u2019\u00e0 ne pas m\u2019\u00e9couter.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Maria <span class=\"caps\">CALLAS<\/span> (1923-1977), Interview t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e accord\u00e9e \u00e0 Norman Ross, Chicago, 1957<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On ne saurait \u00eatre plus franche. Mais il faut citer l\u00e0 encore les avis des professionnels qui ont travaill\u00e9 avec elle pour mieux comprendre le ph\u00e9nom\u00e8ne.<\/p>\n<p>Elle se consid\u00e9rait avant tout comme \u00ab\u00a0le premier instrument de l\u2019orchestre\u00a0\u00bb. Le chef Victor de Sabata confie au critique Walter Legge\u00a0: \u00ab\u00a0Si le public pouvait comprendre comme nous le faisons nous-m\u00eames, combien le chant de Callas est absolu et profond, il serait stup\u00e9fait. Callas poss\u00e8de un sens inn\u00e9 de l\u2019architecture et des contours de la musique ainsi qu\u2019un myst\u00e9rieux sens du rythme qu\u2019un de ses coll\u00e8gues d\u00e9crit comme \u00ab\u00a0un sens du rythme dans le rythme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sa voix est un instrument extr\u00eamement sp\u00e9cial. Il arrive que la premi\u00e8re fois o\u00f9 vous \u00e9coutez le son d\u2019un instrument \u00e0 cordes \u2013 violon, viole, violoncelle \u2013 votre premi\u00e8re sensation soit quelque peu \u00e9trange. Au bout de quelques minutes, lorsque vous vous y \u00eates habitu\u00e9, le son acquiert des qualit\u00e9s magiques. J\u2019ai d\u00e9fini Callas.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Carlo Maria <span class=\"caps\">GIULINI<\/span> (1914-2005), <em>Callas\u00a0: A Documentary\u00a0<\/em>(documentaire <span class=\"caps\">TV<\/span> de 1978), John Ardoin, Franco Zeffirelli<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chef d\u2019orchestre attitr\u00e9 de la Scala (entre autres sc\u00e8nes lyriques et festivals illustres), il dirigea en 1955 la s\u00e9rie de repr\u00e9sentations de <em>La Traviata<\/em> de Verdi, mise en sc\u00e8ne de Luchino Visconti, production devenue mythique avec une Callas longiligne, \u00e9blouissante de beaut\u00e9, au summum de son art \u2013 il est impensable qu\u2019un tournage n\u2019en garde pas la trace, outre l\u2019enregistrement\u2026 et les photos.<\/p>\n<p>Au plan strictement vocal, la Diva est la r\u00e9incarnation de la \u00ab\u00a0soprano sfogato\u00a0\u00bb (soprano \u00ab\u00a0sans limites\u00a0\u00bb) du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle telles que l\u2019\u00e9taient Maria Malibran et Giuditta Pasta. En fait, une mezzo-soprano dont le registre a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendu par le travail et la volont\u00e9. Au final, une voix \u00e0 laquelle il manque homog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et r\u00e9gularit\u00e9 si pr\u00e9cieuses dans le chant. Maria Callas en \u00e9tait naturellement consciente, mais elle avait un autre atout magique pour pallier ses imperfections.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En \u00e9change du manque de beaut\u00e9 \u00ab\u00a0classique\u00a0\u00bb, Callas \u00e9tait capable de moduler le timbre et la couleur de sa voix pour la rendre plus proche du personnage qu\u2019elle interpr\u00e9tait. Elle donnait \u00e0 chacun sa propre individualit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">John <span class=\"caps\">ARDOIN<\/span> (1935-2001),\u00a0<em>The Callas Legacy<\/em> (1991)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole d\u2019un critique musical am\u00e9ricain en relation avec le <span class=\"caps\">MET<\/span> qui n\u2019a jamais \u00ab\u00a0fait de cadeau\u00a0\u00bb \u00e0 la Diva, mais le public l\u2019a ovationn\u00e9e le temps venu dans ses grands r\u00f4les comme <em>Tosca<\/em> et <em>Norma<\/em>.<\/p>\n<p>Au final, ce qui fait d\u2019elle un ph\u00e9nom\u00e8ne, une Diva de l\u2019op\u00e9ra, c\u2019est sa capacit\u00e9 \u00e0 tout chanter. Elle sait user de la puissance dramatique de ses sons graves comme de l\u2019\u00e9clat de ses notes aigu\u00ebs. Un registre \u00e9tendu de pr\u00e8s de trois octaves (de Lakm\u00e9 \u00e0 Carmen), alli\u00e9 \u00e0 sa grande virtuosit\u00e9, avec un phras\u00e9 unique et son talent de trag\u00e9dienne lui permettant d\u2019incarner ses personnages avec la plus grande intensit\u00e9 dramatique (Lucia, M\u00e9d\u00e9e, Norma, Tosca, Violetta).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai d\u2019abord perdu du poids, puis j\u2019ai perdu ma voix et maintenant j\u2019ai perdu Onassis.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Maria <span class=\"caps\">CALLAS<\/span> (1923-1977), <em>Maria Callas, l\u2019ultime tourn\u00e9e<\/em> (2017), Robert Sutherland<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sa voix\u00a0? Apr\u00e8s 1965, la Callas ne se produit plus \u00e0 l\u2019op\u00e9ra. Il y aura une derni\u00e8re tourn\u00e9e en 1973 avec son partenaire de longue date (et nouvel amant) Giuseppe di Stefano. Sa pr\u00e9sence sc\u00e9nique fascine toujours le public, mais sa voix n\u2019est plus au rendez-vous. Elle en est douloureusement consciente. Diverses raisons possibles, \u00e0 commencer par les efforts incessants demand\u00e9s \u00e0 ses cordes vocales. On a aussi parl\u00e9 de sa perte de poids \u2013 c\u2019est faux, elle a parfaitement chant\u00e9 pendant deux saisons avec sa nouvelle silhouette.<\/p>\n<p>Son poids\u00a0? Plus de 92 kg en 1952 et \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e 1954, trente kilos en moins gr\u00e2ce \u00e0 un r\u00e9gime dont on a tout dit (jusqu\u2019\u00e0 la contraction volontaire d\u2019un t\u00e9nia\u00a0!) En tout cas, sa volont\u00e9 \u00e9tait quasiment sans limite. Elle est pass\u00e9e du statut de \u00ab\u00a0paysanne endimanch\u00e9e\u00a0\u00bb (selon sa couturi\u00e8re) au titre de \u00ab\u00a0femme la plus \u00e9l\u00e9gante du monde\u00a0\u00bb en 1957, d\u00e9sormais habill\u00e9e par les grands couturier, passant \u00e0 la rubrique \u00ab\u00a0people\u00a0\u00bb apr\u00e8s sa rencontre avec l\u2019armateur grec milliardaire et s\u00e9ducteur.<\/p>\n<p>Aristote Onassis\u00a0? Premi\u00e8re rencontre le 3 septembre 1957 \u00e0 Venise, au bar de l\u2019h\u00f4tel Danieli. Il a 53 ans, un empire d\u2019armateur grec et une tr\u00e8s jeune \u00e9pouse, Tina. Maria a 33 ans, le monde \u00e0 ses pieds et un vieux manager de mari, Meneghini. Elle est subjugu\u00e9e par cette force de vie. Elle devient sa ma\u00eetresse dans la nuit du 6 au 7 ao\u00fbt 1959, \u00e0 bord de son yacht le Christina. Elle est pr\u00eate \u00e0 tout abandonner pour cette nouvelle passion. Mais lui \u00e9tait surtout attir\u00e9 par la Diva\u2026 En 1961, elle quitte Monte-Carlo pour s\u2019installer \u00e0 Paris, dans l\u2019appartement du 44 avenue Foch achet\u00e9 par Onassis. Elle passe son temps \u00e0 l\u2019attendre\u2026 C\u2019est une autre c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, Jackie Kennedy, la jolie veuve du pr\u00e9sident Kennedy, qu\u2019il va \u00e9pouser en 1968 apr\u00e8s avoir humili\u00e9 Maria de toutes les mani\u00e8res. Mais elle est presque seule au chevet du mourant, le 15 mars 1975 \u00e0 l\u2019H\u00f4pital am\u00e9ricain de Neuilly.<\/p>\n<p>La fin de sa vie parisienne (au 36 avenue Georges Mandel dans le 16ee arrondissement) est solitaire et triste \u00e0 mourir. Elle \u00e9coute sa voix perdue sur ses vieux enregistrements, elle prom\u00e8ne ses caniches, elle re\u00e7oit de tr\u00e8s rares amis, elle fait une tentative de suicide aux somnif\u00e8res, elle use et abuse de m\u00e9dicaments et meurt (sans doute) d\u2019une embolie pulmonaire le 16 septembre 1977, \u00e0 l\u2019\u00e2ge de 53 ans.<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/noureev.jpg\" width=\"750\" height=\"450\"><\/p>\n<h3>Rudolf Noureev (1938-1993)<\/h3>\n<h4>\u00ab\u00a0Seigneur de la danse\u00a0\u00bb, \u00e9toile du ballet classique, il bouleverse les codes, s\u2019impose au Covent Garden de Londres, r\u00e9volutionne l\u2019Op\u00e9ra de Paris, affiche sa libert\u00e9\u00a0 et finit victime des \u00ab\u00a0ann\u00e9es Sida\u00a0\u00bb.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Du fauve, il avait le regard br\u00fblant et les mouvements aussi. Puissant et fr\u00e9missant, le prince tatar, le seigneur de la danse qui a fui les communistes, Rudolf Noureev est mort \u00e0 Paris. Il n\u2019avait que 54 ans.\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Christine <span class=\"caps\">OCKRENT<\/span> (n\u00e9e en 1944), pr\u00e9sentatrice du <span class=\"caps\">JT<\/span> de France 3, 6 janvier 1993<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Invit\u00e9 sur le plateau, directeur de l\u2019Op\u00e9ra national de Paris, Pierre Berg\u00e9 t\u00e9moigne\u00a0: \u00ab\u00a0Il \u00e9tait danseur comme les autres. C\u2019est formidable d\u2019avoir 19 sur 20. C\u2019est tr\u00e8s rare d\u2019avoir 20 sur 20. Mais d\u2019avoir 21 sur 20, c\u2019est encore beaucoup plus rare. Et \u00e7a, c\u2019\u00e9tait le cas de Noureev.\u00a0\u00bb Cas absolument hors norme, une \u00e9vidence. Comme Kylian Mbapp\u00e9\u00a0aujourd\u2019hui\u00a0: pas besoin d\u2019\u00eatre fan de foot ni m\u00eame amateur, \u00e7a cr\u00e8ve les yeux et les \u00e9crans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout le monde aimerait \u00eatre le plus grand, mais Dieu ne peut pas accorder cet honneur \u00e0 tout le monde.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993), <em>La mosca al naso. About Rudolf Nureyev<\/em> (1980) Roberto Gervaso<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ego affirm\u00e9, tr\u00e8s t\u00f4t remarqu\u00e9 dans cette Russie encore sovi\u00e9tique et ce monde de la danse classique aux r\u00e8gles quasi-militaire. Il eut tr\u00e8s vite conscience de son destin, avec une spiritualit\u00e9 slavissime et une conscience professionnelle extr\u00eame. La passion l\u2019animera \u00e0 chaque instant et jusqu\u2019\u00e0 la fin.<\/p>\n<p>17 mars 1938. Naissance de Rudolf, quatri\u00e8me enfant et seul fils de Hamet et Farida Noureev, \u00e0 bord du Transsib\u00e9rien, dans la r\u00e9gion du lac Ba\u00efkal. Il passe son enfance et sa jeunesse \u00e0 Oufa, capitale de la R\u00e9publique sovi\u00e9tique de Bachkirie. Ses parents sont des tatares musulmans. Contre l\u2019avis paternel, il pratique la danse folklorique et prend des cours de danse classique au th\u00e9\u00e2tre d\u2019Oufa.<\/p>\n<p>24 ao\u00fbt 1955. Il passe l\u2019examen d\u2019entr\u00e9e \u00e0 la prestigieuse \u00c9cole de danse Vaganova de Leningrad \u00e0 17 ans, d\u00e9j\u00e0 remarqu\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Soit vous serez un danseur extraordinaire, soit le mod\u00e8le des rat\u00e9s, et plus probablement le mod\u00e8le des rat\u00e9s.\u00a0\u00bb Trois ans apr\u00e8s, pour le spectacle de fin d\u2019\u00e9tudes de l\u2019\u00c9cole, il danse <em>Le Corsaire<\/em>. Premi\u00e8res ovations. Il entre directement comme soliste dans la compagnie de Ballet du Th\u00e9\u00e2tre du Kirov (ex-Th\u00e9\u00e2tre Mariinsky), premi\u00e8re compagnie de danse de l\u2019<span class=\"caps\">URSS<\/span>.<\/p>\n<p>28 octobre 1958. Il d\u00e9bute au Kirov dans le pas de trois du<em> Lac des cygnes<\/em>. Au fil de ses apparitions, Rudolf Noureev devient une des idoles du public.<\/p>\n<p>19 mai 1961 Tourn\u00e9e du Ballet du Kirov \u00e0 Paris. Le succ\u00e8s de Noureev est foudroyant d\u00e8s sa premi\u00e8re apparition sur la sc\u00e8ne du Palais Garnier dans <em>La Bayad\u00e8re.<\/em> Il d\u00e9couvre la vie parisienne et surtout les nuits de folle libert\u00e9. Le 16 juin, il demande le droit d\u2019asile \u00e0 l\u2019a\u00e9roport du Bourget, alors qu\u2019il doit embarquer \u00e0 bord d\u2019un avion qui le ram\u00e8nera en <span class=\"caps\">URSS<\/span>.<\/p>\n<p>Fortement m\u00e9diatis\u00e9e, la d\u00e9fection du danseur transfuge \u00e0 Paris est interpr\u00e9t\u00e9e comme un geste \u00ab\u00a0dissident\u00a0\u00bb, mais son choix de rester en Occident est plus artistique que politique. Cible du <span class=\"caps\">KGB<\/span>, l\u2019artiste est condamn\u00e9 dans son pays \u00e0 sept ans de prison pour \u00ab\u00a0acte de trahison\u00a0\u00bb. En Occident, il est engag\u00e9 le lendemain par les ballets du marquis de Cuevas \u00e0 Monte-Carlo. En f\u00e9vrier 1962, le prestigieux Royal Ballet de Londres l\u2019accueille en tant que \u00ab\u00a0soliste invit\u00e9\u00a0\u00bb.\u00a0 Le 21 f\u00e9vrier, il d\u00e9bute dans le Prince de <em>Giselle<\/em> avec Margot Fonteyn dans le r\u00f4le-titre.\u00a0 Ainsi d\u00e9bute la \u00ab\u00a0rudimania\u00a0\u00bb\u00a0 et un l\u00e9gendaire partenariat artistique de dix-sept ann\u00e9es avec cette \u00e9toile britannique de dix-neuf ans son a\u00een\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne formions qu\u2019un seul corps, une seule \u00e2me.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993),<em> Encyclop\u00e9die Universalis<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Leur compl\u00e9mentarit\u00e9 miraculeuse et leurs silhouettes harmonieuses cr\u00e9ent sur sc\u00e8ne l\u2019illusion d\u2019une osmose physique dont il joue aussi en chor\u00e9graphe. Le duo devient m\u00e9morable. Les 89 rappels \u00e0 la fin du <em>Lac des Cygnes \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra<\/em> de Vienne\u00a0 en 1964 figurent au <em>Guinness Book<\/em> des records, avec un timbre-poste autrichien \u00e0 leur effigie.<\/p>\n<p>Fonteyn et Noureev reprennent les grands ballets classiques au r\u00e9pertoire et cr\u00e9ent deux \u0153uvres n\u00e9o-classiques m\u00e9morables, <em>Marguerite et Armand<\/em> en 1963, leur ballet f\u00e9tiche en forme de long\u00a0 \u00ab\u00a0pas de deux\u00a0\u00bb\u00a0 (musique de Franz Liszt, chor\u00e9graphie de Frederick Ashton) et <em>Rom\u00e9o et Juliette<\/em> en 1965 (musique de Serge Prokofiev, chor\u00e9graphie de Kenneth Mac Millan). Suivront des ballets plus contemporains\u00a0: <em>Paradis perdu<\/em> en 1967 (musique de Marius Constant, chor\u00e9graphie de Roland Petit), <em>Lucifer<\/em> en 1975 (musique de Haline El-Dabh, chor\u00e9graphie de Martha Graham).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un pas de deux est un dialogue amoureux. Comment peut-il y avoir une conversation si l\u2019un des deux est muet\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993), <em>Encyclop\u00e9die Universalis<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Soucieux de mettre fin \u00e0 la primaut\u00e9 de la ballerine qui pr\u00e9vaut dans\u00a0 le grand r\u00e9pertoire romantique du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle et r\u00e9duit le danseur au r\u00f4le de \u00ab\u00a0porteur\u00a0\u00bb, Noureev place leur duo sur un strict pied d\u2019\u00e9galit\u00e9. C\u2019est peu dire que Margot Fonteyn accepte\u00a0: le g\u00e9nie de son partenaire cr\u00e8ve les yeux et remplit son c\u0153ur. La presse s\u2019en fait l\u2019\u00e9cho, sous le charme du couple et de l\u2019\u00e9mouvante compl\u00e9mentarit\u00e9 des deux artistes \u00e0 la sc\u00e8ne.<\/p>\n<p>Mais ils ne seront sans doute jamais amants \u00ab\u00a0\u00e0 la ville\u00a0\u00bb. Dame Margot Fonteyn (anoblie par la reine \u00c9lizabeth <span class=\"caps\">II<\/span> en 1956) est une femme mari\u00e9e, amoureuse et fid\u00e8le \u00e0 Roberto Arias (infirme \u00e0 la suite d\u2019un attentat politique), cependant que Noureev multiplie les conqu\u00eates toujours masculines, d\u00e9fiant les \u00ab\u00a0ann\u00e9es Sida\u00a0\u00bb qui feront des ravages dans les milieux artistiques.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tu vis parce que tu danses, tu danses aussi longtemps que tu vis\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0On vit parce qu\u2019on danse, on vit tant qu\u2019on danse.\u00a0\u00bb<br><em>\u201cYou live because you dance, you dance as long as you live.\u201d<\/em><\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993), \u00ab\u00a0Recurring Topics in Nureyev\u2019s Ballets\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e9lange d\u2019ego et de mysticisme, il fait de la danse sa religion. Il le prouvera jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame fin d\u2019une vie intense. M\u00eame sa vie priv\u00e9e fut tr\u00e8s vite plac\u00e9e sous le signe de la Danse \u2013 pass\u00e9 le choc de l\u2019Occident et la d\u00e9couverte d\u2019un monde o\u00f9 tout (lui) \u00e9tait permis.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La technique est ce sur quoi vous vous rabattez lorsque vous manquez d\u2019inspiration.\u00a0\u00bb<br><em>Technique is what you fall back on when you run out of inspiration.<\/em><\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993), \u00ab\u00a0Rudolf Nureyev\u2019s Technical Influence\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il parle en interpr\u00e8te et en chor\u00e9graphe, partenaire de travail impitoyable, aussi incroyablement exigeant pour les autres que pour lui \u2013 comme Maria Callas. Comme elle, il a pu \u00eatre d\u00e9test\u00e9 pour ses exigences ou ses caprices, mais il a su donner leur chance aux jeunes dont le talent et la personnalit\u00e9 semblaient d\u00e9j\u00e0 \u00e9vidents. Il le prouvera quand il aura tout pouvoir \u00e0 Paris, le temps d\u2019un septennat qui transforma non sans mal la grande maison.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour moi, la puret\u00e9 du mouvement ne suffisait pas. J\u2019avais besoin d\u2019expression, de plus d\u2019intensit\u00e9, de plus d\u2019esprit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993), \u00ab\u00a0Nureyev: A Life That Changed The Face Of Dance\u00a0\u00bb , Orlando Sentinel, 10 janviier 1993<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tous les grands artistes interpr\u00e8tes le pensent et le prouvent, instrumentistes et chefs d\u2019orchestre, chanteurs ou danseurs. C\u2019et pourquoi chaque interpr\u00e9tation diff\u00e8re, et m\u00eame chaque repr\u00e9sentation. Comme disait Sarah Bernhardt, premi\u00e8re star mondiale du th\u00e9\u00e2tre, \u00ab\u00a0le Dieu est l\ufffd\u00a0\u00bb\u2026 mais il est parfois absent. Tous les habitu\u00e9s du spectacle savent qu\u2019il y a des jours \u00ab\u00a0avec\u00a0\u00bb et des jours \u00ab\u00a0sans\u00a0\u00bb. Reste le miracle des enregistrements au <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle, t\u00e9moins pr\u00e9cieux. Noureev \u00ab\u00a0crevait l\u2019\u00e9cran\u00a0\u00bb et il le savait.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je pense que les danseurs ne sont pas pay\u00e9s pour ce qu\u2019ils font, mais pour la peur qu\u2019ils ressentent. Ce que vous faites n\u2019est probablement pas si difficile\u00a0: vous montez simplement sur sc\u00e8ne. C\u2019est cependant la peur qui vous pousse.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993), La Mosca al naso. About Rudolf Nureyev (1980) Roberto Gervaso<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9tonnant aveu. L\u2019\u00e9toile fut parfois siffl\u00e9e ou d\u00e9molie par la critique, mais jamais d\u00e9courag\u00e9e. Manuel Legris, nomm\u00e9 \u00e9toile du ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Paris par Noureev, le d\u00e9crit ainsi (documentaire <em>La Danse, le ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Paris<\/em>)\u00a0: \u00ab\u00a0Rudolf Noureev \u00e9tait un <span class=\"caps\">TGV<\/span>. Apr\u00e8s s\u2019\u00eatre fait huer, il a enfonc\u00e9 son b\u00e9ret et retravaill\u00e9.\u00a0\u00bb Infatigable, ind\u00e9courageable.<\/p>\n<p>Comme la Callas, il\u00a0 travaillera avec les plus prestigieux pour apprendre\u00a0: George Balanchine, Martha Graham, Maurice B\u00e9jart ou Jeremy Robbins entre autres. Il retrouvera Roland Petit pour <em>Le Jeune homme et la Mort<\/em>, dans\u00e9 avec sa femme\u00a0 Zizi Jeammaire\u00a0: inoubliable ballet sur un livret de Jean Cocteau, repris par les grands danseurs contemporains, \u00e0 commencer par Mikhail Baryshnikov, l\u2019autre \u00e9toile russe qui a choisi la libert\u00e9 avec la nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine.<\/p>\n<p>Noureev est aussi un chor\u00e9graphe, autrement dit un cr\u00e9ateur\u00a0 qui fera merveille en reprenant les chor\u00e9graphies g\u00e9niales, mais trop dat\u00e9es du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle de Marius Petipa, en Russie. Le\u00a0 27 novembre 1963, il remonte l\u2019acte des \u00ab\u00a0Ombres\u00a0\u00bb de La Bayad\u00e8re pour le Royal Ballet. Premier triomphe. Suivront tous ses grands ballets du r\u00e9pertoire\u00a0: <em>La Belle au bois dormant, Casse-Noisette, Don Quichotte, Le Lac des cygnes, Raymonda<\/em>. Ces mises en sc\u00e8ne redonnent vie \u00e0 ce r\u00e9pertoire \u2013 et une importance sc\u00e9nique \u00e0 tous les Princes, face aux ballerines.<\/p>\n<p>Sa carri\u00e8re est rapidement internationale. Il danse en \u00ab\u00a0\u00c9toile invit\u00e9e\u00a0\u00bb avec toutes les grandes compagnies de ballet en Europe et aux \u00c9tats-Unis, fantastique interpr\u00e8te des princes du r\u00e9pertoire comme des cr\u00e9ations de Frederick Ashton, Rudi Van Dantzig, Glen Tetley, Martha Graham ou Murray Louis.<\/p>\n<p>Mais au fur et \u00e0 mesure de sa carri\u00e8re, Noureev aime plus que tout diriger et tout contr\u00f4ler \u2013 ce que Maria Callas n\u2019a jamais pu faire, restant une interpr\u00e8te aux mains et parfois aux prises avec les chefs d\u2019orchestre ou les metteurs en sc\u00e8ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je serais pr\u00eat \u00e0 prendre le relais demain. Mais avant tout, tous les membres gras et paresseux de la troupe devaient \u00eatre expuls\u00e9s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993), \u00ab\u00a0Rudolf Nurejew\u00a0\u00bb,<em> Der Spiegel<\/em> (19 octobre 1980)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><em>\u201cI would be ready to take over tomorrow. But first of all, all fat and lazy members of the troupe would have to be thrown out.\u201d<\/em> C\u2019est clair.<\/p>\n<p>Mais qui \u00e9tait vis\u00e9 \u00e0 cette date\u00a0? Peut-\u00eatre la troupe parisienne. Il dansait au Palais Garnier et son nom circulait, il devait pourtant h\u00e9siter, \u00e9tant le danseur le plus pay\u00e9 au monde et le plus demand\u00e9, sachant aussi combien il serait expos\u00e9 \u00e0 la critique et envi\u00e9. Finalement, la tentation fut la plus forte, pour lui comme pour Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rudolf Noureev a rendu le Ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Paris sexy.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Benjamin <span class=\"caps\">MILLEPIED<\/span>, (n\u00e9 en 1977), \u00ab\u00a0Le pari de St\u00e9phane Lissner\u00a0\u00bb, <em>Paris Match<\/em>, 26 janvier 2013<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>1er septembre 1983, Noureev est nomm\u00e9 Directeur de la Danse \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra de Paris par Jack Lang, ministre inspir\u00e9 depuis 1981 et les ann\u00e9es Mitterrand qui consacrent le fameux 1% au budget de la Culture.<\/p>\n<p>Noureev \u00e9largit le r\u00e9pertoire, avec des reconstitutions de l\u2019\u00e9poque baroque ou pr\u00e9romantique et des commandes aux jeunes chor\u00e9graphes de la danse contemporaine. Il am\u00e9liore les conditions de travail des danseurs en faisant construire de nouveaux studios de r\u00e9p\u00e9tition. Il leur permet d\u2019exp\u00e9rimenter de nombreux styles\u00a0: grands classiques (pas toujours bien repr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 Paris), reprises et reconstitutions d\u2019\u0153uvres fran\u00e7aises historiques (les mises en sc\u00e8ne de Marius Petitpa qu\u2019il admire), sans oublier les meilleurs ballets de notre \u00e9poque et les cr\u00e9ations. Mais p\u00e9tri de la Tradition russe et europ\u00e9enne, il ne c\u00e8de pas \u00e0 la tentation du moderne \u00e0 tout prix.<\/p>\n<p>Il stimule les danseurs \u00e0 qui il donne leur chance tr\u00e8s t\u00f4t, d\u00e8s la sortie de l\u2019\u00e9cole. Les r\u00e9actions des danseurs fran\u00e7ais d\u00e9crivant l\u2019arriv\u00e9e de Noureev rejoignent celles de David Wall du <em>Royal Ballet<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Une inspiration incroyable\u2026 il rendait le travail si int\u00e9ressant et si \u00e9panouissant\u2026 Il aidait toujours les danseurs qui le lui demandaient et j\u2019avais le sentiment que je pouvais toujours aller le consulter pour n\u2019importe quel probl\u00e8me professionnel en \u00e9tant certain qu\u2019il me r\u00e9pondrait en toute honn\u00eatet\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Il bouscule la hi\u00e9rarchie du corps de ballet en distribuant dans les r\u00f4les de solistes les jeunes espoirs de la Maison. Il nommera cinq \u00e9toiles dans leur vingti\u00e8me ann\u00e9e, les \u00ab\u00a0b\u00e9b\u00e9s\u00a0\u00bb Noureev qui feront tous une grande carri\u00e8re. \u00c0 commencer par Sylvie Guillem, la star qui lui ressemble \u00e0 divers titres et qu\u2019il prendra comme partenaire (apr\u00e8s Margot Fonteyn). Selon Pierre Lacotte (professeur et chor\u00e9graphe) sur sc\u00e8ne \u00ab\u00a0ces deux sont une personne\u00a0\u00bb. Ils danseront ensemble m\u00eame quand elle aura quitt\u00e9 le ballet de l\u2019Op\u00e9ra de Paris pour rejoindre le <em>Royal Ballet<\/em> et m\u00eame quand le sida contract\u00e9 en 1984 marquera le corps du danseur. Autres \u00e9toiles \u00ab\u00a0de\u00a0\u00bb Noureev, Isabelle Gu\u00e9rin et\u00a0 \u00c9lisabeth Maurin, Laurent Hilaire et Manuel Legris.<\/p>\n<p>Il augmente le nombre de repr\u00e9sentations, il multiplie les tourn\u00e9es\u00a0 \u2013 la vie d\u2019un danseur (classique) est si br\u00e8ve, vingt ans au plus\u00a0!\u00a0 Noureev mondialement connu porte le prestige de l\u2019Op\u00e9ra de Paris sur les sc\u00e8nes internationales, emmenant la troupe trois fois de suite aux \u00c9tats-Unis (1986, 1987, 1988) apr\u00e8s une absence fran\u00e7aise de plus de trente ans, la faisant aussi participer aux festivals de Venise, Vienne, Ath\u00e8nes et Avignon. Et surtout, il maintient la compagnie \u00e0 son plus haut niveau d\u2019exigence.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019essentiel est de danser, et tant que la danse ne dispara\u00eetra pas de mon corps, je continuerai \u00e0 danser jusqu\u2019au dernier moment, jusqu\u2019\u00e0 la derni\u00e8re goutte.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Rudolf <span class=\"caps\">NOUREEV<\/span> (1938-1993), \u00ab\u00a0Rudolf Nureyev, Charismatic Dancer Who Gave Fire to Ballet\u2019s Image, Dies at 54\u00a0\u00bb,<em> The New York Times<\/em> (7 January 1993)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En 1988, lors de la repr\u00e9sentation de <em>La Sylphide<\/em> \u00e0 La Scala de Milan, les premi\u00e8res voix critiques, les doutes et les ragots se font entendre sur la forme de plus en plus d\u00e9cevante du danseur. Il nie l\u2019\u00e9vidence depuis quatre ans, il travaille, il danse comme si de rien n\u2019\u00e9tait.<\/p>\n<p>Fin 1989, apr\u00e8s de nombreuses demandes, il obtient du pr\u00e9sident Gorbatchev un visa de quarante-huit heures \u00e0 Leningrad (Saint-P\u00e9tersbourg) pour voir sa m\u00e8re mourante. De ce voyage \u00e9prouvant et bouleversant, il rapporte la photocopie de la partition compl\u00e8te de <em>La Bayad\u00e8re<\/em> de Minkus, avec l\u2019intention de le remonter d\u2019apr\u00e8s les notes originales de Petipa. Il faut travailler encore et toujours.<\/p>\n<p>En 1990, la maladie est \u00e9vidente, il se bat courageusement, il ne danse plus, mais il sourit toujours, il tente plusieurs traitements exp\u00e9rimentaux incapables de ralentir la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence de son corps. Il appara\u00eet amaigri, peinant \u00e0 se d\u00e9placer.<\/p>\n<p>Son courage suscite d\u00e9sormais l\u2019admiration de ses d\u00e9tracteurs. Il expose sa d\u00e9ch\u00e9ance, il tourne un documentaire bouleversant, rayonnant\u00a0 de l\u2019amour de la vie et de la danse, il continue le combat, traqu\u00e9 par les cam\u00e9ras.<\/p>\n<p>8 octobre 1992, derni\u00e8re apparition publique, pour la premi\u00e8re de sa production de<em> La Bayad\u00e8re<\/em> au Palais Garnier, d\u2019apr\u00e8s Marius Petipa. Le public lui fait une ovation debout. Il meurt trois mois apr\u00e8s, le 6 janvier.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rudolf \u00e9tait un homme hors du commun \u00e0 tous \u00e9gards, instinctif, intelligent, une curiosit\u00e9 constante, une discipline extraordinaire, c\u2019\u00e9tait son but dans la vie avec naturellement l\u2019amour du spectacle. Il aimait les femmes fortes, les hommes loyaux et il aimait sa vie. J\u2019ai beaucoup appris de lui, m\u00eame si nous sommes des artistes tr\u00e8s diff\u00e9rents. Il va me manquer pour le reste de ma vie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Mikhail <span class=\"caps\">BARYSHNIKOV<\/span> (n\u00e9 en 1948), \u00ab\u00a0Baryshnikov\u2019s Tribute To Nureyev\u201d (2013)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>N\u00e9 \u00e0 Riga en Lettonie alors annex\u00e9e par l\u2019Union sovi\u00e9tique, Baryshnikov choisit la libert\u00e9 comme Noureev et prit la nationalit\u00e9 am\u00e9ricaine. Danseur, chor\u00e9graphe, directeur de ballet et acteur, il fait partie des quatre grands danseurs du <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle, avec Vaslav Nijinski, \u00e9toile des Ballets russes de Diaghilev qui firent scandale et merveille \u00e0 partir de 1909 \u00e0 Paris et Vladimir Vassiliev qui fit une carri\u00e8re internationale avec sa femme Ekatarina Maximova et une tourn\u00e9e l\u00e9gendaire au Palais Garnier, mais le couple resta en Russie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je le connaissais depuis plus de trente ans. Nous \u00e9tions amis. Et pourtant, je ne suis pas s\u00fbr que nous lui ayons t\u00e9moign\u00e9 suffisamment de reconnaissance ou de gratitude. Lui avons-nous dit \u00e0 quel point il \u00e9tait unique\u00a0? L\u2019avons-nous assez remerci\u00e9 pour l\u2019\u00e9motion qu\u2019il nous a procur\u00e9e\u00a0? Avons-nous prouv\u00e9 notre admiration et notre amour comme nous aurions d\u00fb le faire\u00a0? Je ne sais pas. Ce que je sais maintenant, c\u2019est que nous sommes seuls, que l\u2019irr\u00e9parable est arriv\u00e9 et qu\u2019un brillant danseur est parti pour toujours.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">BERG\u00c9<\/span> (1930-2017), Rudolf Nureyev Foundation<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Compagnon de route du grand couturier Saint-Laurent, Pierre Berg\u00e9 fut aussi directeur de la soci\u00e9t\u00e9 de l\u2019Op\u00e9ra de Paris, charg\u00e9e du Palais Garnier, de la salle Favart (Op\u00e9ra-Comique) et de l\u2019Op\u00e9ra Bastille, mais \u00e9galement m\u00e9c\u00e8ne et spectateur passionn\u00e9. C\u2019est \u00e0 ce titre qu\u2019il t\u00e9moigne\u00a0: \u00ab\u00a0Rudolf Noureev est arriv\u00e9 dans un saut, il est parti dans un souffle. Nous n\u2019oublierons jamais ce danseur venu du froid, qui nous a tout de suite \u00e9bloui et qui devait nous fasciner si souvent par la suite.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame t\u00e9moignage, l\u2019amateur \u00e9clair\u00e9 compare logiquement les deux incomparables g\u00e9nies qu\u2019il a naturellement rencontr\u00e9s \u00e0 la ville et admir\u00e9s \u00e0 la sc\u00e8ne, \u00e0 Paris et en d\u2019autres lieux. Et il les r\u00e9unit d\u2019un point de vie historique et artistique, comme nous avons tent\u00e9 de le faire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avec Noureev, c\u2019est plus qu\u2019un danseur qui dispara\u00eet, c\u2019est un moment de la danse, comme avec Callas s\u2019est effondr\u00e9 un moment de l\u2019Op\u00e9ra. Ils ont, tous les deux, marqu\u00e9 leur art de leur empreinte et rien, apr\u00e8s eux, ne sera pareil.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">BERG\u00c9<\/span> (1930-2017), Rudolf Nureyev Foundation<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour conclure\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026 Rudolf Noureev c\u00f4toyait le g\u00e9nie. Il en avait le talent, l\u2019\u00e9tranget\u00e9, la singularit\u00e9 et l\u2019audace. La danse \u00e9tait sa vie, et, d\u2019une certaine mani\u00e8re, on peut dire que le jour o\u00f9 il cessa de danser, il commen\u00e7a \u00e0 mourir. Il \u00e9tait exigeant \u2013 pour lui et pour les autres \u2013 et se souciait peu de plaire. Il n\u2019avait de vrai dialogue qu\u2019avec son art, et portait sur le monde un regard amus\u00e9, cynique et souvent m\u00e9prisant. Sa mort nous atteint au plus profond de notre \u00eatre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Sa plus illustre partenaire fran\u00e7aise Sylvie Guillem au fort caract\u00e8re et au franc parler, lui rendra toujours hommage, consciente de ce qu\u2019elle doit \u00e0\u00a0l\u2019artiste.<\/p>\n<p>D\u2019autres t\u00e9moignages \u00e0 charge existent. Citons le plus court, sign\u00e9 du chor\u00e9graphe Jeremy Robbins qui le dirigea\u00a0: \u00ab\u00a0Rudi est un artiste, un animal et un salaud\u00a0\u00bb. Ce pourrait \u00eatre aussi la d\u00e9finition du \u00ab\u00a0monstre sacr\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Laissons le mot de la fin \u00e0 une femme de l\u2019art, historienne de la danse et biographe de Noureev, surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le seigneur de la danse\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Noureev avait une volont\u00e9 de fer et se consacrait totalement \u00e0 son art. Il est devenu le danseur de ballet le mieux pay\u00e9 au monde, il a rendu le ballet populaire, il est devenu la rock star du ballet, il a chang\u00e9 la danse masculine dans les classiques en faisant du danseur l\u2019\u00e9gal de la ballerine\u00a0; il a cr\u00e9\u00e9 une nouvelle approche du ballet en effa\u00e7ant les diff\u00e9rences entre le ballet classique et la danse moderne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">H\u00e9l\u00e8ne <span class=\"caps\">CIOLKOVITCH<\/span>,<em> Je serai le plus grand danseur du monde. I Will Be The Greatest Dancer In The World!<\/em> (1998)<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0\u00c0 l\u2019imp\u00e9ratrice qui lui demande de quel style peut bien \u00eatre ce projet d\u2019Op\u00e9ra pour Paris\u00a0:\u00ab\u00a0C\u2019est du Napol\u00e9on\u00a0III, Madame.\u00a0\u00bbCharles GARNIER (1825-1898), 1861. Napol\u00e9on\u00a0III et le Second Empire\u00a0: l\u2019aube des temps (1975), Andr\u00e9 CastelotUn concours public est lanc\u00e9 en 1860\u00a0 pour l\u2019\u00e9dification d\u2019un op\u00e9ra digne du nouveau Paris haussmannien\u00a0: 171 concurrents d\u00e9posent un millier de dessins. [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":44,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9635","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9635","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9635"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9635\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":9639,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9635\/revisions\/9639"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9635"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9635"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9635"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}