{"id":9701,"date":"2023-07-24T00:00:00","date_gmt":"2023-07-23T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/qui-a-dit-quoi-de-qui-renaissance-naissance-de-la-monarchie-absolue\/"},"modified":"2026-06-16T09:31:05","modified_gmt":"2026-06-16T07:31:05","slug":"qui-a-dit-quoi-de-qui-renaissance-naissance-de-la-monarchie-absolue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/qui-a-dit-quoi-de-qui-renaissance-naissance-de-la-monarchie-absolue\/","title":{"rendered":"Qui a dit quoi de Qui\u00a0? (Renaissance &#8211; Naissance de la monarchie absolue)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Un personnage parle d\u2019un autre personnage. <br>Exemple type\u00a0: \u00ab\u00a0Un fou a dit \u00ab\u00a0Moi, la France\u00a0\u00bb et personne n\u2019a ri parce que c\u2019\u00e9tait vrai.\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois Mauriac \u00e9voquant de Gaulle en juin 1940.<\/p>\n<p>Le premier \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb est quelquefois le peuple (acteur anonyme) s\u2019exprimant en chanson, pamphlet, slogan, \u00e9pitaphe. Le second \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb peut \u00eatre un groupe, une assembl\u00e9e, une arm\u00e9e \u00e0 qui le discours est destin\u00e9.<br>Si les deux \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb sont identiques, c\u2019est un autoportrait, une profession de foi politique, parfois une devise. <br>Les lettres (Correspondance) et M\u00e9moires (sous diverses formes) sont des sources pr\u00e9cieuses, les \u00ab\u00a0mots de la fin\u00a0\u00bb livrent une ultime v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019auteur. <\/p>\n<p>Dans ce d\u00e9fil\u00e9 de Noms plus ou moins connus ou c\u00e9l\u00e8bres, le ton passe de l\u2019humour \u00e0 la cruaut\u00e9 avec ces citations r\u00e9f\u00e9rentielles ou anecdotiques, mais historiquement toujours significatives.<br>\u00ab\u00a0Qui a dit quoi de Qui\u00a0\u00bb est une version r\u00e9sum\u00e9e en 12 \u00e9ditos de notre <em>Histoire en citations<\/em> \u2013 \u00ab\u00a0quand, comment et pourquoi\u00a0\u00bb donnant l\u2019indispensable contexte.<\/p>\n<p>\u00c7a peut aussi devenir un jeu\u00a0: \u00ab\u00a0Qui a dit quoi de Qui\u00a0\u00bb. \u00c0 vous de voir.<\/p>\n<h3>2. Renaissance et guerres de Religion \u2013 Naissance de la monarchie absolue.<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-69.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Renaissance et guerres de Religion (1483-1589)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est la moins folle femme du monde, car de sage il n\u2019y en a gu\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"413\" class=\"cit-num\">413<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XI<\/span> (1423-1483).<em> Les Arts somptuaires\u00a0: histoire du costume et de l\u2019ameublement<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1858), Charles Louandre<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tel est le jugement du roi mourant \u2013 et misogyne \u2013 sur sa fille a\u00een\u00e9e Anne, 22\u00a0ans, \u00e0 qui il laisse la tutelle du royaume, le 30\u00a0ao\u00fbt 1483. Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>, est tout juste majeur avec ses 13\u00a0ans, et sans grande personnalit\u00e9 (il sera surnomm\u00e9 l\u2019Affable).<\/p>\n<p>Le jugement est s\u00e9v\u00e8re, et le choix est bon. Anne de France, dame de Beaujeu \u2013 femme de Pierre de Bourbon, sire de Beaujeu, confident de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> \u2013 va en fait gouverner la France (avec son \u00e9poux) jusqu\u2019en 1492, et m\u00e9riter son surnom de Madame la Grande\u00a0: intelligence et force de caract\u00e8re lui permettent de continuer l\u2019\u0153uvre paternelle et d\u2019affermir le royaume en ces temps difficiles, ainsi r\u00e9sum\u00e9s par Michelet\u00a0: \u00ab\u00a0Telle \u00e9tait cette France\u00a0: jouir ou tuer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis certain que soit de corps, soit d\u2019esprit, il vaut peu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"423\" class=\"cit-num\">423<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ambassadeur de Venise (1492) parlant du roi Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span>. <em>Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1911), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jugement confirm\u00e9 par l\u2019ambassadeur de Florence \u00e0 son gouvernement\u00a0: \u00ab\u00a0Je pense le voir, bien que par lui-m\u00eame il ne soit nullement capable de traiter d\u2019affaires s\u00e9rieuses. Il s\u2019y entend si peu, il y prend si peu d\u2019int\u00e9r\u00eat que j\u2019ai honte de le dire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span> dit l\u2019Affable conna\u00eet cependant le latin, aime les arts et les lettres, la chasse et la joute. Mais il souffre de la comparaison avec son p\u00e8re Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> et sa s\u0153ur Anne de Beaujeu. Comme le dit Commynes en 1492, non sans indulgence pour ses 22\u00a0ans, \u00ab\u00a0il ne faisait que saillir de son nid\u00a0\u00bb.<br>Pour l\u2019heure, il a la t\u00eate tourn\u00e9e par l\u2019Italie\u00a0: la p\u00e9ninsule exerce une irr\u00e9sistible fascination avec sa Renaissance pr\u00e9coce et superbe, sous le signe de Laurent le Magnifique. Des conseillers ambitieux flattent ses projets et sa s\u0153ur ne peut le d\u00e9tourner de ses r\u00eaves italiens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne pensais pas qu\u2019elle f\u00fbt si laide\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"421\" class=\"cit-num\">421<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> d\u2019<span class=\"caps\">ORL\u00c9ANS<\/span> (1462-1515), futur <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XII<\/span>.<em> Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cri du c\u0153ur \u00e0 la vue de sa femme entrant dans son cachot\u00a0: c\u2019est Jeanne de France, fille de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> que ce dernier l\u2019a contraint d\u2019\u00e9pouser (en 1476, elle avait 12\u00a0ans, il en avait 14). \u00ab\u00a0Jeanne la Boiteuse\u00a0\u00bb est difforme, apparemment d\u00e9bile, sans doute st\u00e9rile. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> pensait ainsi \u00e9teindre la branche d\u2019Orl\u00e9ans, toujours mena\u00e7ante pour les Valois\u2026<\/p>\n<p>En 1491, Louis d\u2019Orl\u00e9ans est depuis trois ans prisonnier du roi Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> (et des Beaujeu). Devenu roi \u00e0 la mort de Charles en 1498, Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> r\u00e9pudie Jeanne de France qui se retire \u00e0 Bourges pour fonder l\u2019ordre de l\u2019Annonciade. Et il \u00e9pouse la veuve du roi d\u00e9funt, Anne de Bretagne, une forte femme\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Malo mori quam f\u0153dari.\u00a0\u00bb<\/em><br>\u00ab\u00a0Plut\u00f4t mourir que se d\u00e9shonorer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"420\" class=\"cit-num\">420<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> de <span class=\"caps\">BRETAGNE<\/span> (1476-1514), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ou encore \u00ab\u00a0Je pr\u00e9f\u00e8re la mort \u00e0 la souillure\u00a0\u00bb, et elle prend pour symbole la blanche hermine.<\/p>\n<p>Fille de Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, dernier duc de Bretagne auquel elle succ\u00e8de le 9\u00a0septembre 1488 (\u00e2g\u00e9e de 13\u00a0ans) \u00e0 la t\u00eate du duch\u00e9 de Bretagne. C\u2019est le d\u00e9but d\u2019une vie publique (et priv\u00e9e) fort mouvement\u00e9e, pour une femme de grand caract\u00e8re qui deviendra (deux fois) reine de France \u2013 mari\u00e9e \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> le 8 f\u00e9vrier 1492, puis \u00e0 sa mort (et par testament) \u00e0 son h\u00e9ritier Charles <span class=\"caps\">VIII<\/span>, pour que son duch\u00e9 reste \u00e0 la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais veulent faire de moi le chapelain de leur roi, mais j\u2019entends \u00eatre pape et le leur montrerai par des actes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"433\" class=\"cit-num\">433<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JULES<\/span> <span class=\"caps\">II<\/span> (1443-1513), en 1510. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le 214e pape, dit le Terrible pour son \u00e9nergie, est \u00e9galement malin, voire machiav\u00e9lique, et les rois de France (avec leurs conseillers) seront jusqu\u2019\u00e0 la fin les cocus de cette com\u00e9die italienne \u00e0 \u00e9pisodes et imbroglio.<\/p>\n<p>Pas assez fort pour chasser d\u2019Italie les \u00ab\u00a0barbares\u00a0\u00bb, Jules\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> les a utilis\u00e9s. <span class=\"caps\">II<\/span> s\u2019est alli\u00e9 \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> contre Venise (Ligue de Cambrai, 1508), puis s\u2019allie \u00e0 pr\u00e9sent avec Venise contre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>\u00a0: c\u2019est la Sainte Ligue, le 24\u00a0f\u00e9vrier 1510. En fait, c\u2019est la coalition de toute l\u2019Europe occidentale contre la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Turc qu\u2019il veut attaquer, c\u2019est moi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"434\" class=\"cit-num\">434<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XII<\/span> (1462-1515). <em>Histoire de France depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1901), Ernest Lavisse, Paul Vidal de La Blache<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi comprend et note, non sans humour, qu\u2019il est devenu la \u00ab\u00a0t\u00eate de Turc\u00a0\u00bb du pape, les Ottomans \u00e9tant toujours une menace virtuelle, capable de f\u00e9d\u00e9rer tous les souverains d\u2019Europe.<\/p>\n<p>Jules <span class=\"caps\">II<\/span>, qui d\u00e9teste le roi de France, va l\u2019excommunier en 1511. Cette quatri\u00e8me guerre d\u2019Italie se termine apr\u00e8s la mort du \u00ab\u00a0Terrible\u00a0\u00bb et l\u2019\u00e9lection d\u2019un pape pacifique, L\u00e9on\u00a0X. Ni vaincu ni vainqueur, au trait\u00e9 de Dijon (septembre\u00a01513) non ratifi\u00e9 par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>, mais du moins y a-t-il r\u00e9conciliation entre le pape et le roi de France, en janvier\u00a01514.<\/p>\n<p>Le seul avantage de ces guerres d\u2019Italie est d\u2019importer peu \u00e0 peu la Renaissance italienne en France, pour le plus grand bien de notre art de vivre et de nos beaux-arts.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce gros gar\u00e7on g\u00e2tera tout.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"435\" class=\"cit-num\">435<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XII<\/span> (1462-1515). <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> et Fran\u00e7ois\u00a0Ier ou M\u00e9moires pour servir \u00e0 une nouvelle histoire de leur r\u00e8gne<\/em> (1825), Pierre Louis R\u0153derer<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi parle-il de son cousin et successeur, le futur Fran\u00e7ois\u00a0Ier \u00e0 qui il a fianc\u00e9 sa fille Claude. Son exub\u00e9rante et folle jeunesse doit effrayer le \u00ab\u00a0P\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb. La mort de la reine Anne (9\u00a0janvier 1514) va permettre la c\u00e9l\u00e9bration de ce mariage qui la contrariait si fort.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> \u00e0 peine veuf d\u2019Anne de Bretagne en 1514 \u00e9pouse lui-m\u00eame la tr\u00e8s jeune Marie d\u2019Angleterre, s\u0153ur du roi Henri\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>. Il ne profitera pas longtemps des charmes de cette troisi\u00e8me femme\u00a0: il meurt le 1er\u00a0janvier 1515.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avant moi, tout \u00e9tait grossier, pauvre, ignorant, gaulois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"387\" class=\"cit-num\">387<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">F\u00c9NELON<\/span> (1651-1715), <em>Dialogues des morts<\/em> (1692-1696), faisant parler Fran\u00e7ois Ier de son pr\u00e9d\u00e9cesseur Louis <span class=\"caps\">XII<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cet auteur de la fin du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle met en sc\u00e8ne et oppose Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> et Fran\u00e7ois\u00a0Ier. Baptis\u00e9 par Brant\u00f4me \u00ab\u00a0P\u00e8re et vrai restaurateur des arts et des lettres\u00a0\u00bb, le\u00a0\u00ab\u00a0Roi Chevalier\u00a0\u00bb incarne la Renaissance avec ses trente-deux ann\u00e9es de r\u00e8gne au c\u0153ur du beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e qui succ\u00e8de au long Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<p>Ce ne sont plus seulement les couvents et les universit\u00e9s qui diffusent la culture\u00a0; les cours donnent l\u2019exemple, pratiquant le m\u00e9c\u00e9nat, lan\u00e7ant les modes et cultivant le raffinement. \u00ab\u00a0Fran\u00e7ois\u00a0Ier, d\u00e9courag\u00e9 des guerres lointaines, veuf de son r\u00eave d\u2019Italie, se fait une Italie fran\u00e7aise\u00a0\u00bb (Jules Michelet). Il invite L\u00e9onard de Vinci et sa Joconde (achet\u00e9e 4\u00a0000\u00a0florins d\u2019or, soit 15 kg), puis d\u2019autres artistes prestigieux, Cellini, le Rosso, le Primatice. Favorable \u00e0 l\u2019esprit nouveau et bien que peu instruit (il ne sait pas le latin), il prot\u00e8ge les savants et les \u00e9crivains, second\u00e9 par sa s\u0153ur Marguerite d\u2019Angoul\u00eame (future reine au royaume de Navarre), l\u2019une des femmes les plus cultiv\u00e9es du si\u00e8cle.<\/p>\n<p>C\u2019est dire que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> se trompait en parlant de son petit-cousin et successeur\u00a0: \u00ab\u00a0Ce gros gar\u00e7on g\u00e2tera tout.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi de France est le roi des b\u00eates, car en quelque chose qu\u2019il commande, il est ob\u00e9i aussit\u00f4t comme l\u2019homme l\u2019est des b\u00eates.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"397\" class=\"cit-num\">397<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAXIMILIEN<\/span> Ier (1459-1519).<em> Histoire de la France\u00a0: dynasties et r\u00e9volutions, de 1348 \u00e0 1852<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Boutade visant Fran\u00e7ois Ier. L\u2019empereur d\u2019Allemagne (grand-p\u00e8re du futur Charles Quint) affirme que lui-m\u00eame n\u2019est que le roi des rois et le roi catholique (roi d\u2019Espagne) le roi des hommes.<\/p>\n<p>Machiavel donne le royaume de France en exemple aux Italiens pour sa solidit\u00e9 et les ambassadeurs v\u00e9nitiens qui se succ\u00e8dent en France font des t\u00e9moignages qui tous se ressemblent\u00a0: \u00ab\u00a0Il y a des pays plus fertiles et plus riches\u00a0; il y en a de plus grands et de plus puissants, tels que l\u2019Allemagne et l\u2019Espagne\u00a0; mais nul n\u2019est aussi uni, aussi facile \u00e0 manier que la France. Voil\u00e0 sa force \u00e0 mon sens\u00a0: unit\u00e9 et ob\u00e9issance\u00a0\u00bb (Marino Cavalli, relation de 1546).<\/p>\n<p>Cet absolutisme \u2013 qui se renforce \u00e9galement dans les pays voisins \u2013 n\u2019est pas encore celui du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0: des provinces gardent leurs privil\u00e8ges, les Parlements de province et surtout celui de Paris demeurent des forces d\u2019opposition latente. Tout risque d\u2019\u00eatre remis en question avec les guerres de Religion, et plus tard la Fronde.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Nutrisco et exstinguo.\u00a0\u00bb<\/em> <br>\u00ab\u00a0Je le nourris et je l\u2019\u00e9teins.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"436\" class=\"cit-num\">436<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier (1494-1547), devise accompagnant la salamandre sur ses armes.<em> Encyclop\u00e9die th\u00e9ologique<\/em> (1863), abb\u00e9 Jean Jacques Bourasse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Allusion \u00e0 l\u2019ancienne croyance selon laquelle cet animal est capable de vivre dans le feu et m\u00eame de l\u2019\u00e9teindre. Depuis un si\u00e8cle, les rois de France ont des embl\u00e8mes personnels souvent associ\u00e9s \u00e0 un animal\u00a0: le lion pour Charles <span class=\"caps\">VI<\/span>\u00a0le Fou, le cerf ail\u00e9 pour Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> et Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, le porc-\u00e9pic pour Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>.<\/p>\n<p>La salamandre se marie bien \u00e0 cette Renaissance o\u00f9 la fronti\u00e8re est floue entre nature et surnature, chimie et alchimie, astronomie et astrologie. On croit l\u2019air et l\u2019onde peupl\u00e9s de d\u00e9mons \u2013 m\u00eame le tr\u00e8s savant Ambroise Par\u00e9\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Car tel est notre plaisir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"437\" class=\"cit-num\">437<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier (1494-1547). <em>L\u2019Art de v\u00e9rifier les dates<\/em> (1818), David Bailie Warden<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ou encore\u00a0: \u00ab\u00a0Car ainsi nous pla\u00eet-il \u00eatre fait.\u00a0\u00bb Apr\u00e8s sept jours de r\u00e8gne, ce sont des formules royales qui disent assez la volont\u00e9 de pouvoir du jeune roi. Celui que sa m\u00e8re Louise de Savoie appelle son \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb et les Italiens \u00ab\u00a0Sa Majest\u00e9\u00a0\u00bb (\u00e0 l\u2019\u00e9gal de l\u2019empereur) ne convoquera jamais les \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux en trente-deux ann\u00e9es de r\u00e8gne.<\/p>\n<p>Il cr\u00e9e le Conseil secret (dit aussi Conseil \u00e9troit, ou Conseil des affaires)\u00a0: \u00ab\u00a0Ce conseil est nouveau et fut introduit par Fran\u00e7ois\u00a0Ier qui avait en haine les conseils trop nombreux et qui fut le premier \u00e0 prendre de son chef les grandes d\u00e9cisions\u00a0\u00bb \u00e9crira l\u2019ambassadeur de Venise Michel Suriano en 1561. La cour elle-m\u00eame, fort brillante, peupl\u00e9e d\u2019artistes, de po\u00e8tes, de nobles venus de leurs terres de province, d\u2019\u00e9trangers accourus (souvent d\u2019Italie) et de dames aussi belles que fastueuses, devient un instrument du r\u00e8gne de ce personnage s\u00e9duisant et l\u00e9ger, aussi galant avec les femmes que brave au milieu des soldats.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis votre roi et votre prince. Je suis d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de vivre et mourir avec vous. Voici la fin de notre voyage, car tout sera gagn\u00e9 ou perdu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"438\" class=\"cit-num\">438<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier (1494-1547), \u00e0 ses troupes, avant la bataille de Marignan, 13\u00a0septembre 1515. <em>Fran\u00e7ois\u00a0Ier, le souverain politique<\/em> (1937), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec la fougue de ses 21\u00a0ans, le nouveau roi se lance dans la cinqui\u00e8me guerre d\u2019Italie, alli\u00e9 \u00e0 Venise pour la reconqu\u00eate du Milanais pris, puis perdu par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>. Son arm\u00e9e passe les Alpes, forte des meilleurs capitaines, avec 300 canons et 30\u00a0000 hommes\u00a0: chiffres consid\u00e9rables \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Le voil\u00e0 parvenu \u00e0 Marignan, ville de Lombardie (au sud-est de Milan). 1515, victoire qui fait date dans l\u2019histoire de France. Mais dix ans apr\u00e8s, ce sera la d\u00e9faite de Pavie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est jeune et \u00e0 la fleur de l\u2019\u00e2ge, lib\u00e9ral, magnanime, exp\u00e9riment\u00e9 et habile \u00e0 la guerre. Il a bonne paix avec tous ses voisins, en sorte qu\u2019il pourra employer au service de Dieu et de la foi sa personne et tout son avoir, sans que nul le d\u00e9tourne et que rien l\u2019emp\u00eache.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"445\" class=\"cit-num\">445<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span>\u00a0Ier (1494-1547), autoportrait et d\u00e9claration de candidature en 1519. <em>Fran\u00e7ois\u00a0Ier<\/em> (1953), duc de L\u00e9vis-Mirepoix<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi brigue la couronne imp\u00e9riale \u00e0 la mort de Maximilien (12\u00a0janvier\u00a01519).<\/p>\n<p>L\u2019adversaire est de taille\u00a0: Charles, prince bourguignon (arri\u00e8re-petit-fils de Charles le T\u00e9m\u00e9raire), devenu prince des Pays-Bas en 1516, puis roi d\u2019Espagne sous le nom de Charles\u00a0Ier, roi de Sicile sous le nom de Charles\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, h\u00e9ritant par sa m\u00e8re des possessions espagnoles de l\u2019Am\u00e9rique latine (mines d\u2019or et d\u2019argent in\u00e9puisables) et par son p\u00e8re des terres h\u00e9r\u00e9ditaires des Habsbourg\u00a0!<\/p>\n<p>Le petit-fils de Maximilien (l\u2019empereur du Saint-Empire) l\u2019emporte assez naturellement dans cette comp\u00e9tition par ailleurs \u00ab\u00a0truqu\u00e9e\u00a0\u00bb \u2013 les sept princes-\u00e9lecteurs allemands sont plus sensibles aux florins et ducats allemands et espagnols qu\u2019aux \u00e9cus fran\u00e7ais. Une fois \u00e9lu, il devient \u00e0 son tour empereur du Saint Empire romain germanique, le 28\u00a0juin 1519 \u00e0 la Di\u00e8te de Francfort. Il sera Charles Quint pour l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Et l\u2019histoire de France en est chang\u00e9e. Le nouvel ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire n\u2019est plus l\u2019Anglais, mais le Habsbourg trop puissant, r\u00eavant de dominer toute l\u2019Italie et voulant r\u00e9cup\u00e9rer la Bourgogne de ses anc\u00eatres, \u00ab\u00a0tyranniquement et ind\u00fbment d\u00e9tenue et occup\u00e9e par le roi de France\u00a0\u00bb. Face \u00e0 Charles Quint, nos guerres vont devenir plus d\u00e9fensives qu\u2019offensives.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monsieur, il n\u2019y a point de piti\u00e9 en moi, car je meurs en homme de bien. Mais j\u2019ai piti\u00e9 de vous, de vous voir servir contre votre prince, et votre patrie, et votre serment.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"452\" class=\"cit-num\">452<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BAYARD<\/span> (vers 1475-1524), \u00e0 l\u2019ex-conn\u00e9table de Bourbon \u2013 son mot de la fin. <em>Trait\u00e9 des \u00c9tudes ou De la mani\u00e8re d\u2019enseigner et d\u2019\u00e9tudier les Belles-Lettres<\/em> (1841), Charles Rollin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mortellement bless\u00e9 en couvrant la retraite de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise au passage de la Sesia en Pi\u00e9mont, le 30\u00a0avril\u00a01524, il reproche \u00e0 Charles de Bourbon d\u2019\u00eatre devenu lieutenant de l\u2019ennemi, Charles Quint.<\/p>\n<p>La vie de Bayard sera \u00e9crite, entre autres, par son \u00e9cuyer qui signe <em>le Loyal Serviteur<\/em>. \u00c0 cette race de \u00ab\u00a0chevalier sans peur et sans reproche\u00a0\u00bb s\u2019applique bien la phrase de Montaigne\u00a0: \u00ab\u00a0La plus volontaire mort, c\u2019est la plus belle.\u00a0\u00bb Dans la litt\u00e9rature de ce <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle qui rena\u00eet et rayonne, entre Moyen \u00c2ge et p\u00e9riode classique, en ce si\u00e8cle plein de bruits, de fureurs, de guerres, la mort revient comme un th\u00e8me obs\u00e9dant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je lis les histoires de ce royaume, et j\u2019y trouve que de tous les temps, les putains ont dirig\u00e9 les affaires des rois\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"479\" class=\"cit-num\">479<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589) \u00e0 Diane de Poitiers. <em>Le Royaume de Catherine de M\u00e9dicis<\/em> (1922), Lucien Romier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fille de Laurent\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de M\u00e9dicis, elle \u00e9pousa le futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> en 1533 et faillit \u00eatre r\u00e9pudi\u00e9e pour cause de st\u00e9rilit\u00e9 pendant onze ans, avant de lui donner 10 enfants. Depuis 1538 et durant les douze ann\u00e9es de r\u00e8gne d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, la reine est \u00e9clips\u00e9e par Diane de Poitiers.<\/p>\n<p>\u00c2g\u00e9e de 48\u00a0ans en 1547 et de vingt ans l\u2019a\u00een\u00e9e du roi, Diane fit son \u00e9ducation \u00e0 la cour, quand l\u2019enfant de 11\u00a0ans rentra, apr\u00e8s quatre ann\u00e9es pass\u00e9es comme otage en Espagne (\u00e0 la place de son p\u00e8re Fran\u00e7ois Ier). Influente et intrigante, elle reste sa favorite jusqu\u2019\u00e0 la fin, mais certains historiens doutent de la nature exacte de leur liaison.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Lorsque, ma\u00eetresse en titre et reine, elle \u00e9tait moqu\u00e9e par les jeunes qui ne l\u2019appelaient que la vieille, elle fit cette r\u00e9ponse cynique de leur montrer ce qu\u2019on cache en se faisant peindre nue\u00a0\u00bb (Jules Michelet, <em>Histoire de France<\/em>). Les peintres de la premi\u00e8re \u00e9cole de Fontainebleau rendirent ainsi un juste hommage \u00e0 leur adorable m\u00e9c\u00e8ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madame, contentez-vous d\u2019avoir infect\u00e9 la France de votre infamie et de votre ordure, sans toucher aux choses de Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"482\" class=\"cit-num\">482<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Un domestique du tailleur d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, s\u2019adressant \u00e0 Diane de Poitiers (1550). <em>Histoire de France au seizi\u00e8me si\u00e8cle, Guerres de religion<\/em> (1856), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le ton dit assez la violence des haines qui couvent. L\u2019homme est interrog\u00e9 sur son \u00e9ventuelle conversion au calvinisme par Diane de Poitiers, la ma\u00eetresse du roi, qui encourage la r\u00e9pression du protestantisme. Il paiera de sa vie cette phrase, sit\u00f4t condamn\u00e9 \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9 vif devant Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, spectateur du supplice. Envers et contre tout, l\u2019\u00c9glise r\u00e9form\u00e9e de France va se constituer sous ce r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fille pire que sa m\u00e8re, qui avait g\u00e2t\u00e9 son mari et infest\u00e9 toute la maison de Vend\u00f4me.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"494\" class=\"cit-num\">494<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PAUL<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1476-1559), peu avant sa mort.<em> Antoine de Bourbon et Jeanne d\u2019Albret<\/em> (1882), baron Alphonse de Ruble<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le pape parle de Jeanne d\u2019Albret, fille de Marguerite de Navarre \u2013\u00a0s\u0153ur de Fran\u00e7ois\u00a0Ier qui prot\u00e9gea les artistes, les humanistes et les protestants. La nouvelle reine de Navarre entra\u00eene son \u00e9poux, le tr\u00e8s ind\u00e9cis Antoine de Bourbon (duc de Vend\u00f4me) et son royaume de Navarre \u00e0 suivre Calvin le protestant. Elle professe publiquement la nouvelle religion en 1560 et l\u2019impose en 1567.<\/p>\n<p>Entre-temps, Antoine de Bourbon, nomm\u00e9 lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume, se retrouve combattant avec les Guise, \u00e0 la t\u00eate des arm\u00e9es catholiques.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu qui avait frapp\u00e9 le p\u00e8re \u00e0 l\u2019\u0153il a frapp\u00e9 le fils \u00e0 l\u2019oreille.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"496\" class=\"cit-num\">496<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">CALVIN<\/span> (1509-1564). <em>Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span><\/em> (1986), Emmanuel Bourassin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0pape de Gen\u00e8ve\u00a0\u00bb fait en ces termes l\u2019oraison fun\u00e8bre de Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, mort \u00e0 16\u00a0ans d\u2019une infection \u00e0 l\u2019oreille, le 5\u00a0d\u00e9cembre 1560 \u2013 un an et demi apr\u00e8s Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, mort d\u2019un \u0153il crev\u00e9 dans un tournoi.<\/p>\n<p>Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> lui succ\u00e8de \u00e0 10\u00a0ans et sa m\u00e8re Catherine de M\u00e9dicis se retrouve r\u00e9gente. Protestants et catholiques semblent d\u2019accord pour regretter que le pouvoir politique \u00e9chappe aux hommes\u00a0: \u00ab\u00a0Ceux-l\u00e0 ont sagement pourvu \u00e0 leur \u00c9tat qui ont ordonn\u00e9 que les femmes ne vinssent jamais \u00e0 r\u00e9gner\u00a0\u00bb selon Th\u00e9odore de B\u00e8ze, le grand th\u00e9oricien protestant, rappelant la loi salique. Alors que pour Fournier, pr\u00e9dicateur catholique de Saint-S\u00e9verin\u00a0: \u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas l\u2019\u00e9tat d\u2019une femme de conf\u00e9rer les \u00e9v\u00each\u00e9s et les b\u00e9n\u00e9fices. La m\u00e8re de J\u00e9sus-Christ se voulut-elle m\u00ealer de l\u2019\u00e9lection de saint Mathias\u00a0?\u00a0\u00bb (\u00e9lu pour \u00eatre le douzi\u00e8me ap\u00f4tre, \u00e0 la place de Judas).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Divide ut regnes.\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Divise, afin de r\u00e9gner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"498\" class=\"cit-num\">498<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), maxime politique<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre formulation et m\u00eame signification\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Divide et Impera.\u00a0\u00bb<\/em> Cette maxime \u00e9nonc\u00e9e par Machiavel fut celle du S\u00e9nat romain, mais aussi de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> et de la nouvelle r\u00e9gente en 1560.<\/p>\n<p>Catherine de M\u00e9dicis, apr\u00e8s presque trente ann\u00e9es d\u2019effacement derri\u00e8re le roi, les favorites et les conseillers, va gouverner la France pendant pr\u00e8s de trente autres ann\u00e9es, marqu\u00e9es par les guerres de Religion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je puis donner la mort,<br>Toi l\u2019immortalit\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"517\" class=\"cit-num\">517<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1550-1574), \u00e0 Ronsard\u00a0: <em>Ton esprit est, Ronsard\u2026<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le po\u00e8me royal commence ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0Ton esprit est, Ronsard, plus gaillard que le mien\u00a0;\u00a0\/ Mais mon corps est plus jeune et plus fort que le tien\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Rendant hommage au po\u00e8te engag\u00e9 et enflamm\u00e9 des <em>Discours,<\/em> il continue\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019art de faire des vers, d\u00fbt-on s\u2019en indigner,\u00a0\/ Doit \u00eatre \u00e0 plus haut prix que celui de r\u00e9gner.\u00a0\/ Tous deux \u00e9galement nous portons des couronnes\u00a0;\u00a0\/ Mais roi, je la re\u00e7us\u00a0; po\u00e8te, tu la donnes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Une v\u00e9ritable amiti\u00e9 s\u2019est nou\u00e9e entre les deux hommes. Le po\u00e8te esquisse un plan d\u2019\u00e9ducation en alexandrins, puis passe \u00e0 l\u2019art de gouverner et aux devoirs d\u2019un roi \u00e0 peine \u00e2g\u00e9 de 12\u00a0ans, dans une France d\u00e9chir\u00e9e par la guerre civile. Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> de son c\u00f4t\u00e9, tomb\u00e9 litt\u00e9ralement sous le charme de Ronsard, lui am\u00e9nagera un appartement \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur de son palais. Dans l\u2019histoire, d\u2019autres grands noms des lettres seront pr\u00e9pos\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9ducation des princes ou dauphins et prendront cette t\u00e2che fort \u00e0 c\u0153ur, comme Bossuet et F\u00e9nelon au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Mais le jeune roi se sait malade et mourra \u00e0 24\u00a0ans de la tuberculose. Ronsard qui lui survit conna\u00eetra une demi-disgr\u00e2ce.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La mauvaise femme est morte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"518\" class=\"cit-num\">518<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Antonio Maria <span class=\"caps\">SALVIATI<\/span> (1537-1602), nonce apostolique au pape Gr\u00e9goire <span class=\"caps\">XIII<\/span>. <em>Correspondance du nonce en France, Antonio Maria Salviati\u00a0: 1572-1578<\/em> (1975)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Telle est l\u2019oraison fun\u00e8bre de Jeanne d\u2019Albret, morte \u00e0 Paris le 9\u00a0juin 1572. Femme de t\u00eate et de conviction protestante, cette reine de Navarre sut pr\u00e9server l\u2019ind\u00e9pendance de son royaume. Mais en professant publiquement le calvinisme, puis en imposant cette religion \u00e0 la Navarre, elle devint la mortelle ennemie des papes de Rome.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si c\u2019\u00e9tait un homme du moins\u00a0! C\u2019est un goujat\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"524\" class=\"cit-num\">524<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Amiral Gaspard de <span class=\"caps\">COLIGNY<\/span> (1519-1572), dans la nuit du 23 au 24\u00a0ao\u00fbt 1572.<em> Histoire de France au seizi\u00e8me si\u00e8cle, Guerres de religion<\/em> (1856), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Coligny toise l\u2019homme qui va le frapper, un certain B\u00eame, sbire des Guise, m\u00eame pas un seigneur digne de lui\u00a0! Cette exclamation de m\u00e9pris peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme son \u00ab\u00a0mot de la fin\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ce grand militaire a servi tous les rois de France depuis Fran\u00e7ois\u00a0Ier, particip\u00e9 \u00e0 toutes les guerres, quitt\u00e9 plusieurs fois la cour pour fuir ses intrigues, toujours rappel\u00e9 pour ses qualit\u00e9s de courage, de diplomatie et m\u00eame de tol\u00e9rance, quand il se convertit \u00e0 la religion r\u00e9form\u00e9e. Sa fin \u00e0 53\u00a0ans est des plus humiliantes\u00a0: surpris dans son lit, achev\u00e9 \u00e0 coups de dague, son corps jet\u00e9 par la fen\u00eatre, \u00e9ventr\u00e9, \u00e9mascul\u00e9, d\u00e9capit\u00e9, puis port\u00e9 au gibet de Montfaucon, exhib\u00e9, pendu par les pieds, expos\u00e9 \u00e0 d\u2019autres s\u00e9vices, pour finir \u00e0 nouveau pendu place de Gr\u00e8ve.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le corps d\u2019un ennemi mort sent toujours bon.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"525\" class=\"cit-num\">525<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1550-1574), le 24\u00a0ao\u00fbt 157, jour de la Saint-Barth\u00e9lemy (du nom du saint, f\u00eat\u00e9 sur le calendrier). Cit\u00e9 au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle par Voltaire (<em>\u0152uvres compl\u00e8tes<\/em>, volume\u00a0X), au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle par Alexandre Dumas (<em>La Reine Margot<\/em>), entre autres sources<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce mot (de l\u2019empereur romain Vitellius) est attribu\u00e9 \u00e0 Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> devant le corps de Coligny son propre conseiller, l\u2019un des chefs protestants lui ayant dit de se m\u00e9fier de sa m\u00e8re\u00a0et des Guise\u00a0! Cette nuit, cet assassinat et ses suites \u2013 les milliers de morts et le sacrifice de son conseiller \u2013 hanteront cependant les nuits du jeune roi jusqu\u2019\u00e0 sa mort prochaine.<\/p>\n<p>Faible de caract\u00e8re, manipul\u00e9 par sa m\u00e8re et ses proches (les Guise ultra catholiques et son fr\u00e8re Henri, le duc d\u2019Anjou), il semble qu\u2019il ait donn\u00e9 son accord pour tuer tous les chefs\u2026 Oui, mais pas tous les protestants de Paris, de Navarre et de France\u00a0!<\/p>\n<p>Selon certaines sources (dont Agrippa d\u2019Aubign\u00e9), il tirait \u00e0 l\u2019arquebuse sur les fuyards. Selon d\u2019autres historiens, il a tent\u00e9 d\u2019arr\u00eater la tuerie qui commence dans les rues et ruelles. De toute mani\u00e8re, il est trop tard\u00a0! On a ferm\u00e9 les portes de Paris et la capitale est profond\u00e9ment anti-huguenote. La haine se d\u00e9cha\u00eene. Chaque protestant passe pour un Coligny en puissance\u00a0: \u00ab\u00a0Tuez-les tous\u00a0!\u00a0\u00bb L\u2019ordre royal du 23\u00a0ao\u00fbt est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 tous les \u00e9chos, tous les carrefours.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il valait mieux que cela tomb\u00e2t sur eux que sur nous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"529\" class=\"cit-num\">529<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 l\u2019ambassadeur de Toscane \u00e0 propos du massacre de la Saint-Barth\u00e9lemy. <em>Lettres de Catherine de M\u00e9dicis<\/em> (1891), Collection de documents in\u00e9dits sur l\u2019histoire de France, Imprimerie nationale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine m\u00e8re d\u00e9finit sa politique, \u00e9tant sans doute responsable des massacres malgr\u00e9 la prochaine d\u00e9claration de Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> au Parlement de Paris. Mais au point de haine o\u00f9 catholiques et protestants sont arriv\u00e9s, le choc semblait in\u00e9vitable et la balance pouvait pencher de l\u2019un ou l\u2019autre c\u00f4t\u00e9. Rappelons aussi les sept ann\u00e9es o\u00f9 son chancelier Michel de l\u2019Hospital tenta en vain une politique de conciliation avec les protestants\u2026 On peut \u00e9galement penser que cette forte femme fut d\u00e9pass\u00e9e par la force des \u00e9v\u00e9nements\u00a0!<\/p>\n<p>Effet non pr\u00e9vu, la Saint-Barth\u00e9lemy va renforcer le parti protestant qui s\u2019organise pendant cette quatri\u00e8me guerre de Religion.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En France, il ne peut exister deux rois. Mon fr\u00e8re, il est n\u00e9cessaire que vous quittiez mon royaume pour chercher une autre couronne\u00a0; quant \u00e0 moi, j\u2019ai d\u00e9j\u00e0 l\u2019\u00e2ge de me gouverner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"537\" class=\"cit-num\">537<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">IX<\/span> (1550-1574), \u00e0 son fr\u00e8re Henri duc d\u2019Anjou. <em>Catherine de M\u00e9dicis pr\u00e9sente \u00e0 Charles <span class=\"caps\">IX<\/span> son royaume<\/em> (1937), Pierre Champion<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jeune roi de France n\u2019aime gu\u00e8re ce fr\u00e8re, brillant \u00e0 la guerre et fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de leur m\u00e8re. La monarchie \u00e9tant devenue \u00e9lective en Pologne, Catherine de M\u00e9dicis a intrigu\u00e9 pour lui faire avoir cette couronne en mai\u00a01573. Le futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> pr\u00e9f\u00e9rerait rester en France et gouverner de loin sa Pologne, mais Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> semble trop heureux de cette raison pour le voir partir. Son r\u00e8gne sera de courte dur\u00e9e\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bien qu\u2019il meure en jeunesse, il a beaucoup v\u00e9cu.<br>Si sa Royaut\u00e9 fut de peu d\u2019\u00e2ge suivie,<br>L\u2019\u00e2ge ne sert de rien, les gestes font la vie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"539\" class=\"cit-num\">539<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de <span class=\"caps\">RONSARD<\/span> (1524-1585),<em> Le Tombeau du feu Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span><\/em> \u2013 \u00e9pitaphe<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Derni\u00e8re victime collat\u00e9rale de la Saint-Barth\u00e9lemy, le roi meurt un mois avant ses 24\u00a0ans, le 30\u00a0mai 1574. La tuberculose familiale fait des ravages chez les fils de Catherine de M\u00e9dicis, mais le remords d\u2019avoir donn\u00e9 l\u2019ordre du massacre (qui lui fut arrach\u00e9 par sa m\u00e8re) hanta les jours et les nuits du jeune roi et h\u00e2ta sa fin. Son pr\u00e9cepteur et tr\u00e8s proche ami Ronsard lui rend ainsi hommage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0France et vous valent mieux que Pologne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"540\" class=\"cit-num\">540<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), Lettre \u00e0 Catherine de M\u00e9dicis, 22\u00a0juin 1574.<em> Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, roi de France et de Pologne<\/em> (1988), Georges Bordonove<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9lu roi de Pologne en 1573 gr\u00e2ce aux intrigues maternelles, il rentre avec joie au pays natal aupr\u00e8s de cette m\u00e8re dont il est sans conteste le fils pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Elle a mis tous ses espoirs en lui, le faisant si\u00e9ger aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux \u00e0 7\u00a0ans aux c\u00f4t\u00e9s de son fr\u00e8re Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> qui en \u00e9tait jaloux, le faisant nommer lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume \u00e0 16\u00a0ans au lieu du prince Louis de Cond\u00e9 qui rompit avec la cour.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a bien de la besogne <br>\u00a0\u00c0 regarder ce petit roi<br>Car il a mis en d\u00e9sarroi <br>Toutes les filles de sa femme<br>Mais on sait que la bonne dame <br>S\u2019en venge bien de son c\u00f4t\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"547\" class=\"cit-num\">547<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson populaire sur Henri de Navarre et la reine Margot<\/em> (1579). <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s sept ans de mariage, tout ne va pas pour le mieux dans le couple\u00a0royal de Navarre\u00a0! Henri <span class=\"caps\">III<\/span> (futur Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>) reste aussi c\u00e9l\u00e8bre par sa galanterie que Margot par sa nymphomanie.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0S\u2019il y eut jamais une au monde parfaite en beaut\u00e9, c\u2019est la reine de Navarre. Toutes celles qui sont, qui seront et jamais ont \u00e9t\u00e9, pr\u00e8s de la sienne sont laides et ne sont point beaut\u00e9s.\u00a0\u00bb L\u2019abb\u00e9 et seigneur de Brant\u00f4me, devenu m\u00e9morialiste, lui rend ainsi hommage.<\/p>\n<p>Elle a \u00e9t\u00e9 chass\u00e9e de la cour de France par son fr\u00e8re Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> \u2013 accus\u00e9e d\u2019intrigue avec leur fr\u00e8re Fran\u00e7ois, le tr\u00e8s ambitieux duc d\u2019Anjou (ex-duc d\u2019Alen\u00e7on), alli\u00e9 contre la couronne \u00e0 son mari Henri de Navarre dans la cinqui\u00e8me guerre de Religion.<\/p>\n<p>Marguerite de France, reine de Navarre, tient d\u00e9sormais cour brillante \u00e0 N\u00e9rac. La septi\u00e8me guerre de Religion (1579-1580) men\u00e9e par Henri de Navarre et le mar\u00e9chal de Biron sera dite \u00ab\u00a0guerre des amoureux\u00a0\u00bb par allusion \u00e0 la frivolit\u00e9 qui r\u00e8gne en cette cour\u00a0! Le trait\u00e9 de N\u00e9rac, sign\u00e9 le 28\u00a0f\u00e9vrier 1579 par Catherine de M\u00e9dicis au nom du roi, mais non respect\u00e9 par les protestants, relance la guerre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pardonnez un mot \u00e0 vos fid\u00e8les serviteurs, Sire. Ces amours si d\u00e9couvertes, et auxquelles vous donnez tant de temps, ne semblent plus de saison. Il est temps que vous fassiez l\u2019amour \u00e0 toute la chr\u00e9tient\u00e9 et particuli\u00e8rement \u00e0 la France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"551\" class=\"cit-num\">551<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Philippe <span class=\"caps\">DUPLESSIS<\/span>\u2013<span class=\"caps\">MORNAY<\/span> (1549-1623), juillet\u00a01583.<em> Histoire des Fran\u00e7ais<\/em> (1821-1844), Simonde de Sismondi<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Qu\u2019en termes galants ces choses-l\u00e0 sont dites au roi galant\u00a0! Son ambassadeur et principal conseiller s\u2019inqui\u00e8te pourtant aupr\u00e8s d\u2019Henri de Navarre, toujours bon vivant.<\/p>\n<p>La France et les chefs de partis ont un bref r\u00e9pit entre la septi\u00e8me guerre de Religion et la huiti\u00e8me, d\u00e9clench\u00e9e (\u00e0 terme) par un \u00e9v\u00e9nement inattendu, le 10\u00a0juin 1584\u00a0: la mort par tuberculose du quatri\u00e8me fils de Catherine de M\u00e9dicis, Fran\u00e7ois d\u2019Alen\u00e7on \u00e0 29\u00a0ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous pouvez penser comme je suis malheureuse de tant vivre et de voir tout mourir devant moi, encore que je sache bien qu\u2019il faut se conformer \u00e0 la volont\u00e9 de Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"552\" class=\"cit-num\">552<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 Belli\u00e8vre, 10\u00a0juin\u00a01584. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e8re de dix enfants, elle n\u2019en finit plus de porter leur deuil. Fran\u00e7ois d\u2019Anjou (ex-duc Alen\u00e7on) meurt le 10\u00a0juin 1584, \u00e2g\u00e9 de 30\u00a0ans. \u00c9ternel frustr\u00e9 de la famille, ambitieux et rebelle, tr\u00e8s impopulaire, il a complot\u00e9 \u00e0 la t\u00eate du parti des Malcontents et ce n\u2019est pas une grande perte pour le roi\u2026<\/p>\n<p>Mais Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> n\u2019ayant pas fait d\u2019enfant \u00e0 sa femme pourtant bien-aim\u00e9e, \u00e0 sa mort la couronne de France doit revenir \u00e0 Henri de Navarre, chef du parti protestant. L\u2019astrologue de la cour Nostradamus l\u2019avait pr\u00e9dit il y a longtemps\u00a0: \u00ab\u00a0Il aura tout l\u2019h\u00e9ritage.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La perspective qui se pr\u00e9cise d\u2019un Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> protestant, roi de France, affole les Fran\u00e7ais catholiques et insupporte aux Guise. La Sainte Ligue en sommeil se r\u00e9veille.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pensant \u00e0 cela et tenant ma t\u00eate appuy\u00e9e sur ma main, l\u2019appr\u00e9hension des maux que je ressentis pour mon pays fut telle qu\u2019elle me blanchit la moiti\u00e9 de la moustache.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"555\" class=\"cit-num\">555<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> navarre (1553-1610) au duc de La Force.<em> Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> ou la France sauv\u00e9e<\/em> (1943), Marcel Reinhard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole du futur Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>, quand il apprend la volte-face du roi\u00a0Henri <span class=\"caps\">III<\/span> qui se range ouvertement du c\u00f4t\u00e9 de la Ligue\u00a0: une nouvelle guerre civile est imminente. De surcro\u00eet, pour conforter la Ligue et le roi, le 225e pape, Sixte Quint, excommunie \u00ab\u00a0Henri jadis roi de Navarre\u00a0\u00bb\u00a0: comme relaps, pour s\u2019\u00eatre converti \u00e0 la Saint-Barth\u00e9lemy (contraint, \u00ab\u00a0la messe ou la mort\u00a0\u00bb) et avoir ensuite abjur\u00e9.<\/p>\n<p>La huiti\u00e8me et derni\u00e8re guerre de Religion sera la plus longue\u00a0: treize ann\u00e9es. Baptis\u00e9e la guerre des trois Henri, elle oppose le roi de France Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, Henri <span class=\"caps\">III<\/span> de Navarre (bient\u00f4t Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>) et Henri de Guise le Balafr\u00e9, chef incontest\u00e9 de la Ligue. Elle commence en 1585, par une s\u00e9rie de batailles dont aucune n\u2019est d\u00e9cisive et les alliances vont changer, entre les forces en pr\u00e9sence. Aucun des trois Henri ne mourra au combat, mais chacun sera victime d\u2019un assassinat, dont deux relevant du r\u00e9gicide.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Diable est d\u00e9cha\u00een\u00e9. Je suis \u00e0 plaindre et c\u2019est merveille que je ne succombe pas sous le faix. Si je n\u2019\u00e9tais huguenot, je me ferais Turc\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"560\" class=\"cit-num\">560<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> navarre (1553-1610), Lettre \u00e0 Diane d\u2019Andouins, dite la Belle Corisande, 8\u00a0mars 1588. <em>Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> en Gascogne<\/em> (1553-1589), Charles Henry Joseph de Batz-Trenquell\u00e9on<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi de Navarre se plaint \u00e0 sa ma\u00eetresse de cette (huiti\u00e8me) guerre de Religion dont il ne voit pas la fin et qu\u2019elle finance par amour pour lui.<\/p>\n<p>Cependant que, gris\u00e9 par ses victoires et pouss\u00e9 par les ligueurs catholiques (soutenus par les subsides du tr\u00e8s catholique roi d\u2019Espagne Philippe\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>), Henri de Guise se voit d\u00e9j\u00e0 roi de France. L\u2019ann\u00e9e derni\u00e8re, la Sorbonne n\u2019a-t-elle pas pr\u00e9cis\u00e9 qu\u2019on peut d\u00e9poser les \u00ab\u00a0mauvais rois\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour la religion dont tous les deux font parade, c\u2019est un beau pr\u00e9texte pour se faire suivre par ceux de leur parti\u00a0; mais la religion ne les touche ni l\u2019un ni l\u2019autre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"561\" class=\"cit-num\">561<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de <span class=\"caps\">MONTAIGNE<\/span> (1533-1592).<em> Dictionnaire universel des Sciences morale, \u00e9conomique, politique et diplomatique<\/em> (1781), Jean B. Robinet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En mai\u00a01588, le philosophe peine \u00e0 pr\u00e9parer sa nouvelle \u00e9dition des <em>Essais<\/em>. Catholique mod\u00e9r\u00e9, tr\u00e8s hostile aux catholiques \u00ab\u00a0z\u00e9l\u00e9s\u00a0\u00bb de la Ligue et ayant plusieurs fois rencontr\u00e9 Henri de Navarre, il t\u00e9moigne de cette \u00e9vidence\u00a0: les guerres de Religion ne sont plus religieuses, l\u2019enjeu est avant tout politique. Henri de Navarre n\u2019a pas plus de conviction protestante que catholique et Henri de Guise ne pense qu\u2019\u00e0 devenir roi. La preuve\u00a0: il va se faire acclamer par Paris, au printemps 1588.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que Sais-je\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de <span class=\"caps\">MONTAIGNE<\/span> (1533-1592)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Rappelons la devise du tr\u00e8s sage auteur des <em>Essais<\/em>, directement inspir\u00e9e d\u2019un autre grand philosophe de l\u2019Antiquit\u00e9, Socrate\u00a0: \u00ab\u00a0Je sais que je ne sais rien.\u00a0\u00bb En 1576, Montaigne fit graver une m\u00e9daille avec ces trois mots, point d\u2019ancrage de toute son \u0153uvre et fondement d\u2019une nouvelle forme de pens\u00e9e o\u00f9 le doute devient l\u2019expression du devoir intellectuel. \u00c0 l\u2019\u00e9poque de tous les fanatismes religieux et politiques, cette affirmation \u00e9tait aussi \u00ab\u00a0r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb que celle de Descartes affirmant au si\u00e8cle suivant \u00ab\u00a0Je pense, donc je suis\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon Dieu qu\u2019il est grand\u00a0! Il para\u00eet encore plus grand mort que vivant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"566\" class=\"cit-num\">566<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), face au corps du duc de Guise, ch\u00e2teau de Blois, 23\u00a0d\u00e9cembre 1588.<em> Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il a os\u00e9\u00a0: ordre donn\u00e9 aux Quarante-Cinq (garde personnelle du roi, immortalis\u00e9e par le roman de Dumas) d\u2019assassiner Henri le Balafr\u00e9 qui se croyait invuln\u00e9rable, ainsi que son fr\u00e8re Louis, cardinal de Lorraine \u2013 arr\u00eat\u00e9, ex\u00e9cut\u00e9 le lendemain dans sa prison.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est bien taill\u00e9 mon fils\u00a0; maintenant il faut recoudre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"567\" class=\"cit-num\">567<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589) \u00e0 Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, ch\u00e2teau de Blois, 23\u00a0d\u00e9cembre 1588. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises et \u00e9trang\u00e8res<\/em> (1982), Robert Carlier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi courut annoncer \u00e0 sa m\u00e8re l\u2019assassinat de son pire ennemi, le duc de Guise. Cette fa\u00e7on d\u2019\u00e9liminer ceux qui font obstacle au pouvoir de ses fils est bien dans ses m\u0153urs \u2013 et dans celles de l\u2019\u00e9poque. Mais \u00e0 70\u00a0ans et \u00e0 quelques jours de sa mort (5\u00a0janvier 1589), la reine m\u00e8re ne doit pas se faire beaucoup d\u2019illusions sur l\u2019avenir de son dernier fils\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! le m\u00e9chant moine, il m\u2019a tu\u00e9, qu\u2019on le tue\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"573\" class=\"cit-num\">573<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">III<\/span> (1551-1589), Saint-Cloud, 1er\u00a0ao\u00fbt 1589, \u00ab\u00a0premier mot de la fin\u00a0\u00bb. <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au ch\u00e2teau de Saint-Cloud, le roi pr\u00e9pare le si\u00e8ge de Paris avec son alli\u00e9 Henri de Navarre\u00a0: 30\u00a0000 hommes sont pr\u00eats \u00e0 attaquer la capitale, d\u00e9fendue par la milice bourgeoise et la Ligue, arm\u00e9e par Philippe\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0m\u00e9chant moine\u00a0\u00bb est un dominicain de 22\u00a0ans, Jacques Cl\u00e9ment, ligueur fanatique. Il pr\u00e9parait son geste\u00a0: le complot est connu, approuv\u00e9 de nombreux catholiques et b\u00e9ni par le pape Sixte Quint. Le moine r\u00e9ussit \u00e0 approcher le roi \u2013 seul, sur sa \u00ab\u00a0chaise perc\u00e9e\u00a0\u00bb. La garde personnelle (les Quarante-Cinq), alert\u00e9e par les cris du roi poignard\u00e9, transperce l\u2019assassin \u00e0 coups d\u2019\u00e9p\u00e9e\u00a0: d\u00e9fenestr\u00e9, le corps est sit\u00f4t tir\u00e9 par quatre chevaux, \u00e9cartel\u00e9, et br\u00fbl\u00e9 sur le b\u00fbcher pour r\u00e9gicide.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne se rejouera avec Ravaillac et Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>. Ces assassinats, comme tous les complots et attentats contre les rois de l\u2019\u00e9poque, s\u2019inspirent de la th\u00e9orie du tyrannicide dont Jean Gerson fut l\u2019un des proph\u00e8tes\u00a0: \u00ab\u00a0Nulle victime n\u2019est plus agr\u00e9able \u00e0 Dieu qu\u2019un tyran.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce Roy \u00e9toit un bon prince, s\u2019il e\u00fbt rencontr\u00e9 un meilleur si\u00e8cle.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"575\" class=\"cit-num\">575<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de l\u2019<span class=\"caps\">ESTOILE<\/span> (1546-1611), <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tel est le jugement du fid\u00e8le chroniqueur \u00e0 la mort du roi. Avec le recul de l\u2019Histoire, il semble que ce soit bien vu. Le personnage est toujours discut\u00e9, mais son action finit par \u00eatre reconnue.<\/p>\n<p>Quant au si\u00e8cle d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, son fanatisme \u00e9tonne autant qu\u2019il effraie. Paris honore le moine meurtrier comme un saint et un martyr. On c\u00e9l\u00e8bre des messes pour le repos de son \u00e2me, son portrait tr\u00f4ne sur l\u2019autel des \u00e9glises. On le nomme lib\u00e9rateur de la religion, sauveur de Paris. L\u2019ambassadeur d\u2019Espagne annonce \u00e0 Philippe Il l\u2019assassinat d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> en disant\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est \u00e0 la main seule du Tr\u00e8s-Haut qu\u2019on est redevable de cet heureux \u00e9v\u00e9nement.\u00a0\u00bb On demande au pape la b\u00e9atification de Jacques Cl\u00e9ment et dans les processions, on porte son image sur une banni\u00e8re, comme celle d\u2019un saint et d\u2019un h\u00e9ros.<\/p>\n<p>Cependant que les princes ultra-catholiques jurent de ne jamais reconna\u00eetre Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> pour roi\u00a0: \u00ab\u00a0Plut\u00f4t mourir de mille morts\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-69.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Naissance de la monarchie absolue (1589-1643)<\/h4>\n<h4 style=\"text-align: center\">Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> (1589-1610)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis votre chef, mon royaume est mon corps, vous avez cet honneur d\u2019\u00eatre les membres, d\u2019ob\u00e9ir et d\u2019y apporter la chair, le sang, les os et tout ce qui en d\u00e9pend.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"579\" class=\"cit-num\">579<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), au Parlement de Bordeaux.<em> Lettres et n\u00e9gociation de Paul Choart\u2026 et de Fran\u00e7ois d\u2019Aerssen\u2026, 1598-1599<\/em> (1846), Paul Choart de Buzanval, baron Fran\u00e7ois van Aerssen<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Notons la sensualit\u00e9 tr\u00e8s charnelle de ce pouvoir royal qui s\u2019affirme et s\u2019exprime, quand Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> se d\u00e9finissait plus simplement et sobrement\u00a0\u00e0 la fin du Moyen \u00c2ge par cette forte identification\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis France\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s des rois faibles et \u00e0 travers la tourmente d\u2019une huiti\u00e8me et derni\u00e8re guerre de Religion qui va occuper la moiti\u00e9 de son r\u00e8gne, le bon roi Henri\u00a0incarne ce pouvoir royal qu\u2019il doit r\u00e9affirmer face \u00e0 bien des formes d\u2019opposition\u00a0: Grands qui agissent encore en f\u00e9odaux, assembl\u00e9es de notables indisciplin\u00e9s, Parlements rebelles. Selon les circonstances, il use habilement de la menace ou de la bonhomie, de l\u2019autoritarisme ou de l\u2019ironie, pour neutraliser ces corps interm\u00e9diaires.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Incertain et d\u00e9prav\u00e9, je ne me retiens pas assez du plaisir comme chr\u00e9tien, je m\u2019y laisse aller comme homme, mais je ne m\u2019y laisse pas tromper comme b\u00eate.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"594\" class=\"cit-num\">594<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Th\u00e9ophile de <span class=\"caps\">VIAU<\/span> (1590-1626),<em> Au lecteur<\/em> (1641)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jolie d\u00e9finition du libertin par soi-m\u00eame\u00a0! \u00c9lev\u00e9 dans la religion protestante, converti pour la forme (et pour sa tranquillit\u00e9) au catholicisme, le po\u00e8te se retrouve naturaliste \u00e9picurien. Autrement dit libertin d\u2019esprit et de m\u0153urs, le plus hardi d\u2019un groupe (Boisrobert, Mainard, Saint-Amant), banni d\u00e8s 1619, rentr\u00e9 en gr\u00e2ce, c\u00e9l\u00e8bre par sa trag\u00e9die <em>Pyrame et Thisb\u00e9<\/em> en 1621, de nouveau poursuivi et condamn\u00e9 par contumace \u00e0 \u00eatre br\u00fbl\u00e9 vif en 1623\u00a0! Ses ennuis continueront jusqu\u2019\u00e0 sa mort prochaine et pr\u00e9matur\u00e9e en 1626, \u00e0 36\u00a0ans.<\/p>\n<p>Le libertinage, v\u00e9ritable fait de soci\u00e9t\u00e9, va souvent de pair avec l\u2019incroyance et la d\u00e9bauche et passe ainsi pour un crime. Th\u00e9ophile de Viau en sera le symbole, lui qui \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Notre destin est assez doux\u00a0\/ Et, pour n\u2019\u00eatre pas immortelle,\u00a0\/ Notre nature est assez belle\u00a0\/ Si nous savons jouir de nous.\u00a0\/ Le sot glisse sur les plaisirs,\u00a0\/ Mais le sage y demeure ferme\u00a0\/ En attendant que ses d\u00e9sirs\u00a0\/ Ou ses jours finissent leur terme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je croyais que c\u2019\u00e9tait un roi, mais ce n\u2019est qu\u2019un carabin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"606\" class=\"cit-num\">606<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexandre <span class=\"caps\">FARN\u00c8SE<\/span>, duc de Parme (1545-1592).<em> Histoire de France au seizi\u00e8me si\u00e8cle, La Ligue et Henri <span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1856), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Soutien de la Ligue catholique et adversaire politique d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> le protestant, c\u00e9l\u00e8bre condottiere, c\u2019est surtout l\u2019h\u00e9ritier d\u2019une des plus grandes maisons princi\u00e8res italiennes qui affiche ici son m\u00e9pris pour l\u2019allure si peu royale du nouveau souverain. Michelet ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Nous trouvons s\u00e9v\u00e8re le mot du prince [duc] de Parme.\u00a0\u00bb \u2013 pr\u00e9cisons que \u00ab\u00a0carabin\u00a0\u00bb signifie ici porteur de carabine\u2026 sans rapport avec le mot d\u2019argot d\u00e9signant les \u00e9tudiants en m\u00e9decine\u2026 sauf que dans l\u2019arm\u00e9e, leur uniforme rappelait celui des carabiniers\u00a0!<\/p>\n<p>L\u2019empereur dira plus tard d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0: \u00ab\u00a0Mon brave capitaine de cavalerie\u00a0\u00bb \u2026 et Michelet de commenter \u00e0 nouveau\u00a0: \u00ab\u00a0Nous trouvons fort dur le mot de Napol\u00e9on\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, avec ses allures rustiques, son humeur joviale et son go\u00fbt effr\u00e9n\u00e9 pour les femmes, le roi \u2013 et plus encore les compagnons d\u2019armes lui faisant escorte \u2013 choquent les Grands, habitu\u00e9s \u00e0 une \u00e9tiquette de cour tr\u00e8s stricte depuis Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> et au raffinement tout italien de mise sous Catherine de M\u00e9dicis.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Capitaine Bon Vouloir, il n\u2019est pas grand abatteur de bois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"607\" class=\"cit-num\">607<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEMANT<\/span> des <span class=\"caps\">R\u00c9AUX<\/span> (1619-1692), <em>Historiettes<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Faut-il revoir la l\u00e9gende d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> et retoucher le portrait du Vert Galant\u00a0? Grand coureur de jupons, n\u2019est-il pas si bon amant sur le terrain\u00a0? Une chose est s\u00fbre\u00a0: sceptique envers les hommes, il s\u2019est tourn\u00e9 passionn\u00e9ment vers les femmes, laissant parfois de belles intrigantes se m\u00ealer un peu trop de sa politique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un grand homme de guerre et encore plus un grand homme de bien. On ne peut assez regretter qu\u2019un petit ch\u00e2teau ait fait p\u00e9rir un capitaine qui valait mieux que toute une province.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"619\" class=\"cit-num\">619<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), ao\u00fbt\u00a01591. <em>Mus\u00e9e des protestants c\u00e9l\u00e8bres<\/em> (1824), Guillaume Tell Doin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi vient d\u2019apprendre la mort de Fran\u00e7ois de La Noue, capitaine huguenot frapp\u00e9 d\u2019une balle au front, alors qu\u2019il levait la visi\u00e8re de son heaume au si\u00e8ge de Lamballe (C\u00f4tes-du-Nord), le 4\u00a0ao\u00fbt 1591. Son courage lui a valu le double surnom de \u00ab\u00a0Bayard protestant\u00a0\u00bb et de \u00ab\u00a0Bras de fer\u00a0\u00bb (bless\u00e9 en pleine guerre de Religion, amput\u00e9, appareill\u00e9, il continua de se battre jusqu\u2019\u00e0 ses 60\u00a0ans). Mais sa tol\u00e9rance, son sens de l\u2019honneur \u00e9taient tout aussi dignes d\u2019estime, aux yeux du roi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, il ne faut plus tortignonner [\u2026] Avisez de choisir\u00a0: ou de complaire \u00e0 vos proph\u00e8tes de Gascogne et retourner courir le guilledou en nous faisant jouer \u00e0 sauve qui peut, ou de vaincre la Ligue qui ne craint rien de vous tant que la conversion [\u2026] gagnant plus en une heure de messe que vous ne feriez en vingt batailles gagn\u00e9es et en vingt ann\u00e9es de p\u00e9rils et de labeurs.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"622\" class=\"cit-num\">622<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SULLY<\/span> (1560-1641), \u00e0 Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, mars\u00a01593.<em> La Monarchie fran\u00e7aise, 1515-1715, du roi-chevalier au Roi-Soleil<\/em> (1971), Philippe Erlanger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sully est l\u2019un des plus anciens compagnons d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>. Ing\u00e9nieur militaire, bless\u00e9 \u00e0 la bataille d\u2019Ivry, c\u2019est aussi un conseiller tr\u00e8s \u00e9cout\u00e9. Il parle en sage politique, \u00e9tant lui-m\u00eame protestant. Il sait que la conversion au catholicisme est la seule solution \u00e0 cette guerre qui dure, \u00e9puise les deux partis et semble sans issue militaire.<\/p>\n<p>Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> h\u00e9site encore. Il tient de son p\u00e8re Antoine de Bourbon sa versatilit\u00e9 et n\u2019est plus \u00e0 une conversion pr\u00e8s \u2013 il est vrai que le jour de la Saint-Barth\u00e9lemy, c\u2019\u00e9tait \u00ab\u00a0la messe ou la mort\u00a0\u00bb. Il doit aussi se rappeler Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> ayant choisi de faire alliance avec lui et proph\u00e9tisant juste avant de mourir\u00a0: \u00ab\u00a0Henri de Navarre est d\u2019un caract\u00e8re trop sinc\u00e8re et trop noble pour ne pas rentrer dans le sein de l\u2019\u00c9glise\u00a0; t\u00f4t ou tard, il reviendra \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai bien vu le roi, mais je n\u2019ai pas vu Sa Majest\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"628\" class=\"cit-num\">628<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme\u00a0de <span class=\"caps\">SIMIER<\/span> (<span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle), \u00e0 l\u2019entr\u00e9e d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> dans Paris, 22\u00a0mars 1594. <em>Historiettes\u00a0: m\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (posthume, 1834), Tallemant des R\u00e9aux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019Entr\u00e9e royale est un \u00e9v\u00e9nement majeur dans la vie d\u2019une ville\u00a0: une f\u00eate, un spectacle dont on imagine mal aujourd\u2019hui le symbole et la magnificence. Mais quand c\u2019est Paris qui se rend \u00e0 son roi apr\u00e8s cinq ann\u00e9es de combat, c\u2019est un fait historique, \u00e0 l\u2019\u00e9gal d\u2019une victoire\u00a0! Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> en est heureux et fier\u00a0: il a gagn\u00e9 la guerre de Paris sans morts et sans pillage, apr\u00e8s moult n\u00e9gociations secr\u00e8tes et versements d\u2019argent.<\/p>\n<p>Seule d\u00e9ception, celle des Grands rest\u00e9s sur le souvenir d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> et des fastes de la cour, choqu\u00e9s \u00e0 la vue du successeur plus B\u00e9arnais que nature, n\u00e9gligent, d\u00e9braill\u00e9, puant l\u2019ail et s\u2019en vantant\u00a0: \u00ab\u00a0Je tiens de mon p\u00e8re, moi, je sens le gousset.\u00a0\u00bb Encore a-t-il rev\u00eatu son armure, pour la c\u00e9r\u00e9monie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, vous n\u2019avez encore renonc\u00e9 Dieu que des l\u00e8vres, et il s\u2019est content\u00e9 de les percer\u00a0; mais quand vous le renoncerez, alors il percera le c\u0153ur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"633\" class=\"cit-num\">633<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Agrippa d\u2019<span class=\"caps\">AUBIGN\u00c9<\/span> (1552-1630), \u00e0 Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, au lendemain de l\u2019attentat de Ch\u00e2tel, 27\u00a0d\u00e9cembre 1594. <em>\u00c9tude historique et litt\u00e9raire sur Agrippa d\u2019Aubign\u00e9<\/em> (1883), Eug\u00e8ne R\u00e9aume<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tr\u00e8s fervent protestant, po\u00e8te militant et militaire querelleur, il regrette qu\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> ait fait l\u2019\u00e9change de Paris contre une messe \u2013 pour ne pas dire son \u00e2me. L\u2019abjuration l\u2019a indign\u00e9, l\u2019\u00e9dit de Nantes ne le satisfera pas, ne faisant que tol\u00e9rer sa religion. Bien que rest\u00e9 fid\u00e8le au roi, il se retire dans ses terres de Vend\u00e9e comme gouverneur, reprenant du service sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, puis contraint de se r\u00e9fugier \u00e0 Gen\u00e8ve o\u00f9 il meurt, \u00e0 pr\u00e8s de 80\u00a0ans.<\/p>\n<p>Ironie de l\u2019Histoire, sa petite-fille, Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9, devenue marquise de Maintenon et femme de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, contribuera pour une large part \u00e0 la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes et aux nouvelles pers\u00e9cutions contre les protestants.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les gens de justice sont mon bras droit, mais si la gangr\u00e8ne se met au bras droit, il faut que le gauche le coupe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"646\" class=\"cit-num\">646<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), D\u00e9claration au Parlement, 7\u00a0f\u00e9vrier 1599. <em>Lettres intimes de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1885), Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il improvise un autoportrait original et d\u00e9finit en m\u00eame temps sa politique.<\/p>\n<p>Le pouvoir du roi doit s\u2019affirmer face \u00e0 tous les corps interm\u00e9diaires\u00a0: cours souveraines, \u00e9tats provinciaux, coll\u00e8ges d\u2019officiers, assembl\u00e9es d\u2019ordres. Avec les Parlements, Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> se montre tour \u00e0 tour bonhomme et mena\u00e7ant\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai autrefois fait le soldat\u00a0; on en a parl\u00e9, et n\u2019en ai pas fait semblant. Je suis Roi maintenant et parle en Roi. Je veux \u00eatre ob\u00e9i. \u00c0 la v\u00e9rit\u00e9, les gens de justice sont mon bras droit, mais\u2026\u00a0\u00bb En fait, le roi respectera les institutions (sauf rares exceptions), mais les videra de leur signification.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je me passerais mieux de dix ma\u00eetresses comme vous, que d\u2019un serviteur comme lui.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"647\" class=\"cit-num\">647<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610) \u00e0 Gabrielle d\u2019Estr\u00e9es, 1599. <em>Dictionnaire historique, critique et bibliographique<\/em> (1822), Louis Ma\u00efeul Chaudon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sa belle ma\u00eetresse vient de se plaindre de Sully qu\u2019elle appelle un \u00ab\u00a0valet\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Maximilien de B\u00e9thune, baron de Rosny, duc de Sully (et bient\u00f4t premier au Conseil et pair de France), un de ses plus vieux compagnons de route, est d\u00e9j\u00e0 grand voyer de France (contr\u00f4lant toutes les voies de communication), superintendant des Fortifications et B\u00e2timents, grand ma\u00eetre de l\u2019artillerie, charg\u00e9 de l\u2019agriculture, surintendant des Finances. Il s\u2019acquitte de ses t\u00e2ches avec autant de loyaut\u00e9 que d\u2019efficacit\u00e9.<\/p>\n<p>Mais Gabrielle d\u2019Estr\u00e9es est aussi la plus aim\u00e9e des femmes pr\u00e9sentes. Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> projetait m\u00eame, apr\u00e8s annulation en cour de Rome de son mariage avec Marguerite de Valois, de l\u2019\u00e9pouser. \u00c0 sa mort (soudaine), il jure\u00a0: \u00ab\u00a0La racine de mon c\u0153ur est morte et ne rejettera [repoussera] plus\u00a0!\u00a0\u00bb Elle a droit \u00e0 des fun\u00e9railles royales. Trois mois apr\u00e8s, il tombe fou de la nouvelle favorite, Henriette d\u2019Entragues, et lui \u00e9crit une promesse de mariage fort bien libell\u00e9e, car il va se s\u00e9parer de Margot, toujours sans enfant. Mais pour raison d\u2019\u00c9tat, il va \u00e9pouser Marie de M\u00e9dicis, fille du grand-duc de Toscane, Fran\u00e7ois de M\u00e9dicis \u2013 grande famille patricienne de Florence, et banquier de l\u2019Europe depuis le <em>Quattrocento<\/em>. (l\u2019expression d\u00e9signe la Renaissance italienne au <span class=\"caps\">XV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, les ann\u00e9es 1400, ou <em>millequattrocento<\/em>.)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne trouve ni agr\u00e9able compagnie, ni r\u00e9jouissance, ni satisfaction chez ma femme [\u2026] faisant une mine si froide et si d\u00e9daigneuse lorsqu\u2019arrivant du dehors, je viens pour la baiser, caresser et rire avec elle, que je suis contraint de d\u00e9pit de la quitter l\u00e0 et de m\u2019en aller chercher quelque r\u00e9cr\u00e9ation ailleurs.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"653\" class=\"cit-num\">653<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0(1553-1610), Lettre \u00e0 Sully. <em>Lettres intimes de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1876), Louis Dussieux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie de M\u00e9dicis n\u2019a certes pas le temp\u00e9rament de la reine Margot, sa premi\u00e8re femme\u00a0! Ce mariage florentin fut un sacrifice \u00e0 la raison d\u2019\u00c9tat \u2013 mais les rois ne se mariaient pas par amour, pour cela, ils avaient les ma\u00eetresses. La belle-famille est tr\u00e8s riche et tr\u00e8s catholique\u00a0: deux raisons qui auraient d\u00fb faire de ce mariage une bonne affaire pour le roi de France. Il n\u2019en est rien.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la vie priv\u00e9e du roi et ses \u00ab\u00a0r\u00e9cr\u00e9ations\u00a0\u00bb, elles justifient sa r\u00e9putation de Vert Galant. La prog\u00e9niture d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> est \u00e0 l\u2019image de sa sant\u00e9 amoureuse, exceptionnelle, et il l\u00e9gitime souvent ses enfants n\u00e9s hors mariage \u2013 premier roi de France qui ose cela. Quant au nombre de favorites, sur un temps de vie et de r\u00e8gne plus court, il bat largement les deux autres grands amoureux, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>. On avance le nombre de 73.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Priez Dieu, Madame, que je vive longtemps, car mon fils vous maltraitera quand je n\u2019y serai plus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"657\" class=\"cit-num\">657<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0(1553-1610), \u00e0 Marie de M\u00e9dicis.<em> Les Rois qui ont fait la France, Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1981), Georges Bordonove<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sait-il que sa femme n\u2019est pas \u00e9trang\u00e8re \u00e0 certains complots tram\u00e9s autour de lui\u00a0? Cette phrase est en tout cas pr\u00e9monitoire des relations entre la m\u00e8re et son fils\u00a0le futur Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>\u00a0: une v\u00e9ritable guerre au terme de laquelle Marie de M\u00e9dicis perdra son pouvoir, ses amis, sa libert\u00e9, pour finir en exil.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je voudrais n\u2019\u00eatre point roi et que mon fr\u00e8re le f\u00fbt plut\u00f4t\u00a0: car j\u2019ai peur qu\u2019on me tue, comme on a fait du roi mon p\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"663\" class=\"cit-num\">663<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), le soir du 14\u00a0mai 1610. <em>Journal pour le r\u00e8gne de Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et le d\u00e9but du r\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (posthume, 1960), Pierre de L\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019enfant qui n\u2019a pas neuf\u00a0ans restera traumatis\u00e9 \u00e0 jamais par ce drame, o\u00f9 sa m\u00e8re est sans doute compromise. \u00ab\u00a0Votre Majest\u00e9 m\u2019excusera. Les rois ne meurent point en France.\u00a0\u00bb Ainsi parle le chancelier Nicolas Brulart de Sillery devant le petit Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, cependant que la reine Marie de M\u00e9dicis se lamente bien fort sur le corps du roi ramen\u00e9 au Louvre, et que les conseillers la prient instamment d\u2019agir \u00ab\u00a0en homme et en roi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En juriste, Sillery rappelle un tr\u00e8s ancien pr\u00e9cepte de la monarchie fran\u00e7aise\u00a0: \u00ab\u00a0Le Roi de France ne meurt jamais\u00a0\u00bb de sorte que le tr\u00f4ne ne soit jamais vacant, d\u2019o\u00f9 l\u2019expression\u00a0coutumi\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0Le Roi est mort. Vive le roi\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut que je dise ici que la France, en le perdant, perdit un des plus grands rois qu\u2019elle e\u00fbt encore eus\u00a0; il n\u2019\u00e9tait pas sans d\u00e9fauts, mais en r\u00e9compense il avait de sublimes vertus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"665\" class=\"cit-num\">665<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Agrippa d\u2019<span class=\"caps\">AUBIGN\u00c9<\/span> (1552-1630). <em>Histoire de France au dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et Richelieu<\/em> (1857), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Protestant ardent, mais rest\u00e9 fid\u00e8le au roi m\u00eame apr\u00e8s l\u2019abjuration et l\u2019\u00e9dit de Nantes (qui ne le satisfaisait pas), d\u2019Aubign\u00e9 \u00e9nonce une grande v\u00e9rit\u00e9 \u00e0 la mort d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> le Grand.<\/p>\n<p>L\u2019assassinat frappe la France de stupeur et fait du roi un martyr. Ce drame change aussit\u00f4t son image, fait taire toute critique et donne au personnage une immense popularit\u00e9. La l\u00e9gende fera le reste. D\u2019autant que la r\u00e9gente qui lui succ\u00e8de (Marie de M\u00e9dicis) manque totalement de ces vertus politiques qui font les grands r\u00e8gnes.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-69.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> et Richelieu (1610-1643)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On m\u2019a fait, six ans durant, fouetter les mulets aux Tuileries. Il est temps qu\u2019enfin je fasse mon m\u00e9tier de roi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"674\" class=\"cit-num\">674<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), apr\u00e8s la mort de Concini et le d\u00e9part de Marie de M\u00e9dicis. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> et Richelieu<\/em> (1855), Alexandre Dumas<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour une fois, le romancier est fid\u00e8le \u00e0 l\u2019histoire et le mot de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> est souvent repris. L\u2019heure de sa revanche a sonn\u00e9\u00a0! Mais pour faire son m\u00e9tier de roi qu\u2019il prend tr\u00e8s au s\u00e9rieux, il aura toujours besoin d\u2019un second. Encore faut-il faire le bon choix\u2026<\/p>\n<p>Luynes \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, promu duc, pair, conn\u00e9table de France, gouverneur de Picardie, va diriger les affaires du royaume. Belle promotion pour le fauconnier royal \u2013 il est vrai que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> adore la chasse. Mais quand m\u00eame, tant d\u2019honneurs et de pouvoir\u00a0! On va jusqu\u2019\u00e0 comparer le favori \u00e0 Concini, l\u2019\u00e2me damn\u00e9e de sa m\u00e8re et ex-r\u00e9gente, Marie de M\u00e9dicis.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon Dieu, que vous \u00eates grandi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"678\" class=\"cit-num\">678<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1575-1642), \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, rappel\u00e9e d\u2019exil, 5\u00a0septembre 1619. <em>L\u2019Ancienne France\u00a0: Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1886), Paul Lacroix (dit S\u00e9bastien Jacob)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Terme provisoire \u00e0 la premi\u00e8re \u00ab\u00a0guerre de la m\u00e8re et du fils\u00a0\u00bb\u00a0: la reine m\u00e8re reconna\u00eet d\u2019une certaine mani\u00e8re que le roi est bien Roi.<\/p>\n<p>Le 22\u00a0f\u00e9vrier 1619, elle s\u2019est \u00e9chapp\u00e9e de sa prison au ch\u00e2teau de Blois d\u2019une mani\u00e8re rocambolesque, pour prendre la t\u00eate d\u2019un soul\u00e8vement contre son fils. Le trait\u00e9 d\u2019Angoul\u00eame, n\u00e9goci\u00e9 par Richelieu, apaise le conflit. Quelques mois plus tard, la m\u00e8re repartira en guerre contre le fils, en ralliant les Grands du royaume.<\/p>\n<p>Le roi n\u2019aime pas sa m\u00e8re et il a quelques raisons, mais il est assez intelligent pour comprendre que, tenue de force \u00e9loign\u00e9e de la cour, elle ne cessera de comploter contre lui.<\/p>\n<p>Cette r\u00e9conciliation et quelques autres sont n\u00e9goci\u00e9es par le tr\u00e8s habile Richelieu qui se rapproche ainsi du pouvoir. Apr\u00e8s la mort de Luynes (favori du roi et hostile \u00e0 tout nouvel ambitieux), la reine m\u00e8re le fera nommer cardinal, puis entrer au Conseil du roi en 1624, esp\u00e9rant avoir un alli\u00e9 en la place, ce en quoi elle se trompe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jugez s\u2019il faut de la m\u00e9moire pour appeler comme il fait quatre mille personnes par leur nom, et n\u2019oublier jamais le visage d\u2019une personne qu\u2019il aura vue une seule fois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"682\" class=\"cit-num\">682<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Th\u00e9ophraste <span class=\"caps\">RENAUDOT<\/span> (1586-1653). <em>M\u00e9moires de Saint-Simon<\/em> (posthume, 1879)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cela confirme le soin que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> attache aux d\u00e9tails et son souci de bien faire son m\u00e9tier de roi\u00a0! Renaudot est t\u00e9moin, \u00e9tant \u00e0 la fois son m\u00e9decin et son secr\u00e9taire. Il est aussi journaliste connu, cr\u00e9ant en 1631 <em>La Gazette<\/em> dont Richelieu veut faire la \u00ab\u00a0voix de la France\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les quatre pieds carr\u00e9s du cabinet du roi me sont plus difficiles \u00e0 conqu\u00e9rir que tous les champs de bataille de l\u2019Europe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"683\" class=\"cit-num\">683<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642). <em>La France de Richelieu<\/em> (1984), Michel Carmona<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Nouvelle preuve du caract\u00e8re de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, prince jaloux de son autorit\u00e9. C\u2019est l\u2019homme des d\u00e9cisions brusques \u2013 de l\u2019assassinat de Concini aux barbes ras\u00e9es de ses officiers. Sa m\u00e8re en fera souvent les frais. Dans les derniers temps du \u00ab\u00a0minist\u00e9riat\u00a0\u00bb, il supporte mal l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un ministre qu\u2019il a cess\u00e9 d\u2019aimer, mais il le soutient jusqu\u2019\u00e0 la mort \u2013 et ne lui survivra d\u2019ailleurs que quelques mois. \u00ab\u00a0Vous m\u2019avez pour second\u00a0\u00bb, dit parfois le roi au cardinal.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand une fois j\u2019ai pris ma r\u00e9solution, je vais droit \u00e0 mon but, je renverse tout, je fauche tout, et ensuite je couvre tout de ma robe rouge.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"684\" class=\"cit-num\">684<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642). <em>Histoire du minist\u00e8re du cardinal de Richelieu<\/em>, tome <span class=\"caps\">II<\/span> (1816), Antoine Jay<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autoportrait plus vrai que nature\u00a0!<\/p>\n<p>L\u2019historien Michelet fait \u00e0 sa mani\u00e8re un saisissant portrait du \u00ab\u00a0sphinx \u00e0 robe rouge\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Que de contrastes en lui\u00a0! Si dur, si souple, si entier, si bris\u00e9\u00a0! Par combien de tortures doit-il avoir \u00e9t\u00e9 p\u00e9tri, form\u00e9 et d\u00e9form\u00e9, disons mieux, d\u00e9sarticul\u00e9, pour \u00eatre devenu cette chose \u00e9minemment artificielle qui marche sans marcher, qui avance sans qu\u2019il y paraisse et sans faire de bruit, comme glissant sur un tapis sourd, puis, arriv\u00e9, renverse tout. Il vous regarde du fond de son myst\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Myst\u00e8re en vertu de quoi l\u2019 \u00ab\u00a0homme rouge\u00a0\u00bb est tr\u00e8s diversement jug\u00e9 par les contemporains comme par les historiens. \u00ab\u00a0Richelieu avait foudroy\u00e9 plut\u00f4t que gouvern\u00e9 les humains\u00a0\u00bb dit le cardinal de Retz dans ses M\u00e9moires.\u00a0 Talentueux m\u00e9morialiste, mais pi\u00e8tre politicien, il s\u2019opposera surtout \u00e0 Mazarin, mais se vante pourtant d\u2019avoir voulu assassiner Richelieu. Cela enrichit son \u00ab\u00a0<span class=\"caps\">CV<\/span>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quelle trag\u00e9die plus sombre que sa personne m\u00eame\u00a0! Aupr\u00e8s Macbeth est gai [\u2026] Le plus souvent il ravalait le fiel et la fureur, couvrait tout de respect, de d\u00e9cence eccl\u00e9siastique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"688\" class=\"cit-num\">688<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874), <em>Histoire de France au dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, Richelieu et la Fronde<\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le sens et le go\u00fbt du secret reviennent souvent dans les lettres sign\u00e9es Richelieu. Dans une trag\u00e9die qui lui est attribu\u00e9e \u2013 <em>Mirame<\/em> \u2013, on trouve cet alexandrin\u00a0: \u00ab\u00a0Savoir dissimuler est le savoir des rois.\u00a0\u00bb Son <em>Testament politique<\/em> nous donne aussi quelques pistes, m\u00eame s\u2019il n\u2019est pas enti\u00e8rement \u00e9crit de sa main.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui a la force a souvent la raison, en mati\u00e8re d\u2019\u00c9tat.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"685\" class=\"cit-num\">685<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642),<em> Testament politique<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 Et celui qui est faible peut difficilement s\u2019exempter d\u2019avoir tort au jugement de la plus grande partie du monde.\u00a0\u00bb Richelieu est un homme du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. Pour lui, le pouvoir monarchique vient de Dieu et la puissance du pays n\u2019existe que par ce pouvoir. Il faut donc que le roi sache se faire ob\u00e9ir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur et craindre \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. En vertu de quoi le \u00ab\u00a0principal ministre\u00a0\u00bb lutte pour la restauration de l\u2019autorit\u00e9 royale contre les Grands et les protestants et pour la pr\u00e9pond\u00e9rance de la France en Europe, face aux puissants Habsbourg d\u2019Autriche et d\u2019Espagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je r\u00e9ponds de la vertu de la reine de la ceinture aux pieds. Je n\u2019en dirai pas autant du reste.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"695\" class=\"cit-num\">695<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Princesse de <span class=\"caps\">CONTI<\/span> (1574-1631). <em>Mazarin<\/em> (1972), Paul Guth<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Anne d\u2019Autriche, pas vraiment heureuse dans son royal m\u00e9nage, est compromise par la folle passion du duc de Buckingham, ministre et favori du roi d\u2019Angleterre Charles\u00a0Ier (comme il le fut de son p\u00e8re Jacques Ier). Une lettre d\u2019Anne d\u2019Autriche \u00e0 Buckingham confirme\u00a0: \u00ab\u00a0Si une honn\u00eate femme avait pu aimer un autre homme que son mari, vous auriez \u00e9t\u00e9 le seul qui aurait pu me plaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Assurez-vous toujours de mon affection qui durera jusqu\u2019au dernier soupir de ma vie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"703\" class=\"cit-num\">703<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), Lettre \u00e0 Richelieu, 16\u00a0octobre 1629.<em> Vie de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1936), Louis\u00a0Vaunois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce pacte d\u2019union entre le roi et son ministre fonde le \u00ab\u00a0minist\u00e9riat\u00a0\u00bb original qui va les r\u00e9unir. Richelieu sera nomm\u00e9 \u00ab\u00a0principal ministre d\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb le 21\u00a0novembre, duc et pair de France le 26. Quand l\u2019affection ne sera plus ce qu\u2019elle est, la fid\u00e9lit\u00e9 \u00e0 cette parole donn\u00e9e demeure, m\u00eame si Richelieu craint toujours le brusque revirement pouvant tout r\u00e9duire \u00e0 n\u00e9ant\u00a0: sa mission, sa politique, sa carri\u00e8re, sa fortune.<\/p>\n<p>Richelieu va avoir plus que jamais besoin de l\u2019appui du roi, dans l\u2019ann\u00e9e qui vient et marque un tournant du r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce fou n\u2019a qu\u2019une id\u00e9e, abattre la maison d\u2019Autriche [\u2026] Il d\u00e9clenchera la guerre g\u00e9n\u00e9rale et les hordes de barbares se jetteront sur le trottoir fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"705\" class=\"cit-num\">705<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pamphlet contre Richelieu. <em>Mazarin<\/em> (1972), Paul Guth<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En cette ann\u00e9e 1630, que d\u2019opposants \u00e0 la politique anti-habsbourgeoise de Richelieu\u00a0! Le tr\u00e8s catholique cardinal de B\u00e9rulle est mort (octobre\u00a01629), mais il reste le garde des Sceaux Michel de Marillac (antiprotestant farouche, pr\u00f4nant la paix et l\u2019alliance avec l\u2019Espagne catholique), Gaston d\u2019Orl\u00e9ans le fr\u00e8re du roi qui est de tous les complots, la reine et surtout la reine m\u00e8re \u00e0 pr\u00e9sent tr\u00e8s hostile au cardinal et \u00e2me du parti d\u00e9vot.<\/p>\n<p>Richelieu, de son c\u00f4t\u00e9, paie des publicistes \u00e0 gages pour mener une propagande anti-espagnole incessante, d\u2019o\u00f9 une gu\u00e9rilla de libelles et de pamphlets. \u00c0 dater de mai\u00a01631, <em>La Gazette<\/em> hebdomadaire de Th\u00e9ophraste Renaudot, organe officieux du gouvernement, a pour but de r\u00e9duire les \u00ab\u00a0faux bruits qui servent souvent d\u2019allumettes aux mouvements et s\u00e9ditions intestines\u00a0\u00bb. Elle use de son monopole officiel pour diffuser les nouvelles et faire passer les articles transmis par le roi et Richelieu\u00a0: tirage moyen de 1\u00a0200 exemplaires, qui deviendront 12\u00a0000 au si\u00e8cle suivant. Organe officiel du ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res sous le nom de<em> Gazette de France<\/em> \u00e0 dater de 1762, cet anc\u00eatre de nos journaux para\u00eetra jusqu\u2019en 1915.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est le plus grand serviteur que jamais la France ait eu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"706\" class=\"cit-num\">706<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), d\u00e9fendant le cardinal contre sa m\u00e8re au lendemain de la journ\u00e9e des Dupes, le 11\u00a0novembre\u00a01630.<em> Richelieu et le roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1934), Louis Batiffol<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie de M\u00e9dicis a tent\u00e9 de perdre Richelieu. Elle l\u2019avait introduit aupr\u00e8s du roi, esp\u00e9rant son soutien au parti d\u00e9vot et \u00e0 l\u2019Espagne catholique. Et voil\u00e0 qu\u2019il s\u2019allie aux protestants allemands pour contrer la puissante maison des Habsbourg qui r\u00e8gne en Autriche et en Espagne.<\/p>\n<p>Avec la reine, elle a profit\u00e9 d\u2019une grave maladie du roi (tuberculeux et de sant\u00e9 fragile) pour l\u2019\u00e9loigner de son ministre et obtenir sa future disgr\u00e2ce, en septembre\u00a01630 \u00e0 Lyon.<\/p>\n<p>Le 10\u00a0novembre, en son palais du Luxembourg, elle presse son fils de tenir parole. Richelieu, craignant le pire, trompant la vigilance des huissiers, entre par une porte d\u00e9rob\u00e9e. Elle l\u2019accable de sa col\u00e8re et ses injures. Le roi, boulevers\u00e9, se retire sans un mot, sans un regard pour son ministre. La cour croit \u00e0 une arrestation imminente, les courtisans s\u2019empressent autour de la reine m\u00e8re. \u00ab\u00a0C\u2019est la journ\u00e9e des Dupes\u00a0\u00bb \u2013 le mot de Bautru, conseiller d\u2019\u00c9tat et prot\u00e9g\u00e9 du cardinal, fait le tour de Paris.<\/p>\n<p>Le lendemain, le roi est \u00e0 Versailles. Richelieu, convoqu\u00e9, se croit perdu et se jette \u00e0 ses genoux. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> le rel\u00e8ve et le prie de rester. Il exile Marie de M\u00e9dicis \u00e0 Compi\u00e8gne. Marillac est destitu\u00e9. C\u2019est la d\u00e9route du parti d\u00e9vot. Richelieu a gagn\u00e9. Le minist\u00e9riat est plus fort que jamais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je m\u2019aper\u00e7ois assez que l\u2019on s\u2019en prend au cardinal et qu\u2019on ne s\u2019ose plaindre de ma personne. Plus je verrai qu\u2019on l\u2019attaquera, cela sera cause que je l\u2019aimerai davantage et porterai son parti.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"709\" class=\"cit-num\">709<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span>\u00a0(1601-1643), au sieur de La Barre Le Sec, 25\u00a0juillet 1631. <em>Vie de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1936), Louis Vaunois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Barre \u00e9tait venu lui parler de la reine m\u00e8re, Marie de M\u00e9dicis. Prisonni\u00e8re, \u00e9vad\u00e9e, la voil\u00e0 exil\u00e9e hors de France. Elle le restera jusqu\u2019\u00e0 sa mort \u00e0 Cologne, en 1642.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0parti des bons Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, celui des partisans de Richelieu, refusant l\u2019immixtion de la religion dans les affaires de l\u2019\u00c9tat et consid\u00e9rant la maison de Habsbourg comme le principal danger, a d\u00e9finitivement gagn\u00e9 contre le parti d\u00e9vot.<\/p>\n<p>Le couple form\u00e9 par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> et Richelieu est uni et ce \u00ab\u00a0minist\u00e9riat\u00a0\u00bb unique en son genre dans l\u2019Histoire demeure la grande force du r\u00e8gne. Pourtant, les comploteurs ne d\u00e9sarment pas au si\u00e8cle de tous les complots.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il entra dans toutes les affaires, parce qu\u2019il n\u2019avait pas la force de r\u00e9sister \u00e0 ceux qui l\u2019y entra\u00eenaient pour leurs int\u00e9r\u00eats\u00a0; il n\u2019en sortit jamais qu\u2019avec honte, parce qu\u2019il n\u2019avait pas le courage de les soutenir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"713\" class=\"cit-num\">713<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RETZ<\/span> (1613-1679), <em>M\u00e9moires<\/em> (1671-1675)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Retz, qui entrera lui-m\u00eame dans la grande \u00ab\u00a0affaire\u00a0\u00bb de la Fronde, fait ici le portrait de Gaston d\u2019Orl\u00e9ans, fr\u00e8re de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, d\u00e9crit sans indulgence. Il n\u2019en m\u00e9rite gu\u00e8re.<\/p>\n<p>Pourvu d\u2019une grande culture, mais d\u00e9pourvu de tout caract\u00e8re, il est de tous les complots contre le roi ou Richelieu, l\u00e2chant ses complices au dernier moment et fort de son impunit\u00e9, aussi longtemps qu\u2019il est l\u2019h\u00e9ritier de la couronne \u2013 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> \u00e9tant sans enfant. De retour en France en juin\u00a01632, il obtient l\u2019aide d\u2019Henri, quatri\u00e8me et dernier duc de Montmorency. Avec 3\u00a0000 cavaliers allemands, ils soul\u00e8vent une partie du Midi, mais sont battus par les troupes royales le 1er\u00a0septembre, \u00e0 Castelnaudary.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ces animaux sont \u00e9tranges. On croit quelquefois qu\u2019ils ne sont pas capables d\u2019un grand mal, parce qu\u2019ils ne le sont d\u2019aucun bien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"717\" class=\"cit-num\">717<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642).<em> Richelieu tel qu\u2019en lui-m\u00eame<\/em> (1997), Georges Bordonove<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La femme de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>, alli\u00e9e \u00e0 Marie de M\u00e9dicis, chercha \u00e0 obtenir du roi la disgr\u00e2ce de son ministre jusqu\u2019\u00e0 la fameuse journ\u00e9e des Dupes (10\u00a0novembre\u00a01630). Elle est aussi accus\u00e9e de correspondance secr\u00e8te avec son fr\u00e8re Philippe\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> d\u2019Espagne, en guerre \u00ab\u00a0couverte\u00a0\u00bb et bient\u00f4t \u00ab\u00a0ouverte\u00a0\u00bb avec la France, dans le cadre de la guerre de Trente Ans.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 Marie de Rohan-Montbazon, ancienne \u00e9pouse de Luynes (premier favori de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>), puis du duc de Chevreuse, sa vie est un roman o\u00f9 les intrigues politiques se m\u00ealent sans fin aux aventures galantes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elle trahit avec volupt\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"718\" class=\"cit-num\">718<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642).<em> Vie de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1936), Louis Vaunois<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est fort joliment r\u00e9sumer le personnage de la duchesse de Chevreuse. Elle pousse d\u2019abord son amant, le comte de Chalais, \u00e0 comploter contre Richelieu \u2013 le comte le paiera de sa vie. Elle profite d\u2019un exil pour faire conspirer un de ses nouveaux amants, le duc de Lorraine. On la retrouvera bient\u00f4t, en h\u00e9ro\u00efne de la Fronde.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En vain, contre Le Cid, un ministre se ligue\u00a0;<br>Tout Paris pour Chim\u00e8ne a les yeux de Rodrigue.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"721\" class=\"cit-num\">721<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Nicolas <span class=\"caps\">BOILEAU<\/span> (1636-1711), <em>Satire <span class=\"caps\">IX<\/span><\/em> (1668)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la gloire \u00e0 30\u00a0ans pour le plus c\u00e9l\u00e8bre prot\u00e9g\u00e9 de Richelieu, Corneille. Sa pi\u00e8ce est jou\u00e9e, fin d\u00e9cembre\u00a01636, dans le th\u00e9\u00e2tre priv\u00e9 du cardinal (pr\u00e8s de 1 000 places pour les invit\u00e9s) et en janvier\u00a01637 au th\u00e9\u00e2tre du Marais. Ce qui explique l\u2019une et l\u2019autre date donn\u00e9es, selon les sources, pour sa cr\u00e9ation.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re grande trag\u00e9die classique (ou plut\u00f4t tragicom\u00e9die) est ovationn\u00e9e pour son g\u00e9nie propre et pour ses allusions \u00e0 l\u2019actualit\u00e9 \u2013 le combat contre les Maures fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019invasion espagnole de cette ann\u00e9e. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> anoblit l\u2019auteur. Mais Richelieu ne lui pardonne pas son refus de participer \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 de cinq auteurs (avec Boisrobert, Colletet, L\u2019Estoile et Rotrou) charg\u00e9s de composer des pi\u00e8ces sur ses id\u00e9es\u00a0! C\u2019est le petit c\u00f4t\u00e9 d\u2019un grand homme, par ailleurs passionn\u00e9 de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p>Le cardinal forme une cabale et l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, docile, suit, accable le jeune po\u00e8te de critiques jalouses et de propos p\u00e9dants. Corneille en souffre. Mais comme l\u2019\u00e9crira Boileau\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019Acad\u00e9mie en corps a beau le censurer,\u00a0\/ Le public en r\u00e9volte s\u2019obstine \u00e0 l\u2019admirer.\u00a0\u00bb La \u00ab\u00a0querelle du Cid\u00a0\u00bb va \u00e9mouvoir Paris, toute l\u2019ann\u00e9e 1637.<\/p>\n<p>Quand Boileau \u00e9crit pour vanter le grand Corneille, la faveur du public s\u2019est d\u00e9tourn\u00e9e de lui et Racine est le nouveau trag\u00e9dien du si\u00e8cle, sous un autre r\u00e8gne, encore plus riche au plan culturel.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je pense, donc je suis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"722\" class=\"cit-num\">722<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ren\u00e9 <span class=\"caps\">DESCARTES<\/span> (1596-1650), <em>Discours de la m\u00e9thode pour bien conduire sa raison et chercher la v\u00e9rit\u00e9 dans les sciences, plus la dioptrique, les m\u00e9t\u00e9ores et la g\u00e9om\u00e9trie, qui sont des essais de cette m\u00e9thode<\/em> (1637)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre \u00e9v\u00e9nement majeur d\u00e9passant le cadre de la litt\u00e9rature pour devenir fait de soci\u00e9t\u00e9. Le titre est \u00e0 lui seul une citation et tout un programme. Et la formule lapidaire, rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre, va d\u00e9clencher avec quelques autres des pol\u00e9miques qui finiront par la mise \u00e0 l\u2019Index des \u0153uvres de Descartes, apr\u00e8s sa mort.<\/p>\n<p>Philosophe, math\u00e9maticien et physicien, l\u2019auteur s\u2019est prudemment r\u00e9fugi\u00e9 dans la proche, protestante et bourgeoise Hollande, pour poursuivre son \u0153uvre. La condamnation de Galil\u00e9e par le Saint-Office n\u2019est pas si lointaine (1633). Coupable d\u2019avoir affirm\u00e9, contre la Bible, que la Terre tourne autour du Soleil et non l\u2019inverse, l\u2019astronome italien aurait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Et pourtant, elle tourne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Descartes a d\u2019autres audaces et la premi\u00e8re est simple\u00a0: il faut v\u00e9rifier par le raisonnement toutes les id\u00e9es ou v\u00e9rit\u00e9s re\u00e7ues. C\u2019est cela, l\u2019essentiel de sa m\u00e9thode. Mais c\u2019est une rupture avec tout ce qui est enseign\u00e9 dans les universit\u00e9s. Le cart\u00e9sianisme aura des vertus d\u00e9stabilisantes et des cons\u00e9quences scientifiques que l\u2019auteur ne soup\u00e7onnait pas\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En tout cas, pour ma consolation, il me reste de savoir qu\u2019au galant homme tout pays est patrie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"724\" class=\"cit-num\">724<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661), Lettre \u00e0 de Montagu, septembre\u00a01637, Londres. <em>Mazarin et ses amis<\/em> (1968), Georges Dethan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Diplomate au service du pape Urbain <span class=\"caps\">VIII<\/span>, il rencontre au cours d\u2019une mission en France Richelieu qui le remarque en 1630. Nonce (ambassadeur du pape) \u00e0 Paris en 1635-1636, il est de nouveau appr\u00e9ci\u00e9 de Richelieu qui le fait nommer cardinal \u2013 alors qu\u2019il n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 pr\u00eatre. Devenu son principal collaborateur, il prend la place du p\u00e8re Joseph qui meurt en 1638\u2026 Et celle de Richelieu \u00e0 sa mort en 1642, entrant alors au Conseil du roi, le 5\u00a0d\u00e9cembre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tant plus on t\u00e9moigne l\u2019aimer et le flatter, tant plus il se hausse et s\u2019emporte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"729\" class=\"cit-num\">729<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643). <em>Cinq-Mars ou la passion et la fatalit\u00e9<\/em> (1962), Philippe Erlanger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il parle \u00e0 Richelieu de son favori Henri Coiffier de Ruz\u00e9 d\u2019Effiat, marquis de Cinq-Mars qu\u2019il lui a pr\u00e9sent\u00e9 trois ans plus t\u00f4t en 1639 pour divertir le roi fatigu\u00e9, malade, et contrecarrer l\u2019influence d\u2019une amie de la reine, Madame de Hautefort. Bien que combl\u00e9 d\u2019honneurs, de titres et d\u2019argent, le jeune homme n\u2019est jamais satisfait et va conspirer contre Richelieu avec son ami et complice le magistrat de Thou, le duc de Bouillon et l\u2019in\u00e9vitable fr\u00e8re du roi, Gaston d\u2019Orl\u00e9ans qui a cherch\u00e9 alliance aupr\u00e8s des Espagnols.<\/p>\n<p>L\u2019affaire Cinq-Mars, dernier grand complot du r\u00e8gne, attriste les derniers mois du cardinal, \u00e9puis\u00e9 \u00e0 la t\u00e2che et rong\u00e9 par un ulc\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je me rends, parce que je veux mourir, mais je ne suis pas vaincu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"730\" class=\"cit-num\">730<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquis de <span class=\"caps\">CINQ<\/span>\u2013<span class=\"caps\">MARS<\/span> (1620-1642). <em>Les Grands Proc\u00e8s de l\u2019histoire<\/em> (1924), Me Henri Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi parle le h\u00e9ros revu, corrig\u00e9, id\u00e9alis\u00e9, immortalis\u00e9 par Alfred de Vigny dans son roman historique, <em>Cinq-Mars, ou une conjuration sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span><\/em> (1826), inspir\u00e9 de Walter Scott.<\/p>\n<p>Le comte de Vigny, jeune officier et po\u00e8te romantique, en fera le symbole de la noblesse humili\u00e9e par la monarchie absolue\u00a0: grand \u00e9cuyer, favori de la Reine, passionn\u00e9ment attach\u00e9 aux pr\u00e9rogatives de sa caste, bravant les \u00e9dits de Richelieu (comme t\u00e9moin \u00e0 un duel interdit), il s\u2019appr\u00eate, avec la complicit\u00e9 des Espagnols et l\u2019appui de la reine Anne d\u2019Autriche, \u00e0 \u00e9carter le trop puissant cardinal qui a tout pouvoir sur un roi trop faible \u2013 cet argument a d\u00e9j\u00e0 jou\u00e9, dans la journ\u00e9e des Dupes. La conjuration est d\u00e9nonc\u00e9e. Le cardinal triomphe. \u00ab\u00a0Cinq-Mars sourit avec tristesse et sans amertume, parce qu\u2019il n\u2019appartenait d\u00e9j\u00e0 plus \u00e0 la terre. Ensuite, regardant Richelieu avec m\u00e9pris\u00a0\u00bb, il a cette phrase\u2026 La r\u00e9alit\u00e9 est quelque peu diff\u00e9rente du roman, mais pas moins dramatique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je voudrais bien voir la grimace que Monsieur le Grand doit faire \u00e0 cette heure.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"731\" class=\"cit-num\">731<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), \u00e0 Paris, apprenant l\u2019ex\u00e9cution de son favori \u00e0 Lyon. <em>Historiettes\u00a0: m\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (posthume, 1834), Tallemant des R\u00e9aux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Monsieur le Grand, c\u2019est donc Cinq-Mars, 22\u00a0ans. Condamn\u00e9 \u00e0 mort, il est d\u00e9capit\u00e9 \u00e0 Lyon le 12\u00a0septembre 1642.<\/p>\n<p>Dernier favori du roi et jamais satisfait, le marquis avait c\u00e9d\u00e9 \u00e0 tentation du complot avec le soutien de Philippe\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> d\u2019Espagne, toujours en guerre contre la France. En \u00e9change, les conjur\u00e9s lui promettent la restitution de toutes les villes conquises et la victoire\u00a0! On projette aussi de s\u2019emparer du cardinal\u2026 et m\u00eame de le tuer.<\/p>\n<p>Cinq-Mars recule au dernier moment \u2013 Richelieu \u00e9tant avec son capitaine des gardes. Mais une copie du trait\u00e9 f\u00e9lon l\u2019accuse. Richelieu en fait part \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> et le roi ne peut pardonner une si grave tra\u00eetrise \u00e0 son favori.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Grands du royaume eurent joie de sa mort, et quasi tout le peuple s\u2019en r\u00e9jouit.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"734\" class=\"cit-num\">734<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquis de <span class=\"caps\">MONTGLAT<\/span> (1610-1675), <em>M\u00e9moires<\/em> (1635-1654)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On fait des feux de joie \u00e0 la mort de Richelieu \u2013 son successeur, Mazarin, conna\u00eetra le m\u00eame sort post mortem.<\/p>\n<p>L\u2019autorit\u00e9 du cardinal, son ascendant sur le roi et ses m\u00e9thodes de gouvernement l\u2019ont rendu fort impopulaire, surtout les derni\u00e8res ann\u00e9es, avec la guerre, le d\u00e9sespoir et la mis\u00e8re du peuple, mais aussi le m\u00e9contentement des privil\u00e9gi\u00e9s, bourgeois, nobles, conseillers des parlements tardant \u00e0 r\u00e9primer les \u00e9meutes de la \u00ab\u00a0populace\u00a0\u00bb. Longue est la liste de ses ennemis.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ci-g\u00eet un fameux cardinal<br>Qui fit plus de mal que de bien\u00a0:<br>Le bien qu\u2019il fit, il le fit mal<br>Le mal qu\u2019il fit, il le fit bien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"735\" class=\"cit-num\">735<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Isaac de <span class=\"caps\">BENSERADE<\/span> (1612-1691), \u00c9pitaphe<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La plus connue des inscriptions fun\u00e9raires et vengeresses qui accueillirent la mort de Richelieu est sign\u00e9e d\u2019un gentilhomme normand, \u00e9crivain pr\u00e9cieux et acad\u00e9micien\u00a0fran\u00e7ais que le cardinal avait prot\u00e9g\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qu\u2019on parle mal ou bien du fameux cardinal<br>Ma prose ni mes vers n\u2019en diront jamais rien\u00a0:<br>Il m\u2019a fait trop de bien pour en dire du mal,<br>Il m\u2019a fait trop de mal pour en dire du bien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"737\" class=\"cit-num\">737<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">CORNEILLE<\/span> (1606-1684), <em>Po\u00e9sies diverses<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Auteur le plus c\u00e9l\u00e8bre de son temps avec <em>le Cid<\/em> et apr\u00e8s le triomphe de ses trois r\u00e9centes trag\u00e9dies (<em>Horace, Cinna, Polyeucte<\/em>), il compose ce quatrain \u00e0 l\u2019occasion de la mort du cardinal de Richelieu.<\/p>\n<p>Il se rappelle la protection dont il a b\u00e9n\u00e9fici\u00e9, alors qu\u2019il \u00e9tait totalement inconnu et que le cardinal fit ouvrir un second th\u00e9\u00e2tre \u00e0 Paris (Le Marais, rival de l\u2019H\u00f4tel de Bourgogne) pour jouer ses premi\u00e8res pi\u00e8ces. Mais il ne peut oublier la m\u00e9chante cabale mont\u00e9e contre lui par le cardinal et la querelle du <em>Cid<\/em> qui s\u2019ensuivit, en 1637.<\/p>\n<p>Le m\u00e9c\u00e9nat artistique, devenu v\u00e9ritable politique culturelle, va encourager les cr\u00e9ateurs dans tous les domaines\u00a0: lettres, th\u00e9\u00e2tre, musique, peinture, architecture. L\u2019art classique na\u00eet \u00e0 cette \u00e9poque, contribuant au rayonnement de la France en Europe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Grand ministre\u00a0! Que n\u2019es-tu n\u00e9 de mon temps\u00a0! Je te donnerais la moiti\u00e9 de mon empire pour m\u2019apprendre \u00e0 gouverner l\u2019autre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"736\" class=\"cit-num\">736<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PIERRE<\/span> le Grand (1672-1725). <em>Histoire de l\u2019Empire de Russie sous Pierre le Grand<\/em> (posthume, 1831), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Tsar de Russie \u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, tr\u00e8s europ\u00e9en, grand admirateur de la France, autocrate et autoritaire, Pierre Ier dit Pierre le Grand viendra s\u2019incliner devant la tombe du cardinal de Richelieu et lui rendra cet hommage.<\/p>\n<p>Artisan de la grandeur russe, promoteur de r\u00e9formes centralisatrices, pratiquant un \u00ab\u00a0dirigisme de guerre\u00a0\u00bb et c\u00e9dant \u00e0 la tyrannie, il devait se sentir fr\u00e8re en politique de ce grand homme d\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il acheva ce que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> avait commenc\u00e9 [\u2026] Il rendit le pouvoir absolu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"582\" class=\"cit-num\">582<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Philippe <span class=\"caps\">BUCHEZ<\/span> (1796-1865) et Pierre-C\u00e9lestin <span class=\"caps\">ROUX<\/span> (1802-1874), <em>Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1834-1838)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Historien du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, Buchez fait de Richelieu le premier h\u00e9ros de l\u2019histoire moderne de la France, celui qui se bat pour l\u2019unit\u00e9 du pays et le pouvoir du roi, l\u2019un n\u2019allant pas sans l\u2019autre \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Fait remarquable, ce sont deux ministres qui, sous des rois trop faibles ou trop jeunes, ont fait la monarchie absolue et en quelque sorte cr\u00e9\u00e9 le tr\u00f4ne sur lequel Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> s\u2019installera. Tous deux cardinaux, mais de nature aussi diff\u00e9rente que possible\u00a0: Richelieu avec sa lucidit\u00e9 politique et son caract\u00e8re intransigeant, puis Mazarin, son principal collaborateur et bient\u00f4t successeur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En d\u00e9pit de tous, sinon de tout, l\u2019action du cardinal conjugu\u00e9e avec celle du roi avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cisive pour l\u2019avenir du pays, en l\u2019engageant dans la voie qui allait faire de lui un \u00e9tat moderne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"742\" class=\"cit-num\">742<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles de <span class=\"caps\">GAULLE<\/span> (1890-1970). <em>Encyclop\u00e6dia Universalis<\/em>, article \u00ab\u00a0Richelieu\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre hommage qui rejoint l\u2019id\u00e9e de l\u2019historien Buchez.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Un personnage parle d\u2019un autre personnage. Exemple type\u00a0: \u00ab\u00a0Un fou a dit \u00ab\u00a0Moi, la France\u00a0\u00bb et personne n\u2019a ri parce que c\u2019\u00e9tait vrai.\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois Mauriac \u00e9voquant de Gaulle en juin 1940.Le premier \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb est quelquefois le peuple (acteur anonyme) s\u2019exprimant en chanson, pamphlet, slogan, \u00e9pitaphe. Le second \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb peut \u00eatre un groupe, une assembl\u00e9e, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":145,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9701","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9701","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9701"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9701\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":16253,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9701\/revisions\/16253"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9701"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9701"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9701"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}