{"id":9755,"date":"2023-10-09T00:00:00","date_gmt":"2023-10-08T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/portrait-de-charles-x-en-citations\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:00","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:00","slug":"portrait-de-charles-x-en-citations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/portrait-de-charles-x-en-citations\/","title":{"rendered":"Portrait de Charles X en citations"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Et si Charles X \u00e9tait le plus royaliste de nos rois\u2026\u00a0? \u00c0 vous de juger.<\/p>\n<p>R\u00e9incarnation de l\u2019Ancien R\u00e9gime jusqu\u2019\u00e0 la caricature et d\u00e9j\u00e0 impopulaire dans sa jeunesse, nostalgique d\u2019un pass\u00e9 o\u00f9 il a bien v\u00e9cu comme tous les privil\u00e9gi\u00e9s, responsable comme eux de la R\u00e9volution en bloquant toutes les r\u00e9formes, \u00e9migr\u00e9 de la premi\u00e8re heure (16 juillet 1789) entour\u00e9 d\u2019une cour plus royaliste que le roi, complotant activement sous l\u2019Empire (et donc responsable de l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien), le comte d\u2019Artois de retour en France lance la Restauration de 1814 dans le rang des ultras, sous le r\u00e8gne de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> \u2013 intelligent mais infirme (souffrant de la goutte) et sans enfant pour lui succ\u00e9der.<\/p>\n<p>Son r\u00e8gne personnel est marqu\u00e9 par la c\u00e9r\u00e9monie \u00e0 grand spectacle du sacre (mai 1825), quelques mots historiques, une s\u00e9rie de maladresses et de fautes politiques (loi du sacril\u00e8ge, r\u00e9tablissement de la censure, augmentation du cens\u2026). Tout cela ne pouvait finir que par une r\u00e9volution que notre roi pr\u00e9cipite en toute inconscience\u00a0jusqu\u2019au dernier jour (quatre ordonnances du 26 juillet 1830). D\u2019o\u00f9 les \u00ab\u00a0trois Glorieuses\u00a0\u00bb (journ\u00e9es des 27, 28, 29 juillet). Et le roi d\u00e9chu repart pour son dernier exil.<\/p>\n<p>Charles X sera le dernier \u00ab\u00a0roi de France\u00a0\u00bb\u00a0: poss\u00e9dant la terre de France selon la structure f\u00e9odale. Son successeur Louis-Philippe n\u2019est que \u00ab\u00a0roi des Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb\u00a0: chef du peuple fran\u00e7ais au nom d\u2019une monarchie constitutionnelle. Il y a plus qu\u2019une nuance, mais les erreurs sont nombreuses\u00a0!<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto; margin-right: auto;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-7-48.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4>1. Le personnage\u00a0: en cinq mots et une image.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai mes vieilles id\u00e9es, je veux mourir avec elles.\u00a0\u00bb<span id=\"1911\" class=\"cit-num\">1911<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0X (1757-1836), sentence souvent r\u00e9p\u00e9t\u00e9e qui r\u00e9sume le personnage. <em>Charles\u00a0X<\/em> (2001), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette phrase annonce \u00e0 la fois son r\u00e8gne et sa fin. Mais au d\u00e9but de la Restauration, il n\u2019est encore que Monsieur, comte d\u2019Artois, fr\u00e8re du roi, sit\u00f4t pr\u00e9sent et bient\u00f4t g\u00eanant pour Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous vous plaignez d\u2019un roi sans jambes, vous verrez ce que c\u2019est qu\u2019un roi sans t\u00eate.\u00a0\u00bb<span id=\"1908\" class=\"cit-num\">1908<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> (1755-1824), qui ne conna\u00eet que trop bien son fr\u00e8re, le comte d\u2019Artois. <em>Encyclop\u00e9die des mots historiques<\/em>, Historama (1970)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Rendu quasi infirme par la goutte \u00e0 la fin de sa vie, le roi parle du futur Charles\u00a0X. Le sexag\u00e9naire a toujours l\u2019allure d\u2019un jeune homme et monte royalement \u00e0 cheval. Malgr\u00e9 cette s\u00e9duction naturelle, il se fera d\u00e9tester.<\/p>\n<p>D\u00e9j\u00e0 impopulaire sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, il se faisait remarquer par sa conduite l\u00e9g\u00e8re et ses folles d\u00e9penses, \u00e0 l\u2019image de sa belle-s\u0153ur Marie-Antoinette. De retour en France apr\u00e8s vingt-cinq ans d\u2019exil, il va accumuler les erreurs politiques sous cette Restauration malgr\u00e9 tout fragile. Il passe son temps entre la chasse, sa passion, et la religion \u2013 devenu d\u00e9vot, il fit le v\u0153u de chastet\u00e9 perp\u00e9tuelle en 1804, \u00e0 la mort de sa favorite Louise d\u2019Esparb\u00e8s, le grand amour de sa vie.<\/p>\n<p>Feignant de se d\u00e9sint\u00e9resser des affaires du royaume, il est en r\u00e9alit\u00e9 le chef (occulte) du parti royaliste (ultra) qui sera au pouvoir sous son r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toujours je l\u2019ai vu chef de parti, jamais l\u2019h\u00e9ritier pr\u00e9somptif du royaume de France.\u00a0\u00bb<span id=\"1909\" class=\"cit-num\">1909<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1766-1822). <em>Le Duc de Richelieu<\/em> (1898), Armand-Emmanuel du Plessis Richelieu (duc de)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Royaliste, \u00e9migr\u00e9 sous la R\u00e9volution, de retour en 1814, il est deux fois pr\u00e9sident du Conseil (chef du gouvernement). La seconde fois (1820-1821), il d\u00e9plore l\u2019opposition du comte d\u2019Artois qui emp\u00eache le roi de r\u00e9gner et lui-m\u00eame de gouverner \u2013 partage du travail et r\u00e8gle du jeu constitutionnel dans cette France qui commence \u00e0 se passionner pour la politique politicienne et le jeu des partis.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pieux comme Saint Louis, affable, compatissant et justicier comme Louis <span class=\"caps\">XII<\/span>, courtois comme Fran\u00e7ois Ier, franc comme Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>.\u00a0\u00bb<span id=\"10\" class=\"cit-num\">10<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole de notre premier grand auteur romantique fran\u00e7ais \u2013 avant Victor Hugo qui voulait \u00eatre \u00ab\u00a0Ch\u00e2teaubriand ou rien\u00a0\u00bb et sera lui-m\u00eame, \u00ab\u00a0Ego Hugo\u00a0\u00bb avec un parcours politique tr\u00e8s diff\u00e9rent.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi un royaliste nostalgique de l\u2019Ancien R\u00e9gime qui finira par critiquer le nouveau roi\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Aux \u00e9poques ordinaires, roi convenable\u00a0; \u00e0 une \u00e9poque extraordinaire, homme de perdition.\u00a0\u00bb<span id=\"1910\" class=\"cit-num\">1910<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Historien de son temps, il juge Charles X lors de son accession au tr\u00f4ne \u00e0 la mort de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>\u00a0: \u00ab\u00a0Incapable de suivre jusqu\u2019au bout une bonne ou une mauvaise r\u00e9solution\u00a0; p\u00e9tri avec les pr\u00e9jug\u00e9s de son si\u00e8cle et de son rang.\u00a0\u00bb Mais \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de cela\u00a0: \u00ab\u00a0Doux, quoique sujet \u00e0 la col\u00e8re, bon et tendre avec ses familiers, aimable, l\u00e9ger, sans fiel, ayant tout du chevalier, la d\u00e9votion, la noblesse, l\u2019\u00e9l\u00e9gante courtoisie, mais entrem\u00eal\u00e9 de faiblesse\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Bref, pas n\u00e9 pour \u00eatre roi en 1824. On ne peut s\u2019emp\u00eacher de penser \u00e0 la situation de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, acc\u00e9dant au tr\u00f4ne en 1774, si mal arm\u00e9, si faible dans une situation pr\u00e9r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>D\u00e9\u00e7u par la politique, l\u2019auteur des <em>M\u00e9moires\u00a0<\/em>avouera\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai vu de pr\u00e8s les rois, et mes illusions politiques se sont \u00e9vanouies.\u00a0\u00bb Cette lucidit\u00e9 doubl\u00e9e d\u2019une ombrageuse fiert\u00e9 fera de lui un \u00e9ternel opposant.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/girafe_charles_c.jpg\" width=\"940\" height=\"1024\"><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus grande b\u00eate qu\u2019on ait jamais vue.\u00a0\u00bb<span id=\"20\" class=\"cit-num\">20<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Larousse. Estampe anonyme imprim\u00e9e par Pierre Langlum\u00e9, Au Magasin de Caricatures d\u2019Aubert, Passage V\u00e9rododat, 1830<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u00e9gende d\u2019une caricature anonyme contre Charles X\u00a0: repr\u00e9sent\u00e9 en girafe affubl\u00e9e d\u2019un bicorne, portant habit chamarr\u00e9 \u00e0 \u00e9paulettes, bottes et \u00e9p\u00e9e. Sa silhouette d\u00e9gingand\u00e9e est aussi payante pour les caricaturistes que celle de son fr\u00e8re podagre.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 la girafe\u2026 la b\u00eate entre aussi dans l\u2019histoire. Offerte \u00e0 Charles X par M\u00e9h\u00e9met Ali en 1827, baptis\u00e9e Zarafa, premi\u00e8re de son esp\u00e8ce en France, elle y v\u00e9cut dix-huit ans, authentique attraction dans la m\u00e9nagerie du Jardin des plantes \u00e0 Paris. Ce cadeau diplomatique du vice-roi d\u2019\u00c9gypte ottomane faisait partie d\u2019un trio de girafes envoy\u00e9es aux trois plus grands souverains d\u2019Europe\u00a0: l\u2019empereur d\u2019Autriche Fran\u00e7ois Ier, le souverain britannique George <span class=\"caps\">IV<\/span>, le roi de France, Charles X. Rappelons qu\u2019on n\u2019avait pas vu de girafe en Europe depuis la \u00ab\u00a0girafe M\u00e9dicis\u00a0\u00bb \u00e0 Florence, offerte \u00e0 Laurent de M\u00e9dicis en 1486.<\/p>\n<p>La nouvelle venue d\u00e9clenche une \u00ab\u00a0girafomania\u00a0\u00bb partout pr\u00e9sente\u00a0: gravures, vaisselle, tapisseries, papier peint, coiffure \u00ab\u00a0\u00e0 la girafe\u00a0\u00bb, bijoux, etc. Elle inspire un couple de personnages du Carnaval de Paris\u00a0: La girafe et son cornac.<\/p>\n<p>La caricature politique est de plus en plus pr\u00e9sente avec l\u2019essor de la presse et touchera parfois au g\u00e9nie (avec le peintre Honor\u00e9 Daumier). Elle s\u2019empare aussit\u00f4t de la girafe, apparent\u00e9e \u00e0 la physionomie longiligne du roi\u00a0: 1827 est nomm\u00e9e \u00ab\u00a0ann\u00e9e de la girafe\u00a0\u00bb par John Grand-Carteret,<em> Les M\u0153urs et la Caricature en France<\/em> (1888). Apr\u00e8s la r\u00e9volution de Juillet, les estampes se multiplient avec la girafe grotesquement accoutr\u00e9e de la tenue du souverain d\u00e9chu\u00a0: \u00ab\u00a0la plus grande b\u00eate qu\u2019on ait jamais vue.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto; margin-right: auto;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-5-65.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4>2. Fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime, R\u00e9volution, Empire\u00a0: un long pass\u00e9 qui p\u00e8sera lourd.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui n\u2019a pas v\u00e9cu dans les ann\u00e9es voisines de 1780 n\u2019a pas connu le plaisir de vivre.\u00a0\u00bb<span id=\"1231\" class=\"cit-num\">1231<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), \u00e0 Guizot. <em>M\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de mon temps<\/em> (1858-1867), Fran\u00e7ois Guizot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son pied bot lui interdit d\u2019entrer dans l\u2019arm\u00e9e, mais ses origines aristocratiques lui ouvrent une premi\u00e8re carri\u00e8re eccl\u00e9siastique, \u00e9v\u00eaque d\u2019Autun en 1788, d\u00e9put\u00e9 aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux en 1789. \u00ab\u00a0Le diable boiteux\u00a0\u00bb servira et trahira tous les r\u00e9gimes, finissant ambassadeur \u00e0 Londres sous la Monarchie de Juillet.<\/p>\n<p>Le t\u00e9moignage est certes celui d\u2019un vieil homme, nostalgique de sa \u00ab\u00a0belle \u00e9poque\u00a0\u00bb. Mais sa v\u00e9rit\u00e9 correspond \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9\u00a0: en 1780, la civilisation fran\u00e7aise est au z\u00e9nith. Ensuite, ce sera le trouble dans les esprits, des calamit\u00e9s agricoles, le pays \u00e0 bout de souffle apr\u00e8s sa participation \u00e0 la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine, enfin la course \u00e0 l\u2019ab\u00eeme du r\u00e9gime.<\/p>\n<p>Le comte d\u2019Artois, futur Charles X, multiplia les aventures \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, les parties de chasse en excellent cavalier, les dettes contract\u00e9es aux jeux d\u2019argent et courses de chevaux organis\u00e9es avec son cousin le duc de Chartres, les prestations sc\u00e9niques avec sa belle-s\u0153ur Marie-Antoinette dont il est tr\u00e8s proche, dans les ann\u00e9es 1770 et 1780. Leur go\u00fbt du th\u00e9\u00e2tre conforme \u00e0 la th\u00e9\u00e2tromanie du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res est aussi une occasion de contrarier leur illustre parent au pouvoir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est d\u00e9testable\u00a0! Cela ne sera jamais jou\u00e9\u00a0! [\u2026] Il faudrait d\u00e9truire la Bastille pour que la repr\u00e9sentation de la pi\u00e8ce ne f\u00fbt pas une incons\u00e9quence dangereuse.\u00a0\u00bb<span id=\"1234\" class=\"cit-num\">1234<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), qui vient de lire<em> Le Mariage de Figaro<\/em> avant sa cr\u00e9ation sur sc\u00e8ne. <em>Encyclop\u00e6dia Universalis,<\/em> article \u00ab\u00a0Le Mariage de Figaro\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Depuis quatre ans, Paris parle de cette pi\u00e8ce dont l\u2019auteur, Beaumarchais, est d\u00e9j\u00e0 c\u00e9l\u00e8bre pour des raisons pas seulement litt\u00e9raires \u2013 proc\u00e8s gagn\u00e9s, aide \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique. Soumise \u00e0 six censeurs, interdite de repr\u00e9sentation \u00e0 Versailles au dernier moment en 1783, puis jou\u00e9e en th\u00e9\u00e2tre priv\u00e9 chez M. de Vaudreuil, le 23\u00a0septembre. Paris se presse pour la premi\u00e8re publique \u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, le 27\u00a0avril 1784.<\/p>\n<p>Mais Le Mariage, interdit par Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, fut jou\u00e9 lors d\u2019une repr\u00e9sentation priv\u00e9e au ch\u00e2teau de Gennevilliers avec Marie-Antoinette dans le r\u00f4le de la comtesse, en pr\u00e9sence du comte d\u2019Artois\u2026 qui jouera lui-m\u00eame le r\u00f4le de Figaro au ch\u00e2teau de Versailles\u00a0! Distribution royale. Et d\u00e9fi \u00e0 la royaut\u00e9\u00a0? Selon Antoine Vitez, administrateur de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise qui monta la pi\u00e8ce pour le bicentenaire de la R\u00e9volution en 1989, \u00ab\u00a0<em>Le Mariage de Figaro<\/em> est tr\u00e8s l\u00e9gitimement consid\u00e9r\u00e9 comme une pi\u00e8ce r\u00e9volutionnaire\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>En 1789, il y a naturellement plus grave, en terme politique. Et le futur Charles X s\u2019engage \u00e0 droite toute, d\u00e9j\u00e0 plus royaliste que le roi Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, son fr\u00e8re toujours h\u00e9sitant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le temps est venu de r\u00e9parer, mais non de d\u00e9molir\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte d\u2019<span class=\"caps\">ARTOIS<\/span>, et futur <span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0X (1757-1836)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Calonne se heurte aux notables r\u00e9unis en assembl\u00e9e\u00a0: Charles accepte la suppression des privil\u00e8ges financiers de la noblesse, mais pas la r\u00e9duction des privil\u00e8ges sociaux dont jouissent l\u2019\u00c9glise et la noblesse. Il pense qu\u2019on peut r\u00e9former les finances de la France sans renverser la monarchie. Il suscite aussi la col\u00e8re du tiers \u00e9tat en s\u2019opposant \u00e0 toute initiative d\u2019accro\u00eetre son droit de vote en 1789. Viveur fastueux et impopulaire, il est d\u00e9j\u00e0 dans son r\u00f4le favori, \u00e0 la t\u00eate de la contre-r\u00e9volution.<\/p>\n<p>Deux jours apr\u00e8s la prise de la Bastille, dans la nuit du 16 au 17 juillet, il doit fuir et donne le signal de l\u2019\u00e9migration. Jusqu\u2019au printemps 1791, fix\u00e9 au Pi\u00e9mont et consid\u00e9r\u00e9 comme le chef de l\u2019\u00e9migration, il d\u00e9ploie aupr\u00e8s des cours \u00e9trang\u00e8res une intense activit\u00e9.<\/p>\n<p>Le 27 ao\u00fbt 1791, en Saxe, il contribue avec Calonne \u00e0 la d\u00e9claration de Pillnitz\u00a0: l\u2019empereur germanique L\u00e9opold <span class=\"caps\">II<\/span> et le roi de Prusse Fr\u00e9d\u00e9ric-Guillaume <span class=\"caps\">II<\/span> expriment leur inqui\u00e9tude sur le sort r\u00e9serv\u00e9 au roi Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, \u00e9voquant la possibilit\u00e9 d\u2019une intervention contre la France r\u00e9volutionnaire, sous condition de l\u2019unanimit\u00e9 de tous les pays. Cette d\u00e9claration r\u00e9jouit les partisans fran\u00e7ais d\u2019un retour \u00e0 l\u2019Ancien R\u00e9gime et tous les \u00e9migr\u00e9s regroup\u00e9s autour des fr\u00e8res du roi, comte de Provence (futur Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>) et comte d\u2019Artois (Charles X). Mais elle est d\u00e9nonc\u00e9e comme une menace grave, voire une d\u00e9claration de guerre, par les r\u00e9publicains fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Le 20 septembre 1792, lors de la bataille de Valmy, le comte d\u2019Artois est \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e des \u00e9migr\u00e9s. Lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume en f\u00e9vrier 1793, il r\u00e9sidera en Angleterre jusqu\u2019en 1814. De l\u00e0, il complote activement contre le nouveau ma\u00eetre de la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vis dans une d\u00e9fiance continuelle. Chaque jour, on voit \u00e9clore de nouveaux complots contre ma vie. Les Bourbons me prennent pour leur unique point de mire\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1742\" class=\"cit-num\">1742<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), \u00e0 son fr\u00e8re Joseph. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce n\u2019est pas une parano\u00efa de dictateur. De son propre aveu, le futur Charles\u00a0X entretenait 60 assassins dans Paris. C\u2019est lui qui a nomm\u00e9 Cadoudal, r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Londres, lieutenant g\u00e9n\u00e9ral des arm\u00e9es du roi en 1800. Il est donc indirectement responsable d\u2019une affaire qui va d\u00e9frayer la chronique europ\u00e9enne et fort \u00e9mouvoir toutes les cours, \u00ab\u00a0l\u2019assassinat du duc d\u2019Enghien\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Bourbons croient qu\u2019on peut verser mon sang comme celui des plus vils animaux. Mon sang cependant vaut bien le leur. Je vais leur rendre la terreur qu\u2019ils veulent m\u2019inspirer [\u2026] Je ferai impitoyablement fusiller le premier de ces princes qui me tombera sous la main.\u00a0\u00bb<span id=\"1743\" class=\"cit-num\">1743<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), 9\u00a0mars 1804. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cadoudal vient d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9 au terme d\u2019une course-poursuite meurtri\u00e8re au Quartier latin. Il a parl\u00e9 sans le nommer d\u2019un prince fran\u00e7ais complice\u00a0: de l\u2019avis de tous, c\u2019est le duc d\u2019Enghien, \u00e9migr\u00e9 pr\u00e8s de la fronti\u00e8re en Allemagne.<\/p>\n<p>Le lendemain, le Premier Consul, en proie \u00e0 une fureur extr\u00eame, donne l\u2019ordre de l\u2019enlever, ce qui sera fait dans la nuit du 15 au 16\u00a0mars par une troupe d\u2019un millier de gendarmes, au m\u00e9pris du droit des gens (droit international). Bonaparte avait pourtant la preuve que le prince de 32\u00a0ans, dernier rejeton de la prestigieuse lign\u00e9e des Cond\u00e9, n\u2019\u00e9tait pour rien dans le complot Cadoudal \u2013 il \u00e9tait quand m\u00eame le chef d\u2019un r\u00e9seau antir\u00e9publicain ayant fait le projet de l\u2019assassiner.<\/p>\n<p>Le prince qui pr\u00e9parait son mariage ne comprend rien \u00e0 ce qui lui arrive et se retrouve enferm\u00e9 au ch\u00e2teau de Vincennes. Le soir m\u00eame, il est jug\u00e9, condamn\u00e9 \u00e0 mort\u00a0apr\u00e8s un simulacre de jugement, fusill\u00e9 la nuit m\u00eame dans les foss\u00e9s de Vincennes\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019il est affreux de mourir ainsi de la main des Fran\u00e7ais\u00a0!\u00a0\u00bb dira-t-il quelques instants avant son ex\u00e9cution, 21\u00a0mars 1804.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est pire qu\u2019un crime, c\u2019est une faute.\u00a0\u00bb<span id=\"1747\" class=\"cit-num\">1747<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Antoine Claude Joseph <span class=\"caps\">BOULAY<\/span> de la <span class=\"caps\">LEURTHE<\/span> (1761-1840), apprenant l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien, le 21\u00a0mars 1804. Mot parfois attribu\u00e9, mais \u00e0 tort, \u00e0 <span class=\"caps\">FOUCH\u00c9<\/span> (1759-1820) ou \u00e0 <span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838).<em> Les Citations fran\u00e7aises<\/em> (1931), Othon Guerlac<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette ex\u00e9cution sommaire indigne l\u2019Europe. Toutes les t\u00eates couronn\u00e9es se ligueront contre l\u2019empereur \u2013 l\u00e0 est \u00ab\u00a0la faute\u00a0\u00bb. Le drame \u00e9meut la France\u00a0: d\u00e9tails sordides de l\u2019ex\u00e9cution et douleur de la princesse Charlotte de Rohan-Rochefort qui portera toute sa vie le deuil de cet amour. Mais les royalistes se rallieront majoritairement \u00e0 Napol\u00e9on \u2013 et en cela, il a politiquement bien jou\u00e9.<\/p>\n<p>Les deux fr\u00e8res candidats au tr\u00f4ne de France devront encore attendre une d\u00e9cennie pour retrouver le pouvoir.<\/p>\n<h4>3. Restauration sous Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>\u00a0: le fr\u00e8re du roi, toujours plus ou moins opposant.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rien n\u2019est chang\u00e9 en France, il n\u2019y a qu\u2019un Fran\u00e7ais de plus\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1912\" class=\"cit-num\">1912<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte d\u2019<span class=\"caps\">ARTOIS<\/span> et futur Charles\u00a0X (1757-1836), D\u00e9claration du 12\u00a0avril 1814. <em>M\u00e9moires et Correspondance du Prince de Talleyrand<\/em> (posthume, 1891)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fringant et rayonnant, portant toujours beau malgr\u00e9 ses 67 ans, escort\u00e9 de 600 gardes nationaux, ovationn\u00e9 par les Parisiens, il fait son entr\u00e9e dans Paris et regagne le palais des Tuileries d\u2019o\u00f9 la R\u00e9volution le chassa \u2013 il fut le premier \u00e9migr\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre de l\u2019histoire, le 16\u00a0juillet 1789 ou le 17, selon d\u2019autres sources. En fait, il est parti de nuit.<\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re d\u00e9claration publique est assez floue et minimaliste pour rassurer la France en \u00e9tat de choc. Elle minore l\u2019\u00e9v\u00e9nement, la restauration de la monarchie, \u00e0 moins qu\u2019elle n\u2019occulte \u00e0 la fois la R\u00e9volution et l\u2019Empire.<\/p>\n<p>Talleyrand raconte comment le pr\u00e9fet Beugnot et le chancelier Pasquier finirent par accoucher du Mot historique qu\u2019il envoya lui-m\u00eame au <em>Moniteur<\/em> (journal officiel), en annon\u00e7ant la rentr\u00e9e du comte d\u2019Artois. Le mot plut beaucoup \u00e0 Paris et \u00ab\u00a0\u00e0 force de l\u2019entendre r\u00e9p\u00e9ter et admirer, le comte d\u2019Artois finit par \u00eatre sinc\u00e8rement persuad\u00e9 qu\u2019il l\u2019avait dit.\u00a0\u00bb Cependant que le roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> est \u00e0 Calais, condamn\u00e9 par une crise de goutte \u00e0 diff\u00e9rer son d\u00e9barquement du bateau venu d\u2019Angleterre\u00a0!<\/p>\n<p>Ce mot fait aussi \u00e9cho au dicton cruel \u00e9voquant l\u2019abdication de l\u2019empereur\u00a0: \u00ab\u00a0Bient\u00f4t, il n\u2019y aura en France qu\u2019un Fran\u00e7ais de moins.\u00a0\u00bb Le m\u00eame soir du 12\u00a0avril, \u00e0 Fontainebleau, Napol\u00e9on tente de se suicider. En France, les \u00e9v\u00e9nements se pr\u00e9cipitent et sept r\u00e9gimes se sont succ\u00e9d\u00e9s le temps d\u2019une vie d\u2019homme.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai voulu tuer la race\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1976\" class=\"cit-num\">1976<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis Pierre <span class=\"caps\">LOUVEL<\/span> (1783-1820), apr\u00e8s l\u2019assassinat du duc de Berry, 13\u00a0f\u00e9vrier 1820. <em>Souvenirs in\u00e9dits du petit-fils du duc de Berry<\/em> (1971), Charles Faucigny-Lucinge (prince de)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ouvrier cordonnier, r\u00e9publicain tenant les Bourbons pour responsables de l\u2019invasion de la France et du trait\u00e9 de Paris de 1815 (qui solde les Cent-Jours de Napol\u00e9on), Louvel vient de poignarder \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de l\u2019Op\u00e9ra (rue de la Loi, aujourd\u2019hui square Louvois) le duc de Berry, fils du comte d\u2019Artois et chef des ultras, seul membre de la famille royale pouvant donner un h\u00e9ritier \u00e0 la dynastie. En mourant, le duc r\u00e9v\u00e8le d\u2019ailleurs que sa femme est enceinte \u2013 ce sera \u00ab\u00a0l\u2019enfant du miracle\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le comte d\u2019Artois est profond\u00e9ment affect\u00e9 par la mort de son fils. On l\u2019incite \u00e0 se remarier pour donner d\u2019autres h\u00e9ritiers \u00e0 la Couronne. Il refuse. Jadis grand amateur de jolies femmes, il avait remarqu\u00e9 \u00e0 la cour de Versailles une dame du palais de Marie-Antoinette, Marie Louise d\u2019Esparb\u00e8s de Lussan, devenue vicomtesse puis comtesse de Polastron par son mariage. Il en fit sa favorite en titre, mais elle mourut de tuberculose \u00e0 Londres en 1804 (lieu de leur \u00e9migration), lui ayant fait promettre de lui rester fid\u00e8le et de ne plus \u00eatre qu\u2019\u00e0 Dieu. D\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame pi\u00e9t\u00e9 du futur Charles X.<\/p>\n<p>Suite \u00e0 l\u2019attentat, la droite se d\u00e9cha\u00eene contre le chef du gouvernement. On lit dans <em>La Gazette<\/em> <em>de France<\/em> du lendemain\u00a0: \u00ab\u00a0Monsieur Decazes, c\u2019est vous qui avez tu\u00e9 le duc de Berry. Pleurez des larmes de sang. Obtenez que le Ciel vous pardonne, la patrie ne vous pardonnera pas\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le pied lui a gliss\u00e9 dans le sang.\u00a0\u00bb<span id=\"1978\" class=\"cit-num\">1978<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848). <em>Causeries du lundi<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1858), Charles-Augustin Sainte-Beuve<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sainte-Beuve, s\u2019exprimant \u00e0 la fois en historien et critique litt\u00e9raire, d\u2019ajouter aussit\u00f4t\u00a0: \u00ab\u00a0Cette parole contre un homme aussi mod\u00e9r\u00e9 que M. Decazes a pu para\u00eetre atroce. Sachons pourtant qu\u2019avec les \u00e9crivains, il faut faire toujours la part de la phrase.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Chateaubriand, opposant en disgr\u00e2ce qui se situe (pour l\u2019heure) dans le camp des ultras, persiste et signe\u00a0: \u00ab\u00a0Ceux qui ont assassin\u00e9 Monseigneur le duc de Berry sont ceux qui, depuis quatre ans, \u00e9tablissent dans la monarchie des lois d\u00e9mocratiques, ceux qui ont laiss\u00e9 pr\u00eacher dans les journaux la souverainet\u00e9 du peuple, l\u2019insurrection et le meurtre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s sa d\u00e9mission, Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> n\u2019abandonne pas son favori\u00a0: il le fait duc fran\u00e7ais (Decazes \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 duc danois, par son mariage) et le nomme ambassadeur \u00e0 Londres. Louvel sera condamn\u00e9 \u00e0 mort le 6\u00a0juin 1820 et guillotin\u00e9 le lendemain. Cela n\u2019apaise en rien les esprits et le futur roi est \u00e0 la man\u0153uvre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le r\u00e8gne du roi est fini, celui de son successeur commence.\u00a0\u00bb<span id=\"1979\" class=\"cit-num\">1979<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">BROGLIE<\/span> (1785-1870), apr\u00e8s la chute du minist\u00e8re Decazes, fin f\u00e9vrier\u00a01820. <em>Le Comte de Serre\u00a0: la politique mod\u00e9r\u00e9e sous la Restauration<\/em> (1879), Charles de Mazade<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un constitutionnel mod\u00e9r\u00e9 qui s\u2019exprime. Il a compris que c\u2019en est fini de la p\u00e9riode lib\u00e9rale voulue par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span>\u00a0: les ultras vont avoir le pouvoir, avec \u00e0 leur t\u00eate le futur Charles\u00a0X.<\/p>\n<p>Le duc de Richelieu, rappel\u00e9 \u00e0 la pr\u00e9sidence du Conseil par le roi, prend trois ultras dans son cabinet et tente une r\u00e9action mod\u00e9r\u00e9e face \u00e0 l\u2019opposition lib\u00e9rale\u00a0: suspension des lois de Serre sur la libert\u00e9 de la presse, loi \u00e9lectorale du double vote encore plus \u00e9litiste.<\/p>\n<p>Grand seigneur honn\u00eate, excellent administrateur, Richelieu n\u2019a pas l\u2019art de man\u0153uvrer une assembl\u00e9e et sa politique est vite jug\u00e9e trop mod\u00e9r\u00e9e par les ultras. Vainqueurs aux \u00e9lections de d\u00e9cembre\u00a01820, ils auront d\u00e9finitivement gain de cause, quand le comte de Vill\u00e8le va devenir chef du gouvernement, en d\u00e9cembre\u00a01821.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que voulez-vous\u00a0? Il a conspir\u00e9 contre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, il a conspir\u00e9 contre moi, il conspirera contre lui-m\u00eame.\u00a0\u00bb<span id=\"1986\" class=\"cit-num\">1986<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> (1755-1824), parlant de son fr\u00e8re au duc de Richelieu, 12\u00a0d\u00e9cembre\u00a01821. <em>Histoire de la Restauration, 1814-1830<\/em> (1882), Ernest Daudet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019humour royal est une vertu rare et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> est un exemple \u00e0 citer. Richelieu, chef du gouvernement, est menac\u00e9 par les ultras. Il rappelle au comte d\u2019Artois sa promesse d\u2019aider Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> qui soutient cette politique gouvernementale. Le comte refuse et Richelieu fait part de sa d\u00e9convenue \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> qui lui fait cette r\u00e9plique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai du moins la paix du m\u00e9nage.\u00a0\u00bb<span id=\"1987\" class=\"cit-num\">1987<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVIII<\/span> (1755-1824). <em>Histoire des deux Restaurations jusqu\u2019\u00e0 l\u2019av\u00e8nement de Louis-Philippe<\/em> (1856), Achille de Vaulabelle<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Quand Richelieu d\u00e9missionne, le 13\u00a0d\u00e9cembre 1821. Le roi se veut philosophe. Il est surtout trop souffrant pour se battre encore et toujours. Quant au comte d\u2019Artois, content de voir partir ce constitutionnel trop mod\u00e9r\u00e9, il laisse son royal fr\u00e8re en paix \u2013 pas pour longtemps.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En somme, le roi a voulu voir de son vivant comment cela irait apr\u00e8s sa mort, et il a constitu\u00e9 le premier cabinet de Monsieur\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1988\" class=\"cit-num\">1988<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquis de <span class=\"caps\">S\u00c9MONVILLE<\/span> (1759-1839). <em>Le Retour \u00e0 la monarchie, 1815-1848<\/em> (1943), Jules Bertaut<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le marquis entra en politique comme jeune r\u00e9volutionnaire, fut diplomate et juriste, et finira en \u00ab\u00a0vieux chat\u00a0\u00bb aux dires de Talleyrand saluant ainsi sa ruse et son intelligence. En attendant, il prend acte du fait et juge fort bien\u00a0: Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> vient d\u2019accepter le cabinet minist\u00e9riel que lui propose Monsieur, son fr\u00e8re le comte d\u2019Artois. Vill\u00e8le en est le chef, il n\u2019y aura plus que des ultras au pouvoir, du 14\u00a0d\u00e9cembre 1821 jusqu\u2019en janvier\u00a01828.<\/p>\n<h4>4. R\u00e8gne de Charles X\u00a0: le pouvoir aux ultras dans une France plus politis\u00e9e et divis\u00e9e.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi est mort, Vive le roi\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1995\" class=\"cit-num\">1995<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cri de la monarchie, qui retentit pour la derni\u00e8re fois le 16\u00a0septembre 1824, \u00e0 la mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> au ch\u00e2teau des Tuileries.<em> Le Roi est mort, vive le Roi\u00a0!<\/em> (1827), Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de Chateaubriand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette phrase signifie que le roi de France ne meurt jamais et que la royaut\u00e9 est permanente, depuis le d\u00e9but des Cap\u00e9tiens en 987. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> \u00e9tait le dernier frein \u00e0 la r\u00e9action et le garde-fou aux maladresses de son fr\u00e8re. Devenu Charles\u00a0X, le nouveau roi qui se fait acclamer va aussit\u00f4t ressusciter la pompe royale.<\/p>\n<p>Le contexte politique le favorise\u00a0: les \u00e9lections des 25\u00a0f\u00e9vrier et 6\u00a0mars derniers ont ressuscit\u00e9 la fameuse Chambre \u00ab\u00a0introuvable\u00a0\u00bb, plus royaliste que le roi et dissoute par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> en 1815. Cette Chambre \u00ab\u00a0retrouv\u00e9e\u00a0\u00bb comble les v\u0153ux du successeur\u00a0: la gauche n\u2019a plus que 15 d\u00e9put\u00e9s. Catastrophe pour l\u2019opposition parlementaire et victoire pour les ultras. Mais c\u2019est la cons\u00e9quence de la loi \u00e9lectorale\u00a0: avec le cens \u00e9lev\u00e9, le pays l\u00e9gal ne repr\u00e9sente pas le pays r\u00e9el.<\/p>\n<p>La Restauration mourra de ce d\u00e9calage abyssal et du monarque dont elle h\u00e9rite\u00a0: \u00ab\u00a0Aux \u00e9poques ordinaires, roi convenable\u00a0; \u00e0 une \u00e9poque extraordinaire, homme de perdition\u00a0\u00bb dit Chateaubriand lors de son accession au tr\u00f4ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019aimerais mieux scier du bois que de r\u00e9gner \u00e0 la fa\u00e7on du roi d\u2019Angleterre.\u00a0\u00bb<span id=\"1996\" class=\"cit-num\">1996<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0X (1757-1836). <em>Histoire de la Restauration, 1814-1830<\/em> (1882), Ernest Daudet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Faisant \u00e9cho \u00e0 cet autre mot\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai mes vieilles id\u00e9es, je veux mourir avec elles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est dire sa volont\u00e9 de s\u2019affranchir de la Charte que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> avait certes \u00ab\u00a0octroy\u00e9e\u00a0\u00bb \u00e0 ses sujets, mais qui comporte des garanties contre les abus de l\u2019Ancien R\u00e9gime. L\u2019Angleterre reste le mod\u00e8le de cette monarchie constitutionnelle, ch\u00e8re aux philosophes des Lumi\u00e8res du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Charles\u00a0X qui ne s\u2019est jamais initi\u00e9 aux id\u00e9es de son temps ne saurait se plier aux r\u00e8gles du gouvernement repr\u00e9sentatif. Cet homme charmant, si jeune d\u2019allure \u00e0 67\u00a0ans et populaire pendant quelques mois, n\u2019a certes pas le temp\u00e9rament d\u2019un monarque absolu, et moins encore d\u2019un tyran. Mais il reste un homme de l\u2019Ancien R\u00e9gime, entour\u00e9 de courtisans qui font \u00e9cran entre le roi et son peuple.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9poque actuelle sera difficile \u00e0 expliquer \u00e0 nos arri\u00e8re-neveux.\u00a0\u00bb<span id=\"1997\" class=\"cit-num\">1997<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Le Constitutionnel, \u00e0 propos de la loi sur le sacril\u00e8ge, avril\u00a01825. <em>Le Parti lib\u00e9ral sous la Restauration<\/em> (1876), Paul Thureau-Dangin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce journal lib\u00e9ral ne peut qu\u2019\u00eatre scandalis\u00e9 par cette \u00ab\u00a0loi du sacril\u00e8ge\u00a0\u00bb, propos\u00e9e le 4\u00a0janvier\u00a01825 et vot\u00e9e le 20\u00a0avril\u00a0: les travaux forc\u00e9s pour le vol d\u2019une \u0153uvre pieuse, la mort si le ciboire contient des hosties, le poing coup\u00e9 et l\u2019\u00e9chafaud en cas de profanation\u00a0! La loi du minist\u00e8re Vill\u00e8le passe, malgr\u00e9 l\u2019opposition de fervents catholiques tel Chateaubriand.<\/p>\n<p>La \u00ab\u00a0Chambre retrouv\u00e9e\u00a0\u00bb vote aussi, le 28\u00a0avril, la loi dite du milliard des \u00e9migr\u00e9s\u00a0: un capital d\u2019un milliard rapportant trente millions de rentes doit indemniser les \u00e9migr\u00e9s l\u00e9s\u00e9s par la vente de leurs biens sous la R\u00e9volution. Cr\u00e9\u00e9e dans de bonnes intentions \u2013 soulager certaines mis\u00e8res r\u00e9elles et rassurer les acqu\u00e9reurs de biens nationaux \u2013, la loi est pr\u00e9sent\u00e9e par les ultras comme la premi\u00e8re mesure r\u00e9tablissant les ordres privil\u00e9gi\u00e9s en leur ancien \u00e9tat. Les deux principaux b\u00e9n\u00e9ficiaires sont le duc d\u2019Orl\u00e9ans (futur Louis-Philippe) et le marquis de La Fayette. L\u2019effet dans le pays est d\u00e9plorable. Ce n\u2019est qu\u2019un d\u00e9but.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Roi et ses successeurs jureront, dans la solennit\u00e9 de leur sacre, d\u2019observer fid\u00e8lement la pr\u00e9sente charte constitutionnelle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Charte constitutionnelle de 1814, article 74<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Acc\u00e9dant au tr\u00f4ne, Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> avait renonc\u00e9 au sacre\u00a0: trop de fatigue pendant trois jours pour ce personnage affaibli par la goutte\u2026 ou c\u00e9r\u00e9monie trop (ultra)royaliste pour ce roi bien conscient que la R\u00e9volution avait profond\u00e9ment chang\u00e9 le peuple de France\u00a0?<\/p>\n<p>Son fr\u00e8re le toujours fringant Charles X est trop heureux de renouer avec la tradition et de para\u00eetre en costume. Le sacre se tient le 29 mai 1825, en la cath\u00e9drale de Reims. Le roi fait son entr\u00e9e solennelle dans la ville \u00e0 bord du carrosse fabriqu\u00e9 pour la circonstance<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019image du r\u00e9gime de la Restauration, le sacre est con\u00e7u comme un compromis entre la tradition monarchique et la charte de 1814\u00a0: il reprend les phases principales du c\u00e9r\u00e9monial traditionnel avec les sept onctions, les serments sur les \u00c9vangiles, en y associant le serment de fid\u00e9lit\u00e9 pr\u00eat\u00e9 par le Roi \u00e0 la Charte de 1814 ou la participation des grands princes au c\u00e9r\u00e9monial en tant qu\u2019assistants de l\u2019archev\u00eaque de Reims.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Maillon de la cha\u00eene ayant uni le serment de la monarchie nouvelle au serment de l\u2019ancienne monarchie.\u00a0\u00bb<span id=\"70\" class=\"cit-num\">70<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>Le roi est mort\u00a0! Vive le roi\u00a0!<\/em> (1824)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Le roi est mort\u00a0! Vive le roi\u00a0! \u2026 C\u2019est le cri de la vieille monarchie, c\u2019est aussi le cri de la monarchie nouvelle. Un double principe politique est renferm\u00e9 dans cette acclamation de la douleur et de la joie, l\u2019h\u00e9r\u00e9dit\u00e9 de la famille souveraine, l\u2019immortalit\u00e9 de l\u2019\u00c9tat. C\u2019est \u00e0 la loi salique que nous devons, comme nation, une existence dont la dur\u00e9e n\u2019a point d\u2019exemple dans les annales du monde.\u00a0\u00bb Mais c\u2019est la derni\u00e8re fois que ce mot est prononc\u00e9 par un Bourbon. Louis-Philippe ne sera que roi des Fran\u00e7ais, branche d\u2019Orl\u00e9ans.<\/p>\n<p>Toujours royaliste, Chateaubriand qui d\u00e9finit le sacre lui donne un sens historique tr\u00e8s fort. Il montre que la continuit\u00e9 dynastique va de pair avec la continuit\u00e9 politique. \u00ab\u00a0La constitution actuelle n\u2019est que le texte rajeuni du code de nos vieilles franchises\u00a0\u00bb. C\u2019est surtout la continuit\u00e9 avec l\u2019Ancien R\u00e9gime que les royalistes exaltent, Charles X ayant h\u00e9rit\u00e9 des qualit\u00e9s de ses anc\u00eatres. Rappelons le portrait qu\u2019en fait Chateaubriand dans ses <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0pieux comme Saint Louis, affable, compatissant et justicier comme Louis <span class=\"caps\">XII<\/span>, courtois comme Fran\u00e7ois Ier, franc comme Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0\u00bb. Il sera plus critique apr\u00e8s\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une belle f\u00eate costum\u00e9e \u00e0 la gothique.\u00a0\u00bb<span id=\"1998\" class=\"cit-num\">1998<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Le mot qui circule dans le pays, \u00e0 propos du sacre de Charles X \u00e0 Reims, c\u00e9r\u00e9monie du 29\u00a0mai 1825, <em>Regalia\u00a0: embl\u00e8mes et rites du pouvoir<\/em> (2012), Bernard Dupaigne, Yves Vad\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les tableaux en font foi, mais seuls les ultras pavoisent. Les amateurs de musique aussi, qui applaudirent la musique compos\u00e9e par Luigi Cherubini et l\u2019op\u00e9ra-bouffe de Rossini, <em>Le Voyage \u00e0 Reims.<\/em><\/p>\n<p>Mais le sacre exerce une influence limit\u00e9e sur la population, les mentalit\u00e9s n\u2019\u00e9tant plus celles d\u2019autrefois. Une partie de l\u2019opinion n\u2019en comprit pas le sens, une autre le critiqua.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fran\u00e7ais que Reims a r\u00e9unis,<br>Criez\u00a0: \u00ab\u00a0Montjoie et Saint-Denis\u00a0!\u00a0\u00bb<br>On a refait la sainte Ampoule<br>Et comme au temps de nos a\u00efeux<br>Des passereaux, l\u00e2ch\u00e9s en foule<br>Dans l\u2019\u00e9glise volent joyeux [\u2026]<br>Le peuple crie\u00a0: \u00ab\u00a0Oiseaux, plus que nous soyez sages,<br>Gardez bien votre libert\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<span id=\"1999\" class=\"cit-num\">1999<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857),<em> Le Sacre de Charles le simple<\/em> (1825), chanson. <em>Causes c\u00e9l\u00e8bres de tous les peuples<\/em> (1858), Armand Fouquier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Notre meilleur chansonnier chroniqueur a beau jeu d\u2019ironiser, toujours en chanson et \u00e0 l\u2019unisson du peuple, choqu\u00e9 par tant de pompe et par tout ce que cela annonce.<\/p>\n<p>Ce sacre reprend le c\u00e9r\u00e9monial de l\u2019Ancien R\u00e9gime, les sept onctions et les serments sur les \u00c9vangiles. Il se d\u00e9roule sur trois jours\u00a0: 28\u00a0mai, c\u00e9r\u00e9monie des v\u00eapres\u00a0; 29\u00a0mai, c\u00e9r\u00e9monie du sacre\u00a0; 30\u00a0mai, remise de r\u00e9compense pour les chevaliers de l\u2019ordre du Saint-Esprit, pour finir\u00a0; le 31\u00a0mai, par le toucher des \u00e9crouelles. Le sacre symbolise pour le roi et les \u00e9lites un retour \u00e0 la monarchie absolue.<\/p>\n<p>Le peuple ne peut quand m\u00eame pas oublier la R\u00e9volution et l\u2019Empire. Et l\u2019opposition va se manifester contre le dernier \u00ab\u00a0roi de France\u00a0\u00bb, jusqu\u2019\u00e0 la prochaine r\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Non seulement J\u00e9sus-Christ \u00e9tait fils de Dieu, mais encore il \u00e9tait d\u2019excellente famille du c\u00f4t\u00e9 de sa m\u00e8re.\u00a0\u00bb<span id=\"2000\" class=\"cit-num\">2000<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mgr Hyacinthe-Louis de <span class=\"caps\">QU\u00c9LEN<\/span> (1778-1839), 125e archev\u00eaque de Paris (de 1821 \u00e0 sa mort). <em>Dictionnaire de la b\u00eatise et des erreurs de jugement<\/em> (1998), Guy Bechtel et Jean-Claude Carri\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une perle plus vraie que nature, pour repr\u00e9senter les ultras au pouvoir. En France, \u00ab\u00a0fille a\u00een\u00e9e de l\u2019\u00c9glise\u00a0\u00bb (jusqu\u2019en 1905), chacun a naturellement \u00e0 c\u0153ur de mettre J\u00e9sus dans son camp\u00a0: sous la R\u00e9volution, Chabot, capucin d\u00e9froqu\u00e9, en fit le premier sans-culotte de l\u2019histoire\u00a0! Pour le r\u00e9volutionnaire Camille Desmoulins condamn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud, le plus illustre supplici\u00e9 fut aussi une r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p>L\u2019archev\u00eaque de Paris se situe aux antipodes de l\u2019\u00e9chiquier politique. Tr\u00e8s en cour aupr\u00e8s de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, puis de Charles X, il est \u00e9lu en 1824 \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise contre le po\u00e8te et auteur dramatique Casimir Delavigne. Dans son discours de r\u00e9ception, il attribua cet honneur \u00e0 la religion et non \u00e0 ses titres acad\u00e9miques. Notons que Charles X appr\u00e9ciait les talents de Delavigne, lui accordant une pension de 1 200 francs\u2026 que l\u2019auteur refusa, comme la L\u00e9gion d\u2019honneur propos\u00e9e par Alexandre de La Rochefoucauld au nom du roi. Delavigne comme la majorit\u00e9 des artistes et des auteurs d\u00e9sapprouvait l\u2019orientation politique du gouvernement mis en place, pr\u00e9f\u00e9rant rester ind\u00e9pendant d\u2019un pouvoir qu\u2019il sera bient\u00f4t amen\u00e9 \u00e0 combattre \u2013 lors des Trois Glorieuses, en juillet 1830.<\/p>\n<p>Tout le contraire de l\u2019archev\u00eaque de Paris, combl\u00e9 par la Restauration. Membre de la Chambre des Pairs, incarnation de l\u2019Ancien R\u00e9gime, en plein sermon, il l\u00e2cha cette c\u00e9l\u00e8bre formule, propre \u00e0 scandaliser lib\u00e9raux et r\u00e9publicains. Moins bien vu sous la Monarchie de Juillet qui le consid\u00e8re comme (trop) l\u00e9gitimiste, il demeurera archev\u00eaque, Dieu merci\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis venu ici pour recevoir des hommages, non des le\u00e7ons\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2005\" class=\"cit-num\">2005<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0X (1757-1836), passant en revue la garde nationale, 25\u00a0avril 1827. <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume), Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de Chateaubriand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Certes ovationn\u00e9, le roi per\u00e7oit aussi quelques hu\u00e9es\u00a0: \u00ab\u00a0Vive la Charte\u00a0! \u00c0 bas les ministres\u00a0! \u00c0 bas les J\u00e9suites\u00a0!\u00a0\u00bb D\u2019o\u00f9 sa r\u00e9plique royale et indign\u00e9e.<\/p>\n<p>Chateaubriand t\u00e9moigne\u00a0: \u00ab\u00a0Il avait souvent \u00e0 la bouche de nobles paroles que ne soutenait pas toujours la vigueur de l\u2019action\u00a0: son esprit \u00e9tait hardi, son caract\u00e8re timide. Charles\u00a0X, rentrant au ch\u00e2teau, dit au mar\u00e9chal Oudinot\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019effet total a \u00e9t\u00e9 satisfaisant. S\u2019il y a quelques brouillons, la masse de la garde nationale est bonne\u00a0: t\u00e9moignez-lui ma satisfaction.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb Mais le chef du gouvernement Vill\u00e8le a \u00e9t\u00e9 vivement hu\u00e9 de son c\u00f4t\u00e9. Il ne supporte plus toutes ces attaques et propose au Conseil des ministres de licencier les gardes nationaux.<\/p>\n<p>Charles\u00a0X suit son ministre et par ordonnance, la garde est dissoute. La mesure est tr\u00e8s mal accueillie \u00e0 Paris, l\u2019impopularit\u00e9 du roi grandit dans le pays. \u00c9tudiants et petits-bourgeois manifestent dans les rues, les obs\u00e8ques des chefs de l\u2019opposition lib\u00e9rale \u00e9tant de bonnes occasions. Ce rituel d\u2019opposition n\u00e9 sous la Restauration\u00a0sera repris par les r\u00e9publicains contre la Monarchie de Juillet, puis contre le Second Empire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates un m\u00e9chant, un infid\u00e8le, un tra\u00eetre\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2006\" class=\"cit-num\">2006<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HUSSEIN<\/span> <span class=\"caps\">DEY<\/span>, sultan d\u2019Alger (vers 1765-1838), 30\u00a0avril 1827. <em>La Restauration et la Monarchie de Juillet<\/em> (1929), Jean Lucas-Dubreton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Joignant le geste \u00e0 la parole, il frappe trois fois de son chasse-mouches Pierre Deval, le consul de France dont le gouvernement refuse de payer des fournitures de bl\u00e9s datant du Consulat et de l\u2019Empire. Le Dey refuse de pr\u00e9senter des excuses. Ce qui pourrait n\u2019\u00eatre qu\u2019un fait divers va d\u00e9boucher sur la guerre. L\u2019incident venant aggraver des relations d\u00e9j\u00e0 tendues avec l\u2019Alg\u00e9rie sert de pr\u00e9texte \u00e0 l\u2019intervention de la France.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le blocus du port d\u2019Alger (juin 1827), ce sera la prise d\u2019Alger (5 juillet 1830) par le mar\u00e9chal de Bourmont. La colonisation suivra au r\u00e8gne suivant, le futur mar\u00e9chal Bugeaud imposant ses conditions.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous \u00e9tiez devenu trop impopulaire\u00a0!<br>\u2014 Monseigneur, Dieu veuille que ce soit moi\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2010\" class=\"cit-num\">2010<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">VILL\u00c8LE<\/span> (1773-1854), au Dauphin, le duc d\u2019<span class=\"caps\">ANGOUL\u00caME<\/span> (1775-1844), 3\u00a0janvier 1828. <em>Histoire de France depuis 1789 jusqu\u2019\u00e0 nos jours<\/em> (1878), Henri Martin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Vill\u00e8le, depuis deux mois, a vainement tent\u00e9 de former un gouvernement qui concilie ses id\u00e9es et les opinions de la nouvelle Chambre. La situation devenait impossible. Il d\u00e9missionne donc, devient pair de France et c\u00e8de la place \u00e0 un lib\u00e9ral mod\u00e9r\u00e9, Martignac.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En abandonnant Monsieur de Vill\u00e8le, vous descendez la premi\u00e8re marche de votre tr\u00f4ne\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2011\" class=\"cit-num\">2011<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse d\u2019<span class=\"caps\">ANGOUL\u00caME<\/span> (1778-1851), \u00e0 Charles X. <em>Histoire de la libert\u00e9 en France\u00a0: des origines \u00e0 1885<\/em> (2008), Augustin Challamel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La femme du Dauphin a compris la situation mieux que le roi. Rappelons qui elle est\u00a0: fille de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> et de Marie-Antoinette, Marie-Th\u00e9r\u00e8se Charlotte de France, dite \u00ab\u00a0Madame Royale\u00a0\u00bb, fut la seule rescap\u00e9e de la prison du Temple. Apr\u00e8s la R\u00e9volution, elle \u00e9pouse en exil son cousin le duc d\u2019Angoul\u00eame, fils de Charles X pour qui son p\u00e8re a ressuscit\u00e9 le titre de Dauphin, en acc\u00e9dant au tr\u00f4ne en 1824.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne veux pas monter en charrette comme mon fr\u00e8re\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2012\" class=\"cit-num\">2012<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0X (1757-1836), hant\u00e9 par le souvenir de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> guillotin\u00e9 en 1793.<em> La Cour de Charles\u00a0X<\/em> (1892), Imbert de Saint-Amand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019exemple de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9, devenu un roi martyr, le confortait dans sa politique ultraroyaliste. N\u2019est-ce pas sa faiblesse et ses concessions qui l\u2019ont perdu\u00a0? Et Charles\u00a0X assimile les Girondins de la R\u00e9volution aux lib\u00e9raux de plus en plus agressifs, sous la Restauration. Sa peur devient litt\u00e9ralement obsessionnelle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un roi qu\u2019on menace n\u2019a de choix qu\u2019entre le tr\u00f4ne et l\u2019\u00e9chafaud\u00a0!<br>\u2014 Sire, Votre Majest\u00e9 oublie la chaise de poste\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2013\" class=\"cit-num\">2013<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), \u00e0 <span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0X (1757-1836). <em>Souvenirs intimes sur M. de Talleyrand<\/em> (1870), Am\u00e9d\u00e9e Pichot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fa\u00e7on de rassurer le roi avec humour, lui rappelant au passage qu\u2019il fut le premier \u00e9migr\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre de la R\u00e9volution, au lendemain de la prise de la Bastille.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 chacun selon sa capacit\u00e9, \u00e0 chaque capacit\u00e9 selon ses \u0153uvres, plus d\u2019h\u00e9ritage\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2014\" class=\"cit-num\">2014<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span> (1760-1825), <em>Doctrine de Saint-Simon\u00a0: Exposition. Premi\u00e8re ann\u00e9e<\/em> (1829)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019initiateur du socialisme \u00e0 la fran\u00e7aise est mort depuis quatre ans. Mais le socialisme fait son chemin petit \u00e0 petit dans le pays o\u00f9 les id\u00e9es nouvelles se diffusent, en d\u00e9pit de toutes les censures.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Coblence, Waterloo, 1815, voil\u00e0 les trois principes, les trois personnages du minist\u00e8re. Pressez, tordez ce minist\u00e8re, il ne d\u00e9goutte qu\u2019humiliation, malheurs et dangers.\u00a0\u00bb<span id=\"2015\" class=\"cit-num\">2015<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">MARC<\/span> <span class=\"caps\">GIRARDIN<\/span> (1801-1873), <em>Le Journal des d\u00e9bats<\/em>, 10\u00a0ao\u00fbt\u00a01829. <em>Charles X, dernier roi de France et de Navarre<\/em> (1990), Georges Bordonove. Au lendemain de la formation du minist\u00e8re Polignac, le 8\u00a0ao\u00fbt 1829<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le journal donne le ton, en rappelant le retrait (sans combattre) des Fran\u00e7ais devant l\u2019arm\u00e9e russe qui reprend Coblence, le dernier jour de 1813\u00a0; puis le d\u00e9sastre de Waterloo et la France, d\u00e9faite militairement, humili\u00e9e diplomatiquement apr\u00e8s les Cent-Jours en 1815.<\/p>\n<p>Le pr\u00e9c\u00e9dent minist\u00e8re Martignac qui a succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Vill\u00e8le le 4\u00a0janvier 1828 a vainement tent\u00e9 de se concilier la gauche. Charles X n\u2019a rien fait pour arranger les choses\u00a0! Et voil\u00e0 qu\u2019il met le prince de Polignac au pouvoir. Le minist\u00e8re ne comprend que des ultras. Le roi ne tient plus aucun compte des d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus et des pairs nomm\u00e9s. Il veut r\u00e9gner et gouverner \u00e0 sa guise. L\u2019opinion publique est ulc\u00e9r\u00e9e.<\/p>\n<p><em>Le Journal des d\u00e9bats<\/em>, quotidien conservateur d\u2019ordinaire plus mod\u00e9r\u00e9, s\u2019exclame, sous la plume de son meilleur pol\u00e9miste\u00a0: \u00ab\u00a0Malheureuse France\u00a0! Malheureux roi\u00a0! Ainsi, le voil\u00e0 encore une fois bris\u00e9, ce lien d\u2019amour et de confiance qui unissait le peuple au monarque\u00a0! Voil\u00e0 encore une fois la cour avec ses vieilles rancunes, l\u2019\u00e9migration avec ses pr\u00e9jug\u00e9s, le sacerdoce avec sa haine de la libert\u00e9, qui viennent se jeter entre la France et son roi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi n\u2019administre pas, ne gouverne pas, il r\u00e8gne.\u00a0\u00bb<span id=\"2016\" class=\"cit-num\">2016<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Adolphe <span class=\"caps\">THIERS<\/span> (1797-1877), <em>Le National,<\/em> 4\u00a0f\u00e9vrier 1830. <em>Le Gouvernement parlementaire sous la Restauration<\/em> (1905), Louis Michon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apparition d\u2019un homme politique qui va faire carri\u00e8re jusque sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique. Pour l\u2019heure, Louis Adolphe Thiers est un jeune avocat qui a fr\u00e9quent\u00e9 les milieux lib\u00e9raux et collabor\u00e9 au <em>Constitutionnel<\/em>.<\/p>\n<p>En janvier\u00a01830, il cr\u00e9e avec Carrel et Mignet un autre journal d\u2019opposition (nuance orl\u00e9aniste), <em>Le National<\/em>. Il d\u00e9fend une monarchie constitutionnelle de type anglais et s\u2019oppose ainsi aux Doctrinaires, Guizot et Royer-Collard, pour qui \u00ab\u00a0le tr\u00f4ne n\u2019est pas un fauteuil vide\u00a0\u00bb. Ces d\u00e9bats politiques agitent l\u2019opinion \u00e9clair\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous ai d\u00e9j\u00e0 dit que je ne voulais pas traiter l\u2019affaire diplomatiquement. Vous en trouverez la preuve dans les termes que je vais employer\u00a0: la France se f\u2026 de l\u2019Angleterre\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2017\" class=\"cit-num\">2017<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Baron Lemercier d\u2019<span class=\"caps\">HAUSSEZ<\/span> (1778-1854), ministre de la Marine, \u00e0 Lord Stuart, 4\u00a0f\u00e9vrier 1830. <em>M\u00e9moires du Baron d\u2019Haussez, dernier ministre de la Marine sous la Restauration<\/em> (posthume, 1897)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour r\u00e9sumer une affaire alg\u00e9rienne qui se complique et s\u2019envenime, l\u2019Angleterre a d\u00e9sapprouv\u00e9 l\u2019intention de la France de venger l\u2019honneur du consul contre le Dey d\u2019Alger. Charles X, en accord avec son ministre Polignac, ordonne un blocus naval, avant l\u2019exp\u00e9dition militaire d\u00e9cisive avec l\u2019amiral Duperr\u00e9 et de Bourmont, ministre de la Guerre\u00a0: d\u00e9barquement fran\u00e7ais en Alg\u00e9rie le 14\u00a0juin 1830.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est une f\u00eate toute napolitaine, Monseigneur, nous dansons sur un volcan.\u00a0\u00bb<span id=\"2018\" class=\"cit-num\">2018<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">SALVANDY<\/span> (1795-1856), au duc d\u2019Orl\u00e9ans, 31\u00a0mai 1830.<em> L\u2019Europe depuis l\u2019av\u00e8nement du roi Louis-Philippe<\/em> (1845), Jean Baptiste Honor\u00e9 Raymond Capefigue<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le futur Louis-Philippe donne une f\u00eate au Palais-Royal en l\u2019honneur de son beau-fr\u00e8re, le roi de Naples. Salvandy, officier de Napol\u00e9on, opposant au minist\u00e8re ultra de Vill\u00e8le, conseiller d\u2019\u00c9tat depuis 1828 et royaliste constitutionnel qui se bat en vain pour sauver la Charte et les libert\u00e9s publiques, juge la situation avec lucidit\u00e9.<\/p>\n<p>Dans un climat de crise \u00e9conomique, financi\u00e8re et sociale, le roi opte pour la crise politique\u00a0: le 16\u00a0mai, il a dissous la Chambre qui a vot\u00e9 une Adresse de d\u00e9fiance au gouvernement du prince de Polignac \u2013 il avait choisi les ministres les plus ultras et les plus d\u00e9test\u00e9s, la situation empirant \u00e0 chaque remaniement minist\u00e9riel.<\/p>\n<p>L\u2019opposition de gauche, longtemps divis\u00e9e, s\u2019est unie tactiquement, des r\u00e9publicains aux orl\u00e9anistes. De son c\u00f4t\u00e9, le gouvernement pr\u00e9pare activement les \u00e9lections de la derni\u00e8re chance. On r\u00e9voque les fonctionnaires suspects de sympathies lib\u00e9rales. On h\u00e2te l\u2019op\u00e9ration d\u2019Alger pour faire bonne impression sur l\u2019opinion publique\u00a0: elle va r\u00e9ussir vite et bien.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vingt jours ont suffi pour la destruction d\u2019un \u00c9tat dont l\u2019existence fatiguait l\u2019Europe depuis trois si\u00e8cles.\u00a0\u00bb<span id=\"2019\" class=\"cit-num\">2019<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte de <span class=\"caps\">BOURMONT<\/span> (1773-1846), ordre du jour du ministre de la Guerre, apr\u00e8s la reddition du Dey d\u2019Alger, 5\u00a0juillet 1830. <em>L\u2019Europe et la conqu\u00eate d\u2019Alger<\/em> (1913), Edgard Le Marchand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Prise d\u2019Alger et reddition sans condition du Dey Hussein, suite \u00e0 l\u2019exp\u00e9dition militaire de l\u2019amiral Duperr\u00e9 et du ministre de Bourmont qui ont d\u00e9barqu\u00e9 en Alg\u00e9rie, le 14\u00a0juin. De Bourmont y gagne son b\u00e2ton de mar\u00e9chal de France et Chateaubriand dira, apprenant la prise d\u2019Alger\u00a0: \u00ab\u00a0Cette nouvelle me ravit sans me rassurer. La Providence peut du m\u00eame coup agrandir un royaume et renverser une dynastie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4>5. 1830. Le coup d\u2019\u00c9tat royal fait long feu\u00a0(26 juillet) avant la plus br\u00e8ve des r\u00e9volutions (27, 28, 29 juillet).<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Plus j\u2019y r\u00e9fl\u00e9chis, plus je reste convaincu que je suis dans mon droit et que c\u2019est le seul moyen de salut.\u00a0\u00bb<span id=\"2020\" class=\"cit-num\">2020<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span>\u00a0X (1757-1836), au Conseil des ministres, s\u2019appr\u00eatant \u00e0 signer les quatre ordonnances de Saint-Cloud du 25\u00a0juillet 1830, publi\u00e9es le 26 juillet. <em>Histoire du gouvernement parlementaire en France, 1814-1848<\/em>, volume\u00a0X (1871), Prosper Duvergier de Hauranne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019opposition, forte de sa tactique unitaire, a triomph\u00e9 aux \u00e9lections des 23\u00a0juin et 3\u00a0juillet\u00a0: 274 \u00e9lus contre 143 candidats du minist\u00e8re.<\/p>\n<p>Charles X tente alors le coup de force. Se fondant sur l\u2019article 14 de la Charte lui conf\u00e9rant le droit de promulguer les ordonnances \u00ab\u00a0n\u00e9cessaires pour l\u2019ex\u00e9cution des lois et la s\u00fbret\u00e9 de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb, il pr\u00e9pare et signe quatre ordonnances r\u00e9dig\u00e9es par le minist\u00e8re Polignac\u00a0: libert\u00e9 de la presse suspendue (avec le r\u00e9tablissement de la censure et de l\u2019autorisation minist\u00e9rielle pr\u00e9alable\u00a0; Chambre dissoute (avant m\u00eame d\u2019avoir si\u00e9g\u00e9)\u00a0; loi \u00e9lectorale modifi\u00e9e (le calcul du cens excluant les commer\u00e7ants et limitant le corps \u00e9lectoral aux grands propri\u00e9taires fonciers)\u00a0; prochaines \u00e9lections fix\u00e9es au 6 et 13 septembre. Une cinqui\u00e8me ordonnance (souvent oubli\u00e9e) nomme des fid\u00e8les aux plus hautes fonctions.<\/p>\n<p>Ce coup d\u2019\u00c9tat royal d\u2019ordre institutionnel va d\u00e9clencher la plus br\u00e8ve des r\u00e9volutions de notre Histoire \u2013 et la moins sanglante.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Enfin, vous r\u00e9gnez\u00a0! Mon fils vous devra sa couronne.\u00a0\u00bb<span id=\"2021\" class=\"cit-num\">2021<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">BERRY<\/span> (1798-1870), \u00e0 Charles X, 26\u00a0juillet\u00a01830. <em>M\u00e9moires de la comtesse de Boigne<\/em> (posthume, 1909)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>M\u00e8re de l\u2019\u00ab\u00a0enfant du miracle\u00a0\u00bb, fils posthume du duc de Berry assassin\u00e9 en 1820, elle lit dans <em>Le Moniteur<\/em> le texte des quatre ordonnances \u2013 qualifi\u00e9es de \u00ab\u00a0sc\u00e9l\u00e9rates\u00a0\u00bb par l\u2019opposition majoritaire. Cette bombe ultra va d\u00e9clencher le lendemain la r\u00e9volution des Trois Glorieuses (journ\u00e9es des 27, 28, 29\u00a0juillet) et la fin du r\u00e8gne des Bourbons\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils sont perdus. Ils ne connaissent ni le pays ni le temps. Ils vivent en dehors du monde et du si\u00e8cle\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2022\" class=\"cit-num\">2022<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">MARMONT<\/span> (1774-1852), \u00e0 la t\u00eate des troupes royales, 26\u00a0juillet 1830.<em> M\u00e9moires de la comtesse de Boigne<\/em> (posthume, 1909)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mar\u00e9chal d\u2019Empire, excellent militaire injustement accus\u00e9 de trahison en avril\u00a01814, nomm\u00e9 pair de France par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span>, il dirige \u00e0 pr\u00e9sent les troupes royales \u00e0 Paris, soit 10\u00a0000 hommes, face aux 25\u00a0000 insurg\u00e9s\u00a0: 20\u00a0000 membres de la garde nationale, dissoute en juillet\u00a01827, mais qui ont gard\u00e9 leurs armes, et 5\u00a0000 r\u00e9publicains qui ont pill\u00e9 les armureries.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le r\u00e9gime l\u00e9gal est interrompu, celui de la force a commenc\u00e9\u2026 L\u2019ob\u00e9issance cesse d\u2019\u00eatre un devoir.\u00a0\u00bb<span id=\"2023\" class=\"cit-num\">2023<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le National<\/em>, 26\u00a0juillet 1830.<em> Les Pol\u00e9mistes fran\u00e7ais depuis 1789<\/em> (1962), Pierre Dominique<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce journal parisien d\u2019opposition constitutionnelle, fond\u00e9 par Thiers, Mignet et Carrel en janvier\u00a01830, est financ\u00e9 par le banquier Jacques Laffitte, d\u00e9put\u00e9 lib\u00e9ral dont l\u2019h\u00f4tel est l\u2019un des principaux foyers de l\u2019insurrection de juillet. Les trois journalistes d\u00e9noncent l\u2019ill\u00e9galit\u00e9 des ordonnances.<\/p>\n<p>Le lendemain 27\u00a0juillet, les journaux interdits paraissent, mais sont saisis. C\u2019est la premi\u00e8re des \u00ab\u00a0Trois Glorieuses\u00a0\u00bb. Paris se soul\u00e8ve\u00a0: ouvriers typographes r\u00e9duits au ch\u00f4mage, \u00e9tudiants, puis le mouvement s\u2019\u00e9tend, le peuple du faubourg Saint-Antoine marche sur l\u2019H\u00f4tel de Ville, bient\u00f4t le Louvre, les Tuileries. Les troupes de Marmont sont d\u00e9pass\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les r\u00e9volutions sont de magnifiques improvisatrices. Un peu \u00e9chevel\u00e9es quelquefois.\u00a0\u00bb<span id=\"2024\" class=\"cit-num\">2024<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Choses vues<\/em>, 1830 (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec lui, tous les jeunes romantiques se retrouvent dans l\u2019opposition. Hugo a 28\u00a0ans. C\u2019est l\u2019un des plus ardents et c\u2019est le d\u00e9but d\u2019une belle et longue vie politique, men\u00e9e parall\u00e8lement \u00e0 sa carri\u00e8re litt\u00e9raire. On peut le comparer \u00e0 Chateaubriand, son mod\u00e8le proclam\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Je veux \u00eatre Chateaubriand ou rien\u00a0\u00bb (Lettre de 1821).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ignore, Sire, si je suis toujours un oiseau de mauvais augure, mais il est d\u00e9cid\u00e9 que je serai toujours un oiseau des temps d\u2019orage, et celui qui tonne sur nos t\u00eates prend un aspect formidable.\u00a0\u00bb<span id=\"2025\" class=\"cit-num\">2025<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Baron de <span class=\"caps\">VITROLLES<\/span> (1774-1854), au roi Charles X, ch\u00e2teau de Saint-Cloud, 28\u00a0juillet 1830. <em>1830, la r\u00e9volution tricolore<\/em> (1965), Jean Louis de Courson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Deuxi\u00e8me Glorieuse\u00a0journ\u00e9e\u00a0: Paris, d\u00e8s le matin, construit ses barricades pour faire obstacle aux forces de l\u2019ordre. Vitrolles, ambassadeur et pair de France, repr\u00e9sentant des ultras, est enfin re\u00e7u par Charles X\u00a0: le roi tient toujours \u00e0 ses quatre ordonnances et refuse la proposition du baron d\u2019aller discuter avec les chefs de l\u2019insurrection parisienne. Ce serait perdre la face pour le roi qui ne comprend pas qu\u2019il va perdre son tr\u00f4ne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Peuple fran\u00e7ais, peuple de braves,<br>La libert\u00e9 r\u2019ouvre ses bras.<br>On nous disait\u00a0: \u00ab\u00a0Soyez esclaves\u00a0\u00bb,<br>Nous avons dit\u00a0: \u00ab\u00a0Soyons soldats\u00a0\u00bb.<br>Soudain Paris dans sa m\u00e9moire<br>A retrouv\u00e9 son cri de gloire.\u00a0\u00bb<span id=\"2026\" class=\"cit-num\">2026<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Casimir <span class=\"caps\">DELAVIGNE<\/span> (1793-1843), <em>La Parisienne<\/em> (1830), chanson.<em> Recueil de chants patriotiques et guerriers d\u00e9di\u00e9s aux braves Suisses qui prennent les armes pour d\u00e9fendre la patrie<\/em> (1838)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Po\u00e8te et auteur dramatique en renom, rival des romantiques sur la sc\u00e8ne, mais lib\u00e9ral convaincu en politique, il \u00e9crit cette \u0153uvre de circonstance aux accents r\u00e9volutionnaires\u00a0: <em>La Parisienne<\/em> fait \u00e9cho \u00e0<em> La Marseillaise.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La troupe fraternise avec le peuple.<br>\u2014 Eh bien, il faut tirer aussi sur la troupe\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2027\" class=\"cit-num\">2027<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">R\u00e9ponse du prince de <span class=\"caps\">POLIGNAC<\/span> (1780-1847), chef du gouvernement, au chef d\u2019escadron Delarue, 28\u00a0juillet\u00a01830. <em>R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0: histoire de dix ans, 1830-1840<\/em> (1846), Louis Blanc<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e8s le 27\u00a0juillet, deux compagnies des troupes royales, bombard\u00e9es de jets de pierre, sont pass\u00e9es aux \u00e9meutiers. Le 28, dans Paris h\u00e9riss\u00e9 de barricades, Marmont r\u00e9siste encore tant bien que mal, avec ses 10\u00a0000 hommes. Il re\u00e7oit enfin des ordres pr\u00e9cis du roi, toujours \u00e0 Saint-Cloud\u00a0: concentrer ses troupes autour des Tuileries et du Louvre. Il abandonne aux insurg\u00e9s tous les quartiers populaires de l\u2019est et du nord de Paris.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La derni\u00e8re raison des rois, le boulet. La derni\u00e8re raison des peuples, le pav\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"2028\" class=\"cit-num\">2028<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Litt\u00e9rature et philosophie m\u00eal\u00e9es<\/em> (1834)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire de France est ponctu\u00e9e de \u00ab\u00a0journ\u00e9es des Barricades\u00a0\u00bb \u2013 murailles vite improvis\u00e9es, faites de pav\u00e9s, de galets, de poutres, construites par le peuple pour barrer la route aux troupes organis\u00e9es, charg\u00e9es du maintien de l\u2019ordre. La premi\u00e8re Journ\u00e9e remonte \u00e0 la Sainte Ligue (catholique) qui tenait Paris en 1588. En 1649, c\u2019est la Fronde o\u00f9 l\u2019on a beaucoup jou\u00e9 avec les pav\u00e9s. La R\u00e9volution de 1830 d\u00e9pave les rues de Paris, durant ces Trois Glorieuses. Et l\u2019Histoire continue\u2026<\/p>\n<p>Premi\u00e8re insurrection r\u00e9publicaine de 1832 sous la Monarchie de Juillet. Les pav\u00e9s reprennent du service avec la R\u00e9volution de 1848. Vient ensuite la Commune de Paris en 1871, la plus sanglante guerre des pav\u00e9s \u2013 Hugo sera encore t\u00e9moin. Au <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, Paris vivra deux s\u00e9ries de journ\u00e9es o\u00f9 les rues se h\u00e9rissent \u00e0 nouveau de barricades et de pav\u00e9s qui font \u00e9galement projectiles\u00a0: \u00e0 la Lib\u00e9ration en 1940 et en mai 1968. Entre les deux, rappelons la \u00ab\u00a0semaine des Barricades\u00a0\u00bb en janvier\u00a01960, \u00e0 Alger. Le pav\u00e9 servira de moins en moins, les rues de Paris et de toutes les grandes villes \u00e9tant recouvertes de macadam.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mettez en note que le 29\u00a0juillet 1830, \u00e0 midi cinq minutes, la branche a\u00een\u00e9e des Bourbons a cess\u00e9 de r\u00e9gner sur la France\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2029\" class=\"cit-num\">2029<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838).<em> L\u2019Esprit de M.\u00a0de Talleyrand\u00a0: anecdotes et bons mots<\/em> (1909), Louis Thomas<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Travaillant \u00e0 ses <em>M\u00e9moires<\/em>, il entend les troupes de Marmont qui refluent sous ses fen\u00eatres, rue de Rivoli \u2013 le Louvre est pris par les insurg\u00e9s, les soldats se d\u00e9bandent. Le vieux pair de France qui a v\u00e9cu tous les tournants de l\u2019histoire depuis la R\u00e9volution et surv\u00e9cu \u00e0 tant d\u2019\u00e9preuves, s\u2019interrompt et dicte cette note \u00e0 son secr\u00e9taire.<\/p>\n<p>Ce m\u00eame jour, les d\u00e9put\u00e9s font cause commune avec le peuple. C\u2019est la \u00ab\u00a0Troisi\u00e8me Glorieuse\u00a0\u00bb de cette br\u00e8ve R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Charles X a essay\u00e9 de sauver la l\u00e9gitimit\u00e9 fran\u00e7aise et avec elle la l\u00e9gitimit\u00e9 europ\u00e9enne\u00a0: il a livr\u00e9 la bataille et il l\u2019a perdue [\u2026] Napol\u00e9on a eu son Waterloo, Charles X ses journ\u00e9es de juillet.\u00a0\u00bb<span id=\"2030\" class=\"cit-num\">2030<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>30\u00a0juillet, Charles X retire les ordonnances. Trop tard. Thiers et Mignet font placarder un manifeste orl\u00e9aniste. Louis-Philippe attend son heure, patiemment, prudemment r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Neuilly, puis au Raincy. Tandis que La Fayette, septuag\u00e9naire actif (m\u00eame \u00e2ge et m\u00eame silhouette que Charles X\u00a0!) est de retour pour son dernier rendez-vous avec l\u2019Histoire, de nouveau \u00e0 la t\u00eate de la garde nationale qui a \u00e9t\u00e9 r\u00e9tablie et qui occupe l\u2019H\u00f4tel de Ville\u00a0: on hisse le drapeau tricolore.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Habitants de Paris\u00a0! Charles X a cess\u00e9 de r\u00e9gner sur la France\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2031\" class=\"cit-num\">2031<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proclamation de la Commission municipale, 30\u00a0juillet 1830. <em>Bulletin des lois et ordonnances\u00a0: publi\u00e9es depuis la R\u00e9volution de juillet\u00a01830<\/em>, volume\u00a0I (1849), Dupont \u00e9d<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un v\u00e9ritable gouvernement provisoire qui a \u00e9t\u00e9 constitu\u00e9 par le banquier Laffitte et Casimir P\u00e9rier. Seul suspense, qui va l\u2019emporter, de la R\u00e9publique ou de la branche orl\u00e9aniste\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019opposition [\u2026] peut perdre autant de batailles qu\u2019elle en livre, il lui suffit, comme les alli\u00e9s en 1814, de vaincre une seule fois. Avec \u00ab\u00a0trois glorieuses journ\u00e9es\u00a0\u00bb, enfin, elle d\u00e9truit tout.\u00a0\u00bb<span id=\"2032\" class=\"cit-num\">2032<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Honor\u00e9 de <span class=\"caps\">BALZAC<\/span> (1799-1850),<em> Le D\u00e9put\u00e9 d\u2019Arcis<\/em> (posthume, 1854)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La crainte d\u2019un r\u00e9gime vraiment d\u00e9mocratique va pousser la majorit\u00e9 des d\u00e9put\u00e9s de l\u2019opposition, repr\u00e9sentants d\u2019une bourgeoisie lib\u00e9rale, ais\u00e9e, \u00e9clair\u00e9e, mais pas vraiment r\u00e9volutionnaire, \u00e0 \u00ab\u00a0escamoter\u00a0\u00bb la R\u00e9publique et opter pour l\u2019ordre.<em> Le National<\/em> propose de nommer roi le duc d\u2019Orl\u00e9ans, \u00ab\u00a0prince d\u00e9vou\u00e9 \u00e0 la cause de la R\u00e9volution\u00a0\u00bb. Toute l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du nouveau r\u00e9gime est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, dans ce recours \u00e0 un \u00ab\u00a0roi citoyen\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Charte sera d\u00e9sormais une v\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"2033\" class=\"cit-num\">2033<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u2013<span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> (1773-1850), Proclamation aux habitants de Paris, 31\u00a0juillet 1830. <em>R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0: histoire de dix ans, 1830-1840<\/em> (1846), Louis Blanc<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le texte de la proclamation est de Guizot. Celui qui est encore le duc d\u2019Orl\u00e9ans accepte le m\u00eame jour le titre de \u00ab\u00a0lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume\u00a0\u00bb donn\u00e9 par les d\u00e9put\u00e9s insurg\u00e9s. Mais il lui faut l\u2019aval du peuple. Il se rend donc \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville o\u00f9 l\u2019attend La Fayette, redevenu populaire comme aux grandes heures de la R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 ce que nous avons pu faire de plus r\u00e9publicain.\u00a0\u00bb<span id=\"2034\" class=\"cit-num\">2034<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">FAYETTE<\/span> (1757-1834), H\u00f4tel de Ville, 31\u00a0juillet 1830.<em> La Fayette et la r\u00e9volution de 1830\u00a0: histoire des choses et des hommes de Juillet<\/em>, volume\u00a0I (1832), Bernard Alexis Sarrans<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les deux hommes se drapent dans le drapeau tricolore, au balcon de l\u2019H\u00f4tel de Ville. Ralli\u00e9 \u00e0 la cause du duc d\u2019Orl\u00e9ans, La Fayette lui donne l\u2019accolade et fait de lui le futur \u00ab\u00a0roi des Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Puisqu\u2019ils ne veulent pas de moi, qu\u2019ils se d\u00e9brouillent\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"2035\" class=\"cit-num\">2035<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc d\u2019<span class=\"caps\">ANGOUL\u00caME<\/span> (1775-1844), dernier dauphin de l\u2019histoire de France, ch\u00e2teau de Rambouillet, 2\u00a0ao\u00fbt 1830. <em>La Duchesse de Berry<\/em> (1963), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Charles\u00a0X, repli\u00e9 \u00e0 Rambouillet, vient d\u2019accepter la nomination du duc d\u2019Orl\u00e9ans comme lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume et r\u00e9gent. Plus ou moins forc\u00e9, il abdique en faveur de son petit-fils (10\u00a0ans), le duc Henri de Bordeaux. Il signe l\u2019acte, tend la plume \u00e0 son fils a\u00een\u00e9 Louis de France, devenu Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIX<\/span> le temps du r\u00e8gne le plus court de l\u2019histoire de France \u2013 quelques secondes d\u2019h\u00e9sitation, car il pourrait tenir pour nulles les d\u00e9cisions de son p\u00e8re et garder la couronne\u2026<\/p>\n<p>Il choisit finalement d\u2019abdiquer \u00e0 son tour en faveur de son neveu le duc de Bordeaux qui devient Henri\u00a0V pour les l\u00e9gitimistes \u2013 et attendra 1871 pour faire valoir ses droits \u00e0 la couronne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0<em>Le Dey.<\/em> \u2014 Je conviens que Charles Dix<br>Des guerriers est le ph\u00e9nix,<br>Il combat les Alg\u00e9riens<br>En m\u00eam\u2019 temps qu\u2019les Parisiens.<br>Charles X. \u2014 Pour rentrer dans mon Paris<br>Si nous n\u2019\u00e9tions pas enn\u2019mis,<br>J\u2019aurais r\u00e9clam\u00e9 d\u2019tes soins<br>Une patrouill\u2019 de B\u00e9douins.<br><em>Refrain<\/em> <br>\u00c7a va mal, sort fatal,<br>Adieu le tr\u00f4ne royal,<br>C\u2019est \u00e9gal,<br>Nous vivons, c\u2019est l\u2019principal.\u00a0\u00bb<span id=\"2036\" class=\"cit-num\">2036<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Auguste <span class=\"caps\">JOUHAUD<\/span> (1806-1888), <em>\u00c0 ton tour Paillasse<\/em> (1830), chanson.<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson, incluse dans une pi\u00e8ce en trois journ\u00e9es, en vers et en prose, r\u00e9unit dans un duo ironique les deux souverains qui perdent leur tr\u00f4ne en m\u00eame temps. Leur titre dispara\u00eet aussi\u00a0: il n\u2019y aura plus de roi de France ni de Dey en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Le 3\u00a0ao\u00fbt, Charles X fuit, \u00e9pouvant\u00e9 par le bruit que fait courir le mar\u00e9chal Marmont (commandant l\u2019arm\u00e9e royale, d\u00e9sormais acquis \u00e0 Louis-Philippe)\u00a0: 100\u00a0000 Parisiens arm\u00e9s seraient \u00e0 ses trousses\u2026 En fait, partis 30\u00a0000, ils arrivent moins de 1\u00a0000 \u00e0 Rambouillet, mais l\u2019arm\u00e9e royale (pr\u00e8s de 13\u00a0000 hommes) se replie. Charles X reprend le chemin du dernier exil. Les Bourbons ont fini de r\u00e9gner en France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une fois sacr\u00e9, rien ne le fut pour moi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">LANGLUM\u00c9<\/span> (1790-1830), dessinateur-lithographe, estampe de 1830. <em>Larousse<\/em> et Mus\u00e9e Carnavalet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette caricature contre Charles X s\u2019inspire de celle faite en 1815 contre Napol\u00e9on par les royalistes\u00a0: le roi pi\u00e9tine la Charte constitutionnelle et ses victimes en date du 27 juillet 1830, le mar\u00e9chal Brune, le mar\u00e9chal Ney, Mouton-Duvernet, etc\u2026<\/p>\n<p>Rappelons aussi l\u2019estampe anonyme repr\u00e9sentant le roi en girafe affubl\u00e9e d\u2019un bicorne, portant habit chamarr\u00e9 \u00e0 \u00e9paulettes, bottes et \u00e9p\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0La plus grande b\u00eate qu\u2019on ait jamais vue.\u00a0\u00bb Dat\u00e9e de 1827, elle revient \u00e0 la mode d\u2019une mani\u00e8re plus cruelle et br\u00e8ve.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 la gloire des citoyens fran\u00e7ais qui s\u2019arm\u00e8rent et combattirent pour la d\u00e9fense des libert\u00e9s publiques dans les m\u00e9morables journ\u00e9es des 27, 28, 29 juillet 1830.\u00a0\u00bb<span id=\"50\" class=\"cit-num\">50<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Inscription sur la plaque au bas de la Colonne de Juillet, \u00e9lev\u00e9e place de la Bastille \u00e0 Paris en comm\u00e9moration des Trois Glorieuses<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La colonne est construite au-dessus d\u2019une n\u00e9cropole accueillant les corps des r\u00e9volutionnaires\u00a0: 700 combattants inhum\u00e9s, 504 noms grav\u00e9s. \u00c0 plus de 50 m\u00e8tres de hauteur, une sculpture en bronze dor\u00e9 d\u2019Auguste Dumont\u00a0: Le G\u00e9nie de la Libert\u00e9.<\/p>\n<p>Contrairement \u00e0 ce que l\u2019on croit, la Colonne de Juillet construite sous Louis-Philippe ne rappelle en rien la R\u00e9volution et la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789. Derni\u00e8re confusion \u00e0 dissiper.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis-Philippe a grand soin de nos nippes et il nous prend notre couronne.\u00a0\u00bb<span id=\"2062\" class=\"cit-num\">2062<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">BERRY<\/span> (1798-1870), sur le chemin de l\u2019exil avec son beau-p\u00e8re Charles\u00a0X et toute la famille, \u00e0 Vire, 11\u00a0ao\u00fbt 1830. <em>La Cour de Charles\u00a0X<\/em> (1892), Imbert de Saint-Amand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Elle apprend que Marie-Am\u00e9lie, femme de Louis-Philippe, va lui envoyer une partie de sa garde-robe. Cette attention somme toute sympathique et quelques autres, comme l\u2019avance faite \u00e0 Charles\u00a0X par Louis-Philippe de 600\u00a0000\u00a0francs sur ses propres deniers, sont dans l\u2019esprit de ce roi bourgeois qui tranche sur tous ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs.<\/p>\n<p>Charles\u00a0X en roi d\u00e9chu se montre digne\u2026 et finalement intelligent. Il s\u2019est effac\u00e9 pour faciliter la t\u00e2che du successeur, charg\u00e9 d\u2019annoncer son abdication devant les Chambres le 3\u00a0ao\u00fbt et devenant sans plus d\u2019agitation populaire Louis-Philippe\u00a0Ier. Il n\u2019aura pas de successeur. C\u2019est donc le seul \u00ab\u00a0roi des Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pour la duchesse de Berry, ce n\u2019est qu\u2019une fausse sortie. Elle n\u2019a pas renonc\u00e9 \u00e0 faire valoir les droits de son fils au tr\u00f4ne de France et l\u2019opposition l\u00e9gitimiste causera bient\u00f4t quelques soucis \u00e0 la nouvelle monarchie orl\u00e9aniste. Ainsi va l\u2019Histoire.<\/p>\n<p>Charles X gagne l\u2019Angleterre, vit en \u00c9cosse, puis au Ch\u00e2teau de Prague, accueilli par l\u2019empereur d\u2019Autriche, avant de mourir \u00e0 la fronti\u00e8re italienne des suites du chol\u00e9ra \u00e0 79 ans, pardonnant de grand c\u0153ur \u00e0 tous ses ennemis, malgr\u00e9 plus de trente ans d\u2019exil.<\/p>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/tomes_portraits-9.jpg\" width=\"780\" height=\"344\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Retrouvez tous les personnages dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<p>Les personnages marquent leur \u00e9poque et bien au-del\u00e0\u00a0: ils sont les auteurs et acteurs de l\u2019Histoire, avant que les historiens ne commentent et r\u00e9\u00e9crivent le r\u00e9cit national.<br>Quant aux citations, leur int\u00e9r\u00eat n\u2019est plus \u00e0 prouver\u00a0: en quelques mots bien choisis, sourc\u00e9s et contextualis\u00e9s, le pass\u00e9 reprend vie et fait sens.<br>Plus ou moins connus, voire c\u00e9l\u00e8bres et toujours \u00e0 red\u00e9couvrir, voici 200 noms avec plus d\u2019un quart de femmes et un invit\u00e9 surprise, le peuple anonyme (chansons, slogans\u2026)<\/p>\n<p>Aiglon l\u2019- Anne d\u2019Autriche \u2013 Anne de Bretagne \u2013 Anne de France \u2013 Aragon \u2013 Aron \u2013 Aubign\u00e9 d\u2019- Auclert Hubertine \u2013 Auriol \u2013 Badinter \u2013 Baker Jos\u00e9phine \u2013 Barre \u2013 Beaumarchais \u2013 Beauvoir Simone de \u2013 Bellay du \u2013 B\u00e9ranger \u2013 Bernhardt Sarah \u2013 Berry duchesse de \u2013 Bismarck \u2013 Blanc (Louis) \u2013 Blanche de Castille \u2013 Blanqui \u2013 Blum \u2013 Bonaparte Pauline \u2013 Bossuet \u2013 Boulanger g\u00e9n\u00e9ral \u2013 Brasillach \u2013 Briand \u2013 Bugeaud \u2013 Callas Maria \u2013 Cambac\u00e9r\u00e8s \u2013 Camus \u2013 Catherine de M\u00e9dicis \u2013 C\u00e9sar \u2013 Chaban-Delmas \u2013 Chamfort \u2013 Chanel Coco \u2013 Charlemagne \u2013 Charles <span class=\"caps\">IX<\/span> \u2013 Charles X \u2013 Chateaubriand \u2013 Ch\u00e2telet \u00c9milie du \u2013 Chirac \u2013 Claudel \u2013 Claudel Camille \u2013 Clemenceau \u2013 Clotilde \u2013 Clovis \u2013 Colbert \u2013 Colette (Mme) \u2013 Condorcet \u2013 Corday Charlotte \u2013 Cresson \u00c9dith \u2013 Curie Marie et Pierre \u2013 Danton \u2013 Debr\u00e9 \u2013 Deffand Mme du \u2013 Descartes \u2013 Deschanel \u2013 Desmoulins \u2013 Diderot \u2013 Dreyfus \u2013 Du Guesclin \u2013 Dubois abb\u00e9 \u2013 Dumont (Ren\u00e9) \u2013 Eug\u00e9nie de Montijo \u2013 Fabius \u2013 Ferry \u2013 Flaubert \u2013 Foch \u2013 Fouch\u00e9 \u2013 Fouquet \u2013 Fouquier-Tinville \u2013 France (Anatole) \u2013 Fran\u00e7ois Ier \u2013 Gambetta \u2013 Gaulle de \u2013 Gaulle Yvonne de \u2013 Giroud Fran\u00e7oise \u2013 Giscard d\u2019Estaing \u2013 Gouges Olympe de \u2013 Gr\u00e9goire abb\u00e9 \u2013 Gr\u00e9vy \u2013 Guillotin \u2013 Guizot \u2013 Guy Alice \u2013 Halimi Gis\u00e8le \u2013 Henri <span class=\"caps\">III<\/span> \u2013 Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> \u2013 Henriette d\u2019Angleterre \u2013 Hugo \u2013 Isabeau de Bavi\u00e8re \u2013 Jaur\u00e8s \u2013 Jeanne d\u2019Arc \u2013 Joffre \u2013 Jos\u00e9phine de Beauharnais \u2013 L\u2019Hospital de \u2013 La Bruy\u00e8re \u2013 La Fayette \u2013 Lamartine \u2013 Louis <span class=\"caps\">IX<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XI<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XII<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> \u2013 Louis <span class=\"caps\">XVII<\/span> (Dauphin) \u2013 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> \u2013 Louis-Philippe \u2013 Louise de Savoie \u2013 Lyautey \u2013 Mac-Mahon \u2013 Macron \u2013 Madame M\u00e8re \u2013 Madame Royale \u2013\u00a0 Mademoiselle la Grande \u2013 Maintenon Mme de \u2013 Malraux \u2013 Marat \u2013 Marchais \u2013 Marguerite de Navarre \u2013 Marguerite de Valois \u2013 Marie de M\u00e9dicis \u2013 Marie Leczinska \u2013 Marie Stuart \u2013 Marie-Antoinette \u2013\u00a0 Marie-Louise \u2013 Marvingt Marie \u2013 Marx \u2013 Mauriac \u2013 Mauroy \u2013 Maurras \u2013 Mazarin \u2013 Michel Louise \u2013 Michelet \u2013 Mirabeau \u2013 Mitterrand \u2013 Moli\u00e8re \u2013 Monnet \u2013 Montaigne \u2013 Montespan marquise de \u2013 Montesquieu \u2013 Montherlant \u2013 Moulin \u2013 Napol\u00e9on \u2013 Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> \u2013 Palatine La (princesse) \u2013 Pascal \u2013 P\u00e9guy \u2013 P\u00e9tain \u2013 peuple (le) \u2013 Philippe Auguste \u2013 Philippe d\u2019Orl\u00e9ans (le R\u00e9gent) \u2013 Philippe le Bel \u2013 Picasso \u2013 Pinay \u2013 Pisan Christine de \u2013 Poincar\u00e9 \u2013 Poitiers Diane de \u2013 Pompadour marquise de \u2013 Pompidou \u2013 Proudhon \u2013 Rabelais \u2013 R\u00e9camier Juliette \u2013 Richelieu \u2013 Rivarol \u2013 Robespierre \u2013 Rocard \u2013 Rochefort \u2013 Roland Mme \u2013 Ronsard \u2013 Rousseau \u2013 Saint-Exup\u00e9ry \u2013 Saint-Just \u2013 Saint-Simon comte de \u2013\u00a0 Saint-Simon duc de \u2013 Sand George \u2013 Sarkozy \u2013 Sartre \u2013 Schoelcher \u2013 Schuman\u00a0\u2013 S\u00e9vign\u00e9 marquise de \u2013 Siey\u00e8s abb\u00e9 \u2013 Sorel Agn\u00e8s \u2013 Sta\u00ebl Mme de \u2013 Sully \u2013 Talleyrand \u2013 Tallien \u2013 Tallien Mme \u2013 Thiers \u2013 Thorez \u2013 Tocqueville \u2013 Turgot \u2013 Val\u00e9ry \u2013 Veil Simone 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