{"id":9790,"date":"2023-08-28T00:00:00","date_gmt":"2023-08-27T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/portrait-de-louis-xiv-en-citations\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:00","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:00","slug":"portrait-de-louis-xiv-en-citations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/portrait-de-louis-xiv-en-citations\/","title":{"rendered":"Portrait de Louis XIV en citations"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Le r\u00e9cit national de l\u2019Histoire en citations situe clairement le si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0: apr\u00e8s les guerres de Religion et les Frondes plurielles, cette monarchie absolue incarn\u00e9e par le Roi Soleil convient au pays, mais sa fin cr\u00e9pusculaire aboutit au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res qui pr\u00e9pare la R\u00e9volution et la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<p>Tel roi, tel si\u00e8cle\u00a0: parfaite identification du personnage et de son \u00e9poque, la France dominant l\u2019Europe sur le plan politique, \u00e9conomique et artistique, comme jamais avant ni apr\u00e8s.<\/p>\n<p>C\u2019est aussi le plus long r\u00e8gne de l\u2019histoire, de 1643 \u00e0 1715 (72 ans) avec deux tournants\u00a0: 1661, mort du Premier ministre Mazarin et d\u00e9but du r\u00e8gne personnel, 1685, apog\u00e9e sous le signe de Versailles jusqu\u2019\u00e0 la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes. En fin de r\u00e8gne, l\u2019adversit\u00e9 rend le personnage plus humain.<\/p>\n<p>Ce portrait exceptionnel qui cumule l\u2019histoire du si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> et le portrait du souverain le plus absolu de notre Histoire ob\u00e9it au plan le plus classique\u00a0: 1. Autoportrait du roi . 2. Chronique du r\u00e8gne. 3. Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> vu par les contemporains et les historiens.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-3-41.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">1. <span class=\"caps\">AUTOPORTRAIT<\/span> <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">ROI<\/span>.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat, c\u2019est moi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"807\" class=\"cit-num\">807<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715).<em> L\u2019\u00c9tat baroque\u00a0: regards sur la pens\u00e9e politique de la France du premier xviie\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1985), H.\u00a0M\u00e9choulan, E.\u00a0Le Roy Ladurie, A.\u00a0Robinet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mot r\u00e9put\u00e9 apocryphe, souvent cit\u00e9, il refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 et fut prononc\u00e9 avant m\u00eame le d\u00e9but du r\u00e8gne personnel, selon l\u2019historien Louis Madelin (<em>La Fronde,<\/em> 1931). Taine\u00a0y fait \u00e9galement r\u00e9f\u00e9rence\u00a0: \u00ab\u00a0En politique, le nombre seul est respectable. C\u2019est pourquoi le tiers pose son droit comme incontestable et, \u00e0 son tour, dit comme Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat, c\u2019est moi\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb (<em>Les Origines de la France contemporaine<\/em>, tome I, L\u2019Ancien R\u00e9gime (1875).<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> vient d\u2019\u00eatre sacr\u00e9 roi \u00e0 Reims (1654), mais Mazarin exerce toujours le pouvoir. \u00c0 sa demande, le roi signe divers \u00e9dits financiers pour renflouer le Tr\u00e9sor et poursuivre la guerre contre l\u2019Espagne. Certains magistrats du Parlement de Paris en discutent la l\u00e9galit\u00e9. Il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter une nouvelle fronde parlementaire.<\/p>\n<p>En costume de chasse, le roi se rend devant le Parlement r\u00e9uni en lit de justice\u00a0: \u00ab\u00a0Chacun sait combien ces assembl\u00e9es ont excit\u00e9 de troubles dans mon \u00c9tat et combien de dangereux effets elles y ont produit. J\u2019ai appris que vous pr\u00e9tendiez encore les continuer sous pr\u00e9texte de d\u00e9lib\u00e9rer sur les \u00e9dits qui ont \u00e9t\u00e9 lus et publi\u00e9s en ma pr\u00e9sence.\u00a0\u00bb Le pr\u00e9sident invoque l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00c9tat dans cette affaire et le roi le fait taire en affirmant\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat, c\u2019est moi\u00a0\u00bb (13\u00a0avril 1655). Il a 16\u00a0ans. La suite de l\u2019Histoire va confirmer cette citation r\u00e9f\u00e9rentielle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous sommes la t\u00eate d\u2019un corps dont les sujets sont les membres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"808\" class=\"cit-num\">808<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi entreprend la r\u00e9daction de ce pr\u00e9cieux document la premi\u00e8re ann\u00e9e du r\u00e8gne personnel, songeant d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation politique de son successeur et l\u2019initiant par l\u2019exemple au difficile m\u00e9tier de roi. Le Grand Dauphin, n\u00e9 cette m\u00eame ann\u00e9e 1661, meurt trop t\u00f4t pour r\u00e9gner, de m\u00eame le Second Dauphin. C\u2019est donc son arri\u00e8re-petit-fils (Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>) qui en fera usage. Et c\u2019est Voltaire, dans <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em>, qui publiera le premier une partie de ces M\u00e9moires.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, plus qu\u2019aucun roi, incarne le pouvoir et s\u2019identifie \u00e0 la France. On trouve cette notion tr\u00e8s physique et m\u00eame sensuelle de la royaut\u00e9 chez Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, mais le temps n\u2019\u00e9tait pas venu de rendre effective la monarchie absolue.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Celui qui a donn\u00e9 des rois aux hommes a voulu qu\u2019on les respect\u00e2t comme ses lieutenants, se r\u00e9servant \u00e0 lui seul le droit d\u2019examiner leur conduite. Sa volont\u00e9 est que quiconque est n\u00e9 sujet ob\u00e9isse sans discernement.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"809\" class=\"cit-num\">809<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La monarchie est de droit divin et le roi (lui-m\u00eame tr\u00e8s croyant) n\u2019est comptable que devant Dieu. Aussi longtemps que dure ce postulat, rien ne peut \u00eatre remis en question et la raison d\u2019\u00c9tat s\u2019impose sans partage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Nec pluribus impar.\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Sup\u00e9rieur \u00e0 tous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"853\" class=\"cit-num\">853<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Non inf\u00e9rieur (ou\u00a0: in\u00e9gal) \u00e0 plusieurs (ou\u00a0: au plus grand nombre)\u00a0\u00bb \u2013\u00a0c\u2019est litt\u00e9ralement intraduisible. On peut quand m\u00eame essayer, en recourant \u00e0 une litote. D\u2019autres traductions existent, sign\u00e9es d\u2019historiens. Pierre Larousse, auteur du dictionnaire, pose la question et avoue qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse claire, m\u00eame pas celle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Je suffirai \u00e0 \u00e9clairer encore d\u2019autres mondes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Quoiqu\u2019il en soit, la devise latine accompagne l\u2019embl\u00e8me choisi lors de la f\u00eate du Carrousel en juin\u00a01662\u00a0: le Soleil. Ainsi se d\u00e9veloppe une mystique d\u2019origine divine, mais en r\u00e9alit\u00e9 bien pa\u00efenne, du \u00ab\u00a0Roi-Soleil\u00a0\u00bb, personnage presque supraterrestre dont le culte atteint son apog\u00e9e avec l\u2019installation de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 Versailles, en 1682.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce qu\u2019ils [les rois] semblent faire contre la loi commune est fond\u00e9 le plus souvent sur la raison d\u2019\u00c9tat, qui est la premi\u00e8re des lois mais la plus inconnue et la plus obscure \u00e0 ceux qui ne gouvernent pas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"813\" class=\"cit-num\">813<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715).<em> Raison d\u2019\u00c9tat<\/em> (2009), Bernard Bachelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi soumet sa vie \u00e0 cette fameuse raison d\u2019\u00c9tat, \u00ab\u00a0pierre angulaire de la politique de Richelieu\u00a0\u00bb qui pr\u00e9para la monarchie absolue en Premier ministre de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>. La France du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle suit d\u00e9sormais son roi presque unanimement dans les heures de gloire, comme dans l\u2019adversit\u00e9 qui marquera la seconde partie du r\u00e8gne. Quant \u00e0 la notion m\u00eame de raison d\u2019\u00c9tat, elle va \u00eatre d\u00e9fendue et attaqu\u00e9e dans un d\u00e9bat historique sans fin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Aussit\u00f4t qu\u2019un roi se rel\u00e2che sur ce qu\u2019il a command\u00e9, l\u2019autorit\u00e9 p\u00e9rit, et le repos avec elle.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"846\" class=\"cit-num\">846<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le\u00e7on de Mazarin maintes fois r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et h\u00e9rit\u00e9e de Richelieu, souvenirs de la Fronde et d\u2019une France en proie \u00e0 l\u2019anarchie, caract\u00e8re autoritaire et go\u00fbt du pouvoir m\u00eal\u00e9s \u00e0 un orgueil inn\u00e9\u00a0: tout concourt pour faire de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> un monarque absolu. Il fera r\u00e9gner l\u2019ordre et les Fran\u00e7ais lui en sont majoritairement reconnaissants.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les empires ne se conservent que comme ils s\u2019acqui\u00e8rent, c\u2019est-\u00e0-dire par la rigueur, par la vigilance et par le travail.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"847\" class=\"cit-num\">847<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On retrouve ce mot, cette id\u00e9e r\u00e9currente de \u00ab\u00a0travail\u00a0\u00bb, aussi vrai qu\u2019\u00eatre roi est un m\u00e9tier. \u00ab\u00a0C\u2019est par le travail qu\u2019on r\u00e8gne. Il y a de l\u2019ingratitude et de l\u2019audace \u00e0 l\u2019\u00e9gard de Dieu, de l\u2019injustice et de la tyrannie \u00e0 l\u2019\u00e9gard des hommes, de vouloir l\u2019un sans l\u2019autre.\u00a0\u00bb De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale\u00a0: \u00ab\u00a0Le travail n\u2019\u00e9pouvante que les \u00e2mes faibles.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Pendant plus de cinquante ans, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> travaille douze heures par jour \u00e0 son m\u00e9tier de roi, accomplissant un labeur \u00e9crasant, doubl\u00e9 d\u2019une vie en perp\u00e9tuelle repr\u00e9sentation \u00e0 la cour. Il b\u00e9n\u00e9ficiera longtemps d\u2019une robuste sant\u00e9, doubl\u00e9e d\u2019un grand \u00e9quilibre moral, avec une intelligence moyenne, mais tr\u00e8s m\u00e9thodique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai failli attendre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"848\" class=\"cit-num\">848<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715). <em>Dictionnaire de fran\u00e7ais Larousse<\/em>, au mot \u00ab\u00a0attendre\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On lui pr\u00eate ce mot, souvent cit\u00e9, jamais \u00ab\u00a0sourc\u00e9\u00a0\u00bb. La duchesse d\u2019Orl\u00e9ans, dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>, rapporte seulement que le roi ne peut souffrir qu\u2019on le fasse attendre. Ce qui est assez normal pour un homme si occup\u00e9, si m\u00e9thodique et minut\u00e9 dans l\u2019emploi de son temps, et roi de surcro\u00eet.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Ultima ratio regum.\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Dernier argument des rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"817\" class=\"cit-num\">817<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), devise grav\u00e9e sur ses canons<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Concise et pr\u00e9cise, la devise est une bonne citation historique. Celle-ci donne une cl\u00e9 de la politique ext\u00e9rieure du r\u00e8gne et du personnage. La guerre est l\u2019une des passions du roi, la victoire \u00e9tant ce qui peut le mieux servir sa gloire. D\u2019o\u00f9 trente-trois ann\u00e9es de guerre sur un r\u00e8gne personnel de cinquante-quatre ans. Ses contemporains sont du m\u00eame avis\u00a0: un roi guerrier fait son m\u00e9tier de roi. Prenons garde \u00e0 l\u2019anachronisme qui nous ferait condamner ce \u00ab\u00a0va-t\u2019en-guerrisme\u00a0\u00bb par ailleurs tr\u00e8s contr\u00f4l\u00e9 chez Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut ne rien exposer au hasard de ce qu\u2019on peut demander \u00e0 la prudence\u00a0; c\u2019est toujours l\u2019impatience de gagner qui fait perdre.\u00a0\u00bb Autre grand roi, Fran\u00e7ois Ier en fit l\u2019exp\u00e9rience \u00e0 Pavie en 1525, un d\u00e9sastre dix ans apr\u00e8s la victoire de Marignan r\u00e9compensant son impatience.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> va poursuivre trois buts\u00a0qu\u2019on nommerait aujourd\u2019hui g\u00e9opolitiques\u00a0: pr\u00e9\u00e9minence de la France dans le monde, fronti\u00e8re strat\u00e9gique assur\u00e9e au nord-est, vis\u00e9es sur la prochaine succession d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Il se donnera les moyens de sa politique\u00a0: grands diplomates (Lionne, Pomponne, de Torcy le neveu de Colbert), r\u00e9organisation militaire conduite par Louvois, effectifs consid\u00e9rables pour une arm\u00e9e de m\u00e9tier (passant de 72\u00a0000 hommes en 1667 \u00e0 400\u00a0000 en 1703), marine de guerre d\u00e9velopp\u00e9e par Colbert (La Royale a 18 vaisseaux en 1661, 276 en 1683), places fortes cr\u00e9\u00e9es ou renforc\u00e9es par Vauban.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Au d\u00e9faut des actions \u00e9clatantes de la guerre, rien ne marque davantage la grandeur et l\u2019esprit des princes que les b\u00e2timents.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"818\" class=\"cit-num\">818<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COLBERT<\/span> (1619-1683),<em> Lettres, instructions et m\u00e9moires de Colbert<\/em> (posthume, 1863)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il exprime naturellement la pens\u00e9e de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, en tant que Surintendant des B\u00e2timents, Arts et Manufactures.<\/p>\n<p>Les seuls b\u00e2timents royaux co\u00fbtent en moyenne 4\u00a0% du budget de l\u2019\u00c9tat\u00a0: on construit un peu partout, \u00e0 Fontainebleau, Vincennes, Chambord, Saint-Germain, Marly et surtout Versailles \u2013 o\u00f9 les travaux commencent d\u00e8s 1661, pour durer plus d\u2019un demi-si\u00e8cle. Une r\u00e9union de grands talents (la m\u00eame \u00e9quipe qui n\u2019a que trop bien r\u00e9ussi Vaux-le-Vicomte, r\u00e9sidence du surintendant Fouquet perdu par tant de magnificence) fait na\u00eetre la plus grande r\u00e9ussite artistique des temps modernes\u00a0: Versailles servira de mod\u00e8le \u00e0 l\u2019Europe pendant un\u00a0si\u00e8cle, imposant la sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019art fran\u00e7ais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les peuples se plaisent au spectacle. Par-l\u00e0, nous tenons leur esprit et leur c\u0153ur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"819\" class=\"cit-num\">819<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Plus qu\u2019un monument et un site, Versailles est un style de vie. C\u2019est le cadre magnifique o\u00f9 l\u2019existence du roi se d\u00e9roule comme une c\u00e9r\u00e9monie implacablement minut\u00e9e, admirablement mise en sc\u00e8ne. C\u2019est aussi le haut lieu du m\u00e9c\u00e9nat royal, o\u00f9 se donnent les f\u00eates \u00e9clatantes.<\/p>\n<p>Les plus grands artistes du temps y concourent. Jean-Baptiste Lully, surintendant de la musique du roi de\u00a01661 \u00e0\u00a01687, r\u00e9gent de tous les th\u00e9\u00e2tres, acad\u00e9mies et \u00e9coles de musique, fait triompher le \u00ab\u00a0spectacle total\u00a0\u00bb, l\u2019op\u00e9ra, avec <em>Cadmus et Hermione<\/em> (livret de Quinault) en 1673. Et tous les arts vont s\u2019\u00e9panouir, en cette seconde moiti\u00e9 du si\u00e8cle. Dans une Europe encore baroque, c\u2019est le triomphe du classicisme fran\u00e7ais. C\u2019est \u00e9galement \u2013 fait unique dans notre histoire et rare dans le monde \u2013 la r\u00e9ussite d\u2019un art officiel, dirig\u00e9, pensionn\u00e9, administr\u00e9, voulu par le roi. Autre souverain absolu, Napol\u00e9on \u00e9chouera avec sa volont\u00e9 de contr\u00f4ler la production litt\u00e9raire et dramatique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On attaque le c\u0153ur d\u2019un prince comme une place. Le premier soin est de s\u2019emparer de tous les postes par o\u00f9 on y peut approcher.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"895\" class=\"cit-num\">895<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi ne cache rien \u00e0 son fils a\u00een\u00e9 et voudrait lui \u00e9viter tous les pi\u00e8ges de l\u2019amour\u00a0qui menacent particuli\u00e8rement un prince et peuvent avoir des cons\u00e9quences politiques pour le pays\u00a0!<\/p>\n<p>Saluons la franchise et la grande lucidit\u00e9 de ce roi qui, homme tr\u00e8s sensuel, adorant plaire et incapable de se passer de femmes, aura d\u2019innombrables ma\u00eetresses \u2013 comme Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>. Veuf \u00e0 45 ans, il va finalement \u00ab\u00a0se ranger\u00a0\u00bb avec Mme\u00a0de Maintenon qui rendra la cour plus aust\u00e8re. Mais face au roi, elle emploie la m\u00eame tactique que les Mancini, La Valli\u00e8re, Fontanges et autres Montespan. Apr\u00e8s leur mariage secret (1683), elle sera surnomm\u00e9e Madame Quatorze, Madame de Maintenant\u2026 et sainte Fran\u00e7oise par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il arrive que nous tombions malgr\u00e9 nous dans ses \u00e9garements [de l\u2019amour], il faut du moins observer deux pr\u00e9cautions [\u2026]\u00a0: la premi\u00e8re, que le temps que nous donnons \u00e0 notre amour ne soit jamais pris au pr\u00e9judice de nos affaires, la seconde [\u2026] il faut demeurer ma\u00eetre absolu de notre esprit.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"850\" class=\"cit-num\">850<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715),<em> M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il trompa sa femme Marie-Th\u00e9r\u00e8se, tout en lui manifestant son respect et en lui faisant six enfants. Il en fit beaucoup d\u2019autres, \u00e0 beaucoup de femmes. Mais ses ma\u00eetresses n\u2019ont gu\u00e8re d\u2019influence politique \u2013 m\u00eame sa seconde \u00e9pouse, Mme\u00a0de Maintenon, en aura sans doute moins qu\u2019on ne l\u2019a dit. Malgr\u00e9 les \u00e9lans de son c\u0153ur et surtout de son corps, la raison d\u2019\u00c9tat et le m\u00e9tier de roi gardent la priorit\u00e9.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> est aid\u00e9 en cela par un remarquable contr\u00f4le de soi-m\u00eame, de ses gestes comme de ses propos, et par un \u00e9go\u00efsme foncier, aussi royal que masculin et fort bien vu \u00e0 l\u2019\u00e9poque. \u00ab\u00a0Je mettrais plut\u00f4t toute l\u2019Europe d\u2019accord que deux femmes.\u00a0\u00bb Il faut dire qu\u2019il a rencontr\u00e9 quelques fortes t\u00eates, \u00e0 commencer par la Grande Mademoiselle, petite-fille d\u2019Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et sa cousine germaine, \u00e9ternelle frondeuse.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019amour de la gloire a les m\u00eames d\u00e9licatesses et, si j\u2019ose dire, les m\u00eames timidit\u00e9s que les plus tendres passions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"851\" class=\"cit-num\">851<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le personnage se livre rarement et pudiquement, comme dans cet autoportrait o\u00f9 le roi et l\u2019homme se r\u00e9v\u00e8lent si semblables\u00a0: m\u00eame d\u00e9sir de plaire, identique besoin de conqu\u00e9rir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La fonction de roi consiste principalement \u00e0 laisser agir le bon sens, qui agit toujours naturellement et sans peine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715),<em> M\u00e9moires de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1862)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9tonnant pr\u00e9cepte qui semble diminuer le m\u00e9rite d\u2019un roi faisant bien son m\u00e9tier. Encore faut-il qu\u2019il soit toujours dou\u00e9 de ce \u00ab\u00a0bon sens\u00a0\u00bb qui fit d\u00e9faut \u00e0 nombre de ses \u00ab\u00a0confr\u00e8res\u00a0\u00bb. Dans le m\u00eame esprit\u00a0: \u00ab\u00a0Il est tr\u00e8s malais\u00e9 de parler beaucoup sans dire quelque chose de trop.\u00a0\u00bb Que n\u2019est-il entendu\u2026<\/p>\n<p>Autre simplification\u00a0bienvenue\u00a0: \u00ab\u00a0Les r\u00e8gles de la justice et de l\u2019honneur conduisent presque toujours \u00e0 l\u2019utilit\u00e9 m\u00eame.\u00a0\u00bb Et cette remarque d\u2019une sagesse philosophique\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 qui peut se vaincre soi-m\u00eame, il est peu de chose qui puisse r\u00e9sister.\u00a0\u00bb Fruit de son exp\u00e9rience, il note aussi\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est sagement fait que d\u2019\u00e9couter tout le monde, et de ne croire enti\u00e8rement ceux qui nous approchent, ni sur leurs ennemis, hors le bien qu\u2019ils sont contraints d\u2019y reconna\u00eetre, ni sur leurs amis, hors le mal qu\u2019ils t\u00e2chent d\u2019y excuser.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toutes les fois que je donne une place vacante, je fais cent m\u00e9contents et un ingrat.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"829\" class=\"cit-num\">829<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715). <em>Dictionnaire de fran\u00e7ais Larousse<\/em>, au mot \u00ab\u00a0ingrat\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Derni\u00e8re constatation fort bien not\u00e9e, mais c\u2019est le r\u00e9sultat de sa politique.<\/p>\n<p>Les Grands ont perdu tout pouvoir \u2013 hors les charges militaires et eccl\u00e9siastiques. S\u2019ils ne se r\u00e9signent pas \u00e0 v\u00e9g\u00e9ter sur leurs terres, ils viennent \u00e0 la cour et se retrouvent qu\u00e9mandant pensions, b\u00e9n\u00e9fices, charges, commandements. Une \u00e9troite mansarde sous les combles de Versailles ravit un temps le hautain courtisan Saint-Simon.<\/p>\n<p>La bourgeoisie a le pouvoir (ministres et membres des divers Conseils gouvernementaux, intendants de province, fermiers g\u00e9n\u00e9raux, cadres militaires nouveaux), mais les places sont tr\u00e8s disput\u00e9es. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> sait d\u2019ailleurs jouer des rivalit\u00e9s, m\u00eame entre ses ministres (le clan Colbert contre le clan Le Tellier-Louvois)\u00a0: ainsi le servent-ils mieux et ne risquent-ils pas de s\u2019allier contre lui.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-3-41.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">2. <span class=\"caps\">CHRONIQUE<\/span> <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">R\u00c8GNE<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Comment vous appelez-vous \u00e0 pr\u00e9sent\u00a0?<br>\u2014 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, mon papa.<br>\u2014 Pas encore, mon fils, pas encore, mais ce sera peut-\u00eatre pour bient\u00f4t.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"739\" class=\"cit-num\">739<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1601-1643), au futur roi qui n\u2019a pas 5\u00a0ans, 21\u00a0avril 1643. <em>Archives curieuses de l\u2019histoire de France, depuis Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> jusqu\u2019\u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span><\/em> (1837), F\u00e9lix Danjou<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 peine \u00e2g\u00e9 de 40\u00a0ans, le roi n\u2019a plus deux mois \u00e0 vivre. Mais sa pi\u00e9t\u00e9 lui enl\u00e8ve toute crainte. C\u2019est un fait assez rare dans l\u2019histoire et son fils, l\u2019heure et le jour venus (en 1715), fera preuve du m\u00eame courage. En attendant, il se voit d\u00e9j\u00e0 roi, \u00e0 cinq ans\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Or, sus, bourgeois, ne soyez plus en peine, \/ Cessez vos pleurs, vos cris,<br>Le Roi, Monsieur, et la Reine R\u00e9gente \/ Reviennent \u00e0 Paris,<br>Ha\u00a0! qu\u2019ils ont fait une belle b\u00e9vue\u00a0! \/ Elle est revenue, Dame Anne, elle est revenue.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"782\" class=\"cit-num\">782<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>L\u2019Enl\u00e8vement du Roi<\/em> (1649), chanson.<em> Recueil de plusieurs pi\u00e8ces curieuses contre le cardinal de Mazarin<\/em> (1649)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Rien moins que 28 couplets pour f\u00eater le retour triomphal \u00e0 Paris du petit Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (11 ans), de son fr\u00e8re Philippe et de leur m\u00e8re Anne d\u2019Autriche, le 18\u00a0ao\u00fbt 1649. C\u2019est le commencement de la fin des Frondes qui ont mobilis\u00e9 les Parlements, les nobles, le peuple et mis le pays au bord de la r\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui n\u2019admire l\u2019enfance \/ D\u2019un jeune Roi plus beau que le jour,<br>Soit qu\u2019il chante ou qu\u2019il danse \/ Les dames pour lui br\u00fblent d\u2019amour<br>Et tout bas disent avec rougeur\u00a0: \/ Qu\u2019il est beau, que n\u2019est-il majeur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"786\" class=\"cit-num\">786<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Qui n\u2019admire l\u2019enfance<\/em> (1650), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Fronde des princes recommence, cela n\u2019emp\u00eache pas le peuple d\u2019adorer le petit Louis. Cette chanson date de ses 12\u00a0ans\u00a0: on \u00e9pie l\u2019adolescent, on le jauge, on \u00e9value non sans tendresse la pouss\u00e9e de ses jeunes forces. Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> le Bien-Aim\u00e9 vivra le m\u00eame \u00e9tat de gr\u00e2ce, mais \u00e7a ne durera pas.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le Grand deviendra l\u2019un des plus brillants danseurs de son si\u00e8cle, s\u2019exhibant volontiers dans des ballets consacrant la gloire du Roi-Soleil, et m\u00eame ses ennemis salueront sa prestance.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le re\u00e7ut comme un p\u00e8re et le peuple comme un ma\u00eetre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"796\" class=\"cit-num\">796<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778) \u00e9voquant le retour de Mazarin, 3\u00a0f\u00e9vrier 1653.<em> Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la fin de la Fronde. Le roi, majeur depuis deux ans, va laisser le cardinal gouverner la France jusqu\u2019\u00e0 sa mort en 1666, apprenant son royal m\u00e9tier aupr\u00e8s de son Premier ministre et tuteur. Mais la Fronde lui servira de le\u00e7on\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ces agitations terribles avant et apr\u00e8s ma majorit\u00e9, une guerre \u00e9trang\u00e8re o\u00f9 les troubles domestiques firent perdre \u00e0 la France mille et mille avantages, un prince de mon sang et d\u2019un tr\u00e8s grand nom [Cond\u00e9] \u00e0 la t\u00eate de mes ennemis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"797\" class=\"cit-num\">797<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jamais le roi n\u2019oubliera l\u2019humiliation et l\u2019ins\u00e9curit\u00e9 de sa jeunesse. Le souvenir de la Fronde commande et explique bien des aspects de sa politique int\u00e9rieure.<\/p>\n<p>La France n\u2019oublie pas non plus le bilan d\u00e9sastreux de cette guerre civile, aggrav\u00e9e par la guerre \u00e9trang\u00e8re et l\u2019appui des Espagnols aux rebelles\u00a0: famines et pestes end\u00e9miques ont fait mourir dans la seule ann\u00e9e 1652 un quart de la population, dans certains villages en \u00cele-de-France, Champagne et Picardie\u00a0! Le commerce ext\u00e9rieur est d\u00e9sorganis\u00e9, la marine ruin\u00e9e. Le pays doit penser\u00a0: tout plut\u00f4t que cette anarchie. Il est pr\u00eat pour une monarchie absolue.<\/p>\n<p>D\u00e8s son retour, Mazarin r\u00e9tablit les intendants, incarnation du pouvoir royal et gage de l\u2019ordre sur tout le territoire. Gaston d\u2019Orl\u00e9ans est exil\u00e9 \u00e0 vie dans son ch\u00e2teau de Blois. Cond\u00e9, condamn\u00e9 \u00e0 mort (par contumace) par le Parlement, passe au service de l\u2019Espagne ennemie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si une fois vous prenez en main le gouvernail, vous ferez plus en un jour qu\u2019un plus habile que moi en six mois, car c\u2019est d\u2019un autre poids, ce qu\u2019un roi fait de droit fil, que ce que fait un ministre, quelque autoris\u00e9 qu\u2019il puisse \u00eatre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"801\" class=\"cit-num\">801<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661), Lettre \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, 29\u00a0juin 1659. <em>Les Annales conferencia<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XIX<\/span> (1925), Universit\u00e9 des Annales<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi le conseille-t-il deux ans avant sa mort, tout en continuant de l\u2019initier \u00e0 son m\u00e9tier de roi. Le conseil sera bien suivi par l\u2019\u00e9l\u00e8ve\u00a0en cela surdou\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>En attendant, le cardinal qui a tir\u00e9 les le\u00e7ons de la Fronde tient fermement le gouvernail\u00a0: Parlements r\u00e9duits au silence, interdiction \u00e0 la noblesse de s\u2019assembler (\u00e9dit de 1657). En 1659, des assembl\u00e9es secr\u00e8tes de nobles se tiennent en certaines provinces. Le roi va s\u00e9vir en personne dans le Midi. Il y a toujours, entre eux deux, cette \u00e9tonnante division du travail.<\/p>\n<p>L\u2019un des principaux acquis du \u00ab\u00a0r\u00e8gne\u00a0\u00bb de Mazarin sera la paix avec l\u2019Espagne au trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es\u00a0: le 7\u00a0novembre\u00a01659, dans l\u2019\u00eele des Faisans sur la Bidassoa qui sert de fronti\u00e8re aux deux pays, Mazarin signe pour Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Le ministre est aussi l\u2019artisan du mariage espagnol de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates roi, vous pleurez et je pars.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"802\" class=\"cit-num\">802<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie <span class=\"caps\">MANCINI<\/span> (1640-vers 1715), \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, le 22\u00a0juin 1659. <em>Annales dramatiques, <\/em>ou<em> Dictionnaire g\u00e9n\u00e9ral des th\u00e9\u00e2tres<\/em> (1809), Babault ed<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019une des sc\u00e8nes d\u2019amour contrari\u00e9 les plus c\u00e9l\u00e8bres et cit\u00e9es de l\u2019histoire de France\u00a0: trait\u00e9e en chronique par Saint-Simon, l\u2019abb\u00e9 de Choisy, Voltaire, reprise par Alexandre Dumas dans son roman, <em>Le Vicomte de Bragelonne<\/em> (suite des <em>Trois Mousquetaires<\/em>), elle va inspirer la <em>B\u00e9r\u00e9nice<\/em> de Racine et l\u2019un de ses plus beaux vers au trag\u00e9dien.<\/p>\n<p>Situation classique\u00a0: deux amants sacrifi\u00e9s \u00e0 la raison d\u2019\u00c9tat. L\u2019identit\u00e9 des h\u00e9ros et les coulisses de l\u2019histoire rendent la sc\u00e8ne fascinante. Marie Mancini est une mazarinette, ni\u00e8ce de Mazarin et pr\u00e9cieuse pas du tout ridicule, fine lettr\u00e9e \u00e0 l\u2019esprit romanesque. Sa s\u0153ur Olympe, plus jolie, a d\u00e9j\u00e0 \u00e9mu le jeune Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Mais Marie est sa premi\u00e8re grande passion \u2013 platonique, dit-on. Il lui parle mariage, sa m\u00e8re Anne d\u2019Autriche s\u2019y oppose. Cette union n\u2019est pas digne du roi de France et pas utile au pays, alors que Mazarin pr\u00e9pare depuis longtemps le mariage de Louis avec l\u2019infante Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Sur l\u2019ordre de son oncle, la mazarinette de 20\u00a0ans est donc \u00e9loign\u00e9e de la cour, puis oblig\u00e9e de dire adieu \u00e0 son amoureux, tr\u00e8s affect\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Vous \u00eates roi, vous pleurez et je pars.\u00a0\u00bb B\u00e9r\u00e9nice lui fait \u00e9cho en 1670, h\u00e9ro\u00efne contrainte pour la m\u00eame raison de se s\u00e9parer de Titus\u00a0: \u00ab\u00a0Vous \u00eates empereur, Seigneur, et vous pleurez.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elle est digne de lui comme il est digne d\u2019elle.<br>Des Reines et des Rois, chacun est le plus grand.<br>Et jamais conqu\u00eate si belle<br>Ne m\u00e9rita les v\u0153ux d\u2019un si grand conqu\u00e9rant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"804\" class=\"cit-num\">804<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">RACINE<\/span> (1639-1699),<em> La Nymphe de la Seine<\/em> (1660)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le mariage entre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et Marie-Th\u00e9r\u00e8se est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 6\u00a0juin 1660, avant l\u2019entr\u00e9e triomphale \u00e0 Paris le 26\u00a0ao\u00fbt.<\/p>\n<p>Po\u00e8te tr\u00e8s courtisan quand il \u00e9crit ainsi \u00e0 la louange des jeunes \u00e9poux, Racine n\u2019exprime pas moins l\u2019admiration et m\u00eame la v\u00e9n\u00e9ration des Fran\u00e7ais pour leur roi, image de Dieu sur Terre, par ailleurs fort bel homme et attendu comme un nouveau h\u00e9ros de leur histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, je vous dois tout, mais je m\u2019acquitte envers Votre Majest\u00e9 en lui donnant Colbert.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"805\" class=\"cit-num\">805<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661) \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, le 9\u00a0mars 1661. C\u2019est son \u00ab\u00a0mot de la fin\u00a0\u00bb politique. <em>Le Plutarque fran\u00e7ais, vie des hommes et femmes illustres de la France<\/em> (1837), \u00c9douard Mennechet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premier ministre d\u2019Anne d\u2019Autriche, gard\u00e9 par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 sa majorit\u00e9, se donnant tout entier \u00e0 son m\u00e9tier de \u00ab\u00a0principal ministre\u00a0\u00bb, il eut la totalit\u00e9 du pouvoir. Il a parall\u00e8lement collectionn\u00e9 les charges et acquis une immense fortune \u2013 impossible \u00e0 estimer, car il est difficile de donner la valeur des tableaux de ma\u00eetre de Vinci, Titien, Rapha\u00ebl, Caravage, des sculptures, des bijoux et m\u00e9dailles diss\u00e9min\u00e9s dans un grand nombre de palais, et des livres rares de la biblioth\u00e8que Mazarine. C\u2019est sans doute la plus grande fortune priv\u00e9e de tout l\u2019Ancien R\u00e9gime. Mazarin fut aussi un grand m\u00e9c\u00e8ne et au moment de mourir, il pense aux chefs-d\u2019\u0153uvre qu\u2019il ne verra plus\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut quitter tout cela\u00a0\u00bb dit-il. L\u2019essentiel est l\u00e9gu\u00e9 au roi qui refuse \u00e9l\u00e9gamment, de sorte que Mazarin peut encore en disposer.<\/p>\n<p>Il recommande enfin au roi le financier Jean-Baptiste Colbert qui g\u00e9rait avec succ\u00e8s sa fortune, depuis dix ans. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le gardera \u00e0 son service jusqu\u2019\u00e0 sa mort, durant plus de vingt ans. Il fera de m\u00eame avec la plupart des collaborateurs tout d\u00e9vou\u00e9s dont l\u2019habile Mazarin a su s\u2019entourer.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong><span class=\"caps\">D\u00c9BUT<\/span> <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">R\u00c8GNE<\/span> <span class=\"caps\">PERSONNEL<\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Votre Majest\u00e9 m\u2019avait ordonn\u00e9 de m\u2019adresser \u00e0 M. le cardinal pour toutes les affaires. Le voil\u00e0 mort. \u00c0 qui dois-je m\u2019adresser \u00e0 l\u2019avenir\u00a0?<br>\u2014 \u00c0 moi, Monsieur l\u2019archev\u00eaque.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"854\" class=\"cit-num\">854<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 l\u2019archev\u00eaque de Rouen. Colbert, ministre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, 1661-1683 (1884), Jules Gourdault<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jeune roi (\u00e0 peine 22\u00a0ans) a convoqu\u00e9 les ministres du cardinal Mazarin au lendemain m\u00eame de sa mort (9\u00a0mars 1661). C\u2019est pour leur d\u00e9clarer que d\u00e9sormais il sera son propre Premier ministre. Le soir, il confirme sa d\u00e9cision \u00e0 l\u2019archev\u00eaque de Rouen.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je r\u00e9solus sur toutes choses de ne point prendre de Premier ministre [\u2026] rien n\u2019\u00e9tant plus indigne que de voir d\u2019un c\u00f4t\u00e9 toute la fonction et de l\u2019autre le seul titre de Roi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"855\" class=\"cit-num\">855<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019autorit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> est d\u00e9sormais sans partage. \u00ab\u00a0Sans la donner enti\u00e8re \u00e0 pas un\u00a0\u00bb, il donne sa confiance \u00e0 quelques ministres bien choisis, \u00ab\u00a0appliquant ces diverses personnes \u00e0 diverses choses, selon leurs divers talents, [ce] qui est peut-\u00eatre le premier et le plus grand talent des princes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le roi garde les trois ministres de Mazarin, la \u00ab\u00a0triade\u00a0\u00bb exp\u00e9riment\u00e9e\u00a0: Fouquet (Finances), Lionne (Affaires \u00e9trang\u00e8res), Le Tellier (Guerre). Colbert, chaudement recommand\u00e9 par Mazarin mourant, a charge d\u2019enqu\u00eater sur la fortune du surintendant Fouquet.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La chute de ce ministre [Fouquet] \u00e0 qui on avait bien moins de reproches \u00e0 faire qu\u2019au cardinal Mazarin, fit voir qu\u2019il n\u2019appartient pas \u00e0 tout le monde de faire les m\u00eames fautes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"859\" class=\"cit-num\">859<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Richelieu avant Mazarin et Colbert apr\u00e8s Fouquet ont aussi profit\u00e9 de leur place dans l\u2019\u00c9tat pour s\u2019enrichir. Mais Fouquet voulut \u00e9blouir le roi qui voulait seul \u00e9blouir le monde. Coup de th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00e0 la cour\u00a0! Son arrestation est le premier acte politique du r\u00e8gne\u00a0: Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> prenant ainsi le pouvoir surprend tout son entourage.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon fr\u00e8re, vous allez \u00e9pouser tous les os des Saints Innocents.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"856\" class=\"cit-num\">856<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), \u00e0 son fr\u00e8re Philippe d\u2019Orl\u00e9ans, fin mars\u00a01661. <em>M\u00e9moires de Mlle\u00a0de Montpensier<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On le marie malgr\u00e9 lui \u00e0 Henriette Anne d\u2019Angleterre, fort maigre \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 la mode est aux femmes bien en chair \u2013 elle s\u2019\u00e9panouira joliment, l\u2019amour du comte de Guiche aidant\u2026 et le roi lui-m\u00eame le remarquera.<\/p>\n<p>Mazarin s\u2019est charg\u00e9 d\u2019\u00e9duquer Philippe d\u2019Orl\u00e9ans de fa\u00e7on \u00e0 affaiblir sa personnalit\u00e9, pour \u00e9viter que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> ait avec lui les m\u00eames ennuis que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> avec son fr\u00e8re Gaston d\u2019Orl\u00e9ans, l\u2019\u00e9ternel comploteur. Il l\u2019a fait initier \u00e0 l\u2019homosexualit\u00e9 par son neveu Filipo Mancini, en flattant ses penchants inn\u00e9s pour les fards et les d\u00e9guisements. Philippe fera n\u00e9anmoins plusieurs enfants \u00e0 ses deux femmes successives (la seconde \u00e9tant Charlotte-\u00c9lisabeth\u00a0de Bavi\u00e8re, princesse Palatine, m\u00e8re du futur R\u00e9gent). Et il se r\u00e9v\u00e9lera l\u2019un des meilleurs chefs militaires de son temps, au point que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, jaloux, lui retirera tout commandement\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il serait trop redoutable, s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas roi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"863\" class=\"cit-num\">863<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse\u00a0de\u00a0<span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">VALLI\u00c8RE<\/span> (1644-1710). <em>\u0152uvres choisies de Mme\u00a0de Genlis<\/em>, tome\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, <em>La Duchesse de La Valli\u00e8re<\/em> (1828)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Non, sa couronne n\u2019ajoute rien au charme de sa personne, elle en diminue m\u00eame le danger\u2026\u00a0\u00bb C\u2019est avec ce genre de propos que l\u2019on s\u00e9duit un roi.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> s\u2019est bient\u00f4t \u00e9pris de sa belle-s\u0153ur Henriette (femme de Philippe), plus attirante que la reine d\u2019ailleurs enceinte en cet \u00e9t\u00e9 1661. Ayant horreur du scandale, il feint une galanterie pour Louise de La Valli\u00e8re, sa fille d\u2019honneur. On lui r\u00e9p\u00e8te le propos qui d\u00e9clenche la passion chez l\u2019homme r\u00eavant d\u2019\u00eatre aim\u00e9 pour lui-m\u00eame. Premi\u00e8re grande favorite en titre du r\u00e8gne, duchesse en 1667, elle finit carm\u00e9lite (entrant au couvent \u00e0 30\u00a0ans).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fils de roi\u00a0; p\u00e8re de roi\u00a0; jamais roi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"864\" class=\"cit-num\">864<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Horoscope de Louis de France. <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Grand Dauphin (Monseigneur) na\u00eet le 1er\u00a0novembre 1661. Fils a\u00een\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, il sera p\u00e8re de Philippe\u00a0V roi d\u2019Espagne, mais il meurt de la petite v\u00e9role \u00e0 50\u00a0ans, avant d\u2019avoir pu acc\u00e9der au tr\u00f4ne.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas certain qu\u2019il l\u2019ait ardemment d\u00e9sir\u00e9, vu son caract\u00e8re un peu mou et son \u00e9ducation un peu rude. Il reporta toute la fiert\u00e9 de son sang royal sur son deuxi\u00e8me fils, le duc d\u2019Anjou (les deux autres moururent jeunes), revendiquant l\u2019h\u00e9ritage de la couronne d\u2019Espagne sur laquelle sa m\u00e8re Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Autriche (infante espagnole) lui a donn\u00e9 des droits.<\/p>\n<p>Les astrologues \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement consult\u00e9s en ces \u00e9poques o\u00f9 superstition, sorcellerie et magie faisaient partie de la vie quotidienne \u2013 le Grand Si\u00e8cle est en cela plus proche de la Renaissance que des Lumi\u00e8res.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous retrouverez Dieu et Port-Royal partout. On n\u2019est jamais seule quand on a la foi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"865\" class=\"cit-num\">865<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Henry de <span class=\"caps\">MONTHERLANT<\/span> (1895-1972), <em>Port-Royal<\/em> (1954)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi fait-il parler s\u0153ur Fran\u00e7oise, tentant de r\u00e9conforter s\u0153ur Ang\u00e9lique quand il leur faut quitter l\u2019abbaye de Port-Royal des Champs. L\u2019action de la pi\u00e8ce, situ\u00e9e en 1664, respecte parfaitement l\u2019histoire\u00a0: le pape, l\u2019\u00c9glise, les tout-puissants j\u00e9suites ont condamn\u00e9 le jans\u00e9nisme et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> veut la soumission de la \u00ab\u00a0secte\u00a0\u00bb. Mais douze s\u0153urs refusent de signer le Formulaire \u2013 adh\u00e9sion \u00ab\u00a0de c\u0153ur et d\u2019esprit\u00a0\u00bb \u00e0 la condamnation par le pape des Cinq Propositions extraites de l\u2019<em>Augustinus<\/em>, trait\u00e9 de th\u00e9ologie de Jans\u00e9nius \u00e0 l\u2019origine de la controverse.<\/p>\n<p>Les s\u0153urs, chass\u00e9es de leur monast\u00e8re, sont dispers\u00e9es dans d\u2019autres institutions. Une premi\u00e8re s\u00e9rie d\u2019expulsions a eu lieu en 1661. Le m\u00eame sc\u00e9nario se reproduit en 1709, plus dramatique encore\u00a0: expulsion des derni\u00e8res s\u0153urs de Port-Royal, l\u2019abbaye \u00e9tant ras\u00e9e en 1711.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si je n\u2019\u00e9tais roi, je me mettrais en col\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"876\" class=\"cit-num\">876<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 Lauzun.<em> Dictionnaire historique d\u2019\u00e9ducation<\/em> (1771), Jean-Jacques Fillassier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi garde un constant contr\u00f4le de soi et une extr\u00eame prudence dans ses propos. Mais le personnage de Lauzun son ex-favori l\u2019exasp\u00e8re\u00a0: mar\u00e9chal de France, courtisan ambitieux et sans scrupules, il va jusqu\u2019\u00e0 payer en 1668 des espions cach\u00e9s sous le lit du roi et de sa ma\u00eetresse Mme\u00a0de Montespan, pour lui rapporter la trahison de la favorite cens\u00e9e le soutenir dans ses projets de mariage\u00a0! Quelques jours apr\u00e8s, la croisant \u00e0 Versailles entour\u00e9e de ses dames de compagnie, il la traite de \u00ab\u00a0pute \u00e0 chien\u00a0\u00bb. Elle manque de s\u2019en \u00e9vanouir et se confie le soir m\u00eame \u00e0 son amant. Qui convoque Lauzun. Lequel s\u2019ent\u00eate et brise son \u00e9p\u00e9e devant le roi qui jette sa canne par la fen\u00eatre pour \u00ab\u00a0ne pas avoir \u00e0 frapper un gentilhomme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cette impertinence et quelques autres le m\u00e8nent \u00e0 la Bastille pour quelques jours, puis \u00e0 Pignerol pendant neuf ans. Il finira par \u00e9pouser en 1681 la Grande Mademoiselle (cousine germaine du roi et premi\u00e8re fortune de France) qui s\u2019est engag\u00e9e \u00e0 doter richement le duc du Maine, un des fils l\u00e9gitim\u00e9s du roi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toutes les fois qu\u2019elle [Mme\u00a0de Montespan] craignait quelque diminution aux bonnes gr\u00e2ces du Roi, elle donnait avis \u00e0 ma m\u00e8re afin qu\u2019elle y apport\u00e2t quelque rem\u00e8de.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"885\" class=\"cit-num\">885<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie-Marguerite <span class=\"caps\">MONVOISIN<\/span> (1658-\u00a0??), belle-fille (et complice) de la Voisin. <em>Le Drame des poisons<\/em> (1900), Frantz Funck-Brentano<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Voisin (du nom de son mari, le sieur Monvoisin), n\u00e9e Catherine Deshayes, est connue dans le quartier Saint-Denis (lieu de tous les trafics) comme marchande de beaux effets pour nobles dames, mais aussi avorteuse. Accus\u00e9e d\u2019avoir pratiqu\u00e9 la sorcellerie et fourni des poisons, elle ne donnera pas le nom de la ma\u00eetresse royale, mais sa belle-fille met en cause Mme\u00a0de Montespan. Elle aurait donn\u00e9 au roi des \u00ab\u00a0rem\u00e8des\u00a0\u00bb, en fait des aphrodisiaques peu rago\u00fbtants (f\u0153tus s\u00e9ch\u00e9s, sperme de bouc, bave de crapaud, poussi\u00e8re de taupes dess\u00e9ch\u00e9es, sang de chauve-souris, semence humaine et sang menstruel) qui ont \u00e9branl\u00e9 sa sant\u00e9 pourtant robuste\u00a0! On parle aussi de messes noires o\u00f9, dit-on, des enfants sont \u00e9gorg\u00e9s sur l\u2019autel du diable. La Voisin, main coup\u00e9e, subit la question, avant d\u2019\u00eatre br\u00fbl\u00e9e en place de Gr\u00e8ve le 22\u00a0f\u00e9vrier 1680 et la \u00ab\u00a0fille Monvoisin\u00a0\u00bb sera enferm\u00e9e \u00e0 la citadelle Vauban de Belle-Isle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il est p\u00e9rilleux de tremper dans une affaire suspecte, il l\u2019est encore davantage de s\u2019y trouver complice d\u2019un grand\u00a0: il s\u2019en tire et vous laisse payer doublement, pour lui et pour vous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"886\" class=\"cit-num\">886<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean de <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">BRUY\u00c8RE<\/span> (1645-1696),<em> Les Caract\u00e8res<\/em> (1688)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premier styliste de notre litt\u00e9rature, moraliste et observateur des <em>M\u0153urs du si\u00e8cle<\/em> (sous-titre des <em>Caract\u00e8res<\/em>), il doit son succ\u00e8s \u00e0 cette seule \u0153uvre.<\/p>\n<p>L\u2019affaire des Poisons allait compromettre trop de monde \u00e0 la cour. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> est horrifi\u00e9\u00a0: sa ma\u00eetresse lui aurait fait absorber des philtres d\u2019amour, maniganc\u00e9 la mort de Mme\u00a0de Fontanges (sa nouvelle favorite) et la st\u00e9rilit\u00e9 de la reine\u00a0!\u2026 Il suspend les interrogatoires. L\u2019enqu\u00eate publique est ferm\u00e9e, le roi fait br\u00fbler les dossiers, jetant lui-m\u00eame au feu de la chemin\u00e9e les pages compromettant son ex-favorite. La Chambre ardente aura si\u00e9g\u00e9 trois ans\u00a0! Au final, 36 condamnations \u00e0 mort prononc\u00e9es et appliqu\u00e9es.<\/p>\n<p>Mme\u00a0de Montespan, qui a perdu la faveur du roi, ne quittera la cour qu\u2019en 1691. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> ne va plus avoir de commerce amoureux qu\u2019avec Mme\u00a0de Maintenon, en cela du moins au-dessus de tout soup\u00e7on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous sommes si \u00e9troitement attach\u00e9s \u00e0 Votre Majest\u00e9 que rien n\u2019est capable de nous en s\u00e9parer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"887\" class=\"cit-num\">887<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale du clerg\u00e9, D\u00e9claration de 1680. \u00ab\u00a0Les Assembl\u00e9es du clerg\u00e9 en France sous l\u2019ancienne monarchie\u00a0\u00bb, Alfred Maury, <em>Revue des deux mondes<\/em>, 1880<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette guerre religieuse se joue entre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et le Saint-Si\u00e8ge. Commenc\u00e9e en 1673, elle va durer vingt ans. Sous l\u2019Empire, Napol\u00e9on s\u2019opposera lui aussi frontalement au pape.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, roi de droit divin et tenant son pouvoir de Dieu seul, estime avoir des droits sur les biens de l\u2019\u00c9glise. Press\u00e9 par les n\u00e9cessit\u00e9s de la guerre (de Hollande), il a \u00e9tendu de son propre chef le droit de \u00ab\u00a0r\u00e9gale\u00a0\u00bb \u00e0 tous les dioc\u00e8ses\u00a0: autrement dit, en cas de vacance et jusqu\u2019\u00e0 l\u2019installation d\u2019un nouvel \u00e9v\u00eaque, il touche les revenus du temporel. Innocent <span class=\"caps\">XI<\/span>, 240e pape, s\u2019y oppose, mais le clerg\u00e9 de France (hormis quelques jans\u00e9nistes) est du c\u00f4t\u00e9 du roi dans l\u2019affaire de la r\u00e9gale. Le haut clerg\u00e9, o\u00f9 se trouvent en grand nombre amis et parents de ministres, se montre m\u00eame d\u2019une remarquable servilit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les papes n\u2019ont re\u00e7u de Dieu qu\u2019un pouvoir spirituel. Les rois et les princes ne sont soumis dans les choses temporelles \u00e0 aucune puissance eccl\u00e9siastique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"888\" class=\"cit-num\">888<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BOSSUET<\/span> (1627-1704), <em>D\u00e9claration des Quatre Articles<\/em>, 19\u00a0mars 1682<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Vot\u00e9e par l\u2019assembl\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale extraordinaire du clerg\u00e9, l\u2019ing\u00e9rence du pape dans les affaires de l\u2019\u00c9glise de France est consid\u00e9r\u00e9e comme une violation du concordat de 1516 et les libert\u00e9s de l\u2019\u00c9glise gallicane sont officiellement proclam\u00e9es. L\u2019obscurit\u00e9 de certains passages doit \u00eatre volontaire\u00a0: il faut \u00e9viter l\u2019irr\u00e9parable, le schisme, la rupture avec Rome, dans une France profond\u00e9ment catholique.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, satisfait de son clerg\u00e9, \u00e9rige aussit\u00f4t cette D\u00e9claration en loi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous improuvons, d\u00e9chirons, cassons tout ce qui a \u00e9t\u00e9 fait dans cette assembl\u00e9e pour l\u2019affaire de la R\u00e9gale.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"889\" class=\"cit-num\">889<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">INNOCENT<\/span> <span class=\"caps\">XI<\/span> (1611-1689), D\u00e9claration du 17\u00a0avril 1682.<em> Histoire de France illustr\u00e9e depuis les origines jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1900-1912), Ernest Lavisse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Furieux, il condamne tous les \u00e9dits relatifs au droit de r\u00e9gale, avant de refuser l\u2019investiture canonique aux \u00e9v\u00eaques d\u00e9sign\u00e9s par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Les relations s\u2019enveniment encore en 1688, pour s\u2019apaiser l\u2019ann\u00e9e suivante avec Alexandre\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>, le 241e pape, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> renon\u00e7ant de son c\u00f4t\u00e9 \u00e0 l\u2019application de la D\u00e9claration des Quatre Articles en 1693.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong><span class=\"caps\">SECOND<\/span> <span class=\"caps\">TOURNANT<\/span> <span class=\"caps\">DU<\/span> <span class=\"caps\">R\u00c8GNE<\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On nous dit que nos rois d\u00e9pensaient sans compter,<br>Qu\u2019ils prenaient notre argent sans prendre nos conseils.<br>Mais quand ils construisaient de semblables merveilles,<br>Ne nous mettaient-ils pas notre argent de c\u00f4t\u00e9\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"890\" class=\"cit-num\">890<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Sacha <span class=\"caps\">GUITRY<\/span> (1885-1957), <em>Si Versailles m\u2019\u00e9tait cont\u00e9<\/em> (film de 1953)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>6\u00a0mai 1682, le Roi Soleil s\u2019installe \u00e0 Versailles. La ville devient l\u2019autre capitale de la France et le centre du monde civilis\u00e9.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> fit construire d\u00e8s 1624 un pavillon de chasse, mais c\u2019est Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> qui ordonne en 1661 les travaux pour faire du ch\u00e2teau ce \u00ab\u00a0plaisir superbe de la nature\u00a0\u00bb (Saint-Simon). Le roi ne d\u00e9pense pas sans compter, mais il d\u00e9pense beaucoup pour les b\u00e2timents en g\u00e9n\u00e9ral (4\u00a0% du budget de l\u2019\u00c9tat en moyenne) et tout particuli\u00e8rement pour Versailles. L\u2019\u00e9quipe qui a si bien r\u00e9ussi Vaux-le-Vicomte pour Fouquet est \u00e0 nouveau r\u00e9unie pour r\u00e9aliser ce chef-d\u2019\u0153uvre de l\u2019art classique \u00e0 la fran\u00e7aise\u00a0: Le Vau (architecte), Le Brun (peintre), Le N\u00f4tre (jardinier), Francine (ing\u00e9nieur des eaux). Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait plus que donner son avis\u00a0: il l\u2019impose souvent et se trompe rarement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si j\u2019avais fait pour Dieu ce que j\u2019ai fait pour cet homme, je serais sauv\u00e9 dix fois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"891\" class=\"cit-num\">891<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COLBERT<\/span> (1619-1683), sur son lit de mort, parlant de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, d\u00e9but septembre\u00a01683. Mot de la fin.<em> Histoire de la vie et de l\u2019administration de Colbert<\/em> (1846), Pierre Cl\u00e9ment<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce grand commis de l\u2019\u00c9tat accomplit une t\u00e2che surhumaine, cumulant peu \u00e0 peu les postes d\u2019intendant des Finances, contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral, surintendant des B\u00e2timents, Arts et Manufactures, secr\u00e9taire \u00e0 la Maison du roi et \u00e0 la Marine. Il dirigea et r\u00e9glementa l\u2019\u00e9conomie, r\u00e9organisa l\u2019administration, g\u00e9ra les \u00ab\u00a0affaires culturelles\u00a0\u00bb, encouragea le commerce d\u00e9fini comme \u00ab\u00a0une guerre d\u2019argent\u00a0\u00bb et enrichit le pays au nom d\u2019un mercantilisme qui fait loi \u2013 le colbertisme. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> lui doit, autant que la France, une part de cette grandeur dont il est si fier.<\/p>\n<p>\u00c0 la veille de sa mort (6\u00a0septembre 1683), le cr\u00e9ateur du budget public (au sens moderne du mot) doit pourtant avoir un sentiment d\u2019\u00e9chec\u00a0: les d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat ne peuvent plus \u00eatre \u00e9quilibr\u00e9es par les recettes, notamment \u00e0 cause des d\u00e9penses militaires, et la cour parle d\u2019une \u00e9ventuelle disgr\u00e2ce de Colbert au profit de son rival, l\u2019intrigant Louvois, ministre de la Guerre qui encourage le roi dans une politique ext\u00e9rieure toujours plus ambitieuse, aventureuse, bient\u00f4t ruineuse.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 force de vouloir para\u00eetre grand, vous avez failli ruiner votre propre grandeur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"893\" class=\"cit-num\">893<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">F\u00c9NELON<\/span> (1651-1715), <em>Les Aventures de T\u00e9l\u00e9maque<\/em> (1699)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette phrase de Mentor \u00e0 Idom\u00e9n\u00e9e, c\u2019est en fait F\u00e9nelon s\u2019adressant \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> dans cette \u0153uvre r\u00e9dig\u00e9e en 1695. Ce jugement s\u00e9v\u00e8re, malgr\u00e9 l\u2019effet de style et la m\u00e9taphore mythologique, s\u2019applique bien \u00e0 cette ann\u00e9e 1683 et au tournant du r\u00e8gne (1682 \u00e0 1685) avec la r\u00e9vocation catastrophique de l\u2019\u00e9dit de Nantes<\/p>\n<p>Un exc\u00e8s de confiance en soi fait perdre au roi sa prudence et son sens inn\u00e9 de la mesure. Les ambitions territoriales et les continuelles provocations de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (encourag\u00e9 par Louvois) auront pour cons\u00e9quence de coaliser au sein de la ligue d\u2019Augsbourg toute l\u2019Europe (sauf la Suisse) contre la France. D\u00e9j\u00e0 les \u00ab\u00a0r\u00e9unions\u00a0\u00bb ont r\u00e9volt\u00e9 bien des populations, depuis 1681\u00a0: voulant renforcer strat\u00e9giquement les fronti\u00e8res du royaume, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> se sert de l\u2019impr\u00e9cision juridique des trait\u00e9s pour annexer les \u00ab\u00a0d\u00e9pendances\u00a0\u00bb des villes conquises. Stupeur, puis fureur des souverains concern\u00e9s\u00a0: roi d\u2019Espagne, roi de Su\u00e8de, empereur d\u2019Allemagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le plus grand roi du monde, couvert de gloire, \u00e9pouser la veuve Scarron\u00a0? Voulez-vous vous d\u00e9shonorer\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"894\" class=\"cit-num\">894<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUVOIS<\/span> (1639-1691), \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> qui lui fait part de son projet de mariage, 1683. <em>M\u00e9moires et r\u00e9flexions sur les principaux \u00e9v\u00e9nements du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1715), marquis de la Fare<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fran\u00e7ois Michel Le Tellier, marquis de Louvois, ose reprocher au roi son intention d\u2019\u00e9pouser Mme\u00a0de Maintenon, veuve d\u2019un boh\u00e8me des lettres.<\/p>\n<p>Sans ressources, la \u00ab\u00a0veuve Scarron\u00a0\u00bb \u00e9tait devenue gouvernante des enfants de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> avec la Montespan. La gouvernante supplanta la ma\u00eetresse. Apr\u00e8s la mort de sa femme Marie-Th\u00e9r\u00e8se (30\u00a0juillet 1683), le roi va \u00e9couter son c\u0153ur plut\u00f4t que son ministre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Il \u00e9pousera secr\u00e8tement (en 1683 ou 1684) Mme\u00a0de Maintenon qui ne pardonnera jamais \u00e0 Louvois\u00a0: il sera disgraci\u00e9 sur son intervention, apr\u00e8s la chute de Mayence (en 1689).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les troupes furent envoy\u00e9es dans toutes les villes o\u00f9 il y avait le plus de protestants\u00a0; et comme les dragons, assez mal disciplin\u00e9s dans ce temps-l\u00e0, furent ceux qui commirent le plus d\u2019exc\u00e8s, on appela cette ex\u00e9cution la \u00ab\u00a0dragonnade\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"898\" class=\"cit-num\">898<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces exactions dur\u00e8rent cinq ans. D\u00e8s 1680, l\u2019intendant Marillac mena en Poitou une premi\u00e8re op\u00e9ration rest\u00e9e tristement c\u00e9l\u00e8bre\u00a0: on fit loger des dragons chez les protestants, en leur permettant toutes sortes de s\u00e9vices. Les \u00ab\u00a0missionnaires bott\u00e9s\u00a0\u00bb obtinrent ainsi 30\u00a0000 conversions en quelques mois. Fort de ce bilan, Louvois fit \u00e9tendre la mesure \u00e0 toute la France. On pr\u00e9senta au roi de longues, d\u2019extraordinaires listes de convertis. Ignorait-il les violences qui se cachaient derri\u00e8re\u00a0? Crut-il alors que la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes en 1685 ne serait plus qu\u2019une simple formalit\u00e9\u00a0? L\u2019influence personnelle de Mme\u00a0de Maintenon joua aussi, mais dans quelle mesure\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu se sert de tous les moyens.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"899\" class=\"cit-num\">899<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme\u00a0de <span class=\"caps\">MAINTENON<\/span> (1635-1719). <em>Histoire de Madame de Maintenon et des principaux \u00e9v\u00e9nements du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1849), duc Paul de Noailles<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au nom de la foi, elle se r\u00e9signe \u00e0 la brutalit\u00e9 des dragonnades, notamment les enfants syst\u00e9matiquement enlev\u00e9s \u00e0 leurs parents. Ironie de l\u2019histoire, Mme de Maintenon \u2013\u00a0n\u00e9e Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9\u00a0\u2013 est petite-fille du protestant Agrippa d\u2019Aubign\u00e9 qui s\u2019est battu toute sa vie pour sa religion et d\u00e9plorait que l\u2019\u00e9dit de Nantes, sign\u00e9 par son ami Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, ne f\u00eet pas la part assez belle aux r\u00e9form\u00e9s\u00a0!<\/p>\n<p>Un casuiste (cit\u00e9 par Michelet dans son <em>Histoire de France<\/em>), \u00e0 propos des dragonnades, aura un autre mot pour faire passer la chose\u00a0: \u00ab\u00a0Un petit mal pour un grand bien\u00a0\u00bb. La r\u00e9alit\u00e9 historique est tout autre\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plaie de la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes saigne encore en France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"900\" class=\"cit-num\">900<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Correspondance<\/em> (Lettre au comte de Schouvalof, 30\u00a0septembre 1767)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au si\u00e8cle suivant, c\u2019est le grand avocat de la tol\u00e9rance religieuse qui s\u2019exprime, mais aussi le premier historien du <em>Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em>. L\u2019\u00e9dit de Fontainebleau du 18\u00a0octobre 1685 (enregistr\u00e9 le 22) r\u00e9voque l\u2019\u00e9dit de Nantes (pris par Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> en 1598)\u00a0: pasteurs bannis, \u00e9coles protestantes ferm\u00e9es, temples d\u00e9truits, enfants des \u00ab\u00a0nouveaux convertis\u00a0\u00bb baptis\u00e9s. Et interdiction de quitter la France sous peine de gal\u00e8res.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Faire la guerre sans combattre,<br>Piller la veuve et l\u2019orphelin,<br>Sent plus le fils de Mazarin<br>Que le fils d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"908\" class=\"cit-num\">908<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Faire la guerre sans combattre<\/em>\u00a0(1688), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette chanson est pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9e. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, \u00e0 l\u2019instigation de Louvois, fait occuper avec une brutalit\u00e9 rest\u00e9e l\u00e9gendaire le Palatinat (rive droite du Rhin)\u00a0: sous pr\u00e9texte d\u2019assurer les droits d\u2019h\u00e9ritage de Madame (sa belle-s\u0153ur), la princesse Palatine, et de confirmer les \u00ab\u00a0r\u00e9unions\u00a0\u00bb (annexions) op\u00e9r\u00e9es par la France.<\/p>\n<p>Le sac du Palatinat est d\u2019une sauvagerie qui fait honte aux officiers qui l\u2019ex\u00e9cut\u00e8rent\u00a0: \u00ab\u00a0Si le roi avait \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de ce spectacle, il aurait lui-m\u00eame \u00e9teint les flammes. Les nations, qui jusque-l\u00e0 n\u2019avaient bl\u00e2m\u00e9 que son ambition en l\u2019admirant, cri\u00e8rent alors contre sa duret\u00e9 et bl\u00e2m\u00e8rent m\u00eame sa politique\u00a0\u00bb (Voltaire).<\/p>\n<p>La guerre est devenue in\u00e9vitable, avec la somme des haines suscit\u00e9es par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> pour diverses raisons\u00a0: politiques, religieuses, commerciales, coloniales. La ligue d\u2019Augsbourg r\u00e9unit tous les m\u00e9contents\u00a0: Empire, Espagne, Savoie, Su\u00e8de, Provinces-Unies, puis l\u2019Angleterre \u2013 une r\u00e9volution d\u00e9tr\u00f4ne Jacques\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (un Stuart), catholique et francophile, amenant au pouvoir sa fille Marie et son gendre, Guillaume d\u2019Orange (stathouder aux Provinces-Unies), roi d\u2019Angleterre sous le nom de Guillaume\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Marquis, vous avez d\u00e9fendu la place en homme de c\u0153ur et vous avez capitul\u00e9 en homme d\u2019esprit.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"909\" class=\"cit-num\">909<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), au marquis d\u2019Huxelles.<em> M\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1828), Fran\u00e7ois Timol\u00e9on de Choisy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le marquis \u00e9tait honteux d\u2019avoir rendu Mayence (prise en 1688), apr\u00e8s plus de cinquante jours de tranch\u00e9es ouvertes en 1689. Il sera fait gouverneur d\u2019Alsace pour sa belle conduite. \u00c9pisode de la guerre de la ligue d\u2019Augsbourg qui va durer jusqu\u2019en 1697.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Messieurs, voil\u00e0 le roi d\u2019Espagne. La naissance l\u2019appelait \u00e0 cette couronne, le feu roi [d\u2019Espagne] aussi par son testament, toute la nation l\u2019a souhait\u00e9 [\u2026] C\u2019\u00e9tait l\u2019ordre du ciel, je l\u2019ai accord\u00e9 avec plaisir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"922\" class=\"cit-num\">922<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 la foule des courtisans, apr\u00e8s un Conseil rest\u00e9 c\u00e9l\u00e8bre, 16\u00a0novembre 1700. <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume), Saint-Simon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> pr\u00e9sente ainsi son petit-fils \u00e2g\u00e9 de bient\u00f4t 17\u00a0ans, second fils du Grand Dauphin. Le roi a pris avis de son entourage le plus proche, pour d\u00e9cider enfin d\u2019accepter le testament de Charles\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>. Le cadeau est prestigieux pour la France, mais le risque immense que l\u2019Europe l\u2019accepte mal. En ce jour historique, la joie \u00e0 la cour l\u2019emporte largement sur la crainte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon fils, soyez bon Espagnol, mais n\u2019oubliez jamais que vous \u00eates n\u00e9 Fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"923\" class=\"cit-num\">923<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), \u00e0 son petit-fils, Philippe duc d\u2019Anjou, avant son d\u00e9part pour Madrid, 16\u00a0novembre\u00a01700. <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume), Saint-Simon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le m\u00e9morialiste rapporte le propos royal dans une forme un peu moins concise que celle retenue\u00a0: \u00ab\u00a0Soyez bon Espagnol, c\u2019est pr\u00e9sentement votre premier devoir\u00a0; mais souvenez-vous que vous \u00eates n\u00e9 Fran\u00e7ais, pour entretenir l\u2019union entre les deux nations\u00a0: c\u2019est le moyen de les rendre heureuses et de conserver la paix de l\u2019Europe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La guerre de Succession d\u2019Espagne n\u2019en d\u00e9chirera pas moins l\u2019Europe \u00e0 partir de 1702 et jusqu\u2019en 1714. Le dernier testament de Charles\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, mort le 1er\u00a0novembre 1700, est en faveur du prince fran\u00e7ais et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> a fini par l\u2019accepter. L\u2019enjeu, \u00e0 travers le tr\u00f4ne espagnol, est la supr\u00e9matie europ\u00e9enne. Mais deux grandes familles peuvent y pr\u00e9tendre\u00a0: les Bourbons de France et les Habsbourg d\u2019Autriche, \u00e9galement apparent\u00e9s \u00e0 Charles\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019y a plus de Pyr\u00e9n\u00e9es.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"924\" class=\"cit-num\">924<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), quand son petit-fils devient Philippe\u00a0V d\u2019Espagne, en 1700. <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un prince de son sang succ\u00e8de \u00e0 l\u2019ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire, dans un pays certes d\u00e9cadent, mais encore immense avec son empire. Depuis cette date, les Bourbons r\u00e8gnent sur l\u2019Espagne, jusqu\u2019au roi actuel Felipe <span class=\"caps\">VI<\/span> (fils de Juan Carlos).<\/p>\n<p>Philippe\u00a0V est royalement accueilli par ses nouveaux sujets. Fier de ce succ\u00e8s (remport\u00e9 sur l\u2019empereur d\u2019Allemagne qui voulait placer son second fils, l\u2019archiduc Charles), Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, trop s\u00fbr de lui, va multiplier les imprudences. Les droits de Philippe\u00a0V au tr\u00f4ne de France sont maintenus, alors que l\u2019Europe ne peut accepter une telle superpuissance\u00a0! Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> reconna\u00eet le pr\u00e9tendant Jacques\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> Stuart (fils de Jacques\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 par une r\u00e9volution en 1688) au d\u00e9triment de Guillaume\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> d\u2019Angleterre. Enfin, il fait conc\u00e9der par l\u2019Espagne \u00e0 une compagnie fran\u00e7aise le monopole de la traite des Noirs dans le Nouveau Monde, ce qui l\u00e8se les int\u00e9r\u00eats de toutes les puissances maritimes. La Grande Alliance de La\u00a0Haye (septembre\u00a01701) va r\u00e9unir \u00e0 nouveau contre la France tous les m\u00e9contents, le roi d\u2019Angleterre en t\u00eate.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, je vais combattre les ennemis de Votre Majest\u00e9, et je vous laisse au milieu des miens.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"926\" class=\"cit-num\">926<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLARS<\/span> (1653-1734) en 1702. <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il s\u2019adresse au roi et devant toute la cour, prenant cong\u00e9 pour aller commander l\u2019arm\u00e9e. Turenne et Cond\u00e9 sont morts. Le mar\u00e9chal de Luxembourg aussi. Vauban va \u00eatre injustement disgraci\u00e9 (pour son projet fiscal de d\u00eeme royale). Villars est leur \u00e9gal. R\u00e9cemment anobli, \u00e2g\u00e9 de 50\u00a0ans, il entre dans la carri\u00e8re militaire \u00e0 l\u2019\u00e2ge o\u00f9 d\u2019autres prennent leur retraite\u00a0: il sera le meilleur g\u00e9n\u00e9ral de la guerre de Succession d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Premi\u00e8re grande victoire, Friedlingen en 1702\u00a0: ses soldats l\u2019appellent \u00ab\u00a0Mar\u00e9chal\u00a0\u00bb et le roi confirme le titre, mais lui refusera la fonction tant souhait\u00e9e (et abolie) de conn\u00e9table. D\u00e8s 1703, les Fran\u00e7ais perdent l\u2019avantage dans une guerre o\u00f9 la coalition se renforce contre eux. Et la r\u00e9volte des Camisards va mobiliser Villars sur un autre front.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quelle gr\u00e2ce de faire par pure vertu ce que tant d\u2019autres femmes font sans m\u00e9rite et par passion\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"928\" class=\"cit-num\">928<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">GODET<\/span> des <span class=\"caps\">MARAIS<\/span> (1647-1709), \u00e9v\u00eaque de Chartres et directeur spirituel de la Maison de Saint-Cyr, confesseur de Mme\u00a0de Maintenon, \u00e0 sa p\u00e9nitente. <em>Lettres \u00e0 Madame de Maintenon<\/em> (\u00e9dit\u00e9es en 1778)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9pouse morganatique du roi, elle se plaint en 1704 de ce qu\u2019il \u00ab\u00a0lui donne le bonsoir\u00a0\u00bb jusqu\u2019\u00e0 deux fois par nuit\u00a0: elle a 70\u00a0ans et lui 66.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, le s\u00e9ducteur, n\u2019a plus de ma\u00eetresses et la religion l\u2019occupe davantage, avec l\u2019\u00e2ge et sous l\u2019influence de sainte Fran\u00e7oise (le surnom qu\u2019il donne \u00e0 sa femme, n\u00e9e Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9). Pourtant, il garde un bien grand app\u00e9tit de vie \u2013 malgr\u00e9 l\u2019op\u00e9ration d\u2019une fistule anale (novembre\u00a01686), premi\u00e8re d\u2019une s\u00e9rie d\u2019interventions qui vont amener une certaine d\u00e9ch\u00e9ance physique, voire mentale. Il continuera cependant de chasser, de manger, d\u2019aimer, de r\u00e9gner jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame limite de ses forces.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! que votre \u00e2me est abus\u00e9e<br>Dans le choix de tous les guerriers.<br>Faut-il qu\u2019une vieille \u00e9dent\u00e9e<br>Fasse fl\u00e9trir tous vos lauriers\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"929\" class=\"cit-num\">929<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Contre Maintenon,<\/em> chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019influence de cette femme de t\u00eate sur le roi vieillissant fait jaser. Le peuple \u00e9puis\u00e9, ruin\u00e9, lass\u00e9 d\u2019une gloire dont il voit \u00e0 pr\u00e9sent les faiblesses, prend cette femme pour bouc \u00e9missaire. Cependant que la guerre de Succession d\u2019Espagne tourne au drame, avec des troupes moins combatives, sous des chefs militaires aussi m\u00e9diocres que La Feuillade, Marcin, Villeroy (ou Villeroi).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En France et sous nos rois, la chanson fut longtemps la seule opposition possible\u00a0; on d\u00e9finissait le gouvernement d\u2019alors comme une monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"815\" class=\"cit-num\">815<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eug\u00e8ne <span class=\"caps\">SCRIBE<\/span> (1791-1861), <em>Discours de r\u00e9ception \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise<\/em> (1834)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le peuple chante pour encenser, mais aussi pour critiquer \u2013 et avec quelle violence, parfois\u00a0! Bien des \u00e9crivains n\u2019osent pas, alors qu\u2019au si\u00e8cle suivant la voix des philosophes s\u2019\u00e9l\u00e8vera pour temp\u00e9rer l\u2019absolutisme royal. Sous le r\u00e8gne personnel de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, nul n\u2019est \u00e9pargn\u00e9 par les chansons, pas m\u00eame le roi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis, avec sa charmante,\u00a0\/ Enferm\u00e9 dans Trianon,<br>Sur la mis\u00e8re pr\u00e9sente,\u00a0\/ Se lamente sur ce ton\u00a0:<br>Et allons, ma tourlourette \/ Et allons, ma tourlouron.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"934\" class=\"cit-num\">934<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Louis avec sa charmante<\/em>, chanson.<em> Le Nouveau Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> ou Choix de chansons historiques et satiriques<\/em> (1857), Gustave Brunet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La crise \u00e9conomique et sociale ronge toujours le pays et m\u00eame \u00e0 la cour, les marchands exigent d\u2019\u00eatre pay\u00e9s comptant, pour livrer au roi le linge \u00e0 son usage personnel\u00a0!<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, tr\u00e8s \u00e9prouv\u00e9, trouve un r\u00e9confort moral aupr\u00e8s de Mme\u00a0de Maintenon, mais il est de plus en plus conscient de la gravit\u00e9 de la situation. Il cherche \u00e0 n\u00e9gocier la paix. Malheureusement, la coalition impose des clauses inacceptables (restitution ou d\u00e9militarisation de villes fran\u00e7aises).<\/p>\n<p>Le roi se pose alors en p\u00e8re de son peuple, en appelant pour la premi\u00e8re fois et directement \u00e0 ses sujets, persuad\u00e9 qu\u2019ils s\u2019opposeraient eux-m\u00eames \u00e0 recevoir la paix assortie de conditions contraires \u00e0 la justice et \u00e0 l\u2019honneur du nom fran\u00e7ais. Cet appel \u00e9mouvant et solennel est lu dans toutes les \u00e9glises du royaume, le 12\u00a0juin 1709. L\u2019adh\u00e9sion populaire est \u00e9vidente. Et la guerre continue. La situation va peu \u00e0 peu se redresser. Villars, mar\u00e9chal de France \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e de Flandre, redonne confiance aux troupes. Mais la guerre fait des ravages.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais malheur n\u2019a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 de plus de gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"935\" class=\"cit-num\">935<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLARS<\/span> (1653-1734), Lettre \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> au soir de Malplaquet, 11\u00a0septembre 1709. <em>M\u00e9moires militaires relatifs \u00e0 la succession d\u2019Espagne sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1855), Jean-Jacques Germain Pelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la plus sanglante bataille du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0: 30\u00a0000 morts. Villars (avec Boufflers) affronte le duc de Marlborough et le prince Eug\u00e8ne de Savoie dans la trou\u00e9e de Malplaquet (pr\u00e8s de Mons, en Belgique). Villars est bless\u00e9, mais les troupes royales, inf\u00e9rieures en nombre, ont inflig\u00e9 de lourdes pertes aux Imp\u00e9riaux \u2013 la chanson populaire met Marlborough parmi les morts, il est seulement bless\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu a donc oubli\u00e9 tout ce que j\u2019ai fait pour lui\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"936\" class=\"cit-num\">936<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), apprenant l\u2019h\u00e9catombe \u00e0 la bataille de Malplaquet, septembre\u00a01709. <em>\u0152uvres choisies de Chamfort<\/em> (1826)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Malplaquet n\u2019est qu\u2019une semi-d\u00e9faite. Les Fran\u00e7ais peuvent se replier en bon ordre et les deux camps revendiquent la victoire. \u00ab\u00a0Encore une d\u00e9faite comme \u00e7a, Sire, et nous avons gagn\u00e9 la guerre\u00a0\u00bb, assure Villars. L\u2019essentiel, c\u2019est que l\u2019invasion par le nord de la France est stopp\u00e9e. Deux si\u00e8cles apr\u00e8s, le mar\u00e9chal Foch comparera cette bataille \u00e0 la premi\u00e8re victoire de la Marne.<\/p>\n<p>Mais l\u2019ann\u00e9e suivante, en 1710, d\u2019autres villes tombent (B\u00e9thune, Douai). La France est \u00e0 bout de force, Paris m\u00eame est menac\u00e9. Le roi demande \u00e0 nouveau la paix. Mais ses voisins sont trop heureux de l\u2019humilier.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il faut faire la guerre, j\u2019aime mieux la faire \u00e0 mes ennemis qu\u2019\u00e0 mes enfants.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"937\" class=\"cit-num\">937<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), <em>Manifeste au peuple<\/em>, juillet\u00a01710. <em>Histoire de France depuis l\u2019av\u00e8nement de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span><\/em> (1896), Fr\u00e9d\u00e9ric Mane<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les alli\u00e9s, Hollande en t\u00eate, exigent cette fois que Philippe\u00a0V renonce au tr\u00f4ne d\u2019Espagne et, en cas de refus, que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le fasse d\u00e9tr\u00f4ner par ses arm\u00e9es. Le roi de France rend public l\u2019outrage.<\/p>\n<p>Un sursaut national permet un redressement franco-espagnol. Encore quelques ann\u00e9es d\u2019une succession de d\u00e9faites et de victoires (sign\u00e9es Villars). Tous les pays sont \u00e9puis\u00e9s, le pacifisme gagne du terrain en Angleterre et l\u2019issue de cette guerre ne peut \u00eatre que diplomatique.<\/p>\n<p>Les trait\u00e9s d\u2019Utrecht (1713) et de Radstadt (1714) cr\u00e9ent un nouvel \u00e9quilibre europ\u00e9en. La France retrouve approximativement ses limites de la paix de Nim\u00e8gue (1679) et sauve ses fronti\u00e8res strat\u00e9giques. Philippe\u00a0V garde son royaume, mais renonce aux Pays-Bas et \u00e0 ses possessions italiennes et \u00e0 ses droits \u00e0 la succession au tr\u00f4ne de France. L\u2019Angleterre gagne Gibraltar et Minorque (sur l\u2019Espagne), Terre-Neuve, l\u2019Acadie et la Baie d\u2019Hudson (sur la France) et de gros avantages commerciaux. Elle acc\u00e8de v\u00e9ritablement au rang de grande puissance en Europe.<\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><strong><span class=\"caps\">FIN<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">R\u00c8GNE<\/span> <span class=\"caps\">DIFFICILE<\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le plus grand nombre [des courtisans], c\u2019est-\u00e0-dire les sots, tiraient des soupirs de leurs talons, et, avec des yeux \u00e9gar\u00e9s et secs, louaient Monseigneur [\u2026] et plaignaient le roi de la perte d\u2019un si bon fils. Les plus fins d\u2019entre eux, ou les plus consid\u00e9rables, s\u2019inqui\u00e9taient d\u00e9j\u00e0 de la sant\u00e9 du roi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"939\" class=\"cit-num\">939<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span> (1675-1755), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La fin de r\u00e8gne est difficile, et le m\u00e9morialiste nous en laisse un portrait sans piti\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>Le Grand Dauphin, Louis de France, vient de mourir \u00e0 50\u00a0ans, ce 14\u00a0avril 1711. La proph\u00e9tie est accomplie\u00a0: \u00ab\u00a0Fils de roi\u00a0; p\u00e8re de roi\u00a0; jamais roi\u00a0\u00bb. Fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et p\u00e8re de Philippe\u00a0V d\u2019Espagne, voici son portrait, sign\u00e9 Saint-Simon\u00a0: \u00ab\u00a0Monseigneur \u00e9tait sans vice ni vertu, sans lumi\u00e8res ni connaissances quelconques, radicalement incapable d\u2019en acqu\u00e9rir, tr\u00e8s paresseux, [\u2026] sans go\u00fbt, sans choix, sans discernement, n\u00e9 pour l\u2019ennui qu\u2019il communiquait aux autres [\u2026], opini\u00e2tre et petit en tout \u00e0 l\u2019exc\u00e8s.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Accabl\u00e9 des plus funestes revers et d\u2019une cruelle famine, hors de pouvoir de continuer la guerre, ni d\u2019obtenir la paix [\u2026], ce prince vit p\u00e9rir sous ses yeux son fils unique, une princesse qui seule fit toute sa joie, ses deux petits-fils, deux de ses arri\u00e8re-petits-fils.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"940\" class=\"cit-num\">940<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span>\u00a0(1675-1755), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cr\u00e9puscule du Roi Soleil et triste fin de r\u00e8gne, en contraste avec les temps si longtemps florissants\u00a0!<\/p>\n<p>La princesse en question est Marie-Ad\u00e9la\u00efde de Savoie, femme de l\u2019a\u00een\u00e9 de ses petits-fils, le duc de Bourgogne. Les \u00e9poux mourront de la rougeole \u00e0 six jours d\u2019intervalle en f\u00e9vrier\u00a01712. Suivis un mois apr\u00e8s par leur fils a\u00een\u00e9, Louis, duc de Bretagne. Au terme de tous ces d\u00e9c\u00e8s, l\u2019h\u00e9ritier de la couronne sera l\u2019arri\u00e8re-petit-fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, le futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus \u00e9clatante victoire co\u00fbte trop cher, quand il faut la payer du sang de ses sujets.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"941\" class=\"cit-num\">941<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), Lettre \u00e0 l\u2019intention du Dauphin, ao\u00fbt\u00a01715. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1923), Louis Bertrand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9crite peu de jours avant sa mort, confi\u00e9e au mar\u00e9chal de Villeroi son ami de toujours, pour \u00eatre remise \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> \u00e0 ses 17\u00a0ans. Cet arri\u00e8re-petit-fils n\u2019a que 5\u00a0ans, seul h\u00e9ritier survivant apr\u00e8s l\u2019h\u00e9catombe familiale, autre mal\u00e9diction de cette fin de r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quoi Madame, vous vous affligez de me voir en \u00e9tat de bient\u00f4t mourir\u00a0? N\u2019ai-je pas assez v\u00e9cu\u00a0? M\u2019avez-vous cru immortel\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"942\" class=\"cit-num\">942<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), \u00e0 Mme\u00a0de Maintenon, 25\u00a0ao\u00fbt 1715. <em>La Sant\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (2007), Stanis Perez<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La sant\u00e9 du roi d\u00e9cline rapidement et Fagon, son m\u00e9decin personnel, semble le seul \u00e0 ne pas le voir\u00a0! La cour et l\u2019Europe guettent. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, \u00e0 presque 77\u00a0ans, malgr\u00e9 une ancienne goutte et une r\u00e9cente gangr\u00e8ne \u00e0 la jambe, fait jusqu\u2019au bout son m\u00e9tier de roi et les gestes de l\u2019\u00e9tiquette.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon enfant, vous allez \u00eatre un grand roi. Ne m\u2019imitez pas dans le go\u00fbt que j\u2019ai eu pour les b\u00e2timents ni dans celui que j\u2019ai eu pour la guerre. T\u00e2chez de soulager vos peuples, ce que je suis malheureux pour n\u2019avoir pu faire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"943\" class=\"cit-num\">943<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), au futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, 26\u00a0ao\u00fbt 1715. <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume), Saint-Simon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi re\u00e7oit le petit Dauphin dans sa chambre. Il lui donne une ultime le\u00e7on.<\/p>\n<p>Le marquis de Dangeau, m\u00e9morialiste, nous a laiss\u00e9 un<em> Journal de la cour de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> qui retrace avec minutie les derniers jours. Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait preuve d\u2019autant de dignit\u00e9 que d\u2019humilit\u00e9. La guerre, entreprise et soutenue par souci de grandeur mais aussi par vanit\u00e9, cause de la ruine des peuples, semble \u00eatre son grand remords.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne vous laissez pas gouverner, soyez le ma\u00eetre. N\u2019ayez jamais de favori, ni de Premier ministre. \u00c9coutez, consultez votre Conseil, mais d\u00e9cidez. Dieu qui vous a fait roi vous donnera toutes les lumi\u00e8res qui vous sont n\u00e9cessaires, tant que vous aurez de bonnes intentions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1119\" class=\"cit-num\">1119<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1710-1774), Lettre \u00e9crite en 1714 \u00e0 l\u2019intention de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>.<em> Collection des m\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, M\u00e9moires du duc de Noailles<\/em> (1828)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s la mort du cardinal de Fleury qui gouvernera la France jusqu\u2019en 1743, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> recevra cette lettre confi\u00e9e par le feu roi \u00e0 Adrien Maurice de Noailles, grand militaire, puis homme politique \u00e0 la tr\u00e8s longue carri\u00e8re. Le roi gouvernera lui-m\u00eame \u2013 \u00e0 33\u00a0ans, il est plus que temps. Mais il n\u2019aura aucune des qualit\u00e9s de son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je m\u2019en vais, Messieurs, mais l\u2019\u00c9tat demeurera toujours.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"944\" class=\"cit-num\">944<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), \u00e0 ses courtisans les plus proches, 26\u00a0ao\u00fbt 1715.<em> Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, son gouvernement et ses relations diplomatiques avec l\u2019Europe<\/em> (1842), Jean Baptiste Honor\u00e9 Raymond Capefigue<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi les remercie de leurs services et s\u2019inqui\u00e8te de ce qu\u2019il adviendra apr\u00e8s lui. Il leur recommande de servir le Dauphin\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est un enfant de cinq ans, qui peut essuyer bien des traverses, car je me souviens d\u2019en avoir beaucoup essuy\u00e9 pendant mon jeune \u00e2ge.\u00a0\u00bb Il leur demande enfin d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0tous unis et d\u2019accord\u00a0; c\u2019est l\u2019union et la force d\u2019un \u00c9tat\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon neveu, je vous fais R\u00e9gent du royaume. Vous allez voir un roi dans le tombeau et un autre dans le berceau. Souvenez-vous toujours de la m\u00e9moire de l\u2019un et des int\u00e9r\u00eats de l\u2019autre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"945\" class=\"cit-num\">945<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), \u00e0 Philippe d\u2019Orl\u00e9ans, Testament, 1715.<em> Histoire de la R\u00e9gence pendant la minorit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>,<\/em> volume\u00a0I (1922), Henri Leclercq<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Texte lu au lendemain de sa mort. Le roi a institu\u00e9 un Conseil de r\u00e9gence dont le R\u00e9gent en titre est pr\u00e9sident, la r\u00e9alit\u00e9 du pouvoir allant au duc du Maine (fils l\u00e9gitim\u00e9 de Mme\u00a0de Maintenon). Son neveu, dont il se m\u00e9fie non sans raison, ne s\u2019en satisfera pas et le roi mourant a peu d\u2019illusion sur l\u2019avenir de ses derni\u00e8res volont\u00e9s royales.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai toujours ou\u00ef dire qu\u2019il est difficile de mourir\u00a0; pour moi qui suis sur le point de ce moment si redoutable aux hommes, je ne trouve pas que cela soit difficile.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"946\" class=\"cit-num\">946<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), \u00e0 Mme\u00a0de Maintenon, 28\u00a0ao\u00fbt 1715. Son mot de la fin.<em> Archives curieuses de l\u2019histoire de France depuis Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> jusqu\u2019\u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span><\/em> (1840), L.\u00a0Cimber<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce sont les derni\u00e8res paroles rapport\u00e9es. Il mourra le 1er\u00a0septembre. La grandeur du roi face \u00e0 l\u2019adversit\u00e9 dans les derni\u00e8res ann\u00e9es et la dignit\u00e9 de l\u2019homme devant la mort jusqu\u2019aux derni\u00e8res heures frappent m\u00eame ses ennemis les plus intimes\u00a0: Saint-Simon saluera \u00ab\u00a0cette fermet\u00e9 d\u2019\u00e2me, cette \u00e9galit\u00e9 ext\u00e9rieure, cette esp\u00e9rance contre toute esp\u00e9rance, par courage, par sagesse, non par aveuglement\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu seul est grand, mes fr\u00e8res.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"947\" class=\"cit-num\">947<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">MASSILLON<\/span> (1663-1742), Oraison fun\u00e8bre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, 2\u00a0septembre 1715, \u00e0 la Sainte-Chapelle de Paris. <em>Oraisons fun\u00e8bres de Bossuet, Fl\u00e9chier et autres orateurs<\/em> (1837), <span class=\"caps\">J. B.<\/span> Bossuet, E. Fl\u00e9chier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9v\u00eaque de Clermont, nouveau Bossuet, semble plus moraliste qu\u2019apologiste, au d\u00e9but de l\u2019hommage rendu \u00e0 Louis le Grand\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu seul est grand, mes fr\u00e8res, et dans ces derniers moments surtout o\u00f9 il pr\u00e9side \u00e0 la mort des rois de la terre, plus leur gloire et leur puissance ont \u00e9clat\u00e9, plus, en s\u2019\u00e9vanouissant alors, elles rendent hommage \u00e0 sa grandeur supr\u00eame.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Massillon fait preuve ensuite d\u2019une belle habilet\u00e9 rh\u00e9torique. Il revient \u00e0 la grandeur du roi dont les victoires \u00ab\u00a0ont \u00e9t\u00e9 autrefois assez publi\u00e9es\u00a0\u00bb et le seront encore \u00ab\u00a0pour notre instruction\u00a0\u00bb. Mais il est grand aussi par les \u00e9preuves subies, ses malheurs et ses disgr\u00e2ces, et Massillon \u00e9voque les deuils, la mort du Dauphin et du duc de Bourgogne, qui rendent le roi humain, par sa souffrance de p\u00e8re.<\/p>\n<p>Il retrace le r\u00e8gne en une vaste fresque, et ne dissimule pas le passif, cette part d\u2019ombre qui vient en antith\u00e8se et fait ressortir les actions du Roi-Soleil. Enfin, et en bonne logique chr\u00e9tienne, le roi, vivante image de Dieu sur terre, est plus grand encore dans la mort que dans la vie\u00a0: \u00ab\u00a0Louis meurt en roi, en h\u00e9ros, en saint.\u00a0\u00bb C\u2019est finalement un pan\u00e9gyrique ambigu, reflet de la complexit\u00e9 du r\u00e8gne, du personnage\u2026 et du m\u00e9tier de pr\u00e9dicateur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Enfin, Louis le Grand est mort\u00a0!<br>La Parque a termin\u00e9 son sort.<br>O reguingu\u00e9, o lon la la,<br>Elle vient de trancher sa vie,<br>Toute l\u2019Europe en est ravie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"948\" class=\"cit-num\">948<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1715), chanson. <em>Une histoire de la chanson fran\u00e7aise, des troubadours au rap<\/em> (2004), Jean-Pierre Moulin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre \u00e9cho, autre v\u00e9rit\u00e9. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> aura fort inqui\u00e9t\u00e9 l\u2019Europe par ses ambitions territoriales et commerciales, ses guerres de conqu\u00eate et sa politique des \u00ab\u00a0r\u00e9unions\u00a0\u00bb. La rue qui chante \u00e0 sa mort ne s\u2019embarrasse pas de subtilit\u00e9s rh\u00e9toriques.<\/p>\n<p>Louis le Grand, ador\u00e9 dans sa jeunesse, aim\u00e9 et admir\u00e9 au sommet de sa gloire, finit d\u00e9test\u00e9 du peuple qui souffre \u00e0 l\u2019exc\u00e8s de la guerre et de la mis\u00e8re. La seconde moiti\u00e9 du r\u00e8gne jette une ombre tragique sur la premi\u00e8re. Un tel contraste est rare, dans l\u2019histoire. On le retrouvera avec Napol\u00e9on et une chute plus tragique encore.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-3-41.jpg\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">3. Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> vu par les contemporains et les historiens.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a en lui de l\u2019\u00e9toffe de quoi faire quatre rois et un honn\u00eate homme.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"845\" class=\"cit-num\">845<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661) \u00e0 propos de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. <em>M\u00e9moires du mar\u00e9chal de Gramont<\/em> (posthume, 1827)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ministre tout-puissant, Mazarin initia le jeune roi aux affaires apr\u00e8s sa majorit\u00e9 (13\u00a0ans), d\u2019o\u00f9 une solide formation politique, plus pratique que livresque. Le ma\u00eetre eut le temps d\u2019appr\u00e9cier son royal \u00e9l\u00e8ve. Apr\u00e8s huit ann\u00e9es d\u2019apprentissage, \u00e2g\u00e9 de 22\u00a0ans, le roi ne perd pas un jour pour appliquer ses le\u00e7ons. Le \u00ab\u00a0si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0\u00bb commence vraiment avec le r\u00e8gne personnel qui va durer cinquante-quatre ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Fran\u00e7ais est surtout jaloux de la libert\u00e9 de se choisir son ma\u00eetre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"814\" class=\"cit-num\">814<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">\u00c9VREMOND<\/span> (1614-1703).,<em> Encyclop\u00e9die universelle de la langue fran\u00e7aise<\/em>, article \u00ab\u00a0ma\u00eetre\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Moraliste et critique, exil\u00e9 \u00e0 Londres en raison d\u2019\u00e9crits frondeurs contre Mazarin, il refusera la gr\u00e2ce octroy\u00e9e par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Mais ses \u0153uvres circulent en France comme en Angleterre. Ce trait de caract\u00e8re d\u2019un peuple par ailleurs r\u00e9put\u00e9 ingouvernable, ce besoin du \u00ab\u00a0p\u00e8re\u00a0\u00bb revient souvent dans l\u2019histoire de France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avec un almanach et une montre, on pouvait, \u00e0 trois cents lieues de lui, dire avec justesse ce qu\u2019il faisait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"849\" class=\"cit-num\">849<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span> (1675-1755), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Contraste frappant et paradoxe apparent\u00a0: le roi si occup\u00e9 se plut \u00e0 r\u00e9duire tous les Grands \u00e0 une inactivit\u00e9 dor\u00e9e, mais forc\u00e9e. Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, rest\u00e9 dans l\u2019histoire pour ses <em>M\u00e9moires<\/em> (posthumes), resta un \u00e9ternel frustr\u00e9, n\u2019ayant jamais le r\u00f4le politique qu\u2019il r\u00eavait de jouer.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Grand Roi, cesse de vaincre, ou je cesse d\u2019\u00e9crire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"820\" class=\"cit-num\">820<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Nicolas <span class=\"caps\">BOILEAU<\/span> (1636-1711), <em>\u00c9p\u00eetres<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Citation qui doit \u00eatre comment\u00e9e \u00e0 divers degr\u00e9s.<\/p>\n<p>De prime abord, c\u2019est vrai et Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> est surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le Grand\u00a0\u00bb au m\u00eame titre que \u00ab\u00a0le Roi Soleil\u00a0\u00bb. Boileau agit et \u00e9crit quand m\u00eame en courtisan\u2026 Mais ils le seront tous, les immenses talents du \u00ab\u00a0si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0\u00bb qui travaillent pour le plaisir du roi et cr\u00e9ent en m\u00eame temps des chefs-d\u2019\u0153uvre. Boileau acc\u00e9dera avec Racine au poste envi\u00e9 d\u2019historiographe du roi, en 1677.<\/p>\n<p>Et peu importe que Racine ayant renonc\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre ait \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Tous les mots de la langue, toutes les syllabes nous paraissent pr\u00e9cieuses, parce que nous les regardons comme autant d\u2019instruments qui doivent servir \u00e0 la gloire de notre Auguste protecteur\u00a0\u00bb s\u2019il nous a laiss\u00e9<em> Andromaque, B\u00e9r\u00e9nice, Ph\u00e8dre.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0[Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>] est Dieu, il faut attendre sa volont\u00e9 avec soumission, et tout esp\u00e9rer de sa justice et de sa bont\u00e9, sans impatience, afin d\u2019en avoir plus de m\u00e9rite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"831\" class=\"cit-num\">831<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">MONTPENSIER<\/span> (1627-1693), <em>M\u00e9moires de Mlle\u00a0de Montpensier<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Grande Mademoiselle, Anne-Marie d\u2019Orl\u00e9ans, fille de Gaston d\u2019Orl\u00e9ans, cousine germaine du roi, rescap\u00e9e de la Fronde et de l\u2019exil qui s\u2019ensuivit pour elle, extravagante princesse, illustre l\u2019adage\u00a0: l\u2019argent ne fait pas le bonheur. Son immense fortune h\u00e9rit\u00e9e de sa m\u00e8re lui attira de nombreux pr\u00e9tendants et d\u2019innombrables ennuis en amour. Elle souffrit \u00e9galement de voir la noblesse neutralis\u00e9e, impuissante et humili\u00e9e sous le r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les louanges, disons mieux, la flatterie, lui plaisaient \u00e0 tel point que les plus grossi\u00e8res \u00e9taient bien re\u00e7ues, les plus basses encore mieux savour\u00e9es.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"852\" class=\"cit-num\">852<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span>\u00a0(1675-1755), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est une des faiblesses de cet homme fort et un des petits c\u00f4t\u00e9s du grand homme que cette mauvaise langue de Saint-Simon se pla\u00eet \u00e0 relever. L\u2019orgueil inn\u00e9 en est la cause, la fonction royale d\u00e9veloppe ce penchant, l\u2019attitude de la cour et des courtisans aggrave le cas.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Non seulement il s\u2019est fait de grandes choses sous son r\u00e8gne, mais c\u2019est lui qui les faisait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"816\" class=\"cit-num\">816<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour cette raison, le Grand\u00a0Si\u00e8cle est bien le \u00ab\u00a0si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0\u00bb. Voltaire, en historien document\u00e9, traite des \u00e9v\u00e9nements militaires et diplomatiques, insiste sur le d\u00e9veloppement du commerce et le rayonnement des arts et des lettres, mettant cependant les affaires religieuses au passif du r\u00e8gne de ce \u00ab\u00a0despote \u00e9clair\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fit plus de bien \u00e0 sa nation que vingt de ses pr\u00e9d\u00e9cesseurs ensemble\u00a0; et il s\u2019en faut beaucoup qu\u2019il f\u00eet ce qu\u2019il aurait pu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"949\" class=\"cit-num\">949<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jugement n\u2019est pas sans nuance\u00a0: \u00ab\u00a0Il s\u2019est fait de grandes choses sous son r\u00e8gne\u00a0\u00bb qui reste dans l\u2019histoire pour son rayonnement culturel, mais le passif est lourd\u00a0: \u00ab\u00a0La guerre qui finit par la paix de Ryswick commen\u00e7a la ruine de ce grand commerce que son ministre Colbert avait \u00e9tabli\u00a0; et la guerre de la Succession l\u2019acheva.\u00a0\u00bb C\u2019est effectivement le traumatisme majeur de cette \u00e9poque et tous les pays bellig\u00e9rants en furent marqu\u00e9s. Malgr\u00e9 toutes les ombres au tableau du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, Voltaire y voit \u00ab\u00a0le si\u00e8cle le plus \u00e9clair\u00e9 qui fut jamais\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je lui conseillai de prot\u00e9ger les gens de lettres. Ce furent eux qui donn\u00e8rent le nom de Grand \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1128\" class=\"cit-num\">1128<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">BERNIS<\/span> (1715-1794), conseil \u00e0 son amie la marquise de Pompadour. <em>M\u00e9moires et lettres de Fran\u00e7ois-Joachim de Pierre, cardinal de Bernis<\/em> (1878)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bel esprit, il commence sa carri\u00e8re en s\u2019attirant les faveurs de la favorite qui le fait entrer au Conseil du roi en 1752. La marquise est m\u00e9c\u00e8ne des peintres, amie des \u00e9crivains et des philosophes \u2013 elle r\u00e9concilie Louis <span class=\"caps\">XV<\/span> avec Voltaire et d\u00e9fend les Encyclop\u00e9distes contre le Parlement et les j\u00e9suites (qu\u2019elle d\u00e9teste).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Notre\u00a0si\u00e8cle ne vaut pas le si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> pour le g\u00e9nie et pour le go\u00fbt\u00a0; mais il me semble qu\u2019il l\u2019emporte pour les lumi\u00e8res, pour l\u2019horreur de la superstition et du fanatisme.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"950\" class=\"cit-num\">950<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">D\u2019<span class=\"caps\">ALEMBERT<\/span> (1717-1783), Lettre au roi de Prusse, 14\u00a0f\u00e9vrier 1774. <em>Correspondance avec Fr\u00e9d\u00e9ric le Grand<\/em> (1854)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jean Le Rond d\u2019Alembert, l\u2019un des principaux encyclop\u00e9distes, correspond avec l\u2019un des \u00ab\u00a0despotes \u00e9clair\u00e9s\u00a0\u00bb du si\u00e8cle, Fr\u00e9d\u00e9ric le Grand, lui-m\u00eame admirateur du Grand Si\u00e8cle et de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les ministres passent en revue comme dans une lanterne magique. Par ma foi, notre si\u00e8cle est un pauvre si\u00e8cle, apr\u00e8s le si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1154\" class=\"cit-num\">1154<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0du Deffand, novembre\u00a01758, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Choiseul succ\u00e8de \u00e0 de Bernis pour pr\u00e9parer la revanche contre l\u2019Angleterre dans la guerre qui tourne au d\u00e9sastre. Il cumule bient\u00f4t les portefeuilles de la Guerre et de la Marine. \u00c0 l\u2019inverse de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>\u00a0et plus tard Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> auront une f\u00e2cheuse tendance \u00e0 laisser tomber les hommes choisis pour les servir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Somme toute, nous copions aujourd\u2019hui les fauteuils et les canap\u00e9s du temps de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> et de Louis <span class=\"caps\">XV<\/span>, c\u2019est tr\u00e8s bien. Si nous imitions quelques-uns des hommes qui s\u2019asseyaient dessus, ce serait mieux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9mile <span class=\"caps\">DESCHAMPS<\/span> (1791-1871), <em>\u0152uvres compl\u00e8tes d\u2019\u00c9mile Deschamps<\/em> (1874)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Remarque anecdotique d\u2019un po\u00e8te du si\u00e8cle romantique. Il ne risque pas de se tromper, notamment au sujet de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> qui sut choisir ses ministres et les contr\u00f4ler.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis un nom, un chiffre habill\u00e9 de velours fleurdelis\u00e9, voil\u00e0 tout.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), jeune roi. Alexandre Dumas,<em> Le Vicomte de Bragelonne<\/em> (1847)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grand romancier de l\u2019histoire, c\u00e9l\u00e8bre pour ses r\u00e9cits de cape et d\u2019\u00e9p\u00e9e \u00e0 commencer par <em>Les Trois Mousquetaires<\/em> en 1844. \u00c0 qui s\u2019indigne de ses libert\u00e9s avec la v\u00e9rit\u00e9 historique\u00a0: \u00ab\u00a0Monsieur, vous violez l\u2019Histoire\u00a0!\u00a0\u00bb Dumas se pla\u00eet \u00e0 r\u00e9pondre\u00a0: \u00ab\u00a0Certes, mais je lui fais de beaux enfants\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je voudrais voir un peu Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> face \u00e0 un \u00ab\u00a0assur\u00e9 social\u00a0\u00bb\u2026 Il verrait si l\u2019\u00c9tat c\u2019est lui\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Ferdinand <span class=\"caps\">CELINE<\/span> (1894-1961),<em> D\u2019un ch\u00e2teau l\u2019autre<\/em> (1957)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mot d\u2019auteur de celui qui se pr\u00e9sentait comme \u00ab\u00a0le m\u00e9decin des pauvres\u00a0\u00bb,\u00a0d\u00e9non\u00e7ant le m\u00e9pris \u00e9vident de la noblesse pour le peuple, \u00e0 l\u2019acm\u00e9 de l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Le r\u00e9cit national de l\u2019Histoire en citations situe clairement le si\u00e8cle de Louis XIV\u00a0: apr\u00e8s les guerres de Religion et les Frondes plurielles, cette monarchie absolue incarn\u00e9e par le Roi Soleil convient au pays, mais sa fin cr\u00e9pusculaire aboutit au si\u00e8cle des Lumi\u00e8res qui pr\u00e9pare la R\u00e9volution et la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime. Tel [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":11406,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":264,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-9790","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-portraits-en-citations-des-personnages-de-lhistoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9790","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9790"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9790\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12603,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9790\/revisions\/12603"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11406"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9790"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9790"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9790"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}