{"id":9828,"date":"2023-11-27T00:00:00","date_gmt":"2023-11-26T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/qui-a-dit-quoi-de-qui-directoire-consulat-et-premier-empire\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:00","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:00","slug":"qui-a-dit-quoi-de-qui-directoire-consulat-et-premier-empire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/qui-a-dit-quoi-de-qui-directoire-consulat-et-premier-empire\/","title":{"rendered":"Qui a dit quoi de Qui\u00a0? (Directoire, Consulat et Premier Empire)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Un personnage parle d\u2019un autre personnage. <br>Exemple type\u00a0: \u00ab\u00a0Un fou a dit \u00ab\u00a0Moi, la France\u00a0\u00bb et personne n\u2019a ri parce que c\u2019\u00e9tait vrai.\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois Mauriac \u00e9voquant de Gaulle en juin 1940.<\/p>\n<p>Le premier \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb est quelquefois le peuple (acteur anonyme) s\u2019exprimant en chanson, pamphlet, slogan, \u00e9pitaphe. Le second \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb peut \u00eatre un groupe, une assembl\u00e9e, une arm\u00e9e \u00e0 qui le discours est destin\u00e9.<br>Si les deux \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb sont identiques, c\u2019est un autoportrait, une profession de foi politique, parfois une devise. <br>Les lettres (Correspondance) et M\u00e9moires (sous diverses formes) sont des sources pr\u00e9cieuses, les \u00ab\u00a0mots de la fin\u00a0\u00bb livrent une ultime v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019auteur. <\/p>\n<p>Dans ce d\u00e9fil\u00e9 de Noms plus ou moins connus ou c\u00e9l\u00e8bres, le ton passe de l\u2019humour \u00e0 la cruaut\u00e9 avec ces citations r\u00e9f\u00e9rentielles ou anecdotiques, mais historiquement toujours significatives.<br>\u00ab\u00a0Qui a dit quoi de Qui\u00a0\u00bb est une version r\u00e9sum\u00e9e en 12 \u00e9ditos de notre <em>Histoire en citations<\/em> \u2013 \u00ab\u00a0quand, comment et pourquoi\u00a0\u00bb donnant l\u2019indispensable contexte.<\/p>\n<p>\u00c7a peut aussi devenir un jeu\u00a0: \u00ab\u00a0Qui a dit quoi de Qui\u00a0\u00bb. \u00c0 vous de voir.<\/p>\n<h3>6. Directoire, Consulat et Premier Empire.<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-6-56.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Directoire (1795-1799)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9 est odieuse dans son principe et meurtri\u00e8re dans ses effets [\u2026] Les fruits de la terre sont \u00e0 tous et la terre n\u2019est \u00e0 personne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1654\" class=\"cit-num\">1654<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gracchus <span class=\"caps\">BABEUF<\/span> (1760-1797), <em>Le Tribun du Peuple<\/em>, d\u00e9cembre\u00a01795<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Babeuf parle au peuple. Il ne se contente pas d\u2019exposer ses th\u00e9ories communistes, il est au centre d\u2019un complot qui se trame contre le r\u00e9gime\u00a0: la conspiration des \u00c9gaux. Il \u00e9choue, est condamn\u00e9 \u00e0 mort et se frappe avec un stylet. Il sera guillotin\u00e9 le lendemain avec d\u2019autres accus\u00e9s. Le \u00ab\u00a0babouvisme\u00a0\u00bb inspirera les r\u00e9volutionnaires des ann\u00e9es 1830-1840, Marx et Engels en feront un pr\u00e9curseur du communisme.<\/p>\n<p>Mais le Directoire est surtout l\u2019entr\u00e9e en sc\u00e8ne du personnage le plus c\u00e9l\u00e8bre de notre Histoire, arrivant juste apr\u00e8s J\u00e9sus-Christ sur le podium mondial.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un jeune homme de vingt-six ans se trouve avoir effac\u00e9 en une ann\u00e9e les Alexandre, les C\u00e9sar, les Annibal, les Fr\u00e9d\u00e9ric. Et, comme pour consoler l\u2019humanit\u00e9 de ces succ\u00e8s sanglants, il joint aux lauriers de Mars l\u2019olivier de la civilisation.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1647\" class=\"cit-num\">1647<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">STENDHAL<\/span> (1783-1842), <em>Vie de Napol\u00e9on<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Engag\u00e9 dans l\u2019arm\u00e9e de Bonaparte (\u00e2g\u00e9 de 26\u00a0ans en 1795), le futur \u00e9crivain d\u00e9couvre l\u2019Italie avec un \u00e9merveillement dont son \u0153uvre sera plus tard le reflet.<\/p>\n<p>Stendhal \u00e9crit cet essai \u00e0 Milan en 1817-1818, pour r\u00e9pondre \u00e0 Mme de Sta\u00ebl\u00a0: dans ses<em> Consid\u00e9rations sur la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em>, elle attaquait l\u2019homme \u00e0 qui Stendhal voue une vraie passion. Cela n\u2019exclut pas la critique. Stendhal consacrera \u00e0 l\u2019empereur un second essai,<em> M\u00e9moires sur Napol\u00e9on<\/em> (1836-1837).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous n\u2019avez ni souliers, ni habits, ni chemises, presque pas de pain, et nos magasins sont vides\u00a0; ceux de l\u2019ennemi regorgent de tout. C\u2019est \u00e0 vous de les conqu\u00e9rir. Vous le voulez, vous le pouvez, partons\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1656\" class=\"cit-num\">1656<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), \u00e0 ses soldats, Toulon, 29\u00a0mars 1796.<em> L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise, Cinqui\u00e8me partie, Bonaparte et le Directoire<\/em> (1903), Albert Sorel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Nomm\u00e9 g\u00e9n\u00e9ral en chef de l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie par le Directoire, il tient ce langage le jour m\u00eame de son arriv\u00e9e devant Toulon.<\/p>\n<p>C\u2019est le d\u00e9but de la (premi\u00e8re) campagne d\u2019Italie\u00a0: Carnot, l\u2019 \u00ab\u00a0Organisateur de la victoire\u00a0\u00bb sous la R\u00e9volution, devenu l\u2019un des cinq Directeurs au pouvoir, a envoy\u00e9 le g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte pour retenir en Italie une partie de l\u2019arm\u00e9e autrichienne \u2013 simple op\u00e9ration de diversion, ce qui explique l\u2019intendance d\u00e9plorable. C\u2019est quand m\u00eame le commencement d\u2019une irr\u00e9sistible ascension.<\/p>\n<p>Le jeune Bonaparte a d\u00e9j\u00e0 l\u2019art de galvaniser ses troupes \u2013\u00a0vagabonds en guenilles dont il va faire des soldats victorieux face \u00e0 des arm\u00e9es sup\u00e9rieures en nombre\u00a0\u2013 avec les mots dict\u00e9s par les circonstances\u00a0: \u00ab\u00a0Votre patience \u00e0 supporter toutes les privations, votre bravoure \u00e0 affronter tous les dangers excitent l\u2019admiration de la France\u00a0; elle a les yeux tourn\u00e9s sur vos mis\u00e8res\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Chacun de ses pas d\u00e9sormais est marqu\u00e9 par une parole, par un de ces mots historiques qu\u2019on retient parce qu\u2019il est \u00e9clair\u00e9 de gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1659\" class=\"cit-num\">1659<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles-Augustin <span class=\"caps\">SAINTE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">BEUVE<\/span> (1804-1869), <em>Causeries du lundi<\/em>, volume I (1857), 17\u00a0d\u00e9cembre 1849<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sainte-Beuve juge ici de Napol\u00e9on Bonaparte en critique litt\u00e9raire, m\u00eame s\u2019il replace le discours en situation historique\u00a0: \u00ab\u00a0Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> avait eu des traits d\u2019esprit, des saillies heureuses que r\u00e9p\u00e9taient Grillon et les gentilshommes\u00a0; mais, ici, il fallait une \u00e9loquence \u00e0 la hauteur nouvelle des grandes op\u00e9rations, \u00e0 la mesure de ces arm\u00e9es sorties du peuple, la harangue br\u00e8ve, grave, famili\u00e8re, monumentale. Du premier jour, au nombre de ses moyens de grande guerre, Napol\u00e9on trouva celui-l\u00e0.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Relisant ses proclamations, exil\u00e9 \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne \u00e0 la fin de sa vie, l\u2019empereur a murmur\u00e9 devant Las Cases\u00a0: \u00ab\u00a0Et ils ont os\u00e9 dire que je ne savais pas \u00e9crire\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je me regardai pour la premi\u00e8re fois non plus comme un simple g\u00e9n\u00e9ral, mais comme un homme appel\u00e9 \u00e0 influer sur le sort des peuples. Je me vis dans l\u2019histoire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1662\" class=\"cit-num\">1662<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), au soir de Lodi, 10\u00a0mai 1796. <em>Le Manuscrit de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne, publi\u00e9 pour la premi\u00e8re fois avec des notes de Napol\u00e9on<\/em> (1821), Jacob Fr\u00e9d\u00e9ric Lullin de Ch\u00e2teauvieux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Premi\u00e8re victoire d\u00e9cisive sur les Autrichiens\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est le succ\u00e8s qui fait les grands hommes\u00a0!\u00a0\u00bb dira plus tard Napol\u00e9on\u00a0Ier. \u00c0 Lodi, le tacticien prend les dimensions d\u2019un strat\u00e8ge. Et le Petit Caporal corse, ce \u00ab\u00a0b\u00e2tard de Mandrin\u00a0\u00bb, brocard\u00e9, utilis\u00e9 par les politiques (Barras en t\u00eate), a soudain conscience de son destin.<\/p>\n<p>La m\u00e9tamorphose a frapp\u00e9 ses biographes, et sans doute aussi les contemporains. Six mois plus tard, la victoire de <em>Bonaparte au pont d\u2019Arcole<\/em> est le titre et le sujet du plus c\u00e9l\u00e8bre tableau d\u2019Antoine-Jean Gros, \u00e9l\u00e8ve de David, jeune peintre inspir\u00e9 par son mod\u00e8le, affichant l\u2019image du h\u00e9ros, \u00e0 la fois classique et romantique, \u00e9tonnamment contemporain.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vos int\u00e9r\u00eats sont ceux de la R\u00e9publique, votre gloire celle de la nation enti\u00e8re. Vous \u00eates le h\u00e9ros de la France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1665\" class=\"cit-num\">1665<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Lazare <span class=\"caps\">CARNOT<\/span> (1753-1823), Lettre au g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte, 3\u00a0janvier 1797. <em>L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise, Cinqui\u00e8me partie, Bonaparte et le Directoire<\/em> (1903), Albert Sorel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette lettre du Directeur exprime l\u2019opinion g\u00e9n\u00e9rale devant les victoires de Bonaparte en Italie.<\/p>\n<p>L\u2019historien Albert Sorel dresse \u00e9galement le panorama des conqu\u00eates int\u00e9rieures du futur ma\u00eetre de la France\u00a0: \u00ab\u00a0Bonaparte gagnera les paysans et les bourgeois par la s\u00e9curit\u00e9 du travail, la garantie de l\u2019ordre, la jouissance assur\u00e9e des biens nationaux, le Code civil, une administration vigilante, une justice \u00e9gale pour tous\u00a0; il tiendra les anciens Jacobins par la crainte de la contre-r\u00e9volution\u00a0; il se les associera en leur distribuant ce qu\u2019ils aiment par-dessus tout, l\u2019exercice du pouvoir\u00a0; il tiendra les anciens nobles par un bonheur qu\u2019ils ne connaissent plus\u00a0: vivre dans leur maison, retrouver leurs familles, refaire leur fortune\u00a0; l\u2019arm\u00e9e par les grandeurs, les richesses, les enivrements de la conqu\u00eate, les d\u00e9lices de la paix\u00a0; tous par l\u2019illusion de cette paix glorieuse et de la France prosp\u00e8re dans les fronti\u00e8res de la Gaule.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voil\u00e0 votre homme, il fera votre coup d\u2019\u00c9tat bien mieux que moi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1675\" class=\"cit-num\">1675<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G\u00e9n\u00e9ral <span class=\"caps\">MOREAU<\/span> (1763-1813), \u00e0 l\u2019abb\u00e9 Siey\u00e8s, quand il apprend le retour de Bonaparte, 17\u00a0octobre 1799. <em>Siey\u00e8s, la cl\u00e9 de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1988), Jean-Denis Bredin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Moreau l\u2019a vu \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans l\u2019arm\u00e9e d\u2019Italie et le recommande \u00e0 Siey\u00e8s, l\u2019un des cinq Directeurs. L\u2019abb\u00e9 est toujours en qu\u00eate de son \u00ab\u00a0sabre\u00a0\u00bb (ou son \u00e9p\u00e9e) pour remettre de l\u2019ordre dans le pays, renforcer l\u2019ex\u00e9cutif, lutter contre la gauche jacobine et surtout la droite royaliste \u2013 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> pourrait revenir et r\u00e9tablir la monarchie. Le r\u00e9gime actuel, faible, corrompu, incomp\u00e9tent, est d\u00e9finitivement d\u00e9consid\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans une grande affaire, on est toujours forc\u00e9 de donner quelque chose au hasard.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1676\" class=\"cit-num\">1676<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), \u00e0 Siey\u00e8s, avant le coup d\u2019\u00c9tat du 18 brumaire (9 novembre 1799).<em> M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1823), Las Cases<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jeune homme press\u00e9 r\u00e9pond \u00e0 l\u2019abb\u00e9, inquiet de son projet de renverser le Directoire et qui lui demande o\u00f9 est la garantie du succ\u00e8s. Le hasard, \u00e0 peine un peu \u00ab\u00a0forc\u00e9\u00a0\u00bb, a jusqu\u2019ici bien servi Bonaparte, au point d\u2019en faire l\u2019homme du destin pour la France. Et la \u00ab\u00a0grande affaire\u00a0\u00bb se pr\u00e9pare, avec des complicit\u00e9s politiques et familiales qui vont assurer la r\u00e9ussite du coup d\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Souvenez-vous que je marche accompagn\u00e9 du dieu de la guerre et du dieu de la fortune.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1679\" class=\"cit-num\">1679<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Conseil des Anciens, 19 brumaire an\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> (10\u00a0novembre\u00a01799). <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les d\u00e9put\u00e9s des deux assembl\u00e9es doivent voter la r\u00e9vision de la Constitution \u2013 encore faut-il convaincre le Conseil des Cinq-Cents, majoritairement contre. De crainte que le peuple parisien ne s\u2019invite aux d\u00e9bats, les \u00e9lus vont se r\u00e9unir le lendemain au ch\u00e2teau de Saint-Cloud.<\/p>\n<p>Bonaparte harangue les \u00ab\u00a0Citoyens repr\u00e9sentants\u00a0\u00bb. Les Anciens ne r\u00e9agissent pas, mais il est hu\u00e9 par les Cinq-Cents. Sa rh\u00e9torique dramatique et mena\u00e7ante rappelle les grandes heures r\u00e9volutionnaires \u2013 et l\u2019\u00e9poque est r\u00e9volue. On crie\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 bas le dictateur\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Lucien Bonaparte, qui pr\u00e9side l\u2019Assembl\u00e9e, sauve son fr\u00e8re d\u00e9faillant, \u00e9vacu\u00e9 de la salle par les grenadiers. Il invoque des menaces de mort, Murat fait donner la troupe, ses hommes chargent \u00e0 la ba\u00efonnette, les d\u00e9put\u00e9s se dispersent. Le coup d\u2019\u00c9tat parlementaire est devenu militaire.<\/p>\n<p>Dans la nuit, on rattrape le maximum possible des \u00e9lus. Les Anciens et une minorit\u00e9 des Cinq-Cents votent enfin la r\u00e9vision et nomment un gouvernement provisoire de trois consuls, Bonaparte, Siey\u00e8s et Ducos.<\/p>\n<p>Les deux Conseils (des Anciens et des Cinq-Cents) sont remplac\u00e9s par deux commissions charg\u00e9es de r\u00e9viser la Constitution. Le \u00ab\u00a0coup d\u2019\u00c9tat du 18 Brumaire\u00a0\u00bb a finalement r\u00e9ussi le 19.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Messieurs, nous avons un ma\u00eetre, ce jeune homme fait tout, peut tout et veut tout.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1681\" class=\"cit-num\">1681<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Abb\u00e9 <span class=\"caps\">SIEY\u00c8S<\/span> (1748-1836), tirant la le\u00e7on du coup d\u2019\u00c9tat du 18 Brumaire, apr\u00e8s la r\u00e9union du 11\u00a0novembre\u00a01799. <em>Le R\u00e9alisme<\/em> (1857), Champfleury<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Siey\u00e8s est \u00e9bloui par Bonaparte qui exerce un irr\u00e9sistible ascendant sur autrui. Cette fois, il l\u2019a vu dominer tous les sujets\u00a0: arm\u00e9e, administration, finances, droit, politique. Dou\u00e9 d\u2019une intelligence \u00e0 la fois synth\u00e9tique et analytique, l\u2019homme poss\u00e8de aussi une excellente m\u00e9moire et une force de travail stup\u00e9fiante.<\/p>\n<p>Siey\u00e8s, qui a parfaitement man\u0153uvr\u00e9 jusque-l\u00e0, va perdre pratiquement tout pouvoir. Non sans regret, il a compris qu\u2019il faut s\u2019effacer. L\u2019empereur ne sera pas totalement ingrat, lui donnant comme lot de consolation un poste de s\u00e9nateur et le titre de comte. Exil\u00e9 sous la Restauration comme r\u00e9gicide, il reviendra sous la Monarchie de Juillet et mourra en 1836, bien apr\u00e8s l\u2019empereur d\u00e9chu.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-6-56.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Consulat (1799-1804)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De Clovis jusqu\u2019au Comit\u00e9 de salut public, je me sens solidaire de tout.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1686\" class=\"cit-num\">1686<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821).<em> <span class=\"caps\">JO<\/span> de la R\u00e9publique fran\u00e7aise<\/em>, n\u00b0\u00a057 (1988), Maurice Schumann au S\u00e9nat, 9\u00a0d\u00e9cembre 1988<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019un des principes politiques du nouveau dirigeant de la France, n\u00e9 de la R\u00e9volution et qui a vu ses exc\u00e8s, sans pour autant participer \u00e0 la Terreur et au Comit\u00e9 de salut public, comme certains de ses collaborateurs ou ministres \u2013\u00a0\u00e0 commencer par Carnot, Barras et surtout Fouch\u00e9, incontournable ministre de sa police.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Gouverner par un parti, c\u2019est se mettre t\u00f4t ou tard dans sa d\u00e9pendance. On ne m\u2019y prendra pas. Je suis national.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1692\" class=\"cit-num\">1692<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), au Conseil d\u2019\u00c9tat, fin 1799. <em>Histoire de France contemporaine depuis la R\u00e9volution jusqu\u2019\u00e0 la paix de 1919<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> (1921), Ernest Lavisse, Philippe Sagnac<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Qu\u2019il l\u2019ait dit \u00e0 Cambac\u00e9r\u00e8s ou \u00e0 Thibaudeau (selon les sources), peu importe, et il l\u2019a r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 diverses occasions, au d\u00e9but de son Consulat\u00a0: c\u2019est un autre principe de sa politique et un point fort de sa strat\u00e9gie d\u2019homme d\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<p>La logique des partis fut fatale aux r\u00e9volutionnaires \u2013 au sens litt\u00e9ral, si on se rappelle tous ceux guillotin\u00e9s pour \u00eatre ou ne pas \u00eatre de tel ou tel parti, courant, tendance, nuance, club et autre faction. Le r\u00e9gime des partis se r\u00e9v\u00e9lera \u00e9galement funeste aux R\u00e9publiques qui se suivront et (en cela du moins) se ressembleront, pendant deux si\u00e8cles. De Gaulle lui-m\u00eame, autre g\u00e9n\u00e9ral entr\u00e9 en politique \u00e0 la faveur d\u2019\u00e9v\u00e9nements dramatiques, n\u2019aura pas de mot assez fort ou m\u00e9prisant pour fustiger les partis, leur jeu, et l\u2019instabilit\u00e9 gouvernementale qui s\u2019ensuit.<\/p>\n<p>Cela dit, les partis sont inh\u00e9rents \u00e0 la d\u00e9mocratie. De Gaulle la respectera, Bonaparte n\u2019a pas ce genre de probl\u00e8me.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On ne conduit le peuple qu\u2019en lui montrant un avenir\u00a0: un chef est un marchand d\u2019esp\u00e9rances.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1768\" class=\"cit-num\">1768<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), <em>Maximes et pens\u00e9es<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9cisant cette pens\u00e9e, il dira aussi\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019imagination gouverne le monde\u00a0\u00bb (<em>M\u00e9morial<\/em>). Et en 1800\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne suis qu\u2019un magistrat de la R\u00e9publique qui n\u2019agit que sur les imaginations de la nation\u00a0; lorsque ce moyen me manquera, je ne serai plus rien\u00a0; un autre me succ\u00e9dera.\u00a0\u00bb Et encore\u00a0: \u00ab\u00a0On ne peut gouverner l\u2019homme que par l\u2019imagination\u00a0; sans l\u2019imagination, c\u2019est une brute\u00a0! Ce n\u2019est pas pour cinq sous par jour ou pour une ch\u00e9tive distinction que l\u2019on se fait tuer\u00a0; c\u2019est en parlant \u00e0 l\u2019\u00e2me que l\u2019on \u00e9lectrise l\u2019homme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est un message qui a d\u00fb plaire au g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. D\u2019autres chefs d\u2019\u00c9tat devraient s\u2019en inspirer, quelle que soit leur couleur politique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sans trop de respect pour notre esp\u00e8ce, il ordonna de nous transformer sur-le-champ en b\u00eates de somme et de trait, ce qui fut effectu\u00e9 comme par enchantement.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1701\" class=\"cit-num\">1701<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Capitaine <span class=\"caps\">GERVAIS<\/span> (1779-1858), \u00e9voquant le passage du col du Grand-Saint-Bernard, 18-20 mai 1800. <em>Souvenirs d\u2019un soldat de l\u2019Empire<\/em> (posthume, 1939)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Engag\u00e9 volontaire en 1793, il fera toutes les campagnes de l\u2019Empire. R\u00e9cit pris sur le vif de vingt ann\u00e9es de guerres en Europe, d\u2019un h\u00e9ros qui ne se prend jamais pour tel, ne demande rien et refuse parfois un avancement.<\/p>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte, \u00e0 la t\u00eate d\u2019une arm\u00e9e de r\u00e9serve de 50\u00a0000 soldats, renouvelle l\u2019exploit d\u2019Hannibal franchissant les Alpes au col du Saint-Bernard encore sous la neige, avec des pi\u00e8ces d\u2019artillerie tra\u00een\u00e9es \u00e0 bras d\u2019homme dans des troncs creux. Sc\u00e8ne immortalis\u00e9e et surtout sublim\u00e9e par David\u00a0: <em>Le Premier Consul franchissant les Alpes au col du Grand-Saint-Bernard<\/em>, tableau peint en 1800.<\/p>\n<p>David, conseill\u00e9 par Bonaparte, d\u00e9passe la simple repr\u00e9sentation de l\u2019\u00e9v\u00e9nement pour en faire le prototype de la propagande napol\u00e9onienne. Le Premier Consul a souhait\u00e9 \u00eatre peint \u00ab\u00a0calme sur un cheval fougueux\u00a0\u00bb et l\u2019artiste cabre l\u2019animal, pour donner un dynamisme \u00e0 sa composition, renforc\u00e9 par le geste grandiloquent de Bonaparte drap\u00e9 dans un ample manteau de couleur vive. Le g\u00e9n\u00e9ral victorieux, au visage id\u00e9alis\u00e9, regarde le spectateur et lui montre la direction \u00e0 suivre, cens\u00e9e \u00eatre cette troisi\u00e8me voie politique qu\u2019il cherche \u00e0 imposer entre les royalistes et les r\u00e9publicains.<\/p>\n<p>Dans la r\u00e9alit\u00e9, Bonaparte a franchi le col \u00e0 dos de mule, rev\u00eatu d\u2019une redingote grise. C\u2019est quand m\u00eame un exploit qui contredit les pr\u00e9dictions des habitants du lieu. Ce passage r\u00e9ussi va permettre de prendre \u00e0 revers les troupes autrichiennes, dans cette deuxi\u00e8me campagne d\u2019Italie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une victoire me laissera ma\u00eetre d\u2019ex\u00e9cuter ce que je voudrai.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1702\" class=\"cit-num\">1702<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre \u00e0 son fr\u00e8re Joseph (membre du Corps l\u00e9gislatif et du Conseil d\u2019\u00c9tat), 20\u00a0mai 1800. <em>M\u00e9moires sur Carnot par son fils<\/em> (1863), Hippolyte Carnot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Premier Consul sait qu\u2019il doit affermir son pouvoir, menac\u00e9 par certaines men\u00e9es royalistes \u2013 le futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span> voudrait r\u00e9cup\u00e9rer son tr\u00f4ne. Pour l\u2019heure, le g\u00e9n\u00e9ral Mass\u00e9na, l\u2019 \u00ab\u00a0enfant ch\u00e9ri de la victoire\u00a0\u00bb, est en difficult\u00e9 \u00e0 G\u00eanes, assi\u00e9g\u00e9, attendant les renforts. La victoire de Marengo sauvera cette deuxi\u00e8me campagne d\u2019Italie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pourquoi ne m\u2019est-il pas permis de pleurer\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1707\" class=\"cit-num\">1707<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821) \u00e0 la mort de Desaix, Marengo, 14\u00a0juin 1800.<em> Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise ou Journal des Assembl\u00e9es nationales<\/em> (1834-1838), <span class=\"caps\">P.J.B.<\/span> Buchez, <span class=\"caps\">P.C.<\/span> Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019\u00e9tait un valeureux compagnon de route pour Bonaparte qui a pu appr\u00e9cier l\u2019homme et le militaire, dans la campagne d\u2019\u00c9gypte. Certains historiens d\u00e9nonceront son m\u00e9pris de la vie humaine, mais il ne m\u00e9nage pas la sienne\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce qu\u2019un homme apr\u00e8s tout\u00a0?\u00a0\u00bb, dit-il.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est en me faisant catholique que j\u2019ai fini la guerre de Vend\u00e9e, en me faisant musulman que je me suis \u00e9tabli en \u00c9gypte, en me faisant ultramontain que j\u2019ai gagn\u00e9 les esprits en Italie. Si je gouvernais le peuple juif, je r\u00e9tablirais le temple de Salomon.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1710\" class=\"cit-num\">1710<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), D\u00e9claration au Conseil d\u2019\u00c9tat, 1er\u00a0ao\u00fbt 1800. <em>L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1907), Albert Sorel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Principe pragmatique et conception tr\u00e8s utilitaire de la religion\u00a0: il ne faut pas la combattre et la d\u00e9truire comme les r\u00e9volutionnaires, mais s\u2019en servir pour affermir l\u2019\u00c9tat et garantir l\u2019ob\u00e9issance des citoyens au pouvoir civil. Paradoxalement, Danton et Robespierre pensaient de m\u00eame.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Une soci\u00e9t\u00e9 sans religion est comme un vaisseau sans boussole\u00a0\u00bb a dit Bonaparte aux cur\u00e9s de Milan (5\u00a0juin 1800), apr\u00e8s \u00eatre entr\u00e9 dans la ville en vainqueur. Cette id\u00e9e lui est ch\u00e8re. La signature du Concordat \u00e0 venir le confirmera.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma politique est de gouverner les hommes comme le grand nombre veut l\u2019\u00eatre [\u2026] C\u2019est la mani\u00e8re de reconna\u00eetre la souverainet\u00e9 du peuple.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1711\" class=\"cit-num\">1711<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), D\u00e9claration au Conseil d\u2019\u00c9tat, 1er\u00a0ao\u00fbt 1800. <em>L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1907), Albert Sorel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans la m\u00eame d\u00e9claration, il donne une raison plus g\u00e9n\u00e9rale et sa conception personnelle de la d\u00e9mocratie. En cette ann\u00e9e 1800, il y a entente parfaite entre la volont\u00e9 du peuple et la politique de l\u2019homme au pouvoir. La plupart des probl\u00e8mes viendront quand il y aura divorce entre les deux.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un fou, votre Rousseau\u00a0; c\u2019est lui qui nous a men\u00e9s o\u00f9 nous sommes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1712\" class=\"cit-num\">1712<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), \u00e0 Stanislas Girardin, lors d\u2019une visite \u00e0 Ermenonville, dans la chambre o\u00f9 mourut le philosophe, 28\u00a0ao\u00fbt\u00a01800.<em> \u0152uvres du comte <span class=\"caps\">P. L.<\/span> Roederer<\/em> (1854)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il n\u2019y a sans doute pas une phrase du <em>Contrat social<\/em> \u00ab\u00a0tol\u00e9rable\u00a0\u00bb pour Bonaparte Premier Consul, et moins encore Napol\u00e9on Empereur. Mais aucun philosophe des Lumi\u00e8res ne peut \u00eatre pris pour ma\u00eetre \u00e0 penser ou \u00e0 gouverner d\u2019un homme aussi autoritaire. Il l\u2019a d\u2019ailleurs \u00e9crit dans ses <em>Maximes et pens\u00e9es<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0On ne fait rien d\u2019un philosophe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les deux grands \u00ab\u00a0despotes \u00e9clair\u00e9s\u00a0\u00bb du si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, Fr\u00e9d\u00e9ric <span class=\"caps\">II<\/span> le roi de Prusse et Catherine <span class=\"caps\">II<\/span> de Russie, ont eu des relations suivies avec Voltaire et Diderot, mais ils \u00e9taient moins \u00ab\u00a0fous\u00a0\u00bb que Rousseau dans leur id\u00e9alisme libertaire et leur th\u00e9orie sociale \u2013\u00a0et dans le premier cas, les deux hommes se sont quand m\u00eame brouill\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0N\u2019est-ce pas que je suis de la poule blanche\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1714\" class=\"cit-num\">1714<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), \u00e0 sa m\u00e8re, apr\u00e8s l\u2019attentat de la rue Saint-Nicaise, 24\u00a0d\u00e9cembre 1800. <em>Histoire de la France<\/em> (1986), Andr\u00e9 Bendjebbar<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0\u00catre de la poule blanche\u00a0\u00bb est une expression corse qui signifie avoir de la chance\u2026 et ce Corse fut toute sa vie tr\u00e8s superstitieux.<\/p>\n<p>C\u2019est miracle s\u2019il n\u2019est pas mort, ce soir de No\u00ebl 1800. Au passage de son carrosse, explosion de la \u00ab\u00a0machine infernale\u00a0\u00bb \u2013 tonneau de 200\u00a0livres de poudre et rempli de clous. L\u2019attentat fait 22 morts, une cinquantaine de bless\u00e9s, 46\u00a0maisons d\u00e9truites. Le fracas \u00e9branle tout le quartier Saint-Honor\u00e9\u2026 Le Premier Consul est indemne. Il dormait, \u00e9puis\u00e9, toujours prompt \u00e0 r\u00e9cup\u00e9rer, avant d\u2019aller \u00e0 <em>La Cr\u00e9ation du monde<\/em> de Joseph Haydn, \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra (alors place Louvois). Il se rendra d\u2019ailleurs au spectacle, sans se soucier de son \u00e9pouse Jos\u00e9phine (l\u00e9g\u00e8rement bless\u00e9e) dans une autre voiture du cort\u00e8ge, avec sa fille Hortense.<\/p>\n<p>Le 10\u00a0octobre, cette fois dans sa loge \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra, il a \u00e9chapp\u00e9 de peu au couteau de cinq conjur\u00e9s \u2013 la \u00ab\u00a0conspiration des poignards\u00a0\u00bb. Bonaparte est persuad\u00e9 que cette s\u00e9rie d\u2019attentats contre sa personne est l\u2019\u0153uvre des Jacobins. Mais Fouch\u00e9 a d\u2019autres informations \u2013 ce sont les Chouans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous sommes trente millions d\u2019hommes r\u00e9unis par les Lumi\u00e8res, la propri\u00e9t\u00e9 et le commerce.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1726\" class=\"cit-num\">1726<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Conseil d\u2019\u00c9tat, 4\u00a0mai 1802.<em> M\u00e9moires sur le Consulat<\/em> (1827), comte Antoine-Claire Thibaudeau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Voil\u00e0 une d\u00e9finition de la nation qu\u2019aurait pu signer Necker, Siey\u00e8s ou Benjamin Constant. Gr\u00e2ce \u00e0 la paix ext\u00e9rieure et int\u00e9rieure momentan\u00e9ment retrouv\u00e9e, agriculture, industrie et commerce se d\u00e9veloppent, la France se r\u00e9forme (administration, monnaie, fiscalit\u00e9, \u00e9ducation).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voici le second pas fait vers la royaut\u00e9. Je crains que cet homme ne soit comme les dieux d\u2019Hom\u00e8re, qu\u2019au troisi\u00e8me acte il n\u2019atteigne l\u2019Olympe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1729\" class=\"cit-num\">1729<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme de <span class=\"caps\">STA\u00cbL<\/span> (1766-1817), jugeant l\u2019irr\u00e9sistible ascension du Premier Consul. <em>Bonaparte<\/em> (1977), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Opposante r\u00e9solue, avec autant de courage que d\u2019intelligence, elle ironise quand le 15\u00a0ao\u00fbt (anniversaire de Bonaparte n\u00e9 sous le signe astral du lion) devient jour de f\u00eate nationale. Le pr\u00e9nom Napol\u00e9on s\u2019inscrit d\u00e9j\u00e0 sur des pi\u00e8ces de monnaie. Le s\u00e9natus-consulte du 4\u00a0ao\u00fbt 1802 (Constitution de l\u2019an X) augmente encore les pouvoirs du Premier Consul \u00e0 vie au d\u00e9triment du l\u00e9gislatif.<\/p>\n<p>Un agent du comte de Provence (futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVIII<\/span>) constate\u00a0: \u00ab\u00a0Bonaparte continue \u00e0 r\u00e9gner avec une pl\u00e9nitude de pouvoirs que ne d\u00e9ploy\u00e8rent jamais nos rois.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019arriv\u00e9e de cette femme, comme celle d\u2019un oiseau de mauvais augure, a toujours \u00e9t\u00e9 le signal de quelque trouble. Mon intention n\u2019est pas qu\u2019elle reste en France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1738\" class=\"cit-num\">1738<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), au Grand Juge R\u00e9gnier (ministre de la Justice). <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il vient d\u2019apprendre le retour de Mme\u00a0de Sta\u00ebl pr\u00e8s de Beaumont-sur-Oise, le 3\u00a0octobre 1803. Il lui donne cinq jours pour partir, sinon il la fera reconduire \u00e0 la fronti\u00e8re par la gendarmerie. C\u2019est vraiment la \u00ab\u00a0b\u00eate noire\u00a0\u00bb de ce misogyne inv\u00e9t\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Bourbons croient qu\u2019on peut verser mon sang comme celui des plus vils animaux. Mon sang cependant vaut bien le leur. Je vais leur rendre la terreur qu\u2019ils veulent m\u2019inspirer [\u2026] Je ferai impitoyablement fusiller le premier de ces princes qui me tombera sous la main.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1743\" class=\"cit-num\">1743<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), 9\u00a0mars 1804. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cadoudal vient d\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9 au terme d\u2019une course-poursuite meurtri\u00e8re au Quartier latin. Il a parl\u00e9 sans le nommer d\u2019un prince fran\u00e7ais complice\u00a0: de l\u2019avis de tous, c\u2019est le duc d\u2019Enghien, \u00e9migr\u00e9 pr\u00e8s de la fronti\u00e8re en Allemagne.<\/p>\n<p>Le lendemain, le Premier Consul, en proie \u00e0 une fureur extr\u00eame, donne l\u2019ordre de l\u2019enlever, ce qui sera fait dans la nuit du 15 au 16\u00a0mars, par une troupe d\u2019un millier de gendarmes, au m\u00e9pris du droit des gens (droit international). L\u2019assassinat du duc d\u2019Enghien sera tr\u00e8s diversement comment\u00e9 et jug\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est pire qu\u2019un crime, c\u2019est une faute\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Premier Empire (1804-1814).<\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-6-56.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<p><strong>Portraits de Napol\u00e9on et de Talleyrand.<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce qui para\u00eet est mis\u00e9rable\u00a0! cela d\u00e9go\u00fbte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1758\" class=\"cit-num\">1758<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Journal\u00a0: notes intimes et politiques d\u2019un familier des Tuileries<\/em> (posthume, 1909), Pierre-Louis Roederer<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur a souvent ce mot, comme d\u00e9j\u00e0 le Premier Consul d\u00e9\u00e7u par la production litt\u00e9raire de son temps. Sans doute veut-il trop diriger la pens\u00e9e des cr\u00e9ateurs et des intellectuels. La plupart d\u2019entre eux sont dociles et les \u00ab\u00a0best-sellers\u00a0\u00bb d\u2019une \u00e9poque o\u00f9 les amateurs de romans et de po\u00e8mes abondent sont aujourd\u2019hui illisibles.<\/p>\n<p>Les seuls grands talents seront des opposants au r\u00e9gime\u00a0: Chateaubriand hostile \u00e0 Napol\u00e9on apr\u00e8s l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien (1804), Mme\u00a0de Sta\u00ebl, coupable d\u2019\u00eatre la femme la plus intelligente et la plus libre de son temps. Paradoxalement, le personnage de Napol\u00e9on Bonaparte inspirera des chefs-d\u2019\u0153uvre de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise et mondiale\u00a0!<\/p>\n<p>M\u00eame pauvret\u00e9 dans le domaine th\u00e9\u00e2tral. Le genre qui fait fureur sur les boulevards, c\u2019est le m\u00e9lodrame. Napol\u00e9on m\u00e9prise le \u00ab\u00a0m\u00e9lo\u00a0\u00bb, il n\u2019aime que le genre noble, la trag\u00e9die (\u00e0 la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise), mais aucun auteur ne peut rivaliser, m\u00eame de tr\u00e8s loin, avec les dramaturges du si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>. Il a quand m\u00eame trouv\u00e9 son grand acteur (et ami), Talma.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on a plus de chance dans le domaine des beaux-arts\u00a0: David, peintre officiel, d\u2019ailleurs issu de la R\u00e9volution, reste magnifiquement inspir\u00e9 dans le parcours impos\u00e9 par le nouveau ma\u00eetre de la France\u00a0: voir <em>Le Sacre<\/em>, chef-d\u2019\u0153uvre de l\u2019\u00e9cole n\u00e9oclassique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La diplomatie est la police en grand costume.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1759\" class=\"cit-num\">1759<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), <em>Maximes et pens\u00e9es<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019aphorisme convient parfaitement \u00e0 son ministre des Relations ext\u00e9rieures (jusqu\u2019en 1807), M.\u00a0de Talleyrand, l\u2019un des principaux personnages sous l\u2019Empire et le plus grand diplomate fran\u00e7ais de l\u2019histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019art de la police est de ne pas voir ce qu\u2019il est inutile qu\u2019elle voie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1760\" class=\"cit-num\">1760<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Premier Consul, Au citoyen Fouch\u00e9, 24\u00a0mai\u00a01800. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises<\/em>, Le Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il s\u2019adresse au ministre de la Police, autre \u00e9minence grise et pilier du r\u00e9gime qui fait souvent couple avec Talleyrand, tout aussi talentueux et d\u00e9testable. Mais Fouch\u00e9 a du sang sur les mains, ancien \u00e9l\u00e8ve des Oratoriens, ralli\u00e9 aux id\u00e9es r\u00e9volutionnaires en 1789, \u00e9lu \u00e0 la Convention, il a r\u00e9prim\u00e9 l\u2019insurrection f\u00e9d\u00e9raliste et royaliste en novembre\u00a01793 \u00e0 Lyon. Son ardeur lui vaudra le surnom de Mitrailleur de Lyon, le canon rempla\u00e7ant la guillotine trop lente pour ex\u00e9cuter les condamn\u00e9s par centaines.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Chaque ann\u00e9e, la France faisait pr\u00e9sent \u00e0 cet homme de trois cent mille jeunes gens\u00a0; c\u2019\u00e9tait l\u2019imp\u00f4t pay\u00e9 \u00e0 C\u00e9sar.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1764\" class=\"cit-num\">1764<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alfred de <span class=\"caps\">MUSSET<\/span> (1810-1857), <em>La Confession d\u2019un enfant du\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1836)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 Et s\u2019il n\u2019avait ce troupeau derri\u00e8re lui, il ne pouvait suivre sa fortune. C\u2019\u00e9tait l\u2019escorte qu\u2019il lui fallait, pour qu\u2019il p\u00fbt traverser le monde, et s\u2019en aller tomber dans une petite vall\u00e9e d\u2019une \u00eele d\u00e9serte, sous un saule pleureur.\u00a0\u00bb L\u2019histoire finit mal, pour la France exsangue, et pour l\u2019empereur exil\u00e9.<\/p>\n<p>Mais Musset, l\u2019enfant du si\u00e8cle orphelin de Napol\u00e9on, \u00e9voque aussit\u00f4t apr\u00e8s l\u2019Empire glorieux\u00a0: \u00ab\u00a0Jamais il n\u2019y eut tant de joie, tant de vie, tant de fanfares guerri\u00e8res dans tous les c\u0153urs. Jamais il n\u2019y eut de soleils si purs que ceux qui s\u00e9ch\u00e8rent tout ce sang. On disait que Dieu les faisait pour cet homme, et on les appelait ses soleils d\u2019Austerlitz.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019ogre corse sous qui nous sommes,<br>Cherchant toujours nouveaux exploits,<br>Mange par an deux cent mille hommes<br>Et va partout chiant des rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1765\" class=\"cit-num\">1765<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pamphlet anonyme contre Napol\u00e9on. <em>Encyclop\u00e6dia Universalis<\/em>, article \u00ab\u00a0Premier Empire\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De nombreux pamphlets contribuent \u00e0 diffuser la l\u00e9gende noire de l\u2019Ogre de Corse, contre la l\u00e9gende dor\u00e9e de la propagande imp\u00e9riale.<\/p>\n<p>Les rois impos\u00e9s par l\u2019empereur sont nombreux, pris dans sa famille ou parmi ses g\u00e9n\u00e9raux\u00a0: rois de Naples, d\u2019Espagne, de Su\u00e8de, de Hollande, de Westphalie. Royaut\u00e9s parfois \u00e9ph\u00e9m\u00e8res, souvent mal accept\u00e9es des populations lib\u00e9r\u00e9es ou conquises.<\/p>\n<p>Les historiens estimeront \u00e0 un million les morts de la Grande Arm\u00e9e, \u00ab\u00a0cette l\u00e9gendaire machine de guerre\u00a0\u00bb command\u00e9e par Napol\u00e9on en personne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les hommes de g\u00e9nie sont des m\u00e9t\u00e9ores destin\u00e9s \u00e0 br\u00fbler pour \u00e9clairer leur\u00a0si\u00e8cle.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1766\" class=\"cit-num\">1766<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Discours de Lyon, 1791<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce sont les premiers mots que l\u2019histoire a retenus du futur empereur. Bonaparte, 22\u00a0ans, lieutenant d\u2019artillerie, participe au concours ouvert par l\u2019Acad\u00e9mie de Lyon. Le th\u00e8me\u00a0: l\u2019\u00e9ducation \u00e0 donner aux hommes pour les mettre sur le chemin du bonheur \u2013 d\u2019o\u00f9 l\u2019autre nom du \u00ab\u00a0Discours sur le bonheur\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Bonaparte condamne la monarchie absolue et trouve bien des vertus au philosophe des Lumi\u00e8res qu\u2019il traitera ensuite de \u00ab\u00a0fou\u00a0\u00bb dangereux pour la soci\u00e9t\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0\u00d4 Rousseau, pourquoi faut-il que tu n\u2019aies v\u00e9cu que soixante ans\u00a0! Pour l\u2019int\u00e9r\u00eat de la vertu, tu eusses d\u00fb \u00eatre immortel.\u00a0\u00bb C\u2019est le style de l\u2019\u00e9poque. Mais le talent d\u2019expression et l\u2019ambition \u00e9vidente offrent cette phrase pr\u00e9monitoire que n\u2019aurait pas d\u00e9savou\u00e9e Hugo ou Chateaubriand\u00a0: \u00ab\u00a0Les hommes de g\u00e9nie sont des m\u00e9t\u00e9ores destin\u00e9s \u00e0 br\u00fbler pour \u00e9clairer leur\u00a0si\u00e8cle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Du chef de brigade \u00e0 l\u2019empereur d\u00e9chu, l\u2019aventure va durer vingt-deux ans. C\u2019est assez pour en faire l\u2019un des personnages les plus c\u00e9l\u00e8bres au monde, \u00ab\u00a0le plus grand h\u00e9ros de tous les temps\u00a0\u00bb pour l\u2019<em>Encyclop\u00e6dia Britannica<\/em>. Et toujours compar\u00e9 aux plus grands\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce donc que cette chose dont parle Alexandre lorsqu\u2019il \u00e9voque sa destin\u00e9e, C\u00e9sar sa chance, Napol\u00e9on son \u00e9toile\u00a0? Qu\u2019est-ce donc sinon la confiance qu\u2019ils avaient tous les trois dans leur r\u00f4le historique\u00a0?\u00a0\u00bb (Charles de Gaulle, <em>M\u00e9moires<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis annul\u00e9 de la nature humaine\u00a0! j\u2019ai besoin de solitude et d\u2019isolement\u00a0; la grandeur m\u2019ennuie\u00a0; le sentiment est dess\u00e9ch\u00e9\u00a0; la gloire est fade\u00a0; \u00e0 29 ans, j\u2019ai tout \u00e9puis\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1767\" class=\"cit-num\">1767<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Napol\u00e9on <span class=\"caps\">BONAPARTE<\/span> (1769-1821), Lettre \u00e0 Joseph Bonaparte, Le\u00a0Caire 25\u00a0juillet\u00a01799. <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises<\/em>, Le Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est moins un mot historique (apr\u00e8s la victoire d\u2019Aboukir) qu\u2019un diagnostic de d\u00e9pression nerveuse \u2013 br\u00e8ve, il va aussit\u00f4t quitter l\u2019\u00c9gypte et rentrer \u00e0 Paris pour pr\u00e9parer son coup d\u2019\u00c9tat de brumaire.<\/p>\n<p>Hyperactif quasi maladif, infatigable battant, il songe au suicide la premi\u00e8re fois \u00e0 17 ans. Il fera plusieurs tentatives, \u00e0 Arcis-sur-Aube o\u00f9 il se bat, \u00e0 Fontainebleau apr\u00e8s l\u2019abdication o\u00f9 il use du poison, puis \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Elbe, lieu du premier exil, avant de reprendre courage. Br\u00e8ves faiblesses d\u2019un homme fort.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le c\u0153ur d\u2019un homme d\u2019\u00c9tat doit \u00eatre dans sa t\u00eate.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1771\" class=\"cit-num\">1771<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> (1823), Las Cases<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Priorit\u00e9 donn\u00e9e \u00e0 la raison, \u00e0 l\u2019intelligence\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai toujours aim\u00e9 l\u2019analyse\u00a0: \u00ab\u00a0pourquoi\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0comment\u00a0\u00bb sont des questions si utiles qu\u2019on ne saurait trop se les poser.\u00a0\u00bb Mais il fait la part des choses\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut donner les deux tiers \u00e0 la raison, et l\u2019autre tiers au hasard. Augmentez la seconde fraction, vous serez t\u00e9m\u00e9raire\u00a0; augmentez la premi\u00e8re, vous serez pusillanime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Emmanuel Augustin Dieudonn\u00e9, comte de Las Cases, est nomm\u00e9 chambellan et comte d\u2019Empire en 1810. Apr\u00e8s la seconde abdication de Napol\u00e9on en 1815, il est son compagnon \u00e0 Sainte-H\u00e9l\u00e8ne durant dix-huit mois et note pr\u00e9cieusement les propos de l\u2019illustre exil\u00e9. Le <em>M\u00e9morial<\/em> est une contribution \u00e0 l\u2019histoire, mais aussi \u00e0 la l\u00e9gende napol\u00e9onienne. Les deux se confondent parfois, surtout dans ce cas.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On gouverne mieux les hommes par leurs vices que par leurs vertus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1773\" class=\"cit-num\">1773<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821),<em> Maximes et pens\u00e9es<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur est sans illusion sur la nature humaine. \u00ab\u00a0J\u2019ai fait des courtisans, je n\u2019ai jamais pr\u00e9tendu me faire des amis.\u00a0\u00bb Les vraies fid\u00e9lit\u00e9s, il les trouvera dans la Grande Arm\u00e9e, chez ses g\u00e9n\u00e9raux comme chez les soldats.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand j\u2019ai besoin de quelqu\u2019un, je n\u2019y regarde pas de si pr\u00e8s, je le baiserais au cul.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1774\" class=\"cit-num\">1774<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>M\u00e9moires du g\u00e9n\u00e9ral de Caulaincourt, duc de Vicence, grand \u00e9cuyer de l\u2019empereur<\/em> (posthume, 1933)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Caulaincourt fut aide de camp de Bonaparte en 1802, ambassadeur en Russie de\u00a01807 \u00e0\u00a01811. \u00c9tonnante parole, aveu rarement cit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1775\" class=\"cit-num\">1775<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>M\u00e9moires du prince de Talleyrand<\/em> (posthume, 1891)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Talleyrand a eu tout loisir d\u2019observer l\u2019homme, du Directoire jusqu\u2019\u00e0 la fin de l\u2019Empire, et d\u2019appr\u00e9cier en connaisseur ses talents.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on est n\u00e9 sous le signe astral du lion, le 15\u00a0ao\u00fbt\u00a01769. Pour compl\u00e9ter le bestiaire napol\u00e9onien, il a pris pour symboles l\u2019aigle imp\u00e9rial et les abeilles, qui renvoient \u00e0 l\u2019Antiquit\u00e9 romaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis n\u00e9 et construit pour le travail, je ne connais pas chez moi la limite de mes forces.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1777\" class=\"cit-num\">1777<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821).<em> \u0152uvres du comte <span class=\"caps\">P. L.\u00a0<\/span>Roederer\u00a0: histoire contemporaine, 1789-1815<\/em> (1854), Pierre Louis Roederer<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Infatigable dans son cabinet, \u00e9puisant ses collaborateurs, surprenant ses ministres, dormant quatre heures et travaillant dix-huit heures par jour, d\u00e9laissant un peu sa \u00ab\u00a0bonne Louise\u00a0\u00bb. Quand il est en campagne, il passe des journ\u00e9es enti\u00e8res \u00e0 cheval, peut rester des nuits sans dormir, n\u2019ayant besoin pour r\u00e9cup\u00e9rer que de br\u00e8ves siestes.<\/p>\n<p>Seul d\u00e9faut de cette cuirasse, hypoth\u00e8se de m\u00e9decins\u00a0: une h\u00e9patite chronique d\u2019origine palud\u00e9enne (responsable de ce teint jaune d\u00e8s sa jeunesse). Il mourra \u00e0 52 ans, sans doute d\u2019un cancer \u00e0 l\u2019estomac (comme son p\u00e8re). On a aussi \u00e9voqu\u00e9 une \u00e9pilepsie d\u00e8s sa jeunesse, comme chez l\u2019empereur romain C\u00e9sar. Mais on se pla\u00eet peut-\u00eatre \u00e0 charger le tableau.<\/p>\n<p>En tout cas, l\u2019\u00e9nergie de la volont\u00e9 est infinie, presque sans faille\u00a0: \u00ab\u00a0Napol\u00e9on, c\u2019est un professeur d\u2019\u00e9nergie\u00a0!\u00a0\u00bb (Maurice Barr\u00e8s).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Eh bien\u00a0! duchesse, aimez-vous toujours autant les hommes\u00a0?<br>\u2014 Oui Sire, quand ils sont polis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1778\" class=\"cit-num\">1778<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">FLEURY<\/span> (1769-1820), r\u00e9pondant librement \u00e0 <span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), vers 1806. <em>Revue politique et litt\u00e9raire\u00a0: revue bleue<\/em>, volume I (1875)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La duchesse reste dans l\u2019histoire sous le nom d\u2019Aim\u00e9e de Coigny \u2013 qui inspira le po\u00e8me de La Jeune Captive \u00e0 Andr\u00e9 Ch\u00e9nier. Elle \u00e9crira bient\u00f4t ses <em>M\u00e9moires<\/em>, comme tant de gens lettr\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 l\u2019empereur, sa goujaterie est proverbiale. Dans les salons, il ne se g\u00eane pas pour apostropher une dame en ces termes\u00a0: \u00ab\u00a0Cette robe est sale, vous n\u2019en changez donc jamais\u00a0?\u00a0\u00bb ou encore \u00ab\u00a0Quelle d\u00e9ception\u00a0! On m\u2019avait assur\u00e9 que vous \u00e9tiez jolie\u00a0\u00bb. \u00c9tant empereur, personne n\u2019ose lui r\u00e9pliquer, hormis la duchesse de Fleury revenue d\u2019\u00e9migration avec une r\u00e9putation de galanterie.<\/p>\n<p>Le seul \u00eatre f\u00e9minin qui trouve gr\u00e2ce \u00e0 ses yeux est sa m\u00e8re, Marie Letizia Ramolino. Elle a eu treize enfants, huit ont surv\u00e9cu, \u00e9lev\u00e9s \u00e0 la dure. Une femme de t\u00eate, entr\u00e9e dans la r\u00e9sistance corse contre l\u2019annexion de la France en m\u00eame temps que son mari\u00a0! Elle refusa de participer au couronnement de l\u2019empereur et de se soumettre \u00e0 l\u2019\u00e9tiquette impos\u00e9e par son fils qui exige qu\u2019on lui baise la main. Napol\u00e9on a beau temp\u00eater, tr\u00e9pigner\u00a0: \u00ab\u00a0Mais je suis l\u2019empereur\u00a0!\u00a0\u00bb, il se verra r\u00e9pondre un superbe et d\u00e9daigneux\u00a0: \u00ab\u00a0Oui, mais vous \u00eates mon fils.\u00a0\u00bb Madame M\u00e8re figure toutefois en bonne place dans <em>Le Sacre<\/em> peint par David. C\u2019est Napol\u00e9on qui l\u2019a voulu.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il avait trop, certes, du soldat quand il \u00e9tait parmi les rois, mais qui plus que lui fut royal au milieu des soldats\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1780\" class=\"cit-num\">1780<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Walter <span class=\"caps\">SCOTT<\/span> (1771-1832), <em>La Vie de Napol\u00e9on<\/em> (1827)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur sera toujours un parvenu, face aux t\u00eates couronn\u00e9es. Il enrage en 1804\u00a0: \u00ab\u00a0Cinq ou six familles se partagent les tr\u00f4nes de l\u2019Europe et\u00a0elles voient avec douleur qu\u2019un Corse est venu s\u2019asseoir sur l\u2019un d\u2019eux. Je ne puis m\u2019y maintenir que par la force.\u00a0\u00bb D\u2019o\u00f9 l\u2019engrenage des guerres et des coalitions.<\/p>\n<p>Mais avec ses hommes, le contact est imm\u00e9diat et remarquable depuis toujours et jusqu\u2019\u00e0 la fin. Royal dans ses c\u00e9l\u00e8bres Proclamations, il est \u00e9galement fraternel et familier dans ses faits et gestes de \u00ab\u00a0Petit Caporal\u00a0\u00bb au plus pr\u00e8s de ses troupes.<\/p>\n<p>Signalons aussi le charisme de Napol\u00e9on, salu\u00e9 par celui qui deviendra le \u00ab\u00a0premier peintre de l\u2019empereur\u00a0\u00bb\u00a0: \u00ab\u00a0Quelle belle t\u00eate il a\u00a0! C\u2019est pur, c\u2019est grand, c\u2019est beau comme l\u2019antique\u00a0! C\u2019est un homme auquel on aurait \u00e9lev\u00e9 des autels dans l\u2019Antiquit\u00e9\u2026\u00a0 Bonaparte est mon h\u00e9ros.\u00a0\u00bb Jacques-Louis David confie ce coup de foudre aux \u00e9l\u00e8ves de son atelier, en 1797 (rapport\u00e9 par Del\u00e9cluze).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Commediante\u00a0! Tragediante\u00a0!\u00a0\u00bb<\/em> <br>\u00ab\u00a0Com\u00e9dien\u00a0! Trag\u00e9dien\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1781\" class=\"cit-num\">1781<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">PIE<\/span> <span class=\"caps\">VII<\/span> (1742-1823). <em>Servitude et grandeur militaires<\/em> (1835), Alfred de Vigny<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces deux mots n\u2019ont peut-\u00eatre pas \u00e9t\u00e9 prononc\u00e9s tels qu\u2019ils sont pass\u00e9s \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9, mais ils refl\u00e8tent ce que ce pape de caract\u00e8re pensait de l\u2019empereur.<\/p>\n<p>Don de la simulation et sens th\u00e9\u00e2tral sont deux qualit\u00e9s reconnues au grand premier r\u00f4le que fut Napol\u00e9on sur la sc\u00e8ne de l\u2019Histoire. Son don de la mise en sc\u00e8ne, il en joue en artiste\u00a0: \u00ab\u00a0Rien n\u2019interrompt aussi bien une sc\u00e8ne tragique qu\u2019inviter l\u2019autre \u00e0 s\u2019asseoir\u00a0; lorsqu\u2019il est assis, le tragique devient comique.\u00a0\u00bb Il a d\u2019ailleurs pris des cours avec le plus c\u00e9l\u00e8bre soci\u00e9taire de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, son ami Talma.<\/p>\n<p>Il sait donner une dimension \u00e9pique aux d\u00e9faites comme aux victoires, revues et corrig\u00e9es par les peintres vou\u00e9s \u00e0 sa propagande. Le sommet de l\u2019art reste le sacre, dont Pie <span class=\"caps\">VII<\/span> est t\u00e9moin et acteur, condamn\u00e9 au second r\u00f4le\u00a0: Napol\u00e9on tint \u00e0 se couronner lui-m\u00eame\u2026 et le pape n\u2019a b\u00e9ni que la couronne\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quel roman que ma vie\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1782\" class=\"cit-num\">1782<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), juin\u00a01816. <em>Quel roman que ma vie\u00a0!\u00a0: itin\u00e9raire de Napol\u00e9on Bonaparte, 1769-1821<\/em> (1947), Louis Garros<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019\u00e9pop\u00e9e aura dur\u00e9 un peu plus de vingt ans. Le 5\u00a0mai\u00a01821, le proscrit de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne d\u00e9clare \u00e0 Las Cases\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019adversit\u00e9 manquait \u00e0 ma carri\u00e8re. Gr\u00e2ce au malheur, on pourra me juger \u00e0 nu.\u00a0\u00bb Ces six ans de captivit\u00e9 vont servir sa l\u00e9gende.<\/p>\n<p>Le personnage est une source d\u2019inspiration in\u00e9puisable pour les historiens, les \u00e9crivains, les cin\u00e9astes, jusqu\u2019aux cr\u00e9ateurs de jeux vid\u00e9o. Le culte napol\u00e9onien se voit dans les mus\u00e9es du monde entier, dans les collections de soldats de plomb, dans les dictionnaires de citations. Sur Internet, au mot Napol\u00e9on, 41\u202f400\u202f000 r\u00e9sultats s\u2019inscrivent en 0,37 seconde (avril 2023) \u2013 ce qui aurait combl\u00e9 l\u2019homme press\u00e9, obs\u00e9d\u00e9 par son image. C\u2019est aussi une mani\u00e8re de passer \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vivant, il a manqu\u00e9 le monde\u00a0; mort, il le poss\u00e8de.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1783\" class=\"cit-num\">1783<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848), Vie de Napol\u00e9on, livres\u00a0<span class=\"caps\">XIX<\/span> \u00e0\u00a0<span class=\"caps\">XXIV<\/span> des <em>M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grand t\u00e9moin et acteur de l\u2019histoire, pour lui la plus belle conqu\u00eate de Napol\u00e9on n\u2019est pas l\u2019Europe, mais celle de l\u2019imagination des g\u00e9n\u00e9rations qui ont suivi l\u2019Empire. Il ne cessera d\u2019\u00eatre fascin\u00e9 par l\u2019empereur, alors m\u00eame qu\u2019il le combat, en opposant r\u00e9solu\u00a0: \u00ab\u00a0Cet homme, dont j\u2019admire le g\u00e9nie et dont j\u2019abhorre le despotisme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sauf pour la gloire, sauf pour l\u2019art, il eut probablement mieux valu qu\u2019il n\u2019e\u00fbt pas exist\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1784\" class=\"cit-num\">1784<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">BAINVILLE<\/span> (1879-1936), <em>Napol\u00e9on<\/em> (1931)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Conclusion d\u2019un historien politiquement tr\u00e8s engag\u00e9 \u00e0 droite, qui d\u00e9plore la mythologie imp\u00e9riale entretenue par le <em>M\u00e9morial de Sainte-H\u00e9l\u00e8ne<\/em> et la nostalgie des enfants du si\u00e8cle romantique.<\/p>\n<p>Curieux colosse, d\u00e9crit par Bainville, dont les campagnes d\u2019Italie et d\u2019\u00c9gypte ont assur\u00e9 la popularit\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur, et qui doit sans cesse se r\u00e9tablir \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur par \u00ab\u00a0l\u2019entassement des alliances (avec la Russie, puis l\u2019Autriche), des trait\u00e9s (Campo-Formio, Lun\u00e9ville, Amiens, Presbourg, Tilsitt, Vienne), de ses annexions (les villes hans\u00e9atiques, la Hollande, l\u2019Italie, les provinces illyriennes), de ses victoires m\u00eames\u00a0\u00bb. Le plus \u00e9tonnant, c\u2019est que Bonaparte avait pr\u00e9dit cet engrenage du destin \u00e0 28 ans. Rappelons ces mots proph\u00e9tiques, la cl\u00e9 de l\u2019histoire, du d\u00e9but \u00e0 la fin de l\u2019Empire\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Mon pouvoir tient \u00e0 ma gloire, et ma gloire aux victoires que j\u2019ai emport\u00e9es [\u2026] La conqu\u00eate m\u2019a fait ce que je suis, la conqu\u00eate seule peut me maintenir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Un seul autre personnage fait le poids, face \u00e0 Napol\u00e9on. Malheureusement pour la France, la chronique montre comment et pourquoi leur duo finit en duel.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne dites jamais de mal de vous. Vos amis s\u2019en chargeront toujours.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1787\" class=\"cit-num\">1787<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838). <em>Dictionnaire des citations fran\u00e7aises<\/em>, Jean-Yves Dournon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le mot qui lui est attribu\u00e9 va bien \u00e0 ce cynique, sans illusion sur les hommes.<\/p>\n<p>Prosper M\u00e9rim\u00e9e (1803-1870) reprend la citation dans ses<em> Lettres d\u2019Espagne<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Un vieux diplomate de mes amis, homme tr\u00e8s fin, m\u2019a dit souvent\u2026\u00a0\u00bb De fait, en 1833, promu haut fonctionnaire, M\u00e9rim\u00e9e rencontre \u00e0 Londres Talleyrand, ambassadeur de France. Dans une lettre \u00e0 Stendhal, il d\u00e9crit l\u2019octog\u00e9naire comme \u00ab\u00a0un gros paquet de flanelle envelopp\u00e9 d\u2019un habit bleu et surmont\u00e9 d\u2019une t\u00eate de mort recouverte d\u2019un parchemin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Napol\u00e9on fut plus cruel, qualifiant Talleyrand de \u00ab\u00a0merde dans un bas de soie\u00a0\u00bb \u2013 il est vrai que la situation s\u2019y pr\u00eatait (en janvier 1809).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On me croit immoral et machiav\u00e9lique, je ne suis qu\u2019impassible et d\u00e9daigneux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1788\" class=\"cit-num\">1788<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), \u00e0 Lamartine. <em>Talleyrand<\/em> (1936), comte de Saint-Aulaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Et pr\u00e9cisant sa pens\u00e9e, faisant allusion \u00e0 son ami\u00a0: \u00ab\u00a0Mirabeau \u00e9tait un grand homme, mais il lui manquait le courage d\u2019\u00eatre impopulaire. Sous ce rapport, voyez, je suis plus homme que lui\u00a0: je livre mon nom \u00e0 toutes les interpr\u00e9tations et \u00e0 tous les outrages de la foule.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si, quand cet homme vous parle, son derri\u00e8re recevait un coup de pied, sa figure ne vous en dirait rien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1789\" class=\"cit-num\">1789<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joachim <span class=\"caps\">MURAT<\/span> (roi de Naples), parlant de Talleyrand. <em>Murat<\/em> (1983), Jean Tulard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le personnage, sup\u00e9rieurement intelligent, garde le souvenir de son \u00e9ducation religieuse et ses mani\u00e8res de seigneur, jointes \u00e0 des qualit\u00e9s de grand diplomate. Il est aussi diff\u00e9rent que possible de Murat, jeune homme pauvre, fils d\u2019aubergiste, remarqu\u00e9 par Bonaparte qui le prend comme aide de camp dans sa campagne d\u2019Italie\u00a0: intr\u00e9pide et imp\u00e9tueux, il m\u00e9ritera son surnom, le Sabreur. Mais c\u2019est un pi\u00e8tre politicien.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne suivez jamais votre premier mouvement, il est toujours g\u00e9n\u00e9reux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1790\" class=\"cit-num\">1790<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), aux jeunes secr\u00e9taires d\u2019ambassade. <em>M\u00e9moires d\u2019un touriste<\/em> (1838), Stendhal<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Conseil de diplomate. Selon Sainte-Beuve, sa consigne aux jeunes qui d\u00e9butaient dans la carri\u00e8re \u00e9tait\u00a0: \u00ab\u00a0Pas de z\u00e8le\u00a0!\u00a0\u00bb Pour l\u2019\u00e9crivain contemporain Cioran, c\u2019est \u00ab\u00a0le plus grand praticien du cynisme\u00a0; tous les philosophes cyniques sont des enfants de ch\u0153ur \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-4-65.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Chronique imp\u00e9riale<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a parmi les conjur\u00e9s un homme que je regrette. C\u2019est Georges. Celui-l\u00e0 est bien tremp\u00e9\u00a0; entre mes mains, un pareil homme aurait fait de grandes choses.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1795\" class=\"cit-num\">1795<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Bourrienne, son secr\u00e9taire, 10\u00a0juin 1804.<em> M\u00e9moires de M. de Bourrienne, ministre d\u2019\u00c9tat\u00a0: sur Napol\u00e9on, le Directoire, le Consulat, l\u2019Empire et la Restauration<\/em> (1829), Louis Antoine Fauvelet de Bourrienne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur vient d\u2019apprendre la condamnation \u00e0 mort du conspirateur Cadoudal et de ses 19 complices. H\u00e9ros de la guerre de Vend\u00e9e, ralli\u00e9 apr\u00e8s la R\u00e9volution au comte d\u2019Artois (futur Charles\u00a0X), Cadoudal fut le chef des deux principaux complots contre Bonaparte sous le Consulat\u00a0: l\u2019attentat de la rue Saint-Nicaise en 1800 et la derni\u00e8re conspiration d\u00e9jou\u00e9e au d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1804.<\/p>\n<p>Il ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0Je lui ai fait dire par R\u00e9al que s\u2019il voulait s\u2019attacher \u00e0 moi, non seulement il aurait sa gr\u00e2ce, mais que je lui aurais donn\u00e9 un r\u00e9giment. Georges a tout refus\u00e9\u00a0: c\u2019est une barre de fer. Qu\u2019y puis-je\u00a0? Il subira son sort, car c\u2019est un homme trop dangereux dans un parti.\u00a0\u00bb Certains condamn\u00e9s seront graci\u00e9s, mais pas Cadoudal, leur chef, guillotin\u00e9 en place de Gr\u00e8ve le 25 juin en criant\u00a0: \u00ab\u00a0Vive le roi\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je n\u2019ai pas succ\u00e9d\u00e9 \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, mais \u00e0 Charlemagne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1799\" class=\"cit-num\">1799<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span>, le jour du sacre en la cath\u00e9drale Notre-Dame de Paris, 2\u00a0d\u00e9cembre 1804. <em>Napol\u00e9on a dit<\/em> (1996), Lucian Regenbogen, pr\u00e9face de Jean Tulard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 peine couronn\u00e9 empereur des Fran\u00e7ais par le pape, il d\u00e9voile sa v\u00e9ritable ambition, le titre d\u2019empereur d\u2019Occident \u00e0 la t\u00eate du Grand Empire. Le 7\u00a0septembre, r\u00e9sidant \u00e0 Aix-la-Chapelle, il s\u2019est recueilli devant le tombeau de Charlemagne, il a ordonn\u00e9 une procession solennelle avec tous les symboles imp\u00e9riaux (couronne, \u00e9p\u00e9e, main de justice, globe, \u00e9perons d\u2019or). Et le sacre se tient \u00e0 Paris, non pas \u00e0 Reims comme de tradition pour les rois de France.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il ne r\u00eavait certainement pas d\u2019un empire unitaire, mais d\u2019une conf\u00e9d\u00e9ration d\u2019\u00c9tats\u00a0: il parlera, un jour, des \u00c9tats-Unis d\u2019Europe\u00a0\u00bb (Louis Madelin, <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire\u00a0: vers l\u2019empire d\u2019Occident<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cet homme est insatiable, son ambition ne conna\u00eet pas de bornes\u00a0; il est un fl\u00e9au pour le monde\u00a0; il veut la guerre, il l\u2019aura, et le plus t\u00f4t sera le mieux\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1803\" class=\"cit-num\">1803<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ALEXANDRE<\/span>\u00a0Ier, fin mai\u00a01805. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1974), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le tsar de Russie apprend que la R\u00e9publique de G\u00eanes sollicite sa r\u00e9union \u00e0 l\u2019Empire. Napol\u00e9on, d\u00e9j\u00e0 m\u00e9diateur de la Conf\u00e9d\u00e9ration suisse, vient de se faire couronner roi d\u2019Italie (Lombardie et \u00c9milie-Romagne) \u2013 il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, mais l\u2019Italie est devenue un royaume, quand la France devient un Empire.<\/p>\n<p>Craignant l\u2019h\u00e9g\u00e9monie fran\u00e7aise en Europe, le tsar rejoint l\u2019Angleterre (en guerre depuis 1803) dans la troisi\u00e8me coalition.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La libert\u00e9 de la pens\u00e9e est la premi\u00e8re conqu\u00eate du si\u00e8cle. L\u2019Empereur veut qu\u2019elle soit conserv\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1811\" class=\"cit-num\">1811<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), <em>Le Moniteur<\/em>, 22\u00a0janvier 1806<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9cisons que c\u2019est un journal tr\u00e8s officiel\u2026 et il n\u2019en reste pratiquement plus d\u2019autres. Apr\u00e8s les quelque 1\u00a0500 p\u00e9riodiques n\u00e9s au d\u00e9but de la R\u00e9volution, plus de 70 p\u00e9riodiques paraissaient encore \u00e0 Paris sous le Directoire. Ils ne seront plus que 4 en 1811. En 1810, un seul journal par d\u00e9partement \u2013 reproduisant les pages politiques du Moniteur, sous contr\u00f4le du pr\u00e9fet.<\/p>\n<p>La libert\u00e9 de pens\u00e9e est r\u00e9duite comme celle de la presse. M\u00eame les trag\u00e9dies classiques, r\u00e9pertoire pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 de l\u2019empereur, sont \u00e9pur\u00e9es\u00a0: les habitu\u00e9s du Th\u00e9\u00e2tre-Fran\u00e7ais, brochure en main, s\u2019amusent \u00e0 traquer les nouvelles coupes impos\u00e9es par la censure imp\u00e9riale \u00e0 Racine et Corneille. Les contemporains sont dociles. Sauf exception.<\/p>\n<p>Chateaubriand est hostile au r\u00e9gime (depuis l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien). Dans son discours de r\u00e9ception \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise, il veut faire l\u2019\u00e9loge de la libert\u00e9. Napol\u00e9on le lui interdit. Mme\u00a0de Sta\u00ebl est plus gravement pers\u00e9cut\u00e9e\u00a0: l\u2019exil punit sa libert\u00e9 d\u2019expression.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Votre Saintet\u00e9 est souveraine de Rome, mais j\u2019en suis l\u2019Empereur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1812\" class=\"cit-num\">1812<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Sa Saintet\u00e9 le Pape, Paris, 13\u00a0f\u00e9vrier 1806. <em>L\u2019\u00c9glise et la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0: histoire des relations de l\u2019\u00c9glise et de l\u2019\u00c9tat<\/em> (1864), Edmond de Pressens\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En vertu du Concordat (1801), il pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0Nos conditions doivent \u00eatre que Votre Saintet\u00e9 aura pour moi, dans le temporel, les m\u00eames \u00e9gards que je lui porte pour le spirituel.\u00a0\u00bb Mais les relations commencent \u00e0 se g\u00e2ter s\u00e9rieusement, entre ces deux fortes personnalit\u00e9s.<\/p>\n<p>Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> voit d\u2019un mauvais \u0153il toute l\u2019Italie passer sous la domination fran\u00e7aise, les territoires annex\u00e9s au fur et \u00e0 mesure des conqu\u00eates imp\u00e9riales et au gr\u00e9 des circonstances, et les enclaves pontificales occup\u00e9es par Joseph Bonaparte, nouveau roi de Naples. L\u2019empereur lui fait bient\u00f4t la le\u00e7on, lui livrant sa conception de la royaut\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un roi doit se d\u00e9fendre et mourir dans ses \u00c9tats. Un roi \u00e9migr\u00e9 et vagabond est un sot personnage.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1815\" class=\"cit-num\">1815<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Joseph, roi de Naples, 9\u00a0ao\u00fbt 1806. <em>Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur a chass\u00e9 les Bourbons du royaume de Naples pour y mettre son fr\u00e8re a\u00een\u00e9. Mais il n\u2019approuve pas toujours la politique des nouveaux souverains qu\u2019il essaime un peu partout en Europe et ceux-ci ont souvent des difficult\u00e9s avec leurs peuples. Ainsi Joseph qui entreprend des r\u00e9formes inspir\u00e9es du Consulat et se montre bien faible, oubliant que \u00ab\u00a0la force et une justice s\u00e9v\u00e8re sont la bont\u00e9 des rois\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 tout peuple conquis, il faut une r\u00e9volte, et je regarderai une r\u00e9volte \u00e0 Naples comme un p\u00e8re de famille voit une petite v\u00e9role \u00e0 ses enfants, pourvu qu\u2019elle n\u2019affaiblisse pas trop le malade.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1816\" class=\"cit-num\">1816<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Joseph, roi de Naples, 17\u00a0ao\u00fbt 1806.<em> Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on use d\u2019une m\u00e9taphore singuli\u00e8re pour \u00eatre mieux compris de son a\u00een\u00e9.<\/p>\n<p>Joseph ne restera que deux ans sur ce tr\u00f4ne. Remplac\u00e9 par Murat, il se retrouvera en Espagne o\u00f9 la population madril\u00e8ne se r\u00e9voltera bien davantage\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis plus \u00e0 l\u2019aise sous la mitraille qu\u2019entour\u00e9 d\u2019un essaim de jolies filles d\u00e9collet\u00e9es.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1825\" class=\"cit-num\">1825<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal <span class=\"caps\">LEFEBVRE<\/span> (1755-1820), \u00e0 Talleyrand, confidence lors d\u2019une soir\u00e9e \u00e0 la cour des Tuileries. <em>Le Dictionnaire des citations du monde entier<\/em> (1960), Karl Petit<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La r\u00e9flexion donne bien le climat de cette cour imp\u00e9riale, cr\u00e9\u00e9e en m\u00eame temps que l\u2019Empire.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9tiquette dict\u00e9e par l\u2019empereur est stricte et quasi militaire, mais l\u2019on y rencontre des personnages venus de toutes les couches de la soci\u00e9t\u00e9\u00a0: bourgeoisie (Bernadotte, Berthier, Jourdan, Junot, Mass\u00e9na, Soult) et peuple (Augereau, Carnot, Lannes, Lefebvre, Murat, Ney), mal \u00e0 l\u2019aise face \u00e0 la vieille noblesse (Brissac, La Rochefoucauld, Montesquiou, Talleyrand) et aux dames. La \u00ab\u00a0femme \u00e0 Lefebvre\u00a0\u00bb comme elle s\u2019annon\u00e7ait elle-m\u00eame, servit de mod\u00e8le \u00e0 Victorien Sardou pour la populaire <em>Madame Sans-G\u00eane.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019\u00e9cris au ministre de la Police d\u2019en finir avec cette folle de Mme\u00a0de Sta\u00ebl, et de ne pas souffrir qu\u2019elle sorte de Gen\u00e8ve, \u00e0 moins qu\u2019elle ne veuille aller \u00e0 l\u2019\u00e9tranger faire des libelles.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1822\" class=\"cit-num\">1822<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Regnault de Saint-Jean-d\u2019Ang\u00e9ly, procureur g\u00e9n\u00e9ral de la Haute Cour, 20\u00a0avril 1807. <em>Les Opposants \u00e0 Napol\u00e9on\u00a0: l\u2019\u00e9limination des royalistes et des r\u00e9publicains, 1800-1815<\/em> (2003), G\u00e9rard Minart<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on est de plus en plus irrit\u00e9 par cette femme qui le hait d\u2019autant plus qu\u2019elle voulut se faire aimer de lui, jadis\u00a0: les deux plus grands g\u00e9nies du\u00a0si\u00e8cle, lui l\u2019homme et elle la femme, n\u2019\u00e9taient-ils pas faits pour cela, pensait-elle\u00a0! Ce n\u2019\u00e9tait certainement pas le genre de ma\u00eetresse qu\u2019il recherchait.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est la derni\u00e8re fois que j\u2019entre en discussion avec cette pr\u00eatraille romaine.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1829\" class=\"cit-num\">1829<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), Lettre \u00e0 Eug\u00e8ne de Beauharnais, 22\u00a0juillet 1807. \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9glise romaine et les N\u00e9gociations du Concordat (1800-1814)\u00a0\u00bb, <em>Revue des deux mondes<\/em>, tome <span class=\"caps\">LXXII<\/span> (1867)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La \u00ab\u00a0pr\u00eatraille\u00a0\u00bb, c\u2019est le pape. Et l\u2019empereur sous-estime l\u2019adversaire\u2026<\/p>\n<p>Pie\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> refuse d\u2019annuler le mariage (am\u00e9ricain) de J\u00e9r\u00f4me Bonaparte, le cadet de ses quatre fr\u00e8res, mineur \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Il refuse aussi de se joindre au blocus contre l\u2019Angleterre, au nom de sa neutralit\u00e9 de pasteur universel.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on menace et charge Eug\u00e8ne, son beau-fils (qu\u2019il a fait vice-roi d\u2019Italie) de passer le message\u00a0: \u00ab\u00a0Si l\u2019on veut continuer \u00e0 troubler les affaires de mes \u00c9tats, je ne reconna\u00eetrai le pape que comme \u00e9v\u00eaque de Rome\u2026 Je ne craindrai pas de r\u00e9unir les \u00c9glises gallicane (fran\u00e7aise), italienne, allemande, polonaise, dans un concile pour faire mes affaires sans pape.\u00a0\u00bb Ce qui se fera en 1811.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Concordat, compromis religieux qui satisfait les deux partis, et le sacre qui comble l\u2019orgueil de l\u2019empereur, les relations des deux hommes vont tourner au drame. Napol\u00e9on annexe les \u00c9tats de l\u2019\u00c9glise, le pape va l\u2019excommunier, l\u2019empereur le fait enlever et le maintient prisonnier \u2013 c\u2019est <em>L\u2019Otage<\/em> du drame de Paul Claudel.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous dispense \u00e9galement de me comparer \u00e0 Dieu [\u2026] Je veux croire que vous n\u2019avez pas r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que vous \u00e9criviez.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1832\" class=\"cit-num\">1832<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au vice-Amiral Decr\u00e8s, ministre de la Marine, 22\u00a0mai\u00a01808.<em> Correspondance de Napol\u00e9on\u00a0Ier, publi\u00e9e par ordre de l\u2019empereur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span><\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur est entour\u00e9 de courtisans, mais la servilit\u00e9 a quand m\u00eame des limites et s\u2019attire ce genre de riposte.<\/p>\n<p>Il \u00e9crit une lettre furieuse \u00e0 Decr\u00e8s, homme par ailleurs courageux (au combat) et comp\u00e9tent (sur les questions maritimes)\u00a0: abordant divers sujets, mais finissant sur ces mots\u00a0: \u00ab\u00a0Je vous dispense \u00e9galement de me comparer \u00e0 Dieu. Il y a tant de singularit\u00e9 et d\u2019irrespect pour moi, dans cette phrase, que je veux croire que vous n\u2019avez pas r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce que vous \u00e9criviez. Je plains votre jugement\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 la d\u00e9charge du ministre de la Marine (en poste de 1801 \u00e0 1814), rappelons les mots du cat\u00e9chisme imp\u00e9rial (1806) qu\u2019il a d\u00fb prendre au pied de la lettre\u00a0: \u00ab\u00a0Dieu a \u00e9tabli Napol\u00e9on, notre souverain, l\u2019a rendu son image sur la terre [\u2026] Honorer et servir notre empereur est donc honorer et servir Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous \u00eates un voleur, un l\u00e2che, un homme sans foi. Vous ne croyez pas \u00e0 Dieu\u00a0; vous avez toute votre vie manqu\u00e9 \u00e0 tous vos devoirs, vous avez tromp\u00e9, trahi tout le monde [\u2026] Tenez, Monsieur, vous n\u2019\u00eates que de la merde dans un bas de soie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1834\" class=\"cit-num\">1834<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Talleyrand, Conseil des ministres restreint convoqu\u00e9 au ch\u00e2teau des Tuileries, 28\u00a0janvier 1809.<em> M\u00e9moires et Correspondance du prince de Talleyrand<\/em> (posthume, 1891)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u2019Espagne o\u00f9 il tente d\u2019affermir le tr\u00f4ne de son fr\u00e8re Joseph, Napol\u00e9on a appris que Talleyrand complote avec Fouch\u00e9 pour pr\u00e9parer sa succession \u2013 sans nouvelles de lui, on l\u2019imagine victime de la gu\u00e9rilla qui fait rage.<\/p>\n<p>Il rentre aussit\u00f4t, \u00e9pargne momentan\u00e9ment Fouch\u00e9 son ministre de la Police, mais injurie le prince de B\u00e9n\u00e9vent (qui n\u2019est plus son ministre depuis 1807, Talleyrand impassible \u2013 et sort en claquant la porte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quel dommage, Messieurs, qu\u2019un si grand homme soit si mal \u00e9lev\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1835\" class=\"cit-num\">1835<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838). <em>Talleyrand, ou le Sphinx incompris<\/em> (1970), Jean Orieux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La citation est parfaitement en situation, le 28\u00a0janvier\u00a01809, apr\u00e8s l\u2019injure lanc\u00e9e devant t\u00e9moins par l\u2019empereur furieux. Talleyrand se venge de l\u2019affront public, avec une certaine classe diplomatique. Il semble qu\u2019il ait redit ce mot \u00e0 divers ambassadeurs, toujours \u00e0 propos de Napol\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je me suis mis \u00e0 la disposition des \u00e9v\u00e9nements et, pourvu que je restasse Fran\u00e7ais, tout me convenait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1836\" class=\"cit-num\">1836<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TALLEYRAND<\/span> (1754-1838), <em>M\u00e9moires et Correspondance du prince de Talleyrand<\/em> (posthume, 1891)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on l\u2019avait fait grand chambellan en 1804, prince de B\u00e9n\u00e9vent en 1806, vice-grand \u00e9lecteur en 1807 \u2013 \u00ab\u00a0le seul vice qui lui manqu\u00e2t\u00a0\u00bb, dit Fouch\u00e9 en apprenant cet honneur.<\/p>\n<p>Le plus habile diplomate de notre histoire est aussi le plus corrompu. Il servira et trahira successivement tous les r\u00e9gimes, mais il respecte les int\u00e9r\u00eats sup\u00e9rieurs de la France. Il voudrait surtout lui \u00e9viter cette course \u00e0 l\u2019ab\u00eeme, pr\u00e9visible d\u00e8s 1809. Fouch\u00e9, tout aussi intelligent et retors, pense et agit de m\u00eame.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il avait l\u2019air de se promener au milieu de sa gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1839\" class=\"cit-num\">1839<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CAMBAC\u00c9R\u00c8S<\/span> (1753-1824), archichancelier de l\u2019Empire et duc de Parme, parlant de Napol\u00e9on en 1809. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La cinqui\u00e8me coalition qui r\u00e9unit l\u2019Angleterre et l\u2019Autriche en 1809 s\u2019est vite sold\u00e9e par la victoire de Napol\u00e9on sur l\u2019Autriche. D\u00e9faite par la Grande Arm\u00e9e \u00e0 Wagram (5 et 6\u00a0juillet), elle signe la paix de Vienne (14\u00a0octobre), perd 300\u00a0000\u00a0km2 et 3\u00a0500\u00a0000 habitants.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est le Souverain de l\u2019Europe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1840\" class=\"cit-num\">1840<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">METTERNICH<\/span> (1773-1859), 1809.<em> M\u00e9moires, documents et \u00e9crits divers laiss\u00e9s par le prince de Metternich, chancelier de cour et d\u2019\u00c9tat<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (1880)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole de connaisseur\u00a0! Ambassadeur d\u2019Autriche en France depuis 1806, le prince de Metternich est nomm\u00e9 chancelier et ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res en octobre\u00a01809, signant \u00e0 ce titre l\u2019humiliant trait\u00e9 (ou paix) de Vienne. Il choisit alors de s\u2019allier \u00e0 Napol\u00e9on \u2013 pour mieux l\u2019abattre le moment venu. Et c\u2019est lui qui va n\u00e9gocier son mariage avec Marie-Louise d\u2019Autriche.<\/p>\n<p>Cette domination culminera en 1811\u00a0: le Grand Empire comporte 130 d\u00e9partements qui r\u00e9uniront 45\u00a0millions de \u00ab\u00a0Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb, plus 40\u00a0millions d\u2019habitants des \u00c9tats vassaux (Italie, Espagne, Naples, duch\u00e9 de Varsovie, Conf\u00e9d\u00e9ration du Rhin, Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne conservant aucun espoir d\u2019avoir des enfants qui puissent satisfaire les besoins de sa politique et l\u2019int\u00e9r\u00eat de la France, je me plais \u00e0 lui donner la plus grande preuve d\u2019attachement et de d\u00e9vouement qui ait \u00e9t\u00e9 donn\u00e9e sur la terre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1843\" class=\"cit-num\">1843<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">JOS\u00c9PHINE<\/span> (1763-1814), r\u00e9pondant \u00e0 Napol\u00e9on, 15\u00a0d\u00e9cembre 1809. <em>Histoire du Consulat et de l\u2019Empire<\/em> (1847), Adolphe Thiers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019imp\u00e9ratrice a \u00e9crit ces mots que l\u2019\u00e9motion l\u2019emp\u00eache de lire. Ils sont dits par le secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de la famille imp\u00e9riale, le comte Regnault de Saint-Jean d\u2019Ang\u00e9ly\u00a0: \u00ab\u00a0La dissolution de mon mariage ne changera rien aux sentiments de mon c\u0153ur\u00a0: l\u2019empereur aura toujours en moi sa meilleure amie. Je sais combien cet acte, command\u00e9 par la politique et par de si grands int\u00e9r\u00eats, a froiss\u00e9 son c\u0153ur, mais l\u2019un et l\u2019autre nous sommes glorieux du sacrifice que nous faisons au bien de la patrie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>R\u00e9pudi\u00e9e pour st\u00e9rilit\u00e9 apr\u00e8s deux enfants d\u2019un premier mariage, elle a aujourd\u2019hui 46\u00a0ans. Le lendemain, l\u2019ex-imp\u00e9ratrice quitte les Tuileries pour ne plus jamais revenir. Largement dot\u00e9e, elle se retire \u00e0 la Malmaison et continue d\u2019\u00e9crire \u00e0 l\u2019empereur qui fait annuler son mariage civil par s\u00e9natus-consulte, d\u00e8s le lendemain 16\u00a0d\u00e9cembre. L\u2019officialit\u00e9 de Paris fera de m\u00eame pour le mariage religieux en janvier\u00a01810.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je me donne des anc\u00eatres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1844\" class=\"cit-num\">1844<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), ch\u00e2teau de Compi\u00e8gne, 27\u00a0mars 1810. <em>Metternich<\/em> (1965), Henry Vallotton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Ivre d\u2019impatience, ivre de f\u00e9licit\u00e9\u00a0\u00bb, il apprend la valse (viennoise) et attend sa future femme, Marie-Louise\u00a0: archiduchesse d\u2019Autriche, descendante de l\u2019empereur Charles Quint, et petite-ni\u00e8ce de Marie-Antoinette. Napol\u00e9on, de petite noblesse corse (d\u2019origine g\u00e9noise), \u00e9voque volontiers \u00ab\u00a0ma malheureuse tante Marie-Antoinette\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0mon pauvre oncle Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>\u00a0\u00bb. Cette union flatte son orgueil.<\/p>\n<p>Il s\u2019est d\u00e9cid\u00e9 en f\u00e9vrier, dans une h\u00e2te qui a fort embarrass\u00e9 l\u2019ambassadeur d\u2019Autriche \u00e0 Paris (Schwarzenberg, successeur de Metternich \u00e0 ce poste)\u00a0: m\u00eame pas le temps de pr\u00e9venir l\u2019empereur d\u2019Autriche avant que Napol\u00e9on annonce sa d\u00e9cision aux Fran\u00e7ais\u00a0! Mais personne ne peut rien refuser \u00e0 Napol\u00e9on, m\u00eame pas sa fille.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Autriche fit au Minotaure le sacrifice d\u2019une belle g\u00e9nisse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1845\" class=\"cit-num\">1845<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Prince de <span class=\"caps\">LIGNE<\/span> (1735-1814). <em>L\u2019Europe et la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1904), Albert Sorel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De Ligne commente le mariage imp\u00e9rial en authentique et vieux prince autrichien, avec des r\u00e9f\u00e9rences mythologiques famili\u00e8res au monde de son temps.\u00a0Mais qui pense \u00e0 l\u2019humiliation du p\u00e8re de la mari\u00e9e, Fran\u00e7ois Ier d\u2019Autriche, empereur romain germanique\u00a0?<\/p>\n<p>Le mariage de Marie-Louise et de Napol\u00e9on a lieu le 1er\u00a0avril 1810.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est un ventre que j\u2019\u00e9pouse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1846\" class=\"cit-num\">1846<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). <em>Le Fils de l\u2019empereur<\/em> (1962), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on confirme la r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 la \u00ab\u00a0belle g\u00e9nisse\u00a0\u00bb sacrifi\u00e9e par l\u2019Autriche et assume le r\u00f4le du Minotaure pr\u00e9dateur, sans y mettre les formes. Il manifeste tant de h\u00e2te qu\u2019on parle d\u2019un enl\u00e8vement plus que d\u2019un mariage.<\/p>\n<p>La c\u00e9r\u00e9monie religieuse a lieu le 2\u00a0avril 1810. Marie-Louise a 18\u00a0ans, il vit une lune de miel de trois semaines qui le comble, et sa seconde femme lui donnera un fils, le 20\u00a0mars 1811\u00a0: le roi de Rome.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bel enfant qui ne fait que na\u00eetre,<br>Et pour qui nous formons des v\u0153ux,<br>En croissant, tu deviendras ma\u00eetre<br>Et r\u00e9gneras sur nos neveux.<br>Dame, dame, r\u00e9fl\u00e9chis bien,<br>Dame, dame, souviens-toi bien<br>Qu\u2019alors il ne faudra pas faire<br>Tout comme a fait, tout comme a fait ton p\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1854\" class=\"cit-num\">1854<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson pour le roi de Rome<\/em> (1811). <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parmi toutes les chansons en l\u2019honneur de l\u2019illustre nouveau-n\u00e9, celle-ci r\u00e9sonne comme un avertissement au p\u00e8re. Comme bien souvent, la chanson donne le pouls d\u2019une opinion publique \u2013 c\u2019est rare et pr\u00e9cieux, sous l\u2019Empire o\u00f9 la rigueur de la censure \u00e9touffa bien des pens\u00e9es\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je l\u2019envie. La gloire l\u2019attend, alors que j\u2019ai d\u00fb courir apr\u00e8s elle [\u2026] Pour saisir le monde, il n\u2019aura qu\u2019\u00e0 tendre les bras.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1855\" class=\"cit-num\">1855<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 Duroc, 20\u00a0mars 1811. <em>L\u2019Aiglon, Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span><\/em> (1959), Andr\u00e9 Castelot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le p\u00e8re est boulevers\u00e9 devant le berceau de son fils, d\u2019autant plus que cette naissance comble l\u2019empereur. La dynastie semble install\u00e9e \u00e0 jamais. Il avoue son \u00e9motion \u00e0 l\u2019un de ses plus anciens compagnons de route et de gloire, connu au si\u00e8ge de Toulon en 1793.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Messieurs, vous voulez me traiter comme si j\u2019\u00e9tais Louis le D\u00e9bonnaire. Ne confondez pas le fils avec le p\u00e8re [\u2026] Moi, je suis Charlemagne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1856\" class=\"cit-num\">1856<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), aux P\u00e8res conciliaires, 17\u00a0juin\u00a01811.<em> Le Pape et l\u2019empereur, 1804-1815<\/em> (1905), Henri Welschinger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sc\u00e8ne d\u00e9crite dans les <em>M\u00e9moires<\/em> de Talleyrand, avec force d\u00e9tails et dialogues. La col\u00e8re de l\u2019empereur explose. Le concile qu\u2019il voulait \u00e0 sa botte s\u2019est ouvert \u00e0 Paris ce 17\u00a0juin. Et voil\u00e0 que les P\u00e8res jurent, un par un, ob\u00e9issance au pape, lequel refuse aux \u00e9v\u00eaques son investiture, pourtant pr\u00e9vue par le concordat sign\u00e9 avec Napol\u00e9on.<\/p>\n<p>Il faut rappeler \u00e0 quel point, en dix ans, les relations se sont envenim\u00e9es entre les deux personnages\u00a0! Le pape a refus\u00e9 de respecter le blocus, l\u2019empereur a annex\u00e9 les \u00c9tats de l\u2019\u00c9glise, le pape l\u2019a excommuni\u00e9, l\u2019empereur l\u2019a mis en prison. Et Pie <span class=\"caps\">VII<\/span> refuse tout \u00ab\u00a0accommodement\u00a0\u00bb aussi longtemps qu\u2019il ne recouvrera pas sa libert\u00e9. Napol\u00e9on fait arr\u00eater trois \u00e9v\u00eaques et suspend le concile \u2013 qui reprendra d\u00e9but ao\u00fbt.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Du sublime au ridicule, il n\u2019y a qu\u2019un pas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1871\" class=\"cit-num\">1871<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 son ambassadeur \u00e0 Varsovie, Monseigneur de Pradt, 5\u00a0d\u00e9cembre\u00a01812. <em>Biographie universelle ancienne et moderne<\/em> (1854), Michaud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aveu, autocritique\u2026 Ce mot figure dans ses <em>Maximes et pens\u00e9es<\/em>. Il fait partie d\u2019un \u00e9trange discours tenu par un homme fatalement \u00e9prouv\u00e9 dans son esprit et son corps. Il nie pourtant avoir \u00e9t\u00e9 vaincu, il nie m\u00eame les dangers courus. Il dit que \u00ab\u00a0l\u2019arm\u00e9e est superbe\u00a0\u00bb. Quant \u00e0 lui\u00a0: \u00ab\u00a0Je vis dans l\u2019agitation\u00a0; plus je tracasse, mieux je vaux. Il n\u2019y a que les rois fain\u00e9ants qui engraissent dans les palais\u00a0; moi, c\u2019est \u00e0 cheval, et dans les camps.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La fortune m\u2019a \u00e9bloui.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1873\" class=\"cit-num\">1873<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), \u00e0 ses ministres, 19\u00a0d\u00e9cembre 1812. <em>Les Ministres de Napol\u00e9on<\/em> (1959), Jean Savant<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>De retour \u00e0 Paris dans la nuit du 18\u00a0d\u00e9cembre, il avoue \u00e0 ses ministres, le lendemain\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 \u00e0 Moscou, j\u2019ai cru signer la paix. J\u2019y suis rest\u00e9 trop longtemps [\u2026] J\u2019ai fait une tr\u00e8s grande faute, mais la fortune peut encore la r\u00e9parer.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est pas possible, m\u2019\u00e9crivez-vous\u00a0; cela n\u2019est pas fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1876\" class=\"cit-num\">1876<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821), au g\u00e9n\u00e9ral Lemarois, commandant de Magdebourg, 9\u00a0juillet 1813. <em>Dictionnaire des expressions n\u00e9es de l\u2019histoire<\/em> (1992), Gilles Henry<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le g\u00e9n\u00e9ral avait \u00e9crit \u00e0 l\u2019empereur pour lui dire que, face aux coalis\u00e9s sup\u00e9rieurs en nombre, il ne peut pas tenir plus longtemps la place (ville prise par les Fran\u00e7ais en 1806, sur la rive gauche de l\u2019Elbe en Westphalie).<\/p>\n<p>Durant cette campagne d\u2019Allemagne, plus que jamais Napol\u00e9on paie de sa personne et fait preuve d\u2019un g\u00e9nie militaire que Metternich lui-m\u00eame salue. L\u2019histoire en t\u00e9moigne aussi\u00a0: l\u2019empereur obtint vraiment l\u2019impossible de ses hommes et de leurs chefs.<\/p>\n<p>La post\u00e9rit\u00e9 a retenu la formule plus lapidaire\u00a0: \u00ab\u00a0Impossible n\u2019est pas fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb Et le g\u00e9n\u00e9ral courageux ne capitulera que le 20\u00a0mai 1814 \u2013 apr\u00e8s l\u2019abdication de Napol\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans la position o\u00f9 je suis, je ne trouve de noblesse que dans la canaille que j\u2019ai n\u00e9glig\u00e9e, et de canaille que dans la noblesse que j\u2019ai faite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1887\" class=\"cit-num\">1887<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">NAPOL\u00c9ON<\/span> Ier (1769-1821). D\u00e9but avril 1814. <em>Napol\u00e9on<\/em> (1921), \u00c9lie Faure<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019empereur d\u00e9chu par des s\u00e9nateurs qui lui devaient honneurs, titres, fortune, h\u00e9site encore \u00e0 abdiquer au ch\u00e2teau de Fontainebleau. Un dicton court d\u00e9j\u00e0 dans Paris\u00a0: \u00ab\u00a0Bient\u00f4t, il n\u2019y aura en France qu\u2019un Fran\u00e7ais de moins.\u00a0\u00bb L\u2019expression va resservir\u2026.<\/p>\n<p>Inform\u00e9 de la d\u00e9fection de Marmont qui d\u00e9fendait Fontainebleau et apprenant par Ney que d\u2019autres mar\u00e9chaux s\u2019appr\u00eatent \u00e0 passer \u00e0 l\u2019ennemi, Napol\u00e9on se r\u00e9sout \u00e0 abdiquer sans condition le 5 avril. Reste encore \u00e0 faire ses adieux \u00e0 la Vieille Garde avant de s\u2019embarquer pour l\u2019\u00eele d\u2019Elbe\u2026 mais il reviendra pour les Cent-Jours.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Un personnage parle d\u2019un autre personnage. Exemple type\u00a0: \u00ab\u00a0Un fou a dit \u00ab\u00a0Moi, la France\u00a0\u00bb et personne n\u2019a ri parce que c\u2019\u00e9tait vrai.\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois Mauriac \u00e9voquant de Gaulle en juin 1940.Le premier \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb est quelquefois le peuple (acteur anonyme) s\u2019exprimant en chanson, pamphlet, slogan, \u00e9pitaphe. Le second \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb peut \u00eatre un groupe, une assembl\u00e9e, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":119,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9828","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9828","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9828"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9828\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12590,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9828\/revisions\/12590"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9828"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9828"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9828"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}