{"id":9834,"date":"2023-11-20T00:00:00","date_gmt":"2023-11-19T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/qui-a-dit-quoi-de-qui-revolution\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:00","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:00","slug":"qui-a-dit-quoi-de-qui-revolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/qui-a-dit-quoi-de-qui-revolution\/","title":{"rendered":"Qui a dit quoi de Qui\u00a0? (R\u00e9volution)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Un personnage parle d\u2019un autre personnage. <br>Exemple type\u00a0: \u00ab\u00a0Un fou a dit \u00ab\u00a0Moi, la France\u00a0\u00bb et personne n\u2019a ri parce que c\u2019\u00e9tait vrai.\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois Mauriac \u00e9voquant de Gaulle en juin 1940.<\/p>\n<p>Le premier \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb est quelquefois le peuple (acteur anonyme) s\u2019exprimant en chanson, pamphlet, slogan, \u00e9pitaphe. Le second \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb peut \u00eatre un groupe, une assembl\u00e9e, une arm\u00e9e \u00e0 qui le discours est destin\u00e9.<br>Si les deux \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb sont identiques, c\u2019est un autoportrait, une profession de foi politique, parfois une devise. <br>Les lettres (Correspondance) et M\u00e9moires (sous diverses formes) sont des sources pr\u00e9cieuses, les \u00ab\u00a0mots de la fin\u00a0\u00bb livrent une ultime v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019auteur. <\/p>\n<p>Dans ce d\u00e9fil\u00e9 de Noms plus ou moins connus ou c\u00e9l\u00e8bres, le ton passe de l\u2019humour \u00e0 la cruaut\u00e9 avec ces citations r\u00e9f\u00e9rentielles ou anecdotiques, mais historiquement toujours significatives.<br>\u00ab\u00a0Qui a dit quoi de Qui\u00a0\u00bb est une version r\u00e9sum\u00e9e en 12 \u00e9ditos de notre <em>Histoire en citations<\/em> \u2013 \u00ab\u00a0quand, comment et pourquoi\u00a0\u00bb donnant l\u2019indispensable contexte.<\/p>\n<p>\u00c7a peut aussi devenir un jeu\u00a0: \u00ab\u00a0Qui a dit quoi de Qui\u00a0\u00bb. \u00c0 vous de voir.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-5-68.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h3 style=\"text-align: center\">5. R\u00e9volution.<\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De la premi\u00e8re page \u00e0 la derni\u00e8re, elle n\u2019a qu\u2019un h\u00e9ros\u00a0: le peuple.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1273\" class=\"cit-num\">1273<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jules <span class=\"caps\">MICHELET<\/span> (1798-1874),<em> Le Peuple<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019historien pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 des Fran\u00e7ais parle naturellement de la R\u00e9volution fran\u00e7aise (1789-1795).<\/p>\n<p>Fils d\u2019un imprimeur ruin\u00e9 par le r\u00e9gime de la presse sous le Consulat et l\u2019Empire, Michelet conna\u00eet la mis\u00e8re dans sa jeunesse et en garde un profond amour du peuple. \u00c9crivain engag\u00e9 dans les luttes de son temps riche en r\u00e9volutions d\u2019un autre style, manifestant contre la mis\u00e8re des ouvriers, il composera dans l\u2019enthousiasme son <em>Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em>\u00a0: dix ans et sept volumes pour une \u0153uvre inspir\u00e9e, remarquablement document\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Il a \u00e9t\u00e9 permis de craindre que la R\u00e9volution, comme Saturne, d\u00e9vor\u00e2t successivement tous ses enfants\u00a0\u00bb dit Vergniaud cit\u00e9 par Lamartine dans son <em>Histoire des Girondins<\/em> (1847). Son destin illustre parfaitement ses mots\u00a0: avocat (comme nombre de r\u00e9volutionnaires), d\u00e9put\u00e9 sous la L\u00e9gislative, prenant parti contre les \u00e9migr\u00e9s, contre les pr\u00eatres r\u00e9fractaires, Vergniaud est ensuite consid\u00e9r\u00e9 comme trop mod\u00e9r\u00e9 face \u00e0 Robespierre et aux Montagnards. Il fera partie des Girondins guillotin\u00e9s, fin octobre\u00a01793. D\u2019autres charrettes d\u2019 \u00ab\u00a0enfants\u00a0\u00bb de la R\u00e9volution suivront\u00a0: les Enrag\u00e9s (h\u00e9bertistes) trop enrag\u00e9s, les Indulgents (dantonistes) trop indulgents, les robespierristes enfin, trop terroristes. Seul de tous les principaux r\u00e9volutionnaires, Mirabeau mourra dans son lit.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Portrait des quatre principaux r\u00e9volutionnaires<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ton neveu est laid comme celui de Satan.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1290\" class=\"cit-num\">1290<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor Riqueti, marquis de <span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1715-1789), Lettre \u00e0 son fr\u00e8re. <em>Les Mirabeau\u00a0: Nouvelles \u00e9tudes sur la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1889), Louis de Lom\u00e9nie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mirabeau p\u00e8re fait cet aveu \u00e0 l\u2019oncle de Mirabeau qui va lancer la R\u00e9volution le 23 juin 1789\u00a0d\u2019un mot fameux\u00a0: \u00ab\u00a0Allez dire \u00e0 votre ma\u00eetre\u2026\u00a0\u00bb Physiocrate connu et surnomm\u00e9 l\u2019ami des hommes, ce p\u00e8re d\u00e9teste son fils, \u00e0 vrai dire tr\u00e8s mauvais sujet. Il le force \u00e0 entrer dans l\u2019arm\u00e9e, puis multiplie proc\u00e8s et lettres de cachet pour le faire enfermer, exiler. La R\u00e9volution va \u00eatre la chance de sa vie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On ne conna\u00eet pas la toute-puissance de ma laideur. Quand je secoue ma terrible hure, il n\u2019y a personne qui os\u00e2t m\u2019interrompre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1291\" class=\"cit-num\">1291<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791). <em>Mirabeau<\/em> (1891), Edmond Rousse<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est le premier de la \u00ab\u00a0bande des quatre\u00a0\u00bb r\u00e9volutionnaires \u2013 et le moins r\u00e9volutionnaire aussi, en tant que monarchiste.<\/p>\n<p>Son physique impressionne tous les contemporains. Il en joue, il trouve belle cette laideur, avec ses traits marqu\u00e9s, cribl\u00e9s de petite v\u00e9role. Il soigne sa toilette, porte une \u00e9norme chevelure artistement arrang\u00e9e qui grossit encore le volume de sa t\u00eate. Il se place volontiers face au miroir, se regarde parler, \u00e9quarrit ses \u00e9paules. Il cultive son personnage. La puissance du verbe et la solidit\u00e9 de la pens\u00e9e servent \u00e9galement le tribun.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La nature semblait avoir moul\u00e9 sa t\u00eate pour l\u2019Empire ou pour le gibet, taill\u00e9 ses bras pour \u00e9treindre une nation ou pour enlever une femme.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1292\" class=\"cit-num\">1292<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois Ren\u00e9 de <span class=\"caps\">CHATEAUBRIAND<\/span> (1768-1848),<em> M\u00e9moires d\u2019outre-tombe<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mirabeau connut la gloire et \u00e9vita le gibet \u2013 il meurt dans son lit, \u00e9puis\u00e9 par une vie d\u2019exc\u00e8s. Il souleva le peuple par ses talents d\u2019orateur et multiplia les conqu\u00eates f\u00e9minines. Et Chateaubriand, premier grand romantique (avant Hugo), a toujours les mots pour dire l\u2019essentiel.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avec un temp\u00e9rament de boucher, il a un c\u0153ur d\u2019homme [\u2026] Avec les emportements d\u2019un clubiste, il a la lucidit\u00e9 d\u2019un politique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1296\" class=\"cit-num\">1296<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Hippolyte <span class=\"caps\">TAINE<\/span> (1828-1893), <em>Les Origines de la France contemporaine, tome <span class=\"caps\">III<\/span>, La R\u00e9volution\u00a0: la conqu\u00eate jacobine<\/em> (1881)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019historien positiviste se veut ici dantoniste et pr\u00e9cise le portrait du personnage majeur de la R\u00e9volution\u00a0(avec Robespierre)\u00a0: \u00ab\u00a0Il n\u2019est pas dupe des phrases ronflantes qu\u2019il d\u00e9bite, il sait ce que valent les coquins qu\u2019il emploie\u00a0; il n\u2019a d\u2019illusion ni sur les hommes, ni sur les choses, ni sur autrui, ni sur lui-m\u00eame.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tes formes robustes semblaient d\u00e9guiser la faiblesse de tes conseils.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1297\" class=\"cit-num\">1297<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">JUST<\/span> (1767-1794), r\u00e9quisitoire contre Danton. <em>\u0152uvres de Saint-Just, repr\u00e9sentant du peuple \u00e0 la Convention nationale<\/em> (posthume, 1834)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En tant que fr\u00e8re en R\u00e9volution de Robespierre, le tr\u00e8s jeune d\u00e9put\u00e9 accuse\u00a0: \u00ab\u00a0Dans le m\u00eame temps, tu te d\u00e9clarais pour des principes mod\u00e9r\u00e9s\u2026\u00a0\u00bb Apr\u00e8s son r\u00f4le de premier plan dans les massacres de septembre (1792), la cr\u00e9ation du Tribunal r\u00e9volutionnaire et du Comit\u00e9 de salut public, Danton prendra ses distances avec cette R\u00e9volution d\u00e9cha\u00een\u00e9e \u2013 il a aussi des raisons personnelles. Il fait donc figure d\u2019 \u00ab\u00a0indulgent\u00a0\u00bb aux yeux de Robespierre et de Saint-Just\u00a0: un crime sous la Terreur et il en mourra sur l\u2019\u00e9chafaud, avec ses amis dantonistes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019audace sur le front, le rire de la d\u00e9bauche sur les l\u00e8vres, la f\u00e9rocit\u00e9 de son visage d\u00e9nonce celle de son c\u0153ur\u00a0; il emprunte inutilement de Bacchus une apparente bonhomie et la jovialit\u00e9 des festins\u00a0; l\u2019emportement de ses discours, la violence de ses gestes, la bestialit\u00e9 de ses jurements le trahissent.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1298\" class=\"cit-num\">1298<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme <span class=\"caps\">ROLAND<\/span> (1754-1793), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce texte \u00e9crit dans la prison de l\u2019Abbaye en 1793 comporte une part de v\u00e9rit\u00e9. Mais Mme\u00a0Roland d\u00e9teste visc\u00e9ralement Danton, l\u2019ennemi politique de son mari et de tous les Girondins emprisonn\u00e9s en attendant la mort.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le brigand qui pers\u00e9cute, l\u2019homme exalt\u00e9 qui injurie, le peuple tromp\u00e9 qui assassine suivent leur instinct et font leur m\u00e9tier. Mais l\u2019homme en place qui les tol\u00e8re, sous quelque pr\u00e9texte que ce soit, est \u00e0 jamais d\u00e9shonor\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1513\" class=\"cit-num\">1513<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme <span class=\"caps\">ROLAND<\/span> (1754-1793), Lettre au ministre de l\u2019Int\u00e9rieur, 20\u00a0juin\u00a01793, prison de l\u2019Abbaye. <em>Lettres de Madame Roland de 1780 \u00e0 1793<\/em> (1902), publi\u00e9es par Claude Perroud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019homme en place est Danton, pr\u00e9sident de la Convention et membre influent du Comit\u00e9 de salut public. Le ministre s\u2019appelle Garat, il a remplac\u00e9 Roland, son mari. Elle le conna\u00eet et le juge ainsi\u00a0: \u00ab\u00a0aimable homme de soci\u00e9t\u00e9, homme de lettres m\u00e9diocre et d\u00e9testable administrateur\u00a0\u00bb. Il l\u2019a laiss\u00e9 arr\u00eater et emprisonner \u00e0 l\u2019Abbaye. Jean-Marie Roland a r\u00e9ussi \u00e0 fuir avec quelques Girondins.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce fanatique \u00e9nergum\u00e8ne nous inspirait \u00e0 nous-m\u00eames une sorte de r\u00e9pugnance et de stupeur [\u2026] Ses v\u00eatements en d\u00e9sordre, sa figure livide, ses yeux hagards avaient je ne sais quoi de rebutant et d\u2019\u00e9pouvantable qui contristait l\u2019\u00e2me.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1302\" class=\"cit-num\">1302<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LEVASSEUR<\/span> de la Sarthe (1747-1834). <em>M\u00e9moires de R. Levasseur de la Sarthe, ex-conventionnel<\/em> (1829), Ren\u00e9 Levasseur, Francis Levasseur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>T\u00e9moignage d\u2019un montagnard robespierriste parlant de Marat\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsqu\u2019on me le montra pour la premi\u00e8re fois, s\u2019agitant avec violence au sommet de la Montagne, je le consid\u00e9rai avec cette curiosit\u00e9 inqui\u00e8te qu\u2019on \u00e9prouve en contemplant certains insectes hideux.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse de Mirabeau ou de Danton, Marat est afflig\u00e9 d\u2019une laideur irr\u00e9m\u00e9diablement repoussante caus\u00e9e par une dermatose chronique \u2013 qui l\u2019oblige \u00e0 passer des heures dans son bain. C\u2019est l\u00e0 qu\u2019il sera surpris et assassin\u00e9 par Charlotte Corday.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019aigle marche toujours seul, le dindon fait troupe\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1303\" class=\"cit-num\">1303<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARAT<\/span> (1743-1793) en r\u00e9ponse \u00e0 Fr\u00e9ron et Desmoulins, septembre\u00a01789. <em>Le Petit Livre de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1989), Jean Vincent<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un solitaire et il ne supporte pas la moindre objection. 12\u00a0septembre\u00a01789, quand il cr\u00e9e son journal<em> l\u2019Ami du peuple<\/em>, il refuse en ces termes aux deux journalistes r\u00e9volutionnaires de participer \u00e0 la r\u00e9daction.<\/p>\n<p>La phrase explique aussi pourquoi cet \u00e9ternel aigri qui se pose en \u00ab\u00a0ami du peuple\u00a0\u00bb n\u2019a pas d\u2019ami. Marat est tout \u00e0 la fois le grand malade, le grand pers\u00e9cut\u00e9, le grand visionnaire de son temps. Il se pose comme \u00ab\u00a0le seul homme \u00e0 avoir vu clair\u00a0\u00bb, l\u2019\u00e9ternel proph\u00e8te de malheur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai deux passions dominantes qui, d\u00e8s mon enfance, ma\u00eetrisent toutes les puissances de mon \u00eatre\u00a0: l\u2019amour de la justice et l\u2019amour de la gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1304\" class=\"cit-num\">1304<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARAT<\/span> (1743-1793). <em>Histoire politique et litt\u00e9raire de la presse en France<\/em> (1860), Eug\u00e8ne Hatin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u00f4t\u00e9 gloire, l\u2019Ancien R\u00e9gime lui fit une petite r\u00e9putation de scientifique aupr\u00e8s de Goethe et de Franklin. Mais c\u2019est la R\u00e9volution qui lui apporte la gloire, en faisant l\u2019idole du peuple d\u00e8s 1789 et les premiers num\u00e9ros de son journal, <em>L\u2019Ami du peuple<\/em>. Quant \u00e0 la justice, il \u00e9crit sur sa r\u00e9forme un Plan de l\u00e9gislation criminelle d\u00e8s 1780. Certains historiens verront en lui le pr\u00e9curseur du socialisme (Jaur\u00e8s) ou du gauchisme (Mathiez).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cet homme ira loin car il croit tout ce qu\u2019il dit.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1306\" class=\"cit-num\">1306<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791), <em>M\u00e9moires biographiques, litt\u00e9raires et politiques de Mirabeau<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mirabeau, dit \u00ab\u00a0la torche de Provence\u00a0\u00bb, parle ainsi en 1789 du dernier grand r\u00e9volutionnaire, Robespierre pourtant surnomm\u00e9 \u00e0 ses d\u00e9buts \u00ab\u00a0la chandelle d\u2019Arras\u00a0\u00bb\u00a0: bien qu\u2019avocat, ce d\u00e9put\u00e9 du tiers \u00e9tat manque d\u2019\u00e9loquence \u00e0 la tribune de la Constituante. Mais pour la conviction, il ne craint d\u00e9j\u00e0 personne et sera un jour craint de tous ses adversaires, peu \u00e0 peu \u00e9limin\u00e9s.<\/p>\n<p>Rousseau est son philosophe de chevet\u00a0: il emprunte au<em> Contrat social<\/em> ce qui sera, selon Jaur\u00e8s, sa seule id\u00e9e, celle de la nation souveraine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il aurait pay\u00e9 pour qu\u2019on lui offr\u00eet de l\u2019or, pour pouvoir dire qu\u2019il l\u2019avait refus\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1308\" class=\"cit-num\">1308<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Louis <span class=\"caps\">ROEDERER<\/span> (1754-1835).<em> \u0152uvres du comte <span class=\"caps\">P. L.\u00a0<\/span>Roederer\u00a0: histoire contemporaine, 1789-1815<\/em> (1854), Pierre Louis Roederer<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce d\u00e9put\u00e9 aux \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux de 1789 n\u2019appr\u00e9cie pas vraiment l\u2019Incorruptible avec ses m\u0153urs au-dessus de tout soup\u00e7on et cette vertu \u00e9rig\u00e9e en syst\u00e8me qu\u2019il voudra imposer \u00e0 tous.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Ciel qui me donna une \u00e2me passionn\u00e9e pour la libert\u00e9 m\u2019appelle peut-\u00eatre \u00e0 tracer de mon sang la route qui doit conduire mon pays au bonheur. J\u2019accepte avec transport cette douce et glorieuse destin\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1309\" class=\"cit-num\">1309<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794). <em>R\u00e9ponse de M. Robespierre aux discours de <span class=\"caps\">MM<\/span>.\u00a0Brissot et Guadet du 23\u00a0avril\u00a01792, prononc\u00e9e \u00e0 la Soci\u00e9t\u00e9 des Amis de la Constitution le 27 du m\u00eame mois, et imprim\u00e9e par ordre de la Soci\u00e9t\u00e9<\/em> (27\u00a0avril\u00a01792)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il lui reste deux ans \u00e0 vivre\u00a0: deux ans pour \u00e9liminer les factions et les factieux, deux ans pour marquer \u00e0 jamais la R\u00e9volution de son empreinte en instaurant la Terreur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une id\u00e9e absolue de perfection, de puret\u00e9, ne peut \u00eatre qu\u2019une erreur politique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1310\" class=\"cit-num\">1310<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794).<em> Encyclop\u00e6dia Universalis<\/em>, article \u00ab\u00a0Maximilien de Robespierre\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La phrase est bien sign\u00e9e de lui, mais dat\u00e9e de 1788\u00a0!<\/p>\n<p>Le jeune avocat poudr\u00e9 se fait d\u2019abord une r\u00e9putation de lettr\u00e9, de bel esprit dans les salons. Il entre \u00e0 l\u2019acad\u00e9mie d\u2019Arras, recherche la notori\u00e9t\u00e9, les prix des acad\u00e9mies provinciales. Mais la r\u00e9ussite est imparfaite, les lauriers rares\u00a0; les confr\u00e8res parvenus font peser une lourde tutelle sur les jeunes. Il s\u2019en indigne. Le climat est \u00e0 la contestation \u00e0 la veille de la R\u00e9volution, pourtant Robespierre se limite \u00e0 des vues r\u00e9formistes et place ses esp\u00e9rances en Necker.<\/p>\n<p>En 1789, il est monarchiste constitutionnel (comme Mirabeau et la majorit\u00e9 des hommes politiques) et ne deviendra r\u00e9publicain qu\u2019apr\u00e8s le 20\u00a0juin 1792. Et \u00e0 la veille du proc\u00e8s de Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, il dira\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019abhorre la peine de mort prodigu\u00e9e par vos lois.\u00a0\u00bb La suite des \u00e9v\u00e9nements apportera un d\u00e9menti sanglant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous sommes intraitables, comme la v\u00e9rit\u00e9, inflexibles, uniformes, j\u2019ai presque dit insupportables comme les principes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1311\" class=\"cit-num\">1311<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), Discours du 5\u00a0f\u00e9vrier\u00a01794. <em>\u0152uvres de Maximilien Robespierre<\/em> (posthume, 1834), Discours<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019homme et le langage ont chang\u00e9. Voil\u00e0 le dictateur d\u00e9tenteur de la v\u00e9rit\u00e9, le personnage dont l\u2019histoire gardera le souvenir, inexorablement associ\u00e9 \u00e0 la Terreur.<\/p>\n<p>Au fil de la chronique et en un quinquennat r\u00e9volutionnaire jusqu\u2019au coup d\u2019\u00e9tat de Thermidor (juillet 1794), nous allons voir tous les personnages en action comme jamais avant ni apr\u00e8s, dans notre Histoire.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-5-68.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Chronique de la R\u00e9volution (1789-1795)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Allez dire \u00e0 votre ma\u00eetre que nous sommes ici par la volont\u00e9 du peuple et qu\u2019on ne nous en arrachera que par la puissance des ba\u00efonnettes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1320\" class=\"cit-num\">1320<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791), au marquis de Dreux-Br\u00e9z\u00e9, salle du Jeu de paume, 23\u00a0juin\u00a01789. <em>Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1823-1827), Adolphe Thiers, F\u00e9lix Bodin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e9ponse au grand ma\u00eetre des c\u00e9r\u00e9monies envoy\u00e9 par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> pour faire \u00e9vacuer la salle du Jeu de paume, suite au Serment du 20\u00a0juin de ne pas se s\u00e9parer avant le vote de la Constitution.<\/p>\n<p>Le comte de Mirabeau, reni\u00e9 par son ordre et \u00e9lu par le tiers \u00e9tat, se r\u00e9v\u00e8le d\u00e8s les premi\u00e8res s\u00e9ances de l\u2019Assembl\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Mirabeau attirait tous les regards. Tout le monde pressentait en lui la grande voix de la France\u00a0\u00bb \u00e9crira Michelet. Hugo\u00a0rench\u00e9rit en dramaturge admiratif\u00a0: \u00ab\u00a0\u2018Allez dire \u00e0 votre ma\u00eetre\u2026\u2019 Votre ma\u00eetre\u00a0! c\u2018est le roi de France devenu \u00e9tranger. C\u2019est toute une fronti\u00e8re trac\u00e9e entre le tr\u00f4ne et le peuple. C\u2019est la r\u00e9volution qui laisse \u00e9chapper son cri. Personne ne l\u2019eut os\u00e9 avant Mirabeau. Il n\u2019appartient qu\u2019aux grands hommes de prononcer les mots d\u00e9cisifs des grandes \u00e9poques.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Votre Majest\u00e9 perd l\u2019homme du monde qui lui \u00e9tait le plus tendrement d\u00e9vou\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1327\" class=\"cit-num\">1327<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">NECKER<\/span> (1732-1804), Lettre \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, 11\u00a0juillet 1789. <em>\u0152uvres compl\u00e8tes de M.\u00a0Necker<\/em> (1820)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi, par lettre, invite son directeur g\u00e9n\u00e9ral des Finances \u00e0 \u00ab\u00a0sortir momentan\u00e9ment du royaume\u00a0\u00bb. Exiler ce financier sage et honn\u00eate, l\u2019un des hommes les plus populaires du royaume, est une erreur grave.<\/p>\n<p>Le renvoi de Necker est connu le 12\u00a0juillet au matin. Le peuple s\u2019amasse au Palais-Royal. Camille Desmoulins, surnomm\u00e9 le \u00ab\u00a0Cic\u00e9ron b\u00e8gue\u00a0\u00bb par Chateaubriand et oubliant soudain son handicap, sort du caf\u00e9 de Foy \u00e9tabli sous les galeries, saute sur une chaise, brandit son \u00e9p\u00e9e d\u2019une main, un pistolet dans l\u2019autre, et crie\u00a0: \u00ab\u00a0Aux armes\u00a0!\u00a0\u00bb Il improvise son premier discours\u00a0: \u00ab\u00a0Necker est chass\u00e9\u00a0; c\u2019est le tocsin d\u2019une Saint-Barth\u00e9lemy de patriotes. Ce soir m\u00eame tous les bataillons suisses et allemands sortiront du Champ de Mars pour nous \u00e9gorger. Une ressource nous reste, c\u2019est de courir aux armes\u00a0!\u00a0\u00bb Des milliers de voix hurlent\u00a0: \u00ab\u00a0Aux armes\u00a0!\u00a0\u00bb Les manifestations ne vont plus cesser dans les rues\u00a0: la R\u00e9volution est en marche.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous sommes le premier de tous les Fran\u00e7ais qui \u00e9criv\u00eemes contre la R\u00e9volution avant la prise de la Bastille.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1328\" class=\"cit-num\">1328<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">RIVAROL<\/span> (1753-1801), <em>Pens\u00e9es in\u00e9dites de Rivarol<\/em> (posthume, 1836)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Monarchiste comme beaucoup et rare humoriste de l\u2019\u00e9poque, c\u2019est un homme d\u2019ordre qui aurait pu \u00e9crire\u00a0: \u00ab\u00a0Oui \u00e0 la Constitution, non \u00e0 la chienlit.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Notons que la premi\u00e8re pi\u00e8ce mettant en sc\u00e8ne la prise de la Bastille est un vaudeville en un acte et en prose de Pellet-Desbarreaux, <em>Le Champ de Mars ou la R\u00e9g\u00e9n\u00e9ration de la France<\/em>, jou\u00e9 dans la r\u00e9gion de Toulouse en ao\u00fbt\u00a01789. Certaines sources situent m\u00eame la cr\u00e9ation en mars\u00a0: ce serait de la politique-fiction.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne manquerons plus de pain\u00a0! Nous ramenons le boulanger, la boulang\u00e8re et le petit mitron.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1356\" class=\"cit-num\">1356<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cri et chant de victoire des femmes du peuple ramenant le roi, la reine et le dauphin, sur le chemin de Versailles \u00e0 Paris, 6\u00a0octobre 1789.<em> Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1847), Louis Blanc<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La parole est au peuple et c\u2019est l\u2019\u00e9pilogue des journ\u00e9es r\u00e9volutionnaires du 5 et 6\u00a0octobre. 6\u00a0000\u00a0\u00e0 7\u00a0000\u00a0femmes venues la veille de Paris crient aujourd\u2019hui victoire\u00a0: le roi a promis le pain aux Parisiens. \u00ab\u00a0P\u00e8re du peuple\u00a0\u00bb, il doit assurer la subsistance et le pain tient une grande part dans le budget des petites gens, d\u2019o\u00f9 l\u2019expression\u00a0: boulanger, boulang\u00e8re, petit mitron.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Tant que les femmes ne s\u2019en m\u00ealent pas, il n\u2019y a pas de v\u00e9ritable r\u00e9volution\u00a0\u00bb \u00e9crit Choderlos de Laclos en 1783 dans <em>L\u2019\u00c9ducation des femmes.<\/em> Cela dit, la tr\u00e8s symbolique marche des femmes est encadr\u00e9e au d\u00e9part par des meneurs qui ont particip\u00e9 \u00e0 la prise de la Bastille, trois mois plus t\u00f4t. On a vu des hommes arm\u00e9s de piques et de fourches et certains travestis en femmes, trahis par leur voix.<\/p>\n<p>Le soir, \u00e0 20\u00a0heures, le maire de Paris accueille le carrosse royal sous les vivats et les bravos du peuple. Quand Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> peut enfin s\u2019installer aux Tuileries, il n\u2019imagine pas qu\u2019il est d\u00e9sormais prisonnier du peuple parisien. Mais d\u2019autres sont plus lucides.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne serai jamais la d\u00e9nonciatrice de mes sujets\u00a0: j\u2019ai tout vu, tout su, tout oubli\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1359\" class=\"cit-num\">1359<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ANTOINETTE<\/span> (1755-1793). <em>Les Grands Proc\u00e8s de l\u2019histoire<\/em> (1924), Me Henri-Robert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Telle est l\u2019attitude tr\u00e8s digne de la reine, alors qu\u2019on tente de faire la lumi\u00e8re sur les d\u00e9sordres au cours des deux journ\u00e9es d\u2019octobre.<\/p>\n<p>Une proc\u00e9dure est instruite contre les fauteurs de l\u2019insurrection par le Ch\u00e2telet (tribunal de justice et \u00e9galement prison). Elle inculpe le duc d\u2019Orl\u00e9ans (cousin du roi, premier prince du sang aux ambitions royales, futur Philippe \u00c9galit\u00e9) et son secr\u00e9taire Choderlos de Laclos (qui a envoy\u00e9 sa ma\u00eetresse dans le cort\u00e8ge des femmes marchant sur Versailles). Les deux hommes s\u2019enfuient \u00e0 Londres et ne reviendront en France que lors de la F\u00e9d\u00e9ration, en juillet\u00a01790. Mirabeau, tr\u00e8s li\u00e9 avec la \u00ab\u00a0faction Orl\u00e9ans\u00a0\u00bb, a certainement jou\u00e9 un r\u00f4le dans ces \u00e9v\u00e9nements.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il ne se fait payer que dans le sens de ses convictions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1363\" class=\"cit-num\">1363<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">FAYETTE<\/span> (1757-1834) parlant de Mirabeau qui offre ses services au roi et \u00e0 la reine, en mars\u00a01790. <em>Encyclop\u00e9die Larousse<\/em>, article \u00ab\u00a0Mirabeau (Honor\u00e9 Gabriel Riqueti, comte de)\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Mirabeau est vendu\u00a0\u00bb disent ses adversaires. La Fayette est plus<em> fair-play<\/em>\u00a0: la v\u00e9nalit\u00e9 de Mirabeau ne se discute m\u00eame pas, mais il s\u2019en tient toujours \u00e0 ses id\u00e9es (monarchistes).<\/p>\n<p>Mirabeau tente de faire prendre \u00e0 la R\u00e9volution un tournant \u00e0 droite pour sauver la monarchie et man\u0153uvre en secret. Il va offrir ses services au roi et \u00e0 la reine \u2013 ou plus exactement, les vendre tr\u00e8s cher, l\u2019homme \u00e9tant toujours couvert de dettes. Ses intrigues contrarient le jeu et les ambitions personnelles de La Fayette qui l\u2019a eu un temps comme alli\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le roi n\u2019a qu\u2019un homme, c\u2019est sa femme.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1367\" class=\"cit-num\">1367<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791). <em>Marie-Antoinette, Correspondance, 1770-1793<\/em> (2005), \u00c9velyne Lever<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ou encore, selon d\u2019autres sources\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi n\u2019a qu\u2019un seul homme, c\u2019est la reine.\u00a0\u00bb C\u2019est fort bien juger Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span> et Marie-Antoinette. V\u00e9rit\u00e9 connue de tous, \u00e9prouv\u00e9e par Mirabeau devenu le conseiller secret de la couronne\u00a0: il essaie donc de convaincre la reine avant le roi dont la faiblesse, les h\u00e9sitations, les retournements d\u00e9couragent les plus fervents d\u00e9fenseurs.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon ami, j\u2019emporte avec moi les derniers lambeaux de la monarchie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1384\" class=\"cit-num\">1384<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791), \u00e0 Talleyrand, fin mars\u00a01791. Son \u00ab\u00a0mot de la fin politique\u00a0\u00bb.<em> Souvenirs sur Mirabeau et sur les deux premi\u00e8res assembl\u00e9es l\u00e9gislatives<\/em> (1832), Pierre \u00c9tienne Lous Dumont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Talleyrand est venu voir le malade \u00e0 la veille de sa mort (2\u00a0avril 1791). Certains d\u00e9put\u00e9s, connaissant son double jeu et son double langage entre le roi et l\u2019Assembl\u00e9e, l\u2019accusent de trahison \u2013 le fait ne sera prouv\u00e9 qu\u2019en novembre\u00a01792, quand la fameuse armoire de fer o\u00f9 le roi cache ses papiers compromettants r\u00e9v\u00e9lera ses secrets.<\/p>\n<p>Mirabeau, l\u2019Orateur du peuple, la Torche de la Provence, fut le premier personnage marquant de la R\u00e9volution. Le peuple prend le deuil de son grand homme qui a droit aux fun\u00e9railles nationales et (provisoirement) au Panth\u00e9on.<\/p>\n<p>Rivarol rectifie l\u2019image\u00a0: \u00ab\u00a0Mirabeau (le comte de). \u2013 Ce grand homme a senti de bonne heure que la moindre vertu pouvait l\u2019arr\u00eater sur le chemin de la gloire, et jusqu\u2019\u00e0 ce jour, il ne s\u2019en est permis aucune.\u00a0\u00bb Dans le m\u00eame esprit, rappelons cet autre mot\u00a0: \u00ab\u00a0Mirabeau est capable de tout pour de l\u2019argent, m\u00eame d\u2019une bonne action\u00a0\u00bb (<em>Petit Dictionnaire des grands hommes de la R\u00e9volution<\/em>, publi\u00e9 en 1790).<\/p>\n<p>La monarchie n\u2019en perd pas moins son meilleur soutien et personne ne peut plus sauver le r\u00e9gime. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> pr\u00e9pare sa fuite (direction Varennes), avec la reine et quelques complices.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Maman, est-ce qu\u2019hier n\u2019est pas fini\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1388\" class=\"cit-num\">1388<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Le dauphin <span class=\"caps\">LOUIS<\/span>, futur \u00ab\u00a0<span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVII<\/span>\u00a0\u00bb (1785-1795), \u00e0 Marie-Antoinette, fin juin\u00a01791.<em> Bibliographie moderne ou Galerie historique, civile, militaire, politique, litt\u00e9raire et judiciaire<\/em> (1816), \u00c9tienne Psaume<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un joli mot de l\u2019enfant qui mourra quatre ans plus tard \u00e0 la prison du Temple.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9preuve de la fuite \u00e0 Varennes blanchit (dit-on) les cheveux de la reine\u00a0: de blond cendr\u00e9, ils devinrent \u00ab\u00a0comme ceux d\u2019une vieille femme de soixante-dix ans\u00a0\u00bb. Marie-Antoinette a sans aucun doute une part de responsabilit\u00e9 dans ce projet d\u2019\u00e9vasion mal pr\u00e9par\u00e9. Elle dit un jour \u00e0 son amant Fersen\u00a0: \u00ab\u00a0Je porte malheur \u00e0 tous ceux que j\u2019aime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis de la couleur de ceux qu\u2019on pers\u00e9cute.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1395\" class=\"cit-num\">1395<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TOUSSAINT<\/span> <span class=\"caps\">LOUVERTURE<\/span> (1743-1803).<em> Toussaint Louverture<\/em> (1850), Alphonse de Lamartine. Ainsi parle le h\u00e9ros de ce po\u00e8me dramatique en cinq actes et en vers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La nuit du 22 au 23\u00a0ao\u00fbt 1791, Fran\u00e7ois Toussaint prend la t\u00eate de la r\u00e9volte des Noirs \u00e0 Saint-Domingue, colonie des Antilles (\u00eele d\u2019Ha\u00efti). Rest\u00e9s esclaves apr\u00e8s le timide d\u00e9cret du 13\u00a0mai, ils veulent les m\u00eames droits que les citoyens blancs. \u00c0 l\u2019oppos\u00e9, les colons s\u2019effraient du droit de vote donn\u00e9 aux mul\u00e2tres. L\u2019insurrection aboutit \u00e0 des massacres entre Blancs et Noirs, sucreries et plantations de caf\u00e9 sont d\u00e9vast\u00e9es.<\/p>\n<p>Les planteurs vont demander secours \u00e0 l\u2019Espagne et l\u2019Angleterre, mais Toussaint se rallie \u00e0 la R\u00e9volution quand le gouvernement fran\u00e7ais abolit l\u2019esclavage, en 1794.<\/p>\n<p>Son courage lui vaudra le surnom de Louverture, celui qui ouvre et enfonce les br\u00e8ches dans les troupes adverses\u00a0! Il devient gouverneur de la colonie prosp\u00e8re, les anciens esclaves travaillant comme salari\u00e9s dans les plantations. Il proclame l\u2019autonomie de l\u2019\u00eele en 1801. Bonaparte enverra 25\u00a0000 hommes contre Toussaint qui mourra (de froid) en captif, dans le Jura. L\u2019ind\u00e9pendance d\u2019Ha\u00efti, premier \u00c9tat noir ind\u00e9pendant en 1804, est la victoire posthume de ce grand leader noir. Et le 23\u00a0ao\u00fbt est devenu \u00ab\u00a0Journ\u00e9e internationale du souvenir de la traite n\u00e9gri\u00e8re et de son abolition\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La femme a le droit de monter \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud\u00a0; elle doit avoir \u00e9galement celui de monter \u00e0 la tribune.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1397\" class=\"cit-num\">1397<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Olympe de <span class=\"caps\">GOUGES<\/span> (1755-1793), <em>D\u00e9claration des droits de la femme et de la citoyenne<\/em>, septembre\u00a01791.<em> Le <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle et la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1992), Maurice Agulhon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Aucune citation ne peut mieux d\u00e9finir sa vie, sa mort et son action. Le pr\u00e9ambule du texte est d\u00e9di\u00e9 \u00e0 la reine. Cette f\u00e9ministe, l\u2019une des premi\u00e8res de l\u2019histoire, sera guillotin\u00e9e en 1793 apr\u00e8s bien d\u2019autres provocations.<\/p>\n<p>Elle plaide pour l\u2019\u00e9galit\u00e9 entre les sexes, ce qui inclut le droit de vote et l\u2019\u00e9ligibilit\u00e9 (permettant de monter \u00e0 la tribune en tant que d\u00e9put\u00e9). Mais c\u2019est impossible aussi longtemps que la femme est consid\u00e9r\u00e9e comme juridiquement mineure, soumise au p\u00e8re ou \u00e0 l\u2019\u00e9poux. Les femmes seront finalement la \u00ab\u00a0minorit\u00e9\u00a0\u00bb la plus durablement brim\u00e9e dans l\u2019Histoire. Quelques-unes vont s\u2019illustrer, h\u00e9ro\u00efnes et souvent martyres, dans la suite de la R\u00e9volution.<\/p>\n<p>Notons qu\u2019Olympe de Gouges se bat aussi pour la cause des Noirs et l\u2019abolition de l\u2019esclavage \u2013 sa panth\u00e9onisation est toujours en projet.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je fais assez ce que tout le monde d\u00e9sire pour qu\u2019on fasse une fois ce que je veux\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1406\" class=\"cit-num\">1406<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), 19\u00a0d\u00e9cembre 1791. <em>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, Marie-Antoinette et Madame \u00c9lisabeth\u00a0: lettres et documents in\u00e9dits<\/em> (1866), publi\u00e9s par F\u00e9lix Feuillet de Conches<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Soudain, une manifestation de caract\u00e8re\u00a0et une correction au portrait convenu. Le roi use de son veto suspensif et refuse de sanctionner le d\u00e9cret contre les pr\u00eatres r\u00e9fractaires\u00a0: dans les huit jours, et sous peine de prison, ils doivent pr\u00eater serment \u00e0 la Constitution civile du clerg\u00e9 (vot\u00e9e le 12\u00a0juillet 1790). La moiti\u00e9 des cur\u00e9s et tous les \u00e9v\u00eaques (sauf quatre, dont Talleyrand) ont rejet\u00e9 cette r\u00e9forme de l\u2019\u00c9glise. Les autres, dits jureurs, asserment\u00e9s ou constitutionnels, sont devenus des fonctionnaires eccl\u00e9siastiques.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> est profond\u00e9ment croyant et la R\u00e9volution le choque par ses atteintes \u00e0 l\u2019autorit\u00e9 de l\u2019\u00c9glise, plus encore que par les limitations au pouvoir royal. L\u2019assembl\u00e9e s\u2019incline devant son refus, car le roi est dans son droit. Mais le peuple d\u00e9nonce \u00ab\u00a0Monsieur Veto\u00a0\u00bb. Le roi ne va plus jouer le jeu de cette monarchie constitutionnelle qui le contrarie en tout au nom de la loi et de la volont\u00e9 nationale, alors que ce r\u00e9gime de compromis voulu par des mod\u00e9r\u00e9s d\u00e9pla\u00eet aux r\u00e9volutionnaires radicaux.<\/p>\n<p>Face \u00e0 cette contradiction, la L\u00e9gislative (deuxi\u00e8me Assembl\u00e9e nationale) ne vivra qu\u2019un an et la situation devient explosive.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis du peuple, je n\u2019ai jamais \u00e9t\u00e9 que de l\u00e0, je ne veux \u00eatre que cela\u00a0; je m\u00e9prise quiconque a la pr\u00e9tention d\u2019\u00eatre quelque chose de plus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1407\" class=\"cit-num\">1407<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), Discours aux Jacobins, 2\u00a0janvier 1792.<em> \u0152uvres de Maximilien Robespierre<\/em> (posthume, 1834)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autoportrait soudain affirm\u00e9. Plut\u00f4t discret sous la Constituante, absent de la L\u00e9gislative o\u00f9 il ne pouvait \u00eatre r\u00e9\u00e9lu d\u00e9put\u00e9, Robespierre va se r\u00e9v\u00e9ler l\u2019un des grands meneurs d\u2019une r\u00e9volution \u00e0 mi-parcours.<\/p>\n<p>C\u2019est d\u2019abord au club des Jacobins qu\u2019il s\u2019exprime, une tribune qui convient mieux \u00e0 cet avocat introverti, solitaire, \u00e9motif, hypersensible. Il dit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019amour de la justice, de l\u2019humanit\u00e9, de la libert\u00e9, est une passion comme une autre\u00a0; quand elle est dominante, on lui sacrifie tout.\u00a0\u00bb L\u2019homme est parfaitement sinc\u00e8re \u2013 une qualit\u00e9 qu\u2019on ne peut lui d\u00e9nier.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On se d\u00e9fendra, Monsieur, et tant qu\u2019il restera en France un pouce de terrain libre, et un homme pour le disputer, c\u2019est l\u00e0 que vous me trouverez.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1414\" class=\"cit-num\">1414<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">FAYETTE<\/span> (1757-1834), Lettre autographe \u00e0 Dumouriez, 29\u00a0mai 1792.<em> La R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> [exposition], janvier-mars <span class=\"caps\">MCMXXVIII<\/span> (1928), Biblioth\u00e8que nationale (France)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il (se) pose toujours en h\u00e9ros, le seul r\u00f4le qui lui pla\u00eet.<\/p>\n<p>La France a d\u00e9clar\u00e9 la guerre le 20\u00a0avril 1792 au \u00ab\u00a0roi de Boh\u00eame et de Hongrie\u00a0\u00bb\u00a0: le nouvel empereur d\u2019Autriche Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, 24\u00a0ans, neveu de Marie-Antoinette, exige le r\u00e9tablissement des droits f\u00e9odaux en Alsace et l\u2019abolition du droit des peuples \u00e0 disposer d\u2019eux-m\u00eames. <em>Casus belli<\/em> pour la France r\u00e9volutionnaire. Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> devenu \u00e0 la mort de son p\u00e8re empereur du Saint Empire romain germanique ne fait que d\u00e9fendre les droits des \u00ab\u00a0princes possessionn\u00e9s\u00a0\u00bb d\u2019Alsace. Il va vivre une guerre de vingt-trois ans avec la France, sous le signe de la R\u00e9volution, puis de Napol\u00e9on.<\/p>\n<p>Il y a divergence sur la conduite des op\u00e9rations militaires\u00a0: La Fayette, commandant de l\u2019arm\u00e9e du Centre (puis du Nord) est partisan d\u2019une guerre \u00e9nergique, \u00e0 l\u2019inverse de Dumouriez, ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res dans le gouvernement girondin depuis le 10\u00a0mars. Il existe aussi un dissentiment politique\u00a0: La Fayette, partisan d\u2019une monarchie lib\u00e9rale, a quitt\u00e9 le club des Jacobins (o\u00f9 reste Dumouriez) pour le club des Feuillants (les mod\u00e9r\u00e9s).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le tocsin qui sonne n\u2019est point un signal d\u2019alarme, c\u2019est la charge contre les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, Messieurs, il nous faut de l\u2019audace, encore de l\u2019audace, toujours de l\u2019audace, et la France est sauv\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1428\" class=\"cit-num\">1428<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794), L\u00e9gislative, 2\u00a0septembre 1792<em>. Discours de Danton, \u00e9dition critique<\/em> (1910), Andr\u00e9 Fribourg<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0De l\u2019audace\u2026\u00a0\u00bb La fin du discours est c\u00e9l\u00e9brissime et propre \u00e0 galvaniser le peuple et ses \u00e9lus, conform\u00e9ment \u00e0 la d\u00e9finition d\u2019Hugo\u00a0: \u00ab\u00a0Danton fut l\u2019action dont Mirabeau avait \u00e9t\u00e9 la parole\u00a0\u00bb (Quatre-vingt-treize).<\/p>\n<p>Ce 2\u00a0septembre, la patrie est plus que jamais en danger. La Fayette accus\u00e9 de trahison est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi. Le g\u00e9n\u00e9ral Dumouriez qui a d\u00e9missionn\u00e9 de son poste de ministre l\u2019a remplac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e du Nord, mais ne parvient pas \u00e0 \u00e9tablir la jonction avec Kellermann \u00e0 Metz\u2026 et Verdun vient de capituler, apr\u00e8s seulement deux jours de si\u00e8ge\u00a0: les Prussiens sont accueillis avec des fleurs par la population royaliste. C\u2019est dire l\u2019\u00e9motion chez les r\u00e9volutionnaires \u00e0 Paris\u00a0!<\/p>\n<p>La rumeur court d\u2019un complot des prisonniers pr\u00eats \u00e0 massacrer les patriotes \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des Austro-Prussiens qui serait imminente. On arr\u00eate 600 suspects qui rejoignent 2\u00a0000 d\u00e9tenus en prison. Les massacres de septembre seront imput\u00e9s \u00e0 Danton qui laissa faire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De ce jour et de ce lieu date une \u00e8re nouvelle de l\u2019histoire du monde et vous pourrez dire\u00a0: j\u2019y \u00e9tais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1435\" class=\"cit-num\">1435<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GOETHE<\/span> (1749-1832),<em> Aus meinem Lebe\u00a0: Dichtung und Warheit \u2013\u00a0De ma vie\u00a0: Po\u00e9sie et V\u00e9rit\u00e9<\/em> (1811-1833), autobiographie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><em>\u00ab\u00a0Von hier und heute geht eine neue Epoche der Weltgeschischte aus, und ihr koennt sagen ihr seid dabei gewesen.\u00a0\u00bb<\/em> Le plus grand \u00e9crivain allemand est pr\u00e9sent \u00e0 la bataille de Valmy (commune de la Marne), c\u00f4t\u00e9 Prussiens. Conscient de vivre un \u00e9v\u00e9nement majeur, il parle \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9 et se pose en grand t\u00e9moin de l\u2019Histoire.<\/p>\n<p>La retraite des troupes du duc de Brunswick, sup\u00e9rieures en nombre, reste \u00e0 jamais une \u00e9nigme. Il aurait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne combattrons pas ici.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous avons le droit de dire aux peuples\u00a0: vous n\u2019aurez plus de rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1444\" class=\"cit-num\">1444<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794), Convention, 28\u00a0septembre 1792. <em>L\u2019Invention de la guerre totale\u00a0: <span class=\"caps\">XVII<\/span>e <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u00a0si\u00e8cles<\/em> (2004), Jean-Yves Guiomar<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Belle phrase \u00ab\u00a0\u00e0 la Danton\u00a0\u00bb, superbe id\u00e9e r\u00e9volutionnaire lanc\u00e9e \u00e0 la tribune. L\u2019orateur ajoute pour \u00eatre plus clair encore que \u00ab\u00a0la Convention doit \u00eatre un comit\u00e9 d\u2019insurrection g\u00e9n\u00e9rale contre tous les rois de l\u2019univers\u00a0\u00bb, ce qui suscite quelques murmures dans l\u2019assembl\u00e9e. Cela fait, ne serait-ce qu\u2019en Europe, beaucoup d\u2019ennemis en puissance aux nouveaux ma\u00eetres de la France.<\/p>\n<p>D\u00e8s que la R\u00e9publique est proclam\u00e9e, la guerre de d\u00e9fense va se transformer en guerre d\u2019id\u00e9ologie et bient\u00f4t de conqu\u00eate. Ce qui provoquera la riposte des rois et empereurs voisins, coalis\u00e9s contre la France. Avec le recul de l\u2019histoire, on a pu dire que cette R\u00e9volution, forte de ses bonnes intentions, inventa la \u00ab\u00a0guerre totale\u00a0\u00bb visant la destruction compl\u00e8te de l\u2019ennemi avec recours \u00e0 la mobilisation en masse, entra\u00eenant le peuple dans une spirale infernale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous d\u00e9nonce un homme qui ne cesse de tapisser les murs de ses productions incendiaires [\u2026] Un homme \u00ab\u00a0en \u00e9tat de d\u00e9mence\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1448\" class=\"cit-num\">1448<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel Mathieu <span class=\"caps\">LECOINTE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">PUYRAVEAU<\/span> (1764-1827), 4\u00a0octobre\u00a01792. <em>Histoire de la Terreur, 1792-1794, d\u2019apr\u00e8s des documents authentiques et in\u00e9dits<\/em> (1868), Mortimer Ternaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est Marat qu\u2019il accuse. Deux jours apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 r\u00e9\u00e9lu d\u00e9put\u00e9, ce conventionnel girondin rappelle la responsabilit\u00e9 de l\u2019\u00e9lu de Paris dans les massacres de septembre\u00a01792 et la menace des Montagnards pesant sur les Girondins (ou Brissotins)\u00a0: \u00ab\u00a0Un de ces hommes qui faisait annoncer le soir m\u00eame de la d\u00e9nonciation du Comit\u00e9 de surveillance de la Commune par ses crieurs \u00e0 gage qu\u2019un grand complot de la faction brissotine venait d\u2019\u00eatre d\u00e9couvert [\u2026] Citoyens, tout homme qui d\u00e9nonce un fait doit en apporter la preuve. Et lorsqu\u2019on a \u00e9lev\u00e9 sur des citoyens irr\u00e9prochables le poignard de l\u2019accusation, il n\u2019est plus temps de dire\u00a0: attendez, je vais chercher les preuves\u00a0; et si j\u2019en trouve, je vous les donnerai, quand je le trouverai bon.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Marat va se faire d\u00e9tester de tous ses confr\u00e8res, jusqu\u2019\u00e0 \u00eatre mis en \u00e9tat d\u2019arrestation par la Convention (avril\u00a01793). Lecointe-Puyraveau sera un Girondin militant et tr\u00e8s pr\u00e9sent, sauf sous la Terreur o\u00f9 il r\u00e9ussira \u00e0 sauver sa t\u00eate.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis, le peuple fran\u00e7ais vous accuse d\u2019avoir commis une multitude de crimes pour \u00e9tablir la tyrannie en d\u00e9truisant la libert\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1464\" class=\"cit-num\">1464<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Acte d\u2019accusation de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, Convention, 11\u00a0d\u00e9cembre 1792. <em>Archives parlementaires de 1787 \u00e0 1860<\/em> (1899), Assembl\u00e9e nationale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chefs d\u2019accusation les plus graves\u00a0contre l\u2019ex-roi de France\u00a0: haute trahison, double jeu politique avec les assembl\u00e9es, complot avec l\u2019ennemi autrichien, tentative de fuite \u00e0 l\u2019\u00e9tranger (Varennes), responsabilit\u00e9 des morts aux journ\u00e9es d\u2019octobre (1789) et \u00e0 la fusillade du Champ de Mars (17\u00a0juillet 1791).<\/p>\n<p>Le lendemain 12\u00a0d\u00e9cembre, la Convention accorde trois d\u00e9fenseurs \u00e0 l\u2019accus\u00e9. Mais il n\u2019y aura aucun t\u00e9moin, ni \u00e0 charge ni \u00e0 d\u00e9charge.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je subirai le sort de Charles\u00a0Ier, et mon sang coulera pour me punir de n\u2019en avoir jamais vers\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1465\" class=\"cit-num\">1465<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Malesherbes, \u00e9crite au Temple, d\u00e9cembre\u00a01792. <em>M\u00e9moires du marquis de Ferri\u00e8res<\/em> (1822)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9c\u00e9dent historique maintes fois rappel\u00e9\u00a0: Charles\u00a0Ier, roi d\u2019Angleterre, d\u2019\u00c9cosse et d\u2019Irlande, victime de la r\u00e9volution anglaise, jug\u00e9 par le Parlement, d\u00e9capit\u00e9 en 1649.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, ce roi si faible, incapable de r\u00e9gner quand il avait le pouvoir et les hommes (quelques grands ministres), cet homme de 38\u00a0ans pr\u00e9matur\u00e9ment vieilli, parfois compar\u00e9 \u00e0 un vieillard, va faire preuve de courage et de lucidit\u00e9 dans les deux derniers mois de sa vie. Toujours \u00e0 son ami et avocat Malesherbes, il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Je ne me fais pas d\u2019illusion sur mon sort\u00a0; les ingrats qui m\u2019ont d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 ne s\u2019arr\u00eateront pas au milieu de leur carri\u00e8re\u00a0; ils auraient trop \u00e0 rougir de voir sans cesse sous leurs yeux leur victime.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis sera-t-il donc le seul Fran\u00e7ais pour lequel on ne suive nulle loi, nulle forme\u00a0? Louis ne jouit ni du droit de citoyen, ni de la pr\u00e9rogative des rois\u00a0: il ne jouira ni de son ancienne condition, ni de la nouvelle\u00a0! Quelle \u00e9trange exception.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1468\" class=\"cit-num\">1468<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Romain <span class=\"caps\">DES\u00c8ZE<\/span> (1748-1828), Plaidoirie pour Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, 26\u00a0d\u00e9cembre 1792. <em>Histoire de France depuis la R\u00e9volution de 1789<\/em> (1803), Fran\u00e7ois-Emmanuel Toulongeon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019avocat (comte Des\u00e8ze ou De S\u00e8ze) t\u00e9moignera plus tard du grand \u0153uvre de sa vie\u00a0: \u00ab\u00a0Trois jours et quatre nuits, j\u2019ai lutt\u00e9 pied \u00e0 pied avec les documents pour \u00e9difier avec Malesherbes et Tronchet, et surtout avec mon Roi, la d\u00e9fense de celui qui \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 condamn\u00e9 par la Convention. J\u2019ai voulu plaider avec la justice, le c\u0153ur, le talent que l\u2019on me reconnaissait alors. Mon ma\u00eetre ne me laissa combattre que sur le terrain du droit\u00a0: il se souciait de balayer les accusations dont il \u00e9tait l\u2019objet, non d\u2019apitoyer. Pendant plus d\u2019une heure, je lui ai donn\u00e9 ma voix. En vain\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il a bien travaill\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1469\" class=\"cit-num\">1469<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XVI<\/span> (1754-1793), apr\u00e8s la plaidoirie de son avocat Romain Des\u00e8ze, 26\u00a0d\u00e9cembre\u00a01792. <em>Histoire socialiste, 1789-1900<\/em>, Volume 4, La Convention (1908), Jean Jaur\u00e8s<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Des\u00e8ze s\u2019est assis, \u00e9puis\u00e9 apr\u00e8s la plaidoirie. En sueur, il demande une chemise. \u00ab\u00a0Donnez-la-lui, car il a bien travaill\u00e9\u00a0\u00bb dit le roi. \u00ab\u00a0Avec une familiarit\u00e9 touchante et un peu vulgaire\u00a0\u00bb, commente Jaur\u00e8s, l\u2019historien socialiste.<\/p>\n<p>Dans son discours de r\u00e9ception \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie fran\u00e7aise sous la Restauration (en 1828), le baron de Barante rendra cet hommage \u00e0 Des\u00e8ze\u00a0: \u00ab\u00a0Son \u00e9ternel honneur sera d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 associ\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9v\u00e9nement le plus tristement religieux de notre R\u00e9volution\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Ils \u00e9taient trois pour cette mission impossible et p\u00e9rilleuse. Des\u00e8ze, arr\u00eat\u00e9 peu apr\u00e8s le proc\u00e8s, lib\u00e9r\u00e9 \u00e0 la chute de Robespierre, finira pair de France et premier pr\u00e9sident de la Cour de cassation sous la Restauration. Fran\u00e7ois Denis Tronchet se cachera sous la Terreur et se retrouvera au S\u00e9nat sous le Consulat. Chr\u00e9tien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes aura moins de chance\u00a0: \u00e9migr\u00e9 au d\u00e9but de la R\u00e9volution, rentr\u00e9 en France pour d\u00e9fendre son roi, il sera ex\u00e9cut\u00e9 sous la Terreur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fils de Saint Louis, montez au ciel.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1478\" class=\"cit-num\">1478<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Abb\u00e9 <span class=\"caps\">EDGEWORTH<\/span> de <span class=\"caps\">FIRMONT<\/span> (1745-1807), confesseur de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>, au roi montant \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud, 21\u00a0janvier 1793. <em>Collection des m\u00e9moires relatifs \u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1822), Saint-Albin Berville, Fran\u00e7ois Barri\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le mot est rapport\u00e9 par les nombreux journaux du temps. La pi\u00e9t\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> est notoire et en cela, il est fils de Saint Louis. C\u2019est aussi le dernier roi de France appartenant \u00e0 la dynastie des Cap\u00e9tiens, d\u2019o\u00f9 le nom de Louis Capet sous lequel il fut accus\u00e9 et jug\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Citoyens, voici votre fille\u00a0! Enfant, voici tes p\u00e8res\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794) \u00e0 la tribune de la Convention, parlant de Suzanne Lepeletier, fin janvier 1793.\u00a0 <em>Une f\u00eate en larmes<\/em> (2005), Jean d\u2019Ormesson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Jean d\u2019Ormesson, acad\u00e9micien le plus amateur de citations, ne pouvait rater cette \u00ab\u00a0perle\u00a0\u00bb dont il devait \u00eatre fier, \u00e9tant lui-m\u00eame l\u2019un des descendants de Lepeletier, authentique aristocrate r\u00e9volutionnaire\u00a0!<\/p>\n<p>Le contexte est th\u00e9\u00e2tral\u00a0: Robespierre a pris l\u2019enfant dans ses bras et pr\u00e9sente aux d\u00e9put\u00e9s la premi\u00e8re \u00ab\u00a0Pupille de la nation\u00a0\u00bb\u00a0: occasion unique pour cet orateur connu par son implacable rh\u00e9torique et ses tirades doctrinales d\u2019avoir soudain un \u00ab\u00a0mot d\u2019auteur\u00a0\u00bb en situation et un geste venu du c\u0153ur. Son ami Lepelletier de Saint-Fargeau, favorable \u00e0 la mort du roi, a \u00e9t\u00e9 assassin\u00e9 le 20 janvier. La patrie doit prendre soin de sa fille et le p\u00e8re m\u00e9rite d\u2019\u00eatre port\u00e9 au Panth\u00e9on\u2026 Mais les \u00e9v\u00e9nements historiques se bousculent, le d\u00e9cret de la Convention sera rapport\u00e9 le 8 f\u00e9vrier 1795, le corps finalement retir\u00e9 de l\u2019\u00e9difice sous le Directoire pour \u00eatre rendu \u00e0 sa famille et transf\u00e9r\u00e9 dans la chapelle du ch\u00e2teau de Saint-Fargeau.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Donnez un verre de sang \u00e0 ce cannibale\u00a0: il a soif\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1496\" class=\"cit-num\">1496<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Victurnien <span class=\"caps\">VERGNIAUD<\/span> (1753-1793), \u00e0 Marat vitup\u00e9rant \u00e0 la tribune de la Convention, 13\u00a0avril\u00a01793. <em>Proc\u00e8s fameux extraits de l\u2019Essai sur l\u2019histoire g\u00e9n\u00e9rale des tribunaux des peuples tant anciens que modernes<\/em> (1796), Nicolas Toussaint Le Moyne Des Essarts<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Depuis l\u2019insurrection du 10\u00a0ao\u00fbt 1792 et les massacres de septembre qu\u2019il encouragea, Marat ne cesse d\u2019attiser la haine, que ce soit dans son journal ou \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e.<\/p>\n<p>\u00c9lu d\u00e9put\u00e9, si\u00e9geant au sommet de la Montagne, pr\u00e9sident du club des Jacobins depuis le 5\u00a0avril 1793, il devient chaque jour plus redoutable, accusant, calomniant, injuriant, \u00e9ructant. Nul ne semble pouvoir l\u2019interrompre \u2013 notons \u00e0 quel point le sang, mot et symbole, est pr\u00e9sent dans cette histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Celui qui a des culottes dor\u00e9es est l\u2019ennemi de tous les sans-culottes. Il n\u2019existe que deux partis, celui des hommes corrompus et celui des hommes vertueux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1502\" class=\"cit-num\">1502<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), au club des Jacobins, 8\u00a0mai 1793. <em>\u0152uvres de Maximilien Robespierre<\/em> (posthume, de 1912 \u00e0 1967)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sans les nommer, l\u2019Incorruptible d\u00e9nonce ici les Girondins. Rappelons qu\u2019ils sont issus de la m\u00eame classe bourgeoise que les amis de Robespierre et que celui-ci est toujours tr\u00e8s \u00e9l\u00e9gamment v\u00eatu. Ce manich\u00e9isme est donc simpliste, mais efficace. Il oppose les riches aux pauvres.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le supplice que j\u2019ai invent\u00e9 est si doux qu\u2019il n\u2019y a vraiment que l\u2019id\u00e9e de la mort qui puisse le rendre d\u00e9sagr\u00e9able. Aussi, si l\u2019on ne s\u2019attendait pas \u00e0 mourir, on croirait n\u2019avoir senti sur le cou qu\u2019une l\u00e9g\u00e8re et agr\u00e9able fra\u00eecheur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1510\" class=\"cit-num\">1510<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joseph Ignace <span class=\"caps\">GUILLOTIN<\/span> (1738-1814). <em>Base de donn\u00e9es des d\u00e9put\u00e9s fran\u00e7ais depuis 1789<\/em> [en ligne], Assembl\u00e9e nationale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il parlait en po\u00e8te de la m\u00e9canique qu\u2019en m\u00e9decin et philanthrope il a fait adopter. Un d\u00e9cret du 13\u00a0juin 1793 installe dans chaque d\u00e9partement un \u00ab\u00a0appareil de justice\u00a0\u00bb. Mais la guillotine est d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s active \u00e0 Paris depuis le d\u00e9but de cette ann\u00e9e\u2026 et Guillotin a regrett\u00e9 que son nom soit associ\u00e9 \u00e0 cet instrument de mort.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019aime mieux mourir que d\u2019\u00eatre t\u00e9moin de la ruine de mon pays\u00a0; je m\u2019honorerai d\u2019\u00eatre comprise parmi les glorieuses victimes immol\u00e9es \u00e0 la rage du crime.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1511\" class=\"cit-num\">1511<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme <span class=\"caps\">ROLAND<\/span> (1754-1793), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume, 1821)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En prison, elle \u00e9crit ses <em>M\u00e9moires<\/em> (et certaines lettres qui n\u2019y figurent pas), elle r\u00e9dige aussi son <em>Projet de d\u00e9fense<\/em> au Tribunal r\u00e9volutionnaire. Mais elle ne se fait pas d\u2019illusion\u00a0: \u00ab\u00a0Il est n\u00e9cessaire que je p\u00e9risse \u00e0 mon tour, parce qu\u2019il est dans les principes de la tyrannie de sacrifier ceux qu\u2019elle a violemment opprim\u00e9s et d\u2019an\u00e9antir jusqu\u2019aux t\u00e9moins de ses exc\u00e8s. \u00c0 ce double titre, vous me devez la mort et je l\u2019attends.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Immorale sous tous les rapports et nouvelle Agrippine, elle est si perverse et si famili\u00e8re avec tous les crimes qu\u2019oubliant sa qualit\u00e9 de m\u00e8re, la veuve Capet n\u2019a pas craint de se livrer \u00e0 des ind\u00e9cences dont l\u2019id\u00e9e et le nom seul font fr\u00e9mir d\u2019horreur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1541\" class=\"cit-num\">1541<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FOUQUIER<\/span>\u2013<span class=\"caps\">TINVILLE<\/span> (1746-1795), Acte d\u2019accusation de Marie-Antoinette, Tribunal r\u00e9volutionnaire, 14\u00a0octobre 1793. <em>Histoire du Tribunal r\u00e9volutionnaire de Paris<\/em> (1862), \u00c9mile Campardon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Marie-Antoinette de Lorraine d\u2019Autriche, \u00e2g\u00e9e de 37\u00a0ans, veuve du roi de France\u00a0\u00bb ayant ainsi d\u00e9clin\u00e9 son identit\u00e9 a r\u00e9pondu le 12\u00a0octobre \u00e0 un interrogatoire (secret) portant sur des questions politiques et sur le r\u00f4le qu\u2019elle a jou\u00e9 aupr\u00e8s du roi, au cours de divers \u00e9v\u00e9nements avant et apr\u00e8s 1789. Elle nie pratiquement toute responsabilit\u00e9.<\/p>\n<p>Au proc\u00e8s, cette fois devant la foule, elle r\u00e9pond \u00e0 nouveau et sa dignit\u00e9 impressionne. L\u2019\u00e9motion est \u00e0 son comble quand Fouquier-Tinville aborde ce sujet intime des relations avec son fils. L\u2019accusateur public ne fait que reprendre les rumeurs qui ont moralement et politiquement assassin\u00e9 la reine en quelque 3\u00a0000 pamphlets, \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime. L\u2019inceste (avec un enfant \u00e2g\u00e9 alors de moins de 4\u00a0ans) fut l\u2019une des plus monstrueuses.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si je n\u2019ai pas r\u00e9pondu, c\u2019est que la nature se refuse \u00e0 r\u00e9pondre \u00e0 pareille inculpation faite \u00e0 une m\u00e8re\u00a0: j\u2019en appelle \u00e0 toutes celles qui peuvent se trouver ici.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1542\" class=\"cit-num\">1542<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MARIE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">ANTOINETTE<\/span> (1755-1793), r\u00e9plique \u00e0 un jur\u00e9 s\u2019\u00e9tonnant de son silence au sujet de l\u2019accusation d\u2019inceste, Tribunal r\u00e9volutionnaire, 14\u00a0octobre 1793. <em>La Femme fran\u00e7aise dans les temps modernes<\/em> (1883), Clarisse Bader<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine d\u00e9chue n\u2019est plus qu\u2019une femme et une m\u00e8re humili\u00e9e \u00e0 qui l\u2019on a enlev\u00e9 son enfant devenu t\u00e9moin \u00e0 charge, \u00e9videmment manipul\u00e9. L\u2019accus\u00e9e retourne le peuple en sa faveur. Le pr\u00e9sident menace de faire \u00e9vacuer la salle. La suite du proc\u00e8s est un simulacre de justice et l\u2019issue ne fait aucun doute.<\/p>\n<p>Au pied de la guillotine, les derni\u00e8res paroles de Marie-Antoinette sont pour le bourreau Sanson qu\u2019elle a heurt\u00e9, dans un geste de recul\u00a0: \u00ab\u00a0Excusez-moi, Monsieur, je ne l\u2019ai pas fait expr\u00e8s.\u00a0\u00bb Un mot de la fin sans doute authentique, mais trop anodin pour devenir citation.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus grande joie du P\u00e8re Duchesne apr\u00e8s avoir vu de ses propres yeux la t\u00eate du Veto femelle s\u00e9par\u00e9e de son col de grue et sa grande col\u00e8re contre les deux avocats du diable qui ont os\u00e9 plaider la cause de cette guenon.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1543\" class=\"cit-num\">1543<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">H\u00c9BERT<\/span> (1757-1794),<em> Le P\u00e8re Duchesne,<\/em> n\u00b0\u00a0299, titre du journal au lendemain du 16\u00a0octobre\u00a01793.<em> Les Derniers Jours de Marie-Antoinette<\/em> (1933), Frantz Funck-Brentano<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Voici l\u2019oraison fun\u00e8bre consacr\u00e9e par le pamphl\u00e9taire jacobin \u00e0 la reine sacrifi\u00e9e. Le titre est un peu long. La chronique qui suit, ce n\u2019est pas du Bossuet, mais la litt\u00e9rature r\u00e9volutionnaire d\u00e9ploie volontiers cette d\u00e9magogie populaire\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019aurais d\u00e9sir\u00e9, f\u2026! que tous les brigands couronn\u00e9s eussent vu \u00e0 travers la chati\u00e8re l\u2019interrogatoire et le jugement de la tigresse d\u2019Autriche. Quelle le\u00e7on pour eux, f\u2026! Comme ils auraient fr\u00e9mi en contemplant deux ou trois cent mille sans-culottes environnant le Palais et attendant en silence le moment o\u00f9 l\u2019arr\u00eat fatal allait \u00eatre prononc\u00e9\u00a0! Comme ils auraient \u00e9t\u00e9 petits ces pr\u00e9tendus souverains devant la majest\u00e9 du peuple\u00a0! Non, f\u2026! jamais on ne vit un spectacle pareil. Tendres m\u00e8res dont les enfants sont morts pour la R\u00e9publique\u00a0; vous, \u00e9pouses ch\u00e9ries des braves bougres qui combattent en ce moment sur les fronti\u00e8res, vous avez un moment \u00e9touff\u00e9 vos soupirs et suspendu vos larmes, quand vous avez vu para\u00eetre devant ses juges la garce inf\u00e2me qui a caus\u00e9 tous vos chagrins\u00a0; et vous, vieillards, qui avez langui sous le despotisme, vous avez rajeuni de vingt ans en assistant \u00e0 cette terrible sc\u00e8ne\u00a0: \u00ab\u00a0Nous avons assez v\u00e9cu, vous disiez-vous, puisque nous avons vu le dernier jour de nos tyrans.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Citoyen pr\u00e9sident, je suis ici pour \u00eatre raccourci et non pour \u00eatre allong\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1544\" class=\"cit-num\">1544<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alphonse Louis Dieudonn\u00e9 <span class=\"caps\">MARTAINVILLE<\/span> (1777-1830) au Tribunal r\u00e9volutionnaire, automne 1793. <em>Dictionnaire de fran\u00e7ais Larousse<\/em>, au mot \u00ab\u00a0allong\u00e9\u00a0\u00bb (le jour du proc\u00e8s varie selon les sources)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e9ponse du jeune journaliste (17\u00a0ans seulement) au pr\u00e9sident du Tribunal r\u00e9volutionnaire, persuad\u00e9 d\u2019\u00eatre face \u00e0 un aristocrate dissimulant ses origines et affirmant que son nom \u00e9tait \u00ab\u00a0de Martainville\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Eh bien, qu\u2019on l\u2019\u00e9largisse\u00a0!\u00a0\u00bb dit un assistant.<\/p>\n<p>Ce Dieudonn\u00e9 est vraiment un miracul\u00e9 de la Terreur\u00a0: son humour d\u00e9sarme Fouquier-Tinville en personne. Il vivra jusqu\u2019au d\u00e9but de la Monarchie de Juillet, affichant ses convictions royalistes et faisant carri\u00e8re dans le vaudeville.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Eh\u00a0! qui suis-je pour me plaindre, quand des milliers de Fran\u00e7ais meurent aux fronti\u00e8res pour la d\u00e9fense de la patrie\u00a0? On tuera mon corps, on ne tuera pas ma m\u00e9moire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1549\" class=\"cit-num\">1549<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Victurnien <span class=\"caps\">VERGNIAUD<\/span> (1753-1793), guillotin\u00e9 le 31\u00a0octobre\u00a01793. Son mot de la fin. <em>Histoire socialiste, 1789-1900, volume\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, La Convention<\/em> (1908), Jean Jaur\u00e8s<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La R\u00e9volution est riche en \u00ab\u00a0mots de la fin\u00a0\u00bb et dans chaque cas, un personnage plus ou moins historique pose pour la post\u00e9rit\u00e9, tout en se d\u00e9voilant dans cette ultime v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<p>Vergniaud, l\u2019homme si \u00e9l\u00e9gant, s\u00e9ducteur au physique romantique, avocat brillant sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, devenu l\u2019un des orateurs les plus dou\u00e9s de la L\u00e9gislative et de la Convention, a perdu toute flamme, us\u00e9 par cinq mois de prison et r\u00e9sign\u00e9 au pire. Il aurait sans doute pu fuir comme quelques autres, mais il renonce\u00a0: \u00ab\u00a0Fuir, c\u2019est s\u2019avouer coupable.\u00a0\u00bb Il fait donc partie du groupe des 21 Girondins ex\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je meurs le jour o\u00f9 le peuple a perdu la raison\u00a0; vous mourrez le jour o\u00f9 il l\u2019aura recouvr\u00e9e.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1550\" class=\"cit-num\">1550<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie David Albin <span class=\"caps\">LASOURCE<\/span> (1762-1793), mot de la fin, 31\u00a0octobre 1793.<em> Lasource, d\u00e9put\u00e9 \u00e0 la L\u00e9gislative et \u00e0 la Convention<\/em> (1889), Camille Rabaud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ancien pasteur, acquis \u00e0 la R\u00e9volution, d\u00e9fendant toujours ses convictions avec courage, d\u00e9cr\u00e9t\u00e9 d\u2019accusation, il est jug\u00e9 avec les Girondins auxquels il s\u2019est ralli\u00e9, la derni\u00e8re semaine d\u2019octobre\u00a01793. Les 21 sont condamn\u00e9s \u00e0 mort. Cinq charrettes les m\u00e8nent \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud le m\u00eame jour. Dans la derni\u00e8re, il y a le corps de Valaz\u00e9, qui s\u2019est plong\u00e9 un stylet dans le c\u0153ur \u00e0 l\u2019\u00e9nonc\u00e9 du verdict. Certains, qui croyaient pouvoir \u00e9chapper \u00e0 la mort, se sont d\u00e9fendus plut\u00f4t m\u00e9diocrement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1552\" class=\"cit-num\">1552<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Olympe de <span class=\"caps\">GOUGES<\/span> (1755-1793), guillotin\u00e9e le 3\u00a0novembre\u00a01793. Son mot de la fin. <em>Histoire du Tribunal r\u00e9volutionnaire de Paris, avec le Journal de ses actes<\/em> (1880), Henri Alexandre Wallon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>F\u00e9ministe coupable d\u2019avoir \u00e9crit en 1791 une <em>D\u00e9claration des droits de la femme et de la citoyenne<\/em>, d\u2019avoir d\u00e9fendu le roi, puis courageusement attaqu\u00e9 Robespierre en \u00ab\u00a0brissotine\u00a0\u00bb (synonyme de girondine), elle a \u00e9t\u00e9 arr\u00eat\u00e9e en juillet\u00a01793.<\/p>\n<p>Femme de lettres, femme libre jusqu\u2019\u00e0 la provocation, elle est comparable \u00e0 George Sand au si\u00e8cle suivant, mais ce genre de provocation est encore plus mal vu, en 1793\u00a0! Et la reconnaissance esp\u00e9r\u00e9e par la condamn\u00e9e sera tardive.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Libert\u00e9, que de crimes on commet en ton nom\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1554\" class=\"cit-num\">1554<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mme <span class=\"caps\">ROLAND<\/span> (1754-1793), montant \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud et s\u2019inclinant devant la statue de la Libert\u00e9 (sur la place de la R\u00e9volution), 8\u00a0novembre\u00a01793. Mot de la fin.<em> Le Nouveau Tableau de Paris<\/em> (1799), Louis S\u00e9bastien Mercier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Manon Roland fit preuve d\u2019une belle \u00e9nergie et d\u2019une plume infatigable dans sa prison (l\u2019Abbaye, puis la Conciergerie). Elle \u00e9crit pour se d\u00e9fendre devant le Tribunal r\u00e9volutionnaire, m\u00eame sans espoir. Elle \u00e9crit ses <em>M\u00e9moires<\/em> destin\u00e9es \u00e0 sa fille Eudora. Elle \u00e9crit des lettres, notamment \u00e0 son ami Buzot qui, contrairement \u00e0 elle, a fui comme son mari, pour \u00e9chapper au sort des Girondins. Il se suicidera lui aussi, apprenant quelques mois plus tard la mort de Manon Roland.<\/p>\n<p>Son mari, poursuivi comme Girondin et r\u00e9fugi\u00e9 \u00e0 Rouen, apprenant la mort de sa femme, s\u2019est tu\u00e9 deux jours apr\u00e8s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai l\u2019\u00e2ge du sans-culotte J\u00e9sus\u00a0; c\u2019est-\u00e0-dire trente-trois ans, \u00e2ge fatal aux r\u00e9volutionnaires\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1583\" class=\"cit-num\">1583<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Camille <span class=\"caps\">DESMOULINS<\/span> (1760-1794), au Tribunal r\u00e9volutionnaire lui demandant son nom, son \u00e2ge, 2\u00a0avril 1794. <em>\u0152uvres de Camille Desmoulins<\/em> (posthume, 1874), Camille Desmoulins, Jules Claretie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, il vient d\u2019avoir 34\u00a0ans. Mais l\u2019\u00e2ge du Christ et le rapprochement avec cet \u00ab\u00a0anarchiste qui a r\u00e9ussi\u00a0\u00bb (Andr\u00e9 Malraux) font r\u00e9f\u00e9rence. Le capucin Chabot l\u2019a \u00e9galement proclam\u00e9 au d\u00e9but de la Terreur de septembre 1793, assurant publiquement que le \u00ab\u00a0citoyen J\u00e9sus-Christ a \u00e9t\u00e9 le premier sans-culotte du monde\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Montagnard \u00e0 la Convention, Desmoulins a combattu les Girondins, mais leur mise \u00e0 mort l\u2019a boulevers\u00e9.<\/p>\n<p>Il fonde alors un journal, <em>Le Vieux Cordelier<\/em> pour d\u00e9fendre la politique de Danton contre celle du Comit\u00e9 de salut public (o\u00f9 Robespierre fait la loi avec Couthon et Saint-Just). \u00c0 peine a-t-il le temps de s\u2019\u00e9mouvoir de la nouvelle \u00e9puration \u2013 celle des Enrag\u00e9s \u2013 qu\u2019il est arr\u00eat\u00e9 le 30\u00a0mars, guillotin\u00e9 le 5\u00a0avril. Lucile, sa femme ador\u00e9e (fille naturelle de l\u2019abb\u00e9 Terray, ministre de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>), montera \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud le 13\u00a0avril.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma demeure sera bient\u00f4t dans le n\u00e9ant\u00a0; quant \u00e0 mon nom, vous le trouverez dans le panth\u00e9on de l\u2019Histoire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1582\" class=\"cit-num\">1582<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794), r\u00e9ponse au Tribunal r\u00e9volutionnaire, 2\u00a0avril\u00a01794. <em>Proc\u00e8s historiques, Le proc\u00e8s de Danton, Histoire et patrimoine<\/em> [en ligne], minist\u00e8re de la Justice<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Tribunal proc\u00e8de \u00e0 l\u2019interrogatoire habituel, lui demandant son nom et ses qualit\u00e9s. Il existe plusieurs versions de la r\u00e9ponse, selon les sources\u00a0: de la plus longue \u2013\u00a0\u00ab\u00a0Je suis Danton, assez connu dans la R\u00e9volution\u00a0; ma demeure sera bient\u00f4t le n\u00e9ant, mais mon nom vivra dans le Panth\u00e9on de l\u2019histoire\u00a0\u00bb \u2013\u00a0\u00e0 la plus courte, la plus fr\u00e9quemment cit\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Ma demeure\u00a0? Demain, dans le n\u00e9ant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Danton a toujours le sens de l\u2019improvisation \u2013 quoique cette r\u00e9plique ait pu \u00eatre pr\u00e9par\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tu montreras ma t\u00eate au peuple, elle en vaut bien la peine.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1584\" class=\"cit-num\">1584<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794), mot de la fin au bourreau, avant de poser sa t\u00eate sous le couperet de la guillotine, 5\u00a0avril 1794. <em>Histoire du Tribunal r\u00e9volutionnaire de Paris<\/em> (1862), \u00c9mile Campardon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est \u00ab\u00a0une gueule\u00a0\u00bb et il en a bien jou\u00e9\u00a0! Personnage \u00e9minemment th\u00e9\u00e2tral, orateur n\u00e9, il a suscit\u00e9 des haines farouches, mais fascin\u00e9 le peuple et l\u2019Assembl\u00e9e nationale. Son sens de la formule est remarquable, litt\u00e9ralement jusqu\u2019\u00e0 la fin. Son ennemi intime, Robespierre, n\u2019aura pas cette chance.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique n\u2019a pas besoin de savants.\u00a0\u00bb1587<\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COFFINHAL<\/span>\u2013<span class=\"caps\">DUBAIL<\/span> (1754-1794), vice-pr\u00e9sident du Tribunal r\u00e9volutionnaire, \u00e0 Lavoisier, 8\u00a0mai 1794.\u00a0 Mot parfois attribu\u00e9 \u00e0 Ren\u00e9 Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">DUMAS<\/span> (1753-1794), pr\u00e9sident du Tribunal, et m\u00eame \u00e0 <span class=\"caps\">FOUQUIER<\/span>\u2013<span class=\"caps\">TINVILLE<\/span> (1746-1795), accusateur public. <em>Lavoisier, 1743-1794<\/em> (1899), \u00c9douard Grimaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le condamn\u00e9 demandait qu\u2019on diff\u00e8re l\u2019ex\u00e9cution de quelques jours, le temps de terminer une exp\u00e9rience. Un de ses coll\u00e8gues, le m\u00e9decin <span class=\"caps\">J.N.<\/span> Hall\u00e9, \u00e9tait venu pr\u00e9senter au tribunal un rapport \u00e9num\u00e9rant les services rendus \u00e0 la patrie par l\u2019illustre chimiste\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut que la justice suive son cours\u00a0\u00bb, tranche l\u2019homme du Tribunal.<\/p>\n<p>Antoine-Laurent de Lavoisier est donc condamn\u00e9 et guillotin\u00e9 le jour m\u00eame, avec 27 coll\u00e8gues de la Ferme g\u00e9n\u00e9rale. Car tel est son crime\u00a0: avoir \u00e9t\u00e9 fermier g\u00e9n\u00e9ral sous l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<p>Mort \u00e0 51\u00a0ans, ce grand savant, \u00e9lu \u00e0 25\u00a0ans \u00e0 l\u2019Acad\u00e9mie des sciences, laisse en h\u00e9ritage les bases de la chimie moderne et une loi qui porte son nom sur la conservation de la masse et des \u00e9l\u00e9ments chimiques. En r\u00e9sum\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Rien ne se perd, rien ne se cr\u00e9e.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il ne leur a fallu qu\u2019un moment pour faire tomber cette t\u00eate, et cent ann\u00e9es peut-\u00eatre ne suffiront pas pour en produire une semblable.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1588\" class=\"cit-num\">1588<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis de <span class=\"caps\">LAGRANGE<\/span> (1736-1813), \u00e0 Delambre, d\u00e9plorant la mort de Lavoisier au lendemain de son ex\u00e9cution, 9\u00a0mai\u00a01794.<em> Encyclop\u00e9die Larousse<\/em>, article \u00ab\u00a0Antoine Laurent de Lavoisier\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole d\u2019un confr\u00e8re de Lavoisier, n\u00e9 Italien, grand math\u00e9maticien et physicien, qui rend hommage au plus \u00e9minent repr\u00e9sentant de la science fran\u00e7aise en cette fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. Jean-Baptiste Delambre est lui-m\u00eame math\u00e9maticien et astronome, membre de l\u2019Acad\u00e9mie des sciences.<\/p>\n<p>La science paie un lourd tribut \u00e0 la R\u00e9volution avec Lavoisier, guillotin\u00e9 apr\u00e8s Bailly, et Condorcet (suicid\u00e9 pour \u00e9chapper \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud). Mais la science est \u00e9galement honor\u00e9e. \u00c0 l\u2019initiative du math\u00e9maticien Gaspard Monge, l\u2019\u00c9cole polytechnique est cr\u00e9\u00e9e le 11\u00a0mars 1794. Sa devise\u00a0: \u00ab\u00a0Pour la patrie, les sciences et la gloire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que parles-tu, Vallier, de faire des trag\u00e9dies\u00a0? La Trag\u00e9die court les rues.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1596\" class=\"cit-num\">1596<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">DUCIS<\/span> (1733-1816), <em>Correspondance<\/em>, au plus fort de la Terreur. <em>Essais de M\u00e9moires, ou Lettres sur la vie, le caract\u00e8re et les \u00e9crits de J.-F. Ducis<\/em> (1824), Fran\u00e7ois Nicolas Vincent Campenon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Po\u00e8te tragique et traducteur (tr\u00e8s libre) de Shakespeare, il r\u00e9pond \u00e0 l\u2019un de ses amis et t\u00e9moigne, dans cette lettre\u00a0: \u00ab\u00a0Si je mets les pieds hors de chez moi, j\u2019ai du sang jusqu\u2019\u00e0 la cheville.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les spectacles sont florissants (hors les jours et les quartiers tragiques), on joue beaucoup d\u2019\u0153uvres \u00ab\u00a0de circonstance\u00a0\u00bb, mais la R\u00e9volution n\u2019inspire aucune \u0153uvre th\u00e9\u00e2trale jouable par la suite. On se rabat sur les trag\u00e9dies de Voltaire qui ne sont pas non plus des chefs-d\u2019\u0153uvre. Deux noms d\u2019artistes resteront\u00a0: Talma, trag\u00e9dien de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise, et David, peintre politiquement inspir\u00e9. On les retrouvera au service de Napol\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand on se vante d\u2019avoir le courage de la vertu, il faut avoir le courage de la v\u00e9rit\u00e9. Nommez ceux que vous accusez\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1603\" class=\"cit-num\">1603<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis Joseph <span class=\"caps\">CHARLIER<\/span> (1754-1797), \u00e0 Robespierre, Convention, 26\u00a0juillet 1794. <em>Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise ou Journal des Assembl\u00e9es nationales<\/em> (1834-1838), <span class=\"caps\">P.J.B.<\/span> Buchez, <span class=\"caps\">P.C.<\/span> Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Robespierre a d\u00e9nonc\u00e9 la \u00ab\u00a0horde des fripons\u00a0\u00bb, rejetant sur eux les exc\u00e8s de la Terreur. C\u2019est tout \u00e0 fait dans sa mani\u00e8re de dire sans dire. Le nom des fripons est connu de tous (Tallien et sa femme, Carnot, Fouch\u00e9, Barras\u2026), mais chacun redoute de faire partie de la prochaine \u00ab\u00a0horde\u00a0\u00bb. Des listes circulent, vraies ou fausses \u2013 une fa\u00e7on d\u2019\u00e9chauffer les esprits.<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0fripons\u00a0\u00bb vont s\u2019entendre pour renverser Robespierre, mais il faut faire vite. La Commune de Paris est avec lui, il a ses partisans au club des Jacobins.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est le sang de Danton qui t\u2019\u00e9touffe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1606\" class=\"cit-num\">1606<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GARNIER<\/span> de l\u2019<span class=\"caps\">AUBE<\/span> (1742-1805), \u00e0 Robespierre suffoquant sous la chaleur torride, Convention, 27\u00a0juillet 1794. Mot parfois attribu\u00e9 \u00e0 Garnier de Saintes (1755-1818), mais il n\u2019\u00e9tait pas pr\u00e9sent, et surtout \u00e0 Louis Legendre (1752-1797), ami de Danton, qu\u2019il avait abandonn\u00e9 pour sauver sa t\u00eate.<em> Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1823-1827), Adolphe Thiers, F\u00e9lix Bodin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est Robespierre qui est mont\u00e9 \u00e0 la tribune \u00e0 11\u00a0heures du matin, pour donner la liste des \u00ab\u00a0\u00e9pur\u00e9s\u00a0\u00bb menac\u00e9s la veille en tant que \u00ab\u00a0horde fripons\u00a0\u00bb. Tallien et les mod\u00e9r\u00e9s lui coupent la parole \u00e0 onze reprises et son ami Saint-Just ne r\u00e9agit plus (nerveusement \u00e9puis\u00e9\u00a0?). Louchet et Lozeau, deux mod\u00e9r\u00e9s, demandent la mise en accusation de Robespierre, Couthon, Saint-Just, Lebas. Augustin Robespierre (son fr\u00e8re) r\u00e9clame la sienne\u00a0: \u00ab\u00a0Je partage ses vertus, je veux partager son sort.\u00a0\u00bb L\u2019arrestation des cinq d\u00e9put\u00e9s est d\u00e9cr\u00e9t\u00e9e aux voix.<\/p>\n<p>Vers 17\u00a0heures, tentative d\u2019insurrection des sections populaires de la Commune pour lib\u00e9rer Robespierre et ses amis transf\u00e9r\u00e9s \u00e0 l\u2019H\u00f4tel de Ville, tandis que la Convention met Robespierre \u00ab\u00a0hors la loi\u00a0\u00bb \u2013 il peut alors \u00eatre ex\u00e9cut\u00e9 sans jugement. Le soir, la pluie disperse les insurg\u00e9s, les sections mod\u00e9r\u00e9es occupent l\u2019H\u00f4tel de Ville. On trouve Robespierre, m\u00e2choire bris\u00e9e (coup de pistolet ou tentative de suicide).<\/p>\n<p>Le 28\u00a0juillet (10 thermidor), Robespierre, Couthon, Saint-Just et 19 de leurs alli\u00e9s sont guillotin\u00e9s sans jugement. Puis 71 le lendemain et quelques autres encore, les jours suivants. Au total, une centaine.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Lors m\u00eame qu\u2019il aura cess\u00e9 d\u2019exister, on le retrouvera partout et cette chim\u00e8re servira longtemps \u00e0 nourrir les coupables esp\u00e9rances.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1615\" class=\"cit-num\">1615<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CAMBAC\u00c9R\u00c8S<\/span> (1753-1824), Discours tenu au nom des Comit\u00e9s de salut public, de s\u00fbret\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et de l\u00e9gislation, Convention, 22\u00a0janvier\u00a01795<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Phrase pr\u00e9monitoire, prononc\u00e9e \u00e0 l\u2019occasion du deuxi\u00e8me anniversaire de la mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>. \u00c0 la tribune, l\u2019orateur conclut contre la mise en libert\u00e9 de son fils.<\/p>\n<p>Le dauphin Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVII<\/span> mourra (officiellement) au Temple le 8\u00a0juin de cette ann\u00e9e \u2013 mais est-ce bien lui ou un autre enfant qui aurait pris sa place\u00a0? Ce sera l\u2019\u00e9nigme du Temple, l\u2019un des myst\u00e8res de l\u2019histoire de France, confort\u00e9 par cette phrase \u00e9trange de Cambac\u00e9r\u00e8s, un grand juriste qui p\u00e8se toujours ses mots. Ne dirait-on pas que l\u2019enfant a d\u00e9j\u00e0 disparu en janvier\u00a0? Totalement isol\u00e9, il \u00e9tait tr\u00e8s malade.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Un personnage parle d\u2019un autre personnage. Exemple type\u00a0: \u00ab\u00a0Un fou a dit \u00ab\u00a0Moi, la France\u00a0\u00bb et personne n\u2019a ri parce que c\u2019\u00e9tait vrai.\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois Mauriac \u00e9voquant de Gaulle en juin 1940.Le premier \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb est quelquefois le peuple (acteur anonyme) s\u2019exprimant en chanson, pamphlet, slogan, \u00e9pitaphe. Le second \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb peut \u00eatre un groupe, une assembl\u00e9e, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":174,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9834","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9834","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9834"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9834\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12591,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9834\/revisions\/12591"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9834"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9834"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9834"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}