{"id":9849,"date":"2023-10-23T00:00:00","date_gmt":"2023-10-22T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/qui-a-dit-quoi-de-qui-siecle-de-louis-xiv\/"},"modified":"2025-08-12T08:43:00","modified_gmt":"2025-08-12T06:43:00","slug":"qui-a-dit-quoi-de-qui-siecle-de-louis-xiv","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/qui-a-dit-quoi-de-qui-siecle-de-louis-xiv\/","title":{"rendered":"Qui a dit quoi de Qui\u00a0? (Si\u00e8cle de Louis XIV)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Un personnage parle d\u2019un autre personnage. <br>Exemple type\u00a0: \u00ab\u00a0Un fou a dit \u00ab\u00a0Moi, la France\u00a0\u00bb et personne n\u2019a ri parce que c\u2019\u00e9tait vrai.\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois Mauriac \u00e9voquant de Gaulle en juin 1940.<\/p>\n<p>Le premier \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb est quelquefois le peuple (acteur anonyme) s\u2019exprimant en chanson, pamphlet, slogan, \u00e9pitaphe. Le second \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb peut \u00eatre un groupe, une assembl\u00e9e, une arm\u00e9e \u00e0 qui le discours est destin\u00e9.<br>Si les deux \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb sont identiques, c\u2019est un autoportrait, une profession de foi politique, parfois une devise. <br>Les lettres (Correspondance) et M\u00e9moires (sous diverses formes) sont des sources pr\u00e9cieuses, les \u00ab\u00a0mots de la fin\u00a0\u00bb livrent une ultime v\u00e9rit\u00e9 sur l\u2019auteur. <\/p>\n<p>Dans ce d\u00e9fil\u00e9 de Noms plus ou moins connus ou c\u00e9l\u00e8bres, le ton passe de l\u2019humour \u00e0 la cruaut\u00e9 avec ces citations r\u00e9f\u00e9rentielles ou anecdotiques, mais historiquement toujours significatives.<br>\u00ab\u00a0Qui a dit quoi de Qui\u00a0\u00bb est une version r\u00e9sum\u00e9e en 12 \u00e9ditos de notre <em>Histoire en citations<\/em> \u2013 \u00ab\u00a0quand, comment et pourquoi\u00a0\u00bb donnant l\u2019indispensable contexte.<\/p>\n<p>\u00c7a peut aussi devenir un jeu\u00a0: \u00ab\u00a0Qui a dit quoi de Qui\u00a0\u00bb. \u00c0 vous de voir.<\/p>\n<h3>3. Si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/h3>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-3-45.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Avant le r\u00e8gne personnel\u00a0: Mazarin Premier ministre et la Fronde (1643-1661)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il se fit de la honte de tout ce que l\u2019autre s\u2019\u00e9tait fait de l\u2019honneur. Il se moqua de la religion. Il promit tout, parce qu\u2019il ne voulut rien tenir. Il ne fut ni doux ni cruel, parce qu\u2019il ne se ressouvenait ni des bienfaits ni des injures. Il s\u2019aimait trop, ce qui est le naturel des \u00e2mes l\u00e2ches.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"752\" class=\"cit-num\">752<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RETZ<\/span> (1613-1679), <em>M\u00e9moires<\/em> (1671-1675)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Paul de Gondi, pr\u00e9lat sans vocation eccl\u00e9siastique, mais chef de parti aux grandes ambitions politiques sous la Fronde, est l\u2019un des vaincus de Mazarin. M\u00eame si son t\u00e9moignage sur cet autre cardinal \u00e0 la r\u00e9ussite politique exemplaire est partial, ses <em>M\u00e9moires<\/em> n\u2019en sont pas moins une pr\u00e9cieuse \u00e9vocation de ces temps de trouble.<\/p>\n<p>Il \u00e9crit aussi\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019un des plus grands d\u00e9fauts du cardinal Mazarin est qu\u2019il n\u2019a jamais pu croire que personne lui parl\u00e2t avec une bonne intention.\u00a0\u00bb Cela en dit peut-\u00eatre autant sur lui-m\u00eame que sur Mazarin.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Son esprit, qui lui a rendu de si bons services en sa vie, \u00e9tait assur\u00e9ment de premier ordre, fin, d\u00e9li\u00e9, p\u00e9n\u00e9trant, sage, judicieux, grave, modeste, grand et \u00e9lev\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"753\" class=\"cit-num\">753<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis-Henri de <span class=\"caps\">LOM\u00c9NIE<\/span> de <span class=\"caps\">BRIENNE<\/span> (1635-1698), <em>M\u00e9moires de Louis-Henri de Lom\u00e9nie, comte de Brienne<\/em> (posthume, 1720)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Conseiller d\u2019\u00c9tat \u00e0 16\u00a0ans et secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat aux Affaires \u00e9trang\u00e8res \u00e0 23, surnomm\u00e9 le Jeune pour le distinguer de son p\u00e8re (Henri-Auguste de Lom\u00e9nie de Brienne), il juge en connaisseur. Michelet appr\u00e9ciera en historien\u00a0: \u00ab\u00a0Mazarin, le rus\u00e9 [\u2026] cette glissante couleuvre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais personne n\u2019eut les mani\u00e8res si douces en public, si rudes dans le domestique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"757\" class=\"cit-num\">757<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Hortense <span class=\"caps\">MANCINI<\/span> (1646-1699), <em>M\u00e9moires<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La duchesse de Mazarin est la plus jolie des cinq \u00ab\u00a0Mazarinettes\u00a0\u00bb, ces ni\u00e8ces de Mazarin qui ont quitt\u00e9 leur Rome natale pour suivre l\u2019oncle allant faire carri\u00e8re en France. Sa vie amoureuse et mondaine d\u00e9fraie la chronique, mais toute la famille Mazarin fait parler. Bien que le cardinal ait assur\u00e9 la fortune des siens, ils ne lui en eurent nulle reconnaissance.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Grand Cardinal, que la fortune<br>Qui t\u2019\u00e9l\u00e8ve en un si haut rang,<br>Ne te fasse oublier ton sang,<br>Et que tu es de la commune.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"758\" class=\"cit-num\">758<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Avertissement des enfarin\u00e9s. La Vieille Fronde, 1648<\/em> (1832), Henri Martin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le peuple d\u00e9teste cet Italien de petite extraction qui, au terme d\u2019une irr\u00e9sistible ascension, poss\u00e8de un si grand pouvoir, en quelque sorte vol\u00e9 \u00e0 la r\u00e9gente, puis au jeune roi devenu majeur (\u00e0 13 ans).<\/p>\n<p>Mazarin accumula une immense fortune. \u00c0 sa mort, il fera don \u00e0 l\u2019\u00c9tat de ses collections et de sa biblioth\u00e8que personnelle\u00a0: la Mazarine, premi\u00e8re biblioth\u00e8que ouverte au public d\u00e8s 1643, b\u00e2tie dans l\u2019aile gauche du palais de l\u2019Institut, \u00e9difi\u00e9 \u00e0 ses frais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon prix n\u2019est pas dans ma couronne\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> D\u2019<span class=\"caps\">AUTRICHE<\/span>, sa devise. <em>Dictionnaire Larousse<\/em> au mot \u00ab\u00a0couronne\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Infante d\u2019Espagne et du Portugal, reine de France et de Navarre par son mariage avec Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>, elle r\u00e9v\u00e8le son habilet\u00e9 politique et sa force de caract\u00e8re pendant la minorit\u00e9 de son fils, le roi Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>. Nomm\u00e9e r\u00e9gente le 18 mai 1643, Anne d\u2019Autriche prend pour Premier ministre le cardinal Mazarin, fin connaisseur des puissances europ\u00e9ennes. Ce choix strat\u00e9gique devient affectif et gagnant pour la France durant la Fronde dont elle vient \u00e0 bout avec Mazarin. Finalement aim\u00e9e et respect\u00e9e dans le royaume, elle se retire pour vivre au Val-de-Gr\u00e2ce quand Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> r\u00e8gne personnellement et absolument, mais toujours attentif et attach\u00e9 \u00e0 cette m\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je plains le sort de la Reine\u00a0;<br>Son rang la contraint en tout\u00a0;<br>La pauvre femme ose \u00e0 peine<br>Remuer quand on la f\u2026\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"762\" class=\"cit-num\">762<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Frondeur compatissant<\/em>, mazarinade. <em>Nouveau si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, ou po\u00e9sies-anecdotes du r\u00e8gne et de la cour de ce prince<\/em> (1793), F.\u00a0Buisson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>D\u00e8s la mort de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> dont les chansons c\u00e9l\u00e9br\u00e8rent les insuffisances conjugales, voil\u00e0 que l\u2019on soup\u00e7onne les relations d\u2019Anne d\u2019Autriche avec \u00ab\u00a0Mazarin ce bougeron\u00a0\u00bb. Michelet rapporte dans son <em>Histoire de France\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Mazarin commen\u00e7a d\u00e8s lors l\u2019\u00e9ducation de la reine, enferm\u00e9 toutes les soir\u00e9es avec elle pour lui apprendre les affaires. La cour, la ville ne jasaient d\u2019autre chose.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On jasa beaucoup, on supposa tout, y compris un mariage secret. Anne d\u2019Autriche nia toujours, assurant m\u00eame que Mazarin \u00ab\u00a0n\u2019aimait pas les femmes\u00a0\u00bb, mais elle laissa gouverner le cardinal, mieux qu\u2019elle n\u2019avait jadis laiss\u00e9 r\u00e9gner son royal \u00e9poux Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La reine avait plus d\u2019aigreur que de hauteur, plus de hauteur que de grandeur, plus de mani\u00e8re que de fond, [\u2026] plus de duret\u00e9 que de fiert\u00e9, plus de m\u00e9moire des injures que des bienfaits, plus d\u2019intention de pi\u00e9t\u00e9 que de pi\u00e9t\u00e9, plus d\u2019opini\u00e2tret\u00e9 que de fermet\u00e9 et plus d\u2019incapacit\u00e9 que de tout ce que dessus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"763\" class=\"cit-num\">763<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RETZ<\/span> (1613-1679), <em>M\u00e9moires<\/em> (1671-1675)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On reconna\u00eet le style et la partialit\u00e9 du grand m\u00e9morialiste. Frondeur et chef de parti, l\u2019auteur de ce portrait s\u2019oppose \u00e0 la r\u00e9gente qui fait preuve de fermet\u00e9, dans cette p\u00e9riode tr\u00e8s difficile \u00e0 vivre de la Fronde.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le voyez-vous comme il vole, ou \u00e0 la victoire, ou \u00e0 la mort\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"766\" class=\"cit-num\">766<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BOSSUET<\/span> (1627-1704), Oraison fun\u00e8bre de Louis de Bourbon, Prince de Cond\u00e9 (1686)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Quand il devra rendre hommage au Grand Cond\u00e9, Bossuet \u00e9voquera la bataille de Rocroi du 19\u00a0mai 1643.<\/p>\n<p>Charg\u00e9 \u00e0 21\u00a0ans du commandement des arm\u00e9es du Nord, le quatri\u00e8me prince de Cond\u00e9 remporte cette \u00e9clatante victoire qui an\u00e9antit l\u2019arm\u00e9e espagnole des Pays-Bas et emp\u00eache l\u2019invasion mena\u00e7ante par les Ardennes\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e commen\u00e7a l\u2019action de gr\u00e2ce\u00a0; toute la France suivit\u00a0; on y \u00e9levait jusqu\u2019au ciel le duc d\u2019Enghien\u00a0: c\u2019en serait assez pour illustrer une autre vie que la sienne, mais pour lui, c\u2019est le premier pas de sa course.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019un des \u00e9pisodes de la guerre de Trente Ans qui d\u00e9chire l\u2019Allemagne depuis 1618 et dans laquelle la France intervint directement huit ans plus t\u00f4t, jour pour jour, contre l\u2019Espagne et les puissants Habsbourg tent\u00e9s de reconstituer l\u2019Empire de Charles Quint. L\u2019autre h\u00e9ros de cette guerre est Turenne et les deux hommes vont souvent se croiser, amis ou ennemis, selon le camp choisi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Non, Madame, il ne s\u2019agit pas de moi, mais de Paris soumis et d\u00e9sarm\u00e9, qui se vient jeter aux pieds de Votre Majest\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"775\" class=\"cit-num\">775<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RETZ<\/span> (1613-1679), \u00e0 la reine Anne d\u2019Autriche, apr\u00e8s la journ\u00e9e des Barricades du 27\u00a0ao\u00fbt 1648. <em>M\u00e9moires du cardinal de Retz<\/em> (posthume, 1717)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Paul de Gondi de Retz n\u2019est pas encore cardinal, mais coadjuteur de l\u2019\u00e9v\u00eaque de Paris, son oncle. Il s\u2019est rang\u00e9 aux c\u00f4t\u00e9s de Broussel le frondeur, donc dans le parti du Parlement et contre Mazarin son ami de jadis.<\/p>\n<p>Il se donne ici le (beau) r\u00f4le d\u2019intercesseur entre le peuple de Paris et le pouvoir royal. C\u2019est tr\u00e8s excessif\u00a0: quand Mathieu Mol\u00e9, premier pr\u00e9sident du Parlement, risquait sa vie en s\u2019interposant entre les insurg\u00e9s et les troupes royales, l\u2019ambitieux de Retz a seulement tent\u00e9 de s\u2019assurer une popularit\u00e9 sans p\u00e9ril. Une fois encore, l\u2019auteur se trahit \u00e0 travers le portrait qu\u2019il fait, y compris de lui-m\u00eame\u2026<\/p>\n<p>Voltaire dira de lui\u00a0: \u00ab\u00a0Cet homme singulier est le premier \u00e9v\u00eaque en France qui ait fait une guerre civile sans avoir la religion pour pr\u00e9texte.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce n\u2019est l\u00e0 qu\u2019un Pantalon.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"776\" class=\"cit-num\">776<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">BROUSSEL<\/span> (1575-1654), parlant de Mazarin au cardinal de Retz. <em>M\u00e9moires du cardinal de Retz<\/em> (posthume, 1717)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pantalon, vieillard amoureux, avare et salace, cible perp\u00e9tuelle de toutes les moqueries, habill\u00e9 d\u2019une ample culotte, est un personnage bien connu de la commedia dell\u2019arte\u00a0! Et Mazarin est n\u00e9 Mazarini, donc italien.<\/p>\n<p>Broussel se pla\u00eet ainsi \u00e0 rabaisser son ennemi le cardinal, dans cet \u00e9pisode de Fronde parlementaire. Et de Retz se pla\u00eet \u00e0 rapporter cet apart\u00e9, en note dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>. Alors que Mazarin, toujours d\u2019apr\u00e8s son t\u00e9moignage, l\u2019avait couvert d\u2019\u00e9loges, pour son r\u00f4le dans cette histoire. De Retz ne va cesser d\u2019intriguer et de changer de camp, l\u2019ambitieux n\u2019ayant en fait qu\u2019une obsession\u00a0: le chapeau de cardinal.<\/p>\n<p>Cette guerre sera l\u2019occasion de multiples volte-face de la part des Grands. Pour l\u2019heure et apr\u00e8s la journ\u00e9e des Barricades du 27 ao\u00fbt 1648, l\u2019ordre est r\u00e9tabli \u00e0 Paris \u2013 de fa\u00e7on provisoire. La r\u00e9gente s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9e avec toute la cour \u00e0 Rueil. Mazarin a c\u00e9d\u00e9 au Parlement et rappel\u00e9 les intendants (symbole de l\u2019absolutisme royal).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toujours pour moi \u00e0 l\u2019avenir, toujours contre moi dans le pr\u00e9sent.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"789\" class=\"cit-num\">789<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> d\u2019<span class=\"caps\">AUTRICHE<\/span> (1601-1666), \u00e0 Gaston d\u2019Orl\u00e9ans. <em>M\u00e9moires du cardinal de Retz<\/em> (posthume, 1717)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parfaite d\u00e9finition de son interlocuteur\u00a0! La reine se plaint \u00e0 Monsieur (Gaston d\u2019Orl\u00e9ans, calamiteux fr\u00e8re du roi) qui s\u2019engage pourtant \u00e0 prendre sa d\u00e9fense devant le Parlement. Mais elle n\u2019est pas dupe\u00a0: son beau-fr\u00e8re lui promet toujours d\u2019\u00eatre dans son camp, alors qu\u2019il complote sans cesse avec les frondeurs \u2013 conduite d\u2019autant moins pardonnable qu\u2019il a \u00e9t\u00e9 nomm\u00e9 lieutenant g\u00e9n\u00e9ral du royaume.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le re\u00e7ut comme un p\u00e8re et le peuple comme un ma\u00eetre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"796\" class=\"cit-num\">796<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778) \u00e9voquant le retour de Mazarin, 3\u00a0f\u00e9vrier 1653.<em> Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la fin de la Fronde qui a dur\u00e9 cinq ans. Le roi, majeur depuis deux ans, va laisser le cardinal gouverner la France jusqu\u2019\u00e0 sa mort, en 1661. Il va apprendre son royal m\u00e9tier aupr\u00e8s de son Premier ministre et tuteur. Mais la Fronde, cette guerre civile de cinq ans qui aurait pu mener \u00e0 la R\u00e9volution avec tous ses d\u00e9sordres lui servira de le\u00e7on\u2026 et son r\u00e8gne sera d\u2019autant plus absolu.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, voici une demoiselle qui est bien f\u00e2ch\u00e9e d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 m\u00e9chante. Elle sera bien sage \u00e0 l\u2019avenir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"799\" class=\"cit-num\">799<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ANNE<\/span> d\u2019<span class=\"caps\">AUTRICHE<\/span>\u00a0(1601-1666), pr\u00e9sentant au roi la Grande Mademoiselle (1658). <em>M\u00e9moires de Mlle\u00a0de Montpensier<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Bon sang ne saurait mentir. Mlle de Montpensier est la fille du Grand Monsieur, Gaston d\u2019Orl\u00e9ans portant ce nom, depuis la naissance de \u00ab\u00a0Monsieur\u00a0\u00bb fr\u00e8re du roi Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Elle s\u2019est lanc\u00e9e dans la Fronde \u00e0 c\u0153ur perdu, jusqu\u2019\u00e0 faire donner le canon de la Bastille contre les troupes royales (et Turenne) pour sauver son cousin Cond\u00e9 dont elle voudrait faire un mari\u00a0! De retour de son exil \u00e0 Saint-Fargeau, la voil\u00e0 enfin pardonn\u00e9e. Mais elle ne sera pas \u00ab\u00a0bien sage \u00e0 l\u2019avenir\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Son extravagante conduite lui co\u00fbta sans doute un mariage avec Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u2013 elle a certes onze ans de plus que lui, mais poss\u00e8de l\u2019immense fortune des Bourbon-Montpensier. Madame de S\u00e9vign\u00e9 consacrera au mariage de Mademoiselle avec Monsieur de Lauzun une de ses lettres les plus brillantes (en date du 15 d\u00e9cembre 1670).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si une fois vous prenez en main le gouvernail, vous ferez plus en un jour qu\u2019un plus habile que moi en six mois, car c\u2019est d\u2019un autre poids, ce qu\u2019un roi fait de droit fil, que ce que fait un ministre, quelque autoris\u00e9 qu\u2019il puisse \u00eatre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"801\" class=\"cit-num\">801<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661), Lettre \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, 29\u00a0juin 1659. <em>Les Annales conferencia,<\/em> volume\u00a0<span class=\"caps\">XIX<\/span> (1925), Universit\u00e9 des Annales<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi le conseille-t-il deux ans avant sa mort, tout en continuant de l\u2019initier \u00e0 son m\u00e9tier de roi. Le conseil sera bien suivi par l\u2019\u00e9l\u00e8ve\u00a0!<\/p>\n<p>En attendant, le cardinal qui a tir\u00e9 les le\u00e7ons de la Fronde tient fermement le gouvernail\u00a0: Parlements r\u00e9duits au silence, interdiction \u00e0 la noblesse de s\u2019assembler (\u00e9dit de 1657). En 1659, des assembl\u00e9es secr\u00e8tes de nobles se tiennent en certaines provinces. Le roi va s\u00e9vir en personne dans le Midi. Il y a encore, entre eux deux, cette \u00e9tonnante division du travail.<\/p>\n<p>L\u2019un des principaux acquis du \u00ab\u00a0r\u00e8gne\u00a0\u00bb de Mazarin sera la paix avec l\u2019Espagne au trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es\u00a0: le 7\u00a0novembre\u00a01659, dans l\u2019\u00eele des Faisans, sur la Bidassoa qui sert de fronti\u00e8re aux deux pays, Mazarin signe pour Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Elle est digne de lui comme il est digne d\u2019elle.<br>Des Reines et des Rois, chacun est le plus grand.<br>Et jamais conqu\u00eate si belle<br>Ne m\u00e9rita les v\u0153ux d\u2019un si grand conqu\u00e9rant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"804\" class=\"cit-num\">804<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">RACINE<\/span> (1639-1699), <em>La Nymphe de la Seine<\/em> (1660)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le mariage entre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et Marie-Th\u00e9r\u00e8se est c\u00e9l\u00e9br\u00e9 le 6\u00a0juin 1660, avant l\u2019entr\u00e9e triomphale \u00e0 Paris le 26\u00a0ao\u00fbt.<\/p>\n<p>Po\u00e8te tr\u00e8s courtisan, quand il \u00e9crit ainsi \u00e0 la louange des jeunes \u00e9poux, Racine n\u2019exprime pas moins l\u2019admiration et m\u00eame la v\u00e9n\u00e9ration des Fran\u00e7ais pour leur roi, image de Dieu sur Terre, par ailleurs fort bel homme et attendu comme un nouveau h\u00e9ros de leur histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu merci, il est crev\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"806\" class=\"cit-num\">806<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Hortense <span class=\"caps\">MANCINI<\/span> (1646-1699), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>9 mars 1661. C\u2019est le cri du c\u0153ur de la famille \u00e0 la nouvelle de la mort du cardinal Mazarin, leur oncle.<\/p>\n<p>La belle et spirituelle mazarinette ajoute\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 vrai dire, je n\u2019en fus gu\u00e8re plus afflig\u00e9e\u00a0; et c\u2019est une chose remarquable qu\u2019un homme de ce m\u00e9rite, apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 toute sa vie pour \u00e9lever et enrichir sa famille, n\u2019en ait re\u00e7u que des marques d\u2019aversion, m\u00eame apr\u00e8s sa mort.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-3-45.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">R\u00e8gne personnel de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1661-1715)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Non seulement il s\u2019est fait de grandes choses sous son r\u00e8gne, mais c\u2019est lui qui les faisait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"816\" class=\"cit-num\">816<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778),<em> Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pour cette raison, le Grand\u00a0Si\u00e8cle est bien le \u00ab\u00a0si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0\u00bb. Voltaire, en historien tr\u00e8s document\u00e9 pour l\u2019\u00e9poque, traite des \u00e9v\u00e9nements militaires et diplomatiques, insiste sur le d\u00e9veloppement du commerce et le rayonnement des arts et des lettres, mettant les affaires religieuses au passif du r\u00e8gne de ce \u00ab\u00a0despote \u00e9clair\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat, c\u2019est moi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"807\" class=\"cit-num\">807<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715). <em>L\u2019\u00c9tat baroque\u00a0: regards sur la pens\u00e9e politique de la France du premier <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1985), H.\u00a0M\u00e9choulan, E.\u00a0Le Roy Ladurie, A.\u00a0Robinet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Mot r\u00e9put\u00e9 apocryphe, souvent cit\u00e9, qui refl\u00e8te la r\u00e9alit\u00e9 de tout le r\u00e8gne et fut r\u00e9ellement prononc\u00e9 avant m\u00eame le d\u00e9but du r\u00e8gne personnel, selon l\u2019historien Louis Madelin (<em>La Fronde<\/em>).<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> vient d\u2019\u00eatre sacr\u00e9 roi \u00e0 Reims (1654), mais Mazarin exer\u00e7ait toujours le pouvoir. \u00c0 sa demande, le roi signe divers \u00e9dits financiers pour renflouer le Tr\u00e9sor et poursuivre la guerre contre l\u2019Espagne. Certains magistrats du Parlement de Paris en discutent la l\u00e9galit\u00e9. Or, il faut \u00e0 tout prix \u00e9viter une nouvelle fronde parlementaire.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, en costume de chasse, se rend devant le Parlement r\u00e9uni en lit de justice\u00a0: \u00ab\u00a0Chacun sait combien ces assembl\u00e9es ont excit\u00e9 de troubles dans mon \u00c9tat et combien de dangereux effets elles y ont produits. J\u2019ai appris que vous pr\u00e9tendiez encore les continuer sous pr\u00e9texte de d\u00e9lib\u00e9rer sur les \u00e9dits qui ont \u00e9t\u00e9 lus et publi\u00e9s en ma pr\u00e9sence.\u00a0\u00bb Le pr\u00e9sident invoque l\u2019int\u00e9r\u00eat de l\u2019\u00c9tat dans cette affaire, et le roi le fait taire, en affirmant\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019\u00c9tat, c\u2019est moi\u00a0\u00bb (13\u00a0avril 1655). Il a 16\u00a0ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous sommes la t\u00eate d\u2019un corps dont les sujets sont les membres.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"808\" class=\"cit-num\">808<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, plus qu\u2019aucun roi, incarne le pouvoir et s\u2019identifie \u00e0 la France. On trouve cette notion tr\u00e8s physique et m\u00eame sensuelle de la royaut\u00e9 chez Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, mais le temps n\u2019\u00e9tait pas encore venu de rendre effective la monarchie absolue.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Ultima ratio regum.\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Dernier argument des rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"817\" class=\"cit-num\">817<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), devise grav\u00e9e sur ses canons<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Concise et pr\u00e9cise, la devise est une bonne citation historique. Celle-ci donne une cl\u00e9 de la politique ext\u00e9rieure du r\u00e8gne et du personnage. La guerre est l\u2019une des passions du roi, la victoire \u00e9tant ce qui peut le mieux servir sa gloire. D\u2019o\u00f9 trente-trois ann\u00e9es de guerre sur un r\u00e8gne personnel de cinquante-quatre ans. Ses contemporains sont du m\u00eame avis\u00a0: un roi guerrier fait son m\u00e9tier de roi.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> va poursuivre trois buts\u00a0qu\u2019on nommerait aujourd\u2019hui g\u00e9opolitiques\u00a0: pr\u00e9\u00e9minence de la France dans le monde, fronti\u00e8re strat\u00e9gique assur\u00e9e au nord-est, vis\u00e9es sur la prochaine succession d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Il se donnera les moyens de sa politique\u00a0: grands diplomates (Lionne, Pomponne, de Torcy, le neveu de Colbert), r\u00e9organisation militaire conduite par Louvois, effectifs consid\u00e9rables pour une arm\u00e9e de m\u00e9tier (passant de 72\u00a0000 hommes en 1667 \u00e0 400\u00a0000 en 1703), marine de guerre d\u00e9velopp\u00e9e par Colbert (La Royale a 18 vaisseaux en 1661, 276 en 1683), places fortes cr\u00e9\u00e9es ou renforc\u00e9es par Vauban.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Nec pluribus impar.\u00a0\u00bb<\/em> \u00ab\u00a0Sup\u00e9rieur \u00e0 tous.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"853\" class=\"cit-num\">853<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Non inf\u00e9rieur (ou\u00a0: in\u00e9gal) \u00e0 plusieurs (ou\u00a0: au plus grand nombre)\u00a0\u00bb \u2013\u00a0c\u2019est litt\u00e9ralement intraduisible. On peut quand m\u00eame essayer, en recourant \u00e0 une litote.<\/p>\n<p>D\u2019autres traductions existent, sign\u00e9es d\u2019historiens. Pierre Larousse, auteur du dictionnaire, pose la question et avoue qu\u2019il n\u2019y a pas de r\u00e9ponse claire, m\u00eame pas celle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Je suffirai \u00e0 \u00e9clairer encore d\u2019autres mondes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>En tout cas, la devise latine accompagne l\u2019embl\u00e8me choisi lors de la f\u00eate du Carrousel, en juin\u00a01662\u00a0: le Soleil. Ainsi se d\u00e9veloppe une mystique d\u2019origine divine, mais en r\u00e9alit\u00e9 bien pa\u00efenne du \u00ab\u00a0Roi-Soleil\u00a0\u00bb, personnage presque supraterrestre, dont le culte atteint son apog\u00e9e avec l\u2019installation de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 Versailles en 1682.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est Dieu, il faut attendre sa volont\u00e9 avec soumission, et tout esp\u00e9rer de sa justice et de sa bont\u00e9, sans impatience, afin d\u2019en avoir plus de m\u00e9rite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"831\" class=\"cit-num\">831<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duchesse de <span class=\"caps\">MONTPENSIER<\/span> (1627-1693),<em> M\u00e9moires de Mlle\u00a0de Montpensier<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Grande Mademoiselle, Anne-Marie d\u2019Orl\u00e9ans, fille de Gaston d\u2019Orl\u00e9ans, cousine germaine de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, rescap\u00e9e de la Fronde et de l\u2019exil qui s\u2019ensuivit pour elle, extravagante princesse, illustre bien l\u2019adage\u00a0: l\u2019argent ne fait pas le bonheur. On peut m\u00eame dire que son immense fortune h\u00e9rit\u00e9e de sa m\u00e8re (Marie de Bourbon, duchesse de Montpensier) lui attire de nombreux pr\u00e9tendants et d\u2019innombrables ennuis en amour. Elle souffre \u00e9galement de voir la noblesse neutralis\u00e9e, impuissante et humili\u00e9e sous le r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai failli attendre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"848\" class=\"cit-num\">848<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715).<em> Dictionnaire de fran\u00e7ais Larousse<\/em>, au mot \u00ab\u00a0attendre\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On lui pr\u00eate ce mot, souvent cit\u00e9, jamais \u00ab\u00a0sourc\u00e9\u00a0\u00bb. La duchesse d\u2019Orl\u00e9ans, dans ses <em>M\u00e9moires<\/em>, rapporte seulement que le roi ne peut souffrir qu\u2019on le fasse attendre. Ce qui est assez normal pour un homme si occup\u00e9, si minut\u00e9 dans l\u2019emploi de son temps, et roi, de surcro\u00eet.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Avec un almanach et une montre, on pouvait, \u00e0 trois cents lieues de lui, dire avec justesse ce qu\u2019il faisait.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"849\" class=\"cit-num\">849<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span> (1675-1755), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Contraste frappant et paradoxe apparent, le roi si occup\u00e9 se pla\u00eet \u00e0 r\u00e9duire tous les Grands \u00e0 une inactivit\u00e9 dor\u00e9e, mais forc\u00e9e. Louis de Rouvroy, duc de Saint-Simon, rest\u00e9 dans l\u2019histoire pour ses <em>M\u00e9moires<\/em> (posthumes), fut un \u00e9ternel frustr\u00e9, n\u2019ayant jamais le r\u00f4le politique qu\u2019il r\u00eavait de jouer.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les louanges, disons mieux, la flatterie, lui plaisaient \u00e0 tel point que les plus grossi\u00e8res \u00e9taient bien re\u00e7ues, les plus basses encore mieux savour\u00e9es.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"852\" class=\"cit-num\">852<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de\u00a0<span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span> (1675-1755), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est une des faiblesses de cet homme fort et un des petits c\u00f4t\u00e9s du grand homme que cette mauvaise langue de Saint-Simon se pla\u00eet \u00e0 relever. L\u2019orgueil inn\u00e9 en est la cause, la fonction royale d\u00e9veloppe ce penchant, l\u2019attitude de la cour et des courtisans aggrave le cas.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a en lui de l\u2019\u00e9toffe de quoi faire quatre rois et un honn\u00eate homme.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"845\" class=\"cit-num\">845<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661) \u00e0 propos de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. <em>M\u00e9moires du mar\u00e9chal de Gramont<\/em> (posthume, 1827)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ministre tout-puissant de 1643 \u00e0 1661, Mazarin initia le jeune roi aux affaires apr\u00e8s sa majorit\u00e9 (13\u00a0ans), d\u2019o\u00f9 une solide formation politique, plus pratique que livresque. Le ma\u00eetre eut le temps d\u2019appr\u00e9cier son royal \u00e9l\u00e8ve \u2013 qui aura le plus long r\u00e8gne de l\u2019histoire de France\u00a0: de 5 \u00e0 77\u00a0ans.<br>Apr\u00e8s huit ann\u00e9es d\u2019apprentissage, \u00e2g\u00e9 de 22\u00a0ans, le roi ne perd pas un jour pour appliquer ses le\u00e7ons. Le \u00ab\u00a0si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0\u00bb commence vraiment avec le r\u00e8gne personnel qui va durer 54 ans.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0Qui a dit quoi de qui\u00a0\u00bb nourrit une chronique o\u00f9 le roi est naturellement le personnage principal, auteur ou objet du portrait.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je r\u00e9solus sur toutes choses de ne point prendre de Premier ministre [\u2026] rien n\u2019\u00e9tant plus indigne que de voir d\u2019un c\u00f4t\u00e9 toute la fonction et de l\u2019autre le seul titre de Roi.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"855\" class=\"cit-num\">855<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), <em>M\u00e9moires pour l\u2019instruction du Dauphin<\/em> (1662)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi entreprend la r\u00e9daction de ce pr\u00e9cieux document d\u00e8s la premi\u00e8re ann\u00e9e du r\u00e8gne personnel, songeant d\u00e9j\u00e0 \u00e0 l\u2019\u00e9ducation politique de son successeur et l\u2019initiant, par l\u2019exemple, au difficile m\u00e9tier de roi. Le Grand Dauphin, n\u00e9 cette m\u00eame ann\u00e9e 1661, meurt trop t\u00f4t pour r\u00e9gner, de m\u00eame le Second Dauphin. C\u2019est donc son arri\u00e8re-petit-fils (Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>) qui en fera usage. Et c\u2019est Voltaire, dans <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em>, qui publiera le premier une partie de ces <em>M\u00e9moires<\/em>.<\/p>\n<p>L\u2019autorit\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> est d\u00e9sormais sans partage\u00a0: \u00ab\u00a0Sans la donner enti\u00e8re \u00e0 pas un\u00a0\u00bb, il donne sa confiance \u00e0 quelques ministres bien choisis, \u00ab\u00a0appliquant ces diverses personnes \u00e0 diverses choses, selon leurs divers talents, [ce] qui est peut-\u00eatre le premier et le plus grand talent des princes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Le roi garde les trois ministres de Mazarin, la \u00ab\u00a0triade\u00a0\u00bb exp\u00e9riment\u00e9e\u00a0: Fouquet (Finances), Lionne (Affaires \u00e9trang\u00e8res), Le Tellier (Guerre). Colbert, chaudement recommand\u00e9 par Mazarin mourant, a charge d\u2019enqu\u00eater sur la fortune du surintendant Fouquet. Cela va prendre quelques mois et le r\u00e9sultat sera le premier coup de th\u00e9\u00e2tre du r\u00e8gne. En attendant\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon fr\u00e8re, vous allez \u00e9pouser tous les os des Saints Innocents.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"856\" class=\"cit-num\">856<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), \u00e0 son fr\u00e8re Philippe d\u2019Orl\u00e9ans, fin mars\u00a01661. <em>M\u00e9moires de Mlle\u00a0de Montpensier<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On le marie malgr\u00e9 lui \u00e0 Henriette Anne d\u2019Angleterre, fort maigre \u00e0 cette \u00e9poque o\u00f9 la mode est aux femmes bien en chair \u2013 elle s\u2019\u00e9panouira joliment, l\u2019amour du comte de Guiche aidant, et le roi lui-m\u00eame le remarquera.<\/p>\n<p>Mazarin s\u2019est charg\u00e9 d\u2019\u00e9duquer Philippe d\u2019Orl\u00e9ans de fa\u00e7on \u00e0 affaiblir sa personnalit\u00e9, pour \u00e9viter que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> ait avec lui les m\u00eames ennuis que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> avec son fr\u00e8re Gaston d\u2019Orl\u00e9ans, l\u2019\u00e9ternel comploteur. Il l\u2019a fait initier \u00e0 l\u2019homosexualit\u00e9 par son neveu Filipo Mancini, en flattant ses penchants inn\u00e9s pour les fards et les d\u00e9guisements. Philippe fera n\u00e9anmoins plusieurs enfants \u00e0 ses deux femmes successives (la seconde \u00e9tant Charlotte-\u00c9lisabeth\u00a0de Bavi\u00e8re, princesse Palatine, m\u00e8re du futur R\u00e9gent). Et il se r\u00e9v\u00e9lera l\u2019un des meilleurs chefs militaires de son temps, au point que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, jaloux, lui retirera tout commandement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Quo non ascendet\u00a0?\u00a0\u00bb<\/em><br>\u00ab\u00a0Jusqu\u2019o\u00f9 ne montera-t-il pas\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"858\" class=\"cit-num\">858<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Nicolas <span class=\"caps\">FOUQUET<\/span> (1615-1680), devise figurant dans ses armes, sous un \u00e9cureuil<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il monta si haut\u2026 que le roi ne put le tol\u00e9rer.<\/p>\n<p>Fils d\u2019un conseiller au Parlement, vicomte de Vaux, enrichi par le commerce avec le Canada, Nicolas Fouquet ach\u00e8te la charge de procureur g\u00e9n\u00e9ral au Parlement de Paris, devient ami de Mazarin, surintendant des Finances, s\u2019enrichit encore, se paie le marquisat de Belle-Isle, y \u00e9tablit une force militaire personnelle et m\u00eame des fortifications. Au ch\u00e2teau de Vaux qu\u2019il fait construire, il sera le m\u00e9c\u00e8ne des plus prestigieux artistes du temps\u00a0: La Fontaine, Moli\u00e8re, Poussin, Le Vau, Le Brun.<\/p>\n<p>Colbert qui brigue sa place apporte la preuve qu\u2019une telle fortune fut acquise au prix de graves malversations. Invit\u00e9 \u00e0 une f\u00eate somptueuse \u00e0 Vaux, 5\u00a0septembre 1661, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait arr\u00eater son surintendant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La chute de ce ministre \u00e0 qui on avait bien moins de reproches \u00e0 faire qu\u2019au cardinal Mazarin, fit voir qu\u2019il n\u2019appartient pas \u00e0 tout le monde de faire les m\u00eames fautes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"859\" class=\"cit-num\">859<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Richelieu avant Mazarin et Colbert apr\u00e8s Fouquet ont aussi profit\u00e9 de leur place dans l\u2019\u00c9tat pour s\u2019enrichir. Mais Fouquet voulut \u00e9blouir le roi qui voulait seul \u00e9blouir le monde. Pr\u00e9tention impardonnable.<\/p>\n<p>Son arrestation est le premier acte politique du r\u00e8gne\u00a0: Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> prenant ainsi le pouvoir surprend tout son entourage. Et Colbert sera pay\u00e9 de sa premi\u00e8re mission si bien remplie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Pro rege saepe; pro patria semper.\u00a0\u00bb<\/em><br>\u00ab\u00a0Pour le roi souvent\u00a0; pour la patrie toujours.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"862\" class=\"cit-num\">862<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COLBERT<\/span> (1619-1683), sa devise<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fils de bourgeois anoblis (drapiers de Reims), Colbert sera l\u2019un des grands \u00ab\u00a0commis de l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb durant vingt-deux ans, sachant rester au second plan pour ne pas faire ombre au Roi-Soleil\u00a0!<\/p>\n<p>Homme de dossiers, mais aussi de clan et de famille, il place ses hommes et ses fils, marie ses filles \u00e0 des ducs et lutte contre les intrigues du clan Le Tellier, notamment de Louvois, ministre de la Guerre.<\/p>\n<p>Travailleur infatigable, il cumule les postes cl\u00e9s avec un ambitieux programme pour enrichir le pays\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut r\u00e9tablir ou cr\u00e9er toutes les industries, m\u00eame de luxe\u00a0; \u00e9tablir le syst\u00e8me protecteur dans les douanes\u00a0; organiser les producteurs et les commer\u00e7ants en corporations\u00a0; restituer \u00e0 la France le transport maritime de ses produits\u00a0; d\u00e9velopper les colonies et les attacher commercialement \u00e0 la France\u00a0; d\u00e9velopper la marine militaire pour prot\u00e9ger la marine marchande.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La France du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle doit son rayonnement international \u00e0 Colbert. Une disgr\u00e2ce royale imminente en fin de vie semble plus injuste aux historiens que son impopularit\u00e9 dans le pays.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fils de roi\u00a0; p\u00e8re de roi\u00a0; jamais roi\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"864\" class=\"cit-num\">864<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Horoscope de Louis de France. <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Grand Dauphin (Monseigneur) na\u00eet le 1er\u00a0novembre 1661. Fils a\u00een\u00e9 de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, il sera p\u00e8re de Philippe\u00a0V roi d\u2019Espagne, mais il meurt de la petite v\u00e9role \u00e0 50\u00a0ans, avant d\u2019avoir pu acc\u00e9der au tr\u00f4ne.<\/p>\n<p>Il n\u2019est pas certain qu\u2019il l\u2019ait ardemment d\u00e9sir\u00e9, vu son caract\u00e8re un peu mou et son \u00e9ducation un peu rude. Il reporta toute la fiert\u00e9 de son sang royal sur son deuxi\u00e8me fils, le duc d\u2019Anjou (les deux autres moururent jeunes), revendiquant l\u2019h\u00e9ritage de la couronne d\u2019Espagne sur laquelle sa m\u00e8re Marie-Th\u00e9r\u00e8se d\u2019Autriche (infante espagnole) lui a donn\u00e9 des droits.<\/p>\n<p>Les astrologues \u00e9taient r\u00e9guli\u00e8rement consult\u00e9s en ces \u00e9poques o\u00f9 superstition, sorcellerie et magie faisaient partie de la vie quotidienne \u2013 le Grand Si\u00e8cle est en cela plus proche de la Renaissance que des Lumi\u00e8res. Mais jusqu\u2019\u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XX<\/span>e si\u00e8cle, la classe politique restait une client\u00e8le fid\u00e8le des devins, encore tr\u00e8s sollicit\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tu trembles, carcasse, mais tu tremblerais bien davantage si tu savais o\u00f9 je vais te mener\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"868\" class=\"cit-num\">868<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TURENNE<\/span> (1611-1675) se parlant \u00e0 lui-m\u00eame, en 1667. <em>Nouvelles consid\u00e9rations sur les rapports du physique et du moral<\/em> (1834), Pierre Maine de Biran<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Henri de La Tour d\u2019Auvergne, vicomte de Turenne, s\u2019appr\u00eate \u00e0 reprendre du service vingt ans apr\u00e8s sa brillante guerre de Trente Ans.<\/p>\n<p>La guerre de D\u00e9volution (dite aussi de Flandre ou des Droits de la Reine), premi\u00e8re guerre de conqu\u00eate, se pr\u00e9pare depuis le d\u00e9but du r\u00e8gne par un jeu d\u2019alliances. \u00c0 la mort de Philippe\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> d\u2019Espagne (1665), Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> invoquant le trait\u00e9 des Pyr\u00e9n\u00e9es (1659) entend faire valoir les droits de sa femme sur les Pays-Bas (espagnols)\u00a0: fille du roi d\u2019Espagne, elle y a renonc\u00e9 en \u00e9pousant le roi de France, mais en \u00e9change d\u2019une dot consid\u00e9rable, toujours impay\u00e9e\u2026 Les victoires se succ\u00e8dent, Louvois et Vauban ont bien pr\u00e9par\u00e9 l\u2019arm\u00e9e. En trois mois, cette ann\u00e9e 1667, Turenne enl\u00e8ve la Flandre (dont Lille) \u00e0 l\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Autre version du mot de Turenne\u00a0: il parlerait \u00e0 son cheval Carcasse, avant sa derni\u00e8re bataille, en 1675. De toute mani\u00e8re, c\u2019est le mot d\u2019un tr\u00e8s courageux soldat de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, promu mar\u00e9chal de France \u00e0 32\u00a0ans. Sa mort \u00e0 64 ans le rendra plus illustre encore.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00d4 nuit d\u00e9sastreuse\u00a0! \u00f4 nuit effroyable, o\u00f9 retentit tout \u00e0 coup, comme un \u00e9clat de tonnerre, cette \u00e9tonnante nouvelle\u00a0: Madame se meurt, Madame est morte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"873\" class=\"cit-num\">873<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BOSSUET<\/span> (1627-1704),<em> Oraison fun\u00e8bre d\u2019Henriette Anne d\u2019Angleterre<\/em> (1670)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Depuis dix ans, Bossuet est le pr\u00e9dicateur de la cour\u00a0: des sermons par centaines, et une \u00e9loquence incantatoire dont Malraux, ministre de la Culture, retrouvera les accents et le lyrisme, trois si\u00e8cles apr\u00e8s.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9loge fun\u00e8bre de Madame, femme de Monsieur, est un mod\u00e8le du genre. Le fr\u00e8re du roi, Philippe d\u2019Orl\u00e9ans, fut mari\u00e9 malgr\u00e9 lui \u00e0 cette princesse anglaise, maigre comme \u00ab\u00a0les os des Saints Innocents\u00a0\u00bb (1661). La cour de France et l\u2019amour de quelques amants (dont le roi) ont m\u00e9tamorphos\u00e9 Henriette. Aussi belle que spirituelle, elle vit au-dessus des moyens d\u2019une sant\u00e9 fragile\u00a0: passion pour la chasse et la danse, intrigues, quatre maternit\u00e9s, sc\u00e8nes de jalousie de Monsieur qui voit sa femme dans les bras de son favori, le comte de Guiche\u2026<\/p>\n<p>On parla d\u2019un empoisonnement, d\u00e9menti apr\u00e8s autopsie. En tout cas, la mort subite d\u2019Henriette, \u00e0 26\u00a0ans, cause un \u00e9moi dont Bossuet donne un juste \u00e9cho\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi, la reine, Monsieur, toute la cour, tout le peuple, tout est abattu, tout est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9\u00a0; et il me semble que je vois l\u2019accomplissement de cette parole du proph\u00e8te\u00a0: \u00ab\u00a0Le roi pleurera, le prince sera d\u00e9sol\u00e9, et les mains tomberont au peuple de douleur et d\u2019\u00e9tonnement.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je m\u2019en vais vous mander la chose la plus \u00e9tonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus \u00e9tourdissante, la plus inou\u00efe, la plus singuli\u00e8re, la plus extraordinaire, la plus incroyable, la plus impr\u00e9vue, la plus grande, la plus petite, la plus rare, la plus commune, la plus \u00e9clatante, la plus secr\u00e8te jusqu\u2019aujourd\u2019hui, la plus brillante, la plus digne d\u2019envie\u2026\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"875\" class=\"cit-num\">875<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquise\u00a0de <span class=\"caps\">S\u00c9VIGN\u00c9<\/span> (1626-1696), Lettre, 15\u00a0d\u00e9cembre 1670<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Quelle \u00ab\u00a0chose\u00a0\u00bb d\u00e9cha\u00eene le talent de l\u2019infatigable chroniqueuse du Grand\u00a0Si\u00e8cle dans la plus c\u00e9l\u00e8bre de ses lettres\u00a0? Tout simplement le mariage annonc\u00e9 pour dimanche prochain de M. de Lauzun avec\u2026 \u00ab\u00a0Devinez qui\u00a0? Mademoiselle, la Grande Mademoiselle\u00a0; Mademoiselle fille de feu Monsieur\u00a0; Mademoiselle, petite-fille de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0; Mlle\u00a0d\u2019Eu, Mlle\u00a0de Dombes, Mlle\u00a0de Montpensier, Mlle\u00a0d\u2019Orl\u00e9ans, Mademoiselle, cousine germaine du Roi\u00a0; Mademoiselle, destin\u00e9e au tr\u00f4ne\u00a0; Mademoiselle, le seul parti de France qui f\u00fbt digne de Monsieur.\u00a0\u00bb En fait, Mademoiselle n\u2019\u00e9pousera pas Lauzun ou du moins pas \u00ab\u00a0dimanche prochain\u00a0\u00bb comme annonc\u00e9. Le roi s\u2019y oppose.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est mort aujourd\u2019hui un homme qui faisait honneur \u00e0 l\u2019homme.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"883\" class=\"cit-num\">883<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Prince <span class=\"caps\">MONTECUCOLLI<\/span> (1609-1680), rendant hommage \u00e0 son ennemi Turenne, Salzbach (ou Sasbach), 27\u00a0juillet 1675. <em>L\u2019Histoire de France depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu\u2019en 1789<\/em> (1875), Fran\u00e7ois Guizot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s sa (premi\u00e8re) victoire sur l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale du Saint-Empire \u00e0 Turckheim, la foule accueille Turenne \u00e0 Paris comme le lib\u00e9rateur du royaume. Combl\u00e9 d\u2019honneurs et toujours modeste, il souhaite se retirer \u00e0 l\u2019Oratoire, mais Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> lui donne le commandement de la nouvelle campagne de 1675. Et \u00e0 64\u00a0ans, le mar\u00e9chal de France retrouve son vieil adversaire Montecucolli\u00a0: g\u00e9n\u00e9ralissime des troupes de l\u2019empereur germanique, \u00e2g\u00e9 de 66\u00a0ans et toujours combattant.<\/p>\n<p>Deux mois durant, ils d\u00e9ploient leurs arm\u00e9es en grands tacticiens. Turenne semble avoir l\u2019avantage et va passer \u00e0 l\u2019offensive\u2026 quand il est mortellement bless\u00e9 par un boulet de canon, au cours d\u2019une op\u00e9ration de reconnaissance. Il sera enseveli \u00e0 la basilique de Saint-Denis \u2013 et transf\u00e9r\u00e9 en 1800 aux Invalides, par Bonaparte admiratif.<\/p>\n<p>Pardonn\u00e9 par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> apr\u00e8s sa Fronde, sa tra\u00eetrise et sa condamnation \u00e0 mort, le Grand Cond\u00e9 remplacera son plus ancien ami et adversaire, Turenne. De nouvelles victoires sur terre et sur mer (contre l\u2019escadre hollandaise en M\u00e9diterran\u00e9e) permettent \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> de traiter en position de force au congr\u00e8s de Nim\u00e8gue (1678-1679). Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le Grand, \u00e0 l\u2019apog\u00e9e de son r\u00e8gne, appara\u00eet comme l\u2019arbitre de l\u2019Europe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toutes les fois qu\u2019elle craignait quelque diminution aux bonnes gr\u00e2ces du Roi, elle donnait avis \u00e0 ma m\u00e8re afin qu\u2019elle y apport\u00e2t quelque rem\u00e8de.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"885\" class=\"cit-num\">885<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie-Marguerite <span class=\"caps\">MONVOISIN<\/span> (1658-\u00a0??), belle-fille (et complice) de la Voisin, parlant de Madame de Montespan. <em>Le Drame des poisons<\/em> (1900), Frantz Funck-Brentano<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Voisin (du nom de son mari, le sieur Monvoisin), n\u00e9e Catherine Deshayes, est connue dans le quartier Saint-Denis (lieu de tous les trafics) comme marchande de beaux effets pour nobles dames, mais aussi avorteuse. Elle va \u00eatre au centre du plus grave fait divers faisant scandale au si\u00e8cle de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<p>Accus\u00e9e d\u2019avoir pratiqu\u00e9 la sorcellerie et fourni des poisons, elle ne donne pas le nom de la ma\u00eetresse royale, mais sa belle-fille met en cause Mme\u00a0de Montespan, la ma\u00eetresse de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>. Elle aurait donn\u00e9 au roi des \u00ab\u00a0rem\u00e8des\u00a0\u00bb, en fait des aphrodisiaques peu rago\u00fbtants (f\u0153tus s\u00e9ch\u00e9s, sperme de bouc, bave de crapaud, poussi\u00e8re de taupes dess\u00e9ch\u00e9es, sang de chauve-souris, semence humaine et sang menstruel) qui ont \u00e9branl\u00e9 sa sant\u00e9 pourtant robuste. On parle aussi de messes noires o\u00f9, dit-on, des enfants sont \u00e9gorg\u00e9s sur l\u2019autel du diable.<\/p>\n<p>L\u2019affaire des Poisons allait compromettre trop de monde \u00e0 la cour. Il suspend les interrogatoires. L\u2019enqu\u00eate publique est ferm\u00e9e, le roi fait br\u00fbler les dossiers, jetant lui-m\u00eame au feu de la chemin\u00e9e les pages compromettant son ex-favorite. La Chambre ardente aura si\u00e9g\u00e9 trois ans\u00a0! Au final, 36 condamnations \u00e0 mort prononc\u00e9es et appliqu\u00e9es.<\/p>\n<p>La Voisin, main coup\u00e9e, subit la question, avant d\u2019\u00eatre br\u00fbl\u00e9e en place de Gr\u00e8ve, le 22\u00a0f\u00e9vrier 1680 et la \u00ab\u00a0fille Monvoisin\u00a0\u00bb sera enferm\u00e9e \u00e0 la citadelle Vauban de Belle-Isle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si j\u2019avais fait pour Dieu ce que j\u2019ai fait pour cet homme, je serais sauv\u00e9 dix fois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"891\" class=\"cit-num\">891<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COLBERT<\/span> (1619-1683), sur son lit de mort, parlant de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, d\u00e9but septembre\u00a01683. Mot de la fin. <em>Histoire de la vie et de l\u2019administration de Colbert<\/em> (1846), Pierre Cl\u00e9ment<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grand commis de l\u2019\u00c9tat, il accomplit une t\u00e2che surhumaine, cumulant peu \u00e0 peu les postes d\u2019intendant des Finances, contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral, surintendant des B\u00e2timents, Arts et Manufactures, secr\u00e9taire \u00e0 la Maison du roi et \u00e0 la Marine. Il dirigea et r\u00e9glementa l\u2019\u00e9conomie, r\u00e9organisa l\u2019administration, g\u00e9ra les \u00ab\u00a0affaires culturelles\u00a0\u00bb, encouragea le commerce d\u00e9fini comme \u00ab\u00a0une guerre d\u2019argent\u00a0\u00bb et enrichit le pays au nom d\u2019un mercantilisme qui fait loi \u2013 le colbertisme. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> lui doit, autant que la France, une part de cette grandeur dont il est si fier.<\/p>\n<p>\u00c0 la veille de sa mort (6\u00a0septembre 1683), le cr\u00e9ateur du budget public (au sens moderne du mot) doit pourtant avoir un sentiment d\u2019\u00e9chec\u00a0: les d\u00e9penses de l\u2019\u00c9tat ne peuvent plus \u00eatre \u00e9quilibr\u00e9es par les recettes, notamment \u00e0 cause des d\u00e9penses militaires, et la cour parle d\u2019une \u00e9ventuelle disgr\u00e2ce de Colbert, au profit de son rival, l\u2019intrigant Louvois, ministre de la Guerre qui encourage le roi dans une politique ext\u00e9rieure toujours plus ambitieuse, aventureuse, bient\u00f4t ruineuse.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ci-g\u00eet l\u2019auteur de tous imp\u00f4ts<br>Dont \u00e0 pr\u00e9sent la France abonde.<br>Ne priez point pour son repos<br>Puisqu\u2019il l\u2019\u00f4tait \u00e0 tout le monde.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"892\" class=\"cit-num\">892<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9pitaphe (anonyme) de Colbert, 1683.<em> Dictionnaire de la mort<\/em> (1967), Robert Sabatier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le peuple d\u00e9teste souvent les ministres des Finances, mais Colbert, par sa rigueur, fut l\u2019un des plus impopulaires sous l\u2019Ancien R\u00e9gime. <em>La Mort de Colbert<\/em> est le titre d\u2019une chanson connue, en cette fin d\u2019ann\u00e9e 1683\u00a0: \u00ab\u00a0Caron \u00e9tant sur le rivage,\u00a0\/ Voyant Colbert, dit aussit\u00f4t\u00a0:\u00a0\/ Ne vient-il pas mettre un imp\u00f4t\u00a0\/ Sur mon pauvre passage.\u00a0\u00bb (Dans la mythologie, Caron avec sa barque permet aux \u00e2mes d\u2019acc\u00e9der au royaume des morts, mais il exige un p\u00e9age, pour franchir le fleuve Styx.)<\/p>\n<p>Les imp\u00f4ts accrus ou cr\u00e9\u00e9s, indirects et particuli\u00e8rement injustes au si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, ont caus\u00e9 des \u00e9meutes fiscales comme en 1675\u00a0: r\u00e9volte du papier timbr\u00e9, notamment en Bretagne. Autre raison d\u2019impopularit\u00e9\u00a0: la fortune rapide de ce fils de bourgeois anobli, mal vu par les Grands et suspect au peuple.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 force de vouloir para\u00eetre grand, vous avez failli ruiner votre propre grandeur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"893\" class=\"cit-num\">893<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">F\u00c9NELON<\/span> (1651-1715), <em>Les Aventures de T\u00e9l\u00e9maque<\/em> (1699)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette phrase de Mentor \u00e0 Idom\u00e9n\u00e9e, c\u2019est en fait F\u00e9nelon s\u2019adressant \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> dans cette \u0153uvre r\u00e9dig\u00e9e en 1695. Ce jugement s\u00e9v\u00e8re, malgr\u00e9 l\u2019effet de style et la m\u00e9taphore mythologique, s\u2019applique bien \u00e0 cette ann\u00e9e 1683, tournant du r\u00e8gne.<\/p>\n<p>Un exc\u00e8s de confiance en soi fait perdre au roi sa prudence et son sens inn\u00e9 de la mesure. Les ambitions territoriales et les continuelles provocations de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (encourag\u00e9 par Louvois) auront bient\u00f4t pour cons\u00e9quence de coaliser au sein de la ligue d\u2019Augsbourg toute l\u2019Europe (sauf la Suisse) contre la France. D\u00e9j\u00e0 les \u00ab\u00a0r\u00e9unions\u00a0\u00bb ont r\u00e9volt\u00e9 bien des populations depuis 1681\u00a0: voulant renforcer strat\u00e9giquement les fronti\u00e8res du royaume, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> se sert de l\u2019impr\u00e9cision juridique des trait\u00e9s pour annexer les \u00ab\u00a0d\u00e9pendances\u00a0\u00bb des villes conquises. Stupeur, puis fureur des souverains concern\u00e9s\u00a0: roi d\u2019Espagne, roi de Su\u00e8de, empereur d\u2019Allemagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le plus grand roi du monde, couvert de gloire, \u00e9pouser la veuve Scarron\u00a0? Voulez-vous vous d\u00e9shonorer\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"894\" class=\"cit-num\">894<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUVOIS<\/span> (1639-1691), \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> qui lui fait part de son projet de mariage, 1683. <em>M\u00e9moires et r\u00e9flexions sur les principaux \u00e9v\u00e9nements du r\u00e8gne de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1715), marquis de la Fare<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fran\u00e7ois Michel Le Tellier, marquis de Louvois, ose reprocher au roi son intention d\u2019\u00e9pouser Mme\u00a0de Maintenon, veuve d\u2019un boh\u00e8me des lettres.<\/p>\n<p>Sans ressources, la \u00ab\u00a0veuve Scarron\u00a0\u00bb \u00e9tait devenue gouvernante des enfants de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et Mme\u00a0de Montespan. La gouvernante supplanta la ma\u00eetresse. Apr\u00e8s la mort de sa femme Marie-Th\u00e9r\u00e8se (30\u00a0juillet 1683), le roi va \u00e9couter son c\u0153ur plut\u00f4t que son ministre pr\u00e9f\u00e9r\u00e9. Il \u00e9pousera secr\u00e8tement (en 1683 ou 1684) Mme\u00a0de Maintenon qui ne pardonnera jamais \u00e0 Louvois\u00a0: il sera disgraci\u00e9 sur son intervention, apr\u00e8s la chute de Mayence (en 1689).<\/p>\n<p>Surnomm\u00e9e Sainte Fran\u00e7oise par Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> (qui appr\u00e9cie sa pi\u00e9t\u00e9), mais aussi \u00ab\u00a0Madame Quatorze\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0Madame de Maintenant\u00a0\u00bb, deux autres surnoms spirituels et appropri\u00e9s, elle est d\u00e9test\u00e9e de la Palatine (m\u00e8re du R\u00e9gent et belle-s\u0153ur du roi) qui ne supporte pas cette femme bien-pensante, ma\u00eetresse du roi promue \u00e9pouse et toujours plus influente\u00a0: c\u2019est \u00ab\u00a0l\u2019Ordure du roi, la Vieille touffe, la Ripop\u00e9e, la Vieille conne, la Vieille guenon\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un Prince qui a honor\u00e9 la Maison de France, tout le nom fran\u00e7ais, son\u00a0si\u00e8cle, et pour ainsi dire l\u2019humanit\u00e9 tout enti\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"906\" class=\"cit-num\">906<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BOSSUET<\/span> (1627-1704), <em>Oraison fun\u00e8bre de Louis de Bourbon<\/em> (1686)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ayant fini l\u2019\u00e9ducation du Dauphin (1670-1680), l\u2019infatigable \u00e9v\u00eaque a repris ses activit\u00e9s de pr\u00e9dication \u00e0 Meaux. Il redevient grand orateur devant des auditoires mondains, en certaines occasions solennelles\u00a0: la derni\u00e8re sera la mort de son protecteur et ami, le prince de Cond\u00e9.<\/p>\n<p>On oublie sa Fronde et son alliance avec l\u2019Espagne ennemie, pour ne plus rappeler que le jeune vainqueur de Rocroi et de N\u00f6rdlingen avec Turenne, puis ses campagnes de Franche-Comt\u00e9 et d\u2019Alsace au service de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>. Le Grand Cond\u00e9, \u00e0 l\u2019inverse de Turenne mort \u00e0 65\u00a0ans au combat, acheva au m\u00eame \u00e2ge sa vie \u00e0 Chantilly, entour\u00e9 de po\u00e8tes et d\u2019\u00e9crivains (Boileau, Racine).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne me soucie pas qu\u2019il m\u2019aime, je me soucie qu\u2019il m\u2019\u00e9pouse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"911\" class=\"cit-num\">911<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mlle\u00a0de <span class=\"caps\">BLOIS<\/span> (1677-1749), lors de son mariage avec le futur R\u00e9gent, Philippe d\u2019Orl\u00e9ans, janvier\u00a01692. <em>Nouvelle collection des m\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de France\u00a0: depuis le <span class=\"caps\">XIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e<\/em> (1837), J.\u00a0Michaud, <span class=\"caps\">J. J. F.<\/span> Poujoulat<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 15 ans, Fran\u00e7oise-Marie de Bourbon, fille de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et de sa ma\u00eetresse Mme\u00a0de Montespan, ne s\u2019embarrasse pas de sentiments\u00a0! L\u2019abb\u00e9 Dubois, pr\u00e9cepteur de Philippe, l\u2019a influenc\u00e9 en sa faveur, alors que sa m\u00e8re, la princesse Palatine, outr\u00e9e que le roi f\u00eet \u00e9pouser \u00e0 son neveu une b\u00e2tarde, lui est farouchement oppos\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon fils, soyez bon Espagnol, mais n\u2019oubliez jamais que vous \u00eates n\u00e9 Fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"923\" class=\"cit-num\">923<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), \u00e0 son petit-fils, Philippe duc d\u2019Anjou, avant son d\u00e9part pour Madrid, 16\u00a0novembre\u00a01700. <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume), Saint-Simon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le m\u00e9morialiste rapporte le propos royal, mais dans une forme un peu moins concise que celle habituellement retenue\u00a0: \u00ab\u00a0Soyez bon Espagnol, c\u2019est pr\u00e9sentement votre premier devoir\u00a0; mais souvenez-vous que vous \u00eates n\u00e9 Fran\u00e7ais, pour entretenir l\u2019union entre les deux nations\u00a0: c\u2019est le moyen de les rendre heureuses et de conserver la paix de l\u2019Europe.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Il n\u2019y a plus de Pyr\u00e9n\u00e9es\u00a0!\u00a0\u00bb conclut le roi quand son petit-fils devient Philippe\u00a0V d\u2019Espagne.\u00a0 Un prince de son sang succ\u00e8de \u00e0 l\u2019ennemi h\u00e9r\u00e9ditaire, dans un pays certes d\u00e9cadent, mais encore immense avec son empire. Depuis cette date, les Bourbons r\u00e8gnent sur l\u2019Espagne, jusqu\u2019au roi actuel Felipe <span class=\"caps\">VI<\/span> (fils de Juan Carlos).<\/p>\n<p>Philippe\u00a0V est royalement accueilli par ses nouveaux sujets. Fier de ce succ\u00e8s (remport\u00e9 sur l\u2019empereur d\u2019Allemagne qui voulait placer son second fils, l\u2019archiduc Charles), Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, trop s\u00fbr de lui, va multiplier les imprudences. La guerre de Succession d\u2019Espagne d\u00e9chirera l\u2019Europe \u00e0 partir de 1702 et jusqu\u2019en 1714.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quelle gr\u00e2ce de faire par pure vertu ce que tant d\u2019autres femmes font sans m\u00e9rite et par passion\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"928\" class=\"cit-num\">928<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">GODET<\/span> des <span class=\"caps\">MARAIS<\/span> (1647-1709), \u00e9v\u00eaque de Chartres et directeur spirituel de la Maison de Saint-Cyr, confesseur de Mme\u00a0de Maintenon, \u00e0 sa p\u00e9nitente.<em> Lettres \u00e0 Madame de Maintenon<\/em> (\u00e9dit\u00e9es en 1778)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9pouse morganatique du roi, elle se plaint en 1704 de ce qu\u2019il \u00ab\u00a0lui donne le bonsoir\u00a0\u00bb jusqu\u2019\u00e0 deux fois par nuit\u00a0: elle a 70\u00a0ans, et lui 66.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le s\u00e9ducteur n\u2019a plus de ma\u00eetresses et la religion l\u2019occupe davantage, avec l\u2019\u00e2ge et sous l\u2019influence de \u00ab\u00a0sainte Fran\u00e7oise\u00a0\u00bb (le surnom qu\u2019il donne \u00e0 sa femme, n\u00e9e Fran\u00e7oise d\u2019Aubign\u00e9). Il garde pourtant un grand app\u00e9tit de vie \u2013 malgr\u00e9 l\u2019op\u00e9ration d\u2019une fistule anale (novembre\u00a01686), premi\u00e8re d\u2019une s\u00e9rie d\u2019interventions qui vont amener une certaine d\u00e9ch\u00e9ance physique, voire mentale. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> continuera cependant de chasser, de manger, d\u2019aimer, de r\u00e9gner jusqu\u2019\u00e0 l\u2019extr\u00eame limite de ses forces.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis, avec sa charmante, <br>Enferm\u00e9 dans Trianon,<br>Sur la mis\u00e8re pr\u00e9sente, <br>Se lamente sur ce ton\u00a0:<br>Et allons, ma tourlourette<br>Et allons, ma tourlouron.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"934\" class=\"cit-num\">934<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Louis avec sa charmante<\/em>, chanson. <em>Le Nouveau Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> ou Choix de chansons historiques et satiriques<\/em> (1857), Gustave Brunet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La crise \u00e9conomique et sociale ronge le pays et m\u00eame \u00e0 la cour, les marchands exigent d\u2019\u00eatre pay\u00e9s comptant, pour livrer au roi le linge \u00e0 son usage personnel\u00a0!<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, tr\u00e8s \u00e9prouv\u00e9, trouve un r\u00e9confort moral aupr\u00e8s de Mme\u00a0de Maintenon, mais il est de plus en plus conscient de la gravit\u00e9 de la situation. Il cherche \u00e0 n\u00e9gocier la paix. Malheureusement, la coalition impose des clauses inacceptables (restitution ou d\u00e9militarisation de villes fran\u00e7aises).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Accabl\u00e9 des plus funestes revers et d\u2019une cruelle famine, hors de pouvoir de continuer la guerre, ni d\u2019obtenir la paix [\u2026], ce prince vit p\u00e9rir sous ses yeux son fils unique, une princesse qui seule fit toute sa joie, ses deux petits-fils, deux de ses arri\u00e8re-petits-fils.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"940\" class=\"cit-num\">940<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">SIMON<\/span> (1675-1755), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume).\u00a0<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Triste fin de r\u00e8gne, en contraste avec les temps si longtemps florissants du Grand Si\u00e8cle.<\/p>\n<p>La princesse en question est Marie-Ad\u00e9la\u00efde de Savoie, femme de l\u2019a\u00een\u00e9 de ses petits-fils, le duc de Bourgogne. Les \u00e9poux mourront de la rougeole \u00e0 six jours d\u2019intervalle en f\u00e9vrier\u00a01712. Suivis un mois apr\u00e8s par leur fils a\u00een\u00e9, Louis, duc de Bretagne. Au terme de tous ces d\u00e9c\u00e8s, l\u2019h\u00e9ritier de la couronne sera l\u2019arri\u00e8re-petit-fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, le futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, n\u00e9 \u00e0 Versailles le 15\u00a0f\u00e9vrier 1710.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon enfant, vous allez \u00eatre un grand roi. Ne m\u2019imitez pas dans le go\u00fbt que j\u2019ai eu pour les b\u00e2timents ni dans celui que j\u2019ai eu pour la guerre. T\u00e2chez de soulager vos peuples, ce que je suis malheureux pour n\u2019avoir pu faire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"943\" class=\"cit-num\">943<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), au futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, 26\u00a0ao\u00fbt 1715. <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume), Saint-Simon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi re\u00e7oit le petit Dauphin dans sa chambre. Il lui donne une ultime le\u00e7on.<\/p>\n<p>Le marquis de Dangeau, m\u00e9morialiste, nous a laiss\u00e9 un<em> Journal de la cour de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> qui retrace avec minutie les derniers jours. Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait preuve d\u2019autant de dignit\u00e9 que d\u2019humilit\u00e9. La guerre, entreprise et soutenue par souci de grandeur mais aussi par vanit\u00e9, cause de la ruine des peuples, semble \u00eatre son grand remords.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Un personnage parle d\u2019un autre personnage. Exemple type\u00a0: \u00ab\u00a0Un fou a dit \u00ab\u00a0Moi, la France\u00a0\u00bb et personne n\u2019a ri parce que c\u2019\u00e9tait vrai.\u00a0\u00bb Fran\u00e7ois Mauriac \u00e9voquant de Gaulle en juin 1940.Le premier \u00ab\u00a0qui\u00a0\u00bb est quelquefois le peuple (acteur anonyme) s\u2019exprimant en chanson, pamphlet, slogan, \u00e9pitaphe. 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