{"id":9893,"date":"2024-01-15T00:00:00","date_gmt":"2024-01-14T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/portrait-de-proudhon-en-citations\/"},"modified":"2025-08-12T08:42:59","modified_gmt":"2025-08-12T06:42:59","slug":"portrait-de-proudhon-en-citations","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/portrait-de-proudhon-en-citations\/","title":{"rendered":"Portrait de Proudhon en citations"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est le vol.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pierre-Joseph Proudhon na\u00eet en 1809 \u00e0 Besan\u00e7on, d\u2019un p\u00e8re gar\u00e7on brasseur et d\u2019une m\u00e8re cuisini\u00e8re. Autodidacte, ind\u00e9pendant d\u2019esprit et avide de savoir, le jeune provincial poursuit ses \u00e9tudes gr\u00e2ce \u00e0 une bourse et gagne sa vie comme ouvrier typographe, entre autres m\u00e9tiers.<\/p>\n<p>Philosophe, sociologue et th\u00e9oricien acquis aux id\u00e9es socialistes et r\u00e9volutionnaires, il s\u2019engage en politique, lanc\u00e9 en 1840 par son premier livre\u00a0: <em>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> Texte majeur dat\u00e9 de 1846,<em> Syst\u00e8me des contradictions \u00e9conomiques<\/em> ou <em>Philosophie de la mis\u00e8re<\/em> th\u00e9orise le socialisme et ses contradictions interne. Karl Marx le ridiculise (<em>Mis\u00e8re de la philosophie<\/em>)\u00a0: ce duo-duel contribuera \u00e0 leur notori\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Install\u00e9 \u00e0 Paris, devenu journaliste politique, Proudhon participe \u00e0 la r\u00e9volution de 1848, \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 socialiste de la Constituante. Il \u00e9crit dans des journaux d\u2019opposition, tous condamn\u00e9s et supprim\u00e9s. Critiquant la Deuxi\u00e8me R\u00e9publique, pleurant les morts de la r\u00e9pression et redoutant une nouvelle Terreur sanguinaire, il tente en vain une r\u00e9forme du cr\u00e9dit avec sa \u00ab\u00a0Banque du peuple\u00a0\u00bb, incarc\u00e9r\u00e9 de 1849 \u00e0 1852 pour d\u00e9lit de presse (offense au pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, futur Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span>).<\/p>\n<p>Sous le second Empire, il doit s\u2019exiler en Belgique apr\u00e8s publication de ses<em> Nouveaux Principes de philosophie pratique<\/em> (1858). Amnisti\u00e9 en 1860, il rentre en France.<\/p>\n<p>Face aux contradictions de l\u2019\u00e9conomie (le machinisme all\u00e8ge le travail de l\u2019ouvrier, mais accro\u00eet le ch\u00f4mage), il conclut que la r\u00e9volution est vaine et propose une autre voie\u00a0: l\u2019anarchisme. Il d\u00e9fend la libert\u00e9 individuelle contre les forces dominantes\u00a0: \u00c9glise, \u00c9tat et toute forme de dictature, l\u2019individu ne devant jamais \u00eatre sacrifi\u00e9 \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat g\u00e9n\u00e9ral, ni \u00e0 la justice sociale.<\/p>\n<p>Oppos\u00e9 au collectivisme autoritaire de Marx, rejetant le socialisme utopique comme le capitalisme mais plus que jamais socialiste, Proudhon l\u2019utopiste propose une anarchie positive ou un f\u00e9d\u00e9ralisme autogestionnaire.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Je ne suis pas un agent de discorde, un boutefeu de s\u00e9ditieux\u00a0!\u00a0\u00bb Inspir\u00e9 par une soif de justice en toute circonstance, r\u00e9volt\u00e9 dou\u00e9 d\u2019une sensibilit\u00e9 maladive \u00e0 l\u2019injustice et au mal, il meurt \u00e0 la t\u00e2che \u2013 comme Marx, Louise Michel et nombre d\u2019activistes politiques totalement engag\u00e9s au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Bien qu\u2019isol\u00e9, Proudhon a fortement influenc\u00e9 les milieux ouvriers et intellectuels.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto; margin-right: auto;\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-7-54.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4>1. Proudhon par la parole et dans l\u2019action<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il ne s\u2019agit pas de tuer la libert\u00e9 individuelle, mais de la socialiser.\u00a0\u00bb<span id=\"2046\" class=\"cit-num\">2046<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> Syst\u00e8me des contradictions \u00e9conomiques<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Proudhon est le socialiste fran\u00e7ais num\u00e9ro un de cette \u00e9poque, et pas seulement pour sa fameuse question-r\u00e9ponse qui fit si peur aux bourgeois\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0? C\u2019est le vol.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Individualiste farouche, affirmant que \u00ab\u00a0le gouvernement de l\u2019homme par l\u2019homme, sous quelque nom qu\u2019il se d\u00e9guise, est oppression\u00a0\u00bb, Proudhon est \u00e0 la fois le p\u00e8re de l\u2019anarchisme, le fondateur du syst\u00e8me mutualiste et l\u2019anc\u00eatre du syndicalisme \u2013 les syndicats ne seront autoris\u00e9s par la loi qu\u2019en 1884.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est le vol.\u00a0\u00bb<span id=\"2102\" class=\"cit-num\">2102<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette formule retentissante sch\u00e9matise la pens\u00e9e de l\u2019auteur, qui en est cependant tr\u00e8s fier\u00a0: \u00ab\u00a0Cette proposition fera le tour du monde et causera plus d\u2019\u00e9moi que la cocarde de La Fayette.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019homme est attachant, ne serait-ce que par cet aveu\u00a0: \u00ab\u00a0Je sais ce que c\u2019est que la mis\u00e8re. J\u2019y ai v\u00e9cu. Tout ce que je sais, je le dois au d\u00e9sespoir.\u00a0\u00bb Ce fils d\u2019une cuisini\u00e8re et d\u2019un tonnelier est d\u2019ailleurs le seul th\u00e9oricien r\u00e9volutionnaire issu d\u2019un milieu populaire, au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0P\u00e9risse l\u2019humanit\u00e9 plut\u00f4t que le principe\u00a0! C\u2019est la devise des utopistes comme des fanatiques de tous les si\u00e8cles. Le socialisme, interpr\u00e9t\u00e9 de la sorte, est devenu une religion [\u2026] qui au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle est ce qu\u2019il y a de moins r\u00e9volutionnaire.\u00a0\u00bb<span id=\"2137\" class=\"cit-num\">2137<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la R\u00e9volution au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1851)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Repr\u00e9sentant du socialisme \u00e0 la fran\u00e7aise, \u00e9pouvantail pour la bourgeoisie de la Monarchie de Juillet longtemps traumatis\u00e9e par le fameux \u00ab\u00a0Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0? C\u2019est le vol\u00a0!\u00a0\u00bb, Proudhon critiquait le communisme de Marx dans<em> La Philosophie de la mis\u00e8re<\/em> (1846) et Marx lui a r\u00e9pondu dans <em>La Mis\u00e8re de la philosophie<\/em> (1847), le traitant de \u00ab\u00a0petit-bourgeois constamment ballott\u00e9 entre le Travail et le Capital, entre l\u2019\u00e9conomie politique et le communisme\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Proudhon, d\u00e9put\u00e9 en 1848, impatient d\u2019\u00eatre \u00ab\u00a0la voix du peuple\u00a0\u00bb dont il est issu, se retrouvera en prison pour crime d\u2019opposition \u00e0 Louis-Napol\u00e9on Bonaparte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut avoir v\u00e9cu dans cet isoloir qu\u2019on appelle Assembl\u00e9e nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus compl\u00e8tement l\u2019\u00e9tat d\u2019un pays sont presque toujours ceux qui le repr\u00e9sentent.\u00a0\u00bb<span id=\"2164\" class=\"cit-num\">2164<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Les Confessions d\u2019un r\u00e9volutionnaire<\/em> (1849)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Nul mieux que cet homme du peuple ne m\u00e9rite ce titre de \u00ab\u00a0repr\u00e9sentant du peuple\u00a0\u00bb. Pourtant, le plus c\u00e9l\u00e8bre socialiste de France, tr\u00e8s critique contre ses confr\u00e8res, \u00e0 commencer par les socialistes, est lui-m\u00eame tr\u00e8s critiqu\u00e9, sur le fond, et plus encore sur la forme de ses premiers discours, lus \u00e0 la tribune, difficiles \u00e0 comprendre.<\/p>\n<p>Le portrait qu\u2019en fait Hugo, dans <em>Choses vues<\/em>, est assez cruel, mais ce sera pire avec le futur Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>. Paradoxalement, Louis-Napol\u00e9on Bonaparte va \u00e9prouver les m\u00eames difficult\u00e9s que Proudhon, en entrant dans cette ar\u00e8ne politique. Mais il s\u2019en sortira bien diff\u00e9remment\u00a0! Quant \u00e0 Hugo, c\u2019est \u00e0 l\u2019\u00e9vidence le plus \u00e9loquent des orateurs.<\/p>\n<p>Ces trois hommes, \u00e9lus d\u00e9put\u00e9s aux \u00e9lections compl\u00e9mentaires du 4\u00a0juin 1848, entrent ainsi le m\u00eame jour \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e constituante\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9volution, apr\u00e8s avoir \u00e9t\u00e9 tour \u00e0 tour religieuse, philosophique, politique, est devenue \u00e9conomique [\u2026] La R\u00e9volution de f\u00e9vrier a pos\u00e9 le droit au travail, c\u2019est-\u00e0-dire la pr\u00e9pond\u00e9rance du travail sur le capital.\u00a0\u00bb<span id=\"2184\" class=\"cit-num\">2184<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), Toast \u00e0 la r\u00e9volution du 17\u00a0octobre 1848. <em>La Pens\u00e9e de Proudhon<\/em> (1947), Georges Guy-Grand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le droit au travail, proclam\u00e9 d\u00e8s f\u00e9vrier\u00a01848, va \u00eatre reconnu dans la nouvelle Constitution de novembre. La question sociale est d\u00e9finitivement \u00e0 l\u2019ordre du jour.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne comprenons pas plus une femme l\u00e9gislatrice qu\u2019un homme nourrice.\u00a0\u00bb<span id=\"2197\" class=\"cit-num\">2197<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Le Peuple<\/em>, mai 1849. <em>Dictionnaire de la b\u00eatise et des erreurs de jugement<\/em> (1998), Guy Bechtel et Jean-Claude Carri\u00e8re<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il \u00e9crit aussi, en janvier 1849, dans<em> L\u2019Opinion des femmes<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0La femme ne peut \u00eatre que m\u00e9nag\u00e8re ou courtisane.\u00a0\u00bb Bien que socialiste, Proudhon s\u2019inscrit dans la logique de son temps et de cette Deuxi\u00e8me R\u00e9publique\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne savons si, en fait d\u2019aberrations \u00e9tranges, le si\u00e8cle o\u00f9 nous sommes est appel\u00e9 \u00e0 voir se r\u00e9aliser \u00e0 quelque degr\u00e9 celle-ci\u00a0: l\u2019\u00e9mancipation des femmes. Nous croyons que non.\u00a0\u00bb (<em>La Libert\u00e9<\/em>, 15 avril 1848).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si la d\u00e9mocratie ouvri\u00e8re, satisfaite de faire l\u2019agitation dans ses ateliers, de harceler le bourgeois et de se signaler dans des \u00e9lections inutiles, reste indiff\u00e9rente sur les principes de l\u2019\u00e9conomie politique qui sont ceux de la r\u00e9volution, il faut qu\u2019elle le sache, elle ment \u00e0 ses devoirs et elle sera fl\u00e9trie un jour devant la post\u00e9rit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"2239\" class=\"cit-num\">2239<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> De la capacit\u00e9 politique des classes ouvri\u00e8res<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Proudhon parle en socialiste d\u00e9pass\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements\u00a0: le mouvement ouvrier est \u00e0 pr\u00e9sent plus sensible au marxisme qui pr\u00eache collectivisme et lutte de classes. La r\u00e9volution politique devient une \u00e9tape de la r\u00e9volution sociale, et l\u2019Empire qui soutient le capitalisme est l\u2019ennemi \u00e0 abattre. Ce sera une des raisons de la chute brutale d\u2019un r\u00e9gime qui se croyait si fort.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019Empire a fait un demi-tour \u00e0 gauche.\u00a0\u00bb<span id=\"2281\" class=\"cit-num\">2281<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), constatant le tournant lib\u00e9ral du r\u00e9gime. <em>Histoire de la France\u00a0: les temps nouveaux, de 1852 \u00e0 nos jours<\/em> (1972), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> se heurte \u00e0 une opposition int\u00e9rieure sur deux fronts, deux forces qui lui \u00e9taient auparavant acquises. Les catholiques s\u2019inqui\u00e8tent de la marche vers l\u2019unit\u00e9 italienne qu\u2019il soutient, mais qui menace \u00e0 pr\u00e9sent les \u00c9tats de l\u2019\u00c9glise et le pape. Tandis qu\u2019une part de la bourgeoisie d\u2019affaires d\u00e9plore (d\u2019ailleurs \u00e0 tort) le trait\u00e9 de commerce franco-anglais (sign\u00e9 le 23\u00a0janvier 1860), qui cr\u00e9e le libre-\u00e9change et expose les industriels \u00e0 la concurrence britannique.<\/p>\n<p>L\u2019empereur cherche donc \u00e0 se rallier les notables lib\u00e9raux et la petite bourgeoisie d\u00e9mocrate, multipliant les concessions aux id\u00e9es lib\u00e9rales et d\u00e9mocratiques\u00a0: restauration des libert\u00e9s, ouverture du Parlement \u00e0 l\u2019opposition r\u00e9publicaine, d\u00e9cret du 24\u00a0novembre\u00a01860 donnant au Corps l\u00e9gislatif le droit d\u2019adopter une adresse en r\u00e9ponse au discours du tr\u00f4ne, et autorisant la publication des d\u00e9bats parlementaires.<\/p>\n<p>Satisfaire les classes populaires lui permettrait d\u2019\u00e9chapper aux castes de droite et de s\u2019appuyer sur les masses\u00a0: ce serait conforme aux id\u00e9es sociales de l\u2019empereur, mais il faudrait faire plus qu\u2019un demi-tour \u00e0 gauche.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9mancipation des travailleurs sera l\u2019\u0153uvre des travailleurs eux-m\u00eames.\u00a0\u00bb<span id=\"2289\" class=\"cit-num\">2289<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Devise de l\u2019Association internationale des travailleurs, 1864. <em>Histoire de la France\u00a0: les temps nouveaux, de 1852 \u00e0 nos jours<\/em> (1972), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019Association internationale des travailleurs (<span class=\"caps\">AIT<\/span>) est la premi\u00e8re Internationale, cr\u00e9\u00e9e le 28\u00a0septembre 1864 par des militants fran\u00e7ais et anglais\u00a0: \u00ab\u00a0une grande \u00e2me dans un petit corps\u00a0\u00bb. Elle tiendra congr\u00e8s chaque ann\u00e9e, de plus en plus hostile aux \u00e9tats bourgeois.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le Manifeste des soixante et l\u2019<span class=\"caps\">AIT<\/span>, un autre socialisme se r\u00e9veille, plus \u00e9videmment r\u00e9volutionnaire\u00a0: le blanquisme. Plus personne ne croit \u00e0 l\u2019extinction du paup\u00e9risme par l\u2019empereur, ni m\u00eame au syndicalisme ouvrier selon Proudhon qui meurt en janvier\u00a01865 \u00e0 56 ans, us\u00e9 par les \u00e9preuves et le travail, relativement d\u00e9pass\u00e9 par une \u00e9volution politique et sociale qui lui \u00e9chappe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0D\u00e9sormais, ces messieurs sauront qu\u2019ils ont toujours une \u00e9p\u00e9e de Damocl\u00e8s suspendue au-dessus de leur t\u00eate, ils voteront peut-\u00eatre des lois plus justes.\u00a0\u00bb<span id=\"2510\" class=\"cit-num\">2510<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Auguste <span class=\"caps\">VAILLANT<\/span> (1861-1894), D\u00e9claration \u00e0 la police qui l\u2019interroge, apr\u00e8s l\u2019attentat qu\u2019il a perp\u00e9tr\u00e9, le 9\u00a0d\u00e9cembre 1893. <em>L\u2019\u00c9pop\u00e9e de la r\u00e9volte<\/em> (1963), Andr\u00e9 Mah\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Au proc\u00e8s, il affirme avoir lanc\u00e9 cette bombe pour venger son idole Ravachol, et non pour tuer. Vaillant, 33\u00a0ans, est ex\u00e9cut\u00e9 le 5\u00a0f\u00e9vrier 1894. Cela n\u2019emp\u00eache pas, une semaine plus tard, l\u2019explosion d\u2019une autre bombe.<\/p>\n<p>La flamb\u00e9e anarchiste qui frappe la France, inspir\u00e9e de Proudhon et Bakounine en rupture de socialisme, va parcourir l\u2019Europe, tuer l\u2019imp\u00e9ratrice \u00c9lisabeth d\u2019Autriche (c\u00e9l\u00e8bre Sissi), le roi d\u2019Italie Humbert\u00a0Ier, et franchir l\u2019Atlantique, pour atteindre le 25e pr\u00e9sident des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique, William McKinley. Le terrorisme est une force de frappe r\u00e9currente, et le monde occidental devra affronter le terrorisme rouge dans les ann\u00e9es 1970, le terrorisme islamique au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XXI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Vaillant, ni penseur ni m\u00eame militant, est un marginal qui a surv\u00e9cu en multipliant les petits m\u00e9tiers, se lan\u00e7ant dans la lutte politique pour faire entendre \u00ab\u00a0le cri de toute une classe qui revendique ses droits\u00a0\u00bb. L\u2019inexistence d\u2019un vrai programme social demeure l\u2019une des faiblesses de la Troisi\u00e8me R\u00e9publique \u2013 jusqu\u2019en 1936 et l\u2019av\u00e8nement du Front populaire.<\/p>\n<h4>2. Bibliographique s\u00e9lective\u00a0: l\u2019essentiel de la pens\u00e9e politique de Proudhon.<\/h4>\n<p>\u0152uvre consid\u00e9rable en quantit\u00e9 et qualit\u00e9, plus d\u2019une centaine de titres, sans compter les nombreux articles de journaux et une riche Correspondance. Cinq titres \u00e0 retenir, les deux premiers faisant toujours r\u00e9f\u00e9rence.<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0? ou Recherche sur le principe du Droit et du Gouvernement (1840)<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Ce texte fait la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 de Proudhon pour une citation\u00a0: \u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est le vol.\u00a0\u00bb Le mot n\u00e9cessite un commentaire et l\u2019auteur s\u2019en acquitte.<\/p>\n<p>Le capitalisme du si\u00e8cle est l\u2019apoth\u00e9ose d\u2019une extorsion invisible\u00a0: le rassemblement productif des travailleurs d\u00e9gage une force collective sup\u00e9rieure \u00e0 la somme des forces de ces travailleurs pris isol\u00e9ment. Mais la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e des moyens de production autorise le capitaliste \u00e0 r\u00e9mun\u00e9rer le travailleur sur la seule base individuelle de ce qu\u2019il aurait produit s\u2019il avait \u00e9t\u00e9 plac\u00e9 hors de la force collective de production. Le propri\u00e9taire du capital empoche la diff\u00e9rence\u00a0: ce surplus est le profit capitaliste, qualifi\u00e9 d\u2019\u00ab\u00a0aubaine\u00a0\u00bb. Toute la question \u00e9conomique de la justice est de r\u00e9partir cette plus-value sans accaparement ni spoliation.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est le vol.\u00a0\u00bb<span id=\"15\" class=\"cit-num\">15<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Cette proposition fera le tour du monde et causera plus d\u2019\u00e9moi que la cocarde de La Fayette\u00a0\u00bb affirme l\u2019auteur devenu journaliste dans <em>L\u2019Illustration<\/em> (1848).<\/p>\n<p>C\u2019est bien trouv\u00e9, mais un peu court\u2026 et surtout mal interpr\u00e9t\u00e9\u00a0: Proudhon d\u00e9nonce la propri\u00e9t\u00e9 capitalistique (issue de l\u2019exploitation), mais pas le principe m\u00eame de la propri\u00e9t\u00e9, car le travail l\u00e9gitime la propri\u00e9t\u00e9 et \u00ab\u00a0la propri\u00e9t\u00e9 c\u2019est la libert\u00e9\u00a0\u00bb. Pas de contradiction fatale, mais un antagonisme salutaire\u00a0: la propri\u00e9t\u00e9 absolue, le droit d\u2019aubaine, l\u2019abus des poss\u00e9dants, la situation de monopole sont tout ce qu\u2019il condamne dans l\u2019appropriation, mais il voit dans la saine propri\u00e9t\u00e9, la petite, la laborieuse, le moyen pour la famille de cheminer sereinement vers la justice. Et l\u2019anarchisme, contrairement au communisme, r\u00e9habilite le principe de la propri\u00e9t\u00e9 priv\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je pr\u00e9tends que ni le travail, ni l\u2019occupation, ni la loi ne peuvent cr\u00e9er la propri\u00e9t\u00e9\u00a0: qu\u2019elle est un effet sans cause.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le gouvernement de l\u2019homme par l\u2019homme, sous quelque nom qu\u2019il se d\u00e9guise, est oppression.<br>C\u2019est une r\u00e8gle de jurisprudence que le fait ne produit pas le droit\u00a0: or, la propri\u00e9t\u00e9 ne peut se soustraire \u00e0 cette r\u00e8gle\u00a0; donc, la reconnaissance universelle du droit de propri\u00e9t\u00e9 ne l\u00e9gitime pas le droit de propri\u00e9t\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9 et la royaut\u00e9 sont en d\u00e9molition d\u00e8s le commencement du monde\u00a0; comme l\u2019homme cherche la justice dans l\u2019\u00e9galit\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 cherche l\u2019ordre dans l\u2019anarchie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019homme n\u2019est homme que par la soci\u00e9t\u00e9, laquelle, de son c\u00f4t\u00e9, ne se soutient que par l\u2019\u00e9quilibre des forces qui la composent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus haute perfection de la soci\u00e9t\u00e9 se trouve dans l\u2019union de l\u2019ordre et de l\u2019anarchie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019anarchie\u2026 une forme de gouvernement sans ma\u00eetre ni souverain.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je ne suis pas un agent de discorde, un boutefeu de s\u00e9ditieux\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>Syst\u00e8me des contradictions \u00e9conomiques ou Philosophie de la mis\u00e8re (1846)<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Introduction de l\u2019auteur (qui vaut d\u00e9j\u00e0 catalogue de citations\u00a0sur le th\u00e8me de Dieu et illustration de la logique proudhonienne).<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Avant que j\u2019entre dans la mati\u00e8re qui fait l\u2019objet de ces nouveaux m\u00e9moires, j\u2019ai besoin de rendre compte d\u2019une hypoth\u00e8se qui para\u00eetra sans doute \u00e9trange, mais sans laquelle il m\u2019est impossible d\u2019aller en avant et d\u2019\u00eatre compris\u00a0: je veux parler de l\u2019hypoth\u00e8se d\u2019un dieu. Supposer Dieu, dira-t-on, c\u2019est le nier. Pourquoi ne l\u2019affirmez-vous pas\u00a0? Est-ce ma faute si la foi \u00e0 la divinit\u00e9 est devenue une opinion suspecte\u00a0? Si le simple soup\u00e7on d\u2019un \u00eatre supr\u00eame est d\u00e9j\u00e0 not\u00e9 comme la marque d\u2019un esprit faible, et si, de toutes les utopies philosophiques, c\u2019est la seule que le monde ne souffre plus\u00a0? Est-ce ma faute si l\u2019hypocrisie et l\u2019imb\u00e9cillit\u00e9 se cachent partout sous cette sainte \u00e9tiquette\u00a0? Qu\u2019un docteur suppose dans l\u2019univers une force inconnue entra\u00eenant les soleils et les atomes, et faisant mouvoir toute la machine, chez lui cette supposition, tout \u00e0 fait gratuite, n\u2019a rien que de naturel\u00a0; elle est accueillie, encourag\u00e9e\u00a0: t\u00e9moin l\u2019attraction, hypoth\u00e8se qu\u2019on ne v\u00e9rifiera jamais, et qui cependant fait la gloire de l\u2019inventeur. Mais lorsque, pour expliquer le cours des affaires humaines, je suppose, avec toute la r\u00e9serve imaginable, l\u2019intervention d\u2019un dieu, je suis s\u00fbr de r\u00e9volter la gravit\u00e9 scientifique et d\u2019offenser les oreilles s\u00e9v\u00e8res\u00a0: tant notre pi\u00e9t\u00e9 a merveilleusement discr\u00e9dit\u00e9 la providence, tant le charlatanisme de toute robe op\u00e8re de jongleries au moyen de ce dogme ou de cette fiction. J\u2019ai vu les th\u00e9istes de mon temps, et le blasph\u00e8me a err\u00e9 sur mes l\u00e8vres\u00a0; j\u2019ai consid\u00e9r\u00e9 la foi du peuple, de ce peuple que Brydaine appelait le meilleur ami de Dieu, et j\u2019ai fr\u00e9mi de la n\u00e9gation qui allait m\u2019\u00e9chapper. Tourment\u00e9 de sentiments contraires, j\u2019ai fait appel \u00e0 la raison\u00a0; et c\u2019est cette raison qui, parmi tant d\u2019oppositions dogmatiques, me commande aujourd\u2019hui l\u2019hypoth\u00e8se. Le dogmatisme \u00ab\u00a0\u00e0 priori\u00a0\u00bb, s\u2019appliquant \u00e0 Dieu, est demeur\u00e9 st\u00e9rile\u00a0: qui sait o\u00f9 l\u2019hypoth\u00e8se \u00e0 son tour nous conduira\u00a0?\u2026 Je dirai donc comment, \u00e9tudiant dans le silence de mon c\u0153ur et loin de toute consid\u00e9ration humaine, le myst\u00e8re des r\u00e9volutions sociales, Dieu, le grand inconnu, est devenu pour moi une hypoth\u00e8se, je veux dire un instrument dialectique n\u00e9cessaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019homme peut aimer son semblable jusqu\u2019\u00e0 mourir\u00a0; il ne l\u2019aime pas jusqu\u2019\u00e0 travailler pour lui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Combien le socialisme, avec ses utopies de d\u00e9vouement, de fraternit\u00e9, de communaut\u00e9, de travail attrayant, est encore au-dessous de l\u2019antagonisme propri\u00e9taire, qu\u2019il se flatte de d\u00e9truire, et que cependant il ne cesse de copier\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le socialisme, \u00e0 le bien prendre, est la communaut\u00e9 du mal, l\u2019imputation faite \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9 des fautes individuelles, la solidarit\u00e9 entre tous les d\u00e9lits du chacun. La propri\u00e9t\u00e9, au contraire, par sa tendance, est la distribution commutative du bien et l\u2019insolidarit\u00e9 du mal, en tant que le mal provient de l\u2019individu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le probl\u00e8me consiste donc, pour les classes travailleuses, non \u00e0 conqu\u00e9rir, mais \u00e0 vaincre \u00e0 la fois le pouvoir et le monopole.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous avons affaire \u00e0 une soci\u00e9t\u00e9 qui ne veut plus \u00eatre pauvre, qui se moque de tout ce qui lui fut autrefois cher et sacr\u00e9, la libert\u00e9, la religion et la gloire, tant qu\u2019elle n\u2019a pas la richesse\u00a0; qui, pour l\u2019obtenir, subit tous les affronts, se rend complice de toutes les l\u00e2chet\u00e9s\u00a0: et cette soif ardente de plaisir, cette volont\u00e9 irr\u00e9sistible d\u2019arriver au luxe, sympt\u00f4me d\u2019une nouvelle p\u00e9riode dans la civilisation, est le commandement supr\u00eame en vertu duquel nous devons travailler \u00e0 l\u2019expulsion de la mis\u00e8re\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 des r\u00e9publicains, et je ne connais plus ni religion ni pr\u00eatres.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il est un \u00eatre qui, avant nous et plus que nous, ait m\u00e9rit\u00e9 l\u2019enfer, il faut bien que je le nomme\u00a0: c\u2019est Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Manuel du sp\u00e9culateur \u00e0 la Bourse (1857)<\/em><\/strong><\/p>\n<p>Travail alimentaire au d\u00e9part, descriptif et consciencieux, repris par son auteur et devenu trait\u00e9 philosophique, document\u00e9 et argument\u00e9, avec une critique au vitriol de la Bourse en plein son essor avec le capitalisme triomphant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute chose a son mauvais c\u00f4t\u00e9, toute institution ses abus, tout avantage tra\u00eene apr\u00e8s soi ses inconv\u00e9nients\u2026 La Sp\u00e9culation ne pouvait \u00e9chapper \u00e0 la commune loi\u00a0: et comme les pires abus sont ceux qui s\u2019attachent aux meilleures choses, corruptio optimi pessima, c\u2019est sous le nom de Sp\u00e9culation que le parasitisme, l\u2019intrigue, l\u2019escroquerie, la concussion d\u00e9vorent la richesse publique et entretiennent la mis\u00e8re chronique du genre humain.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Comment les op\u00e9rations al\u00e9atoires , indiff\u00e9rentes de leur nature, conduisent fatalement dans l\u2019\u00e9tat actuel des choses \u00e0 l\u2019escroquerie et au vol \u2013 complicit\u00e9 de la science et de la loi \u2013 in\u00e9galit\u00e9 des positions du joueur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le vrai repr\u00e9sentant du travail est le travailleur\u00a0; le sp\u00e9culateur, le capitaliste, le propri\u00e9taire, le commer\u00e7ant, l\u2019entrepreneur, n\u2019en est le plus souvent que le t\u00e9nia. Un changement de r\u00e9gime est n\u00e9cessaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>De la justice dans la R\u00e9volution et dans l\u2019\u00c9glise (1858)<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Avec le scepticisme philosophique, le probl\u00e8me de la certitude philosophique se trouve ramen\u00e9 au probl\u00e8me des droits et des devoirs, ou probl\u00e8me moral, la solution de celui-ci donnant la cl\u00e9 de celui-l\u00e0. Mais le probl\u00e8me moral ne peut \u00eatre r\u00e9solu que par la R\u00e9volution ou par l\u2019\u00c9glise\u00a0: la premi\u00e8re, organe de la pens\u00e9e juridique\u00a0; la seconde, organe de la pens\u00e9e religieuse. Toute \u00e9thique rentre fatalement dans l\u2019un ou dans l\u2019autre syst\u00e8me. Gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019opinion qui rattache \u00e0 une consid\u00e9ration surhumaine le principe de la Justice, la question de droit n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 franchement d\u00e9gag\u00e9e de la question de foi. Toujours un peu de religion s\u2019est m\u00eal\u00e9 \u00e0 la cause de la libert\u00e9, toujours un peu de libert\u00e9 s\u2019est introduit dans le syst\u00e8me religieux, alors que la R\u00e9volution n\u2019a pu enlever l\u2019\u00c9glise, ni l\u2019\u00c9glise triompher de la R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le peuple n\u2019a jamais fait autre chose que prier et payer\u00a0: nous croyons que le moment est venu de le faire philosopher.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu, c\u2019est le mal.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La justice est humaine, tout humaine, rien qu\u2019humaine\u00a0; c\u2019est lui faire tort que de la rapporter, de pr\u00e8s ou de loin, directement ou indirectement, \u00e0 un principe sup\u00e9rieur ou ant\u00e9rieur \u00e0 l\u2019humanit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Religion pour religion, l\u2019urne populaire est encore au-dessous de la sainte-ampoule m\u00e9rovingienne. Tout ce qu\u2019elle a produit a \u00e9t\u00e9 de changer la science en d\u00e9go\u00fbt, et le scepticisme en haine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019homme et la femme peuvent \u00eatre \u00e9quivalents devant l\u2019Absolu\u00a0: ils ne sont point \u00e9gaux, ils ne peuvent pas l\u2019\u00eatre, ni dans la famille, ni dans la cit\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"1\" class=\"cit-num\">1<\/span><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em><strong>La Guerre et la Paix (1861)<\/strong> <\/em><\/p>\n<p>Titre \u00ab\u00a0copi\u00e9\u00a0\u00bb par Tolsto\u00ef, l\u2019auteur de Guerre et Paix, fervent admirateur de Proudhon \u2013 entre autres Russes contemporains.<\/p>\n<p>Dans sa recherche de l\u2019\u00e9quilibre entre le communisme et le lib\u00e9ralisme, Proudhon nous aide \u00e0 comprendre la soci\u00e9t\u00e9 contemporaine. De chapitre en chapitre, il explique la \u00ab\u00a0ph\u00e9nom\u00e9nalit\u00e9 de la guerre\u00a0\u00bb et rel\u00e8ve le d\u00e9fi\u00a0: contre la critique rousseauiste du droit du plus fort, r\u00e9habiliter l\u2019id\u00e9e d\u2019une unit\u00e9 inn\u00e9e du droit et de la force.<\/p>\n<p>S\u2019opposant \u00e0 la tradition des penseurs du droit naturel des <span class=\"caps\">XVII<\/span>e et <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cles comme aux opinions de son temps, il s\u2019efforce au risque de choquer de refonder nos th\u00e9ories politique et cosmopolitique du droit, \u00e0 partir d\u2019une reconnaissance assum\u00e9e du primat de la force et de la guerre. Toujours en qu\u00eate de justice et de paix, il nous conduit \u00e0 penser m\u00e9thodiquement l\u2019instabilit\u00e9 originaire du fondement juridico-politique de notre soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Supprimez, par hypoth\u00e8se, l\u2019id\u00e9e de la guerre, il ne reste rien du pass\u00e9 ni du pr\u00e9sent du genre humain. On ne con\u00e7oit pas ce que sans elle aurait pu \u00eatre la soci\u00e9t\u00e9\u00a0; on ne devine pas ce qu\u2019elle peut devenir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Au si\u00e8cle le plus civilis\u00e9 qui fut jamais, les nations vivent entre elles sans garanties, sans principes, sans foi, sans droits. Et parce que nous n\u2019avons de certitude sur rien, de foi en rien, il en r\u00e9sulte que, en politique comme en affaires, la confiance, pour laquelle on a tant combattu depuis 1848, est devenue une utopie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La paix d\u00e9montre et confirme la guerre\u00a0; la guerre \u00e0 son tour est une revendication de la paix\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Coran n\u2019enseigne nulle part l\u2019intol\u00e9rance\u00a0; il reconna\u00eet la mission de Mo\u00efse, celle de J\u00e9sus-Christ\u00a0; il dit que Dieu a donn\u00e9 \u00e0 chaque peuple la loi qui lui convient, mais qu\u2019il a envoy\u00e9 Mahomet aux Arabes. Quoi de plus conciliant\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Salut \u00e0 la guerre\u00a0! C\u2019est par elle que l\u2019homme, \u00e0 peine sorti de la boue qui lui sert de matrice, se pose dans sa majest\u00e9 et sa vaillance. C\u2019est sur le corps d\u2019un ennemi battu qu\u2019il fait son premier r\u00eave de gloire et d\u2019immortalit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous avons exag\u00e9r\u00e9 le superflu, nous n\u2019avons plus le n\u00e9cessaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h4>3. Les mots cl\u00e9s de la th\u00e9matique proudhonienne.<\/h4>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019<span class=\"caps\">\u00c9CONOMIE<\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est le vol.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Concurrence et profit\u00a0: l\u2019un est la guerre, l\u2019autre le butin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Souvent cit\u00e9, jamais sourc\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9conomie politique, en tant qu\u2019elle consacre et pr\u00e9tend \u00e9terniser les anomalies de la valeur et les pr\u00e9rogatives de l\u2019\u00e9go\u00efsme, est v\u00e9ritablement la th\u00e9orie du malheur et l\u2019organisation de la mis\u00e8re.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Syst\u00e8me des contradictions \u00e9conomiques ou Philosophie de la mis\u00e8re<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">POLITIQUE<\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La politique est la science de la libert\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il serait, \u00e0 mon avis, d\u2019une mauvaise politique pour nous, de parler en exterminateurs\u00a0; les moyens de rigueur viendront assez\u00a0: le peuple n\u2019a besoin pour cela d\u2019aucune exhortation\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), Lettre \u00e0 Karl Marx, 1846<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique est une anarchie positive [\u2026] C\u2019est la libert\u00e9 d\u00e9livr\u00e9e de toutes ses entraves, la superstition, le pr\u00e9jug\u00e9, le sophisme, l\u2019agiotage, l\u2019autorit\u00e9\u00a0; c\u2019est la libert\u00e9 r\u00e9ciproque, et non pas la libert\u00e9 qui se limite\u00a0; la libert\u00e9 non pas fille de l\u2019ordre, mais <span class=\"caps\">M\u00c8RE<\/span> de l\u2019ordre.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> Solution du probl\u00e8me social<\/em> (1848)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut avoir v\u00e9cu dans cet isoloir qu\u2019on appelle l\u2019Assembl\u00e9e Nationale, pour concevoir comment les hommes qui ignorent le plus compl\u00e8tement l\u2019\u00e9tat d\u2019un pays sont presque toujours ceux qui le repr\u00e9sentent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> Les Confessions d\u2019un r\u00e9volutionnaire<\/em> (1849)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00catre Gouvern\u00e9, c\u2019est \u00eatre gard\u00e9 \u00e0 vue, inspect\u00e9, espionn\u00e9, dirig\u00e9, l\u00e9gif\u00e9r\u00e9, r\u00e9glement\u00e9, parqu\u00e9, endoctrin\u00e9, pr\u00each\u00e9, contr\u00f4l\u00e9, estim\u00e9, appr\u00e9ci\u00e9, censur\u00e9, command\u00e9, par des \u00eatres qui n\u2019ont ni le titre, ni la science, ni la vertu\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la R\u00e9volution au dix-neuvi\u00e8me si\u00e8cle<\/em> (1851)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Direct ou indirect, simple ou compos\u00e9, le gouvernement du peuple sera toujours l\u2019escamotage du peuple. C\u2019est toujours l\u2019homme qui commande \u00e0 l\u2019homme\u00a0; la fiction qui fait violence \u00e0 la libert\u00e9\u00a0; la force brutale qui tranche les questions, \u00e0 la place de la justice qui seule peut les r\u00e9soudre\u00a0; l\u2019ambition perverse qui se fait un marchepied du d\u00e9vouement et de la cr\u00e9dulit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> Id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la R\u00e9volution au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle<\/em> (1851)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0P\u00e9risse l\u2019humanit\u00e9 plut\u00f4t que le principe\u00a0! C\u2019est la devise des utopistes comme des fanatiques de tous les si\u00e8cles. Le socialisme, interpr\u00e9t\u00e9 de la sorte, est devenu une religion [\u2026] qui au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle est ce qu\u2019il y a de moins r\u00e9volutionnaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> Id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la R\u00e9volution au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle<\/em> (1851)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le peuple n\u2019a jamais fait autre chose que prier et payer\u00a0: nous croyons que le moment est venu de le faire philosopher.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>De la justice dans la R\u00e9volution et dans l\u2019\u00c9glise<\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le peuple voudrait en finir\u00a0; or il n\u2019y a pas de fin.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), Correspondance, 3 mai 1860<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>L\u2019<span class=\"caps\">ANARCHIE<\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019anarchie, c\u2019est l\u2019ordre sans le pouvoir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Confessions d\u2019un r\u00e9volutionnaire<\/em> (1849)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019anarchie\u2026 une forme de gouvernement sans ma\u00eetre ni souverain.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quoique tr\u00e8s ami de l\u2019ordre, je suis anarchiste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le F\u00e9d\u00e9ralisme de <span class=\"caps\">P. J.<\/span> Proudhon<\/em> (1973)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ni monarchie, ni aristocratie, ni m\u00eame d\u00e9mocratie, en tant que ce troisi\u00e8me terme impliquerait un gouvernement quelconque, agissant au nom du peuple, et se disant peuple. Point d\u2019autorit\u00e9, point de gouvernement, m\u00eame populaire\u00a0: la R\u00e9volution est l\u00e0.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> Id\u00e9e g\u00e9n\u00e9rale de la R\u00e9volution au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle<\/em> (1851)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">SOCI\u00c9T\u00c9<\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus haute perfection de la soci\u00e9t\u00e9 se trouve dans l\u2019union de l\u2019ordre et de l\u2019anarchie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9 et la royaut\u00e9 sont en d\u00e9molition d\u00e8s le commencement du monde\u00a0; comme l\u2019homme cherche la justice dans l\u2019\u00e9galit\u00e9, la soci\u00e9t\u00e9 cherche l\u2019ordre dans l\u2019anarchie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019homme n\u2019est homme que par la soci\u00e9t\u00e9, laquelle, de son c\u00f4t\u00e9, ne se soutient que par l\u2019\u00e9quilibre des forces qui la composent.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0?<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il ne s\u2019agit pas de tuer la libert\u00e9 individuelle mais de la socialiser.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Syst\u00e8me des contradictions \u00e9conomiques<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le principe de mutualit\u00e9 dans l\u2019ordre politique aussi bien que dans l\u2019ordre \u00e9conomique est bien certainement le lien le plus fort et le plus subtil qui puisse se former entre les hommes. Ni syst\u00e8me de gouvernement, ni communaut\u00e9 ou association, ni religion, ni serment, ne peuvent \u00e0 la fois, en unissant aussi intimement les hommes, leur assurer une pareille libert\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>La Capacit\u00e9 politique des classes ouvri\u00e8res<\/em> (1865)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est une preuve de m\u00e9diocrit\u00e9 philosophique que de chercher aujourd\u2019hui une philosophie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865),<em> La R\u00e9volution sociale d\u00e9montr\u00e9e par le coup d\u2019\u00c9tat<\/em> (1852)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je d\u00e9finis l\u2019art une repr\u00e9sentation id\u00e9aliste de la nature et de nous-m\u00eames, en vue du perfectionnement physique et moral de notre esp\u00e8ce.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Du principe de l\u2019art et de sa destination sociale<\/em> (posthume, 1875)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019homme a beau \u00e9tendre le cercle de ses id\u00e9es, sa lumi\u00e8re n\u2019est toujours qu\u2019une \u00e9tincelle promen\u00e9e dans la nuit immense qui l\u2019enveloppe.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>M\u00e9langes<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span class=\"caps\">LES<\/span> <span class=\"caps\">FEMMES<\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne comprenons pas plus une femme l\u00e9gislatrice qu\u2019un homme nourrice.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Le Peuple<\/em>, mai 1849<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La femme ne peut \u00eatre que m\u00e9nag\u00e8re ou courtisane.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>L\u2019Opinion des femmes<\/em>, janvier 1849<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne savons si, en fait d\u2019aberrations \u00e9tranges, le si\u00e8cle o\u00f9 nous sommes est appel\u00e9 \u00e0 voir se r\u00e9aliser \u00e0 quelque degr\u00e9 celle-ci\u00a0: l\u2019\u00e9mancipation des femmes. Nous croyons que non.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>La Libert\u00e9,<\/em> 15 avril 1848<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019homme et la femme peuvent \u00eatre \u00e9quivalents devant l\u2019Absolu\u00a0: ils ne sont point \u00e9gaux, ils ne peuvent pas l\u2019\u00eatre, ni dans la famille, ni dans la cit\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>De la justice dans la r\u00e9volution et dans l\u2019\u00c9glise<\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><span class=\"caps\">ET<\/span> <span class=\"caps\">DIEU<\/span>\u2026<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu, c\u2019est le mal.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>De la justice dans la R\u00e9volution et dans l\u2019\u00c9glise<\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il est un \u00eatre qui, avant nous et plus que nous, ait m\u00e9rit\u00e9 l\u2019enfer, il faut bien que je le nomme: c\u2019est Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Syst\u00e8me des contradictions \u00e9conomiques ou Philosophie de la mis\u00e8re<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019homme devient ath\u00e9e lorsqu\u2019il se sent meilleur que son Dieu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Carnets<\/em> (1847-1851)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu est l\u2019ombre de la conscience projet\u00e9e sur le champ de l\u2019imagination.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>De la justice dans la R\u00e9volution et dans l\u2019\u00c9glise<\/em> (1858)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Si je suis, \u00e0 travers ses transformations successives, l\u2019id\u00e9e de Dieu, je trouve que cette id\u00e9e est avant tout sociale\u00a0; elle est bien plus un acte de foi de la pens\u00e9e collective qu\u2019une conception individuelle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Syst\u00e8me des contradictions \u00e9conomiques ou Mis\u00e8re de la philosophie<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu, le grand Inconnu, est devenu pour moi une hypoth\u00e8se, je veux dire un instrument dialectique n\u00e9cessaire.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Syst\u00e8me des contradictions \u00e9conomiques ou Mis\u00e8re de la philosophie<\/em> (1846)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00a0<\/p>\n<h4>4. Rep\u00e8res biographiques\u00a0: d\u00e9bats sur l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre qui n\u2019ont pas fini de s\u00e9duire.<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00a0\u00ab\u00a0N\u00e9 de p\u00e8re et m\u00e8re paysans, ouvriers, \u00e9lev\u00e9 dans les habitudes, les m\u0153urs, les pens\u00e9es du prol\u00e9tariat\u00a0; n\u2019\u00e9tant jamais sorti de ce milieu, m\u2019y \u00e9tant pour ainsi dire fix\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re irr\u00e9vocable par mon mariage\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Carnets<\/em>, mars 1855<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le concept de prol\u00e9tariat recouvre une double appartenance d\u2019origine et d\u00e9signe ceux qui, dans le monde agricole ou industriel, ne sauraient vivre ou survivre que de leur travail. Tel fut le cas de ce philosophe, seul th\u00e9oricien r\u00e9volutionnaire issu d\u2019un milieu populaire au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>Quant \u00e0 son mariage\u2026 il \u00e9pousa le 31 d\u00e9cembre 1849 une ouvri\u00e8re passementi\u00e8re, Euphrasie Pi\u00e9gard. Prisonnier politique \u00e0 Sainte-P\u00e9lagie, il b\u00e9n\u00e9ficie d\u2019un droit de sortie pour se rendre \u00e0 la mairie du Ve arrondissement. Mariage purement civil, au grand dam de sa femme croyante et de son beau-p\u00e8re royaliste. Ses quatre filles ne seront jamais baptis\u00e9es. C\u2019est la seule \u00ab\u00a0vie priv\u00e9e\u00a0\u00bb connue \u00e0 cet infatigable travailleur, lisant et \u00e9crivant toujours.<\/p>\n<p>L\u2019une des grandes chances de sa vie fut l\u2019attribution d\u2019une bourse de trois ans, en 1838.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0N\u00e9 et \u00e9lev\u00e9 au sein de la classe ouvri\u00e8re, lui appartenant encore par le c\u0153ur et les affections, et surtout par la communaut\u00e9 des souffrances et des v\u0153ux, la plus grande joie du candidat, s\u2019il r\u00e9unissait vos suffrages, serait, n\u2019en doutez pas, Messieurs, de pouvoir travailler sans rel\u00e2che, par la philosophie et par la science, avec toute l\u2019\u00e9nergie de sa volont\u00e9 et la puissance de son esprit, \u00e0 l\u2019am\u00e9lioration intellectuelle et morale de ceux qu\u2019il se pla\u00eet \u00e0 nommer ses fr\u00e8res et ses compagnons\u00a0; de pouvoir r\u00e9pandre parmi eux les semences d\u2019une doctrine que je regarde comme la loi du monde moral\u00a0; et en attendant le succ\u00e8s de ses efforts de se trouver d\u00e9j\u00e0, en quelque sorte, comme leur repr\u00e9sentant parmi vous.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Correspondance de P.-J. Proudhon<\/em> (posthume, 1875)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Proudhon exprime la conscience du risque couru, s\u2019il est laur\u00e9at du concours\u00a0: cesser d\u2019appartenir \u00e0 sa classe d\u2019origine, au risque de devenir un bourgeois. Il fut effectivement ouvrier (notamment ouvrier imprimeur, \u00e9lite intellectuelle). Gr\u00e2ce \u00e0 la pension Suard dont il va b\u00e9n\u00e9ficier (1 500 francs pendant trois ans), il deviendra un \u00ab\u00a0publiciste\u00a0\u00bb (journaliste) vivant de sa plume.<\/p>\n<p>Cette lettre vaut serment\u00a0: ne jamais oublier son origine et demeurer au service de sa classe.\u00a0 Conform\u00e9ment \u00e0 cette profession de foi de 1838, Proudhon se voudra toujours le \u00ab\u00a0moniteur de la pl\u00e8be\u00a0\u00bb (guide des gens du peuple). Voir <em>Pierre-Joseph Proudhon, M\u00e9moires sur ma vie<\/em> (1983).<br>Il ne fait jamais rien pour plaire, il fait toujours tout pour convaincre, avec des arguments souvent extr\u00eames et parfois contradictoires.<\/p>\n<p>Son plus grand adversaire est son ex-confr\u00e8re (sinon ami) et quasi-sosie au physique, Karl Marx\u00a0: \u00ab\u00a0Les philosophes n\u2019ont fait qu\u2019interpr\u00e9ter le monde de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, ce qui importe c\u2019est de le transformer.\u00a0\u00bb C\u2019est sur ce point capital (sans jeu de mots\u2026) que les deux socialistes vont s\u2019opposer.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En France, il [Pierre-Joseph Proudhon] a le droit d\u2019\u00eatre mauvais \u00e9conomiste, parce qu\u2019il passe pour un bon philosophe. En Allemagne, il a le droit d\u2019\u00eatre mauvais philosophe, parce qu\u2019il passe pour \u00eatre un \u00e9conomiste des plus forts. Nous, en notre qualit\u00e9 d\u2019Allemand et d\u2019\u00e9conomiste, nous avons voulu protester contre cette double erreur.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Karl <span class=\"caps\">MARX<\/span> (1815-1883), <em>Mis\u00e8re de la philosophie<\/em>, Avant-propos (1847)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Proudhon et Marx d\u00e9fendent le mat\u00e9rialisme\u00a0: la structure \u00e9conomique de la soci\u00e9t\u00e9 d\u00e9termine l\u2019organisation politique. Mais Proudhon refuse la lutte des classes et pr\u00f4ne un anarchisme positif, fond\u00e9 sur l\u2019autogestion, alors que Marx pr\u00eache la lutte des classes pour aboutir \u00e0 la \u00ab\u00a0dictature du prol\u00e9tariat\u00a0\u00bb dans le <em>Manifeste du parti communiste<\/em> (publi\u00e9 en 1848).<\/p>\n<p>Marx voit en Proudhon un socialiste \u00ab\u00a0petit-bourgeois constamment ballott\u00e9 entre le Travail et le Capital, entre l\u2019\u00e9conomie politique et le communisme\u00a0\u00bb, voire un bourgeois d\u00e9fendant un syst\u00e8me utopique cens\u00e9 combiner les avantages du socialisme et du capitalisme sans leurs inconv\u00e9nients\u00a0: \u00ab\u00a0Les socialistes bourgeois veulent tous les avantages des conditions sociales modernes sans les luttes et les dangers qui en d\u00e9coulent n\u00e9cessairement.\u00a0\u00bb Il d\u00e9nonce ses conceptions \u00e9conomiques sur la valeur, son soutien \u00e0 la concurrence, son opposition aux gr\u00e8ves ouvri\u00e8res.<\/p>\n<p>Et Marx fait une critique assassine de <em>La Philosophie de la mis\u00e8re.<\/em> Rien que le titre annonce la couleur\u00a0: <em>Mis\u00e8re de la philosophie<\/em>. L\u2019avant-propos souligne le caract\u00e8re pol\u00e9mique et ironique du philosophe allemand.<\/p>\n<p>La riposte de Proudhon, politiquement hyper-sensible et profond\u00e9ment bless\u00e9, est imm\u00e9diate et cinglante.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Marx est le t\u00e9nia du socialisme.\u00a0\u00bb <span id=\"10\" class=\"cit-num\">10<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Carnets<\/em>, 24 septembre 1847<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est de bonne guerre\u2026<\/p>\n<p>Bref rappel\u00a0anatomique\u00a0: pour survivre dans l\u2019intestin, les t\u00e9nias se nourrissent d\u2019une partie de la nourriture ing\u00e9r\u00e9e par l\u2019h\u00f4te et se d\u00e9veloppent en produisant des anneaux expuls\u00e9s dans les selles.<\/p>\n<p>Et Proudhon argumente\u00a0: <em>Contradictions \u00e9conomiques.<\/em> \u2013 Tous ceux qui en ont parl\u00e9 jusqu\u2019ici l\u2019ont fait avec une supr\u00eame mauvaise foi, envie ou b\u00eatise\u00a0\u00bb. <em>Carnets<\/em>, 20 novembre 1847.<\/p>\n<p>Il lira (en partie) le livre de Marx et notera en marge, au fil des pages\u00a0: \u00ab\u00a0Calomnie\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Absurde\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Faux\u00a0\u00bb. Mais encore\u00a0: \u00ab\u00a0Mensonge\u00a0: C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que je dis\u00a0\u00bb\u2026 \u00ab\u00a0Quelle b\u00eatise apr\u00e8s ce que j\u2019ai \u00e9crit\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0\u2026\u00a0 \u00ab\u00a0Plagiat de mon chapitre premier\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0En v\u00e9rit\u00e9 Marx est jaloux\u00a0\u00bb \u2026 Pour conclure\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Allons mon cher Marx, vous \u00eates de mauvaise foi, et tout \u00e0 la fois vous ne savez rien\u00a0\u00bb \u2026 <br>\u00ab\u00a0Le v\u00e9ritable sens de l\u2019ouvrage de Marx, c\u2019est qu\u2019il a le regret que partout j\u2019ai pens\u00e9 comme lui, et que je l\u2019aie dit avant lui. Il ne tient qu\u2019au lecteur de croire que c\u2019est Marx qui, apr\u00e8s m\u2019avoir lu, a le regret de penser comme moi\u00a0! Quel homme\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), version annot\u00e9e de<em> Mis\u00e8re de la philosophie<\/em>, publi\u00e9e par la F\u00e9d\u00e9ration anarchiste (1983), Gallica, archives<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les duos-duels entre philosophes ponctuent l\u2019Histoire\u00a0: Bossuet contre F\u00e9nelon au <span class=\"caps\">XVII<\/span>e, Voltaire contre Rousseau au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e, Proudhon contre Marx au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, Sartre contre Camus en <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u2026 Souhaitons au <span class=\"caps\">XXI<\/span>e si\u00e8cle des d\u00e9bats de fond ayant cette qualit\u00e9 intellectuelle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La nation fran\u00e7aise est une nation de com\u00e9diens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), <em>Carnets<\/em>, apr\u00e8s l\u2019\u00e9chec de la r\u00e9volution de 1848<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e9volution politique au contenu social encore h\u00e9sitant et confus o\u00f9 Proudhon se trouva d\u00e9chir\u00e9 plus que jamais\u00a0: anarchiste, apolitique, la force des choses fit de lui un journaliste doubl\u00e9 d\u2019un parlementaire, \u00e9lu d\u00e9put\u00e9 \u00e0 la Constituante. Il dut bon gr\u00e9 mal gr\u00e9 jour le jeu et s\u2019y ins\u00e9rer \u2013 la<\/p>\n<p>Commune de Paris lui sera \u00e9pargn\u00e9. Le dilemme eut \u00e9t\u00e9 terrible<br>L\u2019av\u00e8nement de la R\u00e9publique l\u2019\u00ab\u00a0abasourdit\u00a0\u00bb et \u00e0 l\u2019avance, il porte \u00ab\u00a0le deuil de la R\u00e9publique et le fardeau des calomnies qui allaient frapper le socialisme.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tr\u00e8s vite, il se ressaisit, accepte la R\u00e9volution, note dans ses <em>Carnets<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0La victoire d\u2019aujourd\u2019hui est la victoire de l\u2019Anarchie contre l\u2019Autorit\u00e9\u00a0\u00bb pour aussit\u00f4t laisser repara\u00eetre son inqui\u00e9tude\u00a0: \u00ab\u00a0\u2026 ou bien c\u2019est une mystification\u00a0\u00bb. Mais \u00ab\u00a0L\u2019\u00e9v\u00e9nement accompli est d\u00e9sormais irr\u00e9vocable, c\u2019est sottise de regarder en arri\u00e8re\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Finalement, c\u2019est l\u2019\u00e9chec du droit au travail et des Ateliers nationaux mal con\u00e7us pour les ch\u00f4meurs, les massacres de juin 1848 par suite de leur fermeture, l\u2019\u00e9lection de Louis-Napol\u00e9on Bonaparte en pr\u00e9sident de la R\u00e9publique, la prison pour lui, le retour \u00e0 un (Second) Empire\u2026 Quel g\u00e2chis de temps, de forces, d\u2019hommes et d\u2018espoir\u2026<\/p>\n<p>Mais il se remet au travail, alimentaire et philosophique. Rien ne peut l\u2019arr\u00eater durablement et il donne tout son c\u0153ur, son talent, son g\u00e9nie parfois.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Proudhon \u00e9tait le plus grand prosateur de son temps.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles-Augustin <span class=\"caps\">SAINTE<\/span>\u2013<span class=\"caps\">BEUVE<\/span> (1804-1869), <em>P.-J. Proudhon, Sa vie et sa correspondance 1838-1848<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parole du plus grand critique de son temps \u2013 en tout cas le plus redout\u00e9 des auteurs et le plus appr\u00e9ci\u00e9 du public.<\/p>\n<p>Proudhon est, avec Chateaubriand (premier romantique du si\u00e8cle et styliste in\u00e9gal\u00e9), celui des contemporains sur lequel Sainte-Beuve a livr\u00e9 l\u2019\u00e9tude la plus d\u00e9velopp\u00e9e. <br>Rencontre improbable d\u2019un s\u00e9nateur bedonnant et vieillissant du Second Empire, ayant une sainte horreur des troubles sociaux, se penchant longuement sur la vie et l\u2019\u0153uvre d\u2019un ap\u00f4tre de l\u2019anarchie, auteur de la formule incendiaire \u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est le vol\u00a0\u00bb ou pis encore \u00ab\u00a0Dieu, c\u2019est le mal.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Bien loin de d\u00e9savouer Proudhon, l\u2019homme et l\u2019\u0153uvre, Sainte-Beuve balaie les caricatures, les railleries et les approximations qui entravaient l\u2019acc\u00e8s aux \u0153uvres du penseur socialiste. \u00c0 travers son abondante <em>Correspondance<\/em>, il compose \u00ab\u00a0un Proudhon racont\u00e9, jug\u00e9 et comment\u00e9 par lui-m\u00eame\u00a0\u00bb et donne \u00e0 voir un homme \u00ab\u00a0de pens\u00e9e, de labeur, de moralit\u00e9 pratique et de haute doctrine sociale\u00a0\u00bb, r\u00e9ellement port\u00e9 \u00e0 faire le Bien, t\u00e9moignant pour le socialisme par sa personne et son comportement quotidien, tout autant sinon plus encore que par ses ouvrages publics.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Proudhon\u2026 le plus grand philosophe du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">SOREL<\/span> (1847-1922) en 1914. Cit\u00e9 par Patrice Rolland, <em>La r\u00e9f\u00e9rence proudhonienne chez Georges Sorel<\/em>, article, num\u00e9ro th\u00e9matique sur \u00ab\u00a0Les congr\u00e8s, lieux de l\u2019\u00e9change intellectuel\u00a0\u00bb, 1850-1914 (1989)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sorel rencontre la philosophie du p\u00e8re de l\u2019anarchisme \u00e0 la fran\u00e7aise avant la Grande Guerre, dans un moment de \u00ab\u00a0retour \u00e0 Proudhon\u00a0\u00bb. Des \u00e9crivains tels Proust, P\u00e9guy ou Bernanos font son \u00e9loge. Jean Jaur\u00e8s s\u2019y r\u00e9f\u00e8re dans plusieurs discours.<\/p>\n<p>Georges Sorel le d\u00e9couvre en\u00a0lisant <em>La Guerre et la paix<\/em> (1861). Il publie dans la <em>Revue philosophique<\/em> son premier article consacr\u00e9 \u00e0 celui qu\u2019il estime \u00eatre un des plus importants auteurs du socialisme. Leur trajet est comparable\u00a0: pauvret\u00e9 devenu choix \u00e9thique, refus de toute inf\u00e9odation \u00e0 un parti ou une id\u00e9ologie, m\u00eame \u00ab\u00a0drame int\u00e9rieur\u00a0\u00bb avec une \u00ab\u00a0pens\u00e9e en perp\u00e9tuel mouvement et une volont\u00e9 d\u2019intransigeance qui les d\u00e9chirent\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Proudhon est le philosophe que Sorel cite le plus souvent dans ses \u00e9crits \u2013 avant Marx. \u00ab\u00a0Un esprit puissant qui s\u2019est isol\u00e9 volontairement\u00a0\u00bb,\u00a0 Sorel \u00e9tant persuad\u00e9 qu\u2019 \u00ab\u00a0il n\u2019y a rien de plus essentiel pour l\u2019avenir du prol\u00e9tariat que de l\u2019initier aux enseignements de Proudhon.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Au-del\u00e0 du politique, c\u2019est le moraliste (et sa morale asc\u00e9tique) qu\u2019il pr\u00e9f\u00e8re et auquel il s\u2019identifie, avec une connotation plus pessimiste. Il voit en Proudhon \u00ab\u00a0un type achev\u00e9 du paysan, de l\u2019artisan fran\u00e7ais, un h\u00e9ros de notre peuple.\u00a0\u00bb Sorel retrouve en lui toutes les vertus d\u2019une France dont il a la nostalgie\u00a0: l\u2019attention \u00e0 la famille, le rejet de l\u2019oisivet\u00e9, l\u2019\u00e9loge de la pauvret\u00e9, l\u2019exaltation de la dignit\u00e9, du courage, qui s\u2019exprime dans une guerre non hargneuse mais h\u00e9ro\u00efque, le refus de l\u2019arbitraire \u00e9tatique. Il fait sienne la principale contradiction proudhonienne qui d\u00e9voile son attitude libertaire originale\u00a0: porter un esprit de r\u00e9volte tout en se fiant aux traditions historiques.<\/p>\n<p>Seul, il pouvait faire \u00e9clore \u00ab\u00a0une v\u00e9ritable moralit\u00e9 r\u00e9publicaine\u00a0\u00bb. Mais cette \u00e9thique est aussi une des raisons de l\u2019\u00e9chec\u00a0: Proudhon moins populaire que Marx dont la\u00a0lutte des classes fait davantage r\u00eaver\u2026 et agir les masses populaires.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0Cercle Proudhon\u00a0\u00bb initi\u00e9 par Sorel en 1911, devenu antenne de <em>l\u2019Action fran\u00e7aise<\/em> et d\u00e9savou\u00e9 explicitement par lui, brouillera malheureusement le propos, le socialisme proudhonien \u00e9tant r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par le nationalisme. Une d\u00e9rive dont Proudhon n\u2019est pas plus responsable\u2026 que Jeanne d\u2019Arc, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9e par la droite (extr\u00eame) comme par la gauche.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le proudhonisme est un pragmatisme, autrement dit, le contraire d\u2019un id\u00e9alisme. D\u2019o\u00f9 ses propositions concr\u00e8tes et d\u00e9taill\u00e9es\u00a0: la f\u00e9d\u00e9ration, la mutualisation, la coop\u00e9ration comme autant de leviers pour r\u00e9aliser la r\u00e9volution ici et maintenant, sans qu\u2019une seule goutte de sang soit vers\u00e9e\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel <span class=\"caps\">ONFRAY<\/span> (n\u00e9 en 1959), dans Onfray, le temps de Proudhon, paru dans<em> Le Point<\/em>, 3 mai 2011<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Philosophe rebelle, admirateur de Nietzsche, ath\u00e9e et proche du courant libertaire, professeur de la contre-histoire, il pr\u00f4ne une r\u00e9volte contre le conformisme et le dogmatisme qui g\u00e9n\u00e8rent le conservatisme social. Et tout dans Proudhon l\u2019anarchiste le s\u00e9duit\u2026<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 la banque du peuple et le cr\u00e9dit organis\u00e9 pour les classes n\u00e9cessiteuses par ces m\u00eames classes dans une logique qu\u2019on dirait aujourd\u2019hui de microcr\u00e9dit\u00a0; une th\u00e9orie de l\u2019imp\u00f4t capable de r\u00e9aliser la justice sociale ici et maintenant\u00a0; une d\u00e9fense de la propri\u00e9t\u00e9 anarchiste, comme assurance de la libert\u00e9 individuelle menac\u00e9e par le r\u00e9gime communiste\u00a0; la construction d\u2019un \u00c9tat libertaire qui garantisse la m\u00e9canique anarchiste\u00a0; une th\u00e9orie critique de la presse qui est une machine \u00e0 promouvoir l\u2019id\u00e9al des banquiers qui la financent\u00a0; une pens\u00e9e du droit d\u2019auteur\u00a0; une analyse de la fonction sociale et politique de l\u2019art qui s\u2019oppose \u00e0 l\u2019art pour l\u2019art et aux jeux d\u2019esth\u00e8tes\u00a0; un investissement dans ce qu\u2019il nomme la \u00ab\u00a0d\u00e9mop\u00e9die\u00a0\u00bb et qui suppose qu\u2019on augmente plus s\u00fbrement le progr\u00e8s de la r\u00e9volution par l\u2019instruction libre que par l\u2019insurrection paramilitaire \u2013 et mille autres instruments d\u2019une bo\u00eete \u00e0 outils dans laquelle le socialisme n\u2019a pas encore puis\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La pens\u00e9e du tribun est une constante marche en avant, d\u2019apparence pataude comme celle du canard, se dandinant sans cesse d\u2019un pied sur l\u2019autre. Ce n\u2019est pas qu\u2019elle h\u00e9site, c\u2019est qu\u2019elle combat sans cesse les id\u00e9es abstraites, les mouvements catastrophiques du c\u0153ur mal \u00e9clair\u00e9.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Falk van <span class=\"caps\">GAVER<\/span> (n\u00e9 en 1979), journaliste, essayiste, France Archives, Portail national des Archives<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Portrait empathique et document\u00e9 du penseur, de l\u2019\u00e9corch\u00e9 vif luttant toute sa vie pour triompher de tous les obstacles, \u00e0 commencer par la pauvret\u00e9 intellectuelle de son milieu, pour avancer sur le chemin de sa v\u00e9rit\u00e9 philosophique et imposer co\u00fbte que co\u00fbte une pens\u00e9e en devenir au fil de ses recherches et des \u00e9v\u00e9nements d\u2019un si\u00e8cle philosophique et r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Cette d\u00e9marche passionn\u00e9ment r\u00e9aliste lui permet d\u2019affirmer une v\u00e9rit\u00e9 et son contraire, dans sa recherche permanente d\u2019\u00e9quilibre entre le communisme et le lib\u00e9ralisme.<br>Deux exemples c\u00e9l\u00e8bres.<\/p>\n<p>Vis-\u00e0-vis de la propri\u00e9t\u00e9, il peut \u00e9crire simultan\u00e9ment\u00a0: \u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9 c\u2019est le vol\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9,\u00a0 c\u2019est la libert\u00e9\u00a0\u00bb, sans trouver de contradiction fatale dans le d\u00e9veloppement de sa politique, mais plut\u00f4t les mat\u00e9riaux d\u2019un antagonisme salutaire. La propri\u00e9t\u00e9 absolue, le droit d\u2019aubaine, l\u2019abus des poss\u00e9dants, la situation de monopole sont tout ce qu\u2019il condamne dans l\u2019appropriation. Il voit au contraire dans la saine propri\u00e9t\u00e9, la petite, la laborieuse, le moyen pour la famille de cheminer sereinement vers la justice.<\/p>\n<p>Dans le m\u00eame esprit, l\u2019auteur de l\u2019incroyable formule \u00ab\u00a0Dieu, c\u2019est le mal\u00a0\u00bb r\u00e9v\u00e8le l\u2019\u00e9ternelle contradiction interne qui le travaillera toute sa vie, conc\u00e9dant par ailleurs que l\u2019humanit\u00e9 a besoin, ou du moins a eu besoin d\u2019une religion pour s\u2019avancer vers le progr\u00e8s qui est l\u2019\u00e9mancipation. Sans auteurs sacr\u00e9s, sans pr\u00eatres, sans proph\u00e8tes, nulle lib\u00e9ration. Le premier grand saut de l\u2019humanit\u00e9 que Proudhon consid\u00e8re dans l\u2019histoire, avant la Renaissance et la R\u00e9volution, c\u2019est l\u2019invention du christianisme\u00a0!<\/p>\n<p>Laissons le mot de la fin \u00e0 Proudhon qui nous livre ici l\u2019une des cl\u00e9s de sa vie et de son \u0153uvre, autant dire sa v\u00e9rit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ma d\u00e9marche est celle d\u2019un \u00e9claireur et d\u2019un aventurier.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Joseph <span class=\"caps\">PROUDHON<\/span> (1809-1865), cit\u00e9 par Falk van Gaver, journaliste, essayiste, France Archives, Portail national des Archives<\/p>\n<\/blockquote>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00a0\u00a0\u00a0 \u00ab\u00a0La propri\u00e9t\u00e9, c\u2019est le vol.\u00a0\u00bb Pierre Joseph PROUDHON (1809-1865), Qu\u2019est-ce que la propri\u00e9t\u00e9\u00a0? (1840) Pierre-Joseph Proudhon na\u00eet en 1809 \u00e0 Besan\u00e7on, d\u2019un p\u00e8re gar\u00e7on brasseur et d\u2019une m\u00e8re cuisini\u00e8re. Autodidacte, ind\u00e9pendant d\u2019esprit et avide de savoir, le jeune provincial poursuit ses \u00e9tudes gr\u00e2ce \u00e0 une bourse et gagne sa vie comme ouvrier typographe, [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":11415,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":217,"footnotes":""},"categories":[5],"tags":[],"class_list":["post-9893","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","hentry","category-portraits-en-citations-des-personnages-de-lhistoire"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9893","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9893"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9893\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12583,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9893\/revisions\/12583"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11415"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9893"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9893"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9893"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}