{"id":9918,"date":"2024-04-29T00:00:00","date_gmt":"2024-04-28T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-chantant-de-napoleon-a-la-monarchie-de-juillet\/"},"modified":"2025-08-12T08:42:58","modified_gmt":"2025-08-12T06:42:58","slug":"lhistoire-en-chantant-de-napoleon-a-la-monarchie-de-juillet","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-chantant-de-napoleon-a-la-monarchie-de-juillet\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en chantant (de Napol\u00e9on \u00e0 la Monarchie de Juillet)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Chaque \u00e9poque donne le ton, d\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ce r\u00e9sum\u00e9 chantant qui alterne \u00e0 l\u2019infini comique et tragique, populaire et po\u00e9tique, avec une dose de fantaisie propre \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Quelques constantes en font l\u2019originalit\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>Le <strong>peuple<\/strong> est le premier acteur de cette histoire, qu\u2019il s\u2019exprime dans le r\u00e9pertoire des traditionnelles chansons populaires ou dans le registre patriotique des chants de guerre. Mais ballades et chansons de geste furent aussi \u00e0 la mode, en leur temps.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Beaucoup de titres sont <strong>anonymes<\/strong>, \u00e0 commencer par les quelque 6 500 mazarinades chant\u00e9es sous la Fronde\u00a0contre Mazarin qui bat tous les records d\u2019impopularit\u00e9. De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, \u00ab\u00a0en France et sous nos rois, la chanson fut longtemps la seule opposition possible\u00a0; on d\u00e9finissait le gouvernement d\u2019alors comme une monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons.\u00a0\u00bb (Eug\u00e8ne Scribe). Cet anonymat perdure bien apr\u00e8s la R\u00e9volution, aussi longtemps qu\u2019il y aura censure, au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle et au-del\u00e0. Dernier cas, <em>le D\u00e9serteur<\/em> pendant la guerre d\u2019Indochine (1954), mais\u00a0le texte est sign\u00e9 (Boris Vian et Serge Reggiani).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La chanson sous toutes ses formes reste malgr\u00e9 tout un espace de libert\u00e9 d\u2019expression et refl\u00e8te<strong> l\u2019opinion publique<\/strong>, bien avant la grande presse cr\u00e9\u00e9e au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, les sondages n\u00e9s \u00e0 la veille de la Seconde Guerre mondiale et les r\u00e9seaux sociaux, inventions de notre si\u00e8cle.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La <strong>R\u00e9volution<\/strong> est toujours la \u00ab\u00a0grande \u00e9poque\u00a0\u00bb de l\u2019Histoire (en chantant, en citations et en g\u00e9n\u00e9ral). Deux \u00ab\u00a0tubes\u00a0\u00bb sont n\u00e9s\u00a0: <em>la Marseillaise<\/em> et le<em> \u00c7a ira<\/em>. Leur petite histoire vous r\u00e9serve des surprises\u2026 Surprise aussi de trouver <em>Il pleut, il pleut berg\u00e8re<\/em>, entre quelques dizaines de titres de circonstance \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La <strong>Commune<\/strong> de Paris, autre paroxysme h\u00e9ro\u00efque, nous offre l\u2019Internationale au destin historique mondial\u2026 et <em>le Temps des cerises<\/em> au sens rest\u00e9 myst\u00e9rieux.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Les <strong>guerres<\/strong> sont toujours tr\u00e8s chant\u00e9es \u00e0 divers titres et sur divers tons. Signalons un doublon \u00ab\u00a0bon enfant\u00a0\u00bb avec la <em>Madelon<\/em>, deux versions, 1914 et 1918, confondues par Clemenceau lui-m\u00eame,\u00a0 charg\u00e9 de d\u00e9corer l\u2019auteur de la seconde\u2026<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019apparition des chansons et des <strong>chanteurs engag\u00e9s<\/strong> donne un tout autre ton \u00e0 la Quatri\u00e8me et la Cinqui\u00e8me R\u00e9publiques. C\u2019est l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la chanson fran\u00e7aise et l\u2019embarras du choix grandit avec quelques \u00ab\u00a0standards\u00a0\u00bb incontournables des<em> protest songs<\/em> venus d\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, quelques surprises. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des Ferr\u00e9, Ferrat, Brel, Brassens et autres artistes engag\u00e9s \u00e0 divers propos (peine de mort, racisme, homophobie, \u00e9migration, \u00e9cologie, anarchie, f\u00e9minisme\u2026), on d\u00e9couvre Johnny Halliday avec un titre tout \u00e0 son honneur et \u00e0 celui de son auteur (Philippe Labro).<\/p>\n<p>Plus d\u2019une centaine de vid\u00e9os YouTube servent d\u2019illustration sonore \u00e0 cette <em>Histoire en chantant.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><em><img decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-6-60.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/em><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Consulat et Empire<\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">Chanter pour ou contre Napol\u00e9on, \u00e0 la guerre ou \u00e0 la ville, et malgr\u00e9 la censure<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! le voil\u00e0\u00a0! il ira\u00a0! \u00e7a ira\u00a0!<br>Gloire soit rendue au grand Bonaparte,<br>Ah\u00a0! le voil\u00e0\u00a0! il ira\u00a0! \u00e7a ira\u00a0!<br>Il est arriv\u00e9, tout r\u00e9ussira.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1647\" class=\"cit-num\">1647<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Les Fran\u00e7ais au g\u00e9n\u00e9ral Bonaparte<\/em> (1799), chanson sur une musique de <span class=\"caps\">B\u00c9COURT<\/span> (1760-1794)<em>. Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le peuple chante son idole, sur l\u2019air du \u00ab\u00a0\u00c7a ira\u00a0\u00bb (<em>Carillon national<\/em>) qui a d\u00e9j\u00e0 beaucoup servi tout au long de la R\u00e9volution. Le ton est r\u00e9solument optimiste, apr\u00e8s les victoires d\u2019Italie, puis d\u2019\u00c9gypte.<\/p>\n<p>En Italie, c\u2019est incontestable. En \u00c9gypte, \u00e7a commen\u00e7ait bien, mais \u00e7a s\u2019est mal termin\u00e9. L\u2019Angleterre reste ma\u00eetresse en M\u00e9diterran\u00e9e apr\u00e8s la victoire de Nelson en rade d\u2019Aboukir et Bonaparte laisse le commandement \u00e0 Kl\u00e9ber face aux Turcs, pour rentrer secr\u00e8tement \u00e0 Paris, le 16\u00a0octobre 1799. Mais en chemin, le \u00ab\u00a0grand Bonaparte\u00a0\u00bb est spontan\u00e9ment acclam\u00e9 par la foule.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019aime l\u2019oignon frit \u00e0 l\u2019huile,<br>J\u2019aime l\u2019oignon quand il est bon [\u2026]<br>Au pas camarade, au pas camarade,<br>Au pas, au pas, au pas [bis]<br>Et pas d\u2019oignon aux Autrichiens,<br>Non\u00a0! pas d\u2019oignon \u00e0 tous ces chiens.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1705\" class=\"cit-num\">1705<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson de l\u2019oignon<\/em>, 1800, anonyme et tr\u00e8s populaire. <em>Chants et chansons militaires de la France<\/em> (1887), Eug\u00e8ne Hennebert<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=3_21ozbK-Ro\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez la <em>Chanson de l\u2019oignon<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Selon la l\u00e9gende, la chanson est n\u00e9e juste avant la bataille de Marengo, le 14 juin 1800. Bonaparte aper\u00e7oit des grenadiers frottant vigoureusement une cro\u00fbte de pain. \u00ab\u00a0Que diable frottez-vous donc sur votre pain\u00a0?\u00a0 \u2014 De l\u2019oignon, mon g\u00e9n\u00e9ral. \u2014 Ah\u00a0! Tr\u00e8s bien, il n\u2019y a rien de meilleur pour marcher d\u2019un bon pas sur le chemin de la gloire.\u00a0\u00bb Elle sera scand\u00e9e par les grenadiers montant \u00e0 l\u2019assaut, lors de la bataille.<\/p>\n<p>Mass\u00e9na ayant finalement capitul\u00e9 \u00e0 G\u00eanes, Bonaparte a d\u00e9tourn\u00e9 ses divisions pour attaquer les Autrichiens \u00e0 Marengo. Bataille ind\u00e9cise qui serait perdue sans l\u2019arriv\u00e9e en renfort du g\u00e9n\u00e9ral Desaix, retournant la situation avant de tomber \u00e0 la t\u00eate de ses hommes. \u00ab\u00a0Pourquoi ne m\u2019est-il pas permis de pleurer\u00a0?\u00a0\u00bb dire Bonaparte qui appr\u00e9cia l\u2019homme et le militaire, dans la campagne d\u2019\u00c9gypte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Lorsqu\u2019\u00e0 faire \u00e0 tous la loi,<br>Sans cesse je m\u2019applique,<br>Je puis r\u00e9gner, par ma foi\u00a0!<br>Ayant d\u00e9j\u00e0 l\u2019air d\u2019un roi<br>De pique\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1730\" class=\"cit-num\">1730<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Les M\u00e9rites de Bonaparte<\/em>, chanson anonyme.\u00a0 <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les royalistes\u00a0ont cru un temps que Bonaparte les aiderait \u00e0 restaurer la monarchie, mais apr\u00e8s le pl\u00e9biscite et le s\u00e9natus-consulte de 1802, ils d\u00e9chantent \u2013\u00a0comme le comte de Provence, pri\u00e9 poliment de rester hors de France \u2013\u00a0et ils chantent en ironisant sur les \u00ab\u00a0m\u00e9rites de Bonaparte\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis prince sanguin, mon cousin,<br>On en a preuve s\u00fbre,<br>Prince du sang d\u2019Enghien, mon cousin\u00a0;<br>Oh\u00a0! la bonne aventure [\u2026]<br>On n\u2019est pas \u00e0 la fin, mon cousin,<br>De sang, je vous l\u2019assure,<br>J\u2019en pr\u00e9tends prendre un bain, mon cousin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1748\" class=\"cit-num\">1748<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Je suis prince sanguin<\/em>, chanson.<em> L\u2019\u00c9cho des salons de Paris depuis la restauration\u00a0: ou, recueil d\u2019anecdotes sur l\u2019ex-empereur Buonaparte, sa cour et ses agents<\/em> (1815), Jacques Thomas Verneur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Post\u00e9rieure \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution du duc d\u2019Enghien, la chanson r\u00e9sonne lugubrement, jouant sur le sang dont le criminel se vante d\u2019\u00eatre doublement impr\u00e9gn\u00e9. Allusion y est faite \u00e0 une lettre adress\u00e9e par Napol\u00e9on aux \u00e9v\u00eaques de France qu\u2019il appelle individuellement \u00ab\u00a0mon cousin\u00a0\u00bb comme il \u00e9tait de tradition pour le roi, et o\u00f9 il leur demande de faire chanter un <em>Te Deum<\/em> pour son sacre.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0La saign\u00e9e entre dans les combinaisons de la m\u00e9decine politique\u00a0\u00bb dira l\u2019empereur. \u00ab\u00a0C\u2019est pire qu\u2019un crime, c\u2019est une faute.\u00a0\u00bb Mot de Boulay de la Meurthe, parfois attribu\u00e9 \u00e0 Fouch\u00e9 (par Chateaubriand) ou \u00e0 Talleyrand (par J.-P. Sartre). Mais les deux hommes ont eux-m\u00eames pouss\u00e9 Bonaparte au crime et il n\u2019est pas dans leur caract\u00e8re de s\u2019en repentir.<\/p>\n<p>Cette ex\u00e9cution sommaire indigne l\u2019Europe et toutes les t\u00eates couronn\u00e9es se ligueront contre l\u2019empereur \u2013 l\u00e0 est \u00ab\u00a0la faute\u00a0\u00bb. Le drame \u00e9meut la France\u00a0: d\u00e9tails sordides de l\u2019ex\u00e9cution et douleur de la jeune princesse Charlotte de Rohan-Rochefort qui portera toute sa vie le deuil de cet amour.<\/p>\n<p>Mais les royalistes se rallieront majoritairement \u00e0 Napol\u00e9on \u2013 et en cela, il a politiquement bien jou\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Veillons au salut de l\u2019Empire\u00a0!<br>Veillons au maintien de nos droits\u00a0!<br>Si le despotisme conspire,<br>Conspirons la perte des rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1754\" class=\"cit-num\">1754<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Adrien-Simon <span class=\"caps\">BOY<\/span> (1768-1795), paroles, et Nicolas-Marie <span class=\"caps\">DALAYRAC<\/span> (1753-1809), musique, <em>Veillons au salut de l\u2019empire<\/em> (1791). <em>Le Cri des peuples<\/em> (1817), Alexandre Drevel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=pAqBlkvju_E\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez <em>Veillons au salut de l\u2019empire<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Ce chant patriotique fut \u00e9crit par le chirurgien-chef de l\u2019arm\u00e9e du Rhin en 1791, sur fond de guerre et de jacobinisme r\u00e9volutionnaire. Comme cela se fait souvent, il reprend un air connu, emprunt\u00e9 \u00e0 l\u2019op\u00e9ra <em>Renaud d\u2019Ast<\/em>, cr\u00e9\u00e9 en 1787 \u00e0 l\u2019Op\u00e9ra-Comique. La romance amoureuse, r\u00e9orchestr\u00e9e au trombone, conna\u00eet un succ\u00e8s populaire comparable \u00e0 celui de <em>La Marseillaise<\/em>. Pr\u00e9cisons que l\u2019\u00ab\u00a0empire\u00a0\u00bb signifie l\u2019\u00c9tat, le royaume, la patrie.<\/p>\n<p>Napol\u00e9on appr\u00e9cie cet hymne r\u00e9volutionnaire qui devient hymne imp\u00e9rial, uniquement pour ce premier couplet o\u00f9 l\u2019Empire prend un nouveau sens\u2026 et une majuscule. Le chant redevient \u00e0 la mode et l\u2019on oublie la suite des paroles qui ne sont plus du tout \u00ab\u00a0politiquement correctes\u00a0\u00bb \u2013 appel \u00e0 la Libert\u00e9 contre les tyrans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019entendons ronfler l\u2019canon,<br>Y g\u2019na plus \u00e0 s\u2019en d\u00e9dire\u00a0:<br>On couronn\u2019 Napol\u00e9on<br>Empereur de ce bel Empire.<br>\u00c7a nous promet pour l\u2019av\u2019nir<br>Ben du bonheur et du plaisir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1800\" class=\"cit-num\">1800<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Sacre de Napol\u00e9on<\/em>, chanson anonyme. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On chante \u00e0 la gloire du grand homme, au front si couvert de lauriers que c\u2019est \u00e0 peine si on peut trouver \u00ab\u00a0un petit coin pour y placer la couronne\u00a0\u00bb\u00a0! Une certaine ironie commence \u00e0 poindre.<\/p>\n<p>Toutes ces \u00ab\u00a0vieilles chansons fran\u00e7aises\u00a0\u00bb, la plupart anonymes, sont encore chant\u00e9es, diffus\u00e9es sur Internet, ce qui montre d\u2019une certaine mani\u00e8re leur qualit\u00e9, leur originalit\u00e9, mais aussi le go\u00fbt des Fran\u00e7ais pour l\u2019histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sans reprendre haleine,<br>Comm\u2019 nous l\u2019esp\u00e9rions,<br>L\u2019Emp\u2019reur est dans Vienne<br>Avec ses bataillons\u00a0;<br>Mais qu\u2019il s\u2019en revienne [\u2026]<br>Pour que nous le chantions.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1807\" class=\"cit-num\">1807<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Ronde sur la prise de Vienne<\/em> (1805), chanson anonyme. <em>Napol\u00e9on et la musique<\/em> (1965), Th\u00e9o Fleischman<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Napol\u00e9on entre \u00e0 Vienne le 13\u00a0novembre 1805. Victoire fran\u00e7aise, \u00e9pisode de la troisi\u00e8me coalition (1803-1805). On chante, mais la lassitude commence \u00e0 se faire sentir dans le pays. Toutes les classes de la soci\u00e9t\u00e9 souffrent de la reprise de la guerre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On va leur percer le flanc<br>En plain plan, r\u2019lan tan plan [\u2026]<br>Ah\u00a0! que nous allons rire\u00a0!<br>R\u2019lan tan plan tire lire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1808\" class=\"cit-num\">1808<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Marche d\u2019Austerlitz<\/em>, 2\u00a0d\u00e9cembre 1805, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=rm380BPAxaI\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez la <em>Marche d\u2019Austerlitz<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>On chante encore, sur l\u2019air de la <em>Prise de la Bastille<\/em> qui servit d\u00e9j\u00e0 \u00e0 une plaisante bluette sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> (<em>\u00c0 mon mari je suis fid\u00e8le<\/em>). Les \u00ab\u00a0timbres\u00a0\u00bb populaires sont repris au fil des \u00e9v\u00e9nements\u00a0: seules les paroles changent, cr\u00e9ant au fil des ans une histoire de France par la chanson.<\/p>\n<p>Le jour anniversaire du sacre de l\u2019empereur, les grenadiers montent \u00e0 l\u2019assaut\u00a0: sur ordre de Napol\u00e9on redevenu chef militaire, la musique de chaque bataillon joue la chanson connue de chaque homme.<\/p>\n<p>Selon le capitaine Coignet, soldat de la campagne d\u2019Italie, chevalier de la premi\u00e8re promotion de la L\u00e9gion d\u2019honneur en 1804, grognard \u00e0 Austerlitz et admis dans la garde\u00a0: \u00ab\u00a0Les tambours battaient \u00e0 rompre les caisses, la musique se m\u00ealait aux tambours. C\u2019\u00e9tait \u00e0 entra\u00eener un paralytique.\u00a0\u00bb Il sera de toutes les guerres de Napol\u00e9on, encha\u00eenant 48 batailles sans une blessure et mourra nonag\u00e9naire, sous Napol\u00e9on\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils se sont embrass\u00e9s\u00a0!<br>Telles sont les nouvelles,<br>Dites-m\u2019en de plus belles<br>Si vous en connaissez\u00a0:<br>Ils se sont embrass\u00e9s [\u2026]<br>Vous, Anglais, p\u00e2lissez\u00a0:<br>Ils se sont embrass\u00e9s\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1828\" class=\"cit-num\">1828<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Antoine-Augustin de <span class=\"caps\">PIIS<\/span> (1755-1832), <em>Ils se sont embrass\u00e9s ou L\u2019Entrevue des deux empereurs \u00e0 Tilsit<\/em> (1807),chanson.<em> \u0152uvres choisies<\/em> (1810), Pierre-Antoine-Augustin de Piis<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><em>Ils se sont embrass\u00e9s<\/em>\u00a0: c\u2019est le titre et le refrain. L\u2019auteur, \u00e0 force de faire dans les vers de circonstance, se retrouve Premier Secr\u00e9taire g\u00e9n\u00e9ral de la Police, post\u00e9 cr\u00e9\u00e9 en 1800, qu\u2019il conserve jusqu\u2019en 1815, sous trois pr\u00e9fets de police successifs.<\/p>\n<p>L\u2019embrassade entre les deux empereurs devint c\u00e9l\u00e8bre. Mais Napol\u00e9on et Alexandre \u00e9taient-ils sinc\u00e8res\u00a0? Rappelons ces paroles du premier, pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9es de 1807 et rapport\u00e9es dans ses <em>M\u00e9moires<\/em> par Talleyrand, ministre des Relations ext\u00e9rieures jusqu\u2019en ao\u00fbt\u00a0: \u00ab\u00a0Je sais, quand il le faut, quitter la peau du lion pour prendre celle du renard.\u00a0\u00bb Quant au tsar Alexandre Ier de Russie, il m\u00e8nera sa guerre patriotique en 1812 et sera de la prochaine coalition contre la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis un pauvre conscrit<br>De l\u2019an mille huit cent dix [\u2026]<br>Ils nous font tirer z\u2019au sort<br>Pour nous conduire \u00e0 la mort.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1850\" class=\"cit-num\">1850<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le D\u00e9part du conscrit<\/em>, vers 1810, chanson anonyme \u00e0 plusieurs versions.<em> L\u2019Arm\u00e9e de Napol\u00e9on, 1800-1815<\/em> (2000), Alain Pigeard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=E-SQz1gQgUk\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez <em>Le D\u00e9part du conscrit<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>La guerre d\u2019Espagne se r\u00e9v\u00e8le d\u00e9sastreuse pour la Grande Arm\u00e9e, avant de devenir tr\u00e8s co\u00fbteuse \u00e0 l\u2019\u00e9conomie du pays. Les coalitions qui se succ\u00e8dent font quelque 200\u00a0000 morts par an. Il faut recruter\u00a0: les conscrits partent sans enthousiasme, le nombre des r\u00e9fractaires augmente, avec la complicit\u00e9 de la population paysanne.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e, c\u2019est la nation\u00a0\u00bb, dans la doctrine imp\u00e9riale. Mais \u00e0 partir de 1811, il faut int\u00e9grer des contingents \u00e9trangers et recourir massivement \u00e0 la conscription (ou service militaire)\u00a0: la R\u00e9volution fran\u00e7aise avait commenc\u00e9, avec la lev\u00e9e en masse des soldats de l\u2019an\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>. Napol\u00e9on encha\u00eene.<\/p>\n<p>L\u2019historien Jules Michelet constate\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019\u00e9tait la Grande Arm\u00e9e, sinon une France guerri\u00e8re d\u2019hommes qui, sans famille, ayant de plus perdu la R\u00e9publique, cette patrie morale, promenait cette vie errante en Europe\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bel enfant qui ne fait que na\u00eetre,<br>Et pour qui nous formons des v\u0153ux,<br>En croissant, tu deviendras ma\u00eetre<br>Et r\u00e9gneras sur nos neveux.<br>Dame, dame, r\u00e9fl\u00e9chis bien,<br>Dame, dame, souviens-toi bien<br>Qu\u2019alors il ne faudra pas faire<br>Tout comme a fait, tout comme a fait ton p\u00e8re.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1854\" class=\"cit-num\">1854<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson pour le roi de Rome<\/em> (1811). <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parmi toutes les chansons en l\u2019honneur de l\u2019illustre nouveau-n\u00e9, celle-ci r\u00e9sonne comme un avertissement au p\u00e8re. Comme bien souvent, la chanson donne le pouls d\u2019une opinion publique \u2013 c\u2019est rare et pr\u00e9cieux, sous l\u2019Empire o\u00f9 la rigueur de la censure \u00e9touffa bien des pens\u00e9es\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il \u00e9tait un p\u2019tit homme<br>Qu\u2019on appelait le grand [\u2026]<br>Courant \u00e0 perdre haleine,<br>Croyant prendre Moscou,<br>Ce grand fou\u00a0!<br>Mais ce grand capitaine<br>N\u2019y a vu, saberg\u00e9, que du feu\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1867\" class=\"cit-num\">1867<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Campagne de Russie<\/em> (automne 1812), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>(\u00ab\u00a0Saberg\u00e9\u00a0\u00bb, mot inconnu des dictionnaires et introuvable sur le Net\u00a0! Un professeur d\u2019histoire a peut-\u00eatre\u00a0 trouv\u00e9 la cl\u00e9 du myst\u00e8re\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7\u00e0, bergers, assemblons-nous\u00a0\u00bb, chanson de No\u00ebl, l\u2019un des chants pastoraux chr\u00e9tiens les plus connus. La simplification fr\u00e9quente dans les jurons est tentante pour devenir exclamation, mot de ralliement.)<\/p>\n<p>Cette chanson se diffuse sous le manteau \u00e0 Paris, tandis que commence la retraite de Russie d\u2019octobre\u00a01812.<\/p>\n<p>Le tsar Alexandre accusa les Fran\u00e7ais d\u2019avoir incendi\u00e9 Moscou. Sans doute se sont-ils content\u00e9s de piller la ville et d\u2019achever ainsi de la d\u00e9truire, apr\u00e8s l\u2019incendie qui aurait \u00e9t\u00e9 ordonn\u00e9 par Rostopchine, gouverneur militaire (et p\u00e8re de la future comtesse de S\u00e9gur). Il a fait \u00e9vacuer la ville o\u00f9 ne restent que 800 prisonniers de droit commun, leur promettant la r\u00e9habilitation s\u2019ils mettaient le feu. Le fin mot de l\u2019histoire ne sera jamais connu.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-7-55.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">RESTAURATION<\/span> <span class=\"caps\">ET<\/span> <span class=\"caps\">CENT<\/span> <span class=\"caps\">JOURS<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">La chanson refl\u00e8te l\u2019opinion face aux changements de r\u00e9gime et malgr\u00e9 la censure.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le matin, royaliste,<br>Je dis\u00a0: \u00ab\u00a0vive Louis\u00a0!\u00a0\u00bb<br>Le soir, bonapartiste,<br>Pour l\u2019Empereur j\u2019\u00e9cris,<br>Suivant la circonstance,<br>Toujours changeant d\u2019avis,<br>Je mets en \u00e9vidence<br>L\u2019aigle ou la fleur de lys.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1894\" class=\"cit-num\">1894<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Girouette<\/em> (1814), chanson anonyme. <em>Histoire secr\u00e8te de Paris<\/em> (1980), Georges Bordonove<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sous-titr\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Couplet d\u00e9di\u00e9 \u00e0 M. Benjamin Constant, ci-devant royaliste, puis conseiller d\u2019\u00c9tat de Bonaparte, et en dernier r\u00e9sultat redevenu royaliste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Benjamin Constant n\u2019est pas le seul \u00e0 faire preuve d\u2019opportunisme, en cette \u00e9poque de changements de r\u00e9gime\u00a0! Mais le personnage particuli\u00e8rement intelligent, irr\u00e9solu, faible jusqu\u2019\u00e0 la l\u00e2chet\u00e9, romancier de sa propre vie, c\u00e9l\u00e8bre et brillant orateur, est particuli\u00e8rement en vue. Sous la Restauration, il peut \u00eatre rang\u00e9 dans l\u2019opposition de gauche, comme lib\u00e9ral et monarchiste parlementaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 moi, mes ch\u00e2telains,<br>Vassaux, chassez-moi ces vilains\u00a0!<br>C\u2019est moi, dit-il, c\u2019est moi<br>Qui seul ait ramen\u00e9 le Roi\u00a0! [\u2026]<br>Chapeau bas\u00a0!<br>Gloire au marquis de Carabas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1896\" class=\"cit-num\">1896<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857), <em>Le Marquis de Carabas,<\/em> chanson de 1816. <em>Po\u00e9sies r\u00e9volutionnaires et contre-r\u00e9volutionnaires<\/em> (1821), \u00c0 la Librairie historique, \u00e9d<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>B\u00e9ranger, prompt \u00e0 saisir la rumeur publique comme tout bon chansonnier, d\u00e9nonce la morgue des \u00e9migr\u00e9s de retour (sur l\u2019air du roi Dagobert, un \u00ab\u00a0tube\u00a0\u00bb de la chanson enfantine qui se recycle facilement). Ainsi ce marquis\u00a0: \u00ab\u00a0Son coursier d\u00e9charn\u00e9\u00a0\/ Clopin-clopant l\u2019a ramen\u00e9.\u00a0\u00bb Et s\u2019il m\u00e9prise le peuple, il menace aussi le roi\u00a0: \u00ab\u00a0Mais s\u2019il ne me rend\u00a0\/ Les droits de mon sang\u00a0\/ Avec moi, morbleu\u00a0!\u00a0\/ Il aura beau jeu\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le peuple, c\u2019est ma Muse.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1897\" class=\"cit-num\">1897<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857).<em> \u0152uvres compl\u00e8tes de Pierre Jean de B\u00e9ranger<\/em> (1840)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Toujours \u00e0 l\u2019\u00e9coute de \u00ab\u00a0l\u2019instinct du peuple\u00a0\u00bb, l\u2019auteur en fait sa \u00ab\u00a0r\u00e8gle de conduite\u00a0\u00bb et en cette ann\u00e9e charni\u00e8re de 1814, il r\u00e9siste aux conseils, aux pressions de tous bords.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la censure si s\u00e9v\u00e8re sous l\u2019Empire, la chanson authentiquement populaire reprend ses droits et redevient reflet de l\u2019opinion publique. Les satires anticl\u00e9ricales et les pamphlets politiques de B\u00e9ranger vaudront toutefois la prison \u00e0 leur auteur (en 1815, puis en 1828). Il passe m\u00eame pour un grand homme et un martyr.<\/p>\n<p>Devenu plus prudent, il continuera de manifester indirectement son hostilit\u00e9 au r\u00e9gime, en c\u00e9l\u00e9brant le culte de Napol\u00e9on\u00a0et en contribuant \u00e0 sa l\u00e9gende (avec Hugo)\u00a0: \u00ab\u00a0Parlez-nous de lui, grand-m\u00e8re\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voulez-vous conna\u00eetre l\u2019histoire<br>D\u2019un gros roi nomm\u00e9 Cotillon\u00a0?<br>Ton ton, ton ton, tontaine, ton ton.<br>Boire, manger, manger et boire,<br>Voil\u00e0 le plaisir de Bourbon<br>Ton ton, tontaine, ton ton.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1905\" class=\"cit-num\">1905<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Voulez-vous conna\u00eetre l\u2019histoire\u00a0?<\/em> (1814), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Rien moins que 15 couplets pour se moquer du retour du roi Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> et de sa suite. \u00ab\u00a0Il arrive\u00a0: Paris proclame\u00a0\/ Sa bont\u00e9, sa gloire et son nom\u00a0\/ Et le Fran\u00e7ais, le noir dans l\u2019\u00e2me\u00a0\/ A mis du blanc sur son balcon.\u00a0\u00bb Encore n\u2019est-ce que le commencement de la Restauration\u2026 et Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> ne sera pas le plus impopulaire des deux rois\u00a0! Son fr\u00e8re Charles X sera finalement chass\u00e9 par la prochaine r\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Des Bourbons g\u00e9n\u00e9reux,<br>Le retour en ces lieux<br>Comble nos v\u0153ux [\u2026]<br>Nos yeux sont \u00e9blouis,<br>Nos maux \u00e9vanouis\u00a0;<br>Vive Louis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1914\" class=\"cit-num\">1914<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Antoine-Augustin de <span class=\"caps\">PIIS<\/span> (1755-1832), <em>God save the King des Fran\u00e7ais<\/em> (mai\u00a01814), chanson. <em>Dictionnaire des Girouettes, ou nos contemporains peints par eux-m\u00eames<\/em> (1815), C\u00e9sar de Proisy d\u2019Eppe<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0M.\u00a0Piis redevient royaliste\u00a0\u00bb et figure en bonne place avec sa chanson, dans ce <em>Dictionnaire<\/em> bien nomm\u00e9. Le chevalier de Piis se refait donc (m\u00e9diocre) parolier de circonstance pour chanter, sur l\u2019air de l\u2019hymne national anglais, le retour d\u2019Angleterre du nouveau roi de France. Tout se recycle, m\u00eame les consciences et les talents.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Aux ma\u00eetres des c\u00e9r\u00e9monies,<br>Plaise ordonner que, d\u00e8s demain,<br>Entrent sans laisse, aux Tuileries,<br>Les chiens du faubourg Saint-Germain\u00a0!<br>Puisque le tyran est \u00e0 bas<br>Laissez-nous prendre nos \u00e9bats.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1917\" class=\"cit-num\">1917<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857), <em>Requ\u00eate pr\u00e9sent\u00e9e par les chiens de qualit\u00e9<\/em>, chanson. <em>Chansons anciennes et posthumes<\/em> (1866), Pierre Jean de B\u00e9ranger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>B\u00e9ranger, fid\u00e8le \u00e0 sa conscience de gauche et avec son g\u00e9nie reconnu par Chateaubriand et Sainte-Beuve, s\u2019attaque ici \u00e0 tous ces nobles que la R\u00e9volution et les guerres ont \u00e9loign\u00e9s du pouvoir et des honneurs, et qui se ruent sur les places\u00a0: leurs maladresses et leur rapacit\u00e9 vont vite les rendre ha\u00efssables.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0D\u2019sus l\u2019tr\u00f4ne Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> plac\u00e9,<br>Notre Emp\u2019reur que rien n\u2019inqui\u00e8te,<br>Lui dit\u00a0: pour un an j\u2019t\u2019ai laiss\u00e9,<br>Ot\u2019-toi d\u2019l\u00e0 que j\u2019m\u2019y mette\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1925\" class=\"cit-num\">1925<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Ot\u2019-toi d\u2019l\u00e0 que j\u2019m\u2019y mette<\/em>, chanson de 1815. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette chanson sera saisie par la police, apr\u00e8s les Cent-Jours. La censure n\u2019est pas si terrible, mais l\u2019humour de Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> a ses limites et l\u2019humiliation sera grande, durant cent jours d\u2019exil.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">La parenth\u00e8se des <span class=\"caps\">CENT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">JOURS<\/span><\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Enfin, v\u2019la qu\u2019je r\u2019voyons \u00e0 Paris<br>Ce fils de la victoire\u00a0!<br>L\u2019aigle remplace la fleur de lys,<br>C\u2019est c\u2019qui faut pour sa gloire.<br>De l\u2019\u00eele d\u2019Elbe en quittant le pays,<br>Crac\u00a0! Il se met en route.<br>En vingt jours, il arrive \u00e0 Paris.<br>C\u2019t\u2019homm\u2019-l\u00e0 n\u2019a pas la goutte.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1929\" class=\"cit-num\">1929<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Ot\u2019-toi d\u2019l\u00e0 que j\u2019m\u2019y mette<\/em>, chanson de 1815. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Voil\u00e0 l\u2019un des couplets du chant des partisans, de plus en plus nombreux\u00a0: la magie imp\u00e9riale agit encore. Cependant qu\u2019\u00e0 Paris comme \u00e0 Vienne, la r\u00e9action s\u2019organise. D\u00e8s que la nouvelle touche la capitale, le 5\u00a0mars 1815, le comte d\u2019Artois prend la route de Lyon. <em>Le Journal des D\u00e9bats<\/em> stigmatise le tra\u00eetre, les anciens compagnons de l\u2019empereur s\u2019appr\u00eatent \u00e0 le combattre\u2026 avant de se rallier \u00e0 lui, pour la plupart. Le mar\u00e9chal Ney sera le plus illustre\u2026 et le paiera de sa vie, sous la seconde Restauration.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est donc revenu cheux nous<br>C\u2019t\u2019homme qu\u2019on croyait si tranquille\u00a0?<br>J\u2019aurions ben pari\u00e9 deux sous<br>Qu\u2019i n\u2019resterait pas dans son \u00eele,<br>Car c\u2019n\u2019est pas un fait nouveau<br>Qu\u2019les enrag\u00e9s n\u2019aimions pas l\u2019iau.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1930\" class=\"cit-num\">1930<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Retour de Nicolas<\/em>, chanson de 1815. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Une des chansons royalistes qui surnomment Napol\u00e9on \u00ab\u00a0Nicolas\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0Nicod\u00e8me\u00a0\u00bb, autrement dit un sot, en langage de l\u2019\u00e9poque. Mais le futur Charles X ne parvient pas \u00e0 rassembler les r\u00e9giments esp\u00e9r\u00e9s. Quant au congr\u00e8s de Vienne, il ne marche plus, il ne danse plus. Il va lancer la septi\u00e8me et derni\u00e8re coalition contre Napol\u00e9on.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout le camp sommeille,<br>Le g\u00e9n\u00e9ral veille [\u2026]<br>Son \u0153il embrasse<br>Le vaste espace<br>Et sa main trace<br>L\u2019arr\u00eat du Destin.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1942\" class=\"cit-num\">1942<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eug\u00e8ne de <span class=\"caps\">PRADEL<\/span> (1784-\u00a01857), <em>La Bataille de Waterloo<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>R\u00e9cit chant\u00e9 de 19 couplets, dat\u00e9 de 1821, sous-titr\u00e9<em> Souvenirs d\u2019un vieux militaire<\/em>. Ce 18\u00a0juin 1815 va inspirer bien des vers, des pages, des pens\u00e9es, rendant \u00e0 jamais c\u00e9l\u00e8bre cette petite commune de Belgique\u00a0: Waterloo.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rendez-nous notre p\u00e8re de Gand,<br>Rendez-nous notre p\u00e8re\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1952\" class=\"cit-num\">1952<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Notre p\u00e8re de Gand<\/em>, chanson. <em>Chansonnier royal ou passe-temps des bons Fran\u00e7ais<\/em> (1815), Dentu \u00e9d<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette chanson royaliste rappelle de ses v\u0153ux Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>.<\/p>\n<p>Chass\u00e9 par le retour de Napol\u00e9on, il a voulu repartir pour l\u2019Angleterre. Fin mars 1815, il fallut l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un Talleyrand et du Congr\u00e8s de Vienne pour le convaincre de s\u2019arr\u00eater \u00e0 Gand, en Belgique. \u00ab\u00a0Notre p\u00e8re de Gand\u00a0\u00bb sera souvent surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0notre paire de gants\u00a0\u00bb et tourn\u00e9 en d\u00e9rision par les autres partis. L\u2019humiliation des Cent-Jours p\u00e8se lourd, sur ce roi d\u00e9j\u00e0 malmen\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Messieurs de la Sainte-Alliance,<br>Vous partez donc\u00a0? Ah\u00a0! quel chagrin\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1964\" class=\"cit-num\">1964<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Adieu des Fran\u00e7ais aux troupes alli\u00e9es<\/em> (1815), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson ironise sur le d\u00e9part des Alli\u00e9s, salu\u00e9 comme une lib\u00e9ration au terme du second trait\u00e9 de Paris, sign\u00e9 le 20\u00a0novembre 1815. Apr\u00e8s les Cent-Jours, la note \u00e0 payer par la France s\u2019est pourtant alourdie\u00a0: ran\u00e7on de 700\u00a0millions de francs, restitution des \u0153uvres d\u2019art prises par Napol\u00e9on en Italie, perte de ce que Talleyrand avait\u00a0 pu sauver au premier trait\u00e9 (Sarre, Landau, Chamb\u00e9ry, Annecy, etc.), et entretien d\u2019une arm\u00e9e d\u2019occupation de 150\u00a0000 hommes dans le nord et l\u2019est du pays, pendant trois ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Hommes noirs, d\u2019o\u00f9 sortez-vous\u00a0?<br>Nous sortons de dessous terre,<br>Moiti\u00e9 renards, moiti\u00e9 loups.<br>Notre r\u00e8gle est un myst\u00e8re.<br>Nous sommes fils de Loyola,<br>Vous savez pourquoi l\u2019on nous exila.<br>Nous rentrons\u00a0; songez \u00e0 vous taire\u00a0!<br>Et que vos enfants suivent nos le\u00e7ons.<br>C\u2019est nous qui fessons, et qui refessons,<br>Les jolis petits, les jolis gar\u00e7ons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1967\" class=\"cit-num\">1967<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857), <em>Les R\u00e9v\u00e9rends P\u00e8res<\/em>, chanson. <em>Histoire de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise\u00a0: de la r\u00e9volution \u00e0 la belle \u00e9poque<\/em> (1981), Paul Guth<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le plus c\u00e9l\u00e8bre chansonnier contemporain vise cette fois les j\u00e9suites, de retour avec la monarchie. Pie <span class=\"caps\">VII<\/span> a r\u00e9tabli leur ordre, le 7\u00a0ao\u00fbt 1814. La Charte, en forme de compromis constitutionnel, reconna\u00eet la libert\u00e9 du culte, mais fait du catholicisme la religion d\u2019\u00c9tat\u2026 et les p\u00e8res j\u00e9suites pensent avoir le quasi-monopole de l\u2019\u00e9ducation.<\/p>\n<p>Les deux derniers vers aux accents plaisamment polissons d\u00e9noncent en fait la p\u00e9dophilie, pratiqu\u00e9e dans certains coll\u00e8ges catholiques. Au <span class=\"caps\">XXI<\/span>e si\u00e8cle, l\u2019\u00c9glise devra reconna\u00eetre bien d\u2019autres abus sur sa jeunesse.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Roi, dont la sagesse exquise<br>Sait mettre le temps \u00e0 profit,<br>Passe trois heures \u00e0 l\u2019\u00e9glise,<br>Quatre \u00e0 table et quatorze au lit.<br>Restent pour le soin de l\u2019Empire,<br>Trois autres, mais h\u00e9las,<br>Ce temps peut \u00e0 peine suffire<br>Pour \u00f4ter et mettre ses bas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1973\" class=\"cit-num\">1973<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Roi dont la sagesse exquise<\/em>, chanson. <em>La R\u00e9volution de juillet<\/em> (1972), Jean-Louis Bory<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Malgr\u00e9 les mesures lib\u00e9rales (loi militaire, loi \u00e9lectorale, libert\u00e9 de la presse), malgr\u00e9 une politique \u00e9conomique bien men\u00e9e, le r\u00e9gime a toujours de nombreux opposants, \u00e0 gauche comme \u00e0 droite. Et Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, le roi podagre, est accus\u00e9 de bien des p\u00each\u00e9s\u00a0: paresse, gourmandise et bigoterie. Les chansonniers s\u2019en donnent \u00e0 c\u0153ur joie, comme les (nouveaux) caricaturistes qui savent si bien joindre l\u2019image \u00e0 la parole.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0On parlera de sa gloire,<br>Sous le chaume bien longtemps [\u2026]<br>Bien, dit-on, qu\u2019il nous ait nui,<br>Le peuple encore le r\u00e9v\u00e8re, oui, le r\u00e9v\u00e8re,<br>Parlez-nous de lui, Grand-m\u00e8re,<br>Parlez-nous de lui.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1984\" class=\"cit-num\">1984<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857), <em>Les Souvenirs du peuple<\/em> (1828), chanson. <em>L\u2019Empereur<\/em> (1853), Victor Auger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=qBRueHjozxA\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez <em>Les Souvenirs du peuple<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>L\u2019une des plus belles et simples chansons de ce parolier tr\u00e8s populaire, d\u00e9dormais salu\u00e9 par Chateaubriand comme \u00ab\u00a0l\u2019un des plus grands po\u00e8tes que la France ait jamais produits\u00a0\u00bb et par Sainte-Beuve comme un \u00ab\u00a0po\u00e8te de pure race, magnifique et inesp\u00e9r\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Pierre Jean de B\u00e9ranger contribue \u00e0 nourrir la l\u00e9gende napol\u00e9onienne avec \u00ab\u00a0la chanson lib\u00e9rale et patriotique qui fut et restera sa grande innovation\u00a0\u00bb (Sainte-Beuve). Le souvenir de l\u2019empereur sera bient\u00f4t li\u00e9 \u00e0 l\u2019opposition au roi. La dynastie au pouvoir n\u2019est pas si solide et Charles X a l\u2019art de se faire d\u00e9tester.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fran\u00e7ais que Reims a r\u00e9unis,<br>Criez\u00a0: \u00ab\u00a0Montjoie et Saint-Denis\u00a0!\u00a0\u00bb<br>On a refait la sainte Ampoule<br>Et comme au temps de nos a\u00efeux<br>Des passereaux, l\u00e2ch\u00e9s en foule<br>Dans l\u2019\u00e9glise volent joyeux [\u2026]<br>Le peuple crie\u00a0: \u00ab\u00a0Oiseaux, plus que nous soyez sages,<br>Gardez bien votre libert\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1999\" class=\"cit-num\">1999<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857), <em>Le Sacre de Charles le simple<\/em> (1825), chanson.<em> Causes c\u00e9l\u00e8bres de tous les peuples<\/em> (1858), Armand Fouquier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Notre meilleur chansonnier chroniqueur a beau jeu d\u2019ironiser, toujours en chanson et \u00e0 l\u2019unisson du peuple, choqu\u00e9 par tant de pompe et par tout ce que cela annonce.<\/p>\n<p>Ce sacre reprend le c\u00e9r\u00e9monial de l\u2019Ancien R\u00e9gime, les sept onctions et les serments sur les \u00c9vangiles. Il se d\u00e9roule sur trois jours\u00a0: 28\u00a0mai, c\u00e9r\u00e9monie des v\u00eapres\u00a0; 29\u00a0mai, c\u00e9r\u00e9monie du sacre\u00a0; 30\u00a0mai, remise de r\u00e9compense pour les chevaliers de l\u2019ordre du Saint-Esprit, pour finir le 31\u00a0mai, par le toucher des \u00e9crouelles. Le sacre symbolise pour le roi et les \u00e9lites un retour \u00e0 la monarchie absolue.<\/p>\n<p>Le peuple ne peut quand m\u00eame pas oublier la R\u00e9volution et l\u2019Empire. Et l\u2019opposition va se manifester contre le dernier \u00ab\u00a0roi de France\u00a0\u00bb jusqu\u2019\u00e0 la prochaine r\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Que je suis d\u00e9pit\u00e9<br>De ne pas \u00eatre d\u00e9put\u00e9,<br>Moi, marquis et baron\u2026<br>Qui me pr\u00e9f\u00e8re-t-on\u00a0?<br>Un pl\u00e9b\u00e9ien, un avorton,<br>C\u2019est un homme de rien<br>Qui lui-m\u00eame a gagn\u00e9 son bien [\u2026]<br>Quelle horreur\u00a0! quelle horreur\u00a0!<br>Je ne veux plus \u00eatre \u00e9lecteur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2009\" class=\"cit-num\">2009<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul-\u00c9mile <span class=\"caps\">DEBRAUX<\/span> (1796-1831),<em> L\u2019\u00c9lecteur d\u00e9sappoint\u00e9<\/em> (1827), chanson.<em> Chansons compl\u00e8tes<\/em> (1836), Paul-\u00c9mile Debraux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On surnomme Debraux le B\u00e9ranger de la canaille, ou B\u00e9ranger du peuple, pour l\u2019opposer \u00e0 l\u2019autre, le vrai, dit parfois le B\u00e9ranger des salons qui rendra bient\u00f4t hommage \u00e0 son jeune confr\u00e8re, mort de phtisie, le mal du si\u00e8cle. Debraux, comme tous les chansonniers frondeurs, eut quelques ennuis, avec les autorit\u00e9s.<\/p>\n<p>D\u00e9pit\u00e9, d\u00e9sappoint\u00e9, Vill\u00e8le l\u2019est plus encore que tous les \u00e9lecteurs, lui qui comptait retrouver une nouvelle \u00ab\u00a0chambre introuvable\u00a0\u00bb (d\u2019ultra-droite). Mais sur 450 d\u00e9put\u00e9s \u00e9lus en novembre dernier, son gouvernement ne compte plus que 201 partisans. C\u2019est un d\u00e9saveu de sa politique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Peuple fran\u00e7ais, peuple de braves,<br>La libert\u00e9 r\u2019ouvre ses bras.<br>On nous disait\u00a0: \u00ab\u00a0Soyez esclaves\u00a0\u00bb,<br>Nous avons dit\u00a0: \u00ab\u00a0Soyons soldats\u00a0\u00bb.<br>Soudain Paris dans sa m\u00e9moire<br>A retrouv\u00e9 son cri de gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2026\" class=\"cit-num\">2026<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Casimir <span class=\"caps\">DELAVIGNE<\/span> (1793-1843), <em>La Parisienne<\/em> (1830), chanson.<em> Recueil de chants patriotiques et guerriers d\u00e9di\u00e9s aux braves Suisses qui prennent les armes pour d\u00e9fendre la patrie<\/em> (1838)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=IW-kFWODPt4\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez <em>La Parisienne<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Po\u00e8te et auteur dramatique en renom, grand rival des romantiques sur la sc\u00e8ne, mais lib\u00e9ral convaincu en politique, il \u00e9crit cette \u0153uvre de circonstance aux accents r\u00e9volutionnaires\u00a0:<em> La Parisienne<\/em> fait \u00e9cho \u00e0 <em>La Marseillaise.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Dey. \u2014 Je conviens que Charles Dix<br>Des guerriers est le ph\u00e9nix,<br>Il combat les Alg\u00e9riens<br>En m\u00eam\u2019 temps qu\u2019les Parisiens.<br>Charles X. \u2014 Pour rentrer dans mon Paris<br>Si nous n\u2019\u00e9tions pas enn\u2019mis,<br>J\u2019aurais r\u00e9clam\u00e9 d\u2019tes soins<br>Une patrouill\u2019 de B\u00e9douins.<br><em>Refrain<\/em><br>\u00c7a va mal, sort fatal,<br>Adieu le tr\u00f4ne royal,<br>C\u2019est \u00e9gal,<br>Nous vivons, c\u2019est l\u2019principal.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2036\" class=\"cit-num\">2036<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Auguste <span class=\"caps\">JOUHAUD<\/span> (1806-1888), <em>\u00c0 ton tour Paillasse<\/em> (1830), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Incluse dans une pi\u00e8ce en trois journ\u00e9es (en vers et en prose), cette chanson r\u00e9unit en un duo ironique les deux souverains ennemis qui perdent leur tr\u00f4ne en m\u00eame temps, en France et en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Le 3\u00a0ao\u00fbt, Charles X fuit, \u00e9pouvant\u00e9 par le bruit que fait courir le mar\u00e9chal Marmont (commandant l\u2019arm\u00e9e royale, d\u00e9sormais acquis \u00e0 Louis-Philippe)\u00a0: 100\u00a0000 Parisiens arm\u00e9s seraient \u00e0 ses trousses. En fait, partis 30\u00a0000, ils arrivent moins de 1\u00a0000 \u00e0 Rambouillet o\u00f9 le roi s\u2019est r\u00e9fugi\u00e9, mais l\u2019arm\u00e9e royale (pr\u00e8s de 13\u00a0000 hommes) se replie. Charles X toujours hant\u00e9 par le souvenir de son fr\u00e8re a\u00een\u00e9 guillotin\u00e9 sus la R\u00e9volution, reprend le chemin du dernier exil. Les Bourbons ont fini de r\u00e9gner en France.<\/p>\n<p>Le changement de r\u00e9gime est r\u00e9gl\u00e9 par les Trois Glorieuses journ\u00e9es de juillet 1830 (27, 28, 29), des barricades et des rues d\u00e9pav\u00e9es, avec quelque 1 000 morts et 5 000 bless\u00e9s.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-7-55.jpg\" width=\"165\" height=\"220\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">MONARCHIE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">JUILLET<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">Chanter toujours entre humour et patriotisme.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Gros, gras et b\u00eate,<br>En quatre mots c\u2019est son portrait\u00a0:<br>Toisez-le des pieds \u00e0 la t\u00eate,<br>Aux yeux de tous, il appara\u00eet<br>Gros, gras et b\u00eate.<br>En pelle s\u2019\u00e9largit sa main,<br>En poire s\u2019allonge sa t\u00eate,<br>En tonneau croit son abdomen,<br>Gros, gras et b\u00eate.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2058\" class=\"cit-num\">2058<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ag\u00e9nor <span class=\"caps\">ALTAROCHE<\/span> (1811-1884),<em> Gros, gras et b\u00eate,<\/em> chanson.<em> Les R\u00e9publicaines\u00a0: chansons populaires des r\u00e9volutions de 1789, 1792 et 1830<\/em> (1848), Pagnerre<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\">Po\u00e8te et d\u00e9put\u00e9, journaliste engag\u00e9, enthousiaste de cette nouvelle presse r\u00e9publicaine au lendemain de la r\u00e9volution de 1830.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">On chansonne vite le roi sexag\u00e9naire dont le physique est d\u00e9j\u00e0 une caricature en soi et la presse en profite. La main \u00ab\u00a0en pelle\u00a0\u00bb fait allusion \u00e0 la rapacit\u00e9 du personnage\u00a0: rentr\u00e9 en possession, gr\u00e2ce \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span>, de l\u2019immense fortune de la branche d\u2019Orl\u00e9ans, plus riche que les Bourbons, principal b\u00e9n\u00e9ficiaire de la loi sur le milliard des \u00e9migr\u00e9s (1825) avec le marquis de La Fayette de retour pour lui donner une caution r\u00e9publicaine, il g\u00e8re son patrimoine en bon p\u00e8re de nombreuse famille \u2013 huit enfants pour qui il qu\u00e9mandera encore des dotations\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mais notre r\u00e8gne arrivera<br>Quand votre r\u00e8gne finira.<br>Alors nous tisserons le linceul du vieux monde<br>Car on entend d\u00e9j\u00e0 la r\u00e9volte qui gronde\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2070\" class=\"cit-num\">2070<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Aristide <span class=\"caps\">BRUANT<\/span> (1851-1925), <em>La Complainte des canuts<\/em>, chanson.<em> La R\u00e9volte des canuts<\/em> (1975), Maurice Moissonnier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Te2PpgGvxhs\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez <em>La Complainte des canuts<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Parole et musique, Bruant immortalisera cette r\u00e9volte des canuts de Lyon en 1831, dans un chant dont la r\u00e9sonance refl\u00e8te surtout l\u2019esprit d\u2019anarchie propre \u00e0 l\u2019auteur et \u00e0 son \u00e9poque (la Troisi\u00e8me R\u00e9publique).<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">\u00ab\u00a0Pour chanter \u00ab\u00a0Veni Creator\u00a0\u00bb\u00a0\/ Il faut une chasuble d\u2019or \/ Nous en tissons pour vous grands de l\u2019\u00c9glise \/ Et nous pauvres Canuts, n\u2019avons pas de chemise \/ C\u2019est nous les Canuts \/ Nous sommes tout nus\u00a0!<br>Pour gouverner il faut avoir \/ Manteaux ou rubans en sautoir \/ Nous en tissons pour vous grands de la terre \/ Et nous pauvres Canuts sans draps on nous enterre.\u00a0\/ C\u2019est nous les Canuts \/ Nous sommes tout nus\u00a0!<br>Mais notre r\u00e8gne arrivera \/ Quand votre r\u00e8gne finira\u00a0: Nous tisserons le linceul du vieux monde \/ Car on entend d\u00e9j\u00e0 la temp\u00eate qui gronde \/ C\u2019est nous les Canuts, \/ Nous n\u2019irons plus nus\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Yves Montand et Francesca Solleville ont ressuscit\u00e9 cette complainte dans les ann\u00e9es 1950.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Est-il bien vrai, mes chers amis<br>Qu\u2019on ait d\u00e9tr\u00f4n\u00e9 Charles Dix\u00a0?<br>Dites-moi donc o\u00f9 nous en sommes\u00a0?<br>Dans les emplois les plus marquants,<br>Je vois toujours les m\u00eames hommes,<br>J\u2019ai donc dormi pendant cinq ans\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2085\" class=\"cit-num\">2085<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le B\u00e9otien de Paris<\/em> (1835), chanson anonyme. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\">La censure r\u00e9tablie, l\u2019\u00c9glise toujours aussi puissante et pr\u00e9sente, d\u00e9cid\u00e9ment, rien ne change, m\u00eame pas la fiscalit\u00e9, \u00e9ternel sujet de m\u00e9contentement du Fran\u00e7ais sous tous les r\u00e9gimes\u00a0: \u00ab\u00a0Mes imp\u00f4ts sont toujours les m\u00eames\u00a0\/ Mon journal est toujours timbr\u00e9.\u00a0\u00bb \u00c0 quoi bon avoir fait une r\u00e9volution en 1830, se demandent les m\u00e9contents\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019P\u00e8r\u2019 Lapoir\u2019, ce grand citoyen,<br>Dit qu\u2019il ne veut que notre bien [\u2026]<br>L\u2019P\u00e8r\u2019 Lapoir\u2019 se dit lib\u00e9ral,<br>C\u2019est une farce de carnaval.<br>Ah\u00a0! ah\u00a0! ah\u00a0! oui vraiment<br>L\u2019p\u00e8r\u2019 Lapoir est bon enfant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2087\" class=\"cit-num\">2087<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le P\u00e8re Lapoire<\/em>, chanson anonyme.<em> Les R\u00e9publicaines\u00a0: chansons populaires des r\u00e9volutions de 1789, 1792 et 1830<\/em> (1848), Pagnerre<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\">Le titre fait clairement allusion au physique ingrat de Louis-Philippe, d\u00e9j\u00e0 d\u00e9nonc\u00e9 par Altaroche en 1830 et qui ne s\u2019arrange pas avec l\u2019\u00e2ge\u2026 qui affecte aussi le caract\u00e8re royal.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">L\u2019opposition se traduisant par des attentats, les r\u00e9pressions suivent, souvent brutales, d\u2019o\u00f9 l\u2019impopularit\u00e9 croissante du pouvoir. Apr\u00e8s le massacre de la rue Transnonain en avril\u00a01834 et l\u2019attentat Fieschi de juillet\u00a01835, il y aura encore l\u2019attentat de Louis Alibaud, r\u00e9publicain qui tire et rate le roi sortant des Tuileries, le 26\u00a0juin 1836 (il sera ex\u00e9cut\u00e9)\u00a0; puis le premier complot de Louis-Napol\u00e9on Bonaparte qui soul\u00e8ve un r\u00e9giment d\u2019artillerie \u00e0 Strasbourg, fin octobre (il sera embarqu\u00e9 outre-Atlantique)\u00a0; enfin le coup de pistolet de Meunier (graci\u00e9 par Louis-Philippe).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Peuple \u00e0 la lymphatique fibre,<br>Entends Mol\u00e9 te supplier.<br>Tu disais\u00a0: Je veux \u00eatre libre.<br>Mol\u00e9 te r\u00e9pond\u00a0: Sois caissier.<br>Peuple \u00e0 jamais digne d\u2019estime,<br>Payer fut toujours ton r\u00e9gime.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2095\" class=\"cit-num\">2095<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ag\u00e9nor <span class=\"caps\">ALTAROCHE<\/span> (1811-1884), <em>La Parisienne de 1837<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\">Le comte Mol\u00e9 est chef du gouvernement de\u00a01836 \u00e0\u00a01839. Peuple et petite bourgeoisie paient de plus en plus d\u2019imp\u00f4ts, alors que le suffrage censitaire les \u00e9carte du pouvoir. Par ailleurs, l\u2019expansion \u00e9conomique rend les riches plus riches (une minorit\u00e9) et les pauvres plus pauvres (la masse du pays). Un r\u00e9gime ne peut vivre durablement sous le signe de cette injustice.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous l\u2019avons eu, votre Rhin allemand,<br>Il a tenu dans notre verre. <br>Un couplet qu\u2019on s\u2019en va chantant <br>Efface-t-il la trace alti\u00e8re <br>Du pied de nos chevaux marqu\u00e9 dans votre sang\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2110\" class=\"cit-num\">2110<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alfred de <span class=\"caps\">MUSSET<\/span> (1810-1857), <em>Le Rhin allemand<\/em>. R\u00e9ponse \u00e0 la chanson de Becker, 2 juin 1841. Po\u00e8me mis plusieurs fois en musique, notamment en 1866, version la plus populaire, compos\u00e9e par F\u00e9licien <span class=\"caps\">DAVID<\/span> (1810-1876)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\">La r\u00e9ponse po\u00e9tique de Lamartine entr\u00e9 en politique a paru trop pacifique et id\u00e9aliste au go\u00fbt de son vibrant confr\u00e8re. Musset \u00e9crit dans l\u2019\u00e9lan, d\u00e8s le lendemain, des couplets qui rappellent l\u2019\u00e9pop\u00e9e napol\u00e9onienne\u00a0: \u00ab\u00a0Nous l\u2019avons eu, votre Rhin allemand. \/ Que faisaient vos vertus germaines, \/<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Quand notre C\u00e9sar tout-puissant \/ De son ombre couvrait vos plaines\u00a0? [\u2026]\u00a0 Nous l\u2019avons eu, votre Rhin allemand. \/ Si vous oubliez votre histoire, \/ Vos jeunes filles, s\u00fbrement, \/ Ont mieux gard\u00e9 notre m\u00e9moire\u00a0; \/ Elles nous ont vers\u00e9 votre petit vin blanc. [\u2026]\u00a0 Qu\u2019il coule en paix, votre Rhin allemand\u00a0; \/ Que vos cath\u00e9drales gothiques \/ S\u2019y refl\u00e8tent modestement\u00a0; \/ Mais craignez que vos airs bachiques \/ Ne r\u00e9veillent les morts de leur repos sanglant.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Ce texte peut \u00e9tonner sous la plume de l\u2019\u00a0\u00ab\u00a0enfant du si\u00e8cle\u00a0\u00bb, mais ces vers sont \u00e9tonnamment pr\u00e9monitoires du conflit franco-allemand et des trois guerres \u00e0 venir, entre 1870 et 1945\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Va, pens\u00e9e, sur tes ailes dor\u00e9es\u00a0;<br>Va, pose-toi sur les pentes, sur les collines,<br>O\u00f9 embaument, ti\u00e8des et suaves,<br>Les douces brises du sol natal\u00a0!<br>Salue les rives du Jourdain,<br>Les tours abattues de Sion \u2026<br>Oh ma patrie si belle que j\u2019ai perdue\u00a0!<br>\u00d4 souvenir si cher et si fatal\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Giuseppe <span class=\"caps\">VERDI<\/span> (1813-1901) <em>Va, pensiero<\/em> (Va, pens\u00e9e), Ch\u0153ur des esclaves h\u00e9breux, <em>Nabucco<\/em> (1842)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=xRi4_ne0VYM\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez <em>Va, pensiero<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left\">L\u2019op\u00e9ra est un genre populaire d\u00e8s sa naissance en Italie au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle et Verdi est pour les Italiens ce qu\u2019est Hugo pour les Fran\u00e7ais. Un g\u00e9nie cr\u00e9ateur \u00e0 la r\u00e9ussite exceptionnelle, avec un temp\u00e9rament politique, un go\u00fbt pour l\u2019action, le c\u0153ur \u00e0 gauche et une longue vie d\u2019action. \u00c0 quoi s\u2019ajoutent des drames familiaux assez comparables.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Tr\u00e8s affect\u00e9 par la mort de ses deux enfants malades et de sa femme Margherita, Verdi \u00e0 29 ans sombre au plus profond du d\u00e9sespoir et de la d\u00e9pression, pr\u00eat \u00e0 abandonner sa carri\u00e8re. Bartolomeo Merelli (directeur de th\u00e9\u00e2tre) lui commande alors ce <em>Nabucco<\/em>, inspir\u00e9 d\u2019un th\u00e8me biblique\u00a0: l\u2019exil \u00e0 Babylone et l\u2019esclavage du peuple h\u00e9breu, suite au si\u00e8ge de J\u00e9rusalem (587\/586 av. J.-C.) par le roi de Babylone Nabuchodonosor <span class=\"caps\">II<\/span>, et la destruction du premier Temple de Salomon. Les H\u00e9breux entonnent alors en ch\u0153ur cette chanson-pri\u00e8re d\u2019esclaves en exil, souvenir de leur lointaine patrie et de leur libert\u00e9 perdues\u00a0:\u00ab\u00a0Va, pens\u00e9e, sur tes ailes dor\u00e9es \u2026 Que le Seigneur t\u2019inspire une harmonie, Qui nous donne le courage de supporter nos souffrances.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">9 mars 1842, la premi\u00e8re repr\u00e9sentation \u00e0 La Scala de Milan est un \u00e9v\u00e9nement artistique et politique. Le Ch\u0153ur des H\u00e9breux est une m\u00e9taphore embl\u00e9matique de la condition des Italiens soumis \u00e0 la domination de l\u2019empire d\u2019Autriche (Conf\u00e9d\u00e9ration germanique). M\u00eame triomphe \u00e0 la Fenice de Venise. Il renouvelle son succ\u00e8s avec <em>Les Lombards<\/em> de la premi\u00e8re croisade, cr\u00e9\u00e9s \u00e0 la Scala le 11 f\u00e9vrier 1843 malgr\u00e9 l\u2019opposition de l\u2019archev\u00eaque de Milan. Verdi devient un homme politique, ses op\u00e9ras sont l\u2019occasion de manifestations patriotiques. Son nom devient le sigle de la libert\u00e9, V E R D I \u00e9tant les initiales de \u00ab\u00a0Victor Emmanuel Roi d\u2019Italie\u00a0\u00bb. Avec Cavour et Garibaldi, c\u2019est une figure embl\u00e9matique du <em>Risorgimento<\/em> (renaissance associ\u00e9e \u00e0 l\u2019unification italienne).<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Quant \u00e0 son g\u00e9nie, il rejoint celui d\u2019Hugo, tirant de son th\u00e9\u00e2tre \u00e0 peine jou\u00e9 en France deux chefs d\u2019\u0153uvre repris sur toutes les sc\u00e8nes lyriques du monde, <em>Ernani (Hernani)<\/em> et <em>Rigoletto (Le Roi s\u2019amuse).<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous dont la lampe, le matin,<br>Au clairon du coq se rallume,<br>Nous tous qu\u2019un salaire incertain<br>Ram\u00e8ne avant l\u2019aube \u00e0 l\u2019enclume [\u2026]<br>Aimons-nous et quand nous pouvons<br>Nous unir pour boire \u00e0 la ronde,<br>Que le canon se taise ou gronde<br>Buvons, buvons, buvons<br>\u00c0 l\u2019ind\u00e9pendance du monde\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2117\" class=\"cit-num\">2117<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">DUPONT<\/span> (1821-1870), parole et musique, <em>Le Chant des ouvriers<\/em> (1846). <em>Muse populaire\u00a0: chants et po\u00e9sies<\/em> (1858), Pierre Dupont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\"><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=SRYpztXKP80\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">\u00c9coutez <em>Le Chant des ouvriers<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Ce n\u2019est plus le socialisme id\u00e9aliste du d\u00e9but du si\u00e8cle, cher aux utopistes Saint-Simon et Fourier. Proudhon et Marx se sont rencontr\u00e9s durant l\u2019hiver 1844-1845 et m\u00eame s\u2019ils ne se sont pas vraiment entendus, le fait reste historique. Ce chant r\u00e9sonne d\u00e9j\u00e0 comme un appel \u00e0 une conscience de classe.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Pierre Dupont, ex-apprenti canut, est l\u2019un des premiers chansonniers de la classe ouvri\u00e8re. Hugo l\u2019a remarqu\u00e9 pour son talent, ses convictions r\u00e9publicaines. Il va fr\u00e9quenter le milieu artistique parisien, avant de retourner \u00e0 Lyon et de finir tristement \u00e0 la rue, clochard et alcoolique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je hais celui qui jamais ne travaille<br>Et s\u2019enrichit dans un honteux repos [\u2026]<br>C\u2019est notr\u2019 sueur qui gagn\u2019 sa boustifaille,<br>Voil\u00e0 pourquoi j\u2019aim\u2019 pas les aristos.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2119\" class=\"cit-num\">2119<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">LEROY<\/span> (1818-1860),<em> Les Aristos<\/em> (1848), chanson. <em>La Po\u00e9sie populaire en France au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (2005), H\u00e9l\u00e8ne Millot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: left\">Auteur, compositeur, interpr\u00e8te, voici l\u2019un des chansonniers les plus populaires \u00e0 la fin de la Monarchie de Juillet. Il capte l\u2019air du temps, fraternel et chaleureux, ador\u00e9 du public des guinguettes. On reprend ses refrains dans les ateliers, dans la rue.<\/p>\n<p style=\"text-align: left\">Chez les ouvriers, la r\u00e9volte gronde. Ce n\u2019est pas encore la r\u00e9volution, mais dans les ann\u00e9es 1846-1847, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 la crise agricole, puis industrielle, commerciale, sociale et le commencement de la fin d\u2019un r\u00e9gime politique qui ne tient que par le progr\u00e8s \u00e9conomique et la satisfaction mat\u00e9rielle des bourgeois. Faillites et ruines de familles ais\u00e9es, ch\u00f4mage et troubles sociaux chez les ouvriers, peur sociale qui engendre le cercle infernal r\u00e9pression-insurrection-r\u00e9pression\u00a0: le minist\u00e8re Guizot incarne plus que jamais le parti de la R\u00e9sistance, face au mouvement r\u00e9volutionnaire devenu irr\u00e9sistible. La France va de nouveau changer de r\u00e9gime.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0Chaque \u00e9poque donne le ton, d\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ce r\u00e9sum\u00e9 chantant qui alterne \u00e0 l\u2019infini comique et tragique, populaire et po\u00e9tique, avec une dose de fantaisie propre \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais.Quelques constantes en font l\u2019originalit\u00e9.Le peuple est le premier acteur de cette histoire, qu\u2019il s\u2019exprime dans le r\u00e9pertoire des traditionnelles chansons populaires ou dans le [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":265,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9918","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9918","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9918"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9918\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12570,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9918\/revisions\/12570"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9918"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9918"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9918"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}