{"id":9922,"date":"2024-04-22T00:00:00","date_gmt":"2024-04-21T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-chantant-la-revolution-et-le-directoire\/"},"modified":"2025-08-12T08:42:58","modified_gmt":"2025-08-12T06:42:58","slug":"lhistoire-en-chantant-la-revolution-et-le-directoire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-chantant-la-revolution-et-le-directoire\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en chantant (la R\u00e9volution et le Directoire)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Chaque \u00e9poque donne le ton, d\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ce r\u00e9sum\u00e9 chantant qui alterne \u00e0 l\u2019infini comique et tragique, populaire et po\u00e9tique, avec une dose de fantaisie propre \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Quelques constantes en font l\u2019originalit\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>Le <strong>peuple<\/strong> est le premier acteur de cette histoire, qu\u2019il s\u2019exprime dans le r\u00e9pertoire des traditionnelles chansons populaires ou dans le registre patriotique des chants de guerre. Mais ballades et chansons de geste furent aussi \u00e0 la mode, en leur temps.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Beaucoup de titres sont <strong>anonymes<\/strong>, \u00e0 commencer par les quelque 6 500 mazarinades chant\u00e9es sous la Fronde\u00a0contre Mazarin qui bat tous les records d\u2019impopularit\u00e9. De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, \u00ab\u00a0en France et sous nos rois, la chanson fut longtemps la seule opposition possible\u00a0; on d\u00e9finissait le gouvernement d\u2019alors comme une monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons.\u00a0\u00bb (Eug\u00e8ne Scribe). Cet anonymat perdure bien apr\u00e8s la R\u00e9volution, aussi longtemps qu\u2019il y aura censure, au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle et au-del\u00e0. Dernier cas, <em>le D\u00e9serteur<\/em> pendant la guerre d\u2019Indochine (1954), mais\u00a0le texte est sign\u00e9 (Boris Vian et Serge Reggiani).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La chanson sous toutes ses formes reste malgr\u00e9 tout un espace de libert\u00e9 d\u2019expression et refl\u00e8te<strong> l\u2019opinion publique<\/strong>, bien avant la grande presse cr\u00e9\u00e9e au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, les sondages n\u00e9s \u00e0 la veille de la Seconde Guerre mondiale et les r\u00e9seaux sociaux, inventions de notre si\u00e8cle.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La <strong>R\u00e9volution<\/strong> est toujours la \u00ab\u00a0grande \u00e9poque\u00a0\u00bb de l\u2019Histoire (en chantant, en citations et en g\u00e9n\u00e9ral). Deux \u00ab\u00a0tubes\u00a0\u00bb sont n\u00e9s\u00a0: <em>la Marseillaise<\/em> et le<em> \u00c7a ira<\/em>. Leur petite histoire vous r\u00e9serve des surprises\u2026 Surprise aussi de trouver <em>Il pleut, il pleut berg\u00e8re<\/em>, entre quelques dizaines de titres de circonstance \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La <strong>Commune<\/strong> de Paris, autre paroxysme h\u00e9ro\u00efque, nous offre l\u2019Internationale au destin historique mondial\u2026 et <em>le Temps des cerises<\/em> au sens rest\u00e9 myst\u00e9rieux.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Les <strong>guerres<\/strong> sont toujours tr\u00e8s chant\u00e9es \u00e0 divers titres et sur divers tons. Signalons un doublon \u00ab\u00a0bon enfant\u00a0\u00bb avec la <em>Madelon<\/em>, deux versions, 1914 et 1918, confondues par Clemenceau lui-m\u00eame,\u00a0 charg\u00e9 de d\u00e9corer l\u2019auteur de la seconde\u2026<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019apparition des chansons et des <strong>chanteurs engag\u00e9s<\/strong> donne un tout autre ton \u00e0 la Quatri\u00e8me et la Cinqui\u00e8me R\u00e9publiques. C\u2019est l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la chanson fran\u00e7aise et l\u2019embarras du choix grandit avec quelques \u00ab\u00a0standards\u00a0\u00bb incontournables des<em> protest songs<\/em> venus d\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, quelques surprises. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des Ferr\u00e9, Ferrat, Brel, Brassens et autres artistes engag\u00e9s \u00e0 divers propos (peine de mort, racisme, homophobie, \u00e9migration, \u00e9cologie, anarchie, f\u00e9minisme\u2026), on d\u00e9couvre Johnny Halliday avec un titre tout \u00e0 son honneur et \u00e0 celui de son auteur (Philippe Labro).<\/p>\n<p>Plus d\u2019une centaine de vid\u00e9os YouTube servent d\u2019illustration sonore \u00e0 cette <em>Histoire en chantant.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><em><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-5-71.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/em><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">R\u00e9volution<\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">Le pouvoir au peuple qui chante, chansons de rue ou chants de guerre historiques<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le bourgeois et le marchand<br>Marchent \u00e0 la Bastille<br>Et ran plan plan [\u2026]<br>Sortez de vos cachots fun\u00e8bres<br>Victimes d\u2019un joug d\u00e9test\u00e9<br>Voyez \u00e0 travers les t\u00e9n\u00e8bres<br>Les rayons de la Libert\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1330\" class=\"cit-num\">1330<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Prise de la Bastille<\/em> (1790), chanson anonyme. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=yqSrFX_E9GA\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>La Prise de la Bastille <\/em>sur Youtube<\/a><em><br><\/em><\/p>\n<p>Chanson vaudeville, genre en vogue \u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<p>L\u2019\u00e9v\u00e9nement se joue en deux actes\u00a0: \u00ab\u00a0D\u00e9part pour le si\u00e8ge\u00a0\u00bb, puis \u00ab\u00a0D\u00e9livrance des captifs\u00a0\u00bb. Le style est typique de l\u2019\u00e9poque. Les \u00ab\u00a0victimes d\u2019un joug d\u00e9test\u00e9\u00a0\u00bb, ce sont les prisonniers lib\u00e9r\u00e9s. L\u2019inventaire est d\u00e9risoire. Ils sont sept\u00a0: quatre escrocs ayant falsifi\u00e9 une lettre de change, deux malades mentaux et un jeune gentilhomme prodigue, le comte de Solanges, embastill\u00e9 pour inceste. \u00c0 quelques jours pr\u00e8s, on trouvait le fameux marquis de Sade \u2013 transf\u00e9r\u00e9 \u00e0 Charenton.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ennemis de la France,<br>Votre r\u00e8gne est pass\u00e9\u00a0;<br>Le temps de la vengeance<br>Est enfin arriv\u00e9.<br>\u00c0 de Launay, Flesselles,<br>\u00c0 Berthier et Foullon,<br>On met une ficelle<br>Au-dessous du menton.\u00a0\u00bb<span id=\"1338\" class=\"cit-num\">1338<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Prise de la Bastille<\/em>, refrain (1790), chanson anonyme. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson qui se veut plus que jamais chronique de l\u2019\u00e9v\u00e9nement fait ici allusion \u00e0 deux faits. D\u2019abord la prise du fort le 14\u00a0juillet 1789, avec le massacre de son gouverneur de Launay et de Flesselles, pr\u00e9v\u00f4t des marchands de Paris, qui s\u2019oppos\u00e8rent tous deux aux \u00e9meutiers.<\/p>\n<p>Ensuite, le 22\u00a0juillet, l\u2019assassinat de Foullon, intendant des Finances (en remplacement de Necker), condamn\u00e9 par l\u2019Assembl\u00e9e des \u00e9lecteurs de l\u2019H\u00f4tel de Ville comme \u00ab\u00a0affameur du peuple\u00a0\u00bb et pendu, avec son gendre Berthier de Sauvigny, charg\u00e9 de l\u2019approvisionnement et accus\u00e9 de sp\u00e9culation sur les grains.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il pleut, il pleut berg\u00e8re<br>Rentre tes blancs moutons<br>Allons sous ma chaumi\u00e8re<br>Berg\u00e8re, vite allons <br>J\u2019entends sous le feuillage<br>L\u2019eau qui tombe \u00e0 grand bruit.<br>Voici, venir l\u2019orage, <br>Voici l\u2019\u00e9clair qui luit.\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fabre d\u2019<span class=\"caps\">\u00c9GLANTINE<\/span> (1750-1794), paroles, et Louis-Victor <span class=\"caps\">SIMON<\/span> (1764-1820), musique<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=5KIjaV251o0\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>Il pleut, il pleut berg\u00e8re<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Chanson tir\u00e9e d\u2019un op\u00e9ra-comique (<em>Laure et P\u00e9trarque<\/em>) de 1780, elle gagne sa popularit\u00e9 au lendemain de la prise de la Bastille, quand est cr\u00e9\u00e9e la garde nationale. La berg\u00e8re serait Marie-Antoinette (reine qui sa plaisait \u00e0 jouer ce r\u00f4le au Petit-Trianon de Versailles) et l\u2019orage \u00e0 venir n\u2019est autre que la R\u00e9volution (mena\u00e7ant \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime).<\/p>\n<p>Fabre d\u2019\u00c9glantine est aussi l\u2019auteur du calendrier r\u00e9volutionnaire aussi po\u00e9tique que bucolique, voire \u00e9cologique avant l\u2019heure\u00a0: vend\u00e9miaire, brumaire, frimaire renvoient aux vendanges, aux brumes, aux frimas de l\u2019automne \u2013 niv\u00f4se, pluvi\u00f4se et vent\u00f4se \u00e9voquent neiges, pluies et vents d\u2019hiver.<\/p>\n<p>Les mois du printemps leur succ\u00e8dent, germinal, flor\u00e9al, prairial, associ\u00e9s \u00e0 germination, floraison et prairies. Enfin, l\u2019\u00e9t\u00e9 de messidor, thermidor et fructidor, qui rappellent moissons, chaleur et fruits.<\/p>\n<p>Mais Fabre fut \u00e9galement un d\u00e9put\u00e9 montagnard proche de Danton et comme lui accus\u00e9 de corruption, condamn\u00e9 et guillotin\u00e9 avec lui le 5 avril 1794 (16 germinal an <span class=\"caps\">II<\/span>). Il aurait fredonn\u00e9 sa chanson dans la charrette le menant \u00e0 l\u2019\u00e9chafaud.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira<br>Le peuple en ce jour sans cesse r\u00e9p\u00e8te,<br>Ah\u00a0! \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira.<br>Malgr\u00e9 les mutins tout r\u00e9ussira [\u2026]<br>Pierre et Margot chantent \u00e0 la guinguette\u00a0:<br>Ah\u00a0! \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira.<br>R\u00e9jouissons-nous le bon temps viendra.\u00a0\u00bb<span id=\"1371\" class=\"cit-num\">1371<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LADR\u00c9<\/span> (<span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), paroles, et <span class=\"caps\">B\u00c9COURT<\/span> (<span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), musique, <em>Le Carillon national<\/em>, chanson. <em>Chansons nationales et populaires de France<\/em> (1846), Th\u00e9ophile Marion Dumersan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chant est connu sous le nom de son refrain\u00a0: \u00ab\u00a0Ah\u00a0! \u00e7a ira\u00a0\u00bb. Ladr\u00e9, chanteur des rues, en a \u00e9crit les paroles sur <em>Le Carillon national<\/em>, musique de contredanse sign\u00e9e B\u00e9court, violoniste de l\u2019orchestre au th\u00e9\u00e2tre des Beaujolais. La reine Marie-Antoinette la jouait volontiers sur son clavecin.<\/p>\n<p>Le texte est tout \u00e0 fait innocent \u00e0 l\u2019origine\u00a0: il reprend l\u2019expression de Benjamin Franklin venu en mars\u00a01777 d\u00e9fendre la cause des Insurgents, r\u00e9solument optimiste et r\u00e9p\u00e9tant au plus fort de la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance en Am\u00e9rique, \u00e0 qui lui demande des nouvelles\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7a ira, \u00e7a ira.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Le mot est connu, le personnage est populaire et dans l\u2019enthousiasme des pr\u00e9paratifs de la f\u00eate, le peuple chante\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c7a ira, \u00e7a ira.\u00a0\u00bb Qui pourrait se douter que quelques mois apr\u00e8s, il annoncera la Terreur \u00e0 venir deux ans plus tard. Il est vrai que tout va tr\u00e8s vite, sous cette R\u00e9volution, la chanson \u00e9tant le plus instantan\u00e9 des \u00ab\u00a0m\u00e9dias\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019image des r\u00e9seaux sociaux du <span class=\"caps\">XXI<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Aristocrate, te voil\u00e0 donc tondu,<br>Le Champ de Mars te fout la pelle au cul,<br>Aristocrate, te voil\u00e0 confondu.<br>J\u2019bais\u2019rons vos femmes, et vous serez cocus,<br>Aristocrates, je vous vois tous cornus.\u00a0\u00bb<span id=\"1373\" class=\"cit-num\">1373<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Tombeau des aristocrates<\/em> (anonyme), chanson anonyme. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chant\u00e9 le 14\u00a0juillet 1790 sur le Champ de Mars (avec <em>\u00ab\u00a0La Pelle au cul\u00a0\u00bb<\/em>, version tr\u00e8s voisine), le jour m\u00eame de cette f\u00eate de la r\u00e9conciliation nationale. C\u2019est un tout autre ton que le \u00ab\u00a0\u00e7a ira\u00a0\u00bb \u2013\u00a0lequel va conna\u00eetre nombre de parodies fort dures pour les aristos.<\/p>\n<p>Cela montre aussi la complexit\u00e9 de cette R\u00e9volution o\u00f9 tous les courants d\u2019opinion se croisent, et le parfait reflet de l\u2019opinion publique que sont les chansons. Toute l\u2019histoire de France se d\u00e9roule \u00e0 travers elles\u00a0: la preuve\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pierre, Paul, Mathieu, Mathias, Jude,<br>Simon et vous Barth\u00e9lemy,<br>Voyez \u00e0 quelle \u00e9preuve rude<br>Le Fran\u00e7ais vous met aujourd\u2019hui.<br>Vos cris sont superflus,<br>Vous serez tous fondus\u00a0!<br>Grands saints dans le creuset,<br>Tombez, c\u2019est le d\u00e9cret.\u00a0\u00bb<span id=\"1375\" class=\"cit-num\">1375<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Les Saints convertis en monnaie<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Encore une chanson pour dire la crise. Et tous les d\u00e9tails de l\u2019Histoire nous sont cont\u00e9s.<\/p>\n<p>Il faut r\u00e9cup\u00e9rer tous les m\u00e9taux, pr\u00e9cieux ou non. Les m\u00e9dailles sont fondues comme les cloches, pour faire des pi\u00e8ces et des canons. Tandis que la monnaie papier, l\u2019assignat (cr\u00e9\u00e9 le 14\u00a0d\u00e9cembre 1789, sorte de bon du Tr\u00e9sor gag\u00e9 sur la vente des biens du clerg\u00e9) va perdre peu \u00e0 peu de sa valeur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira,<br>Les aristocrates \u00e0 la lanterne,<br>Ah\u00a0! \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira,<br>Les aristocrates on les pendra.\u00a0\u00bb<span id=\"1381\" class=\"cit-num\">1381<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Ah\u00a0! \u00e7a ira<\/em>, couplet anonyme, sur une musique de <span class=\"caps\">B\u00c9COURT<\/span> (<span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=bzu01gO3pi4\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>Ah\u00a0! \u00e7a ira<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Le plus c\u00e9l\u00e8bre \u00ab\u00a0refrain de la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0\u00bb, n\u00e9 bon enfant, se durcit et se radicalise, quand une main anonyme ajoute ce couplet vengeur. Toujours sur le m\u00eame air de contredanse populaire du Carillon national. La tr\u00e8s populaire \u00c9dith Piaf redonne vie \u00e0 ce \u00ab\u00a0tube\u00a0\u00bb r\u00e9volutionnaire, femme du peuple dans le film de Sacha Guitry<em> Si Versailles m\u2019\u00e9tait cont\u00e9<\/em> (1954).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Allons, enfants de la patrie\u2026\u00a0\u00bb<span id=\"1410\" class=\"cit-num\">1410<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROUGET<\/span> de l\u2019<span class=\"caps\">ISLE<\/span> (1760-1836), <em>Chant de guerre pour l\u2019arm\u00e9e du Rhin<\/em> (1792)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=221UWotqwdo\">\u00c9coutez <em>Chant de guerre pour l\u2019arm\u00e9e du Rhin<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Premier vers de ce qui deviendra l\u2019hymne national fran\u00e7ais sous le nom de<em> La Marseillaise<\/em>, paroles et musique de Claude Joseph Rouget de l\u2019Isle, chant compos\u00e9 dans la nuit du 25\u00a0avril 1792 \u00e0 la requ\u00eate du maire Dietrich \u00e0 Strasbourg, jou\u00e9 pour la premi\u00e8re fois par la musique de la garde nationale de cette ville, le 29\u00a0avril. C\u2019est sans doute le titre le plus populaire de toute notre Histoire, mais il faut en rappeler la petite histoire\u2026 et m\u00eame le sens des paroles.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Aux armes, citoyens\u00a0!<br>Formez vos bataillons\u00a0!<br>Marchez, marchez,<br>Qu\u2019un sang impur<br>Abreuve nos sillons\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1417\" class=\"cit-num\">1417<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROUGET<\/span> de l\u2019<span class=\"caps\">ISLE<\/span>\u00a0(1760-1836), <em>Le Chant de guerre pour l\u2019arm\u00e9e du Rhin<\/em>, refrain (1792)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Trouv\u00e9 \u00e0 Strasbourg [\u2026] il ne lui fallut pas deux mois pour p\u00e9n\u00e9trer toute la France. Il alla frapper au fond du Midi, comme par un violent \u00e9cho, et Marseille r\u00e9pondit au Rhin. Sublime destin\u00e9e de ce chant\u00a0!\u00a0\u00bb, \u00e9crit Michelet, lyrique et romantique, dans son <em>Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<\/em><\/p>\n<p>Myst\u00e9rieusement arriv\u00e9 \u00e0 Marseille, le chant pla\u00eet au bataillon des Marseillais, qui l\u2019adopte comme hymne de ralliement et le chante le 29\u00a0juin 1792, en plantant dans la ville un arbre de la Libert\u00e9. Son histoire ne fait que commencer.<\/p>\n<p>Arr\u00eatons-nous un instant sur le sens de l\u2019expression \u00ab\u00a0sang impur\u00a0\u00bb. Le sang est un mot fr\u00e9quent sous cette\u00a0 R\u00e9volution qui n\u2019en est pas avare\u2026 Le sang impur pourrait \u00eatre celui de l\u2019ennemi qu\u2019il ne faut pas h\u00e9siter \u00e0 faire couler. Mais c\u2019est plus vraisemblablement celui du peuple qui nourrira nos terres et qui n\u2019est pas de \u00ab\u00a0sang bleu\u00a0\u00bb,\u00a0 le \u00ab\u00a0sang pur\u00a0\u00bb de la noblesse, celui des combattants de m\u00e9tier des arm\u00e9es royales ou imp\u00e9riales, coalis\u00e9es contre la jeune R\u00e9publique fran\u00e7aise.<em> La Marseillaise<\/em> glorifie au contraire ce sang impur de l\u2019arm\u00e9e populaire et des bataillons de volontaires\u00a0: \u00ab\u00a0La R\u00e9volution leur criait\u00a0: \u00ab\u00a0Volontaires, Mourez pour d\u00e9livrer tous les peuples vos fr\u00e8res\u00a0!\u00a0\u00bb \/ Contents, ils disaient oui. \/ \u00ab\u00a0Allez, mes vieux soldats, mes g\u00e9n\u00e9raux imberbes\u00a0!\u00a0\u00bb \/ Et l\u2019on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes \/ Sur le monde \u00e9bloui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019historien Michelet, plus pr\u00e9cis, n\u2019est pas moins lyrique dans son <em>Histoire de la R\u00e9volution<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Six cent mille volontaires inscrits veulent marcher \u00e0 la fronti\u00e8re [\u2026] Ils restent tous marqu\u00e9s d\u2019un signe qui les met \u00e0 part dans l\u2019histoire\u00a0; ce signe, cette formule, ce mot n\u2019est autre que leur simple nom\u00a0: Volontaires de 92.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mal \u00e9quip\u00e9s, pas form\u00e9s, ces jeunes au sang impur viennent de toute la France pour r\u00e9pondre aux appels passionn\u00e9s de la R\u00e9publique. 400\u00a0000 pour l\u2019\u00e9t\u00e9 et l\u2019automne 1792, 300\u00a0000 de plus en f\u00e9vrier\u00a01793. Mais le volontariat ne sera pas \u00e9ternellement suffisant. Et le sang (bleu ou impur) ne va plus cesser de couler\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Couple perfide, r\u00e9servez vos larmes<br>Pour arroser le prix de vos forfaits [\u2026]<br>Un peuple libre reconna\u00eet les charmes<br>De n\u2019\u00eatre plus au rang de vos sujets.\u00a0\u00bb<span id=\"1389\" class=\"cit-num\">1389<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Poursuite et retour de la famille ci-devant royale<\/em> (juin\u00a01791), chanson anonyme. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le peuple chante encore, mais il a perdu confiance en Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> apr\u00e8s la fuite \u00e0 Varennes. Comme l\u2019\u00e9crit Denis Richet dans le <em>Dictionnaire critique de la R\u00e9volution fran\u00e7aise\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Un roi avait en fuyant abandonn\u00e9 sa souverainet\u00e9. Un autre roi, le peuple, assistait gravement au spectacle.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est une foule terriblement silencieuse qui accueille le cort\u00e8ge \u00e0 son retour, le 25\u00a0juin. La Constituante a suspendu Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> de ses fonctions, d\u00e8s le 21. Ces cinq jours de vacance du tr\u00f4ne prouvent que la France peut vivre sans roi\u2026 et la R\u00e9publique devient un r\u00e9gime possible. Pour l\u2019historienne Mona Ozouf, le 21\u00a0juin, c\u2019est \u00ab\u00a0la mort de la royaut\u00e9\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Guillotin \u2013 M\u00e9decin \u2013 Politique,<br>Imagine un beau matin<br>Que pendre est inhumain<br>Et peu patriotique.<br>Aussit\u00f4t \u2013 Il lui faut \u2013 Un supplice<br>Qui, sans corde ni poteau,<br>Supprime du bourreau<br>L\u2019office.\u00a0\u00bb<span id=\"1413\" class=\"cit-num\">1413<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Guillotine<\/em>, chanson anonyme<em>. Les Actes des Ap\u00f4tres<\/em> <em>(1789-1791), Un journal royaliste en 1789<\/em> (1873), Marcellin Pellet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/www.youtube.com\/watch?v=kvY-kZM0Q64\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>La Guillotine<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Dans\u00e9s sur un air de menuet, ces vers prouvent que tout fut bon \u00e0 chansonner\u00a0! Mais c\u2019est quand m\u00eame contre l\u2019avis de Guillotin qu\u2019on baptisa guillotine ces \u00ab\u00a0bois de justice\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Premier condamn\u00e9 \u00e0 mort guillotin\u00e9, un voleur de grand chemin, Nicolas Pelletier, ex\u00e9cut\u00e9 en place de Gr\u00e8ve \u00e0 Paris (aujourd\u2019hui place de l\u2019H\u00f4tel-de-Ville), le 25\u00a0avril 1792.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Amour sacr\u00e9 de la Patrie<br>Conduis, soutiens nos bras vengeurs.<br>Libert\u00e9, libert\u00e9 ch\u00e9rie,<br>Combats avec tes d\u00e9fenseurs.\u00a0\u00bb<span id=\"1420\" class=\"cit-num\">1420<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROUGET<\/span> de l\u2019<span class=\"caps\">ISLE<\/span> (1760-1836), <em>Chant de guerre pour l\u2019arm\u00e9e du Rhin<\/em> (1792), devenu <em>La Marseillaise<\/em> (dernier couplet)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les f\u00e9d\u00e9r\u00e9s marseillais, appel\u00e9s suite \u00e0 la d\u00e9claration de guerre, ont travers\u00e9 la France et d\u00e9filent dans la capitale avec ce<em> Chant de guerre pour l\u2019arm\u00e9e du Rhin<\/em>, le 30\u00a0juillet 1792 (ou le 10\u00a0ao\u00fbt selon d\u2019autres sources). Connu de tout Paris en un jour, rebaptis\u00e9 <em>Marseillaise<\/em> par les Parisiens, diffus\u00e9 \u00e0 100\u00a0000 exemplaires par la Convention fin septembre, ce chant entre dans l\u2019histoire de France.<\/p>\n<p>Promue hymne national une premi\u00e8re fois en 1795, abandonn\u00e9e en 1804 sous l\u2019Empire au profit du <em>Chant du d\u00e9part<\/em>, <em>La Marseillaise<\/em> redevient d\u00e9finitivement hymne national en 1880, sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<p><em>La Chronique de Paris<\/em> note que les Marseillais \u00ab\u00a0chantent avec beaucoup d\u2019ensemble et le moment o\u00f9 ils agitent leurs chapeaux et leurs sabres, en criant tous \u00e0 la fois \u00ab\u00a0Aux armes, citoyens\u00a0!\u00a0\u00bb fait vraiment frissonner. Ils ont fait entendre cet hymne guerrier dans tous les villages qu\u2019ils traversaient et ces nouveaux bardes ont inspir\u00e9 ainsi dans les campagnes des sentiments civiques et belliqueux\u00a0; souvent ils le chantent au Palais-Royal, quelquefois dans les spectacles entre les deux pi\u00e8ces.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Madam\u2019 Veto avait promis<br>De faire \u00e9gorger tout Paris.<br>Mais son coup a manqu\u00e9<br>Gr\u00e2ce \u00e0 nos canonniers.<br><em>Refrain<\/em> Dansons la carmagnole<br>Vive le son vive le son<br>Dansons la carmagnole<br>Vive le son du canon\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1425\" class=\"cit-num\">1425<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Carmagnole<\/em> (fin ao\u00fbt\u00a01792), chanson anonyme. <em>Chansons populaires de France<\/em> (1865), Librairie du Petit Journal \u00e9d<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=ueA-q4zMEMg\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>La Carmagnole<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>De parolier inconnu, cette Carmagnole est chant\u00e9e sous les fen\u00eatres du Temple o\u00f9 la famille royale est prisonni\u00e8re depuis l\u2019\u00e9pisode de la fuite \u00e0 Varennes. Monsieur Veto est aussi violemment apostroph\u00e9 que sa femme.<\/p>\n<p>La<em> Carmagnole<\/em> r\u00e9sume la situation quasiment au jour le jour et le \u00ab\u00a0pic dans les cachots\u00a0\u00bb va entra\u00eener un nouveau massacre r\u00e9volutionnaire, plus spectaculaire que les pr\u00e9c\u00e9dents. Ministre de la Justice et responsable des prisons, Danton, qui pouvait tout, ne va rien faire pour emp\u00eacher les \u00ab\u00a0massacres de septembre\u00a0\u00bb 1792.<\/p>\n<p>Adopt\u00e9e par tous les patriotes, la<em> Carmagnole<\/em> aura de nombreuses parodies, comme la plupart des chants ou chansons tr\u00e8s populaires.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai pris part \u00e0 tous vos exploits<br>En vous versant \u00e0 boire.<br>Songez combien j\u2019ai fait de fois<br>Rafra\u00eechir la victoire.\u00a0\u00bb<span id=\"1437\" class=\"cit-num\">1437<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857),<em> La Vivandi\u00e8re<\/em> (1817), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9sent \u00e0 Paris au d\u00e9but de la R\u00e9volution, tr\u00e8s t\u00f4t r\u00e9publicain de c\u0153ur, Pierre Jean de B\u00e9ranger trouve son expression dans la chanson patriotique. Il n\u2019imaginait absolument pas que son nom reste dans l\u2019histoire, et c\u2019est pourtant l\u2019un de nos chansonniers les plus populaires\u00a0! Nous le retrouverons sous la Restauration et la Monarchie de Juillet, toujours inspir\u00e9 par les \u00e9v\u00e9nements politiques.<\/p>\n<p>Ici, il rend hommage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e sur la sc\u00e8ne de l\u2019histoire de ces femmes qui s\u2019engag\u00e8rent aux arm\u00e9es, quand la patrie fut proclam\u00e9e en danger\u00a0: \u00ab\u00a0Vivandi\u00e8re du r\u00e9giment\u00a0\/ C\u2019est Catin qu\u2019on me nomme\u00a0\/ Je vends, je donne et bois ga\u00eement\u00a0\/ Mon vin et mon rogome [alcool].\u00a0\/ J\u2019ai le pied leste et l\u2019\u0153il mutin,\u00a0\/ Tintin, tintin, tintin, r\u2019lin tintin\u00a0;\u00a0\/ J\u2019ai le pied leste et l\u2019\u0153il mutin\u00a0:\u00a0\/ Soldats, voil\u00e0 Catin\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Appel\u00e9es aussi cantini\u00e8res, elles suivront toutes les guerres de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Un soir, disait Condorcet<br>\u00c0 plus d\u2019un confr\u00e8re,<br>J\u2019ai dans la t\u00eate un projet<br>Qui pourra vous plaire,<br>Il nous faut, mes chers amis,<br>\u00c9tablir en ce pays<br>Une r\u00e9-r\u00e9-r\u00e9<br>Une pu-pu-pu<br>Une r\u00e9 \u2013 Une pu \u2013 Une r\u00e9publique<br>D\u2019une forme unique.\u00a0\u00bb<span id=\"1438\" class=\"cit-num\">1438<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">MARCHANT<\/span> (1761-1793), <em>Le Grand Projet<\/em>, chanson<em>. Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Jjfnn_XQH5M\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>Le Grand Projet<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Chanson \u00e0 la mode au lendemain de Valmy (20 septembre 1792), premi\u00e8re victoire d\u00e9cisive de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9publicaine (au sang impur), le jour m\u00eame o\u00f9 la L\u00e9gislative c\u00e8de la place \u00e0 la Convention.<\/p>\n<p>Le roi est suspendu de ses fonctions, la monarchie fait place \u00e0 un nouveau r\u00e9gime et l\u2019humour reprend ses droits\u00a0: \u00ab\u00a0Sans craindre d\u2019un importun\u00a0\/ Les discours inf\u00e2mes\u00a0\/ Nous mettrons tout en commun\u00a0\/ Jusques \u00e0 nos femmes\u00a0\/ Si nous agissons ainsi\u00a0\/ C\u2019est pour mieux saisir l\u2019esprit\u00a0\/ D\u2019une r\u00e9-r\u00e9-r\u00e9\u00a0\/ D\u2019une pu-pu-pu\u00a0\/ D\u2019une r\u00e9\u00a0\/ D\u2019une pu\u00a0\/ D\u2019une r\u00e9publique\u00a0\/ Bien d\u00e9mocratique.\u00a0\u00bb \u00c0 preuve, le suffrage universel (masculin) qui s\u2019applique pour la premi\u00e8re fois dans notre histoire, la L\u00e9gislative ayant aboli au lendemain du 10\u00a0ao\u00fbt la distinction entre citoyens actifs et passifs pour l\u2019\u00e9lection de la prochaine Assembl\u00e9e nationale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Allons, avec la cocarde,<br>Aux tyrans, foutre malheur\u00a0;<br>Puis, allons \u00e0 l\u2019accolade,<br>Foutons-nous l\u00e0 de bon c\u0153ur.<br>Au diable toutes les fronti\u00e8res<br>Qui nous tenaient d\u00e9sunis,<br>Foutre, il n\u2019est point de barri\u00e8res<br>Sur la terre des amis.\u00a0\u00bb<span id=\"1454\" class=\"cit-num\">1454<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">H\u00c9BERT<\/span> (1757-1794), <em>Le R\u00e9veil du P\u00e8re Duchesne<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un couplet bien dans le ton du <em>P\u00e8re Duchesne<\/em>, l\u2019un des journaux les plus populaires de l\u2019\u00e9poque, distribu\u00e9 aux arm\u00e9es pour \u00e9veiller la conscience politique des soldats.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00d4 mon peuple,<br>Que vous ai-je donc fait\u00a0?<br>J\u2019aimais la vertu, la justice.<br>Votre bonheur fut mon unique objet,<br>Et vous me tra\u00eenez au supplice\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1477\" class=\"cit-num\">1477<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Complainte de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> aux Fran\u00e7ais<\/em>, quand le verdict fatal est connu \u00e0 la fin du proc\u00e8s, chanson anonyme.<em> Pri\u00e8res pour le roi, la France, etc. pr\u00e9c\u00e9d\u00e9es du Testament de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> et de quelques notes historiques<\/em> (1816)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=46ewLQUekLE\" target=\"_blank\">\u00c9coutez la\u00a0<em>Complainte de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> aux Fran\u00e7ais<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Glapie dans les guinguettes par des chanteurs \u00e0 gages\u00a0\u00bb sur l\u2019air d\u2019une romance c\u00e9l\u00e8bre compos\u00e9e par la marquise de Travanet et par Marie-Antoinette, cette complainte a tant de succ\u00e8s qu\u2019elle \u00e9clipse un temps <em>La Marseillaise<\/em>. Faut-il rappeler que la France profonde est majoritairement royaliste et chr\u00e9tienne\u00a0!?<\/p>\n<p>Mais le peuple de Paris et les sans-culottes chantent souvent plus fort, \u00e0 cette \u00e9poque.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ons plus de roi dans la France [\u2026]<br>\u00c0 pr\u00e9sent tout ira bien<br>\u00c0 Paris comme \u00e0 la guerre.<br>Je n\u2019craindrons plus le venin<br>Qui g\u00e2tait toute c\u2019t\u2019affaire,<br>J\u2019aurons vraiment la libert\u00e9<br>En soutenant l\u2019\u00e9galit\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1485\" class=\"cit-num\">1485<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Citoyenne Veuve <span class=\"caps\">FERRAND<\/span> (fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle),<em> Joie du peuple r\u00e9publicain<\/em> (d\u00e9but 1793), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Chaque \u00e9v\u00e9nement historique est ponctu\u00e9 de paroles et musique. Cette<em> Joie du peuple r\u00e9publicain<\/em> est assur\u00e9ment une \u00ab\u00a0chanson de circonstance\u00a0\u00bb\u00a0: tout ira bien apr\u00e8s la mort du roi. Au-del\u00e0 de cette joie, le choc en France est immense.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En toutes les provinces,<br>Vous entendrez parler<br>Qu\u2019il y a un nouveau prince<br>Qu\u2019on dit dans la Vend\u00e9e,<br>Qui s\u2019appelle Charette,<br>Vive son c\u0153ur\u00a0!<br>Chantons \u00e0 pleine t\u00eate<br>Gloire et honneur.\u00a0\u00bb<span id=\"1488\" class=\"cit-num\">1488<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson de l\u2019arm\u00e9e de Charette<\/em> (1793), anonyme. <em>Orph\u00e9e phrygien\u00a0: les musiques de la R\u00e9volution<\/em> (1989), Jean-R\u00e9my Julien, Jean-Claude Klein<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=RdJOGNx8Ubg\" target=\"_blank\">\u00c9coutez la <em>Chanson de l\u2019arm\u00e9e de Charette<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>La guerre de Vend\u00e9e fait na\u00eetre d\u2019innombrables chansons. C\u2019est la plus authentique, sinon la seule. Elle reste populaire, chez les amateurs de chants royalistes et jusque sur le site Internet YouTube.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois Athanase de Charette de la Contrie, dit Monsieur de Charette, est l\u2019un des h\u00e9ros de cette guerre qui va d\u00e9chirer un peu plus encore la France r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Officier de marine sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, il se trouve \u00e0 la t\u00eate de l\u2019insurrection vend\u00e9enne aux premiers jours (prise de Machecoul, le 11\u00a0mars 1793). Son arm\u00e9e, ce sont en fait des paysans qui rejoignent leurs seigneurs pour faire acte de guerre et s\u2019en retournent ensuite au travail de la terre.<\/p>\n<p>Seuls permanents aux c\u00f4t\u00e9s des chefs, quelques centaines de mercenaires (cavaliers, d\u00e9serteurs de l\u2019arm\u00e9e r\u00e9publicaine).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De l\u2019aristocratie,<br>Marat fut la terreur,<br>De la d\u00e9mocratie,<br>Il fut le d\u00e9fenseur.<br>Du peuple, il fut le p\u00e8re,<br>L\u2019ami le plus ardent,<br>Marat fut sur la terre<br>L\u2019appui de l\u2019indigent.\u00a0\u00bb<span id=\"1521\" class=\"cit-num\">1521<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">H. d\u2019<span class=\"caps\">HAUSSONVILLE<\/span> (fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), citoyen de la section Luxembourg, <em>La Mort de Marat<\/em>, chanson, 1793.<em> Les Almanachs de la R\u00e9volution<\/em> (1884), Henri Welschinger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Lamartine explique cette popularit\u00e9 de l\u2019homme, dans son<em> Histoire des Girondins\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Marat personnifiait en lui ces r\u00eaves vagues et fi\u00e9vreux de la multitude qui souffre. Il introduisait sur la sc\u00e8ne politique cette multitude jusque-l\u00e0 rel\u00e9gu\u00e9e dans son impuissance.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Marat joua le r\u00f4le du journaliste redresseur de torts et formateur de l\u2019opinion publique, critiquant toujours tout et tous, voulant ouvrir les yeux, ne cessant de r\u00e9clamer des t\u00eates, inventant le langage de la Terreur, cherchant \u00e0 d\u00e9truire tous ses adversaires. En cela, il incarne le r\u00e9volutionnaire type jusqu\u2019\u00e0 la caricature. H\u00e9bert l\u2019Enrag\u00e9 va prendre le relais.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nantes, dans une paix profonde<br>Jouissait de la libert\u00e9<br>Lorsque Carrier, cette \u00e2me immonde,<br>Trouble cette heureuse cit\u00e9.<br>Depuis que tu parus \u00e0 Nantes,<br>Le fleuve autrefois si vant\u00e9,<br>N\u2019a roul\u00e9 que des eaux sanglantes<br>\u00c0 l\u2019oc\u00e9an \u00e9pouvant\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"1566\" class=\"cit-num\">1566<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Tout est lugubre dans l\u2019histoire<\/em>, d\u00e9but de l\u2019ann\u00e9e 1794, chanson anonyme. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Sous-titr\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Complainte sur les horreurs de la guerre commises \u00e0 Nantes par Carrier\u00a0\u00bb. Ce sont les fameuses noyades.<\/p>\n<p>Carrier, en z\u00e9l\u00e9 missionnaire de la Terreur, parle de \u00ab\u00a0d\u00e9portation verticale\u00a0\u00bb et la Loire, sous sa plume, m\u00e9rite le nom de \u00ab\u00a0fleuve r\u00e9publicain\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0baignoire nationale\u00a0\u00bb. Les pr\u00eatres r\u00e9fractaires sont les premiers vis\u00e9s par ces noyades collectives. Autre pratique, les \u00ab\u00a0mariages r\u00e9publicains\u00a0\u00bb\u00a0: un homme est accoupl\u00e9 avec une femme, ou un cur\u00e9 avec une s\u0153ur, ligot\u00e9s dans des postures obsc\u00e8nes et plong\u00e9s dans le fleuve. Les enfants ne sont pas \u00e9pargn\u00e9s, ni les nourrissons \u00e0 la mamelle ni les vieillards. La vue de ces atrocit\u00e9s \u00e9gara, dit-on, la raison de Carrier, d\u00e9j\u00e0 compromise par l\u2019alcoolisme.<\/p>\n<p>Le massacreur a des ex\u00e9cutants efficaces et d\u00e9vou\u00e9s. Fusillades, mitraillades, canonnades, incendies pallient les lenteurs de la guillotine. Qui reste malgr\u00e9 tout l\u2019instrument de supplice le plus quotidien, et symbolique de cette R\u00e9volution devenue Terreur.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique nous appelle.<br>Sachons vaincre, ou sachons p\u00e9rir\u00a0;<br>Un Fran\u00e7ais doit vivre pour elle\u00a0;<br>Pour elle un Fran\u00e7ais doit mourir.\u00a0\u00bb<span id=\"1286\" class=\"cit-num\">1286<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie-Joseph <span class=\"caps\">CH\u00c9NIER<\/span> (1764-1811), paroles, et \u00c9tienne-Nicolas <span class=\"caps\">M\u00c9HUL<\/span> (1763-1817), musique, <em>Le Chant du d\u00e9part<\/em> (1794)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=utF_Fn4lokM\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>Le Chant du d\u00e9part<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Compos\u00e9 pour f\u00eater le quatri\u00e8me anniversaire de la F\u00eate de la F\u00e9d\u00e9ration le 14\u00a0juillet 1794, ce chant est l\u2019\u0153uvre de deux auteurs engag\u00e9s qui \u00e9crivent \u00e9galement pour le th\u00e9\u00e2tre. Cette \u00ab\u00a0seconde Marseillaise\u00a0\u00bb refl\u00e8te parfaitement l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des soldats au combat\u00a0: \u00ab\u00a0La libert\u00e9 guide nos pas [\u2026] Tremblez ennemis de la France\u00a0\/ Rois ivres de sang et d\u2019orgueil\u00a0\/ Le peuple souverain s\u2019avance\u00a0\/ Tyrans, descendez au cercueil.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tout sera occasion de chants ou de chansons sous la R\u00e9volution, jusqu\u2019\u00e0 la Terreur et la guillotine\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Contre nous de la tyrannie<br>L\u2019\u00e9tendard sanglant est lev\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1575\" class=\"cit-num\">1575<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROUGET<\/span> de l\u2019<span class=\"caps\">ISLE<\/span> (1760-1836), <em>Chant de guerre pour l\u2019arm\u00e9e du Rhin<\/em> (1792), devenu <em>La Marseillaise<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le chant le plus populaire de l\u2019\u00e9poque r\u00e9volutionnaire, n\u00e9 en 1792, repris par toutes les arm\u00e9es de la R\u00e9publique, semble faire \u00e9cho aux mots de Robespierre\u00a0: \u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais sont le premier Peuple du monde qui ait \u00e9tabli la v\u00e9ritable d\u00e9mocratie, en appelant tous les hommes \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 et \u00e0 la pl\u00e9nitude des droits du citoyen\u00a0; et c\u2019est l\u00e0, \u00e0 mon avis, la v\u00e9ritable raison pour laquelle tous les tyrans ligu\u00e9s contre la R\u00e9publique seront vaincus.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Notons \u00e0 nouveau le sang, pr\u00e9sent sur l\u2019\u00e9tendard, donnant sa noblesse au drapeau. Le plus \u00e9tonnant, c\u2019est que ces mots r\u00e9sonnent toujours, inchang\u00e9s\u00a0: c\u2019est un monument national, litt\u00e9ralement intouchable, (hormis quelques exceptions \u2013 le pr\u00e9sident Giscard d\u2019Estaing qui ralentira le rythme en 1974 et Serge Gainsbourg qui r\u00e9\u00e9crira en 1979 \u00ab\u00a0Aux armes et c\u00e6tera\u00a0\u00bb sur un air de reggae.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Son foutu m\u00e2tin de journal<br>Nous a bougrement fait de mal,<br>Qu\u2019on le foute \u00e0 la guillotine<br>Et toute sa clique coquine,<br>Ah\u00a0! ah\u00a0! ah\u00a0! mais vraiment<br>Guillotinez-les proprement.\u00a0\u00bb<span id=\"1580\" class=\"cit-num\">1580<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BEAUCHANT<\/span> (fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle), <em>Impromptu sur le raccourcissement du P\u00e8re Duchesne<\/em>, printemps 1794, chanson. <em>Actes du Tribunal r\u00e9volutionnaire recueillis et comment\u00e9s<\/em> (1968), G\u00e9rard Walter<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson d\u00e9signe H\u00e9bert, un des Enrag\u00e9s, directeur du journal le plus populaire, <em>Le P\u00e8re Duchesne<\/em>. Trop populaire pour Robespierre qui accuse les ultra-r\u00e9volutionnaires de monter la Commune de Paris contre la Convention.<\/p>\n<p>Chef du club des Cordeliers, adversaire le plus acharn\u00e9 des Girondins qui l\u2019ont fait emprisonner, d\u00e9clenchant un mouvement populaire (la \u00ab\u00a0sans-culotterie\u00a0\u00bb du 31\u00a0mai au 2\u00a0juin) qui entra\u00eena l\u2019arrestation des 22 d\u00e9put\u00e9s mod\u00e9r\u00e9s, H\u00e9bert incarne clairement la gauche de la gauche. Il d\u00e9nonce Danton et ses amis, les Indulgents qui veulent mettre fin \u00e0 la Terreur, mais aussi les \u00ab\u00a0endormeurs\u00a0\u00bb, nouvelle faction des robespierristes cherchant \u00e0 gouverner en \u00e9quilibrant les diverses factions.<\/p>\n<p>Robespierre ne peut se laisser d\u00e9border sur sa gauche. Il \u00e9limine les H\u00e9bertistes, Enrag\u00e9s et autres extr\u00e9mistes, jug\u00e9s pour crime de d\u00e9magogie. Total\u00a0: 19 ex\u00e9cutions, le 24\u00a0mars 1794. La rue chante encore, mais le peuple risque de ne plus adh\u00e9rer un jour \u00e0 cette R\u00e9volution qui, telle Saturne, d\u00e9vore ainsi ses enfants.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut raccourcir les g\u00e9ants<br>Et rendre les petits plus grands,<br>Tout \u00e0 la m\u00eame hauteur<br>Voil\u00e0 le vrai bonheur.\u00a0\u00bb<span id=\"1597\" class=\"cit-num\">1597<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Portrait du sans-culotte<\/em>, chanson anonyme.<em> Les Sans-culottes parisiens en l\u2019an <span class=\"caps\">II<\/span><\/em> (1968), Albert Soboul<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019homme nouveau, vu par la sans-culotterie. C\u2019est le r\u00e8gne de l\u2019\u00e9galit\u00e9 prise au pied de la lettre\u00a0! C\u2019est aussi la n\u00e9gation du grand homme, du h\u00e9ros en tant qu\u2019individu, au b\u00e9n\u00e9fice du h\u00e9ros collectif, le peuple incarn\u00e9 par le sans-culotte. Et c\u2019est toujours l\u2019histoire de France, cont\u00e9e par les chansons.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le saviez-vous, R\u00e9publicains,<br>Quel sort \u00e9tait le sort du N\u00e8gre\u00a0?<br>Qu\u2019\u00e0 son rang, parmi les humains,<br>Un sage d\u00e9cret r\u00e9int\u00e8gre\u00a0;<br>Il \u00e9tait esclave en naissant,<br>Puni de mort pour un seul geste<br>On vendait jusqu\u2019\u00e0 son enfant.\u00a0\u00bb<span id=\"1598\" class=\"cit-num\">1598<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Antoine-Augustin de <span class=\"caps\">PIIS<\/span> (1755-1832), <em>La Libert\u00e9 des N\u00e8gres<\/em> (1794), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019auteur est le fils naturel d\u2019un officier de Saint-Domingue, territoire faisant partie de ce que l\u2019on nommait alors les \u00ab\u00a0\u00eeles d\u2019Am\u00e9rique\u00a0\u00bb, englobant \u00e9galement la Guadeloupe et la Martinique.<\/p>\n<p>Le \u00ab\u00a0citoyen Piis\u00a0\u00bb est po\u00e8te de circonstance, comme il y en a beaucoup \u00e0 l\u2019\u00e9poque. L\u2019esclavage a \u00e9t\u00e9 aboli le 4\u00a0f\u00e9vrier\u00a01794. En juin, Victor Hugues, envoy\u00e9 de la Convention, va porter en Guadeloupe la nouvelle de l\u2019abolition de l\u2019esclavage aux Noirs. Les planteurs, hostiles au d\u00e9cret, s\u2019allient aux Anglais qui occupent Pointe-\u00e0-Pitre et Basse-Terre, mais sont battus par Hugues soutenu par les Noirs.<\/p>\n<p>Piis a tout de suite mis sa plume au service de cette cause\u00a0: d\u00e8s le 8\u00a0f\u00e9vrier, il fit repr\u00e9senter<em> La Libert\u00e9 de nos colonies<\/em>, \u00ab\u00a0vaudeville r\u00e9publicain\u00a0\u00bb, au th\u00e9\u00e2tre des Vari\u00e9t\u00e9s-Amusantes. C\u2019est dans cette pi\u00e8ce que l\u2019on retrouve les couplets de <em>La Libert\u00e9 des N\u00e8gres<\/em>. Chanson r\u00e9solument engag\u00e9e, la seule que le citoyen Piis laisse \u00e0 la post\u00e9rit\u00e9. Mais il a beaucoup \u00e9crit, il a eu du succ\u00e8s sous l\u2019Ancien R\u00e9gime et jusqu\u2019\u00e0 la Restauration, en passant par la R\u00e9volution et l\u2019Empire. Son opportunisme, sup\u00e9rieur \u00e0 son talent, lui vaut l\u2019honneur du <em>Dictionnaire des girouettes<\/em> (1815). Sous la Terreur, il a fait comme l\u2019abb\u00e9 Siey\u00e8s, \u00ab\u00a0la taupe\u00a0\u00bb. Et il a surv\u00e9cu.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Salut, Neuf-Thermidor, jour de la d\u00e9livrance\u00a0!<br>Tu viens purifier un sol ensanglant\u00e9.<br>Pour la seconde fois, tu fais luire \u00e0 la France<br>Les rayons de la libert\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"1609\" class=\"cit-num\">1609<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie-Joseph <span class=\"caps\">CH\u00c9NIER<\/span> (1764-1811), paroles, et \u00c9tienne-Nicolas <span class=\"caps\">M\u00c9HUL<\/span> (1763-1817), musique, <em>Hymne au 9 Thermidor<\/em>, chanson.<em> \u0152uvres de M.-J.\u00a0Ch\u00e9nier<\/em> (1824), Marie-Joseph Ch\u00e9nier, Antoine-Vincent Arnault<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marie-Joseph Ch\u00e9nier (fr\u00e8re d\u2019Andr\u00e9 de po\u00e8te), membre du club des Jacobins, d\u00e9put\u00e9 \u00e0 la Convention, auteur dramatique \u00e0 succ\u00e8s, continuera sa carri\u00e8re politique sous Bonaparte. \u00c9tienne M\u00e9hul composa d\u2019autres hymnes patriotiques, de la musique religieuse et une trentaine d\u2019op\u00e9ras.<\/p>\n<p>Le m\u00eame couple auteur-compositeur a cosign\u00e9 <em>Le Chant du d\u00e9part<\/em>, qualifi\u00e9 de \u00ab\u00a0seconde Marseillaise\u00a0\u00bb en raison de sa c\u00e9l\u00e9brit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Carrier, tu vivras dans l\u2019histoire,<br>Mais comme doit y vivre un brigand,<br>Ton nom grav\u00e9 dans la m\u00e9moire<br>Y restera souill\u00e9 de sang.<br>Monstre, tout compos\u00e9 de vices,<br>Homme sc\u00e9l\u00e9rat et pervers,<br>Ton corps appartient au supplice,<br>Ton \u00e2me appartient aux enfers.\u00a0\u00bb<span id=\"1614\" class=\"cit-num\">1614<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Tout est lugubre dans l\u2019histoire<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Derni\u00e8re strophe de cette longue \u00ab\u00a0Complainte sur les horreurs de la guerre commises \u00e0 Nantes par Carrier\u00a0\u00bb. Il est guillotin\u00e9 le 16\u00a0d\u00e9cembre 1794. On lui attribue quelque 10\u00a0000 ex\u00e9cutions.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Fouquier-Tinville avait promis<br>De guillotiner tout Paris,<br>Mais il en a menti,<br>Car il est raccourci [\u2026]<br>Vive la guillotine<br>Pour ces bourreaux<br>Vils fl\u00e9aux.\u00a0\u00bb<span id=\"1617\" class=\"cit-num\">1617<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Carmagnole de Fouquier-Tinville<\/em>, mai\u00a01795, chanson.<em> Chansons nationales et r\u00e9publicaines de 1789 \u00e0 1848<\/em> (1848), Th\u00e9ophile Marion Dumersan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La c\u00e9l\u00e8bre chanson r\u00e9volutionnaire se fait gaiement cruelle\u00a0: le plus c\u00e9l\u00e8bre accusateur public est ex\u00e9cut\u00e9 le 6\u00a0mai 1795, apr\u00e8s 41 jours de proc\u00e8s devant le Tribunal r\u00e9volutionnaire (r\u00e9form\u00e9). \u00c0 travers Fouquier-Tinville et 23 coaccus\u00e9s, on juge aussi cette justice d\u2019exception.<\/p>\n<p>L\u2019homme est convaincu \u00ab\u00a0de man\u0153uvres et complots tendant \u00e0 favoriser les projets liberticides des ennemis du peuple [\u2026] et \u00e0 exciter l\u2019armement des citoyens les uns contre les autres, en faisant p\u00e9rir sous la forme d\u00e9guis\u00e9e d\u2019un jugement une foule innombrable de Fran\u00e7ais, de tout \u00e2ge et de tout sexe\u00a0\u00bb. En dix-sept mois, il a obtenu la t\u00eate de quelque 2\u00a0000 condamn\u00e9s, et parmi eux tous les grands noms de cette histoire.<\/p>\n<p>Il se d\u00e9clare \u00ab\u00a0en but \u00e0 la calomnie\u00a0\u00bb et se retranche derri\u00e8re les lois\u00a0: \u00ab\u00a0Je n\u2019ai \u00e9t\u00e9 que la hache de la Convention\u00a0; punit-on une hache\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ramen\u00e9 \u00e0 la Conciergerie, la veille de son ex\u00e9cution, il \u00e9crit\u00a0: \u00ab\u00a0Je meurs pour ma patrie et sans reproche. Plus tard, on reconna\u00eetra mon innocence.\u00a0\u00bb Ce dernier v\u0153u ne sera pas exauc\u00e9. Mais Billaud-Varenne, Bar\u00e8re de Vieuzac, Collot-d\u2019Herbois, Fouch\u00e9 lui-m\u00eame ne sont pas moins coupables.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rhabillez-vous peuple fran\u00e7ais<br>Ne donnez plus dans les exc\u00e8s<br>De nos faux patriotes<br>Ne croyez plus<br>Qu\u2019aller tout nus<br>Soit une preuve de vertu<br>Remettez vos culottes.\u00a0\u00bb<span id=\"1621\" class=\"cit-num\">1621<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-\u00c9tienne <span class=\"caps\">DESPR\u00c9AUX<\/span> (1748-1820), <em>Remettez vos culottes ou Conseils aux sans-culottes<\/em>, chanson de l\u2019automne 1795. <em>Les Femmes des Tuileries\u00a0: la jeunesse de l\u2019imp\u00e9ratrice Jos\u00e9phine<\/em> (1883), Imbert de Saint-Amand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Convention thermidorienne a triomph\u00e9 de deux graves insurrections populaires et des soul\u00e8vements royalistes\u00a0: elle a frapp\u00e9 \u00e0 gauche, frapp\u00e9 \u00e0 droite. C\u2019est la fin du mouvement r\u00e9volutionnaire et le retour \u00e0 une r\u00e9publique bourgeoise, lib\u00e9rale et mod\u00e9r\u00e9e. La Constitution de l\u2019an\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> est vot\u00e9e, elle r\u00e9tablit le suffrage censitaire et donne ses bases au nouveau r\u00e9gime de la France\u00a0: le Directoire.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-6-61.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">DIRECTOIRE<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">L\u2019humour populaire a (toujours) le dernier mot (chant\u00e9)<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Notre Montagne enfante un Directoire<br>Applaudissons \u00e0 son dernier succ\u00e8s\u00a0!<br>Car sous ce nom inconnu dans l\u2019histoire<br>Cinq rois nouveaux gouvernent les Fran\u00e7ais [\u2026]<br>En adoptant un luxe ridicule<br>Ils font g\u00e9mir la sainte \u00c9galit\u00e9\u00a0;<br>\u00c0 leur aspect la Libert\u00e9 recule<br>Et dans leur c\u0153ur plus de Fraternit\u00e9\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1641\" class=\"cit-num\">1641<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Directoire<\/em> (1795), chanson. <em>Po\u00e9sies r\u00e9volutionnaires et contre-r\u00e9volutionnaires<\/em> (1821), \u00c0 la Librairie historique \u00e9d<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=HdIO-IyemyI\" target=\"_blank\">\u00c9coutez la chanson <em>Le Directoire<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>La France vit une transition entre la R\u00e9volution et l\u2019Empire. Ph\u00e9nom\u00e8ne r\u00e9current\u00a0: apr\u00e8s le Moyen \u00c2ge vint la Renaissance o\u00f9 \u00ab\u00a0le monde rit au monde\u00a0\u00bb (Marot)\u00a0; apr\u00e8s Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> et une fin de r\u00e8gne tr\u00e8s sombre, le temps de l\u2019aimable R\u00e9gence rimait bien avec licence\u00a0; apr\u00e8s les horreurs de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, les Ann\u00e9es folles se d\u00e9cha\u00eeneront. Et en 1795, au lendemain de la Terreur, la jouissance est \u00e0 l\u2019ordre du jour, du moins pour la bonne soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Le Directoire, en tant que nouveau r\u00e9gime n\u00e9 de la Constitution du 5 fructidor an\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> (22\u00a0ao\u00fbt\u00a01795), pr\u00e9sente deux inventions, une mauvaise et une bonne. Les \u00ab\u00a0cinq rois\u00a0\u00bb qui gouvernent, appel\u00e9s Directeurs, ne vont cesser de se disputer, ce qui fragilise ou paralyse le pouvoir ex\u00e9cutif.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019inverse, le bicam\u00e9risme cher \u00e0 Montesquieu, pouvoir l\u00e9gislatif confi\u00e9 \u00e0 deux Chambres sur le mod\u00e8le anglais, instaure une formule toujours reprise (\u00e0 l\u2019exception de la br\u00e8ve Deuxi\u00e8me R\u00e9publique)\u00a0: la Chambre basse (\u00e9lue au suffrage direct, par le peuple) est temp\u00e9r\u00e9e par la Chambre haute (\u00e9lue au suffrage indirect, repr\u00e9sentant les r\u00e9gions et les d\u00e9partements). En 1795, on a le Conseil des Cinq-Cents et le Conseil des Anciens \u2013\u00a0sous la Cinqui\u00e8me R\u00e9publique, la Chambre des d\u00e9put\u00e9s et le S\u00e9nat.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Au sein de l\u2019abondance<br>Le Directoire d\u00e9pense<br>Plus que jamais en France<br>Prince ne d\u00e9pensa.\u00a0\u00bb<span id=\"1652\" class=\"cit-num\">1652<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>L\u2019Int\u00e9rieur du Directoire<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Encore une chanson qui a valeur de gazette. La France va mal. Le pays est en guerre, les Directeurs se disputent, les Jacobins s\u2019opposent aux royalistes\u2026 et les sp\u00e9culateurs s\u2019enrichissent.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Chaque \u00e9poque donne le ton, d\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ce r\u00e9sum\u00e9 chantant qui alterne \u00e0 l\u2019infini comique et tragique, populaire et po\u00e9tique, avec une dose de fantaisie propre \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais.Quelques constantes en font l\u2019originalit\u00e9. Le peuple est le premier acteur de cette histoire, qu\u2019il s\u2019exprime dans le r\u00e9pertoire des traditionnelles chansons populaires ou [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":76,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9922","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9922","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9922"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9922\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12571,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9922\/revisions\/12571"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9922"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9922"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9922"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}