{"id":9926,"date":"2024-04-15T00:00:00","date_gmt":"2024-04-14T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-xvie-et-xviie-siecles\/"},"modified":"2025-08-12T08:39:25","modified_gmt":"2025-08-12T06:39:25","slug":"la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-xvie-et-xviie-siecles","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-xvie-et-xviie-siecles\/","title":{"rendered":"La Guerre, histoire en citations d\u2019une trag\u00e9die s\u00e9culaire et quotidienne (XVIe et XVIIe si\u00e8cles)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La guerre est la continuation de la politique par d\u2019autres moyens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Carl von <span class=\"caps\">CLAUSEWITZ<\/span> (1780-1831), g\u00e9n\u00e9ral prussien, strat\u00e8ge et th\u00e9oricien, <em>De la Guerre<\/em> (1832)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a des guerres justes. Il n\u2019y a pas d\u2019arm\u00e9e juste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span> (1901-1976), <em>L\u2019Espoir<\/em> (1937)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les hommes se font la guerre depuis la pr\u00e9histoire et les guerres antiques sont aussi historiques que l\u00e9gendaires.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la France \u00e0 venir commence avec la guerre des Gaules et l\u2019occupation du territoire par les Romains. Apr\u00e8s les guerres f\u00e9odales du Moyen \u00c2ge et la guerre de Cent Ans, la Renaissance lance les guerres de conqu\u00eate en Italie, suivies des guerres (civiles) de Religion\u00a0: le <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle totalise 85 ann\u00e9es de guerre\u00a0! La Fronde est une vraie guerre civile de cinq ans. La monarchie absolue de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> multiplie les guerres de conqu\u00eate. Le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res est le moins guerrier, mais la R\u00e9volution d\u00e9clare la guerre \u00e0 toutes les monarchies europ\u00e9ennes et Napol\u00e9on encha\u00eene, multipliant les guerres de conqu\u00eate jusqu\u2019en Russie. Au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, la guerre franco-prussienne met fin au Second Empire. La <span class=\"caps\">III<\/span>e R\u00e9publique sort victorieuse de la Premi\u00e8re guerre mondiale, d\u00e9finit les lois de la guerre\u2026 et s\u2019\u00e9croule sous la Seconde, finalement gagn\u00e9e par de Gaulle et les Alli\u00e9s. La <span class=\"caps\">IV<\/span>e R\u00e9publique g\u00e8re l\u2019apr\u00e8s-guerre, survit \u00e0 la guerre d\u2019Indochine, mais tombe avec la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. La Ve R\u00e9publique du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle donne l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, met fin \u00e0 la guerre civile et dote la France de l\u2019arme atomique. La Guerre froide et les tensions g\u00e9opolitiques entre blocs cessent apr\u00e8s la chute du mur de Berlin, l\u2019Union europ\u00e9enne re\u00e7oit le prix Nobel de la paix\u2026 Mais la guerre redevient sujet d\u2019actualit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>24 f\u00e9vrier 2022\u00a0: guerre d\u2019Ukraine, conflit post-sovi\u00e9tique avec la Russie de Poutine.<br>7 octobre 2023, guerre Isra\u00ebl-Gaza apr\u00e8s l\u2019attaque du Hamas, dans le cadre du conflit isra\u00e9lo-palestinien. C\u2019est aussi le retour des guerres \u00e0 l\u2019ancienne\u00a0: apr\u00e8s la guerre moderne des combats \u00e0 distance, \u00ab\u00a0guerre propre\u00a0\u00bb avec <span class=\"caps\">SCUDS<\/span> et ripostes cibl\u00e9es (guerre du Golfe en 1990-1991), on retrouve le si\u00e8ge destin\u00e9 \u00e0 affamer les populations \u00e0 Gaza, les tranch\u00e9es occup\u00e9es par l\u2019envahisseur en Ukraine, les combats au corps \u00e0 corps et l\u2019infanterie, essentielle \u00e0 la progression des forces sur le terrain.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-75.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"float: left;margin: 10px 15px;border: 1px solid black\"><\/a><span class=\"caps\">RENAISSANCE<\/span> <span class=\"caps\">ET<\/span> <span class=\"caps\">GUERRES<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">RELIGION<\/span> (1483-1589)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il plairait au duc que cette guerre se termin\u00e2t.<br>\u2014 Soit, mais ne manquez pas de lui rappeler qu\u2019il m\u2019a d\u00e9plu, \u00e0 moi, qu\u2019elle commen\u00e7\u00e2t.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"419\" class=\"cit-num\">419<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHARLES<\/span> <span class=\"caps\">VIII<\/span> l\u2019Affable (1470-1498), r\u00e9ponse du roi aux envoy\u00e9s du duc Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de Bretagne, juillet\u00a01488. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le duc de Bretagne s\u2019est alli\u00e9 dans la \u00ab\u00a0Guerre folle\u00a0\u00bb \u00e0 Louis d\u2019Orl\u00e9ans, cousin et beau-fr\u00e8re du roi, futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>. Cette r\u00e9volte des nobles contre la r\u00e9gente va durer trois ans, soutenue par Henri\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> d\u2019Angleterre et Maximilien d\u2019Autriche \u2013 fianc\u00e9 \u00e0 la fille du duc de Bretagne, Anne, h\u00e9riti\u00e8re du duch\u00e9. Apr\u00e8s l\u2019offensive de La Tr\u00e9moille en Bretagne, l\u2019artillerie royale met en d\u00e9route l\u2019arm\u00e9e des coalis\u00e9s. Le duc de Bretagne est battu en juillet\u00a01488 \u00e0 Saint-Aubin-du-Cormier et Louis d\u2019Orl\u00e9ans fait prisonnier.<\/p>\n<p>Contraint de demander la paix, le duc de Bretagne signe le 26\u00a0juillet le trait\u00e9 du Verger (ou de Sabl\u00e9)\u00a0: il s\u2019engage \u00e0 ne pas marier ses filles, Anne et Isabelle, sans le consentement du roi de France \u2013 la province de Bretagne est en jeu\u2026 et c\u2019en est d\u00e9sormais fini de son ind\u00e9pendance.<\/p>\n<p>C\u2019est le dernier acte de la lutte des grands f\u00e9odaux contre le royaume de France, qui a tant marqu\u00e9 le Moyen \u00c2ge.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00c0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> lui demandant ce qu\u2019il fallait pour faire la guerre avec succ\u00e8s\u00a0:<\/em><br>\u00ab\u00a0Trois choses sont absolument n\u00e9cessaires\u00a0: premi\u00e8rement de l\u2019argent, secondement de l\u2019argent, troisi\u00e8mement de l\u2019argent.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"430\" class=\"cit-num\">430<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal Jean-Jacques de <span class=\"caps\">TRIVULCE<\/span> (vers 1441-1518). <em>Nouveau dictionnaire historique<\/em> (1804), <span class=\"caps\">L.M.<\/span>Chaudon et <span class=\"caps\">F.A.<\/span> Delandine<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 peine devenu roi et malgr\u00e9 ses \u00e9videntes qualit\u00e9s humaines et politiques, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span> succombe \u00e0 la tentation de l\u2019Italie. Il invoque un lointain h\u00e9ritage \u2013 par sa grand-m\u00e8re Valentine Visconti \u2013 pour faire valoir ses droits sur le Milanais\u00a0: conquis en vingt jours par Trivulce (juillet\u00a01499), n\u00e9 Trivulzio, issu d\u2019une famille noble de Milan, et gr\u00e2ce \u00e0 une alliance avec Venise, le duch\u00e9 sera perdu, puis repris, tout comme Naples.<\/p>\n<p>March\u00e9 de dupes pour la France et fin toute provisoire de l\u2019aventure italienne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis votre roi et votre prince. Je suis d\u00e9lib\u00e9r\u00e9 de vivre et mourir avec vous. Voici la fin de notre voyage, car tout sera gagn\u00e9 ou perdu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"438\" class=\"cit-num\">438<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span> Ier (1494-1547), \u00e0 ses troupes, avant la bataille de Marignan, 13\u00a0septembre 1515.<em> Fran\u00e7ois\u00a0Ier, le souverain politique<\/em> (1937), Louis Madelin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec la fougue de ses 21\u00a0ans, le nouveau roi se lance dans la cinqui\u00e8me guerre d\u2019Italie, alli\u00e9 \u00e0 Venise pour la reconqu\u00eate du Milanais pris, puis perdu par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>. Son arm\u00e9e passe les Alpes, forte des meilleurs capitaines, avec 300 canons et 30\u00a0000 hommes\u00a0: chiffres consid\u00e9rables \u00e0 l\u2019\u00e9poque. Le voil\u00e0 parvenu \u00e0 Marignan, ville de Lombardie (au sud-est de Milan).<\/p>\n<p>1515, date m\u00e9morable dans l\u2019histoire de France. Mais \u00e0 part les historiens, qui sait vraiment ce qui s\u2019est pass\u00e9 en deux jours et une nuit\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Et vous promets, Madame, que si bien accompagn\u00e9s et si galants qu\u2019ils soient, deux cents hommes d\u2019armes que nous \u00e9tions en d\u00e9f\u00eemes bien quatre mille Suisses et les repouss\u00e2mes rudement, si gentils galants qu\u2019ils soient, leur faisant jeter leurs piques et crier France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"439\" class=\"cit-num\">439<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span> Ier (1494-1547), Lettre \u00e0 sa m\u00e8re Louise de Savoie, au soir du 13\u00a0septembre 1515. Fin de la vieille France\u00a0: Fran\u00e7ois Ier, portraits et r\u00e9cits du seizi\u00e8me si\u00e8cle (1885), C. Coignet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Son \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb lui conte par le menu la premi\u00e8re partie de la bataille de Marignan. Les Suisses sont les alli\u00e9s du duc de Milan\u00a0: redoutables combattants, ils barrent l\u2019acc\u00e8s de l\u2019Italie, en tenant les divers cols. Ces milices paysannes sont redout\u00e9es pour leurs charges en masses compactes, au son lugubre des trompes de berger.<\/p>\n<p>\u00c0 Marignan, dans l\u2019apr\u00e8s-midi, ils ont dispers\u00e9 la cavalerie et vont s\u2019emparer de l\u2019artillerie fran\u00e7aise, quand Fran\u00e7ois\u00a0Ier, courageux et bien conseill\u00e9, prend le risque de charger. Le combat dure jusqu\u2019au soir, l\u2019\u00e9puisement est tel que les combattants qui ne sont pas morts tombent litt\u00e9ralement de sommeil sur place.<\/p>\n<p>Le lendemain, appel\u00e9s en urgence, les alli\u00e9s v\u00e9nitiens prennent les Suisses \u00e0 revers, les obligeant \u00e0 fuir pour se r\u00e9fugier \u00e0 Milan. Victoire totale, mais bataille la plus meurtri\u00e8re depuis l\u2019Antiquit\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sonnez, trompettes et clairons <br>Pour r\u00e9jouir les compagnons<br>Bruyez bombardes et canons <br>Donnez des horions,<br>Tous gentils compagnons <br>Suivez, frappez, tuez.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"440\" class=\"cit-num\">440<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cl\u00e9ment <span class=\"caps\">JANEQUIN<\/span> (1485-1558), <em>La Guerre, Chanson de Marignan,<\/em> 1515.\u00a0<em> Histoire de la France\u00a0: dynasties et r\u00e9volutions, de 1348 \u00e0 1852<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le patriotisme pr\u00e9c\u00e8de le mot m\u00eame de patrie, sous la Renaissance\u00a0: il inspire d\u2019innombrables hymnes et odes \u00e0 la France, sign\u00e9s des plus grands po\u00e8tes du temps (tel Ronsard), mais il \u00e9clate aussi dans les chansons qui accompagnent chaque haut fait des arm\u00e9es fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Bataille de g\u00e9ants\u00a0\u00bb, selon t\u00e9moins et chroniqueurs, Marignan est \u00e9galement un carnage (toujours selon les crit\u00e8res de l\u2019\u00e9poque)\u00a0: 14\u00a0000 Suisses tu\u00e9s, 2\u00a0500 Fran\u00e7ais et V\u00e9nitiens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Et tout bien d\u00e9battu, depuis deux mille ans, n\u2019a point \u00e9t\u00e9 vue une si fi\u00e8re ni si cruelle bataille [\u2026] Au demeurant, Madame, faites bien remercier Dieu par tout le royaume de la victoire qu\u2019il lui a plu nous donner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"441\" class=\"cit-num\">441<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span> Ier (1494-1547), Lettre \u00e0 sa m\u00e8re Louise de Savoie, au soir du 14\u00a0septembre 1515. <em>M\u00e9moires contenant le discours de plusieurs choses advenues au royaume de France depuis l\u2019an 1513 jusques au tresspas du Roy Fran\u00e7ois I<\/em> (1827), Martin Du Bellay (sieur de Langey), Ren\u00e9 Du Bellay (baron de La Lande)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Infatigable \u00e9pistolier, le \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb rend compte \u00e0 sa m\u00e8re, par ailleurs r\u00e9gente quand il \u00ab\u00a0s\u2019en va-t-en guerre\u00a0\u00bb. Femme de caract\u00e8re, belle, intelligente, mais avide et intrigante, elle exer\u00e7a sur son royal et ador\u00e9 fils une influence politique souvent heureuse, parfois d\u00e9testable.<\/p>\n<p>Au lendemain de cette victoire fran\u00e7aise, le trait\u00e9 de Fribourg, dit \u00ab\u00a0de la Paix perp\u00e9tuelle\u00a0\u00bb (29\u00a0novembre\u00a01516), est impos\u00e9 aux cantons suisses de la Conf\u00e9d\u00e9ration helv\u00e9tique. Et les Suisses vont devenir les plus s\u00fbrs mercenaires du royaume, restant au service des rois de France jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout est perdu, fors l\u2019honneur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"453\" class=\"cit-num\">453<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">FRAN\u00c7OIS<\/span> Ier (1494-1547), Lettre \u00e0 Louise de Savoie apr\u00e8s la bataille de Pavie, 25\u00a0f\u00e9vrier 1525. <em>Histoire de Fran\u00e7ois\u00a0Ier et de la Renaissance<\/em> (1878), Eug\u00e8ne de la Gournerie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019histoire a retenu cette citation \u00ab\u00a0incontournable\u00a0\u00bb. L\u2019id\u00e9e est juste, mais la forme exacte est\u00a0: \u00ab\u00a0Madame, pour vous avertir comment se porte le ressort de mon infortune, de toutes choses ne m\u2019est demeur\u00e9 que l\u2019honneur et la vie qui est sauve.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s chaque grande bataille, le roi \u00e9crit toujours \u00e0 sa m\u00e8re, pr\u00e9sentement r\u00e9gente et toujours fi\u00e8re de son \u00ab\u00a0C\u00e9sar triomphant\u00a0\u00bb. Mais cette fois, c\u2019est une d\u00e9faite \u2013 et m\u00eame le pire d\u00e9sastre militaire du r\u00e8gne. Le roi, assi\u00e9geur devenu assi\u00e9g\u00e9, donc pi\u00e9g\u00e9, est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019assaut, courageux, mais brouillon et contre l\u2019avis des v\u00e9t\u00e9rans qui l\u2019entouraient. Pi\u00e8tre strat\u00e8ge, il a plac\u00e9 son artillerie, l\u2019une des meilleures d\u2019Europe, derri\u00e8re sa cavalerie, lui \u00f4tant toute efficacit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>La sixi\u00e8me guerre d\u2019Italie tourne \u00e0 la catastrophe\u00a0: le Milanais est reperdu, le duc de Bourbon, ex-conn\u00e9table de France pass\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 de Charles Quint, a attaqu\u00e9 la Provence, bombard\u00e9 Marseille, pris Aix. Et le roi est fait prisonnier \u00e0 Pavie, o\u00f9 de grands capitaines sont tu\u00e9s, tels La Tr\u00e9moille, La Palice.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Guerre faite sans bonne provision d\u2019argent n\u2019a qu\u2019un soupirail de vigueur. Les nerfs des batailles sont les p\u00e9cunes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"465\" class=\"cit-num\">465<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">RABELAIS<\/span> (vers 1494-1553), <em>Gargantua<\/em> (1534)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Moine et m\u00e9decin, Rabelais a cr\u00e9\u00e9 le g\u00e9ant Pantagruel et deux ans plus tard, Gargantua, son g\u00e9ant de p\u00e8re. Des cinq livres de son \u0153uvre, c\u2019est le plus pol\u00e9mique\u00a0: il aborde des questions s\u00e9rieuses, comme la guerre. Il ridiculise le roi Picrochole, sa folie ambitieuse qui le pousse aux guerres de conqu\u00eate (Charles Quint est vis\u00e9), et l\u2019oppose au bon roi Grandgousier, pacifique et prudent, conscient de ses devoirs vis-\u00e0-vis de ses sujets et anim\u00e9 d\u2019une vraie fraternit\u00e9 chr\u00e9tienne. Mais pour mener cette politique, il faut \u00eatre fort, donc disposer d\u2019une arm\u00e9e permanente \u2013 allusion \u00e0 la politique militaire de Fran\u00e7ois\u00a0Ier.<\/p>\n<p>On note au passage l\u2019origine de l\u2019expression \u00ab\u00a0nerf de la guerre\u00a0\u00bb \u2013 ou sa r\u00e9apparition, Thucydide en ayant us\u00e9 dans son <em>Histoire de la guerre du P\u00e9loponn\u00e8se<\/em>, au Ve\u00a0si\u00e8cle avant J.-C.<\/p>\n<p>La m\u00e9taphore va faire fortune dans l\u2019histoire\u00a0: les guerres sans fin recommenc\u00e9es sont ruineuses. Le <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle bat n\u00e9anmoins le record historique de quatre-vingt-cinq ann\u00e9es de guerre en Europe, avec des effectifs croissants et des armes toujours perfectionn\u00e9es.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0France, m\u00e8re des arts, des armes et des lois\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"390\" class=\"cit-num\">390<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Joachim du <span class=\"caps\">BELLAY<\/span> (1522-1560), <em>Les Regrets<\/em> (1558)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Po\u00e8te inspir\u00e9 par l\u2019amour du pays, il renonce \u00e0 la carri\u00e8re militaire pour les vers. La trilogie \u00ab\u00a0des arts, des armes et des lois\u00a0\u00bb r\u00e9sume l\u2019histoire de l\u2019\u00e9poque si riche, si contrast\u00e9e\u00a0: \u00ab\u00a0Le dialogue tour \u00e0 tour sanglant et serein qu\u2019on appela Renaissance\u00a0\u00bb (Malraux, <em>Les Voix du silence<\/em>). \u00ab\u00a0L\u2019aimable mot de Renaissance ne rappelle aux amis du beau que l\u2019av\u00e8nement d\u2019un art nouveau et le libre essor de la fantaisie\u00a0; pour l\u2019\u00e9rudit, c\u2019est la r\u00e9novation des \u00e9tudes de l\u2019Antiquit\u00e9\u00a0; pour les l\u00e9gistes, le jour qui commence \u00e0 luire sur le discordant chaos de nos vieilles coutumes\u00a0\u00bb (Michelet, <em>Histoire de France<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je veux de si\u00e8cle en si\u00e8cle au monde publier<br>D\u2019une plume de fer sur un papier d\u2019acier,<br>Que ses propres enfants l\u2019ont prise et d\u00e9v\u00eatue,<br>Et jusques \u00e0 la mort vilainement battue.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"412\" class=\"cit-num\">412<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de <span class=\"caps\">RONSARD<\/span> (1524-1585), <em>Continuation du discours des mis\u00e8res de ce temps<\/em> (1562)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le po\u00e8te des c\u00e9l\u00e8bres <em>Discours<\/em> se jette dans la m\u00eal\u00e9e pour parler de la France en peine, en proie aux horreurs de la guerre civile qui ne fait pourtant que commencer\u00a0! Fid\u00e8le \u00e0 la foi catholique, il s\u2019en prend aux protestants tenus pour responsables des troubles.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s le beau <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle de la Renaissance et du r\u00eave italien, la France des guerres de Religion sombre dans le cauchemar de l\u2019anarchie, de la haine et du fanatisme\u00a0: tous les Grands du royaume seront impliqu\u00e9s et nombre d\u2019entre eux mourront en combattant, ou assassin\u00e9s \u2013 jusqu\u2019au roi Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, en 1589.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019argent est le nerf de la guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"512\" class=\"cit-num\">512<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), Lettre \u00e0 l\u2019ambassadeur d\u2019Espagne, ao\u00fbt\u00a01570. <em>Histoire de la France et des Fran\u00e7ais<\/em> (1972), Andr\u00e9 Castelot, Alain Decaux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La \u00ab\u00a0petite phrase\u00a0\u00bb de Rabelais dans <em>Gargantua<\/em> (selon qui \u00ab\u00a0les nerfs des batailles sont les p\u00e9cunes\u00a0\u00bb) va faire fortune dans l\u2019histoire.<\/p>\n<p>Au <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, tous les souverains d\u2019Europe ont d\u2019\u00e9normes besoins d\u2019argent pour leurs guerres qu\u2019il faut sans cesse faire, ou pr\u00e9parer (rappelons le record historique de quatre-vingt cinq ann\u00e9es de guerre en ce si\u00e8cle). Elles co\u00fbtent de plus en plus cher, avec le d\u00e9veloppement des armes \u00e0 feu, l\u2019entretien d\u2019arm\u00e9es permanentes, des effectifs croissants \u2013 le temps n\u2019est plus des \u00ab\u00a0grandes batailles\u00a0\u00bb du Moyen \u00c2ge qui se livraient entre quelques milliers d\u2019hommes (Cr\u00e9cy, Azincourt). Mais l\u2019on n\u2019atteint pas encore les 400\u00a0000 soldats de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, ni les 4\u00a0millions de mobilis\u00e9s de 1914 (pour un pays seulement deux fois plus peupl\u00e9).<\/p>\n<p>Il faut que la France soit tr\u00e8s riche et pleine de ressources pour s\u2019\u00eatre si longtemps battue et retrouver en dix ans une prosp\u00e9rit\u00e9 certaine, au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Gardez-vous de livrer bataille et souvenez-vous des conseils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>\u00a0: la paix sign\u00e9e est toujours plus avantageuse avant la d\u00e9faite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"543\" class=\"cit-num\">543<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CATHERINE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">M\u00c9DICIS<\/span> (1519-1589), \u00e0 son fils Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, 1576.<em> Dictionnaire des citations de l\u2019histoire de France<\/em> (1990), Mich\u00e8le Ressi<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La reine m\u00e8re est bonne conseill\u00e8re en ce d\u00e9but d\u2019ann\u00e9e, mais la cinqui\u00e8me guerre de Religion commence. La coalition regroupe Cond\u00e9, Turenne et Henri de Navarre, \u00e9chapp\u00e9 de la cour o\u00f9 il \u00e9tait retenu depuis la Saint-Barth\u00e9lemy, qui abjure la religion catholique et reprend la t\u00eate des arm\u00e9es huguenotes. Fran\u00e7ois d\u2019Alen\u00e7on, propre fr\u00e8re du roi, se joint \u00e0 eux, prenant la t\u00eate du parti des Malcontents avec quelques princes catholiques.<\/p>\n<p>Le roi, qui a lutt\u00e9 contre les protestants du temps o\u00f9 il \u00e9tait duc d\u2019Anjou, se range aux c\u00f4t\u00e9s des Politiques (mod\u00e9r\u00e9s des deux camps).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Une guerre \u00e9trang\u00e8re est un mal bien plus doux que la civile.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"411\" class=\"cit-num\">411<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Michel de <span class=\"caps\">MONTAIGNE<\/span> (1533-1592),<em> Les Essais<\/em> (1580, premi\u00e8re \u00e9dition)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En cette fin de si\u00e8cle d\u00e9chir\u00e9 et d\u00e9cha\u00een\u00e9, Montaigne pr\u00f4ne la \u00ab\u00a0piti\u00e9\u00a0\u00bb, autrement dit la tol\u00e9rance, une vertu alors fort mal partag\u00e9e\u00a0! Latent depuis 1521, le conflit d\u00e9g\u00e9n\u00e8re en v\u00e9ritable guerre civile apr\u00e8s le massacre de Wassy en 1562 \u2013 surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0premi\u00e8re Saint-Barth\u00e9lemy\u00a0\u00bb. La France, qui a v\u00e9cu rien moins que onze guerres d\u2019Italie de\u00a01492 \u00e0\u00a01559, va subir, cette fois sur son territoire, huit guerres de Religion de\u00a01562 \u00e0\u00a01598\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne vaudrait-il pas mieux ou\u00efr cinq cents messes tous les jours que d\u2019allumer une guerre civile\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"553\" class=\"cit-num\">553<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Baron de <span class=\"caps\">ROQUELAURE<\/span> (1543-1625), \u00e0 Henri de Navarre, juillet\u00a01584. <em>Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> ou la France sauv\u00e9e<\/em> (1943), Marcel Reinhard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Ma\u00eetre de sa garde-robe\u00a0\u00bb, autrement dit combattant \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s, il \u00e9tait \u00e0 Moncontour avec le roi de Navarre (et sera dans le carrosse du roi de France, le jour du crime de Ravaillac). Protestant, il parle ainsi au nom de la raison. Mais neuf ann\u00e9es vont encore s\u2019\u00e9couler, avant la conversion d\u00e9finitive d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce sont eux [les mignons] qui \u00e0 la guerre ont \u00e9t\u00e9 les premiers aux assauts, aux batailles et aux escarmouches, et s\u2019il y avait deux coups \u00e0 recevoir ou \u00e0 donner, ils en voulaient avoir un pour eux, et mettaient la poussi\u00e8re ou la fange \u00e0 ces vieux capitaines qui causaient [raillaient] tant.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"559\" class=\"cit-num\">559<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BRANT\u00d4ME<\/span> (1540-1614). <em>Lexique des \u0153uvres de Brant\u00f4me<\/em> (1880), Ludovic Lalanne<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Abb\u00e9, homme de cour autant que de guerre, il d\u00e9fend ici, en t\u00e9moin, la r\u00e9putation des mignons du roi. Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> les couvrit de biens et d\u2019honneurs, ils furent en retour tr\u00e8s fid\u00e8les au roi et vaillants au combat.<\/p>\n<p>Michelet confirme dans son <em>Histoire de France<\/em>\u00a0: \u00ab\u00a0Puisque ce mot de mignon est arriv\u00e9 sous ma plume, je dois dire pourtant que je ne crois ni certain ni vraisemblable le sens que tous les partis, acharn\u00e9s contre Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>, s\u2019acharn\u00e8rent \u00e0 lui donner [\u2026] Plusieurs des pr\u00e9tendus mignons furent les premi\u00e8res \u00e9p\u00e9es de France.\u00a0\u00bb Ainsi, le duc Anne de Joyeuse qui meurt \u00e0 26\u00a0ans, \u00e0 la t\u00eate des ligueurs\u00a0: la bataille de Coutras (20\u00a0octobre 1587) est une victoire pour Henri de Navarre. Mais la Ligue bat un peu plus tard les protestants alli\u00e9s \u00e0 des mercenaires allemands et suisses \u2013 \u00e0 Vimory et Auneau.<\/p>\n<h3><span class=\"caps\">NAISSANCE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">MONARCHIE<\/span> <span class=\"caps\">ABSOLUE<\/span> (1589-1643)<\/h3>\n<h4>R\u00e8gne d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> (1589-1610)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> <br>Vive ce roi vaillant\u00a0!<br>Ce diable \u00e0 quatre <br>A le triple talent<br>De boire et de se battre<br>Et d\u2019\u00eatre un Vert Galant\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"605\" class=\"cit-num\">605<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Vive Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em>, chanson anonyme. <em>Chansons populaires du pays de France<\/em> (1903), Jean-Baptiste Weckerlin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce premier couplet est contemporain du roi. Au fil des si\u00e8cles, d\u2019autres s\u2019ajoutent, \u00e0 mesure qu\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> devient l\u2019un des mythes de l\u2019histoire de France.<\/p>\n<p>Le caract\u00e8re public des amours royales d\u00e9passe la m\u00e9diatisation qu\u2019en ferait aujourd\u2019hui la presse <em>people<\/em>. Que ce soit pour applaudir ou m\u00e9dire, pour dire la v\u00e9rit\u00e9 ou r\u00e9pandre la rumeur, les chansons et les pamphlets (souvent anonymes) sont les premiers m\u00e9dias populaires.<\/p>\n<p>L\u2019amour des femmes est quand m\u00eame le point faible du roi qui mettra en danger la paix du royaume pour litt\u00e9ralement courir apr\u00e8s sa derni\u00e8re ma\u00eetresse, Charlotte Marguerite de Montmorency\u00a0: elle a 15\u00a0ans, et lui 56. Mais Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> reste avant tout dans l\u2019Histoire comme chef de guerre et comme diplomate qui r\u00e9ussit \u00e0 mettre fin aux 38 ann\u00e9es de guerres de Religion qui divis\u00e8rent la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pends-toi, brave Crillon, nous avons combattu \u00e0 Arques et tu n\u2019y \u00e9tais pas.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"615\" class=\"cit-num\">615<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), Lettre \u00e0 Crillon. <em>Histoire de France depuis les temps les plus recul\u00e9s jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution<\/em> (1839), Louis-Pierre Anquetil<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0brave Crillon\u00a0\u00bb est l\u2019un des meilleurs capitaines de son temps. Il a d\u00e9j\u00e0 servi Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, Charles\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> et Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> \u2013 refusant cependant d\u2019assassiner le duc de Guise, mais d\u2019autres s\u2019en charg\u00e8rent. Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> le trouve \u00e0 ses c\u00f4t\u00e9s et l\u2019estime infiniment. Arques-la-Bataille (commune de Seine-Maritime, sur le fleuve Arques) doit son nom \u00e0 la victoire d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> sur les troupes pourtant plus nombreuses du duc de Mayenne, les 20 et 21 septembre 1589. C\u2019est Voltaire qui rend c\u00e9l\u00e8bre ce mot et ce billet royal.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ralliez-vous \u00e0 mon panache blanc, vous le trouverez au chemin de la victoire et de l\u2019honneur.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"616\" class=\"cit-num\">616<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0(1553-1610), \u00e0 ses compagnons, avant la bataille d\u2019Ivry, 14\u00a0mars 1590.<em> Histoire universelle<\/em> (posthume), Agrippa d\u2019Aubign\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0panache blanc\u00a0\u00bb entrera dans la l\u00e9gende et la commune de l\u2019Eure (pr\u00e8s de Chartres) prendra le nom d\u2019Ivry-la-Bataille. Les soldats semblent h\u00e9siter\u00a0: les troupes de la Ligue (ultra-catholique), command\u00e9es par le duc de Mayenne, sont trois fois sup\u00e9rieures en hommes et en armes.<\/p>\n<p>Le roi va trouver les gestes et les mots qu\u2019il faut. Il plante un panache de plumes blanches sur son casque et harangue ses troupes\u00a0: \u00ab\u00a0Mes compagnons, Dieu est pour nous, voici ses ennemis et les n\u00f4tres\u00a0! Voici votre roi\u00a0! Gardez bien vos rangs. Et si vous perdez enseignes, cornettes ou guidons, ce panache blanc que vous voyez en mon armet vous en servira, tant que j\u2019aurai goutte de sang. Suivez-le. Si vous le voyez reculer, je vous permets de fuir\u2026\u00a0\u00bb Et le roi charge en t\u00eate de ses hommes.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Vous avez fait, Sire, la plus brave folie qui se fit jamais. Vous avez jou\u00e9 le royaume sur un coup de d\u00e9s.\u00a0\u00bb Parole de Philippe duplessis-mornay, fid\u00e8le compagnon, mais aussi principal conseiller et ambassadeur du roi. Une victoire qui tient du miracle\u00a0! Mais les succ\u00e8s militaires effacent mal l\u2019\u00e9chec des deux si\u00e8ges de Paris\u00a0: Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> est un roi sans capitale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bons chiens reviennent toujours \u00e0 leur ma\u00eetre\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"618\" class=\"cit-num\">618<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0(1553-1610), 19\u00a0mars 1590.<em> La Chronique de Mantes<\/em> (1883), Alphonse Durand, Victor Eug\u00e8ne Grave<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Quand la ville de Mantes se rallie \u00e0 lui, le roi se r\u00e9jouit en ces termes toujours imag\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0Messieurs de Mantes, je n\u2019avais aucune inqui\u00e9tude de vous, car bons chiens\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans les Parlements de province et m\u00eame \u00e0 Paris, des magistrats de plus en plus nombreux se d\u00e9clarent pour le roi. Mantes (devenue tr\u00e8s vite Mantes-la-Jolie pour \u00e9viter la confusion avec Nantes) est un site strat\u00e9gique\u00a0: sur la Seine, \u00e0 moins de 50\u00a0km de la capitale. Le roi y installe son quartier g\u00e9n\u00e9ral.<\/p>\n<p>En mai, il recommence \u00e0 faire le si\u00e8ge de Paris. Le comit\u00e9 des Seize, \u00e9manation de la Ligue, y devient impopulaire par la terreur qu\u2019il fait r\u00e9gner. Au mois de juin, la famine aggrave la situation. Mais Philippe\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> d\u2019Espagne envoie le duc de Parme (Alexandre Farn\u00e8se) pour aider la ville \u00e0 tenir. D\u2019o\u00f9 un nouvel \u00e9quilibre des forces. Il semble que la solution ne puisse plus \u00eatre militaire. Pourtant la guerre continue, \u00e0 la fois civile et \u00e9trang\u00e8re.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait un grand homme de guerre et encore plus un grand homme de bien. On ne peut assez regretter qu\u2019un petit ch\u00e2teau ait fait p\u00e9rir un capitaine qui valait mieux que toute une province.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"619\" class=\"cit-num\">619<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), ao\u00fbt\u00a01591. <em>Mus\u00e9e des protestants c\u00e9l\u00e8bres<\/em> (1824), Guillaume Tell Doin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi vient d\u2019apprendre la mort de Fran\u00e7ois de La Noue, capitaine huguenot, frapp\u00e9 d\u2019une balle au front, alors qu\u2019il levait la visi\u00e8re de son heaume, au si\u00e8ge de Lamballe (C\u00f4tes-du-Nord), le 4\u00a0ao\u00fbt 1591. Son courage lui a valu le double surnom de Bayard protestant et de Bras de fer (bless\u00e9 en pleine guerre de Religion, amput\u00e9, appareill\u00e9, il continua de se battre jusqu\u2019\u00e0 ses 60\u00a0ans). Sa tol\u00e9rance, son sens de l\u2019honneur \u00e9taient tout aussi dignes d\u2019estime, aux yeux du roi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous voulons un Roi qui donnera ordre \u00e0 tout, et retiendra tous ces tyranneaux en crainte et en devoir\u00a0; qui ch\u00e2tiera les violents, punira les r\u00e9fractaires, exterminera les voleurs et pillards, retranchera les ailes aux ambitieux, fera rendre gorge \u00e0 ces \u00e9ponges et larrons des deniers publics, fera contenir un chacun aux limites de sa charge, et conservera tout le monde en repos et tranquillit\u00e9. Enfin, nous voulons un Roi pour avoir la paix.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"621\" class=\"cit-num\">621<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">PITHOU<\/span> (1539-1596), <em>Harangue de M. d\u2019Aubray<\/em>. <em>La Satire M\u00e9nipp\u00e9e<\/em> (1594)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s plus de quatre-vingts ann\u00e9es de guerres civiles et \u00e9trang\u00e8res, la France exprime sa lassitude et son rejet des fanatiques, catholiques ou protestants.<\/p>\n<p>Ce pamphlet politique, ouvrage collectif, revu et corrig\u00e9 par le jurisconsulte Pierre Pithou, est destin\u00e9 \u00e0 soutenir Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> \u00e0 la veille de la convocation des \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux de 1593. Il circule d\u2019abord sous le manteau, avant d\u2019\u00eatre \u00e9dit\u00e9 et de rencontrer un vrai succ\u00e8s populaire. C\u2019est d\u00fb aux id\u00e9es exprim\u00e9es, mais aussi \u00e0 la qualit\u00e9 litt\u00e9raire de l\u2019\u0153uvre. Le titre se r\u00e9f\u00e8re \u00e0 M\u00e9nippe, po\u00e8te et philosophe (dit) cynique du <span class=\"caps\">III<\/span>e\u00a0si\u00e8cle av.\u00a0J.-C., esclave affranchi, auteur d\u2019\u00e9crits bouffons, moiti\u00e9 en vers, moiti\u00e9 en prose, \u00e0 l\u2019origine d\u2019un genre appel\u00e9 \u00ab\u00a0satyre m\u00e9nipp\u00e9e\u00a0\u00bb. Seule reste celle dat\u00e9e de 1594, belle illustration de l\u2019esprit fran\u00e7ais, \u00e0 la fois gallican et rabelaisien.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0En ce temps [\u2026] la guerre \u00e9tant finie entre les hommes, commen\u00e7a celle des loups contre eux.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"644\" class=\"cit-num\">644<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de l\u2019<span class=\"caps\">ESTOILE<\/span> (1546-1611),<em> Journal in\u00e9dit du r\u00e8gne de Henry <span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (posthume, 1862)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce chroniqueur fran\u00e7ais tient son <em>Journal<\/em> durant les r\u00e8gnes d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span> et Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>. En juin\u00a01598, autour de Paris et en Normandie, \u00ab\u00a0on oyait parler d\u2019autre chose que femmes, enfants mang\u00e9s par les loups, pour ch\u00e2tier les p\u00e9ch\u00e9s des hommes\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voici le preux Henry, le monarque fran\u00e7ois,<br>\u00c0 qui Mars a c\u00e9d\u00e9 tout l\u2019honneur de la guerre,<br>Rien n\u2019importe qu\u2019ici tu n\u2019entendes sa voix<br>Quand le bruit de ses faits remplit toute la terre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"609\" class=\"cit-num\">609<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Quatrain sous une gravure d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> (1599). \u00ab\u00a0The Politics of Promiscuity\u00a0: Masculinity and Heroic Representation at the Court of Henry <span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0\u00bb, Katherine B.\u00a0Crawford, <em>French Historical Studies<\/em> (printemps 2003)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi est souvent repr\u00e9sent\u00e9 comme un chevalier de la Renaissance, galopant, \u00e9p\u00e9e point\u00e9e sur l\u2019ennemi. On le voit aussi en <em>imperator<\/em> romain couronn\u00e9 de lauriers, quand ce n\u2019est pas en Hercule gaulois ou en Atlas portant la Terre\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai saut\u00e9 sur des murailles de ville, je sauterai bien sur des barricades.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"645\" class=\"cit-num\">645<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span>\u00a0(1553-1610), D\u00e9claration au Parlement, 7\u00a0janvier 1599. <em>M\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France, Journal de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (posthume), Pierre de l\u2019Estoile<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le Parlement de Paris n\u2019a toujours pas approuv\u00e9 l\u2019\u00e9dit (de pacification) de Nantes, promulgu\u00e9 en avril 1598. Le roi fait pression devant lui pour obtenir la ratification, indispensable pour que l\u2019\u00e9dit ait force de loi dans le royaume\u00a0: \u00ab\u00a0Je couperai la racine \u00e0 toutes ces factions et \u00e0 toutes ces pr\u00e9dications s\u00e9ditieuses, faisant accourcir tous ceux qui les suscitent. J\u2019ai saut\u00e9 sur des murailles de villes, je sauterai bien sur des barricades. Ne m\u2019all\u00e9guez point la religion catholique\u00a0; je l\u2019aime plus que vous, je suis plus catholique que vous\u00a0: je suis le fils a\u00een\u00e9 de l\u2019\u00c9glise, nul de vous ne l\u2019est ni ne peut l\u2019\u00eatre. Vous vous abusez si vous pensez \u00eatre bien avec le pape\u00a0; j\u2019y suis mieux que vous. Quand je l\u2019entreprendrai, je vous ferai tous d\u00e9clarer h\u00e9r\u00e9tiques, pour ne vouloir pas ob\u00e9ir.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ce n\u2019est que le 25\u00a0f\u00e9vrier\u00a01599 que les parlementaires parisiens enregistrent l\u2019\u00e9dit, non sans en avoir ren\u00e9goci\u00e9 le texte qui passe de 95 \u00e0 92 articles. Les parlements de province le ratifient pour la plupart en 1600 et le parlement de Rouen ne c\u00e8de qu\u2019en 1609.<\/p>\n<p>La paix religieuse \u00e9tant r\u00e9tablie apr\u00e8s l\u2019\u00e9dit de Nantes, le roi va tenter de restaurer l\u2019autorit\u00e9 royale avec une d\u00e9termination imag\u00e9e qui est bien dans sa nature\u00a0: \u00ab\u00a0Je couperai la racine \u00e0 toutes les factions et \u00e0 toutes les pr\u00e9dications s\u00e9ditieuses.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La terreur de son nom [le roi] rendra nos villes fortes\u00a0:<br>On n\u2019en gardera plus ni les murs ni les portes,<br>Les veilles cesseront au sommet de nos tours\u00a0;<br>Le fer mieux employ\u00e9 cultivera la terre,<br>Et le peuple qui tremble aux frayeurs de la guerre,<br>Si ce n\u2019est pour danser, n\u2019orra plus de tambours.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"655\" class=\"cit-num\">655<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois de <span class=\"caps\">MALHERBE<\/span> (1555-1628),<em> Pri\u00e8re pour le roi Henri le Grand allant en Limousin<\/em> (1605)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces stances saluent Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> partant en Limousin pour y pr\u00e9sider les Grands Jours (session d\u2019un tribunal extraordinaire). L\u2019agitation nobiliaire continue et il va remettre au pas les vassaux du duc de Bouillon qui arment en secret.<\/p>\n<p>Cet hymne \u00e0 la paix est un po\u00e8me de commande\u00a0: Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, charm\u00e9, prend et gardera Malherbe comme po\u00e8te officiel. Quant \u00e0 Bouillon, prince souverain de la ville de Sedan, il se verra imposer une garnison royale (avril\u00a01606).<\/p>\n<h4>R\u00e8gne de Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> (1610-1643)<\/h4>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les quatre pieds carr\u00e9s du cabinet du roi me sont plus difficiles \u00e0 conqu\u00e9rir que tous les champs de bataille de l\u2019Europe.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"683\" class=\"cit-num\">683<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642). <em>La France de Richelieu<\/em> (1984), Michel Carmona<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Principal ministre de 1624 \u00e0 1642 et grand strat\u00e8ge militaire, il inaugure avec Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span> une forme de gouvernement unique dans l\u2019histoire\u00a0: le minist\u00e9riat. Le partage des r\u00f4les respecte les caract\u00e8res compl\u00e9mentaires des deux personnages et permet \u00e0 Richelieu de mettre ses exceptionnelles qualit\u00e9s au service de la France.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> n\u2019en reste pas moins jaloux de son autorit\u00e9. C\u2019est l\u2019homme des d\u00e9cisions brusques \u2013 de l\u2019assassinat de Concini aux barbes ras\u00e9es de ses officiers\u00a0! Sa m\u00e8re Marie de M\u00e9dicis en fera les frais \u2013 exil\u00e9e, emprisonn\u00e9e.<\/p>\n<p>Dans les derniers temps, le roi supporte mal l\u2019autorit\u00e9 d\u2019un ministre qu\u2019il a cess\u00e9 d\u2019aimer, mais il le soutient jusqu\u2019\u00e0 la mort \u2013 et ne lui survivra d\u2019ailleurs que quelques mois\u00a0: \u00ab\u00a0Vous m\u2019avez pour second\u00a0\u00bb, dit parfois le roi au cardinal.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Rendre \u00e0 la France les fronti\u00e8res que la nature lui a assign\u00e9es, confondre la Gaule avec la France et, partout o\u00f9 fut la Gaule antique, la reconstituer.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"601\" class=\"cit-num\">601<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642), <em>Testament politique<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On peut voir dans cette phrase l\u2019expression de la \u00ab\u00a0politique des fronti\u00e8res naturelles\u00a0\u00bb qui revient p\u00e9riodiquement dans l\u2019histoire de France. Elle n\u2019est certes pas syst\u00e9matique \u00e0 l\u2019\u00e9poque, m\u00eame si elle demeure \u00e0 l\u2019\u00e9tat latent dans les consciences. Au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, les fronti\u00e8res de la France \u00e0 l\u2019est sont trop voisines de Paris, de sorte que la capitale est menac\u00e9e en cas de conflit.<\/p>\n<p>Richelieu veut surtout occuper des points strat\u00e9giques importants, pour bloquer les routes de communication de l\u2019adversaire et pr\u00e9venir l\u2019invasion. Reste un handicap national dont il n\u2019est que trop conscient\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019y a pas de nation au monde si peu propre \u00e0 la guerre que la n\u00f4tre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"602\" class=\"cit-num\">602<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642), <em>Testament politique<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est sans doute l\u2019une des cons\u00e9quences de cette \u00ab\u00a0l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 ordinaire des Fran\u00e7ais\u00a0\u00bb qu\u2019il d\u00e9plore souvent. C\u2019est en tout cas la raison pour laquelle il va mener le plus longtemps possible une guerre \u00ab\u00a0couverte\u00a0\u00bb (non d\u00e9clar\u00e9e), avant de se lancer dans la guerre \u00ab\u00a0ouverte\u00a0\u00bb contre l\u2019Espagne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Comme il arrive beaucoup d\u2019inconv\u00e9nients au soldat qui ne porte pas toujours son \u00e9p\u00e9e, le Royaume qui n\u2019est pas toujours sur ses gardes [\u2026] a beaucoup \u00e0 craindre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"603\" class=\"cit-num\">603<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cardinal de <span class=\"caps\">RICHELIEU<\/span> (1585-1642), <em>Testament politique<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les deux fins de r\u00e8gne de cette p\u00e9riode (Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span>) sont plac\u00e9es sous le signe de l\u2019effort de guerre\u00a0: la guerre qui se pr\u00e9pare, imminente en 1609, et celle qui se m\u00e8ne \u00e0 partir de 1635 expliquent en partie l\u2019assassinat d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> et l\u2019extr\u00eame impopularit\u00e9 du cardinal.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Puisqu\u2019on refuse de me recevoir en France comme ambassadeur qui veut porter la paix, j\u2019y entrerai, malgr\u00e9 les Fran\u00e7ais, comme un g\u00e9n\u00e9ral qui porte la guerre\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"696\" class=\"cit-num\">696<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">BUCKINGHAM<\/span> (1592-1628). <em>George Villiers, duc de Buckingham<\/em> (1951), Philippe Erlanger<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Venu comme ambassadeur du roi d\u2019Angleterre, sa pr\u00e9sence est jug\u00e9e ind\u00e9sirable par Richelieu et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>. Le mariage d\u2019Henriette de France (s\u0153ur de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span>) avec Charles\u00a0Ier a scell\u00e9 l\u2019alliance de la France avec l\u2019Angleterre en 1625, mais celle-ci s\u2019inqui\u00e8te des projets commerciaux et maritimes de Richelieu et des grandes compagnies qu\u2019il veut installer un peu partout dans le monde. Elle d\u00e9clare la guerre \u00e0 la France en 1627, cependant qu\u2019Anglais et Rochelais concluent un pacte.<\/p>\n<p>Richelieu va profiter de cette occasion pour d\u00e9truire la puissance protestante qui s\u2019incarne en La Rochelle. Une escadre command\u00e9e par Buckingham doit se porter au secours de la citadelle, avec l\u2019intention de s\u2019emparer des \u00eeles de R\u00e9 et d\u2019Ol\u00e9ron.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous serons si fous que nous prendrons La\u00a0Rochelle\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"697\" class=\"cit-num\">697<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">BASSOMPIERRE<\/span> (1579-1646), \u00e9t\u00e9 1627.<em> Nouvelle collection des m\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de France\u00a0: depuis le xiiie\u00a0si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e<\/em> (1837), J.\u00a0Michaud, <span class=\"caps\">J. J. F.<\/span> Poujoulat<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avec les Grands toujours pr\u00eats \u00e0 comploter contre le roi, les protestants sont l\u2019autre source d\u2019anarchie dans le royaume. La\u00a0Rochelle est la plus forte des villes de s\u00fbret\u00e9 que leur a conc\u00e9d\u00e9es l\u2019\u00e9dit de Nantes et les Rochelais viennent de s\u2019allier aux Anglais, entr\u00e9s en guerre contre la France sur un pr\u00e9texte (diplomatique), et qui occupent l\u2019\u00eele de R\u00e9. La lutte entre pouvoir royal et puissance protestante se joue donc au si\u00e8ge de La\u00a0Rochelle qui commence le 10\u00a0ao\u00fbt 1627.<\/p>\n<p>Bassompierre, commandant un corps d\u2019arm\u00e9e, sait que la victoire renforcera le pouvoir de son rival\u00a0: Richelieu le soup\u00e7onne d\u2019intriguer contre lui et l\u2019embastillera douze ans. Mais le gentilhomme mar\u00e9chal a bien d\u2019autres folies \u00e0 son actif\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Prends ta foudre, Louis, et va comme un lion<br>Donner le dernier coup \u00e0 la derni\u00e8re t\u00eate<br>De la R\u00e9bellion.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"698\" class=\"cit-num\">698<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois de <span class=\"caps\">MALHERBE<\/span> (1555-1628), <em>Po\u00e9sies, Ode pour le roi<\/em> (1628)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La lutte entre pouvoir royal et puissance protestante, cet \u00ab\u00a0\u00c9tat dans l\u2019\u00c9tat\u00a0\u00bb toujours rebelle, se joue au si\u00e8ge de La\u00a0Rochelle. Paradoxe cruel, cette bataille risque d\u2019an\u00e9antir le premier port de France, principale place de course et d\u2019armement, atout majeur pour la politique maritime et coloniale du cardinal, et vrai motif de la guerre avec l\u2019Angleterre.<\/p>\n<p>Malgr\u00e9 tout, il faut prendre La\u00a0Rochelle. C\u2019est dans la logique d\u2019une monarchie qui se veut absolue.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pourvu qu\u2019il reste un homme pour fermer les portes, c\u2019est assez.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"699\" class=\"cit-num\">699<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean <span class=\"caps\">GUITON<\/span> (1585-1654), maire de La\u00a0Rochelle, \u00e0 la t\u00eate des assi\u00e9g\u00e9s. <em>Nouvelle Histoire de France<\/em> (1922), Albert Malet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Grand armateur, protestant convaincu, il va tenir un si\u00e8ge de quinze mois\u00a0: d\u2019ao\u00fbt\u00a01627 \u00e0 octobre\u00a01628. Richelieu a conduit personnellement les travaux pr\u00e9paratoires\u00a0: une ligne de 12\u00a0km de fortifications sur terre et une digue construite au large, pour emp\u00eacher le ravitaillement par la flotte anglaise.<\/p>\n<p>C\u2019est la famine qui acculera La\u00a0Rochelle \u00e0 la reddition. Jean Guiton, le maire exil\u00e9, sera bient\u00f4t nomm\u00e9 capitaine de vaisseau de la marine royale.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, ne soyez point courtois<br>\u00c0 ces rebelles Rochellois<br>Point de pardon\u00a0: il faut tout pendre\u00a0!<br>Vous m\u2019avez donn\u00e9 la maison<br>D\u2019un parpaillot. S\u2019il faut la rendre,<br>Je serai sot comme un oison.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"700\" class=\"cit-num\">700<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Les Rochellois<\/em>, chanson. <em>Annales<\/em> (1830), Soci\u00e9t\u00e9 acad\u00e9mique de Nantes et du d\u00e9partement de la Loire inf\u00e9rieure<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Malgr\u00e9 la tradition qui en fait un droit, le pillage est interdit, d\u2019o\u00f9 les murmures des vainqueurs d\u00e9sabus\u00e9s, entrant dans la ville le 1er\u00a0novembre 1628.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quinze mois de si\u00e8ge, les trois quarts des habitants ont p\u00e9ri (22\u00a0500 morts) et l\u2019on n\u2019ose pas f\u00eater cette am\u00e8re victoire des Fran\u00e7ais contre des Fran\u00e7ais. Fortifications ras\u00e9es, franchises municipales supprim\u00e9es\u00a0: la ville ne s\u2019en remettra pas de longtemps.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nul ne peut \u00e9galer l\u2019immortel Richelieu<br>Son esprit est divin soit en paix soit en guerre<br>Il s\u2019en parle partout comme d\u2019un demi-Dieu<br>Et lui seul peut suffire \u00e0 gouverner la terre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"704\" class=\"cit-num\">704<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexandrins illustrant une gravure de Le Blond.<em> Le Ch\u00e2teau de Richelieu\u00a0: <span class=\"caps\">XVII<\/span>e-<span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cles<\/em> (2009), Marie-Pierre Terrien, Philippe Dien<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Richelieu y figure \u00e0 cheval. L\u2019intelligence et l\u2019ambition du cardinal qui s\u2019est mis au service de la France sont incontestables. Mais ce style de po\u00e9sie fait naturellement partie de la propagande qui, avec la police, devient l\u2019un des moyens de gouverner.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce fou n\u2019a qu\u2019une id\u00e9e, abattre la maison d\u2019Autriche [\u2026] Il d\u00e9clenchera la guerre g\u00e9n\u00e9rale et les hordes de barbares se jetteront sur le trottoir fran\u00e7ais.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"705\" class=\"cit-num\">705<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pamphlet contre Richelieu. <em>Mazarin<\/em> (1972), Paul Guth<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En cette ann\u00e9e 1630, que d\u2019opposants \u00e0 la politique anti-habsbourgeoise de Richelieu\u00a0! Le tr\u00e8s catholique cardinal de B\u00e9rulle est mort (octobre\u00a01629), mais il reste le garde des Sceaux Michel de Marillac (farouchement antiprotestant et pr\u00f4nant la paix et l\u2019alliance avec l\u2019Espagne), le fr\u00e8re du roi Gaston d\u2019Orl\u00e9ans dit le Grand Monsieur qui est de tous les complots, la reine et la reine m\u00e8re, \u00e0 pr\u00e9sent tr\u00e8s hostile au cardinal et \u00e2me du parti d\u00e9vot.<\/p>\n<p>Richelieu, de son c\u00f4t\u00e9, paie des publicistes \u00e0 gages pour mener une propagande anti-espagnole incessante, d\u2019o\u00f9 une gu\u00e9rilla de libelles et de pamphlets. Impossible de ne pas faire le rapprochement avec les r\u00e9seaux sociaux et les fake-news.\u00a0<\/p>\n<p>\u00c0 dater de mai\u00a01631, <em>La Gazette<\/em>, hebdomadaire de Th\u00e9ophraste Renaudot, organe officieux du gouvernement, a pour but de r\u00e9duire les \u00ab\u00a0faux bruits qui servent souvent d\u2019allumettes aux mouvements et s\u00e9ditions intestines\u00a0\u00bb. Elle use de son monopole officiel pour diffuser les nouvelles et faire passer les articles transmis par le roi et Richelieu\u00a0: tirage moyen de 1\u00a0200 exemplaires, qui deviendront 12\u00a0000 au si\u00e8cle suivant. Organe officiel du ministre des Affaires \u00e9trang\u00e8res sous le nom de <em>Gazette de France<\/em> \u00e0 dater de 1762, cet anc\u00eatre de nos journaux para\u00eetra jusqu\u2019en 1915.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand les Fran\u00e7ais prendront Arras,<br>Les souris mangeront les chats.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"727\" class=\"cit-num\">727<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Message en deux octosyllabes, affich\u00e9 par les Espagnols sur une des portes de la ville d\u2019Arras, printemps 1640.<em> Nouvelle collection des m\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire de France\u00a0: depuis le <span class=\"caps\">XIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e<\/em> (1837), J.\u00a0Michaud, <span class=\"caps\">J. J. F.<\/span> Poujoulat<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019Artois (chef-lieu Arras), province r\u00e9unie \u00e0 la couronne sous Philippe Auguste, passa aux ducs de Bourgogne, puis aux Habsbourg d\u2019Espagne, par h\u00e9ritage.<\/p>\n<p>Le si\u00e8ge d\u2019Arras par les Fran\u00e7ais est un \u00e9pisode de la guerre de Trente Ans qui d\u00e9chire l\u2019Allemagne de 1618 \u00e0 1648. Richelieu intervient dans ce conflit, entrant en \u00ab\u00a0guerre ouverte\u00a0\u00bb contre l\u2019Espagne (alli\u00e9e de l\u2019Allemagne) en 1635. Il faut \u00e9viter l\u2019encerclement de la France par les possessions des Habsbourg. Les premi\u00e8res batailles sont des d\u00e9faites.<\/p>\n<p>Mais l\u2019arm\u00e9e r\u00e9organis\u00e9e, la flotte reconstitu\u00e9e, le concours assur\u00e9 d\u2019un des meilleurs g\u00e9n\u00e9raux du temps, Bernard de Saxe-Weimar (mort trop t\u00f4t, en 1639), vont permettre aux Fran\u00e7ais de regagner du terrain. Notons au passage l\u2019importance et la fr\u00e9quence des si\u00e8ges, dans la conduite de la guerre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand les Fran\u00e7ais rendront Arras<br>Les souris mangeront les chats.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"728\" class=\"cit-num\">728<\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><span id=\"&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\"><br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">\u00c9crit sur une des portes de la ville d\u2019Arras que les Fran\u00e7ais ont prise, le 9\u00a0ao\u00fbt\u00a01640. <em>Le Magasin pittoresque<\/em> (1839), \u00c9douard Charton<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On a seulement enlev\u00e9 le \u00ab\u00a0p\u00a0\u00bb, ce qui change tout.<\/p>\n<p>Cette victoire et quelques autres m\u00e8nent \u00e0 un renversement des forces en Europe, au b\u00e9n\u00e9fice de la France et au d\u00e9triment de l\u2019Empire d\u2019Allemagne et de l\u2019Espagne, donc de la puissante maison d\u2019Autriche (les Habsbourg).<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00ab\u00a0La guerre est la continuation de la politique par d\u2019autres moyens.\u00a0\u00bb Carl von CLAUSEWITZ (1780-1831), g\u00e9n\u00e9ral prussien, strat\u00e8ge et th\u00e9oricien, De la Guerre (1832) \u00ab\u00a0Il y a des guerres justes. Il n\u2019y a pas d\u2019arm\u00e9e juste.\u00a0\u00bb Andr\u00e9 MALRAUX (1901-1976), L\u2019Espoir (1937) Les hommes se font la guerre depuis la pr\u00e9histoire et les guerres antiques [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":108,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9926","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9926","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9926"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9926\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12158,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9926\/revisions\/12158"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9926"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9926"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9926"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}