{"id":9944,"date":"2024-03-18T00:00:00","date_gmt":"2024-03-17T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-chantant-de-la-gaule-a-louis-xiii\/"},"modified":"2025-08-12T08:42:59","modified_gmt":"2025-08-12T06:42:59","slug":"lhistoire-en-chantant-de-la-gaule-a-louis-xiii","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-chantant-de-la-gaule-a-louis-xiii\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en chantant (de la Gaule \u00e0 Louis XIII)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Chaque \u00e9poque donne le ton, d\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ce r\u00e9sum\u00e9 chantant qui alterne \u00e0 l\u2019infini comique et tragique, populaire et po\u00e9tique, avec une dose de fantaisie propre \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Quelques constantes en font l\u2019originalit\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>Le <strong>peuple<\/strong> est le premier acteur de cette histoire, qu\u2019il s\u2019exprime dans le r\u00e9pertoire des traditionnelles chansons populaires ou dans le registre patriotique des chants de guerre. Mais ballades et chansons de geste furent aussi \u00e0 la mode, en leur temps.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Beaucoup de titres sont <strong>anonymes<\/strong>, \u00e0 commencer par les quelque 6 500 mazarinades chant\u00e9es sous la Fronde\u00a0contre Mazarin qui bat tous les records d\u2019impopularit\u00e9. De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, \u00ab\u00a0en France et sous nos rois, la chanson fut longtemps la seule opposition possible\u00a0; on d\u00e9finissait le gouvernement d\u2019alors comme une monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons.\u00a0\u00bb (Eug\u00e8ne Scribe). Cet anonymat perdure bien apr\u00e8s la R\u00e9volution, aussi longtemps qu\u2019il y aura censure, au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle et au-del\u00e0. Dernier cas, <em>le D\u00e9serteur<\/em> pendant la guerre d\u2019Indochine (1954), mais\u00a0le texte est sign\u00e9 (Boris Vian et Serge Reggiani).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La chanson sous toutes ses formes reste malgr\u00e9 tout un espace de libert\u00e9 d\u2019expression et refl\u00e8te<strong> l\u2019opinion publique<\/strong>, bien avant la grande presse cr\u00e9\u00e9e au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, les sondages n\u00e9s \u00e0 la veille de la Seconde Guerre mondiale et les r\u00e9seaux sociaux, inventions de notre si\u00e8cle.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La <strong>R\u00e9volution<\/strong> est toujours la \u00ab\u00a0grande \u00e9poque\u00a0\u00bb de l\u2019Histoire (en chantant, en citations et en g\u00e9n\u00e9ral). Deux \u00ab\u00a0tubes\u00a0\u00bb sont n\u00e9s\u00a0: <em>la Marseillaise<\/em> et le<em> \u00c7a ira<\/em>. Leur petite histoire vous r\u00e9serve des surprises\u2026 Surprise aussi de trouver <em>Il pleut, il pleut berg\u00e8re<\/em>, entre quelques dizaines de titres de circonstance \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La <strong>Commune<\/strong> de Paris, autre paroxysme h\u00e9ro\u00efque, nous offre l\u2019Internationale au destin historique mondial\u2026 et <em>le Temps des cerises<\/em> au sens rest\u00e9 myst\u00e9rieux.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Les <strong>guerres<\/strong> sont toujours tr\u00e8s chant\u00e9es \u00e0 divers titres et sur divers tons. Signalons un doublon \u00ab\u00a0bon enfant\u00a0\u00bb avec la <em>Madelon<\/em>, deux versions, 1914 et 1918, confondues par Clemenceau lui-m\u00eame,\u00a0 charg\u00e9 de d\u00e9corer l\u2019auteur de la seconde\u2026<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019apparition des chansons et des <strong>chanteurs engag\u00e9s<\/strong> donne un tout autre ton \u00e0 la Quatri\u00e8me et la Cinqui\u00e8me R\u00e9publiques. C\u2019est l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la chanson fran\u00e7aise et l\u2019embarras du choix grandit avec quelques \u00ab\u00a0standards\u00a0\u00bb incontournables des<em> protest songs<\/em> venus d\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, quelques surprises. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des Ferr\u00e9, Ferrat, Brel, Brassens et autres artistes engag\u00e9s \u00e0 divers propos (peine de mort, racisme, homophobie, \u00e9migration, \u00e9cologie, anarchie, f\u00e9minisme\u2026), on d\u00e9couvre Johnny Halliday avec un titre tout \u00e0 son honneur et \u00e0 celui de son auteur (Philippe Labro).<\/p>\n<p>Plus d\u2019une centaine de vid\u00e9os YouTube servent d\u2019illustration sonore \u00e0 cette <em>Histoire en chantant.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-1-64.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4><span class=\"caps\">GAULE<\/span> <span class=\"caps\">ET<\/span> <span class=\"caps\">MOYEN<\/span> <span class=\"caps\">\u00c2GE<\/span><\/h4>\n<p>Chansons populaires\u2026 et premiers chefs d\u2019\u0153uvre litt\u00e9raires.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nos anc\u00eatres les Gaulois<br>Cheveux blonds et t\u00eates de bois<br>Longues moustaches et gros dadas<br>Ne connaissaient que ce refrain-l\u00e0<br><em>Refrain.<\/em><br>Faut rigoler Faut rigoler<br>Avant qu\u2019le ciel nous tomb\u203a sur la t\u00eate<br>Faut rigoler Faut rigoler<br>Pour emp\u00eacher le ciel de tomber\u2026\u00a0\u00bb<span id=\".\" class=\"cit-num\">.<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Henri <span class=\"caps\">SALVADOR<\/span> (1917-2008), chanteur et compositeur de <em>Faut rigoler<\/em> (1958), paroles de Boris <span class=\"caps\">VIAN<\/span> (1920-1959)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Pu95cOJEaLk\" target=\"_blank\">\u00c9coutez la chanson\u00a0<em>Faut rigoler<\/em> sur Yoube<\/a><\/p>\n<p>Cette chanson rigolarde retrouve un nouveau souffle sur Tiktok, ayant d\u00e9j\u00e0 fait une belle carri\u00e8re.<\/p>\n<p>Henri Salvador et Boris Vian avaient coutume d\u2019\u00e9crire des chansons ensemble, de fa\u00e7on rapide, Henri Salvador improvisant au piano, et Boris Vian r\u00e9digeant les textes. La chanson na\u00eet un jour de 1958, alors que Henri Salvador raconte que, enfant, un de ses professeurs aux Antilles lui parlait de \u00ab\u00a0nos anc\u00eatres les Gaulois\u00a0\u00bb, ce qu\u2019il trouve dr\u00f4le. \u00c0 partir de ce souvenir, la chanson est \u00e9crite en une demi-heure, le refrain se r\u00e9f\u00e9rant \u00e0 une citation connue\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne craignons rien, sinon que le ciel ne tombe sur nos t\u00eates.\u00a0\u00bb Un guerrier gaulois \u00e0 Alexandre le Grand, 335 av.\u00a0J.-C. Fi\u00e8re r\u00e9plique adress\u00e9e au h\u00e9ros mythique de l\u2019Antiquit\u00e9, histoire de prouver que les Gaulois ne craignent v\u00e9ritablement rien, ni personne. La chanson \u00e9voque d\u2019autres faits historiques av\u00e9r\u00e9s\u00a0:<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Nos anc\u00eatres les Gaulois \/ Habitaient des huttes en bois \/ Et les druides trois par trois<br>Sous le gui chantaient \u00e0 pleine voix \/ Faut rigoler \/ Faut rigoler \/ Avant qu\u2019le ciel nous tomb\u203a sur la t\u00eate<br>Faut rigoler\u00a0: Faut rigoler \/ Pour emp\u00eacher le ciel de tomber<br>Nos anc\u00eatres les Gaulois \/ Prirent la pile \u00e0 Al\u00e9sia \/ Les barbares \u00e9taient l\u00e0 <br>Mais tant pis pour Jules dirent les Gaulois \/ Faut rigoler \/ Faut rigoler<br>Avant qu\u2019le ciel nous tomb\u203a sur la t\u00eate \/ Faut rigoler \/ Faut rigoler \/ Pour emp\u00eacher le ciel de tomber\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais la palme de l\u2019humour gaulois revient certainement \u00e0 <em>Ast\u00e9rix<\/em>, bande dessin\u00e9e cr\u00e9\u00e9e en 1959 par Ren\u00e9 Goscinny (sc\u00e9nariste) et Albert Uderzo (dessinateur) dans le premier num\u00e9ro du journal <em>Pilote<\/em>. En 50 av. J.-C., peu apr\u00e8s la conqu\u00eate romaine, un petit village gaulois d\u2019Armorique continue la lutte contre l\u2019envahisseur, gr\u00e2ce \u00e0 une potion magique pr\u00e9par\u00e9e par un druide et donnant une force surhumaine \u00e0 quiconque en boit. Le guerrier Ast\u00e9rix et le livreur de menhirs Ob\u00e9lix sont charg\u00e9s par le village de d\u00e9jouer les plans des Romains et d\u2019aller soutenir quiconque sollicite de l\u2019aide contre la R\u00e9publique romaine.<\/p>\n<p>Publi\u00e9e dans <em>Pilote<\/em> de 1959 \u00e0 1973, \u00e9dit\u00e9e parall\u00e8lement en album cartonn\u00e9, la s\u00e9rie survit \u00e0 la mort\u00a0 de ses cr\u00e9ateurs\u00a0: les ventes cumul\u00e9es des albums, traduits dans plus de 120 langues et dialectes, passent la barre des 400 millions d\u2019exemplaires \u2013 bande dessin\u00e9e la plus vendue au monde apr\u00e8s le manga <em>One Piece<\/em>. L\u2019humour parodie la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise contemporaine \u00e0 travers ses st\u00e9r\u00e9otypes et ses r\u00e9gionalismes, ainsi que des traditions et coutumes embl\u00e9matiques de pays \u00e9trangers. Comique de r\u00e9p\u00e9tition, dessin semi-r\u00e9aliste, adaptation au cin\u00e9ma et exploitation en produits d\u00e9riv\u00e9s ont rendu les Gaulois \u00e0 jamais populaires. On les retrouve naturellement en chansons.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voici la ronde des jurons<br>Qui chantaient clair, qui dansaient rond<br>Quand les Gaulois<br>De bon aloi<br>Du franc-parler suivaient la loi<br>Jurant par-l\u00e0<br>Jurant par-ci<br>Jurant \u00e0 langue raccourcie<br>Comme des grains de chapelet <br>Les joyeux jurons d\u00e9filaient\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">BRASSENS<\/span> (1921-1981), auteur, compositeur, interpr\u00e8te (<span class=\"caps\">ACI<\/span>) de <em>la Ronde des jurons<\/em> (1958)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=juM7_gr_KKs\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>la Ronde des jurons<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Brassens est l\u2019un des <span class=\"caps\">ACI<\/span> de l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la chanson fran\u00e7aise et nous le retrouverons \u00e0 la fin de<em> l\u2019Histoire en chantant<\/em>, parmi la longue liste des chanteurs engag\u00e9s.<\/p>\n<p>Ici, c\u2019est le parolier qui joue de sa guitare sur la gamme populaire, entre provoc et porno. Il y en a pour tous les go\u00fbts et toutes les \u00e9poques. \u00c7a commence par les Gaulois, mais Henri <span class=\"caps\">IV<\/span>, paillard et bon vivant, aura naturellement sa part, comme tous les jureurs de l\u2019Histoire, avec \u2026<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u2026 Tous les morbleus, tous les ventrebleus \/ Les sacrebleus et les cornegidouilles<br>Ainsi, parbleu, que les jarnibleus \/ Et les palsambleus<br>Tous les cristis, les ventres saint-gris<br>Les par ma barbe et les noms d\u2019une pipe \/ Ainsi, pardi, que les sapristis \/ Et les sacristis<br>Sans oublier les jarnicotons \/ Les scrogneugneus et les bigr\u2019s et les bougr\u2019s <br>Les saperlottes, les cr\u00e9nom de nom \/ Les pestes, et pouah, diantre, fichtre et foutre<br>Tous les Bon Dieu \/ Tous les vertudieux \/ Tonnerr\u203a de Brest et saperlipopette<br>Ainsi, pardieu, que les jarnidieux \/ Et les pasquedieux\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le bon roi Dagobert <br>A mis sa culotte \u00e0 l\u2019envers\u00a0;<br>Le grand saint \u00c9loi <br>Lui dit\u00a0: \u00d4 mon roi\u00a0!<br>Votre Majest\u00e9 <br>Est mal culott\u00e9e.<br>C\u2019est vrai, lui dit le roi, <br>Je vais la remettre \u00e0 l\u2019endroit.\u00a0\u00bb<span id=\",\" class=\"cit-num\">,<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Bon Roi Dagobert<\/em>, chanson populaire, immortalisant Dagobert Ier (602\/605 \u2013 19 janvier 638 ou 639)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Rien moins que 24 couplets \u00e0 cette chanson parodique et anonyme qui s\u2019enrichit au fil de l\u2019Histoire, n\u00e9e sous l\u2019Ancien R\u00e9gime sur un air de chasse, <em>La Fanfare du grand cerf.<\/em><\/p>\n<p>Pour l\u2019heure (m\u00e9di\u00e9vale), elle met en sc\u00e8ne le dernier M\u00e9rovingien ayant effectivement r\u00e9gn\u00e9 dans un ordre et une prosp\u00e9rit\u00e9 relative, aid\u00e9 de son principal conseiller, saint \u00c9loi (vers 588\u2013660), \u00e9v\u00eaque de Noyon. Sans pr\u00e9tendre \u00e0 la v\u00e9rit\u00e9 historique, elle \u00e9voque la l\u00e9gende d\u2019un roi si distrait qu\u2019il avait l\u2019habitude de mettre ses culottes (pantalons) \u00e0 l\u2019envers. Bon vivant et populaire, il riait de sa propre personne. \u00c0 sa mort (vers 36 ans), le royaume franc sera de nouveau partag\u00e9 et menac\u00e9 d\u2019anarchie par la faiblesse des derniers M\u00e9rovingiens rest\u00e9s dans l\u2019histoire sous le nom de \u00ab\u00a0rois fain\u00e9ants\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Dagobert est surtout connu au travers de cette chanson parodique jusqu\u2019\u00e0 la R\u00e9volution. La chanson se moque alors du roi Louis <span class=\"caps\">XVI<\/span>, r\u00e9put\u00e9 distrait, ind\u00e9cis\u2026 assur\u00e9ment tr\u00e8s pieux et menac\u00e9 par les \u00ab\u00a0\u00e9v\u00e9nements qu\u2019il maitrise mal. \u00ab\u00a0Le bon roi Dagobert \/ Se battait \u00e0 tort, \u00e0 travers\u00a0; \/ Le grand saint \u00c9loi \/ Lui dit\u00a0: \u00d4 mon roi\u00a0! \/ Votre Majest\u00e9 \/ Se fera tuer. \/ C\u2019est vrai, lui dit le roi, \/ Mets-toi bien vite devant moi\u2026 Quand Dagobert mourut, \/ Le diable aussit\u00f4t accourut\u00a0; \/ Le grand saint \u00c9loi \/ Lui dit\u00a0: \u00d4 mon roi\u00a0! \/ Satan va passer, \/ Faut vous confesser. \/ H\u00e9las, lui dit le roi, \/ Ne pourrais-tu mourir pour moi\u00a0?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Apr\u00e8s la premi\u00e8re abdication et l\u2019exil de Napol\u00e9on \u00e0 l\u2019\u00eele d\u2019Elbe, les royalistes reprirent la quinzi\u00e8me strophe\u00a0: \u00ab\u00a0Le bon roi Dagobert \/ Voulait conqu\u00e9rir l\u2019univers\u00a0; \/ Le grand saint \u00c9loi\u00a0: Lui dit\u00a0: \u00d4 mon roi\u00a0! \/ Voyager si loin \/ Donne du tintouin. \/ C\u2019est vrai, lui dit le roi, \/ Il vaudrait mieux rester chez soi.\u00a0\u00bb\u00a0<\/p>\n<p>Interdite pendant le retour de Napol\u00e9on sous les Cent-Jours, les paroles furent ensuite associ\u00e9es \u00e0 Louis <span class=\"caps\">XVIII<\/span> sous la seconde Restauration, puis Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> sous le Second Empire. Sous la Troisi\u00e8me R\u00e9publique, Charles P\u00e9guy lui ajouta de nombreux couplets. Sous la Quatri\u00e8me, Charles Trenet en a tir\u00e9 une version personnelle interpr\u00e9t\u00e9e par Les Compagnons de la chanson. Sous la Cinqui\u00e8me, Colette Renard en donne une version paillarde en 1963.<\/p>\n<p>De nos jours, elle est simplement consid\u00e9r\u00e9e comme une chanson enfantine, mais toujours populaire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Qui a eu cette id\u00e9e folle <br>Un jour d\u2019inventer l\u2019\u00e9cole (bis)<br>C\u2019est ce sacr\u00e9 Charlemagne<br>Sacr\u00e9 Charlemagne<br>De nous laisser dans la vie<br>Que les dimanch\u2019s les jeudis (bis)<br>C\u2019est ce sacr\u00e9 Charlemagne<br>Sacr\u00e9 Charlemagne<br>Ce fils de P\u00e9pin le Bref<br>Nous donn\u203a beaucoup d\u2019ennuis\u2026\u00a0\u00bb<span id=\";\" class=\"cit-num\">;<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">France <span class=\"caps\">GALL<\/span> (1947-2018), jeune interpr\u00e8te de <em>Sacr\u00e9 Charlemagne<\/em>, paroles de Robert Gall sur une musique de Georges Liferman (1964)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=CYkZwwAPxW4\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>Sacr\u00e9 Charlemagne<\/em> sur Youtube<\/a><\/p>\n<p>C\u2019est ce qu\u2019on appelle \u00ab\u00a0un tube\u00a0\u00bb national qui lance une nouvelle \u00ab\u00a0idole\u00a0\u00bb avec 2 millions d\u2019exemplaires vendus, devenant un succ\u00e8s international jusqu\u2019en Turquie et au Japon. C\u2019est le temps du y\u00e9-y\u00e9 cher aux baby-boomers. La tr\u00e8s jeune chanteuse enregistre le titre (paternel) \u00e0 contrec\u0153ur, avant d\u2019inspirer dans un tout autre genre Michel Berger, son futur mari. Elle doit aussi beaucoup \u00e0 Serge Gainsbourg et \u00e0 l\u2019Eurovision\u00a0: <em>Poup\u00e9e de cire, poup\u00e9e de son<\/em> (1965). Deux noms que nous retrouverons au dernier \u00e9pisode de l\u2019Histoire en chantant.<\/p>\n<p>Revenons au <em>Sacr\u00e9 Charlemagne<\/em> de la chanson. Comme souvent, il y a un fond de v\u00e9rit\u00e9 historique. Charles (qui n\u2019est encore que roi des Francs) place en 782 son grand ami et conseiller Alcuin \u00e0 la t\u00eate de l\u2019\u00ab\u00a0\u00e9cole palatine\u00a0\u00bb (en latin<em> schola palatii<\/em>) d\u2019Aix-la-Chapelle. C\u2019est un complexe scolaire o\u00f9 l\u2019\u00e9lite franque faisait instruire ses enfants, des \u00e9tudes primaires jusqu\u2019aux sup\u00e9rieures \u2013 \u00e0 distinguer de l\u2019\u00ab\u00a0acad\u00e9mie palatine\u00a0\u00bb, petit c\u00e9nacle autour du souverain. \u00ab\u00a0Passionn\u00e9 pour la science, il eut toujours en v\u00e9n\u00e9ration et comblait de toutes sortes d\u2019honneurs ceux qui l\u2019enseignaient.\u00a0\u00bb T\u00e9moignage d\u2019\u00c9ginhard (vers 830).<\/p>\n<p>Ainsi Charlemagne m\u00e8ne-t\u2019il une v\u00e9ritable politique culturelle, au point que l\u2019on parle alors d\u2019une \u00ab\u00a0Renaissance carolingienne\u00a0\u00bb. Lui-m\u00eame est fort savant, quoique autodidacte, ayant appris la rh\u00e9torique, la dialectique, le grec, le latin, l\u2019astronomie\u00a0; il compose m\u00eame une grammaire de la langue franque. Se fondant sur une remarque d\u2019\u00c9ginhard, mal traduite (du latin) et mal comprise, certains vulgarisateurs ont pr\u00e9tendu qu\u2019il savait \u00e0 peine \u00e9crire. En r\u00e9alit\u00e9, cette remarque signifie que m\u00eame \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9, l\u2019empereur s\u2019exer\u00e7ait \u00e0 la calligraphie, pour atteindre cette perfection propre aux scribes\u2026 avec lesquels il ne put cependant rivaliser.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Chanson de Roland [\u2026] est le plus ancien monument de notre nationalit\u00e9 [\u2026] Ce n\u2019est pas seulement la po\u00e9sie fran\u00e7aise qu\u2019on voit na\u00eetre avec ce po\u00e8me. C\u2019est la France elle-m\u00eame.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"95\" class=\"cit-num\">95<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis <span class=\"caps\">PETIT<\/span> de <span class=\"caps\">JULLEVILLE<\/span> (1841-1900), l\u2019un des traducteurs de la <em>Chanson de Roland<\/em> (anonyme)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019escarmouche entre les Vascons (Basques) et l\u2019arri\u00e8re-garde de l\u2019arm\u00e9e de Charlemagne va donner naissance, trois si\u00e8cles et demi plus tard, \u00e0 la premi\u00e8re chanson de geste en (vieux) fran\u00e7ais, po\u00e8me \u00e9pique de quelque 4 000 vers maintes fois traduits, et c\u00e9l\u00e8bre bien au-del\u00e0 de la France. C\u2019est aussi la plus c\u00e9l\u00e8bre, pour sa qualit\u00e9 litt\u00e9raire et pour l\u2019importance des faits relat\u00e9s.<\/p>\n<p>Passage h\u00e9ro\u00efque, celui o\u00f9 le preux Roland refuse de sonner du cor, ce que lui conseille le sage Olivier, pr\u00e9f\u00e9rant se battre et risquer la mort, plut\u00f4t que d\u2019alerter Charlemagne et de trouver le d\u00e9shonneur. \u00ab\u00a0Olivier dit\u00a0: \u00ab\u00a0Les pa\u00efens viennent en force,\u00a0\/ Et nos Fran\u00e7ais, il me semble qu\u2019ils sont bien peu.\u00a0\/ Roland, mon compagnon, sonnez donc votre cor\u00a0:\u00a0\/ Charles l\u2019entendra et l\u2019arm\u00e9e reviendra.\u00a0\u00bb\u00a0\/ Roland r\u00e9pond\u00a0: \u00ab\u00a0Ce serait une folie\u00a0!\u00a0\/ En douce France j\u2019en perdrais ma gloire.\u00a0\/ Aussit\u00f4t, de Durendal, je frapperai de grands coups\u00a0;\u00a0\/ Sa lame en saignera jusqu\u2019\u00e0 la garde d\u2019or.\u00a0\/ Les pa\u00efens f\u00e9lons ont eu tort de venir aux cols\u00a0:\u00a0\/ Je vous le jure, tous sont condamn\u00e9s \u00e0 mort.\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais Roland va p\u00e9rir avec son compagnon et toute l\u2019arri\u00e8re-garde des Francs. Charlemagne le vengera en battant les pa\u00efens (Sarrasins) avec l\u2019aide de Dieu. Le tra\u00eetre Gamelon, beau-fr\u00e8re de Charlemagne et beau-p\u00e8re de Roland, qui a organis\u00e9 le guet-apens par jalousie, sera jug\u00e9, condamn\u00e9 \u00e0 mort et supplici\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De deux maux, on doit toujours choisir le moindre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"194\" class=\"cit-num\">194<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GUILLAUME<\/span> de Tud\u00e8le (fin <span class=\"caps\">XII<\/span>e-d\u00e9but <span class=\"caps\">XIII<\/span>e si\u00e8cle), Chanson de la croisade albigeoise. <em>La Chanson de la croisade contre les Albigeois<\/em> (posthume, 1879), commenc\u00e9e par Guillaume de Tud\u00e8le et continu\u00e9e par un po\u00e8te anonyme<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le go\u00fbt du combat et du martyre n\u2019est pas donn\u00e9 \u00e0 tous. Ainsi, les gens de Castelsarrasin se rendirent aux crois\u00e9s venus les assi\u00e9ger (ao\u00fbt\u00a01212), empruntant aux bourgeois d\u2019Agen ce pr\u00e9cepte devenu proverbe\u00a0: <em>\u00ab\u00a0Dels dos mals, le mens mal deu om tots temps trier.\u00a0\u00bb<\/em><\/p>\n<p>De nombreux seigneurs locaux, priv\u00e9s de leurs biens, font mine de se soumettre. On les appelle \u00ab\u00a0faydits\u00a0\u00bb \u2013 fuyards ou d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s, en langue d\u2019oc. D\u2019autres se joignent aux h\u00e9r\u00e9tiques, et c\u2019est aussi une mani\u00e8re de se rebeller contre Philippe Auguste, ce roi cap\u00e9tien dont l\u2019autorit\u00e9 n\u2019est pas encore reconnue.<\/p>\n<p>La politique se m\u00eale plus que jamais \u00e0 la religion au Moyen \u00c2ge, la confusion est immense, la situation s\u2019aggrave. Les b\u00fbchers succ\u00e8dent aux massacres, pour le plus grand malheur du Midi de la France qui en garde aujourd\u2019hui encore la m\u00e9moire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Seigneurs, sachez\u00a0: qui or ne s\u2019en ira<br>En cette terre o\u00f9 Dieu fut mort et vif,<br>Et qui la croix d\u2019outre-mer ne prendra<br>Grand-peine aura \u00e0 gagner paradis.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"212\" class=\"cit-num\">212<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">THIBAUD<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1201-1253), comte de Champagne, <em>Seigneurs sachiez qui or ne s\u2019en ira<\/em>, chant de croisade. <em>Troubadours et trouv\u00e8res<\/em> (1960), France Igly<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Kgk-WVvUOoM\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>Seigneurs sachiez qui or ne s\u2019en ira<\/em> sur Youtube<\/a><\/p>\n<p>Guerrier aux c\u00f4t\u00e9s de Louis\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span> le Lion contre les Anglais et en croisade contre les Albigeois, Thibaud prit la t\u00eate de la premi\u00e8re r\u00e9volte des barons voulant emp\u00eacher Blanche de Castille de faire sacrer trop vite son fils (1226). Mais il s\u2019est bient\u00f4t soumis au jeune roi et ralli\u00e9 \u00e0 la r\u00e9gente. Il en est m\u00eame passionn\u00e9ment \u00e9pris et compose des po\u00e8mes d\u2019amour courtois qu\u2019il expose, sur les murs de ses palais\u00a0!<\/p>\n<p>Trouv\u00e8re le plus r\u00e9put\u00e9 de son temps, surnomm\u00e9 Thibaud le Chansonnier et salu\u00e9 par Dante dans sa<em> Divine Com\u00e9die,<\/em> il compose cette chanson pour la septi\u00e8me croisade men\u00e9e par le tr\u00e8s pieux Louis\u00a0<span class=\"caps\">IX<\/span> (futur Saint-Louis). Tr\u00e8s pieux lui-m\u00eame, il participa auparavant \u00e0 une nouvelle croisade des barons (1239) qui r\u00e9cup\u00e9ra une partie du royaume de J\u00e9rusalem au cours de la sixi\u00e8me croisade.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Temps de douleur et de tentation.<br>\u00c2ge de pleur, d\u2019envie et de tourment.<br>Temps de langueur et de damnation.<br>\u00c2ge mineur, pr\u00e8s du d\u00e9finement.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"264\" class=\"cit-num\">264<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eustache <span class=\"caps\">DESCHAMPS<\/span> (vers 1346-vers 1406), <em>Ballade du temps pr\u00e9sent. Histoire de la France\u00a0: dynasties et r\u00e9volutions, de 1348 \u00e0 1852<\/em> (1987), Georges Duby, Jacqueline Beaujeu-Garnier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9cuyer, magistrat, diplomate et po\u00e8te prolixe (quelque 80\u00a0000 vers \u00e0 son actif), il reste comme l\u2019inventeur de la ballade\u00a0: po\u00e8me m\u00e9di\u00e9val \u00e0 forme fixe, compos\u00e9 de trois couplets et d\u2019une demi-strophe appel\u00e9e envoi, chacune \u00e9tant termin\u00e9e par un vers refrain qui rappelle la forme chant\u00e9e des origines. Eustache Deschamps est du moins l\u2019un des meilleurs pr\u00e9curseurs du genre.<\/p>\n<p>Il \u00e9voque ici en quatre vers les horreurs de cette \u00ab\u00a0guerre de Cent Ans\u00a0\u00bb qui va ravager la France, \u00e0 partir de 1337 et pendant plus d\u2019un si\u00e8cle. C\u2019est l\u2019une des p\u00e9riodes les plus sombres de l\u2019histoire. Et la guerre n\u2019est pas seule en cause. Au d\u00e9but du <span class=\"caps\">XIV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle r\u00e9apparaissent des probl\u00e8mes qu\u2019on croyait r\u00e9gl\u00e9s\u00a0: \u00e9pid\u00e9mies mortelles (dipht\u00e9rie, oreillons, scarlatine), disettes ou famines. \u00c0 la veille de la peste noire (1348), les historiens parlent d\u2019un monde plein, suite \u00e0 plusieurs si\u00e8cles de croissance d\u00e9mographique, comme si l\u2019Europe arrivait \u00e0 une certaine saturation\u2026 On revient alors au niveau d\u00e9mographique de l\u2019an 1000.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Paix est tr\u00e9sor qu\u2019on ne peut trop louer.<br>Je hais guerre, point ne doit la priser.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"266\" class=\"cit-num\">266<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles d\u2019<span class=\"caps\">ORL\u00c9ANS<\/span> (1394-1465), <em>Ballade<\/em>, vers 1430. <em>Histoire de la langue fran\u00e7aise jusqu\u2019\u00e0 la fin du <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (1881), Arthur Loiseau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce prince, petit-fils de Charles\u00a0V et p\u00e8re du futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XII<\/span>, prisonnier \u00e0 Azincourt en 1415, demeura vingt-cinq ans captif en Angleterre, faute de pouvoir payer sa ran\u00e7on\u00a0! \u00ab\u00a0Les chansons les plus fran\u00e7aises que nous ayons furent \u00e9crites par Charles d\u2019Orl\u00e9ans. Notre B\u00e9ranger du <span class=\"caps\">XV<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, tenu si longtemps en cage, n\u2019en chanta que mieux\u00a0\u00bb (Jules Michelet, <em>Histoire de France<\/em>).<\/p>\n<p>Ces vers disent un d\u00e9sir de paix qui se retrouve dans les deux camps et dans toutes les classes de la population. Apr\u00e8s la reconqu\u00eate d\u2019une partie de la France anglaise (Nord et Centre), Charles\u00a0<span class=\"caps\">VII<\/span> et le duc de Bourgogne, r\u00e9concili\u00e9s, signent la paix d\u2019Arras (1435). Ce renversement des alliances ram\u00e8ne l\u2019espoir dans le pays. Paris est repris en avril\u00a01436, et le roi y fait une \u00ab\u00a0joyeuse entr\u00e9e\u00a0\u00bb, le 12\u00a0novembre 1437.<\/p>\n<p>Mais la paix d\u2019Arras laisse \u00ab\u00a0sans emploi\u00a0\u00bb les bandes de mercenaires bourguignons. Voici revenu le temps des Grandes Compagnies, des routiers, et des \u00e9corcheurs qui s\u00e8ment le d\u00e9sordre et la terreur. Une \u00e9pid\u00e9mie de peste d\u00e9cime la population, puis c\u2019est la famine. Et la guerre de Cent Ans avec les Anglais n\u2019est pas finie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bois ton sang, Beaumanoir, la soif te passera.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"293\" class=\"cit-num\">293<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Chevalier Geoffroy de <span class=\"caps\">BOVES<\/span>, ou du <span class=\"caps\">BOIS<\/span> (<span class=\"caps\">XIV<\/span>e si\u00e8cle), \u00e0 Jean de Beaumanoir, bless\u00e9 au combat, mars\u00a01351. <em>Ballade de la bataille des Trente<\/em>, chanson de geste anonyme, <em>Histoire de la litt\u00e9rature fran\u00e7aise<\/em> (1905), \u00c9mile Faguet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un \u00e9pisode de la guerre de Succession de Bretagne, qui relance les hostilit\u00e9s franco-anglaises. Depuis la mort de Jean <span class=\"caps\">III<\/span> de Bretagne, deux princes se disputent le duch\u00e9\u00a0: Jean de Montfort (son demi-fr\u00e8re) soutenu par le roi d\u2019Angleterre et Charles de Blois (mari\u00e9 \u00e0 sa ni\u00e8ce), propre neveu du roi de France et naturellement soutenu par lui.<\/p>\n<p>Le combat des Trente oppose trente Fran\u00e7ais, command\u00e9s par le baron de Beaumanoir, et une troupe compos\u00e9e de trente Anglais, Allemands et Bretons, command\u00e9e par Bemborough, capitaine anglais. Froissart relate ce fait d\u2019armes \u00ab\u00a0moult merveilleux\u00a0\u00bb, c\u2019est surtout un carnage qui va durer tout un jour.<\/p>\n<p>Quand Beaumanoir, suant sang et eau, s\u2019arr\u00eate pour demander \u00e0 boire, l\u2019adversaire lui fait cette r\u00e9ponse cinglante, et telle est sa col\u00e8re que la soif lui passe et la force lui revient. La victoire reste aux Fran\u00e7ais (six morts, contre neuf Anglais) et la Bretagne \u00e0 la France. Apr\u00e8s la prise de Calais et le d\u00e9sastre de Cr\u00e9cy, c\u2019est une revanche sur l\u2019ennemi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00c0 ceux qui travaillaient la terre,<br>La terre doit appartenir,<br>R\u00e9compense \u00e0 la vie aust\u00e8re<br>D\u2019un illustre peuple martyr\u00a0:<br>Et de baraques en baraques<br>Se lev\u00e8rent les paysans,<br>Les va-nu-pieds, les artisans,<br>Les rudes gars qu\u2019on nommait Jacques.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"301\" class=\"cit-num\">301<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">VACHER<\/span> (1842-1897), chanson \u00e9voquant la Jacquerie de 1358. <em>Voix d\u2019en bas\u00a0: la po\u00e9sie ouvri\u00e8re du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle<\/em> (1979), Edmond Thomas<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ardent r\u00e9publicain sous le Second Empire, il cr\u00e9era le premier Caveau st\u00e9phanois en 1869, lieu de po\u00e9sie, de chansons et d\u2019expression libre, avant de s\u2019enr\u00f4ler en 1870, comme franc-tireur r\u00e9publicain. Une rue de Saint-\u00c9tienne porte son nom.<\/p>\n<p>Fils de paysan et lui-m\u00eame artisan menuisier, il \u00e9voque le m\u00e9contentement du \u00ab\u00a0petit peuple\u00a0\u00bb dans les campagnes au Moyen \u00c2ge. Les paysans ont d\u00e9j\u00e0 d\u00fb payer l\u2019\u00e9quipement de leurs seigneurs qui se firent battre \u00e0 Cr\u00e9cy, puis \u00e0 Poitiers. Il faut \u00e0 pr\u00e9sent donner pour leur ran\u00e7on. D\u00e9cim\u00e9s il y a dix ans par la peste noire et la famine, les voil\u00e0 maintenant pill\u00e9s par les bandes anglo-navarraises, comme par les soldats du dauphin Charles.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vainqueur de gens et conqu\u00e9reur de terre, <br>Le plus vaillant qui onques fut en vie,<br>Chacun pour vous doit noir v\u00eatir et querre [chercher].<br>Pleurez, pleurez, fleur de la chevalerie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"315\" class=\"cit-num\">315<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eustache <span class=\"caps\">CESCHAMPS<\/span> (vers 1346-vers 1406),<em> Ballade sur le tr\u00e9pas de Bertrand Du Guesclin<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Du Guesclin, capitaine breton promu conn\u00e9table de France, incarna le sentiment patriotique naissant durant la Guerre de Cent Ans.<\/p>\n<p>D\u2019une laideur remarquable et d\u2019une brutalit\u00e9 qui fit la honte de sa famille, il gagna le respect de la noblesse, par son courage, sa force et sa ruse, pour devenir le type du parfait chevalier, h\u00e9ros populaire dont po\u00e8mes et chansons c\u00e9l\u00e8brent les hauts faits. Cette ballade est l\u2019\u0153uvre la plus connue d\u2019Eustache Deschamps.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mais o\u00f9 sont les neiges d\u2019antan\u00a0? [\u2026]<br>Et Jeanne la bonne Lorraine<br>Qu\u2019Anglais br\u00fbl\u00e8rent \u00e0 Rouen\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"350\" class=\"cit-num\">350<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Fran\u00e7ois <span class=\"caps\">VILLON<\/span> (vers 1431-1463), <em>Le Grand Testament, Ballade des dames du temps jadis<\/em> (1462)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=Cg7YNNRKuhE\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>Le Grand Testament, Ballade des dames du temps jadis<\/em> sur Youtube<\/a><\/p>\n<p>Un des premiers po\u00e8tes \u00e0 lui rendre hommage est Villon, n\u00e9 (vraisemblablement) l\u2019ann\u00e9e de sa mort.<\/p>\n<p>Georges Brassens mettra en musique cette ballade en 1953, fascin\u00e9 par ce po\u00e8te du Moyen \u00c2ge plus que par Jeanne et autres dames\u00a0: \u00ab\u00a0Villon me plaisait par son apparence, par ce qu\u2019on disait de lui, parce qu\u2019il avait failli \u00eatre pendu. Et puis, il vivait en marge de la soci\u00e9t\u00e9. J\u2019ai toujours \u00e9t\u00e9 hant\u00e9 par cette id\u00e9e de marge. J\u2019ai v\u00e9cu avec Villon pendant deux ann\u00e9es. Je ne lisais que \u00e7a. J\u2019\u00e9tais devenu lui.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>, gagne-petit, je t\u2019aime, curieux homme.<br>Cher marchand de marrons, que tu sus bien tirer les marrons de Bourgogne.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"276\" class=\"cit-num\">276<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">FORT<\/span> (1872-1960), <em>Ballades fran\u00e7aises<\/em> (1898)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0prince des po\u00e8tes\u00a0\u00bb donne ce raccourci des relations entre Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> et son cousin le duc de Bourgogne, Charles le T\u00e9m\u00e9raire\u00a0: \u00e0 sa mort, il rattachera son duch\u00e9 \u00e0 la couronne de France. Le duc qui d\u00e9testait ce roi le surnomma (vers 1470) l\u2019\u00ab\u00a0universelle aragne\u00a0\u00bb (araign\u00e9e).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai vu le roi d\u2019Angleterre <br>Amener son grand ost [arm\u00e9e]<br>Pour la fran\u00e7aise terre <br>Conqu\u00e9rir bref et tost [vite].<br>Le roi, voyant l\u2019affaire, <br>Si bon vin leur donna<br>Que l\u2019autre, sans rien faire, <br>Content, s\u2019en retourna.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"381\" class=\"cit-num\">381<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Chanson qui met en sc\u00e8ne \u00c9douard\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> et Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span>, \u00e9t\u00e9 1475. <em>Histoire de la France\u00a0: dynasties et r\u00e9volutions, de 1348 \u00e0 1852<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La joie des Fran\u00e7ais \u00e9clate et comme souvent, la chanson dit vrai\u00a0: Louis\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> r\u00e9gala \u00ab\u00a0son cousin\u00a0\u00bb \u00c9douard\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> de bonne ch\u00e8re \u00e0 Picquigny, apr\u00e8s avoir saoul\u00e9 de bonnes barriques et gav\u00e9 de bonnes viandes qui donnent envie de boire l\u2019arm\u00e9e anglaise, en attente de ravitaillement. Cela fait aussi partie de la diplomatie \u00e0 la fran\u00e7aise.<\/p>\n<p>Il n\u2019en fallait pas plus, et pas moins, pour sceller la nouvelle entente des deux rois et des deux pays. \u00c9douard\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, qui a renonc\u00e9 \u00e0 son alliance avec le T\u00e9m\u00e9raire, rembarque avec son arm\u00e9e. Et l\u2019Angleterre est rendue \u00e0 sa vocation insulaire \u2013 elle garde seulement Calais et d\u00e9fendra cette citadelle anglaise jusqu\u2019en 1558.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-76.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">RENAISSANCE<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">ET<\/span> <span class=\"caps\">GUERRES<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">RELIGION<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">M\u00e9c\u00e9nat et patriotisme po\u00e9tique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le Grec vanteur la Gr\u00e8ce vantera<br>Et l\u2019Espagnol l\u2019Espagne chantera<br>L\u2019Italien les Itales fertiles,<br>Mais moi, Fran\u00e7ois, la France aux belles villes.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"388\" class=\"cit-num\">388<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre de <span class=\"caps\">RONSARD<\/span> (1524-1585), <em>Hymne de France<\/em> (1555-1556)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le jeune \u00ab\u00a0\u00e9cuyer d\u2019\u00e9curie\u00a0\u00bb entre dans la carri\u00e8re des lettres. L\u2019\u00e9loge de la France est un th\u00e8me classique, l\u2019expression d\u2019un sentiment national profond, sensible en d\u2019autres lieux, mais sans doute plus intense en cette terre b\u00e9nie des dieux, faite d\u2019\u00e9quilibre et de charme, et qui inspirera, le danger revenu avec les guerres \u00e9trang\u00e8res et civiles, des chansons d\u00e9j\u00e0 patriotiques et les <em>Discours<\/em> enflamm\u00e9s d\u2019une litt\u00e9rature engag\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sonnez, trompettes et clairons <br>Pour r\u00e9jouir les compagnons<br>Bruyez bombardes et canons <br>Donnez des horions,<br>Tous gentils compagnons <br>Suivez, frappez, tuez.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"440\" class=\"cit-num\">440<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cl\u00e9ment <span class=\"caps\">JANEQUIN<\/span> (1485-1558), <em>La Guerre, Chanson de Marignan<\/em>, 1515. <em>Histoire de la France\u00a0: dynasties et r\u00e9volutions, de 1348 \u00e0 1852<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=1TjR3W_O1pk\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>La Guerre, Chanson de Marignan<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Le patriotisme pr\u00e9c\u00e8de le mot m\u00eame de patrie\u00a0: sous la Renaissance, il inspire d\u2019innombrables hymnes et odes \u00e0 la France, sign\u00e9s des plus grands po\u00e8tes du temps, \u00e0 commencer par Ronsard. Mais il \u00e9clate aussi dans les chansons qui accompagnent chaque haut fait des arm\u00e9es fran\u00e7aises.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Bataille de g\u00e9ants\u00a0\u00bb, selon t\u00e9moins et chroniqueurs, Marignan est \u00e9galement un carnage (toujours selon les crit\u00e8res de l\u2019\u00e9poque)\u00a0: 14\u00a0000 Suisses tu\u00e9s, 2\u00a0500 Fran\u00e7ais et V\u00e9nitiens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0H\u00e9las, La Palice est mort <br>Il est mort devant Pavie<br>H\u00e9las\u00a0! s\u2019il n\u2019\u00e9tait pas mort <br>Il serait encore en vie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"454\" class=\"cit-num\">454<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Mort de La Palice<\/em>, chanson anonyme de 1525. <em>Revue de la Renaissance<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> (1903), L\u00e9on S\u00e9ch\u00e9<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=aH-VT_eMPjM\">\u00c9coutez <em>La Mort de La Palice<\/em> sur Youtube<\/a><\/p>\n<p>Cette chanson populaire a une longue histoire.<\/p>\n<p>\u00c0 l\u2019origine, elle c\u00e9l\u00e8bre la vaillance de Jacques\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de Chabannes, seigneur de La Palice, chambellan du roi, mar\u00e9chal de France, h\u00e9ros de toutes les grandes batailles des guerres d\u2019Italie depuis Fornoue, avec Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span>. Parcours comparable \u00e0 celui de Bayard, mort un an plus t\u00f4t, couvrant la retraite de l\u2019arm\u00e9e fran\u00e7aise, honor\u00e9 et pleur\u00e9 m\u00eame par ses ennemis.<\/p>\n<p>Bravoure \u00e9gale de La Palice, chant\u00e9e par les Fran\u00e7ais\u00a0: \u00ab\u00a0Un quart d\u2019heure avant sa mort\u00a0\/ Il faisait encore envie\u00a0\u00bb, ou bien, autre version\u00a0: \u00ab\u00a0Un quart d\u2019heure avant sa mort\u00a0\/ Il \u00e9tait encore en vie\u00a0\u00bb, c\u2019est-\u00e0-dire plein de courage, jusqu\u2019\u00e0 sa derni\u00e8re heure.<\/p>\n<p>Ce n\u2019est qu\u2019au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle qu\u2019on d\u00e9forme le sens de ces vers, pour n\u2019en retenir que la na\u00efvet\u00e9 et en faire une \u00ab\u00a0lapalissade\u00a0\u00bb, injustement associ\u00e9e au nom du seigneur de La Palice.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quatre grosses b\u00eates <br>Font un huguenot<br>Calvin fait la t\u00eate <br>Et Luther le dos<br>Marot fait les pattes <br>Et B\u00e8ze le trou du cul <br>Lanturlu\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"471\" class=\"cit-num\">471<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Quatre grosses b\u00eates<\/em> (ou<em> Contre les Huguenots<\/em>), chanson satirique anonyme contre quatre protestants c\u00e9l\u00e8bres.<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le langage peu polic\u00e9 n\u2019est que la r\u00e9ponse aux injures des protestants. Mais le texte met dans le m\u00eame sac quatre personnages fort diff\u00e9rents\u00a0!<\/p>\n<p>Calvin devient le \u00ab\u00a0pape de Gen\u00e8ve\u00a0\u00bb, faisant de cette ville le centre intellectuel de la R\u00e9forme d\u2019o\u00f9 il va diriger l\u2019\u00c9glise des r\u00e9form\u00e9s de France. Th\u00e9odore de B\u00e8ze, son disciple, lui succ\u00e8de \u00e0 sa mort, en 1564. Luther fut le grand initiateur de la R\u00e9forme, par ses 95 th\u00e8ses affich\u00e9es en 1517 sur les portes du ch\u00e2teau de Wittenberg, pour d\u00e9noncer la vente des indulgences. Marot enfin, gentil po\u00e8te et courtisan, a d\u00e9j\u00e0 connu la prison pour avoir \u00ab\u00a0mang\u00e9 le lard\u00a0\u00bb en Car\u00eame, et s\u2019est retrouv\u00e9 sur la liste des 52 suspects apr\u00e8s l\u2019affaire des Placards. Il s\u2019exile, demande pardon au roi dans une \u00e9p\u00eetre, puis abjure le protestantisme, pour revenir en gr\u00e2ce \u00e0 la cour, si n\u00e9cessaire \u00e0 sa joie de vivre. Mais le Parlement de Paris s\u00e9vit de nouveau contre lui, apr\u00e8s la publication de textes jug\u00e9s luth\u00e9riens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le beau prince d\u2019Orange<br>Est mort et enterr\u00e9,<br>J\u2019l\u2019ai vu porter en terre<br>Par quatre cordeliers.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"476\" class=\"cit-num\">476<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Prince d\u2019Orange<\/em>, chanson anonyme. <em>Histoire de la France\u00a0: dynasties et r\u00e9volutions, de 1348 \u00e0 1852<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=RIcu8XEKDPw\">\u00c9coutez <em>Le Prince d\u2019Orange<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>La maison de Nassau (duch\u00e9 d\u2019Allemagne) acquit en 1530 la principaut\u00e9 d\u2019Orange, en France (actuel d\u00e9partement du Vaucluse). Ren\u00e9 de Nassau, prince d\u2019Orange et capitaine de Charles Quint, meurt devant Saint-Dizier qui r\u00e9siste aux Imp\u00e9riaux, en 1544. Cet \u00e9pisode de la cinqui\u00e8me guerre entre Fran\u00e7ois\u00a0Ier et Charles Quint est l\u2019occasion de couplets c\u00e9l\u00e9brant la mort d\u2019un ennemi.<\/p>\n<p>Au <span class=\"caps\">XVIII<\/span>e si\u00e8cle, il en na\u00eetra, sur le m\u00eame timbre et le m\u00eame th\u00e8me, l\u2019un des plus populaires refrains dans l\u2019histoire de la chanson\u00a0: <em>Malbrough s\u2019en-va-t-en guerre.<\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dans le ch\u00e2teau de Rambouillet,<br>Le roi Fran\u00e7ois s\u2019y tr\u00e9passait [\u2026]<br>Par quoi chantons \u00e0 haute voix<br>Vive Henri, roi des Fran\u00e7ois\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"478\" class=\"cit-num\">478<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson nouvelle compos\u00e9e sur les regrets du tr\u00e9passement du Tr\u00e8s Chr\u00e9tien Roi de France<\/em>, 1547.<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9matur\u00e9ment vieilli \u00e0 52\u00a0ans, apr\u00e8s trente-deux ans de r\u00e8gne, Fran\u00e7ois\u00a0Ier, dit le Roi chevalier ou le Roi guerrier, meurt\u00a0: d\u2019une fistule tuberculeuse ou du \u00ab\u00a0mal de Naples\u00a0\u00bb\u00a0? Les historiens en d\u00e9battent encore.<\/p>\n<p>La duchesse d\u2019\u00c9tampes, ma\u00eetresse du roi devenue tr\u00e8s influente ces derni\u00e8res ann\u00e9es, doit partir et laisser seule en la place Diane de Poitiers, favorite du nouveau \u00ab\u00a0roi des Fran\u00e7ois\u00a0\u00bb, Henri\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Adieu, charmant pays de France,<br>Que je dois tant ch\u00e9rir\u00a0;<br>Berceau de mon heureuse enfance,<br>Adieu\u00a0! Te quitter, c\u2019est mourir.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"497\" class=\"cit-num\">497<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857),<em> Chansons, Adieux de Marie Stuart<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce po\u00e8te et chansonnier, trois si\u00e8cles plus tard, c\u00e9l\u00e8bre l\u2019infortun\u00e9e reine d\u2019\u00c9cosse et de France devenue aussi l\u2019h\u00e9ro\u00efne d\u2019un drame en vers de Schiller, en 1800.<\/p>\n<p>Fianc\u00e9e \u00e0 Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> quand il n\u2019est que dauphin, \u00e9lev\u00e9e en France, elle devient l\u2019une des princesses les plus cultiv\u00e9es du si\u00e8cle, et reine de France en 1559. Veuve \u00e0 18\u00a0ans, apr\u00e8s un trop court r\u00e8gne, en 1561, elle doit regagner l\u2019\u00c9cosse \u2013 pays de son p\u00e8re le roi Jacques V, jadis alli\u00e9 de la France. Voulant imposer \u00e0 la fois son catholicisme et son autorit\u00e9, elle vit dans la tourmente des r\u00e9voltes presbyt\u00e9riennes et doit se r\u00e9fugier en Angleterre. Elle y reste dix-huit ans prisonni\u00e8re de sa rivale politique et religieuse, \u00c9lisabeth Ire\u00a0qui finit par la faire ex\u00e9cuter \u2013 Marie n\u2019a alors que 37\u00a0ans.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand ce dur printemps je vois<br>Je connais toute malheuret\u00e9 au monde<br>Je ne vois que toute erreur et horreur<br>Courir ainsi que fait l\u2019onde.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"557\" class=\"cit-num\">557<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Chanson du Printemps retourn\u00e9<\/em> (vers 1586). Anonyme<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson reprend le po\u00e8me c\u00e9l\u00e8bre de Ronsard\u00a0: \u00ab\u00a0Quand ce beau printemps je vois\u2026\u00a0\u00bb Et elle d\u00e9tourne les vers. C\u2019en est fini de ce temps (qui n\u2019\u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pas si calme). La Ligue s\u00e8me le vent et va r\u00e9colter la temp\u00eate, cependant que la litt\u00e9rature s\u2019apitoie sur la France \u00e0 nouveau d\u00e9chir\u00e9e.<\/p>\n<h4><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-2-76.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/h4>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\"><span class=\"caps\">NAISSANCE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LA<\/span> <span class=\"caps\">MONARCHIE<\/span> <span class=\"caps\">ABSOLUE<\/span><\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">Chansonn\u00e9e \u00e0 plaisir sous Henri <span class=\"caps\">IV<\/span> et Louis <span class=\"caps\">XIII<\/span><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> <br>Vive ce roi vaillant\u00a0!<br>Ce diable \u00e0 quatre <br>A le triple talent<br>De boire et de se battre<br>Et d\u2019\u00eatre un Vert Galant\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"605\" class=\"cit-num\">605<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Vive Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em>, chanson anonyme. <em>Chansons populaires du pays de France<\/em> (1903), Jean-Baptiste Weckerlin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=9DNcuZxQ7Kc\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>Vive Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Ce premier couplet est contemporain du roi. Au fil des si\u00e8cles, d\u2019autres s\u2019ajoutent, \u00e0 mesure qu\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> devient l\u2019un des mythes de l\u2019histoire de France. Au <span class=\"caps\">XXVIII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle, le culte du bon roi Henri atteint son apog\u00e9e. <em>La Partie de chasse d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span><\/em> (1774), pi\u00e8ce de Charles Coll\u00e9 qui reprend la chanson, triomphe apr\u00e8s les foudres de la censure \u2013 la comparaison se fait fatalement au d\u00e9savantage de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> qui n\u2019est plus le Bien-Aim\u00e9, en fin de r\u00e8gne.<\/p>\n<p>Quant au caract\u00e8re public des amours royales, il d\u00e9passe la m\u00e9diatisation qu\u2019en fait aujourd\u2019hui la presse <em>people<\/em>. Que ce soit pour applaudir ou m\u00e9dire, pour dire la v\u00e9rit\u00e9 ou r\u00e9pandre la rumeur, les chansons et les pamphlets (souvent anonymes) sont les premiers m\u00e9dias populaires.<\/p>\n<p>L\u2019amour des femmes est quand m\u00eame le point faible du roi, qui mettra en danger la paix du royaume pour litt\u00e9ralement courir apr\u00e8s sa derni\u00e8re ma\u00eetresse, Charlotte Marguerite de Montmorency\u00a0: elle a 15\u00a0ans, et lui 56.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Charmante Gabrielle,<br>Perc\u00e9 de mille dards<br>Quand la gloire m\u2019appelle<br>Sous les drapeaux de Mars<br>Cruelle d\u00e9partie<br>Malheureux jour<br>Que ne suis-je sans vie<br>Ou sans amour\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"608\" class=\"cit-num\">608<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">HENRI<\/span> <span class=\"caps\">IV<\/span> (1553-1610), Chanson,<em> Charmante Gabrielle. Le\u00e7ons et mod\u00e8les de litt\u00e9rature fran\u00e7aise<\/em> (1836), P.-F. Tissot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette chanson royale n\u2019est sans doute pas une le\u00e7on ni un mod\u00e8le de litt\u00e9rature fran\u00e7aise \u2013 Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> ne se pose pas en grand rimeur et le m\u00e9c\u00e9nat artistique sous son r\u00e8gne est plut\u00f4t le fait de la reine, Marie de M\u00e9dicis.<\/p>\n<p>La charmante Gabrielle (d\u2019Estr\u00e9es) est la pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e de ses ma\u00eetresses. Il lui fait trois enfants (l\u00e9gitim\u00e9s) et songe m\u00eame \u00e0 l\u2019\u00e9pouser, quand elle meurt subitement, en 1599. Le roi si mal mari\u00e9 (apr\u00e8s annulation de son premier mariage avec Marguerite de Valois, dite la reine Margot) aura eu bien d\u2019autres ma\u00eetresses\u00a0: Fran\u00e7oise de Montmorency, Jacqueline de Bueil, Charlotte des Essarts, Henriette d\u2019Entragues parmi les plus c\u00e9l\u00e8bres.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0H\u00e9las, ma pauvre barbe, qui est-ce qui t\u2019a faite ainsi\u00a0?<br>C\u2019est le grand roi Louis,<br>Treizi\u00e8me du nom,<br>Qui toute a esbarb\u00e9 sa maison.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"677\" class=\"cit-num\">677<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Barbe \u00e0 la royale<\/em>, chanson. <em>Historiettes\u00a0: m\u00e9moires pour servir \u00e0 l\u2019histoire du <span class=\"caps\">XVII<\/span>e\u00a0si\u00e8cle<\/em> (posthume, 1834), Tallemant des R\u00e9aux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On plaisante sur ce nouveau coup d\u2019autorit\u00e9 du roi, qui s\u2019affirme ainsi, parfois, dans les petites choses. Dans ses <em>Historiettes<\/em>, le m\u00e9morialiste rapporte qu\u2019\u00ab\u00a0un jour, le roi coupa la barbe \u00e0 quelques officiers, ne leur laissant \u00e0 la l\u00e8vre sup\u00e9rieure qu\u2019un petit bouquet nomm\u00e9 royale\u00a0\u00bb. La barbiche est bien visible, sur les portraits de l\u2019\u00e9poque, notamment ceux de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> et de Richelieu.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, ne soyez point courtois<br>\u00c0 ces rebelles Rochellois<br>Point de pardon\u00a0: il faut tout pendre\u00a0!<br>Vous m\u2019avez donn\u00e9 la maison<br>D\u2019un parpaillot. S\u2019il faut la rendre,<br>Je serai sot comme un oison.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"700\" class=\"cit-num\">700<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Les Rochellois<\/em>, chanson. <em>Annales<\/em> (1830), Soci\u00e9t\u00e9 acad\u00e9mique de Nantes et du d\u00e9partement de la Loire inf\u00e9rieure<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Malgr\u00e9 la tradition qui en fait un droit, le pillage est interdit, d\u2019o\u00f9 les murmures des vainqueurs d\u00e9sabus\u00e9s, entrant dans la ville, le 1er\u00a0novembre 1628.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quinze mois de si\u00e8ge, les trois quarts des habitants ont p\u00e9ri (22\u00a0500 morts) et l\u2019on n\u2019ose pas f\u00eater cette am\u00e8re victoire des Fran\u00e7ais contre des Fran\u00e7ais. Fortifications ras\u00e9es, franchises municipales supprim\u00e9es\u00a0: la ville ne s\u2019en remettra pas de longtemps.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous avons un Dauphin, <br>Le bonheur de la France,<br>Rions, buvons sans fin <br>\u00c0 l\u2019heureuse naissance.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"725\" class=\"cit-num\">725<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">AMANT<\/span> (1594-1661),<em> La Naissance de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1638), chanson. <em>Des chansons populaires chez les anciens et chez les Fran\u00e7ais<\/em> (1867), Charles Nisard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La naissance d\u2019un enfant royal est toujours une occasion de f\u00eates pour le peuple. Quand c\u2019est un fils, attendu depuis plus de vingt ans, l\u2019\u00e9v\u00e9nement est salu\u00e9 par une explosion de joie, ce 5\u00a0septembre 1638\u00a0: \u00ab\u00a0Ce n\u2019\u00e9tait rien que jeux, feux et lanternes\u00a0\/ On couchait dans les tavernes [\u2026] On fit un si grand feu\u00a0\/ Qu\u2019on eut en grande peine\u00a0\/ \u00c0 sauver la Samaritaine\u00a0\/ Et d\u2019emp\u00eacher de br\u00fbler la Seine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Et toujours chantant, le peuple pr\u00e9dit\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsque ce Dieu-Donn\u00e9\u00a0\/ Aura pris sa croissance\u00a0\/ Il sera couronn\u00e9\u00a0\/ Le plus grand roi de France.\u00a0\/ L\u2019Espagne, l\u2019empereur et l\u2019Italie,\u00a0\/ Le Croate et le roi d\u2019Hongrie\u00a0\/ En mourront de peur et d\u2019envie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Chaque \u00e9poque donne le ton, d\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ce r\u00e9sum\u00e9 chantant qui alterne \u00e0 l\u2019infini comique et tragique, populaire et po\u00e9tique, avec une dose de fantaisie propre \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais.Quelques constantes en font l\u2019originalit\u00e9. Le peuple est le premier acteur de cette histoire, qu\u2019il s\u2019exprime dans le r\u00e9pertoire des traditionnelles chansons populaires ou [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":208,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9944","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9944","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9944"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9944\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12574,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9944\/revisions\/12574"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9944"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9944"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9944"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}