{"id":9992,"date":"2024-05-20T00:00:00","date_gmt":"2024-05-19T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/lhistoire-en-chantant-deuxieme-republique-et-second-empire\/"},"modified":"2025-08-12T08:42:58","modified_gmt":"2025-08-12T06:42:58","slug":"lhistoire-en-chantant-deuxieme-republique-et-second-empire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/lhistoire-en-chantant-deuxieme-republique-et-second-empire\/","title":{"rendered":"L\u2019Histoire en chantant (Deuxi\u00e8me R\u00e9publique et Second Empire)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<p>Chaque \u00e9poque donne le ton, d\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ce r\u00e9sum\u00e9 chantant qui alterne \u00e0 l\u2019infini comique et tragique, populaire et po\u00e9tique, avec une dose de fantaisie propre \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Quelques constantes en font l\u2019originalit\u00e9.<\/p>\n<ul>\n<li>\n<p>Le <strong>peuple<\/strong> est le premier acteur de cette histoire, qu\u2019il s\u2019exprime dans le r\u00e9pertoire des traditionnelles chansons populaires ou dans le registre patriotique des chants de guerre. Mais ballades et chansons de geste furent aussi \u00e0 la mode, en leur temps.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Beaucoup de titres sont <strong>anonymes<\/strong>, \u00e0 commencer par les quelque 6 500 mazarinades chant\u00e9es sous la Fronde\u00a0contre Mazarin qui bat tous les records d\u2019impopularit\u00e9. De mani\u00e8re plus g\u00e9n\u00e9rale, \u00ab\u00a0en France et sous nos rois, la chanson fut longtemps la seule opposition possible\u00a0; on d\u00e9finissait le gouvernement d\u2019alors comme une monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons.\u00a0\u00bb (Eug\u00e8ne Scribe). Cet anonymat perdure bien apr\u00e8s la R\u00e9volution, aussi longtemps qu\u2019il y aura censure, au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle et au-del\u00e0. Dernier cas, <em>le D\u00e9serteur<\/em> pendant la guerre d\u2019Indochine (1954), mais\u00a0le texte est sign\u00e9 (Boris Vian et Serge Reggiani).<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La chanson sous toutes ses formes reste malgr\u00e9 tout un espace de libert\u00e9 d\u2019expression et refl\u00e8te<strong> l\u2019opinion publique<\/strong>, bien avant la grande presse cr\u00e9\u00e9e au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle, les sondages n\u00e9s \u00e0 la veille de la Seconde Guerre mondiale et les r\u00e9seaux sociaux, inventions de notre si\u00e8cle.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La <strong>R\u00e9volution<\/strong> est toujours la \u00ab\u00a0grande \u00e9poque\u00a0\u00bb de l\u2019Histoire (en chantant, en citations et en g\u00e9n\u00e9ral). Deux \u00ab\u00a0tubes\u00a0\u00bb sont n\u00e9s\u00a0: <em>la Marseillaise<\/em> et le<em> \u00c7a ira<\/em>. Leur petite histoire vous r\u00e9serve des surprises\u2026 Surprise aussi de trouver <em>Il pleut, il pleut berg\u00e8re<\/em>, entre quelques dizaines de titres de circonstance \u00e0 d\u00e9couvrir.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>La <strong>Commune<\/strong> de Paris, autre paroxysme h\u00e9ro\u00efque, nous offre l\u2019Internationale au destin historique mondial\u2026 et <em>le Temps des cerises<\/em> au sens rest\u00e9 myst\u00e9rieux.<\/p>\n<\/li>\n<li>\n<p>Les <strong>guerres<\/strong> sont toujours tr\u00e8s chant\u00e9es \u00e0 divers titres et sur divers tons. Signalons un doublon \u00ab\u00a0bon enfant\u00a0\u00bb avec la <em>Madelon<\/em>, deux versions, 1914 et 1918, confondues par Clemenceau lui-m\u00eame,\u00a0 charg\u00e9 de d\u00e9corer l\u2019auteur de la seconde\u2026<\/p>\n<\/li>\n<\/ul>\n<p>L\u2019apparition des chansons et des <strong>chanteurs engag\u00e9s<\/strong> donne un tout autre ton \u00e0 la Quatri\u00e8me et la Cinqui\u00e8me R\u00e9publiques. C\u2019est l\u2019\u00e2ge d\u2019or de la chanson fran\u00e7aise et l\u2019embarras du choix grandit avec quelques \u00ab\u00a0standards\u00a0\u00bb incontournables des<em> protest songs<\/em> venus d\u2019Am\u00e9rique.<\/p>\n<p>L\u00e0 encore, quelques surprises. \u00c0 c\u00f4t\u00e9 des Ferr\u00e9, Ferrat, Brel, Brassens et autres artistes engag\u00e9s \u00e0 divers propos (peine de mort, racisme, homophobie, \u00e9migration, \u00e9cologie, anarchie, f\u00e9minisme\u2026), on d\u00e9couvre Johnny Halliday avec un titre tout \u00e0 son honneur et \u00e0 celui de son auteur (Philippe Labro).<\/p>\n<p>Plus d\u2019une centaine de vid\u00e9os YouTube servent d\u2019illustration sonore \u00e0 cette <em>Histoire en chantant.<\/em><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\" target=\"_blank\"><em><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-7-58.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/em><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Deuxi\u00e8me R\u00e9publique<\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">Le peuple chante la nouvelle R\u00e9volution et la R\u00e9publique bient\u00f4t menac\u00e9e<em><br><\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Par la voix du canon d\u2019alarme,<br>La France appelle ses enfants.<br>\u00ab\u00a0Allons, dit le soldat, Aux armes\u00a0!<br>C\u2019est ma m\u00e8re, je la d\u00e9fends.\u00a0\u00bb<br>Mourir pour la patrie,<br>C\u2019est le sort le plus beau,<br>Le plus digne d\u2019envie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2128\" class=\"cit-num\">2128<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Auguste <span class=\"caps\">MAQUET<\/span> (1813-1888), paroles, et Alphonse <span class=\"caps\">VARNEY<\/span> (1811-1879), musique, <em>Chant des Girondins<\/em> (1847), entonn\u00e9 le 22\u00a0f\u00e9vrier\u00a01848 au matin, place de la Concorde. <em>Chansons nationales et populaires de France<\/em> (1850), Th\u00e9ophile Marion Dumersan<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=nOnzaVDyp6g\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>le Chant des Girondins<\/em> sur Youtube.<\/a><em><br><\/em><\/p>\n<p>Ce ch\u0153ur est tir\u00e9 du <em>Chevalier de Maison-Rouge<\/em>, version th\u00e9\u00e2trale du roman historico-h\u00e9ro\u00efco-r\u00e9volutionnaire sign\u00e9 Dumas et Maquet. Grand succ\u00e8s populaire, le soir de la premi\u00e8re repr\u00e9sentation.<\/p>\n<p>Ce morceau va devenir \u00ab\u00a0<em>La Marseillaise<\/em> de la R\u00e9volution de 1848\u00a0\u00bb. Il est chant\u00e9 pour la premi\u00e8re fois au matin du 22\u00a0f\u00e9vrier par les Parisiens venus en masse \u00e0 la Concorde, ignorant l\u2019interdiction du dernier banquet r\u00e9publicain pr\u00e9c\u00e9dant les \u00e9lections et du d\u00e9fil\u00e9, tous deux d\u00e9command\u00e9s.<\/p>\n<p>La foule commence \u00e0 crier\u00a0: \u00ab\u00a0\u00c0 bas Guizot\u00a0!\u00a0\u00bb et \u00e0 conspuer les gardes municipaux. La fi\u00e8vre monte, malgr\u00e9 cet hiver froid et pluvieux. Les pav\u00e9s, les barricades, les manifestations s\u2019improvisent ici et l\u00e0, avec les habitants des faubourgs et des banlieues venus pour la bagarre, jusqu\u2019\u00e0 la nuit tombante.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La libert\u00e9, cette vierge f\u00e9conde<br>Vous voudriez l\u2019\u00e9trangler au berceau<br>Et que son nom f\u00fbt effac\u00e9 du monde.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2130\" class=\"cit-num\">2130<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">DUPONT<\/span> (1821-1870), <em>La Chanson du banquet. Chants et po\u00e9sies<\/em> (1862), Pierre Dupont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pierre Dupont, ex-apprenti canut, l\u2019un des premiers chansonniers de la classe ouvri\u00e8re, s\u2019insurge contre la r\u00e9pression des journ\u00e9es de f\u00e9vrier\u00a01848.<\/p>\n<p>Devant l\u2019\u00e9meute qui continue, le roi Louis-Philippe demande\u00a0: \u00ab\u00a0Quel vent a souffl\u00e9 sur Paris\u00a0?\u00a0\u00bb Mais la temp\u00eate qui se d\u00e9cha\u00eene va gagner les pays voisins.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute l\u2019Europe est sous les armes,<br>C\u2019est le dernier r\u00e2le des rois\u00a0:<br>Soldats, ne soyons point gendarmes,<br>Soutenons le peuple et ses droits [\u2026]<br><em>Refrain<\/em><br>Aux armes, courons aux fronti\u00e8res,<br>Les peuples sont pour nous des fr\u00e8res\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2143\" class=\"cit-num\">2143<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">DUPONT<\/span> (1821-1870), <em>Chant des soldats. Muse populaire\u00a0: chants et po\u00e9sies<\/em> (1858), Pierre Dupont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La r\u00e9volution fran\u00e7aise de 1848 \u2013 apr\u00e8s celle de 1830 \u2013 entra\u00eene une flamb\u00e9e de mouvements r\u00e9volutionnaires un peu partout en Europe\u00a0: Allemagne, Autriche, Italie, Hongrie, Pologne.<\/p>\n<p>C\u2019est le \u00ab\u00a0printemps des peuples\u00a0\u00bb et la France qui retrouve sa mission lib\u00e9ratrice chante\u00a0: \u00ab\u00a0Que la R\u00e9publique fran\u00e7aise\u00a0\/ Entra\u00eene encore ses bataillons\u00a0\/ Au refrain de <em>La Marseillaise<\/em>\u00a0\/ \u00c0 travers de rouges sillons\u00a0\/ Que la victoire de son aile\u00a0\/ Touche nos fronts et, cette fois\u00a0\/ La R\u00e9publique universelle\u00a0\/ Aura balay\u00e9 tous les rois\u00a0\/ Aux armes, courons aux fronti\u00e8res\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mais l\u2019\u00e9t\u00e9 qui suit ce printemps sera celui de toutes les r\u00e9pressions.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout Fran\u00e7ais est \u00e9lecteur,<br>Quel bonheur\u00a0! moi, tailleur,<br>Toi, doreur, lui, paveur,<br>Nous v\u2019l\u00e0 z\u2019au rang d\u2019homme [\u2026]<br>Faut savoir c\u2019qu\u2019on nomme.<br>Sachons bien, sachons bien<br>\u00c9lire un homme de bien,<br>Craignons bien, craignons bien<br>D\u2019prendre un propre \u00e0 rien.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2157\" class=\"cit-num\">2157<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eug\u00e8ne <span class=\"caps\">POTTIER<\/span> (1816-1888), <em>Le Vote universel<\/em> (1848), chanson. <em>Chansons nationales et populaires de France<\/em> (1866), Th\u00e9ophile Marion Dumersan, No\u00ebl S\u00e9gur<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On reconna\u00eet d\u00e9j\u00e0 la \u00ab\u00a0fibre politique\u00a0\u00bb de l\u2019auteur rendu plus tard mondialement c\u00e9l\u00e8bre par <em>L\u2019Internationale.<\/em><\/p>\n<p>Le peuple chante le r\u00e9tablissement du suffrage universel (masculin), le 5\u00a0mars 1848. C\u2019est la fin des abus du r\u00e9gime censitaire, mais aussi le d\u00e9but d\u2019une course aux suffrages qui va d\u00e9favoriser la gauche. Le principe, d\u00e9finitivement acquis, n\u2019en reste pas moins tr\u00e8s populaire. Sur les 9\u00a0millions d\u2019\u00e9lecteurs, il y aura 86\u00a0% de votants.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tremblez tyrans portant culotte\u00a0!<br>Femmes, notre jour est venu\u00a0;<br>Point de piti\u00e9, mettons en vote<br>Tous les torts du sexe barbu\u00a0!<br>Notre patience est \u00e0 bout,<br>Debout, V\u00e9nusiennes, debout [\u2026]<br><em>Refrain<\/em><br>Libert\u00e9 sur nos fronts verse tes chauds rayons,<br>Tremblez, tremblez, maris jaloux,<br>Respect aux cotillons\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2162\" class=\"cit-num\">2162<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louise de <span class=\"caps\">CHAUMONT<\/span> (<span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle), <em>La Marseillaise des femmes<\/em> (ou <em>Marseillaise des cotillons<\/em>), chanson de 1848.<em> L\u2019Illustration<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">XI<\/span> (1848), J.\u00a0Dubouchet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><a href=\"https:\/\/www.youtube.com\/watch?v=QFaJwk1X47A\" target=\"_blank\">\u00c9coutez <em>La Marseillaise des femmes<\/em> sur Youtube.<\/a><\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0V\u00e9nusiennes\u00a0\u00bb chantent et d\u00e9filent, jupes retrouss\u00e9es, corsage en bataille, jeunes ouvri\u00e8res vivant parfois en communaut\u00e9 \u00e0 la mode saint-simonienne. Manifestation spectaculaire mais \u00e9ph\u00e9m\u00e8re d\u2019un f\u00e9minisme qui tranche sur le sexisme du <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle (y compris chez notre principal socialiste fran\u00e7ais, Joseph Proudhon).<\/p>\n<p>Notons aussi que <em>La Marseillaise<\/em>, parmi tous les chants de l\u2019histoire de France, est le plus constamment repris, parodi\u00e9, r\u00e9cup\u00e9r\u00e9, exploit\u00e9 en d\u2019innombrables versions. C\u2019est la ran\u00e7on du succ\u00e8s, disons m\u00eame de la gloire. \u00ab\u00a0Au clair de la lune\u00a0\u00bb conna\u00eet le m\u00eame sort, dans un genre plus modeste.<em><br><\/em><\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Au clair de la lune,<br>Brave citoyen,<br>Thiers cherche fortune,<br>Tu le connais bien.<br>Il est sans-culotte,<br>Il en fait l\u2019aveu.<br><em>Refrain<\/em><br>Donne-lui ton vote<br>Pour l\u2019amour de Dieu.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2167\" class=\"cit-num\">2167<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>La Candidature du citoyen Thiers en 1848,<\/em> chanson nouvelle en 9 couplets, sign\u00e9e \u00ab\u00a0Le R\u00e9v\u00e9lateur impartial\u00a0\u00bb. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La campagne \u00e9lectorale bat son plein et la chanson (anonyme) d\u00e9nonce ce politicien certes r\u00e9publicain, mais assur\u00e9ment arriviste\u00a0: le voil\u00e0 \u00e9lu aux \u00e9lections compl\u00e9mentaires de juin\u00a01848 qui accentuent le conservatisme de l\u2019Assembl\u00e9e.<\/p>\n<p>Autre \u00e9lection plus surprenante\u00a0: celle de Louis-Napol\u00e9on Bonaparte qui ne se pr\u00e9sentait pas\u00a0! Sans m\u00eame revenir en France, sur la seule force de la l\u00e9gende napol\u00e9onienne raviv\u00e9e par Hugo, il est \u00e9lu dans 4 d\u00e9partements (Charente, Corse, Seine et Yonne), mais pense qu\u2019il est encore urgent d\u2019attendre son heure, craignant le vote d\u2019une loi d\u2019exil s\u2019il rentre en France. Il d\u00e9missionne donc, en attendant la suite de l\u2019Histoire qu\u2019il va marquer de son nom.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ce sont des amis \u00e9prouv\u00e9s,<br>Crions tous\u00a0: Vive les pav\u00e9s\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2169\" class=\"cit-num\">2169<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Eug\u00e8ne <span class=\"caps\">PHILIPPE<\/span> (<span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle), <em>Chanson en l\u2019honneur des pav\u00e9s<\/em> (1848).<em> Manuel d\u2019histoire litt\u00e9raire de la France\u00a0: 1789-1848<\/em> (1973), Jean Charles Payen, Jean Claude Abramovici<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Juin\u00a01848. C\u2019est encore et toujours \u00ab\u00a0Paris qui n\u2019est Paris qu\u2019arrachant ses pav\u00e9s\u00a0\u00bb (Aragon). Cette <em>Chanson en l\u2019honneur des pav\u00e9s<\/em> fait \u00e9cho au mot d\u2019ordre des manifestants\u00a0: \u00ab\u00a0Du travail et du pain\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Rappelons la situation\u00a0: la R\u00e9volution de f\u00e9vrier 1848 a reconnu le droit au travail, un \u00e9vident progr\u00e8s en l\u2019absence de toute loi sociale. D\u00e8s le 26\u00a0f\u00e9vrier, on cr\u00e9e les Ateliers nationaux\u00a0: chantiers de terrassement ouverts aux ch\u00f4meurs, \u00e0 Paris et dans plusieurs grandes villes de province. Salaire, deux francs par jour. 40\u00a0000 volontaires vont se pr\u00e9cipiter, mais on ne sait \u00e0 quoi les employer. Bourgeois et rentiers s\u2019exasp\u00e8rent de devoir financer ces \u00ab\u00a0r\u00e2teliers nationaux\u00a0\u00bb o\u00f9 l\u2019on pave, d\u00e9pave et repave les rues pour rien. Trois mois apr\u00e8s, les ateliers sont ferm\u00e9s.<\/p>\n<p>110\u00a0000 travailleurs se retrouvent jet\u00e9s sur le pav\u00e9 de Paris. Les barricades commencent \u00e0 l\u2019est de la capitale, dans les quartiers populaires.<\/p>\n<p>La r\u00e9pression va \u00eatre terrible. Le g\u00e9n\u00e9ral Cavaignac a pour mission de stopper cette guerre sociale. Des gardes nationaux de province se joignent \u00e0 la troupe et aux gardes mobiles. Ses hommes prennent position dans les quartiers calmes et il laisse la r\u00e9volte s\u2019\u00e9tendre, pour mieux la r\u00e9primer le lendemain, 25\u00a0juin, pi\u00e9geant quelque 40\u00a0000 ouvriers au c\u0153ur de la capitale. \u00ab\u00a0La R\u00e9publique a de la chance, elle peut tirer sur le peuple\u00a0!\u00a0\u00bb Parole de Louis-Philippe, exil\u00e9 en Angleterre.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Leurs drag\u00e9es vomissent la mitraille,<br>Quand notre cause est la fraternit\u00e9,<br>Adieu, mon fils, vis et meurs en canaille,<br>Car la canaille a fait la libert\u00e9.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2172\" class=\"cit-num\">2172<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">J.-B.\u00a0<span class=\"caps\">SIM\u00c9ON<\/span> (<span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle), <em>La Canaille<\/em> (1848), chanson.<em> Manuel d\u2019histoire litt\u00e9raire de la France, 1789-1848<\/em> (1973), Jean-Charles Payen, Jean-Claude Abramovici<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le \u00ab\u00a0h\u00e9ros de f\u00e9vrier\u00a0\u00bb chant\u00e9 par J.-B. Sim\u00e9on, le peuple, cette \u00ab\u00a0sainte canaille\u00a0\u00bb, se rappelle les grandes journ\u00e9es de\u00a01789 et\u00a01830.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Le bonnet de coton ne se montra pas moins hideux que le bonnet rouge\u00a0\u00bb \u00e9crira Flaubert dans <em>l\u2019\u00c9ducation sentimentale<\/em> (1869), rejetant dos \u00e0 dos le bourgeois et le peuple avec le recul du temps. Sa cons\u0153ur et amie George Sand est inconditionnellement du c\u00f4t\u00e9 des \u00e9meutiers\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai honte aujourd\u2019hui d\u2019\u00eatre Fran\u00e7aise, moi qui nagu\u00e8re en \u00e9tais si heureuse\u2026 Je ne crois plus \u00e0 l\u2019existence d\u2019une r\u00e9publique qui commence par tuer ses prol\u00e9taires.\u00a0\u00bb (Lettre \u00e0 Charlotte Marliani, juillet\u00a01848). La \u00ab\u00a0bonne dame de Nohant\u00a0\u00bb n\u2019aura pas la m\u00eame inconditionnalit\u00e9 pour la Commune de Paris en 1871.<\/p>\n<p>Les repr\u00e9sailles ont suivi les combats. Bilan humain des journ\u00e9es de juin\u00a0: plus de 4\u00a0000 morts chez les insurg\u00e9s, 1\u00a0600 parmi les forces de l\u2019ordre (arm\u00e9e et garde nationale). Et 3\u00a0000 prisonniers ou d\u00e9port\u00e9s en Alg\u00e9rie.<\/p>\n<p>Bilan politique\u00a0: la rupture est consomm\u00e9e entre la gauche populaire, prol\u00e9taire et socialiste (\u00e0 Paris surtout, mais tr\u00e8s minoritaire dans le pays) et la droite conservatrice \u00e0 laquelle vont peu \u00e0 peu se joindre les r\u00e9publicains mod\u00e9r\u00e9s, pour former le parti de l\u2019Ordre. Ce qui annonce et explique l\u2019irr\u00e9sistible ascension de Louis-Napol\u00e9on Bonaparte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00d4 R\u00e9publique au front d\u2019airain\u00a0!<br>Ta justice doit \u00eatre lasse\u00a0:<br>Au nom du peuple souverain,<br>Pour la premi\u00e8re fois, fais gr\u00e2ce\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2175\" class=\"cit-num\">2175<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">DUPONT<\/span> (1821-1870), <em>Les Journ\u00e9es de Juin<\/em> (1848), chanson. <em>Histoire de la Litt\u00e9rature Fran\u00e7aise depuis le <span class=\"caps\">XVI<\/span>e\u00a0si\u00e8cle jusqu\u2019\u00e0 nos jours<\/em> (1897), Fr\u00e9d\u00e9ric Godefroy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette chanson, en fait une pri\u00e8re pour la conciliation devenue impossible, est sign\u00e9e de ce chansonnier politique, d\u2019inspiration r\u00e9publicaine et socialiste, tr\u00e8s populaire dans les clubs o\u00f9 il se produit. Jusqu\u2019au coup d\u2019\u00c9tat de 1851, qui le condamne \u00e0 une semi-retraite, avant sa reconversion dans la chanson rustique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Bonjour, aimable R\u00e9publique,<br>Je m\u2019appelle Napol\u00e9on [\u2026]<br>Pour votre \u00e9poux, me voulez-vous\u00a0? [\u2026]<br>Je vous mettrai tout sens dessus dessous, <br>Avec moi vous aurez l\u2019Empire,<br>R\u00e9publique, marions-nous\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2180\" class=\"cit-num\">2180<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Le Pr\u00e9tendu de la R\u00e9publique<\/em> (1848), chanson anonyme. <em>La Nouvelle critique\u00a0: revue du marxisme militant<\/em>, nos138 \u00e0\u00a0141 (1962)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le peuple se moque d\u00e9j\u00e0 de lui, avec un humour proph\u00e9tique. Les professionnels de la politique et la presse vont sous-estimer les talents de l\u2019homme \u2013 ou le pouvoir du nom.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je suis Corse d\u2019origine,<br>Je suis Anglais pour le ton,<br>Suisse d\u2019\u00e9ducation<br>Et Cosaque pour la mine [\u2026]<br>J\u2019ai la redingote grise,<br>Et j\u2019ai le petit chapeau\u00a0;<br>Ce costume est assez beau,<br>On admire cette mise.<br>Seul le g\u00e9nie est absent<br>Pour faire un bon pr\u00e9sident.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2188\" class=\"cit-num\">2188<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Complainte de Louis-Napol\u00e9on pour compl\u00e9ter sa profession de foi<\/em> (1848), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il dut souffrir de toutes ces chansons qui le brocard\u00e8rent, d\u00e9j\u00e0 en \u00ab\u00a0Ratapoil\u00a0\u00bb, bient\u00f4t en \u00ab\u00a0Badinguet\u00a0\u00bb et autres surnoms. Selon Hugo\u00a0: \u00ab\u00a0Peu lui importe d\u2019\u00eatre m\u00e9pris\u00e9, il se contente de la figure du respect\u00a0\u00bb (<em>Napol\u00e9on le Petit<\/em>).<\/p>\n<p>Bien que chansonn\u00e9 et ridiculis\u00e9, sous-estim\u00e9, malmen\u00e9, le candidat \u00e0 la pr\u00e9sidence de la R\u00e9publique a toutes ses chances\u00a0: port\u00e9 par la l\u00e9gende napol\u00e9onienne qui enchante le peuple et l\u2019a d\u00e9j\u00e0 fait d\u00e9put\u00e9, il rassure les bourgeois qui ont vu de pr\u00e8s le \u00ab\u00a0p\u00e9ril rouge\u00a0\u00bb, lors des derni\u00e8res \u00e9meutes.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-8-132.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"margin-left: auto;margin-right: auto\"><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\">Revivez toute l\u2019Histoire en citations dans nos Chroniques<\/a>, livres \u00e9lectroniques qui racontent l\u2019histoire de France de la Gaule \u00e0 nos jours, en 3 500 citations num\u00e9rot\u00e9es, sourc\u00e9es, replac\u00e9es dans leur contexte, et sign\u00e9es par pr\u00e8s de 1 200 auteurs.<\/p>\n<h4 style=\"text-align: center\">Second Empire<\/h4>\n<p style=\"text-align: center\">Chanter pour s\u2019opposer, toujours avec humour<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique \u00e0 votre vote expire<br>Devant Machin, votre unanime \u00e9lu.<br>Soyez heureux\u00a0: vous poss\u00e9dez l\u2019Empire,<br>Soyez-en fiers, car vous l\u2019avez voulu.<br>De ce succ\u00e8s dont votre \u00e2me s\u2019enivre<br>Peut-\u00eatre un jour vous vous mordrez les doigts\u00a0:<br>Votre empereur, dit-on, aime bien vivre\u00a0!<br>Et vous paierez la carte, bons bourgeois\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2233\" class=\"cit-num\">2233<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles <span class=\"caps\">GILLE<\/span> (1820-1856),<em> La Carte \u00e0 payer<\/em>, chanson. <em>La R\u00e9publique clandestine (1840-1856)\u00a0: les chansons de Charles Gille<\/em> (posthume, 2002)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La presse d\u2019opposition n\u2019existe pratiquement plus, depuis le coup d\u2019\u00c9tat du 2 d\u00e9cembre 1851, mais la chanson reste un moyen d\u2019expression et l\u2019humour se fait cinglant. Charles Gille, po\u00e8te et ouvrier d\u00e9j\u00e0 pers\u00e9cut\u00e9, \u00e9crase de son m\u00e9pris cette bourgeoisie qui, de nouveau, a trahi la R\u00e9publique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sous le c\u00e9leste Empire<br>De Napol\u00e9on Trois,<br>Le bourgeois<br>Pousse jusqu\u2019au d\u00e9lire<br>Le respect de l\u2019honneur,<br>Il a peur.<br><em>Refrain<\/em><br>Il ne s\u2019oppose \u00e0 rien,<br>Tout est tr\u00e8s bien, tout est fort bien<br>Pour ce bon citoyen.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2235\" class=\"cit-num\">2235<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">AVENEL<\/span> (1823-1902), <em>Le Bon Bourgeois<\/em>, chanson.<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette chanson refl\u00e8te parfaitement l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit du pays, au d\u00e9but du Second Empire. La peur de la R\u00e9publique et surtout des r\u00e9publicains (les rouges) fauteurs de trouble met le bourgeois dans le camp de l\u2019Empire. De m\u00eame pour l\u2019\u00c9glise. Le r\u00e9gime se gagnera \u00e9galement la reconnaissance du monde paysan pour une meilleure raison\u00a0: le progr\u00e8s mat\u00e9riel p\u00e9n\u00e8tre la France rurale.<\/p>\n<p>On va retrouver Avenel, journaliste et auteur dramatique, po\u00e8te, romancier, mais il reste surtout connu pour <em>Les Chansons politiques<\/em> (1870).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Du berceau jusqu\u2019au cimeti\u00e8re<br>Longue est ma cha\u00eene de labeurs\u00a0!<br>Mais le travail fait l\u2019\u00e2me fi\u00e8re<br>L\u2019oisivet\u00e9 les l\u00e2ches c\u0153urs [\u2026]<br>C\u2019est le travail qui rend f\u00e9conde<br>La vieille terre aux riches flancs [\u2026]<br>Au travail appartient le monde,<br>Aux travailleurs, \u00e0 leurs enfants.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2238\" class=\"cit-num\">2238<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">G.\u00a0<span class=\"caps\">BRUNO<\/span> (1833-1923), paroles et musique, <em>La Chanson du pauvre<\/em> (1869). <em>Histoire de la France\u00a0: les temps nouveaux, de 1852 \u00e0 nos jours<\/em> (1971), Georges Duby<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Augustine Tuilerie, alias G. Bruno, fille et femme d\u2019universitaires en renom, exalte la morale qu\u2019une soci\u00e9t\u00e9 bourgeoise veut imposer aux travailleurs. Son livre le plus connu, le<em> Tour de la France par deux enfants<\/em>, fait un \u00e9norme succ\u00e8s de librairie.<\/p>\n<p><em>La Chanson du pauvre<\/em> est extraite de son premier \u00ab\u00a0roman p\u00e9dagogique\u00a0\u00bb, dont le titre est tout un programme\u00a0:<em> Francinet. Livre de lecture courante. Principes \u00e9l\u00e9mentaires de morale et d\u2019instruction civique, d\u2019\u00e9conomie politique, de droit usuel, d\u2019agriculture, d\u2019hygi\u00e8ne et de sciences usuelles.<\/em> C\u2019est la chanson que fredonne un enfant qui travaille, encore et toujours, c\u2019est \u00ab\u00a0dans le silence de la nuit, une voix [qui s\u2019\u00e9l\u00e8ve], une petite voix d\u2019enfant, triste, plaintive\u2026\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette id\u00e9ologie dominante et bien-pensante peut expliquer la haine du bourgeois et l\u2019explosion de la Commune en 1871.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Osman, pr\u00e9fet de Bajazet,<br>Fut pris d\u2019un \u00e9trange d\u00e9lire\u00a0:<br>Il d\u00e9molissait pour construire,<br>Et pour d\u00e9molir, construisait.<br>Est-ce d\u00e9mence\u00a0? Je le nie.<br>On n\u2019est pas fou pour \u00eatre musulman\u00a0;<br>Tel fut Osman,<br>P\u00e8re de l\u2019osmanomanie.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2258\" class=\"cit-num\">2258<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Gustave <span class=\"caps\">NADAUD<\/span> (1820-1893), <em>L\u2019Osmanomanie,<\/em> chanson. <em>Chansons de Gustave Nadaud<\/em> (1870)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Texte en forme de conte, sign\u00e9 d\u2019un po\u00e8te chansonnier qui fait la satire du Second Empire, parfois interdite par le r\u00e9gime. Remarquons que toutes ces formes de contestation \u00e9chappent \u00e0 l\u2019anonymat, preuve que les auteurs courent quand m\u00eame moins de risques que jadis\u00a0!<\/p>\n<p>Nomm\u00e9 pr\u00e9fet de la Seine le 1er\u00a0juillet 1853, le baron Haussmann voit grand et beau pour le Paris imp\u00e9rial. Il faut en finir avec le Paris de Balzac aux rues pittoresques, mais sales et mal \u00e9clair\u00e9es, cr\u00e9er une capitale aussi moderne que Londres qui a s\u00e9duit l\u2019empereur, creuser des \u00e9gouts, approvisionner en eau les Parisiens, am\u00e9nager des espaces verts, loger une immigration rurale massive, percer de larges avenues pour faciliter l\u2019action de la police et de l\u2019artillerie contre d\u2019\u00e9ventuelles barricades. Ce dernier argument est parfois oubli\u00e9 ou discut\u00e9.<\/p>\n<p>Reste le r\u00e9sultat\u00a0: \u00ab\u00a0Ce qu\u2019auraient tent\u00e9 sans profit\u00a0\/ Les rats, les castors, les termites\u00a0\/ Le feu, le fer et les j\u00e9suites\u00a0\/ Il le voulut faire et le fit.\u00a0\/ Puis quand son \u0153uvre fut finie\u00a0\/ Il s\u2019endormit comme un bon musulman\u00a0\/ Tel fut Osman\u00a0\/ P\u00e8re de l\u2019Osmanomanie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>On accuse le baron de sacrifier des joyaux anciens, d\u2019avoir un go\u00fbt immod\u00e9r\u00e9 pour la ligne droite et bient\u00f4t de jongler avec les op\u00e9rations de cr\u00e9dit. L\u2019\u00ab\u00a0osmanomanie\u00a0\u00bb va rimer avec m\u00e9galomanie. N\u2019oublions pas que le Paris haussmannien sera bient\u00f4t consid\u00e9r\u00e9 comme un immense progr\u00e8s et une incontestable r\u00e9ussite. La plupart des\u00a0 grands chantiers \u00e0 venir seront \u00e9galement discut\u00e9s et finalement accept\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cette fois, sur mer et sur terre,<br>Les Cosaques, nous les tenons\u00a0!<br>La France est avec l\u2019Angleterre,<br>Le Droit est avec nos canons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2261\" class=\"cit-num\">2261<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre <span class=\"caps\">DUPONT<\/span> (1821-1870), <em>La Nouvelle Alliance<\/em>, chanson.<em> Muse populaire\u00a0: chants et po\u00e9sies<\/em> (1875), Pierre Dupont<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le propos pla\u00eet aux r\u00e9publicains\u00a0: il est dirig\u00e9 contre le tsar qui opprime la Pologne. Il pla\u00eet aussi aux catholiques\u00a0: la France va prot\u00e9ger les Lieux saints. En fait, Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> saute sur l\u2019occasion de d\u00e9faire la coalition europ\u00e9enne d\u00e9fensive n\u00e9e \u00e0 son arriv\u00e9e au pouvoir, choisissant l\u2019alliance avec l\u2019Angleterre \u2013 un pays o\u00f9 il a v\u00e9cu en exil, qu\u2019il conna\u00eet et admire.<\/p>\n<p>Pacte conclu le 12\u00a0mars 1854. Guerre d\u00e9clar\u00e9e \u00e0 la Russie le 27\u00a0mai et d\u00e9barquement en Crim\u00e9e \u2013 le tsar orthodoxe Nicolas Ier voulant \u00e9tablir son protectorat sur les chr\u00e9tiens de Turquie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Encore une fois notre drapeau fran\u00e7ais<br>Vient de remporter la victoire,<br>Je sommes vainqueurs et ce nouveau succ\u00e8s<br>Fait que je nageons dans la gloire.<br>Fallait entendr\u2019 notre brutal,<br>Aux Mexicains, jouer un p\u2019tit air de bal.<br><em>Refrain<\/em><br>J\u2019avons Puebla, mais foi d\u2019Pico<br>Dans peu, nous aurons Mexico.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2286\" class=\"cit-num\">2286<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Alexis <span class=\"caps\">DAL\u00c8S<\/span> (1813-1893), paroles, et Charles <span class=\"caps\">COLMANCE<\/span> (1805-1870), musique,<em> J\u2019aurons Mexico<\/em> (1863), chanson.<em> Des chansons populaires chez les anciens et chez les Fran\u00e7ais<\/em> (1867), Charles Nisard<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>On chante encore et toujours, mais l\u2019aventure mexicaine sera le premier grave \u00e9chec de Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> en politique ext\u00e9rieure.<\/p>\n<p>L\u2019empereur, avec les lib\u00e9raux, croit au d\u00e9but \u00e0 cette exp\u00e9dition du Mexique et au r\u00f4le jouable par la France dans le Nouveau Monde. La gauche fait des r\u00e9serves, mais r\u00eave aussi. Les pays alli\u00e9s du d\u00e9but nous l\u00e2chent, les \u00c9tats-Unis se f\u00e2chent, Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> retire ses troupes et abandonne Maximilien d\u2019Autriche, mari\u00e9 \u00e0 la princesse Charlotte, fille du roi des Belges\u00a0: il\u00a0 finira fusill\u00e9 en 1867, elle en deviendra folle.<\/p>\n<p>\u00ab\u00a0Plus de six mille morts, trois cent trente-six millions de d\u00e9penses. Rien n\u2019a davantage contribu\u00e9 \u00e0 l\u2019impopularit\u00e9 du Second Empire\u00a0\u00bb, \u00e9crira l\u2019historien Georges Pradali\u00e9 (<em>Le Second Empire<\/em>).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand Julien fait des boulettes,<br>C\u2019est un grand p\u00e2tissier,<br>Quand Haussmann double nos dettes,<br>C\u2019est un bien grand financier\u00a0! [\u2026]<br><em>Refrain<\/em><br>Ce pr\u00e9fet \u2013 Est parfait<br>Il fait bien tout ce qu\u2019il fait.\u00a0\u00bb<span id=\"2299&lt;br \/&gt;\" class=\"cit-num\">2299<br><\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">AVENEL<\/span> (1823-1902),<em> Les Comptes fantastiques d\u2019Haussmann<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Si la chanson est d\u2019Avenel, le mot qui fait titre est de Jules Ferry (avocat et d\u00e9put\u00e9 r\u00e9publicain d\u2019avenir sous la Troisi\u00e8me). Il va faire mal au pr\u00e9fet vis\u00e9, d\u00e9j\u00e0 malmen\u00e9 par le Corps l\u00e9gislatif et l\u2019opinion publique.<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0Comptes fantastiques d\u2019Haussmann\u00a0\u00bb font naturellement allusion aux <em>Contes fantastiques<\/em> d\u2019Hoffmann, classique de la litt\u00e9rature romantique allemande, d\u00e9j\u00e0 port\u00e9 au th\u00e9\u00e2tre par Carr\u00e9 et Barbier (avant d\u2019\u00eatre mis en musique par Jacques Offenbach, en 1881).<\/p>\n<p>Les grands travaux d\u2019\u00ab\u00a0Osman\u00a0\u00bb se r\u00e9v\u00e8lent ruineux, l\u2019\u00ab\u00a0osmanomanie\u00a0\u00bb rime plus que jamais avec m\u00e9galomanie, les combinaisons de cr\u00e9dit sont douteuses. Le pr\u00e9fet Haussmann sera limog\u00e9 en 1869, mais le Paris imp\u00e9rial de ses r\u00eaves et de ses plans est presque achev\u00e9 et restera le n\u00f4tre, jusque sous la Quatri\u00e8me R\u00e9publique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai dans ma main le minist\u00e8re<br>Et dans ma manche le S\u00e9nat,<br>Je fais la paix, je fais la guerre,<br>Enfin c\u2019est moi qui suis l\u2019\u00c9tat\u00a0!<br>Mon peuple est un mouton docile<br>Dont je sais tondre la toison.<br><em>Refrain<\/em><br>Majest\u00e9, r\u00e9pondit \u00c9mile,<br>Majest\u00e9, vous avez raison\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2303\" class=\"cit-num\">2303<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">AVENEL<\/span> (1823-1902), <em>Le Pl\u00e9biscite<\/em> (1870), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La chanson brocarde \u00c9mile Ollivier, hier r\u00e9publicain, aujourd\u2019hui ministre, et croyant \u0153uvrer pour un empire plus lib\u00e9ral. La suite est fort cruelle pour l\u2019empereur\u00a0: \u00ab\u00a0Les effluves r\u00e9publicaines\u00a0\/ Font \u00e0 la France un sang nouveau\u00a0\/ Et le mien, vieilli dans mes veines\u00a0\/ Ne monte plus \u00e0 mon cerveau\u00a0\/ Mais malgr\u00e9 mon \u00e9tat s\u00e9nile\u00a0\/ Je reste au Louvre en garnison\u00a0\/ Majest\u00e9, r\u00e9pondit \u00c9mile\u00a0\/ Majest\u00e9, vous avez raison\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Napol\u00e9on <span class=\"caps\">III<\/span> est \u00e0 ranger dans la longue liste de \u00ab\u00a0ces malades qui nous gouvernent\u00a0\u00bb. Apr\u00e8s l\u2019\u00ab\u00a0abc\u00e8s\u00a0\u00bb de Fran\u00e7ois Ier (sans doute la v\u00e9role), la tuberculose de tous les fils de Catherine de M\u00e9dicis, la fistule de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span>, et avant la maladie de Waldenstr\u00f6m de Pompidou, c\u2019est la tr\u00e8s douloureuse maladie de la pierre (calculs de la vessie) qui \u00f4te toute \u00e9nergie \u00e0 l\u2019homme, au pire moment de son histoire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Prussiens\u00a0! vous fuirez, battant la retraite,<br>Devant nos drapeaux<br>Et nos Chassepots,<br>Oui, notre aigle altier qui n\u2019a qu\u2019une t\u00eate<br>S\u2019ra victorieux,<br>Et pourtant le v\u00f4tre en a deux\u00a0!<br><em>Refrain<\/em><br>Zim la la, zim la la, les beaux militaires,<br>Zim la la, zim la la, que ces Prussiens-l\u00e0\u00a0!\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2312\" class=\"cit-num\">2312<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Ces beaux Prussiens<\/em> (1870), chanson.\u00a0 <em>La Commune en chantant<\/em> (1970), Georges Coulonges<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les chansons font partie de la propagande patriotique, au m\u00eame titre que la presse. Le chassepot fran\u00e7ais (du nom de son inventeur) est en effet le fusil \u00e0 aiguille le plus efficace \u00e0 l\u2019\u00e9poque, mais c\u2019est notre seule sup\u00e9riorit\u00e9.<\/p>\n<p>450\u00a0000 Prussiens tr\u00e8s arm\u00e9s et tr\u00e8s entra\u00een\u00e9s vont aussit\u00f4t infliger les premi\u00e8res d\u00e9faites aux 350\u00a0000 Fran\u00e7ais pleins d\u2019ardeur.<\/p>\n<p>Les Allemands envahissent l\u2019Alsace et la Lorraine. L\u2019arm\u00e9e de Mac-Mahon est d\u00e9faite en Alsace \u2013 battue \u00e0 Wissembourg (4\u00a0ao\u00fbt 1870), Reichshoffen et Froeschwiller (6\u00a0ao\u00fbt) \u2013 et l\u2019arm\u00e9e de Bazaine en Lorraine \u2013 \u00e0 Forbach (6\u00a0ao\u00fbt).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0V\u2019l\u00e0 le Sire de Fish-ton-Kan,<br>Qui s\u2019en va-t-en guerre,<br>En deux temps et trois mouv\u2019ments<br>Sens devant derri\u00e8re [\u2026]<br>Badinguet, fich ton camp.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"2319\" class=\"cit-num\">2319<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">BURANI<\/span> (1845-1901), paroles, et Antonin <span class=\"caps\">LOUIS<\/span> (1845-1915) musique, <em>Le Sire de Fich-ton-kan<\/em> (1870), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La capitulation de Sedan est accueillie par les applaudissements de la gauche, le 3\u00a0septembre \u00e0 la Chambre\u00a0: l\u2019opposition sait que le r\u00e9gime ne survivra pas \u00e0 la d\u00e9faite de l\u2019arm\u00e9e imp\u00e9riale.<\/p>\n<p>De fait, l\u2019opinion se retourne aussit\u00f4t\u00a0: pl\u00e9biscit\u00e9 en mai, l\u2019empereur qui tombe est insult\u00e9. La rue chante\u2026 et Ernest Renan tirera la morale de l\u2019Histoire\u00a0: \u00ab\u00a0Le pr\u00e9tendu dieu des arm\u00e9es est toujours pour la nation qui a la meilleure artillerie, les meilleurs g\u00e9n\u00e9raux.\u00a0\u00bb <em>Dialogues et fragments philosophiques<\/em> (1876).<\/p>\n<p>Cette guerre de 1870 va \u00e9branler bien des certitudes et des enthousiasmes chez les hommes qui en seront t\u00e9moins. Et le drame continue, apr\u00e8s la chute de l\u2019Empire.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 Chaque \u00e9poque donne le ton, d\u2019o\u00f9 l\u2019extr\u00eame diversit\u00e9 de ce r\u00e9sum\u00e9 chantant qui alterne \u00e0 l\u2019infini comique et tragique, populaire et po\u00e9tique, avec une dose de fantaisie propre \u00e0 l\u2019esprit fran\u00e7ais.Quelques constantes en font l\u2019originalit\u00e9. Le peuple est le premier acteur de cette histoire, qu\u2019il s\u2019exprime dans le r\u00e9pertoire des traditionnelles chansons populaires ou [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":91,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9992","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9992","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9992"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9992\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":15752,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9992\/revisions\/15752"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9992"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9992"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9992"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}