{"id":9996,"date":"2024-05-13T00:00:00","date_gmt":"2024-05-12T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-revolution\/"},"modified":"2025-08-12T08:39:24","modified_gmt":"2025-08-12T06:39:24","slug":"la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-revolution","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-revolution\/","title":{"rendered":"La Guerre, histoire en citations d\u2019une trag\u00e9die s\u00e9culaire et quotidienne (R\u00e9volution)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La guerre est la continuation de la politique par d\u2019autres moyens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Carl von <span class=\"caps\">CLAUSEWITZ<\/span> (1780-1831), g\u00e9n\u00e9ral prussien, strat\u00e8ge et th\u00e9oricien, <em>De la Guerre<\/em> (1832)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a des guerres justes. Il n\u2019y a pas d\u2019arm\u00e9e juste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span> (1901-1976), <em>L\u2019Espoir<\/em> (1937)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les hommes se font la guerre depuis la pr\u00e9histoire et les guerres antiques sont aussi historiques que l\u00e9gendaires.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la France \u00e0 venir commence avec la guerre des Gaules et l\u2019occupation du territoire par les Romains. Apr\u00e8s les guerres f\u00e9odales du Moyen \u00c2ge et la guerre de Cent Ans, la Renaissance lance les guerres de conqu\u00eate en Italie, suivies des guerres (civiles) de Religion\u00a0: le <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle totalise 85 ann\u00e9es de guerre\u00a0! La Fronde est une vraie guerre civile de cinq ans. La monarchie absolue de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> multiplie les guerres de conqu\u00eate. Le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res est le moins guerrier, mais la R\u00e9volution d\u00e9clare la guerre \u00e0 toutes les monarchies europ\u00e9ennes et Napol\u00e9on encha\u00eene, multipliant les guerres de conqu\u00eate jusqu\u2019en Russie. Au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, la guerre franco-prussienne met fin au Second Empire. La <span class=\"caps\">III<\/span>e R\u00e9publique sort victorieuse de la Premi\u00e8re guerre mondiale, d\u00e9finit les lois de la guerre\u2026 et s\u2019\u00e9croule sous la Seconde, finalement gagn\u00e9e par de Gaulle et les Alli\u00e9s. La <span class=\"caps\">IV<\/span>e R\u00e9publique g\u00e8re l\u2019apr\u00e8s-guerre, survit \u00e0 la guerre d\u2019Indochine, mais tombe avec la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. La Ve R\u00e9publique du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle donne l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, met fin \u00e0 la guerre civile et dote la France de l\u2019arme atomique. La Guerre froide et les tensions g\u00e9opolitiques entre blocs cessent apr\u00e8s la chute du mur de Berlin, l\u2019Union europ\u00e9enne re\u00e7oit le prix Nobel de la paix\u2026 Mais la guerre redevient sujet d\u2019actualit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>24 f\u00e9vrier 2022\u00a0: guerre d\u2019Ukraine, conflit post-sovi\u00e9tique avec la Russie de Poutine.<br>7 octobre 2023, guerre Isra\u00ebl-Gaza apr\u00e8s l\u2019attaque du Hamas, dans le cadre du conflit isra\u00e9lo-palestinien. C\u2019est aussi le retour des guerres \u00e0 l\u2019ancienne\u00a0: apr\u00e8s la guerre moderne des combats \u00e0 distance, \u00ab\u00a0guerre propre\u00a0\u00bb avec <span class=\"caps\">SCUDS<\/span> et ripostes cibl\u00e9es (guerre du Golfe en 1990-1991), on retrouve le si\u00e8ge destin\u00e9 \u00e0 affamer les populations \u00e0 Gaza, les tranch\u00e9es occup\u00e9es par l\u2019envahisseur en Ukraine, les combats au corps \u00e0 corps et l\u2019infanterie, essentielle \u00e0 la progression des forces sur le terrain.<\/p>\n<h3>R\u00e9volution (1789-1795)<\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-5-76.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"float: left;margin: 10px 15px\"><\/a>\u00ab\u00a0Guerre aux ch\u00e2teaux, paix aux chaumi\u00e8res.\u00a0\u00bb<span id=\"1281\" class=\"cit-num\">1281<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">CHAMFORT<\/span> (1740-1794), qui s\u2019enthousiasme pour la R\u00e9volution, d\u00e8s 1789. <em>Encyclop\u00e9die Larousse<\/em>, article \u00ab\u00a0S\u00e9bastien-Roch Nicolas, dit Nicolas de Chamfort\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parfois pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de \u00ab\u00a0Mort aux tyrans\u00a0\u00bb, souvent repris, ce slogan exprime le manich\u00e9isme de ces temps de trouble, dans un contexte de guerre \u00e9trang\u00e8re (et de lev\u00e9e en masse), qui s\u2019ajoute \u00e0 la guerre civile.<\/p>\n<p>La formule fera l\u2019objet d\u2019un d\u00e9cret \u00e0 la Convention nationale, dat\u00e9 du 15\u00a0d\u00e9cembre\u00a01792. Le 5\u00a0septembre\u00a01793, autre d\u00e9cret dans la m\u00eame logique\u00a0: La Terreur est \u00e0 l\u2019ordre du jour.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nos ennemis font une guerre d\u2019arm\u00e9e, vous faites une guerre de peuple.\u00a0\u00bb<span id=\"1285\" class=\"cit-num\">1285<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), Directive aux arm\u00e9es, Convention, 16\u00a0avril 1793. <em>Collection g\u00e9n\u00e9rale des d\u00e9crets rendus par la Convention nationale<\/em> (1793)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les guerres r\u00e9volutionnaires sont un ph\u00e9nom\u00e8ne radicalement nouveau dans l\u2019histoire.<\/p>\n<p>La R\u00e9publique ne peut plus compter sur l\u2019arm\u00e9e de l\u2019Ancien R\u00e9gime \u2013 troupes sujettes aux paniques qu\u2019on appelle les \u00ab\u00a0vaincre ou courir\u00a0\u00bb. Il faut donc mobiliser en masse pour faire face \u00e0 la premi\u00e8re coalition, celle de l\u2019Europe (des rois) contre la R\u00e9volution. On passe de 80\u00a0000 hommes en 1792 \u00e0 un\u00a0million, fin 1793\u00a0! Il faut ensuite politiser ces nouveaux soldats frais \u00e9moulus, pour une plus grande efficacit\u00e9 des bataillons. On distribue <em>Le P\u00e8re Duchesne<\/em>, feuille r\u00e9volutionnaire fond\u00e9e par H\u00e9bert. Ainsi mobilis\u00e9e et politis\u00e9e corps et \u00e2me, d\u2019abord volontaire puis soumise au service obligatoire, cette arm\u00e9e entrera dans la l\u00e9gende des \u00ab\u00a0soldats de l\u2019an <span class=\"caps\">II<\/span>\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique nous appelle.<br>Sachons vaincre, ou sachons p\u00e9rir\u00a0;<br>Un Fran\u00e7ais doit vivre pour elle\u00a0;<br>Pour elle un Fran\u00e7ais doit mourir.\u00a0\u00bb<span id=\"1286\" class=\"cit-num\">1286<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marie-Joseph <span class=\"caps\">CH\u00c9NIER<\/span> (1764-1811), paroles, et \u00c9tienne-Nicolas <span class=\"caps\">M\u00c9HUL<\/span> (1763-1817), musique,<em> Le Chant du d\u00e9part<\/em> (1794)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Compos\u00e9 pour f\u00eater le quatri\u00e8me anniversaire de la F\u00eate de la F\u00e9d\u00e9ration le 14\u00a0juillet 1794, ce chant est l\u2019\u0153uvre de deux auteurs engag\u00e9s, qui \u00e9crivent \u00e9galement pour le th\u00e9\u00e2tre. Cette \u00ab\u00a0seconde Marseillaise\u00a0\u00bb refl\u00e8te parfaitement l\u2019\u00e9tat d\u2019esprit des soldats au combat\u00a0: \u00ab\u00a0La libert\u00e9 guide nos pas [\u2026] Tremblez ennemis de la France\u00a0\/ Rois ivres de sang et d\u2019orgueil\u00a0\/ Le peuple souverain s\u2019avance\u00a0\/ Tyrans, descendez au cercueil.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Tout sera occasion de chants ou de chansons sous la R\u00e9volution, jusqu\u2019\u00e0 la Terreur et la guillotine\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il est bon de faire des lois avec maturit\u00e9, on ne fait bien la guerre qu\u2019avec enthousiasme.\u00a0\u00bb<span id=\"1287\" class=\"cit-num\">1287<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794). <em>Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise ou Journal des Assembl\u00e9es nationales<\/em> (1834-1838), <span class=\"caps\">P.J.B.<\/span> Buchez, <span class=\"caps\">P.C.<\/span> Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Orateur des heures tragiques, pr\u00e9occup\u00e9 de la D\u00e9fense nationale du pays, Georges Jacques Danton sera aussi ministre de la Justice. Il incarne cette \u00e9poque qui doit parer au plus press\u00e9, mais sait aussi l\u00e9gif\u00e9rer pour les g\u00e9n\u00e9rations \u00e0 venir. M\u00eame aptitude remarquable, chez Napol\u00e9on Bonaparte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Nation fran\u00e7aise renonce \u00e0 entreprendre aucune guerre dans la vue de faire des conqu\u00eates et elle n\u2019emploiera jamais ses forces contre la libert\u00e9 d\u2019aucun peuple.\u00a0\u00bb<span id=\"1364\" class=\"cit-num\">1364<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>D\u00e9claration de paix au monde,<\/em> vot\u00e9e par la Constituante, 22\u00a0mai 1790. <em>Histoire de France, 1750-1995\u00a0: Monarchies et R\u00e9publiques<\/em> (1996), Ren\u00e9 Souriac, Patrick Cabanel<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce d\u00e9cret appartient \u00e0 la cat\u00e9gorie des v\u0153ux pieux. La R\u00e9volution, par la force des choses plus que la volont\u00e9 des hommes, se r\u00e9v\u00e9lera expansionniste, pros\u00e9lyte, conqu\u00e9rante\u00a0: engag\u00e9e dans un conflit ininterrompu de 1792 \u00e0 1802, l\u2019Empire continuant dans la m\u00eame logique, de 1803 \u00e0 1815.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La paix perp\u00e9tuelle est un r\u00eave et un r\u00eave dangereux s\u2019il entra\u00eene la France \u00e0 d\u00e9sarmer devant une Europe en armes.\u00a0\u00bb<span id=\"1365\" class=\"cit-num\">1365<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MIRABEAU<\/span> (1749-1791), Constituante, 22\u00a0mai 1790. <em>Histoire de France contemporaine, depuis la R\u00e9volution jusqu\u2019\u00e0 la paix de 1919<\/em> (1920), Ernest Lavisse, Philippe Sagnac<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le m\u00eame jour, \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e, l\u2019orateur est lucide. L\u2019id\u00e9ologie n\u2019a jamais aveugl\u00e9 l\u2019intelligence de ce personnage qui a plus d\u2019opportunisme que de conviction.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00d4 roi, montrez-vous digne d\u2019une plus glorieuse destin\u00e9e [\u2026] Vous pouvez encore vous placer au rang des bienfaiteurs de l\u2019humanit\u00e9 [\u2026] \u00c9teignez le flambeau de la guerre civile et \u00e9trang\u00e8re qu\u2019on allume en votre nom\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1390\" class=\"cit-num\">1390<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">P\u00c9TION<\/span> de <span class=\"caps\">VILLENEUVE<\/span> (1756-1794) et <span class=\"caps\">ROBESPIERRE<\/span> (1758-1794), Suite et fin des observations \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>. <em>Le Mercure universel,<\/em> volume\u00a0<span class=\"caps\">XIII<\/span> (1792)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Observations r\u00e9dig\u00e9es apr\u00e8s le retour de Varennes. Nombre de d\u00e9put\u00e9s (notamment au club des Jacobins) souhaitent le maintien de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span> pour une raison \u00e9vidente\u00a0: la d\u00e9ch\u00e9ance du roi entra\u00eenerait la coalition de toutes les monarchies europ\u00e9ennes contre la France, et par ailleurs, le pays est encore majoritairement monarchiste.<\/p>\n<p>Mais la division en deux clans est profonde. Le mouvement d\u00e9mocratique et r\u00e9publicain s\u2019exasp\u00e8re, notamment le club des Cordeliers, fond\u00e9 par Danton qui demande \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e de proclamer purement et simplement la R\u00e9publique\u00a0: \u00ab\u00a0Nous voil\u00e0 enfin libres et sans roi.\u00a0\u00bb Cette p\u00e9tition recueille 6\u00a0000 signatures. Ceux qui n\u2019ont pas encore sign\u00e9 sont appel\u00e9s \u00e0 le faire, le 17\u00a0juillet au Champ de Mars\u2026<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Aux armes, citoyens\u00a0!<br>Formez vos bataillons\u00a0!<br>Marchez, marchez,<br>Qu\u2019un sang impur<br>Abreuve nos sillons\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1417\" class=\"cit-num\">1417<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">ROUGET<\/span> de l\u2019<span class=\"caps\">ISLE<\/span> (1760-1836), <em>Le Chant de guerre pour l\u2019arm\u00e9e du Rhin<\/em>, refrain (1792)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0Trouv\u00e9 \u00e0 Strasbourg [\u2026] il ne lui fallut pas deux mois pour p\u00e9n\u00e9trer toute la France. Il alla frapper au fond du Midi, comme par un violent \u00e9cho, et Marseille r\u00e9pondit au Rhin. Sublime destin\u00e9e de ce chant\u00a0!\u00a0\u00bb \u00e9crit Michelet, lyrique et romantique, dans son <em>Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<\/em><\/p>\n<p>Myst\u00e9rieusement arriv\u00e9 \u00e0 Marseille, le chant pla\u00eet au bataillon des Marseillais, qui l\u2019adopte comme hymne de ralliement et le chante le 29\u00a0juin 1792, en plantant dans la ville un arbre de la Libert\u00e9. Son histoire ne fait que commencer.<\/p>\n<p>\u00c0 propos du \u00ab\u00a0sang impur\u00a0\u00bb de La Marseillaise, <a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/beaumarchais-en-citations\/\"><span data-original-string=\"jm76si1stnRy\/0EPzYy1KA==068vfLJLMQap\/sYpmocD9jjSBSkCErxruJgcGsNcbYOgSU=\" class=\"apbct-email-encoder\" title=\"This contact has been encoded by Anti-Spam by CleanTalk. Click to decode. To finish the decoding make sure that JavaScript is enabled in your browser.\">co<span class=\"apbct-blur\">************<\/span>@<span class=\"apbct-blur\">***********<\/span>44.fr<\/span><\/a><\/p>\n<p>\u00ab\u00a0\u00c0 l\u2019\u00e9poque, ce qu\u2019on appelait le sang pur, c\u2019\u00e9tait le sang des nobles qui, seuls, pouvaient pr\u00e9tendre au Pouvoir et \u00e0 des fonctions d\u2019officiers dans l\u2019Arm\u00e9e. Lors de la R\u00e9volution \u2013 et notamment de l\u2019attaque des Autrichiens \u2013 les nobles se sont enfuis et il ne restait donc que des \u00ab\u00a0Sang impur\u00a0\u00bb (R\u00e9publicains), par opposition aux \u00ab\u00a0Sang pur\u00a0\u00bb (Royalistes). Au cri de \u00ab\u00a0La nation est en danger\u00a0\u00bb, c\u2019\u00e9taient des gens du peuple qui prenaient les armes pour combattre l\u2019envahisseur et qui \u00e9taient dispos\u00e9s \u00e0 verser leur propre sang pour la libert\u00e9. C\u2019est dans le m\u00eame esprit qu\u2019a \u00e9t\u00e9 compos\u00e9 le \u00ab\u00a0Chant du d\u00e9part\u00a0\u00bb \u2026<\/p>\n<p>Et les sillons sont des tranch\u00e9es creus\u00e9es un peu partout dans la campagne et les champs, lors des sanglantes batailles. Ainsi,\u00a0 \u00ab\u00a0Qu\u2019un sang impur abreuve nos sillons\u00a0\u00bb signifie donc que c\u2019est notre \u00ab\u00a0Sang impur\u00a0\u00bb \u00e0 <span class=\"caps\">NOUS<\/span>, le peuple, qui nourrira nos terres. En aucun cas il ne s\u2019agit du sang de l\u2019ennemi.<\/p>\n<p>Cela dit\u2026 l\u2019interpr\u00e9tation exacte est toujours sujet de d\u00e9bats.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La patrie est en danger.\u00a0\u00bb<span id=\"1418\" class=\"cit-num\">1418<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">L\u00e9gislative, Proclamation par d\u00e9cret du 11\u00a0juillet 1792. <em>Histoire de France contemporaine depuis la R\u00e9volution jusqu\u2019\u00e0 la paix de 1919<\/em> (1920), Ernest Lavisse, Philippe Sagnac<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Depuis la d\u00e9claration de guerre \u00e0 l\u2019Autriche en avril, les d\u00e9faites se succ\u00e8dent aux fronti\u00e8res de l\u2019Est.<\/p>\n<p>L\u2019arm\u00e9e de 80\u00a0000 hommes est insuffisante et mal dirig\u00e9e par des officiers surnomm\u00e9s les \u00ab\u00a0vaincre ou courir\u00a0\u00bb, face aux Prussiens command\u00e9s par Brunswick et aux \u00e9migr\u00e9s fran\u00e7ais emmen\u00e9s par Cond\u00e9, cependant que la menace d\u2019un complot aristocratique plane sur la France. Chacun se pr\u00e9pare \u00e0 l\u2019invasion \u00e9trang\u00e8re et l\u2019on soup\u00e7onne le roi d\u2019\u00eatre de connivence avec l\u2019empereur d\u2019Allemagne Fran\u00e7ois\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>, neveu de Marie-Antoinette.<\/p>\n<p>Vot\u00e9e le 12\u00a0juillet, une loi appelle aux armes 50\u00a0000 soldats et 46 bataillons de volontaires, soit 33\u00a0600 hommes.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nul, quand la patrie est en danger, nul ne peut refuser son service sans \u00eatre d\u00e9clar\u00e9 inf\u00e2me et tra\u00eetre \u00e0 la patrie.\u00a0\u00bb<span id=\"1426\" class=\"cit-num\">1426<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794), L\u00e9gislative, 2\u00a0septembre 1792. <em>Discours de Danton, \u00e9dition critique<\/em> (1910), Andr\u00e9 Fribourg<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019arm\u00e9e des Princes (germaniques), soutenue par les aristocrates \u00e9migr\u00e9s (fran\u00e7ais) et command\u00e9e par le duc de Brunswick (chef de l\u2019arm\u00e9e prussienne), a pris Longwy. L\u2019Assembl\u00e9e prend peur et veut se replier sur la Loire, mais Danton appelle \u00e0 la lev\u00e9e en masse\u00a0: \u00ab\u00a0Une partie du peuple va se porter aux fronti\u00e8res\u00a0; une autre va creuser des retranchements, et la troisi\u00e8me, avec des piques, d\u00e9fendra l\u2019int\u00e9rieur de nos villes.\u00a0\u00bb L\u2019orateur se fait acclamer.<\/p>\n<p>Fait remarquable, il n\u2019\u00e9crit pas ses discours\u00a0: c\u2019est le plus grand improvisateur de l\u2019\u00e9poque (tout le contraire de Robespierre).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Tout s\u2019\u00e9meut, tout s\u2019\u00e9branle, tout br\u00fble de combattre, tout se l\u00e8ve en France d\u2019un bout de l\u2019empire \u00e0 l\u2019autre.\u00a0\u00bb<span id=\"1427\" class=\"cit-num\">1427<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794), L\u00e9gislative, 2\u00a0septembre 1792. <em>Discours de Danton, \u00e9dition critique<\/em> (1910), Andr\u00e9 Fribourg<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Danton est le grand homme de cette p\u00e9riode\u00a0: substitut de la Commune de Paris \u00e9rig\u00e9e en assembl\u00e9e souveraine et ministre de la Justice depuis le 11\u00a0ao\u00fbt, il a en fait tous les pouvoirs\u2026 et l\u2019\u00e9loquence en plus. On l\u2019appelle \u00ab\u00a0le Mirabeau de la populace\u00a0\u00bb. Comme Mirabeau, c\u2019est une \u00ab\u00a0gueule\u00a0\u00bb, un personnage th\u00e9\u00e2tral. Mais contrairement \u00e0 Mirabeau, \u00ab\u00a0Danton, comme Robespierre et Marat, est une cr\u00e9ation de la R\u00e9volution. Il jaillit de l\u2019immense \u00e9v\u00e9nement sans aucun pr\u00e9avis\u00a0\u00bb (Mona Ozouf).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le tocsin qui sonne n\u2019est point un signal d\u2019alarme, c\u2019est la charge contre les ennemis de la patrie. Pour les vaincre, Messieurs, il nous faut de l\u2019audace, encore de l\u2019audace, toujours de l\u2019audace, et la France est sauv\u00e9e.\u00a0\u00bb<span id=\"428\" class=\"cit-num\">428<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794), L\u00e9gislative, 2\u00a0septembre 1792. <em>Discours de Danton, \u00e9dition critique<\/em> (1910), Andr\u00e9 Fribourg<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0De l\u2019audace\u2026\u00a0\u00bb La fin du discours est c\u00e9l\u00e9brissime, et propre \u00e0 galvaniser le peuple et ses \u00e9lus\u00a0: \u00ab\u00a0Danton fut l\u2019action dont Mirabeau avait \u00e9t\u00e9 la parole\u00a0\u00bb, \u00e9crit Hugo (<em>Quatre-vingt-treize<\/em>).<\/p>\n<p>Ce 2\u00a0septembre, la patrie est plus que jamais en danger. La Fayette, accus\u00e9 de trahison, est pass\u00e9 \u00e0 l\u2019ennemi. Dumouriez, qui a d\u00e9missionn\u00e9 de son poste de ministre, l\u2019a remplac\u00e9 \u00e0 la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e du Nord, mais le g\u00e9n\u00e9ral ne parvient pas \u00e0 \u00e9tablir la jonction avec Kellermann \u00e0 Metz. Et Verdun vient de capituler apr\u00e8s seulement deux jours de si\u00e8ge\u00a0: les Prussiens sont accueillis avec des fleurs par la population royaliste. C\u2019est dire l\u2019\u00e9motion chez les r\u00e9volutionnaires \u00e0 Paris\u00a0!<\/p>\n<p>La rumeur court d\u2019un complot des prisonniers, pr\u00eats \u00e0 massacrer les patriotes \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e des Austro-Prussiens, qui serait imminente. On arr\u00eate 600 suspects, qui rejoignent 2\u00a0000 d\u00e9tenus en prison. Les massacres de septembre (du 2 au 7) feront quelque 1 300 morts \u00e0 Paris et 150 dans le reste de la France. Mais c\u2019est la victoire de Valmy que l\u2019Histoire se pla\u00eet \u00e0 retenir.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je dois \u00e0 la justice de dire que jamais troupes n\u2019ont d\u00e9ploy\u00e9 plus de courage et de fermet\u00e9 que cette brave arm\u00e9e qui, \u00e0 juste titre, fut surnomm\u00e9e l\u2019arm\u00e9e infernale.\u00a0\u00bb<span id=\"1434\" class=\"cit-num\">1434<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">KELLERMANN<\/span> (1735-1820), <em>Relation de la bataille de Valmy et m\u00e9moire sur la campagne de 1792<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Kellermann, mar\u00e9chal de France, fait partie de ces officiers de l\u2019Ancien R\u00e9gime ralli\u00e9s \u00e0 la R\u00e9volution. Nomm\u00e9 lieutenant g\u00e9n\u00e9ral en 1792, il remporte la victoire de Valmy sous les ordres du g\u00e9n\u00e9ral Dumouriez. La bataille se borne en fait \u00e0 une violente canonnade\u00a0: 150 morts et 260 bless\u00e9s chez les Fran\u00e7ais, gu\u00e8re plus chez les Prussiens et Autrichiens coalis\u00e9s \u2013 mais la dysenterie durant la retraite fera 3\u00a0000 morts dans leurs rangs.<\/p>\n<p>Ce 20\u00a0septembre 1792 fait pourtant date dans l\u2019histoire de France\u00a0: c\u2019est la premi\u00e8re victoire de la R\u00e9publique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0De ce jour et de ce lieu date une \u00e8re nouvelle de l\u2019histoire du monde et vous pourrez dire\u00a0: j\u2019y \u00e9tais.\u00a0\u00bb<span id=\"1435\" class=\"cit-num\">1435<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">GOETHE<\/span> (1749-1832),<em> Aus meinem Lebe\u00a0: Dichtung und Warheit \u2013\u00a0De ma vie\u00a0: Po\u00e9sie et V\u00e9rit\u00e9<\/em> (1811-1833), autobiographie<\/p>\n<\/blockquote>\n<p><em>\u00ab\u00a0Von hier und heute geht eine neue Epoche der Weltgeschischte aus, und ihr koennt sagen ihr seid dabei gewesen.\u00a0\u00bb<\/em> Le plus grand \u00e9crivain allemand est pr\u00e9sent \u00e0 la bataille de Valmy (commune de la Marne), c\u00f4t\u00e9 Prussiens. Et conscient de vivre un \u00e9v\u00e9nement majeur.<\/p>\n<p>La retraite des troupes du duc de Brunswick, sup\u00e9rieures en nombre, reste \u00e0 jamais une \u00e9nigme. Il aurait dit\u00a0: \u00ab\u00a0Nous ne combattrons pas ici.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vive la Nation\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1436\" class=\"cit-num\">1436<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Cri des troupes de Kellermann et Dumouriez \u00e0 Valmy, 20\u00a0septembre 1792. <em>Histoire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1823-1827), Adolphe Thiers, F\u00e9lix Bodin<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Contre l\u2019arm\u00e9e prussienne, ce cri nouveau est charg\u00e9 d\u2019un triple symbole\u00a0: triomphe de l\u2019id\u00e9e de Nation, d\u00e9ch\u00e9ance du roi, victoire de la R\u00e9publique. Et Valmy arr\u00eate l\u2019invasion de la France r\u00e9volutionnaire. Et le lendemain, la Convention se r\u00e9unit, troisi\u00e8me assembl\u00e9e r\u00e9volutionnaire.<\/p>\n<p>Autre premi\u00e8re historique, les femmes se sont engag\u00e9es pour d\u00e9fendre la patrie proclam\u00e9e en danger.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai pris part \u00e0 tous vos exploits<br>En vous versant \u00e0 boire.<br>Songez combien j\u2019ai fait de fois<br>Rafra\u00eechir la victoire.\u00a0\u00bb<span id=\"1437\" class=\"cit-num\">1437<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">B\u00c9RANGER<\/span> (1780-1857), <em>La Vivandi\u00e8re<\/em> (1817), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Pr\u00e9sent \u00e0 Paris au d\u00e9but de la R\u00e9volution, tr\u00e8s t\u00f4t r\u00e9publicain de c\u0153ur, Pierre Jean de B\u00e9ranger trouve son expression dans la chanson patriotique. Il n\u2019imaginait absolument pas que son nom reste dans l\u2019histoire et c\u2019est pourtant l\u2019un de nos chansonniers les plus populaires\u00a0!<\/p>\n<p>Il rend hommage \u00e0 l\u2019entr\u00e9e sur la sc\u00e8ne de l\u2019histoire de ces femmes qui s\u2019engag\u00e8rent aux arm\u00e9es, quand la patrie fut proclam\u00e9e en danger\u00a0: \u00ab\u00a0Vivandi\u00e8re du r\u00e9giment\u00a0\/ C\u2019est Catin qu\u2019on me nomme\u00a0\/ Je vends, je donne et bois ga\u00eement\u00a0\/ Mon vin et mon rogome [alcool].\u00a0\/ J\u2019ai le pied leste et l\u2019\u0153il mutin,\u00a0\/ Tintin, tintin, tintin, r\u2019lin tintin\u00a0;\u00a0\/ J\u2019ai le pied leste et l\u2019\u0153il mutin\u00a0:\u00a0\/ Soldats, voil\u00e0 Catin\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Appel\u00e9es aussi cantini\u00e8res, elles suivront toutes les guerres de la R\u00e9volution et de l\u2019Empire. La plus c\u00e9l\u00e8bre d\u2019entre toutes, Madame Sans-G\u00eane, alias Catherine Hubscher (1753-1835), cantini\u00e8re puis blanchisseuse, devenue l\u2019\u00e9pouse du mar\u00e9chal d\u2019empire Lefebvre, duc de Dantzig. Rest\u00e9e c\u00e9l\u00e8bre pour son franc-parler et ses mani\u00e8res populaires qui d\u00e9plaisaient fortement \u00e0 l\u2019entourage de l\u2019empereur, Napol\u00e9on Ier appr\u00e9ciait beaucoup \u00ab\u00a0la femme \u00e0 Lefebvre\u00a0\u00bb et la d\u00e9fendait toujours. Le vaudevilliste Victorien Sardou en fera un personnage de th\u00e9\u00e2tre au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e si\u00e8cle.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cette journ\u00e9e \u00e0 jamais m\u00e9morable couvre la nation fran\u00e7aise d\u2019une gloire immortelle. Il n\u2019est pas un bataillon, ni un escadron, il n\u2019est pas un individu dans l\u2019arm\u00e9e qui ne se soit battu et de tr\u00e8s pr\u00e8s.\u00a0\u00bb<span id=\"1450\" class=\"cit-num\">1450<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DUMOURIEZ<\/span> (1739-1823), Lettre \u00e0 Pache, ministre de la Guerre, 7\u00a0novembre 1792.<em> R\u00e9volutions de Paris, d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la Nation<\/em> (1792), Prudhomme \u00e9d<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dumouriez avait renonc\u00e9 au poste de ministre girondin (Affaires \u00e9trang\u00e8res, puis Guerre) \u00e0 la L\u00e9gislative pour aller se battre, g\u00e9n\u00e9ral victorieux \u00e0 Valmy (20\u00a0septembre) et six semaines plus tard \u00e0 Jemappes (6\u00a0novembre).<\/p>\n<p>Aux environs de Mons, apr\u00e8s quelques heures de canonnades, les troupes se sont lanc\u00e9es contre les Autrichiens au chant de <em>La Marseillaise.<\/em> Les Fran\u00e7ais ont l\u2019avantage du nombre et l\u2019enthousiasme des patriotes. Les Imp\u00e9riaux ont fui et au prix de quelque 2 000 morts (au total), la route de la Belgique est ouverte.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La Convention nationale d\u00e9clare au nom de la nation fran\u00e7aise qu\u2019elle accordera fraternit\u00e9 et secours \u00e0 tous les peuples qui voudront recouvrer leur libert\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"1451\" class=\"cit-num\">1451<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Convention, D\u00e9cret du 19\u00a0novembre\u00a01792. <em>Archives parlementaires de 1787 \u00e0 1860<\/em> (1899), Assembl\u00e9e nationale<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est dans la logique du discours de Danton, en date du 28\u00a0septembre.<\/p>\n<p>Cette promesse solennelle va pousser la France \u00e0 se lancer dans une suite de guerres que les historiens se demandent encore comment justifier\u00a0: annexion au nom de la th\u00e9orie des fronti\u00e8res naturelles, cr\u00e9ation d\u2019un glacis de r\u00e9publiques s\u0153urs, ou v\u00e9ritable croisade pour la libert\u00e9\u00a0?<\/p>\n<p>Il faut se replacer en cette fin d\u2019ann\u00e9e 1792\u00a0: les r\u00e9volutionnaires vivent dans la peur de l\u2019agression, car ils ont lanc\u00e9 un formidable d\u00e9fi \u00e0 l\u2019ordre ancien de l\u2019Europe. Quant aux peuples d\u00e9sireux de recouvrer leur libert\u00e9, nos r\u00e9volutionnaires fran\u00e7ais s\u2019illusionnent\u00a0: soci\u00e9t\u00e9s de paysans au degr\u00e9 d\u2019alphab\u00e9tisation tr\u00e8s bas, elles ne sont pas touch\u00e9es par des id\u00e9aux que les rois et les empereurs n\u2019ont nul int\u00e9r\u00eat \u00e0 diffuser. Reste la minorit\u00e9 de lettr\u00e9s et la force des id\u00e9es r\u00e9volutionnaires.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9volution leur criait\u00a0: \u00ab\u00a0Volontaires,<br>Mourez pour d\u00e9livrer tous les peuples vos fr\u00e8res\u00a0!\u00a0\u00bb<br>Contents, ils disaient oui.<br>\u00ab\u00a0Allez, mes vieux soldats, mes g\u00e9n\u00e9raux imberbes\u00a0!\u00a0\u00bb<br>Et l\u2019on voyait marcher ces va-nu-pieds superbes<br>Sur le monde \u00e9bloui.\u00a0\u00bb<span id=\"1452\" class=\"cit-num\">1452<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Ch\u00e2timents<\/em> (1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le po\u00e8te oppose l\u2019arm\u00e9e nationale et sa gloire immortelle \u00e0 l\u2019arm\u00e9e de m\u00e9tier (r\u00e9duite \u00e0 de basses besognes politiques, notamment lors du coup d\u2019\u00c9tat du 2\u00a0d\u00e9cembre 1851).<\/p>\n<p>L\u2019historien Michelet, plus pr\u00e9cis, n\u2019est pas moins lyrique dans son <em>Histoire de la R\u00e9volution\u00a0:<\/em> \u00ab\u00a0Six cent mille volontaires inscrits veulent marcher \u00e0 la fronti\u00e8re [\u2026] Ils restent tous marqu\u00e9s d\u2019un signe qui les met \u00e0 part dans l\u2019histoire\u00a0; ce signe, cette formule, ce mot n\u2019est autre que leur simple nom\u00a0: Volontaires de 92.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Mal \u00e9quip\u00e9s, pas form\u00e9s, ces jeunes viennent de toute la France pour r\u00e9pondre aux appels passionn\u00e9s de la R\u00e9publique. 400\u00a0000 pour l\u2019\u00e9t\u00e9 et l\u2019automne 1792, 300\u00a0000 de plus en f\u00e9vrier\u00a01793. Mais le volontariat ne sera pas \u00e9ternellement suffisant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La R\u00e9publique fran\u00e7aise ne doit avoir pour bornes que le Rhin.\u00a0\u00bb<span id=\"1453\" class=\"cit-num\">1453<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques-Pierre <span class=\"caps\">BRISSOT<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Dumouriez, 27\u00a0novembre\u00a01792. <em>J.-P.\u00a0Brissot, correspondance et papiers<\/em> (posthume, 1912), Jacques-Pierre Brissot de Warville<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Selon l\u2019historien Albert Mathiez, \u00ab\u00a0Brissot affublait du bonnet rouge la vieille politique monarchique des fronti\u00e8res naturelles\u00a0\u00bb. D\u00e8s 1791, il affirmait que la R\u00e9volution doit \u00eatre \u00ab\u00a0expansionniste, sous peine d\u2019\u00eatre d\u00e9truite\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Allons, avec la cocarde,<br>Aux tyrans, foutre malheur\u00a0;<br>Puis, allons \u00e0 l\u2019accolade,<br>Foutons-nous l\u00e0 de bon c\u0153ur.<br>Au diable toutes les fronti\u00e8res<br>Qui nous tenaient d\u00e9sunis,<br>Foutre, il n\u2019est point de barri\u00e8res<br>Sur la terre des amis.\u00a0\u00bb<span id=\"1454\" class=\"cit-num\">1454<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques <span class=\"caps\">H\u00c9BERT<\/span> (1757-1794), <em>Le R\u00e9veil du P\u00e8re Duchesne<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est un couplet bien dans le ton du <em>P\u00e8re Duchesne<\/em>, l\u2019un des journaux les plus populaires de l\u2019\u00e9poque, distribu\u00e9 aux arm\u00e9es pour \u00e9veiller la conscience politique des soldats.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le terrain qui s\u00e9pare Paris de P\u00e9tersbourg et de Moscou sera bient\u00f4t francis\u00e9, municipalis\u00e9, jacobinis\u00e9.\u00a0\u00bb<span id=\"1455\" class=\"cit-num\">1455<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Gaspard <span class=\"caps\">CHAUMETTE<\/span> (1763-1794), H\u00f4tel de Ville, 16\u00a0novembre\u00a01792.<em> La R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1965), Fran\u00e7ois Furet, Denis Richet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Avis d\u2019un Montagnard de gauche, membre du club des Cordeliers, actif lors des massacres de septembre et qui finira guillotin\u00e9, dans la m\u00eame charrette que les extr\u00e9mistes h\u00e9bertistes.<\/p>\n<p>La Convention d\u00e9cidera bient\u00f4t (16\u00a0d\u00e9cembre 1792) d\u2019appliquer aux territoires occup\u00e9s (Savoie, Belgique, Rh\u00e9nanie) la m\u00eame l\u00e9gislation qu\u2019en France\u00a0: suppression des d\u00eemes, des droits f\u00e9odaux et des privil\u00e8ges du clerg\u00e9. Elle exige aussi d\u2019importantes contributions de guerre, en plus du paiement des frais d\u2019occupation. D\u2019o\u00f9 de graves difficult\u00e9s, notamment en Belgique. Le g\u00e9n\u00e9ral Dumouriez viendra en faire part \u00e0 la Convention.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Nous ne pourrons \u00eatre tranquilles que lorsque l\u2019Europe, et toute l\u2019Europe, sera en feu.\u00a0\u00bb<span id=\"1456\" class=\"cit-num\">1456<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jacques-Pierre <span class=\"caps\">BRISSOT<\/span> (1754-1793), Lettre \u00e0 Servant, 26\u00a0novembre 1792.<em> Robespierre\u00a0: la v\u00e9rit\u00e9 de la R\u00e9volution<\/em> (1992), Jean Huguet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Brissot se r\u00e9v\u00e8le au fil des lettres, des discours et des jours, l\u2019un des plus constants partisans de la guerre, parmi les chefs girondins traditionnellement bellicistes. Mais les m\u00eames convictions se retrouvent dans toutes les tendances de l\u2019assembl\u00e9e, en cet automne combattant. Ce contexte guerrier permet de mieux comprendre l\u2019esprit et la r\u00e9alit\u00e9 de la R\u00e9volution fran\u00e7aise.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai, au Champ de Mars, d\u00e9clar\u00e9 la guerre \u00e0 la royaut\u00e9, je l\u2019ai abattue le 10\u00a0ao\u00fbt, je l\u2019ai tu\u00e9e au 21\u00a0janvier, et j\u2019ai lanc\u00e9 aux rois une t\u00eate de roi en signe de d\u00e9fi.\u00a0\u00bb<span id=\"1482\" class=\"cit-num\">1482<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DANTON<\/span> (1759-1794), <em>La Mort de Danton<\/em> (1835), drame historique de Goerg B\u00fcchner (1813-1837)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette r\u00e9plique lui est pr\u00eat\u00e9e par le po\u00e8te allemand \u00e2g\u00e9 de 21\u00a0ans (et mort du typhus \u00e0 23). Elle illustre le grand premier r\u00f4le r\u00e9volutionnaire que se donne Danton et qu\u2019il joue effectivement jusqu\u2019\u00e0 sa chute, m\u00eame s\u2019il est souvent absent au c\u0153ur de l\u2019action \u2013 une des ambigu\u00eft\u00e9s du personnage, not\u00e9e par certains historiens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pays, Patrie, ces deux mots r\u00e9sument toute la guerre de Vend\u00e9e, querelle de l\u2019id\u00e9e locale contre l\u2019id\u00e9e universelle, paysans contre patriotes.\u00a0\u00bb<span id=\"1489\" class=\"cit-num\">1489<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885),<em> Quatre-vingt-treize<\/em> (1874)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dernier roman historique de l\u2019auteur passionn\u00e9ment patriote, situ\u00e9 en 1793, ann\u00e9e charni\u00e8re et riche en \u00e9v\u00e9nements, il met en sc\u00e8ne trois personnages\u00a0: un pr\u00eatre r\u00e9volutionnaire, un aristocrate royaliste et vend\u00e9en, et son petit-neveu ralli\u00e9 \u00e0 la R\u00e9volution. Ce choc des extr\u00eames rappelle la Commune (1871) et ses drames, v\u00e9cus par Hugo. Les guerres civiles se suivent et se ressemblent tragiquement.<\/p>\n<p>Les insurg\u00e9s vend\u00e9ens (les Blancs) vont r\u00e9unir jusqu\u2019\u00e0 40\u00a0000 hommes et remporter plusieurs victoires contre les patriotes (les Bleus), en ce printemps 1793\u00a0: prise de Cholet, Parthenay, Saumur, Angers, avant d\u2019\u00e9chouer devant Nantes (29\u00a0juin).<\/p>\n<p>La Convention envoie des troupes r\u00e9publicaines d\u00e8s juillet, mais les grands combats suivis de massacres seront organis\u00e9s sous la Terreur, \u00e0 partir d\u2019octobre. Au total, la guerre de Vend\u00e9e et la guerre des Chouans (m\u00eames causes, m\u00eames effets, en Bretagne et Normandie) feront quelque 600\u00a0000 morts, dont 210\u00a0000 civils ex\u00e9cut\u00e9s, 300\u00a0000 morts de faim et de froid (100\u00a0000 enfants).<\/p>\n<p>Ce g\u00e9nocide (mot employ\u00e9 par certains historiens) est, sans conteste, le plus lourd bilan \u00e0 porter au passif de la R\u00e9volution.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Hommes de la Gironde, levez-vous\u00a0! [\u2026] Si vous d\u00e9veloppez une grande \u00e9nergie, vous forcerez \u00e0 la paix des hommes qui provoquent la guerre civile.\u00a0\u00bb<span id=\"1501\" class=\"cit-num\">1501<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Victurnien <span class=\"caps\">VERGNIAUD<\/span> (1753-1793), appel au secours du 4\u00a0mai 1793.<em> Histoire de Bordeaux<\/em> (1839), Pierre Bernadau<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Marat est revenu plus fort qu\u2019avant \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e. Dans cette atmosph\u00e8re sanglante, Vergniaud pressent le pire et demande soutien \u00e0 son d\u00e9partement, \u00e9crivant au club des Amis de la Constitution de Bordeaux et usant de l\u2019anaphore (r\u00e9p\u00e9tition)\u00a0: \u00ab\u00a0Paris, le 4\u00a0mai\u00a01793, sous le couteau. Fr\u00e8res et Amis, vous avez \u00e9t\u00e9 instruits de l\u2019horrible pers\u00e9cution exerc\u00e9e contre nous et vous nous avez abandonn\u00e9s\u00a0! Hommes de la Gironde, levez-vous\u00a0! La Convention n\u2019a \u00e9t\u00e9 faible que parce qu\u2019elle a \u00e9t\u00e9 abandonn\u00e9e, soutenez-la contre tous les furieux qui la menacent [\u2026] Hommes de la Gironde, il n\u2019y a pas un moment \u00e0 perdre\u00a0! Si vous d\u00e9veloppez une grande \u00e9nergie, vous forcerez \u00e0 la paix des hommes qui provoquent \u00e0 la guerre civile [\u2026] La proscription et l\u2019assassinat circulent autour de nous et l\u2019on s\u2019appr\u00eate pour aller \u00e0 la barre nationale demander nos t\u00eates. Quel est donc notre crime, citoyens\u00a0? C\u2019est d\u2019avoir fait entendre la voix de l\u2019humanit\u00e9 au milieu des horreurs [\u2026] c\u2019est d\u2019avoir voulu vous garantir de la tyrannie de Marat [\u2026] Nous ne craignons pas la mort, mais il est cruel, alors qu\u2019on se sacrifie, de ne pas emporter au tombeau la certitude qu\u2019on laisse au moins quelques regrets \u00e0 ceux pour lesquels on s\u2019immole.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Ses Fr\u00e8res et Amis de Bordeaux vont envoyer des p\u00e9titionnaires \u00e0 Paris, pour faire comprendre \u00e0 l\u2019Assembl\u00e9e que la r\u00e9gion ne supportera pas longtemps que ses d\u00e9put\u00e9s soient pers\u00e9cut\u00e9s, que si la Convention ne condamne pas les d\u00e9magogues, elle l\u00e8vera une arm\u00e9e pour la combattre.<\/p>\n<p>Ces menaces vagues ne servent \u00e0 rien\u00a0: le temps de voir arriver ces secours, les d\u00e9put\u00e9s Girondins seront d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la merci des \u00e9meutiers parisiens.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0D\u00e9truisez la Vend\u00e9e\u00a0; Valenciennes et Cond\u00e9 ne seront plus au pouvoir de l\u2019Autrichien. D\u00e9truisez la Vend\u00e9e\u00a0; l\u2019Anglais ne s\u2019occupera plus de Dunkerque. D\u00e9truisez la Vend\u00e9e\u00a0; le Rhin sera d\u00e9livr\u00e9 des Prussiens\u2026\u00a0\u00bb<span id=\"1524\" class=\"cit-num\">1524<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Bertrand <span class=\"caps\">BAR\u00c8RE<\/span> de <span class=\"caps\">VIEUZAC<\/span> (1755-1841), Discours, Convention, 1er\u00a0ao\u00fbt 1793.<em> Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise ou Journal des Assembl\u00e9es nationales<\/em> (1834-1838), <span class=\"caps\">P.J.B.<\/span> Buchez, <span class=\"caps\">P.C.<\/span> Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les troupes r\u00e9publicaines ont \u00e9t\u00e9 battues en juillet. Le programme d\u2019extermination contre ce \u00ab\u00a0chancre qui d\u00e9vore le c\u0153ur de la R\u00e9publique\u00a0\u00bb sera mis en \u0153uvre \u00e0 la fin de l\u2019ann\u00e9e. Mais le g\u00e9nocide semble inscrit dans le d\u00e9cret vot\u00e9 le 1er\u00a0ao\u00fbt, apr\u00e8s ce discours incendiaire qui use de l\u2019anaphore ch\u00e8re aux r\u00e9volutionnaires (r\u00e9p\u00e9tition efficace, en bonne rh\u00e9torique). Il faut des \u00ab\u00a0mesures qui tendent \u00e0 exterminer cette race rebelle, \u00e0 faire dispara\u00eetre leurs repaires, \u00e0 incendier leurs for\u00eats, \u00e0 couper leurs r\u00e9coltes. L\u2019humanit\u00e9 ne se plaindra pas\u00a0; c\u2019est faire son bien que d\u2019extirper le mal\u00a0; c\u2019est \u00eatre bienfaisant pour la patrie que de punir les rebelles. L\u2019autorit\u00e9 nationale portera l\u2019effroi dans les repaires de brigands et dans les demeures des royalistes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>L\u2019arm\u00e9e de l\u2019Ouest, sous les ordres de L\u00e9chelle second\u00e9 par Kl\u00e9ber, reprendra Cholet, Angers, Le\u00a0Mans\u00a0: les Bleus (les patriotes) massacreront les Blancs. L\u2019arm\u00e9e vend\u00e9enne est an\u00e9antie \u00e0 Savenay (23\u00a0d\u00e9cembre 1793), les colonnes infernales font la \u00ab\u00a0terre br\u00fbl\u00e9e\u00a0\u00bb et ex\u00e9cutent 160\u00a0000 civils, au d\u00e9but de 1794. Chouans, Bretons et Normands, soulev\u00e9s pour les m\u00eames raisons, subiront le m\u00eame sort.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0D\u00e8s ce moment jusqu\u2019\u00e0 celui o\u00f9 les ennemis auront \u00e9t\u00e9 chass\u00e9s du territoire de la R\u00e9publique, tous les Fran\u00e7ais sont en \u00e9tat de r\u00e9quisition permanente pour le service des arm\u00e9es.\u00a0\u00bb<span id=\"1528\" class=\"cit-num\">1528<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">D\u00e9cret sur la lev\u00e9e en masse, Convention, 23\u00a0ao\u00fbt 1793.<em> Collection compl\u00e8te des lois, d\u00e9crets, ordonnances, r\u00e8glements, de 1788 \u00e0 1830<\/em> (1834), Jean-Baptiste Duvergier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Suite au rapport de Bar\u00e8re de Vieuzac et au nom du salut public, l\u2019Assembl\u00e9e vote le d\u00e9cret de lev\u00e9e en masse et de guerre totale. Au volontariat de 1792 succ\u00e8de le service obligatoire, rendu in\u00e9vitable par les guerres de la premi\u00e8re coalition, et le recul de nos arm\u00e9es.<\/p>\n<p>Le texte du d\u00e9cret est aussi \u00e9loquent qu\u2019un discours\u00a0: \u00ab\u00a0Les jeunes gens iront au combat\u00a0; les hommes mari\u00e9s forgeront les armes et transporteront les subsistances\u00a0; les femmes feront des tentes, des habits, et serviront dans les h\u00f4pitaux\u00a0; les enfants mettront le vieux linge en charpie\u00a0; les vieillards se feront porter sur les places publiques pour exciter le courage des guerriers, pr\u00eacher la haine des rois et l\u2019unit\u00e9 de la R\u00e9publique.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Les \u00ab\u00a0soldats de l\u2019an\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>\u00a0\u00bb atteindront presque le million.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est ici la guerre ouverte des riches contre les pauvres\u00a0; ils veulent nous \u00e9craser\u00a0; eh bien\u00a0! il faut les pr\u00e9venir et les \u00e9craser nous-m\u00eames\u00a0; nous avons la force en main.\u00a0\u00bb<span id=\"1530\" class=\"cit-num\">1530<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre-Gaspard <span class=\"caps\">CHAUMETTE<\/span> (1763-1794), 4\u00a0septembre\u00a01793 \u00e0 la Commune de Paris (H\u00f4tel de Ville). <em>Journal de la Montagne<\/em> n\u00b0\u00a096 du mercredi 4\u00a0septembre\u00a01793<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Extr\u00e9miste h\u00e9bertiste, il revendique la pauvret\u00e9 qu\u2019il a v\u00e9cue. La crise des subsistances aussi bien que la reddition de Toulon aux Anglais provoquent l\u2019\u00e9meute\u00a0: deux journ\u00e9es r\u00e9volutionnaires. D\u2019abord les rassemblements ouvriers du 4\u00a0septembre, puis, le lendemain, une manifestation organis\u00e9e. Les historiens d\u00e9battent sur les causes. En fait, les sans-culottes veulent une r\u00e9pression plus exp\u00e9ditive des \u00ab\u00a0m\u00e9chants\u00a0\u00bb\u00a0: comploteurs, affameurs, tra\u00eetres \u00e0 la patrie, contre-r\u00e9volutionnaires et autres suspects.<\/p>\n<p>Le 4\u00a0septembre, 2000 man\u0153uvres et ouvriers du b\u00e2timent vont \u00e0 la Commune r\u00e9clamer du pain. La s\u00e9ance du Conseil g\u00e9n\u00e9ral est mouvement\u00e9e. Chaumette monte sur une table et lance sa d\u00e9claration de guerre aux riches. H\u00e9bert invite le peuple \u00e0 se rendre en masse le lendemain \u00e0 la Convention\u00a0: \u00ab\u00a0Qu\u2019il l\u2019entoure comme il a fait au 10\u00a0ao\u00fbt, au 2\u00a0septembre, et au 31\u00a0mai et qu\u2019il n\u2019abandonne pas ce poste, jusqu\u2019\u00e0 ce que la repr\u00e9sentation nationale ait adopt\u00e9 les moyens qui sont propres pour nous sauver. Que l\u2019arm\u00e9e r\u00e9volutionnaire parte \u00e0 l\u2019instant m\u00eame o\u00f9 le d\u00e9cret aura \u00e9t\u00e9 rendu, mais surtout, que la guillotine suive chaque rayon, chaque colonne de cette arm\u00e9e\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Guerre aux tyrans\u00a0! Guerre aux aristocrates\u00a0! Guerre aux accapareurs\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1531\" class=\"cit-num\">1531<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mots d\u2019ordre des sections populaires des sans-culottes, 5\u00a0septembre 1793. <em>Histoire parlementaire de la R\u00e9volution fran\u00e7aise ou Journal des Assembl\u00e9es nationales<\/em> (1834-1838), <span class=\"caps\">P.J.B.<\/span> Buchez, <span class=\"caps\">P.C.<\/span> Roux<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Un long cort\u00e8ge d\u2019\u00e9meutiers, pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 de Pache et de Chaumette, encadr\u00e9 par les H\u00e9bertistes et les Enrag\u00e9s, s\u2019\u00e9branle de l\u2019H\u00f4tel de Ville \u00e0 la Convention. Les sans-culottes n\u2019ont pas besoin, comme au 2\u00a0juin, de violence pour faire plier l\u2019Assembl\u00e9e qui c\u00e9dera \u00e0 la plupart de leurs revendications \u00e9conomiques, mais pas \u00e0 la destitution des nobles.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Eh\u00a0! qui suis-je pour me plaindre, quand des milliers de Fran\u00e7ais meurent aux fronti\u00e8res pour la d\u00e9fense de la patrie\u00a0? On tuera mon corps, on ne tuera pas ma m\u00e9moire.\u00a0\u00bb<span id=\"1549\" class=\"cit-num\">1549<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Pierre Victurnien <span class=\"caps\">VERGNIAUD<\/span> (1753-1793), guillotin\u00e9 le 31\u00a0octobre\u00a01793. Son mot de la fin. <em>Histoire socialiste, 1789-1900<\/em>, volume\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>, La Convention (1908), Jean Jaur\u00e8s<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019homme si \u00e9l\u00e9gant, s\u00e9ducteur au physique romantique, avocat brillant sous l\u2019Ancien R\u00e9gime, devenu l\u2019un des orateurs les plus dou\u00e9s de la L\u00e9gislative et de la Convention, a perdu toute flamme, us\u00e9 par cinq mois de prison et r\u00e9sign\u00e9 au pire.<\/p>\n<p>Il aurait sans doute pu fuir comme quelques autres, mais il renonce\u00a0: \u00ab\u00a0Fuir, c\u2019est s\u2019avouer coupable.\u00a0\u00bb Il fait donc partie du groupe des 21 Girondins ex\u00e9cut\u00e9s.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dix mille hommes sont nu-pieds dans l\u2019arm\u00e9e. Il faut que vous d\u00e9chaussiez tous les aristocrates de Strasbourg dans le jour et que demain \u00e0 dix heures du matin, les dix mille paires de souliers soient en marche pour le quartier g\u00e9n\u00e9ral.\u00a0\u00bb<span id=\"1559\" class=\"cit-num\">1559<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proclamation sign\u00e9e Louis Antoine <span class=\"caps\">SAINT<\/span>\u2013<span class=\"caps\">JUST<\/span> (1767-1794) et Philippe Fran\u00e7ois Joseph <span class=\"caps\">LEBAS<\/span> (1764-1794), 15\u00a0novembre\u00a01793. <em>La Montagne<\/em> (1834), Jean-Barth\u00e9lemy Haur\u00e9au<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces deux conventionnels s\u2019expriment ici en tant que \u00ab\u00a0repr\u00e9sentants du peuple, envoy\u00e9s extraordinairement \u00e0 l\u2019arm\u00e9e du Rhin, \u00e0 la municipalit\u00e9 de Strasbourg\u00a0\u00bb. Bel exemple de la fa\u00e7on exp\u00e9ditive dont la R\u00e9publique r\u00e8gle les probl\u00e8mes d\u2019intendance aux arm\u00e9es\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Pour la premi\u00e8re fois depuis l\u2019Antiquit\u00e9, une arm\u00e9e vraiment nationale marche au combat, pour la premi\u00e8re fois aussi une nation parvient \u00e0 armer et \u00e0 nourrir pareil nombre de soldats, tels sont les caract\u00e8res originaux de l\u2019arm\u00e9e de l\u2019an\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span>.\u00a0\u00bb<span id=\"1560\" class=\"cit-num\">1560<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Georges <span class=\"caps\">LEFEBVRE<\/span> (1874-1959), <em>La R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1951)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La patrie est en danger, la France est en guerre. Une Lettre du Comit\u00e9 de salut public (8\u00a0octobre) dicte la politique militaire\u00a0: \u00ab\u00a0Il est temps de frapper des coups d\u00e9cisifs et pour cela, il faut agir en masse.\u00a0\u00bb Or, l\u2019adoption de la tactique de masse va de pair avec la lev\u00e9e en masse. Les soldats de l\u2019an <span class=\"caps\">II<\/span> sont \u00e0 pr\u00e9sent 750\u00a0000.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Soyez attaquants, sans cesse attaquants.\u00a0\u00bb<span id=\"1590\" class=\"cit-num\">1590<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comit\u00e9 du 8 prairial an\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (27\u00a0mai 1794), Aux \u00ab\u00a0soldats de l\u2019an <span class=\"caps\">II<\/span>\u00a0\u00bb. Formule attribu\u00e9e \u00e0 Lazare <span class=\"caps\">CARNOT<\/span> (1753-1823). <em>La R\u00e9volution fran\u00e7aise<\/em> (1984), Albert Soboul<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parfois dat\u00e9 de f\u00e9vrier\u00a01794, c\u2019est le genre de mot \u00ab\u00a0passe-partout\u00a0\u00bb, toujours en situation dans un pays en guerre. La lev\u00e9e en masse a mis 750\u00a0000 hommes sous les drapeaux pour sauver la patrie en danger. Malgr\u00e9 d\u2019\u00e9normes probl\u00e8mes d\u2019approvisionnement et de discipline, l\u2019attaque ordonn\u00e9e r\u00e9ussit, les arm\u00e9es de la R\u00e9publique repoussent l\u2019ennemi. En mai\u00a01794, le d\u00e9partement du Nord est reconquis. Et la Belgique, le mois suivant.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0\u00d4 soldats de l\u2019an deux\u00a0! \u00f4 guerres\u00a0! \u00e9pop\u00e9es\u00a0!<br>Contre les rois tirant ensemble leurs \u00e9p\u00e9es [\u2026]<br>Contre toute l\u2019Europe avec ses capitaines,<br>Avec ses fantassins couvrant au loin les plaines,<br>Avec ses cavaliers,<br>Tout enti\u00e8re debout comme une hydre vivante,<br>Ils chantaient, ils allaient, l\u2019\u00e2me sans \u00e9pouvante<br>Et les pieds sans souliers\u00a0!\u00a0\u00bb<span id=\"1591\" class=\"cit-num\">1591<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Victor <span class=\"caps\">HUGO<\/span> (1802-1885), <em>Les Ch\u00e2timents<\/em> (1853)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le po\u00e8te a raison\u00a0: de l\u2019an <span class=\"caps\">II<\/span> date la r\u00e9putation des Fran\u00e7ais comme redoutables soldats. L\u2019arm\u00e9e nationale fait face victorieusement \u00e0 la premi\u00e8re coalition qui r\u00e9unit Angleterre, Russie, Sardaigne, Espagne, royaume des Deux-Siciles et qui sera bient\u00f4t disloqu\u00e9e par les trait\u00e9s de Paris, B\u00e2le, La\u00a0Haye, en 1795.<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00ab\u00a0La guerre est la continuation de la politique par d\u2019autres moyens.\u00a0\u00bb Carl von CLAUSEWITZ (1780-1831), g\u00e9n\u00e9ral prussien, strat\u00e8ge et th\u00e9oricien, De la Guerre (1832) \u00ab\u00a0Il y a des guerres justes. Il n\u2019y a pas d\u2019arm\u00e9e juste.\u00a0\u00bb Andr\u00e9 MALRAUX (1901-1976), L\u2019Espoir (1937) Les hommes se font la guerre depuis la pr\u00e9histoire et les guerres antiques [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":75,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9996","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9996","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9996"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9996\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12154,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9996\/revisions\/12154"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9996"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9996"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9996"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}