{"id":9999,"date":"2024-05-06T00:00:00","date_gmt":"2024-05-05T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/2025\/06\/26\/la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-siecle-de-louis-xiv-et-siecle-des-lumieres\/"},"modified":"2025-08-12T08:39:24","modified_gmt":"2025-08-12T06:39:24","slug":"la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-siecle-de-louis-xiv-et-siecle-des-lumieres","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/la-guerre-histoire-en-citations-dune-tragedie-seculaire-et-quotidienne-siecle-de-louis-xiv-et-siecle-des-lumieres\/","title":{"rendered":"La Guerre, histoire en citations d\u2019une trag\u00e9die s\u00e9culaire et quotidienne (Si\u00e8cle de Louis XIV et Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res)"},"content":{"rendered":"<div class=\"field-item even\">\n<p>\u00a0<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La guerre est la continuation de la politique par d\u2019autres moyens.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Carl von <span class=\"caps\">CLAUSEWITZ<\/span> (1780-1831), g\u00e9n\u00e9ral prussien, strat\u00e8ge et th\u00e9oricien, <em>De la Guerre<\/em> (1832)<\/p>\n<\/blockquote>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il y a des guerres justes. Il n\u2019y a pas d\u2019arm\u00e9e juste.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p class=\"auteur\">Andr\u00e9 <span class=\"caps\">MALRAUX<\/span> (1901-1976), <em>L\u2019Espoir<\/em> (1937)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les hommes se font la guerre depuis la pr\u00e9histoire et les guerres antiques sont aussi historiques que l\u00e9gendaires.<\/p>\n<p>L\u2019histoire de la France \u00e0 venir commence avec la guerre des Gaules et l\u2019occupation du territoire par les Romains. Apr\u00e8s les guerres f\u00e9odales du Moyen \u00c2ge et la guerre de Cent Ans, la Renaissance lance les guerres de conqu\u00eate en Italie, suivies des guerres (civiles) de Religion\u00a0: le <span class=\"caps\">XVI<\/span>e si\u00e8cle totalise 85 ann\u00e9es de guerre\u00a0! La Fronde est une vraie guerre civile de cinq ans. La monarchie absolue de Louis <span class=\"caps\">XIV<\/span> multiplie les guerres de conqu\u00eate. Le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res est le moins guerrier, mais la R\u00e9volution d\u00e9clare la guerre \u00e0 toutes les monarchies europ\u00e9ennes et Napol\u00e9on encha\u00eene, multipliant les guerres de conqu\u00eate jusqu\u2019en Russie. Au <span class=\"caps\">XIX<\/span>e, la guerre franco-prussienne met fin au Second Empire. La <span class=\"caps\">III<\/span>e R\u00e9publique sort victorieuse de la Premi\u00e8re guerre mondiale, d\u00e9finit les lois de la guerre\u2026 et s\u2019\u00e9croule sous la Seconde, finalement gagn\u00e9e par de Gaulle et les Alli\u00e9s. La <span class=\"caps\">IV<\/span>e R\u00e9publique g\u00e8re l\u2019apr\u00e8s-guerre, survit \u00e0 la guerre d\u2019Indochine, mais tombe avec la guerre d\u2019Alg\u00e9rie. La Ve R\u00e9publique du g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle donne l\u2019ind\u00e9pendance \u00e0 l\u2019Alg\u00e9rie, met fin \u00e0 la guerre civile et dote la France de l\u2019arme atomique. La Guerre froide et les tensions g\u00e9opolitiques entre blocs cessent apr\u00e8s la chute du mur de Berlin, l\u2019Union europ\u00e9enne re\u00e7oit le prix Nobel de la paix\u2026 Mais la guerre redevient sujet d\u2019actualit\u00e9\u00a0!<\/p>\n<p>24 f\u00e9vrier 2022\u00a0: guerre d\u2019Ukraine, conflit post-sovi\u00e9tique avec la Russie de Poutine.<br>7 octobre 2023, guerre Isra\u00ebl-Gaza apr\u00e8s l\u2019attaque du Hamas, dans le cadre du conflit isra\u00e9lo-palestinien. C\u2019est aussi le retour des guerres \u00e0 l\u2019ancienne\u00a0: apr\u00e8s la guerre moderne des combats \u00e0 distance, \u00ab\u00a0guerre propre\u00a0\u00bb avec <span class=\"caps\">SCUDS<\/span> et ripostes cibl\u00e9es (guerre du Golfe en 1990-1991), on retrouve le si\u00e8ge destin\u00e9 \u00e0 affamer les populations \u00e0 Gaza, les tranch\u00e9es occup\u00e9es par l\u2019envahisseur en Ukraine, les combats au corps \u00e0 corps et l\u2019infanterie, essentielle \u00e0 la progression des forces sur le terrain.<\/p>\n<h3><span class=\"caps\">SI\u00c8CLE<\/span> <span class=\"caps\">DE<\/span> <span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1643-1715)<\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-3-51.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"float: left;margin: 10px 15px\"><\/a>\u00ab\u00a0Nos guerres civiles, sous Charles\u00a0<span class=\"caps\">VI<\/span>, avaient \u00e9t\u00e9 cruelles, celles de la Ligue furent abominables, celle de la Fronde fut ridicule.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"747\" class=\"cit-num\">747<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778),<em> Lettres philosophiques<\/em> (1734)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les attendus de ce jugement dat\u00e9s du si\u00e8cle suivant sont tr\u00e8s circonstanci\u00e9s\u00a0: \u00ab\u00a0Pour la derni\u00e8re guerre de Paris, elle ne m\u00e9rite que des sifflets\u00a0; le cardinal de Retz, avec beaucoup d\u2019esprit et de courage mal employ\u00e9s, rebelle sans aucun sujet, factieux sans dessein, chef de parti sans arm\u00e9e, cabalait pour cabaler et semblait faire la guerre civile pour son plaisir. Le Parlement ne savait ni ce qu\u2019il voulait, ni ce qu\u2019il ne voulait pas\u00a0; il levait des troupes par arr\u00eat, il les cassait\u00a0; il mena\u00e7ait, il demandait pardon\u00a0; il mettait \u00e0 prix la t\u00eate du cardinal Mazarin et ensuite venait le complimenter en c\u00e9r\u00e9monie.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ils font comme leurs enfants, ils jouent \u00ab\u00a0\u00e0 la fronde\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"745\" class=\"cit-num\">745<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis <span class=\"caps\">MADELIN<\/span> (1871-1956), <em>La Fronde<\/em><\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019historien cite le mot \u00e0 la mode\u00a0: \u00ab\u00a0Lorsqu\u2019en 1649 on verra la population de Paris tenir en \u00e9chec le gouvernement royal et le mettre en fuite sans d\u2019ailleurs penser \u00e0 le mettre bas, on dira\u00a0: Ils font comme leurs enfants, ils jouent \u00ab\u00a0\u00e0 la fronde\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb Et le mot est adopt\u00e9. Le \u00ab\u00a0jeu\u00a0\u00bb sera quand m\u00eame assez s\u00e9rieux pour faire fuir hors de Paris, \u00e0 plusieurs reprises, non seulement le gouvernement mais aussi la famille royale, la Fronde parlementaire \u00e9tant relay\u00e9e par celle des princes, \u00e0 partir de 1650, et les \u00e9meutes populaires \u00e9clatant un peu partout en province.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le voyez-vous comme il vole, ou \u00e0 la victoire, ou \u00e0 la mort\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"766\" class=\"cit-num\">766<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">BOSSUET<\/span> (1627-1704),<em> Oraison fun\u00e8bre de Louis de Bourbon, Prince de Cond\u00e9<\/em> (1686)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Quand il devra rendre hommage au Grand Cond\u00e9, Bossuet \u00e9voquera la bataille de Rocroi du 19\u00a0mai 1643.<\/p>\n<p>Charg\u00e9 \u00e0 21\u00a0ans du commandement des arm\u00e9es du Nord, le quatri\u00e8me prince de Cond\u00e9 remporte cette \u00e9clatante victoire qui an\u00e9antit l\u2019arm\u00e9e espagnole des Pays-Bas et emp\u00eache l\u2019invasion mena\u00e7ante par les Ardennes\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019arm\u00e9e commen\u00e7a l\u2019action de gr\u00e2ce\u00a0; toute la France suivit\u00a0; on y \u00e9levait jusqu\u2019au ciel le duc d\u2019Enghien\u00a0: c\u2019en serait assez pour illustrer une autre vie que la sienne, mais pour lui, c\u2019est le premier pas de sa course.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est l\u2019un des \u00e9pisodes de la guerre de Trente Ans qui d\u00e9chire l\u2019Allemagne depuis 1618 et dans laquelle la France intervint directement huit ans plus t\u00f4t, jour pour jour, contre l\u2019Espagne et les puissants Habsbourg tent\u00e9s de reconstituer l\u2019Empire de Charles Quint. L\u2019autre h\u00e9ros de cette guerre est Turenne et les deux hommes vont souvent se croiser, amis ou ennemis, selon le camp choisi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il est plus difficile de bien faire l\u2019amour que de bien faire la guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"767\" class=\"cit-num\">767<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Ninon de <span class=\"caps\">LENCLOS<\/span> (1616-1706), <em>Lettres<\/em> (\u00e9dition posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette belle dame aux m\u0153urs l\u00e9g\u00e8res, qui v\u00e9cut tr\u00e8s \u00e2g\u00e9e en un si\u00e8cle tr\u00e8s guerrier, parle en connaissance de cause.<\/p>\n<p>Surnomm\u00e9e Notre Dame des Amours, s\u00e9ductrice aux \u00ab\u00a0mille amants\u00a0\u00bb, \u00e9picurienne et lettr\u00e9e, tenant salon chaque jour et visit\u00e9e de cinq \u00e0 neuf par tout Paris, elle devient friande de jeunes gentilshommes et de pr\u00e9lats, sur le tard\u00a0: \u00ab\u00a0Je n\u2019ai jamais eu que l\u2019\u00e2ge du c\u0153ur.\u00a0\u00bb<br>Cette femme libre aura naturellement nombre d\u2019amants c\u00e9l\u00e8bres et combattants. \u00c0 qui songe-t-elle en \u00e9crivant ces mots\u00a0? Au marquis et mar\u00e9chal d\u2019Estr\u00e9es, \u00e0 Coligny, au duc de La Rochefoucauld ou au duc d\u2019Enghien, devenu pour l\u2019histoire le Grand Cond\u00e9\u00a0?<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quand un g\u00e9n\u00e9ral pr\u00e9tend n\u2019avoir jamais fait de fautes, il me persuade qu\u2019il n\u2019a jamais fait la guerre longtemps.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"768\" class=\"cit-num\">768<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TURENNE<\/span> (1611-1675).<em> Le Sottisier<\/em> (posthume, 1880), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Et Henry de Montherlant \u00e9crit dans ses <em>Carnets\u00a0<\/em>: \u00ab\u00a0Turenne, dans ses lettres, lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une victoire, dit\u00a0: \u00ab\u00a0Nous l\u2019avons remport\u00e9e\u00a0\u00bb, et lorsqu\u2019il s\u2019agit d\u2019une d\u00e9faite\u00a0: \u00ab\u00a0J\u2019ai \u00e9t\u00e9 battu\u00a0\u00bb\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Henri de La Tour d\u2019Auvergne, vicomte de Turenne, mar\u00e9chal de France, sera de toutes les guerres sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> avant de trouver la mort en h\u00e9ros \u00e0 la bataille de Sasbach (en Allemagne). Pendant la guerre de Trente Ans, \u00e0 trois mois d\u2019intervalle, il venge sa d\u00e9faite de Marienthal (mai\u00a01645) par la victoire de N\u00f6rdlingen (ao\u00fbt) remport\u00e9e avec l\u2019aide de Cond\u00e9. Les deux hommes vont se retrouver adversaires sous la Fronde, l\u2019un passant \u00e0 l\u2019ennemi alors que l\u2019autre reste du c\u00f4t\u00e9 des troupes royales, avant d\u2019inverser les r\u00f4les\u00a0!<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La guerre d\u2019Allemagne n\u2019est point guerre de religion, mais seulement guerre pour r\u00e9primer la grande ambition de la maison d\u2019Autriche.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"777\" class=\"cit-num\">777<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MAZARIN<\/span> (1602-1661). <em>Mazarin<\/em> (1972), Paul Guth<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parall\u00e8lement \u00e0 la Fronde qui commence, s\u2019ach\u00e8ve cette guerre contre la maison de Habsbourg, entreprise par Richelieu il y a treize ans et continu\u00e9e par son successeur dans le m\u00eame esprit. Le but est atteint, l\u2019empereur est contraint de signer les deux trait\u00e9s de Westphalie, le 24\u00a0octobre 1648.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0J\u2019ai assez de la guerre des pots de chambre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"791\" class=\"cit-num\">791<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de Bourbon-Cond\u00e9, dit le Grand <span class=\"caps\">COND\u00c9<\/span> (1621-1686), \u00e9t\u00e9 1651. <em>Histoire de France au dix-septi\u00e8me si\u00e8cle, Richelieu et la Fronde<\/em> (1858), Jules Michelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00ab\u00a0L\u2019intrigue de Paris, l\u2019ennui du Parlement, ses duels ridicules avec le petit pr\u00eatre (de Retz), tout cela l\u2019avait rendu malade. Il \u00e9tait r\u00e9ellement un sauvage officier de la guerre de Trente Ans, et il se fut d\u00e9princis\u00e9 pour s\u2019en aller [\u2026], avec une bonne bande de voleurs aguerris, batailler en Allemagne.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cond\u00e9, qui s\u2019est battu pour la r\u00e9gente et le petit roi, a chang\u00e9 de camp par haine de Mazarin. Ce qui lui valut un an de prison. Lib\u00e9r\u00e9, il a pris la t\u00eate de la Fronde des princes au printemps 1651, mais il est las des mani\u00e8res courtisanes \u2013 il faut \u00ab\u00a0tenir le pot de chambre\u00a0\u00bb aux gens influents.<\/p>\n<p>Il va alors mener sa propre Fronde. L\u2019anarchie d\u00e9passe l\u2019imaginable\u00a0!<\/p>\n<p>Le bouillant vainqueur de Rocroi, entre autres titres gouverneur de Guyenne, prend les armes en septembre\u00a01651, s\u2019agite comme un furieux pour soulever sa province, l\u00e8ve des troupes dans le Midi, s\u2019appuie sur Bordeaux domin\u00e9 par le mouvement populaire de l\u2019Orm\u00e9e (inspir\u00e9 par la r\u00e9volution anglaise) et conclut une alliance avec Philippe\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> d\u2019Espagne \u2013 autrement dit, il trahit la France.<\/p>\n<p>Turenne, l\u2019autre grand militaire, s\u2019est mis du c\u00f4t\u00e9 des frondeurs et trouve appui aupr\u00e8s des Espagnols contre les troupes royales. Mais Mazarin r\u00e9ussit \u00e0 le rallier, Turenne devient l\u2019\u00e9p\u00e9e de la monarchie. Royalistes et \u00ab\u00a0cond\u00e9ens\u00a0\u00bb (partisans de Cond\u00e9) vont s\u2019affronter dans la guerre civile de l\u2019ann\u00e9e 1652.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est une \u00e9trange et longue guerre que celle o\u00f9 la violence essaie d\u2019opprimer la v\u00e9rit\u00e9. Tous les efforts de la violence ne peuvent affaiblir la v\u00e9rit\u00e9 et ne servent qu\u2019\u00e0 la relever davantage. Toutes les lumi\u00e8res de la v\u00e9rit\u00e9 ne peuvent rien pour arr\u00eater la violence, et ne font que l\u2019irriter encore plus.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"798\" class=\"cit-num\">798<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Blaise <span class=\"caps\">PASCAL<\/span> (1623-1662), <em>Les Provinciales<\/em> (1656-1657)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Autre forme de guerre politico-religieuse\u00a0! Elle fera aussi beaucoup de victimes.<\/p>\n<p>L\u2019\u0153uvre est mise \u00e0 l\u2019Index et Pascal qui ne cesse d\u2019\u00e9crire doit sans cesse changer de nom et de domicile pour \u00e9chapper aux poursuites. En dix-huit <em>\u00ab\u00a0Lettres \u00e9crites par Louis de Montalte \u00e0 un Provincial de ses amis et aux <span class=\"caps\">R.R.<\/span> P\u00e8res J\u00e9suites\u00a0\u00bb<\/em>, il attaque les j\u00e9suites sur leur interpr\u00e9tation de la gr\u00e2ce, prend le parti des jans\u00e9nistes et d\u00e9fend son ami le Grand Arnauld.<\/p>\n<p>Mazarin fait disperser les \u00ab\u00a0solitaires\u00a0\u00bb de Port-Royal et le Grand Arnauld est censur\u00e9 par la Sorbonne. Pensionnaires et novices seront expuls\u00e9es en f\u00e9vrier\u00a01661. La \u00ab\u00a0secte jans\u00e9niste\u00a0\u00bb continuera d\u2019\u00eatre pers\u00e9cut\u00e9e sous le r\u00e8gne personnel de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Monseigneur, avez-vous jamais vu livrer une bataille\u00a0?<br>\u2014 Non, prince.<br>\u2014 Eh bien, vous allez en voir perdre une.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"800\" class=\"cit-num\">800<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Louis\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> de Bourbon-Cond\u00e9, dit le Grand <span class=\"caps\">COND\u00c9<\/span> (1621-1686) au jeune Henri, duc de Gloucester, avant la bataille des Dunes, 14\u00a0juin 1658. <em>Histoire de la R\u00e9publique d\u2019Angleterre et de Cromwell<\/em> (1854), Fran\u00e7ois Guizot<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cond\u00e9 se bat aux c\u00f4t\u00e9s des Espagnols avec Don Juan d\u2019Autriche et le jeune Gloucester, fils de Charles\u00a0Ier, avide \u00e0 18\u00a0ans de venger son p\u00e8re contre les soldats de Cromwell qui a pris le pouvoir. Face \u00e0 lui, Turenne se bat avec les Anglais, nouveaux alli\u00e9s des Fran\u00e7ais contre les Espagnols (trait\u00e9 de Paris, mars\u00a01657).<\/p>\n<p>Cond\u00e9 a voulu \u00e9viter cette bataille perdue d\u2019avance\u00a0: ses troupes sont fatigu\u00e9es, divis\u00e9es, mal \u00e9quip\u00e9es, mal arm\u00e9es. Il voit aussi \u00ab\u00a0le frivole aveuglement de l\u2019orgueil espagnol\u00a0\u00bb. Turenne, bien inform\u00e9 par ses \u00e9claireurs, sera le plus fort, ou le plus malin sur ce terrain\u00a0: il perd 400 \u00e0 500 hommes et Cond\u00e9 dix fois plus (prisonniers compris).<\/p>\n<p>Cette victoire d\u00e9cisive de la France met fin aux prolongations franco-espagnoles de la guerre de Trente Ans. On peut commencer \u00e0 n\u00e9gocier le trait\u00e9 de paix, et le mariage espagnol.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><em>\u00ab\u00a0Ultima ratio regum.\u00a0\u00bb<\/em><br>\u00ab\u00a0Dernier argument des rois.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"817\" class=\"cit-num\">817<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span>\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), devise grav\u00e9e sur ses canons<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Concise et pr\u00e9cise, la devise est une bonne citation historique. Celle-ci donne une cl\u00e9 de la politique ext\u00e9rieure du r\u00e8gne et du personnage. La guerre est l\u2019une des passions du roi, la victoire \u00e9tant ce qui peut le mieux servir sa gloire. D\u2019o\u00f9 trente-trois ann\u00e9es de guerre sur un r\u00e8gne personnel de cinquante-quatre ans\u00a0! Mais ses contemporains sont du m\u00eame avis\u00a0: un roi guerrier fait son m\u00e9tier de roi.<\/p>\n<p>Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> va poursuivre trois buts\u00a0qu\u2019on nommerait aujourd\u2019hui g\u00e9opolitiques\u00a0: pr\u00e9\u00e9minence de la France dans le monde, fronti\u00e8re strat\u00e9gique assur\u00e9e au nord-est, vis\u00e9es sur la prochaine succession d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Il se donnera les moyens de sa politique\u00a0: grands diplomates (Lionne, Pomponne, de Torcy, le neveu de Colbert), r\u00e9organisation militaire conduite par Louvois, effectifs consid\u00e9rables pour une arm\u00e9e de m\u00e9tier (passant de 72\u00a0000 hommes en 1667 \u00e0 400\u00a0000 en 1703), marine de guerre d\u00e9velopp\u00e9e par Colbert (La Royale a 18 vaisseaux en 1661, 276 en 1683), places fortes cr\u00e9\u00e9es ou renforc\u00e9es par Vauban.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Au d\u00e9faut des actions \u00e9clatantes de la guerre, rien ne marque davantage la grandeur et l\u2019esprit des princes que les b\u00e2timents.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"818\" class=\"cit-num\">818<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COLBERT<\/span> (1619-1683), <em>Lettres, instructions et m\u00e9moires de Colbert<\/em> (posthume, 1863)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Surintendant des B\u00e2timents, Arts et Manufactures (en 1664), Colbert exprime naturellement la pens\u00e9e de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>.<\/p>\n<p>Les seuls b\u00e2timents royaux co\u00fbtent en moyenne 4\u00a0% du budget de l\u2019\u00c9tat\u00a0: on construit un peu partout, \u00e0 Fontainebleau, Vincennes, Chambord, Saint-Germain, Marly\u2026 et surtout Versailles o\u00f9 les travaux commencent d\u00e8s 1661, pour durer plus d\u2019un demi-si\u00e8cle. Une r\u00e9union de grands talents (la m\u00eame \u00e9quipe qui n\u2019a que trop bien r\u00e9ussi Vaux-le-Vicomte, r\u00e9sidence du surintendant Fouquet perdu par tant de magnificence) fait na\u00eetre la plus grande r\u00e9ussite artistique des temps modernes\u00a0: Versailles servira de mod\u00e8le \u00e0 l\u2019Europe pendant un\u00a0si\u00e8cle, imposant la sup\u00e9riorit\u00e9 de l\u2019art fran\u00e7ais.<\/p>\n<p>Autre force du r\u00e8gne, la politique \u00e9conomique.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il n\u2019y a rien de plus n\u00e9cessaire dans un \u00c9tat que le commerce [\u2026] Le commerce est une guerre d\u2019argent.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"835\" class=\"cit-num\">835<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Jean-Baptiste <span class=\"caps\">COLBERT<\/span> (1619-1683), <em>M\u00e9moire sur le commerce<\/em> (1664)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Infatigable homme-orchestre du gouvernement, il dresse un vaste programme qui r\u00e9sume la politique industrielle, commerciale, fiscale, maritime de la France\u00a0: \u00ab\u00a0Il faut r\u00e9tablir ou cr\u00e9er toutes les industries, m\u00eame de luxe\u00a0; \u00e9tablir le syst\u00e8me protecteur dans les douanes\u00a0; organiser les producteurs et les commer\u00e7ants en corporations\u00a0; all\u00e9ger les entraves fiscales nuisibles \u00e0 la population\u00a0; restituer \u00e0 la France le transport maritime de ses produits\u00a0; d\u00e9velopper les colonies et les attacher commercialement \u00e0 la France [\u2026]\u00a0; d\u00e9velopper la marine militaire pour prot\u00e9ger la marine marchande.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Dans une France rest\u00e9e agricole \u00e0 90\u00a0%, Colbert fait porter ses efforts sur l\u2019industrie et le commerce. Sa plus grande r\u00e9ussite est le rel\u00e8vement et le d\u00e9veloppement de la marine fran\u00e7aise. Ce mercantilisme \u2013 doctrine exaltant la mentalit\u00e9 et l\u2019activit\u00e9 marchandes \u2013 poursuit un but moins \u00e9conomique que politique\u00a0: plus que le bien-\u00eatre des Fran\u00e7ais, Colbert veut la puissance de l\u2019\u00c9tat.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toutes les guerres sont civiles, car c\u2019est toujours l\u2019homme contre l\u2019homme qui r\u00e9pand son propre sang, qui d\u00e9chire ses propres entrailles.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"841\" class=\"cit-num\">841<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">F\u00c9NELON<\/span> (1651-1715), <em>Les Aventures de T\u00e9l\u00e9maque<\/em> (1699)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est l\u2019\u00e9cho d\u2019un courant pacifiste nouveau qui annonce les philosophes du si\u00e8cle suivant\u00a0: \u00ab\u00a0La guerre \u00e9puise un \u00c9tat et le met toujours en danger de p\u00e9rir, lors m\u00eame qu\u2019on remporte les plus grandes victoires [\u2026] On d\u00e9peuple son pays, on laisse les terres presque incultes, on trouble le commerce, mais, ce qui est bien pis, on affaiblit les meilleures lois et on laisse corrompre les m\u0153urs.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019\u00e9tait une paix sans joie parce qu\u2019on demeurait au roi de France.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"871\" class=\"cit-num\">871<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">T\u00e9moignage d\u2019un Lillois, \u00e0 propos du trait\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle (mai\u00a01668).<em> Racines de la Belgique\u00a0: histoire du sentiment national en Belgique des origines \u00e0 1830<\/em> (2000), Jean Stengers<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c0 l\u2019occasion de la procession organis\u00e9e par les autorit\u00e9s fran\u00e7aises pour f\u00eater le trait\u00e9 d\u2019Aix-la-Chapelle du 2\u00a0mai. C\u2019est dire la r\u00e9ticence \u00e0 l\u2019assimilation\u00a0: le Nord qui passe \u00e0 la France a appartenu au roi d\u2019Espagne qui avait pr\u00eat\u00e9 serment au d\u00e9but de son r\u00e8gne de respecter les coutumes locales et intervenait peu dans l\u2019administration des villes.<\/p>\n<p>En fait, l\u2019int\u00e9gration des provinces progressivement conquises en un demi-si\u00e8cle (Flandre wallonne, Alsace, Artois, Roussillon, Franche-Comt\u00e9) se fera avec prudence, lenteur et tact, gr\u00e2ce \u00e0 la bonne qualit\u00e9 de l\u2019administration et de la justice, comme \u00e0 la sagesse de grands intendants (tels Colbert de Croissy \u2013 fr\u00e8re du ministre \u2013 La Grange, Chauvelin). Le prestige d\u2019un roi que l\u2019Europe enti\u00e8re imite ou envie aidera aussi.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Point de quartier pour cette canaille.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"877\" class=\"cit-num\">877<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Duc de <span class=\"caps\">LONGUEVILLE<\/span> (1649-1672), passage du Rhin, 12\u00a0juin 1672. <em>\u00c9ph\u00e9m\u00e9rides universelles, ou tableau religieux, politique, litt\u00e9raire, scientifique et anecdotique<\/em> (1834), mises en ordre et publi\u00e9es par \u00c9douard Monnais<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>En \u00e9tat d\u2019ivresse, le duc fran\u00e7ais tue un officier hollandais au centre de sa troupe, demandant la vie \u00e0 genoux. Il est tu\u00e9 par une d\u00e9charge en retour.<\/p>\n<p>Le fait est rapport\u00e9 par Voltaire qui conclut\u00a0: \u00ab\u00a0Tel fut ce passage du Rhin, action \u00e9clatante et unique, c\u00e9l\u00e9br\u00e9e alors comme un des grands \u00e9v\u00e9nements qui dussent occuper la m\u00e9moire des hommes.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>C\u2019est le d\u00e9but de la guerre de Hollande qui va durer six ans. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> n\u2019a pas pardonn\u00e9 aux Provinces-Unies d\u2019avoir d\u00e9clench\u00e9 contre lui la Triple Alliance, en 1668. Mais la vraie raison est \u00e9conomique\u00a0: l\u2019essor de l\u2019industrie et des exportations fran\u00e7aises passe par l\u2019\u00e9limination de la concurrence hollandaise et de sa marine marchande qui a un quasi-monopole du commerce maritime. La diplomatie fran\u00e7aise r\u00e9ussit \u00e0 faire \u00e9clater la Triple Alliance et les Provinces-Unies se retrouvent isol\u00e9es. La guerre commence en avril\u00a01672 par une s\u00e9rie de victoires fran\u00e7aises.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le lendemain au point du jour,<br>On vit para\u00eetre Luxembourg,<br>Avec toute sa cavalerie<br>Qui marchait par escadrons,<br>Et sa noble infanterie<br>Qui marchait par bataillons.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"878\" class=\"cit-num\">878<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Complainte de Guillaume d\u2019Orange<\/em>, chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Fran\u00e7ois Henry de Montmorency-Boutteville, duc de Luxembourg, a suivi Cond\u00e9 depuis la Fronde. Il est encore avec lui et Turenne en juin\u00a01672. Ils envahissent la Hollande et s\u2019avancent jusqu\u2019au c\u0153ur du pays\u00a0: \u00ab\u00a0Grand Dieu\u00a0! Quelle boucherie\u00a0!\u00a0\/ Qui se fit parmi nos gens\u00a0\/ La terre en \u00e9tait couverte\u00a0\/ L\u2019on n\u2019y voyait que du sang.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Des villes capitulent, font des offres de paix. Mais le roi, mal conseill\u00e9 par Louvois, secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat \u00e0 la Guerre qui flatte son d\u00e9sir de gloire, r\u00e9pond par un ultimatum et provoque un sursaut de patriotisme aux Pays-Bas. Les Hollandais rompent les digues, une r\u00e9volution \u00e9clate \u00e0 la\u00a0Haye.<\/p>\n<p>Le stathoud\u00e9rat (haut commandement) est confi\u00e9 au jeune chef du parti populaire, Guillaume d\u2019Orange le plus grand ennemi des Fran\u00e7ais. Il parvient \u00e0 coaliser les Provinces-Unies, l\u2019Espagne, l\u2019Autriche, le Danemark, le duch\u00e9 de Lorraine, quelques princes allemands. L\u2019Angleterre rejoindra bient\u00f4t ce camp. Redoutable coalition contre la France.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il ne faut pas qu\u2019il y ait un homme de guerre en repos en France, tant qu\u2019il y aura un Allemand en de\u00e7\u00e0 du Rhin en Alsace.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"882\" class=\"cit-num\">882<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">TURENNE<\/span> (1611-1675), \u00e0 un officier, avant la bataille de Turckheim, 5\u00a0janvier 1675. <em>Collection des m\u00e9moires relatifs \u00e0 l\u2019histoire de France depuis l\u2019av\u00e8nement de Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span> jusqu\u2019\u00e0 la paix de Paris conclue en 1763<\/em> (1828), Petitot et Monmerque<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s la guerre de D\u00e9volution, voici la guerre de Hollande\u00a0: la France a pour principal alli\u00e9 l\u2019Angleterre, face \u00e0 la Quadruple Alliance (Provinces-Unies, Saint Empire romain germanique, Espagne et Brandebourg).<\/p>\n<p>Une campagne antifran\u00e7aise s\u2019est d\u00e9cha\u00een\u00e9e en Allemagne \u2013 certains historiens ont dat\u00e9 de cette guerre l\u2019antagonisme franco-allemand et la phrase de Turenne, l\u2019un des plus illustres mar\u00e9chaux de France, sera souvent cit\u00e9e, entre\u00a01871 et\u00a01914.<\/p>\n<p>Un effort extraordinaire est accompli par le pays, orchestr\u00e9 par Colbert sur le plan \u00e9conomique et fiscal, cependant que Louvois r\u00e9organise l\u2019arm\u00e9e\u00a0: modernisation de l\u2019armement, discipline (interdiction du pillage), promotion au courage (et pas seulement au titre h\u00e9rit\u00e9).<\/p>\n<p>Apr\u00e8s quelques d\u00e9faites, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> reprend la Franche-Comt\u00e9, Cond\u00e9 triomphe de Guillaume d\u2019Orange dans les Pays-Bas et Turenne fait une superbe campagne d\u2019Alsace, rejetant l\u2019ennemi hors du royaume apr\u00e8s la victoire de Turckheim (dans les Vosges). Bataille exemplaire par sa pr\u00e9paration (qui dure un mois), sa connaissance du terrain et du climat\u2026 et le petit nombre de morts (300 ennemis). Louvois, ministre de la Guerre, n\u2019a pas tant d\u2019\u00e9gards.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Je vous prie de ne point vous lasser d\u2019\u00eatre m\u00e9chant et de pousser les choses \u00e0 cet \u00e9gard avec toute la vigueur imaginable.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"897\" class=\"cit-num\">897<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUVOIS<\/span> (1639-1691), secr\u00e9taire d\u2019\u00c9tat de la guerre (\u00e9quivalent de ministre de la D\u00e9fense).<em> Histoire de Louvois<\/em> (1879), Camille Rousset<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ainsi \u00e9crit-il \u00e0 l\u2019un de ses subordonn\u00e9s. Il veut \u00e9puiser l\u2019adversaire \u00e9conomiquement, mais aussi d\u00e9truire le plus possible en bombardant les villes. Partout, il montre la m\u00eame brutalit\u00e9\u00a0: 10\u00a0000 bombes incendiaires vont d\u00e9truire la moiti\u00e9 de la ville de G\u00eanes (19\u00a0mai 1684), en m\u00eame temps que les dragonnades se d\u00e9cha\u00eenent contre les protestants. M\u00eame responsabilit\u00e9 plus tard dans la d\u00e9vastation du Palatinat (1688).<\/p>\n<p>La tr\u00eave de Ratisbonne met fin \u00e0 la guerre (15\u00a0ao\u00fbt\u00a01684)\u00a0: elle pr\u00e9voit vingt ans de paix. Tr\u00eave illusoire\u00a0: Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> est un vainqueur devenu d\u00e9cid\u00e9ment trop puissant pour l\u2019Europe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les troupes furent envoy\u00e9es dans toutes les villes o\u00f9 il y avait le plus de protestants\u00a0; et comme les dragons, assez mal disciplin\u00e9s dans ce temps-l\u00e0, furent ceux qui commirent le plus d\u2019exc\u00e8s, on appela cette ex\u00e9cution la \u00ab\u00a0dragonnade\u00a0\u00bb.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"898\" class=\"cit-num\">898<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ces exactions dur\u00e8rent cinq ans. D\u00e8s 1680, l\u2019intendant Marillac mena en Poitou une premi\u00e8re op\u00e9ration rest\u00e9e tristement c\u00e9l\u00e8bre\u00a0: on fit loger des dragons chez les protestants, en leur permettant toutes sortes de s\u00e9vices. Les \u00ab\u00a0missionnaires bott\u00e9s\u00a0\u00bb obtinrent ainsi 30\u00a0000 conversions en quelques mois.<\/p>\n<p>Fort de ce bilan, Louvois fit \u00e9tendre la mesure \u00e0 toute la France. On pr\u00e9senta ainsi au roi de longues, d\u2019extraordinaires listes de convertis. Ignorait-il les violences qui se cachaient derri\u00e8re\u00a0? Crut-il alors que la r\u00e9vocation de l\u2019\u00e9dit de Nantes en 1685 ne serait plus qu\u2019une simple formalit\u00e9\u00a0?<br>L\u2019influence personnelle de la tr\u00e8s catholique Mme\u00a0de Maintenon joue naturellement.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Faire la guerre sans combattre,<br>Piller la veuve et l\u2019orphelin,<br>Sent plus le fils de Mazarin<br>Que le fils d\u2019Henri\u00a0<span class=\"caps\">IV<\/span>.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"908\" class=\"cit-num\">908<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Faire la guerre sans combattre\u00a0<\/em>(1688), chanson.<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cette chanson est pr\u00e9cis\u00e9ment dat\u00e9e. Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, \u00e0 l\u2019instigation de Louvois, fait occuper avec une brutalit\u00e9 rest\u00e9e l\u00e9gendaire le Palatinat (rive droite du Rhin)\u00a0: sous pr\u00e9texte d\u2019assurer les droits d\u2019h\u00e9ritage de Madame (sa belle-s\u0153ur), la princesse Palatine, et de confirmer les \u00ab\u00a0r\u00e9unions\u00a0\u00bb (annexions) op\u00e9r\u00e9es par la France.<\/p>\n<p>Le sac du Palatinat est d\u2019une sauvagerie qui fait honte aux officiers qui l\u2019ex\u00e9cut\u00e8rent\u00a0: \u00ab\u00a0Si le roi avait \u00e9t\u00e9 t\u00e9moin de ce spectacle, il aurait lui-m\u00eame \u00e9teint les flammes. Les nations, qui jusque-l\u00e0 n\u2019avaient bl\u00e2m\u00e9 que son ambition en l\u2019admirant, cri\u00e8rent alors contre sa duret\u00e9 et bl\u00e2m\u00e8rent m\u00eame sa politique\u00a0\u00bb (Voltaire).<\/p>\n<p>La guerre est devenue in\u00e9vitable, avec la somme des haines suscit\u00e9es par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> pour diverses raisons\u00a0: politiques, religieuses, commerciales, coloniales. La ligue d\u2019Augsbourg r\u00e9unit tous les m\u00e9contents\u00a0: Empire, Espagne, Savoie, Su\u00e8de, Provinces-Unies, puis l\u2019Angleterre \u2013 une r\u00e9volution d\u00e9tr\u00f4ne Jacques\u00a0<span class=\"caps\">II<\/span> (un Stuart), catholique et francophile, amenant au pouvoir sa fille Marie et son gendre, Guillaume d\u2019Orange (stathouder aux Provinces-Unies), roi d\u2019Angleterre sous le nom de Guillaume\u00a0<span class=\"caps\">III<\/span>.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les Fran\u00e7ais se battent pour le butin, tandis que les Allemands ne veulent que la gloire.<br>\u2014 Oui Monsieur le Comte, nous nous battons chacun afin de conqu\u00e9rir ce qui nous manque.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"912\" class=\"cit-num\">912<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DUGUAY<\/span>\u2013<span class=\"caps\">TROUIN<\/span> (1673-1736), <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume, 1740)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans son autobiographie, le c\u00e9l\u00e8bre corsaire malouin s\u2019attribue cette r\u00e9plique lanc\u00e9e au comte d\u2019Innsbruck pendant la guerre de la ligue d\u2019Augsbourg.<\/p>\n<p>Fils de marins, capitaine corsaire \u00e0 18\u00a0ans, il sera anobli par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> apr\u00e8s de retentissantes victoires contre les trois puissances maritimes, l\u2019Angleterre, l\u2019Espagne, les Pays-Bas. \u00c0 son actif, 16 navires de guerre captur\u00e9s, plus de 300 navires marchands. Et une seule d\u00e9faite, suivie d\u2019une \u00e9vasion rocambolesque de la prison de Plymouth.<\/p>\n<p>Le mot sera pr\u00eat\u00e9 plus tard \u00e0 Surcouf, autre marin de Saint-Malo, lui aussi entr\u00e9 dans la l\u00e9gende comme corsaire au service de la France, sous la R\u00e9volution et l\u2019Empire. La r\u00e9plique (un peu modifi\u00e9e) vise un Anglais, ancien adversaire retrouv\u00e9 lors d\u2019un d\u00eener, alors que la paix a \u00e9t\u00e9 sign\u00e9e.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Toute ville assi\u00e9g\u00e9e par Vauban, ville prise,<br>Toute ville d\u00e9fendue par Vauban, ville imprenable.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"913\" class=\"cit-num\">913<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Proverbe du vivant de Vauban.<em> Histoire g\u00e9n\u00e9rale du <span class=\"caps\">IV<\/span>e si\u00e8cle \u00e0 nos jours<\/em> (1901), Ernest Lavisse, Alfred Rambaud<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Futur mar\u00e9chal de France, commissaire g\u00e9n\u00e9ral des fortifications en 1678, il entoure le royaume de villes fortifi\u00e9es (la \u00ab\u00a0ceinture de fer\u00a0\u00bb) et d\u2019ouvrages isol\u00e9s (avec des lignes rasantes, moins vuln\u00e9rables \u00e0 l\u2019artillerie). Lille devient avec lui \u00ab\u00a0la reine des citadelles\u00a0\u00bb, parmi plus de 30 construites et 300 renforc\u00e9es. Il cr\u00e9e aussi des ports militaires et commerciaux. Son but, faire de la France un \u00ab\u00a0pr\u00e9 carr\u00e9\u00a0\u00bb inviolable\u00a0: c\u2019est la d\u00e9fense du territoire.<\/p>\n<p>Cet ing\u00e9nieur de g\u00e9nie s\u2019int\u00e9resse \u00e9galement aux techniques d\u2019attaque de plus en plus perfectionn\u00e9es, mais il pr\u00e9f\u00e8re le mortier au canon, plus mobile et moins vuln\u00e9rable. Pour limiter le nombre de morts, il veut faire des si\u00e8ges les plus courts possible et en remporte de nombreux, pendant la guerre de la Ligue d\u2019Augsbourg (dite aussi guerre de Neuf Ans)\u00a0: Mons avec Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> (1691), Namur (1692), Steinkerque avec le mar\u00e9chal duc de Luxembourg (1692).<\/p>\n<p>Entre l\u2019attaque et la d\u00e9fense, une anecdote\u00a0: la seule ville que Vauban n\u2019a pu prendre\u2026 a \u00e9t\u00e9 fortifi\u00e9e par Vauban. C\u2019est peut-\u00eatre une l\u00e9gende.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Quelque drapeau, quelque canon<br>Nous attirent des <em>Te Deum<\/em><br>Qu\u2019on couchera dans notre histoire.<br>Mais entre nous je vous le dis\u00a0:<br>On m\u00eale \u00e0 ces chants de victoire<br>Un peu trop de <em>De Profundis.<\/em>\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"914\" class=\"cit-num\">914<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Sur la bataille de Steinkerque o\u00f9 il y eut beaucoup de monde tu\u00e9<\/em> (1692), chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La guerre est souvent glorieuse, mais le peuple commence \u00e0 \u00eatre las de ces victoires acquises au prix de trop de vies humaines \u2013 comme Steinkerque o\u00f9 Luxembourg et Vauban battent Guillaume d\u2019Orange. Luxembourg sera surnomm\u00e9 \u00ab\u00a0le Tapissier de Notre-Dame\u00a0\u00bb, tant sont nombreux les drapeaux qu\u2019il a pris \u00e0 l\u2019ennemi et qu\u2019on y expose.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Personne n\u2019\u00e9tait plus convaincu que moi qu\u2019il fallait la paix, qu\u2019on ne savait plus et qu\u2019on ne pouvait plus faire la guerre, qui ne se soutenait que par des miracles. Le dedans et le dehors de l\u2019\u00c9tat avaient un besoin indispensable de repos.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"916\" class=\"cit-num\">916<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Claude le <span class=\"caps\">PELLETIER<\/span> (1630-1711), 1697.<em> Face aux Colbert, les Le Tellier, Vauban, Turgot, et l\u2019av\u00e8nement du lib\u00e9ralisme<\/em> (1987), Luc Tellier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>T\u00e9moignage du contr\u00f4leur g\u00e9n\u00e9ral des Finances qui succ\u00e8de \u00e0 Colbert, devenant surintendant de 1691 \u00e0 1697.<\/p>\n<p>La conjoncture \u00e9conomique est d\u00e9plorable en France depuis 1693\u00a0: de mauvaises r\u00e9coltes ont entra\u00een\u00e9 une crise faisant quadrupler le prix du pain qui, en ann\u00e9e normale, absorbait 60\u00a0% des d\u00e9penses dans une famille du peuple\u00a0! La famine s\u00e9vit, mais aussi la m\u00e9vente pour les boutiquiers et artisans, le ch\u00f4mage dans les villes, la chute des revenus de la terre. Dans ces conditions, la guerre devient litt\u00e9ralement insupportable et pratiquement impossible\u00a0: la France n\u00e9gocie et signe la paix de Ryswick.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Il faut \u00eatre toujours pr\u00eat \u00e0 faire la guerre, pour n\u2019\u00eatre jamais r\u00e9duit au malheur de la faire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"921\" class=\"cit-num\">921<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">F\u00c9NELON<\/span> (1651-1715), <em>Les Aventures de T\u00e9l\u00e9maque, fils d\u2019Ulysse<\/em> (1699)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce trait\u00e9 d\u2019\u00e9ducation para\u00eet quand F\u00e9nelon a fini son r\u00f4le de pr\u00e9cepteur aupr\u00e8s de Louis de France, duc de Bourgogne et fils du Grand Dauphin.<\/p>\n<p>Mme\u00a0de Maintenon l\u2019a recommand\u00e9 au roi, quand il \u00e9tait son conseiller spirituel. Il s\u2019applique \u00e0 insuffler au petit-fils de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, enfant de 7\u00a0ans, toutes les vertus d\u2019un prince et d\u2019un chr\u00e9tien. Mission accomplie, F\u00e9nelon est nomm\u00e9 archev\u00eaque de Cambrai.<\/p>\n<p>Mais la disgr\u00e2ce est proche. Il d\u00e9pla\u00eet au tout-puissant Bossuet sur une question th\u00e9ologique br\u00fblante \u2013 le qui\u00e9tisme. Ensuite, et contre sa volont\u00e9, des copies du <em>T\u00e9l\u00e9maque<\/em> circulent, avant une publication d\u2019abord anonyme. La critique du r\u00e8gne autoritaire et belliciste frappe l\u2019opinion. Ces vues politiques hardies vont d\u00e9plaire au roi et achever de discr\u00e9diter F\u00e9nelon \u00e0 ses yeux.<\/p>\n<p>Exil\u00e9 dans son dioc\u00e8se, l\u2019archev\u00eaque de Cambrai pr\u00eache et pratique si g\u00e9n\u00e9reusement la charit\u00e9 qu\u2019il se ruinera pour les pauvres.<\/p>\n<p>\u00c0 la mort du duc de Bourgogne (1712), Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait br\u00fbler tous ses \u00e9crits trouv\u00e9s dans les papiers du prince. Mais le <em>T\u00e9l\u00e9maque<\/em> sera l\u2019un des livres les plus lus par les jeunes, jusqu\u2019au <span class=\"caps\">XX<\/span>e\u00a0si\u00e8cle. De nombreuses citations de F\u00e9nelon annoncent le si\u00e8cle des Lumi\u00e8res.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Sire, je vais combattre les ennemis de Votre Majest\u00e9, et je vous laisse au milieu des miens.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"926\" class=\"cit-num\">926<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLARS<\/span> (1653-1734) en 1702. <em>Le Si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1751), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Il s\u2019adresse au roi et devant toute la cour, prenant cong\u00e9 pour aller commander l\u2019arm\u00e9e. Turenne et Cond\u00e9 sont morts. Le mar\u00e9chal de Luxembourg aussi. Vauban va \u00eatre injustement disgraci\u00e9 (pour son projet fiscal de d\u00eeme royale). Villars est leur \u00e9gal.<\/p>\n<p>R\u00e9cemment anobli, \u00e2g\u00e9 de 50\u00a0ans, il entre dans la carri\u00e8re militaire \u00e0 l\u2019\u00e2ge o\u00f9 d\u2019autres prennent leur retraite\u00a0: il sera le meilleur g\u00e9n\u00e9ral de la guerre de Succession d\u2019Espagne.<\/p>\n<p>Premi\u00e8re grande victoire, Friedlingen, en 1702\u00a0: ses soldats l\u2019appellent \u00ab\u00a0Mar\u00e9chal\u00a0\u00bb et le roi confirme le titre, mais lui refusera la fonction tant souhait\u00e9e (et abolie) de conn\u00e9table. D\u00e8s 1703, les Fran\u00e7ais perdent l\u2019avantage dans une guerre o\u00f9 la coalition se renforce contre eux. Et la r\u00e9volte des Camisards va mobiliser Villars sur un autre front.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ah\u00a0! que votre \u00e2me est abus\u00e9e<br>Dans le choix de tous les guerriers.<br>Faut-il qu\u2019une vieille \u00e9dent\u00e9e<br>Fasse fl\u00e9trir tous vos lauriers\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"929\" class=\"cit-num\">929<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Contre Maintenon<\/em>, chanson.<em> Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019influence de cette femme de t\u00eate sur le roi vieillissant fait jaser.<\/p>\n<p>Le peuple \u00e9puis\u00e9, ruin\u00e9, lass\u00e9 d\u2019une gloire dont il voit les faiblesses, prend cette femme pour bouc \u00e9missaire. Cependant que la guerre de Succession d\u2019Espagne tourne au drame, avec des troupes moins combatives, sous des chefs militaires aussi m\u00e9diocres que La Feuillade, Marcin, Villeroy (ou Villeroi).<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Ne bl\u00e2mons pas Villeroy,<br>Il fut choisi par le Roy\u00a0;<br>Mais bl\u00e2mons tous ce grand prince<br>Qui sut faire un choix si mince.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"930\" class=\"cit-num\">930<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><em>Sur le mar\u00e9chal de Villeroy,<\/em> chanson. <em>Histoire de France par les chansons<\/em> (1982), France Vernillat, Pierre Barbier<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019opinion \u00e9volue\u00a0: si tout va mal, le responsable en est le roi. Cette accusation directe est signe de temps nouveaux.<\/p>\n<p>Fran\u00e7ois de Neufville, duc de Villeroi (ou Villeroy), mar\u00e9chal de France, fils du gouverneur de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>, resta toujours son ami. Il remplace le prestigieux mar\u00e9chal de Luxembourg \u00e0 la t\u00eate des arm\u00e9es et ne cesse d\u2019accumuler les d\u00e9faites. Ainsi le 23\u00a0mai 1706 \u00e0 Ramillies, triste \u00e9pisode de la guerre de Succession d\u2019Espagne, marqu\u00e9e par une d\u00e9bandade de l\u2019arm\u00e9e franco-bavaroise en quatre heures, d\u2019o\u00f9 20\u00a0000 morts et la perte de la Belgique\u00a0!<\/p>\n<p>La chanson passe en revue les autres personnages jug\u00e9s indignes du r\u00e8gne, divers ministres, le boiteux du Maine (fils l\u00e9gitim\u00e9 de Mme\u00a0de Montespan), la Maintenon reine. La France vit plus que jamais en \u00ab\u00a0monarchie absolue temp\u00e9r\u00e9e par des chansons\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Jamais malheur n\u2019a \u00e9t\u00e9 accompagn\u00e9 de plus de gloire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"935\" class=\"cit-num\">935<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Mar\u00e9chal de <span class=\"caps\">VILLARS<\/span> (1653-1734), Lettre \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> au soir de Malplaquet, 11\u00a0septembre 1709.<em> M\u00e9moires militaires relatifs \u00e0 la succession d\u2019Espagne sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1855), Jean-Jacques Germain Pelet<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>C\u2019est la plus sanglante bataille du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0: 30\u00a0000 morts et bless\u00e9s. Villars (avec Boufflers) affronte le duc de Marlborough et le prince Eug\u00e8ne de Savoie, dans la trou\u00e9e de Malplaquet (pr\u00e8s de Mons, en Belgique).<\/p>\n<p>Villars est bless\u00e9, mais les troupes royales, inf\u00e9rieures en nombre, ont inflig\u00e9 de lourdes pertes aux Imp\u00e9riaux \u2013 la chanson populaire met Marlborough parmi les morts, il est seulement bless\u00e9.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Dieu a donc oubli\u00e9 tout ce que j\u2019ai fait pour lui\u00a0?\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"936\" class=\"cit-num\">936<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span> (1638-1715), apprenant l\u2019h\u00e9catombe \u00e0 la bataille de Malplaquet, septembre\u00a01709.<em> \u0152uvres choisies de Chamfort<\/em> (1826)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Malplaquet n\u2019est qu\u2019une semi-d\u00e9faite. Les Fran\u00e7ais peuvent se replier en bon ordre et les deux camps revendiquent la victoire. \u00ab\u00a0Encore une d\u00e9faite comme \u00e7a, Sire, et nous avons gagn\u00e9 la guerre\u00a0\u00bb, assure Villars.<\/p>\n<p>L\u2019essentiel, c\u2019est que l\u2019invasion par le nord de la France est stopp\u00e9e. Deux si\u00e8cles apr\u00e8s, le mar\u00e9chal Foch comparera cette bataille \u00e0 la premi\u00e8re victoire de la Marne.<\/p>\n<p>Mais l\u2019ann\u00e9e suivante, en 1710, d\u2019autres villes tombent (B\u00e9thune, Douai). La France est \u00e0 bout de force, Paris m\u00eame est menac\u00e9. Le roi demande \u00e0 nouveau la paix. Mais ses voisins sont trop heureux de l\u2019humilier.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0S\u2019il faut faire la guerre, j\u2019aime mieux la faire \u00e0 mes ennemis qu\u2019\u00e0 mes enfants.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"937\" class=\"cit-num\">937<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), Manifeste au peuple, juillet\u00a01710.<em> Histoire de France depuis l\u2019av\u00e8nement de Charles\u00a0<span class=\"caps\">VIII<\/span><\/em> (1896), Fr\u00e9d\u00e9ric Mane<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Les alli\u00e9s, Hollande en t\u00eate, exigent cette fois que Philippe\u00a0V renonce au tr\u00f4ne d\u2019Espagne et, en cas de refus, que Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> le fasse d\u00e9tr\u00f4ner par ses arm\u00e9es. Le roi de France rend public l\u2019outrage. Cet appel au peuple doit rester dans les annales de l\u2019Histoire.<\/p>\n<p>Un sursaut national permet un redressement franco-espagnol. Encore quelques ann\u00e9es d\u2019une succession de d\u00e9faites et de victoires (sign\u00e9es Villars). Tous les pays sont \u00e9puis\u00e9s, le pacifisme gagne du terrain en Angleterre et l\u2019issue de cette guerre ne peut \u00eatre que diplomatique.<\/p>\n<p>Les trait\u00e9s d\u2019Utrecht (1713) et de Radstadt (1714) cr\u00e9ent un nouvel \u00e9quilibre europ\u00e9en. La France retrouve approximativement ses limites de la paix de Nim\u00e8gue (1679) et sauve ses fronti\u00e8res strat\u00e9giques. Philippe\u00a0V d\u2019Espagne garde son royaume, mais renonce aux Pays-Bas et \u00e0 ses possessions italiennes, ainsi qu\u2019\u00e0 ses droits \u00e0 la succession au tr\u00f4ne de France. L\u2019Angleterre gagne Gibraltar et Minorque (sur l\u2019Espagne), Terre-Neuve, l\u2019Acadie et la Baie d\u2019Hudson (sur la France) et de gros avantages commerciaux. Elle acc\u00e8de v\u00e9ritablement au rang de grande puissance en Europe.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La plus \u00e9clatante victoire co\u00fbte trop cher, quand il faut la payer du sang de ses sujets.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"941\" class=\"cit-num\">941<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), Lettre \u00e0 l\u2019intention du Dauphin, ao\u00fbt\u00a01715.<em> Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> (1923), Louis Bertrand<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>\u00c9crite peu de jours avant sa mort, confi\u00e9e au mar\u00e9chal de Villeroi son ami de toujours, pour \u00eatre remise \u00e0 Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span> \u00e0 ses 17\u00a0ans. Cet arri\u00e8re-petit-fils n\u2019a que cinq\u00a0ans, seul h\u00e9ritier survivant apr\u00e8s l\u2019h\u00e9catombe familiale, autre mal\u00e9diction de cette fin de r\u00e8gne.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Mon enfant, vous allez \u00eatre un grand roi. Ne m\u2019imitez pas dans le go\u00fbt que j\u2019ai eu pour les b\u00e2timents ni dans celui que j\u2019ai eu pour la guerre. T\u00e2chez de soulager vos peuples, ce que je suis malheureux pour n\u2019avoir pu faire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"943\" class=\"cit-num\">943<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XIV<\/span>\u00a0(1638-1715), au futur Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, 26\u00a0ao\u00fbt 1715. <em>M\u00e9moires<\/em> (posthume), Saint-Simon<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi re\u00e7oit le petit Dauphin dans sa chambre. Il lui donne une ultime le\u00e7on.<\/p>\n<p>Le marquis de Dangeau, m\u00e9morialiste, nous a laiss\u00e9 un<em> Journal de la cour de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span><\/em> qui retrace avec minutie les derniers jours. Roi Tr\u00e8s Chr\u00e9tien, Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> fait preuve d\u2019autant de dignit\u00e9 que d\u2019humilit\u00e9. La guerre, entreprise et soutenue par souci de grandeur mais aussi par vanit\u00e9, cause de la ruine des peuples, semble \u00eatre son grand remords.<\/p>\n<h3>Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res<\/h3>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\"><a href=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/boutique\/\"><img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/histoire-en-citations-volume-4-71.jpg\" width=\"165\" height=\"220\" style=\"float: left;margin: 10px 15px\"><\/a>\u00ab\u00a0Il faut bien quelquefois se battre contre ses voisins, mais il ne faut pas br\u00fbler ses compatriotes pour des arguments.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1030\" class=\"cit-num\">1030<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Gallitzin, 19\u00a0juin 1773<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La grande ennemie de la civilisation est la guerre, \u00ab\u00a0boucherie h\u00e9ro\u00efque\u00a0\u00bb qui d\u00e9truit le vainqueur comme le vaincu, mais il y a pire encore, c\u2019est l\u2019intol\u00e9rance, la pire erreur politique aux yeux de Voltaire. Sous sa forme religieuse, elle fait encore trop de victimes en France, au si\u00e8cle dit des Lumi\u00e8res.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0La guerre est un fruit de la d\u00e9pravation des hommes\u00a0; c\u2019est une maladie convulsive et violente du corps politique.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1063\" class=\"cit-num\">1063<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">DIDEROT<\/span> (1713-1784), <em>Encyclop\u00e9die<\/em>, article \u00ab\u00a0Paix\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Si\u00e8cle des Lumi\u00e8res, si\u00e8cle de paix ou presque, mais n\u00e9 du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> o\u00f9 l\u2019id\u00e9al de grandeur fut indissociable d\u2019une politique guerri\u00e8re et qui laisse la France \u00e9puis\u00e9e de guerres.<\/p>\n<p>Diderot dresse un r\u00e9quisitoire enflamm\u00e9 contre ce fl\u00e9au\u00a0: \u00ab\u00a0L\u2019histoire ne nous fournit que des exemples de paix viol\u00e9es, de guerres injustes et cruelles, de champs d\u00e9vast\u00e9s, de villes r\u00e9duites en cendres. L\u2019\u00e9puisement seul semble forcer les princes \u00e0 la paix\u00a0; ils s\u2019aper\u00e7oivent toujours trop tard que le sang du citoyen s\u2019est m\u00eal\u00e9 \u00e0 celui de l\u2019ennemi\u00a0; ce carnage inutile n\u2019a servi qu\u2019\u00e0 cimenter l\u2019\u00e9difice chim\u00e9rique de la gloire du conqu\u00e9rant et de ses guerriers turbulents\u00a0; le bonheur de ses peuples est la premi\u00e8re victime qui est immol\u00e9e \u00e0 son caprice ou aux vues int\u00e9ress\u00e9es de ses courtisans.\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Messieurs les Anglais, tirez les premiers.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1122\" class=\"cit-num\">1122<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Comte d\u2019<span class=\"caps\">ANTERROCHES<\/span> (1710-1785), \u00e0 Lord Charles Hay, Fontenoy, 11\u00a0mai 1745.<em> Pr\u00e9cis du si\u00e8cle de Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span><\/em> (1763), Voltaire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Ce mot c\u00e9l\u00e8bre, cit\u00e9 aussi dans une <em>Histoire de l\u2019arm\u00e9e<\/em> d\u2019Adrien Pascal (1847), r\u00e9sume le bref dialogue rapport\u00e9 par Voltaire.<\/p>\n<p>Suite de la guerre de Succession d\u2019Autriche, lors d\u2019un si\u00e8ge men\u00e9 par les Fran\u00e7ais pr\u00e8s de Tournai. Le commandant de la compagnie de t\u00eate des gardes anglaises a lanc\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Messieurs des gardes fran\u00e7aises, tirez.\u00a0\u00bb Le commandant des gardes fran\u00e7aises lui r\u00e9pondit\u00a0: \u00ab\u00a0Messieurs, nous ne tirons jamais les premiers. Tirez vous-m\u00eames.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>Cette r\u00e9plique, plus tactique qu\u2019il n\u2019y para\u00eet, est moins l\u2019illustration d\u2019une guerre en dentelle que l\u2019expression d\u2019un imp\u00e9ratif militaire\u00a0: quand une arm\u00e9e a tir\u00e9, le temps qu\u2019elle recharge ses armes, l\u2019ennemi peut attaquer avec profit. C\u2019est pourquoi le mar\u00e9chal de Saxe d\u00e9non\u00e7ait les \u00ab\u00a0abus de tirerie\u00a0\u00bb.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Voyez tout le sang que co\u00fbte un triomphe. Le sang de nos ennemis est toujours le sang des hommes. La vraie gloire est de l\u2019\u00e9pargner.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1123\" class=\"cit-num\">1123<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">LOUIS<\/span> <span class=\"caps\">XV<\/span> (1710-1774), \u00e0 son fils le Dauphin, au soir de la victoire de Fontenoy, 11\u00a0mai 1745. <em>Les Pens\u00e9es des rois de France<\/em> (1949), Gabriel Boissy<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le roi parcourt le champ de bataille, jonch\u00e9 de 11\u00a0000 morts et bless\u00e9s. Il a pris la t\u00eate de l\u2019arm\u00e9e pour redonner confiance aux troupes et apporter plus de coordination aux op\u00e9rations mal men\u00e9es. Il s\u2019est surtout adjoint les services de Maurice de Saxe, b\u00e2tard du roi de Pologne, strat\u00e8ge exceptionnel, fait mar\u00e9chal de France l\u2019ann\u00e9e d\u2019avant. Ce sera le seul grand militaire du r\u00e8gne.<\/p>\n<p>Les Anglo-Hollandais sont \u00e9cras\u00e9s. Mais \u00e0 quel prix\u00a0? Le roi parle ici comme son arri\u00e8re-grand-p\u00e8re Louis\u00a0<span class=\"caps\">XIV<\/span> \u00e0 la fin de sa vie, et comme pensent tous les philosophes de ce si\u00e8cle \u00e9clair\u00e9\u00a0: \u00ab\u00a0Jamais les triomphes les plus \u00e9clatants ne peuvent d\u00e9dommager une nation de la perte d\u2019une multitude de ses membres que la guerre sacrifie\u00a0\u00bb, \u00e9crira bient\u00f4t Diderot dans <em>L\u2019Encyclop\u00e9die.<\/em><\/p>\n<p>De toute mani\u00e8re, la France en guerre hors de son territoire conna\u00eet plus de d\u00e9faites que de victoires.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Les braves insulaires<br>Qui font, qui font sur mer<br>Les corsaires<br>Ailleurs ne tiennent gu\u00e8re.<br>Le Port-Mahon est pris, il est pris, il est pris<br>Ils en sont tout surpris,<br>Ces forbans d\u2019Angleterre<br>Ces fou, fou, ces foudres de guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1142\" class=\"cit-num\">1142<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Charles <span class=\"caps\">COLL\u00c9<\/span> (1709-1783),<em> La Prise de Port-Mahon<\/em> (1756), chanson<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Parolier d\u2019\u0153uvres politiques ou plut\u00f4t lestes, Coll\u00e9 donne ici sa meilleure chanson patriotique \u2013 et gagne une pension de 600\u00a0livres.<\/p>\n<p>Apr\u00e8s une \u00ab\u00a0guerre froide\u00a0\u00bb n\u00e9e de la rivalit\u00e9 coloniale entre la France et l\u2019Angleterre, cette derni\u00e8re ouvre les hostilit\u00e9s en 1755, se saisissant de 300 navires de commerce fran\u00e7ais. Pr\u00e9lude \u00e0 la guerre de Sept Ans (1756-1763), conflit europ\u00e9en majeur qui va bouleverser pour un si\u00e8cle l\u2019\u00e9quilibre des forces au b\u00e9n\u00e9fice de l\u2019Angleterre et de la Prusse, la France perdant son premier empire colonial.<\/p>\n<p>Pour l\u2019heure, le pays c\u00e9l\u00e8bre en chanson la prise de Port-Mahon par l\u2019arm\u00e9e du tr\u00e8s populaire duc de Richelieu, en m\u00eame temps que la flotte fran\u00e7aise, command\u00e9e par l\u2019amiral de La Galissonni\u00e8re, le grand marin du r\u00e8gne, bat la puissante flotte britannique en M\u00e9diterran\u00e9e, \u00e0 Minorque.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est le ton de la nation\u00a0; si les Fran\u00e7ais perdent une bataille, une \u00e9pigramme les console\u00a0; si un nouvel imp\u00f4t les charge, un vaudeville les d\u00e9dommage.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1149\" class=\"cit-num\">1149<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Carlo <span class=\"caps\">GOLDONI<\/span> (1707-1793), <em>M\u00e9moires<\/em> (1787)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Cet Italien de Paris conna\u00eet bien notre pays et notre litt\u00e9rature. Surnomm\u00e9 le \u00ab\u00a0Moli\u00e8re italien\u00a0\u00bb, il veut r\u00e9former la com\u00e9die italienne dans son pays, \u00f4tant les masques aux personnages et supprimant l\u2019improvisation pour \u00e9crire ses pi\u00e8ces de bout en bout, d\u2019o\u00f9 son premier chef-d\u2019\u0153uvre,<em> La Locandiera<\/em>. Il est violemment attaqu\u00e9 par Carlo Gozzi, comte querelleur et batailleur qui d\u00e9fend la tradition de la commedia dell\u2019arte \u00e0 coups de libelles et de cabales.<\/p>\n<p>Fatigu\u00e9 de cette \u00ab\u00a0guerre des deux Carlo\u00a0\u00bb, le paisible Goldoni, invit\u00e9 par Louis\u00a0<span class=\"caps\">XV<\/span>, s\u2019installe d\u00e9finitivement \u00e0 Paris en 1762. Il \u00e9crit en fran\u00e7ais pour la Com\u00e9die-Italienne (rivale de la Com\u00e9die-Fran\u00e7aise), devient professeur d\u2019italien \u00e0 la cour. Il sera \u00e9galement pensionn\u00e9 sous Louis\u00a0<span class=\"caps\">XVI<\/span>. Il r\u00e9dige ses <em>M\u00e9moires<\/em> \u00e0 la fin de sa vie, pauvre, malade, presque aveugle, mais exprimant toujours sa gratitude pour la France \u2013 m\u00eame si la R\u00e9volution supprime sa pension \u00e0 l\u2019octog\u00e9naire.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Vous savez que ces deux nations sont en guerre pour quelques arpents de neige vers le Canada, et qu\u2019elles d\u00e9pensent pour cette belle guerre beaucoup plus que tout le Canada ne vaut.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1155\" class=\"cit-num\">1155<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), <em>Candide<\/em> (1759)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Dans ce conte ironique comme dans sa <em>Correspondance<\/em>, Voltaire traite bien l\u00e9g\u00e8rement le probl\u00e8me du Canada. C\u2019est l\u2019un des enjeux de la rivalit\u00e9 entre les deux puissances coloniales du si\u00e8cle. La nation anglaise qui veut le Canada tout entier, sans les \u00e9tats d\u2019\u00e2me qui agitent la France, aura finalement ces \u00ab\u00a0arpents de neige\u00a0\u00bb et toutes les richesses de la Nouvelle-France, au trait\u00e9 de paix de Paris (1763).<\/p>\n<p>La guerre de Sept Ans sera qualifi\u00e9e par certains historiens (et par Winston Churchill) de premi\u00e8re guerre mondiale de l\u2019histoire\u00a0: l\u2019Europe, avec presque tous les pays bellig\u00e9rants, n\u2019est plus le seul th\u00e9\u00e2tre des op\u00e9rations. Il y a aussi l\u2019Am\u00e9rique du Nord et l\u2019Inde.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0L\u2019\u00e9tat-major est immense, mais je ne le vois jamais que dormir, jouer et manger\u00a0; s\u2019ils montent \u00e0 cheval, c\u2019est pour \u00e9viter les coups et \u00eatre plus pr\u00eats \u00e0 faire retraite.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1170\" class=\"cit-num\">1170<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">MOPINOT<\/span> (1717-apr\u00e8s 1762), Lettre du 4\u00a0ao\u00fbt 1762. <em>Correspondance amoureuse et militaire d\u2019un officier pendant la guerre de Sept Ans<\/em> (1905), publi\u00e9e par Jean Lemoine<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Apr\u00e8s Voltaire le philosophe, Choiseul le ministre, Duclos l\u2019historien, voici la parole d\u2019un soldat, Antoine-Rigobert Mopinot de La Chapotte\u00a0: t\u00e9moignage sans appel sur l\u2019\u00e9tat de la noblesse, \u00e0 la fin de l\u2019Ancien R\u00e9gime.<\/p>\n<p>Les chefs ne sont plus respect\u00e9s, ni respectables. Les quartiers g\u00e9n\u00e9raux sont encombr\u00e9s de vivandi\u00e8res et de domestiques, de carrosses charg\u00e9s d\u2019argenterie, de linge, de costumes. Les officiers vivent dans le luxe et la mollesse. L\u2019historien Fran\u00e7ois Bluche r\u00e9sume la situation\u00a0: \u00ab\u00a0C\u2019est Capoue (la France) contre Sparte (la Prusse).\u00a0\u00bb<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Cette paix n\u2019est ni heureuse, ni bonne, mais il fallait la faire. Nous avons conserv\u00e9 encore un bel empire.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1171\" class=\"cit-num\">1171<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Marquise de <span class=\"caps\">POMPADOUR<\/span> (1721-1764), au cardinal de Bernis. <em>Le Bien-Aim\u00e9<\/em> (1996), M\u00e9nie Gr\u00e9goire<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>Le trait\u00e9 de Paris (10\u00a0f\u00e9vrier 1763) met fin \u00e0 la guerre de Sept Ans. Le roi consid\u00e8re lui aussi cette paix comme un moindre mal\u00a0: \u00ab\u00a0Si nous avions continu\u00e9 la guerre, nous en aurions fait encore une pire l\u2019ann\u00e9e prochaine.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>La France sauve son territoire, mais perd son empire colonial (sauf la Martinique, la Guadeloupe et cinq comptoirs dans les Indes). Choiseul songe d\u00e9j\u00e0 \u00e0 la revanche contre l\u2019Angleterre\u00a0: r\u00e9organisation de la marine et de l\u2019arm\u00e9e, pacte de famille avec l\u2019Espagne et alliance resserr\u00e9e avec l\u2019Autriche.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0Le nombre infini de maladies qui nous tue est assez grand\u00a0; et notre vie est assez courte pour qu\u2019on puisse se passer du fl\u00e9au de la guerre.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1216\" class=\"cit-num\">1216<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\"><span class=\"caps\">VOLTAIRE<\/span> (1694-1778), Lettre \u00e0 Mme\u00a0du Deffand, 27\u00a0f\u00e9vrier 1775, <em>Correspondance<\/em> (posthume)<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>L\u2019octog\u00e9naire \u00e9crit fid\u00e8lement \u00e0 son amie, presque aussi \u00e2g\u00e9e que lui et quasi aveugle, femme de salon qui a re\u00e7u chez elle tous les artistes en renom, brillante et s\u00e9duisante \u00e0 l\u2019image de son temps, et pratiquant l\u2019art du portrait avec une talentueuse f\u00e9rocit\u00e9.<\/p>\n<p>Voltaire, de sant\u00e9 fragile durant toute sa longue vie, eut la chance de na\u00eetre en un si\u00e8cle de paix relative. Mais les exemples de guerre ne manquent pas en Europe et la France pr\u00e9pare sa revanche contre l\u2019Angleterre, apr\u00e8s la d\u00e9sastreuse guerre de Sept Ans. C\u2019est outre-Atlantique qu\u2019elle va se jouer.<\/p>\n<p>Les Fran\u00e7ais vont participer \u00e0 la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance des \u00c9tats-Unis d\u2019Am\u00e9rique \u2013 ce ne sont encore que les Treize colonies. Turgot s\u2019y oppose, au motif que la France n\u2019a pas les moyens d\u2019une guerre lointaine et maritime, forc\u00e9ment co\u00fbteuse. Mais Vergennes n\u00e9gocie secr\u00e8tement, Beaumarchais trafique activement et les Insurgents re\u00e7oivent de l\u2019argent et des armes, d\u00e8s 1775. \u00c0 19 ans, le marquis de La Fayette vole au secours des colons am\u00e9ricains, dans leur guerre d\u2019Ind\u00e9pendance contre l\u2019Angleterre notre ennemie.<\/p>\n<blockquote>\n<p class=\"citation-small\">\u00ab\u00a0C\u2019est au bras de la noblesse de France que la d\u00e9mocratie am\u00e9ricaine a fait son entr\u00e9e dans le monde.\u00a0\u00bb\u202f<span id=\"1225\" class=\"cit-num\">1225<\/span><\/p>\n<p class=\"auteur\">Paul <span class=\"caps\">CLAUDEL<\/span> (1868-1955), ambassadeur de France aux \u00c9tats-Unis, prenant la parole devant la soci\u00e9t\u00e9 des Cincinnati. <em>La France et l\u2019ind\u00e9pendance am\u00e9ricaine<\/em> (1975), duc de Castries<\/p>\n<\/blockquote>\n<p>La Fayette, de retour en France en 1779, triomphalement accueilli, soutient Benjamin Franklin et pousse le gouvernement \u00e0 s\u2019engager ouvertement dans la guerre d\u2019Ind\u00e9pendance. Devan\u00e7ant un premier corps exp\u00e9ditionnaire de 6\u00a0000 hommes, il repart et se distingue \u00e0 nouveau en Virginie, contre les Anglais. 3\u00a0000 Fran\u00e7ais trouvent la mort dans ce combat d\u2019outre-Atlantique qui s\u2019ach\u00e8vera par la d\u00e9faite anglaise, en 1783. Le fougueux marquis gagne son titre de \u00ab\u00a0H\u00e9ros des deux mondes\u00a0\u00bb. C\u2019est la plus brillante p\u00e9riode de sa longue vie.<\/p>\n<p>Les \u00c9tats-Unis se rappelleront cette dette historique, s\u2019engageant en avril\u00a01917 dans la guerre mondiale au cri de\u00a0: \u00ab\u00a0La France est la fronti\u00e8re de la libert\u00e9.\u00a0\u00bb Le jour anniversaire de l\u2019Ind\u00e9pendance, 4\u00a0juillet 1917, sur la tombe parisienne du marquis, la r\u00e9f\u00e9rence est encore plus pr\u00e9cise\u00a0: \u00ab\u00a0La Fayette, nous voici\u00a0!\u00a0\u00bb<\/p>\n<\/div>\n<style>\r\n        a .cit-num {\r\n            text-decoration: none !important;\r\n            color: inherit !important;\r\n        }\r\n    <\/style>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00a0 \u00ab\u00a0La guerre est la continuation de la politique par d\u2019autres moyens.\u00a0\u00bb Carl von CLAUSEWITZ (1780-1831), g\u00e9n\u00e9ral prussien, strat\u00e8ge et th\u00e9oricien, De la Guerre (1832) \u00ab\u00a0Il y a des guerres justes. Il n\u2019y a pas d\u2019arm\u00e9e juste.\u00a0\u00bb Andr\u00e9 MALRAUX (1901-1976), L\u2019Espoir (1937) Les hommes se font la guerre depuis la pr\u00e9histoire et les guerres antiques [&#8230;]<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"site-sidebar-layout":"default","site-content-layout":"","ast-site-content-layout":"default","site-content-style":"default","site-sidebar-style":"default","ast-global-header-display":"","ast-banner-title-visibility":"","ast-main-header-display":"","ast-hfb-above-header-display":"","ast-hfb-below-header-display":"","ast-hfb-mobile-header-display":"","site-post-title":"","ast-breadcrumbs-content":"","ast-featured-img":"","footer-sml-layout":"","theme-transparent-header-meta":"","adv-header-id-meta":"","stick-header-meta":"","header-above-stick-meta":"","header-main-stick-meta":"","header-below-stick-meta":"","astra-migrate-meta-layouts":"default","ast-page-background-enabled":"default","ast-page-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-5)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"ast-content-background-meta":{"desktop":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"tablet":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""},"mobile":{"background-color":"var(--ast-global-color-4)","background-image":"","background-repeat":"repeat","background-position":"center center","background-size":"auto","background-attachment":"scroll","background-type":"","background-media":"","overlay-type":"","overlay-color":"","overlay-opacity":"","overlay-gradient":""}},"iawp_total_views":189,"footnotes":""},"categories":[2],"tags":[],"class_list":["post-9999","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-edito-de-la-semaine"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9999","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=9999"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9999\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":12155,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/9999\/revisions\/12155"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=9999"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=9999"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/histoire-en-citations.fr\/WP\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=9999"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}