mort (et mourir)

Les deux extrêmes souvent évoqués dans la même citation. Mais la vie et la mort n’ont pas le même sens hier et aujourd’hui. Cela vaut surtout pour la “ facilité ” avec laquelle on acceptait de mourir au combat comme au travail, de sacrifier sa propre vie ou celle des hommes faits pour “ ça ”. Après les Volontaires de l’An II sous la Révolution, les soldats au XXe siècle ont payé le plus lourd tribut pour la Liberté.

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« Je meurs le jour où le peuple a perdu la raison ; vous mourrez le jour où il l’aura recouvrée. »

Marie David Albin LASOURCE (1763-1793), mot de la fin, 31 octobre 1793

« Enfants de la Patrie, vous vengerez ma mort. »

Olympe de GOUGES (1748-1793), guillotinée le 3 novembre 1793. Son mot de la fin

« Ma demeure sera bientôt dans le néant ; quant à mon nom, vous le trouverez dans le panthéon de l’Histoire. »

Georges Jacques DANTON (1759-1794), réponse au Tribunal révolutionnaire, 2 avril 1794

« Échafaud. – S’arranger quand on y monte pour prononcer quelques mots éloquents avant de mourir. »

Gustave FLAUBERT (1821-1880), Dictionnaire des idées reçues (posthume, 1913)

« C’était chaud, très chaud : les os de nos grenadiers craquaient sous les balles autrichiennes comme un vitrage sous la grêle. »

Général LANNES (1769-1809), à Napoléon Bonaparte venu le féliciter, après la bataille de Montebello, 9 juin 1800

« Allez dire au Premier Consul que je meurs avec le seul regret de n’avoir pas assez fait pour la postérité. »

Louis Charles Antoine DESAIX (1768-1800), au jeune Lebrun, son aide de camp, mot de la fin à Marengo, 14 juin 1800

« Qu’il est affreux de mourir ainsi de la main des Français ! »

Duc d’ENGHIEN (1772-1804), quelques instants avant son exécution, 21 mars 1804. Son mot de la fin

« Vivant, il a manqué le monde ; mort, il le possède. »

François René de CHATEAUBRIAND (1768-1848), Vie de Napoléon, livres XIX à XXIV des Mémoires d’outre-tombe (posthume)

« Un roi doit se défendre et mourir dans ses États. Un roi émigré et vagabond est un sot personnage. »

NAPOLÉON Ier (1769-1821), Lettre à Joseph, roi de Naples, 9 août 1806

« J’ai tout fait pour mourir à Arcis. »

NAPOLÉON Ier (1769-1821), à Caulaincourt, évoquant la bataille du 19 mars 1814

« J’ai mes vieilles idées, je veux mourir avec elles. »

CHARLES X (1757-1836), sentence souvent répétée, qui résume le personnage

« Je suis du parti que l’on guillotine, et vous êtes du parti que l’on pend. »

Mot d’une grande dame noble et légitimiste à Decazes, ministre et conseiller de Louis XVIII, janvier 1818

« Je ne veux pas monter en charrette comme mon frère ! »

CHARLES X (1757-1836), hanté par le souvenir de Louis XVI guillotiné en 1793

« C’était vraiment bien la peine de nous faire tuer. »

Honoré DAUMIER (1808-1879), lithographie publiée dans La Caricature (1835)

« Vivre libres en travaillant ou mourir en combattant. »

Cri célèbre de l’émeute des canuts, 22 novembre 1831

« Fichtre ! fit Gavroche. Voilà qu’on me tue mes morts. »

Victor HUGO (1802-1885), Les Misérables (1862)

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